vendredi 9 novembre 2007

La Bundeswehr fait toujours dans le lourd

Nos lecteurs se souviendront que le T&A actuellement dans les kiosques examine l'IFV allemand Puma sous toutes les coutures. Petit complément d'information arrivé hier, l'Allemagne en a officiellement commandé 405 exemplaires pour plus de 3 milliards d'euros.

jeudi 8 novembre 2007

Retrait confirmé de la France du programme AGS

Bien que l'information ait été rendue publique par le ministre de la Défense, elle ne semble guère avoir suscité d'émotion. Cependant, la France s'est bel et bien retirée du programme AGS et ne se dotera donc pas d'une capacité équivalente aux E-8 Joint Stars américains (supérieurs aux Cougar Horizon).

Ce qui n'est pas sans poser une série de problèmes collatéraux. Le premier porte sur la capacité des autres Etats partie au programme à supporter la charge financière découlant du retrait français. Le second est qu'après l'annulation (là aussi, tout aussi curieusement peu médiatisée) du E-10MC2A (qui devait remplacer les AWACS, les Joint Stars et les RC-135 américains), l'AGS pouvait représenter une porte de sortie pour Washington.

En tout état de cause, voilà qui tempérera certainement les commentaires selon lesquels N. Sarzy était en phase d'alignement sur les Etats-Unis...

Des Rafale pour le Brésil ?

La mise en place d’un groupe de stratégie de la défense nationale par le président Lula permet de dévoiler l’ambitieuse stratégie à long terme de Brasilia, y compris en regard d’un Venezuela qui semble être perçu comme une menace. Dans le même temps, deux décisions ont été prises. La première concerne une augmentation de 50 %, dès l’année prochaine, du budget de défense, qui se montera alors à 5 milliards de dollars.

Deuxième décision, le Brésil a lancé un appel d’offre pourtant sur l’acquisition de 36 appareils de combat pour un montant de 2,2 milliards de dollars. De fait, la force aérienne brésilienne va mal : 37 % de ses appareils seraient non-opérationnels. Reste toutefois que si le Rafale semble bien placé pour l’emporter – les Brésiliens ayant reçu des Mirage 2000 d’occasion à un prix défiant toute concurrence – une éventuelle commande devra être suivie, selon les Brésiliens eux-mêmes, de transferts technologiques.

mercredi 7 novembre 2007

Avec une publicité pareille...

... que faut-il ajouter de plus ? Jean-Dominique Merchet a lu le dernier DSI et semble avoir apprécié. Face à une telle appréciation, je serais bien mal fichu d'en rajouter. Toutefois, le débat stratégique en tant que tel est ranimé depuis une bonne année et le dossier tel qu'il a été réalisé se place dans une continuité éditoriale (et parallèlement à nos thématiques habituelles), appliquée sur plusieurs numéros. Petite récapitulation pour ceux qui voudraient approfondir :

Novembre 2006 : le général Desportes pose un jugement sévère sur la Transformation et lui préfère l'adptation ; Djamel Metmati approfondit le concept de numérisation ;

Décembre 2006 : application au plan tactique via un spécial guerre urbaine, introduction au sujet.

Janvier 2007 : application au plan opérationnel/stratégique : dossier spécial "options de sortie de crise en Irak"

Février 2007 : retour à la théorie avec la présentation du concept d'effet majeur par le colonel Yakovleff

Mars 2007 : spécial élections présidentielles. C'est aussi l'occasion de faire un état de l'art des grands dossiers stratégiques et industriels en cours ou à venir.

Avril 2007 : le général Hubin tient à tempérer l'opposition entre symétrie et asymétrie et argue d'un rapprochement des deux concepts

Mai 2007 : retour à la tactique avec un dossier spécial "guerre en montagne"

Juin 2007 : le dossier spécial "puissance aérienne" permet de montrer les apports de la stratégie aérienne, tout en montrant ses connexions conceptuelles avec la contre-insurrection (colonel Osinga, P.K. Davies)

Juillet 2007 : retour plus approfondis sur le combat urbain, comprenant notamment une contribution d'Antonin Tisseron

Septembre 2007 : dossier "adaptation et contre-adaptation" montrant les difficultés d'armées technologiquement avancées à faire face à des guérillas et des techno-guérillas ; mais aussi les opportunités inexploitées dans le domaine des PSYOPS et de l'influence

Octobre 2007 : poursuite du débat sur l'influence aux plans tactiques et stratégiques ; résurgence d'une puissance européenne "non-UE" ; couverture de l'Université d'Eté de la défense et question de la préemption.

Novembre : On synthétise, au plan politico-stratégique.

Le débat, on le comprendra, est très complexe, très large aussi. Jamais les paramètres n'ont été aussi nombreux. Et s'ils prennent un relief particulier au regard du prochain Livre blanc, ils se poursuivront encore longtemps. Des thématiques comme la contre-insurrection ont encore été assez peu abordées - alors pourtant que la France dispose de théoriciens de valeur - sans encore compter un frémissement qui se sent clairement du côté de la stratégie aérienne mais aussi de la stratégie navale.

Je viens, à cet égard, de terminer le dernier ouvrage d'Hervé Coutau-Bégarie (critique de lecture en décembre !), qui augure d'une vraie pensée navale contemporaine à l'échelle européenne. Il était temps. Que cela ne soit pas pris comme un reproche mais les marins sont parfois un peu trop historiens. Or, tant de choses sont à faire en ce domaine, quasi-vierge si l'on excepte les traditionnelles et nécessaires (mais point trop n'en faut) légitimations du rôle économique ou écologique de la mer. En d'autres termes, on n'a pas fini d'investiguer le monde de la stratégie.

lundi 5 novembre 2007

Le retrait de la France du programme AGS envisagé

On connaissait les difficultés techniques auxquelles fait face le programme Alliance Ground Surveillance, lequel doit permettre à l'OTAN de disposer d'un pool de drones RQ-4 et d'Airbus A-321 spécialement modifiés pour emporter le radar SOSTAR.

Mais il semble que ces difficultés soient à la source de sérieuses remises en question à Paris. On nous rapporte ainsi que la France pourrait - le conditionnel est de mise - être amenée à se retirer du programme (et donc de son financement, presque 100 millions d'euros) prochaînement.

DSI 31 dès demain en kiosque


DSI 31, novembre 2007 – sommaire

Editorial
Agenda – nominations – carnet
Veilles contre-terroristes (31 entrées)
Contrats du mois (17 entrées)
Veilles stratégiques :

Flash : budget géorgien ; premier vol du KC-30 ; utilisation des SDB depuis le F-22 ; projets kazakhs ; essai de l’Agni-I ; réception des PAC-3 néerlandais.

Canada : de nouveaux sous-marins en vue ?

Etats-Unis : Les contractors empiètent sur la FEMA ; des C-5 rénovés (très) coûteux… ; un nouveau wing d’opérations spéciales ; bataille pour les drones ; Tom Jones n’est pas un has been ; le BAMS pour compenser la réduction des flottes ? ; Réception du premier EA-18G Growler ; l’amiral Roughead va-t-il redéfinir la posture de la marine américaine ? ; des M-109 jusqu’en 2050 ; le prix des contractors.

Europe : Démonstration des capacités du radar SOSTAR-X

Bulgarie : accord de principe sur l’acquisition de 4 Gowind

France : Loi de programmation des finances et commandes

Grande-Bretagne : réduction du format de la RAF ?

Pays-Bas : modernisation d’une partie de la flotte de F-16

Norvège : présentation du budget 2008

Bahreïn : un radar ABM ultra-moderne

Inde : un lanceur spatial réutilisable dès 2009 ?

Irak : commande massive de matériels pour 25 bataillons ; nouvelle réduction du format des forces britanniques ; réarmement rapide ; du neuf dans la protection antimissiles des liners ; le réseau de défense aérienne syrien hacké ?

Chine : un nouveau centre spatial ; un client irakien rentable ; un programme d’ELINT naval qui se porte bien

Japon : des contractors pour la défense antimissiles ; réagencement du dispositif à Okinawa

Taiwan : le Hsiung Feng 2E… ; … partie d’une démonstration de force inédite depuis 1991 ; Taipeh cherche à renforcer sa dissuasion conventionnelle

Australie : commandes en pagaille pour Canberra ; commission du dernier Armidale

Somalie : Négocier avec les islamistes ?

La chronique de Carl von C. : l’affaire afghane est pliée, mais pas dans le bon sens

Géostratégie

« La défense anti-missiles devient aussi importante que la défense anti-aérienne » Interview de Franciszek Gagor, chef d’état-major de l’armée polonaise, candidat au poste de président du Comité militaire de l’OTAN
La privatisation de la sécurité au service de la politique étrangère américaine
Par Jean-Didier Rosi (Licencié en sciences politiques) et Tanguy Struye de Swielande (Professeur aux FUCAM et à l’Ecole Royale Militaire)

Où en est la Russie stratégique ?
Entretien avec Ruslan Pukhov, directeur du Center for Analysis of Strategies and Technologies (CAST), Moscou.

Stratégie

Intervenir ? Les dilemmes de la future politique de défense française
Par la rédaction

Intervention-stabilisation : l’équation contemporaine
Entretien avec le général Pierre de Saqui de Sannes, Gouverneur militaire de Marseille, officier général de la zone de Défense sud.

Quelques réflexions sur la défense de la France
Entretien avec Hervé Coutau-Bégarie, Président de l’Institut de Stratégie Comparée, directeur du cours de stratégie au Collège Interarmées de Défense.

Nouvelles menaces et poussées géopolitiques
Entretien avec Aymeric Chauprade, directeur du cours de géopolitique au Collège Interarmées de Défense

Pensée, concepts et mutations : le réveil de la France ?
Entretien avec Christian Malis, directeur scientifique de la Fondation Saint-Cyr, chercheur associé au centre de recherche de Saint-Cyr Coëtquidan

Puissance aérospatiale et nouveaux conflits : l’indispensable atout
Entretien avec Jean-Jacques Patry, chargé de mission à la Fondation pour la Recherche Stratégique et directeur du Centre européen de recherche opérationnelle militaire (CEROM), avec le concours de Philippe Gros, chargé d’analyse et de développement de concepts (FRS-CEROM).

Unités

Mot d’ordre : adaptation. La base ALAT du 1er RHC
Par Véronique Sartini, journaliste

L’adaptation des hélicoptères au combat urbain
Entretien avec le LCL (TA) Hervé Auriault, chef de corps du 1er RHC de Phalsbourg

Encadré : le Cougar Horizon

« Notre expérience du combat urbain se fait avant tout sur le terrain »
Entretien avec le capitaine Julien Litas, commandant l’escadrille d’hélicoptères d’attaque n°1 du 1er RHC

En vol : tactique et renseignement
Par Véronique Sartini, journaliste

Armées

Intervention en Iran et représailles de Téhéran : 3 scénarios
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : l’Iran chimique et balistique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Technologie et armement

Des origines du T-34 soviétique
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Des tanks pour la Rodina
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

L’industrie russe des chars de combat tente péniblement de survivre
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Char de combat T-64/Les forces terrestres ukrainiennes face à la Russie
AIDC F-CK-1 Ching Kuo/Vers le décollage de l’industrie aéronautique taiwanaise ?
Corvette LCS-1 classe Freedom/La modularité, clé des opérations littorales ?

