jeudi 5 février 2009

PSYOPS à Gaza (en en Israël) - un exemple concret

Israël a, historiquement, toujours fait un large usage des opérations psychologiques. Les dernières opérations dans Gaza n'ont pas échappé à la règle : tracts, coups de fils (à vocation Psyops mais aussi de renseignement), "mini-frappes cinétiques" sur les immeubles pour inciter leurs occupants à partir, chaîne "Tsahal" sur Youtube, diffusion d'images de frappes de précision pour contrer la trhétorique du Hamas ont été autant de moyens utilisés. Ce sont autant de thématiques qu'aborderont les prochains DSI et DSI-T.

Rien de bien nouveau, cependant, là-dedans : les Psyops ont une dynamique spécifique qui tend à la complexification des moyens de diffusion des messages. Mais si ces derniers peuvent être destinés à l'adversaire du moment, ils peuvent également l'être vers la propre population de l'Etat qui a engagé les opérations. De facto, Israël est un Etat dont la cohésion est fragile : la question des "arabes israéliens", celle de la part prise par les orthodoxes, la question des impacts - majeurs - sur une économie dont plus de 30 % du PIB passe à la défense sont autant d'enjeux.

Rappeler pourquoi l'on se bat - et quelles sont les motivations ayant conduit à la décision de l'engagement - redevient dès lors nécessaire, en particulier lorsque vous êtes accusé d'avoir commis des crimes de guerre et que la communauté internationale crée une pression intense.

J'ai reçu aujourd'hui un mail contenant une lettre publiée dans le quotidien Maariv et, d'après le journal, a été écrite par un réserviste. Personnellement et a priori, je trouve qu'elle est tellement travaillée du point de vue Psyops que soit le réserviste en question est membre d'une telle unité, soit qu'elle a été préparée par une unités Psyops. Je pense qu'il est intéressant de la lire en gardant à l'esprit ce qui vient de précéder. La plume comme instrument de la manoeuvre psychologique (à usage interne comme externe) reste un facteur puissant :

"Je suis le soldat qui a dormi chez vous"

Par Yishai G ( réserviste)

Reproduit avec la permission de Maariv, initialement publié le 25 janvier 2009

Bonjour,

Alors que le monde regarde Gaza en ruines, vous retournez dans votre maison qui tient encore debout. Cependant, je suis certain que vous savez que quelqu'un y est venu en votre absence.

Ce quelqu'un c'est moi.

J'ai passé de longues heures à imaginer quelle serait votre réaction lorsque vous retourneriez chez vous. Ce que vous ressentiriez lorsque vous comprendriez que les soldats de Tsahal ont dormi sur vos matelas et ont utilisé vos couvertures pour se tenir au chaud.

Je savais que cela vous contrarierait et vous attristerait et que vous éprouveriez une cinglante humiliation cette violation des parties les plus intimes de votre vie par ceux que vous définissez comme vos ennemis. Je suis persuadé que vous me détestez avec une haine violente et que vous n'éprouvez même pas le plus infime désir d'entendre ce que j'ai à dire. Cependant, il est important pour moi de dire ce qui suit dans l'espoir qu'il y ait une chance infime que vous m'entendiez.

J'ai passé plusieurs jours dans votre maison. Votre présence et celle de votre famille se ressentait dans chaque coin. J'ai vu les portraits de votre famille sur le mur, et cela m’a fais penser à la mienne. J'ai vu les bouteilles de parfum de votre femme sur la table de chevet, et cela m’a fait penser à ma femme. J'ai vu les jouets de vos enfants et les livres scolaires en anglais. J'ai vu votre ordinateur personnel et comment vous avez installé le modem et le téléphone sans fil près de l'écran, comme je le fais chez moi.

Je voulais que vous sachiez que malgré l'immense désordre que vous avez trouvé dans votre maison et qui a été causé alors que nous cherchions des explosifs et des tunnels (qui ont en effet été trouvés dans d'autres maisons), nous faisions de notre mieux pour traiter vos effets personnels avec respect. Lorsque j'ai déplacé la table d'ordinateur, j'ai débranché les câbles et je les ai soigneusement posés par terre, comme je l'aurais fait avec mon propre ordinateur. J'ai même dépoussiéré l'ordinateur avec un morceau de tissu. J'ai essayé de remettre en place les vêtements qui sont tombés lorsque nous avons déplacé l'armoire, même si ça n'est pas comme vous l'auriez fait, mais au moins de sorte à ce que rien ne soit perdu.

