Il y a quelques jours, le colonel Luc Gennart, commandant la base belge de Florennes, a fait une sortie très inhabituelle dans les médias, extrêmement rares étant les officiers qui, ces 10 dernières années, se sont exprimés dans les débats politiques belges. Il y argue d'un processus de flamandisation des postes de responsabilité de l'armée mais aussi de projets visant à la fermeture de la base de Florennes. Le lecteur peut trouver les rétroactes et autres déclarations liées à l'affaire.
Le ministre y voit du "bla-bla-bla", ce qui n'est tout de même guère brillant comme réponse. Alors, qu'en penser ? Juste quelques éléments :
- Florennes est effectivement menacé - et sérieusement. La base accueille une escadre de F-16 et, vers 2020, ces appareils quitteront peu à peu le service. Il n'y a aucun consensus politique sur le seul remplacement de la capacité "appareils de combat" dans le paysage politique belge. Ne resteraient sur place que les drones B-Hunter. Mais maintenir Florennes pour une douzaine de drones relève de l'hérésie économique ;
- Et les NH ? Les nouveaux hélicoptères seront basés à Beauvechain, plus près de la frontière linguistique mais... plus loin de leur zone d'entraînement. En fait, juste au sud de Florennes se trouve l'une des plus importantes zones d'entraînement d'Europe... et où sont situés, à peu près au milieu, les Chasseurs ardennais de Marche en Famenne. Soit les utilisateurs potentiels desdits NH. Sois dit en passant, ceux qui ont gentiment poussé en avant l'option du positionnement à Florennes des hélicoptères ont pu avoir quelques problèmes dans leurs promotions ;
Plus largement, y-a-t'il "flamandisation" ? Je ne peux pas m'exprimer sur les tests linguistiques, les taux de réussites des francophones ou les décisions prises en matière de tableau d'avancement : je ne les connais pas. Ceci dit, juste deux remarques.
Premièrement, s'il y a beaucoup d'officiers généraux flamands dans les forces actuellement et que certains francophones peuvent se considérer comme défavorisés, il faut constater que, passé un certain cap dans les grades, l'armée est politisée. Pour le dire autrement, chaque ministre (et P. De Crem est loin d'être le premier) place "ses" hommes aux postes-clés - ce qui contribue au demeurant à les rendre plus prudents et à réduire leur potentiel d'innovation.
Deuxièmement il y a une géopolitique intra-belge du positionnement des forces - tous les partis politiques le savent et ces choses se négocient. Elle répond à des considérations économiques (une base est un gisement d'emplois et les élus locaux y sont évidemment sensibles) mais aussi communautaires et politiques, en particulier depuis les années 1990 : une base de F-16 en Flandre et une en Wallonie ; le transport en Flandre juste à côté de Bruxelles ; et l'entraînement en Wallonie, juste à côté de la Flandre, ce n'est pas tout à fait un hasard. Or, cet équilibre est remis en question par les coupes budgétaires à répétition imposées par le politique lui-même.
Qu'en disent les militaires ? L'armée belge est la dernière institution réellement unitaire du pays : pour être officier, vous devez être bilingue. La culture de l'institution est elle-même unitaire. Nombre de gars, francophones ou néerlandophones, vous diront qu'ils ne comprennent pas ces conflits communautaires et que les armées n'y sont pas sensibles. Même si n'est pas tout à fait vrai - des tensions peuvent parfois se ressentir - force est aussi de constater que la question de la "rupture des équilibres" est une question importée dans les armées par le politique, le tout dans un contexte ou, pour des raisons historiques, la Flandre a un positionnement pacifiste et peu enclin à soutenir l'armée.
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jeudi 21 octobre 2010
mercredi 20 octobre 2010
SDR britannique : un espoir et deux craintes
La parution, hier, de la nouvelle SDR a causé un réel effet de choc : en renversant les rapports de force classiques sur l’échiquier de l’Europe de la défense et en faisant de la France – en théorie et par défaut – la première puissance militaire européenne, le document laisse aussi poindre un espoir et deux craintes :
* l’espoir : la possibilité d’embarquer des appareils de combat français sur le porte-avions britannique (et vice-versa) est clairement affichée comme un objectif. La coopération dans le domaine aéronaval serait donc physiquement possible, comme la permanence à la mer d’un groupe aéronaval. Reste que, sans aéronavale pendant 10 ans, la Grande-Bretagne devra tout réapprendre : l’aéronavale européenne va devoir attendre une décennie pour se concrétiser. D’autres pistes de coopération sont évoquées, la France revenant systématiquement dans la position du « key allied ».
* la première crainte : coopérer dans le domaine de la défense, c’est fondamentalement facile. Le vrai problème est d’ordre politique et nombre de Britanniques considèrent toujours l’Europe de la défense comme un « object without subjetc ». Tout dépendra donc de leur perception de la façon d’accroître les coopérations. En tout état de cause, il semble bien que les partisans de la Coopération Structurée Permanente la plus ouverte possible perdent des points ; la meilleure option en PESD reste sans doute de travailler en petit comité ;
* la deuxième crainte touche à la façon dont sera perçue la SDR ailleurs en Europe et au rôle d’alibi qu’elle pourrait jouer dans la légitimation de réductions un peu plus drastiques un peu partout ailleurs. Les membres de l’Union européenne et tous les membres européens de l’OTAN, à l’exception de la Norvège, ont tous réduits leurs budgets militaires. Or, il est clair qu’aujourd’hui, rares sont les élites politiques, en Europe, ne considérant pas la défense comme autre chose qu’une variable d’ajustement budgétaire – comprendre un gisement financier dans un contexte où le pilier central des Etats européens n’est plus nécessairement la capacité à assurer la sécurité des citoyens mais bien les services sociaux associés à cette même citoyenneté.