Critiques de lecture

Democracy and Counterterrorism. Lessons of the Past de Robert J. Art and Louise Richardson (Eds)
Introduction à la stratégie de Vincent Desportes et Jean-François Phélizon
Principes fondamentaux de stratégie militaire de Carl von Clausewitz
La première guerre mondiale de John Keegan
Inflexions. Civils et militaires : pouvoir dire. Juin-septembre 2007
Le militaire belge en opérations : aspects politiques et sociologiques d’André Dumoulin et Delphine Resteigne.

samedi 3 novembre 2007

Quelle est la crédibilité de Wikipédia ?

André Dumoulin vient de m'envoyer le lien vers un article de Marianne qui me semble très pertinent et qui "démonte" en bonne et due forme l'encyclopédie collaborative, avant-garde du web 2.0.

Et de fait, le problème de l'anonymat des contributeurs y est central : est-ce le savoir (boudjou : Sage m'a envoyé un mail : accès gratuit à ses 460 revues - vraiment académiques - jusque fin novembre) ou la possibilité de manipulation qui se démocratisent ? Du point de vue du stratégiste examinant les matériels, il est vrai qu'on est parfois curieux de savoir d'où viennent certaines infos... ou plutôt de quels départements marketing. A voir ici.

Pour mon anniversaire, je veux des journées de 48 heures !

Ca y est me direz-vous, voilà qu'il se plaint ! Et bien pas tout à fait. Mais je me suis fait une petite virée en librairie (restons sérieux, tout de même) et non content d'avoir reçu de Véro "Une exécution ordinaire" (euh... pas d'arrières-pensées envers son vénéré rédac'chef adjoint, j'espère !), je me suis pris "Achever Clausewitz" de Girard (non, pas question d'euthanasier ce bon vieux Carl von C.). Tout ça avec une chronique stratégique de l'année en route et un bouquin à parachever, ça ne fait pas très sérieux. Mais on ne se refait pas, après tout.

Plus sérieusement, j'ai eu de très bons commentaires sur Achever Clausewitz. Mon interlocuteur me l'avait décrit comme assez ardu, tendant vers l'épistémologie. Des 3 premières pages lues en prenant l'apéro ce midi, la prose vole assez haut, de fait, mais reste claire. Le questionnement lui-même est terriblement concret. Voilà qui justifiera très certainement une critique de lecture dans le DSI de décembre.

Ceci dit, mes potes m'ont offert une petite merveille : une de ces machines expresso qui vous préparent de petites bombes caféinées comme je les aime et Madame Athéna m'a offert un Palm, histoire que je sois un peu plus à l'heure (pour faire la vaisselle, par exemple : c'est étonnant cette résilience que j'ai à l'égard de la vaisselle). Qui a dit que le temps objectif était incompressible ?

Quand les braves rendent les armes

Je vous avais déjà parlé de Mehmet Koksal et de son blog, humeur allochtone. Il faisait partie de mon univers de citoyen bruxellois à mi-temps en me tenant informé sur mes quartiers, en farfouilant sur les petites et les grosses combines de la politique belge.

Et là où les uns et les autres poussaient des incantations pour éviter les amalgames en tous genres (les Kurdes sont tous du PKK, les musulmans sont tous terroristes, les Turcs sont tous nationalistes, j'en passe et des meilleures), il a fait bien plus pour la cohésion sociale, la tolérance et l'information libérée de l'autocensure que les bobos bien-pensants. Il voyait les choses avec l'arme la plus létale pour la crétinerie que l'homme ait jamais inventé : l'objectivité.

Et bien, il arrête. a force d'avoir creusé, il s'est attiré bon nombre d'ennuis, au point de se faire tabasser pour avoir suivi une manif' où, soit dit en passant, le drapeau d'une ambassade étrangère (Etats-Unis) a été brûlé par des Loups gris. Entre politiciens parlant de "prétendu génocide arménien" ou membres de l'extrême-droite turque se trouvant sur des listes électorales pourtant démocratiques, il considère que lui et son entourage sont dans une position intenable.

Appuyé par tout le monde mais soutenu par personne, le voilà sans son clavier-sabre. Un épisode de plus, sans doute, du lent glissement belge vers un non-Etat où l'objectivité comme la libre pensée semblent, face aux intérêts supérieurs du délitement, devenir des victimes collatérales. C'est grave. Mais est-ce que son expérience fera réfléchir ?

mercredi 31 octobre 2007

Un invité de marque pour DSI

C'est bien connu, DSI n'accueille que des invités de marque. Toutefois, nous avions reçu une proposition d'interview qui ne nous a pas laissé de marbre en ce sens qu'il s'agissait rien moins que du général Gagor, chef d'état-major général des forces armées polonaises et candidat au poste de président du Comité militaire de l'OTAN.

Ce diplômé de l’Ecole des officiers des troupes mécanisées de Wrocław (1973) est aussi titulaire d’une maîtrise de philologie anglaise de l’université de Poznań (1983). Il obtient en 1998 un doctorat de défense à l’Académie de défense nationale de Varsovie. Ancien auditeur du Collège de défense de l’OTAN de Rome (2001), il est également diplômé du National War College de la National Defense University de Washington (2002). Il joue un rôle déterminant au sein du groupe de travail des forces armées polonaises chargé de la préparation à l’accession de la Pologne à l’OTAN. Entre 2003 et 2006, le général Gągor est successivement Force commander UNIKOM Irak, assistant du SGNU (2003), Force commander UNDOF Syrie, assistant du SGNU (2003-2004), représentant militaire polonais auprès des comités militaires de l’OTAN et de l’UE à Bruxelles (2004-2006). Le 27 février 2006, le général Gągor est nommé chef d’état-major général des armées polonaises. Il est promu au grade de général d’armée le 3 mai 2006. Le général parle anglais, français et russe.

En l'occurrence, nous avons le plaisir de le recevoir dans le numéro de novembre de DSI et il me semble, ma foi, plutôt bien entouré :

- Ruslan Pukhov, directeur du CAST (Moscou) sur l'évolution des programmes russes ;

- Tanguy Struye et Jean-Didier Rosi pour un long article, très riche en informations, sur le phénomène des contractors ;

- Hervé Coutau-Bégarie, le général Saqui de Sannes, Aymeric Chauprade et Christian Malis dans le cadre de notre dossier principal, consacré aux options stratégiques de la France en regard du prochain Livre Blanc, et qui nous démontrent que le "politiquement correct" n'est pas prêt de l'emporter dans les débats stratégiques ;

- un dossier portant sur les options stratégiques iraniennes à long terme et un focus sur les armements chimiques et biologiques de Téhéran ;

- un dossier "ALAT" qui fait suite à une visite du 1er RHC de Phalsbourg et qui comprend pas mal de choses sur la façon dont ils perçoivent le combat urbain ;

- un dossier "technologie" sur l'évolution des chars russes, complété de fiches techniques sur le T-64, le Ching Kuo taiwanais et le LCS américain.

L'ensemble sera disponible dès le 6 novembre en kiosque et sur notre boutique en ligne. D'ores et déjà, bonne lecture à toutes et à tous... et n'hésitez jamais à m'envoyer remarques, suggestions et autres commentaires !

L'armée belge survivra-t-elle ?

L’affaire avait d’abord fait sourire : constatant un dépassement des dépenses de plus 200 millions d’euros, la ministre du budget belge avait placé le ministère de la défense sous curatelle, une mesure exceptionnelle découlant de l’absence d’un nouveau gouvernement fédéral à même de trancher la question sur le fond. Si ce déficit sera annoncé comme comblé quelques jours après (au détriment du programme d’équipement ?), le ministre contre-attaquera dans la presse néerlandophone : il existerait une « guerre de succession » non seulement à son encontre – en tant que ministre d’un gouvernement en affaires courantes – mais aussi à celle d’August Van Daele, chef d’état-major conjoint.

Les attaques menées l’auraient alors été par des « généraux conservateurs ». En filigranes se poserait la question des options stratégiques choisies : plus orientées « opérations humanitaires » que par le passé, les forces belges perdent, selon nombre d’observateurs, leur « mordant » - une situation que symbolise la perte de l’artillerie de 155 mm ou celle des chars de combat. Cette orientation n’est pas orpheline : le choc provoqué par l’assassinat en mission des 10 casques bleus belges à Kigali, peu avant le génocide rwandais, a conduit les autorités politiques à adopter une posture d’engagement des forces belges dans des missions assez peu risquées. La centaine de Belges présents au Tchad sera ainsi essentiellement affectée à des missions logistiques.

Mais les choix opérés en matière d’engagements, s’ils ne remontent donc pas au ministère d’André Flahaut, font grincer les dents plusieurs officiers – belges, français ou néerlandais – considérant que la Belgique, en ne s’impliquant pas dans les missions les plus dangereuses, effectue un exercice de « free-riding », profitant de la sécurité fournie par ses voisins.

Or, une nouvelle étape a été franchie dans ce que certains officiers belges qualifient en privé « d’entreprise de démantèlement des forces » par la conduite d’une étude visant… à placer la défense belge sous la tutelle du ministère des affaires étrangères. Ce qui signifierait concrètement que son rôle humanitaire serait définitivement consacré et que ses missions de combat pourraient être abandonnées. Si cette étude semble plus exploratoire qu’à visée concrète, il n’en demeure pas mois qu’elle est de nature à déclencher une véritable fronde parmi les militaires belges.

Si les enquêtes montrent qu’ils éprouvent une certaine satisfaction à mener des missions humanitaires, un certain nombre d’entre eux estime aussi non seulement que de telles missions peuvent impliquer des combats mais aussi que le combat en soi doit rester au programme des forces.

Certains membres des forces spéciales indiquaient ainsi lors d’un reportage diffusé à la télévision belge, il y a quelques mois, qu’ils étaient prêts à mener les missions pour lesquelles ils avaient été formés, notamment en Afghanistan… avant que le ministre, interrogé dans le même reportage n’indique qu’aucune demande en ce sens n’avait été effectuée par l’OTAN. Ce qui n’a pas manqué de causer un certain désarroi chez les Special Forces.

Ces manœuvres politico-militaires se produisant sur fond d’une crise gouvernementale qui perdure – et alors que la Flandre est traditionnellement plus encline aux sentiments anti-militaires que les régions majoritairement francophones – certains y voient, manoeuvre après manoeuvre, une entreprise de sape de l’un des derniers départements ministériels symbolisant la Belgique unitaire.

mardi 30 octobre 2007

L'Arabie saoudite change radicalement de politique d'approvisionnement

C'est avec une certaine surprise que l'on a appris aujourd'hui le changement radical opéré par l'Arabie saoudite dans sa politique d'équipements militaires. Alors qu'Eurocopter, MBDA et Airbus Military négociaient un très gros contrat, le royaume s'est finalement tourné vers la Russie, en achetant 150 Mi-35 Hind et Mi-17 Hip pour 2,2 milliards de dollars.

