Bien entendu, nous reviendrons dans le prochain DSI sur le LBDSN mais aussi sur les priorités qu'il induit, notamment en matière d'anticipation-connaissance - en bref, le renseignement entendu au sens large. D'ici là, quelques éléments de réflexion, à la relecture du LBDSN :
- Sur la forme d'abord : le renseignement et l'anticipation sont, par nature, consubstanciels à toute activité stratégique, ce qui implique naturellement de se projeter dans le temps - le passé mais aussi le futur. Et ce, pour la prévention, la dissuasion, la protection ou encore l'action/projection : on ne conduit pas les armées sans envisager leurs actions et les contraintes qu'elles pourraient subir, de son fait propre ou de celui de l'adversaire. De ce point de vue, en faire une "fonction" en tant que telle marque la priorité qui lui est donnée. Mais, par certains aspects, n'est-elle pas quelque peu incongrue, marquant, en fait, un oubli de la stratégie et de ses élémentaires ?
- Sur le fond : le LBDSN induit des aménagements d'ordre organisationnels bienvenus. Mais va-t'on ou non vers une expérience similaire à celle du Joint Intelligence Comittee (JIC) britannique, permettant de donner au niveau politique une image claire du "qui fait quoi et où en est-on" ? Un spécialiste délégué auprès du Président représente certes un embryon de "communauté d'alerte" (annoncer les mauvaises nouvelles est un art dont le manque de maîtrise aura coûté la vie à Sorge, une invasion à l'URSS et quelques millions de morts). Mais jusqu'où va-t-il jouer ce rôle ? ;
- Sur le fond encore, DST et DGSE apparaissent comme les grandes gagnantes du LBDSN. Comparativement, pour la DRM, militaire, aucun nouveau projet n'émerge - elle "gagne" surtout parce qu'elle ne perd pas. En fait, le LBDSN valide des programmes lancés antérieurement (comme MUSIS) mais cache aussi ce qui semble être une réduction des personnels de la DRM.
Certes, il faut voir de quels personnels il s'agit mais le signal lancé est tout de même perturbant. De ce point de vue, l'emphase sur le maintien des espérances en matière matérielle cache également que l'augmentation du débit des informations ne représente rien sans analystes capables de les décrypter et de transformer les informations en renseignement.
Or, comme me le confiait un expert tout à l'heure, un bon linguiste chinois, c'est... 10 ans de formation : le double de la durée de vie des Helios II... Histoire de rappeler que le renseignement ne représente pas un facteur uniquement dépendant du matériel. Vous pouvez avoir 2 000 missiles de croisière et 25 planificateurs, spécialistes de la stratégie aérienne. Si vous avez 2 satellites, il vous faut bien plus d'analystes. Et les satellites ne sont que l'un des moyens de recueil du renseignement...
mercredi 16 juillet 2008
Farnborough avec DSI-T
Comme vous le savez, le salon de Farnborough se tient tous les deux ans, en alternance avec le Bourget. BAE vient notamment d'y présenter sa conception du drone MALE d'attaque, un démonstrateur qui pourrait bien augurer de développements ultérieurs.
Tout ceci pour vous dire qu'un de nos correspondants est sur place et que les temps forts du salon seront à retrouver dans le DSIT n°13, de septembre-octobre, parmi quelques autres articles pour le moins solides.
Tout ceci pour vous dire qu'un de nos correspondants est sur place et que les temps forts du salon seront à retrouver dans le DSIT n°13, de septembre-octobre, parmi quelques autres articles pour le moins solides.
mardi 15 juillet 2008
Bon, plus de gouvernement... divaguons alors !
Comme vous le savez certainement, le premier ministre belge a démissionné, au terme de l'échec des négociations communautaires. Bon, nous voilà à nouveau sans gouvernement, de quoi laisser pas mal d'options sur la table. Si, personnellement, je pense que nous allons vers un confédéralisme poussé, imaginons un peu un rattachement à la France ou encore l'ancrage de ce qui resterait de la Belgique - soit Bruxelles et la Wallonie - à la France.
Dans les deux cas de figure, Paris aurait la haute main sur la défense. Petit calcul : si chaque "Belge néo-Français" (grosso-modo, 4 millions d'habitants) payait ce qu'un Français paie pour la défense (ce qui ne serait que justice)... les "néo-Français" paieraient annuellement 2,372 milliards d'Euros. Soit un peu moins que ce que ne paient 10 millions de Belges pour leur défense.
Bon, et bien... on l'a presque, le 2ème PA !
Dans les deux cas de figure, Paris aurait la haute main sur la défense. Petit calcul : si chaque "Belge néo-Français" (grosso-modo, 4 millions d'habitants) payait ce qu'un Français paie pour la défense (ce qui ne serait que justice)... les "néo-Français" paieraient annuellement 2,372 milliards d'Euros. Soit un peu moins que ce que ne paient 10 millions de Belges pour leur défense.
Bon, et bien... on l'a presque, le 2ème PA !
lundi 14 juillet 2008
dimanche 13 juillet 2008
CDG et matérialité
Je profite du débat lancé par Olivier Kempf (zut, tu as raison, je suis à la bourre sur mes mails mais je ne t'oublie pas !) et François Duran sur la notion de centre de gravité pour faire un peu d'"incruste". J'avais eu envie de m'immiscer éhontément dans la cette très pertinente problématique il y a quelques jours mais... time is flying...
J'avais eu envie, surtout, de répondre au premier post de François, sur l'emploi du CDG par le général Yakovleff (la 7ème BB va faire des étincelles !). En fait, sa conception du CDG est l'un des rares points de son excellent ouvrage sur lequel je ne suis pas d'accord. En fait, je pense qu'il reste marqué par une vision trop tactique, presque jominienne du CDG. Au point que je m'étais dit à l'époque, qu'on pouvait le confondre avec le "point décisif", lui-même composante du CDG et effectivement plus jominien.
En fait, dans la conception clausewitzienne, il ne peut exister qu'un seul CDG, la source du pouvoir, de l'ascendant de l'adversaire. Or, ce pouvoir peut être matérialisé (les canons bosno-serbes autour de Sarajevo en 95, pour suivre le raisonnement de l'OTAN à l'époque, avant Deliberate Force) ou non. Je pense qu'en réalité, il n'est que rarement matérialisé. Pour reprendre Sarajevo 95', l'artillerie adverse était en réalité le point le plus décisif des points décisifs - je pense que le "vrai" CDG était la "pureté ethnique" défendue par Pale et, surtout, son acceptation/interprétation par des combattants fortement mobilisés d'un point de vue idéologique.
Certes, cette pureté était assimilable à un objectif de la guerre (un zweck, quoi). Mais c'est surtout la motivation induite chez les assiégeurs qui constituait ce CDG. A côté de celà, le nombre de combattant bosno-serbes, leur artillerie, leurs approvisionnements étaient autant de points décisifs (dûment attaqués par l'aviation et l'artillerie de l'OTAN ensuite). En ce sens, la possible valeur immatérielle d'un CDG le rend naturellement compatible à des opérations irrégulières. Mao, lorsqu'il entreprend sa Longue Marche, est le CDG chinois : il est à la fois commandant et "émetteur idéologique" : il fixe l'idéologie, les objectifs, la méthode et jusqu'à la tactique. Un vrai Head and shoulders, "tout en un", stratégique.
En fait, derrière ma réflexion se cache aussi une "remise à sa place" du CDG : je me demande dans quelle mesure il permet effectivement de conduire la guerre : savoir ce qui fait la force de l'adversaire est évidemment utile - c'est même l'une des première choses à considérer - mais de là découlent ensuite une série d'options. L'EFR et la génération d'un "effet majeur" (soit, grosso modo, le dominant effect de la théorie des EBO) devant permettre de l'atteindre est finalement relativement découplée du CDG. Plutôt, il va viser des points matériels ou, à tout le moins, plus tangibles.
Prenons un exemple : mon adversaire est une sorte de nébuleuse djihadiste comportant à la fois des chefs reconnus et leur soutien budgéto-logistique et une multitude de petits groupes s'en réclamant. Elle était initialement basée dans une zone géographique régie par un Etat en "stan" mais où l'Etat n'a jamais eu beaucoup prise. Le CDG de mon adversaire est sa doctrine, en l'occurrence : elle agrège des mécontements divers et variés et propose une lutte à mort dans le long terme en offrant ultimement à ses combattants le paradis.
Que faire ? Mener une campagne d'influence visant à "déconstruire" l'idéologie et la doctrine adverse est une solution mais qui , n'opèrera que dans le long terme : la contre-conviction n'est pas chose aisée. Or, ce temps peut être exploité pour l'adversaire et mener des opérations qui renforçeront sa légitimité auprès de populations susceptibles de fournir des combattants potentiels et donc, de le renforcer.
Autre option, "faire la chasse" et engager des troupes amies contre les points décisifs adverses, par exemple, des regroupements de gens que nous appelerions les "talibans" ou encore l'engagement de services de renseignement contre des cellules djihadistes en Europe. Là, des résultats seront accumulés dans le court terme mais n'éroderont pas nécessairement le CDG adverse.
Conclusion : il faut mener des options de court terme et de long terme et un CDG dématérialisé est plus complexe à combattre (surtout pour nos "sociétés impatientes") et implique de s'attaquer aux points décisifs, ne serait-ce que par la charge dissuadante que peuvent avoir nos actions sur l'adversaire. En tout état de cause, et là, je relance la balle du débat, tout CDG dématérialisé dépendra beaucoup plus des populations susceptibles de jouer un rôle quelconque dans les opérations que dans les matériels en tant que tels.
Ce qui nous renvoie droit à... Rupert Smith et Vincent Desportes. Les populations peuvent ne pas être qu'enjeu et cible, elles peuvent aussi être source (directe ou indirecte), réceptacle ou "activateurs" d'un CDG.
J'avais eu envie, surtout, de répondre au premier post de François, sur l'emploi du CDG par le général Yakovleff (la 7ème BB va faire des étincelles !). En fait, sa conception du CDG est l'un des rares points de son excellent ouvrage sur lequel je ne suis pas d'accord. En fait, je pense qu'il reste marqué par une vision trop tactique, presque jominienne du CDG. Au point que je m'étais dit à l'époque, qu'on pouvait le confondre avec le "point décisif", lui-même composante du CDG et effectivement plus jominien.
En fait, dans la conception clausewitzienne, il ne peut exister qu'un seul CDG, la source du pouvoir, de l'ascendant de l'adversaire. Or, ce pouvoir peut être matérialisé (les canons bosno-serbes autour de Sarajevo en 95, pour suivre le raisonnement de l'OTAN à l'époque, avant Deliberate Force) ou non. Je pense qu'en réalité, il n'est que rarement matérialisé. Pour reprendre Sarajevo 95', l'artillerie adverse était en réalité le point le plus décisif des points décisifs - je pense que le "vrai" CDG était la "pureté ethnique" défendue par Pale et, surtout, son acceptation/interprétation par des combattants fortement mobilisés d'un point de vue idéologique.
Certes, cette pureté était assimilable à un objectif de la guerre (un zweck, quoi). Mais c'est surtout la motivation induite chez les assiégeurs qui constituait ce CDG. A côté de celà, le nombre de combattant bosno-serbes, leur artillerie, leurs approvisionnements étaient autant de points décisifs (dûment attaqués par l'aviation et l'artillerie de l'OTAN ensuite). En ce sens, la possible valeur immatérielle d'un CDG le rend naturellement compatible à des opérations irrégulières. Mao, lorsqu'il entreprend sa Longue Marche, est le CDG chinois : il est à la fois commandant et "émetteur idéologique" : il fixe l'idéologie, les objectifs, la méthode et jusqu'à la tactique. Un vrai Head and shoulders, "tout en un", stratégique.
En fait, derrière ma réflexion se cache aussi une "remise à sa place" du CDG : je me demande dans quelle mesure il permet effectivement de conduire la guerre : savoir ce qui fait la force de l'adversaire est évidemment utile - c'est même l'une des première choses à considérer - mais de là découlent ensuite une série d'options. L'EFR et la génération d'un "effet majeur" (soit, grosso modo, le dominant effect de la théorie des EBO) devant permettre de l'atteindre est finalement relativement découplée du CDG. Plutôt, il va viser des points matériels ou, à tout le moins, plus tangibles.
Prenons un exemple : mon adversaire est une sorte de nébuleuse djihadiste comportant à la fois des chefs reconnus et leur soutien budgéto-logistique et une multitude de petits groupes s'en réclamant. Elle était initialement basée dans une zone géographique régie par un Etat en "stan" mais où l'Etat n'a jamais eu beaucoup prise. Le CDG de mon adversaire est sa doctrine, en l'occurrence : elle agrège des mécontements divers et variés et propose une lutte à mort dans le long terme en offrant ultimement à ses combattants le paradis.
Que faire ? Mener une campagne d'influence visant à "déconstruire" l'idéologie et la doctrine adverse est une solution mais qui , n'opèrera que dans le long terme : la contre-conviction n'est pas chose aisée. Or, ce temps peut être exploité pour l'adversaire et mener des opérations qui renforçeront sa légitimité auprès de populations susceptibles de fournir des combattants potentiels et donc, de le renforcer.
Autre option, "faire la chasse" et engager des troupes amies contre les points décisifs adverses, par exemple, des regroupements de gens que nous appelerions les "talibans" ou encore l'engagement de services de renseignement contre des cellules djihadistes en Europe. Là, des résultats seront accumulés dans le court terme mais n'éroderont pas nécessairement le CDG adverse.
Conclusion : il faut mener des options de court terme et de long terme et un CDG dématérialisé est plus complexe à combattre (surtout pour nos "sociétés impatientes") et implique de s'attaquer aux points décisifs, ne serait-ce que par la charge dissuadante que peuvent avoir nos actions sur l'adversaire. En tout état de cause, et là, je relance la balle du débat, tout CDG dématérialisé dépendra beaucoup plus des populations susceptibles de jouer un rôle quelconque dans les opérations que dans les matériels en tant que tels.
Ce qui nous renvoie droit à... Rupert Smith et Vincent Desportes. Les populations peuvent ne pas être qu'enjeu et cible, elles peuvent aussi être source (directe ou indirecte), réceptacle ou "activateurs" d'un CDG.
jeudi 10 juillet 2008
C'est pas nous, ne tirez pas !
Pour répondre à une interrogation récurrente (et justifiée), les DSI et T&A arrivent bel et bien. En fait, le DSI a été livré aux NMPP (notre distributeur pour les kiosques en France et dans quelques autres pays) le 4 juillet et devrait déjà être dans les kiosques.
Mais, manifestement, la CGT du Livre a mené quelques actions de grève, retardant la distribution aux kiosquiers. Désolé donc pour ce très involontaire retard !
Mais, manifestement, la CGT du Livre a mené quelques actions de grève, retardant la distribution aux kiosquiers. Désolé donc pour ce très involontaire retard !
Il arrive...
Je ne sais pas pour vous, mais à la rédaction, nous estimons que juillet n'est pas le mois idéal pour les vacances. Et, de fait, chose promise, chose due. Technologie & Armement devient DSI Technologies. La rédaction lui a déjà trouvé son petit surnom, "Dzzit" (vous savez, lorsque le courant passe ?).Comparativement à T&A, il aura le même format, le même prix et le même nombre de pages. Alors, qu'y gagnez-vous ? Simple : nous avons évacué la version anglaise (si les Américains lisent le DSI en français qu'ils achètent en kiosque au Pentagone ou à LA, pourquoi ne feraient-ils pas de même avec DSIT ?). Votre avantage : plus de textes, plus de photos, plus de cartes, plus de graphique, plus de thématiques.
La ligne se resserre aussi sur des thématiques plus techniques, en tâchant de coller plus que ce n'était le cas à l'actualité technologique. Ou plutôt aux actualités technologiques - d'où le "technologies" au pluriel - simplement parce que les Français, les Allemands ou les Américains ne sont pas les seuls à faire dans la technologie.
Ca ne nous empêchera nullement de suivre les salons ou les exercices sur le terrain. C'est un tournant éditorial que vous aviez apprécié, d'après nos études, et bien entendu, nous continuerons. "Dzzit" a d'ailleurs été conçu pour pouvoir intégrer ce genre de choses beaucoup plus facilement que par le passé.
Vous pouvez avoir un aperçu de ce changement de ligne éditoriale dans le numéro de juillet-août de T&A : des articles plus conçis et plus techniques, avec une séquence "B-A.BA", sur la guerre biologique en l'occurrence. En somme, nous n'avons gardé que le meilleur - à commencer par un oeil critique sur les questions technologiques - et avons amélioré ce que vous désiriez qui le soit.
Pour ce qui est du DSIT de septembre-octobre, le sommaire est, comme il se doit, secret-défense. Mais si vous voulez connaître les secrets du sonar 4110 et savoir pourquoi le terme "anneau de résurgence" est aussi important pour les ASM, c'est chez nous qu'il faut passer ;o)
Tonton Mahmoud s'amuse...
...Et constate qu'il a encore un vieux stock de Shahab-3B à liquider. L'occasion pour moi de revenir sur le grand jeu sémiotique qui se joue actuellement dans le Golfe, entre les manoeuvres Grand Prophète III (où l'IRNA, l'agence de presse locale, a été peu locace sur les aspects navals, alors qu'elle relayait systématiquement tout ce qui se passait dans le Golfe les années précédentes) et les déploiements israéliens. A voir sur La Une (journal télévisé) à 19h30.
Beaucoup trop de choses à dire en 50 secondes !
Beaucoup trop de choses à dire en 50 secondes !
Sur la nature du Djihad en Europe (3)
Thomas Renard poursuit le débat sur la nature du Djihad en Europe (il serait d'ailleurs plus exact de parler de son caractère ou de sa structure, soit de la forme qu'il prend - sa nature renvoyant me semble-t-il aux élémentaires de l'art de la guerre et cette dernière n'a fondamentalement pas changé de nature depuis, au choix, Assubanipal ou l'arme nucléaire).
Je pense effectivement qu'il y a coexistence de formes d'action de la part d'AQ et que cette dernière exploite à bon escient l'émergence du leaderless jihad voire des lonewolves. Cela renvoie parfaitement au principe (dans l'art militaire soviétique) de la corrélation des forces et, plus largement, au déploiement d'une stratégie intégrale articulant l'ensemble des dimensions de l'action, depuis le soutien (financier, etc.) jusqu'aux opérations d'influence ("récupération" politique du conflit israélo-palestinien, sites webs, etc.) en passant, bien entendu, par l'action.
De ce point de vue, j'ai effectivement été un peu limitatif en me bornant au seul aspect doctrinal. Ce qui est important, ici, c'est la combinatoire potentiellement infinie des actions. En combat conventionnel, les actions sont soit cumulatives, soit paralèles (cf. l'amiral Wylie). Elles renvoient à un ordonancement préçis afin d'obtenir un effet escompté (là, je rejoins le débat d'Olivier et de François sur la nature du centre de gravité en conflit irrégulier/asymétrique - attendez-moi, j'arrive !).
