mardi 9 février 2010

Jusque 4 Mistral commandés par la Russie ?

Finalement, la France a autorisé l’exportation d’un BPC de classe Mistral en Russie. Problème : Moscou en veut trois autres, de sorte qu’elle a transmit à la DGA une demande d’autorisation d’exportation supplémentaires. Mais la négociation ne manque pas de faire des vagues. Le secrétaire américain à la Défense a indiqué lors de sa rencontre avec Hervé Morin, le 8 février, a diplomatiquement indiqué qu’un bon échange de vues avait été mené. Au même moment toutefois, le porte-parole du Pentagone indiquait que « nos amis et alliés en Europe centrale sont clairement nerveux, en particulier la Géorgie… avec de bonnes raisons ».

A vrai dire, face à l'état des finances russes, je me demande si les demandes russes pour 3 autres navires ne relèvent pas d'une mise sous pression politique de la France, à peine rentrée dans l'OTAN. En somme, une stratégie d'affaiblissement indirect. En tout état de cause, le contrat sur le premier bâtiment pourrait être signé lors de la venue à Paris du Président russe, le 2 mars.

DSI HS n°10 - spécial robotique militaire



DSI Hors Série n°10
Février-mars 2010 - En kiosque dès le 15 février
Editorial

Les fondamentaux

Quelques élémentaires de la robotique militaire
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Guerre, système international et robotisation
Jean-Paul Hanon, Chercheur en relations internationales au CREC St Cyr ; maître de conférence à Sciences Po’ Paris.

Encadré : Innovation militaire et changement des rapports de force internationaux : le cas du GPS

Encadré : Robotique : quel leadership international ?

Systèmes autonomes : enjeux technologiques
Entretien avec Bernard Pikeroen, Directeur du groupe de recherche Sciences et Techniques de l’Information, Thales Research & Technology.

Robotique militaire : mode d’emploi
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

Extrapolations. La robotisation de l’espace de bataille nous promet-elle une nouvelle révolution dans les affaires militaires ?
Par Christian Malis, normalien, docteur habilité en histoire, professeur associé à Saint Cyr

Intelligence artificielle et robotique
Entretien avec Noel Sharkey, professeur de robotique et d’intelligence artificielle à l’université de Sheffield

Quand la machine s’éveillera
Par le colonel Michel Goya, directeur d’études à l’IRSEM, titulaire de la chaire d'action terrestre de Saint-Cyr-Coëtquidan

Peut-on mener avec des robots une autre guerre que la guerre totale ?
Par Henri Hude, docteur ès lettres, directeur du pôle éthique et déontologie, CREC Saint Cyr

Encadré : Isaac Asimov et les trois lois de la robotique

Encadré : Robotique pression psychologique : le point de vue américain

La robotisation du champ de bataille : enjeux et défis juridiques
Par le lieutenant-Colonel Philippe Frin, enseignant-chercheur, spécialiste de droit des conflits armés, Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan, chargé d’enseignement à Sciences Po’ et Ronan Doaré, maître de conférences de droit public, directeur du Centre de Recherche des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan

Encadré : des juristes au combat : le cas américain

France

France : une robotique de retard ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Encadré : Air, terre et mer

Robotique en France : la « feuille de route » de la DGA
Entretien avec Aurélien Godin, architecte « systèmes robotisés terrestres », DGA

Encadré : Les PEA en robotique de la DGA

UAV : cible SDM
Entretien avec Jean-François Henrio, directeur des systèmes de mission aéroportés, Thales

Drones navals : vers le travail en essaims
Entretien avec Thierry Brizard, directeur technique de la division navale, Thales

Encadré : Perspectives et orientations prospectives
Par Joël Morillon

Encadré : Ixsea et Sirenha

Talarion. Les MALE ambitions d'EADS
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Encadré : Harfang: comment éviter la rupture capacitaire ?

Encadré : Un Talarion dépendant de Washington ?