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* l’espoir : la possibilité d’embarquer des appareils de combat français sur le porte-avions britannique (et vice-versa) est clairement affichée comme un objectif. La coopération dans le domaine aéronaval serait donc physiquement possible, comme la permanence à la mer d’un groupe aéronaval. Reste que, sans aéronavale pendant 10 ans, la Grande-Bretagne devra tout réapprendre : l’aéronavale européenne va devoir attendre une décennie pour se concrétiser. D’autres pistes de coopération sont évoquées, la France revenant systématiquement dans la position du « key allied ».
* la première crainte : coopérer dans le domaine de la défense, c’est fondamentalement facile. Le vrai problème est d’ordre politique et nombre de Britanniques considèrent toujours l’Europe de la défense comme un « object without subjetc ». Tout dépendra donc de leur perception de la façon d’accroître les coopérations. En tout état de cause, il semble bien que les partisans de la Coopération Structurée Permanente la plus ouverte possible perdent des points ; la meilleure option en PESD reste sans doute de travailler en petit comité ;
* la deuxième crainte touche à la façon dont sera perçue la SDR ailleurs en Europe et au rôle d’alibi qu’elle pourrait jouer dans la légitimation de réductions un peu plus drastiques un peu partout ailleurs. Les membres de l’Union européenne et tous les membres européens de l’OTAN, à l’exception de la Norvège, ont tous réduits leurs budgets militaires. Or, il est clair qu’aujourd’hui, rares sont les élites politiques, en Europe, ne considérant pas la défense comme autre chose qu’une variable d’ajustement budgétaire – comprendre un gisement financier dans un contexte où le pilier central des Etats européens n’est plus nécessairement la capacité à assurer la sécurité des citoyens mais bien les services sociaux associés à cette même citoyenneté.
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mardi 19 octobre 2010
L'effondrement des forces britanniques
C’était aujourd’hui à 15h30 locales que le premier ministre britannique présentait la Strategic Defense Review devant le parlement britannique (le pdf est disponible sur www.dsi-presse.com. Comme on s’y attendait, les coupes sont majeures : au plan humain, l’Army perd 7 000 hommes, la RAF 5 000 et la Royal Navy 5 000, soit 17 000 en tout ; le personnel civil est réduit de 25 000 unités d’ici à 2015 ; le budget est réduit de 8 %.
Suit une litanie de sorties de service, avec toutefois une constation : s'il est difficile de ne pas considérer comme apocalyptique cette SDR, à l’horizon 2020, la Marine nationale aura plus de grands bâtiments de surface que la Royal Navy (24 contre 19, certes en incluant les Floreal). L’armée de Terre surclassera également sa consoeur britannique. Au demeurant, ce sera également le cas de l’armée de l’Air – du moins, en théorie.
Suit une litanie de sorties de service, avec toutefois une constation : s'il est difficile de ne pas considérer comme apocalyptique cette SDR, à l’horizon 2020, la Marine nationale aura plus de grands bâtiments de surface que la Royal Navy (24 contre 19, certes en incluant les Floreal). L’armée de Terre surclassera également sa consoeur britannique. Au demeurant, ce sera également le cas de l’armée de l’Air – du moins, en théorie.
jeudi 1 juillet 2010
PSDC : quelques réflexions sur le séminaire tenu à Salon de Provence
L'évolution de la politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) a fait l'objet, fin mai, d'un séminaire du Centre de Recherche de l'Ecole de l'Air (CREA) et du GERI (Groupe d'Etudes en Relations Internationales) sur la base de Salon de Provence. C'était, pour les organisateurs, l'occasion d'aborder sous des angles très divers et sans tabous une politique à la fois complexe mais, également, qui continue d'agréger les espoirs.
Avec l'adoption du traité de Lisbonne, la PSDC se voit sortir de l'ornière dans laquelle le référendum irlandais l'avais placé. Reste, pour autant, qu'une impulsion majeure en matière de politique de défense européenne se fait toujours attendre. Après la présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne (CUE), celle de la Belgique, pourtant traditionnellement en point en matière de construction européenne, n'augure pas de véritables avancées. Il s'agit surtout de poursuivre les efforts entamés par d'autres, de continuer à essayer de convaincre les Britanniques de la nécessité d'un véritable quartier-général européen (Londres semble s'orienter vers cette idée mais, nuance de taille, la composante civile y serait particulièrement prégnante). Bruxelles chercherait également à mettre en évidence l'option de "spécialisation" qu'elle a choisi pour ses forces, abandonnant certains pans de ses capacités - une idée qui n'est pas nécessairement partagée par plusieurs états-majors pour des raisons que l'on comprendra.
Il s'agirait également pour la Belgique de mettre en place la méthode de mise en œuvre de la Coopération Structurée Permanente (CSP), qui autorise les Etats qui le désirent à renforcer leur coopération dans l'un ou l'autre domaine. Nouveauté permise par le traité de Lisbonne, la défense peut faire l'objet d'une CSP, ne manquant de poser problème. Deux grandes catégories de positions peuvent, en effet, être schématisées. Soit la CSP est dite inclusive, cherchant à rassembler le maximum d'Etats ; soit elle est exclusive et dresse des critères d'adhésion permettant d'engerber que les Etats le plus soucieux de leur défense. A ce stade, la question est évidemment de savoir quels sont les critères d'adhésion retenus. Or, la part de la défense dans le PIB (domaine où la France est 3ème et la Belgique… 23ème) a d'abord été pressentie comme principal référent méthodologique mais l'impact de la crise est tel que ce critère pourrait ne plus être pertinent. In fine, première crainte, une définition trop rapide des critères de mise en place de la CSP dans un sens trop inclusif dupliquerait la situation actuelle entre Etats "moteurs" et "free-riders" et ne permettrait pas d'accélérer l'Europe de la défense.