Or, le propre d'AQ est de rechercher des effets durables en situation d'infériorité "matérielle" (hommes, équipements) face à l'ennemi (nous). Pour ce faire, il va exploiter le temps long mais aussi surfer sur les effets induits d'une stratégie que nous pourrions qualifier de déstructurée sur la forme mais de structurée sur le fond. La théorie classique du terrorisme s'adapte ici parfaitement : faire jouer l'effet de surprise à fond en "insécurisant" des sociétés vulnérables par leur ancrage technicien (j'aurai plus à dire bientôt, en fonction notamment de mon nouvel ouvrage). L'objectif ne doit pas être atteint dans le temps court - conception chronostratégique très occidentale - mais jouera nécessairement dans le temps long : on ne fait pas s'effondrer nos sociétés ainsi : elles ont leur propre résilience.
Pour un Naji, indiquer qu'il ne faut pas attendre un "feu vert" d'AQ renvoie à l'exploitation maximale de ces effets tout en maximisant la sécurité des leaders d'AQ (renvoi au principe de sûreté). En fait, à ce stade se pose une autre question : celle de la frontière entre "terrorisme" et "insurrection", impliquant en l'occurrence des opérations ultra-distribuées, paradoxalement occidentalisées (i.e. exploitant les tendances individualistes des lonewolves potentiels). La question, ici, n'est pas celle de l'efficacité des actions au sens conventionnel du terme, soit atteindre la cible et la détruire.
Plutôt, l'efficacité des "méso-opérations" est effectivement et tu as tout à fait raison, dans la génération de psychose (pour renforcer les appareils sécuritaires et délégitimer les régimes politiques occidentaux aux yeux de leurs propres citoyens ?) et, plus important encore pour la réussite des "hyper-opérations" dans la dispersion des moyens des services occidentaux. Si les "méso-opérations" rapportent des effets induits en termes de destruction, c'est en outre "ça de pris". En gros et pour caricaturer, Naji nous fait une "clé de bras" stratégique : quel que soit le mouvement que nous faisons, nous sommes bloqués.
La seule option va demander (comme pour se sortir d'une clé de bras) un gros effort : face à un leaderless Jihad "optimal", le renforcement perpétuel de nos services n'est pas vraiment une option. Leur culture même limite la collaboration entre eux (qui est nécessaire : un "méga-service ne donnerait qu'un son de cloche sur des matières nécessitant de la nuance) et leur lourdeur risque de les faire s'effondrer sur eux-mêmes. Le renforcement des dispositifs légaux (lois "anti-terroristes") est politiquement attractif mais n'est qu'un leurre : ce n'est pas la loi qui empêche les actes d'êtres commis.
Non, plutôt, la seule solution réside dans le développement, de notre côté d'une combinatoire stratégique équivalente à celle de l'adversaire. Outre la reconnaissance du problème - en Belgique, au plan politique, elle a mis des années, exploitées à bon escient par l'adversaire - elle implique la mise en place d'un véritable tissu de sécurisation et, par dessous tout, l'acceptation du fait que nous pouvons encaisser des pertes - civiles naturellement. Il faut nous réorganiser d'urgence (on ne va pas faire la liste des problèmes). Un plan anti-radicalisation ou une loi sur les armes, de ces points de vues ne sont que des pièces de puzzle, sans plus. Il nous manque juste 60 % des autres pièces et des secteurs entiers sont laissés en friche. Ne parlons que de la réforme des services incendie, par exemple...
Je pense effectivement qu'il y a coexistence de formes d'action de la part d'AQ et que cette dernière exploite à bon escient l'émergence du leaderless jihad voire des lonewolves. Cela renvoie parfaitement au principe (dans l'art militaire soviétique) de la corrélation des forces et, plus largement, au déploiement d'une stratégie intégrale articulant l'ensemble des dimensions de l'action, depuis le soutien (financier, etc.) jusqu'aux opérations d'influence ("récupération" politique du conflit israélo-palestinien, sites webs, etc.) en passant, bien entendu, par l'action.
De ce point de vue, j'ai effectivement été un peu limitatif en me bornant au seul aspect doctrinal. Ce qui est important, ici, c'est la combinatoire potentiellement infinie des actions. En combat conventionnel, les actions sont soit cumulatives, soit paralèles (cf. l'amiral Wylie). Elles renvoient à un ordonancement préçis afin d'obtenir un effet escompté (là, je rejoins le débat d'Olivier et de François sur la nature du centre de gravité en conflit irrégulier/asymétrique - attendez-moi, j'arrive !).
Or, le propre d'AQ est de rechercher des effets durables en situation d'infériorité "matérielle" (hommes, équipements) face à l'ennemi (nous). Pour ce faire, il va exploiter le temps long mais aussi surfer sur les effets induits d'une stratégie que nous pourrions qualifier de déstructurée sur la forme mais de structurée sur le fond. La théorie classique du terrorisme s'adapte ici parfaitement : faire jouer l'effet de surprise à fond en "insécurisant" des sociétés vulnérables par leur ancrage technicien (j'aurai plus à dire bientôt, en fonction notamment de mon nouvel ouvrage). L'objectif ne doit pas être atteint dans le temps court - conception chronostratégique très occidentale - mais jouera nécessairement dans le temps long : on ne fait pas s'effondrer nos sociétés ainsi : elles ont leur propre résilience.
Pour un Naji, indiquer qu'il ne faut pas attendre un "feu vert" d'AQ renvoie à l'exploitation maximale de ces effets tout en maximisant la sécurité des leaders d'AQ (renvoi au principe de sûreté). En fait, à ce stade se pose une autre question : celle de la frontière entre "terrorisme" et "insurrection", impliquant en l'occurrence des opérations ultra-distribuées, paradoxalement occidentalisées (i.e. exploitant les tendances individualistes des lonewolves potentiels). La question, ici, n'est pas celle de l'efficacité des actions au sens conventionnel du terme, soit atteindre la cible et la détruire.
Plutôt, l'efficacité des "méso-opérations" est effectivement et tu as tout à fait raison, dans la génération de psychose (pour renforcer les appareils sécuritaires et délégitimer les régimes politiques occidentaux aux yeux de leurs propres citoyens ?) et, plus important encore pour la réussite des "hyper-opérations" dans la dispersion des moyens des services occidentaux. Si les "méso-opérations" rapportent des effets induits en termes de destruction, c'est en outre "ça de pris". En gros et pour caricaturer, Naji nous fait une "clé de bras" stratégique : quel que soit le mouvement que nous faisons, nous sommes bloqués.
La seule option va demander (comme pour se sortir d'une clé de bras) un gros effort : face à un leaderless Jihad "optimal", le renforcement perpétuel de nos services n'est pas vraiment une option. Leur culture même limite la collaboration entre eux (qui est nécessaire : un "méga-service ne donnerait qu'un son de cloche sur des matières nécessitant de la nuance) et leur lourdeur risque de les faire s'effondrer sur eux-mêmes. Le renforcement des dispositifs légaux (lois "anti-terroristes") est politiquement attractif mais n'est qu'un leurre : ce n'est pas la loi qui empêche les actes d'êtres commis.
Non, plutôt, la seule solution réside dans le développement, de notre côté d'une combinatoire stratégique équivalente à celle de l'adversaire. Outre la reconnaissance du problème - en Belgique, au plan politique, elle a mis des années, exploitées à bon escient par l'adversaire - elle implique la mise en place d'un véritable tissu de sécurisation et, par dessous tout, l'acceptation du fait que nous pouvons encaisser des pertes - civiles naturellement. Il faut nous réorganiser d'urgence (on ne va pas faire la liste des problèmes). Un plan anti-radicalisation ou une loi sur les armes, de ces points de vues ne sont que des pièces de puzzle, sans plus. Il nous manque juste 60 % des autres pièces et des secteurs entiers sont laissés en friche. Ne parlons que de la réforme des services incendie, par exemple...
mardi 8 juillet 2008
Carl von C., toujours en forme
Carl ne résiste pas à l'idée de voir la diffusion de sa dernière chronique - et je lui dois bien ce petit plaisir. Et comme il était inquiet à l'idée de lui aussi se voir poursuivi par la DPSD - sa dernière phrase est sans équivoque - je l'ai rassuré : en France comme en Belgique, le droit de la presse est tel que, sauf mort d'homme, elle a le droit de ne pas divulguer ses sources. Mon cher Carl, vous êtes donc protégé. Et puis, entre-nous, je n'imagine pas un instant que l'on puisse fouiller (à distance ou pas) dans l'ordinateur d'un journaliste dont l'un des auteurs a dit si peu de choses : vous imaginez le scandale ?
Sabotage(s) !
Tous les ans à la même époque, c’est la même chose : de jolis formulaires débarquent dans nos boîtes aux lettres pour nous faire larmoyer sur le niveau des impôts. Cette année, en prime, nous sommes gâtés : nous avons un Livre Blanc pour nous permettre de larmoyer encore plus. Selon le mot d’un de mes amis, nous aurions donc inventé, après les frégates furtives, la puissance furtive. On pressent d’ici la longue cohorte des regrets et des déposes de couronnes à nos armées chéries, dépiautées au champ d’honneur de la politique, victimes sans doute d’arbitrages effectués au profit de la chasse au poulet à la dioxine et de l’admiration béate pour un concept de sécurité globale qui l’est tellement qu’elle dissout toute nécessité de défense. Certains y verront un sabotage. Honnêtement, je ne suis pas loin de le penser aussi, en particulier à l’heure où le SIPRI nous (ré-)apprend que les dépenses de défense ont augmenté de 7% en 2007 et qu’en 10 ans, elles ont progressé de 45%. Les armées sont des machines complexes, les grains de sable leur posent autant problème que les réductions budgétaires et les réformes où la stratégie est faite pour répondre aux moyens plutôt que l’inverse. En clair, dans la course à la puissance, il faudra qu’on passe la postcombustion du mode « système D » (qui a dit qu’on a déjà cannibalisé les injecteurs ?).
Mais, Carl vous le dit mes amis, ce premier sabotage en cache un second. Celui des conservateurs. Les mêmes qui vociféraient il y a un an contre toute réflexion envisageant un futur sans « modèle 2015 » alors qu’il était évident que les finances ne le permettraient pas. Et que l’Elysée, préférant décidément les poulets sains aux kakis mûrs (les fruits, c’est pourtant si important), n’avait aucune intention de faire supporter le poids de la Gendarmerie à l’Intérieur. Je pense aussi à ceux qui ont hurlé au loup lorsque certains indiquaient que la technologie finirait par faire s’effondrer la défense française sous le poids de ses propres commandes. Et puis, il faut avouer les choses comme elles sont : la multitude de « guerre des boutons » (entre les armées et en leur sein) a anesthésié la réflexion plus qu’elle ne l’a nourrie. Dans une certaine mesure, ces guerres inutiles ont même limité le peu de liberté d’expression que les militaires avaient. Lorsqu’on a ce qui s’apparente à un bled afghan sous le feu à trois bureaux du sien, ça n’incite pas à dégainer la bonne idée que l’on tenait en réserve.
Pourtant, des bonnes idées, il va nous en falloir. Il est temps de signer la paix des braves boutons, de resserrer les rangs et de faire fumer les cafetières. Il ne nous manquerait plus qu’avoir à subir le plus terrible des sabotages, celui des bras croisés annonçant la débandade et le ravalement définitif de la France à la non-puissance, celui du règne des grincheux que les coups portés auraient échaudés (pauvres petits). Il est temps aussi de remettre en question nos tabous. Il nous faut réapprendre que le Grand Charles, après s’être par deux fois retourné dans sa tombe ces dernier temps, avait lui-même osé faire sauter en son temps une série de tabous… et pas à la clé Allen. Votre vieux Carl, après avoir déjeuné quelque fois avec lui à la cantine de notre cher paradis où les nuages sont de cordite, n’a pas toujours été d’accord avec lui. Mais je crois qu’on peut lui reconnaître les deux premières qualités d’un soldat : il savait autant se mettre en péril devant les idées préconçues que devant l’ennemi. Et ça, mes amis, en ces temps de budgets grignotés (quoiqu’on puisse en dire), ça n’a pas de prix. Carl.
PS : Vive Surcouf !
***
Sabotage(s) !
Tous les ans à la même époque, c’est la même chose : de jolis formulaires débarquent dans nos boîtes aux lettres pour nous faire larmoyer sur le niveau des impôts. Cette année, en prime, nous sommes gâtés : nous avons un Livre Blanc pour nous permettre de larmoyer encore plus. Selon le mot d’un de mes amis, nous aurions donc inventé, après les frégates furtives, la puissance furtive. On pressent d’ici la longue cohorte des regrets et des déposes de couronnes à nos armées chéries, dépiautées au champ d’honneur de la politique, victimes sans doute d’arbitrages effectués au profit de la chasse au poulet à la dioxine et de l’admiration béate pour un concept de sécurité globale qui l’est tellement qu’elle dissout toute nécessité de défense. Certains y verront un sabotage. Honnêtement, je ne suis pas loin de le penser aussi, en particulier à l’heure où le SIPRI nous (ré-)apprend que les dépenses de défense ont augmenté de 7% en 2007 et qu’en 10 ans, elles ont progressé de 45%. Les armées sont des machines complexes, les grains de sable leur posent autant problème que les réductions budgétaires et les réformes où la stratégie est faite pour répondre aux moyens plutôt que l’inverse. En clair, dans la course à la puissance, il faudra qu’on passe la postcombustion du mode « système D » (qui a dit qu’on a déjà cannibalisé les injecteurs ?).
Mais, Carl vous le dit mes amis, ce premier sabotage en cache un second. Celui des conservateurs. Les mêmes qui vociféraient il y a un an contre toute réflexion envisageant un futur sans « modèle 2015 » alors qu’il était évident que les finances ne le permettraient pas. Et que l’Elysée, préférant décidément les poulets sains aux kakis mûrs (les fruits, c’est pourtant si important), n’avait aucune intention de faire supporter le poids de la Gendarmerie à l’Intérieur. Je pense aussi à ceux qui ont hurlé au loup lorsque certains indiquaient que la technologie finirait par faire s’effondrer la défense française sous le poids de ses propres commandes. Et puis, il faut avouer les choses comme elles sont : la multitude de « guerre des boutons » (entre les armées et en leur sein) a anesthésié la réflexion plus qu’elle ne l’a nourrie. Dans une certaine mesure, ces guerres inutiles ont même limité le peu de liberté d’expression que les militaires avaient. Lorsqu’on a ce qui s’apparente à un bled afghan sous le feu à trois bureaux du sien, ça n’incite pas à dégainer la bonne idée que l’on tenait en réserve.
Pourtant, des bonnes idées, il va nous en falloir. Il est temps de signer la paix des braves boutons, de resserrer les rangs et de faire fumer les cafetières. Il ne nous manquerait plus qu’avoir à subir le plus terrible des sabotages, celui des bras croisés annonçant la débandade et le ravalement définitif de la France à la non-puissance, celui du règne des grincheux que les coups portés auraient échaudés (pauvres petits). Il est temps aussi de remettre en question nos tabous. Il nous faut réapprendre que le Grand Charles, après s’être par deux fois retourné dans sa tombe ces dernier temps, avait lui-même osé faire sauter en son temps une série de tabous… et pas à la clé Allen. Votre vieux Carl, après avoir déjeuné quelque fois avec lui à la cantine de notre cher paradis où les nuages sont de cordite, n’a pas toujours été d’accord avec lui. Mais je crois qu’on peut lui reconnaître les deux premières qualités d’un soldat : il savait autant se mettre en péril devant les idées préconçues que devant l’ennemi. Et ça, mes amis, en ces temps de budgets grignotés (quoiqu’on puisse en dire), ça n’a pas de prix. Carl.
PS : Vive Surcouf !
Je ne résiste pas...
A mettre en exergue une phrase issue du commentaire de Welf, sur mon précédent post :
"C’est fou ce que la Banque Fukuyama a distribué de chèques dividendes de la paix en bois. Ce brave homme avait du investir dans les subprimes de l’Histoire…"
Très savoureux, excellent !
"C’est fou ce que la Banque Fukuyama a distribué de chèques dividendes de la paix en bois. Ce brave homme avait du investir dans les subprimes de l’Histoire…"
Très savoureux, excellent !
Blub-blub : la Royal Navy serait-elle en train de couler ?
Au maximum de sa puissance, la RN disposait de plus de bâtiments que les 7 marines la suivant en ordre de puissance réunies.
Aujourd'hui, elle ne dipose plus que de 6 destroyers, 14 frégates et 6 SNA immédiatement opérationnels. Le reliquat est en carénage ou... est bloqué au port, faute de crédits pour le carburant ou d'équipages.
Estimation de Whitehall pour remettre tout cela en ordre : entre 6 et 18 mois.
Aujourd'hui, elle ne dipose plus que de 6 destroyers, 14 frégates et 6 SNA immédiatement opérationnels. Le reliquat est en carénage ou... est bloqué au port, faute de crédits pour le carburant ou d'équipages.
Estimation de Whitehall pour remettre tout cela en ordre : entre 6 et 18 mois.
Premier vol automatisé pour l'AVE-D
Ce vol de l'AVE-D constitue une première pour Dassault Aviation et constitue un jalon dans le développement d'une technologie essentielle au bon déroulement du programme européen nEUROn. Les AVE (Aéronefs de Validation Expérimentale) sont une famille d'avions de taille réduite, sans pilote, développée par Dassault et permettant d'expérimenter en vol de nouvelles avancées technologiques.
L’AVE-D pour « Discrétion », a effectué son premier vol au mois de juillet 2000. Il a été le premier drone furtif à voler en Europe.Une étape supplémentaire dans cette voie a consisté en la suppression de ses dérives de l'avion, améliorant ainsi sa discrétion.
Cette formule aérodynamique a conduit à l’AVE-C (C pour « contrôle »), un avion instable dont le contrôle est plus délicat. Il a réalisé avec succès son premier vol en juin 2003.
lundi 7 juillet 2008
Internationalisation plus marquée pour les Red Flag
Le prochain Red Flag, qui se déroulera du 9 au 28 août, sera particulièrement focalisé sur les opérations en coalition. En plus de la présence de Rafale de l’Armée de l’Air, l’exercice permettra d’accueillir des F-15K sud-coréens mais aussi une présence indienne marquée : 8 Su-30MKI, 2 Il-78 de ravitaillement en vol, un Il-76 de transport et des membres du Garud, l’unité de forces spéciales de l’Indian Air Force. Le contingent passera également par Mont de Marsan en juillet.
samedi 5 juillet 2008
Sur la nature du Djihad en Europe (2)
Une belle journée ensoleillée en perspective et un café matinal, de quoi attaquer la question du rôle joué par la pauvreté, l'éducation ou encore le développement dans les processus de recrutement ou de développement du djihadisme - toujours pour faire suite à la proposition de T. Renard et à mon post d'hier.
Dans mon post initial portant sur le rapport du NYPD, j'avais été quelque peu succinct sur le rôle joué par ces facteurs, me bornant à dénoncer la part trop grande qu'ils ont prise en tant que facteurs causaux dans un discours belge où les grilles de lecture marxistes peuvent encore opérer en arrière-plan. Je m'étais alors placé dans une perspective spécifique, ethnocentrée et donc naturellement moins correcte qu'un autre type d'approche. Voilà pour le contexte.
