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mercredi 17 novembre 2010

L'arc et la croix

Juste une réflexion en passant : "l'arc des crises" est un lieu commun, qui part grosso modo du Maghreb pour atterrir quelque part en Asie centrale. Je crois que l'expression est inappropriée, ou plus exactement incomplète.

Il en existe un autre, qui part du Caucase, qui recoupe le premier au niveau du Moyen Orient, qui se poursuit dans la péninsule arabique et qui se termine quelque part du côté du Kénya. Une "croix des crises", en somme...

mardi 2 mars 2010

4 Mistral pour la Russie et du gaz russe pour la France

C’est le 1er mars, au cours de la visite de 3 jours du président russe Dmity Medvedev en France, que plusieurs avancées ont été faites sur le développement des relations franco-russes.

Premièrement, GDF prendra 9 % des actions du gazoduc Nordstream de Gazprom, de sorte que la France recevra 1,5 milliard de mètres cubes de gaz russe à partir de 2015.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a confirmé que la France était engagée dans « des négociations exclusives » sur la vente de 4 BPC Mistral à la Russie, dont deux seraient construits en France, les deux autres l'étant en Russie.

La Lettonie, la Lituanie et la Pologne ont par ailleurs exprimé leur inquiétude à l’endroit de la vente.

vendredi 29 mai 2009

Base aux Emirats, quelques commentaires

La masse de travail étant ce qu'elle est pour l'heure, je n'avais peu eu l'occasion de revenir plus avant sur la question de la nouvelle base française aux Emirats, sur laquelle RMC puis Radio Mediterranée International avaient eu l'occasion de m'interviewer, en début de semaine. Voici, grosso modo, quelques commentaires sur la question.

C’est le 26 mai que le président Sarkozy a officiellement inauguré la base française d’Abu Dhabi, connue sous le nom d’Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU). Accompagné par le ministre des affaires étrangères, celui de la défense et le CEMA, le président a rappelé l’importance géopolitique de la région.

Concrètement, « la base » est répartie sur trois sites : une base navale à Mina Zayed, une base aérienne (où 3 appareils sont stationnés depuis septembre 2008) à Al Dhafra et une base destinée aux forces terrestres (comprenant un centre d’entraînement aux opérations désertiques) à Zayed. Au total 500 hommes devraient être positionnés en permanence à Abu Dhabi. Au-delà du fait, la base recouvre plusieurs enjeux majeurs :

- L’enjeu géostratégique d’abord. La base permet, évidemment, de verrouiller l’Iran – situé à 225 km – mais, surtout, le détroit d’Ormuz, que le Shah d’Iran qualifiait justement de « veine jugulaire de l’Occident » dans un contexte où l’Europe est, comparativement aux Etats-Unis, plus dépendante du pétrole du Golfe. Elle constitue, en outre, l’extrémité ouest de la zone d’intérêt stratégique prioritaire que la France définissait dans le dernier Livre blanc et qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien en passant par la Méditerranée ;

- L’enjeu militaire. Avec l’IMFEAU, c’est la zone de l’océan Indien à proprement parler tend dès lors à renforcer son poids relatif. Or, cette zone (y compris le Golfe) est également celle où la majeure partie des croisières du Charles de Gaulle a été menée. La base des Emirats représente ainsi un facteur de persistance régionale – voire de compensation au deuxième porte-avions. A ce stade, si elle n’a évidemment pas les caractéristiques d’un porte-avions (fixe et non mobile, donc plus vulnérable) et que la compensation est symbolique, elle apporte aussi d’autres avantages que le porte-avions : elle peut accueillir bien plus que 30 appareils de combat (qui pourraient, à terme, être bien plus intégrés au dispositif réseaucentrique émirien) et permet de mettre en œuvre… des forces terrestres ;

- L’enjeu d’influence. Là où elle est installée, la France collabore activement et quasi-quotidiennement avec les forces locales, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis, où la coopération avec les forces du cru est plus formelle et donc moins souple. La base s’insère ainsi dans un dispositif d’influence plus large, comprenant l’extension quatariote de St Cyr, les extensions dans le Gole arabo-persique de la Sorbonne ou du Louvre ou encore, de façon plus diffuse, les acquis de la présidence Chirac en matière de politique arabe ;

- L’enjeu commercial, sur lesquels les médias se sont beaucoup focalisés mais qui ne constitue qu’une extension de l’enjeu d’influence. La base est destinée à devenir la vitrine des forces françaises dans un Moyen Orient où l’Iran fait peur et où les vannes budgétaires de défense sont à nouveau ouvertes. Or, la France est loin d’avoir les parts de marché dans la région qu’elle a pu avoir précédemment. En fait, les conditions ont changé : on n’achète plus de matériel sur base de leurs performances mais bien sur base de l’influence politique du vendeur. Comment, sinon, expliquer le succès du F-35 alors même qu’aucun exemplaire n’a encore volé là où la communication de Dassault est axée sur un Rafale « combat proven » ? Comment expliquer autrement que par l’influence que les Emirats achètent des C-17 et des C-130J en quelques mois – et sans avoir l’argent nécessaire – là où Paris est engagé depuis plusieurs années dans les négociations portant sur les Rafale ? En cherchant à se porter garante de la sécurité de la région, la France acquiert ainsi de l’influence qui, en retour, doit ouvrir les portes de la signature des contrats ;

