dimanche 25 mai 2008

Y'a sondage : supprimer ou pas la composante aéroportée de la dissuasion

Les débats ont été vifs sur le sujets, dans la section "commentaires" du dernier post. Alors... Faut-il ou non conserver la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française, sachant qu'elle coûte grosso modo 13% du budget "nucléaire-dissuasion" de la France ?

NB : les sondages Blogger n'ont évidemment aucune valeur scientifique, en particulier du point de vue de l'échantillonage...

26 commentaires:

Laverdure a dit…

Mon oeil, 13% ;o) jetez un oeil là-dessus (sur l'ASMP, pas le "A") : http://www.lexpansion.com/economie/un-gouffre-secret-defense-ce-missile-a-deja-coute-plus-de-40-milliards-a-la-france_7446.html

Laverdure a dit…

Mon oeil, 13% ;o) jetez un oeil là-dessus (sur l'ASMP, pas le "A") : http://www.lexpansion.com/economie/un-gouffre-secret-defense-ce-missile-a-deja-coute-plus-de-40-milliards-a-la-france_7446.html

Ze'ev a dit…

Etant Flamand je préfère que la France perd sa composente aéroportée maritime et diminue sa flotte d'AdA (et autre), mais bon...d'un point de vue de politique extérieure et de politique stratégique Français je vote B.

Anonyme a dit…

D sans aucun doute ... les Rafale F3 Marine et AdA seront capable d'embarquer des ASMP-A pourquoi se priver de cette capacité mais si on doit pouvoir réduire un peu la voilure du coté AdA.

Le role de l'ASMP-A n'est pas évident, il est croisemenent de l'amre tactique et préstratégique ... il pourrait aussi bien servir contre une concentration de navire que d'armée, ou comme ultime avertissement tiré dans une zone inhabité ... Faire la meme chose avec du M51 impliquerait d'avoir des missiles avec 1 seule tête ... et que la cible soit modifiable a bord du sous-marin ce qui n'est pas évident pour des probleme de sécurité. Enfin il y a le probleme de dévoilement du porteur ... le fait meme que certain puissent en tiré parti meme s'ils sont censé aujourd hui etre nos allié ne présume rien de demain.

Anonyme a dit…

réponse a ".. Faire la meme chose avec du M51 impliquerait d'avoir des missiles avec 1 seule tête "
apparemment il y aurait bien des missiles avec une seule tête

Anonyme a dit…

Le dévoilement du porteur nécessite de très gros moyens. Vous pensez bien que si les SNLE étaient si vulnérables, ils auraient été abandonnés depuis longtemps.

Anonyme a dit…

En réponse à "que la cible soit modifiable a bord du sous-marin ce qui n'est pas évident pour des probleme de sécurité" : la France ayant une dissuasion tous azimuts, les missiles sont de toute façon programmés à bord.

Anonyme a dit…

Regardons vos argument M Henrotin un par un :
« Ensuite, parce que rien n'est plus furtif qu'un SNLE, en particulier un Triomphant. Quand bien même sa position serait détectée du fait d'un lancement - ce qui est vraiment très hypothétique -, sa vitesse maximale silencieuse l'éloignerait de toute représailles. Nous parlions d'une heure si tout fonctionne (très) bien. A 7 noeuds, il sera très loin de toute explosion se déroulant dans ses parages, si tant est qu'un adversaire soit en mesure de lancer. »
Faux :
En 15 minutes à 7 knts vous parcourez 3,3 km.15 minutes c’est le temps qu’un ICBM ou SLBM lancé en trajectoire surenergétique (en deca de sa portée maximale) lancé en préalaterte à 4000 km(on est dans un cas de crise) mettra pour dégommer le SNLE.
Sans même parler du fait que la simple signature acoustique d’un lancement fera converger tous les SNA du coin.
L’Iran n’en est pas capable mais toute grande puissance voulant nous eviter de passer au seuil nucléaire si.

