La dernière intervention du sénateur et ancien président de la commission de la défense, Philippe Monfils (1) sur ce qu’il considère comme l’inutilité des chars de bataille pose question à bien des égards. Tentons donc de déconstruire ses arguments et de les opposer à la complexité et à l’immense diversité des contributions issues de professionnels de la défense.
Le char est-il un has been de la défense ?
Le sénateur avance que le char n’a été utilisé qu’une fois par les Belges sur la toute la durée de leur carrière. Mais c’est oublier que le char est un élément de dissuasion tactique. Idéalement, il est là pour ne pas être utilisé et, de ce point de vue, si les Belges n’ont pas utilisés leurs Leopards au Kosovo, ils ont parfaitement rempli leur rôle, aussi paradoxal que cela puisse paraître. On arguera ensuite que les chars sont utilisés mais lorsque le politique décide de les employer : les Leopard 1 danois ont tiré contre des chars serbes en 95, en protection des forces des Nations Unies, qui n’ont ensuite plus été menacées dans le secteur où elles opéraient. Les Leclerc français sont considérés comme les pièces maîtresses de la sécurité de la FINUL II au Liban et, au Kosovo, ils ont souvent évité la dégénérescence de faces-à-faces entre Serbes du Kosovo et kosovars. Le char protège, par sa simple présence, troupes et populations civiles.
P. Monfils arguera également que les chars belges au Kosovo étaient statiques, afin de ne pas bouleverser les champs des agriculteurs locaux. Mais c’est oublier qu’en en cas de problème, les chars naturellement mobiles alors que, par ailleurs, lesdits champs seraient bien plus labourés par un véhicule 8x8 de 22 tonnes – simplement parce qu’ils exercent une pression au sol inférieure à un char de plus de 50 tonnes dont la masse est répartie sur la surface des chenilles. Aussi, s’il est vrai que le Sénateur a raison sur la question de la consommation des engins, que vaut-elle comparativement à la vie de nos soldats, alors que les menaces potentielles – même durant les opérations de maintien de la paix – sont de plus en plus perfectionnées et perceront des blindages que l’AIV ne pourra plus porter ? AIV qui, au demeurant et dans leur version de transport de troupes, ne pourront pas, face à l’évolution des menaces – la vieille lutte du glaive contre le bouclier – se surblinder. Aussi, lorsque Philippe Monfils indique que les conflits auraient changé de nature, il ne se trompe qu’à moitié.
Si, techniquement, la nature des conflits est invariable depuis Assurbanipal (il s’agit toujours d’imposer à son adversaire des vues qu’il combat), son caractère est effectivement changeant. Mais pas dans le bon sens. C’est ce que disent les meilleurs stratèges du monde, de Vincent Desportes à Rupert Smith en passant par Antulio Echevarria, Hervé Coutau-Bégarie ou encore Colin Gray. Tous – et de nombreux militaires belges que nous devrions apprendre à écouter – s’accordent à dire que nous allons connaître des conflits plus longs où les phases de stabilisation (auxquelles la Belgique entend participer) et de combat sont de plus en plus imbriquées. Nous allons aussi vers des conflits plus durs, comme le dit le chef d’état-major des armées françaises, où les adversaires – qu’ils soient ou non des Etats – disposeront de munitions perfectionnées ou à fort pouvoir antiblindés, que la Russie et la Chine n’hésitent en aucun cas à vendre.
Nous ferons aussi face à des techno-guérillas, comme au Liban, dans l’actuelle Somalie actuelle ou au Sri Lanka. Elles seront « non-linéaires ». C’est à dire qu’elles connaîtront des phases d’accalmies entrecoupées de brusques poussées de violence, y compris lors des missions de maintien et de rétablissement de la paix dont parle Philippe Monfils. Il ne sera alors pas question, alors, d’évacuer des Belges qui devront « faire le gros dos » et « tenir le choc ». Il s’ensuit que la protection des forces et, donc, le blindage et la faculté d’évolution des véhicules sur de longues périodes, sera déterminante. De ce point de vue, l’assertion selon laquelle « tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur des marchés d’occasion » est curieuse.
En effet, aucun char Leclerc français n’est mis en vente et que s’il est exact que les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont trop nombreux. Les Britanniques, quant à eux, modernisent leurs chars, de même que les Américains. Le Canada, le Portugal et l’Australie qui voulaient l’abandonner y sont revenus. En fait, le char prolifère partout dans le monde, y compris dans une Afrique où nous entendons pouvoir continuer à intervenir. Celui qui n’en dispose pas est condamné à se soumettre à la loi du plus fort, contre les principes des Nations unies. Plus largement, la Belgique est le seul pays au monde à vouloir se débarrasser de sa composante « char » alors que sa stratégie est pourtant ambitieuse.
Reste, aussi, la question du transport des chars, également abordée par le Sénateur dans son interview et sachant que notre armée ambitionne de pouvoir être projetée plus facilement. Mais, personne ne transporte les chars par les air. Même les Etats-Unis qui disposent de C-5 Galaxy aux capacités équivalentes aux Antonov dont parle le Sénateur, utilisent leurs navires. La solution est plus simple, plus rapide et moins coûteuse. On ajoutera qu’avec seulement 7 A400M commandés par la Belgique, le transport maritime s’imposera de toute façon.
Quelques considérations politiques
Alors que G. Verhofstadt vient de rencontrer le président français pour notamment s’entretenir de la défense européenne, il est bon de rappeler qu’avec 10 millions d’habitants, la Belgique fait moins pour sa défense que plusieurs Etats plus petits. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à parler de l’exercice de free-riding de Bruxelles, qui bénéficierait d’une sécurité payée par d’autres, France, Allemagne et Pays-Bas en tête. Or, les budgets sont à la baisse partout, ce qui signifie que l’on demandera plus à une Belgique dont les dernières statistiques de l’OTAN montrent qu’elle la dernière de ses membres en matière de part du budget affecté à l’équipement. Or, à plus de 3 millions d’euros pièce, un AIV doté d’un canon de 90 mm sera plus cher qu’un Leopard II d’occasion, quasiment neuf, acheté à nos voisins pour moins d’un million. Le poids politique de cette décision pour le moins économique serait important et la protection de nos soldats serait meilleure. Bien d’autres dossiers en souffrance à la défense pourraient être financés.
Pourquoi, dès lors, ne pas envisager cette option ? Dans le chef de l’ancien ministre de la défense comme du Sénateur, le véhicule à roue, c’était la modernité. A bien y regarder, ça l’a effectivement été. Mais c’était vers 1996, lorsque la vision américaine, promue par le général Shalikashvilli, envisageait des myriades de véhicules à roues (les « brigades Stryker »). Elles auraient été dotés d’un « blindage informationnel », en fait des réseaux de surveillance ultrasophistiqués. Mais cette vision a démontré son échec dans les phases de stabilisation d’un conflit irakien dont les tactiques sont celles des conflits futurs et d’opérations de maintien de la paix… de moins en moins pacifiques. A cet égard, la vision défendue par P. Monfils n’est sans doute pas celle de la guerre froide. Mais cette vision, imaginée à une époque où des technologies impayables pour la Belgique devaient « changer la nature de la guerre », est devenue totalement has been face aux réalités, au point que les Américains eux-mêmes en reviennent. Sommes-nous obligés de faire les mêmes erreurs ?
samedi 23 février 2008
vendredi 22 février 2008
Le Dolgorukiy enfin à l'eau
Le Youri Dolgorukiy, tête de la nouvelle classe de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins russes a finalement été mis à l’eau le 13 février 2008. Au terme de son baptême en avril 2007, le bâtiment était resté en cale sèche.
90 mm : Ducarme contre-attaque
Vous aurez sans doute lu l'interview de P. Monfils, accordée en début de semaine à La Libre et vous aurez sans doute été, comme moi, assez sceptique sur la pertinence et la validité factuelle des arguments avancés. J'ai d'ailleurs préparé une "opinion" que j'enverrai pour proposition de publication au qutodien, tout à l'heure.
Denis Ducarme n'a cependant pas pris autant de temps que moi. Pour preuve, il a réagit hier soir sur son blog. Morceaux choisis : "Philippe Monfils indique que nos voisins ont mis « leurs chars en vente » et « favoriseraient l’usage de véhicule blindés sur roues ». Cette affirmation est évidemment fausse".
Et d'ajouter qu'"aucun char Leclerc français n’est mis en vente, si les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont surnuméraires face à leurs nouvelles structures (les Pays-Bas en gardent 84, les Allemands, plus de 1000). Les Britanniques modernisent leurs chars, les Américains aussi. Le Canada, le Portugal et l’Australie avaient envisagé d’abandonner les chars, ils y reviennent finalement (respectivement, des Léopards II et des M-1 américains).
Au final, "Personne en Europe – sauf la Belgique – n’envisage aujourd’hui d’abandonner sa composante « char » et la majeure partie des forces armées se réoriente vers les véhicules portés sur chenilles". A ma connaissance, plus précisément, personne au monde ne songe à se départir de l'instrument de dissuasion tactique - et donc de protection des forces - que constitue le char de bataille. Et si nous n'en sommes plus aux volumes de la guerre froide, la fonction assumée par le char a également mûté profondément, ce que démontrait brillament Marc Chassillan dans le n°7 de DSI, en septembre 2005.
On ne peut donc mieux dire. D'autant plus que la référence à la soit-disant évolution de la nature de la guerre par Philippe Monfils se traduirait par la nécessité de l'allègement des dispositifs de force. Ce qui, là aussi, a fait tiquer - comme toute personne ayant un peu lu sur le sujet ces dernières années - le vice-président de la commission de la défense : "En matière de nature d’évolution dans la nature des conflits à laquelle Philippe Monfils fait allusion, on doit citer Vincent Desportes du CDEF (Centre de Doctrine de l’emploi de la force) dont le dernier ouvrage « la guerre probable » fait autorité en matière de doctrine d’emploi de la force armée".
Dernier pied de nez du vice-président à l'ex-président : le programme du MR (dont ils sont tous les deux membres) demande l'achat de chars d'occasion. Décidément, oui, la sortie de P. Monfils laissera sceptique...
Denis Ducarme n'a cependant pas pris autant de temps que moi. Pour preuve, il a réagit hier soir sur son blog. Morceaux choisis : "Philippe Monfils indique que nos voisins ont mis « leurs chars en vente » et « favoriseraient l’usage de véhicule blindés sur roues ». Cette affirmation est évidemment fausse".
Et d'ajouter qu'"aucun char Leclerc français n’est mis en vente, si les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont surnuméraires face à leurs nouvelles structures (les Pays-Bas en gardent 84, les Allemands, plus de 1000). Les Britanniques modernisent leurs chars, les Américains aussi. Le Canada, le Portugal et l’Australie avaient envisagé d’abandonner les chars, ils y reviennent finalement (respectivement, des Léopards II et des M-1 américains).
Au final, "Personne en Europe – sauf la Belgique – n’envisage aujourd’hui d’abandonner sa composante « char » et la majeure partie des forces armées se réoriente vers les véhicules portés sur chenilles". A ma connaissance, plus précisément, personne au monde ne songe à se départir de l'instrument de dissuasion tactique - et donc de protection des forces - que constitue le char de bataille. Et si nous n'en sommes plus aux volumes de la guerre froide, la fonction assumée par le char a également mûté profondément, ce que démontrait brillament Marc Chassillan dans le n°7 de DSI, en septembre 2005.
On ne peut donc mieux dire. D'autant plus que la référence à la soit-disant évolution de la nature de la guerre par Philippe Monfils se traduirait par la nécessité de l'allègement des dispositifs de force. Ce qui, là aussi, a fait tiquer - comme toute personne ayant un peu lu sur le sujet ces dernières années - le vice-président de la commission de la défense : "En matière de nature d’évolution dans la nature des conflits à laquelle Philippe Monfils fait allusion, on doit citer Vincent Desportes du CDEF (Centre de Doctrine de l’emploi de la force) dont le dernier ouvrage « la guerre probable » fait autorité en matière de doctrine d’emploi de la force armée".
Dernier pied de nez du vice-président à l'ex-président : le programme du MR (dont ils sont tous les deux membres) demande l'achat de chars d'occasion. Décidément, oui, la sortie de P. Monfils laissera sceptique...
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jeudi 21 février 2008
Un grand merci !
A toutes celles et ceux qui m'ont par ce blog, par mail ou par téléphone envoyé leurs félicitations et autres encouragements dans le cadre de la thèse. Pour les remercier, elles et eux comme les autres, la table des matières de ma thèse devrait bientôt être en ligne sur le site de l'ULB, je ne manquerai pas de mettre le lien (qui à dit "noooonn, pas ça !!" ?). En attendant, voilà toujours quelques photos des opérations !
Embouteillages dans la journée... et en orbite
La destruction réussie du satellite US a plus de 240 km a causé une légère surcharge de votre serviteur, ce qui sera à lire demain dans Le Temps (Suisse) à et à écouter aujourd'hui sur Medi-1. Entre-temps, je suis revenu avec BFM sur l'évolution du terrorisme au Maroc et en particulier sur les leçons que nous enseignaient dans un DSI le directeur du BKA allemand sur la conjonction d'intérêts entre des groupes terroristes et le grand banditisme.
Bref, moi qui pensais détailler quelque peu les "vertus", si l'on peut s'exprimer ainsi, du tir d'hier soir, me voilà contraint de compacter mon analyse. Soulignons juste que le choix du SM-3 est judicieux : il est bien plus fiable que les intercepteurs basés au sol en Californie et en Alaska (je renvoie au DSI de mai 2007 et à l'article de J.P. Baulon) et que ce choix est également politique à au moins 3 égards :
1) Il a certes une valeur sémiotique vers la Chine mais aussi vers la Russie (que peu de candidats aux présidentielles aiment), qui avait été la première à mettre en oeuvre un engin ASAT (un satellite kamikaze monté sur SS-9), tout en indiquant à Pékin que les Américains n'attendent pas, eux, que les conditions favorables à un tir soit réunies.
La manoeuvre est dissuadante mais elle vise aussi à imposer les Etats-Unis comme les vrais "pros" de l'ASAT : où il veulent (le SM-3, sur croiseur et destroyer, est mobile) et quand il le veulent (le SM-3 est opérationnel et 75 nouveaux exemplaires viennent juste d'être commandés pour plus d'un milliard de dollars). En somme, de quoi faire passer les Chinois pour des amateurs.
2) La manoeuvre de politique interne est brillante : au moment où le budget de l'exécutif a été déposé au Congrès, le tir balaie une bonne partie des critiques selon lesquels les ABM US sont coûteux et inefficaces. Or, le tir prouve qu'ils sont efficaces mais qu'en plus, ils ont une fonction ASAT utile pour des missions d'interdiction d'accès. Nous y ajouterons, sans doute, les ricanements - ici très accessoires - de la Navy à l'égard de l'Air Force.
3) Le tir à une valeur politique à l'égard des alliés à dexu égards. Premièrement, Washington pose que si "vous êtes menacés par un réservoir d'hydrazine ? Peu importe qu'il en tombe une dizaine par ans, nous vous protégeons". Deuxièmement, Washington attend desdits alliés qu'ils donnent un coup de main non seulement aux plans US en Europe mais aussi dans l'architecture ABM US : l'Australie et d'autres seraient ainsi approchés pour un achat de SM-3. Au-delà de la politique, il y a donc un peu de marketing - juste un peu - aussi.
Au final donc, pas de guerre des étoiles : on est très loin des lasers spatiaux - la performance technique est tout de même remarquable. Mais on est bien sur Terre, les pieds dans la politique. Laquelle, d'ailleurs, pourrait en profiter pour dépoussiérer quelque peu l'OST de 67, pour le coup. Histoire de priver définitivement Russes et Chinois d'une capacité ASAT qu'ils ne maîtrisent pas encore (ou plus) et de garder définitivement le leadership en ASAT... sur base d'un engin qui n'est pas conçu pour cela, n'est-ce pas ?
Bref, moi qui pensais détailler quelque peu les "vertus", si l'on peut s'exprimer ainsi, du tir d'hier soir, me voilà contraint de compacter mon analyse. Soulignons juste que le choix du SM-3 est judicieux : il est bien plus fiable que les intercepteurs basés au sol en Californie et en Alaska (je renvoie au DSI de mai 2007 et à l'article de J.P. Baulon) et que ce choix est également politique à au moins 3 égards :
1) Il a certes une valeur sémiotique vers la Chine mais aussi vers la Russie (que peu de candidats aux présidentielles aiment), qui avait été la première à mettre en oeuvre un engin ASAT (un satellite kamikaze monté sur SS-9), tout en indiquant à Pékin que les Américains n'attendent pas, eux, que les conditions favorables à un tir soit réunies.
La manoeuvre est dissuadante mais elle vise aussi à imposer les Etats-Unis comme les vrais "pros" de l'ASAT : où il veulent (le SM-3, sur croiseur et destroyer, est mobile) et quand il le veulent (le SM-3 est opérationnel et 75 nouveaux exemplaires viennent juste d'être commandés pour plus d'un milliard de dollars). En somme, de quoi faire passer les Chinois pour des amateurs.
2) La manoeuvre de politique interne est brillante : au moment où le budget de l'exécutif a été déposé au Congrès, le tir balaie une bonne partie des critiques selon lesquels les ABM US sont coûteux et inefficaces. Or, le tir prouve qu'ils sont efficaces mais qu'en plus, ils ont une fonction ASAT utile pour des missions d'interdiction d'accès. Nous y ajouterons, sans doute, les ricanements - ici très accessoires - de la Navy à l'égard de l'Air Force.
