vendredi 21 mars 2008
Ils n'ont pas ratifié Kyoto, mais...
L'US Air Force annonce avoir procédé au premier vol supersonique - d'un B-1B - alors que l'appareil utilisait une combinaison 50/50 de "carburant vert" et de carburant classique. L'USAF maintient son objectif d'utilisation de cette combinaison pour tous ses appareils en 2011. Pour l'heure, le B-52 et le C-17 sont qualifiés.
Crash d'un Super Etendard
Un Super-Etendard de Landivisiau s'est abîmé aujourd'hui matin au large de Cavalaire (Var) lors d'un vol d'entraînement, annonce la préfecture maritime de la Méditerranée . Le pilote a pu s'éjecter et qu'il a été récupéré par un Super-Frelon dépêché depuis Hyères.
Lors de l'accident survenu vers 10h30 à deux milles nautiques au sud de Cavalaire, le CROSS Méditerranée a dépêché sur place deux vedettes de la SNSM et trois vedettes des sapeurs-pompiers. Le pilote a été transporté à l'hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon pour y être examiné.
Lors de l'accident survenu vers 10h30 à deux milles nautiques au sud de Cavalaire, le CROSS Méditerranée a dépêché sur place deux vedettes de la SNSM et trois vedettes des sapeurs-pompiers. Le pilote a été transporté à l'hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon pour y être examiné.
La saison des baptêmes (2)
C'est aujourd'hui que Le Terrible, dernier bâtiment du programme de SNLE-NG, sera lancé. Avouez que cela tombe plutôt bien, dans la mesure où le dossier "technologie" du prochain Défense & Sécurité Internationale sera consacré aux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Qui comprend, en l'occurrence, un article sur les Triomphant mais aussi et entre-autres un article de J-L. Promé sur les projets indiens et chinois.
La saison des baptêmes
Colloque du 31 mars
Comme promis, voici le programme du colloque P&P "La Vème République, 1958-2008 : 50 ans de politique de défense" du 31 mars.
L'entrée est gratuite, sous réserve d'inscription et des places disponibles. Vous pouvez télécharger le von de réservation ici.
L'entrée est gratuite, sous réserve d'inscription et des places disponibles. Vous pouvez télécharger le von de réservation ici.
jeudi 20 mars 2008
Right on time
Aussi précis que l'heure d'arrivée de mon avion, le prochain Technologie & Armement est bien parti chez l'imprimeur parfaitement dans les délais. Je vous y promet même quelques révélations ;o)
Pour l'heure, votre serviteur va se replier sur son prochain ouvrage en compagnie d'une petite Pilsner.
Bonne soirée tout le monde !
Pour l'heure, votre serviteur va se replier sur son prochain ouvrage en compagnie d'une petite Pilsner.
Bonne soirée tout le monde !
Les SR suisses se regroupent
A noter, sur le site de la Revue Militaire Suisse, un post d'Hervé De Weck sur le regroupement des services de renseignement suisses.
Londres publie sa première National Security Strategy
Londres a fait paraître pour la première fois, ce 19 mars, une National Security Strategy (un document de 64 pages) selon laquelle il s’agit d’encadrer « notre obligation d’assurer la sécurité des Britanniques et de protéger l’intérêt national ». Cependant, « la nature des menaces et des risques a changé ».
Aussi, le document pointe, en particulier, la nécessité de mobiliser toutes les ressources disponibles : « la puissance de nos forces armées, de la police et des services de sécurité ; la force de persuasion et la portée de la diplomatie ; l’autorité d’institutions globales renforcées qui, avec notre soutien plein et entier, peut déployer des puissances « dures » et « souples » ; et, parce que les armes et l’autorité ne seront jamais suffisantes, la puissance des idées, des valeurs partagées et les espoirs qui peuvent gagner les cœurs et les esprits ».
Prenant en compte les leçons des expériences britanniques (dans les Balkans, en Sierra Leone, en Afghanistan, en Irak ou encore au Kenya), la stratégie s’inscrit dans les réflexions actuelles sur la multiplication des lignes d’opérations mais aussi sur la nécessité d’interventions menées au plan international. Londres demande ainsi une réforme et un renforcement de l’OTAN, de l’Union européenne mais aussi des Nations unies, dont le Conseil de sécurité n’est pas considéré comme suffisamment représentatif.
Si le document met en évidence le rôle de levier et d’influence que peut avoir la mondialisation, il indique également qu’elle génère de nouveaux risques en matière de terrorisme, de menaces sur les communications, sur le tourisme ou encore en matière de pandémies ou de prolifération nucléaire. De ce point de vue, Londres pourrait cette année encore réunir les Etats n’ayant pas accès à l’énergie nucléaire civile pour proposer une « négociation globale » permettant d’éviter la réédition du « cas iranien ».
Très complet et innovant, le document propose l’abandon de la notion de défense civile – remontant aux années 1930 – pour proposer la création d’un réseau de protection civile permettant de gérer les risques (dont le terrorisme) au plan local et une mise à jour du Registre national des risques (liste des points sensibles et vitaux).
Il met aussi en exergue le rôle plus offensif que devra jouer la diplomatie, l’attention se portant vers des régions-clés où les ambassades serviront de point d’appui à des missions de soutien à la sécurité. Par ailleurs, de nouvelles réformes organisationnelles sont attendues en matière de contre-terrorisme, tandis que l’investissement financier en la matière croîtra encore (il devrait passer de 2,5 milliards de livres actuellement à 3,5 milliards en 2011).
Au plan militaire, la progression budgétaire semble se confirmer, tandis que les forces de réserve seraient impliquées plus fréquemment dans les opérations de stabilisation et de reconstruction. Enfin, le gouvernement britannique souhaite associer plus étroitement les mondes académique, économique, culturels, militaire et sécuritaire dans un National Security Forum permanent.
Aussi, le document pointe, en particulier, la nécessité de mobiliser toutes les ressources disponibles : « la puissance de nos forces armées, de la police et des services de sécurité ; la force de persuasion et la portée de la diplomatie ; l’autorité d’institutions globales renforcées qui, avec notre soutien plein et entier, peut déployer des puissances « dures » et « souples » ; et, parce que les armes et l’autorité ne seront jamais suffisantes, la puissance des idées, des valeurs partagées et les espoirs qui peuvent gagner les cœurs et les esprits ».
Prenant en compte les leçons des expériences britanniques (dans les Balkans, en Sierra Leone, en Afghanistan, en Irak ou encore au Kenya), la stratégie s’inscrit dans les réflexions actuelles sur la multiplication des lignes d’opérations mais aussi sur la nécessité d’interventions menées au plan international. Londres demande ainsi une réforme et un renforcement de l’OTAN, de l’Union européenne mais aussi des Nations unies, dont le Conseil de sécurité n’est pas considéré comme suffisamment représentatif.
Si le document met en évidence le rôle de levier et d’influence que peut avoir la mondialisation, il indique également qu’elle génère de nouveaux risques en matière de terrorisme, de menaces sur les communications, sur le tourisme ou encore en matière de pandémies ou de prolifération nucléaire. De ce point de vue, Londres pourrait cette année encore réunir les Etats n’ayant pas accès à l’énergie nucléaire civile pour proposer une « négociation globale » permettant d’éviter la réédition du « cas iranien ».
Très complet et innovant, le document propose l’abandon de la notion de défense civile – remontant aux années 1930 – pour proposer la création d’un réseau de protection civile permettant de gérer les risques (dont le terrorisme) au plan local et une mise à jour du Registre national des risques (liste des points sensibles et vitaux).
Il met aussi en exergue le rôle plus offensif que devra jouer la diplomatie, l’attention se portant vers des régions-clés où les ambassades serviront de point d’appui à des missions de soutien à la sécurité. Par ailleurs, de nouvelles réformes organisationnelles sont attendues en matière de contre-terrorisme, tandis que l’investissement financier en la matière croîtra encore (il devrait passer de 2,5 milliards de livres actuellement à 3,5 milliards en 2011).
Au plan militaire, la progression budgétaire semble se confirmer, tandis que les forces de réserve seraient impliquées plus fréquemment dans les opérations de stabilisation et de reconstruction. Enfin, le gouvernement britannique souhaite associer plus étroitement les mondes académique, économique, culturels, militaire et sécuritaire dans un National Security Forum permanent.
mercredi 19 mars 2008
Mauvaise foi... crasse
Il faut tout de même être mal informé - un paradoxe pour des journalistes - pour dire ce que l'on vient d'entendre sur France 2, à propos de l'Irak. En bref : chaos, omniprésence des milices et obstacles à la liberté de parole sur fond d'images prises, pêle-mêle il y a quelques semaines (les murs de Bagdad) et... il y a quelques années (les civils se plaignant de l'insécurité).
Nous sommes tous d'accord, la partie est loin d'être gagnée pour les Américains (et ceux qui m'ont lu à mes débuts savent que je n'étais pas d'accord avec cette guerre). Mais, tout de même..., un peu de nuance, c'est précisément ce pour quoi nous payons une taxe audiovisuelle.
Vu un peu avant : des images si claires du Tibet montrant des Tibétains agressant des Chinois qu'elles ne sont certainement pas dues ni à des vidéos de touristes, ni à l'hypothétique télévision du Dalaï Lama... Belle opération, d'un point de vue analytique, de contre-propagande.
Nous sommes tous d'accord, la partie est loin d'être gagnée pour les Américains (et ceux qui m'ont lu à mes débuts savent que je n'étais pas d'accord avec cette guerre). Mais, tout de même..., un peu de nuance, c'est précisément ce pour quoi nous payons une taxe audiovisuelle.
Vu un peu avant : des images si claires du Tibet montrant des Tibétains agressant des Chinois qu'elles ne sont certainement pas dues ni à des vidéos de touristes, ni à l'hypothétique télévision du Dalaï Lama... Belle opération, d'un point de vue analytique, de contre-propagande.
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Un audit pour la SE
L'accord qui a (enfin) débouché sur la constitution du nouveau gouvernement belge comprend également un audit de la Sûreté de l'Etat (renseignement civil - équivalent de la DST) en fonction des résultats de l'enquête du comité de suivi des services de renseignement (Comité R) à la suite des "bugs" observés sur l'affaire Belliraj.
Reste, cependant, comme un petit goût de scepticisme : ce n'est pas la SE qui a révélé que Belliraj aurait été un de ses informateurs - s'il avait été agent, l'acte aurait été considéré comme une trahison aux Etats-Unis. Une réflexion en profondeur sur la coordination des services (qui comprennent également une branche de la police fédérale et le service militaire) ne serait-elle pas plus adaptée qu'un de ces audit conduit par une énième boîte spécialisée dans à peu près tout sauf dans une matière aussi spécifique que le renseignement ?
Reste, cependant, comme un petit goût de scepticisme : ce n'est pas la SE qui a révélé que Belliraj aurait été un de ses informateurs - s'il avait été agent, l'acte aurait été considéré comme une trahison aux Etats-Unis. Une réflexion en profondeur sur la coordination des services (qui comprennent également une branche de la police fédérale et le service militaire) ne serait-elle pas plus adaptée qu'un de ces audit conduit par une énième boîte spécialisée dans à peu près tout sauf dans une matière aussi spécifique que le renseignement ?
mardi 18 mars 2008
RIA - Revolution in Intelligence Affairs
On ne le sait guère en Europe continentale - où le sujet est tabou dans les Universités - mais il existe des "Intelligence studies" tout ce qu'il y a de plus honorable et de plus académiquement encadré. En pointe, les Américains et les Britanniques, bien sûr. Mais aussi les Hollandais. But du jeu : étudier, comprendre, cerner les enjeux et les défis, décortiquer les pratiques et tâcher d'en tirer des leçons utiles.
Après tout, le renseignement est un fait social comme un autre et, à ce titre, l'esprit n'a pas à abdiquer sous quelque prétexte que ce soit. Nous sommes aujourd'hui très loin des imageries populaires, tantôt du James Bond glamour ou du barbouze pataugeant quelque part entre le glorieux et le véreux.
L'explosion de ces Intelligence Studies est l'un de signes de ce que l'on appelle depuis quelques années la Revolution in Intelligence Affairs, en référence à la Rrevolution in Military Affairs. Cette fois, pas de gadgets robotisés et autres fantasmes d'ingénieurs. Non, là, le le mot clé est "réseau" - au sens social du terme. Couverture des sources ouvertes, interactivité avec les mondes journalistiques, militaires et académiques et, plus accessoirement, poursuite des programmes "technologiques" sont autant de figures d'un renseignement à la fois décomplexé mais aussi d'autant plus sur les charbons ardents qu'il représente bien souvent la premiière ligne de défense face au terrorisme.
Dans la foulée, il est aumusant de constater à quel point cette "révolution" est culturellement révolutionnaire : pour preuve, le très discret Shin bet israélien vient de mettre en place son blog. Pas d'informations "sexy" - une révolution n'est pas toujours un cataclysme - mais des témoignages d'agents. But du jeu : recruter les meilleurs en les mettant au parfum de ce qui les attend.
Après tout, le renseignement est un fait social comme un autre et, à ce titre, l'esprit n'a pas à abdiquer sous quelque prétexte que ce soit. Nous sommes aujourd'hui très loin des imageries populaires, tantôt du James Bond glamour ou du barbouze pataugeant quelque part entre le glorieux et le véreux.
L'explosion de ces Intelligence Studies est l'un de signes de ce que l'on appelle depuis quelques années la Revolution in Intelligence Affairs, en référence à la Rrevolution in Military Affairs. Cette fois, pas de gadgets robotisés et autres fantasmes d'ingénieurs. Non, là, le le mot clé est "réseau" - au sens social du terme. Couverture des sources ouvertes, interactivité avec les mondes journalistiques, militaires et académiques et, plus accessoirement, poursuite des programmes "technologiques" sont autant de figures d'un renseignement à la fois décomplexé mais aussi d'autant plus sur les charbons ardents qu'il représente bien souvent la premiière ligne de défense face au terrorisme.
Dans la foulée, il est aumusant de constater à quel point cette "révolution" est culturellement révolutionnaire : pour preuve, le très discret Shin bet israélien vient de mettre en place son blog. Pas d'informations "sexy" - une révolution n'est pas toujours un cataclysme - mais des témoignages d'agents. But du jeu : recruter les meilleurs en les mettant au parfum de ce qui les attend.
MRAP : le Pentagone en veut plus
Le Pentagone vient de confirmer la commande de 2 243 blindés à roue MRAP (Mine Resistant, Ambush Protected), pour un montant de 1,14 milliard de dollars. Il poursuit ainsi son programme d'acquisition de 17 000 véhicules qui doivent, à terme, remplacer tous les Humvees actuellement en service en Irak (8 000 exemplaires de ces derniers sont d'ailleurs en cours de don aux forces de sécurité et à l'armée irakienne).
La commande se répartit entre :
- 743 véhicules de Catégorie I à International Military and Government LLC (pour 410,73 millions de dollars) ;
- 1 024 véhicules de Catégorie II à Stewart & Stevenson (pour 481,835 millions) ;
- 3 engins pour le Special Operations Command, 51 ambulances et 393 véhicules de Catégorie II pour BAE Land Systems (pour 234,04 millions de dollars) ;
- et 12 véhicules de Catégorie I, 6 de Catégorie II et 11 de Catégorie III à Force Protection Industries (pour 17,54 millions de dollars).
On notera que ces acquisitions sont gérées par les Marines - malgré leur opposition à la poursuite du programme, consommatrice, selon eux, de ressources qui ne seraient pas affectées à la prochaine génération de véhicules - mais serviront essentiellement à l'Army.
La commande se répartit entre :
- 743 véhicules de Catégorie I à International Military and Government LLC (pour 410,73 millions de dollars) ;
- 1 024 véhicules de Catégorie II à Stewart & Stevenson (pour 481,835 millions) ;
- 3 engins pour le Special Operations Command, 51 ambulances et 393 véhicules de Catégorie II pour BAE Land Systems (pour 234,04 millions de dollars) ;
- et 12 véhicules de Catégorie I, 6 de Catégorie II et 11 de Catégorie III à Force Protection Industries (pour 17,54 millions de dollars).
On notera que ces acquisitions sont gérées par les Marines - malgré leur opposition à la poursuite du programme, consommatrice, selon eux, de ressources qui ne seraient pas affectées à la prochaine génération de véhicules - mais serviront essentiellement à l'Army.
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lundi 17 mars 2008
Au revoir Monsieur...
Pour celui qui en revient,
Verdun, c'était bien.
Pour celui qui en est mort,
Verdun, c'est un port.
Mais pour ceux qui n'étaient pas nés,
Qu'étaient pas là pour apprécier,
C'est du passé dépassé,
Un champ perdu dans le nord-est,
Entre Epinal et Bucarest,
C'est une statue sur la grand place.