Je sais que la destruction, les trous de balles dans vos murs et la destruction de ces maisons à proximité de la vôtre rendent mes descriptions assez ridicules. Mais, j'ai besoin que vous me compreniez et j'espère que vous canaliserez votre colère et vos critiques comme il se doit.

J'ai décidé de vous écrire parce que je suis resté chez vous.

Je peux présumer que vous êtes intelligent et instruit et qu'il y a dans votre maison des étudiants à l'université. Vos enfants apprennent l'anglais et vous êtes connecté à Internet. Vous n'êtes pas aveugle ; vous savez ce qu'il se passe autour de vous.
C'est pourquoi, je suis sûr que vous savez que les roquettes Qassam ont été lancées depuis votre quartier sur les métropoles et les villes d'Israël.

Comment pouvez vous regarder ces tirs hebdomadaires sans vous imaginer qu'un jour nous dirions "Assez" ?! Vous êtes vous déjà imaginé que c'était une erreur de lancer des roquettes sur des civils innocents qui essayaient de mener une vie normale, tout comme vous ? Combien de temps pensiez-vous que nous allions rester les bras croisés sans réagir ?

Je peux vous entendre dire "ce n'est pas moi, c'est le Hamas". Mon intuition me dit que vous n'êtes pas son plus fervent admirateur. Si vous regardiez de plus près la triste réalité dans laquelle vit votre peuple, sans vous leurrer ou trouver des excuses sur "l'occupation", vous devez certainement tirer la conclusion que c'est le Hamas votre véritable ennemi.

La réalité est si simple, même un enfant de sept ans peut la comprendre : Israël s'est retiré de la Bande de Gaza, a retiré ses bases militaires et ses citoyens de Gush Katif. Nous continuons, néanmoins, à vous fournir de l'électricité, de l'eau, et des marchandises (et ça je le sais très bien puisque durant mon devoir de réserve, j'ai gardé les passages frontaliers plus d'une fois, et j'ai vu des centaines de camions remplis de marchandises entrer dans un Gaza sans blocus tous les jours).

Malgré tout cela, pour des raisons qui sont incompréhensibles et par manque de toute logique, le Hamas a tiré des missiles sur des villes israéliennes. Pendant trois ans, nous avons serré les dents et nous nous sommes retenus.

A la fin, nous n'en pouvions plus et nous sommes entrés dans la Bande de Gaza, dans votre quartier, afin d'éliminer ceux qui voulaient nous tuer. Une réalité qui est pénible mais très facile à expliquer.

Dès que vous serez d'accord avec moi sur le fait que le Hamas est votre ennemi et que c'est à cause de lui que votre peuple est misérable, vous comprendrez aussi que le changement vient de l'intérieur. Je suis tout à fait conscient que ce que je dis est plus facile à écrire qu'à faire, mais je ne vois pas d'autre moyen. Vous, qui êtes connecté au monde et êtes inquiet pour l'éducation de vos enfants, vous devez mener, avec vos amis, une insurrection civile contre le Hamas.

Je vous conjure que si les citoyens de Gaza étaient occupés à paver des routes, construire des écoles, ouvrir des usines et des établissements culturels au lieu de s'apitoyer sur leur sort, de faire de la contrebande d'armes et de nourrir une haine contre vos voisins israéliens, vos maisons n'auraient pas été en ruines aujourd'hui. Si vos leaders n'étaient pas corrompus et motivés par la haine, vos maisons n'auraient pas été endommagées. Si quelqu'un s'était levé et avait crié que cela n'avait aucun sens de tirer des missiles sur des civils innocents, moi, soldat, je ne me serais pas retrouvé dans votre cuisine.

Vous n'avez pas d'argent, dites-vous ? Vous en avez bien plus que vous ne pouvez l'imaginer. Même avant la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, à l'époque de Yasser Arafat, les millions, si ce n'est des milliards de dollars, qui ont été donnés par la communauté internationale aux Palestiniens, ont été utilisés pour acheter des armes ou ont été directement déposés sur le compte en banque de vos leaders. Les Etats du Golfe, les Emirats – vos frères, votre chair et votre sang, comptent parmi les plus riches nations au monde.

