mardi 27 mai 2008

Au menu de ces prochains jours...

Outre le bouclage des prochains DSI et T&A et les travaux sur mon prochain ouvrage, un peu de lecture - je veux dire, au-delà des traditionnels communiqués de presse et autres monographies internet. En l'occurrence, Routledge m'a envoyé Strategic Studies. A Reader, de Mahnken et Maiolo, deux noms que vous avez sans doute dû déjà entendre.

En l'occurrence, ce reader diffère des ouvrages type "état de l'art" que l'on peut trouver par ailleurs. Ici, quelques grands textes de stratégie classique ont été réunis, à vrai dire, d'une façon assez équilibrée. Vous y retrouverez Brodie (Strategy as a science) ; Freedman (the problem of power) et Willie Fuller (What is a military lesson). Voilà pour le cadre général. Personellement, j'y aurais bien ajouté quelques passages de Wylie (Military Strategy: A General Theory of Power Control)

Retour ensuite sur quelques classiques : Sun Tzu, Liddell Hart, Schelling (Arms and Influence), Fuller par Brian Reid (sur la mécanisation) ; les Principes de Corbett (que je commence à connaître par coeur mais qui sont indispensables) et le texte de Byman qui avait, à l'époque, fait sensation sur l'usage de l'Airpower durant Allied Force (et que j'avais commenté assez longuement dans L'Airpower au 21ème siècle).

La partie suivante est consacrée à la stratégie nucléaire. Retour à l'excellent Brodie (The Absolute Weapon - le matin suivant Hiroshima, il avait dit à sa femme que tout ce qu'il avait pu écrire sur la stratégie avant n'était plus pertinent) et à Wohlstetter (the delicate balance of terror). Retour donc aux élémentaires des conceptions métastratégiques de l'emploi de l'atome (comme dirait Sallantin, Guitton et quelques autres). Oui, c'est normal (et avouez, private joke, que ça fait du bien). Un petit coup de Lucien Poirier eut également eu sa place. Des stratégies nucléaires reste un ouvrage qui en a certes marqué plus d'un mais qui reste également plus que pertinent.

La centaine de pages qui suit - c'est bien normal - est consacré au COIN. On y retrouve Lawrence, Mao, Galula, Mack (Why big nations lose small wars), Kilcullen et le tandem Neumann/Smith. Les gars du King's College regrettaient de ne pas voir Zawahiri. Je ne leur donne pas tort. Mais l'éventail donné est en soi bien sympathique et montre que les Américains ressortent (enfin) du paradigme d'un sois-disant full-spectrum conflict qui révélait surtout son rétrécissement au seul combat régulier.

La dernière partie est consacrée aux guerres futures. Retour donc sur Krepinevich (From Cavalry to computers), Evans (From Kadesh to Kandahar) et, en guise de gros bémol porté à la RMA (tient, ça me rappele que j'aurai encore de la lecture à vous conseiller !), Gray (Why strategy is difficult), Roberts et Strachan (The lost meaning of strategy).

Un très bon recueil donc qui complètera à merveille ce petit bijou de pédagogie qu'est l'Anthologie mondiale de la stratégie de Chaliand. L'ouvrage, comme tous les recueils de ce genre, à ses défauts : Byman n'était pas le meilleur sur l'Airpower et ses potentialités et Castex, qui a pas mal de choses à dire sur la stratégie navale, eut été le bienvenu. Mais bon, tout choix implique des renoncements et relire ses classiques ne fait franchement pas de mal.

Bonne lecture tout le monde !

lundi 26 mai 2008

Di Caprio et Winslet : infâmes agents de l'ouest décadent ?

C'est ce qu'aurait pu mentionner un communiqué de presse du Kremlin, signé par le Premier secrétaire du PCUS Poutine dans une surprenante uchronie, dans l'hypothèse où la guerre froide n'aurait pas pris fin.

Bob Ballard, l'homme qui a retrouvé l'épave du Titanic en 1985, a révélé le vrai but de sa mission. Approchant l'US Navy pour voir financer ses recherche sur le Liner disparu en 1912, le deal qu'il est vu proposé était plus qu'intéressé : retrouver les épaves du Tresher (un SSN disparu en 1963) et du Scorpion (disparu en 1968).

Ce qu'il a fait, avec succès. Ballard a ainsi participé indirectement à calmer la guerre froide : on suspectait en effet le Scorpion d'avoir été coulé par un sous-marin soviétique. Or, il semble qu'il l'ait été par une de ses propres torpilles. En tout état de cause, d'après l'océanographe, il ne restait plus grand chose des deux sous-marins.

Un des missions dérivées de ses expéditions devait être d'observer le comportement des réacteurs nucléaires soumis à la fois à la pression des profondeurs mais aussi à la corrosion de l'eau de mer. D'après Ballard, les échantillons collectés montraient qu'il y avait peu de danger.

dimanche 25 mai 2008

Y'a sondage : supprimer ou pas la composante aéroportée de la dissuasion

Les débats ont été vifs sur le sujets, dans la section "commentaires" du dernier post. Alors... Faut-il ou non conserver la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française, sachant qu'elle coûte grosso modo 13% du budget "nucléaire-dissuasion" de la France ?

NB : les sondages Blogger n'ont évidemment aucune valeur scientifique, en particulier du point de vue de l'échantillonage...

vendredi 23 mai 2008

Pourquoi éliminer la composante aéroportée ?

Je m'y attendais : ma position sur la composante aéroportée de la dissuasion suscite des interrogations. J'avais pensé y répondre via un commentaire mais, finalement, autant en faire profiter tout le monde.

En fait, avant d'attaquer les questions d'ordre technique, il faut en revenir à la mère de tous les comportement stratégiques : la politique et, dans le cas qui nous concerne, la possibilité d'un usage en premier de l'arme nucléaire pour lequel l'ASMP-A constituerait une bonne solution. Mais deux arguments s'y opposent :

1) qui accepterait d'être mis au ban des nations pour un emploi en premier du nucléaire, même contre des soldats adverses ? J'avais écrit, en son temps, une histoire stratégique de la guerre froide, parfaitement impubliable (pensez, 1 500 pages écrites serrées...). De telles conceptions de first use avaient un sens, d'ailleurs essentiellement tactique et généralement remis en question au plan stratégique ;

2) quand bien même cette décision serait prise, un M51 suffit. Pourquoi ?

D'abord, parce que la portée de l'engin est nettement plus importante que le tandem ASMP-A/Rafale - ce qui veut dire que le SNLE lanceur est loin, très loin, de toute possibilité de représailles. Le temps que celle-ci soit coordonnée et mise en oeuvre et nous passons l'heure... si les systèmes décisionnels adverses (et je parle plus ici du facteur humain que du facteur technique) en sont encore capables.

Ensuite, parce que rien n'est plus furtif qu'un SNLE, en particulier un Triomphant. Quand bien même sa position serait détectée du fait d'un lancement - ce qui est vraiment très hypothétique -, sa vitesse maximale silencieuse l'éloignerait de toute représailles. Nous parlions d'une heure si tout fonctionne (très) bien. A 7 noeuds, il sera très loin de toute explosion se déroulant dans ses parages, si tant est qu'un adversaire soit en mesure de lancer.

Pour cela, il faudrait, au surplus, qu'il soit en mesure de détecter. Outre les Américains dont on peut gager qu'ils seront prévenus, la Russie aligne des satellites Oko et Prognoz... en très mauvais état. L'autre solution consiste en des radars OTHB. Mais qui n"ont qu'une portée relativement limitée comparativement à celle d'un M51. Tout le monde n'a pas un Jindalee.

Et quand bien même la frappe serait détectée, cela n'est aucunement en soi le signe d'une représaille contre les sous-marins, dont il faut réussir trouver 4 exemplaires pour décapiter la dissuasion française : une tâche titanesque qui n'est à la portée d'aucun Etat. La détection certes une condition nécessaire mais pas suffisante. On pourrait même y ajouter que le M-51 peut nous mettre à l'abri là où le Rafale ou l'ASMP-A sont plus facilement identifiables.

Par ailleurs, les futures TNO sont elles-mêmes "très furtives". Plus, en tout état de cause, qu'un tandem Rafale/ASMPA, bien plus suceptible d'être détecté voire intercepté par des moyens disponibles dans nombre d'Etats. Comparativement, abattre une TNO apparaît comme beaucoup plus problématique.

Venons-en, maintenant, à la question du dosage de la TNO. Outre qu'elle pourra être régulée en puissance (mais, très honnêtement, qui fera, dans le pays visé, la différence entre 100 et 150 Kt ?), sa précision est meilleure que celle du M45. Lorsque l'on joue dans la gamme des Kt, une variation de 100 m dans les ECP n'a que peu d'importance. Plutôt, elle n'a d'importance que dans l'hypothèse où vous lancez une contre-force visant à décapiter les capacités de 1ère frappe adverses.

Mais, que vous employez un ASMP-A ou un M51, la question reste identique : si vous vous lancez dans une telle opération, vous devez décapiter l'ensemble du système adverse de 1ère frappe,, au risque de mettre le doigt dans un engrenage qui verra Paris se vaporiser. Vous viserez donc des cibles moins stratégiques. Une base aérienne ou un port, par exemple. Et là, la différence de 100 m à l'ECP n'en sera plus une vu la charge explosive.

Mais, encore une fois, si vous prenez effectivement la décision de lancer. En substratégique, rien n'est plus improbable : c'était même une des raisons ayant poussé au développement du SCALP et au placement de son emploi sous l'autorité du chef de l'Etat. La manoeuvre de crise était assez clairement perçue comme relevant du niveau conventionnel et n'eclut nullement le nucléaire. Au-delà, l'esprit du temps n'est plus à la bataille atomique tactique, sauf peut-être dans les planifications indiennes et pakistanaise (Cf. Lavoy et Sagan), soit des circonstances extrêmement partculières dans lesquelles nous n'irons d'ailleurs pas nous immiscer "nucléairement".

L'esprit du temps par contre nettement plus à la prolifération stratégique. Et c'est en celà que garder 4 SNLE et les M51 est une excellente chose.

jeudi 22 mai 2008

Sortie de piste d'un Rafale M



Selon la Marine nationale, le jeudi 22 mai 2008 à 10h34 locale, un Rafale de la 12F de l’Aéronautique navale qui venait de prendre la mission de permanence opérationnelle est sorti de la piste ouest de la base aéronavale de Lann-Bihoue (piste 25 en service, en photo, copyright Marine nationale). Le pilote s’est éjecté et a été récupéré conscient pour être évacué sur l’hôpital Bodelio de Lorient où il est placé en observation. L’avion qui est resté dans le périmètre de la base a été sécurisé par les services techniques de la Marine. Les causes de l’événement ne peuvent être établies pour le moment et devront être déterminées par une enquête technique.

Le jour de vérité

Bonjour l'Europe. Avant de me remettre à la guerre biologique, juste quelques lignes histoire de se rappeler que c'est aujourd'hui que le Livre Blanc doit être présenté aux parlementaires français.

