jeudi 6 mars 2008

A propos de l'affaire Belliraj

Thomas Renard, du Front asymétrique, vient de faire paraître un article sur l'affaire Belliraj, où il dresse les rétroactes de cette affaire, qui a vu le démentelement d'un réseau marocain dirigé par Abdelkader Belliraj, citoyen belgo-marocain. Au passage, la constitution du réseau tend à démontrer l'existence d'une connexion entre le terrorisme djihadiste et le Hezbollah (un correspondant de la chaîne Al-Manar a ainsi été arrêté) (1).

Thomas pose un constat alarmant :

- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;

- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.

Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.

Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.

Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.

Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...

(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.

17 commentaires:

Anonyme a dit…

Je constate avec satisfaction que M.Renard fait état des doutes exprimés par certaines parties judiciaires belges concernant les allégations des autorités marocaines, doutes dont vous ne semblez pas tenir compte. Un peu de circonspection serait bienvenue face à une affaire aussi rocambolesque.

Que le régime marocain parvienne à "démontrer" les liens de l'opposition légale, islamiste et gauchiste, avec al-Qaeda, le Hezbollah et le grand banditisme est politiquement trop "bienvenu" pour que ces informations puissent être prises pour argent comptant.

Mon propos n'est pas de dire que Belliraj est blanc comme neige, mais de mettre un point d'interrogation sur ses prétendus liens avec toutes les parties précitées.

Ne trouvez-vous pas bizarre que les soit-disant "terroristes" n'aient rien trouvé de mieux à faire, durant les derniers mois, que de créer un parti politique légal ? Dans un régime autoritaire comme le Maroc, c'est le plus sûr moyen d'être soumis à un contrôle policier étroit et permanent. Bref, tout cela n'a aucun sens.

Quant aux relations entre le Hezbollah et le Hamas, si elles sont avérées (bien que j'aie du mal à comprendre comment on sort un militant du Hamas de la bande de Gaza, l'envoie en Iran puis lui fait passer la barrière de sécurité en sens inverse), ils ne confirment nullement les soupçons d'un lien entre le premier et al-Qaeda. Politiquement, ce genre d'alliance n'a d'ailleurs aucun sens dans le contexte actuel.

Une dernière chose : comment peut on croire que le Hezbollah serait assez bête pour confier la fonction d'attaché militaire au Maroc à un correspondant d'al-Manar (qui, lui aussi, en tant que journaliste d'une chaîne sulfureuse, est l'objet de la surveillance tatillonne des services marocains) ? C'est tout simplement absurde.

Anonyme a dit…

La création d'une vitrine politique pour un mouvement terroriste n'est pas une abérration, l'IRA s'est bien servi du Sin Fein en Irlande aussi bien pour habiller leur action et les diffuser dans la population ou à l'étranger que pour avoir une facilité de contact avec les autorités en place sans exposer les "agents " opérationnels.

Concernant le lien avec le Hezbollah et le Hamas, outre l'aspect purement stratégiques de diversifier ses soutiens (financier, matériels, humains)l'aspect idéologique de communauté de croyants/combattants musulmans contre les occidentaux suffisent a mon sens a justifier une alliance. Se rappeler des danses de joie dans les rue de Gaza lors de la chute du WTC en 2001.

Enfin je ne vois pas en quoi la fonction de journaliste s oppose a la selection en tant qu' attaché militaire. La fonction témoigne de capacités intellectuelles, la chaine en question d'une "pureté" de l'engagement du sujet, et la fonction de journaliste l'accés a des informations en qualités et en quantités supérieures. Sans parler des justifications de visite ou d'entretien sous couvert de reportage.
A.g.

Mike a dit…

Dites, il faut arrêter de rire. On parle de Zawahiri, de services de renseignements qui sont en crise (sur base de rien ???), T. Renard explique qu'on a affaire à des connexions entre shiites et sunnites, soit le pire scénario envisageable pour le djihadisme... Et vous nous expliquez qu'une faction en pleine mutation ne peut pas se doter d'un parti et vous nous dites que tout cela n'est qu'absurdités ?

Je comprend votre scepticisme mais je me demande aussi, si à travers vos posts (ou tout est "absurde"), dans quel camp vous êtes...

Anonyme a dit…

Bel exemple de pensée démocratique : je mets en doute la véracité d'un dossier bancal monté par un régime policier, donc on se demande "dans quel camp je suis". Effectivement, tout me paraît absurde dans cette histoire dont je ne crois pas un mot.

La comparaison avec le Sinn Fein ne tient pas. Ce dernier était installé bien au chaud à Dublin, à l'abri des représailles britanniques, alors que les partis islamistes marocains concernés ont sauté à la première occasion. Par ailleurs, l'Ira avait quelque chose à négocier, d'où l'utilité d'une vitrine politique. Même chose pour Erri Batasuna. Par contre, si le "réseau" de Belliraj avait vraiment les projets qu'on lui prête, je me demande bien à quoi un parti politique aurait pu lui servir. A alléger le travail des services en préparant à l'avance les listes de membres à arrêter ?