3) Le tir à une valeur politique à l'égard des alliés à dexu égards. Premièrement, Washington pose que si "vous êtes menacés par un réservoir d'hydrazine ? Peu importe qu'il en tombe une dizaine par ans, nous vous protégeons". Deuxièmement, Washington attend desdits alliés qu'ils donnent un coup de main non seulement aux plans US en Europe mais aussi dans l'architecture ABM US : l'Australie et d'autres seraient ainsi approchés pour un achat de SM-3. Au-delà de la politique, il y a donc un peu de marketing - juste un peu - aussi.
Au final donc, pas de guerre des étoiles : on est très loin des lasers spatiaux - la performance technique est tout de même remarquable. Mais on est bien sur Terre, les pieds dans la politique. Laquelle, d'ailleurs, pourrait en profiter pour dépoussiérer quelque peu l'OST de 67, pour le coup. Histoire de priver définitivement Russes et Chinois d'une capacité ASAT qu'ils ne maîtrisent pas encore (ou plus) et de garder définitivement le leadership en ASAT... sur base d'un engin qui n'est pas conçu pour cela, n'est-ce pas ?
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mercredi 20 février 2008
Interview : démentèlement d'un groupe terroriste au Maroc
Pour ceux qui captent RTL-TVI, la sympathique équipe emmenée par Nadia Bouria vient de m'interviewer sur le démentelement d'une cellule marocaine - apparement plus liée à l'islamisme "soft" qu'à Al Qaïda au Maghreb - qui a directement bénéficié du "casse du siècle", en 2001, sur l'aéroport de Luxembourg et où était mêlé le truand belge M. Habran. Comme quoi, Jacques Baud et sa vision de l'interpénétration du grand banditisme et du terrorisme trouvent un cas d'application tèrs concert et, pour une fois, public.
A voir ce soir au JT de 1900.
A voir ce soir au JT de 1900.
Y'a sondage !
Profitant d'une nouvelle fonctionalité offerte par Blogger, j'ai lancé un petit sondage, juste à la droite de votre écran. Et on ne triche pas, hein !
Back online
Et me voilà de retour après une matinée de cours donnés aux - très motivés et extrêmement sympathiques - stagiaires de 3ème cycle de l'ERM (l'équivalent du CID) sur "RMA et pensée stratégique". Dieu que trois heures de cours passent vite !
Je médite également une interview de Philippe Monfils, parue ce matin dans La Libre à propos de la nécesité des AIV et... de l'inutilité du char. L'élément de dissuasion est complètement ignoré, comme les débats stratégiques voire le simple bon sens. Si, effectivement, un char ne rentre pas dans un C-130, je serais surpris qu'un AIV/90 mm le fasse également, vu les difficultés qu'a un stryker avec une tourelle de faible profil de le faire.
Nos lecteurs seront par ailleurs surpris d'apprendre que "tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur le marché de l'occasion". L'ABC française va connaître un certain nombre d'infarctus et je ne parle pas du KRK allemand ou de BAE Systems, qui modernise les Challenger 2 britanniques...
Ca mérite bien évidemment une réponse mais je vais prendre mon temps pour l'écrire. Après tout, le DSI ne se fait pas tout seul !
Je médite également une interview de Philippe Monfils, parue ce matin dans La Libre à propos de la nécesité des AIV et... de l'inutilité du char. L'élément de dissuasion est complètement ignoré, comme les débats stratégiques voire le simple bon sens. Si, effectivement, un char ne rentre pas dans un C-130, je serais surpris qu'un AIV/90 mm le fasse également, vu les difficultés qu'a un stryker avec une tourelle de faible profil de le faire.
Nos lecteurs seront par ailleurs surpris d'apprendre que "tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur le marché de l'occasion". L'ABC française va connaître un certain nombre d'infarctus et je ne parle pas du KRK allemand ou de BAE Systems, qui modernise les Challenger 2 britanniques...
Ca mérite bien évidemment une réponse mais je vais prendre mon temps pour l'écrire. Après tout, le DSI ne se fait pas tout seul !
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mardi 19 février 2008
Suède : vers un adieu à la neutralité ?
Le ministre suédois de la défense a indiqué dans un quotidien que l'adhésion à l'OTAN était une évolution "naturelle" pour la Suède dans le long terme. Si elle participe déjà au PPP et à l'ISAF, elle pourrait également rejoindre la NRF.
Si cette évolution se confirme, le modèle de la neutralité à l'européenne pourrait être sérieusement ébranlé et il ne serait pas étonnant de voir des mouvements similaires se dessiner - toujours dans le long terme - en Autriche ou en Finlande.
Le fait est, également, que la Suède n'a plus les moyens de son autonomie en matière de défense. Le modèle défendait certes un non-alignement strict mais, également, la préservation d'une BITD suffisament puissante que pour alimenter de façon quasi-autarcique le pays. A une certaine époque, un programme nucléaire militaire avait même été lancé.
De ce point de vue, l'annonce du ministre Tolfgors intervient quelques jours après l'annulation du programme SEP. Un signe parmi d'autres que les Transformations imposent par leur densité un travail en commun ?
Si cette évolution se confirme, le modèle de la neutralité à l'européenne pourrait être sérieusement ébranlé et il ne serait pas étonnant de voir des mouvements similaires se dessiner - toujours dans le long terme - en Autriche ou en Finlande.
Le fait est, également, que la Suède n'a plus les moyens de son autonomie en matière de défense. Le modèle défendait certes un non-alignement strict mais, également, la préservation d'une BITD suffisament puissante que pour alimenter de façon quasi-autarcique le pays. A une certaine époque, un programme nucléaire militaire avait même été lancé.
De ce point de vue, l'annonce du ministre Tolfgors intervient quelques jours après l'annulation du programme SEP. Un signe parmi d'autres que les Transformations imposent par leur densité un travail en commun ?
On the road again
Les dernières brumes de sommeil s'étant définitivement levées, je me suis donc réveillé docteur au terme d'une soutenance assez sympathique, avec pas mal de questions et de discussions vraiment intéressantes (le rôle des cultures bureaucratiques dans la technologisation, l'acculturation de la RMA au Japon, en Israël et en Chine ; l'évolution de la fonction protection, etc.) et... le meurtre patenté de deux caisses de champagne. A ma décharge, je n'ai pas tout bu ;o)
vendredi 15 février 2008
Slow down
D'ici 74 heures exactement, je serai sur le point de rentrer dans la salle où aura lieu ma soutenance. Voilà qui explique une petite baisse de régime de ce blog. Yoda s'empare à nouveau de moi et mon cerveau est repassé en mode "CHKDSK". Amusant, cette sensation d'impatience, de léger trac (et oui !) et de décontraction...
jeudi 14 février 2008
90 mm : les prix
La dernière séance de la Commission de la défense nationale belge, qui s'est déroulée hier, a permis d'en savoir un peu plus sur les contrats portant sur les AIV et les canons de 90mm.
Selon, le ministre, la première tranche de 132 véhicules a ainsi coûté 404,4 millions d'euros (hors tourelles). Les deux tranches conditionnelles sont d'un montant de 226 et 70 millions d'euros. En cas d'annulation des tranches conditionnelles, il en coûterait 40 millions à la Belgique. Au final, les 242 véhicules reviendraient donc à 700 millions d'euros (l'hypothèse haute évoquée précédement).
Le ministre a également indiqué que "De prijs van de configuratie AIV DF90, met 90mm kanon, bedraagt 69,9 miljoen euro. Donc, le prix de la configuration AIV DF 90 s'élève à 69,9 millions d'euros". Ce qui laisse pendantes plusieurs hypothèses :
- sachant qu'un AIV coûte 2,93 millions/pièce (soit 400,4/132) et que 18 sont commandés, le reliquat serait d'environ 1 million pour chaque tourelle ;
- il peut tout aussi bien s'agir du prix de 40 tourelles (qui reviendraient alors à 1,745 millions/pièce).
En tout état de cause, le prix d'une tourelle serait égal ou supérieur à un Léopard 2. Ce que semblent avoir compris, à la lecture du compte-rendu, la plupart des parlementaires présents. Les échanges ont été houleux, l'ancien ministre de la défense s'en prenant à Denis Ducarme (en le traitant de "représentant de commerce" (parce qu'il a cité le Leopard...) qui en appelle à mon audition en commission ainsi qu'à celle de Marc Pirlot, professeur de balistique à l'Ecole Royale Militaire. Réponse d'A. Flahaut : "S'agissant des experts cités par M. Ducarme, il faudrait sans doute en ajouter d'autres, qui diront exactement le contraire". Vraiment sûr ?
Selon, le ministre, la première tranche de 132 véhicules a ainsi coûté 404,4 millions d'euros (hors tourelles). Les deux tranches conditionnelles sont d'un montant de 226 et 70 millions d'euros. En cas d'annulation des tranches conditionnelles, il en coûterait 40 millions à la Belgique. Au final, les 242 véhicules reviendraient donc à 700 millions d'euros (l'hypothèse haute évoquée précédement).
Le ministre a également indiqué que "De prijs van de configuratie AIV DF90, met 90mm kanon, bedraagt 69,9 miljoen euro. Donc, le prix de la configuration AIV DF 90 s'élève à 69,9 millions d'euros". Ce qui laisse pendantes plusieurs hypothèses :
- sachant qu'un AIV coûte 2,93 millions/pièce (soit 400,4/132) et que 18 sont commandés, le reliquat serait d'environ 1 million pour chaque tourelle ;
- il peut tout aussi bien s'agir du prix de 40 tourelles (qui reviendraient alors à 1,745 millions/pièce).
En tout état de cause, le prix d'une tourelle serait égal ou supérieur à un Léopard 2. Ce que semblent avoir compris, à la lecture du compte-rendu, la plupart des parlementaires présents. Les échanges ont été houleux, l'ancien ministre de la défense s'en prenant à Denis Ducarme (en le traitant de "représentant de commerce" (parce qu'il a cité le Leopard...) qui en appelle à mon audition en commission ainsi qu'à celle de Marc Pirlot, professeur de balistique à l'Ecole Royale Militaire. Réponse d'A. Flahaut : "S'agissant des experts cités par M. Ducarme, il faudrait sans doute en ajouter d'autres, qui diront exactement le contraire". Vraiment sûr ?
mercredi 13 février 2008
Les 90 mm au programme de la Commission "Achats militaires"
Le système législatif belge est ainsi fait que la Chambre dispose à la fois d'une commission de la défense nationale et d'une commission "achats militaires" dont les discussions se déroulent à huis clot.
Or, cette dernière semble bel et bien avoir été convoquée à l'initiative de l'un de ses membres, afin qu'elle se réunisse le 20 février, pour une réunion portant... sur les canons de 90 mm.
Si l'on ne sait pas encore ce qu'il s'y dira, les premiers échos des travaux de la task-force mise en place par Pieter De Crem sur le dossier pourraient y être entendu. Contrairement à ce qu'affirmait Le Soir, le ministre n'est pas revenu sur sa décision d'annuler la commande des tourelles LCTS-90 et une partie des Piranha IIIC : il avait juste indiqué que ce type de décision devait se prendre en Conseil des ministres.
Et, de fait, les travaux de la task force se poursuivent, visant à examiner les conditions d'une annulation d'une série de contrats. De facto, lorsque l'on considère les prix du marché d'occasion pour une série d'engins plus adaptés aux besoins des armées européennes dans les 20 à 30 ans (voir nos précédents posts), l'ont se dit - en ces temps de rigueur budgétaire - qu'il est relativement facile d'économiser beaucoup d'argent.
Reste, cependant, à examiner dans quelle mesure la Commission va effectivement travailler en ce sens. L'élément politique joue ici à plein. Or, son président et 3 membres (sur un total de 14) sont membres du CD&V, le même parti que le ministre de la Défense. Deux sont MR (dont le programme mentionnait la possible acquisition de Leopard II d'occasion) dont un provient de la région de Liège (où est sise CMI, qui fabrique les tourelles et procède à l'intégration sur Piranha IIIC). Deux sont PS (dont un liégeois). Le seul représentant CDH est brabaçon et, donc, a priori peu concerné par la problématique.
Dans le même temps, reste à examiner quelle sera la position des partis - au rôle particulièrement important en Belgique. Si le PS soutient le 90 mm et son couplage à l'AIV comme les éléments liégeois du MR (en dépit pourtant du programme "défense" du parti), il n'est pas impossible que sa position évolue... sous la pression conjuguée de la nécessité de maintenir la cohésion gouvernementale (par rapport à laquelle le PS est moins sensible) mais aussi d'un changement de position sur le fond.
En tout état de cause, nous ne manquerons pas de vous tenir informé.
Or, cette dernière semble bel et bien avoir été convoquée à l'initiative de l'un de ses membres, afin qu'elle se réunisse le 20 février, pour une réunion portant... sur les canons de 90 mm.
Si l'on ne sait pas encore ce qu'il s'y dira, les premiers échos des travaux de la task-force mise en place par Pieter De Crem sur le dossier pourraient y être entendu. Contrairement à ce qu'affirmait Le Soir, le ministre n'est pas revenu sur sa décision d'annuler la commande des tourelles LCTS-90 et une partie des Piranha IIIC : il avait juste indiqué que ce type de décision devait se prendre en Conseil des ministres.
Et, de fait, les travaux de la task force se poursuivent, visant à examiner les conditions d'une annulation d'une série de contrats. De facto, lorsque l'on considère les prix du marché d'occasion pour une série d'engins plus adaptés aux besoins des armées européennes dans les 20 à 30 ans (voir nos précédents posts), l'ont se dit - en ces temps de rigueur budgétaire - qu'il est relativement facile d'économiser beaucoup d'argent.
Reste, cependant, à examiner dans quelle mesure la Commission va effectivement travailler en ce sens. L'élément politique joue ici à plein. Or, son président et 3 membres (sur un total de 14) sont membres du CD&V, le même parti que le ministre de la Défense. Deux sont MR (dont le programme mentionnait la possible acquisition de Leopard II d'occasion) dont un provient de la région de Liège (où est sise CMI, qui fabrique les tourelles et procède à l'intégration sur Piranha IIIC). Deux sont PS (dont un liégeois). Le seul représentant CDH est brabaçon et, donc, a priori peu concerné par la problématique.
Dans le même temps, reste à examiner quelle sera la position des partis - au rôle particulièrement important en Belgique. Si le PS soutient le 90 mm et son couplage à l'AIV comme les éléments liégeois du MR (en dépit pourtant du programme "défense" du parti), il n'est pas impossible que sa position évolue... sous la pression conjuguée de la nécessité de maintenir la cohésion gouvernementale (par rapport à laquelle le PS est moins sensible) mais aussi d'un changement de position sur le fond.
En tout état de cause, nous ne manquerons pas de vous tenir informé.
Des Rafale pour le Brésil ? (2)
Nous avions déjà évoqué ici, le 8 novembre 2007, la possibilité d'une vente française de Rafale au Brésil. Nous terminions alors la note en indiquant que les Brésiliens estimaient que des transferts technologies seraient indispensables.
Il s'avère aujourd'hui que la France a franchi un pas symbolique important, lorsque N. Sarkozy, en visite en Guyane, a déclaré "J'ai dit au président brésilien que sur la question des sous-marins nous étions prêts à ce qu'un des sous-marins Scorpène soit fabriqué au Brésil, que sur la question des avions de combat comme des hélicoptères nous étions prêts à organiser les transferts de technologie pour que des hélicoptères et des avions de combat - je pense notamment au Rafale - soient fabriqués au Brésil".
Dassault Aviation s'est refusé à tout commentaire mais a souligné toutefois qu'il avait toujours eu "une tradition de grande coopération avec le Brésil et qu'(il) était disposé à étudier les souhaits de son client". La porte est donc ouverte. Un premier effet de l'effort français de restructuration des exportations d'armement qu'examine Véronique Sartini dans le dernier numéro de Technologie & Armement ?
DSI avait été le premier magazine français à faire état de la possibilité de cette vente.
Il s'avère aujourd'hui que la France a franchi un pas symbolique important, lorsque N. Sarkozy, en visite en Guyane, a déclaré "J'ai dit au président brésilien que sur la question des sous-marins nous étions prêts à ce qu'un des sous-marins Scorpène soit fabriqué au Brésil, que sur la question des avions de combat comme des hélicoptères nous étions prêts à organiser les transferts de technologie pour que des hélicoptères et des avions de combat - je pense notamment au Rafale - soient fabriqués au Brésil".
Dassault Aviation s'est refusé à tout commentaire mais a souligné toutefois qu'il avait toujours eu "une tradition de grande coopération avec le Brésil et qu'(il) était disposé à étudier les souhaits de son client". La porte est donc ouverte. Un premier effet de l'effort français de restructuration des exportations d'armement qu'examine Véronique Sartini dans le dernier numéro de Technologie & Armement ?
DSI avait été le premier magazine français à faire état de la possibilité de cette vente.
La phrase du jour
"Vous n'avez pas besoin d'aimer le monde qui vient... Il vient."
Chateaubriand, en tête d'introduction du dernier ouvrage de l'amiral Labouérie
Chateaubriand, en tête d'introduction du dernier ouvrage de l'amiral Labouérie
Un petit coup d'ailes...
... et me voilà de retour en France pour le bouclage du DSI de mars avant de rentrer à Bruxelles samedi, histoire d'aborder la dernière ligne droite avant la défense de thèse de lundi.
A ce propos, si des lecteurs de ce blog envisagent de faire un tour à l'ULB ce lundi, qu'ils n'oublient pas de me laisser un petit mot, histoire de correctement calibrer la logistique du traditionnel "pot" post-défense. Si les armées marchent sur leurs estomacs, les doctorants aussi.
Stay tunned !
