Il est gros, emporte plus de 30 tonnes de charge et est japonais : le C-2, développé en paralèlle du P-X (une sorte de P-3 quadriréacteur) a effectué son premier vol fin janvier 2010.
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mercredi 3 février 2010
jeudi 28 janvier 2010
Evaluation de la PLAN par l'ONI
L’Office of Naval Intelligence de la marine américaine a posté sur internet, par mégarde (encore que...), une évaluation des capacités de la marine chinoise, que la Federation of American Scientists s’est empressée de télécharger.
Datant d’août 2009, le rapport de 51 pages est intitulé La PLAN. Une marine moderne avec des caractéristiques chinoises. Revenant sur les tendances et les constantes historiques de la PLAN, il évalue le commandement, les objectifs de sécurité nationale, les équipages et les nouvelles capacités.
Le document note que ses capacités de projection se sont accrues de 67 % depuis les années 1990 et que les capacités de guerre en surface se sont accrues de plus de 400 %. Les capacités antiaériennes se sont également étoffées. La maîtrise des opérations par la marine – disposer de navires n’est pas tout – s’est également accrue, les auteurs du rapport insistant sur le fait que la Chine n’entend pas développer de présence navale globale.
Bref, jetez un oeil.
Datant d’août 2009, le rapport de 51 pages est intitulé La PLAN. Une marine moderne avec des caractéristiques chinoises. Revenant sur les tendances et les constantes historiques de la PLAN, il évalue le commandement, les objectifs de sécurité nationale, les équipages et les nouvelles capacités.
Le document note que ses capacités de projection se sont accrues de 67 % depuis les années 1990 et que les capacités de guerre en surface se sont accrues de plus de 400 %. Les capacités antiaériennes se sont également étoffées. La maîtrise des opérations par la marine – disposer de navires n’est pas tout – s’est également accrue, les auteurs du rapport insistant sur le fait que la Chine n’entend pas développer de présence navale globale.
Bref, jetez un oeil.
mercredi 27 janvier 2010
mercredi 13 janvier 2010
Antimissiles chinois : et alors ?
Selon l’agence de presse Xinhua, la Chine a réussi l’interception à mi-course d’un missile balistique. Le Pentagone a confirmé le lancement de deux missiles depuis des positions distinctes, de même qu’une explosion exo-atmosphérique. On ne connaît toutefois pas ni le type de missile-cible lancé, ni le type de missile intercepteur. Alors, qu'en penser ?
D'une part, que tout cela manque quelque peu de précision et qu'avant d'en appeler à une défense ABM française ou européenne, il convient de réfléchir, plus qu'à se lancer dans un mimétisme de mauvais allois par les temps budgétaires qui courent. D'autre part que tout cela n'a rien de bien neuf. Dans Chinese Views of Future Warfare, publié tout de même il y a plus de 15 ans, des généraux chinois allaient dans ce sens, comme dans celui d'une militarisation de l'espace.
Alors, cet essai ? Et bien, les Américains travaillent à la question depuis les années 60-70 (je renvoie à cette référence qu'est la brique de J-P. Baulon) et ne sont toujours pas certains d'avoir un système ABM extra-atmosphérique étanche. Si le SM-3 est indubitablement efficace, le vrai parapluie n'est pas pour demain. Et toute personne travaillant sur la question vous indiquera qu'un test ABM réussi dépend d'abord et avant tout des paramètres de l'essai : en clair, ça peut être facile de marquer des points dans le domaine politico-pcychologique, mais c'est souvent plus dur d'assumer dans tous les cas de figure.
La Chine promet beaucoup et est une habituée des longues marches. Mais avant d'hurler dans les couloirs à une nouvelle guerre froide ultra-technologique, on devrait également se souvenir que Pékin reste à la traîne sur bon nombres de technologies plus facilement maîtrisables que les systèmes ABM. Cela vaut pour les réacteurs d'avions de combat, les radars en passant par les missiles antinavires ou le fait d'avoir une nouvelle génération de sous-marins capable de faire moins de bruit que les sous-marins soviétiques des années 1980 - ce qui n'est toujours pas le cas...
D'une part, que tout cela manque quelque peu de précision et qu'avant d'en appeler à une défense ABM française ou européenne, il convient de réfléchir, plus qu'à se lancer dans un mimétisme de mauvais allois par les temps budgétaires qui courent. D'autre part que tout cela n'a rien de bien neuf. Dans Chinese Views of Future Warfare, publié tout de même il y a plus de 15 ans, des généraux chinois allaient dans ce sens, comme dans celui d'une militarisation de l'espace.
Alors, cet essai ? Et bien, les Américains travaillent à la question depuis les années 60-70 (je renvoie à cette référence qu'est la brique de J-P. Baulon) et ne sont toujours pas certains d'avoir un système ABM extra-atmosphérique étanche. Si le SM-3 est indubitablement efficace, le vrai parapluie n'est pas pour demain. Et toute personne travaillant sur la question vous indiquera qu'un test ABM réussi dépend d'abord et avant tout des paramètres de l'essai : en clair, ça peut être facile de marquer des points dans le domaine politico-pcychologique, mais c'est souvent plus dur d'assumer dans tous les cas de figure.