Une deuxième crainte ne s'entrevoit qu'en creux, lorsqu'il est question d'aborder la question de la coopération entre l'Union européenne et l'ONU en matière de gestion de crise. Si les expériences passées (à l'instar d'Artémis, au Congo, ou EUFOR-Tchad) ont bien été mises en évidence, comme le principe du "bridging" (selon lequel l'UE lance une opération avant de transmettre sa continuation à une force de l'ONU) l'analyste discerne rapidement une immaturité institutionnelle. La plupart des intervenants ont ainsi pointé du doigt la grande complexité des relations entre les Etats et les institutions mais aussi entre les institutions elles-mêmes - alors même que des instruments mis en place ne sont pas utilisés -, ce qui tend à focaliser l'attention des opérationnels. En retour, ces difficultés tendent à totalement occulter les aspects militaires des opérations mises en place, à commencer par la relation à l'adversaire. Ces dernières semblent comme laissées au militaire, dans une optique de nature tactique, alors que la question est évidemment plus complexe : que faire dans l'hypothèse d'une brusque montée en puissance d'un adversaire, qui débouche sur une bataille en bonne et due forme ? Le manque d'une véritable culture militaire n'apparaît pas comme réellement problématique dès lors que l'Union s'engage sur des zones "tièdes" ou "froides" et qu'aucun incident majeur - comprendre, une bataille - ne s'est encore produite. Cependant, à rester cantonnée dans cette vision, aucune véritable Europe de la défense ne peut émerger.
La troisième crainte touche à la question de l'approche globale. Il était symptomatique d'entendre un intervenant parler des Etats-Unis comme d'une superpuissance mais de l'Union européenne comme d'une "puissance globale" - en quelque sorte, rhétoriquement démilitarisée - d'autres revenant sur "l'approche globale" par trop démilitarisante, elle aussi. De facto, sur 24 opérations menées par l'Union européenne, 7 sont véritablement d'ordre militaire. Aussi, que ce soit dans la perception que les Etats-membres ont de l'Union ou que ce soit au niveau de la perception que l'OTAN a de l'Union, une crainte de voir de voir l'UE se transformer en fournisseur de composantes civiles - laissant à l'OTAN les opérations militaires - reste perceptible. On a, ici, affaire à un paradoxe typiquement européen : le gros des forces OTAN sont, de fait, européennes. Certaines prévisions laissent entrevoir, vers 2020-25, la possibilité que les membres de l'Union disposent de plus d'avions de combat et de navires de surface que les Etats-Unis et le budget de défense de ces Etats, une fois combiné, est le deuxième du monde. A ce stade, on sent poindre comme une inquiétude à avoir à mener seuls des opérations militaires de grande envergure en n'étant plus encadré par Washington.
Au-delà, c'est aussi toute la question de la valeur de l'approche globale, telle qu'elle est connotée à l'UE comme à l'OTAN, qui émerge : concept large, sans réelle valeur doctrinale, il chercherait à faire comprendre que les opérations d'aujourd'hui ne sont plus uniquement militaires mais impliquent des composantes civiles, de stabilisation ou encore de reconstruction. Or, c'est bien l'une des grandes valeurs de l'histoire militaire que de démontrer que cette "découverte" n'est en rien une nouveauté. Il suffit pour s'en convaincre de (re)lire cette somme qu'est Stratégies irrégulières pour voir que la compréhension de la nature multidimensionnelle, en mille-feuilles, de la guerre, n'a pas attendu le 21ème siècle. Aussi, derrière l'anachronisme historique que représente l'approche globale se pose une autre question : la PSDC n'a-t-elle pas été laissée trop longtemps aux mains des spécialistes des Security Studies, intellectuellement insuffisament armés, et pas suffisamment à celles des spécialistes des études stratégiques ?
Avec l'adoption du traité de Lisbonne, la PSDC se voit sortir de l'ornière dans laquelle le référendum irlandais l'avais placé. Reste, pour autant, qu'une impulsion majeure en matière de politique de défense européenne se fait toujours attendre. Après la présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne (CUE), celle de la Belgique, pourtant traditionnellement en point en matière de construction européenne, n'augure pas de véritables avancées. Il s'agit surtout de poursuivre les efforts entamés par d'autres, de continuer à essayer de convaincre les Britanniques de la nécessité d'un véritable quartier-général européen (Londres semble s'orienter vers cette idée mais, nuance de taille, la composante civile y serait particulièrement prégnante). Bruxelles chercherait également à mettre en évidence l'option de "spécialisation" qu'elle a choisi pour ses forces, abandonnant certains pans de ses capacités - une idée qui n'est pas nécessairement partagée par plusieurs états-majors pour des raisons que l'on comprendra.
Il s'agirait également pour la Belgique de mettre en place la méthode de mise en œuvre de la Coopération Structurée Permanente (CSP), qui autorise les Etats qui le désirent à renforcer leur coopération dans l'un ou l'autre domaine. Nouveauté permise par le traité de Lisbonne, la défense peut faire l'objet d'une CSP, ne manquant de poser problème. Deux grandes catégories de positions peuvent, en effet, être schématisées. Soit la CSP est dite inclusive, cherchant à rassembler le maximum d'Etats ; soit elle est exclusive et dresse des critères d'adhésion permettant d'engerber que les Etats le plus soucieux de leur défense. A ce stade, la question est évidemment de savoir quels sont les critères d'adhésion retenus. Or, la part de la défense dans le PIB (domaine où la France est 3ème et la Belgique… 23ème) a d'abord été pressentie comme principal référent méthodologique mais l'impact de la crise est tel que ce critère pourrait ne plus être pertinent. In fine, première crainte, une définition trop rapide des critères de mise en place de la CSP dans un sens trop inclusif dupliquerait la situation actuelle entre Etats "moteurs" et "free-riders" et ne permettrait pas d'accélérer l'Europe de la défense.