« Pour cela, il faudrait, au surplus, qu'il soit en mesure de détecter. Outre les Américains dont on peut gager qu'ils seront prévenus, la Russie aligne des satellites Oko et Prognoz... en très mauvais état. »
Que vous avez-vous-même inspectés LOL! Croyez vous que les Russes ou les Chinois ne déploieront pas d’autres systèmes ? Et l’acoustique ?

»Et quand bien même la frappe serait détectée, cela n'est aucunement en soi le signe d'une représaille contre les sous-marins, dont il faut réussir trouver 4 exemplaires pour décapiter la dissuasion française : »
3 parceque on a 3 lots.Encore une imprecision.
« une tâche titanesque qui n'est à la portée d'aucun Etat. »
Des USA peut etre puisqu’ils se faisait fort d’éliminer la plupart des SNLE Russes.
Avec moins de 2 SNLE la dissuasion ne marche plus en temps de guerre (1). Notre marge est un seul si 3 sont en mer.Mais tout tir d’un missile affaiblira gravement l’invulnérabilité du SNLE qui aura tiré ou conduira a sa destruction.Un SNLE ca tire en salve.
Si on veut eviter le suicide il en faut deux en temps de crise: frappe contre valeur et au moins un pour empecher les représailles anticité sinon ce n’est pas crédible, c'est le suicide.
De surcroit vous n’envisager pas le conflit long ou les SNLE doivent bien rentrer au port tot ou tard et ou la probabilité de succes de la chasse augmente avec le temps.
On est jamais sur qu'un SNA n'a pas pisté un de nos SNLE par ailleurs.

« La détection certes une condition nécessaire mais pas suffisante. On pourrait même y ajouter que le M-51 peut nous mettre à l'abri là où le Rafale ou l'ASMP-A sont plus facilement identifiables. »
Les signatures des missiles balistiques sont connues des grandes puissances lors des essais. Tout aussi identifiable.
Une approximation de plus.

»Par ailleurs, les futures TNO sont elles-mêmes "très furtives". Plus, en tout état de cause, qu'un tandem Rafale/ASMPA, bien plus suceptible d'être détecté voire intercepté par des moyens disponibles dans nombre d'Etats. Comparativement, abattre une TNO apparaît comme beaucoup plus problématique. »
Ca depend des circonstance : le tir d’un seul missile monocharge est ou sera peut etre plus vulnérable a un systeme ABM d’une grande puissance qui veut nous empecher d’utiliser l’arme nucléaire et qui ne court aucun rsique a intercepter, qu’un tir d’ASMP-A par un avion a basse altitude sous l’horizon en deca des defenses aérienne du type SA300 contre un pays style Pakistan ou Iran.

»Venons-en, maintenant, à la question du dosage de la TNO. Outre qu'elle pourra être régulée en puissance (mais, très honnêtement, qui fera, dans le pays visé, la différence entre 100 et 150 Kt ?), sa précision est meilleure que celle du M45. Lorsque l'on joue dans la gamme des Kt, une variation de 100 m dans les ECP n'a que peu d'importance. Plutôt, elle n'a d'importance que dans l'hypothèse où vous lancez une contre-force visant à décapiter les capacités de 1ère frappe adverses. »
Ou son leadershio dans un bunker : 300 kt font toute la difference face a bunker à 5000 PSI ou il faut moins de 200 m d’ECP.

»Mais, que vous employez un ASMP-A ou un M51, la question reste identique : si vous vous lancez dans une telle opération, vous devez décapiter l'ensemble du système adverse de 1ère frappe,, au risque de mettre le doigt dans un engrenage qui verra Paris se vaporiser. Vous viserez donc des cibles moins stratégiques. Une base aérienne ou un port, par exemple. Et là, la différence de 100 m à l'ECP n'en sera plus une vu la charge explosive. »
D’une part il faut que le pays ait les moyens d’atteindre Paris.
L’idée n’est pas une frappe antiforce contre le nucléaire Russe mais contre un pays que l’on pourra vitrifier si il réplique. Pourquoi courrait il nécessairement le risque de la vitrification totale si on ne frappe que du militaire (ses quelques zones de déploiement de TEL ou silos et surtout du classique et son leadership ?)