La Chine promet beaucoup et est une habituée des longues marches. Mais avant d'hurler dans les couloirs à une nouvelle guerre froide ultra-technologique, on devrait également se souvenir que Pékin reste à la traîne sur bon nombres de technologies plus facilement maîtrisables que les systèmes ABM. Cela vaut pour les réacteurs d'avions de combat, les radars en passant par les missiles antinavires ou le fait d'avoir une nouvelle génération de sous-marins capable de faire moins de bruit que les sous-marins soviétiques des années 1980 - ce qui n'est toujours pas le cas...
jeudi 17 décembre 2009
Vietnam : 6 Kilos, 6 patrouilleurs et 12 Su-30 commandés
Le gouvernement vietnamien a annoncé la conclusion de plusieurs contrats – par ailleurs en négociation depuis plusieurs années – avec la Russie.
Premièrement, Hanoi va acheter 6 sous-marins de type Kilo (636) pour un montant de 1,8 milliards de dollars, de même que 6 patrouilleurs de type Svetlyak. Des officiels russes ont également évoqué l’achat de 12 Su-30MK2, en plus des 8 déjà commandés, pour 600 millions de dollars.
Dans le même temps, un troisième contrat porte sur la construction de la première centrale nucléaire vietnamienne, à partir de 2014, pour une mise en service à partir de 2020.
Premièrement, Hanoi va acheter 6 sous-marins de type Kilo (636) pour un montant de 1,8 milliards de dollars, de même que 6 patrouilleurs de type Svetlyak. Des officiels russes ont également évoqué l’achat de 12 Su-30MK2, en plus des 8 déjà commandés, pour 600 millions de dollars.
Dans le même temps, un troisième contrat porte sur la construction de la première centrale nucléaire vietnamienne, à partir de 2014, pour une mise en service à partir de 2020.
mardi 10 novembre 2009
Passe d'armes en mer Jaune
Nouvelle passe d'armes en mer jaune : ce matin vers 11h30 heure locale, un patrouilleur nord-coréen semble être entré dans les eaux territoriales sud-coréennes. Observé depuis un temps, il a été rejoint pas un patrouilleur du Sud, qui a tiré à plusieurs reprises des coups de semonce. A ce moment, le patrouilleur du nord a répliqué (50 coups à 3,2 km de distance), visant le patrouilleur de Séoul, qui a retourné le feux. Concrètement, le bâtiment du nord a été endommagé mais pas coulé, aucun blessé ne semble avoir été fait.
Toujours aussi fantasque, l'agence de presse nord-coréenne a indiqué que "Les autorités militaires sud-coréennes doivent présenter des excuses au Nord pour cette provocation armée et prendre les mesures qui s'imposent pour qu'une provocation similaire ne se reproduise pas". Le Sud n'a pas commenté mais la tension au sein de la société sud-coréenne est bien réelle.
Pour spectaculaire que l'engagement soit, il a toutefois été moins intense qu'en 1999 (un bâtiment du sud avait éperonné un autre du nord, 1 vedette du nord avait été coulée, 5 autres navires avaient été endommagés) ou en novembre 2002, lors de la "deuxième bataille de la mer de l'ouest", lorsque 6 marins sud-coréens avaient été tués et 18 autres blessés. Cependant, les violations terrotoriales seraient fréquentes : elles auraient déjà eu lieu à 22 reprises cette année.
Toujours aussi fantasque, l'agence de presse nord-coréenne a indiqué que "Les autorités militaires sud-coréennes doivent présenter des excuses au Nord pour cette provocation armée et prendre les mesures qui s'imposent pour qu'une provocation similaire ne se reproduise pas". Le Sud n'a pas commenté mais la tension au sein de la société sud-coréenne est bien réelle.
Pour spectaculaire que l'engagement soit, il a toutefois été moins intense qu'en 1999 (un bâtiment du sud avait éperonné un autre du nord, 1 vedette du nord avait été coulée, 5 autres navires avaient été endommagés) ou en novembre 2002, lors de la "deuxième bataille de la mer de l'ouest", lorsque 6 marins sud-coréens avaient été tués et 18 autres blessés. Cependant, les violations terrotoriales seraient fréquentes : elles auraient déjà eu lieu à 22 reprises cette année.
mardi 28 juillet 2009
L'INS Arihant, premier SNLE indien, a été lancé
Le premier sous-marin à propulsion nucléaire indien, issu du programme ATV (Advanced Technology Vessel) a baptisé INS Arihant (littéralement « destructeur d’ennemis ») a été lancé le 26 juillet. On en sait désormais plus sur le navire, qui appartiendra à la catégorie des SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins) plutôt qu’à celle des SNA (Sous-marins Nucléaires d’Attaque). D’un déplacement « de plus de 6 000 tonnes » pour une longueur de 112 m, le bâtiment est propulsé par un réacteur nucléaire d’une puissance de 85 MW.
Les officiels indiens ont par ailleurs souligné l’aide apportée par la Russie. L’Arihant aurait une profondeur d’immersion de 300 m et pourrait atteindre les 30 nœuds et serait armé d’un équipage d’une centaine d’hommes. Il sera équipé de 12 missiles K-15/Sagarika, dont la nature exacte n’avait jusqu’ici pas été connue. En réalité, il s’agira bien de missiles balistiques (et non de croisière) d’une portée de 700 à 750 km selon les sources.
Lancé en immersion, le missile bénéficie d’un guidage inertiel et serait équipé d’une charge, nucléaire ou conventionnelle, d’une masse d’une tonne. Il a été testé à six reprises dont une depuis un ponton immergé. Les missiles sont installés par groupes de 4 dans 4 conteneurs de lancement installés derrière le kiosque. Selon certaines sources, les conteneurs pourraient également accueillir des missiles antinavires/de frappe terrestre supersoniques Brahmos.