Qui, par ailleurs, on déjà fait connaître un certain nombre de points de vue : ils veulent donner la priorité à l'aéromobilité aux aux frégates FREMM, tandis qu'un consensus semble se dégager pour considérer que la numérisation de l'espace de bataille n'est pas une priorité. Ce qui pose donc bon nombre de questions pour l'avenir de l'opération Scorpion, par ailleurs largement abordée dans le prochain hors-série de DSI.

Pour le reste, les grandes lignes du LBDS sont connues : à l'intérieur, emphase sur la protection du territoire (y compris l'inclusion bienvenue de la résilience) ; à l'extérieur, emphase sur le renseignement et diminution du volume des forces. Point sympa, l'appel à un meilleur financement de la R&D. Mais la mesure apparaît comme un contrepoids aux processus de réduction/étalement des commandes : garder les bureaux d'étude ouverts et opérationnels est un moindre mal.

Reste, néanmoins, comme un petit goût d'échec : sursaturer le maillage sécuritaire intérieur ne garantira jamais qu'aucun attentat ne se produira, alors que disposer des instruments d'une manoeuvre de crise offre une plus haute probabilité de succès.

Encore une fois, le repli sur soi - parce que c'est fondamentalement ce qui se prépare - dans les conditions stratégiques actuelles est une mauvaise posture. A travers l'histoire, ce type de défensive s'est toujours montré dépassé... et l'est encore plus dès lors que la France entend toujours jouer un rôle important.

On ne peut séparer les dimensions diplomatiques des militaires (j'ai toujours eu en horreur cette fixation journalistique pour une dichotomie entre "solution politique" et "solution militaire", alors que la "solution militaire" est sans doute la plus politique qui soit !). Or, la résilience nous permettait d'en jouer comme d'un "bouclier" nous permettant de se concentrer sur la "lance", à savoir la défense elle-même.

Au contraire même, la tendance de l'époque est à une meilleure coordination des lignes d'opérations. Irions-nous donc droit dans le mur ? Malheureusement, il y a des chances. Les demis-mesures se sont succédées et les économies n'ont pas nécessairement été réalisées aus bons endroits. Prenons, par exemple, la composante aéroportée de la dissuasion : elle avait une signification certaine dans le jeu sémiotique de la guerre froide. En a-t-elle encore une ? Au risque de fâcher certains, non.

Peu d'Etats sont en mesure de distinguer l'arrivée d'un ASMP-A de celui d'un M-51. Et leur réaction en cas d'explosion d'une charge nucléaire sur leur territoire ne sera pas modulée du fait du vecteur porteur. D'autant plus que nous sommes sensés nous attaquer aux centres décisionnels - qui sont le plus souvent des centres urbains - et qui ne seront donc pas en mesure de décider s'il s'agissait d'un vecteur aéroporté ou balistique. Et de toute façon, en cas de besoin - un show of force, par exemple - rien n'empêche de faire sauter une TNO dans un désert.

En attendant, des avions sont trop souvent mobilisés pour ces missions et l'entretien des armes coûte cher. Dans le même temps, trop peu de missiles de croisière - un véritable outil de manoeuvre de crise - sont disponibles et l'armée de l'Air voit ses effectifs descendus en flamme. Parce que, honnêtement, vous pensez réellement que l'on re-commandera des Rafale après 2020-30, une fois que les Mirage 2000 seront arrivés au terme de leur vie (et dans quel état !) ? Maintenir la chaîne de production opérationnelle va être un vrai casse-tête, d'autant plus que les exportations ne suivent pas.

mardi 20 mai 2008

Grumble, Gargoyle et Growler

Allez, avouez. Franchement. Honnêtement.

Vous aussi, vous êtes aussi perdu que moi lorsqu'il s'agit de vous y retrouver dans la foultitude des désignations de SAM russes ? Carlo Kopp, une excellent analyste australien vient de poster son petit guide perso sur ces engins.

Au revoir, Air Dominance ?

L’Air Force Association, un puissant lobby pro-US Air Force semble avoir radicalement changé de rhétorique. Dans une vidéo postée sur son site, elle indique ainsi que la suprématie aérienne américaine – qui n’a plus été disputée depuis la guerre de Corée – fait face à une situation de crise, le niveau qualitatif comme quantitatif des forces US tendant à s’éroder.

Ainsi, les nouvelles générations de missiles russes – en particulier les SA-21 et SA-22 – ont des enveloppes d’engagement plus importantes et connaissent une véritable prolifération. Dans le domaine du combat aérien, les solutions proposées par la Chine et la Russie – comme le Su-35 – sont considérées comme posant un réel problème.

Peu coûteuses, elles peuvent avoir l’avantage du nombre et elles sont de plus en plus fréquemment équipées de contre-mesures électroniques efficientes, tandis que les missiles air-air voient leurs capacités augmenter rapidement.

Selon l’AFA, il ne faudra ainsi que quelques années avant que le F-35 soit incapable de dominer de tels appareils, alors que la majeure partie des appareils US encore en ligne seront des F-16 et des F-15 non seulement considérés comme déjà dépassés mais aussi comme quantitativement insuffisants.

Par ailleurs, l’AFA met également en garde contre des opérations aériennes combinées qui viseraient à la destruction des réseaux informatiques mais aussi des capacités spatiales américaines.

Si le document s’avère parfois alarmiste à outrance, surestimant un certain nombre de capacités, russes ou chinoises, il n’en demeure pas moins qu’il pourrait bien marquer un tournant dans la rhétorique US, en faveur de systèmes plus simples mais aussi plus nombreux.

Si l’on y discernera un argumentaire – caché – en faveur du F-22, il n’en reste pas moins que l’avantage comparatif des forces aériennes occidentales est immanquablement appelé à s’éroder.

En preview...

Juin 2008 verra une nouvelle édition d'Eurosatory. L'occasion pour nous de revenir in extenso sur les Marines mais aussi sur les hélicoptères de manoeuvre... avec en particulier un très bon article de J-L. Promé sur la problématique induite par le TTH-90.

Vers une réduction de commande des Rafale ?

Selon Les Echos, Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale, qui sera présenté aux députés et sénateurs mercredi, préconiserait une réduction importante du nombre d'avions de combat.

Dans le cadre du "format 2015", il était prévu que l'armée de l'Air puisse aligner, à cet horizon, 300 de "type Rafale" (incluant des Mirage 2000 modernisés) et la marine un groupe aéronaval, soit une quarantaine d'appareils. Soit 340 avions au total prêts à décoller pour remplir tous les types de missions. Ce qui supposait un parc total d'environ 400 avions pour pallier les besoins de formation ou de réparation.

Or le Livre blanc, qui s'inscrit dans un horizon de temps de deux lois de programmation militaire, préconise que l'armée de l'Air et l'aéronavale ne disposent plus - en tout et pour tout - que de 300 avions de combat vers 2020 ou 2021...

Doit-on en déduire que le nombre de commandes de Rafale prévues, 294 aujourd'hui, sera fortement revu à la baisse ? Seule certitude, sur les 86 2000D en service, une soixantaine devraient être modernisés, pour étendre leur durée de vie au-delà de 2020.

Ce qui nous laisse comme hypothèse :

- 40 Rafale Marine + 60 2000D + 200 Rafale Air
- 50 Rafale Marine + 60 2000D + 190 Rafale Air
- 60 Rafale Marine + 60 2000D + 180 Rafale Air

Du coup, le calendrier des commandes du Rafale devrait subir d'importants décalages. L'avionneur devrait quand même livrer, in fine, la totalité des Rafale mais il faudra attendre que le dernier Mirage soit retiré du service...

Des F-16 pour la Roumanie

Le Pentagone a informé le Congrès de son intention de vendre à la Roumanie 48 F-16, dans le cadre d'un contrat pouvant atteindre jusqu'à 4,5 milliards de dollars.

Cette vente, menée dans le cadre des Foreign Military Sales, sera composée pour moitié de modèles neufs F-16C/D Block 50/52, et pour moitié d'appareils d'occasion de type F-16C/D Block 25, qui seront modernisés. La vente inclut les moteurs, les radars, kes systèmes de communications, les systèmes de navigation, des systèmes de guerre électronique et de contre-mesures.

La vente signe aussi, sans doute, la mise au rancart des Mig-21 Lancer, modernisés par les Israéliens.

lundi 19 mai 2008

DSI Dossiers et Documents n°1 - Le sommaire


DSI – Dossiers & Documents n°1

Apport des capacités navales dans le système de défense et de sécurité nationales


L’espace maritime – une zone d’intérêts stratégiques

1. Les océans – un rôle central pour les flux commerciaux et d’information
2. Le littoral – concentration de populations, de richesses et de crises
3. Les espaces océaniques – lieu de cohabitation et de confrontation des puissances
4. L’espace maritime français – un espace de souveraineté, des intérêts à protéger

L’apport des capacités navales

1. Dissuader – la force océanique stratégique, pilier principal de notre dissuasion
2. Prévenir – les capacités navales, vigies avancées de notre sécurité
3. Protéger – du plus loin au plus près de nos côtes
4. Intervenir – efficacité et souplesse pour la projection de puissance et de forces
5. Des moyens polyvalents – répondant à de multiples besoins capacitaires de défense et de sécurité

Entretien avec l’amiral Pierre-François Forissier – CEMM

Un socle industriel et technologique indissociable de la cohérence capacitaire
1. Préserver – une base industrielle et technologique nécessaire à l’entretien et la modernisation de capacités navales effectives
2. Un socle industriel – dépassant la simple fourniture d’équipement
3. Une industrie – tournée vers la satisfaction des besoins de la Marine nationale au meilleur prix
4. Un socle industriel – et technologique de qualité

Entretien avec Bernard Planchais, directeur général délégué de DCNS

Bon, allez, juste pour le plaisir !



dimanche 18 mai 2008

"Nous allons vers l'armée italienne"

Voilà ce que vient de me dire un général 3 étoiles français, ce matin.

De facto la parution de plusieurs éléments sur le Livre Blanc (qu'il semble avoir eu en main) laissera plus que sceptique :

- des réductions en pagaille, alors que toutes nos autres armées augmentent le nombre de leur effectif ;

- paradoxalement, la volonté de gagner une place centrale dans le processus d'influence de l'OTAN alors même que le nombre de soldats (re-)devient une variable importante dans l'établissement de cette même influence ;

- des choix technologiques hasardeux alors que les budgets sont évidemment contraints ;

- ultimement, la réduction de notre capacité d'action sur les crises et conflits.

Quelles en sont les raisons ?