Finalement Verdun,
Ce n'est qu'un vieux qui passe.
Même si l'histoire nous joue souvent
Le mouvement tournant par Sedan,
C'est du passé.
C'est la chanson des Partisans,
C'est 1515, c'est Marignan,
Dépassé.
Une guerre qui s'est perdue sans doute
Entre Biarritz et Knokke-le-Zoute,
C'est une statue sur la grand place.
Finalement la terreur,
Ce n'est qu'un vieux qui passe.
Pour ceux qu'on n'a pas revus,
Verdun, n'est plus rien.
Pour ceux qui sont revenus,
Verdun, n'est pas loin.
C'est un champ brûlé tout petit,
Entre Monfaucon et Charny,
C'est à côté.
C'est une sortie dans le nord-est,
Sur l'autoroute de Reims à Metz.
On y va par la voie sacrée.
Finalement, Verdun,
C'est un vieillard rusé.
J'ai une tendresse particulière
Pour cette première des dernières guerres,
Dépassée.
Bien sûr que je n'étais pas né.
J'n'étais pas là pour apprécier
Mais j'avais un vieux à Verdun
Et comme je n'oublie jamais rien,
Je reviens,
Je reviens,
Je reviens
M. Sardou
Verdun, c'était bien.
Pour celui qui en est mort,
Verdun, c'est un port.
Mais pour ceux qui n'étaient pas nés,
Qu'étaient pas là pour apprécier,
C'est du passé dépassé,
Un champ perdu dans le nord-est,
Entre Epinal et Bucarest,
C'est une statue sur la grand place.
Finalement Verdun,
Ce n'est qu'un vieux qui passe.
Même si l'histoire nous joue souvent
Le mouvement tournant par Sedan,
C'est du passé.
C'est la chanson des Partisans,
C'est 1515, c'est Marignan,
Dépassé.
Une guerre qui s'est perdue sans doute
Entre Biarritz et Knokke-le-Zoute,
C'est une statue sur la grand place.
Finalement la terreur,
Ce n'est qu'un vieux qui passe.
Pour ceux qu'on n'a pas revus,
Verdun, n'est plus rien.
Pour ceux qui sont revenus,
Verdun, n'est pas loin.
C'est un champ brûlé tout petit,
Entre Monfaucon et Charny,
C'est à côté.
C'est une sortie dans le nord-est,
Sur l'autoroute de Reims à Metz.
On y va par la voie sacrée.
Finalement, Verdun,
C'est un vieillard rusé.
J'ai une tendresse particulière
Pour cette première des dernières guerres,
Dépassée.
Bien sûr que je n'étais pas né.
J'n'étais pas là pour apprécier
Mais j'avais un vieux à Verdun
Et comme je n'oublie jamais rien,
Je reviens,
Je reviens,
Je reviens
M. Sardou
Final run...
... before landing. Bien le bonjour chers amis, la température au sol est de 17°C, la vitesse du vent de 13 km/h de secteur nord et la campagne aixoise semble se réveiller. En bref, un temps idéal pour boucler le prochain Technologie & Armement, qui devrait être en kiosque d'ici le 8-9 avril.
Comme indiqué précédement, nous allons faire une petite plongée dans le monde de la guerre électronique, avec une série d'articles inédits couvrant le très large spectre de la discipline et dont je peut vous livrer une partie des secrets :
Les élémentaires
La guerre dans la 4ème dimension
Par Joseph Henrotin
La torpille : comment s'en protéger ?
Par Jean-Louis Promé
Tendances, évolutions et défis de la guerre électronique des télécommunications
Entretien avec Valéry Rousset, Directeur Marketing & Développement Capacitaire SIO/SA2R, Unité Commandement & Renseignement, Thales systèmes Terre et Interarmées.
La furtivité à la mer : évolution, enjeux et futurs
Par Joseph Henrotin
La guerre électronique en France
Le ROEM en France : la planète pour terrain de jeu !
Par Jean-Louis Promé
L'EPIGE 07.330 de Mont-de-Marsan
Par Véronique Sartini
Au service des forces : le centre de ciblage de Creil
Par Véronique Sartini
La guerre électronique ailleurs
Corbeaux et corneilles. Les curiosités électroniques américaines
Par Philippe Langloit
Du Prowler au Growler
Par Philippe Langloit et Jean-Jacques Mercier
Le Nimrod R1
Par Jean-Jacques Mercier
Vers de nouvelles percées en guerre électronique aérienne ?
Par Jean-Jacques Mercier
AGI - les marines aux avant-garde du SIGINT ?
Par Jean-Jacques Mercier
Comme indiqué précédement, nous allons faire une petite plongée dans le monde de la guerre électronique, avec une série d'articles inédits couvrant le très large spectre de la discipline et dont je peut vous livrer une partie des secrets :
Les élémentaires
La guerre dans la 4ème dimension
Par Joseph Henrotin
La torpille : comment s'en protéger ?
Par Jean-Louis Promé
Tendances, évolutions et défis de la guerre électronique des télécommunications
Entretien avec Valéry Rousset, Directeur Marketing & Développement Capacitaire SIO/SA2R, Unité Commandement & Renseignement, Thales systèmes Terre et Interarmées.
La furtivité à la mer : évolution, enjeux et futurs
Par Joseph Henrotin
La guerre électronique en France
Le ROEM en France : la planète pour terrain de jeu !
Par Jean-Louis Promé
L'EPIGE 07.330 de Mont-de-Marsan
Par Véronique Sartini
Au service des forces : le centre de ciblage de Creil
Par Véronique Sartini
La guerre électronique ailleurs
Corbeaux et corneilles. Les curiosités électroniques américaines
Par Philippe Langloit
Du Prowler au Growler
Par Philippe Langloit et Jean-Jacques Mercier
Le Nimrod R1
Par Jean-Jacques Mercier
Vers de nouvelles percées en guerre électronique aérienne ?
Par Jean-Jacques Mercier
AGI - les marines aux avant-garde du SIGINT ?
Par Jean-Jacques Mercier
vendredi 14 mars 2008
Arf...
Les 13 principes de combat du Hezbollah
L'un des sujets me fascinant le plus pour le moment réside en le positionnement de la convergence entre opérations de guérilla et opérations classiques. A bien des égards, un risque majeur pour les armées occidentales consiste à considérer que les unes et les autres sont foncièrement différentes.
Or, elles relèvent fondamentalement de la même grammaire théorique même si, dans la pratiques, tactiques et procédures peuvent différer. Toute l'utilité, on le comprendra, de localiser leur point de connectivité conceptuelle réside donc dans l'aptitude d'une force à basculer d'un mode à un autre, comme s'il s'agissait de retourner une pièce de monnaie.
De ce point de vue, bien conseillé par Stéphane "Mr. COIN" Taillat, je me suis attelé à la lecture de la monographie que le CAC vient de publier sur la "guerre de juillet". Il y est fait mention des 13 principes de combat du Hezbollah :
1. Avoid the strong, attack the weak—attack and withdrawal!
2. Protecting our fi ghters is more important than causing enemy casualties!
3. Strike only when success is assured!
4. Surprise is essential to success. If you are spotted, you have failed!
5. Don’t get into a set-piece battle. Slip away like smoke, before the enemy can drive home his advantage!
6. Attaining the goal demands patience, in order to discover the enemy’s weak points!
7. Keep moving; avoid formation of a front line!
8. Keep the enemy on constant alert, at the front and in the rear!
9. The road to the great victory passes through thousands of small victories!
10. Keep up the morale of the fi ghters; avoid notions of the enemy’s superiority!
11. The media has innumerable guns whose hits are like bullets. Use them in the battle!
12. The population is a treasure—nurture it!
13. Hurt the enemy and then stop before he abandons restraint
La question est, à ce moment : qu'est ce qui empêche nos armées de comprendre, d'intérioriser et de retourner à leur avantage ces prescriptions si limpides ?
Or, elles relèvent fondamentalement de la même grammaire théorique même si, dans la pratiques, tactiques et procédures peuvent différer. Toute l'utilité, on le comprendra, de localiser leur point de connectivité conceptuelle réside donc dans l'aptitude d'une force à basculer d'un mode à un autre, comme s'il s'agissait de retourner une pièce de monnaie.
De ce point de vue, bien conseillé par Stéphane "Mr. COIN" Taillat, je me suis attelé à la lecture de la monographie que le CAC vient de publier sur la "guerre de juillet". Il y est fait mention des 13 principes de combat du Hezbollah :
1. Avoid the strong, attack the weak—attack and withdrawal!
2. Protecting our fi ghters is more important than causing enemy casualties!
3. Strike only when success is assured!
4. Surprise is essential to success. If you are spotted, you have failed!
5. Don’t get into a set-piece battle. Slip away like smoke, before the enemy can drive home his advantage!
6. Attaining the goal demands patience, in order to discover the enemy’s weak points!
7. Keep moving; avoid formation of a front line!
8. Keep the enemy on constant alert, at the front and in the rear!
9. The road to the great victory passes through thousands of small victories!
10. Keep up the morale of the fi ghters; avoid notions of the enemy’s superiority!
11. The media has innumerable guns whose hits are like bullets. Use them in the battle!
12. The population is a treasure—nurture it!
13. Hurt the enemy and then stop before he abandons restraint
La question est, à ce moment : qu'est ce qui empêche nos armées de comprendre, d'intérioriser et de retourner à leur avantage ces prescriptions si limpides ?
jeudi 13 mars 2008
Le Meteor a achevé ses essais et est paré pour la production

Le dernier tir d'essai du missile air-air Meteor a été effectué à partir d'un JAS-39 Gripen, contre une cible aérienne MQM-107B Streaker subsonique manoeuvrante. Le missile a été tiré depuis l'appareil suédois, qui volait à Mach 0,9 Mach et à une altitude de 18 000 pieds. Après une phase d'accélération, le missile est passé sans problème en mode statoréacteur, pour atteindre sa vitesse opérationnelle. L'autodirecteur a ensuite effectué l'acquisition de la cible, puis l'a poursuivie jusqu'à l'interception, la liaison de données entre le missile et son vecteur a parfaitement fonctionné, indique MBDA.
Devant équiper les Rafale, Typhoon et Gripen européens, le Meteor est un BVRAAM à guidage terminal actif de plus de 150 km de portée (dans le profil de vol optimal). Durant sa première phase de vol, il reçoit les informations provenant de son vecteur via une liaison de données. Ce qui permet, par exemple, de nourrir le missile avec des informations provenant d'un AWACS, par exemple, permettant au vecteur de tirer sans utiliser son radar et, donc, sans se découvrir.
Devant équiper les Rafale, Typhoon et Gripen européens, le Meteor est un BVRAAM à guidage terminal actif de plus de 150 km de portée (dans le profil de vol optimal). Durant sa première phase de vol, il reçoit les informations provenant de son vecteur via une liaison de données. Ce qui permet, par exemple, de nourrir le missile avec des informations provenant d'un AWACS, par exemple, permettant au vecteur de tirer sans utiliser son radar et, donc, sans se découvrir.
Missile dont le développement a commancé il y a plus de 13 ans, le Meteor touche à des enjeux majeurs, qu'examinait J-L. Promé dans le DSI n°3. Premièrement, il offre à l'Europe une indépendance technologique tout en lui permettant de renforcer ses compétences en missilerie. Deuxièmement, le missile permet d'engager des adversaires à plus grande distance que ce qu'ils sont en mesure, actuellement, de faire. En d'autres termes, face à la prolifération des appareils russes de la famille Flanker et des missiles associés, les appareils européens ont une réponse plus adaptée que les versions actuellement disponibles en Europe de l'AIM-120.
Interpénétration absolue
Avant de me remettre à la guerre électronique, juste un petit mot pour vous signaler un texte de François Duran sur l'apparition d'un 4ème cercle de défense qui me semble très intéressant et que je conseille vivement. Il y a quelques temps de cela, j'avais eu l'occasion d'écrire sur les stratégies anti/contre-terroristes à adopter en Belgique et j'en étais arrivé à la conclusion que nous nous trouvions face à une situation d'interpénétration des civilisations, plutôt que de choc.
A l'heure où il est plus rapide de faire Orly-Rabat (ou toute autre destination : je n'ai rien contre le Maroc !) qu'Orly-Le Bourget, l'adversaire potentiel surfe naturellement sur les différentiels de temps mais aussi de perceptions que nous avons du monde. La réalisation de ses objectifs le pousse naturellement à adopter une posture mondialisée alors que nos appareils étatiques sont encore très largement sous-adaptés à ces postures.
Aussi, plutôt que de "défense de l'avant" - qui à le mérite cependant d'être clair - je me demande s'il ne faut pas plutôt évoquer une "défense globale", interpénétrant tous les niveaux géographiques mais aussi de temps, de moyens voire de niveau d'action (tac, ops, strat, pol, techno, psy/media).
A l'heure où il est plus rapide de faire Orly-Rabat (ou toute autre destination : je n'ai rien contre le Maroc !) qu'Orly-Le Bourget, l'adversaire potentiel surfe naturellement sur les différentiels de temps mais aussi de perceptions que nous avons du monde. La réalisation de ses objectifs le pousse naturellement à adopter une posture mondialisée alors que nos appareils étatiques sont encore très largement sous-adaptés à ces postures.
Aussi, plutôt que de "défense de l'avant" - qui à le mérite cependant d'être clair - je me demande s'il ne faut pas plutôt évoquer une "défense globale", interpénétrant tous les niveaux géographiques mais aussi de temps, de moyens voire de niveau d'action (tac, ops, strat, pol, techno, psy/media).
Vous l'avez demandé, il est (presque) lancé !
Bonjour à toutes et à tous,
Plusieurs personnes m'indiquaient qu'elles seraient tout à fait satisfaites si elles pouvaient disposer d'une version électronique du DSI. En fait, comme vous l'avez sans doute constaté, la boutique en ligne est dans un sale état - pour ne pas dire totalement à la ramasse.
Cependant, plusieurs personnes sont en train de travailler sur une nouvelle génération de boutique, qui permettra notamment - et en plus d'achats au numéro et de d'abonnements "papier" - l'achat de magazines au format informatique, avec consultation/download immédiat. Bien évidemment, les versions "papier" resteront disponibles en kiosque/libraires.
Plusieurs personnes m'indiquaient qu'elles seraient tout à fait satisfaites si elles pouvaient disposer d'une version électronique du DSI. En fait, comme vous l'avez sans doute constaté, la boutique en ligne est dans un sale état - pour ne pas dire totalement à la ramasse.
Cependant, plusieurs personnes sont en train de travailler sur une nouvelle génération de boutique, qui permettra notamment - et en plus d'achats au numéro et de d'abonnements "papier" - l'achat de magazines au format informatique, avec consultation/download immédiat. Bien évidemment, les versions "papier" resteront disponibles en kiosque/libraires.
mercredi 12 mars 2008
Les résultats du sondage
Maintenant terminé, le sondage "changer le format de DSI ?" à donné les réponses suivantes (n = 106) :
- Non, il est très bien ainsi : 68%
- Un peu plus haut, un peu moins large : 4%
- Un peu plus large, un peu moins haut : 0%
- Un plus grand format, type "Le Point" : 20%
- Un plus grand format, type A4 : 5%
Bon, et bien il me semble que c'est éloquent, merci pour votre participation !
Ce qui m'amène à un autre sondage : avez-vous déjà lu T&A ?
- Non, il est très bien ainsi : 68%
- Un peu plus haut, un peu moins large : 4%
- Un peu plus large, un peu moins haut : 0%
- Un plus grand format, type "Le Point" : 20%
- Un plus grand format, type A4 : 5%
Bon, et bien il me semble que c'est éloquent, merci pour votre participation !
Ce qui m'amène à un autre sondage : avez-vous déjà lu T&A ?
Le dernier Poilu s'en est allé...
Le dernier « Poilu » français de la Grande guerre, Lazare Ponticelli est décédé à l’âge de 110 ans. Italien de naissance, engagé volontaire à 17 ans (en trichant sur son âge), il combattra sous les drapeaux français (Légion Etrangère) et italien.
A l'heure où l'on nous ressert du Claude François à satiété, ne pas avoir une pensée pour les millions de morts anonymes de la Grande guerre serait, je pense, le signe d'une certaine décadence.
A l'heure où l'on nous ressert du Claude François à satiété, ne pas avoir une pensée pour les millions de morts anonymes de la Grande guerre serait, je pense, le signe d'une certaine décadence.
F-35 : le GAO râle
Une nouvelle étude du GAO américain indique que le programme JSF - le plus cher de tous les temps - a été sous-estimé de 38 milliards de dollars (le programme de moteur alternatif n'a pas été pris en compte par l'étude) et se rapproche donc d'un montant total de 1000 milliards de dollars (hors coûts de maintenance).
