Affichage des articles dont le libellé est Stratégie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Stratégie. Afficher tous les articles

samedi 26 mars 2011

Libye : alors, ça vient ???!!!!

Bon, allez, Athena et moi reprend un peu de service, juste pour vous livrer deux-trois impressions. Bon, pour le suivi du conflit, vous pourrez compter sur DSI (sur le site duquel j'ai posté un certain nombre de liens vers des interviews effectuées durant la semaine).

Quelques réflexions tout de même sur une problématique émergente et qui touche à l'emploi des forces aériennes - domaine qui, ceux qui me connaissent le savent - me tient à coeur (un nouvel Histoire & Stratégie sur la question est d'ailleurs en route mais je n'en dit pas plus).

En fait, à suivre ce que l'on peut entendre, les opérations en Libye n'avanceraient pas, il n'y a pas de solution politique, la puissance aérienne ne fonctionne pas sans appui terrestre. Ce sont des points de vue relativement communs mais il convient de les relativiser sérieusement.

1) Il y a des forces terrestres, ce sont les insurgés. Le plan qui semblait se dessiner, c'était de les laisser progresser sous couvert de l'appui aérien (coumpounded warfare). Là dessus, ajoutons que les frappes avancent plutôt bien. Seulement, on ne peut guère frapper qu'un véhicule à la fois : pour résumer, ça prend nécessairement du temps et évoquer comme on l'entend la théorie de l'enlisement, c'est faire preuve d'une bien mauvaise connaissance de l'histoire militaire...

2) Sur la cinématique générale des opérations : nous sommes en train de quitter la rationalité de conflit limité (soutien - victoire des insurgés - dégagement de la zone) qui demandait peu et rapportait beaucoup pour entrer dans une vision plus intégrale des choses - qui demande beaucoup et rapporte peu.

3) Le problème n'est pas la stratégie aérienne. Bien employée, elle fonctionne, particulièrement avec les instruments dont nous disposons. N'enterrons donc pas trop vite les stratèges de l'air sans avoir lu ce qu'ils ont écrit.

4) Mais comme toute autre forme de stratégie, elle nécessite du zweck et du ziel. Or, nous avons des objectifs dans la guerre ; mais pas véritablement d'objectif de la guerre. Ou, plutôt, nous avons voulu trop le raffiner pour le faire coller à des rhétoriques politiques... Pratiquement, la 1973 fixe un cadre clair, qui autorise

5) La guerre libyenne n'est pas notre guerre, c'est celle des Libyens. Si nous leur apportons une aide indirecte en éliminant l'armée de Khadafi, pourquoi pas ? Mais engager des troupes au sol ou un processus de reconstruction, c'est s'engager dans des rationalités très éloignées de la guere limitée... et favoriser l'enlisement que l'on craint.

mercredi 20 octobre 2010

SDR britannique : un espoir et deux craintes

La parution, hier, de la nouvelle SDR a causé un réel effet de choc : en renversant les rapports de force classiques sur l’échiquier de l’Europe de la défense et en faisant de la France – en théorie et par défaut – la première puissance militaire européenne, le document laisse aussi poindre un espoir et deux craintes :

* l’espoir : la possibilité d’embarquer des appareils de combat français sur le porte-avions britannique (et vice-versa) est clairement affichée comme un objectif. La coopération dans le domaine aéronaval serait donc physiquement possible, comme la permanence à la mer d’un groupe aéronaval. Reste que, sans aéronavale pendant 10 ans, la Grande-Bretagne devra tout réapprendre : l’aéronavale européenne va devoir attendre une décennie pour se concrétiser. D’autres pistes de coopération sont évoquées, la France revenant systématiquement dans la position du « key allied ».

