mardi 1 juillet 2008

DSI n°39, juillet-août, le sommaire !


Sommaire DSI, n°39, juillet-août 2008

Editorial
Nominations et agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
La chronique de Carl von C.
: « Sabotage(s) ! »

Sécurité

La coopération structurée permanente : le sésame ?
Par André Dumoulin et Patrice Cardot

Stratégie

Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale : révolution ou régression ?
Par la rédaction

Guerres bâtardes, médias et insurrections
Entretien avec Arnaud de La Grange et Jean-Marc Balencie

Entre Mao et Clausewitz : évolution dynamique de la contre-insurrection en Irak (2003-2008)
Par Stéphane Taillat et Thomas Renard

Armées

Info-RMA, normalisation militaire, coopérations internationales… Où en sont les armées japonaises ?
Entretien avec Xavier Bara

Les mutations de la JASDF
Par Joseph Henrotin

Tableau de bord : la Japan Air Self Defense Force
Par Philippe Langloit

Unités

Alindien, l’amiral itinérant
Par Véronique Sartini

L’Océan Indien devient une priorité pour la France
Entretien avec le vice-amiral Gérard Valin, Alindien

Technologie & Armement

De la Seconde Guerre mondiale à la Corée : la transition de l’US Navy vers les appareils à réaction
Par Stéphane Ferrard

Les porte-avions US de l’après-guerre
Par Philippe Langloit

L’US Navy tire les leçons de la guerre du Vietnam
Par Jean-Louis Promé

L’aéronavale américaine des années 2000-2020 : le défi du déclin ?
Par Joseph Henrotin

Fiches techniques

Grumman F-14 Tomcat/l’histoire opérationnelle du F-14

Porte-avions classe Kitty Hawk/Yokosuka et le déploiement avancé dans la stratégie navale US

GIAT Industries/Nexter AMX-10RC/Les AMX-10RC durant Daguet

Critiques de lectures

Les guerres irrégulières XXè-XXIè siècle de Gérard Chaliand

Strategic Studies : A Reader de Thomas G. Mahnken et Joseph A. Maiolo

(Enfin) de bonnes nouvelles pour les exports français ?

Selon Les Echos, le Brésil devrait confirmer aujourd'hui son intention d'acquérir une soixantaine d'hélicoptères Cougar.

Mais le "gros morceau" reste la commande de 36 appareils de combat, pour lesquels Dassault est en lice contre Saab, Sukhoi, Eurofighter et Boeing. Deux pré-sélectionnés devraient être rendus public à la fin de l'été.

Par ailleurs, la Libye serait toujours intéressée par 14 Rafale. Les négociations, toujours selon le quotidien, pourraient encore nécessiter 6 mois.

Le Clem' démentelé en Grande-Bretagne

Le ministère de la Défense vient de notifier le marché de démantèlement du Q 790 (ex Clemenceau) à la société britannique Able UK Ltd dont le chantier se situe sur la rivière Tees au nord-est de l’Angleterre.

En conformité avec la réglementation de la Communauté européenne et de la Convention de Bâle, il appartient maintenant à la Grande-Bretagne et à la France de délivrer une autorisation de transfert transfrontalier. Cette procédure va prendre quelques semaines à l’issue desquelles l’ex Clemenceau pourra quitter la rade de Brest.

Il fera l’objet durant cette période d’une préparation pour son appareillage. Il s’agira principalement d’assurer la mise en condition et la sécurisation de la coque pour son remorquage sous la responsabilité de la société Able UK Ltd.

Ces développements semblent marquer le début de la fin de "l'affaire Clemenceau".

lundi 30 juin 2008

T&A 12 - le sommaire !

Technologie & Armement n°12 – juillet-août 2008

Editorial

Guerre biologique

La guerre biologique est-elle de retour ?
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier

A la recherche d’une stratégie contre la menace biologique
Entretien avec Barry Kellman, professeur de droit international et directeur de l’IWCC.

Les agents de guerre biologique : quelques classifications
Par Philippe Langloit

Sécurité et risque biologique
Entretien avec Alexandre Custaud, expert en terrorisme et membre d’EuropaBio

Risques

Etats-Unis, Chine, Russie. La prolifération des capacités de cyberguerre
Entretien avec Daniel Ventre, ingénieur au CNRS

La National Cybersecurity américaine, nouveau projet Manhattan ?
Par Jean-Jacques Mercier

Le Hezbollah, principale cyber-menace sur les Etats-Unis ?
Par Philippe Langloit

Air

Les Damoclès de Gaétan à l’aide du Rafale
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialisé dans les questions de défense

Gripen : la nouvelle génération
Par Joseph Henrotin

Naval Strike Missile : vers la crise ?
Par Philippe Langloit

Faut-il avoir peur du S-400 ?
Par Joseph Henrotin

Focus : Les exportations russes de missiles sol-air – 1992-2007

Focus : NH-90 : Où en sommes-nous ?

Une ombre rôde… Les Britanniques veulent un missile rôdeur
Par Jean-Jacques Mercier

Systèmes de drones : Nécessité opérationnelle et défis technologiques
Par Bertrand Slaski, CEIS

Le SIDM, enfin !
Par Véronique Sartini

Terre

Dossier spécial Eurosatory : en 12 pages et plus de 50 photos, toutes les nouveautés du salon
Par Véronique Sartini et Joseph Henrotin

Entretiens et encadrés :

Le GFF

Le FCS

Une nouvelle évolution du BMD-4

Un espéranto des C4I

Le Bushmaster

Un prototype de centre de gestion de crise

Les crocs du Shark

L’Aravis de Nexter

Le RT SAATS

Mer

Les futures corvettes de la classe Baynunah
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialisé dans les questions de défense

Les moustiques de Copenhague
Par Philippe Langloit

Des corvettes pour le Maroc
Par Jean-Jacques Mercier

Capacités navales : vers le déficit ?
Entretien avec Patricia Adam, députée PS de Brest et Hervé Mariton, député UMP de la Drôme

De l’ECUME sur la mer
Par Philippe Langloit et Jean-Jacques Mercier

Motorisation : une nouvelle révolution pour les sous-marins à propulsion classique ?
Par Philippe Langloit

Flexibilité et présence : 5 mois dans le Golfe pour le Truman
Par Véronique Sartini et Joseph Henrotin

Next step : Euronaval

Eurosatory a été un (très) gros succès pour DSI : plus de 5 000 exemplaires de nos hors-série y ont été distribués et 9 visiteurs sur 10 (Français comme étrangers) nous connaissaient.

Après la mise en oeuvre des Hors-Série, nous n'allons tout de même pas nous arrêter en si bon chemin, nous vous réservons quelques surprises pour la rentrée :

- Areion, éditeur de DSI, DSI HS et T&A s'est vu confié par le GICAN la charge des "Dailies" d'Euronaval, le quotidien distribué massivement et gratuitement sur le salon. C'est une réelle première, un groupe français reprenant la main ;

- Technologie & Armement devient DSI Techno dès le numéro 13 : vous nous aviez demandé plus de technique mais aussi plus de pédagogie. Nous sommes en train de faire en sorte que ce ne soit pas incompatible. Nouveau logo, nouvelle mise en page, nouveau peps.

Quand la BISE fut venue

Internet représente une formidable opportunité en matière de diffusion du savoir. Des centaines d'ouvrages ou de livraisons de revues scientifiques s'y retrouvent mais, effet pervers, ces contributions se retrouvent dispersées aux quatre coins de la toile.

Pour pallier ce problème, j'avais monté la BISE (Bibliothèque Stratégique En ligne) il y a quelques temps, en cherchant à en faire un répertoire des revues en ligne. Depuis lors, pas mal de liens ont été rompus et je travaille à les dépoussiérer.

En attendant, j'ai attaqué une nouvelle page, cette fois consacrée aux ouvrages et monographie de stratégie contemporaine en ligne. Elle n'en est évidemment qu'à ses prémices, tant le travail à accomplir est énorme. Néanmoins, elle compte déjà une bonne dizaine d'ouvrages. A voir ici.

A noter également, la page consacrée aux ouvrages numérisés disponibles sur le site de la BNF. Elle compte une bonne trentaine d'ouvrages et recense notamment du Grouard, du Jomini, du Frontin, du Végèce ou encore du Clausewitz et de l'Ardant du Picq.

dimanche 29 juin 2008

Entre Fight Club et Ben Laden, une nouvelle génération arrive...

A lire, cet article du Monde portant sur l'émergence d'une nouvelle génération de djihadiste semblant suivre les lignes de ce que j'avais appelé, il y a deux ans (je pense, à vérifier) le risque méso-terroriste. Adieu les liens lourds, adieu les réseaux vulnérables, la radicalisation devient un phénomène individuel ou de petits groupes.

Autant de raisons de croire que les Lonewolfs décrits par T. Renard pourraient devenir une réelle menace, plus souple, plus fluide, plus discrète, sans doute moins létale pour nos sociétés mais nécessitant de prendre en compte la possibilité de nous voir attaquer. Avec, en contrepoint, l'impérieuse nécessité de développer non des dispositifs paranoïdes (au risque de nous faire perdre le peu de valeurs qu'il nous reste) mais bien des actions visant à renforcer la résilience de nos sociétés.

Cause principale : l'anomie, toujours l'anomie. Notre incapacité à intégrer, notre incapacité à offrir des modèles politiques et à "faire rêver", notre incapacité à disposer de valeurs stables permettant un réel vivre-ensemble (étonnement, très à la mode mais souvent mal compris...). Et pas (j'insiste pour certains commentateurs belges, notamment, tant la doxa officielle s'était enferrée dans une contradiction politiquement instrumentalisée mais largement démentie par la littérature), une question de richesse, de pauvreté ou d'éducation...

vendredi 27 juin 2008

Ca ne va peut-être pas faire plaisir mais...

J'ai, depuis quelques jours, une furieuse envie de m'exprimer sur la thématique du "devoir de réserve" des militaires, invoqué assez abruptement à la suite de la parution de l'article des Surcouf. Le fait que je sois grosso modo d'accord avec eux n'y est pas pour grand chose et mon retard est essentiellement du au bouclage des prochains DSI et T&A. Non, plutôt, ce qui me gêne réside plutôt dans l'argument d'autorité invoqué, dans sa relation à la tradition militaire française.

Historiquement, avant que l'on ne procède à un massacre en règle de revues militaires françaises pourtant de fort bonne tenue, l'expression des militaires sur des sujets les touchant directement était plutôt recherchée. Pour le curieux qui passerait par le Centre de documentation de l'Ecole militaire, les exemplaires de ce qui était alors la Revue de Défense Nationale dans les années 1950 et 1960 regorgeaient de contributions parfois très critiques à l'égard, par exemple, de la force de dissuasion alors naissante.

Ces débats ont apporté beaucoup à la France. Pour reprendre l'exemple susmensionné, j'ai le souvenir d'articles d'Ailleret, de Poirier ou de Gallois pas nécessairement piqués des hannetons. Or, ce seront eux qui auront un rôle central dans la définition du positionnement de la France en regard du nucléaire - avec un brio incroyable. Tout aussi historiquement, la France a produit de très grands auteurs : savez-vous qu'à la fondation de l'école de West Point, on y enseignait en français, parce qu'on estimait que les étudiants devaient apprendre le meilleur de l'art militaire dans la langue des auteurs ?