L’Arihant va maintenant entrer dans une phase d’essais en mer d’une durée estimée de 2 à 3 ans. Il pourrait être admis au service en 2011 et jusque 5 navires pourraient être construits. L’Inde doit également recevoir deux sous-marins nucléaires d’attaque de classe Akula II de la Russie.
Les officiels indiens ont par ailleurs souligné l’aide apportée par la Russie. L’Arihant aurait une profondeur d’immersion de 300 m et pourrait atteindre les 30 nœuds et serait armé d’un équipage d’une centaine d’hommes. Il sera équipé de 12 missiles K-15/Sagarika, dont la nature exacte n’avait jusqu’ici pas été connue. En réalité, il s’agira bien de missiles balistiques (et non de croisière) d’une portée de 700 à 750 km selon les sources.
Lancé en immersion, le missile bénéficie d’un guidage inertiel et serait équipé d’une charge, nucléaire ou conventionnelle, d’une masse d’une tonne. Il a été testé à six reprises dont une depuis un ponton immergé. Les missiles sont installés par groupes de 4 dans 4 conteneurs de lancement installés derrière le kiosque. Selon certaines sources, les conteneurs pourraient également accueillir des missiles antinavires/de frappe terrestre supersoniques Brahmos.
L’Arihant va maintenant entrer dans une phase d’essais en mer d’une durée estimée de 2 à 3 ans. Il pourrait être admis au service en 2011 et jusque 5 navires pourraient être construits. L’Inde doit également recevoir deux sous-marins nucléaires d’attaque de classe Akula II de la Russie.
mardi 19 mai 2009
Génération afghane, génération perdue ?
Je réagis ici à un post de JD Merchet, qui examine l'émergence des "Afghansty", nouvelle génération de combattants formés et acculturés aux opérations afghanes... qui pose, en creux, la question de leur adaptation aux opérations classiques.
Première remarque, il faut prendre garde d'opposer "guerre froide" et "guerres actuelles" : ce sont là deux choses non comparables. Les Etats-Unis l'ont payé au prix fort, à trop considérer que les opérations classique/conventionnelles étaient plus exigeantes que les irrégulières, ils sont complètement passé à côté des spécificités du conflit. Au final, ils ont produit des statistiques impressionnantes de tonnages de bombes larguées et d'adversaires tués - ce que fait également l'OTAN. Elles étaient totalement non-pertinentes dans le contexte, révélant une conception linéaire certes plus appropriée. Relire l'ouvrage de Summers (On Strategy) vaccine durablement contre ces biais très technologisants.
Deuxième remarque, cela ne veut pas dire qu'il faille déconsidérer la "haute intensité", que du contraire. D'ailleurs, la "haute intensité" est un terme que je n'aime pas - l'on parle d'ailleurs actuellement et assez justement de HICOIN (High Intensity Counter-Insurrection). Il faut tout simplement savoir faire les deux, sans tomber dans le travers de certaines propositions (la mise en place de forces spécifiquement "conventionnelles" et "non-conventionnelles"). Mais faire les deux est difficile, me direz vous. C'est évident.
Mais la donne a changé : l'opposition entre combats réguliers et irréguliers n'est pas si radicale qu'il n'y paraît. Il y a certes des différences doctrinales importantes mais la grammaire fondamentale des opérations est la même, tout comme les "fondamentaux" des combattants. L'Afghanistan, de ce point de vue, force à réapprendre la progression en colonne, l'éclairage, la protection des flancs, la logistique et tous les gestes élémentaires.
Nous évoluons également dans un environnement professionnalisé. Plus question de conscrits russes, français ou américains qui attendent que se termine leur "tour of duty" et qui demandent dans une large mesure à dégager du théâtre. Ce qui change assez considérablement la donne de la premièrte richesse des armées à savoir leurs hommes - qui restent, jusqu'à preuve du contraire leurs capteurs et leurs effecteurs - pour parler en langage "conventionnel technologisé" - les plus évolués et les plus intelligents.
Dernière remarque aussi sur le futur des opérations : dans l'hypothèse d'une guerre conventionnelle, croire qu'on va rejouer la "guerre froide" ou la "Seconde Guerre mondiale" me semble très dangereux. Les lecteurs de DSI le savent bien, nos adversaires potentiels étudient, lisent encore plus et développent des concepts qui, une fois le jour de l'affrontement venu et bien évidemment, ne chercheront pas à les amener à jouer notre jeu. Personne ne fait la guerre pour la perdre.
Ce qui pose en retour bien des questions auxquelles l'on ne peut répondre sur un blog. Par contre, j'ai bien ma petite idée - à lire en pavé d'ici, j'espère, la fin de l'année.
Première remarque, il faut prendre garde d'opposer "guerre froide" et "guerres actuelles" : ce sont là deux choses non comparables. Les Etats-Unis l'ont payé au prix fort, à trop considérer que les opérations classique/conventionnelles étaient plus exigeantes que les irrégulières, ils sont complètement passé à côté des spécificités du conflit. Au final, ils ont produit des statistiques impressionnantes de tonnages de bombes larguées et d'adversaires tués - ce que fait également l'OTAN. Elles étaient totalement non-pertinentes dans le contexte, révélant une conception linéaire certes plus appropriée. Relire l'ouvrage de Summers (On Strategy) vaccine durablement contre ces biais très technologisants.