* la première crainte : coopérer dans le domaine de la défense, c’est fondamentalement facile. Le vrai problème est d’ordre politique et nombre de Britanniques considèrent toujours l’Europe de la défense comme un « object without subjetc ». Tout dépendra donc de leur perception de la façon d’accroître les coopérations. En tout état de cause, il semble bien que les partisans de la Coopération Structurée Permanente la plus ouverte possible perdent des points ; la meilleure option en PESD reste sans doute de travailler en petit comité ;

* la deuxième crainte touche à la façon dont sera perçue la SDR ailleurs en Europe et au rôle d’alibi qu’elle pourrait jouer dans la légitimation de réductions un peu plus drastiques un peu partout ailleurs. Les membres de l’Union européenne et tous les membres européens de l’OTAN, à l’exception de la Norvège, ont tous réduits leurs budgets militaires. Or, il est clair qu’aujourd’hui, rares sont les élites politiques, en Europe, ne considérant pas la défense comme autre chose qu’une variable d’ajustement budgétaire – comprendre un gisement financier dans un contexte où le pilier central des Etats européens n’est plus nécessairement la capacité à assurer la sécurité des citoyens mais bien les services sociaux associés à cette même citoyenneté.

.

Publications

Ce blog était resté quelque peu en friche ces derniers mois mais il y avait une raison : pas mal de publications étaient sur le métier (en plus des DSI, évidemment), lesquelles sont, si pas parues, sur le point de l'être.

Seapower. Les fondements de la guerre navale au 21ème siècle, d'abord. Je reviendrai dessus mais, en attendant, vous pouvez le commander.

La puissance aérienne. Histoire, concepts et opérations est une évolution de l'Airpower au 21ème siècle qui revient notamment sur les développements observés en contre-insurrection aérienne.

J'ai également envoyé plusieurs contributions à des ouvrages collectifs, dont le petit dernier de Daniel Ventre (Cyberguerre et guerre de l'information. Règles, stratégies, enjeux) et une chronique stratégique de l'année 2009 dans Enjeux diplomatiques et stratégiques 2010 (sous la direction de Pascal Chaigneau). La Revue Française de Polémologie, qui renaît sous les auspices de l'ISC va également accueillir une contribution sur la polémologie en Belgique (ou l'histoire d'un exil politique).

Et puis, comme on ne se refait pas, un autre ouvrage et quelques autres chapitres et articles sont toujours en cours de route. Je reviendrai dessus en temps opportun : parler, c'est bien, publier, c'est mieux !

Et puis, pour ceux qui manqueraient de lecture, Les Cahiers du RMES sont à nouveau disponibles. Le relooking du site du RMES avait nécessité de les laisser, un temps, de côté.

jeudi 24 juin 2010

Deux remarques sur "l'affaire McChrystal"

C'était la grande nouvelle de la soirée d'hier, B. Obama a débarqué McChrystal du commandement des opérations en Afghanistan, suite à la parution d'un article dans Rolling Stone - article que l'on peut par ailleurs lire ici et qui ne manque pas de m'inspirer 2-3 commentaitres.

Premièrement, sur le contrôle civil des militaires. Il est certes très spécifique aux Etats-Unis (pas mal d'ouvrages ont exploré la question) mais, au-delà, c'est bien la question de la liberté du militaire dont il est question. Les remarques de MC sur sa rencontre avec un ministre sont clairement inappropriées (que le premier militaire n'ayant jamais pesté contre le politique me jette son chargeur) et son dédain de Paris lui est personnel. Finalement, nous avons tous nos villes préférées. Sans vouloir lui trouver d'excuse, le type est sous pression, à "de la gueule" et c'est précisément ce qu'on lui demande.

D'un autre côté, si un militaire est soumis aux décisions politiques, sa liberté de penser (quoiqu'il puisse penser, même si cela pose un problème au politique) est quelque chose de déterminant : c'est aussi pour cela qu'on le paie et pas pour jouer au gars qui ira dans le sens du politique s'il sait que ce dernier se trompe. Cette dernière tendance a toujours existé dans les armées et touche également les armées européennes. Mais c'est ainsi que l'on perd les guerres, en particulier lorsque le politique est de moins en moins conscient des potentialités comme des limites de l'instrument militaire. A ce stade, trouver de nouveaux type de relations politico-militaires, où le premier considère réellement le deuxième comme un conseiller, va être déterminant pour l'avenir même des armées.