Tout cela, maintenant, c'est du passé, me direz-vous. Certes. Mais je suis d'accord avec Carl lorsqu'il commente le rapport Bauer sur une pensée stratégique qu'il faudrait soit-disant recontruire (quelle ineptie ! Quel autre pays d'Europe continentale produit autant que la France ? Elle peut certes produire plus, mais elle n'a certainement pas à rougir !) . Pour penser, il faut-être libre, me disaient mes professeurs. Plus j'avance (et plus je rencontre, quelque fois, des "conseils"), plus je suis d'accord avec eux.

A quand le rappel d'un devoir de réserve portant sur l'ouvrage de stratégie théorique et qui aura été édicté par un niveau politique de moins en moins au fait de ces questions ? C'est alors seulement que la France perdra en influence ! L'art militaire est complexe. Et réduire la stratégothèque que définissait Poirier à peau de chagrin au prétexte qu'elle écornerait quelque peu les décisions politiques me semble être un mauvais choix. Chez les Atlantiques (G-B. et Etats-Unis), la critique est plus que tolérée : elle est recherchée. Pour qui lit la Military Review ou Parameters, les positionnements politiques des auteurs sont parfois très funky. Ca ne leur porte pas systématiquement chance (souvenez-vous que Boyd a fini colonel et pas général).

Mais la capacité à se remettre en question est aussi une force. Parce qu'elle permet de s'améliorer (en particulier dès lors qu'il s'agit de professionnels). Du moins, si l'on considère que celui qui critique cherche lui aussi à rendre service à son pays et non pas à nuire... Mettre la DPSD sur les traces des Surcouf, comme nous l'apprend JDM, est triste.... pour ne pas dire plus. Sont-ils des traîtres ? Des menaces à la sécurité nationale ? Allons, le traître n'agira pas dans la presse (l'anonymat si critiqué, a postériori, se montre finalement des plus justifié) et les auteurs cherchent juste à améliorer un dispositif de sécurité ! Ils ont émis une opinion argumentée (après, évidemment et naturellement, on peut ne pas être d'accord) dans le pays de Voltaire. Rien de bien grave et, en réalité et selon moi, rien de plus naturel, y compris pour des militaires : ce n'est pas avec ce qu'ils ont dit qu'il y a péril en la demeure. Après tout, nous avons tous 66 millions de patrons.

Un dernier point, aussi, sur la notion de discipline. Historiquement, elle n'est pas là uniquement pour "calmer" des gens soumis au politique, disposant d'armes et qui ne sont pas nécessairement d'accord avec leurs supérieurs. Elle a une fonction très particulière : créer des automatismes qui sauvent des vies. Or, l'ambition des uns et des autres - a fortiori de ceux qui peuvent dépenser leur temps libre pour améliorer les choses - peut aussi être de veiller à sauver des vies, en offrant des des réflexions qui auront certes un effet limité (d'où la référence à un très animal référent là où il est question d'affaires humaines) mais qui auront le mérite d'exister.

Finalement, que l'on soit d'accord ou pas avec des Surcouf qui ont certes fait fort, il est aussi question de la France qui non seulement se lève tôt mais aussi de celle qui réfléchit tôt. Je pense qu'il y a là une certaine continuité et une certaine cohérence qui ont, moustiques ou pas, l'avantage de nous rappeler que réfléchir et écrire sont à la fois le nécessaire préalable à l'action mais aussi l'honneur de ceux qui, chacun à leur niveau, mettent en action la politique.

Rien que pour celà et nonobstant certains points de la réflexion sur le fond où je ne suis pas totalement d'accord, je leur souhaite longue vie, même si je ne suis qu'un petit Belge, fut-il amoureux de la France, sa seconde patrie à laquelle il doit beaucoup.

Roll Out de l'A400M

L'appareil (copyright : EADS), il faut l'avouer, est beau. Mais ses retards ne sont pas complètement résorbés. Venant d'effectuer son roll-out il y a quelques jours, l'A400M n'effectuera son premier vol qu'en septembre ou en octobre (le calendrier précisait dernièrement "à l'été"). En fait, la mise au point de la motorisation a été délicate, de même (mais ce problème semble maintenant appartenir au passé) que l'intégration du cockpit et en particulier des câblages.

jeudi 26 juin 2008

Preview : le retour du retour de l'équipe !

Et quand je pense qu'il y en a pour croire que l'on se balade dans le sud pour se prendre l'apéro, tranquillement sous le soleil, à écouter les cigales et à profiter de nos 34°C ;o)

Corée du Nord : ça progresse

Pyongyang a remis à la Chine les très attendus documents portant sur son programme nucléaire et permettant de le cerner un peu mieux. L'occasion d'une petite interview sur BFM-radio (Belgique) qui devrait passer dans le courant des prochains journaux.

Et de vijftig

C'est là où l'on voit que, mine de rien, l'on vieillit : le texte publié par ce matin dans De Morgen ("Defensieminister Pieter De Crem en de nieuwe kunst van het oorlogvoeren") est ma 50ème opinion publiée dans la presse quotidienne depuis que je suis entré dans le grand jeu de la recherche, en 2002.

Ca ne nous rajeunit pas !

mercredi 25 juin 2008

Belgique : une note de politique générale assez volontariste

Je n'ai pas encore eu le temps de lire en entier la note de politique générale "défense" présentée aujourd'hui au Parlement. Elle me semble néanmoins moins "Crembo" (la contraction de "De Crem" et de "Rambo") qu'escomptée par beaucoup.

Elle est néanmoins disponible ici. Plus d'analyses à suivre demain dans Vers l'Avenir, De Morgen et les journaux de Sud Presse. Bon, ce n'est pas tout ça, mais il y a un T&A a définitivement boucler !

Preview - T&A is back again

Avec les vacances, le désir de lecture se fait toujours sentir. Et la rédaction vous a mitonné un T&A aux petits oignons, incluant un reportage de 12 pages sur les nouveautés d'Eurosatory. En kiosque en France et dans une trentaine de pays dès début juillet.

Terrorisme en Belgique : un point avec La Libre

La Libre à mis en ligne l'interview réalisée hier par Roland Planchar. A lire ici.

En parlant de soutien aux exportations...

Ca vient de se passer il y a quelques minutes : nous sommes en plein bouclage de T&A et je téléphone à un industriel pour avir des vues en haute résolution de l'un de ses produits, susceptible par ailleurs de recevoir de nouvelles commandes à l'export. Je précise tout de même que j'avais envoyé quelques mails auparavant, toujours sans réponse.

T&A, après tout, est tout de même disponible dans une bonne quarantaine de pays et un petit paquet d'états-majors. Et... bernique ! Pour avoir des autorisations de publication de représentations déjà publiées par ailleurs - rien de bien secret donc -, il me faudra attendre. Et bien, dans ce cas... pas de photos en haute résolution.

A parler d'exportations, impliquant de coûteux investissements, il faudrait peut-être commencer par les élémentaires... à savoir quelques vues envoyées par e-mail. Coût : 3 minutes de travail, au pire.

NB : je précise néanmoins que si ce n'est pas la première fois que je vis ce genre d'aventure, l'immense majorité des "communiquants" sont aux petits oignons pour nous fournir des photos de haute qualité !

Les interviews pleuvent

Je n'ai jamais compris pourquoi, mais les interviews se font toujours "en grappe". Hier, c'était Sud-Presse sur la nouvelle politique de défense belge et La Libre sur le renseignement (à lire aujourd'hui, mais le lien ne semble pas avoir été activé sur le site).

Et ce matin, c'était sur Bel-RTL en radio et la résurgence possible d'un terrorisme d'extrême-gauche. Et comme le "plan De Crem" - a.k.a "Crembo" - est présenté aujourd'hui, je m'attend a du mouvement dans la journée. C'était, en l'occurrence, l'occasion d'une petite invitation à publier une opinion dans le Morgen, à paraître demain, cette fois.

mardi 24 juin 2008

Deux Daring en moins pour la Royal Navy

La presse britannique a fait état de ce que les 7ème et 8ème unités du Type-45, classe Daring, étaient annulées. La Royal Navy ne disposera donc, in fine, que de 6 destroyers antiaériens.

Toulon, son ciel, sa mer, sa base navale...


Petite vue sur la dockline de Toulon, hier, depuis le pont hélicoptère du Montcalm, où l'acceuil reçu par l'équipe était extrêmement chaleureux - j'en profite d'ailleurs pour remercier l'équipage. Il y avait du monde à quai : 3 La Fayette, un Burke américain, le Dupleix. L'occasion aussi de jeter un oeil sur le Tonerre et le Forbin.

lundi 23 juin 2008

Some real experts, anywhere ?

Propos d'un "expert" de Pax Christi, en Commission de la défense de la Chambre belge, qui a accusé l'Otan, avec sa force de frappe aérienne, d'exercer "la seule forme de terrorisme” en Afghanistan, alors que les talibans ne disposent que de kalachnikovs et de lance-roquettes RPG-7".

Brillant. Vraiment brillant. Il veut peut-être qu'on y aille exclusivement à pieds pour sécuriser un pays dont les "pauvres petits talibans" empêchent la stabilisation depuis 1996 ? On doit peut-être leur refiler des F-16 pour combattre à égalité (ça tombe bien, remarquez, on en a 10 à vendre) ?

Le Pr. Luc De Vos, de l'ERM a relevé le niveau. Mais on se demande parfois où on va chercher les "experts"... Aïe... Me voilà requalifié de "faucon"...

Morning addendum : bon, c'est vrai que j'y ai été un peu fort. Mais il faut dire que la confusion entre analyse normative et objective (ou quasi-objective, selon le degré d'importance accordée à la neutralité axiologique par l'analyste) d'une situation complexe (on demandait en l'occurrence aux intervenants d'analyser la situation tactico-opérationnelle en A-stan) m'a quelque peu échaudé. Pax Christi n'est pas tant en cause que les rationalités présidant aux choix des expertises et qui relèvent plus de choix idéologiques - chaque partis proposant ses experts en fonction des positionnements qu'ils entendent défendre - que d'une recherche de mise en perspective. Quant à la "stabilisation" de l'Afghanistan, effectivement, le terme est mal choisi. Voilà ce qui se passe lorsque l'on réagit à chaud... et donc beaucoup trop vite ;o)

Des contrats pour l'Algérie ?

François Fillon revient d'Algérie avec, semble-t'il et selon la presse locale, des contrats d'armement. Au menu, hélicoptères de combat de type inconnu et frégates (Alger semblait intéressée par la FREMM mais aussi le BPC - voir DSI n°39) dont deux seraient construites sur place.

dimanche 22 juin 2008

On the road again !

Mes petites "vacances" dans le Sud continuent : après avoir bouclé les derniers articles des prochains DSI et T&A, l'équipe s'embarque demain matin sur la FASM Montcalm pour une petite visite-reportage.