Il est susceptible de connaître un glissement de 12 à 27 mois. Par ailleurs, l'étude montre que l'appareil sera plus coûteux à l'heure de vol qu'un F-16.
Il est susceptible de connaître un glissement de 12 à 27 mois. Par ailleurs, l'étude montre que l'appareil sera plus coûteux à l'heure de vol qu'un F-16.
Ouf !
Le DSI n°36, à paraître en avril, est bouclé et prêt à entamer son voyage vers l'imprimeur. Bon, il nous reste le T&A ;o)
Le Luxembourg commande le Dingo 2
mardi 11 mars 2008
Il fallait s'y attendre...
Boeing a officiellement porté plainte auprès du Governement Accounting Office après la décision de l'USAF de se doter, pour son programme KC-45, de l'A-330. Commentaire d'un responsable de la firme de Seattle : "Our team has taken a very close look at the tanker decision and found serious flaws in the process that we believe warrant appeal".
But du jeu pour l'avionneur américain : faire revenir l'Air Force sur sa décision. Or, plusieurs commentateurs notaient aussi que l'Air Force ne pouvait faire d'autre choix que l'Européen. En effet, l'USAF est actuellement engagée dans une "stratégie pacifique", axée sur la Chine. D'où la nécessité d'un appareil au plus grand rayon d'action... et à la plus grande capacité d'emport.
But du jeu pour l'avionneur américain : faire revenir l'Air Force sur sa décision. Or, plusieurs commentateurs notaient aussi que l'Air Force ne pouvait faire d'autre choix que l'Européen. En effet, l'USAF est actuellement engagée dans une "stratégie pacifique", axée sur la Chine. D'où la nécessité d'un appareil au plus grand rayon d'action... et à la plus grande capacité d'emport.
Premiers Excalibur utilisés en Afghanistan
L'US Army a utilisé ses premiers obus de 155 mm Excalibur en Afghanistan. Déjà utilisés sur le théâtre irakiens, ces obus à guidage GPS offrent une précision décamétrique (Cf. le n°3 de Technologie & Armement). Il semble que la décision de les y utiliser soit intimement liée à la suite de dommages causés aux populations civiles afghanes lors de l'utilisation de munitions d'artillerie HE classiques.
Colloque du 31 mars
Comme vous le savez, le prochain colloque du Club Participation et Progrès se déroulera le 31 mars à l'Assemblée nationale, de 0900 à 1800 et aura pour thématique "La Vè République : 50 ans de politique de défense".
Je tâcherai de rendrel le programme disponible ici, et le coupon réponse, là dans la soirée. Attention, l'entrée est libre mais l'inscription est obligatoire.
Je tâcherai de rendrel le programme disponible ici, et le coupon réponse, là dans la soirée. Attention, l'entrée est libre mais l'inscription est obligatoire.
Une petite pensée...
... pour les 191 victimes des attentats de Madrid du 11 mars 2004, pour leurs proches et pour l'Espagne. "El valiente es valiente hasta que el cobarde quiere"...
Libellés :
Europe,
News en vrac,
Stratégie,
Terrorisme
lundi 10 mars 2008
Ils font le DSI
Juste un mot pour vous signaler que la liste des auteurs du DSI est à jour et visible ici.
Des Bear survolent (encore) le Nimitz
C’est la seconde fois en moins d’un mois qu’un appareil de patrouille maritime Tu-142 Bear-F a survolé un porte-avions américain, en l’occurrence, dans les eaux internationales, non loin de la Corée du Sud.
Au cours du dernier incident, l’appareil est passé à « 3 ou 5 nautiques » du Nimitz et à une altitude de 610 m dans le cadre d’une mission en mer du Japon. Quatre F-18 ont immédiatement été lancés par le porte-avions. Le Bear a également été escorté par des F-2 japonais pour la suite de sa patrouille. En février, un Tu-95 était passé à 50 nautiques du Nimitz.
Au cours du dernier incident, l’appareil est passé à « 3 ou 5 nautiques » du Nimitz et à une altitude de 610 m dans le cadre d’une mission en mer du Japon. Quatre F-18 ont immédiatement été lancés par le porte-avions. Le Bear a également été escorté par des F-2 japonais pour la suite de sa patrouille. En février, un Tu-95 était passé à 50 nautiques du Nimitz.
dimanche 9 mars 2008
Back to France
Et hop, demain à cette heure-ci, je serai dans mon bon vieil Avro 85 (j'adore cet appareil, très maniable), direction Marseille. Un appareil solide dont les réacteurs hurlent par grand vent et qui peut vous arracher en 400 m si le pilote à envie de vous la jouer funky.
Dix petits jours de retour à Aix histoire de boucler le DSI d'avril - à qui il manque tout juste 6 petites pages - et le T&A d'avril mai. Il lui manque 30 pages sur 84 mais je peux vous garantir qu'elles sont en route. Entre-temps, une bonne partie des modifications demandées par mon éditeur sur le petit dernier devraient être intégrées. Time flies comme disaient les anciennes pubs de la SN...
Bon, de retour dans le chaudron belge - là où le couplage entre Europes latine et germanique se joue - je vous promet de l'action sur Arlon, le 26 mars avec "La définition des "Retours vers le Futur" : "Nature et caractères des conflits contemporains" pour le cercle Mars et Mercure. Et le 31, à Paris, Participation et Progrès m'a invité à parler de l'évolution de la pensée stratégique sous la 5ème République où j'attaquerai plus précisément la question du rayonnement de la pensée stratégique française, en particulier du point de vue de la contre-insurrection.
Entre-temps, le dossier des 90 mm est appelé à bouger, de même que d'autres, sur la protection des infrastructures critiques notamment. La recherche est faite pour faire avancer nos sociétés. Rejoignez-nous ! D'ici là, bonne soirée tout le monde !
Dix petits jours de retour à Aix histoire de boucler le DSI d'avril - à qui il manque tout juste 6 petites pages - et le T&A d'avril mai. Il lui manque 30 pages sur 84 mais je peux vous garantir qu'elles sont en route. Entre-temps, une bonne partie des modifications demandées par mon éditeur sur le petit dernier devraient être intégrées. Time flies comme disaient les anciennes pubs de la SN...
Bon, de retour dans le chaudron belge - là où le couplage entre Europes latine et germanique se joue - je vous promet de l'action sur Arlon, le 26 mars avec "La définition des "Retours vers le Futur" : "Nature et caractères des conflits contemporains" pour le cercle Mars et Mercure. Et le 31, à Paris, Participation et Progrès m'a invité à parler de l'évolution de la pensée stratégique sous la 5ème République où j'attaquerai plus précisément la question du rayonnement de la pensée stratégique française, en particulier du point de vue de la contre-insurrection.
Entre-temps, le dossier des 90 mm est appelé à bouger, de même que d'autres, sur la protection des infrastructures critiques notamment. La recherche est faite pour faire avancer nos sociétés. Rejoignez-nous ! D'ici là, bonne soirée tout le monde !
Sunday edition : let's play it light
Décidément très en forme et jamais éloigné de son humour, ce cher bon vieux Carl von C. m'indique que sa dernière chronique peut tout à fait être publiée par ce blog.
Murphy était Européen
Il y a des jours comme cela où la Raison doit s’effacer devant la vacuité des idées, vous incitant à rester bien profondément enfoui sous la couette, dûment accompagné de vos peluches préférées, Leclerc, Rafale ou PA2.
Ça m’est arrivé l’autre jour en lisant une série de commentaires et de prises de position sur l’Europe de la défense. On y trouvait de tout (c’était mieux que chez mon épicier), du « il faut plus de quartiers généraux » à « nous manquons d’investissements dans la recherche & développement » en passant par l’inévitable et effroyable constat posé par l’OTAN d’un manque évident d’investissement dans les matériels.
Bon ! Qui a (encore) voulu inventer le fil à couper le beurre mais qui est trop radin pour payer la motte ? Manifestement, il y en a encore qui, n’ayant pas lu DSI, passent définitivement pour des has been de la défense. Alors, amis lecteurs, reprenez avec moi, tous en cœur et traitons cela sous l’aspect divertissant mais ô combien sage des « lois de Murphy ».
Loi numéro 1, « tout état-major sert à commander des opérations lancées par le politique mais que ce dernier ne lance jamais ». Extension de tonton Claus : « un état-major lance de lui-même des opérations lorsqu’il est soit engagé dans un coup d’État, soit qu’il fait face à une invasion en provenance d’Andorre ».
Loi numéro 2 : « tout homme politique placé dans un environnement européen considérera que la défense européenne doit être une priorité après la régulation de la taille des petits pois, de celle du marché des poissons d’eau douce lituaniens et la composition du menu du midi de la cantine de la Commission européenne ».
Loi numéro 3, « le nombre faramineux de forces bi et multinationales européennes est dû à une forte demande de défilés militaires, et non au nombre d’engagements en opération ». Corollaire du neuneu : « la guerre, c’est pas bien ».
Loi numéro 4 : « un bon politique fait toujours une incantation au Dieu recherche & développement avant de financer autre chose en stricte application du principe de laïcité ». Questionnement corollaire du chercheur : « on mange quand ? ».
Loi numéro 5 : « les budgets d’équipement peuvent éventuellement servir aux équipements ». Loi corollaire belge (1) : « tout budget d’investissement militaire est invariablement affecté au financement de la sécurité sociale, justifiant le concept d’armée humanitaire ».
Évidemment, on peut toujours en rajouter quelques-unes : les lois de Murphy sont un concept hautement adaptatif, ce qui lui vaut d’entretenir, comme dirait mon vénéré rédac’chef adjoint, un haut niveau de connectivité conceptuelle avec nos armées.
Tenez, prenez-en encore une pour la route : « toute Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) sera largement appuyée par tout le monde mais encore moins soutenue par personne » ou encore « toute PESD est invariablement terrestre : elle résiste rarement au passage de la Manche et la rencontre avec le gouvernement britannique ».
Tout ceci pour nous rappeler qu’à ce stade, ce sont les Lois politiques de Murphy qui tendent à s’imposer et votre vieux Carl ne résiste pas au plaisir de vous resservir le fameux « avertissement de Martin Luther-King » : « il faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, ou nous mourrons ensemble comme des c… ».
Ce n’est pas faux, surtout lorsque l’on constitue la seconde puissance militaire mondiale sur le papier…
(1) Bruxelles est dernier du classement OTAN en matière de part du budget d’équipement dans le budget de défense.
Murphy était Européen
Il y a des jours comme cela où la Raison doit s’effacer devant la vacuité des idées, vous incitant à rester bien profondément enfoui sous la couette, dûment accompagné de vos peluches préférées, Leclerc, Rafale ou PA2.
Ça m’est arrivé l’autre jour en lisant une série de commentaires et de prises de position sur l’Europe de la défense. On y trouvait de tout (c’était mieux que chez mon épicier), du « il faut plus de quartiers généraux » à « nous manquons d’investissements dans la recherche & développement » en passant par l’inévitable et effroyable constat posé par l’OTAN d’un manque évident d’investissement dans les matériels.
Bon ! Qui a (encore) voulu inventer le fil à couper le beurre mais qui est trop radin pour payer la motte ? Manifestement, il y en a encore qui, n’ayant pas lu DSI, passent définitivement pour des has been de la défense. Alors, amis lecteurs, reprenez avec moi, tous en cœur et traitons cela sous l’aspect divertissant mais ô combien sage des « lois de Murphy ».
Loi numéro 1, « tout état-major sert à commander des opérations lancées par le politique mais que ce dernier ne lance jamais ». Extension de tonton Claus : « un état-major lance de lui-même des opérations lorsqu’il est soit engagé dans un coup d’État, soit qu’il fait face à une invasion en provenance d’Andorre ».
Loi numéro 2 : « tout homme politique placé dans un environnement européen considérera que la défense européenne doit être une priorité après la régulation de la taille des petits pois, de celle du marché des poissons d’eau douce lituaniens et la composition du menu du midi de la cantine de la Commission européenne ».
Loi numéro 3, « le nombre faramineux de forces bi et multinationales européennes est dû à une forte demande de défilés militaires, et non au nombre d’engagements en opération ». Corollaire du neuneu : « la guerre, c’est pas bien ».
Loi numéro 4 : « un bon politique fait toujours une incantation au Dieu recherche & développement avant de financer autre chose en stricte application du principe de laïcité ». Questionnement corollaire du chercheur : « on mange quand ? ».
Loi numéro 5 : « les budgets d’équipement peuvent éventuellement servir aux équipements ». Loi corollaire belge (1) : « tout budget d’investissement militaire est invariablement affecté au financement de la sécurité sociale, justifiant le concept d’armée humanitaire ».
Évidemment, on peut toujours en rajouter quelques-unes : les lois de Murphy sont un concept hautement adaptatif, ce qui lui vaut d’entretenir, comme dirait mon vénéré rédac’chef adjoint, un haut niveau de connectivité conceptuelle avec nos armées.
Tenez, prenez-en encore une pour la route : « toute Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) sera largement appuyée par tout le monde mais encore moins soutenue par personne » ou encore « toute PESD est invariablement terrestre : elle résiste rarement au passage de la Manche et la rencontre avec le gouvernement britannique ».
Tout ceci pour nous rappeler qu’à ce stade, ce sont les Lois politiques de Murphy qui tendent à s’imposer et votre vieux Carl ne résiste pas au plaisir de vous resservir le fameux « avertissement de Martin Luther-King » : « il faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, ou nous mourrons ensemble comme des c… ».
Ce n’est pas faux, surtout lorsque l’on constitue la seconde puissance militaire mondiale sur le papier…
(1) Bruxelles est dernier du classement OTAN en matière de part du budget d’équipement dans le budget de défense.
vendredi 7 mars 2008
Nuit chaude à Schaerbeek
Après deux explosions dans ma rue, vers 2 heures du matin, une voisine débarque : 2 voitures sont en feu juste devant mon immeuble. Selon un pompier, plusieurs incidents du genre se sont produits la nuit passée dans la commune, le chiffre de 16-17 voitures incendiées circule. Si cela s'avérait exact, ce serait la plus grosse flambée que le pays n'ait jamais connu. Pourtant, ce matin, rien dans les médias... Si quelqu'un a des informations, elles sont les bienvenues.
jeudi 6 mars 2008
Le PS français affine sa position sur la défense
Je viens de lire un article du Figaro d'hier, de la plume de Louis Gautier (qui avait écrit un très bon livre, Face à la guerre), François Lamy et Paul Quilès ; article qui leur permet de rendre compte de leur position en regard du prochain Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité. L'article est intéressant à plusieurs titres.
Premièrement, il met en évidence l'importance de l'action sur les causes des troubles internationaux. C'est bien évidemment absolument nécessaire. Mais la fonction stratégique "prévention" est spécifiquement dévolue à cette question, en particulier dès lors qu'une nouvelle fonction "renseignement" s'y adjoint (on devrait plutôt dire : la complète). Par ailleurs et surtout, c'est une tâche de nature essentiellement diplomatique (les frappes préventives ou préemptives évoquées renvoyant plutôt à la fonction de coercition), même si l'action militaire - en particulier depuis le FT-01 - tend de plus en plus à appliquer la prévention, plus spécifiquement au plan tactique.
Deuxièmement, le "remède militaire" poserait souvent plus de problèmes qu'il n'en résoudrait. Ce à quoi l'on pourrait répondre que la manoeuvre militaire est beaucoup trop souvent - et pas qu'en France, c'est un trait commun à l'Europe continentale - découplée de la manoeuvre diplomatique. En cela, les lignes d'opérations utilisables par le politique sont insuffisament mises en cohérence... et, effectivement, pose alors la question de son utilité. L'élément fédérateur indispensable face à ce décalage renvoie alors à la dissuasion - non seulement nucléaire mais, surtout en l'occurrence, conventionnelle. Le show of force a encore des vertus trop souvent sous-estimées.
Troisièmement, sans doute les auteurs simplifient-ils le rôle de la résilience, dont ils parlent, au sein de la fonction de protection. Elle n'en constitue, en réalité, qu'un des éléments, au demeurant souvent observé comme spontané (ce qui, dans ce cas, évacue l'hypothèse d'une militarisation abusive). La fonction protection, qu'ils envisagent là sous son seul jour de politique intérieure (encore faudrait-il y adjoindre tout ce qui va toucher aux services de pompiers et aux opérations de sécurisation), est en réalité plus complexe. Elle s'épanche surtout dans le domaine de la protection des troupes face à des menaces de plus en plus complexes, y compris en COIN, qui s'étalent du RPG-29 ou de l'AT-14 jusqu'au kamikaze.