A ce propos, si des lecteurs de ce blog envisagent de faire un tour à l'ULB ce lundi, qu'ils n'oublient pas de me laisser un petit mot, histoire de correctement calibrer la logistique du traditionnel "pot" post-défense. Si les armées marchent sur leurs estomacs, les doctorants aussi.
Stay tunned !
lundi 11 février 2008
Nos amis les véhicules d'appui : précision

En regard du dossier des AIV/90 mm, plusieurs lecteurs m'avaient demandé quel était le prix d'un chasseur de char Centauro (8x8 + 105mm ; en photo). Il se trouve que l'Espagne vient d'en commander 8 exemplaires, de même que la modernisation de 21 autres de ses véhicules pour 23,2 millions d'euros.
Toujours dans la même série, cette fois sur le plan "modernisation", l'US Army va convertir 20 M-1A1 en M-1A2 SEP V2 pour 39 millions de dollars. 435 A1 devraient subir ce "reset".
Toujours dans la même série, cette fois sur le plan "modernisation", l'US Army va convertir 20 M-1A1 en M-1A2 SEP V2 pour 39 millions de dollars. 435 A1 devraient subir ce "reset".
Afghanistan : nouveaux déploiements français ?
J'ai été interviewé tout à l'heure par Yves Izard de France-Info, sur la question des options françaises en Afghanistan et sur les pressions américaines en matière de burden- et de risk-sharing. Pas mal de choses étaient à dire et vu leur densité, je me demande comment ils vont goupiller cela au montage ;o)
vendredi 8 février 2008
Budget "maousse" pour les Etats-Unis
La présidence américaine a déposé au Congrès son projet de budget de la défense pour 2009, représentant 515,4 milliards de dollars, soit 35,9 de plus qu’en 2008.
L’Army recevrait au total 140,7 milliards de dollars (+ 11,8 milliards) dont 24,6 serait réservé aux acquisitions et devrait terminer l’année 2009 avec 532 400 personnels dans ses rangs et compterait alors 42 brigades contre 40 actuellement.
L’US Air Force recevrait 143,8 milliards, soit 9 de plus que durant 2008. Les nouvelles acquisitions représentent, dans ce cadre, 41 milliards. Au final, 316 600 personnes relèveront de l’USAF fin 2008.
L’US Navy et les Marines recevraient quant à eux 149,2 milliards. Cinq mille Marines devraient rejoindre les rangs du Corps, le portant ses effectifs à 194 000 (soit une augmentation de 5 000 et en ayant une cible de 202 000 en 2011). Les effectifs de la marine seront quant à eux de 325 300.
Et un commentateur américain de s'inquiéter de la décrue capacitaire que n'enraye pas kles hausses répétées du budget : "Today, we have the smallest defense inventory since 1946. For example, with a spending level considerably higher than in 1985 when the Cold War raged and after Ronald Reagan increased the Defense Department's budget, we have now 10 active Army divisions, not the 17 we had in 1985; less than 300 naval combatants - compared to 542 in 1985, and we have just over 12 active Air Force tactical air wings, not 25".
L’Army recevrait au total 140,7 milliards de dollars (+ 11,8 milliards) dont 24,6 serait réservé aux acquisitions et devrait terminer l’année 2009 avec 532 400 personnels dans ses rangs et compterait alors 42 brigades contre 40 actuellement.
L’US Air Force recevrait 143,8 milliards, soit 9 de plus que durant 2008. Les nouvelles acquisitions représentent, dans ce cadre, 41 milliards. Au final, 316 600 personnes relèveront de l’USAF fin 2008.
L’US Navy et les Marines recevraient quant à eux 149,2 milliards. Cinq mille Marines devraient rejoindre les rangs du Corps, le portant ses effectifs à 194 000 (soit une augmentation de 5 000 et en ayant une cible de 202 000 en 2011). Les effectifs de la marine seront quant à eux de 325 300.
Et un commentateur américain de s'inquiéter de la décrue capacitaire que n'enraye pas kles hausses répétées du budget : "Today, we have the smallest defense inventory since 1946. For example, with a spending level considerably higher than in 1985 when the Cold War raged and after Ronald Reagan increased the Defense Department's budget, we have now 10 active Army divisions, not the 17 we had in 1985; less than 300 naval combatants - compared to 542 in 1985, and we have just over 12 active Air Force tactical air wings, not 25".
Aïe, caliente ! (2)
Le "ping-pong" avec Françoit Durant sur la communication des forces colombiennes est effictivement lancé. Il a posté une fort intéressante réponse à mon post d'avant-hier sur le sujet.
DSI Worldwide Inc.
Assez peu de revues de défense sont diffusées à l'international dans les kiosques, librairies et autres marchands de journaux. En fait, pratiquement aucune sauf, si je ne m'abuse, Military Technology et... DSI comme d'ailleurs Technologie & Armement.
Bien entendu, comme les autres revues, DSI est disponible sur abonnement et via notre boutique en ligne. Mais, en plus, nous sommes aussi disponibles dans les kiosques d'une trentaine de pays, essentiellement francophones. Auquel il faudra en rajouter trois : le Luxembourg, le Liban et les Etats-Unis.
Bon, alors... Qui fait mieux ?
Bien entendu, comme les autres revues, DSI est disponible sur abonnement et via notre boutique en ligne. Mais, en plus, nous sommes aussi disponibles dans les kiosques d'une trentaine de pays, essentiellement francophones. Auquel il faudra en rajouter trois : le Luxembourg, le Liban et les Etats-Unis.
Bon, alors... Qui fait mieux ?
jeudi 7 février 2008
Alors, l'Afghanistan... voyons...
Juste un petit mail pour avertir ceux d'entre-vous qui capteraient Al Jazeera que je serai invité sur leur plateau ce soir au journal de 21.00 (heure de Paris). Ce sera l'occasion d'exercer mon anglais !
Le blog de Stéphane Taillat
A la suite d'un commentaire posté dans le sujet précédent, je remarque que Stéphane Taillat a monté un blog ma foi fort intéressant - En vérité. Pas mal de réflexions et une série d'information sur l'évolution du COIN en Irak (et plus généralement), thématique qui est l'objet de sa thèse en histoire militaire et études de défense.
mercredi 6 février 2008
Aïe, caliente ! - Sur l'action intégrale colombienne et la communication
François Durant de Réflexion stratégique nous est revenu de Colombie (et reprend par ailleurs ses posts) et m’ envoyait récemment un mail accompagné de deux questions, suite à l'interview de l'amiral Marin, chef de l'action intégrale conjointe du commandement général des forces armées colombiennes, publiée dans le N° 33 de DSI.
Avec son accord, je me permet donc d’y répondre en ligne ; nous entamons ainsi un cycle de « ping-pong » en ligne. Pour ce soir, je me limiterai à la première question.
La culture du secret semble être particulièrement forte au sein des Forces Armées régulières colombiennes, c'est du moins mon sentiment. Le partagez vous et cette communication parcimonieuse ne vous semble-t-elle pas préjudiciable à l'obtention du but final recherché ?
Je précise d’emblée que si j’ai lu assez bien sur la situation colombienne, je n’en suis pas un fin connaisseur. Mais, effectivement, les Colombiens communiquent peu. Lorsque j’avais interviewé l’amiral Marin sur les dommages collatéraux, il cherchait à éviter la question, manoeuvrant sur la question des dégâts aux infrastructures. C’est évidemment de bonne guerre.
Au-delà, la culture COIN « traditionnelle » (je m'en expliquerai lors de la réponse à la seconde question) incite à peu communiquer autrement que via des procédés PSYOPS « classiques », au service direct de la contre-insurrection. Sans doute l’impératif de sûreté est-il pris trop au pied de la lettre.
En cela, l’embryon de communication colombienne soutient l’EFR. Dans le même temps, l’environnement de la communication me semble aussi important que sa nature et son caractère. A cet égard, le fait que le gouvernement Uribe soit si pas autoritaire, à tout le moins « fort », me semble aussi avoir un impact.
Je l’ai vu en suivant les débats sur la résilience : un haut niveau de communication implique souvent des débats au sein de la société civile qui, pour adhérer à l’action d’un gouvernement, doit aussi le remettre en question.
De ce point de vue, je ne suis pas tout à fait d’accord avec Michel Yakovleff, lorsqu’il indique que « moins une société est informée, plus elle est résistante » dans son excellent traité. Sur le fond, il a raison pour ce qui concerne les Etats ayant des régimes politiques autoritaires (là où, effectivement, nous avons plus de chance de nous trouver).
Mais dans des régimes démocratiques, l’information joue justement un rôle crucial, parce que si vous ne la donnez pas, la société civile et des journalistes pas toujours bien informés se chargeront de la donner et/ou de la créer dans un sens pas nécessairement congruent à l’EFR.
Une démocratie ne peut pas empêcher les gens de parler – alors que c’est un des traits des régimes autoritaires Or, Uribe est à la charnière des deux.. Sa communication pourrait donc devenir un marqueur de ses progrès démocratiques.
Dans le même temps, il pourrait instrumentaliser plus qu’il ne le fait l’enlèvement d’I. Betancourt ou de députés. Ce levier de guerre idéologique face à une guérilla où l’idéologie est théoriquement motrice est a priori excellent – y compris d’ailleurs dans la lutte contre les milices d’extrême droite. Reste à savoir pourquoi il n’est pas utilisé…
Avec son accord, je me permet donc d’y répondre en ligne ; nous entamons ainsi un cycle de « ping-pong » en ligne. Pour ce soir, je me limiterai à la première question.
La culture du secret semble être particulièrement forte au sein des Forces Armées régulières colombiennes, c'est du moins mon sentiment. Le partagez vous et cette communication parcimonieuse ne vous semble-t-elle pas préjudiciable à l'obtention du but final recherché ?
Je précise d’emblée que si j’ai lu assez bien sur la situation colombienne, je n’en suis pas un fin connaisseur. Mais, effectivement, les Colombiens communiquent peu. Lorsque j’avais interviewé l’amiral Marin sur les dommages collatéraux, il cherchait à éviter la question, manoeuvrant sur la question des dégâts aux infrastructures. C’est évidemment de bonne guerre.
Au-delà, la culture COIN « traditionnelle » (je m'en expliquerai lors de la réponse à la seconde question) incite à peu communiquer autrement que via des procédés PSYOPS « classiques », au service direct de la contre-insurrection. Sans doute l’impératif de sûreté est-il pris trop au pied de la lettre.
En cela, l’embryon de communication colombienne soutient l’EFR. Dans le même temps, l’environnement de la communication me semble aussi important que sa nature et son caractère. A cet égard, le fait que le gouvernement Uribe soit si pas autoritaire, à tout le moins « fort », me semble aussi avoir un impact.
Je l’ai vu en suivant les débats sur la résilience : un haut niveau de communication implique souvent des débats au sein de la société civile qui, pour adhérer à l’action d’un gouvernement, doit aussi le remettre en question.
De ce point de vue, je ne suis pas tout à fait d’accord avec Michel Yakovleff, lorsqu’il indique que « moins une société est informée, plus elle est résistante » dans son excellent traité. Sur le fond, il a raison pour ce qui concerne les Etats ayant des régimes politiques autoritaires (là où, effectivement, nous avons plus de chance de nous trouver).
Mais dans des régimes démocratiques, l’information joue justement un rôle crucial, parce que si vous ne la donnez pas, la société civile et des journalistes pas toujours bien informés se chargeront de la donner et/ou de la créer dans un sens pas nécessairement congruent à l’EFR.
Une démocratie ne peut pas empêcher les gens de parler – alors que c’est un des traits des régimes autoritaires Or, Uribe est à la charnière des deux.. Sa communication pourrait donc devenir un marqueur de ses progrès démocratiques.
Dans le même temps, il pourrait instrumentaliser plus qu’il ne le fait l’enlèvement d’I. Betancourt ou de députés. Ce levier de guerre idéologique face à une guérilla où l’idéologie est théoriquement motrice est a priori excellent – y compris d’ailleurs dans la lutte contre les milices d’extrême droite. Reste à savoir pourquoi il n’est pas utilisé…
Suède : bye-bye SEP
Le programme SEP de véhicules polyvalents chenillés et à roues a été annulé par la Suède. N'ayant pu trouver de partenaire sur le marché et alors que le budget de la défense suédois a été revu à la baisse, les responsables ont préféré lancer un processus de révision de leur cahier des charges.
Des kits Enhanced Paveway pour les 2000D
La DGA a notifié fin janvier 2008 aux sociétés cotraitantes Raytheon Systems France, Rafaut et Alkan un marché de modification de 200 kits de guidage Paveway II, afin d’y ajouter une capacité de guidage GPS. Le marché se monte à 23 M€ TTC.
Les premiers kits seront livrés à l’armée de l’air en 2010 et l’ensemble de l’opération doit s’achever en 2015. Les Enhanced Paveway II vont équiper les bombes Mk82 emportées sur Mirage 2000D et confèreront à l’avion une capacité de tir de précision tout temps. Pour utiliser cette nouvelle capacité, les Mirage 2000D devront également être modifiés (calculateurs dédiés, boîtiers de commandes, câblages).
Les premiers kits seront livrés à l’armée de l’air en 2010 et l’ensemble de l’opération doit s’achever en 2015. Les Enhanced Paveway II vont équiper les bombes Mk82 emportées sur Mirage 2000D et confèreront à l’avion une capacité de tir de précision tout temps. Pour utiliser cette nouvelle capacité, les Mirage 2000D devront également être modifiés (calculateurs dédiés, boîtiers de commandes, câblages).
Le bilan 2007 du RMES
C'était une tradition un peu perdue de vue sous le travail mais nous disposons à présent du bilan annuel du Réseau Multidisciplinaire d'Etudes Stratégiques :
Au cours de l'année 2007, ses membres ont écrit :
- 2 ouvrages ;
- 4 monographies (dont 2 Notes du RMES, un nouveau concept) ;
- 143 articles se répartissant en 23 articles de référence ou chapitres d’ouvrages, 103 articles parus dans des magazines spécialisés, 17 opinions parues dans la presse quotidienne.
Ils ont en outre participé en tant qu’orateurs à 34 conférences/colloques/tables rondes et ont donné 104 interviews aux médias.
Le RMES a en outre accueilli Galia Glume (UCL) et Delphine Resteigne (ERM).
Au cours de l'année 2007, ses membres ont écrit :
- 2 ouvrages ;
- 4 monographies (dont 2 Notes du RMES, un nouveau concept) ;
- 143 articles se répartissant en 23 articles de référence ou chapitres d’ouvrages, 103 articles parus dans des magazines spécialisés, 17 opinions parues dans la presse quotidienne.
Ils ont en outre participé en tant qu’orateurs à 34 conférences/colloques/tables rondes et ont donné 104 interviews aux médias.
Le RMES a en outre accueilli Galia Glume (UCL) et Delphine Resteigne (ERM).
mardi 5 février 2008
La citation du jour
"Le premier, le plus important, le plus décisif acte de jugement d’un homme d’Etat ou d’un commandant en chef est l’appréciation du genre de guerre qu’il entreprend, afin de ne pas la prendre pour ce qu’elle n’est pas et de ne pas vouloir en faire ce que la nature des circonstances lui interdit d’être".
Carl von Clausewitz
Carl von Clausewitz
lundi 4 février 2008
Il y a des mails que l'on reçoit...
...Et qui font du bien :o)
Département de sciences politiques
Monsieur Joseph HENROTIN, licencié en Sciences Politiques – orientation relations internationales et porteur d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Sciences politiques de l’Université Libre de Bruxelles, défendra publiquement une thèse de doctorat en Sciences Politiques et Sociales intitulée :
«Hypertrophie de la stratégie des moyens et Révolution dans les Affaires Militaires.
La technologisation, dérive de l’innovation dans le discours politico-stratégique américain ?»
Le LUNDI 18 FEVRIER 2008 à 18 heures
Auditoire H1.309
rez-de-chaussée du bâtiment H
2 avenue Paul Héger
1050 Bruxelles
Département de sciences politiques
Monsieur Joseph HENROTIN, licencié en Sciences Politiques – orientation relations internationales et porteur d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Sciences politiques de l’Université Libre de Bruxelles, défendra publiquement une thèse de doctorat en Sciences Politiques et Sociales intitulée :
«Hypertrophie de la stratégie des moyens et Révolution dans les Affaires Militaires.
La technologisation, dérive de l’innovation dans le discours politico-stratégique américain ?»
Le LUNDI 18 FEVRIER 2008 à 18 heures
Auditoire H1.309
rez-de-chaussée du bâtiment H
2 avenue Paul Héger
1050 Bruxelles
Nouveau crash de F-15
C'est le 5ème crash de F-15 depuis mai, et en dépis d'inspections rigoureuses qui avaient démontré les faiblesses structurelles d'un longeron crucial pour la sécurité des avions. L'Air Force elle-même admet que le problème a été détecté sur 161 appareils dont le destin est encore inconnu.
Le pilote du F-15D (il n'avait apparement pas de passager) s'est éjecté et a été récupéré.
Le pilote du F-15D (il n'avait apparement pas de passager) s'est éjecté et a été récupéré.
Des RC-135 britanniques
Faisant face à des problèmes chroniques de financement de ses appareils ELINT/SIGINT Nimrod R1, la Royal Air Force a obtenu de sa consoeur américaine la location de deux RC-135 Rivet Joint sur lequel, pour l’occasion, vont être apposées les cocardes britanniques.
Les équipages de ces appareils ne seront toutefois pas totalement britanniques. Les 3 R1 subissent les mêmes problèmes que le MR2 qui s’était écrasé en Afghanistan (la température en cabine montant, par exemple, à plus de 50°C).
Reste que la solution de la mutualisation est considérée comme la plus rentable, le remplacement des appareils – qui devaient rester en service jusque 2025 – étant estimé à 600 millions de livre. Les R1 ont une dotation de 24 spécialistes et doivent utiliser un système ELINT/SIGINT Helix dont les caractéristiques sont confidentielles mais qui est considéré par la RAF comme plus avancé que les systèmes installés sur le RC-135.