- l'obsession sécuritaire, qui conduit à affecter 10 000 hommes à Vigipirate alors que police et Gendarmerie en allignent 240 000. Ces 10 000 sont une paille pour la protection du territoire, ils ne le sont pas pour l'AdT, qui reste le principal effecteur politique dans les opérations ;

- l'incapacité à comprendre le monde contemporain et à retirer des débats stratégiques contemporains des leçons utiles à la structure des forces comme à la définition de leurs missions. La vraie défense du territoire ne s'opère pas en son sein mais loin, très loin. L'Allemagne me semble aussi menaçante que l'Estonie ou le Lesotho. Les vrais problèmes qui risquent de nous impacter un jour ne sont pas ici mais ailleurs. De ce point de vue, nous sommes vraissemblablement dans une situation comparable à celle des années 30, alors que les débats étaient vifs mais qu'aucune leçon ne sera tirée, les forces restant accrochées à des modèles qui seront anéantis sur le terrain ;

- la confusion entre stratégie industrielle et stratégie des moyens. Il paraît évident que maîtriser certains domaines technologiques en toute souveraineté est plus qu'utile. Mais faut-il tous les maîtriser ? Manifestement et au prix qu'ils font payer à un budget encore une fois contraint, non. L'exemple suédois est éclairant : à force de neutralité et de pression de l'industrie de défense, certains programmes devront être annulés et... les forces largement réduites ;

- des demis-choix (en matière de positionnement des unités, par exemple), trop influencés par une politique intérieure dont nos adversaires potentiels n'ont pas grand chose à faire ;

- sans doute, l'ancrage excessif dans des modèles dépassés continuant à nous hypnotiser : comme la puissance, l'indépendance est une question d'attitude, non de moyens que l'on parvient, de toute façon à se procurer. L'admiration pour Colbert ou de Gaulle est tout à fait légitime. Mais elle est historiquement très spécifique. Doit-elle imposer des postures qui, in fine, vont parvenir à réduire cette indépendance ?

vendredi 16 mai 2008

Apportez leur l'enfer !

Le Truman est un navire réellement impressionnant. Mais, massif de prime abord, il s'avère étroit vue de l'intérieur. L'accueil, extrêmement chaleureux - comme toujours avec les Américains - nous vaut aussi quelques surprises. Outre un petit tour dans l'une des baies du hangar (poser à côté d'un F/A-18E, ça le fait), nous avons eu droit à une conférence de presse dans la passerelle navigation.

Pas mal de presse locale et peu de presse "pro". A nous donc de relever le niveau. L'occasion d'en savoir un peu plus sur les activités du PA. Pas de déploiement en vue pour le Liban - juste des exercices avec la Marine nationale impliquant des appontages et catapultages de Rafale et de Hawkeye - mais, précise le commandant du Carrier Strike Group 10, "nous restons flexibles".

En fait, le Truman - dont la devise non officielle est "apportez leur l'enfer" - revient de 5 mois dans le Golfe et, après ses exercices avec la Royale, rentre sur Norfolk. Autre précision - le reste sera à suivre dans T&A - le navire peut monter à 200 sorties par jour, chiffre théorique. En temps de guerre, de 70 à 80 est fatiguant mais tenable sur quelques semaines. Le plus généralement, il faut tabler sur 40-50 sorties quotidiennes.

Votre burger, toasté par un F-18 ?

Bon, c'est vrai, ça n'arrive pas tous les jours, un porte-avions US fait relâche à Marseille. Le Truman est arrivé ce matin à 10h.

L'occasion pour votre joyeuse rédaction préférée d'embarquer pour une visite privée et une petite discussion avec l'amiral, cet après-midi. De fait, les 320 m de la bête, ses 102 000 tonnes et ses 80 appareils ont peut-être bien quelque chose à voir avec ce qu'il se passe au Liban.

Photos et interview dans le prochain T&A, comme il convient !

jeudi 15 mai 2008

La sécurité nous terrorise-t-elle ?

J'avais eu l'occasion de participer à l'enregistrement de l'émission "Opinion publique" consacrée à la question de la sécurité dans son rapport à l'espace public.

L'occasion de revenir sur la thématique du rapport de l'homme à la technologie mais aussi sur celle de la résilience. Qui semble avoir reçu un accueil tèrs favorable, d'ailleurs, de l'OCAM ou du bourgmestre (maire) de Liège.

L'émission sera diffusée ce soir, sur La Une, à 22h. Pour ceux disposant du satellite, ils peuvent la capter via RTBF Sat (voir les dates de diffusion).

Conférence : la résilience au Parlement Européen

Terror as a Global Problem. What are the counter-terror measures taken by the EU/ Israel?
How can we be better prepared to a terror attack?

J'aurai le plaisir de donner une conférence sur le sujet avec le général (Ret.) Efraim Lapid, membre du directoire de l'Intelligence and Terrorism Information Centre" (ITIC), ancien porte-parole de l'IDF et ancien expert en renseignement de Tsahal.

Dans le cadre de la journée "Victims of Terror – Rehabilitation and Resilience. The life after Terror attacks. Ways to deal with the pain, human and property lose. 11 Juin 2008, PE,
Room A5E-3, 15.00 – 18.00.

Les personnes intéressées peuvent s'inscrire chez Yann Gall : (yann.gall(arobase)enf-eu.com) avant le 6 juin en communiquant leur nom et prénom ; leur date de naissance ; leur n° de carte d’identité ou de passeport ; leur ville et pays de résidence.

mercredi 14 mai 2008

Wanted : journalistes spécialistes des questions techniques

Technologie & Armement est appelé à muer assez profondément au cours de ses prochaines éditions. Depuis quelques temps en effet, nous analysons, décryptons et décortiquons vos attentes. Beaucoup de choses en ressortent et nous allons le mettre en oeuvre.

Dans ce cadre - et voilà une utilisation de ce blog que je n'aurais jamais imaginé ! - je cherche des journalistes pigistes (donc, rémunérés), ce qui va me permettre de disposer d'une réserve dans laquelle je pourrai puiser, en fonction de votre spécialisation, pour la rédaction ponctuelle d'articles pour le T&A.

Alors, de quoi parle-t'on ? D'abord, de quelqu'un qui sait écrire (entendons, de façon claire, précise et ayant le soucis du détail) et qui a déjà écrit. Vous pouvez être journaliste, chercheur ou ingénieur. Il va de soi que je refuserai toute candidature de quelqu'un issu de l'industrie de défense qui viendrait à traiter de ses propres matériels : la publicité est faite pour ça.

Les sujets traités sont très vastes et ont tous un point commun - les questions technologiques. Vous pourriez être à même de définir en deux pages les principes d'un radar AESA ou d'une rétine artificielle. Vous pourriez tout aussi bien tâcher de montrer les évolutions de l'architecture navale en Russie ou de cerner les percées pouvant se produire en matière de transmissions à saut de fréquence ou en matière de nanotechnologies.

Vous l'avez compris, nous cherchons plus que des journalistes : nous cherchons des experts. Quelque soit votre spécialité, deux qualités sont essentielles. La première est le respect des délais et la seconde, le respect des consignes (en terme, par exemple, de nombre de signes - qui peut aller de 3 500 à 14 000).

Tenté par l'expérience et envie de transmettre du savoir dans plus de 40 pays et à 65 000 lecteurs ? Il suffit juste de m'envoyer votre CV (avec liste des publications et la liste de vos spécialités à henrotin(arobase)areion.fr

lundi 12 mai 2008

DSI Dossiers et Documents n°1

Nous avons le plaisir de vous faire part de la naissance de notre petit dernier, DSI Dossiers et Documents, de 68 pages, pour 14,95 Eur.

Contrairement aux autres DSI, il n'est pas disponible en kiosque mais peut-être commandé par courriel, à l'adresse suivante : commande@areion.fr

Par ailleurs, ne manquez pas, à partir de début juin, le DSI Hors-Série n°3. Consacré aux forces terrestres, avec l'intervention de nombreux experts, il marque aussi un tournant pour notre rédaction : les Hors-Série paraîtront en effet tous les deux mois, en alternance avec Technologie & Armement.

Colloque : 50 ans de politique industrielle en France

Le Club Participation & Progrès organise, en partenariat avec DSI et T&A, un colloque intitulé "La Vème République, 1958-2008 : 50 ans de politique industrielle de Défense", le 24 juin 2008.

Il se tiendra de 9h00 à 18h00, à l'amphithéâtre Raymond Aron, Université Paris-Dauphine – Paris (Place du maréchal de Lattre-de-Tassigny - 75116 Paris).

Entrée libre. Renseignements et inscriptions : Club.Participation-Progres@wanadoo.fr

dimanche 11 mai 2008

Le défilé du 9 Mai

La Russie a procédé a son plus grand défilé militaire depuis la fin de la guerre froide : Moscou est de retour et veut le montrer, y compris sans doute à Medvedev lui-même. Russia Today l'a mis en ligne, en version intégrale :

samedi 10 mai 2008

Chronique des jours qui passent

Il s'appelait Michael Batthia, il vient d'être tué en Afghanistan. Certes, ce pourrait être un nom comme un autre sur la liste de ceux qui ont été tués au combat. Je ne le connaissait pas. La seule différence entre lui et un soldat "traditionnel" est qu'il était académique - il préparait sa thèse et était chercheur en relations internationales à la Brown University et envoyé en mission sur place.

Il indiquait, à l'égard de ses recherches en Afghanistan, que "The program has a real chance of reducing both the Afghan and American lives lost, as well as ensuring that the US/NATO/ISAF strategy becomes better attuned to the population’s concerns, views, criticisms and interests and better supports the Government of Afghanistan".

L'occasion de rappeler à certains - si, si, il y en a - que le fer de lance d'une opération militaire reste la stratégie et que les académiques ne sont pas uniquement des rats de bibliothèques boutonneux, coincés dans leurs bouquins, n'ayant aucune connaissance du terrain et envoyant d'autres humains dans des opérations dont ils ne connaîtraient rien.

vendredi 9 mai 2008

FRES : le Piranha V l'emporte sur le VBCI


Le ministère britannique de la défense a annoncé hier la sélection du Piranha V de General Dynamics UK dans le cadre du segment "utility" du programme FRES.

On notera que le véhicule choisi n'existe pas encore : c'est le Piranha IV (en photo, copyright GD UK) qui a été utilisé durant les "trials of thruth" ayant abouti à la décision britannique. Les premiers Piranha V, d'une masse devant à terme atteindre les 30 tonnes, sortiront d'usine en 2009.

L'Italie a rejoint l'EGUERMIN

Un MoU a été signé avec la marine italienne, lui permettant d'utiliser l'Ecole de guerre des mines (EGUERMIN), une structure mise en place dans le cadre de l'ABNL (Amiral Benelux) et qui formait jusque là les spécialistes néerlandais et belges.

Comparaison n'est évidemment pas raison et il faut se garder de tirer des conclusions hâtives. Mais, honnêtement, ce genre de petites structures, certes très spécialisées, si elles développent de telles adhésions "à la carte" (et où les adhérents doivent respecter des conditions bien précises et qui leurs sont antérieures), seront sans doute bien plus bénéfiques pour une véritable défense européenne que tous les discours sur les ancrages européens ou atlantistes de tel ou tel pays.

