jeudi 28 février 2008

FM 3-0 : précisions

Le général Caldwell a tenu une conférence le 26 février avec des bloggeurs américains, précisant quelque peu les contours donnés aux prochain manuel FM 3-0 (ancien FM 100.5). Military.com dresse une synthèse... très synthétique des chapitres :

-- Chapter 1 establishes the context of land operations in terms of a global environment of persistent conflict, the operational environment, and unified action. It discusses the Army's expeditionary and campaign capabilities while emphasizing that it is soldiers who accomplish missions.

-- Chapter 2 describes a spectrum of conflict extending from stable peace to general war. From that spectrum, it establishes five operational themes into which various joint operations fit. Borrowing heavily from emerging NATO doctrine, this chapter helps Army leaders to understand where diverse operations such as peacekeeping and counterinsurgency fit and shape supporting doctrine.

-- Chapter 3 is the most important chapter in the book; describing the Army's operational concept -- full spectrum operations. Full spectrum operations seize, retain, and exploit the initiative through combinations of four elements: offense, defense, and stability or civil support operations. Mission command is the preferred method of exercising battle command.

-- Chapter 4 addresses combat power, the means by which Army forces conduct full spectrum operations. It replaces the older battlefield operating systems ("BOS") and elements of combat power with six warfighting functions tied together by leadership and employing information. Combined arms and mutual support are the payoff.

-- Chapter 5 reviews the principles of command and control and how they affect the operations process -- plan, prepare, execute, and assess. The emphasis is on commanders and the central role that they have in battle command. Commanders understand, visualize, describe, direct, lead, and continually assess.

-- Chapter 6 discusses operational art, offering Army commanders a bridge between military theory and practice.

-- Chapter 7 is about information superiority, particularly information operations. Information operations divide into five Army information tasks, with particular emphasis on information engagement. -- Chapter 8 addresses the significance of strategic and operational reach to the force, articulating how the Army capitalizes on unique expeditionary and campaign qualities to promptly deploy forces into any operational environment worldwide, even the most austere regions.

NB : Stéphane Taillat m'indique que le document est paru sur le site de l'Army. Bon, ben maintenant je sais quoi lire ce soir ;o)

Re-NB : l'analyse de Stéphane me semble très pertinente, en particulier dans sa relation à une relecture moins biaisée, moins "utilitariste" et plus en profondeur, de Clausewitz. Elle montre aussi une convergence doctrinale de facto avec le FT-01 français (une version en langue anglaise est maintenant dispo). Plusieurs militaires français ont d'ailleurs conseillé les Américains - une excellente chose.

Reste, cependant, Stéphane le souligne mais j'insiste, la délicate question de la perénnité d'un éventuel changement organisationnel. Historiquement, depuis 1982, l'évolution du 100.5 a toujours tendu vers une plus grande prise en considération tant des OOTW que des LICs. Mais... l'application qui en était faite restait marquée par les biais "classiques" de l'organisation : focalisation excessive sur un combat placé au stade de référent identitaire ; pression au résultats quantifiables et, ultimement, tendance à la technologisation (à ne pas confondre avec la technicisation, moteur des Transformations/modernisations ;o)

En d'autres termes, reste à voir quel sera le destin "pratique" du document : Joe Cerami me disait ainsi que, depuis le Vietnam "l'armée n'a rien appris et n'a rien changé". Et, de fait, à relire quelques ouvrages sur le traitement de la COIN au Vietnam (dont la si particulière méthode d'alimentation de Nagl), si l'armée a, en réalité, appris sur le terrain, elle a ensuite effectivement oublié, revenant alors à ce qu'elle estimait être son core business. Rendez-vous après les retraits d'A-stan et du "sandbox" ?

Bon, allez, m'en retourne à mon petit dernier, moi. Bonne soirée tout le monde !

3 commentaires:

Stéphane T a dit…

Il est désormais en ligne. Par ailleurs, j'ai fait une petite analyse de ce changement sur mon blog).
A suivre: une analyse après lecture du document.
Cordialement
Stéphane TAILLAT

Anonyme a dit…

So what ...? Y a t-il un lien de traduction en français svp ?

Stéphane T a dit…

Il est vrai que l'histoire de l'Army semble être celui d'un éternel recommencement: à chaque campagne COIN, on "termine" les programmes et on revient à la "grande guerre". Une remarque: c'est effectivement le sujet de grandes craintes au sein de l'institution (au moins 3 ou 4 articles sur le sujet dans Armed Forces Journal entre décembre et février, dont un assez drole utilisant l'analogie informatique: la crainte du "reboot system" ou du "reset")
Or, à force de se poser la question, de croire que la variable culturelle pèse autant, on produit une prophétie auto-réalisée.... MEF donc sur le sujet.
Enfin, je crois quand même que les progrès sont réels. Il y a des phénomènes inquiétants (je pense notamment aux promotions "oubliées" de colonels partisans de la COIN comme Peter MANSOOR par exemple) mais l'ensemble va dans le bon sens, notamment pour ce qui concerne les juniors officers. Je m'en vais en rencontrer quelques uns en avril et on verra où ils en sont.
Dernier point: cela n'empêche pas que les arguments des "prudents" (comme le LCL GENTILE) sont pertinents. Il convient de faire attention à la "réinvention de la roue". C'est souvent, mais pas toujours, source de déconvenues.
PS: d'où Joseph tient-il que des militaires français ont conseillé des Américains (l'info m'intéresse: via mon e-mail)?
PPS: j'ai mis un petit article sur le MRAP, véhicule anti-IED, dans lequel je cite la controverse HENROTIN/MONFILS sur les chars d'assaut.