Plus concrètement, je suis d'accord avec Thomas, nous sommes là dans le registre du background. Mais je pense aussi qu'il convient de raffiner le concept même de pauvreté. Une étude que j'avais citée dans DSI et qui découlait d'un sondage de large ampleur conduit dans plusieurs aires géographiques montrait que les éléments "radicaux"(pour l'étude : considérant le 11/9 justifié) étaient en moyenne moins pauvre que les éléments "modérés" et envisageaient leur avenir sous un jour meilleur que les "modérés". On tend alors aux mêmes conclusions que les analyses biographiques de Sageman : le terroriste n'est pas un "petit pauvre peu éduqué" et Ben Laden lui-même ne fait pas exception.
Par contre, il existe une myriade d'acteurs opérant en soutien et qui, effectivement, prendront appui sur la pauvreté ou encore des problématiques d'intégration pour légitimer leur propre action, notamment en matière de financement. Moins spectaculaire, mais tout aussi utile. Reste, cependant, que l'émergence du méso-terrorisme ou des lonewolves pose aussi la question de la nécessité (en quantité et qualité) de ces soutiens. Le principe, après tout, est d'éviter les trop gros réseaux, trop visibles et donc trop vulnérables. En termes de principes de la guerre (version FM 3.0), la simplicité et la manoeuvre prévallent ici sur la concentration des effets et la masse.
A priori, ce que l'on sait des "méso-terroristes" est qu'ils ne sont pas nécessairement pauvres, mal éduqués ou mal intégrés : le moteur de leur engagement n'est pas non plus un idéalisme romatique et altruiste qui renouvellerait sur fond religieux la lutte des classes. Leur engagement est tout simplement politique. C'est là que les choses se corsent : de quelle politique parle-t-on ? Je pense que, pour certains, la recherche d'anomie est en soi une politique : pour les connaisseurs, une sorte de "Fight Club" prenant des habits religieux. Ce qui n'est pas antinomique dans un monde à la fois en recherche de spritualité et... qui a tué Dieu depuis longtemps.
Pour d'autre, le modèle promu par un khalifat peut se révéler attractif au point de justifier le combat et le sacrifice. Plus classique mais toujours efficace. La multiplication des actes méso-terroristes conduirait ainsi, dans l'absolu, à une insurrection distribuée, sans leaders et donc incapable de générer des objectifs dans la guerre (partant du principe que l'objectif de la guerre est partagé. Difficile de vaincre dans ces conditions mais, assurément, une belle épine dans le pied de nos "sociétés de la certitude" où un peu de dyoxine dans le poulet suffit à provoquer un choc économique dans le secteur alimentaire.
En tout état de cause, le combat se place au plan des valeurs (ou de leur absence - rien n'est plus "ordonnant" que la Charia). Stratégiquement s'attaquer à des questions de pauvreté et d'éducation (évidemment, il faut s'y attaquer mais pour d'autres raisons) pourrait dès lors divertir des ressources (en renseignement ou en budget) déjà bien maigres. Ca pourrait causer des vulnérabilités. Laissons donc la Coopération au développement s'en occuper comme elle l'a toujours fait. Concentrons-nous sur l'essentiel.
Ca mérite bien un utre café...
Dans mon post initial portant sur le rapport du NYPD, j'avais été quelque peu succinct sur le rôle joué par ces facteurs, me bornant à dénoncer la part trop grande qu'ils ont prise en tant que facteurs causaux dans un discours belge où les grilles de lecture marxistes peuvent encore opérer en arrière-plan. Je m'étais alors placé dans une perspective spécifique, ethnocentrée et donc naturellement moins correcte qu'un autre type d'approche. Voilà pour le contexte.
Plus concrètement, je suis d'accord avec Thomas, nous sommes là dans le registre du background. Mais je pense aussi qu'il convient de raffiner le concept même de pauvreté. Une étude que j'avais citée dans DSI et qui découlait d'un sondage de large ampleur conduit dans plusieurs aires géographiques montrait que les éléments "radicaux"(pour l'étude : considérant le 11/9 justifié) étaient en moyenne moins pauvre que les éléments "modérés" et envisageaient leur avenir sous un jour meilleur que les "modérés". On tend alors aux mêmes conclusions que les analyses biographiques de Sageman : le terroriste n'est pas un "petit pauvre peu éduqué" et Ben Laden lui-même ne fait pas exception.
Par contre, il existe une myriade d'acteurs opérant en soutien et qui, effectivement, prendront appui sur la pauvreté ou encore des problématiques d'intégration pour légitimer leur propre action, notamment en matière de financement. Moins spectaculaire, mais tout aussi utile. Reste, cependant, que l'émergence du méso-terrorisme ou des lonewolves pose aussi la question de la nécessité (en quantité et qualité) de ces soutiens. Le principe, après tout, est d'éviter les trop gros réseaux, trop visibles et donc trop vulnérables. En termes de principes de la guerre (version FM 3.0), la simplicité et la manoeuvre prévallent ici sur la concentration des effets et la masse.
A priori, ce que l'on sait des "méso-terroristes" est qu'ils ne sont pas nécessairement pauvres, mal éduqués ou mal intégrés : le moteur de leur engagement n'est pas non plus un idéalisme romatique et altruiste qui renouvellerait sur fond religieux la lutte des classes. Leur engagement est tout simplement politique. C'est là que les choses se corsent : de quelle politique parle-t-on ? Je pense que, pour certains, la recherche d'anomie est en soi une politique : pour les connaisseurs, une sorte de "Fight Club" prenant des habits religieux. Ce qui n'est pas antinomique dans un monde à la fois en recherche de spritualité et... qui a tué Dieu depuis longtemps.
Pour d'autre, le modèle promu par un khalifat peut se révéler attractif au point de justifier le combat et le sacrifice. Plus classique mais toujours efficace. La multiplication des actes méso-terroristes conduirait ainsi, dans l'absolu, à une insurrection distribuée, sans leaders et donc incapable de générer des objectifs dans la guerre (partant du principe que l'objectif de la guerre est partagé. Difficile de vaincre dans ces conditions mais, assurément, une belle épine dans le pied de nos "sociétés de la certitude" où un peu de dyoxine dans le poulet suffit à provoquer un choc économique dans le secteur alimentaire.
En tout état de cause, le combat se place au plan des valeurs (ou de leur absence - rien n'est plus "ordonnant" que la Charia). Stratégiquement s'attaquer à des questions de pauvreté et d'éducation (évidemment, il faut s'y attaquer mais pour d'autres raisons) pourrait dès lors divertir des ressources (en renseignement ou en budget) déjà bien maigres. Ca pourrait causer des vulnérabilités. Laissons donc la Coopération au développement s'en occuper comme elle l'a toujours fait. Concentrons-nous sur l'essentiel.
Ca mérite bien un utre café...
vendredi 4 juillet 2008
Sur la nature du Djihad en Europe
Je profite du troisième café du matin pour répondre tardivement à l'invitation de Thomas Renard, pour une petit débat sur la question du leaderless jihad/méso-terrorisme ou encore sur l'opposition Hoffman/Sageman sur la structuration du terrorisme djihadiste.
En fait, je pense que ce dernier point est important, l'opposition entre les deux me semblant moins radicale qu'elle n'y paraît (mais comme souvent, l'auteur d'une théorie l'interprétera d'une façon très orthodoxe, idéale-typique et tendant à refuser les amendements qui pourraient lui être apportées).
A l'époque, j'avais mis en évidence le méso-terrorisme (en opposition au macro/hyperterrorisme des attentats de NY, Londres ou Madrid) pour tenter d'appréhender les tentatives qui avaient visé, à l'été 2006, des trains en Allemagne. Mal équipés (des bonbonnes de gaz trafiquées et déposés dans deux trains, si je me souviens bien), les terroristes n'avaient finalement pas réussi. Mais, dans mon esprit, il s'agissait d'une seconde forme de modus operandi dihadiste pouvant résulter des phénomènes d'auto-radicalisation et concomittente à la forme plus "classique" de l'hyper-attentat.
Il pouvait également s'agir d'une mutation plus profonde des tactiques djihadistes - qui restait alors à confirmer, nous manquions alors de recul -, reflet d'une adaptation d'AQ à un envirronement stratégique qui devenait de plus en plus défavorable. Deux ans après, nous avons un peu plus de recul et il me semble que la théorie des réseaux peut expliquer l'apparente opposition entre Hoffman et Sageman. Aussi, je pense que ce que l'on appelle traditionnellement AQ continue d'exercer un leadership doctrinal, favorisant une "labelisation" de groupuscules structurellement situés hors d'AQ ou d'individus auto-radicalisés.
Cette labelisation est d'ailleurs nécessaire au groupe comme à sa doctrine : les leaders traditionnels d'AQ semblent avoir une connaissance des élémentaires de la stratégie et l'adaptation à leur terrain d'action (Irak, Maghreb, Europe, etc.) nécessite une adaptation de la "doctrine officielle" (terme très imparfait mais prenons-le pour son pouvoir illustratif) au théâtre visé. Au demeurant, cette labelisation est congruente à une vision où l'Islam nécessite des interprétations : si "les portes de l'Itjtihad" ont été fermées, le raisonnement par analogie reste prégnant dans nombre d'écoles juridiques.
En fait, l'analogie qui me vient à l'esprit est celle de la transmission de la chaleur : là où Hoffman là voit par conduction, Sageman peut la voir par irradiation. Or, les deux ne sont pas incompatibles : un chauffage par irradiation implique un contact minimal, entre molécules d'air plutôt que par le contact de deux pièces de métal, par exemple. Dans le cas d'AQ, ce chauffage par irradiation est doctrinal : il nécessite à son tour une interprétation par les acteurs et le développement de tactiques qui seront contraintes par le manque de moyens. Ce dernier, au demeurant, est une force et non une faiblesse, comme on l'a trop souvent entendu... le résultat d'une société trop obsédée par la technique que pour faire la part des choses ?
Sur le rôle du contexte économique, je ne manque pas de revenir... Mais après la douche !
En fait, je pense que ce dernier point est important, l'opposition entre les deux me semblant moins radicale qu'elle n'y paraît (mais comme souvent, l'auteur d'une théorie l'interprétera d'une façon très orthodoxe, idéale-typique et tendant à refuser les amendements qui pourraient lui être apportées).
A l'époque, j'avais mis en évidence le méso-terrorisme (en opposition au macro/hyperterrorisme des attentats de NY, Londres ou Madrid) pour tenter d'appréhender les tentatives qui avaient visé, à l'été 2006, des trains en Allemagne. Mal équipés (des bonbonnes de gaz trafiquées et déposés dans deux trains, si je me souviens bien), les terroristes n'avaient finalement pas réussi. Mais, dans mon esprit, il s'agissait d'une seconde forme de modus operandi dihadiste pouvant résulter des phénomènes d'auto-radicalisation et concomittente à la forme plus "classique" de l'hyper-attentat.
Il pouvait également s'agir d'une mutation plus profonde des tactiques djihadistes - qui restait alors à confirmer, nous manquions alors de recul -, reflet d'une adaptation d'AQ à un envirronement stratégique qui devenait de plus en plus défavorable. Deux ans après, nous avons un peu plus de recul et il me semble que la théorie des réseaux peut expliquer l'apparente opposition entre Hoffman et Sageman. Aussi, je pense que ce que l'on appelle traditionnellement AQ continue d'exercer un leadership doctrinal, favorisant une "labelisation" de groupuscules structurellement situés hors d'AQ ou d'individus auto-radicalisés.
Cette labelisation est d'ailleurs nécessaire au groupe comme à sa doctrine : les leaders traditionnels d'AQ semblent avoir une connaissance des élémentaires de la stratégie et l'adaptation à leur terrain d'action (Irak, Maghreb, Europe, etc.) nécessite une adaptation de la "doctrine officielle" (terme très imparfait mais prenons-le pour son pouvoir illustratif) au théâtre visé. Au demeurant, cette labelisation est congruente à une vision où l'Islam nécessite des interprétations : si "les portes de l'Itjtihad" ont été fermées, le raisonnement par analogie reste prégnant dans nombre d'écoles juridiques.
En fait, l'analogie qui me vient à l'esprit est celle de la transmission de la chaleur : là où Hoffman là voit par conduction, Sageman peut la voir par irradiation. Or, les deux ne sont pas incompatibles : un chauffage par irradiation implique un contact minimal, entre molécules d'air plutôt que par le contact de deux pièces de métal, par exemple. Dans le cas d'AQ, ce chauffage par irradiation est doctrinal : il nécessite à son tour une interprétation par les acteurs et le développement de tactiques qui seront contraintes par le manque de moyens. Ce dernier, au demeurant, est une force et non une faiblesse, comme on l'a trop souvent entendu... le résultat d'une société trop obsédée par la technique que pour faire la part des choses ?
Sur le rôle du contexte économique, je ne manque pas de revenir... Mais après la douche !
Libération d'I. Bétancourt : interview
Yannick Hallet, du groupe Sud-Presse m'a interviewé hier sur la question de la libération de Bétancourt - tous mes compliments d'ailleurs au plus Colombien des blogueurs de défense, François Duran - et, plus spécifiquement, sur la question de l'évolution des doctrines de contre-insurrection (si, si, des quotodiens peuvent aussi aborder ces questions - en tous cas, l'on fait ce qu'il faut pour). C'était donc l'occasion de revenir sur l'action intégrale, que nous avions abordé avec l'amiral Bejarano Marin, dans un DSI.
Au-delà du succès de l'opération et des questionnements inhérent au "camouflage humanitaire", force est de constater plusieurs éléments contextuels qui me semblent avoir une grande importance dans la réussite de l'opération :
- les forces colombiennes ont gagné, aux yeux de la population, une grande légitimité : voilà pour le terreau strato-sociologique indissociable de la réussite d'hier. Elle résulte tant d'une doctrine plaçant la population au centre des préoccupations que d'une transition démocratique qui, si elle peut être critiquée par certains (j'avoue l'avoir un temps sous-estimée... mais le commissaire européen au développement, hir soir en TV, le faisait plus encore que moi), est néanmoins en cours ;
- l'appui dont les forces peuvent disposer, en termes de renseignement par exemple, est important et leur niveau d'entraînement est important, source d'une exécution tèrs correcte des plans ;
- elles sont en mesure de planifier des opérations complexes, audacieuses et imaginatives... et faisant sans doute l'objet d'une préparation - psychologique notamment, "formant" cognitivement l'adversaire à devoir céder - de longue haleine.
En fait, la libération de Bétancourt est surtout le reflet d'une contre-insurrection victorieuse, fruit d'une dynamique de succès exponentielle : en la matière, la compréhension des "effets boule de neige" et de l'interdépendance des facteurs est cruciale. Ce qui nous amène à une réflexion que j'avais partagé avec O. Kempf (voir d'ailleurs son avis sur la question ici), lors de l'un de ses passages à Bruxelles :
- un Etat que l'on pouvait considérer comme "effondré" ou "en voie d'effondrement" à la fin des années 1980 (ne revenons pas sur les cartels de la drogue, les FARC, l'ELN et une myriade de milices d'extrême droite) n'est pas nécessairement condamné : il peut se servir de ses difficultés pour recréer une légitimité de l'action et, ultimement, se redresser.
- un tel redressement exige une politique sans faille, faisant éventuellement appel à la force et montrant au passage qu'une guérilla, contrairement à un bon sens populaire qui n'a semble-t-il jamais appris à lire les ouvrages de Chaliand (notamment), peut être vaincue.
Olivier a, de ce point de vue, tout à fait raison de parler de victoire de la stratégie sur la politique émotive. Comme je l'expliquais hier à Y. Hallet, on a tort de croire que "l'emploi d'options militaires" résulte nécessairement en l'emploi de la force, s'entendant comme "brute". Bien au contraire, le but suprême de l'option militaire est l'évitement de la violence.
C'est parce que ce paradoxe fondateur n'est pas compris que l'on disqualifie beaucoup trop rapidement "l'option militaire" au profit d'une "option politique" (le militaire étant pourtant... etc, etc.)... qui n'a pas marché ici. Tout au plus, les interventions françaises et celles de Chavez auront conduit à un meilleure traitement de l'otage. Pas à sa libération.
Au-delà du succès de l'opération et des questionnements inhérent au "camouflage humanitaire", force est de constater plusieurs éléments contextuels qui me semblent avoir une grande importance dans la réussite de l'opération :
- les forces colombiennes ont gagné, aux yeux de la population, une grande légitimité : voilà pour le terreau strato-sociologique indissociable de la réussite d'hier. Elle résulte tant d'une doctrine plaçant la population au centre des préoccupations que d'une transition démocratique qui, si elle peut être critiquée par certains (j'avoue l'avoir un temps sous-estimée... mais le commissaire européen au développement, hir soir en TV, le faisait plus encore que moi), est néanmoins en cours ;
- l'appui dont les forces peuvent disposer, en termes de renseignement par exemple, est important et leur niveau d'entraînement est important, source d'une exécution tèrs correcte des plans ;
- elles sont en mesure de planifier des opérations complexes, audacieuses et imaginatives... et faisant sans doute l'objet d'une préparation - psychologique notamment, "formant" cognitivement l'adversaire à devoir céder - de longue haleine.
En fait, la libération de Bétancourt est surtout le reflet d'une contre-insurrection victorieuse, fruit d'une dynamique de succès exponentielle : en la matière, la compréhension des "effets boule de neige" et de l'interdépendance des facteurs est cruciale. Ce qui nous amène à une réflexion que j'avais partagé avec O. Kempf (voir d'ailleurs son avis sur la question ici), lors de l'un de ses passages à Bruxelles :
- un Etat que l'on pouvait considérer comme "effondré" ou "en voie d'effondrement" à la fin des années 1980 (ne revenons pas sur les cartels de la drogue, les FARC, l'ELN et une myriade de milices d'extrême droite) n'est pas nécessairement condamné : il peut se servir de ses difficultés pour recréer une légitimité de l'action et, ultimement, se redresser.
- un tel redressement exige une politique sans faille, faisant éventuellement appel à la force et montrant au passage qu'une guérilla, contrairement à un bon sens populaire qui n'a semble-t-il jamais appris à lire les ouvrages de Chaliand (notamment), peut être vaincue.
Olivier a, de ce point de vue, tout à fait raison de parler de victoire de la stratégie sur la politique émotive. Comme je l'expliquais hier à Y. Hallet, on a tort de croire que "l'emploi d'options militaires" résulte nécessairement en l'emploi de la force, s'entendant comme "brute". Bien au contraire, le but suprême de l'option militaire est l'évitement de la violence.
C'est parce que ce paradoxe fondateur n'est pas compris que l'on disqualifie beaucoup trop rapidement "l'option militaire" au profit d'une "option politique" (le militaire étant pourtant... etc, etc.)... qui n'a pas marché ici. Tout au plus, les interventions françaises et celles de Chavez auront conduit à un meilleure traitement de l'otage. Pas à sa libération.
jeudi 3 juillet 2008
Belgium is back : audition
Ca fait un drôle d'effet de recevoir un courriel vous priant de vous présenter devant la Chambre des représentants, Commission Défense, afin de venir présenter votre conception de la situation tactico-opérationnelle en Afghanistan... Evidemment, on ne peut répondre que par l'affirmative.