Pour suivre le journaliste, blâmer MC pour avoir choqué des alliés en Afghanistan ne devrait pas retomber sur le dos du général... mais bien sur celui des alliés : le type est là pour obtenir du succès et la collection de caveats des alliés n'est pas sans poser problème. Lui imputer par ailleurs le retrait néerlandais et la démission du président allemand, c'est encore autre chose - le journaliste n'a manifestement pas bien étudié la question.

Deuxième remarque sur la COIN, cette fois. La question fait débat aussi en France où elle serait opposée à la guerre régulière. Première sous-observation, la guerre régulière n'est que marginalement (même de nos jours - regardez avec quoi la guerre de Géorgie a été gagnée) une guerre de haute technologie. Faire de ces deux catégories des synonymes démontre que l'on connait mal ses classiques.

Deuxième sous-observation, "LA COIN", sous-entendue comme une doctrine unique, n'existe pas. De Lyautey à Gallula ou à Calwell, personne n'a de recette miracle et, surtout, ses interprétations sont très variées. Jetez un oeil à DSI : ces 4 dernières années, des auteurs reviennent fréquemment sur la question et leurs interprétations sont parfois très différentes. En poussant plus loin, on pourrait même poser que "LA COIN" n'a de sens que dans un cours de première année de sciences po' ou... si l'on veut disqualifier la gamme de concepts qu'elle recèle.

On peut aussi se poser la question de savoir par quoi remplacer "LA COIN" : raser des villes et des villages ? Prendre l'ensemble de l'Afghanistan à coups de brigades blindées, comme on l'aurait fait lors d'une contre-attaque contre telle ou telle brigade soviétique pénétrant en Allemagne ? Refuser un ordre du politique demandant une intervention au motif que l'on n'est pas adapté ? Refuser de s'adapter, à cet égard, c'est aussi la mort d'armées qui, historiquement, ne sont pas là pour mener des opérations que certains considèrent comme étant "idéales" (aucune, d'ailleurs, ne l'est) : la guerre, c'est sale et darwinien. Le plus adapté l'emporte.

Maintenant, comparons cela à ce qu'en dit Rolling Stone : "From the start, McChrystal was determined to place his personal stamp on Afghanistan, to use it as a laboratory for a controversial military strategy known as counterinsurgency. COIN, as the theory is known, is the new gospel of the Pentagon brass, a doctrine that attempts to square the military's preference for high-tech violence with the demands of fighting protracted wars in failed states. COIN calls for sending huge numbers of ground troops to not only destroy the enemy, but to live among the civilian population and slowly rebuild, or build from scratch, another nation's government".

Ah bon ?

dimanche 13 juin 2010

Histoire & Stratégie n°1 dans les kiosques

Le concept pourrait êter qualifié de "Mook" (compression de "magazine" et de "book") : le premier Histoire et Stratégie est dans les kiosques. Il permet à un auteur, spécialiste de son sujet, de rédiger une monographie illustrée, sur un thème touchant à l'histoire militaire ou à la stratégie.

Pour en finaliser moi-même un, le nombre de signes est équivalent à celui d'un "Que sais-je" mais son type de mise en page rend la chose moins aride qu'un ouvrage "spécialisé". En tout état de cause, Stéphane Ferrard attaque en histoire militaire sur l'évolution des blindés français.

Les H&S paraîtront tous les deux mois et, comme vous l'aurez compris, la tonalité sera plus stratégique. Pour le reste, laissons encore un peu de mystère ;o)

mardi 8 juin 2010

Défense antimissiles de territoire : 200 millions, vraiment ?

Début mai, le Secrétaire général de l'OTAN a abordé la question du développement de systèmes antimissiles de défense du territoire par l'Alliance atlantique, avançant qu'elles nécessiteraient un total de 200 millions d'euros sur 10 ans, à répartir entre les 28 pays membres - soit environ 714 000 Euros par an et par pays.

Un système de protection du territoire semble, de la sorte, très abordable. Cependant, des analystes ont également questionné la pertinence de ces chiffres. Pour reprendre les estimations faites en 2007 par le directeur général de la Missile Defence Agency américaine, couvrir de 40 à 60 % du territoire européen nécessiterait de disposer en permanence de 10 croiseurs Aegis en patrouille dans les eaux européennes, d'autres étant en transit.