Sagem DS : du Sperwer au Patroller
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Encadré : SilMach et les concepts avancés

ECA : vers le succès commercial ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Bertin : en attendant les drones
Par Jean-Jacques Mercier, expert en questions de défense

Encadré. Tecknisolar ou la quête de l’endurance ultime

Les drones à voilure tournante, une réponse aux besoins tactiques ?
Par Lionel Chauprade, journaliste aéronautique, officier de réserve (ORSEM) dans l'armée de Terre

A l’étranger


La robotique, acteur de la contre-insurrection ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Robotique et adversaires irréguliers : du bricolage à la bataille des narrations
Entretien avec Peter W. Singer, senior fellow à la Brookings Institution (Washington), auteur de Wired for War. The Robotics Revolution and the 21st Century Warfare

Le développement des systèmes militaires inhabités aux Etats-Unis : entre rationalité et rationalisation
Par Alain De Neve, doctorant en sciences politiques à l’Université catholique de Louvain (Centre d’Etudes des Crises et Conflits Internationaux) et membre du Réseau Multidisciplinaire d’Etudes Stratégiques (RMES – http://www.rmes.be).

Drones 2025 : La relève de la garde
Par le capitaine Grégory Boutherin, Centre de recherche de l’armée de l’air (CReA/EOAA) et Christophe Pajon, enseignant chercheur au Centre de recherche de l’armée de l’air (CReA/EOAA).

Robotique en Europe : tendances d’un horizon s’élargissant
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Robotique militaire : le retour d’expérience israélien
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Carte : Les drones MALE et HALE dans le monde

La prolifération robotique dans le monde
Par Olivier Zajec, Directeur adjoint, pôle prospective stratégique, CEIS

vendredi 5 février 2010

Comment 20 ans de désinvestissements ont abouti au pire échec de l'armée belge depuis 1940

En 1940, les Belges se sont, grosso modo, vaillament battus. Une compagnie de réserve des chasseurs ardennais a bloqué plusieurs heures quelques divisions allemandes. On s'est fait avoir, mais avec une certaine fierté, tout de même - si ce n'est une suite d'erreurs stratégiques qui me rappellent pourquoi j'ai décidé de consacrer ma carrière aux questions de défense et en particulier à leur versant doctrinal.

Mais la petite dernière vaut tout les anéantissements du monde : une équipe de "bomspotters" antinucléaires a réussi à pénétrer l'enceinte de la base de Kleine Brogel, diffusant des images prises à l'intérieur de hangarettes (vides, en l'occurrence). Au sein de la base, ils semblent s'être approchés des WS3, les bunkers où sont stockés les armes nucléaires US sous régime de double clé.

En bref, les activistes se sont promenés en plein milieu de la première base aérienne du pays pendant une heure, d'après les journaux télévisés. La réponse du ministère de la défense est aussi étonnante que lapidaire : en substance, "la base a un périmètre de 16 km et il n'est pas possible de tout surveiller".

Comme il doit y avoir un ange gardien pour les idiots, on avait ici affaire à des activistes, non-violents par définition - à l'exception peut être de l'un ou l'autre FOD laissé sur les taxiways - et non à des gens autrement plus mal intentionnés. Heureusement : le soldat allant à la rencontre des activistes n'avait pas son arme chargée.

Ne nous voilons pas la face : malgré les démentis du Mindef, c'est un échec particulièrement grave pour la Défense, la pire claque, sans doute, depuis 1940. Le Rwanda et ses 10 paras sont attribuables au politique, ici, nous avons affaire à autre chose. Pour deux trois incidents de moindre ampleur, le secrétaire à l'Air force américaine a volé à la porte.

Mais, derrière ma sourde colère (qui doit être partagée : je connais bon nombre de gars dans les forces qui ont dû tomber de leur chaise), quelle est la part de la défense dans cette affaire ? Il faut ici recontextualiser : à force de casser les budgets, de tout réduire, de ne pas protester, le politique n'a-t-il pas une part de responsabilité ? A force de se désintéresser de ce qui fait la moëlle de sa fonction - la base du contrat social, c'est précisément la sécurité - était-ce vraiment inévitable ?

