mardi 8 avril 2008

Lost in space

Ainsi, selon Secret Défense, le ministre français de la défense a indiqué qu'il faudra être "raisonnable" dans un domaine spatial où plusieurs opérationnels indiquent pourtant depuis un certain temps qu'une crise capacitaire ne devrait pas manquer de se produire. De fait, à partir de 2014, Helios IIA sera considéré comme en extension de vie.

Et d'indiquer que "Les satellites sont vulnérables. Est-ce vraiment la peine d'investir des milliards dans l'espace ?". Certes. Mais pas plus ou pas moins que les capacités spatiales américaines, indiennes, japonaises, chinoises ou russes. Et encore moins que des unités déployées en OPEX ou encore des navires de combat. Faut-il en déduire que MUSIS, le futur programme de satellite optique (qui sera analysé dans le prochain DSI, à paraître début mai) ou le nouveau système ROEM satellitaire vont passer à la trappe ?

Aussi si on ne peut pas complètement donner tort au ministre selon lequel "Une voiture, ce ne sont pas simplement des phares", la réalité est bien plus complexe. Le renseignement est un domaine où les analystes évoluent naturellement dans le brouillard - qu'il soit de la guerre, de la crise ou de la paix - et, finalement, n'a guère de ressemblance avec une voiture, aussi perfectionnée qu'elle soit. Et, de fait, tout le monde sait que dans l'hiver stratégique auquel nous devons nous préparer, les nuits sont parfois plus longues que les jours...

Reste néanmoins que le processus de génération du prochain Livre Blanc semble tourner au cacophonique. Démissions et indications selon lesquelles c'est la Revue Générale des Politiques Publiques (RGPP) qui dirige la réflexion stratégique - Carl von C. a d'ailleurs beaucoup à dire du récent rapport Bauer - pourraient ne constituer que la pointe de l'iceberg sur lequel les capacités françaises (et, partant, européennes) pourraient venir se fracasser.

La mise en place de la fonction "renseignement-anticipation", de ce point de vue, pouvait être considérée comme un signe encourageant (cf. DSI n°36). Mais, cependant et s'il est évident que le renseignement technologique doit céder le pas face au renseignement humain (Cf. l'article de Véronique sur la DRM dans le DSI de janvier), ce n'est pas une raison pour dégager des capacités que la France est l'une des seules en Europe a maîtriser. Car à parler d'Europe de la défense, il faut aussi savoir... assumer.

20 commentaires:

Anonyme a dit…

Encore une palinodie...? à lire ce post on est un peu surpris même si espionnage ne veut pas dire ipso facto satellites !
http://www.spyworld-actu.com/spip.php?article7433

Marco a dit…

Palinodie ? Je pense que vous parlez à Joseph Henrotin, le champion de la conception clausewitzienne de la technologie et grand fan de la Revolution in Intelligence Affairs devant l'éternel (qui n'est pas franchement technologique dans le sens européen) -> faut lire les autres posts ;o)

Anonyme a dit…

Sur les satellites je rejoins tout a fait Mr Morin et je parle en connaissance de cause.
Ceux ci sont tres vulnérable Y COMPRIS en temps de paix.Des satellites ont déja été neutralisés en temps de paix.
Et on assiste au déploiement de systèmes ASAT.
Pourquoi croyez vous que l'UE a comme priorité la surveillance de l'espace?
Que ferait t-on si en cas de crise une puissance neutralise nos satellites sans même se déclarer?
Certains voudraient doubler le budget satellite qui représente déja 400 à 500 md'€ annuel soit 10% des crédits conventionnels.
Le prix d'un porte-avion en 6 ans.
Ce n'est pas raisonnable.
Il faut le minimum et rien de plus c'est à dire un système satellite de reconnaissance optique, un de transmission, et peut etre un ELINT et un DSP de detection tir missile.
Tout ces projets peuvent etre fait en coopération et c'est meme souhaitable car la destruction d'un satellite impliquerait plusieurs pays.D'ou le programe MUSIS.En attendant on a un satellite Helios stocké qui pourra etre lancé et faire la soudure.
Galileo sera Européen et en plus il y aura le GMES civil.
N'en faisons pas trop et pensons plutot a des UAV furtifs beaucoup moins vulnérable et permettant le temps réel.