- Enfin, l’enjeu politique n’est pas mince et il est double. Premièrement, la France ouvre, pour la première fois depuis 50 ans, une base militaire à l’étranger – un élément que n’ont pas manqué de souligner les médias américains. Ce qui tombe plutôt bien car Paris est, avec Washington, la seule capitale à entretenir de grandes bases à l’étranger (le dispositif britannique n’étant plus que l’ombre de ce qu’il était encore dans les années 1970). Le message politique aux Etats-Unis – mais peut être aussi auix Européens en général et aux Britanniques en particulier – consiste, dès lors, à montrer que la puissance française n’est pas morte. Ce qui, deuxièmement, a un véritable impact en matière de politique intérieure française. On se souvient que les réactions des militaires à la parution du dernier LBDSN avaient été plutôt froides. La base, de ce point de vue, est également une façon de faire bomber le torse à l’armée, lui rappelant que la France conserve des ambitions globales, en dépit d’une réforme douloureuse…

mercredi 11 février 2009

Docs en stock : les interventions de la conférence de Munich

La Conférence annuelle sur la sécurité de Munich est "ze place to be" en matière de relations internationales. Evidemment, il ne faut jamais s'attendre à entendre des déclarations fracassantes ou y voir émerger des révolutions politiques. Toutefois, ces conférences sont très indicatives de l'ambiance sécuritaire internationale.

Or, les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre en ligne les différentes interventions, comprenant notamment celles de Joseph "Soft Power" Nye ou du énéral Petraeus. A lire ici.

lundi 8 septembre 2008

Retours aux classiques de la géostratégie

La Russie semble sur le point de renforcer considérablement ses liens militaires avec le Vénézuela, dépassant de loin les ventes d'armes déjà effectuées ou encore en cours de négociation. On a ainsi appris que Moscou envisageait de baser des appareils de patrouille maritime à long rayon d'action au Venezuela mais aussi que la marine russe devrait effectuer une croisière vers le pays au mois de novembre, comprenant notamment un croiseur nucléaire de classe Ushakov.

L'ensemble témoigne d'une géostratégie complexe de la part de Moscou. Si Cuba avait refusé que soient basé dans l'île des bombardiers russes - après que Moscou eut pris ombrage de la signature de l'accord américano-polonais sur les ABM et qu'un général russe ait évoqué cette possibilité - le Venezuela constitue une bonne base arrière pour Moscou :

- Elle est ainsi en mesure de parasiter le travail des marines de l'OTAN opérant dans le cadre de missions anti-narcotiques dans la zone, notamment depuis les Antilles néerlandaises et ainsi de manifester visiblement sa présence ;

- Elle dispose d'un bon prétexte à la modernisation de bases aériennes qui pourraient servir dans le cadre de manoeuvres de crise ultérieures. Les Il-38 May et Tu-142 Bear nécessitent en effet de longues pistes... tout comme les bombardiers Tu-95 et Tu-160. Moscou élargit donc son enveloppe d'options stratégiques dans la région et peut jouer sur la crainte d'un positionnement à long terme dans une zone que les Américains, avec la recréation de la 4ème Flotte, entendent dominer ;

- L'installation pérenne d'appareils de patrouille maritime peut "couvrir" le Venezuela pendant la période de montée en puissance de ses forces sous-marines, cherchant ainsi à dissuader les Etats-Unis d'une frappe préemptive - que Caracas estime réelle - contre les capacités venezuéliennes ;

- Ultimement, Moscou poursuit sont travail d'encerclement stratégique d'une Europe qui reste l'enjeu majeur de ses ambitions actuelles. Une nouvelle croisière du groupe aéronaval du Kuzntesov jusqu'à Tartous (Syrie) et la mer Noire était ainsi envisagée. A une échelle plus globale, on notera également que le nouveau White paper japonais a été présenté hier et s'inquiète de l'augmentation rapide du nombre d'exercices menés par les forces aériennes et navales russes (y compris de SNA) à proximité de ses eaux territoriales et de son espace aérien.

vendredi 9 mai 2008

L'Italie a rejoint l'EGUERMIN

Un MoU a été signé avec la marine italienne, lui permettant d'utiliser l'Ecole de guerre des mines (EGUERMIN), une structure mise en place dans le cadre de l'ABNL (Amiral Benelux) et qui formait jusque là les spécialistes néerlandais et belges.

Comparaison n'est évidemment pas raison et il faut se garder de tirer des conclusions hâtives. Mais, honnêtement, ce genre de petites structures, certes très spécialisées, si elles développent de telles adhésions "à la carte" (et où les adhérents doivent respecter des conditions bien précises et qui leurs sont antérieures), seront sans doute bien plus bénéfiques pour une véritable défense européenne que tous les discours sur les ancrages européens ou atlantistes de tel ou tel pays.