Bon, normalement, c'est le job de Madame V. mais, pour le coup, et vu que je travaille pas mal sur la stratégie navale pour l'heure, c'est l'occasion de confronter mes vues aux opérationnels du navire, qui reviennent d'un déploiement en Méditerranée orientale. Pas de posts sans doute donc durant la journée de demain. Bon, en attendant, c'est salade niçoise. Avec les 34°c d'ici, je pense qu'elle s'impose autant qu'un petit rosé.

Carl von C. : "ach, che fous aime !"

Nombre d'entre-vous m'ont indiqué durant Eurosatory ("ach, Eurodestroy ?" Non, Carl, les lettres ne sont pas dans le bon sens !) qu'ils appréciaient particulièrement les sympathiques emportements de Carl von C. Je lui ai donc remis vos compliments, suscitant la réaction indiquée dans le titre.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes, bon sang ;o)

samedi 21 juin 2008

Y'a sondage !

L'émersion de Surcouf est source de pas mal de polémiques. D'où un petit sondage : sur le fond, le groupe a-t-il raison ou tort ? Evidemment, un tel sondage n'a rien de scientifique, etc, etc...

Débats : feu à volonté !

Michel Rocard a fait paraître une opinion assez intéressante, avec en point de mire l'importance du PA2 dans Le Figaro : à lire ici.

Une petite remarque, toutefois : si certains aux Etats-Unis remettent en question la pertinence du nucléaire, les débats là bas y sont très spécifiques. C'est de là qu'étaient parties les remises en question de la MAD, dès 1968 (l'inventeur même du terme, Brennan, n'étant pas le dernier à le remettre en question).

Surtout, dégager le nucléaire stratégique (vous connaissez ma position sur le préstratégique, qui rejoint celle de l'ancien ministre) impose des défenses antimissiles... vraissemblablement plus chères encore qu'un PA2 (conception, achat, mise en oeuvre, démentellement des SNLE, annulation des M51 et des TNO).

Alors, certes, des Etats-Unis conventionnellement surpuissants (ce qui sera de moins en moins notre cas) peuvent se permettre de remettre en question le nucléaire stratégique (qui, jusqu'ici, n'est pas officiellement considéré comme devant être éliminé) mais notre garantie ultime restera le nucléaire stratégique. J'en discutais justemment avec un des lecteurs de DSI sur Eurosatory : la notion même d'Etat voyou est biaisée.

Tout simplement parce que "voyou" ou pas - des catégories plus normatives qu'objectives - et qu'il se fiche ou non de la survie de sa population en cas de représailles nucléaires un Etat (à la limite même surtout s'il est "voyou") est porteur d'un projet politico-idéologique imposant la survie du régime et de son idéologie - on notera d'ailleurs que les soviétiques en leur temps (avant le discours de Tula reconnaissant officiellement l'effectivité de la dissuasion en lieu et place de l'épouvante, en 78) avaient développé des arguments similaires.

En d'autres termes, un Iran actif en Irak et via le Hezbollah (juste un exemple, vous le comprendrez) n'est pas plus fou que voyou : il agit stratégiquement, cherche son intérêt comme l'extension de son influence. Petit euphémisme, l'atomiser constituerait une solide fragilisation de son influence.

Reste, me dira-t'on, la question d'une bande puissante, financièrement solide, qui parviendrait en 2020 a faire entrer via Marseille ou Le Havre un conteneur chargé d'une arme nucléaire. C'est une possibilité comme une autre - ou plutôt plus pertinente qu'une attaque suprise massive à coup d'IRBM/ICBM iraniens. Mais, pas plus que la dissuasion stratégique, la militarisation de la police, la "policianisation" de l'AdT, un PA2 ou une défense antimissile ne pourrait dissuader ceux qui le feraient. Nous reste alors juste le renseignement et la résilience. Soit quelques uns des rares nouveaux éléments valables du nouveau LBDSN.

C'est toujours ça.

jeudi 19 juin 2008

Le débat gronde, good night and good luck

Toutes mes excuses à mes lecteurs qui en attendaient un peu plus de moi sur Eurosatory et ses nouveautés. En fait, nous avons été un peu dépassé par les événements et, il faut bien le dire, par notre succès. J'ai croisé pas mal d'entre vous avec grand plaisir. Mais, comme moi, je pense que la parution du LBDSN les a quelque peu "sonné".

Ca se comprend. Olivier "EGEA" Kempf m'indiquait avec sa malice caractéristique qu'il semblait bien que la "Défense" ne semblait, du fait des intitulés utilisés, ne plus faire partie de la "sécurité nationale". Bien d'accord avec lui. Et tout aussi d'accord avec nos mystérieux guerriers du jour, le groupe Surcouf, auteur d'une petite bombe médiatique parue ce matin dans Le Figaro. Quoique l'on puisse penser de leur anonymat, ils sont courageux. Il ne fait pas bon s'opposer à l'Elysée, soyons honnêtes.

La tension est palpable. Juste une petite anecdote à cet égard : des représentants d'un industriel viennent me trouver pour me dire qu'ils n'ont pas apprécié une phrase de notre dernier hors série où, grosso modo, l'auteur indiquait que face aux engagements actuels, certaines technologies choisies n'étaient pas de la plus grande utilité et qu'il valait mieux porter plus d'attention à des élémentaires. Je lui ai répondu que cette phrase avait tout son sens et qu'elle reflétait les inquiétudes de pas mal de gens qui sont au contact - soit ceux pour lesquels nous bossons, en particulier au DSI. Je lui ai donc dis que nous étions d'abord au service des forces. Match nul.

Le sous-entendu me pose, à moi qui suis à la fois chercheur et journaliste, question. Le LBDSN consacre-t'il une réduction homothétique mal camouflée par une "reflexion stratégique" tout de même très légère ? Oui - du moins, à mon sens. La réforme est-elle nécessaire ? Oui, toujours à mon sens. Sabrer trop vite comme on a écrit trop vite ce LBDSN est-il une bonne chose ? Non, encore à mon sens. Les augmentations de budget d'équipement sont-elles gage de plus d'efficacité ? Pas nécessairement : la réalité de cette augmentation, les choix technologiques, stratégiques (et donc politiques) par essence, la nécessité d'un personnel de très haut niveau de compétence sont autant de variables qui font qu'on ne peut accepter d'acheter le chat "LBDSN" dans le sac des promesses et des mythologies technologiques. Et détrompez-vous, je ne suis pas "antitechnologies" : si c'était le cas, je n'aurais jamais consacré 8 ans de thèse à la question...

Mais - comme dirait notre cher vieux Carl - tout de même. A force de vouloir verrouiller les débats, on les enflamme : rien ne gronde plus qu'une révolte qu'un débat, d'ou le titre de ce post. Or et j'en discutais ce matin avec un correspondant de l'AFP, nous sommes dans une situation similaire à celle des années 30 mais... elle se présente comme inversée. Je m'en explique :

- la doxa officielle refuse de remettre en cause un certain nombre d'axiomes stratégiques et technologiques ;
- les penseurs émergents (de Gaulle, notamment, à l'époque) ne sont pas écoutés alors que la réalité opérationnelle émergente se clarifie (elle l'est d'autant plus de nos jours) ;
- les investissements massifs effectués sont susceptibles d'être contournés (parce que tel est le sens profond d'une opération militaire) mais la possibilité d'un contournement est trop peu prise en compte ;
- le proche et le soi le dispute au lointain et à l'Autre (cf les débats maritimes de l'époque) ;
- in fine, les dispositifs de force sont inadaptés.

Cette analogie possède bien évidemment ses limites. Menaces et risques sont très différents tout comme les jeux d'alliance. Mais, quelque part, la situation contemporaine est bien pire : démantibuler au motif de l'économie (y compris de la politique économique) sans prendre le temps de la réflexion stratégique au moment où nous avons besoin d'hommes revient à faire un paris délicat. C'est (notamment) là où je suis d'accord avec Surcouf. Je trouve que le groupe sous-estime un peu les apports de l'armée de l'Air mais...

... mais nous le voyons là aussi, à force d'éviter les débats, nous faisons reculer la doctrine face à la doxa. L'AdA a toujours eu des réticences face à la doctrine (tant pis pour Ader et Vauthier !). Comme dans le cas du LBDSN, le débat n'y aura pas véritablement joué sa fonction principale : non de pérorer pour se la jouer "intello" mais bien d'affiner nos modèles, les rendre plus pertinents et servir directement la puissance de la France.

On a tous les mêmes patrons : ils sont 66 millions. Et ce qui peut servir au progrès - surtout lorsque la seule limite est l'intelligence et l'imagination - doit servir. Les dogmes stratégiques à l'échelle de l'histoire, ont été le creuset des échecs... et c'est lorsque nous n'avions pas de doctrine (fruit des débats, évidemment) que nous avons encaissé les défaites les plus dures.

Un petit coup d'oeil

D’emblée, le succès de l’édition 2008 est important. Pour sa 9e édition, Eurosatory, qui est devenu le « Salon international de la Défense terrestre, aéroterrestre et de la Sécurité » a mis l'accent sur les innovations en matière d'entraînement et de simulation, la numérisation des images et les technologies duales.

De facto, le salon a révélé plusieurs tendances au sein d’un mainstream où dominait la protection des forces. Premièrement, le développement de véhicules 4x4 protégés par de nombreuses firmes provenant d’Etats de plus en plus nombreux était particulièrement notable. A cette évolution s’adjoint l’évolution de plus en plus marquée vers le développement de véhicules équivalents aux MRAPs américains.

Deuxièmement, la (sur-)protection d’engins préexistants – et de façon assez marquée des camions (vulnérabilité des lignes de communication oblige) – tend à devenir un secteur particulier, tant pour des PME que pour les grands industriels de défense.

Troisièmement, les systèmes téléopérés ont la cote. Il s’agit ici non seulement de mitrailleuses mais aussi de systèmes capables de dégager une plus grande puissance de feu. Le lance-grenades revient ainsi en force, ST Kinetics présentant même un modèle quadritubes, une autre firme couplant quant à elle un lance-grenades de 40 mm et un missile antichars NLAW !

Quatrièmement, le high tech tend à céder la place aux adaptations utilisant des équipements achetés sur étagères (y compris des 4x4 civils) et y combinant des systèmes achetés sur étagères, cette fois dans le domaine de la protection anti-IED ou anti-sniper, par exemple. Le low tech et les systèmes « customizés » tendent donc à prendre la place des systèmes conçus sur base de stricts et peu flexibles cahiers des charges.

Cinquièmement, le retour de l’infanterie observé dans les opérations contemporaines se traduit également par la mise en évidence des systèmes augmentant les capacités ou le confort du soldat. C’est non seulement le cas de systèmes tels que le FELIN mais aussi de systèmes de vision nocturnes, des protections balistiques.

dimanche 15 juin 2008

Je ne m'en était pas rendu compte mais...