C'est amusant : j'ai écrit plusieurs ouvrages, donné des centaines d'interviews, en télé, en écrit ou en radio, rédigé des centaines d'articles, depuis de petites notules d'actualité pour le DSI jusqu'à des articles de 30 pages pour les Cahiers du RMES, donné une bonne quarantaine de conférences, y compris sous forme de cours à des opérationnels et... là, c'est différent. Ce sont les représentants du peuple.
C'est un peu idiot mais... je pense avoir toujours ce respect pour l'institution parlementaire que d'autres pourraient lui nier au prétexte qu'elle n'est pas exécutive...
Addendum : bon, finalement, contre-ordre : les auditions prévues sont reportées à septembre "suite à la proximité des négociations dans le cadre de la réforme de l'Etat".
C'est amusant : j'ai écrit plusieurs ouvrages, donné des centaines d'interviews, en télé, en écrit ou en radio, rédigé des centaines d'articles, depuis de petites notules d'actualité pour le DSI jusqu'à des articles de 30 pages pour les Cahiers du RMES, donné une bonne quarantaine de conférences, y compris sous forme de cours à des opérationnels et... là, c'est différent. Ce sont les représentants du peuple.
C'est un peu idiot mais... je pense avoir toujours ce respect pour l'institution parlementaire que d'autres pourraient lui nier au prétexte qu'elle n'est pas exécutive...
Addendum : bon, finalement, contre-ordre : les auditions prévues sont reportées à septembre "suite à la proximité des négociations dans le cadre de la réforme de l'Etat".
CVF britanniques : contrat signé !
mercredi 2 juillet 2008
Démission du général Cuche : quelques réactions
De par la blogosphère stratégique, pas mal de réactions ont suivi la démission du général Cuche, hier.
JDM relate les dessous de l'affaire, en particulier les conditions dans lesquelles la démission s'est opérée. A compléter avec les infos de J. Guisnel (pas de Légion d'Honneur pour les généraux cette année), qui fournit également une mise en perspective.
François Duran a posté un très bon texte sur la question, que je rejoint tout à fait.
Mars attaque revient quant à lui sur les processus de décision. Pas bête dans le contexte actuel et très mûr pour un jeune blogueur (21 ans).
JDM relate les dessous de l'affaire, en particulier les conditions dans lesquelles la démission s'est opérée. A compléter avec les infos de J. Guisnel (pas de Légion d'Honneur pour les généraux cette année), qui fournit également une mise en perspective.
François Duran a posté un très bon texte sur la question, que je rejoint tout à fait.
Mars attaque revient quant à lui sur les processus de décision. Pas bête dans le contexte actuel et très mûr pour un jeune blogueur (21 ans).
Belgique : La commission "Défense" entre en guerre
Une semaine après la présentation de la nouvelle note de politique générale, cette dernière est, à l'heure où je vous écrit, toujours en discussion à la Commission Défense. L'occasion de quelques passes d'armes dans la presse et comme toujours en Belgique, c'est pour le moins funky.
Critiquant hier soir un engagement supplémentaire en Afghanistan, l'ancien ministre, A. Flahaut, indiquait que l'on envoyait nos hommes "au casse-pipe". De fait, l'Afghanistan est un théâtre complexe. Mais de la part d'un homme qui ne s'est pas battu pour que le budget de son département soit respecté (et que nos hommes partent avec l'équipement adéquat) durant les 8 ans où il a été en poste, c'est assez "limite". Ca l'est d'autant plus que le BEST (Belgian Soldier Technology) avait été déconsidéré à l'époque Flahaut et qu'il faudra la nouvelle note pour le voir remis au sommet des priorités.
Par contre, pour une fois, je suis d'accord avec l'ancien ministre : la transformation du "ministère de la défense" en "Service Public Fédéral Défense" serait une erreur. La réforme Corpernic des administrations peut assez légitimement être considérée comme un échec : les "top managers" n'ont pas changé mais leurs salaires ont considérablement augmenté. Non seulement nous n'avons pas attiré les meilleurs mais, de plus, les pratiques quotidiennes comme politiciennes non plus. Je ne pense pas que les forces ont besoin de ça. Amusant cependant de constater que cette réforme Corpernic avait été, en son temp validée... par A. Flahaut.
La note De Crem reste terriblement minimaliste, faute de budget : nous aurions dû être à 2 650 millions de budget (suivant le plan annoncé en 2000) et nous sommes à 2 250 (en Euros 2000 constants, sans vente de matériels et d'infrastructures). Le dernier conclave budgétaire a porté l'enveloppe 2009 à 2 773 millions (Euro courant 2008), loin de compenser l'inflation qui nous a touché.
Dans un pays où plus de 60% du budget est consacré au personnel, ça ne pardonne pas : la perte de 400 millions était celle qui devait permettre, pour reprendre les termes du Premier ministre de l'époque, d'avoir une armée "plus petite mais plus opérationnelle, plus rapidement déployable".
En clair la note pare au plus pressé, tout en prenant des accents plus sécuritaires que militaires, influence française et pression des partenaires gouvernementaux obligent. En fait, "Suivant l’enveloppe de référence et les dépenses actuellement prévue, des moyens pour le paiement de nouveaux dossiers d’investissements ne seront disponibles qu’à partir de 2012. Sans modifier la répartition des domaines de dépenses, il n’est donc pas possible de présenter un PIDS (Plan d’Investissements Défense et Sécurité) prévoyant des paiements pour les années 2008 à 2011".
Ce qui signifie que la renvente d'assets et les réductions de personnels sont indispensables à la survie du ministère (qui avait été placé, l'année passée... rien moins que sous curatelle). Concrètement, les investissements annoncés sont :
- Le remplacement des A-310;
- Le BEST;
- L’acquisition de la tenue CBRN;
- Une tranche optionnelle de Dingo II;
- L’acquisition de simulateurs de conduite AIV (Armoured Infantry Vehicle) et Dingo II;
- L’acquisition de véhicules pour les Special Forces, qui semblent donc de retour dans les préoccupations ministérielles;
- La participation au programme de communications par satellites ATHENA (Access on THeatre and European Nations for Allied forces);
- La participation au programme d’observation par satellites MUSIS (Multinational Space-Based Imaging System);
- La consolidation des frégates multifonctions;
- Le remplacement des navires MCM (Mine Counter Measures);
- La continuité du programme F-16 dans le cadre du MNFP (Multi National Fighter Program).
Critiquant hier soir un engagement supplémentaire en Afghanistan, l'ancien ministre, A. Flahaut, indiquait que l'on envoyait nos hommes "au casse-pipe". De fait, l'Afghanistan est un théâtre complexe. Mais de la part d'un homme qui ne s'est pas battu pour que le budget de son département soit respecté (et que nos hommes partent avec l'équipement adéquat) durant les 8 ans où il a été en poste, c'est assez "limite". Ca l'est d'autant plus que le BEST (Belgian Soldier Technology) avait été déconsidéré à l'époque Flahaut et qu'il faudra la nouvelle note pour le voir remis au sommet des priorités.
Par contre, pour une fois, je suis d'accord avec l'ancien ministre : la transformation du "ministère de la défense" en "Service Public Fédéral Défense" serait une erreur. La réforme Corpernic des administrations peut assez légitimement être considérée comme un échec : les "top managers" n'ont pas changé mais leurs salaires ont considérablement augmenté. Non seulement nous n'avons pas attiré les meilleurs mais, de plus, les pratiques quotidiennes comme politiciennes non plus. Je ne pense pas que les forces ont besoin de ça. Amusant cependant de constater que cette réforme Corpernic avait été, en son temp validée... par A. Flahaut.
La note De Crem reste terriblement minimaliste, faute de budget : nous aurions dû être à 2 650 millions de budget (suivant le plan annoncé en 2000) et nous sommes à 2 250 (en Euros 2000 constants, sans vente de matériels et d'infrastructures). Le dernier conclave budgétaire a porté l'enveloppe 2009 à 2 773 millions (Euro courant 2008), loin de compenser l'inflation qui nous a touché.
Dans un pays où plus de 60% du budget est consacré au personnel, ça ne pardonne pas : la perte de 400 millions était celle qui devait permettre, pour reprendre les termes du Premier ministre de l'époque, d'avoir une armée "plus petite mais plus opérationnelle, plus rapidement déployable".
En clair la note pare au plus pressé, tout en prenant des accents plus sécuritaires que militaires, influence française et pression des partenaires gouvernementaux obligent. En fait, "Suivant l’enveloppe de référence et les dépenses actuellement prévue, des moyens pour le paiement de nouveaux dossiers d’investissements ne seront disponibles qu’à partir de 2012. Sans modifier la répartition des domaines de dépenses, il n’est donc pas possible de présenter un PIDS (Plan d’Investissements Défense et Sécurité) prévoyant des paiements pour les années 2008 à 2011".
Ce qui signifie que la renvente d'assets et les réductions de personnels sont indispensables à la survie du ministère (qui avait été placé, l'année passée... rien moins que sous curatelle). Concrètement, les investissements annoncés sont :
- Le remplacement des A-310;
- Le BEST;
- L’acquisition de la tenue CBRN;
- Une tranche optionnelle de Dingo II;
- L’acquisition de simulateurs de conduite AIV (Armoured Infantry Vehicle) et Dingo II;
- L’acquisition de véhicules pour les Special Forces, qui semblent donc de retour dans les préoccupations ministérielles;
- La participation au programme de communications par satellites ATHENA (Access on THeatre and European Nations for Allied forces);
- La participation au programme d’observation par satellites MUSIS (Multinational Space-Based Imaging System);
- La consolidation des frégates multifonctions;
- Le remplacement des navires MCM (Mine Counter Measures);
- La continuité du programme F-16 dans le cadre du MNFP (Multi National Fighter Program).
mardi 1 juillet 2008
Le général Cuche démissionne : interview
L'Elysée a annoncé ce matin la démission du général Cuche, CEMAT, à la suite de l'affaire de Carcassonne.
De fait, la réaction du Président de la République lors de sa visite aux blessés ne laissait guère d'ambiguités quant à la vigueur de la réaction - d'autant plus qu'il semble bien que les attaques du chef de l'Etat, hors caméra, aient été extrêmement virulentes (certains diraient insultantes). De plus en plus (cas américain), les chefs d'état-major sont amenés démissionner/à être démissionnés, une tradition encore peu enraçinée en France. Leur responsabilité est "quasi-politique" même si, évidemment, ce n'est pas lui qui a commis la faute.
L'affaire intervient également dans un contexte tendu, consécutif à la parution d'un LBDSN où le président a été quelque peu brocardé et a pu se sentir attaqué par la sortie des Surcoufs. Autant de raisons pour l'Elysée de vouloir "serrer la vis".
Autant de thématiques sur lesquelles Yves Izard, de France-Info, vient de m'interviewer. Je pense que l'interview devrait passer dans les prochains journaux.
Pour ma part, je tire mon chapeau au général Cuche, qui aurait du quitter sa fonction d'ici deux mois environ. Il a pu être critiqué mais la rédaction a toujours reçu le meilleur accueil et l'interviewer était un jeu d'enfant. Le général Irastorza pourrait être amené à le remplacer.
De fait, la réaction du Président de la République lors de sa visite aux blessés ne laissait guère d'ambiguités quant à la vigueur de la réaction - d'autant plus qu'il semble bien que les attaques du chef de l'Etat, hors caméra, aient été extrêmement virulentes (certains diraient insultantes). De plus en plus (cas américain), les chefs d'état-major sont amenés démissionner/à être démissionnés, une tradition encore peu enraçinée en France. Leur responsabilité est "quasi-politique" même si, évidemment, ce n'est pas lui qui a commis la faute.
L'affaire intervient également dans un contexte tendu, consécutif à la parution d'un LBDSN où le président a été quelque peu brocardé et a pu se sentir attaqué par la sortie des Surcoufs. Autant de raisons pour l'Elysée de vouloir "serrer la vis".
Autant de thématiques sur lesquelles Yves Izard, de France-Info, vient de m'interviewer. Je pense que l'interview devrait passer dans les prochains journaux.
Pour ma part, je tire mon chapeau au général Cuche, qui aurait du quitter sa fonction d'ici deux mois environ. Il a pu être critiqué mais la rédaction a toujours reçu le meilleur accueil et l'interviewer était un jeu d'enfant. Le général Irastorza pourrait être amené à le remplacer.
DSI n°39, juillet-août, le sommaire !
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Sommaire DSI, n°39, juillet-août 2008
Editorial
Nominations et agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
La chronique de Carl von C. : « Sabotage(s) ! »
Sécurité
La coopération structurée permanente : le sésame ?
Par André Dumoulin et Patrice Cardot
Stratégie
Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale : révolution ou régression ?
Par la rédaction
Guerres bâtardes, médias et insurrections
Entretien avec Arnaud de La Grange et Jean-Marc Balencie
Entre Mao et Clausewitz : évolution dynamique de la contre-insurrection en Irak (2003-2008)
Par Stéphane Taillat et Thomas Renard
Armées
Info-RMA, normalisation militaire, coopérations internationales… Où en sont les armées japonaises ?
Entretien avec Xavier Bara
Les mutations de la JASDF
Par Joseph Henrotin
Tableau de bord : la Japan Air Self Defense Force
Par Philippe Langloit
Unités
Alindien, l’amiral itinérant
Par Véronique Sartini
L’Océan Indien devient une priorité pour la France
Entretien avec le vice-amiral Gérard Valin, Alindien
Technologie & Armement
De la Seconde Guerre mondiale à la Corée : la transition de l’US Navy vers les appareils à réaction
Par Stéphane Ferrard
Les porte-avions US de l’après-guerre
Par Philippe Langloit
L’US Navy tire les leçons de la guerre du Vietnam
Par Jean-Louis Promé
L’aéronavale américaine des années 2000-2020 : le défi du déclin ?
Par Joseph Henrotin
Fiches techniques
Grumman F-14 Tomcat/l’histoire opérationnelle du F-14
Porte-avions classe Kitty Hawk/Yokosuka et le déploiement avancé dans la stratégie navale US
GIAT Industries/Nexter AMX-10RC/Les AMX-10RC durant Daguet
Critiques de lectures
Les guerres irrégulières XXè-XXIè siècle de Gérard Chaliand
Strategic Studies : A Reader de Thomas G. Mahnken et Joseph A. Maiolo
(Enfin) de bonnes nouvelles pour les exports français ?
Selon Les Echos, le Brésil devrait confirmer aujourd'hui son intention d'acquérir une soixantaine d'hélicoptères Cougar.
Mais le "gros morceau" reste la commande de 36 appareils de combat, pour lesquels Dassault est en lice contre Saab, Sukhoi, Eurofighter et Boeing. Deux pré-sélectionnés devraient être rendus public à la fin de l'été.
Par ailleurs, la Libye serait toujours intéressée par 14 Rafale. Les négociations, toujours selon le quotidien, pourraient encore nécessiter 6 mois.
Mais le "gros morceau" reste la commande de 36 appareils de combat, pour lesquels Dassault est en lice contre Saab, Sukhoi, Eurofighter et Boeing. Deux pré-sélectionnés devraient être rendus public à la fin de l'été.
Par ailleurs, la Libye serait toujours intéressée par 14 Rafale. Les négociations, toujours selon le quotidien, pourraient encore nécessiter 6 mois.
Le Clem' démentelé en Grande-Bretagne
Le ministère de la Défense vient de notifier le marché de démantèlement du Q 790 (ex Clemenceau) à la société britannique Able UK Ltd dont le chantier se situe sur la rivière Tees au nord-est de l’Angleterre.
En conformité avec la réglementation de la Communauté européenne et de la Convention de Bâle, il appartient maintenant à la Grande-Bretagne et à la France de délivrer une autorisation de transfert transfrontalier. Cette procédure va prendre quelques semaines à l’issue desquelles l’ex Clemenceau pourra quitter la rade de Brest.
Il fera l’objet durant cette période d’une préparation pour son appareillage. Il s’agira principalement d’assurer la mise en condition et la sécurisation de la coque pour son remorquage sous la responsabilité de la société Able UK Ltd.
Ces développements semblent marquer le début de la fin de "l'affaire Clemenceau".
En conformité avec la réglementation de la Communauté européenne et de la Convention de Bâle, il appartient maintenant à la Grande-Bretagne et à la France de délivrer une autorisation de transfert transfrontalier. Cette procédure va prendre quelques semaines à l’issue desquelles l’ex Clemenceau pourra quitter la rade de Brest.
Il fera l’objet durant cette période d’une préparation pour son appareillage. Il s’agira principalement d’assurer la mise en condition et la sécurisation de la coque pour son remorquage sous la responsabilité de la société Able UK Ltd.
Ces développements semblent marquer le début de la fin de "l'affaire Clemenceau".
lundi 30 juin 2008
T&A 12 - le sommaire !
Editorial
Guerre biologique
La guerre biologique est-elle de retour ?
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier
A la recherche d’une stratégie contre la menace biologique
Entretien avec Barry Kellman, professeur de droit international et directeur de l’IWCC.
Les agents de guerre biologique : quelques classifications
Par Philippe Langloit
Sécurité et risque biologique
Entretien avec Alexandre Custaud, expert en terrorisme et membre d’EuropaBio
Risques
Etats-Unis, Chine, Russie. La prolifération des capacités de cyberguerre
Entretien avec Daniel Ventre, ingénieur au CNRS
La National Cybersecurity américaine, nouveau projet Manhattan ?
Par Jean-Jacques Mercier
Le Hezbollah, principale cyber-menace sur les Etats-Unis ?
Par Philippe Langloit
Air
Les Damoclès de Gaétan à l’aide du Rafale
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialisé dans les questions de défense
Gripen : la nouvelle génération
Par Joseph Henrotin
Naval Strike Missile : vers la crise ?
Par Philippe Langloit
Faut-il avoir peur du S-400 ?
Par Joseph Henrotin
Focus : Les exportations russes de missiles sol-air – 1992-2007
Focus : NH-90 : Où en sommes-nous ?
Une ombre rôde… Les Britanniques veulent un missile rôdeur
Par Jean-Jacques Mercier
Systèmes de drones : Nécessité opérationnelle et défis technologiques
Par Bertrand Slaski, CEIS
Le SIDM, enfin !
Par Véronique Sartini
Terre
Dossier spécial Eurosatory : en 12 pages et plus de 50 photos, toutes les nouveautés du salon
Par Véronique Sartini et Joseph Henrotin
Entretiens et encadrés :
Le GFF
Le FCS
Une nouvelle évolution du BMD-4
Un espéranto des C4I
Le Bushmaster
Un prototype de centre de gestion de crise
Les crocs du Shark
L’Aravis de Nexter
Le RT SAATS
Mer
Les futures corvettes de la classe Baynunah
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialisé dans les questions de défense
Les moustiques de Copenhague
Par Philippe Langloit
Des corvettes pour le Maroc
Par Jean-Jacques Mercier
Capacités navales : vers le déficit ?