On pourrait même aller encore plus loin dans l'analyse : le niveau politique étant le principal facteur de blocage d'une véritable PESD (soyons sérieux : si nous allons en ordre dispersé au Liban en 2006, c'est précisément parce que la PESD n'est pas opérationnelle (1)), c'est "par le bas", aux niveaux tactique et de la formation, qu'il faut agir, en sortant du cadre UE et en là jouant bilatéral... pour mieux y revenir. Pourquoi pas dans le cadre d'une coopération renforcée ?

(1) L'affirmation pourrait sembler bien pessimiste et, surtout, ne prendrait pas en compte les opérations actuelles et passées menées dans son cadre. Mais, franchement, presque 10 ans après Cologne, quelles sont les réalisations concrètes ? Travaille-t-on au jour le jour avec un vrai état-major ? Non. Fait-on appel à tous ces QG conçus pour servir la PESD ? Non. Est-on capable de réellement coordonner nos efforts en mer ? Non. Avons-nous une politique spatiale réellement coordonnée au plan UE ? Non. Le centre de Torrejon, transféré de l'UEO à l'UE, travaille-t-il à plein ? Non. Derrière les effets d'annonce politiques se cachent l'inaction et la non-activation de nos structures par les mêmes politiques qui étaient si fiers des accords obtenus. C'est peut-être, donc, qu'il est temps de changer les méthodes et de ne pas chercher à mettre la cheminée sur le toit alors que les fondations de la maison sont à peine bétonnées...

samedi 26 avril 2008

Une nouvelle flotte pour la Navy

L'USN a mis en place - ou, plutôt, réactivé - la 4ème Flotte. Sa responsabilité géographique couvrira les Caraïbes et l'Amérique latine, se focalisant essentiellement sur des missions contre-narcotiques, de gestion des flux de réfugiés mais aussi de diplomatie navale.

Désactivée en 1950 (alle avait alors la responsabilité de l'Atlantique sud), la 4ème flotte sera commandée par Joseph Kernan, actuel commandant du Naval Special Warfare Command de la Navy et Navy SEAL.

vendredi 29 février 2008

"Think EU"...

"So I am here today in Paris to say that we agree with France – Europe needs, the United States needs, NATO needs, the democratic world needs – a stronger, more capable European defense capacity". C'est l'une des petites phrases prononcée par Victoria Nuland, ambassadrice des Etats-Unis à l'OTAN, le 22 février au Press Club de Paris. Quelques autres :

- "one of the most important things French leaders can do for global security is to strengthen and build the capacities of the EU" - non, ce n'est pas une blague, les Américains semblent sortir du paradigme Albright (pas de duplication, etc.) ;

- "our first stop is often at the European Union. Of course to the 27 member states but increasingly to the institution itself"

- "in Chad the EU is discovering that even to conduct a relatively modest peace support operation, you need desert capable helicopters, long range transport aircraft, you need sophisticated intelligence, surveillance and reconnaissance assets and modern interoperable communications equipment" ;

- "President Sarkozy is right – "NATO cannot be everywhere"" ;

- "we need a stronger EU" ;

- "Europe needs a place where it can act independently, and we need a Europe that is able and willing to do so in defense of our common interests and values" ;

- Cerise sur le gâteau qu'appréciera Londres, "But If Washington and Lafayette could join forces to drive off the red coats".

Un sous-entendu désagréable - ou est-ce moi qui ne suis pas très en forme ce vendredi - se dégage toutefois : faute d'avoir investi suffisament en leurs capacités au profit de l'OTAN, les Européens sont-ils renvoyés à leurs propres paturages, dans un remake du "grandissez d'abord, évitez de transformer les instances OTAN en zone de bataille politique et, ensuite, nous pourrons travailler" sous couvert d'une plus grande ouverture à l'institution européenne ?

jeudi 25 octobre 2007

Spill-over

En sciences po' un conflit fait du spill over lorsqu'il se déroule quelque part mais connait une reproduction, ou a tout le moins des ramifications ailleurs. Ca a été le cas à Bruxelles hier soir (et avant-hier) lorsque des groupes ont "manifesté" (sans banderoles ni slogans) contre le PKK. Bilan des opérations, des vitrines cassées, quelques blessés, des trams et des bus visés et une belle partie - façon de parler - de guérilla urbaine avec une centaine d'arrestations à la clé le tout à 100 m de mon appartement. Dans une situation de mondialisation, ce genre de situation est virtuellement inévitable. Malheureusement, ce genre d'importation de conflits ne pourra que se reproduire.

Mon soutien aussi à Mehmet Koksal, journaliste indépendant (dans tous les sens du terme) qui s'est fait agresser (tabasser est plus exact) alors qu'il effectuait un reportage. La police ne l'a évacué qu'après qu'il ait quitté la zone, une policière refusant d'ouvrir sa portière de voiture pour l'extraire. Très courageux.

jeudi 27 septembre 2007

La Géorgie augmente ses dépenses militaires

...Et ce, de façon significative. Dans le contexte des tensions avec Moscou, le parlement géorgien a donné son accord à une augmentation de plus de 25% du budget militaire, le faisant passer à 723 millions de dollars, représentant 7,2% du PIB national. Plus tôt, Tbilissi avait autorisé une augmentation des effectifs de l'armée, cette dernière passant de 28 000 à 32 000.