On pourrait même aller encore plus loin dans l'analyse : le niveau politique étant le principal facteur de blocage d'une véritable PESD (soyons sérieux : si nous allons en ordre dispersé au Liban en 2006, c'est précisément parce que la PESD n'est pas opérationnelle (1)), c'est "par le bas", aux niveaux tactique et de la formation, qu'il faut agir, en sortant du cadre UE et en là jouant bilatéral... pour mieux y revenir. Pourquoi pas dans le cadre d'une coopération renforcée ?

(1) L'affirmation pourrait sembler bien pessimiste et, surtout, ne prendrait pas en compte les opérations actuelles et passées menées dans son cadre. Mais, franchement, presque 10 ans après Cologne, quelles sont les réalisations concrètes ? Travaille-t-on au jour le jour avec un vrai état-major ? Non. Fait-on appel à tous ces QG conçus pour servir la PESD ? Non. Est-on capable de réellement coordonner nos efforts en mer ? Non. Avons-nous une politique spatiale réellement coordonnée au plan UE ? Non. Le centre de Torrejon, transféré de l'UEO à l'UE, travaille-t-il à plein ? Non. Derrière les effets d'annonce politiques se cachent l'inaction et la non-activation de nos structures par les mêmes politiques qui étaient si fiers des accords obtenus. C'est peut-être, donc, qu'il est temps de changer les méthodes et de ne pas chercher à mettre la cheminée sur le toit alors que les fondations de la maison sont à peine bétonnées...

jeudi 8 mai 2008

2ème PA : décision à la mi-juin ?

Claude Guéant a indiqué mardi que le président de la République prendrait sa décision "à la mi-juin lors d’un conseil de défense (...) C’est un sujet qui fera l’objet d’une décision du président de la République à la mi-juin lors d’un conseil de défense, lorsqu’il approuvera le Livre blanc et ce qui sera l’essentiel de la loi de programmation militaire à venir", a-t-il déclaré sur RTL.

"Dans l’absolu, un deuxième porte-avions serait utile" mais "il reste, compte tenu de son coût, à fixer les priorités d’équipement", a-t-il ajouté.

mercredi 7 mai 2008

Ateliers du CESA - spécial contre-asymétrie aérienne


Etes-vous de grands lecteurs ?

Petit sondage, histoire de voir si vous êtes de grands lecteurs. Attention, dans les "ouvrages", je ne compte pas les revues ou les documents trouvés sur internet : uniquement des livres au sens propre du terme...

Tourelles téléopérées pour les VAB : les Norvégiens l'emportent


C'était un de ces matériels "de cohérence" dont le manque inquiétait le général Cuche, CEMAT : les tourelles téléopérées qui permettent à un véhicule de faire feu sans que l'opérateur de l'arme n'ait à s'exposer.


Finalement, c'est le Protector, de Kongsberg (en photo) qui a été choisi parmi 10 concurrent. Un accord d'une valeur de 100 millions de dollars, d'après le communiqué de presse, a été conclu, la première tranche portant sur 15 millions. Les premiers Protector devraient être livrés début 2009.

Just snipe it


La Belgique a fait l'acquisition de 8 pods Sniper (en photo, copyright Lockheed Martin) pour sa composante air. L'occasion pour Dominique Simonet, de la Libre, de faire un saut à Florennes pour se faire expliquer le fonctionnement d'un pod qui pointe - la jolie coquille - à 15 000 nautiques. A lire ici.
On notera également son utilisation en tant qu'OSF mais aussi, de façon plus intéressante, le concept derrière l'évolution du F-16 et renvoyant à la modulation... Voilà qui me renvoie tout droit à L'Airpower au 21ème siècle.

mardi 6 mai 2008

Livre Blanc : pas avant mi-juin...

Selon Les Echos, LBSD devrait passer, théoriquement, en Conseil des ministres le 4 juin. Si l'Elysée indique qu'aucune date n'a encore été fixée, c'est ce qu'on laisse entendre au sein de la Commission.

Ses membres prévoient de se réunir en séminaire la semaine prochaine, les 13 et 17 mai précisément, pour une " relecture " complète des travaux qui ont démarré l'été dernier. Le Livre blanc sera alors transmis aux ministères concernés et, en parallèle, présenté aux commissions compétentes du Parlement : le 21 mai au Sénat, et le 27 mai à l'Assemblée nationale, selon un calendrier qui reste à confirmer.

Le temps de faire remonter et d'incorporer les remarques des députés et sénateurs, le document passera ensuite en conseil de défense pour recueillir les derniers arbitrages de l'Elysée. Après le conseil des ministres du 4 juin, François Fillon pourra alors en faire une présentation au Parlement.

On évoque la date du 10 juin. Enfin, comme il l'a annoncé, Hervé Morin, présentera la future "carte militaire" des armées - c'est à dire la liste des implantations militaires appelées à être fermées, déplacées ou densifiées - le 19 juin. Le ministre de la Défense s'exprimera en plein salon Eurosatory, le grand rendez-vous mondial de l'armement terrestre qui se tient tous les deux ans à Villepinte, dans le Nord de Paris.

Et comme vous le savez, DSI y sera.

La NCI : un nouveau projet Manhattan ?

L’actuelle préoccupation américaine pour les cyber-opérations prend des atours de mobilisation générale. Ainsi, après qu’ait été lancée une National Cybersecurity Initiative approuvée par le Congrès, l’attention se porte à présent sur la DARPA, qui va devoir mettre au point un National Cyber-Range, équivalent électronique du National Training Center.

But de ce projet – considéré comme équivalent au Projet Manhattan, qui avait débouché sur l’arme nucléaire – reprendre le leadership en matière de Strategic Information Warfare. Le projet est mené « à l’américaine » : se voyant doté de 30 milliards de dollars de budget, l’initiative comme le programme devront permettre de créer un double d’internet qui permettra non seulement d’entraîner les spécialistes de la cyber-guerre de tous les services mais aussi de mettre au point les tactiques – défensives comme offensives – qui vont permettre de donner aux Etats-Unis une capacité crédible de contre-offensive informatique.

Dans la foulée, les experts de la DARPA mènent une série de programmes parallèles, visant, par exemple, à répliquer le comportement des utilisateurs en ligne ; ou encore à systématiquement examiner toutes les opérations informatiques impliquant les ordinateurs fédéraux (programme Byzantine Foothold).

L’ensemble de ces efforts est considéré comme la riposte à un certain nombre de puissances émergentes en la matière. On estime en effet que seuls 100 millions de dollars sont nécessaires pour mener une cyber-guerre de grande envergure : le prix de deux avions de combat, une paille. De sorte que plus d’une centaine d’acteurs – étatiques ou non – seraient en mesure de s’attaquer aux Etats-Unis.

lundi 5 mai 2008

Chers AIV DF - l'épilogue ?

Vous êtes plusieurs à m'avoir demandé ce qu'il en advenait de la question des AIV Direct Fire - et plus largement des AIV tout court. Et bien, je n'en sais rien mais j'ai ma petite idée. Mais je pense qu'une partie des réponses se trouve dans la note de politique générale - "Défense", du mois d'avril.

Grosso modo, une évacuation des tranches conditionnelles est évoquée alors que sont évoqués, plus loin "les efforts nécessaires pour le maintien et l'amélioration des capacités tactiques et et pour assurer la sécurité aussi bien pendant l'entraînement qu'en opération" et qui "doivent être augmentés". Le BEST (Belgian Soldier Technology) est également mis en évidence.

Alors, me direz-vous, resterons-nous donc avec nos 18 malheureux AIV/90 mm sur les bras, sans rien d'autre ? Et bien, pas nécessairement. Tout semble indiquer que les options disponibles sont passées en revue.

Mais les budgets étant ce qu'ils sont - et le remplacement des deux A-310 étant prioritaire - les 343,728 millions d'euros de budget d'équipement 2008 risquent fort de passer, pour partie, au sauvetage de notre capacité de projection stratégique.

Pourtant, la Défense cogite. Les départs à la retraite volontaires sont favorisés, le service militaire volontaire va être mis en place et un certain nombre d'infrastructures vont être revendues.

Le Super Hornet out en Suisse ; une chance pour le Rafale ?

Boeing a annoncé qu'il retirait le F/A-18E/F Super Hornet de la compétition visant au remplacement des F-5E/F hélvétiques. Conséquence directe, seuls des compétiteurs européens restent en lice : Typhoon, Gripen et... Rafale.

La RAF ne chôme pas

Selon le ministre britannique de la défense, la RAF a mené, de mars 2007 à avril 2008, 21 interceptions d'appareils russes s'approchant de l'espace aérien britannique. Aucun n'est "passé à travers les mailles du filet". Répondant à une question parlementaire, le ministre à indiqué que l'espace aérien britannique n'a jamais été violé durant cette période mais que l'Air Policing Area de l'OTAN l'avait été.

dimanche 4 mai 2008

Ward à l'assaut de Diplomatie

Michael T. Ward n'est pas n'importe qui : c'est le patron du tout nouveau Cyber-command de l'US Air Force. Et c'est à ce titre que nos confrères de Diplomatie en ont fait l'interview, parue dans Diplomatie, 32ème du nom.

A l'heure où la Sûreté de l'Etat belge nous explique que toutes les tentatives d'attaques sur les PC fédéraux belges ont échoué et que 3 millions d'Euros et une vingtaine d'expert vont nous protéger (nous ne sommes pourtant pas le 1er avril) - mais pas notre économie, sans doute pas assez fédérale - sa lecture est donc plus que conseillée.

Egalement à noter, un dossier sur le Kosovo (ça, c'est pour Olivier ;o). Le sommaire est ici.

mercredi 30 avril 2008

En ces jours de débat...

... sur l'évolutionnisme versus les avatars du créationnisme, il peut être bon de savoir de quoi l'on parle - je pense bien évidemment ici au darwinisme. L'ensemble des oeuvres de l'auteur a été collecté et mis en ligne, juste ici.

La technologie finira donc bien ainsi par nous éclairer quelque peu. Si l'intérêt de cette remarquable collection (on y trouve les 6 éditions de L'origine des espèces) réside dans son aspect exhaustif qui ravira incontestablement le citoyen comme le biologiste, sa lecture devrait également être conseillée aux stratégistes.

Non pas que votre serviteur soit un fan du darwinisme social - il l'est par contre de l'excellent Les doctrines darwiniennes et la guerre de 1914 de Thomas Lindemman - mais que l'évolutionnisme me semble être au coeur des conceptions clausewitziennes. Toute la structure des lois d'adaptation réciproques fait naturellement appel à Darwin, même si la première édition de L'origine est bien évidemment postérieure à celle de Vom Kriege.