Une deuxième crainte ne s'entrevoit qu'en creux, lorsqu'il est question d'aborder la question de la coopération entre l'Union européenne et l'ONU en matière de gestion de crise. Si les expériences passées (à l'instar d'Artémis, au Congo, ou EUFOR-Tchad) ont bien été mises en évidence, comme le principe du "bridging" (selon lequel l'UE lance une opération avant de transmettre sa continuation à une force de l'ONU) l'analyste discerne rapidement une immaturité institutionnelle. La plupart des intervenants ont ainsi pointé du doigt la grande complexité des relations entre les Etats et les institutions mais aussi entre les institutions elles-mêmes - alors même que des instruments mis en place ne sont pas utilisés -, ce qui tend à focaliser l'attention des opérationnels. En retour, ces difficultés tendent à totalement occulter les aspects militaires des opérations mises en place, à commencer par la relation à l'adversaire. Ces dernières semblent comme laissées au militaire, dans une optique de nature tactique, alors que la question est évidemment plus complexe : que faire dans l'hypothèse d'une brusque montée en puissance d'un adversaire, qui débouche sur une bataille en bonne et due forme ? Le manque d'une véritable culture militaire n'apparaît pas comme réellement problématique dès lors que l'Union s'engage sur des zones "tièdes" ou "froides" et qu'aucun incident majeur - comprendre, une bataille - ne s'est encore produite. Cependant, à rester cantonnée dans cette vision, aucune véritable Europe de la défense ne peut émerger.
La troisième crainte touche à la question de l'approche globale. Il était symptomatique d'entendre un intervenant parler des Etats-Unis comme d'une superpuissance mais de l'Union européenne comme d'une "puissance globale" - en quelque sorte, rhétoriquement démilitarisée - d'autres revenant sur "l'approche globale" par trop démilitarisante, elle aussi. De facto, sur 24 opérations menées par l'Union européenne, 7 sont véritablement d'ordre militaire. Aussi, que ce soit dans la perception que les Etats-membres ont de l'Union ou que ce soit au niveau de la perception que l'OTAN a de l'Union, une crainte de voir de voir l'UE se transformer en fournisseur de composantes civiles - laissant à l'OTAN les opérations militaires - reste perceptible. On a, ici, affaire à un paradoxe typiquement européen : le gros des forces OTAN sont, de fait, européennes. Certaines prévisions laissent entrevoir, vers 2020-25, la possibilité que les membres de l'Union disposent de plus d'avions de combat et de navires de surface que les Etats-Unis et le budget de défense de ces Etats, une fois combiné, est le deuxième du monde. A ce stade, on sent poindre comme une inquiétude à avoir à mener seuls des opérations militaires de grande envergure en n'étant plus encadré par Washington.
Au-delà, c'est aussi toute la question de la valeur de l'approche globale, telle qu'elle est connotée à l'UE comme à l'OTAN, qui émerge : concept large, sans réelle valeur doctrinale, il chercherait à faire comprendre que les opérations d'aujourd'hui ne sont plus uniquement militaires mais impliquent des composantes civiles, de stabilisation ou encore de reconstruction. Or, c'est bien l'une des grandes valeurs de l'histoire militaire que de démontrer que cette "découverte" n'est en rien une nouveauté. Il suffit pour s'en convaincre de (re)lire cette somme qu'est Stratégies irrégulières pour voir que la compréhension de la nature multidimensionnelle, en mille-feuilles, de la guerre, n'a pas attendu le 21ème siècle. Aussi, derrière l'anachronisme historique que représente l'approche globale se pose une autre question : la PSDC n'a-t-elle pas été laissée trop longtemps aux mains des spécialistes des Security Studies, intellectuellement insuffisament armés, et pas suffisamment à celles des spécialistes des études stratégiques ?
mardi 23 mars 2010
FRES Scout : GD et l'Ascod l'emportent
Le MoD britannique a finalement tranché : dans le cadre du programme FRES Scout (remplacement des véhicules de reconnaissance Scimitar), c'est l'Ascod de General Dynamics qui l'emporte sur le CV90 de BAE Hagglünds.
L'Ascod est actuellement en service en Espagne (Pizarro) et en Autriche (Ulan) et verra une mise à niveau de son châssis, de même que l'intégration d'une tourelle de 40 mm à munitions téléscopiques (développée entre autres par Nexter), Lockheed Martin s'occupant de l'intégration. Sa masse passera à 42 tonnes.
Le contrat a sa petite importance : à terme, il s'agit de 600 véhicules pour environ 2 milliards de livres.
L'Ascod est actuellement en service en Espagne (Pizarro) et en Autriche (Ulan) et verra une mise à niveau de son châssis, de même que l'intégration d'une tourelle de 40 mm à munitions téléscopiques (développée entre autres par Nexter), Lockheed Martin s'occupant de l'intégration. Sa masse passera à 42 tonnes.
Le contrat a sa petite importance : à terme, il s'agit de 600 véhicules pour environ 2 milliards de livres.
mercredi 17 février 2010
Malouines: tensions ré-émergentes
Selon le Times, l’Argentine s’engage dans une politique de prise de contrôle du trafic entre les îles Malouines/Falklands et le continent, se positionnant ainsi de façon à pouvoir mener un véritable blocus.