Marco a dit…

Pour répondre au dernier post, je soupçonne que les programmes dont vous parliez soient justemment la cible des déclarations du ministre...

Et puis, sur la question de la vulnérabilité, honnêtement, tout matériel militaire est naturellement vulnérable...

Anonyme a dit…

"Et puis, sur la question de la vulnérabilité, honnêtement, tout matériel militaire est naturellement vulnérable"
Oui mais quand toute l'efficacité de nos armées reposeraient sur un seul matériel sans défense (un seul Helios par exemple) qui peut etre détruit de manière anonyme sans perte d'homme et sans risque de représaille, c'est s'exposer au pire.
On tire sur notre porteavion (qui est défendu) et c'est la guerre sans ambiguité.Pour détruire un PA il faut quelques missiles quand meme.
On détruit nos satellites anonymement ou sans déclaration publique et sans mort d'homme, et nos armées sont par terre, ravalée au niveau d'un pays de deuxième ordre: que fait on?

Anonyme a dit…

Autre possibilité, un drone ravitaillable en vol hypersonique furtif Scramjet méthane tres haute altitude (50 à 60 km? et > mach7) et pouvant faire 5000/6000 km.A 400 md'€ annuel ca fait 4 Md'€ en 10 ans et en cooperation ca parait possible et ca boosterait la technologie des lanceurs.Et si il était armable avec une soute pouvant contenir soit 2/4 armes style AASM adaptées (donc utilisable pour détruire le leadership, ou des avions au sol ou des navires), soit des armes antimissiles ou ASAT, soit une charge reconnaissance, ca serait le pied.
Partant de France, le drone atteindrait le Golfe d'Aden en 50 minutes, serait ravitaillé en vol par un MRRT special venant de Djibouti, ferait une reconnaissance au dessus de Tehéran 30 minutes plus tard ou bombarderait le leadership Iranien ou détruirait au sol de nouveaux SU 30 acquis par l'Iran, puis rejoindrait le nord de la Crète pour un deuxième ravitaillement avant de rentrer à Istres.
Apparemment les USA veulent un tel système.
Un ("black" ?)programme franco Anglais ou Allemand serait fantastique.
Et à la limite si on se passe du PA2 pour un drone armable, on rajoute 3,5 Md'€ soit un programme à 8 Md'€ pour la part française.
Et même bien plus grâce au produit cumulé de la réduction des sureffectifs dans 10 ans.
Ca valoriserait notre savoir faire francais en hypersonique.
Les avions les plus sophistiqués de l'adversaire étant détruit, un seul PA avec 40 Rafale M aurait la tache facile.
Il faut investir dans l'armement et vite!
Il n'y a que 55000 militaires indispensables en nombre, ce sont ceux de l'infanterie, du génie, des troupes prépositionnées, de la DGSE et DRM et le reste (soit 270 000 personnels)c'est du servant d'armes lourdes, du support et de l'administratif et doivent etre au nombre minimum pour servir les armes avec l'efficacité nécessaire pour dégager le maximum de crédits d'équipement (avec la neutralité fiscale bien sûr).
Je n'en ai rien a battre que l'AdA ait 65 000 personnels ou la Marine 45 000.
Ce qui compte c'est le nombre d'armes efficaces que l'on balance par jour et dans la durée à une distance donnée, le nombre de SU30 que l'on est capable d'abattre, le nombre de tonnes km acheminées à une distance donnée, la vitesse de nettoyage d'une ville donnée, le nombre de km de front que l'on peut prendre en compte face à un adversaire mécanisé type, la taille de la population controlable pour une surface donnée...
C'est de "l'effect based" et le reste c'est pour les defilés.
Malgré tout le respect que j'ai pour les militaires ceux ci ne servent plus que pour les cas ou les machines ne servent pas (infanterie, renseignement), le reste c'est de la machine et les hommes ne servent qu'a rien d'autre qu'a les entretenir et les mettre en ouvre et ne doivent etre appréciés qu'à l'aune des services qu'ils rendent aux machines et sans aucun etat d'ame.
Bienvenu dans le XXIeme siècle ou c'est la machine qui fera la puissance et l'élite (ingénieurs, officiers,gestionnaires..) et non le nombre d'hommes.
De manière provocatrice et dans un cas extrème, si la France était parfaitement bien gérée, elle pourrait excéder la puissance de la Chine et des USA grace aux robots et à la selection des élites.Car la puissance dégageable en matière militaire s'apprecie une fois que l'on a soustrait les besoins de confort de la population et de l'élite.
Aujourd'hui la France n'a que 3millions de personnes dans l'industrie et 55 000 militaires hors servants d'armes et logistique.