L'adaptation "aux bouts de ficelle" des forces à ses limites... Pas la responsabilité du politique.

mercredi 3 février 2010

Premier vol du C-2

Il est gros, emporte plus de 30 tonnes de charge et est japonais : le C-2, développé en paralèlle du P-X (une sorte de P-3 quadriréacteur) a effectué son premier vol fin janvier 2010.

mardi 2 février 2010

Robotique militaire : le CREC Saint Cyr et DSI font le point



En kiosque le 15 février
Jusqu’ici, la question n’avait pas encore fait l’objet, en France, d’une publication qui lui soit consacrée, mais la robotique militaire – le développement de l’emploi de robots dans les domaines terrestre, aérien, naval – est certainement l’un des domaines les plus emblématiques de l’évolution contemporaine des armées, mêlant fantasmes technologiques et authentiques mutations. Pour en faire la part, le Centre de Recherche des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC) et DSI se sont associés dans le cadre de ce numéro hors série. Ce n’est pas un état de l’art, car ce serait une gageure que de vouloir en cent pages résumer une évolution protéiforme et les multiples questions qu’elle suscite. Il s’agit plutôt de dresser ici la cartographie des principaux enjeux, qui s’annoncent considérables. Dans un contexte de déclin régulier des effectifs et de croissance continue du coût unitaire des plates-formes habitées, les robots vont devenir au sein des forces armées des compagnons nombreux, quotidiens, associés à de plus en plus de tâches. Que les choix – politiques, technologiques, tactiques – effectués soient les bons et alors la robotique sera un puissant levier d’efficacité. Dans le cas contraire nous pourrions nous trouver, comme l’indique Peter Singer dans ces pages, avec l’équivalent moderne de la Ligne Maginot. L’enjeu est donc bien réel et concerne non seulement les armées, mais également les chercheurs, les industriels et les décideurs de haut niveau. C’est aussi un enjeu global, qui dépasse de loin le strict cadre militaire : la robotique marche sur deux jambes, civile et militaire, et déjà s’immisce dans nos vies quotidiennes.

Nous avons découpé ce numéro hors série en trois grands chapitres. Le premier est consacré aux fondamentaux de la question : contexte sociétal, géopolitique et relations de puissance, insertion dans les dispositifs militaires et impact sur eux de la robotique, défis technologiques, droit, éthique. Le deuxième chapitre est consacré au cas français : si le nombre de robots, qu’ils soient terrestres, aériens ou navals est encore faible dans nos armées, les solutions ne manquent pourtant pas. Non seulement les militaires français réfléchissent à la question mais, au surplus, industriels et chercheurs ont déjà largement défriché de nombreuses pistes. Et ce ne sera pas une moindre surprise pour nos lecteurs que de découvrir ici que la France, en ayant investi dans les trois domaines terrestres, aériens et navals, est incontestablement le leader européen de la robotique. Le troisième et dernier chapitre est quant à lui consacré à la question robotique dans le monde, ainsi qu’aux retours d’expérience qui commencent à affluer. Sont entre autres abordées les politiques américaines et israéliennes, la « prolifération » robotique, l’emploi en contre-insurrection ou encore les possibilités d’utilisation de robots par des irréguliers. De quoi, peut-être, ouvrir les yeux sur une révolution technologique et convier à réfléchir aux conditions de son éventuel élargissement en révolution militaire.

Joseph Henrotin et Christian Malis

vendredi 29 janvier 2010

Le PAK-FA a effectué son premier vol

Des essais de roulage avaient été effectués en décembre (voir DSI n°56) et, à vrai dire, les experts croyaient peu à des premiers essais en janvier 2010. Mais, manifestement, c'est fait : Sukhoi a fait voler son PAK-FA, qualifié "de 5ème génération". Concrètement, une telle appellation implique de la furtivité (et le design ne suffit pas et j'ay cru voir sur cette vidéo quelques boulons qui pourraient faire toute la différence) mais aussi une avionique à la hauteur (radar AESA, suite ESM, etc.).