Les R1 devaient par exemple disposer d’une capacité de brouillage radar que n’ont pas les RC-135.
Les équipages de ces appareils ne seront toutefois pas totalement britanniques. Les 3 R1 subissent les mêmes problèmes que le MR2 qui s’était écrasé en Afghanistan (la température en cabine montant, par exemple, à plus de 50°C).
Reste que la solution de la mutualisation est considérée comme la plus rentable, le remplacement des appareils – qui devaient rester en service jusque 2025 – étant estimé à 600 millions de livre. Les R1 ont une dotation de 24 spécialistes et doivent utiliser un système ELINT/SIGINT Helix dont les caractéristiques sont confidentielles mais qui est considéré par la RAF comme plus avancé que les systèmes installés sur le RC-135.
Les R1 devaient par exemple disposer d’une capacité de brouillage radar que n’ont pas les RC-135.
T&A n°10 - le sommaire
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Technologie & Armement n°10 - février/mars 2008
En kiosque dès le 8 février
Editorial
News
Points de vue
Vente d'armes françaises : les chiffres 2006
Politique d'exportation d'armes françaises : les outils
La NRF, facteur de dynamisation de l’interopérabilité
L’espace, un élément essentiel au développement de l’humanité
Air
Le MV-22 est déployé en Irak
Enjeux pour la recherche de la défense antimissile balistique de territoire
L’industrie de l’aéronautique en Chine : historique et perspectives
L’industrie de l’aéronautique en Chine : historique et perspectives
La famille des F-15 d’attaque a encore de beaux jours devant elle
États-Unis : une nouvelle UAS Roadmap
Terre
Quand le Javelot terrassa le Dragon !
Guibert 2007 à la loupe
Les « nouveaux » APC australiens : back to the future
Mer
Le Cambodge attend impatiemment de posséder une marine crédible
L’Atago, nouveau croiseur japonais
Amur 950 : une nouvelle menace sous la mer
Sjöormen, Gotland, Challenger, Collins et A26. Les sous-marins suédois
samedi 2 février 2008
Livre Blanc : quelques mesures
Le Figaro Magazine a révélé hier un certain nombre d'éléments issus du rapport d'étape transmis par la Commission du Livre Blanc sur la Défense. Outre la création d'un Conseil de défense et de sécurité nationale et l'ajout aux quatre grandes fonctions stratégiques d'une cinquième, de la « connaissance et de l'anticipation, incluant le renseignement », d'autres éléments ont été publiés.
Le contexte
"La population française et le territoire national comme européen nous paraissent plus vulnérables et davantage exposés à des menaces directes", et la France est "au premier rang des pays ciblés » par le terrorisme et est exposée à des « risques balistiques plus élevés".
Le rapport (intérimaire et devant donc être rediscuté) voit l'apparition d'un concept que les lecteurs de ce blog connaissent bien : la résilience. La Commission cherche ainsi une "capacité de résilience de la société, des pouvoirs publics et des grands acteurs de la vie économique et sociale". Selon Le Figaro, "il faut préparer la France, mal armée tant structurellement que psychologiquement, à supporter les effets de la "concrétisation d'un risque majeur (terrorisme, attaque informatique de réseaux critiques, menace balistique, crise sanitaire ou environnementale majeure"".
L'environnement
Quelle prochaines guerres ? "le risque de déclenchement d'un conflit majeur ne peut être écarté" dans les 15 ans, en particulier "dans l'arc de crise islamique, allant du Maroc au Pakistan". Par ailleurs, le "basculement du centre de gravité stratégique de la planète vers l'Asie" est acté.
La Commission est "frappée par les difficultés croissantes et le surinvestissement des soldats pour faire fonctionner des matériels de plus en plus souvent trop anciens ou inadaptés" alors que "l'arrivée des nouveaux équipements est lente". Ces problèmes seraient "hautement critiques en cas de guerre".
Financièrement, les options étudiées sont tristounettes : "Maintien en valeur du budget 2008 puis évolution en euros constants ; reconduction du budget 2008 en volume ; hausse de 0,8 % par an en volume". Ce qui signifie pour LeFigaro, "une baisse de la part du PIB accordée à la défense". Le ministère souhaiterait aussi lancer "l'étude d'un scénario augmentant son budget de 1,85 % du PIB en 2008 à 2 %, soit une hausse de 2,7 milliards".
Au final donc, la Commission planche sur base d'éléments réalistes mais aussi assez pessimistes. Certaines options discutés sont assez innovantes... Mais reste à voir celles qui seront effectivement reprises. Entre le choix des modèles d'armées, celui d'une éventuelle correction de la doctrine nucléaire, le renforcement de la coordination civilo-militaire sur le territoire ou, plus prosaïquement, les budgets, nombreux seront les choix difficiles et... lourds de sens.
Le reste est à lire ici.
Le contexte
"La population française et le territoire national comme européen nous paraissent plus vulnérables et davantage exposés à des menaces directes", et la France est "au premier rang des pays ciblés » par le terrorisme et est exposée à des « risques balistiques plus élevés".
Le rapport (intérimaire et devant donc être rediscuté) voit l'apparition d'un concept que les lecteurs de ce blog connaissent bien : la résilience. La Commission cherche ainsi une "capacité de résilience de la société, des pouvoirs publics et des grands acteurs de la vie économique et sociale". Selon Le Figaro, "il faut préparer la France, mal armée tant structurellement que psychologiquement, à supporter les effets de la "concrétisation d'un risque majeur (terrorisme, attaque informatique de réseaux critiques, menace balistique, crise sanitaire ou environnementale majeure"".
L'environnement
Quelle prochaines guerres ? "le risque de déclenchement d'un conflit majeur ne peut être écarté" dans les 15 ans, en particulier "dans l'arc de crise islamique, allant du Maroc au Pakistan". Par ailleurs, le "basculement du centre de gravité stratégique de la planète vers l'Asie" est acté.
La Commission est "frappée par les difficultés croissantes et le surinvestissement des soldats pour faire fonctionner des matériels de plus en plus souvent trop anciens ou inadaptés" alors que "l'arrivée des nouveaux équipements est lente". Ces problèmes seraient "hautement critiques en cas de guerre".
Financièrement, les options étudiées sont tristounettes : "Maintien en valeur du budget 2008 puis évolution en euros constants ; reconduction du budget 2008 en volume ; hausse de 0,8 % par an en volume". Ce qui signifie pour LeFigaro, "une baisse de la part du PIB accordée à la défense". Le ministère souhaiterait aussi lancer "l'étude d'un scénario augmentant son budget de 1,85 % du PIB en 2008 à 2 %, soit une hausse de 2,7 milliards".
Au final donc, la Commission planche sur base d'éléments réalistes mais aussi assez pessimistes. Certaines options discutés sont assez innovantes... Mais reste à voir celles qui seront effectivement reprises. Entre le choix des modèles d'armées, celui d'une éventuelle correction de la doctrine nucléaire, le renforcement de la coordination civilo-militaire sur le territoire ou, plus prosaïquement, les budgets, nombreux seront les choix difficiles et... lourds de sens.
Le reste est à lire ici.
vendredi 1 février 2008
Des Leopard 2A6 pour le Portugal
Le contrat entre le Portugal et les Pays-Bas a officiellement été signé, portant sur la livraison de 37 Leopard 2A6, un véhicule d'entraînement, des pièces détachées, la formation des équipages et des munitions. Les premiers chars arriveront auu Portugal début septembre de cette année.
Si le montant du contrat n'a pas été dévoilé, certains chiffres de contrats de ce type récemment effectués laissent songeur - je pense en particulier au cas belge des AIV+90 mm (à minimum 2,89 millions/pièce, plrix de la tourelle non inclus). Ainsi :
- La Finlande a acheté 100 Leopard 2 pour 100 millions d'Euros en 2002 ;
- L’Espagne a acheté 108 chars Leopard 2A4 pour 16 millions d’euros (148 500 Eur/pièce).
- Le Chili a acheté 140 Leopard 2 pour 125 millions de dollars (893 000 dollars/pièce).
- La Grèce a acheté en 2005 180 Leopard 1 (105 mm) et 150 Leopard 2 (120 mm) pour 270 millions d’Euros (818 000 Eur/pièce).
Aussi, même à un million pièce – un prix surévalué par rapport au marché – 40 Leopard d’occasion représenteraient 40 millions d’Euros. Comparativement, 40 AIV+90 mm représenteraient, suivant les estimations de 155,6 à 195,6 millions d’Euros.
Dont gain pour la défense belge : de 115 à 155 millions d'euros. Bon, vous me disiez donc qu'il fallait aussi faire renaître l'artillerie ? Alors...
Si le montant du contrat n'a pas été dévoilé, certains chiffres de contrats de ce type récemment effectués laissent songeur - je pense en particulier au cas belge des AIV+90 mm (à minimum 2,89 millions/pièce, plrix de la tourelle non inclus). Ainsi :
- La Finlande a acheté 100 Leopard 2 pour 100 millions d'Euros en 2002 ;
- L’Espagne a acheté 108 chars Leopard 2A4 pour 16 millions d’euros (148 500 Eur/pièce).
- Le Chili a acheté 140 Leopard 2 pour 125 millions de dollars (893 000 dollars/pièce).
- La Grèce a acheté en 2005 180 Leopard 1 (105 mm) et 150 Leopard 2 (120 mm) pour 270 millions d’Euros (818 000 Eur/pièce).
Aussi, même à un million pièce – un prix surévalué par rapport au marché – 40 Leopard d’occasion représenteraient 40 millions d’Euros. Comparativement, 40 AIV+90 mm représenteraient, suivant les estimations de 155,6 à 195,6 millions d’Euros.
Dont gain pour la défense belge : de 115 à 155 millions d'euros. Bon, vous me disiez donc qu'il fallait aussi faire renaître l'artillerie ? Alors...
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La Navy réussit le test de son EMRG

Testant son prototype de canon électromagnétique (EMRG - Electro-Magnetic Rail Gun), la marine US a battu un record en lançant un projectile de 3,5 kg à une vitesse de Mach 7. Ayant nécessité une puissance de 40 Mégajoules, le tir ouvre la voie à des applications opérationnelles selon la Navy.
Ultimement, elle espère pouvoir lancer des charges cinétiques (jouant uniquement sur la force d’impact du projectile) à 200 nautiques (contre 13 pour les actuels canons de 127 mm) en moins de 6 minutes avec une précision terminale de 5 m.
Reste la traditionnelle question : sur quoi tirer et dans quel ordre...
jeudi 31 janvier 2008
DSI n°34 : le sommaire
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DSI n°34, février 2008
Editorial
Nominations/agenda
Les contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
Flash : JAS-39 hongrois, exportations israéliennes, FOC du F-22, KC-45, production du P-8, Cosmos 2434, première découpe de tôle pour le Suffren, SMArt-155 britanniques, Su-30MKA
International : la course aux cyber-armes
La phrase du mois
Etats-Unis : La valse des MRAPs, Parution d’une nouvelle UAS Roadmap, roll-out du F-35B, après la DARPA, l’IARPA, increvable KC-135, l’ATL avance, de l’importance des drones, Northrop veut un bombardier-laser capable d’infiltrer des SF, quelle structure de force pour l’US Navy ?, le M-4 s’enraye. Oui, mais non !, la sociologie est un sport de combat, les C-17 passent au vert, coup dur pour les F-15, 232 millions de dollars pour le XM-1111,
Europe : EADS étudie un nouvel UAV…, …et ressuscite le Barracuda, premiers contrats pour l’AED, précisions sur les retards
Espagne : les premiers COMFUT débarquent
France : le point sur le Livre blanc
Grèce : le BMP-3 l’emporte
République tchèque : annulation des Pandur II
Russie : le mystère du B-90 Sarov, full-speed pour le Fullback
Suède : un missile hypersonique en essais
Afghanistan : la nouvelle arme sera… canadienne
Chine : exercice conjoint avec l’Inde, lorsque l’on n’a pas de pétrole…, Qian Xuesen et le programme spatial chinois, le DF-25, légère augmentation du nombre de patrouilles sous-marines, le missile surface-air HQ-12 opérationnel ?
Corée du Nord : augmentation des capacités de cyber-guerre
Corée du Sud : livraison du Son Won Il
Inde : une défense antimissiles pour 2010, l’Agni-IV en développement, renforcement de la coopération avec Israël
Israël : des C-RAM contre les roquettes, les raisons de l’empressement à acheter le F-35
Iran : cache-cache entre les Gardiens de la révolution et l’US Navy
Japon : lancement du premier sous-marin AIP, pas de nouveau chasseur avant 2015, premier tir de SM-3
Pakistan : après Bhutto, le chaos
Australie : la marine en mauvaise posture, développements sous-marins ?
Le ton monte entre le Tchad et le Soudan
La chronique de Carl von C. : Scoop toujours !
Sécurité
France, PESD et sondages d’opinion
Par André Dumoulin, attaché au département de sociologique de l’Ecole Royal Militaire (Bruxelles)
Stratégie
David Petraeus et la campagne de 2007 en Irak : la contre-insurrection victorieuse?
Par Stéphane Taillat, doctorant en histoire militaire et études de défense
Penser la guerre à l’heure du déclin de l’hyper-puissance. Réflexions sur le livre du général Desportes
Par Jacques Sapir, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
Midway, 4 juin 1942. Aux sources de la défaite japonaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Pourquoi Midway en 2008 ?
Entretien avec le contre-amiral (2S) Guy Labouérie, ancien commandant de l’école supérieure de guerre navale, auteur de Penser l’Océan avec Midway.
Armées
Les ailes du dragon. La Republic Of China Air Force face à la Chine
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Quels futurs stratégiques pour Taiwan ?
Entretien avec Jean-Vincent Brisset, Directeur de recherche à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS)
Tableau de bord : la ROCAF
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
NRF. La Marine nationale est d’alerte
Par Véronique Sartini, journaliste
La probabilité est aujourd’hui forte pour que, s’il se passe quelque chose, on y aille
Entretien avec le contre-amiral Alain Hinden, commandant de la Force aéromaritime de réaction rapide (COMFRMARFOR)
Technologie
Contre-insurrection aérienne : vers un tournant ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Quel type d’avion pour la lutte anti-guérilla ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Les Britanniques et l’Air control
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Boeing/MDD F-15C Eagle/Le F-15 dans l’historiographie de la supériorité aérienne
Char de combat FV 4034 Challenger 2/Une tradition en voie de disparition
Sous-marin Type 039, 039G et 039G1, classe Song/Quel avenir pour la sous-marinade conventionnelle chinoise ?
Critiques de lecture
La guerre au XXIè siècle. Un nouveau siècle de feu et de sang, de Colin S. Gray
Histoire secrète du Mossad de 1951 à nos jours, de Gordon Thomas
Liberté, égalité, sécurité, de Nicolas Arpagian (Dir.)
The Interagency and Counterinsurgency Warfare: Aligning and Integrating Military and Civilian Roles in Stability, Transition and Reconstruction Operations, de Jay W. Boggs et Joseph R. Cerami
Vaincre une guérilla ? Le cas français en Algérie de la DREX du CDEF
mercredi 30 janvier 2008
Blogosphère stratégique : un de plus !
Juste un petit mot pour vous signaler qu'un jeune auteur, actuellement en master en études de sécurité à Washington, Thomas Renard, vient de lancer son blog, "Le front asymétrique". Au menu, synthèse de documents US et analyses. Bon, comme d'habitude, je ne suis pas d'accord sur tout. Mais ceux qui me connaissent savent que c'est bon signe ;o)
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Le déclin de l'Air Force ?
Certains commentateurs américains avaient posé, il y a quelques temps, une question qui fâche : faut-il dissoudre l'Air Force ? Impertinente, la question s'appuyait sur une faramineuse augmentation des coûts pour des capacités se réduisant inexorablement.
Ainsi, seuls 2 appareils compensent la sortie de service de 3 avions. Le programme de modernisation des C-5 est une véritable catastrophe (119 million de dollars/appareil), l'E-10 a été annulé (à l'époque, une exclusivité DSI), et les futures capacités de combat vont sans doute être sérieusement rabottées. Il y a certes l'éternel problème posé par le F-35 et ses coûts non maîtrisés.
Mais il y a aussi le F-22. Plusieurs opérationnels s'étaient ainsi positionnés pour de nouvelles commandes, ambitionnant de porter la flotte à 381. Mais le Secrétaire adjoint à la défense, Gordon England, à pris position : ce sera 187 et pas un de plus, d'éventuelles nouvelles commandes étant, selon lui, du ressort de l'Administration suivante. Qui, pourront nous ajouter, aura sans doute bien du plaisir...
Ainsi, seuls 2 appareils compensent la sortie de service de 3 avions. Le programme de modernisation des C-5 est une véritable catastrophe (119 million de dollars/appareil), l'E-10 a été annulé (à l'époque, une exclusivité DSI), et les futures capacités de combat vont sans doute être sérieusement rabottées. Il y a certes l'éternel problème posé par le F-35 et ses coûts non maîtrisés.
Mais il y a aussi le F-22. Plusieurs opérationnels s'étaient ainsi positionnés pour de nouvelles commandes, ambitionnant de porter la flotte à 381. Mais le Secrétaire adjoint à la défense, Gordon England, à pris position : ce sera 187 et pas un de plus, d'éventuelles nouvelles commandes étant, selon lui, du ressort de l'Administration suivante. Qui, pourront nous ajouter, aura sans doute bien du plaisir...
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La sécurité informatique est une affaire de défense...