S'il y avait ne serait-ce qu'un infime sentiment de solidarité entre les pays arabes, si ces nations étaient un tant soit peu intéressées par la reconstruction du peuple palestinien – votre situation aurait été bien différente. Vous devez connaître Singapour. La masse de terre qui n'est pas bien plus grande que la Bande de Gaza et qui est considérée comme le deuxième pays le plus peuplé au monde. Malgré cela, Singapour est un pays prospère et bien dirigé. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour vous ?

Mon ami, j'aurais voulu vous appeler par votre nom, mais je ne le ferai pas publiquement. Je voudrais que vous sachiez que je suis à 100 % en paix avec ce que mon pays a fait, ce que mon armée a fait et ce que j'ai fait. Cependant, je comprends votre chagrin. Je suis désolé pour la destruction que vous voyez dans votre quartier en ce moment. Personnellement, j'ai fait tout mon possible pour minimiser les dégâts dans votre maison.

A mon avis, nous avons bien plus en commun que vous ne pouvez l'imaginer. Je suis un civil, pas un soldat, et dans ma vie privée, je n'ai rien à voir avec l'armée. Cependant, je suis obligé de quitter ma maison, mettre un uniforme et protéger ma famille chaque fois que nous sommes attaqués.

Je n'éprouve aucun désir à être dans votre maison, à porter à nouveau mon uniforme et je serais plus qu'heureux de m'asseoir avec vous comme invité dans votre jolie terrasse, en buvant du thé sucré avec la sauge qui pousse dans votre jardin.

La seule personne qui pourrait faire de ce rêve une réalité, c'est vous.

Prendre vos responsabilités, celle de votre famille, de votre peuple, et commencer à prendre le contrôle de votre destinée. Comment ? Je ne sais pas. Peut être qu'il y a quelque chose à apprendre du peuple juif qui s'est relevé de la tragédie humaine la plus destructrice du XXe siècle. Et au lieu de sombrer dans l'apitoiement, a construit un pays florissant et prospère. C'est possible et c'est à portée de vos mains.

Je suis disposé à être là et vous prêter mon épaule pour vous soutenir et vous aider.
Mais, vous seul pouvez faire bouger les roues de l'histoire.

Cordialement,

Yishai (réserviste)

mercredi 4 février 2009

Tchad : ce qui s'est passé

C'est suite à une question parlementaire déposée par le Vice-président de la Commission de la défense belge, Denis Ducarme, que le ministre a précisé les conditions dans lesquelles deux véhicules belges, dont un LMV, ont été détruits.

C'est mi-novembre qu'une équipe belge de forces spéciales, en patrouille à la frontière soudanaise, s'est vue attaquée par un hélicoptère de Khartoum. L'appareil a effectué 4 passages bas (moins de 100 m), tirant un total de 4 roquettes. Les véhicules, apparemment, avaient été positionnés à couvert dans la végétation.

Selon le ministre, leur destruction sera indirecte, les roquettes mettant le feu à la végétation, qui, à son tour, détruira les véhicules. Aucun dégât humain n'est à signaler. Reste une question : travaillant au GPS, les forces belges sont absolument certaines d'être restées sur le territoire tchadien. Que fichaient donc les Soudanais au Tchad ?

La base de Kourou un peu mieux protégée

La DGA a commandé fin décembre 2008 à Thales Raytheon un radar de défense aérienne à longue portée destiné à protéger le centre spatial guyanais de Kourou. Il viendra compléter, à partir de 2011, les installations du centre de contrôle militaire de Kourou opéré par l’armée de l’Air. Il renforcera les capacités de détection du centre spatial et de l’espace aérien guyanais.

Le contrat, d'une valeur de 50 millions d'euros, comprend la fourniture du radar ainsi que les infrastructures associées (bâtiments d’exploitation, énergie, système de communication et sécurisation). Il prévoit également le maintien en condition opérationnelle du système pendant une durée de 18 ans, avec une garantie de disponibilité à 98 % de l’ensemble de la station radar et de ses infrastructures.

lundi 2 février 2009

Les forces spéciales belges au Tchad : under fire...

Selon l'Irish Times, qui a interviewé le général Nash, commandant de l'opération Eufor Tchad-RCA, des forces belges engagés au Tchad ont été pris à parti par des tirs en provenance du Soudan, manifestement sans causer de dégâts humains. Il est également possible qu'au moins un véhicule (deux, selon certaines sources) ait été détruit par le feu d'un hélicoptère soudanais au cours du même engagement.