C’est la conséquence d’un décret promu par la présidence de Buenos Aires, selon lequel tout navire naviguant dans les eaux revendiquées par l’Argentine doit avoir un permis donné par Buenos Aires.
Ce mouvement argentin intervient après l’envoi par la Grande-Bretagne d’une plateforme de prospection pétrolière – la zone pouvant contenir des gisements estimés à 60 milliards de barils (à titre de comparaison, la mer du Nord a produit jusqu’ici 40 milliards de barils).
Pour l’heure, un destroyer, 300 soldats et 4 Eurofighter sont présents aux Malouines, un responsable britannique indiquant qu’en 1982, seuls 50 Royal Marines étaient présents dans les îles. Les Malouines ont été occupées par la Grande-Bretagne depuis 1833 et sont depuis lors revendiquées par l’Argentine.
Au final, force est également de constater que l’affaire tombe bien pour la Royal Navy qui se bat toujours pour avoir deux porte-avions, soit des bâtiments sans lesquels l’opération Corporate, en 1982, eut été impossible.
C’est la conséquence d’un décret promu par la présidence de Buenos Aires, selon lequel tout navire naviguant dans les eaux revendiquées par l’Argentine doit avoir un permis donné par Buenos Aires.
Ce mouvement argentin intervient après l’envoi par la Grande-Bretagne d’une plateforme de prospection pétrolière – la zone pouvant contenir des gisements estimés à 60 milliards de barils (à titre de comparaison, la mer du Nord a produit jusqu’ici 40 milliards de barils).
Pour l’heure, un destroyer, 300 soldats et 4 Eurofighter sont présents aux Malouines, un responsable britannique indiquant qu’en 1982, seuls 50 Royal Marines étaient présents dans les îles. Les Malouines ont été occupées par la Grande-Bretagne depuis 1833 et sont depuis lors revendiquées par l’Argentine.
Au final, force est également de constater que l’affaire tombe bien pour la Royal Navy qui se bat toujours pour avoir deux porte-avions, soit des bâtiments sans lesquels l’opération Corporate, en 1982, eut été impossible.
lundi 15 février 2010
Vers une armée européenne ? Séminaire "penser la guerre"
La troisième séance du séminaire "Penser la guerre" aura lieu mardi 16 février de 19h à 21h à l'EHESS (105, bd. Raspail Paris 6e) en salle 4.
Le thème de cette séance sera : "Vers une armée européenne ?", avec Delphine Deschaux-Beaume, docteure en science politique et enseignante à Sciences-Po Grenoble, et Yves Boyer, directeur-adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique et professeur à l'Ecole Polytechnique. Tous deux sont spécialistes de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
Le séminaire est ouvert à tous, sans inscription préalable.
Le thème de cette séance sera : "Vers une armée européenne ?", avec Delphine Deschaux-Beaume, docteure en science politique et enseignante à Sciences-Po Grenoble, et Yves Boyer, directeur-adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique et professeur à l'Ecole Polytechnique. Tous deux sont spécialistes de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
Le séminaire est ouvert à tous, sans inscription préalable.
jeudi 7 janvier 2010
Galileo : cette fois, c'est parti
La Commission européenne a attribué les trois contrats qui permettront la mise en place de la capacité initiale du système de navigation par satellites Galileo :
- 566 millions d'Euros à OHB Systems pour la construction de 14 satellites (la cible est de 32) ;
- 397 millions pour le lancement de 10 satellites, par paires, via Arianespace, en l'occurrence via des lanceurs Soyouz. Le premier lancement interviendra en octobre 2012 ;
- 85 millions à Astrium pour des missions de soutien.
Trois autres contrats, portant sur les infrastructures de contrôle ; les systèmes de mission au sol et les opérations seront attribués à la mi-2010. Le système devrait être opérationnel dès 2014.
- 566 millions d'Euros à OHB Systems pour la construction de 14 satellites (la cible est de 32) ;
- 397 millions pour le lancement de 10 satellites, par paires, via Arianespace, en l'occurrence via des lanceurs Soyouz. Le premier lancement interviendra en octobre 2012 ;
- 85 millions à Astrium pour des missions de soutien.
Trois autres contrats, portant sur les infrastructures de contrôle ; les systèmes de mission au sol et les opérations seront attribués à la mi-2010. Le système devrait être opérationnel dès 2014.
jeudi 17 décembre 2009
Grande-Bretagne : réajustement de la stratégie des moyens
Le premier ministre britannique a autorisé des coupes budgétaires à hauteur de 1,5 milliards de livres dans des programmes jugés comme « de faible priorité » mais aussi dans les effectifs, principalement administratifs, 2 500 personnes devant quitter les forces.
En particulier, le programme d’hélicoptères moyens, destinés au remplacement des Puma et des Sea King Commando est annulé. Des Harrier et des Tornado devraient également quitter le service plus rapidement que prévu, tandis que la base de Cottesmore sera fermée.
Dans la marine, un chasseur de mines et un bâtiment océanographique seront retirés du service. Les premiers Merlin comme les Lynx les plus anciens quitteront également les escadrons plus tôt, de façon à faciliter la transition sur les Merlin Mk2 et les Wildcat.
Par contre, le Premier ministre a annoncé la commande de 22 hélicoptères CH-47 Chinook, d’un nouveau C-17 de transport stratégique.
Le nombre de drones MQ-9 Reaper sera doublé, ce qui ferait passer la flotte à 22 appareils. L’équipement du combattant débarqué sera également modernisé (principalement au niveau des gilets pare-balles et des lunettes de vision nocturne), tandis que de nouveaux postes radio Bowman et des systèmes de lutte contre les IED seront acquis.