Deuxième remarque, cela ne veut pas dire qu'il faille déconsidérer la "haute intensité", que du contraire. D'ailleurs, la "haute intensité" est un terme que je n'aime pas - l'on parle d'ailleurs actuellement et assez justement de HICOIN (High Intensity Counter-Insurrection). Il faut tout simplement savoir faire les deux, sans tomber dans le travers de certaines propositions (la mise en place de forces spécifiquement "conventionnelles" et "non-conventionnelles"). Mais faire les deux est difficile, me direz vous. C'est évident.
Mais la donne a changé : l'opposition entre combats réguliers et irréguliers n'est pas si radicale qu'il n'y paraît. Il y a certes des différences doctrinales importantes mais la grammaire fondamentale des opérations est la même, tout comme les "fondamentaux" des combattants. L'Afghanistan, de ce point de vue, force à réapprendre la progression en colonne, l'éclairage, la protection des flancs, la logistique et tous les gestes élémentaires.
Nous évoluons également dans un environnement professionnalisé. Plus question de conscrits russes, français ou américains qui attendent que se termine leur "tour of duty" et qui demandent dans une large mesure à dégager du théâtre. Ce qui change assez considérablement la donne de la premièrte richesse des armées à savoir leurs hommes - qui restent, jusqu'à preuve du contraire leurs capteurs et leurs effecteurs - pour parler en langage "conventionnel technologisé" - les plus évolués et les plus intelligents.
Dernière remarque aussi sur le futur des opérations : dans l'hypothèse d'une guerre conventionnelle, croire qu'on va rejouer la "guerre froide" ou la "Seconde Guerre mondiale" me semble très dangereux. Les lecteurs de DSI le savent bien, nos adversaires potentiels étudient, lisent encore plus et développent des concepts qui, une fois le jour de l'affrontement venu et bien évidemment, ne chercheront pas à les amener à jouer notre jeu. Personne ne fait la guerre pour la perdre.
Ce qui pose en retour bien des questions auxquelles l'on ne peut répondre sur un blog. Par contre, j'ai bien ma petite idée - à lire en pavé d'ici, j'espère, la fin de l'année.
mercredi 6 mai 2009
Présentation du nouveau Livre blanc australien : la marine grande gagnante
Le nouveau Livre blanc australien a été officiellement présenté le 2 mai par le ministre de la défense Joel Fitzgibbon et révèle une posture assurément ambitieuse. Les missions de l’ADF (Australian Defence Force) ont également été réajustées et incluent, dans l’ordre :
- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;
- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;
- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;
- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.
Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.
Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.
- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;
- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;
- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;
- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.
Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.
Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.
lundi 20 avril 2009
Le Rafale évincé de la compétition MMRCA
La nouvelle fera mal : le Rafale, engagé dans la compétition MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft), portant sur 126 appareils, a été disqualifié. Selon les autorités indiennes, il ne répondait pas à plusieurs éléments du cahier des charges de l’IAF (Indian Air Force).
Selon un officiel français, l’appareil ne présente pourtant aucune lacune et, de plus, l’Inde n’a pas informé la France de cette décision. In fine, 5 compétiteurs restent en lice pour ce contrat d’une valeur de 9 milliards d’euros : le F/A-18 Super Hornet (Boeing), le F-16 Fighting Falcon (Lockheed Martin), le MiG-35 (United Aircraft Corporation), le Gripen (Saab) et le Typhoon (Eurofighter).
Alors que le Mig-35 avait été taillé sur mesure pour le marché indien et avait été présenté pour la première fois durant Aero India 2007 (cf. Technologie & Armement n°5 sur les caractéristiques de l’appareil), l’Inde pourrait choisir de diversifier ses importations, une politique qu’elle poursuit maintenant depuis quelques années.
Dans ce contexte, elle reste attachée à ses relations avec la France – un contrat portant sur la modernisation de ses Mirage 2000 est toujours en cours de négociation et le contrat sur les 6 sous-marins Scorpène a renforcé ces liens – mais elle pourrait développer celles avec Washington. Dans le domaine de l’armement, celles-ci restent pour l’heure limitées à l’acquisition promise d’appareils de patrouille maritime P-8 Poseidon.
Pour l’heure, le Rafale n’a pas encore enregistré de succès. Pour autant, l’appareil pourrait être acquis à une soixantaine d’exemplaire par les Emirats Arabes Unis, tandis que la Suisse, la Libye, la Grèce et le Brésil restent des clients potentiels.
Selon un officiel français, l’appareil ne présente pourtant aucune lacune et, de plus, l’Inde n’a pas informé la France de cette décision. In fine, 5 compétiteurs restent en lice pour ce contrat d’une valeur de 9 milliards d’euros : le F/A-18 Super Hornet (Boeing), le F-16 Fighting Falcon (Lockheed Martin), le MiG-35 (United Aircraft Corporation), le Gripen (Saab) et le Typhoon (Eurofighter).
Alors que le Mig-35 avait été taillé sur mesure pour le marché indien et avait été présenté pour la première fois durant Aero India 2007 (cf. Technologie & Armement n°5 sur les caractéristiques de l’appareil), l’Inde pourrait choisir de diversifier ses importations, une politique qu’elle poursuit maintenant depuis quelques années.
Dans ce contexte, elle reste attachée à ses relations avec la France – un contrat portant sur la modernisation de ses Mirage 2000 est toujours en cours de négociation et le contrat sur les 6 sous-marins Scorpène a renforcé ces liens – mais elle pourrait développer celles avec Washington. Dans le domaine de l’armement, celles-ci restent pour l’heure limitées à l’acquisition promise d’appareils de patrouille maritime P-8 Poseidon.