En ce sens, ce premier essai pourrait surtout n’être destiné qu’à valider la formule aérodynamique retenue (qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler certains atours de la famille Flanker ou de l'YF-23, pour ceux qui s'en souviennent). La Russie compte mettre ses premiers PAK en service après 2015, l’Inde devant également bénéficier d’une version locale, Delhi semblant avoir participé au financement.

Edit : je viens de voir le post de JDM sur la question. Bon, ben on ne peut pas toujours être premier ;o)

Re-Edit : quelques questions via mails montrent une certaines inquiétude sur les capacités russes. Alors, sans vouloir déprécier Moscou quelques éléments sont à rappeler, histoire de remettre les choses en perspective et relativiser un certain vent de panique que l'on sent poindre :

- Premièrement, le nombre de composants à fabriquer sur la famille Flanker est si faible que c'est... un chaudronnier qui s'occupe des canopy.

- En matière d'électronique : souvenez-vous des performances serbes en 99 ou érythréennes en 2000 : tous au tapis ou presque. Quant aux Ethiopiens (Su-27), leurs tirs en limite de portée ou même à 80 % de cette limite ont tous été des échecs. Certes, c'était il y a plus de 10 ans mais d'un point de vue logiciel et CME, ils sont toujours à la traîne. Les résultats des radars européens sont, globalement, meilleurs.

- Souvenez vous qu'au Bourget 2007, le plus beau commentaire à la délégation russe concernait son aptitude à changer des moteurs en moins d'une nuit. Ca peut être une belle performance, mais ça traduit surtout un certain manque de maîtrise 1) du pilote (ah, ça, quand on veut faire son show...) 2) mais aussi des motoristes... Cramer un moteur parce qu'on a fait deux vols en dehors des enveloppes - ce pourquoi le combat aérien reste un job d'exception - ça ne fait pas très sérieux...

- Ok, ils ont fait un avion qui a un look "moderne". Et alors ? Son design est optimisé pour le combat tournoyant et il aura sans doute de très belles capacités en la matière. Mais est-ce bien la question aujourd'hui ? Même les pilotes de F-22 l'indiquent, aujourd'hui, ne serait-ce que pour optimiser les avantages conférés par la furtivité, il faut travailler en stand-off. Après, bien manoeuvrer, c'est indispensable pour traiter une probabilité de type de combat qui doit s'élever à 10 % - et bien des pilotes me diront que je suis généreux.

Alors, quid du Raptorski ? Il n'y a pas de déteminisme historique comme il n'y en a pas de technique et personne ne dispose de boule de crystal. Soyons prudents, attendons de voir ce que la bête a dans le ventre comme dans les processeurs. Après tout, nous venons d'assister à ce qui s'apparente, grosso modo, au premier vol (quasiment en direct, notez le, ce qui a une signification politique en soi) du Rafale A - et vous connaissez la suite de l'histoire.

DSI n°56, février 2010


Sommaire DSI n°56, février 2010
En kiosque dès le 1er février
Edito
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Industrie française
Les contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Du danger du déterminisme historique »

Sur le Vif
Afghanistan : quel adversaire combattons-nous aujourd'hui ?
Par Olivier Hubac et Matthieu Anquez, CEIS et auteurs de L'enjeu afghan, la défaite interdite (André Versailles, 2010)

La rébellion houthiste, point de fixation dans l’arrière cour de l’Arabie Saoudite
Par Laurent Amelot, enseignant à l’Institut d’Etude des Relations Internationales (ILERI)

Stratégie

Chronique : Stratégie des moyens
Par Benoist Bihan

Victoire en Kapisa. Des limites de l’approche linéaire en contre-rébellion
Par le lieutenant-colonel Hervé Pierre

Grandes et petites guerres : la vraie distinction
Par le chef de bataillon Nicolas Delort

Rendre son utilité à la force
Par le chef de bataillon Christophe Richard, stagiaire de la promotion « Maréchal Lyautey » du Collège Interarmées de Défense.