Entretien avec Patricia Adam, députée PS de Brest et Hervé Mariton, député UMP de la Drôme
De l’ECUME sur la mer
Par Philippe Langloit et Jean-Jacques Mercier
Motorisation : une nouvelle révolution pour les sous-marins à propulsion classique ?
Par Philippe Langloit
Flexibilité et présence : 5 mois dans le Golfe pour le Truman
Par Véronique Sartini et Joseph Henrotin
Next step : Euronaval
Eurosatory a été un (très) gros succès pour DSI : plus de 5 000 exemplaires de nos hors-série y ont été distribués et 9 visiteurs sur 10 (Français comme étrangers) nous connaissaient.
Après la mise en oeuvre des Hors-Série, nous n'allons tout de même pas nous arrêter en si bon chemin, nous vous réservons quelques surprises pour la rentrée :
- Areion, éditeur de DSI, DSI HS et T&A s'est vu confié par le GICAN la charge des "Dailies" d'Euronaval, le quotidien distribué massivement et gratuitement sur le salon. C'est une réelle première, un groupe français reprenant la main ;
- Technologie & Armement devient DSI Techno dès le numéro 13 : vous nous aviez demandé plus de technique mais aussi plus de pédagogie. Nous sommes en train de faire en sorte que ce ne soit pas incompatible. Nouveau logo, nouvelle mise en page, nouveau peps.
Après la mise en oeuvre des Hors-Série, nous n'allons tout de même pas nous arrêter en si bon chemin, nous vous réservons quelques surprises pour la rentrée :
- Areion, éditeur de DSI, DSI HS et T&A s'est vu confié par le GICAN la charge des "Dailies" d'Euronaval, le quotidien distribué massivement et gratuitement sur le salon. C'est une réelle première, un groupe français reprenant la main ;
- Technologie & Armement devient DSI Techno dès le numéro 13 : vous nous aviez demandé plus de technique mais aussi plus de pédagogie. Nous sommes en train de faire en sorte que ce ne soit pas incompatible. Nouveau logo, nouvelle mise en page, nouveau peps.
Quand la BISE fut venue
Internet représente une formidable opportunité en matière de diffusion du savoir. Des centaines d'ouvrages ou de livraisons de revues scientifiques s'y retrouvent mais, effet pervers, ces contributions se retrouvent dispersées aux quatre coins de la toile.
Pour pallier ce problème, j'avais monté la BISE (Bibliothèque Stratégique En ligne) il y a quelques temps, en cherchant à en faire un répertoire des revues en ligne. Depuis lors, pas mal de liens ont été rompus et je travaille à les dépoussiérer.
En attendant, j'ai attaqué une nouvelle page, cette fois consacrée aux ouvrages et monographie de stratégie contemporaine en ligne. Elle n'en est évidemment qu'à ses prémices, tant le travail à accomplir est énorme. Néanmoins, elle compte déjà une bonne dizaine d'ouvrages. A voir ici.
A noter également, la page consacrée aux ouvrages numérisés disponibles sur le site de la BNF. Elle compte une bonne trentaine d'ouvrages et recense notamment du Grouard, du Jomini, du Frontin, du Végèce ou encore du Clausewitz et de l'Ardant du Picq.
Pour pallier ce problème, j'avais monté la BISE (Bibliothèque Stratégique En ligne) il y a quelques temps, en cherchant à en faire un répertoire des revues en ligne. Depuis lors, pas mal de liens ont été rompus et je travaille à les dépoussiérer.
En attendant, j'ai attaqué une nouvelle page, cette fois consacrée aux ouvrages et monographie de stratégie contemporaine en ligne. Elle n'en est évidemment qu'à ses prémices, tant le travail à accomplir est énorme. Néanmoins, elle compte déjà une bonne dizaine d'ouvrages. A voir ici.
A noter également, la page consacrée aux ouvrages numérisés disponibles sur le site de la BNF. Elle compte une bonne trentaine d'ouvrages et recense notamment du Grouard, du Jomini, du Frontin, du Végèce ou encore du Clausewitz et de l'Ardant du Picq.
dimanche 29 juin 2008
Entre Fight Club et Ben Laden, une nouvelle génération arrive...
A lire, cet article du Monde portant sur l'émergence d'une nouvelle génération de djihadiste semblant suivre les lignes de ce que j'avais appelé, il y a deux ans (je pense, à vérifier) le risque méso-terroriste. Adieu les liens lourds, adieu les réseaux vulnérables, la radicalisation devient un phénomène individuel ou de petits groupes.
Autant de raisons de croire que les Lonewolfs décrits par T. Renard pourraient devenir une réelle menace, plus souple, plus fluide, plus discrète, sans doute moins létale pour nos sociétés mais nécessitant de prendre en compte la possibilité de nous voir attaquer. Avec, en contrepoint, l'impérieuse nécessité de développer non des dispositifs paranoïdes (au risque de nous faire perdre le peu de valeurs qu'il nous reste) mais bien des actions visant à renforcer la résilience de nos sociétés.
Cause principale : l'anomie, toujours l'anomie. Notre incapacité à intégrer, notre incapacité à offrir des modèles politiques et à "faire rêver", notre incapacité à disposer de valeurs stables permettant un réel vivre-ensemble (étonnement, très à la mode mais souvent mal compris...). Et pas (j'insiste pour certains commentateurs belges, notamment, tant la doxa officielle s'était enferrée dans une contradiction politiquement instrumentalisée mais largement démentie par la littérature), une question de richesse, de pauvreté ou d'éducation...
Autant de raisons de croire que les Lonewolfs décrits par T. Renard pourraient devenir une réelle menace, plus souple, plus fluide, plus discrète, sans doute moins létale pour nos sociétés mais nécessitant de prendre en compte la possibilité de nous voir attaquer. Avec, en contrepoint, l'impérieuse nécessité de développer non des dispositifs paranoïdes (au risque de nous faire perdre le peu de valeurs qu'il nous reste) mais bien des actions visant à renforcer la résilience de nos sociétés.
Cause principale : l'anomie, toujours l'anomie. Notre incapacité à intégrer, notre incapacité à offrir des modèles politiques et à "faire rêver", notre incapacité à disposer de valeurs stables permettant un réel vivre-ensemble (étonnement, très à la mode mais souvent mal compris...). Et pas (j'insiste pour certains commentateurs belges, notamment, tant la doxa officielle s'était enferrée dans une contradiction politiquement instrumentalisée mais largement démentie par la littérature), une question de richesse, de pauvreté ou d'éducation...
vendredi 27 juin 2008
Ca ne va peut-être pas faire plaisir mais...
J'ai, depuis quelques jours, une furieuse envie de m'exprimer sur la thématique du "devoir de réserve" des militaires, invoqué assez abruptement à la suite de la parution de l'article des Surcouf. Le fait que je sois grosso modo d'accord avec eux n'y est pas pour grand chose et mon retard est essentiellement du au bouclage des prochains DSI et T&A. Non, plutôt, ce qui me gêne réside plutôt dans l'argument d'autorité invoqué, dans sa relation à la tradition militaire française.
Historiquement, avant que l'on ne procède à un massacre en règle de revues militaires françaises pourtant de fort bonne tenue, l'expression des militaires sur des sujets les touchant directement était plutôt recherchée. Pour le curieux qui passerait par le Centre de documentation de l'Ecole militaire, les exemplaires de ce qui était alors la Revue de Défense Nationale dans les années 1950 et 1960 regorgeaient de contributions parfois très critiques à l'égard, par exemple, de la force de dissuasion alors naissante.
Ces débats ont apporté beaucoup à la France. Pour reprendre l'exemple susmensionné, j'ai le souvenir d'articles d'Ailleret, de Poirier ou de Gallois pas nécessairement piqués des hannetons. Or, ce seront eux qui auront un rôle central dans la définition du positionnement de la France en regard du nucléaire - avec un brio incroyable. Tout aussi historiquement, la France a produit de très grands auteurs : savez-vous qu'à la fondation de l'école de West Point, on y enseignait en français, parce qu'on estimait que les étudiants devaient apprendre le meilleur de l'art militaire dans la langue des auteurs ?
Tout cela, maintenant, c'est du passé, me direz-vous. Certes. Mais je suis d'accord avec Carl lorsqu'il commente le rapport Bauer sur une pensée stratégique qu'il faudrait soit-disant recontruire (quelle ineptie ! Quel autre pays d'Europe continentale produit autant que la France ? Elle peut certes produire plus, mais elle n'a certainement pas à rougir !) . Pour penser, il faut-être libre, me disaient mes professeurs. Plus j'avance (et plus je rencontre, quelque fois, des "conseils"), plus je suis d'accord avec eux.
A quand le rappel d'un devoir de réserve portant sur l'ouvrage de stratégie théorique et qui aura été édicté par un niveau politique de moins en moins au fait de ces questions ? C'est alors seulement que la France perdra en influence ! L'art militaire est complexe. Et réduire la stratégothèque que définissait Poirier à peau de chagrin au prétexte qu'elle écornerait quelque peu les décisions politiques me semble être un mauvais choix. Chez les Atlantiques (G-B. et Etats-Unis), la critique est plus que tolérée : elle est recherchée. Pour qui lit la Military Review ou Parameters, les positionnements politiques des auteurs sont parfois très funky. Ca ne leur porte pas systématiquement chance (souvenez-vous que Boyd a fini colonel et pas général).
Mais la capacité à se remettre en question est aussi une force. Parce qu'elle permet de s'améliorer (en particulier dès lors qu'il s'agit de professionnels). Du moins, si l'on considère que celui qui critique cherche lui aussi à rendre service à son pays et non pas à nuire... Mettre la DPSD sur les traces des Surcouf, comme nous l'apprend JDM, est triste.... pour ne pas dire plus. Sont-ils des traîtres ? Des menaces à la sécurité nationale ? Allons, le traître n'agira pas dans la presse (l'anonymat si critiqué, a postériori, se montre finalement des plus justifié) et les auteurs cherchent juste à améliorer un dispositif de sécurité ! Ils ont émis une opinion argumentée (après, évidemment et naturellement, on peut ne pas être d'accord) dans le pays de Voltaire. Rien de bien grave et, en réalité et selon moi, rien de plus naturel, y compris pour des militaires : ce n'est pas avec ce qu'ils ont dit qu'il y a péril en la demeure. Après tout, nous avons tous 66 millions de patrons.
Un dernier point, aussi, sur la notion de discipline. Historiquement, elle n'est pas là uniquement pour "calmer" des gens soumis au politique, disposant d'armes et qui ne sont pas nécessairement d'accord avec leurs supérieurs. Elle a une fonction très particulière : créer des automatismes qui sauvent des vies. Or, l'ambition des uns et des autres - a fortiori de ceux qui peuvent dépenser leur temps libre pour améliorer les choses - peut aussi être de veiller à sauver des vies, en offrant des des réflexions qui auront certes un effet limité (d'où la référence à un très animal référent là où il est question d'affaires humaines) mais qui auront le mérite d'exister.
Finalement, que l'on soit d'accord ou pas avec des Surcouf qui ont certes fait fort, il est aussi question de la France qui non seulement se lève tôt mais aussi de celle qui réfléchit tôt. Je pense qu'il y a là une certaine continuité et une certaine cohérence qui ont, moustiques ou pas, l'avantage de nous rappeler que réfléchir et écrire sont à la fois le nécessaire préalable à l'action mais aussi l'honneur de ceux qui, chacun à leur niveau, mettent en action la politique.
Rien que pour celà et nonobstant certains points de la réflexion sur le fond où je ne suis pas totalement d'accord, je leur souhaite longue vie, même si je ne suis qu'un petit Belge, fut-il amoureux de la France, sa seconde patrie à laquelle il doit beaucoup.
Historiquement, avant que l'on ne procède à un massacre en règle de revues militaires françaises pourtant de fort bonne tenue, l'expression des militaires sur des sujets les touchant directement était plutôt recherchée. Pour le curieux qui passerait par le Centre de documentation de l'Ecole militaire, les exemplaires de ce qui était alors la Revue de Défense Nationale dans les années 1950 et 1960 regorgeaient de contributions parfois très critiques à l'égard, par exemple, de la force de dissuasion alors naissante.
Ces débats ont apporté beaucoup à la France. Pour reprendre l'exemple susmensionné, j'ai le souvenir d'articles d'Ailleret, de Poirier ou de Gallois pas nécessairement piqués des hannetons. Or, ce seront eux qui auront un rôle central dans la définition du positionnement de la France en regard du nucléaire - avec un brio incroyable. Tout aussi historiquement, la France a produit de très grands auteurs : savez-vous qu'à la fondation de l'école de West Point, on y enseignait en français, parce qu'on estimait que les étudiants devaient apprendre le meilleur de l'art militaire dans la langue des auteurs ?
Tout cela, maintenant, c'est du passé, me direz-vous. Certes. Mais je suis d'accord avec Carl lorsqu'il commente le rapport Bauer sur une pensée stratégique qu'il faudrait soit-disant recontruire (quelle ineptie ! Quel autre pays d'Europe continentale produit autant que la France ? Elle peut certes produire plus, mais elle n'a certainement pas à rougir !) . Pour penser, il faut-être libre, me disaient mes professeurs. Plus j'avance (et plus je rencontre, quelque fois, des "conseils"), plus je suis d'accord avec eux.
A quand le rappel d'un devoir de réserve portant sur l'ouvrage de stratégie théorique et qui aura été édicté par un niveau politique de moins en moins au fait de ces questions ? C'est alors seulement que la France perdra en influence ! L'art militaire est complexe. Et réduire la stratégothèque que définissait Poirier à peau de chagrin au prétexte qu'elle écornerait quelque peu les décisions politiques me semble être un mauvais choix. Chez les Atlantiques (G-B. et Etats-Unis), la critique est plus que tolérée : elle est recherchée. Pour qui lit la Military Review ou Parameters, les positionnements politiques des auteurs sont parfois très funky. Ca ne leur porte pas systématiquement chance (souvenez-vous que Boyd a fini colonel et pas général).
Mais la capacité à se remettre en question est aussi une force. Parce qu'elle permet de s'améliorer (en particulier dès lors qu'il s'agit de professionnels). Du moins, si l'on considère que celui qui critique cherche lui aussi à rendre service à son pays et non pas à nuire... Mettre la DPSD sur les traces des Surcouf, comme nous l'apprend JDM, est triste.... pour ne pas dire plus. Sont-ils des traîtres ? Des menaces à la sécurité nationale ? Allons, le traître n'agira pas dans la presse (l'anonymat si critiqué, a postériori, se montre finalement des plus justifié) et les auteurs cherchent juste à améliorer un dispositif de sécurité ! Ils ont émis une opinion argumentée (après, évidemment et naturellement, on peut ne pas être d'accord) dans le pays de Voltaire. Rien de bien grave et, en réalité et selon moi, rien de plus naturel, y compris pour des militaires : ce n'est pas avec ce qu'ils ont dit qu'il y a péril en la demeure. Après tout, nous avons tous 66 millions de patrons.
Un dernier point, aussi, sur la notion de discipline. Historiquement, elle n'est pas là uniquement pour "calmer" des gens soumis au politique, disposant d'armes et qui ne sont pas nécessairement d'accord avec leurs supérieurs. Elle a une fonction très particulière : créer des automatismes qui sauvent des vies. Or, l'ambition des uns et des autres - a fortiori de ceux qui peuvent dépenser leur temps libre pour améliorer les choses - peut aussi être de veiller à sauver des vies, en offrant des des réflexions qui auront certes un effet limité (d'où la référence à un très animal référent là où il est question d'affaires humaines) mais qui auront le mérite d'exister.
Finalement, que l'on soit d'accord ou pas avec des Surcouf qui ont certes fait fort, il est aussi question de la France qui non seulement se lève tôt mais aussi de celle qui réfléchit tôt. Je pense qu'il y a là une certaine continuité et une certaine cohérence qui ont, moustiques ou pas, l'avantage de nous rappeler que réfléchir et écrire sont à la fois le nécessaire préalable à l'action mais aussi l'honneur de ceux qui, chacun à leur niveau, mettent en action la politique.
Rien que pour celà et nonobstant certains points de la réflexion sur le fond où je ne suis pas totalement d'accord, je leur souhaite longue vie, même si je ne suis qu'un petit Belge, fut-il amoureux de la France, sa seconde patrie à laquelle il doit beaucoup.
Roll Out de l'A400M
L'appareil (copyright : EADS), il faut l'avouer, est beau. Mais ses retards ne sont pas complètement résorbés. Venant d'effectuer son roll-out il y a quelques jours, l'A400M n'effectuera son premier vol qu'en septembre ou en octobre (le calendrier précisait dernièrement "à l'été"). En fait, la mise au point de la motorisation a été délicate, de même (mais ce problème semble maintenant appartenir au passé) que l'intégration du cockpit et en particulier des câblages.
jeudi 26 juin 2008
Preview : le retour du retour de l'équipe !
Corée du Nord : ça progresse
Pyongyang a remis à la Chine les très attendus documents portant sur son programme nucléaire et permettant de le cerner un peu mieux. L'occasion d'une petite interview sur BFM-radio (Belgique) qui devrait passer dans le courant des prochains journaux.
Libellés :
Asie,
Dissuasion,
News en vrac,
Stratégie
Et de vijftig
C'est là où l'on voit que, mine de rien, l'on vieillit : le texte publié par ce matin dans De Morgen ("Defensieminister Pieter De Crem en de nieuwe kunst van het oorlogvoeren") est ma 50ème opinion publiée dans la presse quotidienne depuis que je suis entré dans le grand jeu de la recherche, en 2002.
Ca ne nous rajeunit pas !
Ca ne nous rajeunit pas !
mercredi 25 juin 2008
Belgique : une note de politique générale assez volontariste
Je n'ai pas encore eu le temps de lire en entier la note de politique générale "défense" présentée aujourd'hui au Parlement. Elle me semble néanmoins moins "Crembo" (la contraction de "De Crem" et de "Rambo") qu'escomptée par beaucoup.
Elle est néanmoins disponible ici. Plus d'analyses à suivre demain dans Vers l'Avenir, De Morgen et les journaux de Sud Presse. Bon, ce n'est pas tout ça, mais il y a un T&A a définitivement boucler !
Elle est néanmoins disponible ici. Plus d'analyses à suivre demain dans Vers l'Avenir, De Morgen et les journaux de Sud Presse. Bon, ce n'est pas tout ça, mais il y a un T&A a définitivement boucler !
Preview - T&A is back again
Terrorisme en Belgique : un point avec La Libre
La Libre à mis en ligne l'interview réalisée hier par Roland Planchar. A lire ici.
En parlant de soutien aux exportations...
Ca vient de se passer il y a quelques minutes : nous sommes en plein bouclage de T&A et je téléphone à un industriel pour avir des vues en haute résolution de l'un de ses produits, susceptible par ailleurs de recevoir de nouvelles commandes à l'export. Je précise tout de même que j'avais envoyé quelques mails auparavant, toujours sans réponse.
T&A, après tout, est tout de même disponible dans une bonne quarantaine de pays et un petit paquet d'états-majors. Et... bernique ! Pour avoir des autorisations de publication de représentations déjà publiées par ailleurs - rien de bien secret donc -, il me faudra attendre. Et bien, dans ce cas... pas de photos en haute résolution.