Pour l’heure, le Rafale n’a pas encore enregistré de succès. Pour autant, l’appareil pourrait être acquis à une soixantaine d’exemplaire par les Emirats Arabes Unis, tandis que la Suisse, la Libye, la Grèce et le Brésil restent des clients potentiels.
jeudi 5 mars 2009
Budget chinois de défense : en augmentation de près de 15 %
Selon le porte-parole du 11ème Congrès du parti communiste chinois, le prochain budget de défense de Pékin sera de 70,2 milliards de dollars, soit 14,9 % de plus que celui de 2008 – qui représentait déjà 17,6 % d’augmentation comparativement à celui de 2007. Les dépenses de défenses formeraient ainsi 6,3 % des dépenses publiques chinoises.
Pratiquement cependant, certains analystes américains estiment que le budget est, en réalité, plus élevé, reprenant ainsi un discours qui avait cours durant la guerre froide, à l’égard de l’URSS. En 2008, ils indiquaient ainsi que le niveau réel devait se situer entre 97 et 139 milliards de dollars, compte tenu de programmes de recherche, de « black programs » voire de dépenses touchant à la « Seconde artillerie » (forces nucléaires stratégiques).
La question du volume du budget réel pour 2009 reste cependant posée. Certains commentateurs indiquent ainsi que la Chine va sans aucun doute être touchée de plein fouet par la crise économique globale, ce qui pourrait impacter négativement une série de budgets connexes à celui de la défense.
Pratiquement cependant, certains analystes américains estiment que le budget est, en réalité, plus élevé, reprenant ainsi un discours qui avait cours durant la guerre froide, à l’égard de l’URSS. En 2008, ils indiquaient ainsi que le niveau réel devait se situer entre 97 et 139 milliards de dollars, compte tenu de programmes de recherche, de « black programs » voire de dépenses touchant à la « Seconde artillerie » (forces nucléaires stratégiques).
La question du volume du budget réel pour 2009 reste cependant posée. Certains commentateurs indiquent ainsi que la Chine va sans aucun doute être touchée de plein fouet par la crise économique globale, ce qui pourrait impacter négativement une série de budgets connexes à celui de la défense.
lundi 12 janvier 2009
Corée du Sud : la marine poursuit son programme
Très dynamique, la marine sud-coréenne vient de se lancer dans une nouvelle phase de son développement. Si les observateurs n'ont pas manqué de pointer la récente commande de 6 sous-marins Type 214 (dotés d'une propulsion AIP) - qui viennent ainsi s'adjoindre aux 3 premiers exemplaires, commandés préalablement, Séoul a également commandé le premier exemplaire de sa nouvelle classe de frégate.
C’est fin, en effet, fin décembre que la DAPA (Defense Acquisition Program Administration) sud-coréenne a signé avec Hyundai un contrat portant sur la construction de la tête d’une nouvelle classe de frégates de 3 200 tonnes, dans le cadre du programme FFX et qui devra entrer en service en 2011. D’ici 2015, 6 de ces bâtiments aux formes furtives devront avoir été construites, en remplacement partiel des frégates de la classe Ulsan et des corvettes de la classe Pohang.
Certaines sources indiquent que de 24 à 27 navires pourraient, in fine, être construits d’ici 2020. Les bâtiments seront dotés d’une plateforme pour hélicoptère leur permettant d’accueillir 1 hélicoptère Lynx ; de système de défense rapprochés Goalkeeper ; d’un canon de 127 mm ; de missiles antinavires et d’une suite avancée de senseurs. En plus d’un radar 3D, la nouvelle frégate sera ainsi équipée d’un sonar à immersion variable, aura un équipage de 170 personnes et pourra manœuvrer à 32 nœuds.
Préalablement, la Corée du Sud s'était également lancé dans son nouveau programme de patrouillleur, classe Gomsokudri, également conçu dans l'optique de la lutte contre la marine nord-coréenne et disposant de capacités radars assez avancées. But du jeu : pouvoir disposer d'une capacité à gérer les essaims de patrouilleurs et vedettes de Pyongyang, tout en se dotant d'une aptitude à un combat littoral perçu comme rapide et particulièrement fluide. Dans cette architecture (et alors que Séoul renforce ses capacités de combat en haute mer, le premier grand destroyer King Sejong venant d'être déclaré opérationnel), les FFX joueront le rôle de "noyaux de puissance" au sein des nodes constitués par les nouveaux patrouilleurs.
C’est fin, en effet, fin décembre que la DAPA (Defense Acquisition Program Administration) sud-coréenne a signé avec Hyundai un contrat portant sur la construction de la tête d’une nouvelle classe de frégates de 3 200 tonnes, dans le cadre du programme FFX et qui devra entrer en service en 2011. D’ici 2015, 6 de ces bâtiments aux formes furtives devront avoir été construites, en remplacement partiel des frégates de la classe Ulsan et des corvettes de la classe Pohang.
Certaines sources indiquent que de 24 à 27 navires pourraient, in fine, être construits d’ici 2020. Les bâtiments seront dotés d’une plateforme pour hélicoptère leur permettant d’accueillir 1 hélicoptère Lynx ; de système de défense rapprochés Goalkeeper ; d’un canon de 127 mm ; de missiles antinavires et d’une suite avancée de senseurs. En plus d’un radar 3D, la nouvelle frégate sera ainsi équipée d’un sonar à immersion variable, aura un équipage de 170 personnes et pourra manœuvrer à 32 nœuds.