A relire le document Préparer les engagements de demain 2035, la sécurité informatique n'apparaissaît qu'en creux et semblait faire l'objet d'une attention moins importante que, par exemple, la sécurité énergétique. Reuters nous apprend cependant que la police grecque a indiqué en début de semaine avoir procédé à l'arrestation d'un pirate dont les activités illicites auraient fait perdre près de 250 millions d'euros à Dassault.
Selon Reuters, le pirate aurait notamment volé différentes informations hautement confidentielles sur des dispositifs d'armement, ensuite revendues sur Internet. "Ce mathématicien de 58 ans est recherché depuis 2002, après que Dassault a contacté les autorités grecques", a déclaré un représentant de la police grecque.
"Il a causé plus de 361 millions de dollars (plus de 245 millions d'euros) de dommages au groupe, et a vendu certaines données industrielles, dont des informations relatives aux systèmes d'armement, à plus de 250 acheteurs sur Internet".
Selon Reuters, le pirate aurait notamment volé différentes informations hautement confidentielles sur des dispositifs d'armement, ensuite revendues sur Internet. "Ce mathématicien de 58 ans est recherché depuis 2002, après que Dassault a contacté les autorités grecques", a déclaré un représentant de la police grecque.
"Il a causé plus de 361 millions de dollars (plus de 245 millions d'euros) de dommages au groupe, et a vendu certaines données industrielles, dont des informations relatives aux systèmes d'armement, à plus de 250 acheteurs sur Internet".
mardi 29 janvier 2008
La France a-t-elle les moyens de ses ambitions ?
J'avais eu l'occasion, la semaine dernière, de commenter sur France-Info la lettre du CEMAT au CEMA, ce qui m'avait valu d'être invité au débat du soir, en l'occurrence avec le vice-président de la Commission de la défense de l'Assemblée nationale, Michel Voisin. Quelqu'un me signale que les interventions sont conservées et peuvent être écoutées en ligne. C'est (parfois) beau, la technologie ;o)
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lundi 28 janvier 2008
Des IFV Puma pour le Canada ?
Le Canada pourrait être le premier client à l’exportation du véhicule de combat d’infanterie Puma. Selon des officiels de Rheinmetall, le Département de la Défense Nationale canadien serait intéressé par le véhicule, en particulier dès lors que les LAV III canadiens ont eu des problèmes de mobilité off road ou au passage de rivières en Afghanistan.
Une base qui ressemble à un porte-avions
C’est à la suite de la visite du président français que sera annoncée la création d’une base militaire permanente dans les Emirats Arabes unis, plus précisément à Abu Dhabi. Elle compterait un personnel variant de 400 à 500 personnes provenant de toutes les armées. Si cette évolution spectaculaire – la France ne disposait d’aucune base permanente dans le Golfe – a étonné, elle est aussi la prolongation naturelle d’un accord de défense mutuelle conclue en 1995 avec les Emirats.
Ces derniers estiment que la contribution française est de nature à calmer les tensions dans la région en rééquilibrant une distribution de puissance actuellement à l’avantage des Etats-Unis. D’autres analystes ont indiqué que la nouvelle base jouait plutôt en faveur des Etats-Unis, les relations de Washington et de Paris n’ayant jamais été aussi proches.
Mais, au-delà de cette réflexion géopolitique, d’autres raisons expliquent aussi la décision de la France. Certes, cette base contribuera sans nul doute au dispositif de promotion des exportations de matériels de défense. Mais il se pourrait également que la nouvelle base française soit aussi le pilier d’évolutions majeures dans la politique de défense française.
Certains estiment ainsi qu’elle permettra d’éventuellement évacuer la base de Djibouti. Plus probablement (dès lors que le verrouillage du détroit de Bab-el-Mandeb est important), la base est positionnée comme véritable un porte-avions géographique. Elle serait ainsi capable de monter en puissance « à la demande », au moyen d’appareils de l’aéronavale ou de l’armée de l’Air, éventuellement dans une configuration proche des Air Expeditionnary Forces (AEF) américaines (et offrant un mixte de ravitailleurs en vol, de moyen de soutien et de combat).
Force est, en effet, de constater que les déploiements de porte-avions français dans le Golfe ont été nombreux ces 20 dernières années, de sorte que la base pourrait bien constituer un substitut au second porte-avions, dont la commande est toujours attendue.
Ces derniers estiment que la contribution française est de nature à calmer les tensions dans la région en rééquilibrant une distribution de puissance actuellement à l’avantage des Etats-Unis. D’autres analystes ont indiqué que la nouvelle base jouait plutôt en faveur des Etats-Unis, les relations de Washington et de Paris n’ayant jamais été aussi proches.
Mais, au-delà de cette réflexion géopolitique, d’autres raisons expliquent aussi la décision de la France. Certes, cette base contribuera sans nul doute au dispositif de promotion des exportations de matériels de défense. Mais il se pourrait également que la nouvelle base française soit aussi le pilier d’évolutions majeures dans la politique de défense française.
Certains estiment ainsi qu’elle permettra d’éventuellement évacuer la base de Djibouti. Plus probablement (dès lors que le verrouillage du détroit de Bab-el-Mandeb est important), la base est positionnée comme véritable un porte-avions géographique. Elle serait ainsi capable de monter en puissance « à la demande », au moyen d’appareils de l’aéronavale ou de l’armée de l’Air, éventuellement dans une configuration proche des Air Expeditionnary Forces (AEF) américaines (et offrant un mixte de ravitailleurs en vol, de moyen de soutien et de combat).
Force est, en effet, de constater que les déploiements de porte-avions français dans le Golfe ont été nombreux ces 20 dernières années, de sorte que la base pourrait bien constituer un substitut au second porte-avions, dont la commande est toujours attendue.
Parution des statistiques OTAN : la Belgique dernière pour les équipements
Un petit mot pour vous signaler la parution des dernières statistiques économiques de l'OTAN. Comme en 2005 et 2006, la Belgique est bonne dernière en ce qui concerne la part du budget de défense affectée aux équipements, avec 6,6% du budget. L'avant-dernier est la Slovénie, avec 7
7,1%
La France consacre quant à elle 22,4% de son budget de défense aux équipements et 55,9% au personnel, contre 74,1% pour la Belgique, le taux le plus élevé de l'OTAN. Les dépenses de défense françaises par habitant sont de 560 dollars contre 277 pour la Belgique et... 426 pour le Luxembourg.
Les dépenses de défenses française s'élevaient en 2007 à 38,673 milliards d'euros pour 3,172 milliards pour la Belgique.
7,1%
La France consacre quant à elle 22,4% de son budget de défense aux équipements et 55,9% au personnel, contre 74,1% pour la Belgique, le taux le plus élevé de l'OTAN. Les dépenses de défense françaises par habitant sont de 560 dollars contre 277 pour la Belgique et... 426 pour le Luxembourg.
Les dépenses de défenses française s'élevaient en 2007 à 38,673 milliards d'euros pour 3,172 milliards pour la Belgique.
samedi 26 janvier 2008
Résilience en Belgique, les minutes de la Commission
J'avoue, je suis un peu en retard. Toujours est-il que le compte-rendu de la discussion en Commisssion de l'intérieur au sujet de la résilience est mis en ligne. Les débats sont à suivre à partir de la page 10, se terminant - de façon assez tendue - en page 18.
vendredi 25 janvier 2008
De retour dans le chaudron
En un petit coup d'ailes, j'étais de retour sur Bruxelles, juste le temps de taper quelques critiques de lectures pour le prochain DSI... avec la vue sur les Alpes et, un peu plus tard, un coup d'oeil bien placé pour voir la base de Saint Dizier de 8.000 m. Finalement, s'il y a bien un luxe, c'est celui d'écrire en altitude ;o)
T&A n°10 sur les rotatives
Et voilà, le 10ème numéro de Technologie et Armement est bouclé.
Au menu du prochain numéro et entre autres, un reportage sur l'exercice Guibert 2007, l'industrie aéronautique chinoise et son évolution ; les conditions techniques nécessaires à l'établissement d'une défense antimissiles de territoire, une analyse de la nouvelle UAS Roadmap ; celle de l'évolution des sous-marins suédois ; un topo complet sur les nouvelles structures françaises en matière d'exportation d'armement et quelques (bonnes) surprises en prime.
C'est aussi l'occasion pour la rédaction de vous remercier de votre fidélité : vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire non seulement en France mais aussi dans les 42 pays où il est distribué en kiosque et en librairie.
Au menu du prochain numéro et entre autres, un reportage sur l'exercice Guibert 2007, l'industrie aéronautique chinoise et son évolution ; les conditions techniques nécessaires à l'établissement d'une défense antimissiles de territoire, une analyse de la nouvelle UAS Roadmap ; celle de l'évolution des sous-marins suédois ; un topo complet sur les nouvelles structures françaises en matière d'exportation d'armement et quelques (bonnes) surprises en prime.
C'est aussi l'occasion pour la rédaction de vous remercier de votre fidélité : vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire non seulement en France mais aussi dans les 42 pays où il est distribué en kiosque et en librairie.
Le 90mm est-il une affaire d'Etat ?
Votre serviteur a été contacté hier par la rédaction du Morgen, qui a lu La Libre d'avant-hier. Le résultat est un article paru aujourd'hui sous le poétique titre de "90 mm kanonnen en de wet van Darwin". Vous aurez compris que je fait là référence à la question de l'adaptation.
En attendant, le dossier a connu des développements dans la journée d'hier : De Crem a été questionné à la Chambre par l'ancien ministre de la défense sur le fait qu'une décision d'annulation de contrat doit se prendre en Conseil des ministres.
P. De Crem (en déplacement à Auschwitz mais qui a répondu par l'intermédiaire d'un autre ministre) l'a reconnu. Ce qui amène Le Soir à écrire qu'il ne semble plus remettre en cause le contrat. Reste, cependant, qu'un des prochains Conseils risque - justemment - de voir un peu d'animation : le ministre n'a pas dit qu'il avait tort sur le fond et, jusqu'ici, la décision a été prise par un autre gouvernement, qui avait passé outre l'avis défavorable de la Cour des comptes...
En attendant, le dossier a connu des développements dans la journée d'hier : De Crem a été questionné à la Chambre par l'ancien ministre de la défense sur le fait qu'une décision d'annulation de contrat doit se prendre en Conseil des ministres.
P. De Crem (en déplacement à Auschwitz mais qui a répondu par l'intermédiaire d'un autre ministre) l'a reconnu. Ce qui amène Le Soir à écrire qu'il ne semble plus remettre en cause le contrat. Reste, cependant, qu'un des prochains Conseils risque - justemment - de voir un peu d'animation : le ministre n'a pas dit qu'il avait tort sur le fond et, jusqu'ici, la décision a été prise par un autre gouvernement, qui avait passé outre l'avis défavorable de la Cour des comptes...
jeudi 24 janvier 2008
Ils n'y croyaient pas... mais ils vont peut-être commencer à y croire
La prochaine visite de N. Sarkozy en Inde pourrait avoir des répercussions directes sur les exportations du Rafale. Ainsi, le contrat MRCA porte 126 avions pour l'Indian Air Force, plus d'autres pour la marine. Les offres seront déposées en mars mais l'attribution de ce contrat de 10,2 milliards sera longue - une caractéristique des marchés indiens.
Sur les rangs, le Rafale n'est pas seul : il fera face au Mig-35 (présenté en exclusivité par T&A), au très coûteux F-35, au Typhoon et au Gripen.
«Nous allons faire une excellente offre, supérieure à celles des Américains. On a des chances », a affirmé çà l'AFP M. Dupont, dont le groupe est associé à Dassault Aviation et à MBDA. Dassault « travaille à une réponse à l'appel d'offres », a confirmé Yves Robins.
Il y a un an, Dassault ne croyait pas à ce contrat et avait proposé directement à l'Inde 40 Rafale. L'offre était sollicitée, de sorte que «nous n'avons pas reçu de réponse», selon Y. Robins. Sauf que, l'offre est bel et bien sollicitée, A suivre.
Sur les rangs, le Rafale n'est pas seul : il fera face au Mig-35 (présenté en exclusivité par T&A), au très coûteux F-35, au Typhoon et au Gripen.
«Nous allons faire une excellente offre, supérieure à celles des Américains. On a des chances », a affirmé çà l'AFP M. Dupont, dont le groupe est associé à Dassault Aviation et à MBDA. Dassault « travaille à une réponse à l'appel d'offres », a confirmé Yves Robins.
Il y a un an, Dassault ne croyait pas à ce contrat et avait proposé directement à l'Inde 40 Rafale. L'offre était sollicitée, de sorte que «nous n'avons pas reçu de réponse», selon Y. Robins. Sauf que, l'offre est bel et bien sollicitée, A suivre.
Déclarations du CEMAT au CEMA : interview
Il n'y a pas qu'en Belgique que le monde de la défense est en ébullition. La preuve par l'article d'Arnaud de La Grange, "Budget, le cri d'alarme du patron de l'armée de Terre". Concrètement, un certain nombre de "petits" programmes (aux grands effets potentiels) ou l'entraînement tendent à être minorés face au manque de budget, ce qui pose un problème qui ne fera que s'accroître avec le temps.
Je suis bien d'accord avec le général Cuche, que nous avions interviewé dans DSI n°21 (novembre 06) et je le dis dans une petite interview par Pascal Dervieux, de France-info, qui devrait tourner sur les ondes dès cet après-midi.
Je suis bien d'accord avec le général Cuche, que nous avions interviewé dans DSI n°21 (novembre 06) et je le dis dans une petite interview par Pascal Dervieux, de France-info, qui devrait tourner sur les ondes dès cet après-midi.
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90mm : le buzz (3)
Les déclarations d'un certain nombre de responsables politiques hier soir à la RTBF (je ne parle évidemment pas de Denis Ducarme ou de Pieter De Crem) sont à prendre avec des pincettes et laissent songeur.
Lorsque P. Monfils évoque la survie de l'industrie wallonne de défense, tout connaisseur saura que les canons de 90mm n'en représentent qu'une part infime. Le 90, de fait, ne s'est vendu qu'au Koweit, au Qatar et à la garde nationale saoudienne : moins de 200 exemplaires au total. Comparativement, la FN équipait l'armée US en Minimi (version locale) et multipliait les contrats ; Techspace aero se porte bien, MECAR dit elle-même que le 90 n'est pas un standard et qu'il ne représente pas un contrat structurant.
Au final donc, je m'inquiéterais plus pour la sécurité de nos hommes et les capacités de nos forces que pour une industrie wallonne de la défense qui, sur le 90mm, a surtout commis une erreur de prospective industrielle, gommée avec la mise au point du CT-CV 105mm.
Et lorsque les commentateurs de la RTBF parlent du "scud" PS/MR du jour, il y a aussi de quoi être interloqué : le dossier est loin d'être neuf, il avait déjà suscité des débats. Dès 2005, avant la commande. Aussi, lorsque l'on parle de pénalités, de fait, on se dit que si ces débats avaient eu le même retentissement qu'aujourd'hui, on n'aurrait pas à les payer. CQFD...
Je suis aussi interloqué par les sous-entendus du Standaard, sur le fait que MECAR soit installée à proximité de Nivelles, fief de l'ancien ministre de la défense. La localisation géographique est bonne mais, fondamentalement, l'enjeu n'est pas tant MECAR que CMI, firme liégeoise. Un certain réflexe régionaliste dans la prise de décision gouvernementale à joué (ce qui explique pour partie les déclarations de L. Onkelinx (une "ancienne" liégeoise), de D. Reinders et P. Monfils (d'"actuels" liégeois).
Bref, tout cela pour dire qu'il est temps de recentrer le débat sur la vraie question : la sécurité des hommes. Ce qui valait bien une opinion dans La Libre Belgique de ce jour, à lire en ligne sur le site du quotidien.
Update : toujours sur la question d'une bataille PS/MR qui viendrait juste d'éclater, relire le programme du MR (en page 5) pour les élections de juin 2007 est éclairant. On y parle texto d'achat de Leopard 2 d'occasion chez nos voisins. Cette histoire n'a donc strictement rien d'une bataille de "politique politicienne". Ici, l'on parle de programme, de doctrine, pas d'intérêts particuliers...
Lorsque P. Monfils évoque la survie de l'industrie wallonne de défense, tout connaisseur saura que les canons de 90mm n'en représentent qu'une part infime. Le 90, de fait, ne s'est vendu qu'au Koweit, au Qatar et à la garde nationale saoudienne : moins de 200 exemplaires au total. Comparativement, la FN équipait l'armée US en Minimi (version locale) et multipliait les contrats ; Techspace aero se porte bien, MECAR dit elle-même que le 90 n'est pas un standard et qu'il ne représente pas un contrat structurant.
Au final donc, je m'inquiéterais plus pour la sécurité de nos hommes et les capacités de nos forces que pour une industrie wallonne de la défense qui, sur le 90mm, a surtout commis une erreur de prospective industrielle, gommée avec la mise au point du CT-CV 105mm.
Et lorsque les commentateurs de la RTBF parlent du "scud" PS/MR du jour, il y a aussi de quoi être interloqué : le dossier est loin d'être neuf, il avait déjà suscité des débats. Dès 2005, avant la commande. Aussi, lorsque l'on parle de pénalités, de fait, on se dit que si ces débats avaient eu le même retentissement qu'aujourd'hui, on n'aurrait pas à les payer. CQFD...
Je suis aussi interloqué par les sous-entendus du Standaard, sur le fait que MECAR soit installée à proximité de Nivelles, fief de l'ancien ministre de la défense. La localisation géographique est bonne mais, fondamentalement, l'enjeu n'est pas tant MECAR que CMI, firme liégeoise. Un certain réflexe régionaliste dans la prise de décision gouvernementale à joué (ce qui explique pour partie les déclarations de L. Onkelinx (une "ancienne" liégeoise), de D. Reinders et P. Monfils (d'"actuels" liégeois).