Cette évolution est conçue, selon les officiels géorgiens, dans l'optique d'une accélération des efforts destinés à permettre à la Géorgie de rejoindre l'OTAN, tout en améliorant les capacités défensives de l'armée.

jeudi 20 septembre 2007

Cette fois, c'est la fin...

J'ai pensé à appeler ce post "chronique d'un fascisme émergent". Je n'en ai pas le coeur...

(Source : DH) : Des P.-V. pour les non-Flamands
(20/09/2007)
La police de Zaventem traumatise les non-néerlandophones de la commune
ZAVENTEM Mario, 11 ans, nettoyait, le 9 septembre, la voiture de ses parents à Woluwe-Saint-Étienne, située sur le territoire de Zaventem, quand deux agents de police néerlandophones lui ont signifié, en flamand, que la voiture, garée à moitié sur le trottoir, devait bouger. Le garçon, Italien d'origine, n'a pas compris. Il va à l'école européenne, comprend donc l'anglais, le français et l'italien... mais pas le néerlandais. Quelques secondes plus tard, il arrive en pleurant chez sa mère, qui va voir dehors ce qui se passe, passablement énervée que des agents de quartier se permettent d'effrayer son fils.
Mais Mme Grazioso, Italienne elle aussi, et par ailleurs employée comme son mari à la Commission européenne, ne comprend pas plus le flamand que son fils ou que son mari. "Nous n'en avons pas besoin et nous parlons dans notre maison la langue que nous voulons...", expliquent-ils logiquement.
Les deux policiers leur expliquent alors que s'ils ne bougent pas leur voiture dans les cinq minutes, ils ont une amende. Et leur demandent pourquoi, en 11 ans d'existence à Zaventem, ils n'ont jamais appris le néerlandais. "Si je vais en Italie, j'apprends l'italien", lance l'un d'entre eux. "Mais jamais on ne vous demandera d'apprendre le napolitain à Naples" , lui rétorque la dame. S'ensuit un débat linguistique qui n'est pas pour plaire à Mme Grazioso. Mais le mari calme la situation, bouge la voiture et les deux agents finissent par s'en aller, laissant là le couple sous le choc et leur petit garçon en pleurs.
Leur amende est arrivée hier, estimée entre 200 et 2.000 euros. La même est parvenue au voisin, qui lui aussi était mal parqué ce jour-là. Sauf que... la police détaille par écrit l'aventure au voisin, qualifiant Mme Grazioso d'hystérique. "Un comble, s'exclame-t-elle. Nous avons la certitude que ce P.-V. nous punit de notre faible niveau en néerlandais. C'est totalement aberrant. Nous sommes des ressortissants européens ! Et depuis, notre fils n'ose plus aller dehors, de peur de tomber à nouveau sur la police qui l'a traumatisé !"

lundi 17 septembre 2007

France : retour au classicisme diplomatique ?

En indiquant le 16 septembre qu’à l’égard de l’Iran, qu’il fallait « se préparer au pire » soit « à la guerre », le ministre français des affaires étrangères renouait – sur fond de mini-polémique quant à la dureté de propos – avec la conception classique de la diplomatie. En l’occurrence, ce « modèle classique » impose de se mettre en position de force avant la conduite d’une négociation. Aussi, si plusieurs observateurs interpréteront ce positionnement comme tel, il intervient également après la prise de position allemande, à l’époque de Gerhard Schröder, indiquant que toute option impliquant la force était écartée.

Sa déclaration avait alors été critiquée par une partie de la communauté des experts, indiquant que le chancelier allemand minait la crédibilité des pressions exercées ou planifiées à l’égard de Téhéran. Kouchner, de ce point de vue, pourrait avoir remis les Européens en piste, le ministre indiquant cependant dans la foulée de sa déclaration que la diplomatie restait « la meilleure option » et que « l’armée française n’est pas pour le moment associée à quoi que ce soit ni à aucune manoeuvre que ce soit ».

On se rappellera néanmoins que les dernières manœuvres Agapanthe, impliquant le porte-avions Charles de Gaulle, s’étaient déroulée dans le Golfe persique et qu’elle ont participé, non-officiellement bien sûr, d’une certaine pression sur Téhéran.

Dans le même temps, l’intervention du ministre des affaires étrangères se produit peu après une suite de déclarations portant sur le retour du Moyen Orient dans la logique diplomatico-militaire française. Après la visite en Irak du ministre des affaires étrangères et le discours aux ambassadeurs du Président de la République, le ministre français de la défense indiquait dans son discours de clôture des Universités d’été de la Défense que la région constituait la seconde priorité géographique de la France, après l’Europe.

Reste, toutefois, que le retour français sur la scène moyen-orientale se produit aussi dans un contexte de questionnements intra-européens alors que, justement, Paris entend mettre l’Europe en ordre de marche face à Téhéran. En effet, poursuivant sur sa lancée en faveur d’une Europe de la défense, la rencontre du 10 septembre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel a notamment porté sur la coopération allemande à la dissuasion nucléaire française… et le Français d’essuyer un refus.