Equipés de 400 missiles SM-3 (dont 200 en position et 200 sur les bâtiments effectuant leurs transits), le système nécessiterait 17 milliards de dollars (coûts d'acquisition) et, annuellement, 600 millions (coûts d'opération). Autre option, le positionnement en Europe de 80 batteries de missiles THAAD (aux capacités limitées en matière de défense du territoire) impliquerait des coûts d'acquisition de 40 milliards et des coûts annuels d'opération de 2,4 milliards de dollars.

mardi 1 juin 2010

Assaut sur la flotille humanitaire : quelles rationalités ?



Face à la déferlante médiatique autour de la prise de la flotille humanitaire par la marine israélienne, plusieurs amis me demandent mon avis. Juste deux-trois commentaires donc. Premièrement, prenons du recul : personne ne dispose d'éléments permettant réellement d'avoir une vision globale de ce qui s'est passé. Le type de vidéos que vous pouvez voir ci-dessus est sans doute un indice de ce qui a pu conduire les Israéliens à engager. Toutefois, face à de tels événements, il est nécessaire de comprendre que les deux parties en cause ont des intérêts dans l'affaire.

Deuxièmement, je ne peux m'empêcher de penser que lancer une flotille de navires à travers les lignes d'un blocus est extrêmement risqué. Que ce blocus soit légitime ou non n'est pas, ici, la question : mes camarades spécialistes du droit international sont bien plus compétents que moi en la matière. Ce qui m'intéresse, ce sont les conséquences tactiques découlant de la mise en place d'un blocus. Ici, les organisateurs de la flotille ne pouvaient que s'attendre à être arraisonnés, par quelque moyen que ce soit. Pourquoi, dès lors, avoir embarqué des femmes et des enfants ? Pourquoi, surtout, avoir utilisé des objets contondants contre les soldats ? Perte de contrôle de militants plus échauffés ? Intention délibérée ? Incident provoqué par les Israéliens ? Là encore, nous ne savons rien et seule une enquête en bonne et due forme pourra révéler l'enchaînement des événements.

Troisièmement, je suis toujours fasciné par la dimension médiatique de la guerre contemporaine. Sur les télévisions belges, une bonne partie des journaux télévisés se sont focalisé sur la question hier soir. C'est à comparer avec la couverture offerte sur le naufrage du Cheonan sud-coréen, comparativement anorexique alors qu'elle se produit dans un contexte autrement plus dangereux. Comprenez moi bien : je ne cherche aucunement à relativiser les 9-10 morts d'hier.

Par contre, je me pose la question de l'émergence d'une nouvelle forme de martyr, une sorte de "kamikazat médiatique", sachant qu'en embarquant des Européens et des journalistes à bord, vous décuplez la probabilité de couverture de l'événement et que la morphologie du conflit israélo-palestinien fait une bonne place aux stratégies d'influence des deux camps.

Conf' en ligne : vie et mort des alliances

Laurent me signale une initiative fort sympathique démontrant qu'on n'arrête décidément pas la vague multimédia : trois conférences du cycle annuel "vie et mort des alliances" sont en ligne sur le site de France Culture. A écouter ici.

vendredi 28 mai 2010

CAS en Afghanistan : le difficile choix des armes



Les missions CAS ne sont pas toujours évidentes. Pour preuve, cette vidéo où une journaliste embarque sur F-15E, dans le cadre d'un appui à des forces françaises engagées contre des insurgés à proximité d'une école afghane.

Edit : manifestement, il y avait un problème avec la vidéo. Voici le lien (merci Florent !) : http://abcnews.go.com/WN/Afghanistan/flying-air-force-15-fighter-jet-combat-mission/story?id=10741556

lundi 17 mai 2010

Jounée d'étude robotique du 8 mars : les interventions audios

G. de Boisboissel m'indique que les interventions effectuées le 8 Mars 2010 à l’Ecole Militaire par le centre de recherche des Ecoles de Saint Cyr Coëtquidan sur le thème « Robotisation du champ de bataille, évolution ou révolution ? » ont été mises en ligne.