Athéna a atteint les 501 posts et... a fêté son premier anniversaire : le premier billet a été posté le 13 juin 2007. C'est aussi l'occasion de vous remercier pour vos passages et vos commentaires. Keep going on, comme on dit ;o)

C'est aussi l'occasion pour moi de fêter la parution du DSI de juin, que j'ai récupéré seulement aujourd'hui - il y a un décalage à la diffusion vers la Belgique - soit mon 30ème DSI bouclé.

Et ce, au moment où l'équipe (qui n'est pas pour rien dans cette success story) est en train de peaufiner le numéro de juillet-août (comme tous les ans, nous faisons relâche un mois) de même que le 12ème numéro de Technologie & Armement.

Bon, bref, tout ça pour vous dire que vous êtes les bienvenus sur le stand D040b d'Eurosatory.

A bien y réfléchir...

Revenons quelques instants sur les propositions de Sarkozy dont rendaient compte le Spiegel mais aussi sur le contexte du LBDSN, le non irlandais et tous les choix y afférent. Le contexte, d'abord : à 1,69% dédié à la défense nous ne pouvons plus nous offrir la sécurité de nos rêves. Le jeu de mot est volontaire : le concept de "sécurité nationale" - ses connotations et ses non-dits, vu que son pérmètre n'est guère précisé - diffère très largement de l'américain, essentiellement militaire. Certes, l'insularité américaine y est pour quelque chose (et la France est peut-être en train de délaisser son identité maritime) mais regardons les choses en face.

On va sans doute nous indiquer qu'entre Gendarmerie, services de pompiers, police et armées, nous sommes à plus de 3% du PIB et qu'au final "nous nous préoccupons de la sécurité des citoyens" - mission régalienne entre toute, structurante même de l'idée d'Etat-nation et du contrat social le fondant. D'un autre côté, police et Gendarmerie sont non seulement intimement liées mais sont également des forces finalement extrêmement spécialisées. Envisage-t-on de les déployer massivement en OPEX ? Non, évidemment. Elles sont naturellement le fruit de conceptions de sécurité intérieure adaptées à un contexte particulier. C’est trivial mais il convient de le rappeler… parce que le système de production politique français tend à l’oublier.

Or, la « menace » (identifiables) et les « risques » (diffus) ne réfèrent plus à des « contextes particuliers », des portions spécifiquement établies du spectre des opérations sécuritaires. C’est de polyvalence dont nous avons alors besoin… au moment même où la spécialisation est en soi une vulnérabilité. La spécialisation signifie un positionnement de ses intentions à tout adversaire potentiel. Qui ne manquera certainement pas de contourner pour mieux frapper. Or, voilà : à trop se replier sur soi, l’on se replie aussi sur une vision de l’action qui est aussi spécialisée. Le grand large – celui de la mondialisation que le LBDSN entend précisément prendre en compte – est celui du non-dit, du diffus et du couple la polyvalence de l’action/adaptation.

Le soi est connu. L’Autre ne l’est pas. Et le sera de moins en moins – nonobstant toutes les fonctions « anticipations/prospective » du monde -, à suivre les évolutions d’une pensée du repli. La tension qui en résulte est alors trop forte : le risque de dissonance sécuritaire est bien réel. D’où les appels aux frères européens. Or, que sont ceux-ci ? D’une part, des puissances au mieux régionales et non globales (à l’exception d’une Grande-Bretagne dont les très peu concrètes affinités européennes la disqualifient du schéma initié). D’autre part, des puissances qui comptent précisément sur une puissance globale telle que la France pour se projeter dans le global.

C’est là que l’idée d’une coopération européenne dans le domaine naval est pervertie : on ne peut la penser que lorsqu’elle est le résultat d’une maturation stratégique impliquant un couplage stratégie des moyens/stratégie opérationnelle fort. Deux choses desquelles la France s’éloigne. Autrement dit, elle n’est plus l’exemple, le « sherpa stratégique » de l’Europe. Pour caricaturer grossièrement, elle vient mendier sa sécurité extérieure au motif de son repli sur l’intérieur. A ce jeu, on comprendra d’autant mieux les refus européens. C’est tellement évident (quoique…) mais l’on ne peut penser et bâtir la puissance que lorsque l’on est soi-même dans une prédisposition de recherche de la puissance.

C’est là qu’intervient le « non » irlandais. Un non idiot et imbécile en ce qu’il est plus souvent le reflet de mensonges (la perte de neutralité de l’Irlande qui entrerait dans une vision du monde militariste ; des manipulations grossières de chiffres, j’en passe et des meilleures) que d’une réalité objective. La faute en incombe autant aux Irlandais qu’à l’Union, incapable de procéder au moindre exercice de clarification d’un texte passablement indigeste. La faute nous en incombe aussi. Ainsi je voyais cette brave dame indiquer sur un plateau de France 2 – sans qu’un journaliste ne soit capable de la contredire – que Lisbonne était identique à la Constitution… elle-même avouant ne pas l’avoir lu !

Nous perdons peu à peu le contact avec l’Europe comme nous perdons peu à peu le contact avec les réalités stratégiques – et je suis profondément persuadé que les deux sont liés -, aboutissant à trouver en la « sécurité nationale » des conceptions nombrilistes qui ne sont finalement que le reflet, à plus grande échelle évidemment, des peurs irlandaises. En sortir implique sans doute deux choses. Premièrement, en revenir au global : si l’Europe fait peur, c’est aussi parce qu’elle, aussi bien que ses membres ne font plus rêver. Afin d’y arriver, il faut éviter de demander aux autres d’assurer notre sécurité sous prétexte d’assurer la sécurité commune. Apprenons à être cohérents : on ne peut prétendre être un maillon fort de l’Europe en indiquant, au moment d’assumer en achetant des matériels et en réformant les armées, que tous les « grands », finalement, son aussi des « petits ».

D’autre part, nous devrions abandonner définitivement ces pratiques de « grands bons en avant », qu’il s’agisse d’élargissements massifs – la pire catastrophe qui soit arrivée à l’Union… mais auquel tous les Etats ont donné leur assentiment – ou de traités qui ne le sont pas moins. L’ensemble horrifie par sa complexité aussi bien interne que par ses implications. Procédons par de petits pas : c’est au demeurant ce qui a été fait pour l’AED, prévue dans la Constitution, par exemple. La simplicité rassure. Mais, plus identifiable, elle est aussi un facteur structurant des identités trop vite apeurées par masse de mesures a priori éloignées des préoccupations de chacun.

samedi 14 juin 2008

Sarkozy à Merkel : si on faisait une force navale européenne ? Au fait, vous ne voudriez pas quelques armes nucléaires ?

C'est le quotidien allemand Der Spiegel - plutôt sérieux - qui le révèle, une réunion entre N. Sarkozy et A. Merkel à Straubing (Bavière) aurait vu une proposition de création de force navale européenne. Ladite proposition serait partie intégrante du paquet de mesures qu'entend promouvoir la prochaine présidence française de l'UE.

L'Allemagne contribuerait ainsi avec des frégates et des navires logistiques à la protection d'un groupe aéronaval doté d'un PA... britannique, l'ensemble naviguant sous pavillon européen. Même moi, je n'avais pas été aussi loin dans les scénarios notamment esquissés dans le T&A d'août-septembre 2007. Notez également un autre article du Spiegel selon lequel la France aurait proposé... rien moins que des armes nucléaires à l'Allemagne.

Bon, la soirée d'hier a été agitée mais je vous assure avoir bien lu l'article (aui, au demeurant, se montrait assez radical sur les évolutions touchant les forces) !

vendredi 13 juin 2008

Alors, vous vouliez des chars ? Disons 50 ?

Les 18 AIV DF 90mm ont finalement coûté, d'après Belga, 70 millions d'euros. Les engins seront revendus d'occasion. 70 millions... Soit 50 Leo 2 et un bon paquet d'années de maintenance et de pièces détachées... Il est bien évidemment peu probable que nous récupérions ce montant.

38 véhicules auraient donc coûté environ 148 millions d'euros. Lorsque je regarde ces chiffres (et au-delà de la problématique de l'adaptation des véhicules), je me dis que nous avons un sérieux problème dans notre façon d'appréhender les questions de défense.

En 2005, lorsque l'option avait été mise sur la table, peu nombreux avaient été ceux qui ont osé remettre en question la pertinence du choix effectué. Les militaires sont astreints au devoir de réserve (ils n'en pensaient pas moins et heureusement), une bonne partie des médias se sont tenus à carreau, quelques rares politiques ont bougé (et ils ont souffert - certains ont même risqué leur carrière pour celà) et 2-3 experts avaient risqué tout aussi gros. Ils avaient été presque insultés par l'ancien ministre en Commission de la défense ("je n'en ai rien à faire, des prétendus experts !").

Sans aucune possibilité de se défendre. Ils ont tous gagné, aujourd'hui. Il n'est nul secret que le temps ne dévoile, dit l'adage. Scientia vincere tenebras.

DSI Hors-série : le sommaire


DSI Hors-Série n°3 – spécial Eurosatory

Editorial

L’armée de Terre à la croisée des chemins
Par Hervé Morin

Cartographie : crise et conflits dans le monde contemporain ; théâtres d’intervention sous mandats divers ; opérations extérieures de la France

Doctrines et équipements : quelle cohérence ?
Par le LCL Claude Franc

Encadré : l’école française de la contre-insurrection

L’innovation, label de qualité de l’industrie française de défense
Par Laetitia Blandin et Arnaud Reichart

Encadré : PVP, la P4 du futur

Evolution des équipements et engagements en cours
Par le Col. Luc de Revel

Scorpion : vers de nouvelles capacités de combat de contact
Par le Gen. André Helly

De BOA à Scorpion : vers une continuité du PEA à l’opération d’ensemble
Par Willy Lamal, Jean- Paul de Nicola, Nicolas Perche, Marie-Isabelle Urios et Anne Doutriaux

Focus : l’agilité des GTIA Scorpion

Scorpion : la supériorité par l’agilité
Par le Col. Patrick Destremau

Encadré : l’opération d’ensemble Scorpion

Le fantassin revient en première ligne
Par le Gen. (2S) Jean Rannou

FELIN : la rupture technologique
Par Emmanuel Remy

La nuémrisation du champ de bataille
Par le Gen. (2S) Jean-Paul Perruche

Encadré : le DRAC

Les avancées mondiales dans le domaine de la numérisation des forces terrestres
Par Bertrand Slaski

L’armée de Terre au cœur des enjeux sur la convergence des systèmes d’information opérationnels
Par Cécile Roussel

Encadré : les SIO

La coordination des opérations aéroterrestres
Par Olivier Zajec

Encadré : Saturn

Encadré : Scarabée

Encadré : les chars au Liban : un échec ?

Combat héliporté : contact et manœuvre
Par Etienne Daum

Focus : deux paradigmes du combat héliporté ?

Techno-guérilla et révolution dans les affaires militaires
Par Joseph Henrotin

Encadré : l’UH-60, bête de somme des machines de manœuvre américaines

Encadré : Brossollet et la stratégie alternative

L’optimisation masse/protection/puissance de feu/soutien des véhicules blindés moyens
Par Gérard Calenge

Focus : les chars lourds

Les mutations de l’artillerie : un rééquilibrage entre puissance et souplesse
Par le Gen. Thierry Ollivier

Encadré : CAESAR

Combat urbain et complexité des conflits contemporains
Par Joseph Henrotin

jeudi 12 juin 2008

Hoooaahhh...