On le comprendra, le dossier iranien, en plus d’être un test pour la nouvelle posture diplomatique française, pourrait également en être un pour les efforts de Sarkozy en faveur d’une PESD mais aussi pour l’évolution future des relations franco-allemandes, pour une relation franco-américaine en pleine reconfiguration (sans toutefois que l’on ne puisse parler d’alignement sur Washington, ce qui semble très excessif) mais aussi pour un rapprochement avec la Grande-Bretagne qui semble absolument indispensable à toute PESD « remusclée ».

jeudi 13 septembre 2007

Passer outre la censure chinoise ?

Le schizodoxe vient de faire paraître une analyse du système chinois de censure informatique. Résultat de l'analyse ? Il peut être contourné par l'inventivité, renforçant la lutte contre le régime pour le moins autoritaire de Pékin qui mène une véritable guerre contre le savoir... Disons, contre celui qui n'est pas instrumental...

samedi 8 septembre 2007

Colloque : les défenses antimissiles

Le Club Participation & Progrès, en partenariat avec DSI, T&A, Air & Cosmos et Défense Nationale, organise le 15 octobre prochain à Paris (Ecole Militaire, Amphithéâtre de Bourcet) un colloque sur les défenses antimissiles.

L'occasion aussi pour les membres du RMES de s'exprimer :

- Alain De Neve (IRSD), "L'Europe peut-elle, au-delà de ses programmes antimissiles de théâtre, se doter d'une défense antimissile de territoire?"
- André Dumoulin (ERM) : "Défense antimissiles : qui parle au nom de l'Europe?"
- Joseph Henrotin (CAPRI), "Rendre les défenses inefficaces ? Techniques et tactiques anti-ABM"

Vous pouvez consulter l'ensemble du programme. Les demandes d'information et les inscriptions sont à envoyer à l'adresse suivante : club.participation-progres@wanadoo.fr.

jeudi 6 septembre 2007

La politique étrangère de l'Administration Bush

J'avais déjà eu l'occasion d'en parler, Tanguy Struye a fait paraître son nouvel ouvrage. En l'occurrence, son introduction est disponible sur le site de Peter Lang, son éditeur - en fait, juste ici - de même que sa table des matières. L'ouvrage lui-même peut être commandé sur le même site, mais cette fois ici.

Ayant toujours en tête la profonde connaissance qu'a Tanguy des Etats-Unis (ça nous changera de certains "analystes"...), il me tarde de lire son travail.

Quel dimensionnement pour la Marine nationale ?

Courant juillet, les interrogations sur le prochain Livre Blanc et la préparation du n°7 de Technologie & Armement (vous pouvez le commander ici) m'avaient amené à réfléchir sur le dimensionnement de la Marine nationale (FR), en partant de l'hypothèse qu'à budget constant, la Royale ne pourrait être dotée en temps et en heure de tous les bâtiments attendus. Nos lecteurs se souviendront que deux scénarios avaient été dressés, dont l'un envisageait une réduction sensible du nombre de frégates.

L'article a été lu par les membres du forums Géostratégique.net, avec qui je me suis mis à dialoguer. Après autorisation de leur part, je retranscris ici ces échanges, dans la mesure où ils permettent d'approfondir l'article :

Artheval : Joseph Henrotin expose deux scénarios possibles (je ne fais que paraphraser le dernier Technologie et Armement) : -Premier cas : Une configuration d'indépendance totale, avec une marine centrée sur la protection des lignes de communication maritime : Le PA2 passerait à la trappe (c'est peu probable maintenant qu'on a acheté les catapultes et que les brittaniques ont commandé leurs CVF) Les SNA Suffren seraient réduits de plusieurs unités, et les frégates classe Aquitaine (FREMM) seraient maintenues autant que possible ainsi que les La Fayette. On conserverait aussi les BPC et TCD. Il ne mentionne pas les FREDA. -Second cas : Configuration plus ambitieuse de projection permanente : On construit le PA2, on mène jusqu'au bout le programme Suffren éventuellement avec un ou deux unités en moins. mais on réduit le nombre de FREMM AVT et on conserve le reste des frégates existantes et les navires amphibies. Ici, l'escorte de nos capital ships serait assurée par nos forces mais aussi évnetuellement par des navires de voisins de l'UE, les batiments d'escorte étant en surnombre au niveau de l'Europe. Bref, c'est plutot pessimiste, mais peut-être réaliste vu les déclarations d'Hervé Morin qui annonce que l'Armée va devoir se serrer la ceinture. (il dit en même temps qu'on se maintiendra à 2% du PIB... ce qui voudrait dire augmenter l'effort de défense par rapport à aujourd'hui... décidemment, notre ministre est très cohérent).