»Mais, encore une fois, si vous prenez effectivement la décision de lancer. En substratégique, rien n'est plus improbable : c'était même une des raisons ayant poussé au développement du SCALP et au placement de son emploi sous l'autorité du chef de l'Etat. La manoeuvre de crise était assez clairement perçue comme relevant du niveau conventionnel et n'eclut nullement le nucléaire. «
On se doute bien que la décision de la guerre ou de la paix est du ressort de l’exécutif que se soit l'engagement d'un Rafale, d'un Scalp ou du nucléaire.
Vous préjugez de l’absence de volonté des autorités.Et la chaine francaise de décision est secrete.

« Au-delà, l'esprit du temps n'est plus à la bataille atomique tactique, sauf peut-être dans les planifications indiennes et pakistanaise (Cf. Lavoy et Sagan), soit des circonstances extrêmement partculières dans lesquelles nous n'irons d'ailleurs pas nous immiscer "nucléairement". »
Ou USA, ou Russes, ou Chinoise ou Israelienne etc…
Désolé mais si on nous agresse puis emploi de l’ADM contre nos forces, coule le Cdg ou menace de terrorisme ADM alors ca devient bien different.

»L'esprit du temps par contre nettement plus à la prolifération stratégique. Et c'est en celà que garder 4 SNLE et les M51 est une excellente chose. »
Seul probleme c’est qu’utiliser nos M51 qui ne peuvent pas faire certains type de frappe (par exemple de l’opportunité sur des TEL ou des dirigeants se déplacant…), demasque notre faible force de seconde frappe océanique (au moins un SNLE) ce qui laisse a toute grande puissance le loisir de nous faire chanter.
Vous n’envisagez jamais le cas de figure d’une grande puissance s’en mêlant comme à Suez ce qui est pourtant une hypothèse probable.
Vous ne comprenez pas que notre dissuasion doit rester credible meme apres un emploi limité d'une arme contre une puissance moyenne et ce contre une tierce puissance.
Si on avait 5/6 ou 7 SNLE équipés de tetes tres précises dans toutes les gammes de puissance, le cas serait different.Mais le programme ASMP-A coute la moitié d'un seul SNLE.

laverdure a dit…

Trajctoires surénergétiques pour ICBM lancés à 4000 km sur des SNLE... ; le déclenchement d'une bataille atomique tactique sur atteinte à nos intérêts vitaux ; des "ben tiens, vous les avez inspecté, les satellites ?" (ma réponse sera simple : et vous ?) ; des contresens à tous va... ben tiens, yaka fauqu'on !

J'observe ce débat - très pertinent - depuis le début et je suis attristé de voir la "compétence" de sois-disants experts (d'un, plus particulièrement), anonyme, se réfugiant dans des digressions interminables et dans des scénarios de romans que même les Américains n'ont jamais eu durant la guerre froide.

Bref et excusez-moi Monsieur Henrotin, mais ça a tout du "trollisme" ou de l'adolescent qui a lu deux pages de Wikipedia et qui semble même incapable de faire preuve de la moindre courtoisie...

Anonyme a dit…

Mais ca reprends ici ma parole !
M. Henrotin vous avez du marcher sur les pieds d'un passager de Thalys...

Les nations ayant une capacité de détection d'un tir, puis ensuite de repliquer par ICBM pour un bombardement de zone,avec une direction en bunker renforcé, ne me dites pas que l'on va faire de la première frappe avec elle ?!?
Cette nation va tirer du nucléaire dans l'océan sans se soucier de ce qui navigue autour ? La chine accepterait qu'un Etat tiers vaporisent un de ses tanker dans la foulée ? Les Usa's un de leurs navires ?

Les Russes arrivent tout juste a avoir une constellation de Gps propriétaire capable de couvrir leurs territoires, on peut présager avec une faible marge d'erreur que leur systemes de detection doit pas etre en excellent état. Un peu en reflet de leurs flottes navales.

Les pays qui n'ont pas ces systemes ont aussi une population a nourrir.
Spéculer sur leur accession a de telle capacité c'est un peu le tirage des cartes de tarot.