Armées

La Syrie contemporaine : une puissance régionale fragile ?
Par Xavier Hautcourt

Encadré : Succès antichars au Liban

Les trois vies stratégiques de la Syrie
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Encadré : Le poing blindé

Tableau de bord : la force aérienne syrienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Le GPD Méditerranée. Révolution en vue pour les plongeurs démineurs
Par Véronique Sartini, journaliste

La rupture SLAMF
Entretien avec le capitaine de frégate Jean-Marie Rey, en charge du programme SLAMF (Système de Lutte Anti Mines du Futur)

Encadré : Les « Mousquemers », pères des plongeurs démineurs

Encadré : Les équipements de plongée

Technologies

Porte-avions : la continuité russe
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Drones SIDM : les retours d’expérience
Par Frédéric Lert, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Véhicule Blindé Moyen Freccia/Le Freccia, Paré pour le XXI e siècle

Northrop Grumman RQ-4 Global Hawk

SSGN Oscar II

FN Herstal SCAR

Enquête

Exit la DCMAT…vive les SIMMT et SMITer ! Le big-bang du MCO de l’armée de Terre
Par Jean-Louis Promé

Encadré : Moins de mécanos dans les régiments!

Encadré : Des effectifs encore à diminuer!

Une ambition pour le MCO terrestre: l'optimisation de la performance
Entretien avec le général de corps d'armée Jean-Tristan Verna, Directeur central du Matériel et futur Directeur désigné de la SIMMT en cours de création

La PEGP se met en place. Un réel tournant pour l'armée de Terre
Par Jean-Louis Promé

OPEX: des compétences à préserver
Par Jean-Louis Promé

Encadré : Le VAB ELI bientôt en Afghanistan

Critiques de lectures

Berlin. Les offensives géantes de l’armée rouge. Vistule-Oder-Elbe (12 janvier-9 mai 1945) de Jean Lopez

Understanding the Role of Deterrence in Counterterrorism Security de Andrew R. Morral et Brian A. Jackson

Naval War College Review, Winter 2010.

Robotique : Big Dog s'amuse...

Je suis dans une phase très "robotique" ces derniers temps et comme vous le savez, à l'instar de Carl, je les aime vivants comme morts (cuits à point avec une bonne sauce, évidemment). Là, mon four risque d'avoir quelques difficultés :

jeudi 28 janvier 2010

Evaluation de la PLAN par l'ONI

L’Office of Naval Intelligence de la marine américaine a posté sur internet, par mégarde (encore que...), une évaluation des capacités de la marine chinoise, que la Federation of American Scientists s’est empressée de télécharger.

Datant d’août 2009, le rapport de 51 pages est intitulé La PLAN. Une marine moderne avec des caractéristiques chinoises. Revenant sur les tendances et les constantes historiques de la PLAN, il évalue le commandement, les objectifs de sécurité nationale, les équipages et les nouvelles capacités.

Le document note que ses capacités de projection se sont accrues de 67 % depuis les années 1990 et que les capacités de guerre en surface se sont accrues de plus de 400 %. Les capacités antiaériennes se sont également étoffées. La maîtrise des opérations par la marine – disposer de navires n’est pas tout – s’est également accrue, les auteurs du rapport insistant sur le fait que la Chine n’entend pas développer de présence navale globale.

Bref, jetez un oeil.

mercredi 27 janvier 2010

Peter Singer en live

Vous vous souviendrez sans doute de son interview dans le dernier DSI, Peter Singer est l'un des meilleurs stratégistes aillant travaillé sur la robotique militaire ces derniers temps. On aura d'ailleurs l'occasion de le recroiser dans nos pages - mais la question est encore "secret défense". D'ici là, une de ses interventions sur la question :

Laser aéroporté : le test du 10 janvier

Manifestement, les dispositifs de suivi de cible semblent fonctionner : l'YABL-1A effectue ici une frappe sur une cible statique au sol alors qu'il est lui-même en vol.