Aussi et in fine, on peut se demander si les interrogations des auteurs ne sont pas le signe d'une confusion des rôles, au demeurant lancée elle-même par l'intitulé du LBSD : en couplant sans doute abusivement "défense" et "sécurité", on place la diplomatie de côté. Or, cette dernière n'est elle-même pas la seule intervenante dans les processus de règlement des crises : les facteurs économiques, juridiques et culturels entrent également en ligne de compte.
Mais créer un Livre blanc sur l'incertitude qui nous entoure, c'est sans doute aussi créer un gigantesque gloubi-boulga conceptuel. Autant dire que les propositions portant sur la création d'un Conseil national de sécurité, seul capable de générer, d'articuler et de faire vivre une véritable stratégie intégrale (capable, à défaut de conceptualiser le chaos conceptuel, de l'ordonnancer) étaient parmi les plus attendues.
Premièrement, il met en évidence l'importance de l'action sur les causes des troubles internationaux. C'est bien évidemment absolument nécessaire. Mais la fonction stratégique "prévention" est spécifiquement dévolue à cette question, en particulier dès lors qu'une nouvelle fonction "renseignement" s'y adjoint (on devrait plutôt dire : la complète). Par ailleurs et surtout, c'est une tâche de nature essentiellement diplomatique (les frappes préventives ou préemptives évoquées renvoyant plutôt à la fonction de coercition), même si l'action militaire - en particulier depuis le FT-01 - tend de plus en plus à appliquer la prévention, plus spécifiquement au plan tactique.
Deuxièmement, le "remède militaire" poserait souvent plus de problèmes qu'il n'en résoudrait. Ce à quoi l'on pourrait répondre que la manoeuvre militaire est beaucoup trop souvent - et pas qu'en France, c'est un trait commun à l'Europe continentale - découplée de la manoeuvre diplomatique. En cela, les lignes d'opérations utilisables par le politique sont insuffisament mises en cohérence... et, effectivement, pose alors la question de son utilité. L'élément fédérateur indispensable face à ce décalage renvoie alors à la dissuasion - non seulement nucléaire mais, surtout en l'occurrence, conventionnelle. Le show of force a encore des vertus trop souvent sous-estimées.
Troisièmement, sans doute les auteurs simplifient-ils le rôle de la résilience, dont ils parlent, au sein de la fonction de protection. Elle n'en constitue, en réalité, qu'un des éléments, au demeurant souvent observé comme spontané (ce qui, dans ce cas, évacue l'hypothèse d'une militarisation abusive). La fonction protection, qu'ils envisagent là sous son seul jour de politique intérieure (encore faudrait-il y adjoindre tout ce qui va toucher aux services de pompiers et aux opérations de sécurisation), est en réalité plus complexe. Elle s'épanche surtout dans le domaine de la protection des troupes face à des menaces de plus en plus complexes, y compris en COIN, qui s'étalent du RPG-29 ou de l'AT-14 jusqu'au kamikaze.
Aussi et in fine, on peut se demander si les interrogations des auteurs ne sont pas le signe d'une confusion des rôles, au demeurant lancée elle-même par l'intitulé du LBSD : en couplant sans doute abusivement "défense" et "sécurité", on place la diplomatie de côté. Or, cette dernière n'est elle-même pas la seule intervenante dans les processus de règlement des crises : les facteurs économiques, juridiques et culturels entrent également en ligne de compte.
Mais créer un Livre blanc sur l'incertitude qui nous entoure, c'est sans doute aussi créer un gigantesque gloubi-boulga conceptuel. Autant dire que les propositions portant sur la création d'un Conseil national de sécurité, seul capable de générer, d'articuler et de faire vivre une véritable stratégie intégrale (capable, à défaut de conceptualiser le chaos conceptuel, de l'ordonnancer) étaient parmi les plus attendues.
Happy birthday, Global Hawk !
A propos de l'affaire Belliraj
Thomas Renard, du Front asymétrique, vient de faire paraître un article sur l'affaire Belliraj, où il dresse les rétroactes de cette affaire, qui a vu le démentelement d'un réseau marocain dirigé par Abdelkader Belliraj, citoyen belgo-marocain. Au passage, la constitution du réseau tend à démontrer l'existence d'une connexion entre le terrorisme djihadiste et le Hezbollah (un correspondant de la chaîne Al-Manar a ainsi été arrêté) (1).
Thomas pose un constat alarmant :
- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;
- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.
Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.
Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.
Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.
Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...
(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.
Thomas pose un constat alarmant :
- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;
- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.
Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.
Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.
Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.
Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...
(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.
mercredi 5 mars 2008
"COIN Break"
Vous vous sentez pris au piège, quelque part à Kandahar, tel le héros de Prison Break ("j'ai pas le temps") ? L'Army Magazine a sorti le Hooah guide du COIN (en anglais). Intéressant et ludique.
Le King's College blogue sec
Le King's College Department of War Studies représente un véritable exemple en matière d'études stratégiques à proprement parler (à savoir l'étude de l'art de la guerre) mais aussi de disciplines connexes comme l'histoire ou la sociologie militaire.
Très nombreux sont les sujets qui y sont abordés et votre serviteur doit avouer que, s'il n'avait pas été dans l'état normal d'un étudiant (soit fauché), il y aurait bien passé une année d'études avant de se lancer dans sa thèse.
Au surplus, le staff est constitué de quelques-uns des meilleurs experts militaires... et ils ont le clavier bien pendu. Pour les ouvrages et les articles, certes mais aussi... pour les blogs. Du coup, la faculté a monté le sien, Kings of war. C'est à lire ici.
Très nombreux sont les sujets qui y sont abordés et votre serviteur doit avouer que, s'il n'avait pas été dans l'état normal d'un étudiant (soit fauché), il y aurait bien passé une année d'études avant de se lancer dans sa thèse.
Au surplus, le staff est constitué de quelques-uns des meilleurs experts militaires... et ils ont le clavier bien pendu. Pour les ouvrages et les articles, certes mais aussi... pour les blogs. Du coup, la faculté a monté le sien, Kings of war. C'est à lire ici.
Y'a sondage ! (2)
La question est déchirante. Cornélienne. Comme choisir entre les croquettes aux crevettes de chez Vincent et celles de la Taverne du passage.
Au cours des périgrinations de la rédaction - de salons en forums en passant par les unités - certains nous ont demandé un DSI plus grand, d'autres de garder le format, qu'ils jugeaient pratique.
Si les points de vue s'équilibrent, nous réfléchissons néanmoins aux futurs possibles de DSI, que vous êtes de plus en plus nombreux à lire. D'où le petit sondage à votre droite. Les conditions de prise de décision sont identiques à celles du DSI "normal" : 100 pages dos carré-collé.
Bon vote !
Au cours des périgrinations de la rédaction - de salons en forums en passant par les unités - certains nous ont demandé un DSI plus grand, d'autres de garder le format, qu'ils jugeaient pratique.
Si les points de vue s'équilibrent, nous réfléchissons néanmoins aux futurs possibles de DSI, que vous êtes de plus en plus nombreux à lire. D'où le petit sondage à votre droite. Les conditions de prise de décision sont identiques à celles du DSI "normal" : 100 pages dos carré-collé.
Bon vote !
La réaction taïwanaise....
...Aux déclarations chinoises et au rapport du Pentagone ne s'est pas fait attendre. Le président Shen a en effet annoncé une hausse de son budget militaire, qui atteindra cette année 11,27 milliards de dollars (US). Ce qui représente 3% du PIB, contre 2,85% en 2007 et 2,6% en 2006.
DSI a consacré une série de 7 articles aux forces armées et à la politique de défense de Taïwan dans ses numéros de décembre 2007, janvier et février 2008.
DSI a consacré une série de 7 articles aux forces armées et à la politique de défense de Taïwan dans ses numéros de décembre 2007, janvier et février 2008.
Le budget militaire chinois (2)
Bernard Bridel, du 24 Heures (Lausanne) m'a posé hier quelques questions en rapport avec les annonces relatives au budget chinois de la défense. Les réponses sont en ligne ici.
mardi 4 mars 2008
Chine : nouvelle augmentation du budget militaire
Plusieurs sources confirment que le budget de l'armée chinoise augmentera de 17,6% en 2008, comparativement à l'an passé. L'annonce avait été faite par le porte-parole du Parlement, qui se réunit à partir de demain à Pékin pendant deux semaines.
Le budget militaire chinois passerait ainsi à 58,8 milliards de dollars. Il convient cependant de noter qu'à l'instar du budget soviétique durant la guerre froide, le budget militaire réel de la Chine reste difficile à calculer. En l'occurrence, des dépenses de R&D et certaines dépenses de personnel ne seraient pas inclues dans ce budget, de sorte que la Rand l'estime plutôt dans une gamme allant de 70 à 80 milliards.
Selon la RAND Corp., le budget chinois est le second du monde.
Le budget militaire chinois passerait ainsi à 58,8 milliards de dollars. Il convient cependant de noter qu'à l'instar du budget soviétique durant la guerre froide, le budget militaire réel de la Chine reste difficile à calculer. En l'occurrence, des dépenses de R&D et certaines dépenses de personnel ne seraient pas inclues dans ce budget, de sorte que la Rand l'estime plutôt dans une gamme allant de 70 à 80 milliards.
Selon la RAND Corp., le budget chinois est le second du monde.
L'US Navy lance des Tomahawk contre Saleh Ali Saleh
Un nombre inconnu de missiles Tomahawk ont été lancés hier par des bâtiments américains contre "des cibles d'Al Qaïda connues" se trouvant à proximité de la ville de Dobey, sur la frontière kényane. En l'occurrence, Saleh Ali Saleh Nabhan semble avoir été visé.
Il serait impliqué dans un attentat visant un hôtel de Mombasa en 2003 et dans le lancement d'un MANPAD contre un appareil civil israélien, la même année. L'année passée, la Navy avait effectué des tirs (au canon) contre des positions de l'Union des tribunaux islamiques.
Il serait impliqué dans un attentat visant un hôtel de Mombasa en 2003 et dans le lancement d'un MANPAD contre un appareil civil israélien, la même année. L'année passée, la Navy avait effectué des tirs (au canon) contre des positions de l'Union des tribunaux islamiques.
DSI sur tous les fronts
La rédaction est en ébullition ! Bien sûr, nous poursuivons les éditions "classiques" du DSI et de Technologie & Armement. Rien de bien neuf. Mais cette année, nous avons décidé de gâter nos lecteurs.
Si une cinquantaine de médias seront présents sur Eurosatory 2008 (juin), deux sont considérés comme des partenaires médias privilégiés : Jane's mais aussi et pour la première fois... DSI. Ce sera l'occasion pour nous de présenter sur le salon un hors-série exclusif qui y sera distribué gratuitement. Dans le même temps, un autre hors-série sera disponible en kiosque/librairie et via notre site.
Comme les deux années précédentes, DSI sera également partenaire de la prochaine Université d'Eté de la défense (septembre). L'occasion pour nous de publier un nouveau hors-série.
Enfin, également partenaire d'Euronaval (octobre), DSI sera également présent sur place pour vous tenir au courant de l'actualité du salon, dans la mesure où nous y réaliserons les quotidiens ("dailies") distribués sur place.
Avec 55% de parts de marché en France et dans le monde francophone, DSI est le premier magazine mensuel de défense interarmées en langue française, le moins cher et, avec 100 pages, le plus complet. Avec 50 000 exemplaires produits mensuellement, son lectorat est estimé à 120 000 personnes.
Stay tuned !
Si une cinquantaine de médias seront présents sur Eurosatory 2008 (juin), deux sont considérés comme des partenaires médias privilégiés : Jane's mais aussi et pour la première fois... DSI. Ce sera l'occasion pour nous de présenter sur le salon un hors-série exclusif qui y sera distribué gratuitement. Dans le même temps, un autre hors-série sera disponible en kiosque/librairie et via notre site.
Comme les deux années précédentes, DSI sera également partenaire de la prochaine Université d'Eté de la défense (septembre). L'occasion pour nous de publier un nouveau hors-série.
Enfin, également partenaire d'Euronaval (octobre), DSI sera également présent sur place pour vous tenir au courant de l'actualité du salon, dans la mesure où nous y réaliserons les quotidiens ("dailies") distribués sur place.
Avec 55% de parts de marché en France et dans le monde francophone, DSI est le premier magazine mensuel de défense interarmées en langue française, le moins cher et, avec 100 pages, le plus complet. Avec 50 000 exemplaires produits mensuellement, son lectorat est estimé à 120 000 personnes.
Stay tuned !
lundi 3 mars 2008
Inde : hausse record du budget de la défense
L’Inde a dévoilé son nouveau budget militaire, montrant une augmentation de 10 %, soit l’accroissement le plus important depuis l’indépendance du pays. Concrètement, le budget indien passera ainsi de 24 à 26,4 milliards de dollars.
Cependant, plusieurs experts indiens indiquent aussi qu’avec une inflation de 5 % et une part du budget affectée au personnel de 40 %, l’augmentation sera, in fine, assez faible et ne devrait profiter qu’assez marginalement au financement de nouveaux programmes.
Cependant, plusieurs experts indiens indiquent aussi qu’avec une inflation de 5 % et une part du budget affectée au personnel de 40 %, l’augmentation sera, in fine, assez faible et ne devrait profiter qu’assez marginalement au financement de nouveaux programmes.
dimanche 2 mars 2008
Le N°2 des FARC éliminé
François Durant, qui connait bien le pays (je dois encore répondre à sa seconde question sur les concepts de l'armée), en fait une analyse très intéressante sur son blog. J'en profite pour le féliciter pour le dépassement du fatidique stade des 100 posts.
Petite précision
Je viens de refuser un commentaire. Je pense que ce doit être la première fois que cela m'arrive mais j'en profite pour faire une petite précision qui me semble saine.
Le commentaire traitait du 90 mm et l'intervenant ne semblait pas trop apprécier le véhicule ni le choix opéré par l'ancien ministre de la défense. Mais il le tutoyait, ce qui n'est guère poli - même si ledit ancien ministre n'a pas vraiment fait preuve d'un savoir vivre exemplaire à l'égard de son successeur.
Par ailleurs, l'orthographe était assez déplorable. D'accord, je ne suis pas le dernier à fauter en la matière et c'est admissible lorsque la personne ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Mais bon, il y a des limites ;o)
Ceci dit, j'en profite aussi pour faire un petit hommage à nos commentateurs : ils ont produit un bon paquet de commentaires absolument irréprochables !
Le commentaire traitait du 90 mm et l'intervenant ne semblait pas trop apprécier le véhicule ni le choix opéré par l'ancien ministre de la défense. Mais il le tutoyait, ce qui n'est guère poli - même si ledit ancien ministre n'a pas vraiment fait preuve d'un savoir vivre exemplaire à l'égard de son successeur.
Par ailleurs, l'orthographe était assez déplorable. D'accord, je ne suis pas le dernier à fauter en la matière et c'est admissible lorsque la personne ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Mais bon, il y a des limites ;o)
Ceci dit, j'en profite aussi pour faire un petit hommage à nos commentateurs : ils ont produit un bon paquet de commentaires absolument irréprochables !
samedi 1 mars 2008
KC-45 : Northrop Grumman/EADS décroche le gros lot

La décision est tombée hier, c'est l'offre commune à NG et à EADS (KC-30) qui l'a emporté sur celle de Boeing. Les 179 prochains ravitailleurs en vol de l'USAF seront donc européens... mais construits aux Etats-Unis, où l'on estime que 25 000 emplois vont dépendre de ce contrat.
On s'en doutera, la nouvelle tombe plutôt bien pour EADS qui réalise là une percée qui n'était pas a priori évidente. Et de facto, Boeing pourrait être tenté de remettre en question le choix de l'Air Force pour un appareil aux plus grandes capacités d'emport tant en cargo qu'en carburant (et qui présente également des performances plus importantes en termes de débit à la perche, augmentant l'Optempo) que le KC-767.
Surtout, la commande ne devrait en toute logique que représenter une première tranche, certaines estimations tablant sur un besoin total de 500 appareils. Et certains, y compris au sein de l'USAF, d'évoquer un "mix" avec le KC-767, options apparement discutée il y a quelques mois et qui pourrait refaire surface.
On s'en doutera, la nouvelle tombe plutôt bien pour EADS qui réalise là une percée qui n'était pas a priori évidente. Et de facto, Boeing pourrait être tenté de remettre en question le choix de l'Air Force pour un appareil aux plus grandes capacités d'emport tant en cargo qu'en carburant (et qui présente également des performances plus importantes en termes de débit à la perche, augmentant l'Optempo) que le KC-767.