Sur le match snle russe/sna Us, hé bien oui a 11 contre 30 -rien que les classes Los angeles-, d'un point de vu numérique uniquement, laissant de coté la technologie l'entrainement ect; Si on prend en compte les 3 seules patrouilles accomplie en 2007 oui c'est jouable. Maintenant je vois pas pourquoi on affronterait la marine Us.

On va perdre un peu de temps a divaguer : sur le conflit long, admettons qu'il debute en milieu de patrouille du snle. On a des réserves conventionnelles pour 30 jours et atteindre la période ou il sera vulnérable rentre au port? Réellement?
Le simple fait de faire appareiller ceux en réserve n'enverrait-il pas un signal suffisament fort pour que soit les choses se calment soit on en arrive au frappe de représailles sans avoir besoin de chercher de l'intermédiaire.

Des pays comme l'Iran et le Pakistan auront TOUJOURS plus de mal à intercepter une TNO qu'un avion. Même pour les grandes puissances il est assuré que l'ensemble des têtes ne seront pas interceptés dans leur totalités. Pour citer Kahn personne ne dansera dans les rue en sachant que 5 des 6 TNO qui leurs étaient destinées ont été interceptées mais que contre un ASMP le taux de réussite aurait été de 0.

En fait je m'égare a réfuter des points techniques parce que en fait la question est budgétaire. Il me semblait que la doctrine Francaise reposait, pour faire simple, a garantir à l'opposant qu'une attaque sur nos interets vitaux -territoires,snle, navires "amiraux"- ou l'usage d'arme de destruction massive contre nous serait sanctionné par un prix supérieur au bénéfice que l'action d'agression pouvait apporter.
Pas de pouvoir gravir les échelons de l'escalade nucléaire. Dans ce cas là les SNLE suffisent largement.
D'ailleurs j'ai pas vu de demande de suppression des SNLE au seul profit du vecteurs aériens pourtant si merveilleux.
Bien sur qu'avec des moyens pharaoniques nous pourrions avoir deux composantes; même une troisième.
Mais franchement vu l'état du conventionnel ça revient un peu pour un propriétaire de maison à se ruiner pour payer deux assurances identiques et avoir des coupures de courant car les factures d'électricité ne sont pas payées.
Et le peu d'avantage de l'aérien ne justifie pas 13% du budget nucléaire.
A.g.

Anonyme a dit…

Mes respect Monsieur Laverdure,

Vous avez été bien plus efficace que moi en nettement moins long.
J'ai presque honte car je me suis laissé embarqué au début...



Je regrette un peu car j'ai voté SNLE uniquement et aprés coup 5-6 missile en soute de porte-avion...
A.g.

clarisse a dit…

Au vu des résultats provisoires du sondage en cours, j'oserais une remarque très café du commerce : les solutions au rabais sont (presque) toujours le mauvais choix, le résultat étant souvent à l'opposé de celui escompté.

Imaginons une analogie semi-fictive (les éléments sont imaginaires pour les besoins de l'exemple).

Postulat de départ : le virus de la variole est officiellement éradiqué de la surface de la Terre. Deux pays en conservent officiellement les souches (mais on ne sait rien des non-officiels etc.).
Hypothèse stratégique : en cas d'attaque ou de menace bactériologique, notre niveau minimum de défense est la capacité de fabriquer rapidement le vaccin (J+30).
Notre niveau complémentaire de défense déjà mis en place dans le plan BIOTOX est la constitution d'un stock de vaccins couvrant le territoire national avec mise en place d'un plan de vaccination coordonné (J+1).

Question : maintenir ce deuxième niveau de protection BIOTOX coûte 13% du budget.
Faut-il le supprimer ?

Je ne sais pas si mon exemple est pertinent, mais je trouve que considérer l'élément budgétaire comme argument de décision pour la suppression n'est pas très rassurant…

Athéna et moi... a dit…

Bonjour Clarisse,

En fait, je ne pense pas que l'analogie avec le nucléaire soit heureuse. Pour reprendre le bio (ou le chimique), il est à portée d'une série d'acteurs, étatiques ou non.