Evalué à 8,8 milliards d'euros, le contrat négocié par les Européens comprenait de 2 à 3 A-330 MRTT de ravitaillement en vol, 64 NH-90 (10 NFH et 54 TTH), 12 Tigre, 20 AS-532A2 de recherche et sauvetage au combat, 32 Fennec, 4 AS-565 Panther (Cf. notre brève "contrat du siècle pour EADS ?" dans DSI 18, septembre 2006). Des négociations semblaient également être menées dans l'optique de la vente de missiles Aster 30 et de chars Leclerc.

A cet égard, l'Arabie saoudite s'orienterait vers des SAM russes de même que vers le T-90. Ce revirement serait le fait du roi lui-même qui a repris en main la politique d'armement. Or, la vente semblait avoir été négociée par l'Elysée au terme du dernier mandat de J. Chirac, entre-temps remplacé par N. Sarkozy sans, apparement, que la transition sur ce dossier n'ait correctement été opérée. Par ailleurs, des observateurs indiquent aussi que la politique sarkozyste en regard du Moyen Orient pourrait avoir également influé la décision saoudienne.

lundi 29 octobre 2007

Le Type 093

Certains se rappeleront que l'un de nos dossiers principaux dans le DSI 28 (juillet-août 2007) touchait le domaine des SNA/SSN et que nous en avions profité pour faire le point sur les projets chinois. Nous ne disposions pas de photo du bâtiment mais celles-ci ont commencé à circuler en même temps que celles du nouveau SSBN chinois.

jeudi 25 octobre 2007

Spill-over

En sciences po' un conflit fait du spill over lorsqu'il se déroule quelque part mais connait une reproduction, ou a tout le moins des ramifications ailleurs. Ca a été le cas à Bruxelles hier soir (et avant-hier) lorsque des groupes ont "manifesté" (sans banderoles ni slogans) contre le PKK. Bilan des opérations, des vitrines cassées, quelques blessés, des trams et des bus visés et une belle partie - façon de parler - de guérilla urbaine avec une centaine d'arrestations à la clé le tout à 100 m de mon appartement. Dans une situation de mondialisation, ce genre de situation est virtuellement inévitable. Malheureusement, ce genre d'importation de conflits ne pourra que se reproduire.

Mon soutien aussi à Mehmet Koksal, journaliste indépendant (dans tous les sens du terme) qui s'est fait agresser (tabasser est plus exact) alors qu'il effectuait un reportage. La police ne l'a évacué qu'après qu'il ait quitté la zone, une policière refusant d'ouvrir sa portière de voiture pour l'extraire. Très courageux.

mercredi 24 octobre 2007

première vraie photo d'un Jin


C'est le jour même de l'ouverture du 17ème congrès du PCC qu'a commencé à circuler sur des sites chinois cette photo d'un SSBN de classe Jin. Deux de ces sous-marins étaient précédemment visibles sur Google Earth.

mardi 23 octobre 2007

Grande-Bretagne : des vaisseaux-mère pour 2020 ?


A environ 1 milliard de dollars pièce, les porte-aéronefs tels que les Hyuga ou les Dokdo ne constitue guère une solution très abordable pour des marines recherchant une montée en puissance rapide. Aussi, BAE Systems s’est livré à un exercice conceptuel assez intéressant, partant du principe qu’aujourd’hui, la valeur d’un porte-avions ou d’un porte-aéronefs ne se mesure plus au nombre de sortie quotidiennes (160 pour le CVN-21 à 10 milliards de dollars/pièce) mais à la persistance et à la durée des vols effectués par les appareils embarqués.

Ainsi, durant l’OIF, les porte-avions US ont vu des taux de sorties assez bas (30 à 40). Dès lors, la taille des bâtiments peut être considérablement réduite, plus encore s’il utilise quelques drones de combat embarqués.

Résultat, BAE Systems propose d’utiliser la coque des T-45 (classe Daring) et d’y adjoindre deux pistes équipées de tremplins à ajustement variables, d’un hangar sous le pont et même d’un petit radier. De tels bâtiments, qualifiés d’UXV et tirant parti des technologies déjà développées, pourraient avoir un déplacement de 8 000 tonnes et voir le jour avant 2020.

Gripen et Erieye pour la Thaïlande

Dans le choix de son nouvel appareil de combat, Bangkok a finalement tranché en faveur du JAS-39C/D Gripen (contre le F-16 et le Su-30), achetant, au même moment, deux exemplaires du radar de détection précoce Erieye (appareil porteur encore inconnu).

lundi 22 octobre 2007

Et si la question, c'était...

Pardon pour ceux qui l'ont vécue
Mais la question n'est pas :
Ce qu'ont fait ou ton père ou ta mère
Dans cette guerre perdue.
Non la question n'est pas là.
Ce qui me préocupe c'est :
Qu'est-ce que j'aurais fait, moi ?

Cinquante années originales
Avec des hauts plus ou moins bas
Des amours tendres ou infernales
Un jour l'argent, un autre pas.
Le désespoir bien ordinaire
D'un homme qui ne se connait pas,
Mais, si j'avais connu la guerre,
Mon dieu, qu'est-ce que j'aurais fait, moi ?

Pardon pour ceux qui ont souffert
Mais la question n'est pas
Ce qu'ont fait ou ton père ou ta mère
Dans les ténèbres de ce temps là
Non la question n'est pas là
Ce qui me préoccupe c'est :
Qu'est-ce que j'aurais fait, moi ?

Je pense à tous les humiliés
Par cette étoile qu'ils ont portée
Parc'que ça s'est passé chez moi
Je pense à ceux qui n'sont plus là
Notre avenir a un passé
La mémoire n'est pas dépassée
Mais le pardon ne suffit pas
Mon Dieu, qu'est-ce que j'aurais fait, moi ?

Pour ceux qui sont nés aujourd'hui
Choisir le bon côté c'est sûr,
Beaucoup voulaient sauver leur vie,
Beaucoup s'inclinaient par nature.
Quelle sorte d'homme aurais-je été ?
Celui du rail ou du Vercors ?
Ou bien ce gamin abusé
Jouant à la guerre, jouant à la mort

Pardon pour ceux qui l'ont vécu,
Mais la question n'est pas,
Ce qu'ont fait ou ton père ou ta mère
Dans cette guerre perdue
Non la question n'est pas là
Ce qui me préocupe c'est :
Qu'est-ce que j'aurais fait moi ?
Mon Dieu, qu'est-ce que j'aurais fait moi ?

dimanche 14 octobre 2007

Rush hour

Une intervention en colloque demain (sur les facteurs dégradant l'efficience des défense antimissiles stratégiques comme tactiques) et ma défense "privée" de thèse (une autre, ouverte au public, aura lieu plus tard) ce vendredi, auxquelles il faut ajouter quelques réglages sur le DSI 31 : la semaine semble légère mais sera en réalité très studieuse.

D'où un fonctionnement de ce blog en mode "dégradé" dans la prochaine semaine. France 3 étant passé par la rédaction pour une interview de votre serviteur sur les scénarios à l'égard de l'Iran vendredi passé, je ne manquerai toutefois pas de vous tenir au courant de la diffusion. D'ici là, nécessité fait loi et, comme l'indique la devise de mon Alma mater, que Scientia vincere tenebras !

samedi 13 octobre 2007

Sacré Gali

Je dois avouer que "Gali l'Alligator" m'a bien fait rire : il fallait la trouver.



Mais, d'un autre côté, la petite phrase à la fin du clip fait froid dans le dos : dans quelle mesure ne sommes-nous pas fascinés par la violence et jusq'à quel point pouvons nous la reproduire, symboliquement ou non ?

Hack hack...

Comment les appareils israéliens ont-ils réussi à percer un réseau de défense aérienne syrien en pleine modernisation et devant compter, à en croire nombre d’analystes, quelques-uns des meilleurs systèmes SAM du monde ? La réponse serait très simple : des hackers israéliens se seraient infiltré dans le réseau syrien pour le paralyser. Rien moins.

La conception n'a rien de "révolutionnaire" à relire les travaux des années 90, la question avait été sereinement examinée (notamment en préparation d'Allied Force), et DSI avait fait part des travaux de l'US Air Force, qui cherchait à disposer de "vaisseaux à virus" injectables par le réseau électrique pour atteindre leurs cibles.

vendredi 12 octobre 2007

De nouveaux sous-marins pour le Canada ?

Après les déboires qu’ont connu les sous-marins de la classe Victoria rachetés à la Grande-Bretagne en 1998, le parti conservateur canadien étudie la possibilité d’acheter de nouveaux bâtiments. Et des sénateurs libéraux d’évoquer déjà… des Type-212.

mercredi 10 octobre 2007

Légère augmentation du budget de défense norvégien

Avec 31,5 milliards de Couronnes norvégiennes, le budget de défense 2008 d’Oslo est plus élevé de 300 millions que ce qui était escompté.

Nouvelle unité SO pour l'USAF

La force aérienne américaine a mis en place le 27th Special Operations Wing, nouvelle unité destinée aux opérations spéciales. Installé à Cannon AFB, il disposera dans un premier temps du 73rd Special Operations Squadron, doté de MC-130W Combat Spear, provenant du 1st SOW de Hurlburt Field.

mardi 9 octobre 2007

Le T&A n°8 est publié !


Technologie & Armement n°8 – octobre-novembre 2007


Editorial
News


Points de vue

« La plupart des projets d’armement sont envisagés comme bi ou multinationaux »
Entretien avec Detlev Petry, président de l’Office Fédéral de la Technique Militaire et des Approvisionnements (BWB), Allemagne

Politiques d’achat en armements
Par Francis Nantha, rédacteur en chef d’Asian Defence and Diplomacy

« Donnons une nouvelle chance à la Méditerranée »
Entretien avec le CA (2S) Jean Dufourcq, directeur de recherche à l’École militaire (Paris)

Terre

L’Arjun indien : le char d’une ambition
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Salons d’armement : des mutations en vue
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Eurosatory : de la vitrine à la plate-forme interactive
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Dingo : le poids plume de la Bundeswehr ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en questions de défense

Puma : un mastodonte pour la Bundeswehr
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Vers des HAPC européens ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Infanterie débarquée : le Voss
Entretien avec Wouter Lotens, ancien manager du programme de recherche sur le système du soldat hollandais pendant 10 ans, actuellement conseiller scientifique auprès du TNO pour la nouvelle génération du système de soldat

Air

MAKS 2007 : la Russie contre-attaque
Par Antoine Philippe, expert en questions de défense

Le Caracal coiffe les lauriers du CSAR
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Mer

DDG-1000 : les vicissitudes de l’avant-garde technologique de l’US Navy
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Opérations littorales : cultures, approches et options
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

Classe Visby : des navires ultra-furtifs pour Stockholm
Par Jean-Jacques Mercier, expert en questions de défense

Le drone naval Protector
Une interview d’Amit Zimmer, Rafael Development Authority

lundi 8 octobre 2007

Attaquer l'Iran ? Interview (2)

J'en profite pour publier l'ensemble des questions de Rania Massoud et des réponses que j'avais fournies :

En cas d'une éventuelle frappe contre Téhéran, quelle sera, à votre avis, la réponse directe iranienne ? Quelles seront les premières cible de Téhéran ? (Les bases US dans le Golfe, Israël, la zone verte à Bagdad...)