Surtout, la commande ne devrait en toute logique que représenter une première tranche, certaines estimations tablant sur un besoin total de 500 appareils. Et certains, y compris au sein de l'USAF, d'évoquer un "mix" avec le KC-767, options apparement discutée il y a quelques mois et qui pourrait refaire surface.
Reste que le KC-767 connaît aussi un certain nombre de problèmes. Japonais et Italiens n'ont guère apprécié les retards et problèmes techniques divers de l'appareil, suspectant Boeing de leur faire essuyer les plâtres technologiques... au plein bénéfice de l'USAF. Cependant, il faut également indiquer que le B-767 devrait logiquement être la plateforme multifonctions de l'USAF, comme l'avait été le B-707 (décliné en E-3, E-6, E-8, RC/WC/OC/NC/NKC/EC-135). Ce qui pose donc la question de la diversification du parc US.
Mais cette dernière ouvre aussi des possibilités phénoménales pour l'avionneur européen. Eprouvé, l'A-330 est apprécié des pilotes, facile à maintenir et... dispose d'un gros potentiel de croissance : la place en cabine, son volume utile ne manque pas. Et sa réserve de puissance est importante.
En attendant, ne boudons pas notre plaisir : le matériel européen est bon (l'USAF suit en cela le choix de la RAF, de la RAAF, des Emirats et de l'Arabie saoudite) et le succès au rendez-vous. Un contrat évalué à 30 milliards de dollars, ça ne tombe pas tous les jours...
En attendant, ne boudons pas notre plaisir : le matériel européen est bon (l'USAF suit en cela le choix de la RAF, de la RAAF, des Emirats et de l'Arabie saoudite) et le succès au rendez-vous. Un contrat évalué à 30 milliards de dollars, ça ne tombe pas tous les jours...
vendredi 29 février 2008
"Think EU"...
"So I am here today in Paris to say that we agree with France – Europe needs, the United States needs, NATO needs, the democratic world needs – a stronger, more capable European defense capacity". C'est l'une des petites phrases prononcée par Victoria Nuland, ambassadrice des Etats-Unis à l'OTAN, le 22 février au Press Club de Paris. Quelques autres :
- "one of the most important things French leaders can do for global security is to strengthen and build the capacities of the EU" - non, ce n'est pas une blague, les Américains semblent sortir du paradigme Albright (pas de duplication, etc.) ;
- "our first stop is often at the European Union. Of course to the 27 member states but increasingly to the institution itself"
- "in Chad the EU is discovering that even to conduct a relatively modest peace support operation, you need desert capable helicopters, long range transport aircraft, you need sophisticated intelligence, surveillance and reconnaissance assets and modern interoperable communications equipment" ;
- "President Sarkozy is right – "NATO cannot be everywhere"" ;
- "we need a stronger EU" ;
- "Europe needs a place where it can act independently, and we need a Europe that is able and willing to do so in defense of our common interests and values" ;
- Cerise sur le gâteau qu'appréciera Londres, "But If Washington and Lafayette could join forces to drive off the red coats".
Un sous-entendu désagréable - ou est-ce moi qui ne suis pas très en forme ce vendredi - se dégage toutefois : faute d'avoir investi suffisament en leurs capacités au profit de l'OTAN, les Européens sont-ils renvoyés à leurs propres paturages, dans un remake du "grandissez d'abord, évitez de transformer les instances OTAN en zone de bataille politique et, ensuite, nous pourrons travailler" sous couvert d'une plus grande ouverture à l'institution européenne ?
- "one of the most important things French leaders can do for global security is to strengthen and build the capacities of the EU" - non, ce n'est pas une blague, les Américains semblent sortir du paradigme Albright (pas de duplication, etc.) ;
- "our first stop is often at the European Union. Of course to the 27 member states but increasingly to the institution itself"
- "in Chad the EU is discovering that even to conduct a relatively modest peace support operation, you need desert capable helicopters, long range transport aircraft, you need sophisticated intelligence, surveillance and reconnaissance assets and modern interoperable communications equipment" ;
- "President Sarkozy is right – "NATO cannot be everywhere"" ;
- "we need a stronger EU" ;
- "Europe needs a place where it can act independently, and we need a Europe that is able and willing to do so in defense of our common interests and values" ;
- Cerise sur le gâteau qu'appréciera Londres, "But If Washington and Lafayette could join forces to drive off the red coats".
Un sous-entendu désagréable - ou est-ce moi qui ne suis pas très en forme ce vendredi - se dégage toutefois : faute d'avoir investi suffisament en leurs capacités au profit de l'OTAN, les Européens sont-ils renvoyés à leurs propres paturages, dans un remake du "grandissez d'abord, évitez de transformer les instances OTAN en zone de bataille politique et, ensuite, nous pourrons travailler" sous couvert d'une plus grande ouverture à l'institution européenne ?
jeudi 28 février 2008
FM 3-0 : précisions
Le général Caldwell a tenu une conférence le 26 février avec des bloggeurs américains, précisant quelque peu les contours donnés aux prochain manuel FM 3-0 (ancien FM 100.5). Military.com dresse une synthèse... très synthétique des chapitres :
-- Chapter 1 establishes the context of land operations in terms of a global environment of persistent conflict, the operational environment, and unified action. It discusses the Army's expeditionary and campaign capabilities while emphasizing that it is soldiers who accomplish missions.
-- Chapter 2 describes a spectrum of conflict extending from stable peace to general war. From that spectrum, it establishes five operational themes into which various joint operations fit. Borrowing heavily from emerging NATO doctrine, this chapter helps Army leaders to understand where diverse operations such as peacekeeping and counterinsurgency fit and shape supporting doctrine.
-- Chapter 3 is the most important chapter in the book; describing the Army's operational concept -- full spectrum operations. Full spectrum operations seize, retain, and exploit the initiative through combinations of four elements: offense, defense, and stability or civil support operations. Mission command is the preferred method of exercising battle command.
-- Chapter 4 addresses combat power, the means by which Army forces conduct full spectrum operations. It replaces the older battlefield operating systems ("BOS") and elements of combat power with six warfighting functions tied together by leadership and employing information. Combined arms and mutual support are the payoff.
-- Chapter 5 reviews the principles of command and control and how they affect the operations process -- plan, prepare, execute, and assess. The emphasis is on commanders and the central role that they have in battle command. Commanders understand, visualize, describe, direct, lead, and continually assess.
-- Chapter 6 discusses operational art, offering Army commanders a bridge between military theory and practice.
-- Chapter 7 is about information superiority, particularly information operations. Information operations divide into five Army information tasks, with particular emphasis on information engagement. -- Chapter 8 addresses the significance of strategic and operational reach to the force, articulating how the Army capitalizes on unique expeditionary and campaign qualities to promptly deploy forces into any operational environment worldwide, even the most austere regions.
NB : Stéphane Taillat m'indique que le document est paru sur le site de l'Army. Bon, ben maintenant je sais quoi lire ce soir ;o)
Re-NB : l'analyse de Stéphane me semble très pertinente, en particulier dans sa relation à une relecture moins biaisée, moins "utilitariste" et plus en profondeur, de Clausewitz. Elle montre aussi une convergence doctrinale de facto avec le FT-01 français (une version en langue anglaise est maintenant dispo). Plusieurs militaires français ont d'ailleurs conseillé les Américains - une excellente chose.
Reste, cependant, Stéphane le souligne mais j'insiste, la délicate question de la perénnité d'un éventuel changement organisationnel. Historiquement, depuis 1982, l'évolution du 100.5 a toujours tendu vers une plus grande prise en considération tant des OOTW que des LICs. Mais... l'application qui en était faite restait marquée par les biais "classiques" de l'organisation : focalisation excessive sur un combat placé au stade de référent identitaire ; pression au résultats quantifiables et, ultimement, tendance à la technologisation (à ne pas confondre avec la technicisation, moteur des Transformations/modernisations ;o)
En d'autres termes, reste à voir quel sera le destin "pratique" du document : Joe Cerami me disait ainsi que, depuis le Vietnam "l'armée n'a rien appris et n'a rien changé". Et, de fait, à relire quelques ouvrages sur le traitement de la COIN au Vietnam (dont la si particulière méthode d'alimentation de Nagl), si l'armée a, en réalité, appris sur le terrain, elle a ensuite effectivement oublié, revenant alors à ce qu'elle estimait être son core business. Rendez-vous après les retraits d'A-stan et du "sandbox" ?
Bon, allez, m'en retourne à mon petit dernier, moi. Bonne soirée tout le monde !
-- Chapter 1 establishes the context of land operations in terms of a global environment of persistent conflict, the operational environment, and unified action. It discusses the Army's expeditionary and campaign capabilities while emphasizing that it is soldiers who accomplish missions.
-- Chapter 2 describes a spectrum of conflict extending from stable peace to general war. From that spectrum, it establishes five operational themes into which various joint operations fit. Borrowing heavily from emerging NATO doctrine, this chapter helps Army leaders to understand where diverse operations such as peacekeeping and counterinsurgency fit and shape supporting doctrine.
-- Chapter 3 is the most important chapter in the book; describing the Army's operational concept -- full spectrum operations. Full spectrum operations seize, retain, and exploit the initiative through combinations of four elements: offense, defense, and stability or civil support operations. Mission command is the preferred method of exercising battle command.
-- Chapter 4 addresses combat power, the means by which Army forces conduct full spectrum operations. It replaces the older battlefield operating systems ("BOS") and elements of combat power with six warfighting functions tied together by leadership and employing information. Combined arms and mutual support are the payoff.
-- Chapter 5 reviews the principles of command and control and how they affect the operations process -- plan, prepare, execute, and assess. The emphasis is on commanders and the central role that they have in battle command. Commanders understand, visualize, describe, direct, lead, and continually assess.
-- Chapter 6 discusses operational art, offering Army commanders a bridge between military theory and practice.
-- Chapter 7 is about information superiority, particularly information operations. Information operations divide into five Army information tasks, with particular emphasis on information engagement. -- Chapter 8 addresses the significance of strategic and operational reach to the force, articulating how the Army capitalizes on unique expeditionary and campaign qualities to promptly deploy forces into any operational environment worldwide, even the most austere regions.
NB : Stéphane Taillat m'indique que le document est paru sur le site de l'Army. Bon, ben maintenant je sais quoi lire ce soir ;o)
Re-NB : l'analyse de Stéphane me semble très pertinente, en particulier dans sa relation à une relecture moins biaisée, moins "utilitariste" et plus en profondeur, de Clausewitz. Elle montre aussi une convergence doctrinale de facto avec le FT-01 français (une version en langue anglaise est maintenant dispo). Plusieurs militaires français ont d'ailleurs conseillé les Américains - une excellente chose.
Reste, cependant, Stéphane le souligne mais j'insiste, la délicate question de la perénnité d'un éventuel changement organisationnel. Historiquement, depuis 1982, l'évolution du 100.5 a toujours tendu vers une plus grande prise en considération tant des OOTW que des LICs. Mais... l'application qui en était faite restait marquée par les biais "classiques" de l'organisation : focalisation excessive sur un combat placé au stade de référent identitaire ; pression au résultats quantifiables et, ultimement, tendance à la technologisation (à ne pas confondre avec la technicisation, moteur des Transformations/modernisations ;o)
En d'autres termes, reste à voir quel sera le destin "pratique" du document : Joe Cerami me disait ainsi que, depuis le Vietnam "l'armée n'a rien appris et n'a rien changé". Et, de fait, à relire quelques ouvrages sur le traitement de la COIN au Vietnam (dont la si particulière méthode d'alimentation de Nagl), si l'armée a, en réalité, appris sur le terrain, elle a ensuite effectivement oublié, revenant alors à ce qu'elle estimait être son core business. Rendez-vous après les retraits d'A-stan et du "sandbox" ?
Bon, allez, m'en retourne à mon petit dernier, moi. Bonne soirée tout le monde !
Sondage, les résultats finaux
A la question "Un DSI Hors série tous les deux mois : êtes-vous prêt à vous abonner ?" (n = 62); vous avez répondu 17 fois "oui", 7 fois "non" et 38 fois "je préfère l'acheter en kiosque".
Merci à toutes et tous pour votre participation !
Merci à toutes et tous pour votre participation !
mercredi 27 février 2008
Banzaï ! Le Type-10 a été présenté par le TRDI

Le TRDI japonais a présenté mi-février le prototype du nouveau char de combat qui va équiper les forces terrestres japonaises, le Type-10. Il remplacera les Type-74 et épaulera les 224 Type-90, le fameux "Leclerc asiatique", de 50 tonnes. Avec une masse de 40 tonnes, il est équipé d'un canon de 120 mm et de blindages céramiques. Devant entrer en service vers 2010-2011, il est question de le doter, à terme, d'un canon électromagnétique. Selon plusieurs analystes, l'évolution de la position japonaise en matière d'exportation d'armements est appelée à changer dans les prochaines années, de sorte que le Type-10 est considéré comme l'un des "test" de cette nouvelle stratégie, en particulier face au nouveau K-2 coréen.
Les forces d'autodéfense japonaises entretiennent 900 chars de bataille.
mardi 26 février 2008
DSI n°35, mars 2008 - le sommaire
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DSI n°35 - mars 2008 - le sommaire
Editorial
Nominations et agenda
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois
Veilles stratégiques :
Flash
Canada : Vers un achat de Puma ?
Etats-Unis : Gargantuesque défense ; DARPA : augmentation du budget ; Satellites : objectif Terre mais sans dégâts… ; Industries de défense : bons résultats ; La garde nationale aux abois ; USAF : back to the future ; US Navy : des SSGN à Guam ; US Navy : record pour un canon électromagnétique ; US Navy/US Army : un plan pour l’ACS ; US Army : vers des « guerres hybrides » ; US Army : le Raven, peu fiable ? ; US Air Force : les B-2 vont avoir une capacité MTK ; US Air Force : Robert Gates a des doutes sur le F-22.
Allemagne : K-130 : réception de la première corvette
Belgique : 90 mm : vers l’abandon ?
France : Une base dans les Émirats ; SITREP LIVRE BLANC : les premiers éléments ; Licorne : effectifs français allégés ; Petite cure de jouvence pour les C-130 ; Modernisation des Cougar notifiée ; Capacité de tir accrue pour les Mirage 2000D
Royaume-Uni : Des choix douloureux en perspective ; La RAF, deuxième opérateur du RC-135 ; Les chèvres peuvent respirer
Pays-Bas : Nouveaux bâtiments de guerre des mines
Russie : De grandes ambitions pour l’aviation stratégique
Suède : Le programme SEP est annulé
Afghanistan : Une force aérienne en plein essor ; un sommet de l’OTAN sous pression
Azerbaïdjan : Modernisation en vue pour la force aérienne
Chine : La force bleue
Émirats Arabes Unis : De nouveaux véhicules de combat ; Câbles sous-marins : des ruptures qui posent question
Inde : Des bâtons dans les roues pour la base d’Ayni ; De nouveaux Hawk ; Renforcement des capacités de guerre en montagne ; Vikramaditya : la saga continue
Israël : Le Jericho-3 en test ; livraison du premier Eitam ; La publication du rapport Winograd
Sri Lanka : Un nouveau radar pour contrer les Sea Tigers
Taiwan : Les Hsiung Feng 3 Opérationnels !
Australie : Création d’une « Unité des exportations de défense »
Afrique du Sud : Denel un peu moins sud-africain
Tchad : Une offensive mal planifiée
La chronique de Carl Von C. « Murphy était Européen »
Sur le vif
Les candidats aux primaires américaines et leurs programmes de défense
Par Tanguy Struye de Swielande, professeur à l’Ecole Royale Militaire (Bruxelles)
"Préserver la cohérence"
Entretien avec Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de Terre
Stratégie
La guerre, entre constance et transformations
Entretien avec Barthélémy Courmont, chercheur à l’IRIS
Quelles solutions pour l’Afghanistan ?
Entretien avec le Col. (Ret.) Christopher Langton, International Institute of Srategic Studies
La fragilité de la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité. Le ver était, et reste, dans le fruit
Par Samir Battiss, chercheur à la Chaire de recherche en politique étrangère et de défense canadienne à l’UQAM
Porte-avions et sous-marins : les nouveaux capital ships ?
Entretien avec Alexandre Sheldon Duplaix, chercheur au Service Historique de la Défense (section marine).
Carte : porte-avions, porte-aéronefs et amphibies à pont continus dans le monde
Nous serons de plus en plus conscients de l’élément marin
Entretien avec Michel Scialom, auteur de La France, nation maritime ?
Armées
Un sabre dans les airs. La Royal Saudi Air Force.