Préalablement, la Corée du Sud s'était également lancé dans son nouveau programme de patrouillleur, classe Gomsokudri, également conçu dans l'optique de la lutte contre la marine nord-coréenne et disposant de capacités radars assez avancées. But du jeu : pouvoir disposer d'une capacité à gérer les essaims de patrouilleurs et vedettes de Pyongyang, tout en se dotant d'une aptitude à un combat littoral perçu comme rapide et particulièrement fluide. Dans cette architecture (et alors que Séoul renforce ses capacités de combat en haute mer, le premier grand destroyer King Sejong venant d'être déclaré opérationnel), les FFX joueront le rôle de "noyaux de puissance" au sein des nodes constitués par les nouveaux patrouilleurs.
lundi 15 septembre 2008
Une petite info qui en dit long sur la dégradation des relations américano-pakistanaises
Pour la première fois, le Pakistan a fait décoller, le 14 septembre, ses chasseurs sur alerte afin de poursuivre un drone américain engagé au-dessus des régions tribales pakistanaise, qui a rompu immédiatement le contact.
La semaine précédente, le chef d’état-major pakistanais avait indiqué qu’il disposait des moyens nécessaires à « dissuader ces incursions ».
La semaine précédente, le chef d’état-major pakistanais avait indiqué qu’il disposait des moyens nécessaires à « dissuader ces incursions ».
mardi 22 juillet 2008
L'Afghanistan est-il perdu ?
La dernière interview de Gérard Chaliand, indiquant que "La victoire de l'OTAN en Afghanistan est impossible" fait pas mal de bruit et prête, en tous cas, à réfléchir. Sur le fond, son analyse est simple et limpide :
- nous n'avons pas suffisament investi le théâtre des opérations de 2002 à 2004-5 ;
- le dispositif pashtoune a eu le temps de se reconfigurer et de forger de nouveaux argumentaires légitimant - passant d'une vision néo-djihadiste à une vision de guerre de libération nationale ;
- ce nouveau dispositif ne peut emporter la victoire mais l'OTAN non plus ;
- il faut donc négocier.
Il y a donc de quoi réfléchir, sur plusieurs points. Premièrement, sur la perception que nous avons eu des opérations : on a trop souvent fait s'opposer, chez les membres de l'OTAN, "reconstruction" et "sécurisation" ou, en d'autres termes (disons en des termes plus politiques), "combat" et "humanitaire". C'est évidemment une ineptie : l'un ne peut aller sans l'autre, il existe une interpénétration absolue entre ces deux dimensions en contre-insurrection. Or, l'OTAN et ses Etats-membres n'ont pas su/pu/voulu voir à quel type d'opération nous avions affaire. La réponse était mauvaise dès le départ.
Deuxièmement, la notion de victoire reste décidément un référent obligé. Or, la victoire (entendue comme décisivie, nette, claire et tranchée) n'a aujourd'hui plus grand sens dans les conflits contemporains. Et tant qu'elle en aura encore un, la défaite l'aura également, délégitimant toute forme d'intervention militaire un tant soit peu "dure".
Troisièmement, la reconfiguration du dispositif pashtoune vers une base idéologique fondée sur la libération de l'oppresseur peut offrir des options politiques intéressantes - elle peut même induire à terme une certaine forme de coopération. Si, toutefois, nous comprenons et ils comprenent que nos objectifs respectifs devront être reconfigurés : respect de l'autonomie locale dans leur cas, refus du retour des djihadistes/d'AQ dans le nôtre. Comme le dit François, le timing sera particulièrement important et l'imposition d'un tel agenda est évidement lié aux classiques de la realpolitik - à savoir se mettre en position de force avant de négocier.
Quatrièmement, sur l'importance de l'Afghanistan. Nous ne pouvons nous retirer du pays, nous y sommes coincés (je n'aime pas le terme "piégés" car nous disposons d'une liberté de manoeuvre qui n'est pas si négligeable) par la géopolitique. "Arrière-cuisine" stratégique du Pakistan, l'Afghanistan pourrait bien être la porte d'entrée de la chute finale d'Islamabad - et de ses armes nucléaires - aux mains des barbus. Quitter la zone, de ce point de vue, serait une très mauvaise idée. Et ce, sans compter un "retour de flamme" d'AQ sur l'Afghanistan lui-même. C'est une idée que j'avais eu l'occasion de développer plus avant dans une série d'interviews pour le 24 Heures suisse et je pense que cette analyse reste valide.
Cinquièmement, G. Chaliand aborde également la notion de centre de gravité et isole le nôtre dans notre aversion pour les pertes. Cependant, elle semble beaucoup moins prégnante aux Etats-Unis qu'en Europe (et encore l'est-elle moins en France qu'en Belgique, par exemple). Est-ce véritablement un CDG ? Une faiblesse, certainement. Mais un CDG ? On peut être amené à se poser la question de savoir si, en l'absence d'une ligne européenne claire et congruente à la nature des opérations, le CDG ne devient pas naturellement nos sources de faiblesses. J'avais plutôt eu tendance à voire "le zéro/moindre mort" comme un trait culturel, quelque chose qui se situerait en dehors de la mécanique de la stratégie théorique. Mais ce basculement entre "faiblesse des objectifs" et "faiblesses comme CDG" me pose question. Ce basculement me semble a priori - mais ça demande plus de réflexion - intimement lié aux catégories d'argumentaires légitimant les opérations. Sans doute pas tant au plan des populations civiles européennes d'ailleurs qu'au plan politique lui-même.
En conclusion, nous sommes condamnés à devoir effectuer une "stabilisation musclée" de l'Afghanistan. Refuser de le faire, c'est nier à la fois les fondements de la stratégie mais aussi ceux de la politique, en s'exposant à avoir fait beaucoup d'efforts - nonobstant leur insuffisance patente - pour rien, voire pour pire.