Et voilà, une journée qui se termine et qui aura été solidement remplie. En plus de terminer les éditions de juillet-août de DSI et T&A (si, si, déjà), j'ai eu l'occasion de revenir hier sur la thématique de la résilience au Parlement Européen puis, aujourd'hui, de conduire une interview très intéressante avec Ephraïm Lapid, général à la retraite de Tsahal, ancien des renseignements, ancien-porte-parole de l'IDF et l'un de leurs meilleurs "nez creux" en matière de politique moyen-orientale. A lire prochaînement dans nos pages.

Ajoutons-y quelques interviews. il y a quelques jours à la Tribune de Genève notamment sur la problématique d'un raid israélien en Iran (bon sang, porquoi n'y a-t-il jamais assez de place pour dire ce qu'il y a à dire, en particulier sur la sociologie politique israélienne) et, aujourd'hui à 1730 dans les locaux de France-Info, ici à Bruxelles.

Là, on sent réellement approcher Eurosatory. Le but du jeu était de voir quelles étaient les opportunités françaises à l'export. A entendre dans le courant de la journée de lundi, je pense. Concernant le salon, il devrait révéler le LBDSN, évidemment. On y sera et on vous tiendra informé, y compris via ce blog, je tâcherai de passer en salle de presse quelques fois par jour. N'hésitez surtout pas à passer par notre stand, on a des surprises pour vous.

En attendant, il semble que la presse généraliste soit peu à peu informée des mesures prises dans ledit Livre, en prévision de sa publication. Les échos que j'en retire semblent montrer un maquillage stratégique d'options d'abord et avant tout budgétaires, avec un appui assez lourd sur la notion de "sécurité nationale" (entendez, intérieure) - JP Maulny, de l'IFRI, avait d'ailleurs publié récemment une op-ed sur le suejte soulignant le caractère fourre-tout du concept. Bien écrit et très juste. Pas de briefing, apparement, pour la presse spécialisée, qui ne semble pas avoir été conviée.

C'est un choix...

mardi 10 juin 2008

La cavalerie contre-attaque : Denis Ducarme en appelle à un retour au char

Dans la foulée des événements d'hier et de l'annulation des tranches optionnelles du contrat AIV DF90, le vice-président de la Commission de la défense en appelle dans un communiqué de presse au ministre pour que soient examinées les possibilités existantes (et elles sont nombreuses) d'acquisition de chars d'occasion.

En fait, un AIV DF90 coûterait entre 3,93 et 4,675 millions d'euros/pièce. L'annulation de 30 véhicules, même compte tenu des compensations aux industriels, laisse une marge de manoeuvre significative à la Défense.

Pour rappel, le maximum payé par un acquéreur de Leopard II d'occasion est d'un million d'euros.

Chers 90 mm : bye-bye tranches conditionnelles

Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, a décidé de limiter à 18 exemplaires l'achat des AIV Piranha IIIC Direct Fire de 90 mm - un achat controversé datant de 2006 - et de renoncer aux 22 autres engins de ce type prévus.

De Crem avait annoncé le 22 janvier dernier son intention de revoir le contrat d'achat de 40 AIV (18 ferme et 22 en option) équipés d'un canon de ce calibre, le jugeant insuffisant pour assurer la sécurité du personnel et incompatible avec ceux en service dans les armées des pays alliés.

Il vient de communiquer sa décision définitive à la hiérachie militaire, lui demandant aussi d'étudier dans quels scénarios ces AIV dotés d'un canon de 90 mm peuvent être engagés. A priori, une solution semblable devrait être dégagée pour les PIIIC de transport de troupes.

On ne peut évidemment qu'applaudir cette décision, fruit d'une longue controverse, permettant de rectifier un des biais transformationnels que nos forces avaient eu à encaisser et qui, au surplus, se montrait bien plus coûteux que d'autres options plus efficientes. François Duran en appelait récemment à cesser de pleurer et à reconstruire. Il nous faudra faire la même chose en Belgique.

lundi 9 juin 2008

Money, money, money

Les dépenses militaires mondiales se sont accrues de 6% en 2007 et ont bondi de 45% en dix ans, selon le rapport annuel du SIPRI, publié ce matin. L'an passé, les dépenses ont atteint 1 339 milliards de dollars (851 milliards d'euros) tirées à 45% par les Etats-Unis.

Preview

En exclusivité, la couverture du prochain Hors-Série de DSI, dans les kiosques et chez votre marchand de journaux d'ici une petite semaine, pour l'ouverture d'Eurosatory.

Addendum : je me rend compte à la lecture de plusieurs commentaires que j'avais oublié de donner le prix (10,95 Eur) et le format (comme les autres DSI HS : A4 carré-collé, 100 pages). La boutique web ne peut pas être mise à jour pour l'instant mais on travaille à la remettre à flot. En attendant, si vous ne pouvez pas le prendre via kiosque, vous pouvez envoyer un courriel à commande(arobase)areion.fr et envoyer un chèque.

dimanche 8 juin 2008

Tant qu'à faire dans les classiques...

Lorsque vous êtes coincé sur un article, que quelque chose vous semble illogique et menace la cohérence de votre texte... que faire ?

Une tâche répétitive qui va vous concentrer quelques instants sur autre chose. En l'occurrence, je me suis rendu compte que j'avais encore dans les textes à mettre en ligne pour le compte de l'ISC l'excellent Essai de stratégie navale d'Herbert Rosinski. A lire sans modération aucune.

Retour aux classiques

Deux nouveaux ouvrages ont été mis en ligne sur stratisc.org. Le premier est celui du Chevalier de La Coix, le Traité de la petite guerre pour les compagnies franches. Le second est plus connu : il s'agit d'une édition des Mémoires ou principes de l'art de la guerre en général de Monteccucoli.

Des mises à jour qui attendaient depuis 2007 ont pu être mises en ligne. C'est le cas, au premier chef, de la table des matières du n°88 de Stratégique et de celles des ouvrages de J-P. Baulon (sur les défenses ABM), S. Gadal (sur W. Sherman), G-J. Chaduc et F. Lagrande (Austerlitz), H. Robert, J. Béranger (le siège de Vienne) et B. Colson et H. Coutau-Bégarie (Armées et marine au temps d'Austerlitz et de Trafalgar).

Comme on le dit dans ces cas là, stay tuned, more to come. Bonne lecture !

vendredi 6 juin 2008

Des Rafale pour les EAU ?

Selon l'agence de presse des Emirats, des "discussions préliminaires" ont été engagées, portant sur le remplacement des 63 Mirage 2000 émiriens par des Rafale. L'Elysée ne parle cependant pour l'heure que d'un "éventuel remplacement des Mirage 2000 par des Rafale" et indique que "Il n'y a pas de date fixée ni de négociations commerciales entamées à ce stade" et que "les discussions vont se poursuivre dans les semaines qui viennent".

L'appareil est donc en lice, pour l'heure, aux EAU, au Brésil (malgré une offensive russe), en Inde, en Lybie et en Suisse. En attendant, le cours de Dassault monte à la bourse. C'est déjà ça !

Addendum : Reuters évoque également 50 appareils pour la Grèce, de même que 10 FREMM et 15 Cougar. Si l'on croise évidemment les doigts mais restons logiques : tant d'effets d'annonce ont jusqu'ici été déçus...

jeudi 5 juin 2008

L'armée de l'Air réceptionne ses premiers SIDM

Le Système Intérimaire de Drone MALE (SIDM) a été livré ministère de la Défense le 3 juin 2008. Cette livraison marque la fin de la campagne de qualification en vol menée sur la base aérienne de Mont-de-Marsan.

Le SIDM est un système de drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) dédié aux opérations de surveillance et de poursuite d’objectifs. La diversité de ses capacités d'observation – optique, infrarouge et radar – permet au SIDM d'être opérationnel de jour comme de nuit et par tous les temps.

Grâce à une liaison de données satellite, il peut intervenir dans la profondeur du théâtre, avec un rayon d'action de plus de 1 000 kilomètres et transmettre en temps réel les informations recueillies. La grande endurance du SIDM repose sur son aptitude à gérer simultanément deux drones qui se relayent sur zone pour assurer une présence 24h sur 24, si le besoin opérationnel des forces sur place le nécessite, chacun des véhicules aériens ayant une autonomie de 20 heures de vol.

Le programme SIDM, installé sur une plateforme d'origine israélienne Eagle est conduit sous la maîtrise d'ouvrage de la DGA, qui en a confié la maîtrise d’œuvre d'EADS. Le SIDM est composé de trois véhicules aériens pilotés à distance depuis deux stations sol grâce à un système de liaisons de données à vue directe et par satellite. La formation du personnel du Centre d’Expérimentations Aériennes Militaires (CEAM) débutée en février 2008 va maintenant aborder la phase de formation au vol. Elle sera suivie en fin d’été 2008 par une expérimentation technico-opérationnelle réalisée par l’escadron drones de l’armée de l’Air, en vue de sa mise en service opérationnel.

Plus de 10 ans après les Etats-Unis, la France dispose donc presque de ses premiers MALE. Le programme, que nous examinions plus en profondeur dans le T&A de juin-juillet 2007, a connu un retard de plusieurs années.

Stratisc is back

Le site de l'Institut de Stratégie Comparée (Pr. Coutau-Bégarie) a connu une légère interruption, due au changement de fournisseur d'accès. Nous avons connu de gros problèmes avec le précédent, de sorte que les mises à jour, si elles étaient prêtes, n'ont pas pu être injectées sur le site.

Bon, en tout état de cause, le plus gros site francophone de stratégie et d'histoire militaire (plus de 60 ouvrages intégralement en ligne, sans compter une bonne trentaine de numéros de Stratégique) est à nouveau sur pied depuis ce matin 8h30. Bonne lecture !

mercredi 4 juin 2008

Lobbying, quand tu nous tiens

Le big boss de Lockheed Martin était à Bruxelles hier, où il a rencontré le ministre belge de la défense. Alors, pourquoi donc ? Et bien, pour parler, manifestement, du remplacement du F-16... dont la Belgique avait, en son temps, construit 222 exemplaires.

Un dossier épineux qui avait déjà été renvoyé aux calendes grecques en 1999, lorsque la Belgique ne s'était finalement pas jointe au programme de partenariat que proposaient les Américains.

C'était donc l'occasion d'une petite interview à lire dans L'Echo d'aujourd'hui. Et il n'est pas sûr que le pays soit prêt à remplacer ses Faucons d'ici à l'horizon 2015-2020, positionnements politiques internes obligent...

mardi 3 juin 2008

Y'a sondage

Petit exercice tout autant polémique que de sociologie politique interne pour aujourd'hui : face à ce qui se dessine, êtes-vous déçu du tandem Sarkozy/Morin ?

Comme d'habitude, un sondage Blogger ne répond pas aux critères scientifiques, notamment en termes d'échantillonnage.