La puissance c'est la technologie, les machines et le capital, et quelques légions d'élite quand il y a besoin d'intervenir au sol, les USA et le Japon l'ont bien compris.L'Angleterre a dominé le monde comme cela.
La main d'oeuvre non stratégique ca se trouve dans le tiers monde pour des clopinettes.
Désolé d'etre franc jeu.

François Duran a dit…

J’entends bien, et adhère pour partie aux arguments exposés précédemment mais je me demande si, notamment vers la fin de l’argumentaire, on y parle du contexte actuel ou d’un futur plus ou moins éloigné, voire même plus ou moins probable…
« Malgré tout le respect que j'ai pour les militaires ceux ci ne servent plus que pour les cas ou les machines ne servent pas (infanterie, renseignement), le reste c'est de la machine et les hommes ne servent qu'a rien d'autre qu'a les entretenir et les mettre en ouvre et ne doivent être appréciés qu'à l'aune des services qu'ils rendent aux machines et sans aucun état d'âme.
Bienvenu dans le XXIème siècle ou c'est la machine qui fera la puissance et l'élite (ingénieurs, officiers, gestionnaires..) et non le nombre d’hommes. »
Le problème c’est que, justement, ceux d’en face n’ont pas toujours des machines et que cela ne les empêche pas de faire mal. Les machines ne servent à rien si la volonté de l’homme ne les utilise pas à bon escient. Ce sont les hommes, politiques, militaires et citoyens qui décident de l’issue du conflit, non ses outils. Sauf retour, toujours possible, d’un affrontement conventionnel, les machines ne seront jamais qu’un plus servant les bonshommes. L’accumulation de matériels sophistiqués ne gagne pas les guerres contre-insurrectionnelles, le lot quotidien de nos armées, qui sont essentiellement des affrontements basés sur l’influence et l’adhésion des populations.
Une machine ne convainc personne dans ces cas. Un fantassin le peut éventuellement. De plus, dissocié infanterie, renseignement et machine me semble étrange : quid de l’infanterie mécanisée, par exemple, parfait couplage entre le fantassin et son engin de combat ?
Bon, ceci étant je n’ai pas vos connaissances techniques…

Athéna et moi... a dit…

Bonjour tout le monde,

Je suis absolument d'accord avec François : confondre fins et moyens, c'est limiter la liberté de manoeuvre, les moyens ne se limitant en aucun cas à la technique. Les exemples abondent en faveur d'une relation hiérarchique où la technique n'est qu'outil (lui-même dépendant, d'ailleurs, de la volonté politique). Je n'en prendrai que deux, tirés de la 2ème Guerre mondiale :

- en 39, les chars français étaient supérieurs aux engins allemands. Le fort belge d'Eben Emael était considéré comme le plus perfectionné du monde. Résultat ? Une technologie moins avancée mais bien utilisée nous a flanqué une sacrée tatanne...

- en 45, le matériel allemand était techniquement supérieur aux matériels alliés. Mais la stratégie alliée, ses décisions, ses tactiques était fondamentalement meilleure.

Voilà pour ce qui concerne la "partie facile" de l'équation stratégique : le combat régulier. Quant à la partie "difficile", le combat irrégulier, la technologie permet au mieux des succès tactiques. Le reste, honnêtement, c'est de la pop-culture : la victoire tactique en combat irrégulier ne signifie absolument rien et ne garantit en aucun cas la victoire stratégique.

Et croyez-moi, je peux vous reconnaître à peu près n'importe quel matériel militaire et je n'ai strictement rien "d'anti-technologique"...

Anonyme a dit…

Je n'ai pas dit de diminuer les personnels ayant des fonctions afférentes à l'infanterie et au renseignement justement.
Ca n'implique pas même avec une armée technologique, de s'abstraire des savoir faire militaires stratégiques et tactiques.
La technologie permet de réduire massivement les pertes meme en cas de guerre contre insurrectionnelle (et d'en infliger un maximum).
Il y a beaucoup a faire dans ce domaine très négligé même par les USA qui se sont concentrés sur les moyens technologiques des guerres conventionnelles et n'ont quasiment rien fait sur l'insurrectionnel: ils ont même été surpris par les IED!!!!
Même les USA n'ont pas d'UAV à radar FOPEN alors que la technologie pour en faire existait.
Je n'ai pas dit de réduire les troupes au sol en première ligne aussi bien pour le conventionnel que pour le contre insurrectionnel.