A parler d'exportations, impliquant de coûteux investissements, il faudrait peut-être commencer par les élémentaires... à savoir quelques vues envoyées par e-mail. Coût : 3 minutes de travail, au pire.
NB : je précise néanmoins que si ce n'est pas la première fois que je vis ce genre d'aventure, l'immense majorité des "communiquants" sont aux petits oignons pour nous fournir des photos de haute qualité !
T&A, après tout, est tout de même disponible dans une bonne quarantaine de pays et un petit paquet d'états-majors. Et... bernique ! Pour avoir des autorisations de publication de représentations déjà publiées par ailleurs - rien de bien secret donc -, il me faudra attendre. Et bien, dans ce cas... pas de photos en haute résolution.
A parler d'exportations, impliquant de coûteux investissements, il faudrait peut-être commencer par les élémentaires... à savoir quelques vues envoyées par e-mail. Coût : 3 minutes de travail, au pire.
NB : je précise néanmoins que si ce n'est pas la première fois que je vis ce genre d'aventure, l'immense majorité des "communiquants" sont aux petits oignons pour nous fournir des photos de haute qualité !
Les interviews pleuvent
Je n'ai jamais compris pourquoi, mais les interviews se font toujours "en grappe". Hier, c'était Sud-Presse sur la nouvelle politique de défense belge et La Libre sur le renseignement (à lire aujourd'hui, mais le lien ne semble pas avoir été activé sur le site).
Et ce matin, c'était sur Bel-RTL en radio et la résurgence possible d'un terrorisme d'extrême-gauche. Et comme le "plan De Crem" - a.k.a "Crembo" - est présenté aujourd'hui, je m'attend a du mouvement dans la journée. C'était, en l'occurrence, l'occasion d'une petite invitation à publier une opinion dans le Morgen, à paraître demain, cette fois.
Et ce matin, c'était sur Bel-RTL en radio et la résurgence possible d'un terrorisme d'extrême-gauche. Et comme le "plan De Crem" - a.k.a "Crembo" - est présenté aujourd'hui, je m'attend a du mouvement dans la journée. C'était, en l'occurrence, l'occasion d'une petite invitation à publier une opinion dans le Morgen, à paraître demain, cette fois.
mardi 24 juin 2008
Deux Daring en moins pour la Royal Navy
La presse britannique a fait état de ce que les 7ème et 8ème unités du Type-45, classe Daring, étaient annulées. La Royal Navy ne disposera donc, in fine, que de 6 destroyers antiaériens.
Toulon, son ciel, sa mer, sa base navale...

Petite vue sur la dockline de Toulon, hier, depuis le pont hélicoptère du Montcalm, où l'acceuil reçu par l'équipe était extrêmement chaleureux - j'en profite d'ailleurs pour remercier l'équipage. Il y avait du monde à quai : 3 La Fayette, un Burke américain, le Dupleix. L'occasion aussi de jeter un oeil sur le Tonerre et le Forbin.
lundi 23 juin 2008
Some real experts, anywhere ?
Propos d'un "expert" de Pax Christi, en Commission de la défense de la Chambre belge, qui a accusé l'Otan, avec sa force de frappe aérienne, d'exercer "la seule forme de terrorisme” en Afghanistan, alors que les talibans ne disposent que de kalachnikovs et de lance-roquettes RPG-7".
Brillant. Vraiment brillant. Il veut peut-être qu'on y aille exclusivement à pieds pour sécuriser un pays dont les "pauvres petits talibans" empêchent la stabilisation depuis 1996 ? On doit peut-être leur refiler des F-16 pour combattre à égalité (ça tombe bien, remarquez, on en a 10 à vendre) ?
Le Pr. Luc De Vos, de l'ERM a relevé le niveau. Mais on se demande parfois où on va chercher les "experts"... Aïe... Me voilà requalifié de "faucon"...
Morning addendum : bon, c'est vrai que j'y ai été un peu fort. Mais il faut dire que la confusion entre analyse normative et objective (ou quasi-objective, selon le degré d'importance accordée à la neutralité axiologique par l'analyste) d'une situation complexe (on demandait en l'occurrence aux intervenants d'analyser la situation tactico-opérationnelle en A-stan) m'a quelque peu échaudé. Pax Christi n'est pas tant en cause que les rationalités présidant aux choix des expertises et qui relèvent plus de choix idéologiques - chaque partis proposant ses experts en fonction des positionnements qu'ils entendent défendre - que d'une recherche de mise en perspective. Quant à la "stabilisation" de l'Afghanistan, effectivement, le terme est mal choisi. Voilà ce qui se passe lorsque l'on réagit à chaud... et donc beaucoup trop vite ;o)
Brillant. Vraiment brillant. Il veut peut-être qu'on y aille exclusivement à pieds pour sécuriser un pays dont les "pauvres petits talibans" empêchent la stabilisation depuis 1996 ? On doit peut-être leur refiler des F-16 pour combattre à égalité (ça tombe bien, remarquez, on en a 10 à vendre) ?
Le Pr. Luc De Vos, de l'ERM a relevé le niveau. Mais on se demande parfois où on va chercher les "experts"... Aïe... Me voilà requalifié de "faucon"...
Morning addendum : bon, c'est vrai que j'y ai été un peu fort. Mais il faut dire que la confusion entre analyse normative et objective (ou quasi-objective, selon le degré d'importance accordée à la neutralité axiologique par l'analyste) d'une situation complexe (on demandait en l'occurrence aux intervenants d'analyser la situation tactico-opérationnelle en A-stan) m'a quelque peu échaudé. Pax Christi n'est pas tant en cause que les rationalités présidant aux choix des expertises et qui relèvent plus de choix idéologiques - chaque partis proposant ses experts en fonction des positionnements qu'ils entendent défendre - que d'une recherche de mise en perspective. Quant à la "stabilisation" de l'Afghanistan, effectivement, le terme est mal choisi. Voilà ce qui se passe lorsque l'on réagit à chaud... et donc beaucoup trop vite ;o)
Des contrats pour l'Algérie ?
François Fillon revient d'Algérie avec, semble-t'il et selon la presse locale, des contrats d'armement. Au menu, hélicoptères de combat de type inconnu et frégates (Alger semblait intéressée par la FREMM mais aussi le BPC - voir DSI n°39) dont deux seraient construites sur place.
dimanche 22 juin 2008
On the road again !
Mes petites "vacances" dans le Sud continuent : après avoir bouclé les derniers articles des prochains DSI et T&A, l'équipe s'embarque demain matin sur la FASM Montcalm pour une petite visite-reportage.
Bon, normalement, c'est le job de Madame V. mais, pour le coup, et vu que je travaille pas mal sur la stratégie navale pour l'heure, c'est l'occasion de confronter mes vues aux opérationnels du navire, qui reviennent d'un déploiement en Méditerranée orientale. Pas de posts sans doute donc durant la journée de demain. Bon, en attendant, c'est salade niçoise. Avec les 34°c d'ici, je pense qu'elle s'impose autant qu'un petit rosé.
Bon, normalement, c'est le job de Madame V. mais, pour le coup, et vu que je travaille pas mal sur la stratégie navale pour l'heure, c'est l'occasion de confronter mes vues aux opérationnels du navire, qui reviennent d'un déploiement en Méditerranée orientale. Pas de posts sans doute donc durant la journée de demain. Bon, en attendant, c'est salade niçoise. Avec les 34°c d'ici, je pense qu'elle s'impose autant qu'un petit rosé.
Carl von C. : "ach, che fous aime !"
Nombre d'entre-vous m'ont indiqué durant Eurosatory ("ach, Eurodestroy ?" Non, Carl, les lettres ne sont pas dans le bon sens !) qu'ils appréciaient particulièrement les sympathiques emportements de Carl von C. Je lui ai donc remis vos compliments, suscitant la réaction indiquée dans le titre.
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, bon sang ;o)
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, bon sang ;o)
samedi 21 juin 2008
Y'a sondage !
L'émersion de Surcouf est source de pas mal de polémiques. D'où un petit sondage : sur le fond, le groupe a-t-il raison ou tort ? Evidemment, un tel sondage n'a rien de scientifique, etc, etc...
Débats : feu à volonté !
Michel Rocard a fait paraître une opinion assez intéressante, avec en point de mire l'importance du PA2 dans Le Figaro : à lire ici.
Une petite remarque, toutefois : si certains aux Etats-Unis remettent en question la pertinence du nucléaire, les débats là bas y sont très spécifiques. C'est de là qu'étaient parties les remises en question de la MAD, dès 1968 (l'inventeur même du terme, Brennan, n'étant pas le dernier à le remettre en question).
Surtout, dégager le nucléaire stratégique (vous connaissez ma position sur le préstratégique, qui rejoint celle de l'ancien ministre) impose des défenses antimissiles... vraissemblablement plus chères encore qu'un PA2 (conception, achat, mise en oeuvre, démentellement des SNLE, annulation des M51 et des TNO).
Alors, certes, des Etats-Unis conventionnellement surpuissants (ce qui sera de moins en moins notre cas) peuvent se permettre de remettre en question le nucléaire stratégique (qui, jusqu'ici, n'est pas officiellement considéré comme devant être éliminé) mais notre garantie ultime restera le nucléaire stratégique. J'en discutais justemment avec un des lecteurs de DSI sur Eurosatory : la notion même d'Etat voyou est biaisée.
Tout simplement parce que "voyou" ou pas - des catégories plus normatives qu'objectives - et qu'il se fiche ou non de la survie de sa population en cas de représailles nucléaires un Etat (à la limite même surtout s'il est "voyou") est porteur d'un projet politico-idéologique imposant la survie du régime et de son idéologie - on notera d'ailleurs que les soviétiques en leur temps (avant le discours de Tula reconnaissant officiellement l'effectivité de la dissuasion en lieu et place de l'épouvante, en 78) avaient développé des arguments similaires.
En d'autres termes, un Iran actif en Irak et via le Hezbollah (juste un exemple, vous le comprendrez) n'est pas plus fou que voyou : il agit stratégiquement, cherche son intérêt comme l'extension de son influence. Petit euphémisme, l'atomiser constituerait une solide fragilisation de son influence.
Reste, me dira-t'on, la question d'une bande puissante, financièrement solide, qui parviendrait en 2020 a faire entrer via Marseille ou Le Havre un conteneur chargé d'une arme nucléaire. C'est une possibilité comme une autre - ou plutôt plus pertinente qu'une attaque suprise massive à coup d'IRBM/ICBM iraniens. Mais, pas plus que la dissuasion stratégique, la militarisation de la police, la "policianisation" de l'AdT, un PA2 ou une défense antimissile ne pourrait dissuader ceux qui le feraient. Nous reste alors juste le renseignement et la résilience. Soit quelques uns des rares nouveaux éléments valables du nouveau LBDSN.
C'est toujours ça.
Une petite remarque, toutefois : si certains aux Etats-Unis remettent en question la pertinence du nucléaire, les débats là bas y sont très spécifiques. C'est de là qu'étaient parties les remises en question de la MAD, dès 1968 (l'inventeur même du terme, Brennan, n'étant pas le dernier à le remettre en question).
Surtout, dégager le nucléaire stratégique (vous connaissez ma position sur le préstratégique, qui rejoint celle de l'ancien ministre) impose des défenses antimissiles... vraissemblablement plus chères encore qu'un PA2 (conception, achat, mise en oeuvre, démentellement des SNLE, annulation des M51 et des TNO).
Alors, certes, des Etats-Unis conventionnellement surpuissants (ce qui sera de moins en moins notre cas) peuvent se permettre de remettre en question le nucléaire stratégique (qui, jusqu'ici, n'est pas officiellement considéré comme devant être éliminé) mais notre garantie ultime restera le nucléaire stratégique. J'en discutais justemment avec un des lecteurs de DSI sur Eurosatory : la notion même d'Etat voyou est biaisée.
Tout simplement parce que "voyou" ou pas - des catégories plus normatives qu'objectives - et qu'il se fiche ou non de la survie de sa population en cas de représailles nucléaires un Etat (à la limite même surtout s'il est "voyou") est porteur d'un projet politico-idéologique imposant la survie du régime et de son idéologie - on notera d'ailleurs que les soviétiques en leur temps (avant le discours de Tula reconnaissant officiellement l'effectivité de la dissuasion en lieu et place de l'épouvante, en 78) avaient développé des arguments similaires.
En d'autres termes, un Iran actif en Irak et via le Hezbollah (juste un exemple, vous le comprendrez) n'est pas plus fou que voyou : il agit stratégiquement, cherche son intérêt comme l'extension de son influence. Petit euphémisme, l'atomiser constituerait une solide fragilisation de son influence.
Reste, me dira-t'on, la question d'une bande puissante, financièrement solide, qui parviendrait en 2020 a faire entrer via Marseille ou Le Havre un conteneur chargé d'une arme nucléaire. C'est une possibilité comme une autre - ou plutôt plus pertinente qu'une attaque suprise massive à coup d'IRBM/ICBM iraniens. Mais, pas plus que la dissuasion stratégique, la militarisation de la police, la "policianisation" de l'AdT, un PA2 ou une défense antimissile ne pourrait dissuader ceux qui le feraient. Nous reste alors juste le renseignement et la résilience. Soit quelques uns des rares nouveaux éléments valables du nouveau LBDSN.
C'est toujours ça.
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jeudi 19 juin 2008
Le débat gronde, good night and good luck
Toutes mes excuses à mes lecteurs qui en attendaient un peu plus de moi sur Eurosatory et ses nouveautés. En fait, nous avons été un peu dépassé par les événements et, il faut bien le dire, par notre succès. J'ai croisé pas mal d'entre vous avec grand plaisir. Mais, comme moi, je pense que la parution du LBDSN les a quelque peu "sonné".
Ca se comprend. Olivier "EGEA" Kempf m'indiquait avec sa malice caractéristique qu'il semblait bien que la "Défense" ne semblait, du fait des intitulés utilisés, ne plus faire partie de la "sécurité nationale". Bien d'accord avec lui. Et tout aussi d'accord avec nos mystérieux guerriers du jour, le groupe Surcouf, auteur d'une petite bombe médiatique parue ce matin dans Le Figaro. Quoique l'on puisse penser de leur anonymat, ils sont courageux. Il ne fait pas bon s'opposer à l'Elysée, soyons honnêtes.
La tension est palpable. Juste une petite anecdote à cet égard : des représentants d'un industriel viennent me trouver pour me dire qu'ils n'ont pas apprécié une phrase de notre dernier hors série où, grosso modo, l'auteur indiquait que face aux engagements actuels, certaines technologies choisies n'étaient pas de la plus grande utilité et qu'il valait mieux porter plus d'attention à des élémentaires. Je lui ai répondu que cette phrase avait tout son sens et qu'elle reflétait les inquiétudes de pas mal de gens qui sont au contact - soit ceux pour lesquels nous bossons, en particulier au DSI. Je lui ai donc dis que nous étions d'abord au service des forces. Match nul.
Le sous-entendu me pose, à moi qui suis à la fois chercheur et journaliste, question. Le LBDSN consacre-t'il une réduction homothétique mal camouflée par une "reflexion stratégique" tout de même très légère ? Oui - du moins, à mon sens. La réforme est-elle nécessaire ? Oui, toujours à mon sens. Sabrer trop vite comme on a écrit trop vite ce LBDSN est-il une bonne chose ? Non, encore à mon sens. Les augmentations de budget d'équipement sont-elles gage de plus d'efficacité ? Pas nécessairement : la réalité de cette augmentation, les choix technologiques, stratégiques (et donc politiques) par essence, la nécessité d'un personnel de très haut niveau de compétence sont autant de variables qui font qu'on ne peut accepter d'acheter le chat "LBDSN" dans le sac des promesses et des mythologies technologiques. Et détrompez-vous, je ne suis pas "antitechnologies" : si c'était le cas, je n'aurais jamais consacré 8 ans de thèse à la question...
Mais - comme dirait notre cher vieux Carl - tout de même. A force de vouloir verrouiller les débats, on les enflamme : rien ne gronde plus qu'une révolte qu'un débat, d'ou le titre de ce post. Or et j'en discutais ce matin avec un correspondant de l'AFP, nous sommes dans une situation similaire à celle des années 30 mais... elle se présente comme inversée. Je m'en explique :
- la doxa officielle refuse de remettre en cause un certain nombre d'axiomes stratégiques et technologiques ;
- les penseurs émergents (de Gaulle, notamment, à l'époque) ne sont pas écoutés alors que la réalité opérationnelle émergente se clarifie (elle l'est d'autant plus de nos jours) ;
- les investissements massifs effectués sont susceptibles d'être contournés (parce que tel est le sens profond d'une opération militaire) mais la possibilité d'un contournement est trop peu prise en compte ;
- le proche et le soi le dispute au lointain et à l'Autre (cf les débats maritimes de l'époque) ;
- in fine, les dispositifs de force sont inadaptés.
Cette analogie possède bien évidemment ses limites. Menaces et risques sont très différents tout comme les jeux d'alliance. Mais, quelque part, la situation contemporaine est bien pire : démantibuler au motif de l'économie (y compris de la politique économique) sans prendre le temps de la réflexion stratégique au moment où nous avons besoin d'hommes revient à faire un paris délicat. C'est (notamment) là où je suis d'accord avec Surcouf. Je trouve que le groupe sous-estime un peu les apports de l'armée de l'Air mais...
... mais nous le voyons là aussi, à force d'éviter les débats, nous faisons reculer la doctrine face à la doxa. L'AdA a toujours eu des réticences face à la doctrine (tant pis pour Ader et Vauthier !). Comme dans le cas du LBDSN, le débat n'y aura pas véritablement joué sa fonction principale : non de pérorer pour se la jouer "intello" mais bien d'affiner nos modèles, les rendre plus pertinents et servir directement la puissance de la France.
On a tous les mêmes patrons : ils sont 66 millions. Et ce qui peut servir au progrès - surtout lorsque la seule limite est l'intelligence et l'imagination - doit servir. Les dogmes stratégiques à l'échelle de l'histoire, ont été le creuset des échecs... et c'est lorsque nous n'avions pas de doctrine (fruit des débats, évidemment) que nous avons encaissé les défaites les plus dures.
Ca se comprend. Olivier "EGEA" Kempf m'indiquait avec sa malice caractéristique qu'il semblait bien que la "Défense" ne semblait, du fait des intitulés utilisés, ne plus faire partie de la "sécurité nationale". Bien d'accord avec lui. Et tout aussi d'accord avec nos mystérieux guerriers du jour, le groupe Surcouf, auteur d'une petite bombe médiatique parue ce matin dans Le Figaro. Quoique l'on puisse penser de leur anonymat, ils sont courageux. Il ne fait pas bon s'opposer à l'Elysée, soyons honnêtes.
La tension est palpable. Juste une petite anecdote à cet égard : des représentants d'un industriel viennent me trouver pour me dire qu'ils n'ont pas apprécié une phrase de notre dernier hors série où, grosso modo, l'auteur indiquait que face aux engagements actuels, certaines technologies choisies n'étaient pas de la plus grande utilité et qu'il valait mieux porter plus d'attention à des élémentaires. Je lui ai répondu que cette phrase avait tout son sens et qu'elle reflétait les inquiétudes de pas mal de gens qui sont au contact - soit ceux pour lesquels nous bossons, en particulier au DSI. Je lui ai donc dis que nous étions d'abord au service des forces. Match nul.