Moi : Effectivement, je suis assez pessimiste. En fait, deux problèmes se posent : 1) le "autour de 2%" : plus ou moins que le 2% ? et 2) le fait qu'à budget constant, nous sommes déjà au-dessus de nos moyens : les commandes effectuées dépassent déjà de plus de 20 milliards (au minimum, certains évoquent le double) ce que l'on peut s'offrir dans le cadre budgétaire actuel. D'où de gros dilemmes, sachant que des programmes terre et air peuvent, au mieux, être rabottés et que le fruit de ces rabottages n'ira certainement pas à la marine mais... à une résorption des fameux 20 milliards. Maintenant, côté catapultes et commande brit, ça ne signifie rien. Par exemple, si nous avons rachetés les plans ou fait des clins d'oeil, la possibilité reste que nous fermions la porte. La vraie question est de savoir si, à un déficit de 20 milliards, il faut ajouter 2,5 de plus pour un bâtiment qui ne sera opérationnel que lorsque le CDG sera immobilisé, sachant qu'il faudra aussi réentraîner tout un équipage sur un navire très différent (et 20 ans plus jeune dans sa conception). D'où la 2ème hypothèse que j'ai tendance à défendre : la valeur d'une marine aujourd'hui, c'est d'influencer les crises au sol. C'est là qu'elles se passent, le paradigme de la bataille décisive en haute mer, nous l'avons dépassé depuis longtemps. Jouons-là "à la britannique" : prenons le 2ème PA MAIS aussi un 2ème groupe aéronaval, gardons les FREMM AVT mais larguons les ASM. Utilisons-les comme variable d'ajustement. Virons ce que l'on peut. Et appuyons-nous sur nos alliés européens qui ont déjà une capacité d'escorte de très loin supérieure à tous ce que nos plans envisageaient (ex : 2 Horizon contre 6 F-100 espagnoles ou 3 futures frégates danoises... et je n'ose même pas aborder le domaine ASM). Ces escortes existent déjà dans la pratique. Si la politique visant à booster la PESD dépasse le stade du discours, c'est le genre de choses vers laquelle on va. En attendant, avec 2 PA, 2 groupes aériens, 5 ou 6 SNA, quelques AVT, quelques frégates et le groupe amphibie, nous serons en mesure d'influer les crises comme nous ne l'avons jamais été auparavant et nous n'aurons jamais eu autant de poids politique aux plans OTAN comme UE. Il faut dépasser la question du nombre de coques pour envisager celle de l'influence réelle de ces coques. Maintenant, ces scénarios n'ont qu'une valeur indicative : la vérité se situera sans doute entre les deux. Faire le choix d'une dépendance à nos alliés est faire preuve de confiance. Mais souvenez-vous que, de toute façon, à partir de 2035, lorsqu'il faudra remplacer nos bâtiments, leur coût sera sans doute devenu tel que nous n'aurons plus du tout le choix...

Troubadour : Cher JH Pour le PA 2 je crois que tout le monde est d’ accord. Car pour attaquer des objectifs terrestres tant soit peut éloignés des cotes, notre MN ne peut se contenter de canons de 100Mm ! Comme de plus il n’est pas très sain de nos jours de s’approcher des cotes adverses, il vaut mieux rester à distance, même pour attaquer des objectifs en bord de mer. Dans ces conditions il apparaît que pour de nombreuses années encore, les PA resteront nécessaire. Ensuite viennent les SNA et là aussi leurs rayons d’action et leur discrétion les rendent d’une efficacité redoutable contre les marines de surface. Au Malouines 1 seul SNA après avoir coulé un croiseur a cloué la flotte argentine au port Aujourd’hui ce sont encore les seules navires à pouvoir s’approcher de cotes défendues avec un bon degré de sécurité et de surprise. Si on rajoute les missions de protection de la FOST et du GA la MN aura c’est six SNA. Pour les Frégates Je ne sais pas qui vous informe sur une réduction du format de F ASM pour Les remplacé par des AVT .Vous savez dans notre marine l’ASM et un domaine d’excellence que beaucoup nous envient Les sonars utilisés sur nos F ASM sont d’une qualité incomparable (même choses pour les sonars de nos chasseurs de mines ). Nos besoins en ASM sont de 6 F ASM à Toulon pour notre GA + GH et également 6 F ASM à Brest pour la FOST. Nous avons déjà 6 excellentes Frégates AVT qui ressemblent à des bateaux de pêche sur un écran radar. Et toute déjà équipées d’un radier pour lâcher des commandos, elles disposent également d’espace libre qui après quelque modif pourront accueillir des Missiles de croisières. Pour faire des économies modifions nos La Fayette pour en faire de véritables AVT .

Moi : Effectivement, les FREMM AVT doivent être conservées au maximum. Pour les ASM, le problème est que la menace ne diminue pas ; elle augmente. Pourquoi, alors, me direz-vous, les dégager ? Simplement parce que d'autres, nos alliés naturels, le font tout aussi bien et qu'il vaut mieux se concentrer sur ce qui peut nous rapporter politiquement et sur ce que l'on peut mieux faire que les autres. En fait, il faut partir non d'une conception classique de la souveraineté (on doit avoir "de tout" en quantité) mais des réalités de la globalisation... simplement, parce qu'on ne peut se permettre de faire autre chose. A ce stade, personne n'est en mesure d'assurer seul la protection des SLOCs. Pas même les USA : c'est tout le sens de la 1000 ships navy de Vernon Clark. Quant à l'évolution des La Fayette, je doute que ce soit une bonne idée. D'abord, parce qu'elle va nécessiter de nouveaux fonds, largement indisponibles. Ensuite, parce que ce sont d'excellents navires pour une mission trop déconsidérée et pourtant esssentielle au vu du monde qui existera en 2030 et où il faut se positionner aujourd'hui : la souveraineté des DOM TOM. La Réunion et la Polynésie "encadrent" ce qui va être le pivot géopolitico-économique du 21ème siècle - Russie/Chine/Inde/Japon/Corées/Asie du Sud/Océanie (Cf. la carte qui accompagnait l'interview d'Alfan). Attention, Artheval, sur la question de la dotation en sonars des AVT. En plus d'un sonar (= $), il faut aussi le CIC qui va avec (re- $). Vous allez penser, sans doute, que je suis un gros radin. Mais un observateur très avisé mon confiait récemment que certains systèmes d'armes de nos bâtiment en opérations dans des zones chaudes ne fonctionnaient qu'un jours sur deux ou trois : plus assez d'argent pour les pièces de rechange... On y va à la débrouille mais ça ne durera pas éternellement, ce genre de choses finira par entailler notre crédibilité. Et lorsqu'une marine n'est plus crédible, avoir des dizaines de coques ne sert à rien.