On peut dégager trois scénarios, utilisables seuls ou en conjonction. Le premier consiste à bloquer le détroit d'Ormuz et, donc, à couper ce que le Shah qualifiait de « veine jugulaire de l'Occident ». Pour ce faire, Téhéran dispose de 3 sous-marins d'origine russe, assez silencieux et donc difficilement détectables mais aussi d'un stock important de mines marines. Cette menace, au demeurant, est bien réelle : elle suffit à elle seule à faire augmenter les primes d'assurance des super-tankers opérant de ou vers le Golfe.

Le deuxième scénario consiste à « relâcher » la retenue de Téhéran à l'égard de ses alliés opérant en Irak. L'Iran joue tantôt sur une milice, tantôt sur une autre, modulant leur degré de nuisance à l'égard des Américains en fonction de ses intérêts à court, moyen et long terme. Si ces milices, y compris l'armée du Mahdi d'al-Sadr, sont « activées » ensemble, les coalisés en Irak feront face à une véritable insurrection, dont les cibles pourront autant inclure les bases américaines et britanniques en Irak que les sites de production pétrolier et, surtout (parce qu'il est moins aisé de les surveiller dans leur entièreté) les pipe-lines.

La troisième option peut être qualifiée de catastrophique : un ciblage d'Israël au moyen de missiles Shahab 3, qu'ils aient une charge classique ou chimique. Une telle option imposerait sans doute une riposte israélienne immédiate, au moyen de missiles Jéricho. Si l'attaque israélienne est chimique, la riposte israélienne aura toutes les chances d'être nucléaire. Toutefois, la probabilité de réalisation de ce scénario est, théoriquement, moindre : les Iraniens sont de fin stratèges et ils savent ce qui peut les attendre s'ils vont trop loin. Ils vont donc laisser planer la menace, tenter de faire peur aux négociateurs occidentaux et ainsi chercher à les pousser à calmer Tel Aviv dans ses velléités de lancer un raid. Du moins, le temps nécessaire à l'acquisition de l'arme nucléaire. Téhéran sera alors sanctuarisé et, donc, intouchable.

Quelle pourrait être la réaction de la Syrie ? Damas pourrait-il être également une cible ?

Sans doute l'a-t-elle déjà été. Le principal effet du raid israélien sur les installations syriennes, qu'elles soient nucléaires ou autres, est de démontrer que Tsahal peut agir rapidement, de façon précise et avec succès contre un adversaire disposant d'une défense aérienne qui s'étoffe – ce qui est également le cas de l'Iran. Le message s'adresse donc à l'Iran mais aussi à la Syrie, si jamais elle était utilisée par Téhéran pour riposter à une frappe sur l'Iran. L'échec de Tsahal au Liban durant l'été 2006 ne doit pas faire oublier que, grosso modo, depuis 1980, l'armée israélienne s'entraîne en vue d'anéantir l'armée syrienne en quelques jours, tout au plus. Les Syriens travaillent toujours « à la soviétique » malgré les changements de doctrine militaire opérés l'an passé. Et comme l'armement israélien a été conçu pour contrer ce type de menace, on peut dire que l'armée syrienne est neutralisée à l'avance.

Qu'en est-il du Hezbollah, au Liban ? Représente-t-il une menace réelle pour Israël en cas d'une frappe contre l'Iran ?

Là, effectivement, la situation est plus complexe. Si la Syrie ne sera pas instrumentalisée pour frapper Israël, Damas comme Téhéran peuvent utiliser le Hezbollah pour tenter de déstabiliser le Liban et forcer Israël à entrer dans un nouveau conflit. Ce ne serait toutefois pas une très bonne idée d'un point de vue stratégique : les Israéliens apprennent très vite (du point de vue des opérations tactiques, de la guerre de l'information, du point de vue stratégique, etc.), ils ont multiplié les exercices visant à contrer une techno-guérilla telle que le Hezbollah, les Américains ont augmenté les crédits d'équipements israéliens, le niveau politique est maintenant plus compétent en matière militaire et la motivation des militaires pour une « revanche » contre le Hezbollah n'est pas à mettre en doute. Le Hezbollah ne serait sans doute pas battu rapidement. Mais cette fois-ci, le plan israélien – qui a toutes les chances d'être rédigé – sera nettement plus efficace.

Quel sera l'impact politique sur la région, surtout dans le Golfe ? Et comment réagiront l'Arabie Saoudite, le Koweït ou le Qatar à cette frappe ? Craignez-vous une division au sein des pays arabes ou un conflit sunnito-chiite dans des pays comme le Bahreïn ou le Liban ?

En fait, il faut voir d'hypothétiques frappes comme la suite d'un processus (relativement) logique. Ainsi, pour ce qui concerne le Golfe, un pays comme l'Arabie saoudite est extrêmement inquiète – je pèse mes mots – de la possibilité de voir émerger une « bombe » iranienne. Ce qui a motivé la mise en place, en 2006, avec d'autres pays de la sous-région ainsi qu'avec l'Algérie et l'Egypte, d'un accord portant officiellement sur le nucléaire civil. Le premier risque est donc celui d'une prolifération d'autant plus débridée que si l'Iran, en tant que signataire du TNP, passe outre ses engagements, c'est la porte ouverte à de nouvelles violations. Je ne vois pas vraiment d'autre risque, si ce n'est qu'un scénario où interviendrait Israël serait de nature à augmenter le décalage entre opinions publiques et gouvernements arabes. Ces derniers pourraient, face à la menace iranienne, faire le gros dos et serrer les rangs tandis que les opinions publiques pourraient jouer la carte de « l'union sacrée » anti-israélienne. Vous le constatez, on se perd rapidement en conjectures…

Selon vous, quel sera l'impact économique d'une telle attaque sur le monde, surtout si l'Iran perturbe le Détroit d'Ormuz ? Qui sera le plus affecté ?

Les impacts sont toujours difficiles à chiffrer, surtout face à une situation si complexe. Mais l'impact d'un blocage du détroit d'Ormuz sur les économies européennes, japonaise et, dans une moindre mesure, américaine, est potentiellement dévastateur.

Durant les derniers mois, la République islamique a présenté de nombreux nouveaux missiles de très longues portées, des avions ultra-sophitstiqués et même des torpilles et des sous-marins « Made in Iran ». A votre avis, est-ce que la force militaire iranienne est une menace réelle ou une simple propagande, un mythe ?

La menace balistique est bien réelle mais n'est pas rédhibitoire : dans l'hypothèse d'une frappe, ils peuvent être relativement vulnérables et vous pouvez être sûre que ces engins et leurs mouvements (ils sont mobiles) doivent être une priorité des plans de charge des services de renseignement. Pour le reste, les démonstrations iraniennes sont peu convaincantes et renvoie plus à une stratégie déclaratoire qu'à une stratégie des moyens affinés. Il existe une réelle volonté de développer une industrie iranienne d'armement, mais il y a loin des désirs à la réalisation. Ceci dit, s'il ne faut pas sous-estimer le moral des troupes iraniennes – il ne faut, en fait, jamais sous-estimer les réflexes défensifs d'un adversaire acculé -, n'oubliez jamais que le niveau politique iranien a pris la décision de relancer son programme nucléaire après avoir constaté la pulvérisation de l'armée irakienne en 1991, précisément parce que se défendre avec succès et de façon classique (i.e. avec des opérations blindées, d'aviation, etc.) contre des forces occidentales serait un suicide militaire. Les Iraniens sont des stratèges extrêmement subtils : ils ne se battront jamais comme les Américains ou les Israéliens voudraient qu'ils se battent. C'est tout l'intérêt, pour eux, de gagner du temps par de grandes démonstrations, en attendant une arme nucléaire qui les mettrait définitivement à l'abri. Et c'est tout l'intérêt, pour certains stratèges, d'utiliser des frappes contre le système nucléaire iranien.

Attaquer l'Iran ? Interview

Il y a quelques temps de cela, j'avais été interviewé par Rania Massoud, du quotidien libanais L'Orient-Le Jour, dans le cadre d'un dossier qu'elle préparait dans la foulée des déclarations de B. Kouchner.

Son dossier a été publié ce jour est devrait être accessible gratuitement durant une semaine.

jeudi 4 octobre 2007

Blackwater incapable de "tenir" ses combattants

La Chambre des représentants américaine vient de rendre publiques quelques informations supplémentaire sur l'implication de Blackwater en Irak (si les 2ème et 3ème points étaient connus, le premier apporte des précisions chiffrées) :

(1) Blackwater has engaged in 195 “escalation of force” incidents since 2005, an average of 1.4 per week, including over 160 incidents in which Blackwater forces fired first;

Nota : les conditions de l'engagement des feux ne sont pas précisées.

(2) after a drunken Blackwater contractor shot the guard of the Iraqi Vice President, the State Department allowed the contractor to leave Iraq and advised Blackwater on the size of the payment needed “to help them resolve this”; and

(3) Blackwater, which has received over $1 billion in federal contracts since 2001, is charging the federal government over $1,200 per day for each “protective security specialist” employed by the company.

Robert Gates, face à la demande irakienne de renvoyer Blackwater, estime que ce serait contre-productif. Et d'ajouter qu'“I don’t know whether other firms could cover. I just don’t know what the practical implications of that would be, if it were limited to one firm. So I think we’ll just have to wait and see. The question is, what (the) State (Department) would do in the mean time? So it’s really more of a challenge for the Department of State in the short term”.

Par ailleurs, toujours selon lui, "One of the things that surprised me was that many, if not most, of the contracts that are executed in Iraq are not processed through (Multinational Force Iraq) (...) They’re done in the states, even though they are going to be executed in Iraq. So one obvious suggestion is -- how do we get MNF-I a greater clarity and more of a role and knowledge about the contracts that are going to be executed in their area of operation?".

mercredi 3 octobre 2007

Des coupes sombres pour la Royal Navy ?

Le Daily Telegraph a fait état de ce que la Royal Navy pourrait subir des coupes drastiques, à commencer par la décommission de 5 navires de combats (frégates et destroyers) d'ici à avril prochain.

Le contractor, de plus en plus perçu comme une hérésie économique

Le Project On Governement Oversight (POGO) a fait paraître une étude pour le moins inquiétante sur l’inflation des coûts associés à l’emploi des contractors.

Le think-tank américain a ainsi démontré preuves à l’appui que l’emploi d’une section de 34 hommes de Blackwater pour une période d’un an au profit d’un autre contractor (ESS), pour des missions d’escorte et de formation entre le Koweit et l’Irak est revenu à 11 082 326 dollars.

Selon le contrat, la somme ne couvrait pas le logement, la nourriture, l’équipement, les véhicules de la susdite équipe.

Selon la chambre des représentants US, un « simple » contractor revient à 600 dollars par jour mais, selon le POGO et dans le cas du contrat examiné, un senior manager est payé 1 075 dollars par jour, un manager, 945 dollars et un opérateur, 815 dollars.