Ensuite, c'est bien mal connaître l'histoire du Hezbollah ou du Hamas que de penser que leur stratégie politique serait aussi simpliste qu'une lutte de "la communauté des croyants contre les Occidentaux". Ces deux groupes ont des objectifs politiques circonscrits à des espaces politiques définis et n'ont tout simplement aucun intérêt à entretenir des liens avec al-Qaeda (le contraire arrangerait beaucoup Israël mais cela ne change rien). Les scènes de liesse à Gaza lors du 11 septembre ne prouvent rien non plus. Il s'agissait d'une réaction populaire spontanée que j'ai pu également observer au sein de la bourgeoisie laïque égyptienne.

Réponse à Mike enfin : "on" parle de Zawahiri, "on" parle de connexions entre chiites et sunnites ; pour rappel, "on" n'est pas T.Renard mais la police marocaine, et j'estime qu'on n'a pas à lui faire confiance dans cette histoire. La police belge n'a encore rien confirmé (et a même émis des doutes). Je vous rappelle que l'article de Renard évoque aussi l'hypothèse de manoeuvres internes au services marocains, liées à leurs relations avec le palais royal.

Ce n'est pas parce qu'on vous présente un scénario comme "le pire qui soit" qu'il est forcément vrai.

Athéna et moi... a dit…

Je crains malheureusement que la police belge soit à présent convaincue des liens entre Belliraj, al Qaïda mais aussi le Hezbollah : voici ce que dit un communiqué Belga reçu aujourd'hui :

"De link tussen de organisatie van Belliraj en al-Qaida en Hezbollah staat nu wel vast", zegt een politiebron.

"Wat wil je nog meer om de Amerikanen naar Marokko te krijgen? Hun aanwezigheid bewijst dat de resultaten van het onderzoek au sérieux genomen moeten worden." Doel van de Amerikaanse missie is onder meer om DNA-stalen te vergelijken die de afgelopen jaren bij al-Qaeda-aanslagen werden verzameld.

De Belgische politiedelegatie, die inmiddels terug is uit Marokko, is ervan overtuigd dat het oprollen van het netwerk van Belliraj van groot belang is. Belliraj fungeerde als "chef van de militaire vleugel" van de terreurorganisatie en nam ook de internationale contacten met andere terreurgroepen voor zijn rekening.

BELGA

Par ailleurs, si je puis me permettre et vu que je travaille fréquemment avec les médias belges, il ne se contentent pas que de lire les communiqués de presse marocains...

Anonyme a dit…

Effectivement, la Libre, par exemple, n'a pas fait que lire les communiqués du gouvernement marocain, mais les doutes qui y ont été exprimés ne semblent pas intéresser grand monde.

Comme je l'ai déjà dit, je ne nie pas forcément que Belliraj soit un personnage louche. Mais n'oublions pas que dans le monde des barbouzes (même non-étatiques), "avoir eu des contacts" avec telle ou telle partie ne signifie pas que toutes ces parties se coordonnent entre elles pour fomenter des complots. On peut très bien entrer en contact avec al-Qaida ou le Hezbollah pour d'autres raisons, leur vendre des armes ou du renseignement par exemple.

Par ailleurs, je ne suis pas sûr que la police belge possède tous les moyens nécessaires pour faire la part du vrai et du faux dans cette histoire. Comment vérifier l'authenticité de documents en arabes, écrits ou audios (s'il y en a) ? Il ne faut pas sous-estimer la capacité des services secrets arabes à "balader" leurs collègues occidentaux (ce qui est sans doute déjà arrivé, notamment après le 11 septembre, quand des pays comme l'Egypte ou la Syrie ont réussi à se faire livrer des individus qui n'avaient en fin de compte pas grand chose à se reprocher).

Encore une chose concernant le journaliste d'al-Manar. L'argumentation d'A.g. me paraît contestable. D'abord, la structure de commandement de la branche militaire du Hezbollah est la chose la plus secrète qui soit. Pour rappel, Imad Mougnieh, dont on croit désormais savoir qu'il était le numéro un de cette structure, et qui a été assassiné à Damas le mois dernier, était un personnage dont on ne savait à peu près rien, à commencer par ses fonctions réelles au sein du Hezbollah. Ce dernier s'était employé à faire croire qu'il avait totalement disparu de la circulation. Bref, le Hezbollah n'est pas une troupe de boy scouts et n'aurait certainement pas confié des opérations sensibles (et soit dit en passant politiquement insensées) à un journaliste qui passe tous les jours à la télé.