A propos l'Allemagne avait la supériorité technologique en 1940 (transmissions, aéroporté etc..) avec les concepts d'emplois qui vont avec.
Elle l'avait encore en 1944 mais les alliés s"étaient adapté et surtout produisait 10 fois plus de matériels et de carburant avec des réserves d'hommes alors que l'Allemagne ne pouvait plus compenser les pertes.
Ce n'est pas la technologie qui était en cause mais le rapport de force: 75 millions d'Allemands bombardés jour et nuit contre un MILLIARDS d'hommes (avec l'empire Britannique).
Le matériel n'a jamais été une condition suffisante mais nécessaire.
"Sauf retour, toujours possible, d’un affrontement conventionnel, les machines ne seront jamais qu’un plus servant les bonshommes."
Di'ci 2050 je vous garanti à 95% un conflit conventionnel majeur.
Et la crédibilité en termes militaire et de dissuasion passe d'abord sur le conflit d'Etat à Etat.
Les conflits contre insurrectionnels sont des conflits aux marges avec finalement peu d'impact en général.
Les vrais changements de l'histoire se font dans des batailles décisives.
Je réflechis sur 50 ans qui est le temps de construction d'une armée (10 ans pour la technologie d'un matériel ou d'un nouveau concept, 10 ans pour le développement et le déploiement, 30 ans de service...)

Anonyme a dit…

"- en 39, les chars français étaient supérieurs aux engins allemands. Le fort belge d'Eben Emael était considéré comme le plus perfectionné du monde. Résultat ? Une technologie moins avancée mais bien utilisée nous a flanqué une sacrée tatanne..."
Les chars francais n'étaient pas supérieurs: mieux blindés pour certains mais moins mobile, pas de transmissions, une tourelle monoplace.Les premiers facteurs dans le succès de l'arme bindée sont la boucle OOADA, la puissance de feu, la mobilité et en dernier lieu le blindage.
Le fort belge d'Eben Emael a été vaincu par des troupes aéroportées permise par les progrès de l'aviation et les charges creuses.N'est ce pas lié à la technologie?

Athéna et moi... a dit…

Je pense que vous devriez relire à la fois les deux articles de Stéphane Ferrard sur la campagne belge des troupes FR en Belgique mais aussi Karl-Heinz Frieser ou même certains écrits de Guderian : les coms radio étaient tèrs loin d'être systématiques à l'époque, de même que la puissance de feu était supérieure en France. Idem pour le nombre de chars construits.

Pour Eben Emael : certes, l'aviation a joué un rôle prépondérant. Mais, d'un autre côté et en ultime analyse, c'était la prépondérance de l'offensive sur la défensive qui importait et qui n'avait pas correctement été analysée par les forces belges -aboutissant à la perception de construire ce fort.

Si tout le monde - Français comme Belges - avait lu le mémo à Daladier de de Gaulle et en avait tiré les conséquences logiques, on aurait vu que plus que la technologie, c'est la façon de l'utiliser qui importe...

Retour à la case départ : l'essentiel, c'est l'esprit, l'idéel, pas le matériel...

Frédéric a dit…

Avoir du bon matériel et savoir bien l'utiliser (et en ayant de la réserve ce qui est négligé dans l'Europe d'aujourd'hui), c'est une des clés de la victoire :)

Anonyme a dit…

" c'était la prépondérance de l'offensive sur la défensive qui importait et qui n'avait pas correctement été analysée par les forces belges "
Parceque on avait pas vu les opportunités technologiques pour le détruire (aéroporté plus charges creuses) !
L'analyse en etait restée au canons lourds!

Les com radios étaient systématique dans le fer de lance blindé Allemand avec meme des blindés dédies commandement dès 1940.
Nos moyen radionavigation et radar étaient inexistants contrairement aux Allemands.
Nous avons été vaincus par la technologie et la doctrine qui en découlait.
Doctrine et technologie vont de pair et les ruptures doctrinales viennent de l'apparition de nouveaux moyens technologiques.