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
La marine saoudienne face au défi de l’opérationnalité
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : la marine saoudienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
L’Eurocorps, un bel outil… trop peu exploité
Par Véronique Sartini, journaliste
La vraie force aujourd’hui c’est la coalition permanente, le nombre de drapeaux
Entretien avec le général Pedro Pitarch, commandant de l’Eurocorps
Technologie & Armement
Frapper à la vitesse de l’éclair. Le Prompt Global Strike face aux réalités technologiques
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
L’USAF au cœur du Prompt Global Strike : les bombardiers stratégiques toujours d’actualité
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Prompt Global Strike, science fiction ou réalité à moyen terme ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
General Dynamics F-111 Aardvark/ Le Raven et le déficit en guerre électronique de l’Air Force
Destroyer Type 45, classe Daring/La défense antiaérienne britannique à la mer
APC/IFV Steyr Pandur II/ La recomposition du marché des 8x8
Critiques de lecture
Contre-insurrection. Théorie et pratique, de David Galula
La guerre moderne de Roger Trinquier
Penser l’Océan avec Midway de Guy Labouérie
Les Cahiers du RMES, Vol. 4, n° 2, hiver 2007-2008.
Blogs francophones de défense : une explosion bienvenue
Thèse : la table des matières
Et voilà, la thèse est rentrée dans le répertoire des thèses électroniques de l'ULB. Je n'ai pas désiré qu'elle soit intégralement accessible - en ligne ou sur place -, par contre, sa table des matières l'est. Elle peut être consultée ici.
Succès des essais du plus petit missile du monde
Le Naval Air Warfare Center de l’US Navy a testé son missile Spike dans des conditions similaires à celles d’un lancement depuis un UAV, détruisant une cible mobile (un véhicule).
Ne devant pas être confondu avec le missile antichar israélien homonyme, le Spike américain a une longueur de 63 cm pour une masse de 2,6 kg. Engin « tire et oublie » il dispose d’un guidage par imagerie électro-optique.
La Navy ambitionne d’en acquérir à un prix unitaire inférieur à 5 000 dollars – devenant de la sorte le missile guidé le moins cher du monde -, de façon à pouvoir équiper ses mini-UAV.
Ne devant pas être confondu avec le missile antichar israélien homonyme, le Spike américain a une longueur de 63 cm pour une masse de 2,6 kg. Engin « tire et oublie » il dispose d’un guidage par imagerie électro-optique.
La Navy ambitionne d’en acquérir à un prix unitaire inférieur à 5 000 dollars – devenant de la sorte le missile guidé le moins cher du monde -, de façon à pouvoir équiper ses mini-UAV.
Non, la nature de la guerre n'a pas changé...
J'avais déjà eu sur ce blog l'occasion de répondre à Philippe Monfils sur l'utilité des chars d'un point de vue technique. La Libre Belgique m'a donné l'occasion de faire de même mais, cette fois, j'ai pris un angle d'attaque plus conceptuel dès lors que le sénateur abordait la question de la "nature des conflits". Le résultat est paru ce matin et est à lire ici.
lundi 25 février 2008
Le chiffre du jour...
Est "600 millions (USD)". C'est le coût "seaworthy" d'un LCS-1 (classe Freedom). Il comprend la construction du bâtiment et une partie de son électronique et certains matériels achetés par ailleurs par le gouvernement.
Il ne comprend pas la R&D ni les modules de missions, estimés à 100 millions/pièce.
Avouez tout de même que ça fait fort de café pour une frégate légère qui, sans ses modules, ne dispose d'aucune capacité de combat autre que l'autodéfense...
Il ne comprend pas la R&D ni les modules de missions, estimés à 100 millions/pièce.
Avouez tout de même que ça fait fort de café pour une frégate légère qui, sans ses modules, ne dispose d'aucune capacité de combat autre que l'autodéfense...
Libellés :
Armement,
Etats-Unis,
Money,
Stratégie
dimanche 24 février 2008
Caedes
Terme latin que l'on pourrait traduire en termes plus contemporains par "poursuite prélable à l'anéantissement de l'adversaire". En l'occurrence, le - très sympathique - adversaire du jour est mon prochain ouvrage, dont je peaufine actuellement la conclusion.
Dans quelques heures, il partira vers mon directeur de collection... et il entamera sa vie propre. Terminer un ouvrage, finalement, est assez comparable à un accouchement : on est content d'en arriver à la fin, on est heureux d'avoir vécu la gestation et on a toujours un peu peur de ce que le "minot" deviendra.
Dans quelques heures, il partira vers mon directeur de collection... et il entamera sa vie propre. Terminer un ouvrage, finalement, est assez comparable à un accouchement : on est content d'en arriver à la fin, on est heureux d'avoir vécu la gestation et on a toujours un peu peur de ce que le "minot" deviendra.
Débat terrorisme sur RTBF
Le Mise au point de ce dimanche était consacré au terrorisme en Belgique. Vieux débat certes mais assez intéressant : on y a plus parlé stratégie que d'autre chose, ce qui n'est pas pour me déplaire.
De même, il semblerait même que l'on commence à parler sereinement de résilience. Pas de citation de votre serviteur certes mais un certain nombre de références faisant surface ça et là. Bon, et bien, reste à voir si ces déclarations d'intention passeront à la case "proposition de loi"...
De même, il semblerait même que l'on commence à parler sereinement de résilience. Pas de citation de votre serviteur certes mais un certain nombre de références faisant surface ça et là. Bon, et bien, reste à voir si ces déclarations d'intention passeront à la case "proposition de loi"...
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samedi 23 février 2008
Pensez hybride
Je ne parle pas de motorisation automobile. En fait, je viens de retomber sur l'excellentissime travail de Frank Hoffman, Conflict in the 21st Century: The Rise of Hybrid Wars, paru en décembre 07, qui a une influence certaine sur l'actuelle réflexion de l'USMC.
De quoi, sans doute, nous faire sortir des limites conceptuelles de la "guerre asymétrique" (cf. mon article dans les Cahiers du RMES) et de la dévalorisation des opérations COIN qu'elle porterait. De quoi, aussi, montrer la convergence des réflexions des deux côtés de l'Atlantique (Cf. les travaux de V. Desportes et du Col. Goya).
De quoi, sans doute, nous faire sortir des limites conceptuelles de la "guerre asymétrique" (cf. mon article dans les Cahiers du RMES) et de la dévalorisation des opérations COIN qu'elle porterait. De quoi, aussi, montrer la convergence des réflexions des deux côtés de l'Atlantique (Cf. les travaux de V. Desportes et du Col. Goya).
Une réponse à Philippe Monfils : non, le char n'est pas inutile
La dernière intervention du sénateur et ancien président de la commission de la défense, Philippe Monfils (1) sur ce qu’il considère comme l’inutilité des chars de bataille pose question à bien des égards. Tentons donc de déconstruire ses arguments et de les opposer à la complexité et à l’immense diversité des contributions issues de professionnels de la défense.
Le char est-il un has been de la défense ?
Le sénateur avance que le char n’a été utilisé qu’une fois par les Belges sur la toute la durée de leur carrière. Mais c’est oublier que le char est un élément de dissuasion tactique. Idéalement, il est là pour ne pas être utilisé et, de ce point de vue, si les Belges n’ont pas utilisés leurs Leopards au Kosovo, ils ont parfaitement rempli leur rôle, aussi paradoxal que cela puisse paraître. On arguera ensuite que les chars sont utilisés mais lorsque le politique décide de les employer : les Leopard 1 danois ont tiré contre des chars serbes en 95, en protection des forces des Nations Unies, qui n’ont ensuite plus été menacées dans le secteur où elles opéraient. Les Leclerc français sont considérés comme les pièces maîtresses de la sécurité de la FINUL II au Liban et, au Kosovo, ils ont souvent évité la dégénérescence de faces-à-faces entre Serbes du Kosovo et kosovars. Le char protège, par sa simple présence, troupes et populations civiles.
P. Monfils arguera également que les chars belges au Kosovo étaient statiques, afin de ne pas bouleverser les champs des agriculteurs locaux. Mais c’est oublier qu’en en cas de problème, les chars naturellement mobiles alors que, par ailleurs, lesdits champs seraient bien plus labourés par un véhicule 8x8 de 22 tonnes – simplement parce qu’ils exercent une pression au sol inférieure à un char de plus de 50 tonnes dont la masse est répartie sur la surface des chenilles. Aussi, s’il est vrai que le Sénateur a raison sur la question de la consommation des engins, que vaut-elle comparativement à la vie de nos soldats, alors que les menaces potentielles – même durant les opérations de maintien de la paix – sont de plus en plus perfectionnées et perceront des blindages que l’AIV ne pourra plus porter ? AIV qui, au demeurant et dans leur version de transport de troupes, ne pourront pas, face à l’évolution des menaces – la vieille lutte du glaive contre le bouclier – se surblinder. Aussi, lorsque Philippe Monfils indique que les conflits auraient changé de nature, il ne se trompe qu’à moitié.
Si, techniquement, la nature des conflits est invariable depuis Assurbanipal (il s’agit toujours d’imposer à son adversaire des vues qu’il combat), son caractère est effectivement changeant. Mais pas dans le bon sens. C’est ce que disent les meilleurs stratèges du monde, de Vincent Desportes à Rupert Smith en passant par Antulio Echevarria, Hervé Coutau-Bégarie ou encore Colin Gray. Tous – et de nombreux militaires belges que nous devrions apprendre à écouter – s’accordent à dire que nous allons connaître des conflits plus longs où les phases de stabilisation (auxquelles la Belgique entend participer) et de combat sont de plus en plus imbriquées. Nous allons aussi vers des conflits plus durs, comme le dit le chef d’état-major des armées françaises, où les adversaires – qu’ils soient ou non des Etats – disposeront de munitions perfectionnées ou à fort pouvoir antiblindés, que la Russie et la Chine n’hésitent en aucun cas à vendre.
Nous ferons aussi face à des techno-guérillas, comme au Liban, dans l’actuelle Somalie actuelle ou au Sri Lanka. Elles seront « non-linéaires ». C’est à dire qu’elles connaîtront des phases d’accalmies entrecoupées de brusques poussées de violence, y compris lors des missions de maintien et de rétablissement de la paix dont parle Philippe Monfils. Il ne sera alors pas question, alors, d’évacuer des Belges qui devront « faire le gros dos » et « tenir le choc ». Il s’ensuit que la protection des forces et, donc, le blindage et la faculté d’évolution des véhicules sur de longues périodes, sera déterminante. De ce point de vue, l’assertion selon laquelle « tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur des marchés d’occasion » est curieuse.
En effet, aucun char Leclerc français n’est mis en vente et que s’il est exact que les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont trop nombreux. Les Britanniques, quant à eux, modernisent leurs chars, de même que les Américains. Le Canada, le Portugal et l’Australie qui voulaient l’abandonner y sont revenus. En fait, le char prolifère partout dans le monde, y compris dans une Afrique où nous entendons pouvoir continuer à intervenir. Celui qui n’en dispose pas est condamné à se soumettre à la loi du plus fort, contre les principes des Nations unies. Plus largement, la Belgique est le seul pays au monde à vouloir se débarrasser de sa composante « char » alors que sa stratégie est pourtant ambitieuse.
Reste, aussi, la question du transport des chars, également abordée par le Sénateur dans son interview et sachant que notre armée ambitionne de pouvoir être projetée plus facilement. Mais, personne ne transporte les chars par les air. Même les Etats-Unis qui disposent de C-5 Galaxy aux capacités équivalentes aux Antonov dont parle le Sénateur, utilisent leurs navires. La solution est plus simple, plus rapide et moins coûteuse. On ajoutera qu’avec seulement 7 A400M commandés par la Belgique, le transport maritime s’imposera de toute façon.
Quelques considérations politiques
Alors que G. Verhofstadt vient de rencontrer le président français pour notamment s’entretenir de la défense européenne, il est bon de rappeler qu’avec 10 millions d’habitants, la Belgique fait moins pour sa défense que plusieurs Etats plus petits. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à parler de l’exercice de free-riding de Bruxelles, qui bénéficierait d’une sécurité payée par d’autres, France, Allemagne et Pays-Bas en tête. Or, les budgets sont à la baisse partout, ce qui signifie que l’on demandera plus à une Belgique dont les dernières statistiques de l’OTAN montrent qu’elle la dernière de ses membres en matière de part du budget affecté à l’équipement. Or, à plus de 3 millions d’euros pièce, un AIV doté d’un canon de 90 mm sera plus cher qu’un Leopard II d’occasion, quasiment neuf, acheté à nos voisins pour moins d’un million. Le poids politique de cette décision pour le moins économique serait important et la protection de nos soldats serait meilleure. Bien d’autres dossiers en souffrance à la défense pourraient être financés.
Pourquoi, dès lors, ne pas envisager cette option ? Dans le chef de l’ancien ministre de la défense comme du Sénateur, le véhicule à roue, c’était la modernité. A bien y regarder, ça l’a effectivement été. Mais c’était vers 1996, lorsque la vision américaine, promue par le général Shalikashvilli, envisageait des myriades de véhicules à roues (les « brigades Stryker »). Elles auraient été dotés d’un « blindage informationnel », en fait des réseaux de surveillance ultrasophistiqués. Mais cette vision a démontré son échec dans les phases de stabilisation d’un conflit irakien dont les tactiques sont celles des conflits futurs et d’opérations de maintien de la paix… de moins en moins pacifiques. A cet égard, la vision défendue par P. Monfils n’est sans doute pas celle de la guerre froide. Mais cette vision, imaginée à une époque où des technologies impayables pour la Belgique devaient « changer la nature de la guerre », est devenue totalement has been face aux réalités, au point que les Américains eux-mêmes en reviennent. Sommes-nous obligés de faire les mêmes erreurs ?
Le char est-il un has been de la défense ?
Le sénateur avance que le char n’a été utilisé qu’une fois par les Belges sur la toute la durée de leur carrière. Mais c’est oublier que le char est un élément de dissuasion tactique. Idéalement, il est là pour ne pas être utilisé et, de ce point de vue, si les Belges n’ont pas utilisés leurs Leopards au Kosovo, ils ont parfaitement rempli leur rôle, aussi paradoxal que cela puisse paraître. On arguera ensuite que les chars sont utilisés mais lorsque le politique décide de les employer : les Leopard 1 danois ont tiré contre des chars serbes en 95, en protection des forces des Nations Unies, qui n’ont ensuite plus été menacées dans le secteur où elles opéraient. Les Leclerc français sont considérés comme les pièces maîtresses de la sécurité de la FINUL II au Liban et, au Kosovo, ils ont souvent évité la dégénérescence de faces-à-faces entre Serbes du Kosovo et kosovars. Le char protège, par sa simple présence, troupes et populations civiles.
P. Monfils arguera également que les chars belges au Kosovo étaient statiques, afin de ne pas bouleverser les champs des agriculteurs locaux. Mais c’est oublier qu’en en cas de problème, les chars naturellement mobiles alors que, par ailleurs, lesdits champs seraient bien plus labourés par un véhicule 8x8 de 22 tonnes – simplement parce qu’ils exercent une pression au sol inférieure à un char de plus de 50 tonnes dont la masse est répartie sur la surface des chenilles. Aussi, s’il est vrai que le Sénateur a raison sur la question de la consommation des engins, que vaut-elle comparativement à la vie de nos soldats, alors que les menaces potentielles – même durant les opérations de maintien de la paix – sont de plus en plus perfectionnées et perceront des blindages que l’AIV ne pourra plus porter ? AIV qui, au demeurant et dans leur version de transport de troupes, ne pourront pas, face à l’évolution des menaces – la vieille lutte du glaive contre le bouclier – se surblinder. Aussi, lorsque Philippe Monfils indique que les conflits auraient changé de nature, il ne se trompe qu’à moitié.
Si, techniquement, la nature des conflits est invariable depuis Assurbanipal (il s’agit toujours d’imposer à son adversaire des vues qu’il combat), son caractère est effectivement changeant. Mais pas dans le bon sens. C’est ce que disent les meilleurs stratèges du monde, de Vincent Desportes à Rupert Smith en passant par Antulio Echevarria, Hervé Coutau-Bégarie ou encore Colin Gray. Tous – et de nombreux militaires belges que nous devrions apprendre à écouter – s’accordent à dire que nous allons connaître des conflits plus longs où les phases de stabilisation (auxquelles la Belgique entend participer) et de combat sont de plus en plus imbriquées. Nous allons aussi vers des conflits plus durs, comme le dit le chef d’état-major des armées françaises, où les adversaires – qu’ils soient ou non des Etats – disposeront de munitions perfectionnées ou à fort pouvoir antiblindés, que la Russie et la Chine n’hésitent en aucun cas à vendre.