L'Irak va-t-il acheter des Gazelles ?

Si certains commentateurs se posaient la question du pourquoi de la récente visite du ministre français des affaires étrangères en Irak, un début de réponse pourrait bien être trouvé auprès du ministère de la défense de Bagdad.

Son porte-parole a en effet indiqué que l'Irak entendait renouer des liens militaires avec la France par l'achat de matériels et, plus particulièrement, des hélicoptères. Selon lui, une délégation à haut niveau devrait prochainement se rendre en France pour rencontrer des industriels.

Et un quotidien irakien d'indiquer que l'Irak pourrait acheter 50 Gazelles - d'occasion, dès lors que la machine n'est plus fabriquée. Du temps de la guerre Iran-Irak, l'appareil avait été largement utilisé par Bagdad. Notons que le DSI de juin présente un topo de la situation actuelle de la force aérienne irakienne.

lundi 2 juin 2008

La coercition pour les nuls

Audiard a, tout de même, quelques répliques magnifiques à son palmarès. Tenez, celle-ci, par exemple, que l'on pourrait sous-titrer "la coercition pour les nuls" :

"Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus" (Mélodie en sous-sol).

Le FCS, dévoilé au public le 14 juin


BAE Systems présentera officiellement le premier prototype du NLOS-C (Non-Line Of Sight-Canon) le 14 juin, jour du 233ème anniversaire de l'US Army. Ce sera le premier engin de la famille Future Combat System (FCS) à doit entrer en service.


Alors que la canon de 155 mm/38 Cal. est déjà testé intensivement depuis octobre 2006, c’est l’assemblage du système d’arme et du châssis (qui sera commun à toute la famille des véhicules pilotés FCS) qui sera testée dans les prochains moins à Yuma.


En particulier le système de propulsion (hybride, un diesel alimentant des batteries en électricité, entraînant à leur tour un moteur électrique), la suspension et le système de chenilles seront plus particulièrement examinés. Huit prototypes du NLOS-C seront construits.

Phantom Phorever

Le F-4 Phantom, toujours utilisé par l’Allemagne, la Grèce, le Japon, l'Iran et la Turquie, a fêté ses 50 ans il y a quelques jours. L'appareil a en effet effectué son premier bol le 27 mai 1958 et restera dans l'histoire de l'aviation comme l'un des "bugs" les plus réussis, avec une production de près de 5 200 appareils.

Le Phantom avait en effet un prix supérieur et un rayon d'action de même qu'une vitesse inférieures au Crusader III. Il avait également eu son lot de problèmes - qui déboucheront sur une configuration très particulière.

Mais... l'US Navy avait estimé qu'un appareil biplace serait plus adapté à la menace soviétique. Et le Phantom connaîtra le succès que l'on sait. Il entrera en service en 1960 dans la Navy (pour être remplacé par le F-14 à partir de 1972) et sera fabriqué jusqu'en 1981. Les Terminator 2000 turcs devraient rester en service jusque 2015.

vendredi 30 mai 2008

Blogs de défense : Le Point s'y met aussi !

Petit clin d'oeil au "Secret Défense" de J-D. Merchet, le "Défense Ouverte" de Jean Guisnel, du Point, a ouvert ses portes. Quelques post par jour, une bonne moyenne et des thématiques bien sympathiques.

Grand Dieu : une guerre des blogs de défense ?

DSI n°38 - le sommaire



DSI n°38, juin 2008
Editorial
Nominations/agenda
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
: les 157 événements qui ont fait l'actualité stratégique du mois
La chronique de Carl von C. : « Aaaahh… J’adore l’odeur du Hezbollah de grand matin !

Sécurité

Guerre de l’information : la prolifération des capacités ?
Entretien avec Daniel Ventre, ingénieur au CNRS et chargé de cours à l’Ecole nationale supérieure des télécommunications

Politique de défense française en Afrique. Une nouvelle doctrine
Par Emmanuel Dupuy, Président de l’IPSE

Stratégie

Approcher les révolutions militaires
Entretien avec Laurent Henninger, chargé de mission au Centre d’Etudes d’Histoire de la Défense

Rangs et puissances navals. Quelques défis
Entretien avec Hervé Coutau-Bégarie, Président de l’Institut de Stratégie Comparée

Armées

Semper Fi’. Les mutations du Corps des Marines
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Encadré : Les Marine Recon

Encadré : Les FAST

Encadré : Le credo du fusil

Les Flying Leathernecks. Une force aérienne en soi
Par Jean-Jaques Mercier, spécialiste des questions de défense

Encadré : L’organisation du Corps des Marines

Tableau de Bord : l’US Marine Corps
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Une affaire de spécialistes. La logistique opérationnelle par l’exemple au 516ème Régiment du Train
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : Les matériels du « 516 » ; la PEGP

Les défis de la logistique armée
Entretien avec le général Jean-Loup Moreau, commandant de la Force Logistique Terrestre

Technologie & Armement

1930-1970. Des premières voilures tournantes à l’hélicoptère moderne
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Encadré : Le Sikorsky S-58

Encadré : La « banane volante » de Vertol-Piasecki

Hélicoptères de manœuvre, l’expérience américaine
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Encadré : Dès 1961

Encadré : L’UH-1, bête de somme et symbole de l’engagement américain au Vietnam

Encadré : Gavin et l’enveloppement vertical

TTH-90
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Bell AH-1W Super Cobra/L’AH-1, père des hélicoptères de combat

LSD classe Harpers Ferry/La stratégie de l’escalade horizontale

LVT/AAV-7/La saga des LVT

Critiques de lectures

Le nouvel art de la guerre de Gérard Chaliand

Les guerres bâtardes. Comment l’Occident perd les batailles du XXIème siècle d’Arnaud de La Grange et Jean-Marc Balencie

L’île France. Guerre, marine et sécurité de Christian Girard

Criminalité et trafic maritimes : des enjeux politiques aux conséquences juridiques, de Baudoin le Hardy de Beaulieu (Dir.)

Rethinking Counterinsurgency. RAND Counterinsurgency Study – Volume 5 de John Mackinlay et Alison Al-Badawy

Russie-Inde, coopération militaro-technique de Isabelle Facon et Ruslan Pukhov

jeudi 29 mai 2008

Back to basics

J'ai passé la journée dans un séminaire portant sur l'évolution de la PESD, ce qui, assez au-delà des discours convenus sur les réussites et les faiblesses de l'Union, à laissé la place à quelques réflexions intéressantes... et parfois étonnantes.

Un officier tout ce qu'il y a de plus autorisé nous a ainsi indiqué que les soldats engagés dans les opérations de l'UE devaient d'abord être animés par le "warrior ethos" et être prêts à être engagés dans les opérations les plus "dures" qu'il soit, à perdre la vie et à la faire perdre à l'Autre. Depuis le temps que je garde un oeil sur les affaires militaires de l'Union, le discours m'apparaît comme une rupture.

Et notre officier de poursuivre sur la variété des actions potentiellement engageables. De fait, la stabilisation n'a rien - comme on l'entend parfois - d'une espèce de promenade de santé qui serait plus digne d'une force de police lourde que des forces armées. Elle peut vite dégénérer, au fil des événements. Surtout, elle constitue la réalité des opérations contemporaines, où action et dissuasion s'entremêlent avec nuance.

Les personnels rencontrés, réalistes et professionnels restent, cependant, conscients d'une chose : plus que d'eux, c'est du personnel politique que dépend le futur d'une politique de défense européenne. Accumuler les postes de commandement et les forces multinationales, les discours en faveur d'un armement européen ou d'une action européenne ne suffit pas...

Addendum : Attendons de voir. En tout état de cause, le RETEX sur le Tchad ne semble pas mauvais du tout au vu d'un effort, de ROE et d'un positionnement excentré au regard de la zone de crise. A cet égard, l'article du Monde demandant où se situait l'ennemi manque son objectif. On peut même se demander si l'auteur (très valable et très compétent au demeurant) comprend bien l'évolution de la nature des crises contemporaines et n'est pas affecté par un certain tropisme "pro-combat de haute intensité" qui connaît toujours une certaine mode mais qui ne manquerait pas de nous zapper de la conduite des affaires du monde.

L'EUFOR n'a pas d'ennemi, évidemment (poser la question, c'était la délégitimer d'emblée). Par contre, elle est intégrée à un système de manoeuvre de crise très spécifique et mieux adapté qu'une force "rentre-dedans" dont les effets auraient été plus que mitigés... si tant est qu'elle ait vu le jour. C'est là tout le caractère des guerres modernes : la dissuasion et la diplomatie de défense ne se limitent plus à une "politique de la canonnière" (ce qui ne veut pas dire qu'elle soit exclue) tant les enjeux et les comportements des acteurs sont plus complexes. La stratégie en tant que telle devient donc, elle aussi, nécessairement plus complexe. Au demeurant, les personnes rencontrées ne se font guère d'illusion quant aux résultats finaux de l'opération : on parle ici de stabilisation au sens médical du terme.

Plusieurs autres faits sont notables :

- la pression américaine en faveur d'une PESD, depuis le discours de V. Nulland, est très importante et pourrait avoir un rôle non négligeable.

- la position des "nouveaux" arrivants évolue en faveur d'une PESD.

Dans un tel cadre, la politique des "petits pas pragmatiques", au travers l'AED notamment, me semble effectivement être la meilleure solution. En fait et paradoxalement, le tropisme stato-centrique des Etats-membres a des corollaires spécifiques... et bénéfiques pour la PESD. Ainsi, le "catalogue des capacités" est une vaste blague, tant la différence entre les chiffres sur le papier et la disponibilité réelle - des hélicoptères par exemple - est faible. Or, les besoins sont là et ce sera à l'UE d'y répondre, quitte à se lancer dans la rénovation d'hélicoptères d'origine russe.

mardi 27 mai 2008

Au menu de ces prochains jours...

Outre le bouclage des prochains DSI et T&A et les travaux sur mon prochain ouvrage, un peu de lecture - je veux dire, au-delà des traditionnels communiqués de presse et autres monographies internet. En l'occurrence, Routledge m'a envoyé Strategic Studies. A Reader, de Mahnken et Maiolo, deux noms que vous avez sans doute dû déjà entendre.

En l'occurrence, ce reader diffère des ouvrages type "état de l'art" que l'on peut trouver par ailleurs. Ici, quelques grands textes de stratégie classique ont été réunis, à vrai dire, d'une façon assez équilibrée. Vous y retrouverez Brodie (Strategy as a science) ; Freedman (the problem of power) et Willie Fuller (What is a military lesson). Voilà pour le cadre général. Personellement, j'y aurais bien ajouté quelques passages de Wylie (Military Strategy: A General Theory of Power Control)

Retour ensuite sur quelques classiques : Sun Tzu, Liddell Hart, Schelling (Arms and Influence), Fuller par Brian Reid (sur la mécanisation) ; les Principes de Corbett (que je commence à connaître par coeur mais qui sont indispensables) et le texte de Byman qui avait, à l'époque, fait sensation sur l'usage de l'Airpower durant Allied Force (et que j'avais commenté assez longuement dans L'Airpower au 21ème siècle).