Bref, tout cela pour dire qu'il est temps de recentrer le débat sur la vraie question : la sécurité des hommes. Ce qui valait bien une opinion dans La Libre Belgique de ce jour, à lire en ligne sur le site du quotidien.
Update : toujours sur la question d'une bataille PS/MR qui viendrait juste d'éclater, relire le programme du MR (en page 5) pour les élections de juin 2007 est éclairant. On y parle texto d'achat de Leopard 2 d'occasion chez nos voisins. Cette histoire n'a donc strictement rien d'une bataille de "politique politicienne". Ici, l'on parle de programme, de doctrine, pas d'intérêts particuliers...
mercredi 23 janvier 2008
Résilience : pas en Belgique
Quelques nouvelles de la Commission de l'intérieur où la problématique de la communication durant la dernière alerte terroriste a été discutée. Selon le ministre, nous sommes "contre la méthodologie britannique" dès lors qu'il existe un plan de communication.
Pas, donc, d'effet-levier de la communication comme instrument de la lutte anti-terroriste ; pas de meilleure éducation aux questions stratégiques ; pas de réponses aux questions des gens (selon le Pr.Verleye, 70% des Flamands sont insatisfaits de l'information qui leur est donnée) ; pas de levier supplémentaire de la lutte contre l'extrême-droite. Bon. C'est une réponse qui a le mérite d'être claire.
Dès qu'elles sont en ligne, je posterai un lien vers les minutes de la Chambre.
Pas, donc, d'effet-levier de la communication comme instrument de la lutte anti-terroriste ; pas de meilleure éducation aux questions stratégiques ; pas de réponses aux questions des gens (selon le Pr.Verleye, 70% des Flamands sont insatisfaits de l'information qui leur est donnée) ; pas de levier supplémentaire de la lutte contre l'extrême-droite. Bon. C'est une réponse qui a le mérite d'être claire.
Dès qu'elles sont en ligne, je posterai un lien vers les minutes de la Chambre.
90mm : le buzz (2)
Etant actuellement en France, la RTBF-TV ne pourra pas m'interviewer. Par contre, elle le fera avec Denis Ducarme. Dans le même temps, De Standaard (qui remet également en question le rôle de l'acuel chef d'état-major, August Van Daele), Vers l'Avenir ou Le Soir (La Libre Belgique l'avait fait hier) sont revenus sur l'annulation du contrat. On apprend également qu'une task-force a été mise en place pour étudier le dossier AIV.
Résilience : le ministre belge de l'intérieur questionné
Pour ceux qui ont suivi le dossier (voir www.rmes.be et la note d'analyse que j'avais écrite à ce sujet), la résilience présente une série d'avantages comparatifs intéressant, aptes à compléter (avec nos SR et les services de sécurité) un dispositif anti-terroriste :
- Il ne s'agit pas uniquement de communiquer "dans la transparence et par honnêteté pour la population" : il s'agit aussi de préparer la population face à des événements dont il est prouvé qu'ils causeraient des troubles à l'ordre public et une montée de l'extrême droite, comme ce fut le cas aux Pays-Bas, après l'assassinat de Théo van Gogh ;
- la résilience par l'information, est aussi une des modalités de dissuasion du terrorisme. Elle revient à dire au terroriste : "si vous passez au travers de nos SR, vous frapperez. Mais nous ne serons pas atteints parce que vous ne nous surprendrez pas, vous ne nous soumettrez pas". C'est d'autant plus important que l'hyper-terrorisme pourrait connaître des formes adaptatives dans les prochaines années et muter vers un méso-terrorisme (Cf. DSI n°18, septembre 2006), voire un techno-terrorisme. Comme les moyens affectés aux services ne suivent pas nécessairement, la nécessité s'en fera d'autant plus sentir.
- la population, bien informée, est susceptible de participer aussi à sa propre sécurité. Renforcer la cohésion entre les autorités et les gens, c'est fertiliser le terreau d'un sol hostile au terrorisme. Un gouvernement qui communique bien, c'est aussi un gouvernement qui assume totalement (au-delà des services de renseignement et de police) la sécurité - et le contrat social liant fondamentalement les populations à leurs autorités
- et... ça ne coûte pratiquement rien (soyons tout de même un peu pragmatique).
Tout ceci pour vous dire que Denis Ducarme (re-)passe à l'attaque aujourd'hui, en Commission de l'intérieur cette fois. But de la manoeuvre, comprendre le flop communicationnel de décembre/janvier dernier et mettre en évidence le danger que ledit flop fait courrir à notre capacité de résistance. Comme d'habitude, je vous tiens informé de la suite.
- Il ne s'agit pas uniquement de communiquer "dans la transparence et par honnêteté pour la population" : il s'agit aussi de préparer la population face à des événements dont il est prouvé qu'ils causeraient des troubles à l'ordre public et une montée de l'extrême droite, comme ce fut le cas aux Pays-Bas, après l'assassinat de Théo van Gogh ;
- la résilience par l'information, est aussi une des modalités de dissuasion du terrorisme. Elle revient à dire au terroriste : "si vous passez au travers de nos SR, vous frapperez. Mais nous ne serons pas atteints parce que vous ne nous surprendrez pas, vous ne nous soumettrez pas". C'est d'autant plus important que l'hyper-terrorisme pourrait connaître des formes adaptatives dans les prochaines années et muter vers un méso-terrorisme (Cf. DSI n°18, septembre 2006), voire un techno-terrorisme. Comme les moyens affectés aux services ne suivent pas nécessairement, la nécessité s'en fera d'autant plus sentir.
- la population, bien informée, est susceptible de participer aussi à sa propre sécurité. Renforcer la cohésion entre les autorités et les gens, c'est fertiliser le terreau d'un sol hostile au terrorisme. Un gouvernement qui communique bien, c'est aussi un gouvernement qui assume totalement (au-delà des services de renseignement et de police) la sécurité - et le contrat social liant fondamentalement les populations à leurs autorités
- et... ça ne coûte pratiquement rien (soyons tout de même un peu pragmatique).
Tout ceci pour vous dire que Denis Ducarme (re-)passe à l'attaque aujourd'hui, en Commission de l'intérieur cette fois. But de la manoeuvre, comprendre le flop communicationnel de décembre/janvier dernier et mettre en évidence le danger que ledit flop fait courrir à notre capacité de résistance. Comme d'habitude, je vous tiens informé de la suite.
mardi 22 janvier 2008
"Aucune utilité"
En visite à la 7ème Brigade de Marche, Pieter De Crem est revenu sur la question du calibre, descendu en règle ("c'est comme grimper le Mont Ventoux avec un triporteur" ou encore "aucune utilité" - La vidéo est visible ici).
Au final, nos cavaliers auront donc du 105 ou du 120 mm. Avouez que ça soulage !
Un premier hip hip hip pour le ministre, un second pour le contrôle parlementaire et un troisième pour DSI, qui avait révélé le schmilblick.
Note à André Flahaut : si le 105 ou le 120 sont les reflets d'une conception de droite, militariste, de la défense, oseriez-vous dire que le Portugal et l'Espagne (qui ont commandé des Leopard 2) en sont revenus aux régimes de Salazar et Franco ?
Re-note à mes lecteurs, pour finir sur une touche plus raisonnable : vous avez fait franchir la barre des 50 000 visiteurs à ce blog, merci pour votre fidélité !
Au final, nos cavaliers auront donc du 105 ou du 120 mm. Avouez que ça soulage !
Un premier hip hip hip pour le ministre, un second pour le contrôle parlementaire et un troisième pour DSI, qui avait révélé le schmilblick.
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Note à André Flahaut : si le 105 ou le 120 sont les reflets d'une conception de droite, militariste, de la défense, oseriez-vous dire que le Portugal et l'Espagne (qui ont commandé des Leopard 2) en sont revenus aux régimes de Salazar et Franco ?
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Re-note à mes lecteurs, pour finir sur une touche plus raisonnable : vous avez fait franchir la barre des 50 000 visiteurs à ce blog, merci pour votre fidélité !
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Colloque 30 ans d'opérations aériennes : le compte-rendu
Organisé par les Cercles de Brienne et le CESA en en partenariat avec l’université Paris IV-Sorbonne et le magazine DSI, le colloque s'est tenu le jeudi 17 janvier 2008 à l'Assemblée nationale. Un compte-rendu incluant des interventions orales est disponible.
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Sauvez (ce qu'il reste de) la recherche belge !
La Belgique fait décidément face à des tensions complexes et à des marchandages douteux.
Cette fois, certains proposent de définitivement scinder la recherche scientifique, au risque de perdre évidemment des crédits mais, plus encore, de raboter ce grand multiplicateur de force scientifique qu'est la collaboration interuniversitaire.
Je ne suis pas vraiment fan des pétitions. Mais celle-ci me semble valoir définitivement un post de quelques lignes : http://www.save-belgian-research.be/
Cette fois, certains proposent de définitivement scinder la recherche scientifique, au risque de perdre évidemment des crédits mais, plus encore, de raboter ce grand multiplicateur de force scientifique qu'est la collaboration interuniversitaire.
Je ne suis pas vraiment fan des pétitions. Mais celle-ci me semble valoir définitivement un post de quelques lignes : http://www.save-belgian-research.be/
Un modèle occidental remis en question
Good morning Europe, il est 0925 et la météo est exécrable sur Aix comme sur Bruxelles. Ce qui appelle donc logiquement un peu de lecture et en particulier la dernière Note d'analyse du RMES et en l'occurrence de Mr. T. Un peu de hauteur donc avec Défis identitaires et culturels en ce début de 21ème siècle.
Stay tunned !
Stay tunned !
lundi 21 janvier 2008
Contre-terrorisme en Belgique : interview
Roland Planchar, de La Libre Belgique, m'a interviewé hier, dans le cadre du dossier du quotidien portant sur "un mois d'alerte terroriste en Belgique" (état de la situation ici). En découle un édito que je trouve très juste.
L'OCAM, dans la version "papier" du quotidien, s'interroge quant à lui sur la polémique entourant les mesures (assez exceptionnelles) décidées face à l'alerte du 21 décembre. Pour ma part, il n'y a pas vraiment polémique, il y a plutôt débat.
Ce qui n'est pas plus mal : les Belges doivent se réapproprier leur sécurité, ils en seront d'autant plus résilients en cas de problème. Après tout, si nos services sont bons même s'ils manquent cruellement de moyens, rien ne garantit que rien ne se passera jamais. Tout l'enjeu est là.
L'OCAM, dans la version "papier" du quotidien, s'interroge quant à lui sur la polémique entourant les mesures (assez exceptionnelles) décidées face à l'alerte du 21 décembre. Pour ma part, il n'y a pas vraiment polémique, il y a plutôt débat.
Ce qui n'est pas plus mal : les Belges doivent se réapproprier leur sécurité, ils en seront d'autant plus résilients en cas de problème. Après tout, si nos services sont bons même s'ils manquent cruellement de moyens, rien ne garantit que rien ne se passera jamais. Tout l'enjeu est là.
dimanche 20 janvier 2008
Jacques Sapir sera dans le prochain DSI
Pour les chercheurs travaillant sur les questions de défense, J. Sapir leur rappelera certainement deux excellents livres, le premier sur Le système militaire soviétique et un autre sur l'expérience soviétique en Mandchourie.
Directeur de recherche à l'EHESS, il est également l'auteur de plusieurs articles qui ont fait bouger le domaine. Ce sont notamment ses travaux sur la notion de culture technologique qui m'ont amené à étudier cette question dans ma thèse.
Et bien, Jacques Sapir a lu le dernier ouvrage du général Desportes et en a tiré quelques réflexions qui valent leur pesant d'attention. A lire début février, avec quelques autres articles assez sympathiques, dont un dossier "technologie" sur l'utilisation de l'aviation dans les opérations COIN ;o)
Directeur de recherche à l'EHESS, il est également l'auteur de plusieurs articles qui ont fait bouger le domaine. Ce sont notamment ses travaux sur la notion de culture technologique qui m'ont amené à étudier cette question dans ma thèse.
Et bien, Jacques Sapir a lu le dernier ouvrage du général Desportes et en a tiré quelques réflexions qui valent leur pesant d'attention. A lire début février, avec quelques autres articles assez sympathiques, dont un dossier "technologie" sur l'utilisation de l'aviation dans les opérations COIN ;o)
samedi 19 janvier 2008
90mm : le buzz
Juste un petit mot pour vous dire que Denis Ducarme revient sur les AIV et les 90mm en citant votre serviteur, ce qui ne gâche rien ;o)
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CVF britanniques : deux ans de retard
Le gouvernement britannique a réduit de 1,5 milliards de livres le budget de défense durant les 3 prochaines années, en dépit de l'augmentation décidée en juillet. En fait, le budget britannique de la défense a un déficit de 2 milliards cette année et en aura un de 5 milliards les 3 suivantes.
De la sorte, le programme des deux CVF sera postposé de deux ans, les bâtiments devant dès lors entrer en service en 2016 et 2018.
Mais d'autres programmes pourraient également être touchés, le Trésor britannique demandant l'abandon de la modernisation de la dernière tranche de 88 Tornado, la réduction des commandes en F-35 (138 sont pour l'heure plannifiés), le décommissionnement de 4 frégates Type 22 et celui d'une Type 23. La Royal Navy ne disposera dès lors plus que de 20 bâtiments d'escorte.
De la sorte, le programme des deux CVF sera postposé de deux ans, les bâtiments devant dès lors entrer en service en 2016 et 2018.
Mais d'autres programmes pourraient également être touchés, le Trésor britannique demandant l'abandon de la modernisation de la dernière tranche de 88 Tornado, la réduction des commandes en F-35 (138 sont pour l'heure plannifiés), le décommissionnement de 4 frégates Type 22 et celui d'une Type 23. La Royal Navy ne disposera dès lors plus que de 20 bâtiments d'escorte.
vendredi 18 janvier 2008
Galula, le Clausewitz de la contre-insurrection
Ce n'est pas moi qui le dit, mais le général Petraeus, dans la préface qu'il a donné à la traduction française de Counter-insurgency warfare: theory and practice que je viens juste de recevoir et qui va sans doute occuper mes soirées de ce week-end. Contre-insurrection, théorie et pratique, Coll. "Stratégie et doctrines", Economica, 2008. Miam-miam... et critique de lecture dans le DSI de mars !
D'ici là, dans celui de février, nous aurons un autre poids-lourd de la stratégie : Colin S. Gray, pour la critique de La guerre au 21ème siècle. Un autre siècle de sange et de feu, toujours chez Economica, toujours dans la même collection. Re-miam miam.
Bonne lecture tout le monde !
D'ici là, dans celui de février, nous aurons un autre poids-lourd de la stratégie : Colin S. Gray, pour la critique de La guerre au 21ème siècle. Un autre siècle de sange et de feu, toujours chez Economica, toujours dans la même collection. Re-miam miam.
Bonne lecture tout le monde !
jeudi 17 janvier 2008
Questions/réponses à P. De Crem : les minutes
Comme promis, les minutes des réponses de P. De Crem sont disponibles sur le site de la Chambre (voir les pp. 37-38 du PDF). Ceci dit, lorsqu'il indique que le 105 pose un problème de sécurité sur AIV, je suis quelque peu interloqué : quelque chose cloche. D'une part, sur le fait que le calibre maximal devait être de 90mm, selon le Plan directeur de 2003 (je ne savais pas que l'appel d'offre était ouvert au 105, comme le dit le ministre).
En effet, manifestement, d'après CMI, le 105mm a été essayé sur Piranha. C'est du moins ce que tendent à indiquer les photos sur la brochure visible ici (Cf. photos des pp. 14 et 15), l'industriel ayant publié en outre des communiqués de presse selon lesquels le 105 avait été testé sur des véhicules concurrents du Piranha IIIC, comme l'AMV ou le Pandur 2.
Dans ce cas, aurait-on choisi le 90mm en fonction du Piranha IIIC ? Pourquoi - alors que nombre de nos officiers spécialistes des blindés n'étaient pas favorables au 90 - avoir choisi le Piranha, manifestement plus cher ?
En effet, manifestement, d'après CMI, le 105mm a été essayé sur Piranha. C'est du moins ce que tendent à indiquer les photos sur la brochure visible ici (Cf. photos des pp. 14 et 15), l'industriel ayant publié en outre des communiqués de presse selon lesquels le 105 avait été testé sur des véhicules concurrents du Piranha IIIC, comme l'AMV ou le Pandur 2.
Dans ce cas, aurait-on choisi le 90mm en fonction du Piranha IIIC ? Pourquoi - alors que nombre de nos officiers spécialistes des blindés n'étaient pas favorables au 90 - avoir choisi le Piranha, manifestement plus cher ?
La nouvelle livraison des Cahiers du RMES est en ligne
Alain "A bomb" De Neve m'annonce que la nouvelle édition des Cahiers du RMES (Vol IV, n°2) est à présent en ligne avec un programme pour le moins intéressant :
Le Parlement européen et la PESD
Par André Dumoulin
Belgian Intervention Policy in the DRC: Causes and Consequences of the Reorientation, 1999 - 2006.
By Catherine Kelly
Sociétés militaires et de sécurité privée: les mercenaires des temps modernes?
Par Jean-Didier Rosi
Une "Révolution civile dans les Affaires Militaires"? La "Transformation" entre volonté idéologique et rivalités institutionnelles.
Par Stéphane Taillat
The Importance of Space from A Security and Defence Perspective, Military Applications of Space Technologies and Excpected Technological Developments.
By Alain De Neve
Bonne lecture !