Vous y trouverez pour chaque intervenant l’enregistrement audio de son intervention, ainsi que les supports présentés (slides) en cliquant sur le nom de celui-ci.

Par ailleurs, le vendredi 18 juin 2010 se tiendra à l’Ecole Militaire une journée d’étude sur les « Robots militaires : problèmes éthiques posés aux responsables industriels, politiques et militaires européens ». Plus de détails suivront !

mercredi 12 mai 2010

Stratégique n°97-98 : Clausewitz II

Après un premier Stratégique consacré au Prussien (intégralement disponible en ligne ici), un deuxième volume est à présent disponible, dont vous pouvez consulter la table des matières ici.

Stratégies irrégulières



Hervé Coutau-Bégarie (Dir.), Stratégies irrégulières, Coll. « Bibliothèque stratégique », Economica/ISC/IHEDN, Paris, 2010, 858 p.

Le quadruple numéro de Stratégique (no 93-94-95-96) consacré aux stratégies irrégulières étant tombé en rupture de stock et la demande étant bel et bien là, il fallait faire quelque chose – d’autant plus que la source des contributions était loin d’être tarie. D’où la publication de l’ouvrage, qui reprend certes les contributions de la revue, mais qui va également au-¬delà, s’enrichissant de 11 contributions. Ce qui porte ainsi leur total à pas moins de 43, nombre non seulement respectable, mais permettant également au lecteur, au long des 858 pages de l’ouvrage, de disposer de nouveaux points de vue sur l’emploi de la puissance aérienne en guerre irrégulière (J. de ¬Lespinois), d’examiner de plus près les guerres irrégulières en Afrique centrale ou d’analyser l’action navale des Tigres tamouls, pour ne reprendre que ces textes. Ouvrage qu’il faut impérativement avoir dans sa bibliothèque si l’on s’intéresse un tant soit peu aux questions militaires, il contentera aussi bien l’historien que le stratégiste. Avantage de la formule, le spectre temporel est large, de la Grèce antique à l’Afghanistan, en passant par l’Algérie et l’Indochine. Remarquable à plus d’un titre. J.-J. M.

mardi 27 avril 2010

AirSea Battle

Juste un passage en vitesse pour vous inciter à jeter un oeil sur le concept d'AirSea Battle - ce qui doit constituer la réponse américaine aux capacités d'interdiction navale chinoise et iranienne (au moment même où se déroule cette belle démonstration de techno-guérilla navale qu'est Grand Prophète 5). A lire ici.

mercredi 21 avril 2010

Terminator, oeuvre clausewitzienne

Une belle analyse d'une oeuvre de fiction (spéciale dédicace à Alain) : Does Skynet dream of electric Clausewitz ?

lundi 19 avril 2010

Le F-35 peut-il nous apprendre à mieux communiquer ?

Alors, je ne suis pas spécifiquement un fan du F-35. Par contre, jetez un oeil sur cette vidéo et sur l'utilisation qui est faite du vecteur image. Fondamentalement, on n'y apprend rien de neuf. Mais les images sont jolies et ce qui touche à la vue est sans doute le grand media de notre civilisation - bien plus que l'ouïe. De quoi nous apprendre à mieux affiner nos stratégies d'influence ?

vendredi 16 avril 2010

Le X-37, petite révolution sur le pas de tir ?

Spéciale dédicace à Jean-Luc, c’est le 19 avril que devrait être été lancé pour la première fois la navette réutilisable X-37B OTV (Orbital Test Vehicle), depuis un lanceur Delta V de l’US Air Force. Lancé dans les années 1990, le programme a connu plusieurs rebondissements : un prototype d’une échelle inférieure (le X-40) a été testé en vol afin d’évaluer ses qualités aérodynamiques. Mais le programme avait ensuite été annulé, avant que la NASA ne le reprenne à son compte.

Ensuite abandonné, il a été poursuivi discrètement par l’Air Force, qui ambitionne d’en faire un véritable instrument de stratégie spatiale. Pratiquement, l’appareil est lancé par une fusée. Emportant son carburant, il est en mesure de mener des missions de plusieurs mois, tout en étant capable d’effectuer plusieurs changements d’orbite. Il revient ensuite sur Terre de façon automatique – comme durant le premier vol de la navette Buran – pour être remis en condition avant un nouveau vol.