Deuxièmement, travailler pour al-Manar n'est absolument pas une garantie de "pureté idéologique", en tout cas pas au sens où l'entend le Hezbollah. Le personnel d'al-Manar est dans la ligne politique du parti mais, pour des raisons de sécurité, n'appartient pas au noyau dur de l'organisation et en tout cas pas à son aile militaire.

Troisièmement, être correspondant d'al-Manar au Maroc ne constitue pas une couverture et ne procure aucun avantage tel que le droit de visiter des sites sensibles (on est Maroc, pas au Luxembourg). Seuls "privilèges" : écoutes téléphoniques garanties, surveillance des moindres déplacements, fichage détaillé, etc. Il y existe de meilleures conditions pour préparer une vague d'attentats ...

Anonyme a dit…

A quoi peut servir un parti politique à une organisation terroriste ? Outre les avantages décrits précédemment, créer un terrain de lutte suplémentaire, donner un aspect légitime au mouvement et accessoirement un statut de martyr, concept assez en vogue chez les terroristes musulmans, aux éventuelles neutralisations policière.

Je confirme Dublin était un endroit bien "chaud" surtout fin des années 60s.

Ensuite quel que soit le but politique de tel ou tel mouvement islamiste malgré des clivages certains la ligne conductrice est quand même in fine la prédominance de l' Oumma sur les affaires mondiales. La "réaction populaire" que vous évoquez démontre bien au contraire une orientation générale, puisque dans des pays aux sensibilités différentes il y a eu réactions communes a une opérations menée par d autres.

Quant a votre position, j'ai toujours préféré les gens qui s'engagent quel que soit le camp.
Maintenant...
A.g.

Anonyme a dit…

Question qui fâche : combien de temps la délégation policière belge envoyée au Maroc pour "vérifier" les dires des services locaux est-elle restée sur place ? Est-ce suffisant pour faire autre chose que quelques briefings avec les collègues marocains ? Par ailleurs, que pouvaient-ils faire d'autre ?

Autre question : dans le contexte actuel, la possibilité de lier le Hezbollah à al-Qaida n'est-elle pas trop tentante pour les USA que pour être honnête ?

Dernière question : pourquoi le Hezbollah, qui fait tout pour ne pas se retrouver sur la liste des organisations terroristes de l'UE, irait-il préparer des attentats au Maroc, pays qui n'a strictement aucune importance stratégique de son point de vue ?

Anonyme a dit…

Je ne m'abaisserai guère à des attaques ad hominem, mais je dois quand même répondre à celle d'A.g. Ma réponse sera brève : mon camp est celui de la démocratie et de l'Etat de droit, ce n'est donc ni celui des jihadistes, ni celui de la monarchie marocaine, qui fait le lit des premiers. Choisir entre la peste et le choléra n'est pas toujours un "engagement" respectable ...

Pour ce qui est de l'articulation entre parti politique et mouvements terroristes, je vous renvoie à la distinction opérée par Raymond Aron entre conflits de libération nationale (séparatistes/indépendantistes type Ira, ETA, Hamas)et guerre révolutionnaire, qui sont toujours des guerres d'anéantissement (maoïstes en Asie ou jihadistes dans le monde arabe). La création d'un parti politique n'a généralement de sens que dans le premier cas de figure, car il existe un territoire plus ou moins sanctuarisé. Elle n'a aucun sens dans le deuxième cas de figure car, même dans un Etat démocratique, la survie d'un tel parti au coeur même de l'espace politique contrôlé par le gouvernement combattu est impossible.

Enfin, pour ce qui est de votre affirmation selon laquelle "la ligne conductrice est quand même in fine la prédominance de l' Oumma sur les affaires mondiales", elle témoigne d'un sérieux manque de connaissance de la littérature scientifique (en particulier anglophone, il n'y a pas grand chose de valable en français) consacrée au Hamas et au Hezbollah.

Anonyme a dit…

Je me permets également de vous recommander à nouveau l'article de Roland Planchar dans la Libre de ce jour, qui fait état des doutes émis cette fois par la presse marocaine. Aucune preuve bien sûr, mais en tout cas matière à réflexion.

Anonyme a dit…

Sur l'interet strategique du Maroc.
Premier producteur de Haschich mondial, a 1500€ le kilo en fin de chaine personnellement oui je pense qu'un mouvement terroriste a interet à poser son drapeau dans la région.

Je ne conteste pas que la totale clandestinité soit une obligation à Damas à porté de tir d'Israël. Maintenant au Maroc, même si le régime veille l'exposition au risque est moindre.

Pour l'acces au site sensible, par expérience, il n'y a aucun pays du monde ou une carte de journaliste vous ouvre toutes les portes çà c'est clair. Maintenant pour une rencontre physique, une entrevue ou un dossier d'enquête permet largement de flirter avec la ligne démarquant un engagement d un travail journalistique.