Ses caractéristiques propres (incubation, etc.) rendent difficiles l'isolation de l'assaillant. Autrement dit, la valeur de la dissuasion à son égard s'étiole : tout ce que nous pouvons faire, c'est, effectivement, réagir et garder ces 2 paliers de réaction et miser sur les vaccins. Nous sommes là dans le strict domaine de la défense "intra muros".

Dans le cas nucléaire, votre défense via la dissuasion n'est pas une réaction : c'est un système impliquant une riposte armée, extra muros, qui, dès qu'il est établit, agit. Sa valeur fondamentale, son facteur de crédibilité, c'est l'assurance que la riposte sera conduite (à tout le moins, une fois l'attaquant identifié).

Après, c'est juste une question de moyens et c'est là, en présence d'un système performant (le couple SNLE/M45 puis M51) que la nature de vos actions n'est pas mise en danger. La dissuasion est respectée tandis que dans le cas du bio, votre protection, en cas d'élimination du 2ème niveau, ne l'est plus.

laverdure a dit…

Bon, nous allons travailler (un peu) sérieusement. Que pensez-vous de la possibilité de mener des frappes EMP dans votre proposition d'architecture "SNLE sans ASMP" ? Est-ce viable stratégiquement (outre, bien entendu, le fait qu'une TNO fera toujours une EMP supérieure à celle d'un ASMP) ?

Conservez-vous le programme de simulation ?

Athéna et moi... a dit…

Rien ne s'oppose à l'utilisation de l'EMP, une fois nos intérêts vitaux touchés : c'est une option d'action en soi, reconnue comme telle par le plan politique.

Au-delà, l'avantage de la TNO est multiple. Si on pousse un peu, on peut également lui faire jouer :

- un rôle de Show of Force, défensif comme offensif ;
- un rôle contre-ABM ("grill" des radars adverses + masquage de l'arrivée d'une ou de têtes de frappes au sol).

Pour la simulation, rien n'est plus vital : c'est elle qui valide dans le temps la pérénité de la dissuasion... et des savoirs-faire ;o)

Anonyme a dit…

Par rapport à la zone d'action d'une EMP, que je ne connais pas, n'y a t'il pas de risque de "déborder" sur des pays voisins non ciblés ?
A.g.

laverdure a dit…

Si, certainement. Mais, de toute façon, les essais réalisés avant le traité de 63 montraient bien que tout emploi d'arme nucléaire laissait ses conséquences joyeusement se balader au ré du vent... et au méoris des frontières ;o)

Markie a dit…

Je n'ai rien compris à tout ce débat sur les conceptions d'emploi de l'arme nucléaire qu'"Anonyme" sous-entendait (la France menant une bataille nucléaire tactique...avec quoi, même pas une centaine d'ASMP ?)

L'EMA serait-il devenu fou ?

laverdure a dit…

Ah non, je ne crois pas ! Quand on voit les experts courir dans tous les sens lorsqu'un discours comme le dernier de Sarko se présente, un changement de politique à 180° de la dissuasion provoquerait une méchante vague d'infarctus à l'EMA !

D'une part nous n'avons pas la volonté pour nous lancer dans ce genre de choses, d'autre part nous n'avons pas les moyens.

Et puis, de toute façon je vois mal comment nous pourrions être engagés dans des conflits où nous serions totalement bloqués. Si la France est prise en otage, déstabilisée, secouée - tout ce que vous voulez - nous avons tout ce qu'il faut, de l'AASM au M45, on couvre tout le spectre.

Le reste, comme je l'ai dit, c'est une survivance de la guerre froide et le résultat de pressions combinées de l'AdA et de la Marine. Rien de plus...

Anonyme a dit…

Merci de votre réponse.
Je pensais juste avec horreur que les particules radioactives avait un effet plus local et moindre au niveau stratégique que l'emp qui grillerait des équipements de voisins de la cible.
A.g.

laverdure a dit…

En fait, les contaminations sont très variables, tant les facteurs qui les influencent (explosion aérienne ou au sol, pluie, vent, type et architecture même de l'arme, voire taille du pays visé, etc.) sont nombreux.