Si le programme perdure, les missions dans lesquelles l’engin pourrait être engagé pourraient aller de la reconnaissance à la réparation de satellites en orbite. S’il ne semble plus en être question aujourd’hui – la Maison Blanche se positionnant contre l’arsenalisation de l’espace –, des schémas publiés dans les années 1990 le montraient larguant des munitions.

Or, derrière la posture déclaratoire de l’administration Obama, se cachent de réels problèmes : de plus en plus d’États disposent de capacités spatiales et certains, comme la Chine ou l’Inde, pourraient assez rapidement disposer de capacités antisatellites. Ce qui, en retour, pose la question de la disposition par les États-Unis de capacités similaires, domaine dans lequel le nouvel appareil pourrait avoir une utilité certaine, en bénéficiant d’une souplesse que les solutions utilisant des intercepteurs lancés depuis la Terre n’ont pas.

Toutefois, le système n’a pas encore été commandé et ses essais en vol ne font que commencer : seul l’avenir dira quelles sont les intentions américaines concernant le X-37.

jeudi 25 mars 2010

Les archives Nafziger sur le net

Et non, pas de choses croustillantes sur la vie cachée de Paris Hilton : juste quelque chose de beaucoup plus intéressant relevé par Laurent. En l'occurrence, un travail gigantesque de recoupement d'ordres de bataille mené le capitaine Nafziger et à présent librement disponible sur le site du CARL : à lire ici. Titanesque : 7 985 ORBATs allant du 16ème siècle à la fin de la 2ème Guerre mondiale.

lundi 22 mars 2010

Quelques nouvelles de l'ISC

Mon passage à Paris m'a permis de faire le plein d'infos mais aussi d'ouvrages. D'où deux petites nouvelles - qui ont leur importance.

D'une part, l'Institut de Stratégie Comparée (ISC), l'Institut d'Histoire des Conflits Contemporains (IHCC) et la Commission Française d'Histoire Militaire (CFHM) sont engagés dans un processus de fusion, qui devrait déboucher prochainement sur l'Institut de Stratégie et des Conflits - Commission Française d'Histoire Militaire (ISC-CFHM).

La nouvelle n'est pas mince : au total, le nouvel organisme représente 650 publications, soit plus de 10 000 pages. C'est, tout simplement, le plus gros pôle éditorial de France en études stratégiques et en histoire militaire.

A propos de publications, justemment, vous vous souviendrez peut-être que le numéro quadruple de Stratégique dédié aux stratégies irrégulières était tombé en rupture de stock. Alors, pas de nouveau tirage mais un ouvrage, qui reprend les contributions du Stratégique, de même que des articles inédits - soit 43 contributions au total. Vous pouvez le commander ici.

Signalons également la parution d'un nouveau numéro (97-98), consacré à Clausewitz et permettant de publier un très intéressant texte d'Herbert Rosinski sur la structure de la stratégie. Bref, à vos bibliothèques. Bonne lecture !

mardi 2 mars 2010

Parution de "La résilience dans l'antiterrorisme. Le dernier bouclier"



J'ai le plaisir de vous annoncer la parution de La résilience dans l'anti-terrorisme. Le dernier bouclier, aux éditions L'Esprit du Livre. C'est la première fois que le concept de résilience, aux sens sociologique et stratégique, est appliqué dans un ouvrage en français.

Il s'agit ici, en l'occurrence, de dresser la carte des modes de fonctionnement du concept, de ce qu'il recouvre, mais également de voir quelles sont ses interprétations, ses applications et ses limites, en France comme en Belgique (vous pouvez consulter la table des matières ici).

Ceux qui me connaissent peuvent redouter une grosse brique. Et bien non, pour une fois, je me suis limité à 132 pages, en alternant théorie et pratique (comme toujours, me direz-vous). Et pour le coup, l'ouvrage, que vous pouvez commander ici, a un prix modique (16 Eur).