La partie suivante est consacrée à la stratégie nucléaire. Retour à l'excellent Brodie (The Absolute Weapon - le matin suivant Hiroshima, il avait dit à sa femme que tout ce qu'il avait pu écrire sur la stratégie avant n'était plus pertinent) et à Wohlstetter (the delicate balance of terror). Retour donc aux élémentaires des conceptions métastratégiques de l'emploi de l'atome (comme dirait Sallantin, Guitton et quelques autres). Oui, c'est normal (et avouez, private joke, que ça fait du bien). Un petit coup de Lucien Poirier eut également eu sa place. Des stratégies nucléaires reste un ouvrage qui en a certes marqué plus d'un mais qui reste également plus que pertinent.

La centaine de pages qui suit - c'est bien normal - est consacré au COIN. On y retrouve Lawrence, Mao, Galula, Mack (Why big nations lose small wars), Kilcullen et le tandem Neumann/Smith. Les gars du King's College regrettaient de ne pas voir Zawahiri. Je ne leur donne pas tort. Mais l'éventail donné est en soi bien sympathique et montre que les Américains ressortent (enfin) du paradigme d'un sois-disant full-spectrum conflict qui révélait surtout son rétrécissement au seul combat régulier.

La dernière partie est consacrée aux guerres futures. Retour donc sur Krepinevich (From Cavalry to computers), Evans (From Kadesh to Kandahar) et, en guise de gros bémol porté à la RMA (tient, ça me rappele que j'aurai encore de la lecture à vous conseiller !), Gray (Why strategy is difficult), Roberts et Strachan (The lost meaning of strategy).

Un très bon recueil donc qui complètera à merveille ce petit bijou de pédagogie qu'est l'Anthologie mondiale de la stratégie de Chaliand. L'ouvrage, comme tous les recueils de ce genre, à ses défauts : Byman n'était pas le meilleur sur l'Airpower et ses potentialités et Castex, qui a pas mal de choses à dire sur la stratégie navale, eut été le bienvenu. Mais bon, tout choix implique des renoncements et relire ses classiques ne fait franchement pas de mal.

Bonne lecture tout le monde !

lundi 26 mai 2008

Di Caprio et Winslet : infâmes agents de l'ouest décadent ?

C'est ce qu'aurait pu mentionner un communiqué de presse du Kremlin, signé par le Premier secrétaire du PCUS Poutine dans une surprenante uchronie, dans l'hypothèse où la guerre froide n'aurait pas pris fin.

Bob Ballard, l'homme qui a retrouvé l'épave du Titanic en 1985, a révélé le vrai but de sa mission. Approchant l'US Navy pour voir financer ses recherche sur le Liner disparu en 1912, le deal qu'il est vu proposé était plus qu'intéressé : retrouver les épaves du Tresher (un SSN disparu en 1963) et du Scorpion (disparu en 1968).

Ce qu'il a fait, avec succès. Ballard a ainsi participé indirectement à calmer la guerre froide : on suspectait en effet le Scorpion d'avoir été coulé par un sous-marin soviétique. Or, il semble qu'il l'ait été par une de ses propres torpilles. En tout état de cause, d'après l'océanographe, il ne restait plus grand chose des deux sous-marins.

Un des missions dérivées de ses expéditions devait être d'observer le comportement des réacteurs nucléaires soumis à la fois à la pression des profondeurs mais aussi à la corrosion de l'eau de mer. D'après Ballard, les échantillons collectés montraient qu'il y avait peu de danger.

dimanche 25 mai 2008

Y'a sondage : supprimer ou pas la composante aéroportée de la dissuasion

Les débats ont été vifs sur le sujets, dans la section "commentaires" du dernier post. Alors... Faut-il ou non conserver la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française, sachant qu'elle coûte grosso modo 13% du budget "nucléaire-dissuasion" de la France ?

NB : les sondages Blogger n'ont évidemment aucune valeur scientifique, en particulier du point de vue de l'échantillonage...

vendredi 23 mai 2008

Pourquoi éliminer la composante aéroportée ?

Je m'y attendais : ma position sur la composante aéroportée de la dissuasion suscite des interrogations. J'avais pensé y répondre via un commentaire mais, finalement, autant en faire profiter tout le monde.

En fait, avant d'attaquer les questions d'ordre technique, il faut en revenir à la mère de tous les comportement stratégiques : la politique et, dans le cas qui nous concerne, la possibilité d'un usage en premier de l'arme nucléaire pour lequel l'ASMP-A constituerait une bonne solution. Mais deux arguments s'y opposent :

1) qui accepterait d'être mis au ban des nations pour un emploi en premier du nucléaire, même contre des soldats adverses ? J'avais écrit, en son temps, une histoire stratégique de la guerre froide, parfaitement impubliable (pensez, 1 500 pages écrites serrées...). De telles conceptions de first use avaient un sens, d'ailleurs essentiellement tactique et généralement remis en question au plan stratégique ;

2) quand bien même cette décision serait prise, un M51 suffit. Pourquoi ?

D'abord, parce que la portée de l'engin est nettement plus importante que le tandem ASMP-A/Rafale - ce qui veut dire que le SNLE lanceur est loin, très loin, de toute possibilité de représailles. Le temps que celle-ci soit coordonnée et mise en oeuvre et nous passons l'heure... si les systèmes décisionnels adverses (et je parle plus ici du facteur humain que du facteur technique) en sont encore capables.

Ensuite, parce que rien n'est plus furtif qu'un SNLE, en particulier un Triomphant. Quand bien même sa position serait détectée du fait d'un lancement - ce qui est vraiment très hypothétique -, sa vitesse maximale silencieuse l'éloignerait de toute représailles. Nous parlions d'une heure si tout fonctionne (très) bien. A 7 noeuds, il sera très loin de toute explosion se déroulant dans ses parages, si tant est qu'un adversaire soit en mesure de lancer.

Pour cela, il faudrait, au surplus, qu'il soit en mesure de détecter. Outre les Américains dont on peut gager qu'ils seront prévenus, la Russie aligne des satellites Oko et Prognoz... en très mauvais état. L'autre solution consiste en des radars OTHB. Mais qui n"ont qu'une portée relativement limitée comparativement à celle d'un M51. Tout le monde n'a pas un Jindalee.

Et quand bien même la frappe serait détectée, cela n'est aucunement en soi le signe d'une représaille contre les sous-marins, dont il faut réussir trouver 4 exemplaires pour décapiter la dissuasion française : une tâche titanesque qui n'est à la portée d'aucun Etat. La détection certes une condition nécessaire mais pas suffisante. On pourrait même y ajouter que le M-51 peut nous mettre à l'abri là où le Rafale ou l'ASMP-A sont plus facilement identifiables.

Par ailleurs, les futures TNO sont elles-mêmes "très furtives". Plus, en tout état de cause, qu'un tandem Rafale/ASMPA, bien plus suceptible d'être détecté voire intercepté par des moyens disponibles dans nombre d'Etats. Comparativement, abattre une TNO apparaît comme beaucoup plus problématique.

Venons-en, maintenant, à la question du dosage de la TNO. Outre qu'elle pourra être régulée en puissance (mais, très honnêtement, qui fera, dans le pays visé, la différence entre 100 et 150 Kt ?), sa précision est meilleure que celle du M45. Lorsque l'on joue dans la gamme des Kt, une variation de 100 m dans les ECP n'a que peu d'importance. Plutôt, elle n'a d'importance que dans l'hypothèse où vous lancez une contre-force visant à décapiter les capacités de 1ère frappe adverses.

Mais, que vous employez un ASMP-A ou un M51, la question reste identique : si vous vous lancez dans une telle opération, vous devez décapiter l'ensemble du système adverse de 1ère frappe,, au risque de mettre le doigt dans un engrenage qui verra Paris se vaporiser. Vous viserez donc des cibles moins stratégiques. Une base aérienne ou un port, par exemple. Et là, la différence de 100 m à l'ECP n'en sera plus une vu la charge explosive.

Mais, encore une fois, si vous prenez effectivement la décision de lancer. En substratégique, rien n'est plus improbable : c'était même une des raisons ayant poussé au développement du SCALP et au placement de son emploi sous l'autorité du chef de l'Etat. La manoeuvre de crise était assez clairement perçue comme relevant du niveau conventionnel et n'eclut nullement le nucléaire. Au-delà, l'esprit du temps n'est plus à la bataille atomique tactique, sauf peut-être dans les planifications indiennes et pakistanaise (Cf. Lavoy et Sagan), soit des circonstances extrêmement partculières dans lesquelles nous n'irons d'ailleurs pas nous immiscer "nucléairement".

L'esprit du temps par contre nettement plus à la prolifération stratégique. Et c'est en celà que garder 4 SNLE et les M51 est une excellente chose.

jeudi 22 mai 2008

Sortie de piste d'un Rafale M



Selon la Marine nationale, le jeudi 22 mai 2008 à 10h34 locale, un Rafale de la 12F de l’Aéronautique navale qui venait de prendre la mission de permanence opérationnelle est sorti de la piste ouest de la base aéronavale de Lann-Bihoue (piste 25 en service, en photo, copyright Marine nationale). Le pilote s’est éjecté et a été récupéré conscient pour être évacué sur l’hôpital Bodelio de Lorient où il est placé en observation. L’avion qui est resté dans le périmètre de la base a été sécurisé par les services techniques de la Marine. Les causes de l’événement ne peuvent être établies pour le moment et devront être déterminées par une enquête technique.

Le jour de vérité

Bonjour l'Europe. Avant de me remettre à la guerre biologique, juste quelques lignes histoire de se rappeler que c'est aujourd'hui que le Livre Blanc doit être présenté aux parlementaires français.

Qui, par ailleurs, on déjà fait connaître un certain nombre de points de vue : ils veulent donner la priorité à l'aéromobilité aux aux frégates FREMM, tandis qu'un consensus semble se dégager pour considérer que la numérisation de l'espace de bataille n'est pas une priorité. Ce qui pose donc bon nombre de questions pour l'avenir de l'opération Scorpion, par ailleurs largement abordée dans le prochain hors-série de DSI.

Pour le reste, les grandes lignes du LBDS sont connues : à l'intérieur, emphase sur la protection du territoire (y compris l'inclusion bienvenue de la résilience) ; à l'extérieur, emphase sur le renseignement et diminution du volume des forces. Point sympa, l'appel à un meilleur financement de la R&D. Mais la mesure apparaît comme un contrepoids aux processus de réduction/étalement des commandes : garder les bureaux d'étude ouverts et opérationnels est un moindre mal.

Reste, néanmoins, comme un petit goût d'échec : sursaturer le maillage sécuritaire intérieur ne garantira jamais qu'aucun attentat ne se produira, alors que disposer des instruments d'une manoeuvre de crise offre une plus haute probabilité de succès.

Encore une fois, le repli sur soi - parce que c'est fondamentalement ce qui se prépare - dans les conditions stratégiques actuelles est une mauvaise posture. A travers l'histoire, ce type de défensive s'est toujours montré dépassé... et l'est encore plus dès lors que la France entend toujours jouer un rôle important.