Mais il est avéré que des particules sont restées en suspension dans l'atmosphère pendant des années. Pour une contamination plus immédiate Des modèles assez précis existent pour évaluer ce genre de chose mais... ce ne sont que des modèles !

Idem pour le EMP : tout dépendra toujours d'un nombre de variables qu'on peut "approcher mais pas calculer" : âge des équipements électroniques, altitude précise de l'explosion, voire architecture de l'arme.

François Duran a dit…

Bonjour,
Si le maître de céans le permet, j’aimerai faire quelques remarques, non sur le fond du débat, passionnant et hautement instructif, et sur lequel j’ai déjà donné mon petit avis, mais plutôt sur quelques « piques » envoyées ici ou suite au billet précédent par un commentateur anonyme, et qui méritent qu’on y revienne, non pour les fustiger mais pour voir en quoi elles peuvent être pernicieuses à la bonne marche de tout débat sur les questions de défense.

Commençons d’ailleurs par dire que cette condition d’Anonyme, lorsqu’on commente sur un blog, est extrêmement risquée : si le propos est mesuré, instruit, précis et attentif, l’on soupçonne un intervenant de très haut niveau que sa fonction oblige à une discrétion de bon aloi. Dans le cas où les adresses sont péremptoires, définitives et font peu de cas des remarques contraires, c’est à l’inverse, comme cela fut évoqué plus haut, le troll qui semble pointer son nez. Mieux vaut, à tout prendre, se munir d’un pseudo, même farfelu (genre « super stratège »), pour dialoguer : un contradicteur muré dans un anonymat d’airain, malgré les invites courtoises de ses correspondants, inspirera vite la suspicion et ses idées perdront beaucoup de leur force.

Mais le véritable problème se situe ailleurs : notre ami a évoqué deux arguments (qui ont d’ailleurs, fait inédit à ma connaissance, suscité l’ire du propriétaire des lieux) pour stériliser le débat ; à savoir l’amateurisme supposé des participants et le fait que débattre des questions de stratégies nucléaires (en particulier en envisageant le retrait de l’une de ces composantes) était à la limite de porter atteinte à la sécurité nationale. Ces deux thématiques, loin d’être anodines, méritent qu’on s’y attarde.

L’amateurisme, tout d’abord. Assez naïvement, car c’est un amateur qui parle, j’ai toujours considéré que cette condition, loin de valoir le mépris et d’obliger au silence, était plutôt sympathique et méritait l’attention. D’une part, tout professionnel a été un jour un amateur qui a persisté dans sa passion et l’étude. D’autre part, l’amateur est rarement (il y a toujours de pénibles exception, bien sur) obtus, toujours désireux d’apprendre, de corriger ses erreurs, d’écouter plus instruit que lui. Enfin, et c’est le point essentiel, à l’heure où l’on regrette à juste titre la dissolution du lien armée-nation, quelle est cette hérésie qui voudrait exclure d’un débat sur les questions de défense le simple citoyen qui, ne se contentant pas de faire son travail de civil, ose s’intéresser à ces problématiques qui pourtant nous concernent tous ? Car que veut-on ? Que les affaires stratégiques ne soient débattues qu’entre un nombre restreint d’experts mystérieux, réunis dans quelques cénacles obscurs, parlant un langage qu’eux seuls comprennent, cachant aux masses ineptes les fruits de leurs cogitations, voire portant cagoules peut-être ? L’esprit de défense des citoyens, avec ce genre de comportement, se répandra comme trainée de poudre dans la population, c’est certains !