DSI n°37 - mai 2008 - le sommaire


Défense & Sécurité Internationale n°37
Mai 2008




Editorial
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
: les 40 nouvelles les plus importantes du mois
Veilles stratégiques : les 74 nouvelles qui ont fait l’actualité de la défense dans le monde

La chronique de Carl von C. :
Quelqu’un aurait-il vu nos chercheurs ? Rapport Bauer sur la recherche stratégique : la recherche militaire citée une fois…

Témoignage

L’instinct du commandement
Entretien avec le général Bigeard

Sécurité

La théorie de la résilience : nouvelle approche en contre-terrorisme ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Encadré : Comment les Britanniques ont tenu pendant le Blitz

Stratégie

Oui, il faut lire Clausewitz
Par Vincent Desportes, général de division commandant le CDEF

Contre-insurrection et stabilisation « par le bas ». Le retournement des milices sunnites en Irak (2006-2008)
Par Stéphane Taillat, doctorant en histoire militaire

Armées

Le passage du Nord Ouest, défi stratégique pour le Canada
Entretien avec Joël Plouffe, membre de la Chaire Raoul Dandurand, UQAM

La marine canadienne, entre souveraineté et opérations expéditionnaires
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Encadré : Les DDH de la classe Iroquois

Encadré : Le Bonaventure

Encadré : La Classe Halifax

Encadré : La Classe Victoria

Tableau de bord : le Maritime Command canadien
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

La DRM à Creil. Les « yeux » et les « oreilles » du renseignement militaire. Le CF3E et le CF3I.
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : MUSIS, le futur satellite d’observation

Encadré : ELISA, le prochain démonstrateur en ROEM spatial

Technologie & Armement

Du missile antichar au missile d’appui
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Missile d’appui tactique : la solution ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Le lance-grenades automatique : le meilleur appui du fantassin
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Le sniping lourd
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Sukhoi Su-25 Frogfoot/L’attaque au sol dans la culture aérienne russe

M-1128 Stryker MGS/Le MGS est-il condamné ?

Frégate de commandement et de soutien classe Absalon/Des Absalon aux nouvelles frégates de patrouille danoises

Critiques de lecture

La défense antimissiles en débat(s) de Pierre Pascallon

La guerre de l’information de Daniel Ventre

Guerres et civilisations de Gérard Chaliand

Lorsque les tacticiens devinrent imaginatifs d’Olivier Entraygues

Conflict in the 21st Century : the Rise of Hybrid Wars de Frank G. Hoffman

L'US Army réinvestit l'espace

Cela faisait 50 ans que l’US Army n’avait plus lancé de satellites, laissant ce secteur de sa stratégie spatiale à l’US Air Force.

Elle a cependant annoncé qu’elle allait développer et lancer une constellation de 8 micro-satellites de communication dans moins de 9 mois.

Les satellites, d’une masse inférieure à 3 kg, permettraient d’offrir à des unités en dessous du niveau de la brigade, des communications sécurisées. L’ensemble de l’opération se monterait à un total de 5 millions de dollars.

mardi 29 avril 2008

Sondage "marine" : les résultats

Evidemment, de tels sondages n'ont strictement rien de scientifique - en particulier dès lors que l'on fait appel au sentiment même si l'on demande de se focaliser sur la raison (le budget constant). Néanmoins, ils sont indicatifs de plusieurs tendances :

1- vous êtes 33% à penser qu'il ne faut pas de PA2 et 36% à penser qu'il le faut, uniquement si l'on dispose d'un second groupe embarqué. Ce qui réduit sérieusement les chances d'en disposer - en particulier dès lors que vous êtes 39% à penser qu'il faut se limiter à 10 frégates, afin d'économiser pour ces nouveaux équipements.

2- 29% d'entre-vous pensez qu'il faut un second PA, même "dénudé" de son groupe embarqué. Ces 29% sont-ils dans les 39% de sondés estimant qu'il faut diminuer la cible des frégates ou les 9% estimant qu'il faut déshabiller (dissoudre ?) les autres armées ? Mystère. Les applications de sondage de Blogger sont trop limitées pour pouvoir l'indiquer.

3- les sondés sont 51% à penser qu'il faut faire plus pour la marine que pour les autres forces.

Ce qui nous amène à un autre sondage : à budget constant (j'insiste : il faut être réaliste et ne pas espérer voir augmenter substanciellement les budgets de défense), quelle structure de force pour l'armée de l'Air ?

Lancement du LCS-2

Le LCS-2 (photo, copyright Austal) a lancé par Austal. Son sister-ship, le LCS-4 avait été annulé en novembre 2007, peu après le LCS-3. D’une longueur de 127 m et d’un déplacement à pleine charge de 2 784 tonnes, il sera capable de mettre en œuvre simultanément 2 hélicoptères SH-60.

Son système de combat à architecture ouverte permettra l’intégration modulaire de systèmes d’armes (il dispose en propre d’un lanceur RAM et d’un canon de 57 mm), tandis que le navire disposera également d’une rampe permettant l’embarquement de systèmes de missions.

Comme le LCS-1 Freedom, il pourra lancer et récupérer des RHIB. Reste que le programme est toujours considéré comme étant en retard…

lundi 28 avril 2008

120 Leclerc à vendre ?

Selon Le Point, la France mettrait en vente d'occasion 120 de ses Leclerc. But de la manoeuvre, évidemment, renflouer les caisses de la défense et contribuer à arrondir la maintenant fameuse bosse budgétaire en matière d'équipements... mais aussi de maintenance. Les Leclerc consommeraient ainsi du quart au tiers de ce que coûte annuellement les MCO.

Alors, si l'hypothèse - finalement assez probable - se confirme, pour quels acheteurs ?

- Le Point évoque l'Arabie saoudite avec raison. La France doit y reprendre pied après le typhon russe dont nous vous parlions dans ces pages. Mais la manoeuvre aurait été refusée par Riad ;
- Mais la Lybie ou le Maroc pourraient également être intéressés.

Le fait est, cependant, que le marché est déjà saturé des offres allemandes ou hollandaises, la France disposant toutefois d'une réelle expértise dans l'acclimatation de ses chars au désert. La France compte officiellement, à l'heure actuelle, 350 Leclerc opérationnels. En réalité, la moitié, soit 175 exemplaires, sont en "parc de gestion" (MCO et mise sous cocon).

Eurosatory : les Press Frenchies sont de retours

Si vous vous intéressez aux questions d'armement, Eurosatory constituera sans doute pour vous un moment intéressant. De fait, c'est le plus gros salon européen dédié à l'armement aéroterrestre et c'est bien souvent là que les choses se passent dans ce domaine.

DSI et T&A ne pouvaient évidemment pas rester les bras croisés. Aussi, nos magazines sont-ils partenaires du salon.

Non pas comme les 52 publications de défense qui seront présentes mais bien au top du top, à égalité avec Jane's.

Le COGES, organisateur du salon, a réparti le travail : à nos confrères britanniques les Dailies, à nous un DSI hors-série qui sera distribué gratuitement sur le salon (et pour ceux que cela intéresse : dans les malettes des délégations) mais qui sera également disponible en kiosque.

On vous promet le fin du fin. Et le T&A qui suivra le salon vous en donnera aussi un bon aperçu. Les appareils photos et les claviers chauffent déjà.

Et si vous passez sur le salon, n'hésitez pas à venir nous dire un petit coucou : nous sommes sur le coin de la zone de presse, stand B040b.

dimanche 27 avril 2008

Vous êtes pro-européen ? Pas de chance pour vous...

Peut-on être (pro-)Européen et "militariste" ? Question saugrenue. Rectifions-là dès lors : est-on "militariste" si l'on est en faveur du traité de Lisbonne ?

Pour certains, il faut croire que oui. A lire dans La Libre Belgique. Atterrant de mauvaise connaissance 1) des mécanismes politiques européens ; 2) des actuelles politiques de Etats-membres ; 3) des mécanismes décisionnels et des équilibres politiques propres à l'OTAN ; 4) des travaux menés sur les concepts de militarisation et de militarisme.

Le salut, s'il en existe un, ne résiderait donc que dans la neutralité ou un "souverainisme absolu" ? Nous rassurons les auteurs de cette carte blanche : la neutralité comme ledit souverainisme est souvent source de bien plus de dépenses en matière de défense... Mais pour en arriver à cette conclusion, il faut étudier la politique et non la faire sous couvert des études...

samedi 26 avril 2008

Une nouvelle flotte pour la Navy

L'USN a mis en place - ou, plutôt, réactivé - la 4ème Flotte. Sa responsabilité géographique couvrira les Caraïbes et l'Amérique latine, se focalisant essentiellement sur des missions contre-narcotiques, de gestion des flux de réfugiés mais aussi de diplomatie navale.

Désactivée en 1950 (alle avait alors la responsabilité de l'Atlantique sud), la 4ème flotte sera commandée par Joseph Kernan, actuel commandant du Naval Special Warfare Command de la Navy et Navy SEAL.

WE edition : Les Norvégiens aiment le maintien de la paix...

jeudi 24 avril 2008

En preview

Le petit prochain, dans les kiosques début mai et un peu avant pour les abonnés ;o)

La pointe de la lance, émoussée ?

Une inspection récemment conduite par l’US Navy a démontré que le Chosin, un croiseur de la classe Ticonderoga et le Stout, un destroyer de la classe Arleigh Burke, étaient inaptes au combat.

Ainsi, la majeure partie de leurs missiles ne pouvaient pas être tirés ; les systèmes de leur pont hélicoptère n’étaient pas opérationnels et leurs radars Aegis ne fonctionnaient pas correctement.

L’affaire fait grand bruit aux Etats-Unis (où ce type d’évaluation touche plutôt des navires de soutien ou, au pire, des frégates) dans la mesure où elle touche des navires considérés comme la « pointe de la lance » des capacités de combat en surface.

mercredi 23 avril 2008

Merci à vous !

Vous l'avez peut-être remarqué, ce blog a dépassé la barre des 100 000 visites. Un grand merci à mes fidèles lecteurs dont les commentaires sont toujours aussi bienvenus.

Bonne journée tout le monde !

Le BAMS attribué

Northrop Grumman s'est vu attribuer un contrat de 1,16 milliard de dollars pour développer le BAMS (Broad Area Maritime Surveillance) au profit de la marine américaine.

L'annonce du contrat, le plus important à ce jour pour des drones, clôt ainsi une compétition acharnée qui avait vu s'opposer le RQ-4 et une évolution du MQ-9. Le nouveau système sera basé sur les RQ-4N, une version plus avancée du Global Hawk, un UAV qui peut voler pendant 36 heures et surveiller une zone de quelque 100.000 kilomètres carrés par jour.

Travaillant en réseau avec les futurs P-8 Poseidon (remplaçant le P-3), les RQ-4 vont fournir de l'imagerie radar et optique et devraient disposer de capacités SIGINT. Stratégiquement, ils induiront un plus grand degré de persistance ISR, en particulier sur les SLOCs. La marine espère ainsi compenser la diminution du nombre de ses navires.

lundi 21 avril 2008

Deux sondages, c'est encore mieux !