Artheval : Mais, que pensez-vous de l'idée de rendre les ASM autonomes dans le tir de Scalp, ce qu'elles ne sont pas, d'après les dires de DCNS. Est-ce possible techniquement ? Celà coutera de l'argent, mais combien ?

Les gros radins sont les responsables politiques qui veulent avoir de la puissance politique sans dégager pour celà les moyens financiers nécessaires. Les journalistes seraient bien avisés de mettre en balance le prix du paquet fiscal (15 G€) avec celui du PA2 dont on parle tant.

Elles (note de JH : les La Fayette) sont excellentes pour ça, certes, mais vu leurs capacités, et leurs évolutions possibles (en défense AA), n'est-ce pas un peu du gachis, surtout que les Floréal sont dédiées à celà ? A l'origine, quelles étaient les missions pour lesquelles les La fayette étaient prévues ? Je m'interroge aussi sur le cout de deux GAN fonctionnant en simultanné ? Celà signifie une commande supplémentaire de Rafales Marine, n'est-ce pas ? Dans quelle mesure nos Alliées accepteront-ils de mener les missions d'escorte ? (car sans FREDA, et avec moins d'ASM, composer l'escorte de deux GAN risque de poser encore plus de problèmes. ) D'une manière générale, l'ambiance actuelle donne l'impression que nous sommes une force sur le déclin. Nous aurons bientot des missiles de croisière, mais les Américains en disposent depuis déjà longtemps. Nous allons pouvoir influencer les crises depuis la mer, mais dans le même temps, l'armée de terre a du mal à projeter un grand nombre d'hommes. Notre effort de défense est passé à 1,7% du PIB (et va y rester, je suppose, si on ne veut pas financer ces 20 Milliards par an ?). Allons nous d'ici quelques décennies laisser le champ libre sur la scène internationale aux pays émergeants ? Les responsables politiques, de quelque bord que ce soit, semblent se désinteresser de la défense (au sens où ils ne consentent plus à donner des moyens supplémentaires) car celle-ci rapporte peu ou rien en popularité.

Moi : Certes, les La Fayette en l'état actuel sont du gâchis, dans le sens où elles pourraient être mieux armées. Pour le reste, ce sont d'excellents bâtiments. Ceci dit, reste la possibilité, lorsque le ciel s'éclaircira, de les faire monter en puissance : c'est en cela que ce serait dommage de les laisser à Toulon. Maintenant, c'est vrai que j'ai écrit trop vite tout à l'heure sur le concept de souveraineté : dans le contexte des zones citées, il va falloir le revoir de fond en comble. Donc être plus costaud que les Floréal. En fait, vous avez raison, nous sommes sur le déclin. Pas tellement parce que nous nous affaiblissons mais parce que, simplement, les autres montent en puissance. Tout le monde, dans l'axe géopolitique précité, le fait. Récemment, le Pakistan a commandé 2 Type 214 supplémentaires. Tout, dans cette zone, devient funky. Et sauf à mener des opérations conjointes avec les autres Etats européens, tout le monde, de ce notre côté de l'Eurasie va être éjecté de la zone "de croissance"... alors même que nous en dépendront de plus en plus ! Oui, il faudra un GAN supplémentaire. dans le débat sur le 2ème PA, beaucoup de commentateurs oublient que les espérances de commande en Rafale couvrent un groupe + l'attrition. Autrement dit que le 2ème PA va se trouver "à poil" et à quai la plupart du temps, sauf : - à l'activer en porte-hélicoptères (mais... pour faire ça, il y a moins cher) ; - à l'économiser le plus possible pour attendre des jours plus cléments et l'armer d'un 2ème groupe. Nos alliés accepteront ou se feront éjecter du pivot. A ce stade, le pragmatisme de Sarkozy dans son discours aux ambassadeurs en a soufflé plus d'un dans les capitales étrangères. Ca va aider. Le fait qu'on puisse travailler par "coopérations renforcées" dans le projet de "mini-traité" sauve l'essentiel de la Constitution en matière de PESD : le fait que des groupes d'Etat puissent avancer "dans leur coin". L'ABNL, par exemple, regroupe tous les bâtiments de surface NL et BE et a été conçu pour ce genre d'escorte. Les Allemands devraient aussi apprécier de donner un coup de main : l'Asie les tente et la Chine est leur ambition suprême point de vue commerce extérieur. Quand aux Espagnols et aux Italiens, je ne pense pas que cela leur posera problème. D'autant plus qu'on a l'EUROMARFOR avec eux : c'est signé depuis longtemps et ça manoeuvre depuis tout autant de temps. Vous comprendrez que les Polonais, Tchèques et Hongrois, quant à eux, ne risque guère d'entrer dans le process tant pour des raisons politiques que pratique. En fait, je ne pense pas qu'ils se désintéressent de la défense (ai lu le bouquin de Teissier cet AM, il demande 2,2%). Mais il faut voir les choses de leur point de vue et évoquer un chiffre qui ne l'est guère même s'il me semble plus utile que le % en regard du PIB : celui du % en regard du budget de l'Etat - soit ce qu'il peut réellement mettre dans la balance... parce qu'il a son argent et pas celui de ses citoyens. Là, la défense passe à plus de 15%.