Le sous-entendu me pose, à moi qui suis à la fois chercheur et journaliste, question. Le LBDSN consacre-t'il une réduction homothétique mal camouflée par une "reflexion stratégique" tout de même très légère ? Oui - du moins, à mon sens. La réforme est-elle nécessaire ? Oui, toujours à mon sens. Sabrer trop vite comme on a écrit trop vite ce LBDSN est-il une bonne chose ? Non, encore à mon sens. Les augmentations de budget d'équipement sont-elles gage de plus d'efficacité ? Pas nécessairement : la réalité de cette augmentation, les choix technologiques, stratégiques (et donc politiques) par essence, la nécessité d'un personnel de très haut niveau de compétence sont autant de variables qui font qu'on ne peut accepter d'acheter le chat "LBDSN" dans le sac des promesses et des mythologies technologiques. Et détrompez-vous, je ne suis pas "antitechnologies" : si c'était le cas, je n'aurais jamais consacré 8 ans de thèse à la question...
Mais - comme dirait notre cher vieux Carl - tout de même. A force de vouloir verrouiller les débats, on les enflamme : rien ne gronde plus qu'une révolte qu'un débat, d'ou le titre de ce post. Or et j'en discutais ce matin avec un correspondant de l'AFP, nous sommes dans une situation similaire à celle des années 30 mais... elle se présente comme inversée. Je m'en explique :
- la doxa officielle refuse de remettre en cause un certain nombre d'axiomes stratégiques et technologiques ;
- les penseurs émergents (de Gaulle, notamment, à l'époque) ne sont pas écoutés alors que la réalité opérationnelle émergente se clarifie (elle l'est d'autant plus de nos jours) ;
- les investissements massifs effectués sont susceptibles d'être contournés (parce que tel est le sens profond d'une opération militaire) mais la possibilité d'un contournement est trop peu prise en compte ;
- le proche et le soi le dispute au lointain et à l'Autre (cf les débats maritimes de l'époque) ;
- in fine, les dispositifs de force sont inadaptés.
Cette analogie possède bien évidemment ses limites. Menaces et risques sont très différents tout comme les jeux d'alliance. Mais, quelque part, la situation contemporaine est bien pire : démantibuler au motif de l'économie (y compris de la politique économique) sans prendre le temps de la réflexion stratégique au moment où nous avons besoin d'hommes revient à faire un paris délicat. C'est (notamment) là où je suis d'accord avec Surcouf. Je trouve que le groupe sous-estime un peu les apports de l'armée de l'Air mais...
... mais nous le voyons là aussi, à force d'éviter les débats, nous faisons reculer la doctrine face à la doxa. L'AdA a toujours eu des réticences face à la doctrine (tant pis pour Ader et Vauthier !). Comme dans le cas du LBDSN, le débat n'y aura pas véritablement joué sa fonction principale : non de pérorer pour se la jouer "intello" mais bien d'affiner nos modèles, les rendre plus pertinents et servir directement la puissance de la France.
On a tous les mêmes patrons : ils sont 66 millions. Et ce qui peut servir au progrès - surtout lorsque la seule limite est l'intelligence et l'imagination - doit servir. Les dogmes stratégiques à l'échelle de l'histoire, ont été le creuset des échecs... et c'est lorsque nous n'avions pas de doctrine (fruit des débats, évidemment) que nous avons encaissé les défaites les plus dures.
Un petit coup d'oeil
D’emblée, le succès de l’édition 2008 est important. Pour sa 9e édition, Eurosatory, qui est devenu le « Salon international de la Défense terrestre, aéroterrestre et de la Sécurité » a mis l'accent sur les innovations en matière d'entraînement et de simulation, la numérisation des images et les technologies duales.
De facto, le salon a révélé plusieurs tendances au sein d’un mainstream où dominait la protection des forces. Premièrement, le développement de véhicules 4x4 protégés par de nombreuses firmes provenant d’Etats de plus en plus nombreux était particulièrement notable. A cette évolution s’adjoint l’évolution de plus en plus marquée vers le développement de véhicules équivalents aux MRAPs américains.
Deuxièmement, la (sur-)protection d’engins préexistants – et de façon assez marquée des camions (vulnérabilité des lignes de communication oblige) – tend à devenir un secteur particulier, tant pour des PME que pour les grands industriels de défense.
Troisièmement, les systèmes téléopérés ont la cote. Il s’agit ici non seulement de mitrailleuses mais aussi de systèmes capables de dégager une plus grande puissance de feu. Le lance-grenades revient ainsi en force, ST Kinetics présentant même un modèle quadritubes, une autre firme couplant quant à elle un lance-grenades de 40 mm et un missile antichars NLAW !
Quatrièmement, le high tech tend à céder la place aux adaptations utilisant des équipements achetés sur étagères (y compris des 4x4 civils) et y combinant des systèmes achetés sur étagères, cette fois dans le domaine de la protection anti-IED ou anti-sniper, par exemple. Le low tech et les systèmes « customizés » tendent donc à prendre la place des systèmes conçus sur base de stricts et peu flexibles cahiers des charges.
Cinquièmement, le retour de l’infanterie observé dans les opérations contemporaines se traduit également par la mise en évidence des systèmes augmentant les capacités ou le confort du soldat. C’est non seulement le cas de systèmes tels que le FELIN mais aussi de systèmes de vision nocturnes, des protections balistiques.
De facto, le salon a révélé plusieurs tendances au sein d’un mainstream où dominait la protection des forces. Premièrement, le développement de véhicules 4x4 protégés par de nombreuses firmes provenant d’Etats de plus en plus nombreux était particulièrement notable. A cette évolution s’adjoint l’évolution de plus en plus marquée vers le développement de véhicules équivalents aux MRAPs américains.
Deuxièmement, la (sur-)protection d’engins préexistants – et de façon assez marquée des camions (vulnérabilité des lignes de communication oblige) – tend à devenir un secteur particulier, tant pour des PME que pour les grands industriels de défense.
Troisièmement, les systèmes téléopérés ont la cote. Il s’agit ici non seulement de mitrailleuses mais aussi de systèmes capables de dégager une plus grande puissance de feu. Le lance-grenades revient ainsi en force, ST Kinetics présentant même un modèle quadritubes, une autre firme couplant quant à elle un lance-grenades de 40 mm et un missile antichars NLAW !
Quatrièmement, le high tech tend à céder la place aux adaptations utilisant des équipements achetés sur étagères (y compris des 4x4 civils) et y combinant des systèmes achetés sur étagères, cette fois dans le domaine de la protection anti-IED ou anti-sniper, par exemple. Le low tech et les systèmes « customizés » tendent donc à prendre la place des systèmes conçus sur base de stricts et peu flexibles cahiers des charges.
Cinquièmement, le retour de l’infanterie observé dans les opérations contemporaines se traduit également par la mise en évidence des systèmes augmentant les capacités ou le confort du soldat. C’est non seulement le cas de systèmes tels que le FELIN mais aussi de systèmes de vision nocturnes, des protections balistiques.
dimanche 15 juin 2008
Je ne m'en était pas rendu compte mais...
Athéna a atteint les 501 posts et... a fêté son premier anniversaire : le premier billet a été posté le 13 juin 2007. C'est aussi l'occasion de vous remercier pour vos passages et vos commentaires. Keep going on, comme on dit ;o)
C'est aussi l'occasion pour moi de fêter la parution du DSI de juin, que j'ai récupéré seulement aujourd'hui - il y a un décalage à la diffusion vers la Belgique - soit mon 30ème DSI bouclé.
Et ce, au moment où l'équipe (qui n'est pas pour rien dans cette success story) est en train de peaufiner le numéro de juillet-août (comme tous les ans, nous faisons relâche un mois) de même que le 12ème numéro de Technologie & Armement.
Bon, bref, tout ça pour vous dire que vous êtes les bienvenus sur le stand D040b d'Eurosatory.
C'est aussi l'occasion pour moi de fêter la parution du DSI de juin, que j'ai récupéré seulement aujourd'hui - il y a un décalage à la diffusion vers la Belgique - soit mon 30ème DSI bouclé.
Et ce, au moment où l'équipe (qui n'est pas pour rien dans cette success story) est en train de peaufiner le numéro de juillet-août (comme tous les ans, nous faisons relâche un mois) de même que le 12ème numéro de Technologie & Armement.
Bon, bref, tout ça pour vous dire que vous êtes les bienvenus sur le stand D040b d'Eurosatory.
A bien y réfléchir...
Revenons quelques instants sur les propositions de Sarkozy dont rendaient compte le Spiegel mais aussi sur le contexte du LBDSN, le non irlandais et tous les choix y afférent. Le contexte, d'abord : à 1,69% dédié à la défense nous ne pouvons plus nous offrir la sécurité de nos rêves. Le jeu de mot est volontaire : le concept de "sécurité nationale" - ses connotations et ses non-dits, vu que son pérmètre n'est guère précisé - diffère très largement de l'américain, essentiellement militaire. Certes, l'insularité américaine y est pour quelque chose (et la France est peut-être en train de délaisser son identité maritime) mais regardons les choses en face.
On va sans doute nous indiquer qu'entre Gendarmerie, services de pompiers, police et armées, nous sommes à plus de 3% du PIB et qu'au final "nous nous préoccupons de la sécurité des citoyens" - mission régalienne entre toute, structurante même de l'idée d'Etat-nation et du contrat social le fondant. D'un autre côté, police et Gendarmerie sont non seulement intimement liées mais sont également des forces finalement extrêmement spécialisées. Envisage-t-on de les déployer massivement en OPEX ? Non, évidemment. Elles sont naturellement le fruit de conceptions de sécurité intérieure adaptées à un contexte particulier. C’est trivial mais il convient de le rappeler… parce que le système de production politique français tend à l’oublier.
Or, la « menace » (identifiables) et les « risques » (diffus) ne réfèrent plus à des « contextes particuliers », des portions spécifiquement établies du spectre des opérations sécuritaires. C’est de polyvalence dont nous avons alors besoin… au moment même où la spécialisation est en soi une vulnérabilité. La spécialisation signifie un positionnement de ses intentions à tout adversaire potentiel. Qui ne manquera certainement pas de contourner pour mieux frapper. Or, voilà : à trop se replier sur soi, l’on se replie aussi sur une vision de l’action qui est aussi spécialisée. Le grand large – celui de la mondialisation que le LBDSN entend précisément prendre en compte – est celui du non-dit, du diffus et du couple la polyvalence de l’action/adaptation.
Le soi est connu. L’Autre ne l’est pas. Et le sera de moins en moins – nonobstant toutes les fonctions « anticipations/prospective » du monde -, à suivre les évolutions d’une pensée du repli. La tension qui en résulte est alors trop forte : le risque de dissonance sécuritaire est bien réel. D’où les appels aux frères européens. Or, que sont ceux-ci ? D’une part, des puissances au mieux régionales et non globales (à l’exception d’une Grande-Bretagne dont les très peu concrètes affinités européennes la disqualifient du schéma initié). D’autre part, des puissances qui comptent précisément sur une puissance globale telle que la France pour se projeter dans le global.
C’est là que l’idée d’une coopération européenne dans le domaine naval est pervertie : on ne peut la penser que lorsqu’elle est le résultat d’une maturation stratégique impliquant un couplage stratégie des moyens/stratégie opérationnelle fort. Deux choses desquelles la France s’éloigne. Autrement dit, elle n’est plus l’exemple, le « sherpa stratégique » de l’Europe. Pour caricaturer grossièrement, elle vient mendier sa sécurité extérieure au motif de son repli sur l’intérieur. A ce jeu, on comprendra d’autant mieux les refus européens. C’est tellement évident (quoique…) mais l’on ne peut penser et bâtir la puissance que lorsque l’on est soi-même dans une prédisposition de recherche de la puissance.
C’est là qu’intervient le « non » irlandais. Un non idiot et imbécile en ce qu’il est plus souvent le reflet de mensonges (la perte de neutralité de l’Irlande qui entrerait dans une vision du monde militariste ; des manipulations grossières de chiffres, j’en passe et des meilleures) que d’une réalité objective. La faute en incombe autant aux Irlandais qu’à l’Union, incapable de procéder au moindre exercice de clarification d’un texte passablement indigeste. La faute nous en incombe aussi. Ainsi je voyais cette brave dame indiquer sur un plateau de France 2 – sans qu’un journaliste ne soit capable de la contredire – que Lisbonne était identique à la Constitution… elle-même avouant ne pas l’avoir lu !
Nous perdons peu à peu le contact avec l’Europe comme nous perdons peu à peu le contact avec les réalités stratégiques – et je suis profondément persuadé que les deux sont liés -, aboutissant à trouver en la « sécurité nationale » des conceptions nombrilistes qui ne sont finalement que le reflet, à plus grande échelle évidemment, des peurs irlandaises. En sortir implique sans doute deux choses. Premièrement, en revenir au global : si l’Europe fait peur, c’est aussi parce qu’elle, aussi bien que ses membres ne font plus rêver. Afin d’y arriver, il faut éviter de demander aux autres d’assurer notre sécurité sous prétexte d’assurer la sécurité commune. Apprenons à être cohérents : on ne peut prétendre être un maillon fort de l’Europe en indiquant, au moment d’assumer en achetant des matériels et en réformant les armées, que tous les « grands », finalement, son aussi des « petits ».
D’autre part, nous devrions abandonner définitivement ces pratiques de « grands bons en avant », qu’il s’agisse d’élargissements massifs – la pire catastrophe qui soit arrivée à l’Union… mais auquel tous les Etats ont donné leur assentiment – ou de traités qui ne le sont pas moins. L’ensemble horrifie par sa complexité aussi bien interne que par ses implications. Procédons par de petits pas : c’est au demeurant ce qui a été fait pour l’AED, prévue dans la Constitution, par exemple. La simplicité rassure. Mais, plus identifiable, elle est aussi un facteur structurant des identités trop vite apeurées par masse de mesures a priori éloignées des préoccupations de chacun.
On va sans doute nous indiquer qu'entre Gendarmerie, services de pompiers, police et armées, nous sommes à plus de 3% du PIB et qu'au final "nous nous préoccupons de la sécurité des citoyens" - mission régalienne entre toute, structurante même de l'idée d'Etat-nation et du contrat social le fondant. D'un autre côté, police et Gendarmerie sont non seulement intimement liées mais sont également des forces finalement extrêmement spécialisées. Envisage-t-on de les déployer massivement en OPEX ? Non, évidemment. Elles sont naturellement le fruit de conceptions de sécurité intérieure adaptées à un contexte particulier. C’est trivial mais il convient de le rappeler… parce que le système de production politique français tend à l’oublier.
Or, la « menace » (identifiables) et les « risques » (diffus) ne réfèrent plus à des « contextes particuliers », des portions spécifiquement établies du spectre des opérations sécuritaires. C’est de polyvalence dont nous avons alors besoin… au moment même où la spécialisation est en soi une vulnérabilité. La spécialisation signifie un positionnement de ses intentions à tout adversaire potentiel. Qui ne manquera certainement pas de contourner pour mieux frapper. Or, voilà : à trop se replier sur soi, l’on se replie aussi sur une vision de l’action qui est aussi spécialisée. Le grand large – celui de la mondialisation que le LBDSN entend précisément prendre en compte – est celui du non-dit, du diffus et du couple la polyvalence de l’action/adaptation.
Le soi est connu. L’Autre ne l’est pas. Et le sera de moins en moins – nonobstant toutes les fonctions « anticipations/prospective » du monde -, à suivre les évolutions d’une pensée du repli. La tension qui en résulte est alors trop forte : le risque de dissonance sécuritaire est bien réel. D’où les appels aux frères européens. Or, que sont ceux-ci ? D’une part, des puissances au mieux régionales et non globales (à l’exception d’une Grande-Bretagne dont les très peu concrètes affinités européennes la disqualifient du schéma initié). D’autre part, des puissances qui comptent précisément sur une puissance globale telle que la France pour se projeter dans le global.
C’est là que l’idée d’une coopération européenne dans le domaine naval est pervertie : on ne peut la penser que lorsqu’elle est le résultat d’une maturation stratégique impliquant un couplage stratégie des moyens/stratégie opérationnelle fort. Deux choses desquelles la France s’éloigne. Autrement dit, elle n’est plus l’exemple, le « sherpa stratégique » de l’Europe. Pour caricaturer grossièrement, elle vient mendier sa sécurité extérieure au motif de son repli sur l’intérieur. A ce jeu, on comprendra d’autant mieux les refus européens. C’est tellement évident (quoique…) mais l’on ne peut penser et bâtir la puissance que lorsque l’on est soi-même dans une prédisposition de recherche de la puissance.
C’est là qu’intervient le « non » irlandais. Un non idiot et imbécile en ce qu’il est plus souvent le reflet de mensonges (la perte de neutralité de l’Irlande qui entrerait dans une vision du monde militariste ; des manipulations grossières de chiffres, j’en passe et des meilleures) que d’une réalité objective. La faute en incombe autant aux Irlandais qu’à l’Union, incapable de procéder au moindre exercice de clarification d’un texte passablement indigeste. La faute nous en incombe aussi. Ainsi je voyais cette brave dame indiquer sur un plateau de France 2 – sans qu’un journaliste ne soit capable de la contredire – que Lisbonne était identique à la Constitution… elle-même avouant ne pas l’avoir lu !
Nous perdons peu à peu le contact avec l’Europe comme nous perdons peu à peu le contact avec les réalités stratégiques – et je suis profondément persuadé que les deux sont liés -, aboutissant à trouver en la « sécurité nationale » des conceptions nombrilistes qui ne sont finalement que le reflet, à plus grande échelle évidemment, des peurs irlandaises. En sortir implique sans doute deux choses. Premièrement, en revenir au global : si l’Europe fait peur, c’est aussi parce qu’elle, aussi bien que ses membres ne font plus rêver. Afin d’y arriver, il faut éviter de demander aux autres d’assurer notre sécurité sous prétexte d’assurer la sécurité commune. Apprenons à être cohérents : on ne peut prétendre être un maillon fort de l’Europe en indiquant, au moment d’assumer en achetant des matériels et en réformant les armées, que tous les « grands », finalement, son aussi des « petits ».
D’autre part, nous devrions abandonner définitivement ces pratiques de « grands bons en avant », qu’il s’agisse d’élargissements massifs – la pire catastrophe qui soit arrivée à l’Union… mais auquel tous les Etats ont donné leur assentiment – ou de traités qui ne le sont pas moins. L’ensemble horrifie par sa complexité aussi bien interne que par ses implications. Procédons par de petits pas : c’est au demeurant ce qui a été fait pour l’AED, prévue dans la Constitution, par exemple. La simplicité rassure. Mais, plus identifiable, elle est aussi un facteur structurant des identités trop vite apeurées par masse de mesures a priori éloignées des préoccupations de chacun.
samedi 14 juin 2008
Sarkozy à Merkel : si on faisait une force navale européenne ? Au fait, vous ne voudriez pas quelques armes nucléaires ?