Nous ferons aussi face à des techno-guérillas, comme au Liban, dans l’actuelle Somalie actuelle ou au Sri Lanka. Elles seront « non-linéaires ». C’est à dire qu’elles connaîtront des phases d’accalmies entrecoupées de brusques poussées de violence, y compris lors des missions de maintien et de rétablissement de la paix dont parle Philippe Monfils. Il ne sera alors pas question, alors, d’évacuer des Belges qui devront « faire le gros dos » et « tenir le choc ». Il s’ensuit que la protection des forces et, donc, le blindage et la faculté d’évolution des véhicules sur de longues périodes, sera déterminante. De ce point de vue, l’assertion selon laquelle « tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur des marchés d’occasion » est curieuse.
En effet, aucun char Leclerc français n’est mis en vente et que s’il est exact que les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont trop nombreux. Les Britanniques, quant à eux, modernisent leurs chars, de même que les Américains. Le Canada, le Portugal et l’Australie qui voulaient l’abandonner y sont revenus. En fait, le char prolifère partout dans le monde, y compris dans une Afrique où nous entendons pouvoir continuer à intervenir. Celui qui n’en dispose pas est condamné à se soumettre à la loi du plus fort, contre les principes des Nations unies. Plus largement, la Belgique est le seul pays au monde à vouloir se débarrasser de sa composante « char » alors que sa stratégie est pourtant ambitieuse.
Reste, aussi, la question du transport des chars, également abordée par le Sénateur dans son interview et sachant que notre armée ambitionne de pouvoir être projetée plus facilement. Mais, personne ne transporte les chars par les air. Même les Etats-Unis qui disposent de C-5 Galaxy aux capacités équivalentes aux Antonov dont parle le Sénateur, utilisent leurs navires. La solution est plus simple, plus rapide et moins coûteuse. On ajoutera qu’avec seulement 7 A400M commandés par la Belgique, le transport maritime s’imposera de toute façon.
Quelques considérations politiques
Alors que G. Verhofstadt vient de rencontrer le président français pour notamment s’entretenir de la défense européenne, il est bon de rappeler qu’avec 10 millions d’habitants, la Belgique fait moins pour sa défense que plusieurs Etats plus petits. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à parler de l’exercice de free-riding de Bruxelles, qui bénéficierait d’une sécurité payée par d’autres, France, Allemagne et Pays-Bas en tête. Or, les budgets sont à la baisse partout, ce qui signifie que l’on demandera plus à une Belgique dont les dernières statistiques de l’OTAN montrent qu’elle la dernière de ses membres en matière de part du budget affecté à l’équipement. Or, à plus de 3 millions d’euros pièce, un AIV doté d’un canon de 90 mm sera plus cher qu’un Leopard II d’occasion, quasiment neuf, acheté à nos voisins pour moins d’un million. Le poids politique de cette décision pour le moins économique serait important et la protection de nos soldats serait meilleure. Bien d’autres dossiers en souffrance à la défense pourraient être financés.
Pourquoi, dès lors, ne pas envisager cette option ? Dans le chef de l’ancien ministre de la défense comme du Sénateur, le véhicule à roue, c’était la modernité. A bien y regarder, ça l’a effectivement été. Mais c’était vers 1996, lorsque la vision américaine, promue par le général Shalikashvilli, envisageait des myriades de véhicules à roues (les « brigades Stryker »). Elles auraient été dotés d’un « blindage informationnel », en fait des réseaux de surveillance ultrasophistiqués. Mais cette vision a démontré son échec dans les phases de stabilisation d’un conflit irakien dont les tactiques sont celles des conflits futurs et d’opérations de maintien de la paix… de moins en moins pacifiques. A cet égard, la vision défendue par P. Monfils n’est sans doute pas celle de la guerre froide. Mais cette vision, imaginée à une époque où des technologies impayables pour la Belgique devaient « changer la nature de la guerre », est devenue totalement has been face aux réalités, au point que les Américains eux-mêmes en reviennent. Sommes-nous obligés de faire les mêmes erreurs ?
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vendredi 22 février 2008
Le Dolgorukiy enfin à l'eau
Le Youri Dolgorukiy, tête de la nouvelle classe de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins russes a finalement été mis à l’eau le 13 février 2008. Au terme de son baptême en avril 2007, le bâtiment était resté en cale sèche.
90 mm : Ducarme contre-attaque
Vous aurez sans doute lu l'interview de P. Monfils, accordée en début de semaine à La Libre et vous aurez sans doute été, comme moi, assez sceptique sur la pertinence et la validité factuelle des arguments avancés. J'ai d'ailleurs préparé une "opinion" que j'enverrai pour proposition de publication au qutodien, tout à l'heure.
Denis Ducarme n'a cependant pas pris autant de temps que moi. Pour preuve, il a réagit hier soir sur son blog. Morceaux choisis : "Philippe Monfils indique que nos voisins ont mis « leurs chars en vente » et « favoriseraient l’usage de véhicule blindés sur roues ». Cette affirmation est évidemment fausse".
Et d'ajouter qu'"aucun char Leclerc français n’est mis en vente, si les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont surnuméraires face à leurs nouvelles structures (les Pays-Bas en gardent 84, les Allemands, plus de 1000). Les Britanniques modernisent leurs chars, les Américains aussi. Le Canada, le Portugal et l’Australie avaient envisagé d’abandonner les chars, ils y reviennent finalement (respectivement, des Léopards II et des M-1 américains).
Au final, "Personne en Europe – sauf la Belgique – n’envisage aujourd’hui d’abandonner sa composante « char » et la majeure partie des forces armées se réoriente vers les véhicules portés sur chenilles". A ma connaissance, plus précisément, personne au monde ne songe à se départir de l'instrument de dissuasion tactique - et donc de protection des forces - que constitue le char de bataille. Et si nous n'en sommes plus aux volumes de la guerre froide, la fonction assumée par le char a également mûté profondément, ce que démontrait brillament Marc Chassillan dans le n°7 de DSI, en septembre 2005.
On ne peut donc mieux dire. D'autant plus que la référence à la soit-disant évolution de la nature de la guerre par Philippe Monfils se traduirait par la nécessité de l'allègement des dispositifs de force. Ce qui, là aussi, a fait tiquer - comme toute personne ayant un peu lu sur le sujet ces dernières années - le vice-président de la commission de la défense : "En matière de nature d’évolution dans la nature des conflits à laquelle Philippe Monfils fait allusion, on doit citer Vincent Desportes du CDEF (Centre de Doctrine de l’emploi de la force) dont le dernier ouvrage « la guerre probable » fait autorité en matière de doctrine d’emploi de la force armée".
Dernier pied de nez du vice-président à l'ex-président : le programme du MR (dont ils sont tous les deux membres) demande l'achat de chars d'occasion. Décidément, oui, la sortie de P. Monfils laissera sceptique...
Denis Ducarme n'a cependant pas pris autant de temps que moi. Pour preuve, il a réagit hier soir sur son blog. Morceaux choisis : "Philippe Monfils indique que nos voisins ont mis « leurs chars en vente » et « favoriseraient l’usage de véhicule blindés sur roues ». Cette affirmation est évidemment fausse".
Et d'ajouter qu'"aucun char Leclerc français n’est mis en vente, si les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont surnuméraires face à leurs nouvelles structures (les Pays-Bas en gardent 84, les Allemands, plus de 1000). Les Britanniques modernisent leurs chars, les Américains aussi. Le Canada, le Portugal et l’Australie avaient envisagé d’abandonner les chars, ils y reviennent finalement (respectivement, des Léopards II et des M-1 américains).
Au final, "Personne en Europe – sauf la Belgique – n’envisage aujourd’hui d’abandonner sa composante « char » et la majeure partie des forces armées se réoriente vers les véhicules portés sur chenilles". A ma connaissance, plus précisément, personne au monde ne songe à se départir de l'instrument de dissuasion tactique - et donc de protection des forces - que constitue le char de bataille. Et si nous n'en sommes plus aux volumes de la guerre froide, la fonction assumée par le char a également mûté profondément, ce que démontrait brillament Marc Chassillan dans le n°7 de DSI, en septembre 2005.
On ne peut donc mieux dire. D'autant plus que la référence à la soit-disant évolution de la nature de la guerre par Philippe Monfils se traduirait par la nécessité de l'allègement des dispositifs de force. Ce qui, là aussi, a fait tiquer - comme toute personne ayant un peu lu sur le sujet ces dernières années - le vice-président de la commission de la défense : "En matière de nature d’évolution dans la nature des conflits à laquelle Philippe Monfils fait allusion, on doit citer Vincent Desportes du CDEF (Centre de Doctrine de l’emploi de la force) dont le dernier ouvrage « la guerre probable » fait autorité en matière de doctrine d’emploi de la force armée".
Dernier pied de nez du vice-président à l'ex-président : le programme du MR (dont ils sont tous les deux membres) demande l'achat de chars d'occasion. Décidément, oui, la sortie de P. Monfils laissera sceptique...
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jeudi 21 février 2008
Un grand merci !
A toutes celles et ceux qui m'ont par ce blog, par mail ou par téléphone envoyé leurs félicitations et autres encouragements dans le cadre de la thèse. Pour les remercier, elles et eux comme les autres, la table des matières de ma thèse devrait bientôt être en ligne sur le site de l'ULB, je ne manquerai pas de mettre le lien (qui à dit "noooonn, pas ça !!" ?). En attendant, voilà toujours quelques photos des opérations !
Embouteillages dans la journée... et en orbite
La destruction réussie du satellite US a plus de 240 km a causé une légère surcharge de votre serviteur, ce qui sera à lire demain dans Le Temps (Suisse) à et à écouter aujourd'hui sur Medi-1. Entre-temps, je suis revenu avec BFM sur l'évolution du terrorisme au Maroc et en particulier sur les leçons que nous enseignaient dans un DSI le directeur du BKA allemand sur la conjonction d'intérêts entre des groupes terroristes et le grand banditisme.
Bref, moi qui pensais détailler quelque peu les "vertus", si l'on peut s'exprimer ainsi, du tir d'hier soir, me voilà contraint de compacter mon analyse. Soulignons juste que le choix du SM-3 est judicieux : il est bien plus fiable que les intercepteurs basés au sol en Californie et en Alaska (je renvoie au DSI de mai 2007 et à l'article de J.P. Baulon) et que ce choix est également politique à au moins 3 égards :
1) Il a certes une valeur sémiotique vers la Chine mais aussi vers la Russie (que peu de candidats aux présidentielles aiment), qui avait été la première à mettre en oeuvre un engin ASAT (un satellite kamikaze monté sur SS-9), tout en indiquant à Pékin que les Américains n'attendent pas, eux, que les conditions favorables à un tir soit réunies.
La manoeuvre est dissuadante mais elle vise aussi à imposer les Etats-Unis comme les vrais "pros" de l'ASAT : où il veulent (le SM-3, sur croiseur et destroyer, est mobile) et quand il le veulent (le SM-3 est opérationnel et 75 nouveaux exemplaires viennent juste d'être commandés pour plus d'un milliard de dollars). En somme, de quoi faire passer les Chinois pour des amateurs.
2) La manoeuvre de politique interne est brillante : au moment où le budget de l'exécutif a été déposé au Congrès, le tir balaie une bonne partie des critiques selon lesquels les ABM US sont coûteux et inefficaces. Or, le tir prouve qu'ils sont efficaces mais qu'en plus, ils ont une fonction ASAT utile pour des missions d'interdiction d'accès. Nous y ajouterons, sans doute, les ricanements - ici très accessoires - de la Navy à l'égard de l'Air Force.
3) Le tir à une valeur politique à l'égard des alliés à dexu égards. Premièrement, Washington pose que si "vous êtes menacés par un réservoir d'hydrazine ? Peu importe qu'il en tombe une dizaine par ans, nous vous protégeons". Deuxièmement, Washington attend desdits alliés qu'ils donnent un coup de main non seulement aux plans US en Europe mais aussi dans l'architecture ABM US : l'Australie et d'autres seraient ainsi approchés pour un achat de SM-3. Au-delà de la politique, il y a donc un peu de marketing - juste un peu - aussi.
Au final donc, pas de guerre des étoiles : on est très loin des lasers spatiaux - la performance technique est tout de même remarquable. Mais on est bien sur Terre, les pieds dans la politique. Laquelle, d'ailleurs, pourrait en profiter pour dépoussiérer quelque peu l'OST de 67, pour le coup. Histoire de priver définitivement Russes et Chinois d'une capacité ASAT qu'ils ne maîtrisent pas encore (ou plus) et de garder définitivement le leadership en ASAT... sur base d'un engin qui n'est pas conçu pour cela, n'est-ce pas ?
Bref, moi qui pensais détailler quelque peu les "vertus", si l'on peut s'exprimer ainsi, du tir d'hier soir, me voilà contraint de compacter mon analyse. Soulignons juste que le choix du SM-3 est judicieux : il est bien plus fiable que les intercepteurs basés au sol en Californie et en Alaska (je renvoie au DSI de mai 2007 et à l'article de J.P. Baulon) et que ce choix est également politique à au moins 3 égards :
1) Il a certes une valeur sémiotique vers la Chine mais aussi vers la Russie (que peu de candidats aux présidentielles aiment), qui avait été la première à mettre en oeuvre un engin ASAT (un satellite kamikaze monté sur SS-9), tout en indiquant à Pékin que les Américains n'attendent pas, eux, que les conditions favorables à un tir soit réunies.
La manoeuvre est dissuadante mais elle vise aussi à imposer les Etats-Unis comme les vrais "pros" de l'ASAT : où il veulent (le SM-3, sur croiseur et destroyer, est mobile) et quand il le veulent (le SM-3 est opérationnel et 75 nouveaux exemplaires viennent juste d'être commandés pour plus d'un milliard de dollars). En somme, de quoi faire passer les Chinois pour des amateurs.
2) La manoeuvre de politique interne est brillante : au moment où le budget de l'exécutif a été déposé au Congrès, le tir balaie une bonne partie des critiques selon lesquels les ABM US sont coûteux et inefficaces. Or, le tir prouve qu'ils sont efficaces mais qu'en plus, ils ont une fonction ASAT utile pour des missions d'interdiction d'accès. Nous y ajouterons, sans doute, les ricanements - ici très accessoires - de la Navy à l'égard de l'Air Force.
3) Le tir à une valeur politique à l'égard des alliés à dexu égards. Premièrement, Washington pose que si "vous êtes menacés par un réservoir d'hydrazine ? Peu importe qu'il en tombe une dizaine par ans, nous vous protégeons". Deuxièmement, Washington attend desdits alliés qu'ils donnent un coup de main non seulement aux plans US en Europe mais aussi dans l'architecture ABM US : l'Australie et d'autres seraient ainsi approchés pour un achat de SM-3. Au-delà de la politique, il y a donc un peu de marketing - juste un peu - aussi.
Au final donc, pas de guerre des étoiles : on est très loin des lasers spatiaux - la performance technique est tout de même remarquable. Mais on est bien sur Terre, les pieds dans la politique. Laquelle, d'ailleurs, pourrait en profiter pour dépoussiérer quelque peu l'OST de 67, pour le coup. Histoire de priver définitivement Russes et Chinois d'une capacité ASAT qu'ils ne maîtrisent pas encore (ou plus) et de garder définitivement le leadership en ASAT... sur base d'un engin qui n'est pas conçu pour cela, n'est-ce pas ?
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mercredi 20 février 2008
Interview : démentèlement d'un groupe terroriste au Maroc
Pour ceux qui captent RTL-TVI, la sympathique équipe emmenée par Nadia Bouria vient de m'interviewer sur le démentelement d'une cellule marocaine - apparement plus liée à l'islamisme "soft" qu'à Al Qaïda au Maghreb - qui a directement bénéficié du "casse du siècle", en 2001, sur l'aéroport de Luxembourg et où était mêlé le truand belge M. Habran. Comme quoi, Jacques Baud et sa vision de l'interpénétration du grand banditisme et du terrorisme trouvent un cas d'application tèrs concert et, pour une fois, public.
A voir ce soir au JT de 1900.
A voir ce soir au JT de 1900.
Y'a sondage !
Profitant d'une nouvelle fonctionalité offerte par Blogger, j'ai lancé un petit sondage, juste à la droite de votre écran. Et on ne triche pas, hein !
Back online
Et me voilà de retour après une matinée de cours donnés aux - très motivés et extrêmement sympathiques - stagiaires de 3ème cycle de l'ERM (l'équivalent du CID) sur "RMA et pensée stratégique". Dieu que trois heures de cours passent vite !
Je médite également une interview de Philippe Monfils, parue ce matin dans La Libre à propos de la nécesité des AIV et... de l'inutilité du char. L'élément de dissuasion est complètement ignoré, comme les débats stratégiques voire le simple bon sens. Si, effectivement, un char ne rentre pas dans un C-130, je serais surpris qu'un AIV/90 mm le fasse également, vu les difficultés qu'a un stryker avec une tourelle de faible profil de le faire.