Le Parlement européen et la PESD
Par André Dumoulin
Belgian Intervention Policy in the DRC: Causes and Consequences of the Reorientation, 1999 - 2006.
By Catherine Kelly
Sociétés militaires et de sécurité privée: les mercenaires des temps modernes?
Par Jean-Didier Rosi
Une "Révolution civile dans les Affaires Militaires"? La "Transformation" entre volonté idéologique et rivalités institutionnelles.
Par Stéphane Taillat
The Importance of Space from A Security and Defence Perspective, Military Applications of Space Technologies and Excpected Technological Developments.
By Alain De Neve
Bonne lecture !
Le boulet des compensations

Sur le fond, l'idée était bonne : tout achat de matériel à l'étranger pour le compte de l'armée belge doit profiter aux industries belges. Mais, comme l'indique le Pr. Wally Struys dans l'ouvrage consacré à la Belgique et à la PESD qu'il avait co-écrit avec André Dumoulin et Philippe Manigart, le système coûte aussi... très cher.
Après tout, pour l'industriel maître d'oeuvre, il faut bien répercuter les surcoûts.
Dans le cas de nos 138 AIV - et selon les estimations basses (contrat de 500 millions) ou hautes (700 millions, De Standaard de ce jour) - le prix unitaire varierait de 3,623 à 5,0724 millions d'euros. Notez que les 32 tourelles ORCWS-30 ont fait l'objet d'un contrat séparé avec Rafael pour 40 millions d'euros.
Comparaison n'est pas raison mais examinons ce qu'ont payé nos voisins (source : communiqués de presse constructeurs récupérés sur Defense Industry Daily) :
- La Finlande pour un CV9030 (chenillé, canon de 30 mm - en photo) : 2,6 millions
- Le Portugal pour un Pandur II (8x8) : 1,0769 millions
- La Croatie pour un AMV (8x8) : 1,333 millions
- L'Irelande pour un Piranha IIIH : 2 millions d'euros
Recordman du genre : le Puma allemand, véhicule de combat d'infanterie le plus lourd d'Europe (chenillé, 43 tonnes, canon de 30 mm, système d'autoprotection intégré - en fait, la Rolls-royce des IFV... et le plus cher) : 7,3 millions d'euros.
Reste, tout de même, à savoir pourquoi à l'unité, nous payons 1,6 millions d'euros en plus que nos camarades irlandais... Vous aviez dit "bonne affaire" ?
Après tout, pour l'industriel maître d'oeuvre, il faut bien répercuter les surcoûts.
Dans le cas de nos 138 AIV - et selon les estimations basses (contrat de 500 millions) ou hautes (700 millions, De Standaard de ce jour) - le prix unitaire varierait de 3,623 à 5,0724 millions d'euros. Notez que les 32 tourelles ORCWS-30 ont fait l'objet d'un contrat séparé avec Rafael pour 40 millions d'euros.
Comparaison n'est pas raison mais examinons ce qu'ont payé nos voisins (source : communiqués de presse constructeurs récupérés sur Defense Industry Daily) :
- La Finlande pour un CV9030 (chenillé, canon de 30 mm - en photo) : 2,6 millions
- Le Portugal pour un Pandur II (8x8) : 1,0769 millions
- La Croatie pour un AMV (8x8) : 1,333 millions
- L'Irelande pour un Piranha IIIH : 2 millions d'euros
Recordman du genre : le Puma allemand, véhicule de combat d'infanterie le plus lourd d'Europe (chenillé, 43 tonnes, canon de 30 mm, système d'autoprotection intégré - en fait, la Rolls-royce des IFV... et le plus cher) : 7,3 millions d'euros.
Reste, tout de même, à savoir pourquoi à l'unité, nous payons 1,6 millions d'euros en plus que nos camarades irlandais... Vous aviez dit "bonne affaire" ?
mercredi 16 janvier 2008
P. De Crem en commission de la défense : les AIV et les 90mm "inadaptés"
La séance de la Commission de la défense belge vient de se terminer il y a une petite heure et Denis Ducarme y a posé ses questions. Je ne manquerai pas de mettre le lien vers les minutes de la commission lorsqu'elle seront mises en ligne.
En attendant, le ministre a effectivement confirmé le fait que les AIV étaient inadaptés. Il a indiqué que si la première tranche était effectivement commandée, il allait analyser l'ensemble du dossier et ses conditions. Il a également indiqué que, pour raisons de sécurité, un 105 mm ne convenait pas sur AIV - le véhicule étant trop léger - mais qu'en tout état de cause, le 90 mm était lui aussi inadapté.
L'affaire est donc à suivre quant à ses conséquences.
DSI avait été le premier magazine de défense, en février 2005, à pointer la problématique du remplacement des Léopard.
Mise à jour : j'ai reçu le communiqué de presse de Denis Ducarme. Morceaux choisis :
"le Député a demandé au Ministre si les contrats relatifs à l’achat des AIV et des 40 tourelles pour les 90 mm pouvaient être remis en question totalement ou en partie". De fait, la formule est punchy, après un argumentaire technique qui fait du bien : "Bref, au jour où la Belgique ne dispose pas encore des AIV, celui-ci fait déjà figure de véhicule du passé". Et d'ajouter que "le Ministre s’est engagé à ré-ouvir le dossier et à analyser les différentes clauses du contrat afin de voir si il était possible d’éviter de faire subir cette erreur à notre armée. Le Député a demandé au Ministre De Crem que la seconde phase du contrat relative à l’achat des 104 AIV, conditionnelle celle-là, soit gelée dès que possible".
En attendant, le ministre a effectivement confirmé le fait que les AIV étaient inadaptés. Il a indiqué que si la première tranche était effectivement commandée, il allait analyser l'ensemble du dossier et ses conditions. Il a également indiqué que, pour raisons de sécurité, un 105 mm ne convenait pas sur AIV - le véhicule étant trop léger - mais qu'en tout état de cause, le 90 mm était lui aussi inadapté.
L'affaire est donc à suivre quant à ses conséquences.
DSI avait été le premier magazine de défense, en février 2005, à pointer la problématique du remplacement des Léopard.
Mise à jour : j'ai reçu le communiqué de presse de Denis Ducarme. Morceaux choisis :
"le Député a demandé au Ministre si les contrats relatifs à l’achat des AIV et des 40 tourelles pour les 90 mm pouvaient être remis en question totalement ou en partie". De fait, la formule est punchy, après un argumentaire technique qui fait du bien : "Bref, au jour où la Belgique ne dispose pas encore des AIV, celui-ci fait déjà figure de véhicule du passé". Et d'ajouter que "le Ministre s’est engagé à ré-ouvir le dossier et à analyser les différentes clauses du contrat afin de voir si il était possible d’éviter de faire subir cette erreur à notre armée. Le Député a demandé au Ministre De Crem que la seconde phase du contrat relative à l’achat des 104 AIV, conditionnelle celle-là, soit gelée dès que possible".
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Quelques news
Ca y est, Tanguy Struye - a.k.a. le Mr. T. du paradigme réaliste en relations internationales - vient de lancer son propre blog, Realpolitik. Au menu : analyses et décryptages de la complexité contemporaine. Tout ce qu'il faut !
Et puis, le CESA a mis en ligne une synthèse de ma conférence du 11 décembre. A lire ici.
Et pour finir la matinée en beauté, ça y est, le DSI n°34 (février 08) est terminé, pile à temps pour pouvoir fignoler quelque peu le nouveau T&A... qui en est (déjà !) à sa 10ème parution.
Et puis, le CESA a mis en ligne une synthèse de ma conférence du 11 décembre. A lire ici.
Et pour finir la matinée en beauté, ça y est, le DSI n°34 (février 08) est terminé, pile à temps pour pouvoir fignoler quelque peu le nouveau T&A... qui en est (déjà !) à sa 10ème parution.
mardi 15 janvier 2008
Exclusif : Belgique, vers un abandon des AIV et des 90 mm ?

La vente de 71 blindés belges au Liban pour 3,5 millions d’euros – dont 43 Leopard 1A5BE pose question à certains égards : sachant qu’il en existait 132 et que 52 sont en ligne, seront-ils prélevés sur ceux en dépôt ou viendront-ils des unités de première ligne, sachant que les AIV dotés de tourelles en 90mm arriveront dans les unités dès, théoriquement, 2011 ? 3,5 millions d’euros, n’est-ce pas peu en fonction du volume de la commande ? Par ailleurs, la vente, conclue avec le chef d’état-major libanais, le général Sleimane – candidat à la présidentielle libanaise – n’est-elle pas une façon d’acheter la sécurité des Belges affectés à la FINUL II ?
Fraîchement nommé vice-président de la commission défense de la chambre des représentants belges, le député Denis Ducarme va interroger ce mercredi le nouveau ministre de la défense, Pieter De Crem, à ce sujet.
Dans le même temps, il posera également la question de savoir dans quelle mesure les commandes en AIV (en fait, des Piranha IIIC) – et plus particulièrement les tourelles de 90 – peuvent être annulées.
Dans le débat roue/chenilles et tenant compte des expériences australiennes (ASLAV) comme américaines (Stryker), le 8x8 pose un problème de mobilité et son blindage apparaît comme faible face à la prolifération des différentes évolutions du RPG.
Dans le même temps, le choix du 90 mm avait, en son temps, surpris. Si le calibre est considéré comme standard OTAN, il n’est pour l’heure utilisé que sur les ERC-90 français et n’est en rien comparable à un 105 mm (CMI, qui le fabrique, indiquant qu’il peut être efficace sur T-62 au maximum) ou à un 120 mm.
En fait, la décision du gouvernement belge signifiait clairement la fin de la capacité à traiter des chars adverses, au moment même où même des armées qui avaient décidé d’abandonner le char de bataille (comme l’Australie et le Canada) revenaient sur leur choix. Si elle avantageait les industries wallonnes (CMI étant, avec ENGESA, la seule à fabrique ce calibre), le plus piquant est que la même CMI fabrique également un 105mm.
On notera que le nouveau ministre de la défense, alors qu’il était dans l’opposition, avait critiqué le choix du 90mm et qu’une controverse – certes, j’y étais pour quelque chose – s’en était suivie, appuyée d’ailleurs par un professeur de balistique de l’ERM. Autrement dit, le nouveau ministre (si je ne m'abuse officier de réserve... dans les blindés) est susceptible d'amender sérieusement la politique de défense développée par son prédécesseur, André Flahaut.
Pour rappel, la Belgique a commandé 138 AIV (pour un montant supérieur à 500 millions d’euros, certaines sources parlant de 700 millions), 32 tourelles téléopérées ORCWS-30 de 30 mm pour 40 millions et, probablement – CMI ayant été discret – 40 tourelles de 90 mm (prix inconnu). A terme, la cible est de 242 AIV.
Fraîchement nommé vice-président de la commission défense de la chambre des représentants belges, le député Denis Ducarme va interroger ce mercredi le nouveau ministre de la défense, Pieter De Crem, à ce sujet.
Dans le même temps, il posera également la question de savoir dans quelle mesure les commandes en AIV (en fait, des Piranha IIIC) – et plus particulièrement les tourelles de 90 – peuvent être annulées.
Dans le débat roue/chenilles et tenant compte des expériences australiennes (ASLAV) comme américaines (Stryker), le 8x8 pose un problème de mobilité et son blindage apparaît comme faible face à la prolifération des différentes évolutions du RPG.
Dans le même temps, le choix du 90 mm avait, en son temps, surpris. Si le calibre est considéré comme standard OTAN, il n’est pour l’heure utilisé que sur les ERC-90 français et n’est en rien comparable à un 105 mm (CMI, qui le fabrique, indiquant qu’il peut être efficace sur T-62 au maximum) ou à un 120 mm.
En fait, la décision du gouvernement belge signifiait clairement la fin de la capacité à traiter des chars adverses, au moment même où même des armées qui avaient décidé d’abandonner le char de bataille (comme l’Australie et le Canada) revenaient sur leur choix. Si elle avantageait les industries wallonnes (CMI étant, avec ENGESA, la seule à fabrique ce calibre), le plus piquant est que la même CMI fabrique également un 105mm.
On notera que le nouveau ministre de la défense, alors qu’il était dans l’opposition, avait critiqué le choix du 90mm et qu’une controverse – certes, j’y étais pour quelque chose – s’en était suivie, appuyée d’ailleurs par un professeur de balistique de l’ERM. Autrement dit, le nouveau ministre (si je ne m'abuse officier de réserve... dans les blindés) est susceptible d'amender sérieusement la politique de défense développée par son prédécesseur, André Flahaut.
Pour rappel, la Belgique a commandé 138 AIV (pour un montant supérieur à 500 millions d’euros, certaines sources parlant de 700 millions), 32 tourelles téléopérées ORCWS-30 de 30 mm pour 40 millions et, probablement – CMI ayant été discret – 40 tourelles de 90 mm (prix inconnu). A terme, la cible est de 242 AIV.
Précision a posteriori : on me fait très justement remarquer que P. De Crem n'était pas officier dans les blindés, contrairement à A. De Decker.
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lundi 14 janvier 2008
Back to France
L'Europe a ceci de fantastique qu'elle est un espace très petit - quelque chose que nos décideurs devraient méditer. Une petite heure vingt de vol - à peine moins qu'un Paris-Bruxelles - et j'étais à Marseille, pour deux semaines de bouclage à la rédaction. Les frontières, de ce point de vue, ont disparu plus vite que ce que le voulait, sans doute, le monde politique... En tirera-t-il les conséquences ?
samedi 12 janvier 2008
Un peu de zénitude...
Beaucoup d'amis français se montrent assez inquiet de l'évolution de la situation belge. Si j'ai certes pu fournir des réponses académiques à leurs interrogations, j'en rajouterais une petite couche avec TV Belgiek, show quotidien complètement décalé et qui révèle quelques petites perles d'humour (éventuellement belge), dont le petit dernier est consacré à la problématique des vols au départ de Zaventem. Riante cité s'urbanisant sans cesse - mais dont les habitants ne semblaient pas avoir remarqué qu'un aéroport se trouvait à côté - son dossier, comme tout bon dossier belge, a gaillardement été "communautarisé". A voir sans modération, parce qu'après tout, le week-end, c'est le week-end.
jeudi 10 janvier 2008
Gowind bulgares : ajournées
La Bulgarie a ajourné l'achat de quatre corvettes françaises Gowind au profit à ce stade de deux frégates belges d'occasion et d'un démineur, annonce le ministre de la défence Vesselin Bliznakov.
L'achat de quatre corvettes à DCNS, pour un prix de 700 à 780 millions d'euros, a été reportée par manque de ressources. Elle a par contre acheté deux frégates belges d'occasion et un démineur pour un montant total de 54 millions d'euros. "La première frégate, et peut-être même les trois bateaux, sera livrée à l'été 2008", a-t-il ajouté. Sofia avait acheté une frégate belge en 2005, son premier navire militaire aux normes de l'Otan.
Toujours selon le ministre bulgare, "nous ne pouvons pas finaliser l'achat, et continuer avec ce projet, car nous n'avons pas de quoi payer les 20% d'avance", tout en ajoutant que la Bulgarie ne renonçait pas définitivement à cet achat, mais que le budget de la défense (2,1% du PIB en 2008) ne le permettrait pas dans les trois prochaines années.
L'achat de quatre corvettes à DCNS, pour un prix de 700 à 780 millions d'euros, a été reportée par manque de ressources. Elle a par contre acheté deux frégates belges d'occasion et un démineur pour un montant total de 54 millions d'euros. "La première frégate, et peut-être même les trois bateaux, sera livrée à l'été 2008", a-t-il ajouté. Sofia avait acheté une frégate belge en 2005, son premier navire militaire aux normes de l'Otan.
Toujours selon le ministre bulgare, "nous ne pouvons pas finaliser l'achat, et continuer avec ce projet, car nous n'avons pas de quoi payer les 20% d'avance", tout en ajoutant que la Bulgarie ne renonçait pas définitivement à cet achat, mais que le budget de la défense (2,1% du PIB en 2008) ne le permettrait pas dans les trois prochaines années.
Chine : légère augmentation du nombre de patrouilles sous-marines
Souvent présentée comme en pleine croissance, la marine chinoise n’en fait pas moins face à des problèmes opérationnels importants. L’on a ainsi appris de l’US Navy que, tout en disposant de 55 sous-marins de toutes classes et de toute catégorie, Pékin n’a mené que 6 patrouilles avec ses bâtiments en 2007 (contre 2 en 2006 et…0 en 2005).
Aucune patrouille de dissuasion nucléaire n’a été menée durant la même période. Depuis 1981, la Chine n’aura mené plus de 5 patrouilles qu’en 2000 et 2007 et, depuis 26 ans, elle n’aura mené que 56 patrouilles. Comparativement et toujours selon la même source, la Russie a mené 7 patrouilles en 2007.
Reste, cependant, que les navires ne restent pas au port pour autant : la définition que la Navy donne à une « patrouille » est toujours considérée comme secrète (car susceptible de dévoiler ses sources et ses méthodes de renseignement).
Concrètement, elles recouvriraient des déploiements opérationnels à des distances permettant de menacer des flottes US ou amies. On notera par ailleurs que la modernisation de la flotte sous-marine chinoise ne s’accompagne pas d’une augmentation quantitative.
En réalité, elle est en déclin, 2/3 des bâtiments ayant été perdus depuis 1985. D’un point de vue qualitatif, entre 2000 et 2006, lorsque la Chine a reçu une douzaine de Kilo et de Song, le nombre de patrouilles à décliné, soulignant la difficulté pour la marine de l’APL d’intégrer ses nouveaux bâtiments.