Comparativement, un sergent célibataire est payé de 83 à 85 dollars par jours (selon l’ancienneté) contre 170 dollars s’il est marrié. David Petraeus, en tant que général, perçoit quant à lui 493 dollars.

lundi 1 octobre 2007

DSI 30 : le sommaire

DSI 30 - Octobre 2007


En kiosque et chez les marchands de journaux le 6 octobre

Éditorial
Nominations et agenda
Veille des contrats de défense
Veille contre-terroriste
Veille stratégique :

Flash : Rapid Eye, Xbot, F-22, Mig-21 indiens, C-17 australiens ; Prospective du marché des missiles antinavires ; Etats-Unis : moins d’armes nucléaires en Europe

Etats-Unis : la DARPA veut des drones d’une autonomie de 5 ans ; Le programme ORS toujours en attente ? ; le coût de la lutte contre-narcotique ; passage au « blast reduction » ? ; mise à jour de la doctrine COIN ; reprise des efforts en matière de lasers de combat ; contre-attaque en Asie ; Retour (limité) aux drones de combat ?

France : extension du domaine de la lutte pour le CENZUB ; retour au classicisme diplomatique ?

Italie : les projets d’Alenia en matière de drones

Suisse : une vente de Piranha controversée

Russie : reprise de la fabrication de l’An-124 ; vers une présence plus affirmée en Méditerranée ; test d’une arme FAE surpuissante ; un nouveau chef d’état-major pour la marine

Afghanistan : des armes chinoises pour les Talibans

Chine : de nouveaux blindés sur roue

Japon : Le DDH-181 Hyuga a été lancé ; le budget 2008 en croissance

Inde : Le DRDO recherche de nouveaux partenaires pour le Tejas ; Les forces terrestres accroissent leurs capacités à former des armées étrangères ; Le plan indien pour contrer la chute de Musharraff… et la perte de ses armes nucléaires ; Delhi ne dit pas toujours oui à Washington… ; bientôt deux Akula ?

Irak : la menace des grenades à charge creuse ; publication du rapport Jones

Israël : le plan d’investissement à 5 ans de Tsahal ; que s’est-il passé en Syrie ?

Pakistan : nouveaux dons américains ; Musharraf virtuellement piégé

Singapour : des lance-roquettes multiples

Turquie : évolution capacitaire de l’artillerie

Taiwan : des Aegis pour Taipeh ? ; contrat enfin débloqué !

RDC : Violente résurgence d’Ebola

SITREP : Liban – La fin du siège de Nahr el-Bared
La chronique de Carl Von C. : « Et vlan, dans le schwerkpunkt ! »

Géostratégie
« Entre déclarations et actions, quelles évolutions pour la Russie ? »
Entretien avec Isabelle Facon, maître de recherche à la FRS

« La Russie, l’OSCE et le traité FCE : un balancier entre l’Est et l’Ouest ? »
Entretien avec Alain De Neve, analyste au RMES

« Washington-Pyongyang. A la recherche de nouvelles options »
Par Joseph R. Cerami, professeur à la G.H.W. Bush School of Government, Texas A&M University

« L’alliance du crime organisé et du terrorisme : un nouveau défi pour le futur ? »
Entretien avec Jörg Ziercke, président de l’office fédéral allemand de la police judiciaire (BKA)

« Valeurs et politique européenne de défense »
Par André Dumoulin, attaché à l’Ecole Royale Militaire, maître de conférence à l’ULg et l’ULB

Stratégie
« L’open source warfare comme menace stratégique ? »
Entretien avec John Robb, analyste des systèmes

« Vers une stratégie d’influence à la française ? »
Entretien avec Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de Guerre Economique

« Pour que les PYOPS réussissent, il faut que l’ennemi soit convaincu de sa défaite »
Entretien avec Herbert Friedman, US Army, Ret.

Armées
« L’évolution de la Flygvapnet »
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la Flygvapnet
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités
« 5ème Université d’été de la défense : une amorce de Livre Blanc ? »
Par Véronique Sartini, journaliste

« Les lignes de forces du discours du ministre de la défense »
Entretien avec François Bureau, secrétaire général adjoint de l’OTAN pour la diplomatie publique

Entretien avec le général Le Riche, major-général des armées.

Technologie & Armement
« Modernisation des appareils de la 3ème et de la 4ème génération : les enjeux d’un débat »
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

« La mue réussie des F-16 »
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

« Le chasseur d’appui tactique léger AMX »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Spécifications
IAI Kfir/La marche avortée d’Israël vers l’indépendance aéronautique
MBT Norinco Type-99/La longue marche des chars chinois
Destroyer classe Udaloy/L’influence de Gorshkov sur la marine russe

Critiques de lecture
L’ombre déchirée, la puissance aérienne contre la terreur par Jean-Jacques Patry
La France et la dissuasion nucléaire. Concept, moyens, avenir par Bruno Tertrais
L’Amérique en guerre. Irak-Afghanistan par Gérard Chaliand
Guide for Participants in Peace, Stability and Relief Operations par Robert M. Perito
Stratégie aérienne comparée : France, Etats-Unis, Royaume-Uni par Etienne de Durand et Bastien Irondelle.
Les forces terrestres dans les conflits d’aujourd’hui et de demain par l’armée de Terre.
Doctrine. Revue d’études générales, n°12, par le CDEF

US Navy : l’amiral Roughead va-t-il redéfinir la posture de la marine américaine ?

Alors que Mike Mullen a remplacé, le 1er octobre, le général Peter Pace en tant que président du Joint Chief of Staff, l’un de ses principaux collaborateurs, l’amiral Roughead, prendra ses fonctions de Chief of Naval Operations (CNO). Ce dernier a détaillé devant le sénat américain sa vision de l’US Navy en indiquant que ses ressources humaines constituaient le fondement de ses capacités mais aussi que la marine devait se tenir à l’avant-garde des technologies, permettant ainsi de contrer tout adversaire émergent. Si la Chine est ainsi indirectement visée, le nouveau CNO a néanmoins souligné que « les coûts croissants des technologies avancées remettent en question la capacité de la marine à fournir une force équilibrée ». Dans ce contexte, l’amiral a indiqué que l’actuelle flotte, avec 277 unités, était suffisamment importante que pour répondre aux besoins actuels mais qu’un passage à 313 bâtiments serait nécessaire afin de faire face aux défis de la prochaine décade. Dans la même optique, toujours selon lui, la Navy n’aurait plus besoin que de 40 sous-marins nucléaires d’attaque, alors que la marine s’était toujours tenue à réclamer 48 bâtiments. La baisse du nombre de navire serait alors compensée par des déploiements plus longs mais aussi par une disponibilité plus importante des derniers types mis en service.

dimanche 30 septembre 2007

Le C-27 comme gunship ?

Il semble que l'option d'un C-27 (l'appareil ayant gagné la compétion JCA, Cf. DSI n°29) équipé en Gunship soit sérieusement envisagée par l'US Air Force. L'appareil est vu comme suffisament petit, facile à maintenir et capable d'être engagé rapidement au plus près des lignes adverses.

Gripen : 1 ; Typhoon : 0

Il semble bien qu'un Typhoon italien ait été "abattu" au cours d'un exercice OTAN tenu en mai en Italie. Des Gripen hongrois dont les capacités avaient été dégradées dans le cadre de l'exercice, les Magyars abattront plusieurs autres appareils :

"Other aircraft couldn’t see us – not on radar, not visually – and we had no jammers of our own with us. We got one Fox 2 kill on a F-16 who turned in between our two jets but never saw the second guy and it was a perfect shot (...) Our weapons and tactics were limited by Red Force rules, and in an exercise like this the Red Force is always supposed to die, but even without our AMRAAMs and data links we got eight or 10 kills, including a Typhoon. Often we had no AWACS or radar support of any kind, just our regular onboard sensors – but flying like that, ‘free hunting’, we got three kills in one afternoon. It was a pretty good experience for our first time out.” L'ensemble de l'interview est disponible ici.

La leçon du jour : des tactiques adaptées couplées à une bonne plateforme sont de nature à contrer des pilotes s'appuyant trop sur leur supériorité technologique. Une expérience que les Typhoon britannique auraient réitérée, cette fois contre des F-22 américains, un britannique qualifiant les engagements de "highly successful". La tactique est là pour exploiter les potentialités technologiques et non l'inverse...

vendredi 28 septembre 2007

Un PA2, 8 frégates ?

Il semble que l'Elysée ait tranché en faveur d'un arbitrage à 8 frégates - 6 ASM, 2 AVT - afin de pouvoir s'offrir le 2ème PA.

Reste cependant que si aucun 2ème groupe embarqué n'est planifié et si aucun 2ème équipage mis en place, le PA2 risque fort, comme nous l'avions souligné, de rester par trop souvent à quai (alors qu'il aura pourtant un haut taux de disponibilité) et, dans cette hypothèse, d'affecter négativement la puissance de la marine.

L'affaire n'est donc pas encore tout à fait close...

Un petit hommage...

...Au Fouga Magister, entré en service à la FAé belge en 1960 et qui servait jusqu'à présent à permettre aux pilotes de garder leurs cerifications. Le dernier appareil belge devait effectuer un vol d'adieu hier mais un des compresseurs a laché. Comme quoi, on ne dis jamais vraiment adieu à un mythe...

Nota à la RTBF : je ne suis pas sûr qu'il était le dernier Fouga en activité dans le monde. Les Tzukit israéliens, si je ne m'abuse, sont toujours opérationnels. Certes lourdement modifiés, il restent quand même des "Demoiselles".

Irak : 2,25 milliards de dollars d'achats

Destinés à l'équipement de 25 bataillons et comprenant :

- 980 M1151 High Mobility Multi-Purpose Wheeled Vehicles (HMMWV) and
- 123,544 M16A4 Rifles.

Non-MDE includes: - 890,000 12 Gauge 00 Buckshot - 5,800,000 9mm Ball - 100,000,000 M855 5.56 Ball - 20,000,000 5.56mm Tracer - 16,700,000 5.56mm Blank - 5,700,000 5.56mm 4 Ball/1 Tracer - 5,700,000 7.62mm 4 Ball/1 Tracer - 13,600,000 7.62mm Ball Long - 790,000 .50 Caliber 4 Ball/1 Tracer - 10,000 40mm HEDP Grenades - 32,000 60mm HE Mortar Rounds - 32,000 60mm Illumination Rounds - 5,000 81mm HE Mortar Rounds - 5,000 81mm Illumination Rounds - 7,000 Signal Flares - 7,300 Stun Grenades - 6,700 HC Smoke Grenades - 12,035 M4 Carbines

Also included are: - Upgrade and refurbishment of 32 additional UH-I HUEY helicopters to the UH-II configuration; - Armored Land Cruisers (189); - Armored Mercedes (10); - Light utility trucks (1,815); - Fire trucks (70); Fuel trucks (40); Septic truck (20); Water truck (45); Motorcycles (112); Sedans (1,425); 5 Ton Trucks (600); Medium Trucks (600); BTR 3E1 (336); 8 Ton Trucks (400); 12 Ton Trucks (400); 16-35 Ton Trucks (100); 35 Ton Trucks (20); Ambulances (122); - Bulldozers (33); Excavators (10); Wheeled Loader (20); Variable Reach Forklifts (10); 5Kw generators (447); - ILAV Route Clearing Vehicle (55); - Wrecker w/Boom (19); Fuel Pumps (34); 11 Passenger Bus (127); 24 Passenger Bus (207); 44 Passenger Bus (80); Contact Maintenance Trucks (105); - communication towers, troposcatter and Microwave radios, IDN, DPN, VSAT Operations and Maintenance, (1,518) VHF Wheeled Tactical and Base Station Radios, (4,800) VHF hand-held radios, (6,490) VHF man pack radios, - clothing and individual equipment, - standard and non-standard vehicle spare and repair parts, maintenance, support equipment, publications and documentation; personnel training and training equipment.