Deuxième argument censément imparable : discuter sur le Net (une source ouverte, donc) de stratégie nucléaire et suggérer que la composante aéroportée n’est plus aussi utile qu’autrefois porterait atteinte à la sécurité nationale… Mouais. Admettons, car il s’agit là d’affaires sérieuses, quoique M. Henrotin ait clairement répondu sur ce point. Ma question est la suivante : ce genre d’interdit, on sait où ça commence mais où cela finit-il ? Contester les orientations du Livre Blanc ? Atteinte à la sécurité nationale ! Suggérer que l’équipement fourni aux troupiers par l’Etat est d’une qualité ridicule avec pour conséquence l’obligation pour les hommes de s’équiper sur leurs deniers ? Atteinte à la sécurité nationale ! Signifier que tel ou tel choix en matière d’acquisition de matériels aura des impacts négatifs sur le long terme ? Atteinte à la sécurité nationale ! J’en passe et des meilleurs… Alors, fermons tous les blogs et forums de défense, interdisons les revues spécialisées, assignons les chercheurs à résidence et revenons-en à l’option décrite plus haut avec des résultats, c’est l’évidence, mirobolant.

Bon, j’en finis avec ce post scandaleusement long en remerciant tout de même notre contributeur anonyme pour ces interventions souvent intéressantes sur le fond, quoiqu’on puisse penser de la forme. Pourtant je persiste : la Défense et les questions stratégiques devraient être un bien commun et non je ne sais quelle science occulte réservée à une élite d’initiée. Les citoyens ont une part de responsabilité dans ce désintérêt, mais le discours relaté précédemment aussi.
Amicalement et bonne journée à tous.

laverdure a dit…

MMhhh.. Votre parole est sage, comme souvent, François. Mais sur le fond technique et pour avoir roulé ma bosse, "anonyme" partait vraiment très, très, loin avec quelques erreurs techniques qui m'ont heurté.

Au point que je me demande s'il ne s'agissait pas plutôt de noyer le poisson du débat. Peu importe, manifestement, il n'est plus là. Mais, et vous avez raison, François, le débat est nécessaire, surtout en cette matière.

Lorsque je songe à mes jeunes années et aux tonnes de RDN (à l'époque où cette revue valait encore quelque chose), avec Poirier, Gallois, Beaufre et tous les autres... La nécessité du débat faisait consensus !

Athéna et moi... a dit…

Bonjour tout le monde,

Bon, les bouclages approchant, je ne serai guère long, François a beaucoup mieux explicité que moi le sentiment qui m'animait lorsque, à plusieurs reprises dans le courant du "débat" j'ai du refuser des posts par trop virulents.

J'ai également éliminé les trois derniers. Non pas tant que le fond posait problème (du tout, quoique je n'étais pas d'accord et que le manque de synthèse alourdissait considérablement la gouvernance du débat) mais la forme, me dérangeait cordialement. N'ayant pas l'adresse e-mail de la personne en question, je n'ai donc pu m'en expliquer en apparté.

Toujours est-il que le ton général, en particuliers des 3 derniers posts, me posait problème. Le sarcasme le disputant à l'ironie mal placée et à des répétitions semblant refuser de prendre en compte les contre-arguments déjà opposés, j'ai préféré ne pas plomber les débats.

C'est certes l'argument d'autorité ultime - moi qui déteste celà - mais par respect pour un certain nombre de gens que je connais et qui fréquentent ce blog aussi bien que parce qu'il me semblait avoir été clair, j'ai estimé qu'il valait mieux éviter de subir ce genre de comportement plus longtemps.

Voilà, vous savez tout !

Frédéric a dit…

Au sujet du nucléaire tactique, un ''Armurier'' sur ''Secret Défense'' à raconter que l'on lors d'un exercice en 1981, une poignée de Super Etendards lancé d'un de nos portes-avions de l'époque à virtuellement anéantit la 6e flotte US en Méditerranée à coup d'AN-52 en déjouant les défenses en présence (E-2, Aegis, intercepteurs...); Cela donne à méditer avec les capacité du Rafale couplé avec l'ASMP :)

Anonyme a dit…

Mouais...
Se méfier du virtuel.
Le Rafale a été également annoncé comme supérieur a tout ce qui lui avait été opposé lors du précédent exercice international, puis on a fini par apprendre que l'opposition en question avait, par règle pré-définie, des capacités de détection dégradées de 20% pour que la lutte soit équilibrée.
Maintenant jamais je ne nierai la capacité qu'un missile nucléaire a à mortellement toucher une flotte de surface, se pose juste la question du coût d'entretien par rapport a l'utilisation potentielle.
A.g.