Douze millions de livres sont ainsi consacrés à l’achat de nouveaux robots (30 sont actuellement en service). L’engagement britannique d’acheter 25 A400M ne serait, par contre, pas remis en question.
En particulier, le programme d’hélicoptères moyens, destinés au remplacement des Puma et des Sea King Commando est annulé. Des Harrier et des Tornado devraient également quitter le service plus rapidement que prévu, tandis que la base de Cottesmore sera fermée.
Dans la marine, un chasseur de mines et un bâtiment océanographique seront retirés du service. Les premiers Merlin comme les Lynx les plus anciens quitteront également les escadrons plus tôt, de façon à faciliter la transition sur les Merlin Mk2 et les Wildcat.
Par contre, le Premier ministre a annoncé la commande de 22 hélicoptères CH-47 Chinook, d’un nouveau C-17 de transport stratégique.
Le nombre de drones MQ-9 Reaper sera doublé, ce qui ferait passer la flotte à 22 appareils. L’équipement du combattant débarqué sera également modernisé (principalement au niveau des gilets pare-balles et des lunettes de vision nocturne), tandis que de nouveaux postes radio Bowman et des systèmes de lutte contre les IED seront acquis.
Douze millions de livres sont ainsi consacrés à l’achat de nouveaux robots (30 sont actuellement en service). L’engagement britannique d’acheter 25 A400M ne serait, par contre, pas remis en question.
mardi 27 octobre 2009
Grande-Bretagne : 50 JSF et non plus 138 ; 1 porte-avions en moins...
La question du montant des budgets de défense est l’une des plus délicates pour l’heure en Europe et la Grande-Bretagne ne fait pas exception. Or, les grandes lignes du futur budget britannique montrent à quel point les ambitions de Londres doivent être revues à la baisse.
Ainsi, l’un des deux futurs porte-avions de la classe Queen Elizabeth (CVF) a du être abandonné, du fait des coûts du F-35, qui ne permettra pas d’équiper le deuxième bâtiment.
Ce dernier sera néanmoins construit mais gréé en porte-hélicoptères, afin de remplacer l’HMS Ocean à l’horizon 2018. Autre conséquence, le nombre de F-35 JSF devant être commandés par Londres va passer d'une cible de 138 à 50.
Ainsi, l’un des deux futurs porte-avions de la classe Queen Elizabeth (CVF) a du être abandonné, du fait des coûts du F-35, qui ne permettra pas d’équiper le deuxième bâtiment.
Ce dernier sera néanmoins construit mais gréé en porte-hélicoptères, afin de remplacer l’HMS Ocean à l’horizon 2018. Autre conséquence, le nombre de F-35 JSF devant être commandés par Londres va passer d'une cible de 138 à 50.
lundi 15 juin 2009
Faire européen, est-ce plus cher ?
Juste une petite réponse au dernier post de JDM, concernant la question du coût des appareils de combat européens en regard de l'option nationale. Je ne m'aventurerai pas ici sur la question du coût mais je ferai juste une petite précision, en rappellant ici une interview donnée en son temps par Claude Carlier, professeur en Sorbonne et grand observateur de tout ce qui vole devant l'Eternel.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
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lundi 16 février 2009
Scrountch (2) : Le Triomphant et le Vanguard entrent en collision
C'est la presse britannique qui le révèle, Le Triomphant et le Vanguard, deux SNLE, sont entrés en collision le 3 ou 4 février. D'après The Sun, les deux bâtiments ne menaient pas d'exercices ensemble. On ne connaît pas exactement les circonstances de la collision ni celles de leur proximité.
Selon un membre de la Royal Navy, "The potential consequences are unthinkable. It’s very unlikely there would have been a nuclear explosion (...) But a radioactive leak was a possibility. Worse, we could have lost the crew and warheads. That would have been a national disaster". Le Vanguard a été remorqué à Faslane tandis que Le Triomphant serait rentré à Brest "avec des dommages importants au dome sonar".
Je devrais passer sur France Info dans le courant de la journée.
Selon un membre de la Royal Navy, "The potential consequences are unthinkable. It’s very unlikely there would have been a nuclear explosion (...) But a radioactive leak was a possibility. Worse, we could have lost the crew and warheads. That would have been a national disaster". Le Vanguard a été remorqué à Faslane tandis que Le Triomphant serait rentré à Brest "avec des dommages importants au dome sonar".
Je devrais passer sur France Info dans le courant de la journée.
mercredi 11 février 2009
Docs en stock : les interventions de la conférence de Munich
La Conférence annuelle sur la sécurité de Munich est "ze place to be" en matière de relations internationales. Evidemment, il ne faut jamais s'attendre à entendre des déclarations fracassantes ou y voir émerger des révolutions politiques. Toutefois, ces conférences sont très indicatives de l'ambiance sécuritaire internationale.
Or, les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre en ligne les différentes interventions, comprenant notamment celles de Joseph "Soft Power" Nye ou du énéral Petraeus. A lire ici.
Or, les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre en ligne les différentes interventions, comprenant notamment celles de Joseph "Soft Power" Nye ou du énéral Petraeus. A lire ici.
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jeudi 5 février 2009
De la différence entre un militaire et un diplomate...
Zoom Europa, diffusé hier soir sur Arte, faisait notamment un portrait du général de Kermabon, que nous avions reçu en son temps dans les pages de DSI et qui, maintenant à la retraite, a été placé à la tête d'Eulex Kosovo.
A la question de savoir si, finalement, il se sentait plutôt militaire ou diplomate, il a répondu par une petite cabriole humoristique :
Connaissez-vous la différence entre un militaire et un diplomate ?
Pour le militaire :
"Oui", c'est oui.