Défilé indien de l'indépendance... dans le brouillard...

mardi 26 janvier 2010

DSI 56 : MCO, plongeurs démineurs, aéronavale russe, Syrie et Yemen au programme

La nouvelle formule du DSI impose un travail assez conséquent mais le résultat est payant. Conséquence, plus de "maniabilité" dans les sujets, ce qui permet de passer, dans le prochain numéro, d'une analyse en profondeur de la rebéllion houthiste au Yemen à la politique de défense syrienne et aux évolutions profondes du MCO dans l'armée de Terre. A lire d'ici quelques jours ;o)

lundi 25 janvier 2010

Voler en Afghanistan : petit CR

Jetez un coup d'oeil à cet article de La Libre, paru ce matin : un ancien commandant de détachement de la FAé y donne ses impressions sur ses quatre mois à Kandahar. Assez rare pour être souligné !

mercredi 20 janvier 2010

Alain De Neve sur les nanotechnos - séminaire EHESS/IRSEM

Dans le cadre du séminaire pluridisciplinaire dédié aux "Mutations et révolutions militaires" co-organisé par l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et l'Institut de Recherche Stratégique de l'Ecole Militaire (IRSEM), Alain De Neve donnera, demain jeudi 21 janvier à la Maison des Sciences de l'Homme (54 boulevard Raspail à Paris), une conférence sur le thème "Nanotechnologies et révolution dans les affaires militaires – Entre promesses technologiques et technologies de la promesse".

Un djihadiste belge au Pakistan

Un reportage de la chaîne privée RTL-TVI diffusé avant-hier soir a montré un djihadiste converti belge qui s'est prêté au jeu de l'interview. Sur le fond, la rhétorique est classique - avec une pointe de légitimation de son combat par la question du voile à l'école - et l'opération de communication aura été excellente pour lui et son groupe.

Si c'est l'occasion Simon Petermann et pour moi d'intervenir sur la même chaîne aujourd'hui à 12h40 (je tâcherai de mettre le lien), comment considérer l'opportunité accordée à la journaliste ?

- Premièrement, il s'agit de communiquer à bon compte. Comme le type l'indique lui-même, Youtube et le Web 2.0. permettent de recruter, d'orienter voire de former (ce qui renforce les questionnements sur un "djihad 2.0"). Mais, ajouterait-on, rien de tel qu'un journal télévisé pour toucher des centaines de milliers de gens en même temps ;

- Deuxièmement, les toucher pas tant pour les inciter à rejoindre le djihad (quoique...) que pour influencer leur perception de l'adversaire, en le faisant passer pour totalement déterminé. Et ce, alors même que la Belgique est extrêmement vulnérable au "zéro mort" et qu'un round de discussions vient de s'achever entre les Etats-Unis et Bruxelles sur l'envoi de renforts en Afghanistan ;

- Troisièmement, renforcer la culture de la peur dans laquelle nous sommes immergés : j'y reviens de façon plus complète dans mon ouvrage sur la résilience (il ne faut pas trop demander à un blog, non plus !) mais la Belgique a un sérieux problème avec le concept même d'intégration et l'insistance sur la question de l'école n'est pas innocente. Il s'agit, dans cette optique, de renforcer la méfiance et la suspicion, susciter la peur sans même que des attentats ne soient commis. Le summum de l'économie des forces ;

On ajoutera que l'emploi de la télé n'est pas innocent. Gino Verleye a bossé là-dessus et j'y reviens dans "résilience" mais, fondamentalement, certains médias, lorsqu'ils sont mal employés sont plus susceptibles d'inspirer la peur - et la TV est en tête de peloton. En fait, dans certains cas, l'afflux d'information produit les effets inverses recherchés en "résilience construite" : l'angoisse plus que la réduction préemptive des effets de surprise. Seule compensation à ce phénomène d'inversion, la nécessité de remise en perspective et l'éducation des téléspectateurs à la prise en compte de ce type d'information. En Belgique, nous n'y sommes toujours pas.