C'est le quotidien allemand Der Spiegel - plutôt sérieux - qui le révèle, une réunion entre N. Sarkozy et A. Merkel à Straubing (Bavière) aurait vu une proposition de création de force navale européenne. Ladite proposition serait partie intégrante du paquet de mesures qu'entend promouvoir la prochaine présidence française de l'UE.
L'Allemagne contribuerait ainsi avec des frégates et des navires logistiques à la protection d'un groupe aéronaval doté d'un PA... britannique, l'ensemble naviguant sous pavillon européen. Même moi, je n'avais pas été aussi loin dans les scénarios notamment esquissés dans le T&A d'août-septembre 2007. Notez également un autre article du Spiegel selon lequel la France aurait proposé... rien moins que des armes nucléaires à l'Allemagne.
Bon, la soirée d'hier a été agitée mais je vous assure avoir bien lu l'article (aui, au demeurant, se montrait assez radical sur les évolutions touchant les forces) !
L'Allemagne contribuerait ainsi avec des frégates et des navires logistiques à la protection d'un groupe aéronaval doté d'un PA... britannique, l'ensemble naviguant sous pavillon européen. Même moi, je n'avais pas été aussi loin dans les scénarios notamment esquissés dans le T&A d'août-septembre 2007. Notez également un autre article du Spiegel selon lequel la France aurait proposé... rien moins que des armes nucléaires à l'Allemagne.
Bon, la soirée d'hier a été agitée mais je vous assure avoir bien lu l'article (aui, au demeurant, se montrait assez radical sur les évolutions touchant les forces) !
vendredi 13 juin 2008
Alors, vous vouliez des chars ? Disons 50 ?
Les 18 AIV DF 90mm ont finalement coûté, d'après Belga, 70 millions d'euros. Les engins seront revendus d'occasion. 70 millions... Soit 50 Leo 2 et un bon paquet d'années de maintenance et de pièces détachées... Il est bien évidemment peu probable que nous récupérions ce montant.
38 véhicules auraient donc coûté environ 148 millions d'euros. Lorsque je regarde ces chiffres (et au-delà de la problématique de l'adaptation des véhicules), je me dis que nous avons un sérieux problème dans notre façon d'appréhender les questions de défense.
En 2005, lorsque l'option avait été mise sur la table, peu nombreux avaient été ceux qui ont osé remettre en question la pertinence du choix effectué. Les militaires sont astreints au devoir de réserve (ils n'en pensaient pas moins et heureusement), une bonne partie des médias se sont tenus à carreau, quelques rares politiques ont bougé (et ils ont souffert - certains ont même risqué leur carrière pour celà) et 2-3 experts avaient risqué tout aussi gros. Ils avaient été presque insultés par l'ancien ministre en Commission de la défense ("je n'en ai rien à faire, des prétendus experts !").
Sans aucune possibilité de se défendre. Ils ont tous gagné, aujourd'hui. Il n'est nul secret que le temps ne dévoile, dit l'adage. Scientia vincere tenebras.
38 véhicules auraient donc coûté environ 148 millions d'euros. Lorsque je regarde ces chiffres (et au-delà de la problématique de l'adaptation des véhicules), je me dis que nous avons un sérieux problème dans notre façon d'appréhender les questions de défense.
En 2005, lorsque l'option avait été mise sur la table, peu nombreux avaient été ceux qui ont osé remettre en question la pertinence du choix effectué. Les militaires sont astreints au devoir de réserve (ils n'en pensaient pas moins et heureusement), une bonne partie des médias se sont tenus à carreau, quelques rares politiques ont bougé (et ils ont souffert - certains ont même risqué leur carrière pour celà) et 2-3 experts avaient risqué tout aussi gros. Ils avaient été presque insultés par l'ancien ministre en Commission de la défense ("je n'en ai rien à faire, des prétendus experts !").
Sans aucune possibilité de se défendre. Ils ont tous gagné, aujourd'hui. Il n'est nul secret que le temps ne dévoile, dit l'adage. Scientia vincere tenebras.
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DSI Hors-série : le sommaire

DSI Hors-Série n°3 – spécial Eurosatory
Editorial
L’armée de Terre à la croisée des chemins
Par Hervé Morin
Cartographie : crise et conflits dans le monde contemporain ; théâtres d’intervention sous mandats divers ; opérations extérieures de la France
Doctrines et équipements : quelle cohérence ?
Par le LCL Claude Franc
Encadré : l’école française de la contre-insurrection
L’innovation, label de qualité de l’industrie française de défense
Par Laetitia Blandin et Arnaud Reichart
Encadré : PVP, la P4 du futur
Evolution des équipements et engagements en cours
Par le Col. Luc de Revel
Scorpion : vers de nouvelles capacités de combat de contact
Par le Gen. André Helly
De BOA à Scorpion : vers une continuité du PEA à l’opération d’ensemble
Par Willy Lamal, Jean- Paul de Nicola, Nicolas Perche, Marie-Isabelle Urios et Anne Doutriaux
Focus : l’agilité des GTIA Scorpion
Scorpion : la supériorité par l’agilité
Par le Col. Patrick Destremau
Encadré : l’opération d’ensemble Scorpion
Le fantassin revient en première ligne
Par le Gen. (2S) Jean Rannou
FELIN : la rupture technologique
Par Emmanuel Remy
La nuémrisation du champ de bataille
Par le Gen. (2S) Jean-Paul Perruche
Encadré : le DRAC
Les avancées mondiales dans le domaine de la numérisation des forces terrestres
Par Bertrand Slaski
L’armée de Terre au cœur des enjeux sur la convergence des systèmes d’information opérationnels
Par Cécile Roussel
Encadré : les SIO
La coordination des opérations aéroterrestres
Par Olivier Zajec
Encadré : Saturn
Encadré : Scarabée
Encadré : les chars au Liban : un échec ?
Combat héliporté : contact et manœuvre
Par Etienne Daum
Focus : deux paradigmes du combat héliporté ?
Techno-guérilla et révolution dans les affaires militaires
Par Joseph Henrotin
Encadré : l’UH-60, bête de somme des machines de manœuvre américaines
Encadré : Brossollet et la stratégie alternative
L’optimisation masse/protection/puissance de feu/soutien des véhicules blindés moyens
Par Gérard Calenge
Focus : les chars lourds
Les mutations de l’artillerie : un rééquilibrage entre puissance et souplesse
Par le Gen. Thierry Ollivier
Encadré : CAESAR
Combat urbain et complexité des conflits contemporains
Par Joseph Henrotin
L’armée de Terre à la croisée des chemins
Par Hervé Morin
Cartographie : crise et conflits dans le monde contemporain ; théâtres d’intervention sous mandats divers ; opérations extérieures de la France
Doctrines et équipements : quelle cohérence ?
Par le LCL Claude Franc
Encadré : l’école française de la contre-insurrection
L’innovation, label de qualité de l’industrie française de défense
Par Laetitia Blandin et Arnaud Reichart
Encadré : PVP, la P4 du futur
Evolution des équipements et engagements en cours
Par le Col. Luc de Revel
Scorpion : vers de nouvelles capacités de combat de contact
Par le Gen. André Helly
De BOA à Scorpion : vers une continuité du PEA à l’opération d’ensemble
Par Willy Lamal, Jean- Paul de Nicola, Nicolas Perche, Marie-Isabelle Urios et Anne Doutriaux
Focus : l’agilité des GTIA Scorpion
Scorpion : la supériorité par l’agilité
Par le Col. Patrick Destremau
Encadré : l’opération d’ensemble Scorpion
Le fantassin revient en première ligne
Par le Gen. (2S) Jean Rannou
FELIN : la rupture technologique
Par Emmanuel Remy
La nuémrisation du champ de bataille
Par le Gen. (2S) Jean-Paul Perruche
Encadré : le DRAC
Les avancées mondiales dans le domaine de la numérisation des forces terrestres
Par Bertrand Slaski
L’armée de Terre au cœur des enjeux sur la convergence des systèmes d’information opérationnels
Par Cécile Roussel
Encadré : les SIO
La coordination des opérations aéroterrestres
Par Olivier Zajec
Encadré : Saturn
Encadré : Scarabée
Encadré : les chars au Liban : un échec ?
Combat héliporté : contact et manœuvre
Par Etienne Daum
Focus : deux paradigmes du combat héliporté ?
Techno-guérilla et révolution dans les affaires militaires
Par Joseph Henrotin
Encadré : l’UH-60, bête de somme des machines de manœuvre américaines
Encadré : Brossollet et la stratégie alternative
L’optimisation masse/protection/puissance de feu/soutien des véhicules blindés moyens
Par Gérard Calenge
Focus : les chars lourds
Les mutations de l’artillerie : un rééquilibrage entre puissance et souplesse
Par le Gen. Thierry Ollivier
Encadré : CAESAR
Combat urbain et complexité des conflits contemporains
Par Joseph Henrotin
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jeudi 12 juin 2008
Hoooaahhh...
Et voilà, une journée qui se termine et qui aura été solidement remplie. En plus de terminer les éditions de juillet-août de DSI et T&A (si, si, déjà), j'ai eu l'occasion de revenir hier sur la thématique de la résilience au Parlement Européen puis, aujourd'hui, de conduire une interview très intéressante avec Ephraïm Lapid, général à la retraite de Tsahal, ancien des renseignements, ancien-porte-parole de l'IDF et l'un de leurs meilleurs "nez creux" en matière de politique moyen-orientale. A lire prochaînement dans nos pages.
Ajoutons-y quelques interviews. il y a quelques jours à la Tribune de Genève notamment sur la problématique d'un raid israélien en Iran (bon sang, porquoi n'y a-t-il jamais assez de place pour dire ce qu'il y a à dire, en particulier sur la sociologie politique israélienne) et, aujourd'hui à 1730 dans les locaux de France-Info, ici à Bruxelles.
Là, on sent réellement approcher Eurosatory. Le but du jeu était de voir quelles étaient les opportunités françaises à l'export. A entendre dans le courant de la journée de lundi, je pense. Concernant le salon, il devrait révéler le LBDSN, évidemment. On y sera et on vous tiendra informé, y compris via ce blog, je tâcherai de passer en salle de presse quelques fois par jour. N'hésitez surtout pas à passer par notre stand, on a des surprises pour vous.
En attendant, il semble que la presse généraliste soit peu à peu informée des mesures prises dans ledit Livre, en prévision de sa publication. Les échos que j'en retire semblent montrer un maquillage stratégique d'options d'abord et avant tout budgétaires, avec un appui assez lourd sur la notion de "sécurité nationale" (entendez, intérieure) - JP Maulny, de l'IFRI, avait d'ailleurs publié récemment une op-ed sur le suejte soulignant le caractère fourre-tout du concept. Bien écrit et très juste. Pas de briefing, apparement, pour la presse spécialisée, qui ne semble pas avoir été conviée.
C'est un choix...
Ajoutons-y quelques interviews. il y a quelques jours à la Tribune de Genève notamment sur la problématique d'un raid israélien en Iran (bon sang, porquoi n'y a-t-il jamais assez de place pour dire ce qu'il y a à dire, en particulier sur la sociologie politique israélienne) et, aujourd'hui à 1730 dans les locaux de France-Info, ici à Bruxelles.
Là, on sent réellement approcher Eurosatory. Le but du jeu était de voir quelles étaient les opportunités françaises à l'export. A entendre dans le courant de la journée de lundi, je pense. Concernant le salon, il devrait révéler le LBDSN, évidemment. On y sera et on vous tiendra informé, y compris via ce blog, je tâcherai de passer en salle de presse quelques fois par jour. N'hésitez surtout pas à passer par notre stand, on a des surprises pour vous.
En attendant, il semble que la presse généraliste soit peu à peu informée des mesures prises dans ledit Livre, en prévision de sa publication. Les échos que j'en retire semblent montrer un maquillage stratégique d'options d'abord et avant tout budgétaires, avec un appui assez lourd sur la notion de "sécurité nationale" (entendez, intérieure) - JP Maulny, de l'IFRI, avait d'ailleurs publié récemment une op-ed sur le suejte soulignant le caractère fourre-tout du concept. Bien écrit et très juste. Pas de briefing, apparement, pour la presse spécialisée, qui ne semble pas avoir été conviée.
C'est un choix...
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mardi 10 juin 2008
La cavalerie contre-attaque : Denis Ducarme en appelle à un retour au char
Dans la foulée des événements d'hier et de l'annulation des tranches optionnelles du contrat AIV DF90, le vice-président de la Commission de la défense en appelle dans un communiqué de presse au ministre pour que soient examinées les possibilités existantes (et elles sont nombreuses) d'acquisition de chars d'occasion.
En fait, un AIV DF90 coûterait entre 3,93 et 4,675 millions d'euros/pièce. L'annulation de 30 véhicules, même compte tenu des compensations aux industriels, laisse une marge de manoeuvre significative à la Défense.
Pour rappel, le maximum payé par un acquéreur de Leopard II d'occasion est d'un million d'euros.
En fait, un AIV DF90 coûterait entre 3,93 et 4,675 millions d'euros/pièce. L'annulation de 30 véhicules, même compte tenu des compensations aux industriels, laisse une marge de manoeuvre significative à la Défense.
Pour rappel, le maximum payé par un acquéreur de Leopard II d'occasion est d'un million d'euros.
Chers 90 mm : bye-bye tranches conditionnelles
Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, a décidé de limiter à 18 exemplaires l'achat des AIV Piranha IIIC Direct Fire de 90 mm - un achat controversé datant de 2006 - et de renoncer aux 22 autres engins de ce type prévus.
De Crem avait annoncé le 22 janvier dernier son intention de revoir le contrat d'achat de 40 AIV (18 ferme et 22 en option) équipés d'un canon de ce calibre, le jugeant insuffisant pour assurer la sécurité du personnel et incompatible avec ceux en service dans les armées des pays alliés.
Il vient de communiquer sa décision définitive à la hiérachie militaire, lui demandant aussi d'étudier dans quels scénarios ces AIV dotés d'un canon de 90 mm peuvent être engagés. A priori, une solution semblable devrait être dégagée pour les PIIIC de transport de troupes.
On ne peut évidemment qu'applaudir cette décision, fruit d'une longue controverse, permettant de rectifier un des biais transformationnels que nos forces avaient eu à encaisser et qui, au surplus, se montrait bien plus coûteux que d'autres options plus efficientes. François Duran en appelait récemment à cesser de pleurer et à reconstruire. Il nous faudra faire la même chose en Belgique.
De Crem avait annoncé le 22 janvier dernier son intention de revoir le contrat d'achat de 40 AIV (18 ferme et 22 en option) équipés d'un canon de ce calibre, le jugeant insuffisant pour assurer la sécurité du personnel et incompatible avec ceux en service dans les armées des pays alliés.
Il vient de communiquer sa décision définitive à la hiérachie militaire, lui demandant aussi d'étudier dans quels scénarios ces AIV dotés d'un canon de 90 mm peuvent être engagés. A priori, une solution semblable devrait être dégagée pour les PIIIC de transport de troupes.
On ne peut évidemment qu'applaudir cette décision, fruit d'une longue controverse, permettant de rectifier un des biais transformationnels que nos forces avaient eu à encaisser et qui, au surplus, se montrait bien plus coûteux que d'autres options plus efficientes. François Duran en appelait récemment à cesser de pleurer et à reconstruire. Il nous faudra faire la même chose en Belgique.
lundi 9 juin 2008
Money, money, money
Les dépenses militaires mondiales se sont accrues de 6% en 2007 et ont bondi de 45% en dix ans, selon le rapport annuel du SIPRI, publié ce matin. L'an passé, les dépenses ont atteint 1 339 milliards de dollars (851 milliards d'euros) tirées à 45% par les Etats-Unis.
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Preview
En exclusivité, la couverture du prochain Hors-Série de DSI, dans les kiosques et chez votre marchand de journaux d'ici une petite semaine, pour l'ouverture d'Eurosatory.
Addendum : je me rend compte à la lecture de plusieurs commentaires que j'avais oublié de donner le prix (10,95 Eur) et le format (comme les autres DSI HS : A4 carré-collé, 100 pages). La boutique web ne peut pas être mise à jour pour l'instant mais on travaille à la remettre à flot. En attendant, si vous ne pouvez pas le prendre via kiosque, vous pouvez envoyer un courriel à commande(arobase)areion.fr et envoyer un chèque.
Addendum : je me rend compte à la lecture de plusieurs commentaires que j'avais oublié de donner le prix (10,95 Eur) et le format (comme les autres DSI HS : A4 carré-collé, 100 pages). La boutique web ne peut pas être mise à jour pour l'instant mais on travaille à la remettre à flot. En attendant, si vous ne pouvez pas le prendre via kiosque, vous pouvez envoyer un courriel à commande(arobase)areion.fr et envoyer un chèque.
dimanche 8 juin 2008
Tant qu'à faire dans les classiques...
Lorsque vous êtes coincé sur un article, que quelque chose vous semble illogique et menace la cohérence de votre texte... que faire ?
Une tâche répétitive qui va vous concentrer quelques instants sur autre chose. En l'occurrence, je me suis rendu compte que j'avais encore dans les textes à mettre en ligne pour le compte de l'ISC l'excellent Essai de stratégie navale d'Herbert Rosinski. A lire sans modération aucune.
Une tâche répétitive qui va vous concentrer quelques instants sur autre chose. En l'occurrence, je me suis rendu compte que j'avais encore dans les textes à mettre en ligne pour le compte de l'ISC l'excellent Essai de stratégie navale d'Herbert Rosinski. A lire sans modération aucune.
Retour aux classiques
Deux nouveaux ouvrages ont été mis en ligne sur stratisc.org. Le premier est celui du Chevalier de La Coix, le Traité de la petite guerre pour les compagnies franches. Le second est plus connu : il s'agit d'une édition des Mémoires ou principes de l'art de la guerre en général de Monteccucoli.
Des mises à jour qui attendaient depuis 2007 ont pu être mises en ligne. C'est le cas, au premier chef, de la table des matières du n°88 de Stratégique et de celles des ouvrages de J-P. Baulon (sur les défenses ABM), S. Gadal (sur W. Sherman), G-J. Chaduc et F. Lagrande (Austerlitz), H. Robert, J. Béranger (le siège de Vienne) et B. Colson et H. Coutau-Bégarie (Armées et marine au temps d'Austerlitz et de Trafalgar).
Comme on le dit dans ces cas là, stay tuned, more to come. Bonne lecture !
Des mises à jour qui attendaient depuis 2007 ont pu être mises en ligne. C'est le cas, au premier chef, de la table des matières du n°88 de Stratégique et de celles des ouvrages de J-P. Baulon (sur les défenses ABM), S. Gadal (sur W. Sherman), G-J. Chaduc et F. Lagrande (Austerlitz), H. Robert, J. Béranger (le siège de Vienne) et B. Colson et H. Coutau-Bégarie (Armées et marine au temps d'Austerlitz et de Trafalgar).
Comme on le dit dans ces cas là, stay tuned, more to come. Bonne lecture !
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