Si on avait développé des moyens anti IED, des traducteurs automatiques, des systèmes de combat urbain, des système radar FOPEN aéroportés permettant de voir a travers les feuillages, des systemes d'interrogation scientifiques hors torture, des sytemes antimortiers et antiRPG (style Trophy) etc..on serait autrement efficace pour le contre insurrectionnel.
Remarquez que tous cela va arriver ..grace aux USA et à Israel

Athéna et moi... a dit…

Je ne vais pas épiloguer sur le sujet de la campagne de 40 mais je réitère mon point de vue : la technologie n'était rien face à l'intelligence tactique/doctrinale. C'est elle qui façonne la technologie - elle est un produit, pas un producteur. Relisez tous les bons ouvrages sur le blitzkrieg.

Par ailleurs, sur la techno en contre-insurrection : produit-elle (la techno) du sens ? Est-elle en mesure de convaincre des populations de vous suivre ? Est-elle en mesure de contrer des combattants jouant le "champ de bataille vide" (Cf. DSI 27) ? Trois fois non. Il ne faut pas confondre l'outil - même s'il est utile - et la tâche.

On aurait pu prévoir des contre-mesures aux IED ? Oui, évidemment. Mais ça aurait impliqué 1) de se focaliser plus que ce n'était le cas sur la COIN (on ne l'a pas fait parce que l'on cherchait à courser des capacités que nous avions déjà) 2) si nous les avions eu, l'adversaire aurait trouvé autre chose. La vitesse d'adaptation est toujours supérieure dans le domaine tactique que dans le domaine technologique...

Sur la Belgique en 40 : avant de penser aux moyens technologiques devant contrer la puissance allemande, il eu d'abord fallut reconnaître qu'elle était menaçante non pas tant en fonction des capacités que des intentions... Là, pas question de technologies...

Anonyme a dit…

la technologie n'était rien face à l'intelligence tactique/doctrinale."
Certes comme l'intelligence doctrinale est souvent incapable de remporter la victoire sans armes.
On est pas necessairement dans le "market pull".
La technologie faconne aussi la doctrine (et reciproquement).
Un stratege militaire moderne doit comprendre comment il pourra faire des ruptures doctrinales a partir des opportunités offertes par la technologie.
Doctrine de rupture et technologie de rupture sont tres souvent liées.
Et ca doit s'anticiper 15 à 30 ans a l'avance comme les Allemands l'ont fait dans les années 20 et 30.

"Est-elle en mesure de convaincre des populations de vous suivre ?"
Partiellement comme par exemple en protégant les populations civiles (par des moyens techniques ou en tuant plus rapidement les terroristes réduisant la peur de la population) ou en faisant de la propagande (style avions Commando Solo US, fabrication de fausses images etc...)

"Est-elle en mesure de contrer des combattants jouant le "champ de bataille vide" "
Oui par exemple par la surveillance FOPEN ou urbaine radar aéroportée des individus qui en est au stade embryonnaire.
Par les traceurs chimiques permettant d'identifier les insurgés aux milieu de la population, par de l'anti IED, anti RPG, anti AK47 qui reduit les moyens des insurgés a rien , par de detecteurs lasers qui permettent d'eliminer les SNIPERS, par des armes a rayonnement non lethale permettant d'ecarter la population et les manifestants protegants les insurgés, par des UAV silencieux armés permettant d'intervenir immédiatement etc..

Au bilan vous avez besoin de moins de troupes ou vous etes beaucoup plus efficaces avec des pertes reduites avec le meme nombbre de troupes.
Le bilan des Anglais en Iraq est catastrophique en efficacité.A tel point que pour la dernière operation a Bassorah les Iraquiens ont fait appel aux américains dans la propre zone des Anglais!

Sans outil il n'y a pas de tache.
Un mauvais ouvrier a de mauvais outils.
Les armées Européennes sont sous équipées et ne peuvent rien sans le grand frere US et ca me navre.

"La vitesse d'adaptation est toujours supérieure dans le domaine tactique que dans le domaine technologique... "
Comme en 1870, 1914, 1940, 1992?
Une tactique peut s'adapter en quelques semaines ou mois, une arme peut mettre 20 ans a se déployer a partir de l'idée.
C'est parceque le domaine technologique s'adapte moins rapidement qu'il faut etre en tete.
Parceque on peut perdre une guerre en quelques semaines justement.
Les alliés ont mis 3 ans a s'adapter à la Blizkrieg apres 40 comme ils ont mis 3 ans pour en changer en 14 (chars, artillerie, aviation...).