- nous n'avons pas suffisament investi le théâtre des opérations de 2002 à 2004-5 ;
- le dispositif pashtoune a eu le temps de se reconfigurer et de forger de nouveaux argumentaires légitimant - passant d'une vision néo-djihadiste à une vision de guerre de libération nationale ;
- ce nouveau dispositif ne peut emporter la victoire mais l'OTAN non plus ;
- il faut donc négocier.
Il y a donc de quoi réfléchir, sur plusieurs points. Premièrement, sur la perception que nous avons eu des opérations : on a trop souvent fait s'opposer, chez les membres de l'OTAN, "reconstruction" et "sécurisation" ou, en d'autres termes (disons en des termes plus politiques), "combat" et "humanitaire". C'est évidemment une ineptie : l'un ne peut aller sans l'autre, il existe une interpénétration absolue entre ces deux dimensions en contre-insurrection. Or, l'OTAN et ses Etats-membres n'ont pas su/pu/voulu voir à quel type d'opération nous avions affaire. La réponse était mauvaise dès le départ.
Deuxièmement, la notion de victoire reste décidément un référent obligé. Or, la victoire (entendue comme décisivie, nette, claire et tranchée) n'a aujourd'hui plus grand sens dans les conflits contemporains. Et tant qu'elle en aura encore un, la défaite l'aura également, délégitimant toute forme d'intervention militaire un tant soit peu "dure".
Troisièmement, la reconfiguration du dispositif pashtoune vers une base idéologique fondée sur la libération de l'oppresseur peut offrir des options politiques intéressantes - elle peut même induire à terme une certaine forme de coopération. Si, toutefois, nous comprenons et ils comprenent que nos objectifs respectifs devront être reconfigurés : respect de l'autonomie locale dans leur cas, refus du retour des djihadistes/d'AQ dans le nôtre. Comme le dit François, le timing sera particulièrement important et l'imposition d'un tel agenda est évidement lié aux classiques de la realpolitik - à savoir se mettre en position de force avant de négocier.
Quatrièmement, sur l'importance de l'Afghanistan. Nous ne pouvons nous retirer du pays, nous y sommes coincés (je n'aime pas le terme "piégés" car nous disposons d'une liberté de manoeuvre qui n'est pas si négligeable) par la géopolitique. "Arrière-cuisine" stratégique du Pakistan, l'Afghanistan pourrait bien être la porte d'entrée de la chute finale d'Islamabad - et de ses armes nucléaires - aux mains des barbus. Quitter la zone, de ce point de vue, serait une très mauvaise idée. Et ce, sans compter un "retour de flamme" d'AQ sur l'Afghanistan lui-même. C'est une idée que j'avais eu l'occasion de développer plus avant dans une série d'interviews pour le 24 Heures suisse et je pense que cette analyse reste valide.
Cinquièmement, G. Chaliand aborde également la notion de centre de gravité et isole le nôtre dans notre aversion pour les pertes. Cependant, elle semble beaucoup moins prégnante aux Etats-Unis qu'en Europe (et encore l'est-elle moins en France qu'en Belgique, par exemple). Est-ce véritablement un CDG ? Une faiblesse, certainement. Mais un CDG ? On peut être amené à se poser la question de savoir si, en l'absence d'une ligne européenne claire et congruente à la nature des opérations, le CDG ne devient pas naturellement nos sources de faiblesses. J'avais plutôt eu tendance à voire "le zéro/moindre mort" comme un trait culturel, quelque chose qui se situerait en dehors de la mécanique de la stratégie théorique. Mais ce basculement entre "faiblesse des objectifs" et "faiblesses comme CDG" me pose question. Ce basculement me semble a priori - mais ça demande plus de réflexion - intimement lié aux catégories d'argumentaires légitimant les opérations. Sans doute pas tant au plan des populations civiles européennes d'ailleurs qu'au plan politique lui-même.
En conclusion, nous sommes condamnés à devoir effectuer une "stabilisation musclée" de l'Afghanistan. Refuser de le faire, c'est nier à la fois les fondements de la stratégie mais aussi ceux de la politique, en s'exposant à avoir fait beaucoup d'efforts - nonobstant leur insuffisance patente - pour rien, voire pour pire.
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jeudi 17 juillet 2008
Réchauffement irano-américain
Le dossier iranien se réchauffe peu à peu, pour certains commentateurs, on se dirige même vers une sortie de crise. L'affaire est néanmoins complexe et pas mal d'hypothèses peuvent être dégagées. C'est l"occasion d'une petite interview à écouter sur Radio Méditerranée International dans le courant de la journée.
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Précision sur l'arsenal nucléaire chinois
La dernière édition du Bulletin of the Atomic Scientists compte notamment un article de la FAS sur l'état de l'arsenal nucléaire chinois, indiquant que Pékin dispose d'environ 176 charges nucléaires. A lire ici.
jeudi 26 juin 2008
Corée du Nord : ça progresse
Pyongyang a remis à la Chine les très attendus documents portant sur son programme nucléaire et permettant de le cerner un peu mieux. L'occasion d'une petite interview sur BFM-radio (Belgique) qui devrait passer dans le courant des prochains journaux.