Le reste de la discussion est ici. Jean-Dominique Merchet en parle également - apparement, sa logique rejoint la mienne (aurait-il T&A sur sa table de travail ?) mais diffère sur les conclusions.

mercredi 5 septembre 2007

Les attentats au Pakistan : interview

Le quotidien belge L'Echo s'interroge sur la signification des attentats d'hier au Pakistan, à la fois dans le complexe de l'évolution de la politique intérieure à Islamabad mais aussi dans celui, plus large, de l'interaction entre Afghanistan et Pakistan. De sorte que j'ai été interviewé par Magali Uytterhaeghe ici (payant).

mardi 4 septembre 2007

Le retrait britannique du centre de Bassorah : interview

Les quotidiens suisses La Tribune de Genève et 24 Heures m'ont posé la question des rationalités du retrait britannique du centre de Bassorah (et non, comme le disait hier soir France 2, de la ville). En a découlé une interview accessible ici.

lundi 3 septembre 2007

Le plan indien pour contrer la chute de Musharraff… et la perte de ses armes nucléaires

Le débat stratégique indien, plus actif qu’on ne pourrait le penser en Occident, s’est récemment orienté sur les conséquences indirectes d’une éviction du pouvoir du président pakistanais Pervez Musharraff. En particulier, au-delà de la délicate question du voisinage avec un Etat djihadiste, la crainte de Delhi est de voir tomber aux mains islamistes l’arsenal nucléaire pakistanais.

A cet égard, l’état-major indien a réfléchit à plusieurs options, s’orientant vers l’utilisation de frappes aériennes contre les sites ultra-protégés du « pays des purs ». A cet égard, Delhi a fait procéder au développement d’une arme à fort degré de pénétration, considérée par le quotidien indien India Times comme « le secret le plus vital de l’initiative de défense stratégique indienne…

Le secret réside dans des bombes de pénétration conventionnelles et furtives, qui dévasteront les capacités nucléaires chinoises ou pakistanaises en quelques minutes ». Dans la foulée, ce qui semble émerger comme une doctrine aérospatiale en bonne et due forme – alors même que Delhi s’apprête à activer son « commandement aérospatial » - s’appuie largement sur les capacités spatiales, qu’il s’agisse de renseignement, de guidage d’armements ou de communications en temps réel ou encore sur des capacités de renseignement en temps réel via les UAV ou les appareils de détection avancée Phalcon qu’elle met actuellement en service.

Aussi, les Su-30MKI sont-ils considérés comme la pierre d’angle de cette doctrine, en raison de leur rayon d’action et de leurs charge utile considérables mais également en fonction de leur aptitude à mener un combat Beyond Visual Range ou encore à traiter des objectifs rapidement émergents (Time Sensitive Targets). Dans le même temps, une telle vision nécessite une attaque préemptive en bonne et due forme, terme qui ne semble pas avoir été officiellement évoqué.

Le calcul indien semble, toutefois, délicat. La disposition par le Pakistan de missiles mobiles complique singulièrement de telles opérations. Dans ce cadre, il semble plus que probable que la seconde ligne de défense indienne, fondée sur les missiles antimissiles, sera non seulement mobilisée mais devrait connaître, au surplus, des évolutions notoires à l’avenir.

samedi 25 août 2007

Garder la Corée du Nord debout

Si la Corée du Nord reste dans un état pour le moins piteux, son programme d'armes B et C semble se poursuivre sans discontinuer - y compis du point de vue des expérimentations humaines, de préférence sur les prisonniers politiques. Cependant, plusieurs analystes commencent à penser que le maintien de la Corée du Nord devient une question vitale pour sa grande soeur du sud.

La raison ne réside certainement pas dans une énième théorie du complot ou dans je ne sais quel plan machiavélique de l'Administration Bush qui chercherait à s'assurer de la disposition en permanence d'un ennemi.

Plutôt, il s'agit d'une réflexion de bon sens découlant de la structure de commandement et contrôle ultra-centralisée de Pyongyang : en cas d'effondrement du régime, toute possibilité de sécurisation des armes B et C nord-coréennes pourrait être perdu avec des conséquences pour le moins aléatoires, selon Popular Mechanics.