Nos lecteurs seront par ailleurs surpris d'apprendre que "tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur le marché de l'occasion". L'ABC française va connaître un certain nombre d'infarctus et je ne parle pas du KRK allemand ou de BAE Systems, qui modernise les Challenger 2 britanniques...
Ca mérite bien évidemment une réponse mais je vais prendre mon temps pour l'écrire. Après tout, le DSI ne se fait pas tout seul !
Je médite également une interview de Philippe Monfils, parue ce matin dans La Libre à propos de la nécesité des AIV et... de l'inutilité du char. L'élément de dissuasion est complètement ignoré, comme les débats stratégiques voire le simple bon sens. Si, effectivement, un char ne rentre pas dans un C-130, je serais surpris qu'un AIV/90 mm le fasse également, vu les difficultés qu'a un stryker avec une tourelle de faible profil de le faire.
Nos lecteurs seront par ailleurs surpris d'apprendre que "tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur le marché de l'occasion". L'ABC française va connaître un certain nombre d'infarctus et je ne parle pas du KRK allemand ou de BAE Systems, qui modernise les Challenger 2 britanniques...
Ca mérite bien évidemment une réponse mais je vais prendre mon temps pour l'écrire. Après tout, le DSI ne se fait pas tout seul !
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mardi 19 février 2008
Suède : vers un adieu à la neutralité ?
Le ministre suédois de la défense a indiqué dans un quotidien que l'adhésion à l'OTAN était une évolution "naturelle" pour la Suède dans le long terme. Si elle participe déjà au PPP et à l'ISAF, elle pourrait également rejoindre la NRF.
Si cette évolution se confirme, le modèle de la neutralité à l'européenne pourrait être sérieusement ébranlé et il ne serait pas étonnant de voir des mouvements similaires se dessiner - toujours dans le long terme - en Autriche ou en Finlande.
Le fait est, également, que la Suède n'a plus les moyens de son autonomie en matière de défense. Le modèle défendait certes un non-alignement strict mais, également, la préservation d'une BITD suffisament puissante que pour alimenter de façon quasi-autarcique le pays. A une certaine époque, un programme nucléaire militaire avait même été lancé.
De ce point de vue, l'annonce du ministre Tolfgors intervient quelques jours après l'annulation du programme SEP. Un signe parmi d'autres que les Transformations imposent par leur densité un travail en commun ?
Si cette évolution se confirme, le modèle de la neutralité à l'européenne pourrait être sérieusement ébranlé et il ne serait pas étonnant de voir des mouvements similaires se dessiner - toujours dans le long terme - en Autriche ou en Finlande.
Le fait est, également, que la Suède n'a plus les moyens de son autonomie en matière de défense. Le modèle défendait certes un non-alignement strict mais, également, la préservation d'une BITD suffisament puissante que pour alimenter de façon quasi-autarcique le pays. A une certaine époque, un programme nucléaire militaire avait même été lancé.
De ce point de vue, l'annonce du ministre Tolfgors intervient quelques jours après l'annulation du programme SEP. Un signe parmi d'autres que les Transformations imposent par leur densité un travail en commun ?
On the road again
Les dernières brumes de sommeil s'étant définitivement levées, je me suis donc réveillé docteur au terme d'une soutenance assez sympathique, avec pas mal de questions et de discussions vraiment intéressantes (le rôle des cultures bureaucratiques dans la technologisation, l'acculturation de la RMA au Japon, en Israël et en Chine ; l'évolution de la fonction protection, etc.) et... le meurtre patenté de deux caisses de champagne. A ma décharge, je n'ai pas tout bu ;o)
vendredi 15 février 2008
Slow down
D'ici 74 heures exactement, je serai sur le point de rentrer dans la salle où aura lieu ma soutenance. Voilà qui explique une petite baisse de régime de ce blog. Yoda s'empare à nouveau de moi et mon cerveau est repassé en mode "CHKDSK". Amusant, cette sensation d'impatience, de léger trac (et oui !) et de décontraction...
jeudi 14 février 2008
90 mm : les prix
La dernière séance de la Commission de la défense nationale belge, qui s'est déroulée hier, a permis d'en savoir un peu plus sur les contrats portant sur les AIV et les canons de 90mm.
Selon, le ministre, la première tranche de 132 véhicules a ainsi coûté 404,4 millions d'euros (hors tourelles). Les deux tranches conditionnelles sont d'un montant de 226 et 70 millions d'euros. En cas d'annulation des tranches conditionnelles, il en coûterait 40 millions à la Belgique. Au final, les 242 véhicules reviendraient donc à 700 millions d'euros (l'hypothèse haute évoquée précédement).
Le ministre a également indiqué que "De prijs van de configuratie AIV DF90, met 90mm kanon, bedraagt 69,9 miljoen euro. Donc, le prix de la configuration AIV DF 90 s'élève à 69,9 millions d'euros". Ce qui laisse pendantes plusieurs hypothèses :
- sachant qu'un AIV coûte 2,93 millions/pièce (soit 400,4/132) et que 18 sont commandés, le reliquat serait d'environ 1 million pour chaque tourelle ;
- il peut tout aussi bien s'agir du prix de 40 tourelles (qui reviendraient alors à 1,745 millions/pièce).
En tout état de cause, le prix d'une tourelle serait égal ou supérieur à un Léopard 2. Ce que semblent avoir compris, à la lecture du compte-rendu, la plupart des parlementaires présents. Les échanges ont été houleux, l'ancien ministre de la défense s'en prenant à Denis Ducarme (en le traitant de "représentant de commerce" (parce qu'il a cité le Leopard...) qui en appelle à mon audition en commission ainsi qu'à celle de Marc Pirlot, professeur de balistique à l'Ecole Royale Militaire. Réponse d'A. Flahaut : "S'agissant des experts cités par M. Ducarme, il faudrait sans doute en ajouter d'autres, qui diront exactement le contraire". Vraiment sûr ?
Selon, le ministre, la première tranche de 132 véhicules a ainsi coûté 404,4 millions d'euros (hors tourelles). Les deux tranches conditionnelles sont d'un montant de 226 et 70 millions d'euros. En cas d'annulation des tranches conditionnelles, il en coûterait 40 millions à la Belgique. Au final, les 242 véhicules reviendraient donc à 700 millions d'euros (l'hypothèse haute évoquée précédement).
Le ministre a également indiqué que "De prijs van de configuratie AIV DF90, met 90mm kanon, bedraagt 69,9 miljoen euro. Donc, le prix de la configuration AIV DF 90 s'élève à 69,9 millions d'euros". Ce qui laisse pendantes plusieurs hypothèses :
- sachant qu'un AIV coûte 2,93 millions/pièce (soit 400,4/132) et que 18 sont commandés, le reliquat serait d'environ 1 million pour chaque tourelle ;
- il peut tout aussi bien s'agir du prix de 40 tourelles (qui reviendraient alors à 1,745 millions/pièce).
En tout état de cause, le prix d'une tourelle serait égal ou supérieur à un Léopard 2. Ce que semblent avoir compris, à la lecture du compte-rendu, la plupart des parlementaires présents. Les échanges ont été houleux, l'ancien ministre de la défense s'en prenant à Denis Ducarme (en le traitant de "représentant de commerce" (parce qu'il a cité le Leopard...) qui en appelle à mon audition en commission ainsi qu'à celle de Marc Pirlot, professeur de balistique à l'Ecole Royale Militaire. Réponse d'A. Flahaut : "S'agissant des experts cités par M. Ducarme, il faudrait sans doute en ajouter d'autres, qui diront exactement le contraire". Vraiment sûr ?
mercredi 13 février 2008
Les 90 mm au programme de la Commission "Achats militaires"
Le système législatif belge est ainsi fait que la Chambre dispose à la fois d'une commission de la défense nationale et d'une commission "achats militaires" dont les discussions se déroulent à huis clot.
Or, cette dernière semble bel et bien avoir été convoquée à l'initiative de l'un de ses membres, afin qu'elle se réunisse le 20 février, pour une réunion portant... sur les canons de 90 mm.
Si l'on ne sait pas encore ce qu'il s'y dira, les premiers échos des travaux de la task-force mise en place par Pieter De Crem sur le dossier pourraient y être entendu. Contrairement à ce qu'affirmait Le Soir, le ministre n'est pas revenu sur sa décision d'annuler la commande des tourelles LCTS-90 et une partie des Piranha IIIC : il avait juste indiqué que ce type de décision devait se prendre en Conseil des ministres.
Et, de fait, les travaux de la task force se poursuivent, visant à examiner les conditions d'une annulation d'une série de contrats. De facto, lorsque l'on considère les prix du marché d'occasion pour une série d'engins plus adaptés aux besoins des armées européennes dans les 20 à 30 ans (voir nos précédents posts), l'ont se dit - en ces temps de rigueur budgétaire - qu'il est relativement facile d'économiser beaucoup d'argent.
Reste, cependant, à examiner dans quelle mesure la Commission va effectivement travailler en ce sens. L'élément politique joue ici à plein. Or, son président et 3 membres (sur un total de 14) sont membres du CD&V, le même parti que le ministre de la Défense. Deux sont MR (dont le programme mentionnait la possible acquisition de Leopard II d'occasion) dont un provient de la région de Liège (où est sise CMI, qui fabrique les tourelles et procède à l'intégration sur Piranha IIIC). Deux sont PS (dont un liégeois). Le seul représentant CDH est brabaçon et, donc, a priori peu concerné par la problématique.
Dans le même temps, reste à examiner quelle sera la position des partis - au rôle particulièrement important en Belgique. Si le PS soutient le 90 mm et son couplage à l'AIV comme les éléments liégeois du MR (en dépit pourtant du programme "défense" du parti), il n'est pas impossible que sa position évolue... sous la pression conjuguée de la nécessité de maintenir la cohésion gouvernementale (par rapport à laquelle le PS est moins sensible) mais aussi d'un changement de position sur le fond.
En tout état de cause, nous ne manquerons pas de vous tenir informé.
Or, cette dernière semble bel et bien avoir été convoquée à l'initiative de l'un de ses membres, afin qu'elle se réunisse le 20 février, pour une réunion portant... sur les canons de 90 mm.
Si l'on ne sait pas encore ce qu'il s'y dira, les premiers échos des travaux de la task-force mise en place par Pieter De Crem sur le dossier pourraient y être entendu. Contrairement à ce qu'affirmait Le Soir, le ministre n'est pas revenu sur sa décision d'annuler la commande des tourelles LCTS-90 et une partie des Piranha IIIC : il avait juste indiqué que ce type de décision devait se prendre en Conseil des ministres.
Et, de fait, les travaux de la task force se poursuivent, visant à examiner les conditions d'une annulation d'une série de contrats. De facto, lorsque l'on considère les prix du marché d'occasion pour une série d'engins plus adaptés aux besoins des armées européennes dans les 20 à 30 ans (voir nos précédents posts), l'ont se dit - en ces temps de rigueur budgétaire - qu'il est relativement facile d'économiser beaucoup d'argent.
Reste, cependant, à examiner dans quelle mesure la Commission va effectivement travailler en ce sens. L'élément politique joue ici à plein. Or, son président et 3 membres (sur un total de 14) sont membres du CD&V, le même parti que le ministre de la Défense. Deux sont MR (dont le programme mentionnait la possible acquisition de Leopard II d'occasion) dont un provient de la région de Liège (où est sise CMI, qui fabrique les tourelles et procède à l'intégration sur Piranha IIIC). Deux sont PS (dont un liégeois). Le seul représentant CDH est brabaçon et, donc, a priori peu concerné par la problématique.
Dans le même temps, reste à examiner quelle sera la position des partis - au rôle particulièrement important en Belgique. Si le PS soutient le 90 mm et son couplage à l'AIV comme les éléments liégeois du MR (en dépit pourtant du programme "défense" du parti), il n'est pas impossible que sa position évolue... sous la pression conjuguée de la nécessité de maintenir la cohésion gouvernementale (par rapport à laquelle le PS est moins sensible) mais aussi d'un changement de position sur le fond.
En tout état de cause, nous ne manquerons pas de vous tenir informé.
Des Rafale pour le Brésil ? (2)
Nous avions déjà évoqué ici, le 8 novembre 2007, la possibilité d'une vente française de Rafale au Brésil. Nous terminions alors la note en indiquant que les Brésiliens estimaient que des transferts technologies seraient indispensables.
Il s'avère aujourd'hui que la France a franchi un pas symbolique important, lorsque N. Sarkozy, en visite en Guyane, a déclaré "J'ai dit au président brésilien que sur la question des sous-marins nous étions prêts à ce qu'un des sous-marins Scorpène soit fabriqué au Brésil, que sur la question des avions de combat comme des hélicoptères nous étions prêts à organiser les transferts de technologie pour que des hélicoptères et des avions de combat - je pense notamment au Rafale - soient fabriqués au Brésil".
Dassault Aviation s'est refusé à tout commentaire mais a souligné toutefois qu'il avait toujours eu "une tradition de grande coopération avec le Brésil et qu'(il) était disposé à étudier les souhaits de son client". La porte est donc ouverte. Un premier effet de l'effort français de restructuration des exportations d'armement qu'examine Véronique Sartini dans le dernier numéro de Technologie & Armement ?
DSI avait été le premier magazine français à faire état de la possibilité de cette vente.
Il s'avère aujourd'hui que la France a franchi un pas symbolique important, lorsque N. Sarkozy, en visite en Guyane, a déclaré "J'ai dit au président brésilien que sur la question des sous-marins nous étions prêts à ce qu'un des sous-marins Scorpène soit fabriqué au Brésil, que sur la question des avions de combat comme des hélicoptères nous étions prêts à organiser les transferts de technologie pour que des hélicoptères et des avions de combat - je pense notamment au Rafale - soient fabriqués au Brésil".
Dassault Aviation s'est refusé à tout commentaire mais a souligné toutefois qu'il avait toujours eu "une tradition de grande coopération avec le Brésil et qu'(il) était disposé à étudier les souhaits de son client". La porte est donc ouverte. Un premier effet de l'effort français de restructuration des exportations d'armement qu'examine Véronique Sartini dans le dernier numéro de Technologie & Armement ?
DSI avait été le premier magazine français à faire état de la possibilité de cette vente.
La phrase du jour
"Vous n'avez pas besoin d'aimer le monde qui vient... Il vient."
Chateaubriand, en tête d'introduction du dernier ouvrage de l'amiral Labouérie
Chateaubriand, en tête d'introduction du dernier ouvrage de l'amiral Labouérie
Un petit coup d'ailes...
... et me voilà de retour en France pour le bouclage du DSI de mars avant de rentrer à Bruxelles samedi, histoire d'aborder la dernière ligne droite avant la défense de thèse de lundi.
A ce propos, si des lecteurs de ce blog envisagent de faire un tour à l'ULB ce lundi, qu'ils n'oublient pas de me laisser un petit mot, histoire de correctement calibrer la logistique du traditionnel "pot" post-défense. Si les armées marchent sur leurs estomacs, les doctorants aussi.
Stay tunned !
A ce propos, si des lecteurs de ce blog envisagent de faire un tour à l'ULB ce lundi, qu'ils n'oublient pas de me laisser un petit mot, histoire de correctement calibrer la logistique du traditionnel "pot" post-défense. Si les armées marchent sur leurs estomacs, les doctorants aussi.
Stay tunned !
lundi 11 février 2008
Nos amis les véhicules d'appui : précision

En regard du dossier des AIV/90 mm, plusieurs lecteurs m'avaient demandé quel était le prix d'un chasseur de char Centauro (8x8 + 105mm ; en photo). Il se trouve que l'Espagne vient d'en commander 8 exemplaires, de même que la modernisation de 21 autres de ses véhicules pour 23,2 millions d'euros.
Toujours dans la même série, cette fois sur le plan "modernisation", l'US Army va convertir 20 M-1A1 en M-1A2 SEP V2 pour 39 millions de dollars. 435 A1 devraient subir ce "reset".
Toujours dans la même série, cette fois sur le plan "modernisation", l'US Army va convertir 20 M-1A1 en M-1A2 SEP V2 pour 39 millions de dollars. 435 A1 devraient subir ce "reset".
Afghanistan : nouveaux déploiements français ?
J'ai été interviewé tout à l'heure par Yves Izard de France-Info, sur la question des options françaises en Afghanistan et sur les pressions américaines en matière de burden- et de risk-sharing. Pas mal de choses étaient à dire et vu leur densité, je me demande comment ils vont goupiller cela au montage ;o)
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