"Mais ça aurait impliqué 1) de se focaliser plus que ce n'était le cas sur la COIN (on ne l'a pas fait parce que l'on cherchait à courser des capacités que nous avions déjà) 2) si nous les avions eu, l'adversaire aurait trouvé autre chose. "
A)Il n'y a pas que la guerre contre insurectionnelle qui est la moins dangereuse pour la survie de nos nations ou de notre prestige (qui y t il de pire pour un Etat qu'etre vaincu par un autre Etat? fin de la puissance nationale et de l'influence...)

B)Si vous les privez d'efficacité:
IED/mines, snipers, RPG et antichar, radio ou communications, de mobilité dans les espaces, de se fondre dans la population, de faire de la propagande, de faire de l'assassinat suicide...il ne leur restera pas grand chose ...
L'IED n'a rien de nouveau.Avant ca s'appelait mines ou bobby-trapping.
Les Irakiens ou Talibans n'ont rien de nouveau.

Si nous n'avons peut etre pas le budget parceque nous courrons derriere les USA, les USA l'avait eux (et en plus les technologies COIN ne coutent en général pas tres cher), mais ils ont oublié la guerre anti insurrectionnelle de la meme manière que nous oublions la guerre de haute intensité.
L'histoire n'est faite que d'alternance entre ces deux formes de guerre meme si aujourd'hui le refus d'employer certaines formes de COIN (et la domination AngloSaxonne pour la guerre conventionnelle) rendent evidement les guerres insurrrectionnelles plus fréquentes car avec de meilleurs chances de succès (face a Gengis Khan ou Caesar ca ne marchait pas).

La guerre anti insurrectionnelle: un beau theme a la cooperation Européenne pour l'AED.

Athéna et moi... a dit…

Rendez-moi au moins justice, je n'ai pas dit que les armements sont inutiles. Vous parlez de l'ouvrier et de son outil : s'il est mauvais (domaine idéel), il choisira justemment de mauvais outils (domaine idéel).

On en revient donc à une hiérarchisation de la technique par la doctrine/l'expérience/la tactique/la stratégie/le politique/le moral, etc. Vous citez aussi 1870 : on avait des mitrailleuses : chouette, avantage techno. Mais elle avaient été versées dans des unités d'artillerie. Un déficit de réflexion qui annulera l'avantage technologique...

Par ailleurs, celui-ci est historiquement toujours transitoire.

Et puis, en COIN, avoir les moyens de frapper ne résoud jamais la seule vraie question qui compte : qui, quand et quoi frapper. Et ce n'est pas la technologie qui y répond. Elle permettra de le faire, certes : les outils, c'est fait pour ça. Mais elle ne répondra pas aux vraies questions. Un marteau ne fait pas de vous un bon charpentier en soi.

Et là, pour une fois, je suis d'accord avec vous : il faut penser en avance parce que la technologie "met du temps". Mais, petit bémol, ça implique aussi de ne pas totalement se projeter à 20 ans. Certaines réponses aux questions stratégiques impliquent simplement d'être étudiées...

Sur l'AED : elle a plusieurs programmes en cours de route qui pourraient avoir une utilité en COIN (Cf. les éditions de T&A). Seulement, on pourrait peut-être viser plus juste si les gars connaissaient Trinquier, Galula, Lyautey, Nagl et lisaient des bouquins de stratégie...

Anonyme a dit…

"Trinquier, Galula, Lyautey, Nagl et lisaient des bouquins de stratégie...
"
On est d'accord.
Mais dire que l'un précède l'autre est le point de désgarement.
L'un ne va pas sans l'autre.
Sinon je vous rends justice et apprécie vos actions.
Par ailleurs je suis aussi un stratège .

Athéna et moi... a dit…

Je ne suis pas stratège, juste stratégiste, je me contente d'étudier - ce qui n'est déjà pas mal ;o)

Plus sérieusement, si toute stratégie nécessite des moyens - fussent-ils humains ou intellectuels - il y a une prééminence absolue de l'esprit sur le matériel.