Un responsable de l'Organe de Coordination et de l'analyse de la Menace indiquait hier ne pas bien comprendre pourquoi un djihadiste communiquait maintenant. Et bien, c'est très simple : parce qu'en l'occurrence, pour le djihadiste en question, ça ne mange pas de pain et ça crée des effets.

Dernière petite remarque, le parquet à beau déclarer qu'une enquête sur le type en question a été ouverte, nos institutions ne semblent toujours pas avoir compris qu'un terroriste n'agit pas dans une rationalité d'ordre criminelle mais bien d'ordre stratégique. Dans un tel cadre, toutes les options sont ouvertes et inviter une journaliste à prendre le thé, c'est du pain béni. Djihadiste 1 - Belgique 0.

mardi 19 janvier 2010

BEM version papier : nouveau tirage

Le CESM m'indique que le dernier Bulletin d'Etudes de la Marine, consacré aux aéronavales, peut être commandé gratuitement à l'adresse. Il peut en outre être lu en ligne tout aussi gratuitement (bande de veinards).

lundi 18 janvier 2010

Sous le sapin (ou presque) : 60 Rafale

Dassault a reçu, le 31 décembre 2009, une nouvelle commande, portant sur 60 Rafale (10 pour la Marine, 50 pour l’armée de l’Air), tandis qu’une option porte sur la mise au standard F3 des F-1 que la Marine avait placé sous cocon.

Au total, 180 Rafale ont donc été, jusqu'ici, commandés. Si 82 (54 pour l’armée de l’Air, 28 pour la Marine) ont été livrés à la fin décembre, 3 au total ont été perdus. Les nouveaux appareils seront livrés à partir de 2015 avec leur antenne radar active, de même qu’une suite d’autoprotection améliorée. Des contrats portant sur la motorisation ont été passés avec la Snecma, de même qu’avec MBDA pour des armements.

dimanche 17 janvier 2010

Parlons résilience

Pour les lecteurs belges, Le Vif/L'express m'a fait les honneurs d'une interview dans sa dernière livraison, après lecture de mon prochain ouvrage. L'occasion, pour le coup, d'aborder une série de thématique inhérentes à la résilience mais aussi à l'antiterrorisme, d'une façon plus générale.

Bon, fondamentalement, résumer deux bonnes heures de discussions en trois pages n'a pas dû être évident et pour le coup, la question de la résilience et de ses applications n'est pas totalement vidée. Mais quelques idées en plus sont jetées sur le papier. Après tout, toute idée ne se forge que dans le temps...

mercredi 13 janvier 2010

Antimissiles chinois : et alors ?

Selon l’agence de presse Xinhua, la Chine a réussi l’interception à mi-course d’un missile balistique. Le Pentagone a confirmé le lancement de deux missiles depuis des positions distinctes, de même qu’une explosion exo-atmosphérique. On ne connaît toutefois pas ni le type de missile-cible lancé, ni le type de missile intercepteur. Alors, qu'en penser ?

D'une part, que tout cela manque quelque peu de précision et qu'avant d'en appeler à une défense ABM française ou européenne, il convient de réfléchir, plus qu'à se lancer dans un mimétisme de mauvais allois par les temps budgétaires qui courent. D'autre part que tout cela n'a rien de bien neuf. Dans Chinese Views of Future Warfare, publié tout de même il y a plus de 15 ans, des généraux chinois allaient dans ce sens, comme dans celui d'une militarisation de l'espace.