Des Leopard pour le Portugal

Le Portugal a acheté d'occasion 37 chars Leopard aux Pays-Bas, un accord ayant été trouvé entre les ministres de la défense des deux pays. L'accord devrait être formellement conclu le mois prochain.

Le Portugal avait déjà acheté aux Pays-Bas deux frégates de classe M (elles entreront en service respectivement en 2008 et 2009) et 2 P-3C Orion, fin 2006.

jeudi 27 septembre 2007

La LPF 2008 disséquée

Alors que la prochaine LPM est toujours en cours de gestation, on en sait nettement plus sur la prochaine LPF. Les matériels commandés en 2008 s'établissent comme suit :

Commandement et maîtrise de l’information
• 68 stations Syracuse 3
• Étape 4 du système de commandement et de contrôle des opérations aériennes (SCCOA)
• 31 systèmes d’information régimentaire (SIR)
• 501 postes radio de 4e génération (PR4G-VS4IP)
• 800 postes de travail du système d’information pour le commandement des forces (SICF V3)

Engagement et combat
• 2e porte-avions
• Réalisation du 1er SNA Barracuda
• Développement et premier lot de Futures torpilles lourdes (FTL)
• 8 avions Rafale (6 air et 2 marine)
• 36 chars AMX 10 RC rénovés
• 116 véhicules blindés de combat de l’infanterie (VBCI)
• 4 automoteurs à roues de 155 mm / 52 cal (Caesar)
• 5 045 fantassins à équipement et liaisons intégrés (Felin)

Projection-mobilité-soutien
• 22 hélicoptères NH90
• 4 rénovations d’hélicoptères Cougar
• Développement du porteur polyvalent terrestre (PPT)

Gendarmerie
• Commande de 92 futurs véhicules blindés de la gendarmerie (VBG)
• Poursuite du développement du système d’information départemental Athena lancé en 2007

Et le document d'ajouter que "La réalisation des commandes de matériels prévues en 2008 est subordonnée aux décisions qui découleront des travaux d’élaboration du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et de la future loi de programmation militaire".

Tout le détail - chiffres divers et variés compris - de la LPF est disponible.

Un cyber command pour l'USAF

L'affaire était dans le pipeline depuis un certaine temps et c'est désormais chose (presque) faite :

WASHINGTON --- The secretary of the Air Force announced the Air Force is officially standing up a provisional Cyberspace Command during his address at the Air Force 60th anniversary celebration Sept. 18 at the Pentagon. Secretary Michael W. Wynne said the provisional command, called AFCYBER (P), will be located at Barksdale Air Force Base, La. This is another step in the Air Force's move to develop an operational command for cyberspace. The size and location of the final major command has not been determined.

"While a number of basing locations for a permanent command staff are being considered and evaluated, no final decisions have been made," said Maj. Gen. Charles V. Ickes II, the special assistant to the deputy chief of staff for operations, plans and requirements. The Air Force will place a major general, yet to be named, in charge of the interim command. "While Lt. Gen. (Robert J. "Bob") Elder (the 8th Air Force commander) and 8th Air Force will continue to focus on day-to-day operations, the commander of AFCYBER (P) will prepare the way for the eventual standup of a full major command that will be responsible for organizing, training and equipping forces to conduct sustained global operations in and through cyberspace, fully integrated with air and space operations," General Ickes said.

Personnel will be temporarily attached to the provisional major command until a permanent command is activated, he said. General Ickes stressed that although the headquarters will be at Barksdale AFB, no unit moves are planned at this point. In December 2005, the Air Force mission statement was amended to include cyberspace as an operational domain along with air and space. In November 2006, the secretary announced 8th Air Force as the lead command for cyberspace.

La Géorgie augmente ses dépenses militaires

...Et ce, de façon significative. Dans le contexte des tensions avec Moscou, le parlement géorgien a donné son accord à une augmentation de plus de 25% du budget militaire, le faisant passer à 723 millions de dollars, représentant 7,2% du PIB national. Plus tôt, Tbilissi avait autorisé une augmentation des effectifs de l'armée, cette dernière passant de 28 000 à 32 000.

Cette évolution est conçue, selon les officiels géorgiens, dans l'optique d'une accélération des efforts destinés à permettre à la Géorgie de rejoindre l'OTAN, tout en améliorant les capacités défensives de l'armée.

mercredi 26 septembre 2007

Jane's n'est plus britannique

J'avoue que celle-là, je ne l'avais pas vue, jusqu'à ce que je passe sur Infoguerre, qui nous apprend que le groupe américain IHS a racheté le groupe de presse Jane's pour la coquette somme de 183,5 millions de dollars. Fondé en 1898, Jane's est toujours considéré comme une référence dans la presse de défense, nonobstant - je suis mauvaise langue mais on ne se refait pas - des tarifs astronomiques (345 dollars pour l'International Defence Review, 1 145 dollars pour l'accès online, tous deux sur une base annuelle) et, surtout, des informations parfois (soyons juste, tout de même) franchement douteuses.

Là où l'affaire devient intéressante, c'est que disposer de Jane's vous assure d'un formidable potentiel d'influence. Reste à savoir dans quelle mesure un certain nombre de journalistes que je connais et qui y travaillent se battront ou non pour leur indépendance de vue. Un seul mot à eux : courage.

mardi 25 septembre 2007

Technologie & Armement, partenaire de Shepard et de l'AOC

L’AOC (Association of Old Crows), qui réunit à l’échelle mondiale les industriels et les opérationnels actifs ou à la retraite en matière de guerre électronique et le groupe britannique Shephard organisent pour la première fois ensemble la conférence « Electronic Warfare 2008 », qui devrait se tenir les 14-16 mai à Interlaken (Suisse).

Cet événement devrait rassembler une cinquantaine d’exposants, et les organisateurs attendent près de 450 visiteurs, tous spécialisés sur le marché de la guerre électronique. Technologie & Armement sera partenaire de la conférence et en profitera pour proposer un dossier spécial sur les nouveautés, les concepts en matière de guerre électronique au moment du salon.

COIN - évolution de la doctrine de l'US Air Force

C’est en à peine quelques mois qu’une équipe réunie autour du général Peck, commandant l’Air Force Doctrine Development Education Center, a produit un nouveau document doctrinal portant sur l’emploi de l’arme aérienne en contre-insurrection. Le document démontre une inflexion majeure dans la pensée américaine et, par nombre d’aspect, son rapprochement des conceptions française.

D’emblée, la guerre irrégulière y est définie comme « un conflit violent entre des acteurs étatiques et non-étatiques pour la légitimité et l’influence au sein d’une population donnée ». Dans cette optique, le nouveau document dépasse la logique attritionnelle classique et d’indiquer que la légitimité et l’influence sont les principaux objectifs des opérations contre-insurrectionnelles.

Aussi, « la bataille des armes travaille en harmonie avec la bataille pour l’influence mais est surpassée par cette dernière ». Si cette approche constitue une extension des conceptions, maintenant solidement enracinées aux Etats-Unis, d’Effects-Based Operations (Cf. DSI n°27), elle constitue cependant une petite révolution dès lors que, dans l’acception américaine des EBO, les effets découlent de l’emploi des armes. Or, la nouvelle doctrine constate le rôle changeant de l’US Air Force dans les missions COIN.

Il sera « de plus petite échelle, indirect, un travail en coulisses où nous aidons des forces locales à être plus efficaces », autant de fonctions qualifiées de « non-cinétiques », aptes à aider à la prévention de l’émergence des conflits. Pour autant, la nouvelle doctrine ne dispense pas l’Air Force, selon le chef d’état-major Moseley, de pourvoir utiliser ses capacités cinétiques. Ainsi, « les adversaires que nous combattons ont des soldats à pieds, des camions, des véhicules, des RPG et des IED (…) mais ils n’ont pas la capacité de déplacer leurs forces rapidement de conduire des missions ISR comme nous le pouvons, d’offrir des effets cinétiques qui proviennent de nulle part de façon très précise ».

Et de rappeler que, pour autant, la force aérienne américaine devra toujours continuer à assumer ses missions traditionnelles. Et ce, malgré un nombre d’appareils en constante diminution…

samedi 22 septembre 2007

Du côté des lectures (6)

J'ai reçu avant-hier Introduction à la stratégie, de Vincent Desportes et Jean-François Phélizon, que j'ai d'ailleurs presque terminé. Encore un livre d'introduction ? Et bien non. On ne maîtrise jamais aussi mal une discipline que les fondements et les implications de ses élémentaires. Et les auteurs, en travaillant par un dialogue continu entre eux, on produit un ouvrage que quiconque s'intéresse à la stratégie devra avoir lu. Il y a beaucoup de choses à en dire, je me réserve pour une critique de lecture. En attendant, il ne devrait pas tarder à être disponible (il ne l'est pas encore sur Amazon).

jeudi 20 septembre 2007

Quel dimensionnement pour la Marine nationale ? (3)

Nous transmettons de temps à autre un article de T&A à notre partenaire ASD-Network, afin qu'il puisse le mettre gratuitement en ligne. En l'occurrence, il s'agit ici de l'article "Quel dimensionnement pour la Marine nationale ?", paru dans le Technologie & Armement d'août-septembre et dont il avait été question sur ce blog.

Il semble qu'il ait aussi suscité, avec les contributions de J-D. Merchet, un article sur Mer et Marine qui m'a été signalé par MB et dont la logique est implacable. Si ce n'est, toutefois, deux précisions qui s'imposent. La première se résume à un chiffre : 40 milliards, de déficit d'équipement s'entend. Or, si l'on conçoit parfaitement qu'une marine soit absolument stratégique - c'est même la thématique d'un ouvrage que je compte faire paraître l'an prochain - elle ne l'est pas plus que d'autres armées, l'air et la terre, s'entend. Chacune à son rôle et le fait est que le gouvernement ne semble pas disposé à augmenter de 43% le budget d'équipement des armées afin de satisfaire le Modèle 2015.

Ce qui m'amène à une deuxième précision : en tant que scientifique, un tel décalage entre besoins et budgets, entre désirs stratégiques et volonté politique (non pas qu'elle soit inexistante mais bien qu'elle n'aboutisse pas à augmenter les budgets) m'amène à me questionner sur la meilleure réalisation possible - avec ou sans 2ème PA - tenant compte des variables politiques desquelles le militaire ne peut en aucun cas être déconnecté. A cet égard, dessiner des scénarios fait partie de mon travail de scientifique - et tant qu'à faire, de journaliste spécialisé. Il s'ensuit que je ne me sens pas particulièrement visé comme producteur d'"intox" visant à satisfaire quelque dessein malfaisant à l'égard de la marine ou des industriels.