"Non", c'est non.
"Peut-être" n'existe pas.
Pour le diplomate :
"Oui", c'est peut-être
"peut-être", c'est non
"Non" n'existe pas.
A la question de savoir si, finalement, il se sentait plutôt militaire ou diplomate, il a répondu par une petite cabriole humoristique :
Connaissez-vous la différence entre un militaire et un diplomate ?
Pour le militaire :
"Oui", c'est oui.
"Non", c'est non.
"Peut-être" n'existe pas.
Pour le diplomate :
"Oui", c'est peut-être
"peut-être", c'est non
"Non" n'existe pas.
mercredi 4 février 2009
Tchad : ce qui s'est passé
C'est suite à une question parlementaire déposée par le Vice-président de la Commission de la défense belge, Denis Ducarme, que le ministre a précisé les conditions dans lesquelles deux véhicules belges, dont un LMV, ont été détruits.
C'est mi-novembre qu'une équipe belge de forces spéciales, en patrouille à la frontière soudanaise, s'est vue attaquée par un hélicoptère de Khartoum. L'appareil a effectué 4 passages bas (moins de 100 m), tirant un total de 4 roquettes. Les véhicules, apparemment, avaient été positionnés à couvert dans la végétation.
Selon le ministre, leur destruction sera indirecte, les roquettes mettant le feu à la végétation, qui, à son tour, détruira les véhicules. Aucun dégât humain n'est à signaler. Reste une question : travaillant au GPS, les forces belges sont absolument certaines d'être restées sur le territoire tchadien. Que fichaient donc les Soudanais au Tchad ?
C'est mi-novembre qu'une équipe belge de forces spéciales, en patrouille à la frontière soudanaise, s'est vue attaquée par un hélicoptère de Khartoum. L'appareil a effectué 4 passages bas (moins de 100 m), tirant un total de 4 roquettes. Les véhicules, apparemment, avaient été positionnés à couvert dans la végétation.
Selon le ministre, leur destruction sera indirecte, les roquettes mettant le feu à la végétation, qui, à son tour, détruira les véhicules. Aucun dégât humain n'est à signaler. Reste une question : travaillant au GPS, les forces belges sont absolument certaines d'être restées sur le territoire tchadien. Que fichaient donc les Soudanais au Tchad ?
lundi 2 février 2009
Les forces spéciales belges au Tchad : under fire...
Selon l'Irish Times, qui a interviewé le général Nash, commandant de l'opération Eufor Tchad-RCA, des forces belges engagés au Tchad ont été pris à parti par des tirs en provenance du Soudan, manifestement sans causer de dégâts humains. Il est également possible qu'au moins un véhicule (deux, selon certaines sources) ait été détruit par le feu d'un hélicoptère soudanais au cours du même engagement.
Le général Nash s'est dit "relativement content" du déploiement des forces européennes, indiquant qu'elles avaient été en mesure de contribuer à "un certain facteur de dissuasion". Mais, avec 3 500 hommes sur une superficie équivalente à celle de la France, a-t-il rappelé, "we have not been able to compel everybody to behave in a certain fashion and it was never realistic to expect that".
Le général Nash s'est dit "relativement content" du déploiement des forces européennes, indiquant qu'elles avaient été en mesure de contribuer à "un certain facteur de dissuasion". Mais, avec 3 500 hommes sur une superficie équivalente à celle de la France, a-t-il rappelé, "we have not been able to compel everybody to behave in a certain fashion and it was never realistic to expect that".
vendredi 16 janvier 2009
Grande-Bretagne : le débat sur la dissuasion relancé
C’est dans une lettre au Times que trois officiers généraux britanniques à la retraite, le Field Marshal Lord Bramall et les généraux Lord Ramsbotham et Sir Hugh Beach ont appelé à un abandon du renouvellement – programmé depuis 2006 – des sous-marins nucléaires d’engins.
Partant du principe d’une couverture de facto par le parapluie nucléaire américain et que la force britannique n’est de toute façon pas indépendante, ils soulignent que les économies qui seraient réalisées, de l’ordre des 20 milliards de livre sterling, permettraient de renforcer des forces conventionnelles dans une situation de crise.
Ils indiquent aussi que la dissuasion nucléaire s’est montrée « complètement inutile comme mesure de dissuasion aux menaces et à l’échelle de violence auxquelles nous faisons actuellement face ou qui sont probables, particulièrement le terrorisme ». Les auteurs ont également souligné le fait que disposer d’armes nucléaires ne représentaient plus un facteur nécessaire pour peser sur les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU.
En tout état de cause, le débat britannique sur les armes nucléaires – plus vivace qu’en France – semble connaître une nouvelle étape et non des moindres... La décision de co-développer leur dissuasion avec les Etats-Unis place les Britanniques dans une position pour le moins inconfortables : ne bénéficiant pas de la latitude française, ils voient la "fixation" d'une partie de leur budget. Tout en restant conscient que "le jour où les catapultes seront hors-la-loi, tous les hors-la-loi auront des catapultes".
Partant du principe d’une couverture de facto par le parapluie nucléaire américain et que la force britannique n’est de toute façon pas indépendante, ils soulignent que les économies qui seraient réalisées, de l’ordre des 20 milliards de livre sterling, permettraient de renforcer des forces conventionnelles dans une situation de crise.
Ils indiquent aussi que la dissuasion nucléaire s’est montrée « complètement inutile comme mesure de dissuasion aux menaces et à l’échelle de violence auxquelles nous faisons actuellement face ou qui sont probables, particulièrement le terrorisme ». Les auteurs ont également souligné le fait que disposer d’armes nucléaires ne représentaient plus un facteur nécessaire pour peser sur les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU.