Voyant le tour que prennent vos réponses au sondage sur la nécessité du PA2, je me pose une nouvelle question (les chercheurs sont faits pour se poser des questions, après tout) : "A niveau budgétaire identique, faut-il :

- Garder l'équilibre : 10 frégates et plus de cooération européenne
- Faire plus pour la marine que pour les autres forces : 17 frégates
- Déshabillons les autres forces (sous entendu, dissolvons l'armée de l'Air et ne gardons que des chars en parc) ! 30 frégates"

J'en profite pour préciser ma position, qui est évidemment personnelle :

1) Comme je le disais plus bas, nous n'avons toujours pas le Livre Blanc dans les mains, donc nous n'avons pas d'objectif : nous ne savons pas si l'on doit continuer à être globaux ou, au mieux, régionaux. De même, je pars de l'hypothèse que nous ne parviendrons pas à augmenter significativement les budgets ;

2) L'option de puissance européenne me semble la plus pertinente dans ces conditions : les Européens allignent plus de 80 bâtiments d'escorte modernes (entendez, moins de 10 ans et à rapprocher du destroyer), soit plus que l'US Navy ; ce qui permet à la France de se focaliser sur ses effecteurs de premiers rangs : PA, BPC, SNA - soit ceux qui lui donnent le plus de poids politique ;

3) Tout est question de coordination : les navires européens patrouillent fréquemment les mêmes zones, parfois en surnombre là où d'autres zones sont délaissées. Le Traité de Lisbonne nous permet de ne plus attendre une unanimité avant d'avancer plus concrètement avec les plus motivés.

4) Le succès politique s'obtient dans plus de 95 % des cas au sol. Si l'AdT a besoin d'une réforme, la diminuer dans ses moyens combattants humains est hérésiaque face aux techno-guérillas qui s'annoncent ;

5) Il n'y a pas de succès politique sans puissance aérienne. L'AdA a déjà trop perdu d'appareils de combat, doit voir un renouvellement de ses ravitailleurs et la préparation du remplacement des satellites de renseignement.

6) Il s'ensuit que si des arbitrages doivent être rendus eu égard à la stratégie navale, ils devraient idéalement se dérouler au sein de la Marine.

Y'a sondage !

A la question de savoir si vous accepteriez de payer 5% d'impôts supplémentaires pour combler les déficits de la défense, vous avez tout de même été 74% à répondre "oui" et à me haïr par la même occasion.

Cependant, je m'adressais aussi à un public sensibilisé. Ce qui me rappelait un petit sondage "express" conduit dans une entreprise où je travaillais en 2003. La très grande majorité de mes collègues pensaient que notre défense n'était franchement pas au point... Mais personne ne désirait faire d'effort financier supplémentaire... Un classique.

Bon, sur ce, nouveau sondage : à budget constant (restons réalistes, sinon, ce n'est pas du jeu, boudjou) faut-il acheter le PA2 ?

Bon vote !

PA2 or not PA2 ?

Bonjour l'Europe, il est 0753 et la température au sol est de 12°C sur Bruxelles... mais risque bien d'être un peu plus froide le long des quais à Toulon.

Dans ma revue de presse matinale, je retiens en particulier les déclarations d'Hervé Morin, tenues hier sur TV5 et Europe 1 et portant sur ses doutes en matière de décision positive pour le second porte-avions.

Si la décision devrait être prochainement prise par le Président de la République, force est de constater que le financement manque : 3,5 milliards ne se trouvent pas sous les sabots des chevaux et nos capacités sont déjà et par ailleurs bien attaquées par les déclaration déjà effectuées :

- L'armée de l'Air aura 20 Rafale de moins affectés à ses missions nucléaires : cela signifie-t-il une réduction des commandes d'un nombre idoine d'exemplaires ?

- Les programmes FREMM, Barracuda/Suffren et PA/2 vont souffrir : à quel point ?

- Tigre, NH90 et, plus généralement, les programmes relevant de Scorpion pourraient sérieusement se voir entailler : jusqu'à quel point ?

- Les capacités de renseignement : MUSIS ou Cérès sont-ils encore considérés comme des priorités ? Et la formation des analystes et autres traducteurs ?

Certes, vous me direz qu'un porte-avions sans son groupe aérien embarqué - le véritable atout, sans lui, un PA n'est qu'une coque - ne sert "qu'à" assurer une permanence de la riposte au demeurant douteuse. Une véritable permanence implique la disposition d'un équipage ne devant pas être re-formé au fil de ses transitions du CDG vers le PA2. Et ce, au moment même où la réforme du personnel n'est plus une entreprise d'élagage mais bien de déforestation.

Bref, de quoi se poser bien des questions sur la méthode adoptée : à quoi, finalement, va servir le Livre Blanc ? Les décisions touchant les structures et autres adaptations doivent, en théorie, en découler. Ce qui semble logique : si l'on n'a pas objectif, on n'est pas prêt de l'atteindre. La fixation des objectifs et la compréhension de ce que l'on fait et de l'environnement dans lequel on le fait ont toujours été les premières étape d'une strato-genèse.

Ou alors le Livre Blanc fera-t-il fi de toute considération sur l'environnement et servira-t-il à légitimer un repli de la France sur elle-même ? Un de ceux qui lui feraient perdre son statut de puissance globale tout en lui faisant considérer que le poulet à la dioxine et les menaces "molles" d'une "sécurité globale" qui reste à définir seraient plus graves qu'une éventuelle conflagration ou que la perte d'une capacité d'influence sur les affaires de ce monde ? Serions-nous alors en train de rebâtir une dérisoire ligne Maginot ? Et ce, au moment où les jours auront été rarement aussi sombres et où l'Europe n'aura sans doute jamais eu autant besoin de Paris ?

jeudi 17 avril 2008

La sécurité nous terrorise-t-elle ?

C'est une bonne question à laquelle j'aurai, avec d'autres, l'occasion de répondre le 15 mai durant l'émission Opinion publique, sur la Une télé, du côté des 22 heures. L'occasion, aussi, de revenir sur le concept de résilience et, plus généralement, le rapport de l'homme aux technologies.

Lorsque les tacticiens devinrent imaginatifs

Un lecteur me pose une très bonne question : où trouver Lorsque les tacticiens devinrent imaginatifs d'Olivier Entraygues, qui était interviewé dans le dernier DSI, et dont la critique de lecture paraîtra en mai ?

C'est très simple : écrivez-moi sur henrotin(arobase)gmail.com ; je transmettrai à l'auteur (que je salue au passage ;o)

Brésil : une alliance industrielle avec la Russie ?

Le ministre brésilien des affaires stratégique a annoncé le 14 avril avoir signé avec la Russie un accord portant sur le développement conjoint de chasseurs « de la cinquième génération » mais aussi de lance-satellites.

Ce développement spectaculaire intervient dans le double contexte du positionnement français en faveur de transferts technologiques vers le Brésil – notamment eu égard au Rafale – mais aussi d’une rivalité entre le Brésil et le Venezuela.

En tout état de cause, Brasilia a joué la carte de la concurrence entre Paris et Moscou, sachant que ces deux derniers sont peu prompts à effectuer ces fameux transferts technologiques. Tout bénéfice pour le gouvernement de Lula ?

lundi 14 avril 2008

Le Général Bigeard nous accorde une interview exclusive

Véronique Sartini nous revient de Toul où elle a rencontré le général Bigeard. A lire dans le DSI n°37, à paraître début mai !

Ponant : le récit

La libération des otages du Ponant est une très belle opération, parfaitement menée mais montrant également la complexité des opérations de ce type - on n'est clairement pas dans un film de Chuck Norris.

Le Figaro nous donne un point de vue de la question, qui appelle pas mal de commentaires :

- 1- sur le rôle des hélicoptères embarqués : il aura été absolument déterminant pour la poursuite des pirates au sol mais aussi pour la surveillance de l'évolution de la situation.

-2- sur le nombre de bâtiment impliqués : 1 A69, le Jean Bart, la Jeanne et... Le Sirocco qui partait de Toulon. Sans compter un Atlantique et au minimum 1 Transall. Certains diront que c'était normal, d'autres que c'était trop. La constatation intervient au même moment que la publication, toujours dans Le Figaro d'un texte du VA Mérer, qui demande une trentaine de frégates.

En fait, pour en revenir au point 1, l'important n'est-il pas la capacité hélico, plus que tout autre chose (du moins, partant du principe qu'un navire doté d'une plateforme helo l'est aussi d'un canon et d'Exocet), du moins par rapport à ce genre de mission ? Face à la réduction anoncée du nombre de frégates, l'hélico semble en mesure de compenser la perte d'empreinte géographique d'un bâtiment... A condition qu'ils soient effectivement commandés, livrés... et opérationnels.

FELIN, c'est parti

Le système avait été dépiauté sous toutes les coutures dans le DSI n°18 (septembre 2006), le Fantassin à Equipements et Liaisons Intégrées (FELIN) - le "combattant du futur" à la française - est officiellement commandé.

La DGA a ainsi commandé 5 045 tenues, qui devraient équiper 5 régiments d'infanterie.

samedi 12 avril 2008

WE edition : Belgium is back

Alors, fondamentalement, Pieter De Crem et moi ne partageons pas les mêmes opinions politiques - notamment sur BHV. Voilà qui est dit.

Mais, cependant, "il en a" et j'aime bien son approche de la réforme de la défense. A cet égard, il vient de donner sa première vraie interview en français, en l'occurrence à La Libre - à lire ici.

Les questions n'étant pas nécessairement des plus pertinentes, je ne manque pas de poursuivre mon entreprise de harcèlement de son attaché de presse et ne désespère donc pas de pouvoir l'interviewer in extenso.

jeudi 10 avril 2008

Athéna en mode glandouille


En fait, je suis en vacances pour l'heure. De retour à Aix depuis le début de la semaine, j'en profite pour avancer sur les prochains DSI, pour fignoler le DSI n°37 (avec quelques belles suprises) et... sur mon prochain bouquin. Les travaux sur le précédent sont à présent quasiment terminés mais je ressent le besoin d'avancer.
Du coup, ma présence attire l'attention de Mr. et Mme. Rou-Rou - que les premiers lecteurs de ce blog connaissent déjà - qui passent dire bonjour deux-trois fois par jour, des fois que je n'aurais pas un bout de pain pour eux.
Bon, en fait, "Rou-rou", c'est vraiment idiot comme nom, pour des pigeons (qui tendent par ailleurs au poulet). Et vu leur conso de pain au 100 km, on a pensé à "goulaf" (= gloutons). Enfin, ceci dit, avouez tout de même qu'il a une certaine allure, non ?

Blogs en géopolitique et défense : la suite

La blogosphère stratégique francophone est entrée dans une phase décidément très dynamique. Pour preuve, l'arrivée dans le secteur du blog d'Olivier Kempf, que les lecteurs de DSI et de DN commencent à bien connaître. LCL commandant le 516ème RTrain, il est intervenu à de nombreuses reprises dans Défense Nationale (dont il est rédac'chef adjoint) sur l'évolution de l'OTAN et par deux fois dans le DSI. EGEA (Etudes Géopolitiques Européennes et Atlantiques) se spécialise plus particulièrement sur l'OTAN et la PESD.