Le général Nash s'est dit "relativement content" du déploiement des forces européennes, indiquant qu'elles avaient été en mesure de contribuer à "un certain facteur de dissuasion". Mais, avec 3 500 hommes sur une superficie équivalente à celle de la France, a-t-il rappelé, "we have not been able to compel everybody to behave in a certain fashion and it was never realistic to expect that".

Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes

Mardi 3 février 2009, de 17 h à 19 h, en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes, nouvelle séance de la commission "Nouvelle histoire bataille". Benoist Bihan, doctorant à l'université de Poitiers, présentera une communication sur le thème suivant :

« Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes : l’exemple des opérations américaines au-dessus du Nord-Vietnam, 1964-1973 »

Pour les candidats à une séance qui s'annonce passionnante, RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.

vendredi 30 janvier 2009

Carl von C. : il faut une stratégie militaire nationale à la France

Vous l'aurez peut-être remarqué dans le DSI n°44, la chronique de Carl révélait un message subliminal derrière sa légendaire gouaille : les principes stratégiques révélés par le LBDSN sont selon lui insuffisants - on ne peut pas lui donner tort - de sorte qu'une stratégie militaire nationale pourrait bien être nécessaire. Petit flashback :

La chronique de Carl von C. : Joyeuse crise et bonne année !

Ah, là, ça fait mal. On nous a bassiné avec le NBC mais ce seront finalement les actifs toxiques qui auront eu raison de nos richesses. Remarquez, nous ne sommes pas les seuls et pas nécessairement les plus à plaindre. Celui qui a placé ses actions dans une de ces boîtes de recouvrement sera sans doute le seul à y gagner. Mais la crise dans laquelle nous nous enfonçons pose des problèmes bien réels pour nos systèmes de défense : fini, les budgets soi-disant mirobolants – il n’y avait que les ministres des finances pour y croire – et adieu nos belles Transformations. Nous allions dans les hypermarchés de la défense, il va falloir se mettre au hard discount. Et hop, nous voilà pris au piège de nos moyens. L’Oncle Sam, jamais en retard d’une guerre, a déjà tout compris : pédale douce sur ces fichus antimissiles qui ne servent à rien – et certainement pas à remplacer une bonne vieille dissuasion à l’ancienne – et regards couleur mitrailleuse sur des programmes comme le F-22 ou le F-35. Ce qui s’annonce n’est pas très bon pour une série de programmes. Mais, à bien y réfléchir, c’est peut-être aussi une chance. Sans doute pas pour votre portefeuille ni pour le miens, mais bien pour l’évolution de nos armées : en grec, crise vient de « krinein », jugement. Alors, jugeons.

Parce que, finalement, ce fameux Livre blanc, qu’est-ce qu’il nous dit ? Que nous vivons dans un monde complexe où domine l’incertitude ? Bien. Mais que nous dit-il sur les guerres futures ? Une bande de Chinois robotisés nous lançant à tour de bras des missiles balistiques après des frappes par des appareils de la 185ème génération ++ ? Une bande d’indépendantistes des Vanuatu subitement devenus fanatisés et menant le premier « Vanuatu-had », global et asymétrique, évidemment ? Quelques rigolos faisant exploser des bombes dans des bouses de vache ou des nerds aux grosses lunettes essayant de pirater mes sites coquins à moi (ceux où on voit des hélicoptères tout nus) ? Une invasion de poulets à la dioxine ? Le Livre blanc nous répond « un peu de tout ça », comme la majorité des auteurs, tous un peu déboussolés et en appelant frénétiquement au « full spectrum dominance ». En bref, savoir tout faire - en sachant qu’il y aura de plus en plus – avec, évidemment, moins de pépètes (ce serait trop facile, sinon, non ? Votre vieux Carl vous le dit en même temps qu’il vous envoie ses bons vœux et, pour les dames et les demoiselles, ses gros bisous, nous aurions peut-être bien besoin d’une stratégie militaire nationale.