Alors, cet essai ? Et bien, les Américains travaillent à la question depuis les années 60-70 (je renvoie à cette référence qu'est la brique de J-P. Baulon) et ne sont toujours pas certains d'avoir un système ABM extra-atmosphérique étanche. Si le SM-3 est indubitablement efficace, le vrai parapluie n'est pas pour demain. Et toute personne travaillant sur la question vous indiquera qu'un test ABM réussi dépend d'abord et avant tout des paramètres de l'essai : en clair, ça peut être facile de marquer des points dans le domaine politico-pcychologique, mais c'est souvent plus dur d'assumer dans tous les cas de figure.

La Chine promet beaucoup et est une habituée des longues marches. Mais avant d'hurler dans les couloirs à une nouvelle guerre froide ultra-technologique, on devrait également se souvenir que Pékin reste à la traîne sur bon nombres de technologies plus facilement maîtrisables que les systèmes ABM. Cela vaut pour les réacteurs d'avions de combat, les radars en passant par les missiles antinavires ou le fait d'avoir une nouvelle génération de sous-marins capable de faire moins de bruit que les sous-marins soviétiques des années 1980 - ce qui n'est toujours pas le cas...

Le premier Borei à la mer

jeudi 7 janvier 2010

Pourquoi le renseignement n'est-il pas un sujet universitaire ?

Un ami me posait récemment une question très pertinente : pourquoi le renseignement n'est-il pas, en Allemagne, en France ou en Belgique, un sujet d'étude au niveau universitaire ? De fait, en dépit de l'attention portée à la question par le dernier Livre blanc, la question ne fait pas l'objet, comme en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, de l'attention qui peut lui être portée avec des intelligence studies particulièrement fournies.

Alors, petite hypothèse : lorsque l'on considère les Etats où le renseignement est étudié (et, généralement, relativement choyé par le gouvernement), on voit qu'on a affaire à des Etats où la culture stratégique a une dominante maritime. Or, ceux-là ont aussi un rapport particulier à la démocratie (comme à l'innovation) : ils sont plus ouverts et y traiter ce que les démocraties "continentales" considère comme des "dirty little secrets" y est moins problématique.

La défense du principe démocratique y est aussi plus affirmée. Quand un Britannique veut se faire peur au cinéma, il va voir un film où les fascistes ont déferlé sur Albion. La culture, bien sûr, peut muter : c'est peut être le cas de Pays-Bas historiquement très maritimes mais dont la "continentalisation" progresse. Le rapport des démocraties continentales est quant à lui plus ambivalent. C'est une thématique traitée en science politique et j'ai l'occasion d'y revenir dans le Seapower à paraître en mars.

Reste le cas français, qui semble, dans l'optique de l'hypothèse susmentionnée, confirmer le point de vue de Bruno Colson selon lequel la France est également continentale et maritime. Il y a des poussées vers cette étude, mais timides. Au final, une sorte d'équilibre rendu un peu plus instable par le fait que - autre caractéristique continentale - étudier les questions de sécurité au sens large est la meilleure façon de miner une carrière universitaire.

C'est une tentative de réponse, sans plus. Mais la question reste posée : à parler de surprise stratégique, de renseignement (technique ou humain), sait-on de quoi l'on parle exactement ? De l'apport réel des renseignements, des difficultés qu'ils rencontrent (et que les intelligence studies situent d'ailleurs plus au niveau politique) ? De fait, le chantier intellectuel est énorme et, bien malheureusement, totalement en friche...

Galileo : cette fois, c'est parti

La Commission européenne a attribué les trois contrats qui permettront la mise en place de la capacité initiale du système de navigation par satellites Galileo :

- 566 millions d'Euros à OHB Systems pour la construction de 14 satellites (la cible est de 32) ;

- 397 millions pour le lancement de 10 satellites, par paires, via Arianespace, en l'occurrence via des lanceurs Soyouz. Le premier lancement interviendra en octobre 2012 ;

- 85 millions à Astrium pour des missions de soutien.

Trois autres contrats, portant sur les infrastructures de contrôle ; les systèmes de mission au sol et les opérations seront attribués à la mi-2010. Le système devrait être opérationnel dès 2014.