C'est même précisément ce pourquoi j'ai précisé qu'il s'agissait de scénarios. Qu'il me soit également permis d'indiquer que si je n'avais pas connaissance des réflexions de la Marine au moment de la rédaction de mes scénarios début juillet, les sources données par JD Merchet doivent sûrement exister. Je doute que les miennes soient identiques mais, début septembre, j'ai également eu connaissance de réflexions en ce sens dans la Marine. Je doute donc que l'on soit dans le registre de l'intox.

Cette fois, c'est la fin...

J'ai pensé à appeler ce post "chronique d'un fascisme émergent". Je n'en ai pas le coeur...

(Source : DH) : Des P.-V. pour les non-Flamands
(20/09/2007)
La police de Zaventem traumatise les non-néerlandophones de la commune
ZAVENTEM Mario, 11 ans, nettoyait, le 9 septembre, la voiture de ses parents à Woluwe-Saint-Étienne, située sur le territoire de Zaventem, quand deux agents de police néerlandophones lui ont signifié, en flamand, que la voiture, garée à moitié sur le trottoir, devait bouger. Le garçon, Italien d'origine, n'a pas compris. Il va à l'école européenne, comprend donc l'anglais, le français et l'italien... mais pas le néerlandais. Quelques secondes plus tard, il arrive en pleurant chez sa mère, qui va voir dehors ce qui se passe, passablement énervée que des agents de quartier se permettent d'effrayer son fils.
Mais Mme Grazioso, Italienne elle aussi, et par ailleurs employée comme son mari à la Commission européenne, ne comprend pas plus le flamand que son fils ou que son mari. "Nous n'en avons pas besoin et nous parlons dans notre maison la langue que nous voulons...", expliquent-ils logiquement.
Les deux policiers leur expliquent alors que s'ils ne bougent pas leur voiture dans les cinq minutes, ils ont une amende. Et leur demandent pourquoi, en 11 ans d'existence à Zaventem, ils n'ont jamais appris le néerlandais. "Si je vais en Italie, j'apprends l'italien", lance l'un d'entre eux. "Mais jamais on ne vous demandera d'apprendre le napolitain à Naples" , lui rétorque la dame. S'ensuit un débat linguistique qui n'est pas pour plaire à Mme Grazioso. Mais le mari calme la situation, bouge la voiture et les deux agents finissent par s'en aller, laissant là le couple sous le choc et leur petit garçon en pleurs.
Leur amende est arrivée hier, estimée entre 200 et 2.000 euros. La même est parvenue au voisin, qui lui aussi était mal parqué ce jour-là. Sauf que... la police détaille par écrit l'aventure au voisin, qualifiant Mme Grazioso d'hystérique. "Un comble, s'exclame-t-elle. Nous avons la certitude que ce P.-V. nous punit de notre faible niveau en néerlandais. C'est totalement aberrant. Nous sommes des ressortissants européens ! Et depuis, notre fils n'ose plus aller dehors, de peur de tomber à nouveau sur la police qui l'a traumatisé !"

mercredi 19 septembre 2007

Iran - les résultats des frappes

Voilà, le papier écrit par le correspondant à Bruxelles de l'AFP est sorti. Vous pouvez le trouver ici. S'il est toujours un peu frustrant de voir ses idées ainsi compressées, le gros de l'interview passée hier s'y retrouve, à une petite nuance près : celle de la "wildcard" israélienne. En fait, il semble bien qu'il y ait une réelle prise de conscience du risque d'une action unilatérale israélienne (une question sur laquelle je m'étais déjà exprimé) au niveau des gouvernements européens et américains (à tel point que l'on peut se demander si la hausse de l'aide US à Israël pourrait bien ne pas être uniquement due au seul méga-contrat passé avec les Saoudiens).

Dans cette optique, plus la pression est mise sur Téhéran, moins grand est le risque d'une intervention israélienne et là est sans doute toute la finalité : garder le contrôle, même si on peut donner l'impression de le perdre. Le "jeu", certes, semble dangereux. Mais nos perceptions nous trahissent aussi. Parler de guerre n'est, en effet, rien comparé au fait de la faire. Ou de voir les autres en entamer une dont les conséquences ne peuvent être maîtrisées... parce que l'on est évincé du jeu.

Le Foxhound repointe son nez

Après les questionnements sur la livraison de Mig-31 à la Syrie, on apprend que 10 des 50 Mig-31 Foxhound kazakh devraient connaître un processus de modernisation en profondeur. But de la manoeuvre, à en suivre certains analystes, à la fois disposer d'une capacité de supériorité aérienne rénovée mais aussi de la possibilité d'utiliser ces puissants appareils dans des missions de lancement de micro-fusées, à l'instar du tandem B-52/Pegasus.

Arabie saoudite : contrat signé

Des officiels saoudiens confirment bien la signature du contrat d'achat de 72 Eurofighter Typhoon, une transaction qui avait été remise en question par la justice britannique pour cause de corruption (cependant endémique dès lors que l'on parle de contrats d'armements vers le Golfe où il est normal non de "graisser la patte" mais bien de "faire des petits cadeaux"). Le "projet Salam" s'élève à 4,430 milliards de Livres Sterling.

mardi 18 septembre 2007

Interviews en pagaille

Il y a des jours comme ça. Ca a commencé avec l'AFP sur la question des déclarations de B. Kouchner sur l'Iran - l'occasion de recontextualiser un discours dont n'avait été extrait que la fin et ou, effectivement, la force est le regis ultima ratio - et d'examiner la faisabilité technique des frappes (et où le premier qui frappera pourrait ne pas être celui que l'on croit)... comme des ripostes possibles.

Ca a continué avec Blackwater pour BFM, sur la question de la place prise par la privatisation des fonctions de défense et des dérives qu'elle porte. Avec 10 minutes d'antenne, j'ai été assez royalement servi, avec l'occasion d'entrer en profondeur dans le sujet... Et ça s'est terminé par une interview pour le quotidien L'Echo, sur la même question, à paraître demain.

Et le boulot dans tout ça ? Et bien, disons juste que le DSI d'octobre est quasimment bouclé et que celui de novembre est en route. J'ai donc bien mérité un petit apéro accompagné d'une finition de chapitre sur la théorie du combat urbain ;o)

lundi 17 septembre 2007

France : retour au classicisme diplomatique ?

En indiquant le 16 septembre qu’à l’égard de l’Iran, qu’il fallait « se préparer au pire » soit « à la guerre », le ministre français des affaires étrangères renouait – sur fond de mini-polémique quant à la dureté de propos – avec la conception classique de la diplomatie. En l’occurrence, ce « modèle classique » impose de se mettre en position de force avant la conduite d’une négociation. Aussi, si plusieurs observateurs interpréteront ce positionnement comme tel, il intervient également après la prise de position allemande, à l’époque de Gerhard Schröder, indiquant que toute option impliquant la force était écartée.

Sa déclaration avait alors été critiquée par une partie de la communauté des experts, indiquant que le chancelier allemand minait la crédibilité des pressions exercées ou planifiées à l’égard de Téhéran. Kouchner, de ce point de vue, pourrait avoir remis les Européens en piste, le ministre indiquant cependant dans la foulée de sa déclaration que la diplomatie restait « la meilleure option » et que « l’armée française n’est pas pour le moment associée à quoi que ce soit ni à aucune manoeuvre que ce soit ».

On se rappellera néanmoins que les dernières manœuvres Agapanthe, impliquant le porte-avions Charles de Gaulle, s’étaient déroulée dans le Golfe persique et qu’elle ont participé, non-officiellement bien sûr, d’une certaine pression sur Téhéran.

Dans le même temps, l’intervention du ministre des affaires étrangères se produit peu après une suite de déclarations portant sur le retour du Moyen Orient dans la logique diplomatico-militaire française. Après la visite en Irak du ministre des affaires étrangères et le discours aux ambassadeurs du Président de la République, le ministre français de la défense indiquait dans son discours de clôture des Universités d’été de la Défense que la région constituait la seconde priorité géographique de la France, après l’Europe.

Reste, toutefois, que le retour français sur la scène moyen-orientale se produit aussi dans un contexte de questionnements intra-européens alors que, justement, Paris entend mettre l’Europe en ordre de marche face à Téhéran. En effet, poursuivant sur sa lancée en faveur d’une Europe de la défense, la rencontre du 10 septembre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel a notamment porté sur la coopération allemande à la dissuasion nucléaire française… et le Français d’essuyer un refus.

On le comprendra, le dossier iranien, en plus d’être un test pour la nouvelle posture diplomatique française, pourrait également en être un pour les efforts de Sarkozy en faveur d’une PESD mais aussi pour l’évolution future des relations franco-allemandes, pour une relation franco-américaine en pleine reconfiguration (sans toutefois que l’on ne puisse parler d’alignement sur Washington, ce qui semble très excessif) mais aussi pour un rapprochement avec la Grande-Bretagne qui semble absolument indispensable à toute PESD « remusclée ».

Interview : "se préparer au pire"

Pour ceux qui sont en ligne et qui ont la possibilité d'écouter RMC, on m'a invité à m'exprimer sur la question des déclaration de B. Kouchner sur l'Iran ("se préparer au pire") d'ici 1020.

dimanche 16 septembre 2007

Une explosion des blogs francophones de défense ?

Depuis quelques temps se produit un phénomène pour le moins intéressant : l'explosion du nombre de blogs francophones touchant aux questions internationales et de défense. Certes, les centres de recherche avaient leurs sites web et seront suivi de forums de discussion comme Air-défense ou Géostratégique, pour ne citer que les plus interarmes, sans encore compter une série de sites variablement spécialisés comme - la liste n'est pas exhaustive - meretmarine, Red-stars ou Corlobe.

Mais les blogs sont apparus plus récemment. Honneur au (jeune) patriarche du mouvement, celui de Ludovic Monnerat remonte à fin 2004 et sera suivi du blog de la Revue Militaire Suisse qui, pour être la plus ancienne d'Europe, n'est pas la moins moderne. Et puis, plus rien (si ce n'est un frémissement canadien : celui d'un élève-officier et le blog du général de Richoufftz, malheureusement trop peu mis à jour). Jusqu'à juin-juillet 2007 où sont apparus le mien, Secret Défense puis deux autres. Celui de François Duran est plus axé "stratégie" et propose des réflexions avec lesquelles je ne suis pas toujours d'accord (par principe, je ne suis jamais toujours d'accord) qui méritent le coup d'oeil, l'auteur ayant la bonne idée de nourrir ses réflexions par une lecture qui semble assidue. "Petit dernier", le Military blog propose une série de réflexions tirées là aussi des lectures de l'auteur.

Le mouvement reste toutefois timide comparativement à ce qui se passe aux Etats-Unis. Dernièrement, je suis tombé sur l'Army of Dude, le blog pas très politiquement correct d'un Grunt américain engagé en Irak. David Axe, journaliste spécialisé et fréquemment engagé sur des théâtres, est également hautement recommandé. Si je ne vais pas en dresser la liste exhaustive ici, force est cependant de constater l'effrayante asymétrie entre francophones.