En tout état de cause, le débat britannique sur les armes nucléaires – plus vivace qu’en France – semble connaître une nouvelle étape et non des moindres... La décision de co-développer leur dissuasion avec les Etats-Unis place les Britanniques dans une position pour le moins inconfortables : ne bénéficiant pas de la latitude française, ils voient la "fixation" d'une partie de leur budget. Tout en restant conscient que "le jour où les catapultes seront hors-la-loi, tous les hors-la-loi auront des catapultes".
mercredi 3 décembre 2008
James Jones à la tête du NSC
Confirmant le choix d’Hillary Clinton au secrétariat d’Etat, Barack Obama a également confirmé Robert Gates dans ses fonctions de Secrétaire à la défense, arguant qu’une rupture alors que les Etats-Unis font face à deux guerres ne serait pas souhaitable. Mais le nouveau président américain a également choisi James Jones en tant que Conseiller à la sécurité nationale.
A 64 ans, ce général des Marines, ancien commandant des Marines et ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) a été particulièrement prompt à mettre en avant la problématique de la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Après sa retraite, il a également mené plusieurs missions en Afghanistan et en Irak pour le compte du Pentagone. Durant sa carrière, il a également été l'officier de liaison entre les Marines et le Sénat, acquérrant ainsi une expérience politique certaine.
Parfaitement bilingue français-anglais (il a passé sa scolarité en France avant de rejoindre l'université de Georgetown pour un BA. en sciences), il est considéré comme un officier au franc parler. Il est aussi crédité d'une excellente aptitude à la négociation et à la compréhension des enjeux aussi bien stratégiques que tactiques. Typiquement "Marine", il se serait ainsi adressé au Corps en 1999 : "It's OK to have fun in the Marine Corps. I like to say we are an imperfect people working in an institution that tries to be perfect. That is a noble thing, but you have to realize there is no perfect. We're human".
A 64 ans, ce général des Marines, ancien commandant des Marines et ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) a été particulièrement prompt à mettre en avant la problématique de la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Après sa retraite, il a également mené plusieurs missions en Afghanistan et en Irak pour le compte du Pentagone. Durant sa carrière, il a également été l'officier de liaison entre les Marines et le Sénat, acquérrant ainsi une expérience politique certaine.
Parfaitement bilingue français-anglais (il a passé sa scolarité en France avant de rejoindre l'université de Georgetown pour un BA. en sciences), il est considéré comme un officier au franc parler. Il est aussi crédité d'une excellente aptitude à la négociation et à la compréhension des enjeux aussi bien stratégiques que tactiques. Typiquement "Marine", il se serait ainsi adressé au Corps en 1999 : "It's OK to have fun in the Marine Corps. I like to say we are an imperfect people working in an institution that tries to be perfect. That is a noble thing, but you have to realize there is no perfect. We're human".
vendredi 21 novembre 2008
La Norvège choisit le F-35
Finalement et malgré les efforts de Saab, Oslo a penché pour le F-35, Reuters annonçant le choix norvégien. La Norvège achetera donc 48 F-35A pour un montant de 18 milliards de couronnes/2,54 milliards de dollars, soit 6 milliards de couronnes moins cher que le Gripen "spécial Norvège", qui avait en son temps été présenté dans DSI et qui reprenait nombre de caractéristiques du NG.
Le ministère de la défense a également indiqué que les coûts de possession de l'appareil américain sur 30 ans étaient de 20 à 30 milliards de couronnes inférieures à ceux du Gripen. Reste, toutefois, une question : le Gripen est en service, le F-35, non. Dès lors, quelle méthodologie a été employée pour le calcul des coûts de possession ?
Addendum : on apprenait par d'autres sources, dans le même temps, qu'Israël était "étonné" de voir le prix unitaire de ses F-35 passer à 200 millions de dollars.
Le ministère de la défense a également indiqué que les coûts de possession de l'appareil américain sur 30 ans étaient de 20 à 30 milliards de couronnes inférieures à ceux du Gripen. Reste, toutefois, une question : le Gripen est en service, le F-35, non. Dès lors, quelle méthodologie a été employée pour le calcul des coûts de possession ?
Addendum : on apprenait par d'autres sources, dans le même temps, qu'Israël était "étonné" de voir le prix unitaire de ses F-35 passer à 200 millions de dollars.
lundi 13 octobre 2008
Colloque Quelle politique de sécurité et de défense pour l'Europe ? Les enjeux de la présidence française de l'UE
Le Club Participation & Progrès, en collaboration avec le RMES et l’Ecole Royale Militaire organise, le 20 octobre prochain, un colloque sur le thème "Quelle politique de sécurité et de défense pour l'Europe ? Les enjeux de la présidence française de l'UE". L’événement se tiendra au Centre de Conférence de l’Ecole Royale Militaire (entrée par la rue Hobbema à 1000 Bruxelles) entre 09.00 et 18.00.
La participation est gratuite mais une inscription préalable est obligatoire. Durant cette journée, plusieurs membres du RMES s’exprimeront sur la thématique: André Dumoulin, Alain De Neve et moi-même. Vous pouvez consulter le programme en cliquant ici. Un bulletin d’inscription peut être obtenu en cliquant sur ce lien.
Pour tout renseignement complémentaire (et pour réserver), prière d’adresser un message à Club.Participation-Progres@wanadoo.fr.
La participation est gratuite mais une inscription préalable est obligatoire. Durant cette journée, plusieurs membres du RMES s’exprimeront sur la thématique: André Dumoulin, Alain De Neve et moi-même. Vous pouvez consulter le programme en cliquant ici. Un bulletin d’inscription peut être obtenu en cliquant sur ce lien.
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