Signalons également (et merci à François Duran de le faire remarquer sur le Théâtre des opérations) l'arrivée - depuis un petit temps déjà - de L'art de la défense et de la sécurité, de Jinmei, étudiant en droit. Il rend compte d'une série d'évolutions la plupart du temps centrées sur la France.

mercredi 9 avril 2008

Le Louise-Marie a été baptisé


Une deuxième frégate de la classe M a été délivrée à la marine belge et a été baptisée Louise-Marie par la Reine Paola. La F931 rejoint ainsi le Leopold 1er, complétant ainsi (une fois que le bâtiment sera opérationnel, la plateforme hélicoptère devant être allongée pour accueillir les NH90) le programme de renouvellement de la capacité "frégates" belge.
Plus longs que les Wielegen (122 mètres de long, contre 106 pour les anciennes frégates), avec un déplacement de 3.320 tonnes (contre 2.200 tonnes), elles sont notamment équipées d'un canon de 76 mm, de missiles mer-mer RGM-84 et antiaériens Sea Sparrow, de torpilles et d'un Goalkeeper. Equipées de deux moteurs diesel de 9.790 chevaux et d'une turbine à gaz de 33.800 chevaux, elles peuvent atteindre une vitesse de 30 nœuds.

mardi 8 avril 2008

Piraterie et stratégie navale : interview

Bernard Bridel, du 24 Heures (Suisse) m'a interviewé hier sur la question de la piraterie, de ses risques et des moyens de la contrer. Le résultat est en ligne sur le site du quotidien.

Lost in space

Ainsi, selon Secret Défense, le ministre français de la défense a indiqué qu'il faudra être "raisonnable" dans un domaine spatial où plusieurs opérationnels indiquent pourtant depuis un certain temps qu'une crise capacitaire ne devrait pas manquer de se produire. De fait, à partir de 2014, Helios IIA sera considéré comme en extension de vie.

Et d'indiquer que "Les satellites sont vulnérables. Est-ce vraiment la peine d'investir des milliards dans l'espace ?". Certes. Mais pas plus ou pas moins que les capacités spatiales américaines, indiennes, japonaises, chinoises ou russes. Et encore moins que des unités déployées en OPEX ou encore des navires de combat. Faut-il en déduire que MUSIS, le futur programme de satellite optique (qui sera analysé dans le prochain DSI, à paraître début mai) ou le nouveau système ROEM satellitaire vont passer à la trappe ?

Aussi si on ne peut pas complètement donner tort au ministre selon lequel "Une voiture, ce ne sont pas simplement des phares", la réalité est bien plus complexe. Le renseignement est un domaine où les analystes évoluent naturellement dans le brouillard - qu'il soit de la guerre, de la crise ou de la paix - et, finalement, n'a guère de ressemblance avec une voiture, aussi perfectionnée qu'elle soit. Et, de fait, tout le monde sait que dans l'hiver stratégique auquel nous devons nous préparer, les nuits sont parfois plus longues que les jours...

Reste néanmoins que le processus de génération du prochain Livre Blanc semble tourner au cacophonique. Démissions et indications selon lesquelles c'est la Revue Générale des Politiques Publiques (RGPP) qui dirige la réflexion stratégique - Carl von C. a d'ailleurs beaucoup à dire du récent rapport Bauer - pourraient ne constituer que la pointe de l'iceberg sur lequel les capacités françaises (et, partant, européennes) pourraient venir se fracasser.

La mise en place de la fonction "renseignement-anticipation", de ce point de vue, pouvait être considérée comme un signe encourageant (cf. DSI n°36). Mais, cependant et s'il est évident que le renseignement technologique doit céder le pas face au renseignement humain (Cf. l'article de Véronique sur la DRM dans le DSI de janvier), ce n'est pas une raison pour dégager des capacités que la France est l'une des seules en Europe a maîtriser. Car à parler d'Europe de la défense, il faut aussi savoir... assumer.

lundi 7 avril 2008

Le coup de g... du jour

Je tiens d'emblée à le préciser : c'est l'homme qui, dans ce post, s'exprime - pas l'analyste. Je viens de jeter un oeil sur le journal de France 2, tout en finissant mon repas. Le parcours chaotique de la flamme olympique dans Paris tient la vedette.

Un sportif - ne me demandez pas qui : à part le vélo, je suis aussi sportif que les pâtes que je viens de manger - déclare que "un manifestant à crié liberté pour le Tibet, il a été ceinturé". Alors, d'accord. Le Tibet n'a pas franchement toujours été un exemple démocratique. A mon époque, on avait encore des cours sur la civilisation chinoise à l'ULB et, de fait, le Tibet était théocratique - pas le genre de régime qui récolte ma sympathie.

Mais, enfin. A force de nous déclarer que non, les JO ne sont pas politiques et que la répression au Tibet, finalement, n'a rien à voir avec les Jeux, les petits rigolos du CIO sont en train de se fourrer un doigt grand comme la baie de Bo Hai dans les yeux. Oui, le JO sont politiques, ils le sont même plus pour la Chine qu'aucun occidental ne pourra jamais comprendre.

Et puis, regardons les choses en face : lorsque nos policiers (je suis peut-être Belge mais, après tout, je paie mes impôts dans une France qui est ma deuxième patrie) font le jeu de - quelle triste joie de reprendre ces mots - la clique à tonton Hu (tonton comme dans "tonton Makoud"), c'est peut-être qu'il y a comme un léger problème.

Certes, les jeux ne sont pas politiques, ils se réclament d'un idéal supérieur. Sauf quant on les transforme en quelque chose de politique et qu'ils sont instrumentalisés à ce point. Doit-on alors, au nom de cet idéal supérieur entre-temps traîné dans la boue, respecter quelque chose qui a perdu sa respectabilité ?

Alors, après, on peut vous faire porter de jolis petits badges indiquant que, malgré tout, le sport dépasse tout ça, que nous sommes pour la paix, que, finalement, on peut tout de même escompter qu'un certain nombre de valeurs passeront à travers les jeux... Bien sûr. Mais ce n'est pas le type qui a gueulé "Free Tibet" et qui a été ceinturé par des forces de police démocratiques qui a tiré le premier...

Je vous le dit, not in my name...

PS : l'analyste reprend le dessus : intéressant mouvement de netwar. Réponse de l'homme "hasta la victoria siempre" ;o)

Sale temps pour les bombardiers US

Après la perte d'un B-2 à Guam, un B-1B s'est crashé à Al Udeid, au Qatar. Cause encore inconnue.

La dissuasion, finalement, c'est comme les pizzas...


Pensez hybride (2)

Frank Hoffman fait partie de ces jeunes auteurs talentueux qui émergent aux Etats-Unis et qui, malgré leur jeunesse, ont un impact direct et important sur les nouvelles doctrines. En l’occurrence, Hoffman est lié aux Marines et a joué un rôle considérable dans l’émergence du concept de « guerre hybride » à présent au cœur des conceptions des « nuques de cuir » et, par effet-miroir, du « peristent conflict » de l’Army.

Dans Conflict in the 21st Century. The Rise of Hybrid Wars, une monographie assez dense, l’auteur explicite plus avant son concept et formalise conceptuellement ce qu’il considère comme la « guerre du futur ». Elle sera menée par des Etats ou des entités non-étatique, extrêmement violente (mais au cours d’opérations de stabilisation ou de rétablissement de la paix), complexe à mener, longue et sans aucune restriction.

Elle fera aussi feux de tous bois, les adversaires n’ayant plus aucune restriction d’ordre éthique, moral, juridique ou religieuse. Les moyens, dans cette optique, sont appelés à se diversifier. Ainsi, le « guerrier hybride » pourrait tout aussi bien se déplacer sur un âne tout en téléphonant avec un Turaya et en gardant, à côté de sa Kalashnikov vieille de 30 ans, un RPG-29. Aussi apocalyptique que Girard, la vision est néanmoins moins hallucinante (voire hallucinée).

Le propos est clair, les références nombreuses et le travail, précis et comprenant cette petite touche d’académisme – point trop n’en faut – qu’il manque souvent aux publications européennes continentales. Mais, en fait, Hoffman en revient de la sorte à une juste vision de ce que devrait être le spectre des conflits. Capitalisant sur Krulak – son « caporal stratégique » comme sa « guerre des trois pâtés de maisons » - l’auteur indique qu’il faudra tout savoir faire.

De ce point de vue, la guerre « traditionnelle » et conventionnelle ne sera pas éliminée. Mais l’émergence des guerres hybrides rend nettement plus complexe la planification comme la conduite des opérations. Il s’appuie ainsi sur l’expérience israélienne de 2006 – évidemment dérangeante parce qu’elle bouscule nos croyances (notre excessif appui sur la technologie comme sur nos vieilles structures présente tellement de signes d’une foi religieuse…) – et l’on regrettera sans doute qu’il n’ait pas pris en compte d’autres conflits.

Mais, chercheur pragmatique, Hoffman pousse plus loin son raisonnement et pose quelques réponses. L’entraînement et la formation sont cruciales. Le renseignement est absolument déterminant : plus que technologique, il doit être humain et culturel. L’agilité organisationnelle et matérielle – cette faculté d’adapter nos équipements pour des missions pour lesquels ils n’ont jamais été conçus – est considérée comme une posture de départ.

On le comprendra, Hoffman ouvre des portes qui seront dérangeantes pour nos armées. Mais qui ont également toutes les chances de devoir être empruntées. Aussi n’est-il pas étonnant de le voir batailler sur la notion de l’ethos : à la guerre, les perceptions sont plus importantes que les « effets cinétiques ».

Bucarest... et le reste

Bonjour l'Europe, il est 0820 et votre serviteur s'active sur des problèmes de stratégie navale théorique - rien de tel à l'heure du petit dej'. Vous allez me dire que ça ne fait pas votre affaire et vous aurriez bien raison.

En attendant, Rania Massoud de L'Orient/Le Jour (Beyrouth) m'a interviewé vendredi passé dans le cadre de la réalisation d'un article sur le sommet de Bucarest. Il peut-être lu en ligne.

L'ensemble des réponses qu'elle m'avait posé est quant à lui ici :

Quel est l'avenir de l'OTAN? L'Alliance, dès sa création, avait pour but de protéger l'Europe et l'Amérique du Nord contre toute attaque. Après les attentats du 11 Septembre, l'OTAN s'est vu attribué la mission de combattre en Afghanistan et d'assurer la formation de l'armée et des forces de sécurité afghanes - l'OTAN est pas ailleurs présent en Irak aussi. Est-il temps que les dirigeants réunis à Bucarest repensent l'avenir de l'Alliance?

JH : En fait, les débats sur les rôles et missions de l’OTAN n’ont jamais cessés. Si la menace soviétique a disparu, d’autres ont rapidement émergé : terrorismes, nationalismes « revendicatifs », risques environnementaux, etc. Aussi, Bucarest est surtout un sommet « opérationnel » entérinant un nouvel élargissement à la Croatie et à l’Albanie, permettant de faire avancer les débats sur les défenses antimissiles et de faire le point sur l’Afghanistan. Mais, de fait, les élargissements successifs et certaines propositions de parlementaires américains d’étendre l’Alliance à des pays comme l’Australie ou le Japon imposeront, à un moment, de redéfinir ce que doit être l’OTAN.