"Effrayante" dans la mesure où les blogs sont de bons indicateurs de la liberté d'expression existant dans un pays. Et si des Européens se sont offusqués de ce que le Pentagone donnait des recommandations aux "Milbloggers" engagés en Irak et en Afghanistan, force est de constater que l'autocensure peut régner beaucoup plus de notre côté de l'Atlantique que de l'autre... Question de culture ? De poids de la hiérarchie ? D'accès, pour les "opérationnels" au matériel (et à la bande passante) ? De peur du qu'en dira-t'on (un officier me confiait qu'un équivalent européen de Ralph Peters, autant écouté que critiqué à Washington, aurait toutes les chances de voir son plan de carrière sérieusement compromis pour cause de non-conformisme) ?

vendredi 14 septembre 2007

Le "cygne de Moscou" en vol

La Russie peut faire peur, par certains aspects. L'actualité des vols russes m'avait fourni une bonne occasion, dans le DSI de juillet-août, de revenir sur le Tu-160. Histoire de prolonger l'article, quelques images de l'appareil en vol sont les bienvenues :



Notez le très spartiate poste de pilotage, typiquement "années 80". Remarquez aussi le petit ventilateur face au pilote (on le voit furtivement) : sans doute le meilleur signe de la déliquescence d'une électronique qui soit surchauffer le cockpit.

La FOAB et ses effets

Avec une puissance explosive de 44 tonnes, ce que les médias russes ont qualifié de Father of All Bombs semble être la plus puissante FAE a avoir été testée. Vladimir "Polonium" Poutine, aux dernières nouvelles, aurait affiché le léger sourire en coin dont il a le secret :



Un commentaire russe indiquait que cette arme ne causait pas de dommage à l'environnement. J'ajouterais non sans un brin d'ironie qu'elle est aussi particulièrement discriminante...

Moins d'armes nucléaires en Europe

Il semble que les 130 armes nucléaires américaines stationnées sur la base allemande de Ramstein aient été évacuées. Officiellement, cette évacuation a eu lieu pour des raisons de sécurité alors que des chantiers ont lieu sur la base.

Pratiquement, ce retrait est également intervenu avant que ne soient interpellés des terroristes préparant un attentat sur la base, au terme d’une longue enquête. Selon plusieurs observateurs, il semble douteux que les armes reviennent à Ramstein une fois les travaux terminés.

jeudi 13 septembre 2007

Passer outre la censure chinoise ?

Le schizodoxe vient de faire paraître une analyse du système chinois de censure informatique. Résultat de l'analyse ? Il peut être contourné par l'inventivité, renforçant la lutte contre le régime pour le moins autoritaire de Pékin qui mène une véritable guerre contre le savoir... Disons, contre celui qui n'est pas instrumental...

mercredi 12 septembre 2007

Back to basics

Voilà maintenant un peu moins de 24 heures que je suis rentré des Universités d'été de la défense, qui se tenaient cette année à Toulouse. Une expérience enrichissante mais qui montre également à quel point revenir aux élémentaires peut être utile. J'ai passé la matinée d'hier dans la salle où se tenait la table ronde "projection" à écouter les débats entre un sénateur et à deux chaises du président Gallois. Pas de vrai fil directeur - si ce n'est le titre de la TR - mais une suite de questions et de réponses posées et répondues librement.

Pas question, là, de 2ème porte-avions mais de ces choses qui commandent l'action et qui ne se chiffrent qu'en hauteur de vue : la projection pourquoi ? Comment ? Où ? Contre qui ? Quelles formes de guerre ? Les questions sont souvent simples mais elles sont cruciales. Par certains aspects, ça fait du bien. C'était aussi l'occasion de voir le ministre d'un peu plus près et de la jouer "freestyle" suivant un principe intéressant et assez sain : on peut rapporter des informations mais ne pas citer la personne qui en est l'auteur. But du jeu des "principes de Chatham House", ne pas faire peser de pression médiatique ou de cette "peur du qu'en dira-t-on" qui anesthésie trop souvent les débats, y compris et malheureusement, académiques.

Aussi, s'il est vrai que le coût du Rafale sera remis en question dans ladite salle, sans doute l'incident a-t-il été monté en épingle, par l'évacuation de cette dimension propre au débat sans tabous. Et si le ministre indiquera effectivement que ce sont des F-16 d'occasion qui se vendent à l'heure actuelle - une théma que je comptais aborder dans le prochain DSI... sans le faire exprès - la réflexion ne doit pas être vue comme un reproche quelconque. Il faut savoir faire la part des choses entre questionnements et déclarations. En pratique, le coût du Rafale est aussi un résultat d'une politique qui n'a pas été systématiquement favorable. Et ces F-16 d'occasion devront aussi être remplacés plus vite que ne le seront les Rafale, alors que, maintenance accrue oblige, le coût à l'heure de vol finira aussi par poser un problème... Aussi, en pratique et vu de l'intérieur, l'ambiance n'avait rien d'électrique.

En tout état de cause, la présence de la rédaction aux UD sera pour nous l'occasion de revenir dans le prochain DSI sur la question, avec une série d'interviews exclusives et les grandes lignes du discours de clôture du ministre. Avec la perspective du Livre Blanc, on le comprendra, l'enjeu est plus que crucial...

Il y a des jours, comme ça...

...Où la monstrueuse pile d'ouvrages, rapports et monographies qui attendent d'être lus s'accroît assez violemment. Tanguy Struye nous signale la parution d'un rapport qu'il a co-rédigé :

Rik Coolsaet, Tanguy Struye de Swielande, Belgium and Counterterrorism Policy in the Jihadi Era. Bruxelles, Egmont Paper 15, EGMONT-Institut Royal des Relations Internationales, September 2007, 27 pp.

De tous les peuples de la Gaulle, les Belges...

André Dumoulin (politologue) et Delphine Resteigne (sociologue) viennent de faire paraître une monographie sur le soldat belge en opérations. Le document est structuré en deux parties.

Une première partie aborde le contexte politique et polémologique national et international autour duquel les missions sont analysées et les opérations engagées par la Belgique, y compris dans ses aspects éthiques.

Une seconde partie développe le domaine sociologique du métier de militaire avant de présenter quatre études de cas sur la vie quotidienne du soldat belge en opérations en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo, en Afghanistan et plus récemment au Liban.

André Dumoulin et Delphine Resteigne, Le militaire belge en opérations : aspects politiques et sociologiques, Courrier hebdomadaire du Centre de recherche et d'information socio-politiques n°1960, Bruxelles, 2007, 48 pages, 6,90 euros. (Disponible au CRISP, Place Quetelet, 1A - B-1210 Bruxelles, 02/211.01.80 ou http://www.crisp.be/ ou dans toutes les bonnes librairies).

Vient de paraître : DSI Hors série n°2 - La France et sa défense


DSI – HORS SÉRIE N°2 – LA FRANCE ET SA DÉFENSE - Septembre 2007

Editorial
Par Alexis Bautzmann

Nouveaux risques, nouveaux enjeux
Par Hervé Morin, ministre de la Défense

Atlas Typologie des conflits dans le monde
Vulnérabilité de la population mondiale
Les opérations militaires européennes (2003-2006)

La défense en mouvement
Par Guy Teissier, président de la commission de la Défense et des forces armées de l’Assemblée nationale

Réflexions sur notre Défense
Par Serge Vinçon, président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées du Sénat

Portfolio : R&D R&T de Défense aux États-Unis et en Europe

Trois questions à …
Olivier Darrason, président de la Compagnie Européenne d’Intelligence Stratégique (CEIS), et président de l’IHEDN

Atlas Les ventes d’armes américaines et russes en Europe
Ventes d’armes américaines et russes aux Amériques et en Afrique
Les principaux fabricants d’armes dans le monde
Ventes d’armes américaines et russes au Moyen Orient et en Asie

Les armées françaises en 2007
Par le général Jean-louis Georgelin, chef d’état-major des armées

Atlas La France puissance mondiale
Opérations extérieures des armées françaises

L’opération « Baliste »
Par le contre-amiral Xavier Magne, sous chef d’état-major « opérations navales », état major de la marine

Atlas Conflits et facteurs religieux

Les opérations de sûreté aérienne
Par le général Patrick de Rousiers, commandant la Défense Aérienne et les Opérations Aériennes (CDAOA)

Portfolio Graves : le système français de surveillance de l’espace

La force interarmées Licorne
Par le général Antoine Lecerf, commandant la Force d’action terrestre

La création de la dissuasion nucléaire française
Par le général (CR) Jean Rannou, conseiller du président de la CEIS

Puissance aérienne et théâtre urbain
Par Olivier Zajec, consultant à la CEIS

État et industries : partenaires face aux nouvelles menaces
Par Cécile Lefèvre, consultante à la CEIS

Les nouveaux défis de l’espace pour la France
Par Pierre Chiquet, fondateur des centres spatiaux de Brétigny, Toulouse et Kourou et ancien PDG de GIAT Industries

Focus : La conquête spatiale en quelques chiffres
Les programmes spatiaux dans le monde

Atlas géostratégique
Par le Centre d’Analyse et de Prévision des Risques Occidentaux (CAPRI) et le magazine DIPLOMATIE

Atlas Budgets militaires dans le monde en 1985
Budgets militaires dans le monde en 2005
Les Etats-Unis sur la scène mondiale
La nouvelle sphère d’influence russe
Bouleversements climatiques et sécurité nationale
Sécurité nationale et réchauffement climatique
Le pétrole iranien sous surveillance américaine
Populations et infrastructures nucléaires iraniennes
L’arsenal militaire nord-coréen

L’Allemagne et sa Défense
Avec Ulrike Merten, présidente de la Commission de la Défense du Bundestag

Atlas L’exploitation pétrolière dans le monde
L’énergie dans le monde
Opérations extérieures des armées allemandes

Le Royaume-Uni et sa Défense
Avec James Arbuthnot, président de la Commission de la Défense de la Chambre des Communes

La Roumanie et sa Défense
Avec Costica Canacheu, président de la Commission de la Défense et de la Sûreté nationale de la Chambre des députés.

DSI 29 - maintenant disponible chez votre marchand de journaux

Un petit problème indépendant de notre volonté a retardé la sortie de l'édition de septembre de DSI. On nous confirme cependant qu'il est à présent disponible dans les kiosques en France et qu'il devrait l'être jeudi en Belgique.

Encore toutes nos excuses pour ce bien involontaire retard.

dimanche 9 septembre 2007

Being hurt without being hit...

Il y a quelques mois de cela, DSI faisait le point sur les possibilités de SIW (Strategic Information Warfare) et concluait que, si aucune guerre de ce type ne s'était encore produit, une capacité "de seuil" était atteinte.

Rien de neuf en cela, j'approuvais totalement les conclusion de David Lonsdale, le "poulain" de Colin Gray dans son excellent The nature of war - clausewitzian future.

Ce fameux seuil semble de plus en plus proche. Après les attaques sur les Pays Baltes, celle menée sur le Pentagone par la Chine (sur ses intentions, on renvoie à ce niveau nos lecteurs sur le commentaire du Livre blanc chinois dans DSI 25) tend à le montrer. Une excellente analyse "de premier jet", à cet égard, à été mise en ligne sur le blog du schizodoxe, qui relaie au passage la soirée "Artefact" de Dantec, au soir du 9/11.

Tout un symbole, je serai ce jour-là à Toulouse pour l'Université d'été de la Défense. La question à 100 Euros : lequel des événements sera le plus visionnaire ?