Les deux n'évoluent pas sur un même plan : le matériel découle en soi d'une volonté et de compétences. Vous voyez les choses d'un point de vue opérationnel - mais ce n'est qu'un angle d'attaque. Il est indispensable mais il ne peut se satisfaire à lui-même : une bonne doctrine ou une bonne tactique est orpheline sans une stratégie nationale l'engerbant... L'armement peut en être une composante mais, encore une fois, il ne peut en être le moteur, sauf à confondre fins et moyens....

Anonyme a dit…

"Plus sérieusement, si toute stratégie nécessite des moyens - fussent-ils humains ou intellectuels - il y a une prééminence absolue de l'esprit sur le matériel. "

C’est tout aussi valable pour la gestion de la base industrielle de technologie et de défense.
Simplement la stratégie militaire est indissolublement liée à la stratégie sur la base industrielle de technologie et de défense (BITD) et leur efficience dépend toutes les deux de l’esprit.
Croyez vous que l’invention des armes en acier ou l’arc reflex des mongols ait été imaginé pour répondre a un besoin militaire ?Quelqu’un l’a imaginé et les militaires ont vu le parti qu’il pouvait en tirer. De même pour l’arme nucléaire, le radar, l’avion, le porte avion tous imaginé par des civils par ailleurs etc..

"Les deux n'évoluent pas sur un même plan : le matériel découle en soi d'une volonté et de compétences. Vous voyez les choses d'un point de vue opérationnel - mais ce n'est qu'un angle d'attaque."
Je ne vois absolument pas les choses de manière simplement opérationnelle mais je lie complètement militaire stratégie militaire et stratégie de moyens dont la BITD.
On peut penser une stratégie a partir de moyens existant et évidemment il faut le faire, ou imaginer de nouveaux moyens pour changer le paradigme stratégique et là les possibilités sont énormes et souvent inconnues ou acceptées trop tardivement par les militaires dont le métier pousse au conservatisme et à l’efficacité opérationnelle sur l’existant.

"L'armement peut en être une composante mais, encore une fois, il ne peut en être le moteur, sauf à confondre fins et moyens...."

L’armement n’est pas le seul moteur mais c’est un des moteurs principaux. Une stratégie s’appuie sur des moyens. Imaginer et créer de nouvelles technologie et moyens permettant de nouvelles stratégies et réciproquement permet de battre l’adversaire.
Le soldat s’intègre dans un système de force et il n’est plus rien sans. L’homme n’est qu’une part certes la plus intelligente, de la machine. Aujourd’hui les possibilités de la science et de la technologie sont beaucoup plus développées qu’elles ne l’étaient du temps de Napoleon.
J’imagine que vous avez lu Paul Kennedy (même si son ouvrage comporte des erreurs).

Les généraux sont des professionnels de l’opérationnel militaire mais souvent de simples amateurs en stratégie de défense qui englobe bien plus que les simples moyens militaires courants (voir des civils comme Luttwak ou Kahn).
Par exemple une guerre conventionnelle majeure peut être gagnée par le fait que l’on a une BITD supérieure que l’on pourra mobiliser, par des armes qui invalideront toutes les conceptions stratégiques de l’adversaire.
Les grands stratèges d’aujourd’hui sont ceux qui arrivent à lier stratégie de défense et stratégie de moyen y compris sur les aspects technologie, et économique. Qui connaissent aussi bien Sun Tzu, Jomini ou Kahn, que le TTA150, l’utilisation d’un Famas, que Keynes, Schumpeter, Friedman, Le Bon ou le traitement du signal par ondelette, les filtrages de Kalman, l’électronique puissance ou la simulation des grandes échelles de la turbulence et comprennent quels solutions techniques peuvent être apportées pour élaborer une stratégie ou contourner un problème opérationnel dans un temps donné.

Des gens capables d’explorer tout l’arbre des possibilités en tenant compte des facteurs spatiaux et temporels.
Il sont très rares, je vous le concède. Je n’en connais pas 10 en France. Et de nombreux pays n’en n’ont pas un seul connu.

Anonyme a dit…

Mwouais... Alors, on n'est pas fichu de faire des satellites dont on maîtrise la technologie depuis plus de 10 ans et l'on devrait s'engager dans des drones aux performances telles qu'ils nécessitent des technologies qui n'existent pas ? Bel exemple de logique ! Très industriel, tout ça...