Quel est l'importance du rôle de l'OTAN aujourd'hui en Afghanistan? Les pays membres ont renforcé leur soutien, surtout la France. Mais est-ce suffisant? Et que pensez-vous du fait que le Pakistan, pays qui abrite sur sa frontière des Talibans, n'ai pas été invité au sommet?

JH : c’est un rôle de plus en plus important. On est passé d’un mandat sur Kaboul à un mandat sur l’ensemble du pays et de missions de reconstruction à des missions de reconstruction, de formation des forces afghanes et de combat/stabilisation. Les pays européens membres de l’OTAN sont, de ce point de vue, un réservoir de forces pour les Etats-Unis. Reste, effectivement, la question de savoir si c’est suffisant. En contre-insurrection, comme sur la frontière pakistanaise, ce ne sont pas quelques bataillons qui font la différence sur le terrain. L’essentiel est de savoir ce que l’on veut faire et avec quelle stratégie. Prises indépendamment, la reconstruction, la formation ou le combat sont naturellement insuffisantes. Il faut d’abord et avant tout gagner le soutien des populations et tout y concourt. Le facteur pakistanais est également un élément important, mais éminemment fragile. Inviter les Pakistanais, c’était aussi courir le risque de les voir « vendus » à l’OTAN et à déstabiliser un peu plus leurs assez peu confortables positions. Ceci dit, les contacts entre l’OTAN et le Pakistan sont fréquents.

Certains analystes prédisent que tout comme l'OTAN se trouve aujourd'hui en Afghanistan, il pourrait être également un jour impliqué au Moyen-Orient, surtout si cette région devienne un jour directement menaçante pour la sécurité européenne. Qu'en pensez-vous?

C’est une possibilité objective. Le sommet de Washington (1999) a entériné la possibilité pour l’OTAN de mener des opérations « hors-zone Article 5 » (soit en dehors des Etats-membres de l’OTAN).

Peut-on parler de marchandage au sommet, étant donné que les pays membres de l'OTAN ont refusé - pour le moment - l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie et ont accepté, en contre partie, de soutenir le projet de bouclier antimissile US en Pologne? Que pensez-vous de l'attitude de la Russie qui se sent "encerclée" par l'influence occidentale?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de « marchandage » à proprement parler : chaque Etat membre a son point de vue sur l’un ou l’autre dossier et il est un fait certain que la proposition de bouclier antimissile US peut paraître alléchante pour des Etats dont la compréhension des phénomènes militaires décline. Du point de vue russe cependant, ce bouclier est très mal vu et participe effectivement d’une perception d’encerclement. La Russie perd, peu à peu et en quelques années, un glacis protecteur qu’elle a mis des centaines d’années à constituer. La Russie est, par certains aspects « dans les cordes » et bombe le torse en multipliant des manœuvres militaires très voyantes, y compris à proximité immédiate des espaces aériens de l’OTAN. Cette posture, à terme, ne pourra que renforcer la volonté des alliés de disposer d’un bouclier… même s’il a de fortes probabilités d’être inefficace.

samedi 5 avril 2008

Plus d'argent pour l'OCAM... Oui, mais pourquoi faire ?

Selon RTL, le budget de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM) est presque quadruplé, passant de 454.000 euros en 2007 à 1.652.000 euros cette année. L'OCAM, opérationnel depuis un an environ, rassemble des informations pertinentes sur la menace terroriste qui émanent de toutes les instances (la Sûreté de l'Etat, le service de renseignements militaires, les services de police, le parquet fédéral, le Centre de crise) et les traite en vue d'une analyse commune de la menace.

Mais - il y a un mais - il y a de quoi se poser des questions :

-1- le SGRS (service de renseignement militaire, qui comprend une section "contre-ingérence" aurait vu (je souligne le conditionnel) son budget diminuer, alors pourtant qu'il est un des "capteurs" devant nourrir l'OCAM ;

-2- l'OCAM va engager, selon la télévision privée belge "12 analystes". Or, un "analyste" analyse. Il ne coordonne pas. Faut-il en déduire que l'on est en train de faire de l'OCAM un 4ème service de renseignement plutôt qu'un organe de coordination ?

-3- dans certains cas, l'OCAM ne peut pas demander d'informations aux services de renseignement et, selon certains commentateurs, son aptitude à générer une "common picture" au pouvoir politique en serait affectée.

D'où cette petite question : dans son empressement à rassurer le citoyen, le pouvoir politique n'est-il pas passé à côté d'une première étape pour laquelle l'OCAM a été créé - à savoir permettre aux services de se coordonner effectivement ? Quelle autorité est, aujourd'hui, en mesure de présenter aux pouvoirs publics une image claire de toutes les enquêtes en cours ? Est-on sûr que le travail est bien réparti et qu'aucune zone d'ombre n'a été délaissée ?

Y'a sondage !

Petite question à l'attention de nos estimés lecteurs en cette période de baisse du pouvoir d'achat : êtes-vous prêts à augmenter vos contributions aux impôts de 5% afin de financer les déficits de vos armées ?

Puisque l'on parle de piraterie

La prise d'assaut du Ponant nous rappelle que la région est particulièrement chaude, ce que montre cette carte publiée par l'ONU.

vendredi 4 avril 2008

T&A n°11 - le sommaire


T&A n°11 - avril/mai 2008
Editorial
Les news
Point de vue

Aux origines de la guerre de l’information
Par Joseph Henrotin

Les élémentaires

La guerre dans la 4ème dimension
Par Joseph Henrotin

Tendances, évolutions et défis de la guerre électronique des télécommunications
Entretien avec Valéry Rousset, Directeur Marketing & Développement Capacitaire SIO/SA2R, Unité Commandement & Renseignement, Thales systèmes Terre et Interarmées.

La torpille : comment s'en protéger ?
Par Jean-Louis Promé

La furtivité à la mer : évolution, enjeux et futurs
Par Joseph Henrotin

Brouillage et brouilleurs
Par Philippe Langloit

La guerre électronique en France

Le ROEM en France : la planète pour terrain de jeu !
Par Jean-Louis Promé

L'EPIGE 07.330 de Mont-de-Marsan
Par Véronique Sartini
ROEM à la DRM : les « grandes oreilles » de l’armée française
Par Véronique Sartini
La guerre électronique ailleurs

Corbeaux et corneilles. Les curiosités électroniques américaines
Par Philippe Langloit

Du Prowler au Growler
Par Philippe Langloit et Jean-Jacques Mercier

Le Nimrod R1
Par Jean-Jacques Mercier

Vers de nouvelles percées en guerre électronique aérienne ?
Par Jean-Jacques Mercier

AGI - les marines aux avant-garde du SIGINT ?
Par Jean-Jacques Mercier

jeudi 3 avril 2008

Bucarest : deux nouveaux membres et demie de l'OTAN

Cette fois, c'est fait. La Croatie et l'Albanie vont rejoindre l'organisation intégrée de l'OTAN. La Macédoine le fera une fois que la (houleuse) polémique portant sur son nom sera réglée avec la Grèce.

Certes, les apports militaires des nouveaux membres apparaissent comme maigres (2 brigades d'infanterie mécanisée pour la Croatie ; une brigade d'infanterie mécanisée et un régiment commando pour l'Albanie). Cependant, politiquement parlant, le mouvement aura un impact direct sur les perceptions de la sécurité en Serbie et à Moscou.

mercredi 2 avril 2008

Sommet de Bucarest et question afghane

La vidéo de mon passage sur Mint ce matin est disponible juste ici.

Et vous pensiez sans doute que je n'avais rien à dire ? ;o) Certes, le positionnement à l'égard de l'Afghanistan apparaîtra somme toute brutal - en indiquant qu'il faut y rester, je ne me ferai certainement pas que des amis, une question sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir. Toutefois, en guise d'apéritif - même s'il est un peu tôt - posons-nous quelques questions :

- Un Etat effondré - sanctuaire de je ne sais quels mouvements qui nous sont intrinsèquement hostiles - à proximité du Pakistan est-il désirable ?

- A-t'on intérêt à voir le Pakistan tomber en de plus mauvaises mains qu'il ne l'est actuellement ?

- Les Etats-Unis ont-ils suffisament intégré la "culture du COIN" de sorte qu'ils seraient seuls en mesure d'obtenir un succès politique sur la zone ?

- L'ANA est-elle pour l'instant en mesure de faire face, seule, à une COIN dans les zones les plus "chaudes" du pays ?

mardi 1 avril 2008

La fragilité des B-2

Après la perte d’un B-2 Spirit, au décollage de Guam le 23 février 2008, plus aucun d’entre-eux n’a volé en plus d’un mois, les 3 appareils en détachement à Guam y étant par ailleurs toujours stationnés.

L’US Air Force indique cependant que ses 20 appareils restants ne sont en aucun cas maintenus au sol pour cause de défaillance.

Depuis 1989, les B-2 ont accumulé 75 000 heures de vol et ont été engagés dans 100 missions de guerre.

Sommet de Bucarest, enjeux et points sensibles

Pour ceux qui captent Mint FM (également sur le net - www.mint.fm), je suis l'invité du "Grand Oral" de demain matin, sur la question du commet OTAN de Bucarest. On s'en doutera, pas mal de choses sont à dire - et, au vu l'ambiance de l'émission - dans la bonne humeur. A écouter à partir de 0810.

dimanche 30 mars 2008

Mission accomplie ?

La nouvelle permet de terminer le week-end sur une note optimiste : Moqtada Sadr à indiqué dans un communiqué que "Nous voulons que les Irakiens arrêtent de verser le sang, et qu'ils défendent l'indépendance et la stabilité du pays et pour cela, nous avons décidé de nous retirer des rues de Bassorah et d'autres provinces".

Concrètement, les membres de l'armée du Mahdi sont ainsi invités à un cessez-le-feu, une bonne nouvelle a priori, alors que Bassorah connaît des combats depuis le 25 mars. Cependant, force est aussi de constater que ledit cessez-le feu apparaît comme fragile. Certes Sadr fait face à la pression combinée des forces britanniques, US (des forces spéciale ont été engagées) et irakiennes. Mais, surtout, Sadr doit gérer des dissentions internes à son mouvement. De ce point de vue, son communiqué pourrait n'être qu'une pause tactique permettant de regrouper ses forces et de les réarticuler.

Reste, toutefois, la possibilité que Sadr soit en train d'accepter les "règles du jeu" démocratique et qu'il cherche maintenant à augmenter son pouvoir non plus par les armes mais par des moyens d'influence. La bataille s'engagerait alors non plus tant sur le versant militaire des opérations que sur celui de la légitimité, sociale, économique et politique.

La situation est donc encore très loin d'être réglée - les "batailles de légitimation" peuvent aussi dégénérer en "batailles tout court".