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samedi 10 mai 2008
Chronique des jours qui passent
Il s'appelait Michael Batthia, il vient d'être tué en Afghanistan. Certes, ce pourrait être un nom comme un autre sur la liste de ceux qui ont été tués au combat. Je ne le connaissait pas. La seule différence entre lui et un soldat "traditionnel" est qu'il était académique - il préparait sa thèse et était chercheur en relations internationales à la Brown University et envoyé en mission sur place.
Il indiquait, à l'égard de ses recherches en Afghanistan, que "The program has a real chance of reducing both the Afghan and American lives lost, as well as ensuring that the US/NATO/ISAF strategy becomes better attuned to the population’s concerns, views, criticisms and interests and better supports the Government of Afghanistan".
L'occasion de rappeler à certains - si, si, il y en a - que le fer de lance d'une opération militaire reste la stratégie et que les académiques ne sont pas uniquement des rats de bibliothèques boutonneux, coincés dans leurs bouquins, n'ayant aucune connaissance du terrain et envoyant d'autres humains dans des opérations dont ils ne connaîtraient rien.
Il indiquait, à l'égard de ses recherches en Afghanistan, que "The program has a real chance of reducing both the Afghan and American lives lost, as well as ensuring that the US/NATO/ISAF strategy becomes better attuned to the population’s concerns, views, criticisms and interests and better supports the Government of Afghanistan".
L'occasion de rappeler à certains - si, si, il y en a - que le fer de lance d'une opération militaire reste la stratégie et que les académiques ne sont pas uniquement des rats de bibliothèques boutonneux, coincés dans leurs bouquins, n'ayant aucune connaissance du terrain et envoyant d'autres humains dans des opérations dont ils ne connaîtraient rien.
mercredi 2 avril 2008
Sommet de Bucarest et question afghane
La vidéo de mon passage sur Mint ce matin est disponible juste ici.
Et vous pensiez sans doute que je n'avais rien à dire ? ;o) Certes, le positionnement à l'égard de l'Afghanistan apparaîtra somme toute brutal - en indiquant qu'il faut y rester, je ne me ferai certainement pas que des amis, une question sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir. Toutefois, en guise d'apéritif - même s'il est un peu tôt - posons-nous quelques questions :
Et vous pensiez sans doute que je n'avais rien à dire ? ;o) Certes, le positionnement à l'égard de l'Afghanistan apparaîtra somme toute brutal - en indiquant qu'il faut y rester, je ne me ferai certainement pas que des amis, une question sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir. Toutefois, en guise d'apéritif - même s'il est un peu tôt - posons-nous quelques questions :
- Un Etat effondré - sanctuaire de je ne sais quels mouvements qui nous sont intrinsèquement hostiles - à proximité du Pakistan est-il désirable ?
- A-t'on intérêt à voir le Pakistan tomber en de plus mauvaises mains qu'il ne l'est actuellement ?
- Les Etats-Unis ont-ils suffisament intégré la "culture du COIN" de sorte qu'ils seraient seuls en mesure d'obtenir un succès politique sur la zone ?
- L'ANA est-elle pour l'instant en mesure de faire face, seule, à une COIN dans les zones les plus "chaudes" du pays ?
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Terrorisme
dimanche 30 mars 2008
Mission accomplie ?
La nouvelle permet de terminer le week-end sur une note optimiste : Moqtada Sadr à indiqué dans un communiqué que "Nous voulons que les Irakiens arrêtent de verser le sang, et qu'ils défendent l'indépendance et la stabilité du pays et pour cela, nous avons décidé de nous retirer des rues de Bassorah et d'autres provinces".
Concrètement, les membres de l'armée du Mahdi sont ainsi invités à un cessez-le-feu, une bonne nouvelle a priori, alors que Bassorah connaît des combats depuis le 25 mars. Cependant, force est aussi de constater que ledit cessez-le feu apparaît comme fragile. Certes Sadr fait face à la pression combinée des forces britanniques, US (des forces spéciale ont été engagées) et irakiennes. Mais, surtout, Sadr doit gérer des dissentions internes à son mouvement. De ce point de vue, son communiqué pourrait n'être qu'une pause tactique permettant de regrouper ses forces et de les réarticuler.
Reste, toutefois, la possibilité que Sadr soit en train d'accepter les "règles du jeu" démocratique et qu'il cherche maintenant à augmenter son pouvoir non plus par les armes mais par des moyens d'influence. La bataille s'engagerait alors non plus tant sur le versant militaire des opérations que sur celui de la légitimité, sociale, économique et politique.
La situation est donc encore très loin d'être réglée - les "batailles de légitimation" peuvent aussi dégénérer en "batailles tout court".
Concrètement, les membres de l'armée du Mahdi sont ainsi invités à un cessez-le-feu, une bonne nouvelle a priori, alors que Bassorah connaît des combats depuis le 25 mars. Cependant, force est aussi de constater que ledit cessez-le feu apparaît comme fragile. Certes Sadr fait face à la pression combinée des forces britanniques, US (des forces spéciale ont été engagées) et irakiennes. Mais, surtout, Sadr doit gérer des dissentions internes à son mouvement. De ce point de vue, son communiqué pourrait n'être qu'une pause tactique permettant de regrouper ses forces et de les réarticuler.
Reste, toutefois, la possibilité que Sadr soit en train d'accepter les "règles du jeu" démocratique et qu'il cherche maintenant à augmenter son pouvoir non plus par les armes mais par des moyens d'influence. La bataille s'engagerait alors non plus tant sur le versant militaire des opérations que sur celui de la légitimité, sociale, économique et politique.
La situation est donc encore très loin d'être réglée - les "batailles de légitimation" peuvent aussi dégénérer en "batailles tout court".
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