Quant a lire que le hezbollah fait tout pour ne pas être sur la liste noire européenne, malgré le plus grand respect pour les opinions divergentes, je ne sais pas si nous sommes dans l'humour.
A.g.

Anonyme a dit…

Ce n'est pas de l'humour, puisque le Hezbollah ne figure effectivement pas sur la liste noire de l'UE.

C'était notamment pour cette raison que la présence de Mougnieh au sommet de l'organigramme militaire du mouvement était tenue secrète. Le Hezbollah veillait ainsi a établir une distinction claire entre les opérations menées par Moughnieh dans les années 1980 (considérées par les Occidentaux comme "terroristes") et celles menées contre l'armée israélienne par la suite (dont le statut est discuté chez nous et qui, jusqu'en 2000 du moins, étaient considérées comme des actions de résistance légitime à l'occupation du Sud-Liban).

Quant à cette histoire de hachich, c'est de la géopolitique de comptoir. Quels étaient les plans du Hezbollah ? Organiser des assassinats au Maroc, instaurer un régime ami, prendre le contrôle des plantations de chanvre dans le Rif ? Même si c'était un scénario hollywoodien, ce serait ridicule.

Anonyme a dit…

Bon, ok. Et alors ? Ce que disent les services, c'est qu'il y a un sérieux problème. Ce que disent les médias, c'est autre chose. Q

Quant au Hezbollah, que certains qualifient encore de "résistance", nous parlons d'un groupe de guérilla qui s'est institué en milice au sein d'un Etat démocratique. Et son positionnement à l'égard de l'Europe est moins lié à son n°1 militaire qu'à des calculs de politique interne assez mesquins au plan européen...

Autrement dit, à votre place, je ne ferais pas vraiment confiance en la capacité européenne de discernement de problèmes stratégiques....

Anonyme a dit…

Je dirais même plus : s'il est sain de se méfier de ce que disent les Marocains, il l'est tout autant de se poser des questions sur les connexions de Belliraj.

Revenons-en, si vous le voulez bien, à la question de base : pourquoi n'aurait-il, eu égard à ses liens et à la forte probabilité d'une convergence d'intérêts de ces mêmes liens, fomenté de coup d'Etat, sachant que ce ne serait pas la première tentative au Maroc ?

Anonyme a dit…

Wow ! Je suis assez surpris de me prendre un missile dans la mesure ou je pensais plus à vous défendre d'une mise en cause précédente. Soit, a la limite c'est pourquoi je signe mes messages de mes initiales, j'assume.

On revient au départ : liaison terrorisme/grand banditisme.
La cellule marocaine aurait bénéficié d'un vol sur l'aéroport du Luxembourg à la base de la coopération judiciaire entre la belgique et le Maroc. Donc il semblerait que pour ce qui est de la diversification des moyens de financements je ne soit pas le seul à envisager une pragmatique géopolitique de comptoir.

Sur la qualification terroriste du hezbollah par l'Ue et ses efforts pour ne figurer sur la liste noire. Quand même on ne peut pas dire sérieusement qu'un mouvement dont la branche armée envoie des roquettes sur une population civile ou qui a par le passé mené des actions comme des prises d'otages ou des attentats fassent tout pour ne pas figurer sur une liste noire. Décision de l'Ue de ne pas l'y inscrire plus motivée par une volonté d'apaisement de la situation régionale que d'une réelle honneteté intellectuelle. Le Parlement a d'ailleurs qualifié celui-ci de "terroriste" noir sur blanc en 2005.

Sur ses possibles intentions politiques outre mon scénario que je n'espérais pas hollywoodien sur le financement, s'appuyer sur une partie de la société perturbée par une modernisation souhaitée par le nouveau Roi pour étendre sa zone d'influence n'est pas non plus a exclure, puisqu'elle a eu lieu en Iran fin 70.

J'ai quand même des doutes, sérieux, sur la volonté de garantir absolument la survie d'un parti au coeur d'un environnement politique quant les membres de ces organisation fondamentalistes sont prés à laisser leurs vies dans des attentats suicides.
A.g.

Anonyme a dit…

J'ajouterais pour compléter que la politique d'éradication des cultures de chanvre, plus diplomatique que réellement souhaitée vu le niveau de dépendance économique du pays a ce secteur s'est appliquée de manière plus catégorique dans les régions ou les votes et représentant locaux n'étaient pas favorables au Roi créant un fort ressentiment dans les populations concernées. Je rappelle que le nombre de familles marocaines vivant de cette activité est officiellement estimé à
800 000 familles.
A.g.

Anonyme a dit…

Juste pour infos, des policiers belges de retour du Maroc estiment dans Le Soir que l'enquête a été bien menée...