On ne peut séparer les dimensions diplomatiques des militaires (j'ai toujours eu en horreur cette fixation journalistique pour une dichotomie entre "solution politique" et "solution militaire", alors que la "solution militaire" est sans doute la plus politique qui soit !). Or, la résilience nous permettait d'en jouer comme d'un "bouclier" nous permettant de se concentrer sur la "lance", à savoir la défense elle-même.

Au contraire même, la tendance de l'époque est à une meilleure coordination des lignes d'opérations. Irions-nous donc droit dans le mur ? Malheureusement, il y a des chances. Les demis-mesures se sont succédées et les économies n'ont pas nécessairement été réalisées aus bons endroits. Prenons, par exemple, la composante aéroportée de la dissuasion : elle avait une signification certaine dans le jeu sémiotique de la guerre froide. En a-t-elle encore une ? Au risque de fâcher certains, non.

Peu d'Etats sont en mesure de distinguer l'arrivée d'un ASMP-A de celui d'un M-51. Et leur réaction en cas d'explosion d'une charge nucléaire sur leur territoire ne sera pas modulée du fait du vecteur porteur. D'autant plus que nous sommes sensés nous attaquer aux centres décisionnels - qui sont le plus souvent des centres urbains - et qui ne seront donc pas en mesure de décider s'il s'agissait d'un vecteur aéroporté ou balistique. Et de toute façon, en cas de besoin - un show of force, par exemple - rien n'empêche de faire sauter une TNO dans un désert.

En attendant, des avions sont trop souvent mobilisés pour ces missions et l'entretien des armes coûte cher. Dans le même temps, trop peu de missiles de croisière - un véritable outil de manoeuvre de crise - sont disponibles et l'armée de l'Air voit ses effectifs descendus en flamme. Parce que, honnêtement, vous pensez réellement que l'on re-commandera des Rafale après 2020-30, une fois que les Mirage 2000 seront arrivés au terme de leur vie (et dans quel état !) ? Maintenir la chaîne de production opérationnelle va être un vrai casse-tête, d'autant plus que les exportations ne suivent pas.

mardi 20 mai 2008

Grumble, Gargoyle et Growler

Allez, avouez. Franchement. Honnêtement.

Vous aussi, vous êtes aussi perdu que moi lorsqu'il s'agit de vous y retrouver dans la foultitude des désignations de SAM russes ? Carlo Kopp, une excellent analyste australien vient de poster son petit guide perso sur ces engins.

Au revoir, Air Dominance ?

L’Air Force Association, un puissant lobby pro-US Air Force semble avoir radicalement changé de rhétorique. Dans une vidéo postée sur son site, elle indique ainsi que la suprématie aérienne américaine – qui n’a plus été disputée depuis la guerre de Corée – fait face à une situation de crise, le niveau qualitatif comme quantitatif des forces US tendant à s’éroder.

Ainsi, les nouvelles générations de missiles russes – en particulier les SA-21 et SA-22 – ont des enveloppes d’engagement plus importantes et connaissent une véritable prolifération. Dans le domaine du combat aérien, les solutions proposées par la Chine et la Russie – comme le Su-35 – sont considérées comme posant un réel problème.

Peu coûteuses, elles peuvent avoir l’avantage du nombre et elles sont de plus en plus fréquemment équipées de contre-mesures électroniques efficientes, tandis que les missiles air-air voient leurs capacités augmenter rapidement.

Selon l’AFA, il ne faudra ainsi que quelques années avant que le F-35 soit incapable de dominer de tels appareils, alors que la majeure partie des appareils US encore en ligne seront des F-16 et des F-15 non seulement considérés comme déjà dépassés mais aussi comme quantitativement insuffisants.

Par ailleurs, l’AFA met également en garde contre des opérations aériennes combinées qui viseraient à la destruction des réseaux informatiques mais aussi des capacités spatiales américaines.

Si le document s’avère parfois alarmiste à outrance, surestimant un certain nombre de capacités, russes ou chinoises, il n’en demeure pas moins qu’il pourrait bien marquer un tournant dans la rhétorique US, en faveur de systèmes plus simples mais aussi plus nombreux.

Si l’on y discernera un argumentaire – caché – en faveur du F-22, il n’en reste pas moins que l’avantage comparatif des forces aériennes occidentales est immanquablement appelé à s’éroder.

En preview...

Juin 2008 verra une nouvelle édition d'Eurosatory. L'occasion pour nous de revenir in extenso sur les Marines mais aussi sur les hélicoptères de manoeuvre... avec en particulier un très bon article de J-L. Promé sur la problématique induite par le TTH-90.

Vers une réduction de commande des Rafale ?

Selon Les Echos, Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale, qui sera présenté aux députés et sénateurs mercredi, préconiserait une réduction importante du nombre d'avions de combat.

Dans le cadre du "format 2015", il était prévu que l'armée de l'Air puisse aligner, à cet horizon, 300 de "type Rafale" (incluant des Mirage 2000 modernisés) et la marine un groupe aéronaval, soit une quarantaine d'appareils. Soit 340 avions au total prêts à décoller pour remplir tous les types de missions. Ce qui supposait un parc total d'environ 400 avions pour pallier les besoins de formation ou de réparation.

Or le Livre blanc, qui s'inscrit dans un horizon de temps de deux lois de programmation militaire, préconise que l'armée de l'Air et l'aéronavale ne disposent plus - en tout et pour tout - que de 300 avions de combat vers 2020 ou 2021...

Doit-on en déduire que le nombre de commandes de Rafale prévues, 294 aujourd'hui, sera fortement revu à la baisse ? Seule certitude, sur les 86 2000D en service, une soixantaine devraient être modernisés, pour étendre leur durée de vie au-delà de 2020.

Ce qui nous laisse comme hypothèse :

- 40 Rafale Marine + 60 2000D + 200 Rafale Air
- 50 Rafale Marine + 60 2000D + 190 Rafale Air
- 60 Rafale Marine + 60 2000D + 180 Rafale Air

Du coup, le calendrier des commandes du Rafale devrait subir d'importants décalages. L'avionneur devrait quand même livrer, in fine, la totalité des Rafale mais il faudra attendre que le dernier Mirage soit retiré du service...

Des F-16 pour la Roumanie

Le Pentagone a informé le Congrès de son intention de vendre à la Roumanie 48 F-16, dans le cadre d'un contrat pouvant atteindre jusqu'à 4,5 milliards de dollars.

Cette vente, menée dans le cadre des Foreign Military Sales, sera composée pour moitié de modèles neufs F-16C/D Block 50/52, et pour moitié d'appareils d'occasion de type F-16C/D Block 25, qui seront modernisés. La vente inclut les moteurs, les radars, kes systèmes de communications, les systèmes de navigation, des systèmes de guerre électronique et de contre-mesures.

La vente signe aussi, sans doute, la mise au rancart des Mig-21 Lancer, modernisés par les Israéliens.

lundi 19 mai 2008

DSI Dossiers et Documents n°1 - Le sommaire


DSI – Dossiers & Documents n°1

Apport des capacités navales dans le système de défense et de sécurité nationales


L’espace maritime – une zone d’intérêts stratégiques

1. Les océans – un rôle central pour les flux commerciaux et d’information
2. Le littoral – concentration de populations, de richesses et de crises
3. Les espaces océaniques – lieu de cohabitation et de confrontation des puissances
4. L’espace maritime français – un espace de souveraineté, des intérêts à protéger

L’apport des capacités navales

1. Dissuader – la force océanique stratégique, pilier principal de notre dissuasion
2. Prévenir – les capacités navales, vigies avancées de notre sécurité
3. Protéger – du plus loin au plus près de nos côtes
4. Intervenir – efficacité et souplesse pour la projection de puissance et de forces
5. Des moyens polyvalents – répondant à de multiples besoins capacitaires de défense et de sécurité

Entretien avec l’amiral Pierre-François Forissier – CEMM

Un socle industriel et technologique indissociable de la cohérence capacitaire
1. Préserver – une base industrielle et technologique nécessaire à l’entretien et la modernisation de capacités navales effectives
2. Un socle industriel – dépassant la simple fourniture d’équipement
3. Une industrie – tournée vers la satisfaction des besoins de la Marine nationale au meilleur prix
4. Un socle industriel – et technologique de qualité

Entretien avec Bernard Planchais, directeur général délégué de DCNS

Bon, allez, juste pour le plaisir !



dimanche 18 mai 2008

"Nous allons vers l'armée italienne"

Voilà ce que vient de me dire un général 3 étoiles français, ce matin.

De facto la parution de plusieurs éléments sur le Livre Blanc (qu'il semble avoir eu en main) laissera plus que sceptique :

- des réductions en pagaille, alors que toutes nos autres armées augmentent le nombre de leur effectif ;

- paradoxalement, la volonté de gagner une place centrale dans le processus d'influence de l'OTAN alors même que le nombre de soldats (re-)devient une variable importante dans l'établissement de cette même influence ;

- des choix technologiques hasardeux alors que les budgets sont évidemment contraints ;

- ultimement, la réduction de notre capacité d'action sur les crises et conflits.

Quelles en sont les raisons ?

- l'obsession sécuritaire, qui conduit à affecter 10 000 hommes à Vigipirate alors que police et Gendarmerie en allignent 240 000. Ces 10 000 sont une paille pour la protection du territoire, ils ne le sont pas pour l'AdT, qui reste le principal effecteur politique dans les opérations ;

- l'incapacité à comprendre le monde contemporain et à retirer des débats stratégiques contemporains des leçons utiles à la structure des forces comme à la définition de leurs missions. La vraie défense du territoire ne s'opère pas en son sein mais loin, très loin. L'Allemagne me semble aussi menaçante que l'Estonie ou le Lesotho. Les vrais problèmes qui risquent de nous impacter un jour ne sont pas ici mais ailleurs. De ce point de vue, nous sommes vraissemblablement dans une situation comparable à celle des années 30, alors que les débats étaient vifs mais qu'aucune leçon ne sera tirée, les forces restant accrochées à des modèles qui seront anéantis sur le terrain ;

- la confusion entre stratégie industrielle et stratégie des moyens. Il paraît évident que maîtriser certains domaines technologiques en toute souveraineté est plus qu'utile. Mais faut-il tous les maîtriser ? Manifestement et au prix qu'ils font payer à un budget encore une fois contraint, non. L'exemple suédois est éclairant : à force de neutralité et de pression de l'industrie de défense, certains programmes devront être annulés et... les forces largement réduites ;

- des demis-choix (en matière de positionnement des unités, par exemple), trop influencés par une politique intérieure dont nos adversaires potentiels n'ont pas grand chose à faire ;

- sans doute, l'ancrage excessif dans des modèles dépassés continuant à nous hypnotiser : comme la puissance, l'indépendance est une question d'attitude, non de moyens que l'on parvient, de toute façon à se procurer. L'admiration pour Colbert ou de Gaulle est tout à fait légitime. Mais elle est historiquement très spécifique. Doit-elle imposer des postures qui, in fine, vont parvenir à réduire cette indépendance ?