Aucune patrouille de dissuasion nucléaire n’a été menée durant la même période. Depuis 1981, la Chine n’aura mené plus de 5 patrouilles qu’en 2000 et 2007 et, depuis 26 ans, elle n’aura mené que 56 patrouilles. Comparativement et toujours selon la même source, la Russie a mené 7 patrouilles en 2007.
Reste, cependant, que les navires ne restent pas au port pour autant : la définition que la Navy donne à une « patrouille » est toujours considérée comme secrète (car susceptible de dévoiler ses sources et ses méthodes de renseignement).
Concrètement, elles recouvriraient des déploiements opérationnels à des distances permettant de menacer des flottes US ou amies. On notera par ailleurs que la modernisation de la flotte sous-marine chinoise ne s’accompagne pas d’une augmentation quantitative.
En réalité, elle est en déclin, 2/3 des bâtiments ayant été perdus depuis 1985. D’un point de vue qualitatif, entre 2000 et 2006, lorsque la Chine a reçu une douzaine de Kilo et de Song, le nombre de patrouilles à décliné, soulignant la difficulté pour la marine de l’APL d’intégrer ses nouveaux bâtiments.
mercredi 9 janvier 2008
Contre-terrorisme en Belgique, l'heure de la stratégie
Dans la foulée du débat dominical auquel m'avait été donné l'occasion de participer, je me suis dit que l'alerte terroriste que nous avions connu en Belgique à la fin 2007 devait être source d'enseignements. D'où une opinion parue dans La Libre Belgique d'aujourd'hui et que je me permet de reproduire :
Cessez de respirer, nous pourrions être attaqués !
Bien des leçons sont à tirer de la récente alerte terroriste. Surprenante dans un pays où l'on a systématiquement minimisé les risques d'attaque, elle a certes démontré la réactivité de l'OCAM - le nouvel organe chargé de l'évaluation de la menace - et de la police. Mais elle a également démontré notre dénuement en matière de stratégie contre-terroriste. On ne peut, en effet, se limiter à disposer de services de renseignement et d'une police ostensiblement déployée sur le terrain dans l'espoir de dissuader des attaques (1) . L'expérience le montre, l'effet dissuasif d'une présence policière ou encore de caméras est minime face à des kamikazes déterminés. Si l'on me rétorquera qu'il fallait bien faire quelque chose, je ferai néanmoins remarquer que, dans l'observation de comportements suspects, un policier en civil correctement formé - ce qui est encore loin d'être le cas - sera quasi-systématiquement toujours plus efficace. C'est une première leçon.
Deuxième leçon, notre communication de crise en connaît une particulièrement aigüe. L'on a voulu communiquer, bredouillant des projets d'évasion de N. Trabelsi puis évoquant d'autres menaces, sans guère clarifier. Soit, en communication contre-terroriste, la pire des configurations. L'expérience britannique en matière de gestion de la résilience montre en effet que, face à une menace, il est nécessaire de communiquer, de façon à réduire les effets néfastes d'une attaque sur la population. Si l'on ne pouvait éviter les effets physiques (les explosions), il reste possible de limiter les impacts psychologiques. Or, ces derniers sont liés à la surprise provoquée par les attentats, et plus on communique, moins la surprise est importante. De ce point de vue, la Belgique revient de loin : à force d'avoir minimisé durant des années la probabilité que le pays puisse être la cible d'attentats, nous devons à présent rattraper le retard en toute urgence, au risque de provoquer une paranoïa... qui aura surtout démontré la victoire des terroristes.
De là découle une troisième leçon. La permanence de la menace impose d'accepter un certain nombre de réflexions pour le moins désagréables. Ainsi, si nos services, malgré leurs efforts, ne détectent aucune activité, cela ne veut pas pour autant dire que rien ne se passe. Dès lors, il faut accepter la possibilité qu'une cellule ne soit pas démantelée à temps et qu'elle réussisse un attentat. De ce point de vue, certifier à la population que jamais rien ne se passera est aussi irresponsable que les atermoiements quant à l'attribution à la Sûreté ou au SGRS de nouvelles ressources. Par ailleurs, cette permanence de la menace nous impose de nous organiser en conséquence. C'est une tâche complexe qui passe autant par une prise de conscience - au travers, notamment, de l'enseignement - que par une formation adéquate de la police ou des pompiers (par définition plus à même que le niveau politique à gérer une communication de crise sur le terrain), par une meilleure offre d'information aux citoyens (via des sites internet, par exemple) ou par des simulations régulières impliquant le niveau politique (la clé de l'efficacité du maire de New York, le 11 septembre).
L'expérience britannique en matière de résilience, de ce point de vue, est riche. Mais, malgré un coût dérisoire, elle semble délibérément déconsidérée en Belgique, la complexité institutionnelle faisant bien souvent obstacle à son déploiement : une politique de résilience impose en effet des coopérations entre les ministères fédéraux, des régions et des communautés. C'est encore sans compter sur les lourdeurs bureaucratiques et l'inertie. Ce n'est ainsi qu'en 2007 que le Parlement européen a mis en place un contingency plan examinant différents scénarios lui permettant de continuer à travailler en situation de crise. Combien d'entreprises en disposent ? Nos principales institutions en ont-elles développé ? Là aussi, on le voit, une stratégie contre-terroriste intégrée et efficace ne peut se contenter de s'appuyer sur les services de renseignement et la police.
La quatrième leçon devrait être évidente mais ne le semble pourtant pas : il faut continuer à vivre. Euthanasier l'économie en tendant vers l'imposition de ce qui s'apparente à un embryon de couvre-feux - par exemple, en fermant le marché de Noël sur la Grand - Place à 18 heures - n'aidera en rien la lutte contre le terrorisme. Premièrement, sauf à vider les rues des passants, vous n'empêcherez pas une frappe. Vous n'empêcherez pas non plus le terroriste de frapper avant la fermeture des commerces (sans doute, d'ailleurs, plus fréquentés un samedi à 15 heures qu'un mardi à 19 heures). Deuxièmement, vous contribuerez à instaurer un climat de peur qui, historiquement, n'a jamais été propice à la consommation. Or, ajouter au terrorisme le marasme économique ne me semble pas être une bonne solution ni au financement de nos services ni à l'obtention d'un climat harmonieux de "vivre-ensemble". Au final, si des mesures aussi spectaculaires que la fermeture des commerces où l'annulation d'un feu d'artifice "donnent l'impression de faire quelque chose", l'usage de techniques de filtrage eût sans doute été préférable.
A cet égard, en matière de contre-terrorisme, le "summum de l'art" consiste à impliquer la population dans sa propre sécurité. Or, l'attitude du gouvernement a quasi-systématiquement consisté, ces dernières années, à indiquer qu'il se chargeait de tout au travers des services de sécurité. Or, la population a également un rôle à jouer, ne fût-ce qu'en facilitant le travail des services, en comprenant leurs actions, en ne les entravant pas et en ne les surchargeant pas. Ainsi, à la suite des attentats de Londres en juillet 2005, le nombre de colis suspects signalés aux services de pompiers et de police bruxellois a augmenté de 600 pc, les appels étant le plus souvent de bonne foi, soulignant ainsi la paranoïa naissante d'une population que l'on n'a jamais formé à faire face à ce genre de situation. De ce point de vue, en annulant des événements populaires, l'on coupe la population de sa propre sécurité face à une menace qui n'est pas totalement avérée.
A ce rythme, un décalage risque de rapidement se faire sentir entre des événements annulés et des événements autorisés. Comment faire l'arbitrage ? Au moindre signe de menace - on l'a vu, toujours latente - devons-nous cessez de respirer et nous enfoncer dans la paranoïa ? Devons-nous donner aux terroristes la plus belle des victoires, celle qui consiste à terroriser et à soumettre sans même avoir à frapper ? Des réactions trop linéaires - fermetures et déploiements massifs de forces de l'ordre - sont sans doute le signe d'une réflexion insuffisante. Ces mesures peuvent être nécessaires dans certains cas de figure, mais elles ne sont pas la panacée. Si soutenir le développement de nos services de renseignement fait à présent l'objet d'un consensus (quoique, certains me diront, peu suivi dans les faits) et que l'on reconnaît - enfin ! - que nous ne sommes pas moins visés qu'un autre Etat, il faut encore apprendre à vivre avec la réalité du monde.
Il est temps : nous sommes plus de 6 ans après le 11 septembre... et nous n'aurons pas toujours la chance de ne pas voir de bombes éclater durant une aussi longue période.
(1) Evidemment, ces mesures possèdent d'autres avantages... mais pas dans la prévention d'une attaque.
Cessez de respirer, nous pourrions être attaqués !
Bien des leçons sont à tirer de la récente alerte terroriste. Surprenante dans un pays où l'on a systématiquement minimisé les risques d'attaque, elle a certes démontré la réactivité de l'OCAM - le nouvel organe chargé de l'évaluation de la menace - et de la police. Mais elle a également démontré notre dénuement en matière de stratégie contre-terroriste. On ne peut, en effet, se limiter à disposer de services de renseignement et d'une police ostensiblement déployée sur le terrain dans l'espoir de dissuader des attaques (1) . L'expérience le montre, l'effet dissuasif d'une présence policière ou encore de caméras est minime face à des kamikazes déterminés. Si l'on me rétorquera qu'il fallait bien faire quelque chose, je ferai néanmoins remarquer que, dans l'observation de comportements suspects, un policier en civil correctement formé - ce qui est encore loin d'être le cas - sera quasi-systématiquement toujours plus efficace. C'est une première leçon.
Deuxième leçon, notre communication de crise en connaît une particulièrement aigüe. L'on a voulu communiquer, bredouillant des projets d'évasion de N. Trabelsi puis évoquant d'autres menaces, sans guère clarifier. Soit, en communication contre-terroriste, la pire des configurations. L'expérience britannique en matière de gestion de la résilience montre en effet que, face à une menace, il est nécessaire de communiquer, de façon à réduire les effets néfastes d'une attaque sur la population. Si l'on ne pouvait éviter les effets physiques (les explosions), il reste possible de limiter les impacts psychologiques. Or, ces derniers sont liés à la surprise provoquée par les attentats, et plus on communique, moins la surprise est importante. De ce point de vue, la Belgique revient de loin : à force d'avoir minimisé durant des années la probabilité que le pays puisse être la cible d'attentats, nous devons à présent rattraper le retard en toute urgence, au risque de provoquer une paranoïa... qui aura surtout démontré la victoire des terroristes.
De là découle une troisième leçon. La permanence de la menace impose d'accepter un certain nombre de réflexions pour le moins désagréables. Ainsi, si nos services, malgré leurs efforts, ne détectent aucune activité, cela ne veut pas pour autant dire que rien ne se passe. Dès lors, il faut accepter la possibilité qu'une cellule ne soit pas démantelée à temps et qu'elle réussisse un attentat. De ce point de vue, certifier à la population que jamais rien ne se passera est aussi irresponsable que les atermoiements quant à l'attribution à la Sûreté ou au SGRS de nouvelles ressources. Par ailleurs, cette permanence de la menace nous impose de nous organiser en conséquence. C'est une tâche complexe qui passe autant par une prise de conscience - au travers, notamment, de l'enseignement - que par une formation adéquate de la police ou des pompiers (par définition plus à même que le niveau politique à gérer une communication de crise sur le terrain), par une meilleure offre d'information aux citoyens (via des sites internet, par exemple) ou par des simulations régulières impliquant le niveau politique (la clé de l'efficacité du maire de New York, le 11 septembre).
L'expérience britannique en matière de résilience, de ce point de vue, est riche. Mais, malgré un coût dérisoire, elle semble délibérément déconsidérée en Belgique, la complexité institutionnelle faisant bien souvent obstacle à son déploiement : une politique de résilience impose en effet des coopérations entre les ministères fédéraux, des régions et des communautés. C'est encore sans compter sur les lourdeurs bureaucratiques et l'inertie. Ce n'est ainsi qu'en 2007 que le Parlement européen a mis en place un contingency plan examinant différents scénarios lui permettant de continuer à travailler en situation de crise. Combien d'entreprises en disposent ? Nos principales institutions en ont-elles développé ? Là aussi, on le voit, une stratégie contre-terroriste intégrée et efficace ne peut se contenter de s'appuyer sur les services de renseignement et la police.
La quatrième leçon devrait être évidente mais ne le semble pourtant pas : il faut continuer à vivre. Euthanasier l'économie en tendant vers l'imposition de ce qui s'apparente à un embryon de couvre-feux - par exemple, en fermant le marché de Noël sur la Grand - Place à 18 heures - n'aidera en rien la lutte contre le terrorisme. Premièrement, sauf à vider les rues des passants, vous n'empêcherez pas une frappe. Vous n'empêcherez pas non plus le terroriste de frapper avant la fermeture des commerces (sans doute, d'ailleurs, plus fréquentés un samedi à 15 heures qu'un mardi à 19 heures). Deuxièmement, vous contribuerez à instaurer un climat de peur qui, historiquement, n'a jamais été propice à la consommation. Or, ajouter au terrorisme le marasme économique ne me semble pas être une bonne solution ni au financement de nos services ni à l'obtention d'un climat harmonieux de "vivre-ensemble". Au final, si des mesures aussi spectaculaires que la fermeture des commerces où l'annulation d'un feu d'artifice "donnent l'impression de faire quelque chose", l'usage de techniques de filtrage eût sans doute été préférable.
A cet égard, en matière de contre-terrorisme, le "summum de l'art" consiste à impliquer la population dans sa propre sécurité. Or, l'attitude du gouvernement a quasi-systématiquement consisté, ces dernières années, à indiquer qu'il se chargeait de tout au travers des services de sécurité. Or, la population a également un rôle à jouer, ne fût-ce qu'en facilitant le travail des services, en comprenant leurs actions, en ne les entravant pas et en ne les surchargeant pas. Ainsi, à la suite des attentats de Londres en juillet 2005, le nombre de colis suspects signalés aux services de pompiers et de police bruxellois a augmenté de 600 pc, les appels étant le plus souvent de bonne foi, soulignant ainsi la paranoïa naissante d'une population que l'on n'a jamais formé à faire face à ce genre de situation. De ce point de vue, en annulant des événements populaires, l'on coupe la population de sa propre sécurité face à une menace qui n'est pas totalement avérée.
A ce rythme, un décalage risque de rapidement se faire sentir entre des événements annulés et des événements autorisés. Comment faire l'arbitrage ? Au moindre signe de menace - on l'a vu, toujours latente - devons-nous cessez de respirer et nous enfoncer dans la paranoïa ? Devons-nous donner aux terroristes la plus belle des victoires, celle qui consiste à terroriser et à soumettre sans même avoir à frapper ? Des réactions trop linéaires - fermetures et déploiements massifs de forces de l'ordre - sont sans doute le signe d'une réflexion insuffisante. Ces mesures peuvent être nécessaires dans certains cas de figure, mais elles ne sont pas la panacée. Si soutenir le développement de nos services de renseignement fait à présent l'objet d'un consensus (quoique, certains me diront, peu suivi dans les faits) et que l'on reconnaît - enfin ! - que nous ne sommes pas moins visés qu'un autre Etat, il faut encore apprendre à vivre avec la réalité du monde.
Il est temps : nous sommes plus de 6 ans après le 11 septembre... et nous n'aurons pas toujours la chance de ne pas voir de bombes éclater durant une aussi longue période.
(1) Evidemment, ces mesures possèdent d'autres avantages... mais pas dans la prévention d'une attaque.
mardi 8 janvier 2008
Une nouvelle UAS Roadmap
La lecture de l’UAS Roadmap 2007-2032 (définissant l’évolution des systèmes de drones du Pentagone) parue le 10 décembre 2007 permet de se rendre compte que la politique poursuivie par Washington envisage une diminution des ambitions technologiques poursuivies.
Ainsi, quatre grandes directions de recherche et développement sont dégagées en matière de des drones – aériens, navals et terrestres – seront la reconnaissance et la surveillance ; l’identification et la désignation d’objectifs ; les opérations de déminage et la reconnaissance CBRNE (Chemical, Biological, Radiological, Nuclear, Explosive).
Mais si les appareils pourront être affectés à des missions de frappe – notamment dans le cadre d’opérations de suppression de défense aériennes adverses – ils ne seront pas, selon Dyke Weatherington, directeur adjoint de la task-force « Unmanned Aircraft Systems », capables de mener des combats aériens.
Ainsi, « il n’y a vraiment aucun moyen pour qu’un système piloté à distance puisse effectivement opérer dans des combats aériens défensifs ou offensifs ». Reste l’option d’un système totalement autonome mais là « nous n’avons pas encore ce niveau d’autonomie et, franchement, venir à bout de cette Roadmap va prendre de nombreuses années ».
Ainsi, quatre grandes directions de recherche et développement sont dégagées en matière de des drones – aériens, navals et terrestres – seront la reconnaissance et la surveillance ; l’identification et la désignation d’objectifs ; les opérations de déminage et la reconnaissance CBRNE (Chemical, Biological, Radiological, Nuclear, Explosive).
Mais si les appareils pourront être affectés à des missions de frappe – notamment dans le cadre d’opérations de suppression de défense aériennes adverses – ils ne seront pas, selon Dyke Weatherington, directeur adjoint de la task-force « Unmanned Aircraft Systems », capables de mener des combats aériens.
Ainsi, « il n’y a vraiment aucun moyen pour qu’un système piloté à distance puisse effectivement opérer dans des combats aériens défensifs ou offensifs ». Reste l’option d’un système totalement autonome mais là « nous n’avons pas encore ce niveau d’autonomie et, franchement, venir à bout de cette Roadmap va prendre de nombreuses années ».
Back in Begium : le retour du retour 2
Bon, finalement, le débat n'est pas consultable dans son intégralité sur le site de RTL. Cependant, le journal télévisé a résumé assez succintement le débat - assez animé par ailleurs - juste ici.
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