La sécurité, c’est bien. Mais la stratégie répond aussi à des critères très spécifiques : il n’y a rien à faire : poursuivre la grande criminalité demande des méthodes aussi spécifiques que de « retourner » une population en OPEX. Dire que, dans les deux cas, c’est pour la sécurité du citoyen semble juste. Dire que les deux relèvent du même plan, c’est prendre ses rêves pour des réalités. C’est précisément parce que nous allons devoir nous serrer la ceinture et que personne ne fera le travail à notre place – regardez juste l’état des finances de défense britanniques – que nous allons avoir besoin d’être nettement plus précis dans nos définitions. Nous allons avoir besoin de faire fumer les cafetières, de déclencher une véritable révolution dans la pensée stratégique française. Les préconditions sont là : les cinglés du clavier, les malades de l’histoire, les snipers des bibliothèques, les camés au Coutau-Bégarie, les cannibales des bonnes pages sont de sortie et ça va faire du bien aux neurones. Evidemment, pas mal de choses ne plairont pas. Mais bon, finalement, on ne peut pas plaire à tout le monde et nous sommes tout de même dans le pays de la polémique (on a mis en place un ministère de l’identité nationale, faudrait tout de même qu’il serve à quelque chose). Pour le reste et pour une fois, nous avons l’occasion de ne pas être en retard d’une guerre : vous avez dit crise ?
Carl

DSI n°45 : le sommaire


DSI 45, février 2009
Editorial
Nominations et agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C.. : "Bon, alors les gars, vous l'ouvez (votre PC) ?"

Sur le vif

La Traviata, chronique d’un transit au large de la Somalie
Par Jean Rolin, écrivain et journaliste, récipiendaire des prix Albert Londres et Medicis, écrivain de marine

Sri-Lanka : vers la fin de la guerre ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Quelle réforme pour l’armée russe ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Quel avenir pour la réforme de l’armée russe ?
Entretien avec Dale R. Herspring, Professeur émérite de sciences politiques à l’université de l’état du Kansas.

Stratégie

Vers une stratégie du « mobile »
Aymeric Bonnemaison, lieutenant-colonel, doctorant en sciences politiques à l’UCL

L’anthropologie au service de la contre-insurrection ? L’Human Terrain System
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE

Armées

Pakistan : quelles relations civilo-militaires ?
Entretien avec Shuja Nawaz, auteur de Crossed Swords: Pakistan, Its Army, and the Wars Within.

Islamabad face à ses guerres. Une armée au cœur de la tourmente
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la Pakistan Army

Unités

Le Centre d’Entraînement des Postes de Commandement (CEPC). L’entraînement à la française
Par Véronique Sartini, journaliste

Préparer à la guerre
Entretien avec le colonel Philippe Baulain, chef de corps du CEPC

Encadré : SCIPIO, l’outil de simulation du CEPC

Technologies et armement

Croiseurs et grands bâtiments de ligne : quel avenir ?
Par Jean-Jacques Mercier et Joseph Henrotin, expert en systèmes d’armes et chargé de recherche au CAPRI

Croiseurs américains : quels projets pour demain ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Que sont devenus les croiseurs classe Slava et Kara ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le Piotr Veliky titille Washington ! Les croiseurs Kirov/Ushakov
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Frégates classe Valour/ La marine sud-africaine, maîtresse de l’Afrique

Alenia/Embraer AMX/ Gina, madone de l’attaque légère

Engin blindé antiaérien Gepard/Les SPAAG de l’OTAN

Critiques de lecture

Les âmes de Verdun, La victoire de l’homme sur la ferraille de Philippe Grasset

Mourir pour l’Afghanistan. Pourquoi nos soldats tombent-ils là-bas ? de Jean-Dominique Merchet

Chronique du choc des civilisations d’Aymeric Chauprade

The Sword and the Olive. A Critical History of the Israeli Defense Force de Martin Van Creveld

La surprise stratégique. De la notion aux implications de Corentin Brustlein

The Rise of Pasdarans de Frederic Wehrey, Jerrold D. Green, Brian Nichiporuk, Alireza Nader, Lydia Hansell, Rasool Nafisi, S. R. Bohandy.

jeudi 29 janvier 2009

On a retrouvé les DSI-T

Si, si, nous avons trouvé la source du retard des DSI-T. Une (très) grosse erreur d'aiguillage de la part des NMPP, qui diffusent les magazines en kiosque et chez les marchands de journaux... Tout devrait donc être rentré dans l'ordre. Bonne lecture !

Ceci dit, et sans vouloir forcer sur la publicité à outrance, l'abonnement reste plus sûr : vous êtes sûr d'avoir vos magazines dès qu'ils sont sortis et, sur une année, la formule est moins chère, en particulier lorsqu'elle est couplée à DSI. Bon, ça va, j'arrête ;o)

jeudi 22 janvier 2009

Colloque "La guerre juste" à l'EHESS

La guerre juste. Approches de la théorie politique

Journée d'études, mardi 10 février 2009, amphithéâtre de l'EHESS, 105, bd. Raspail Paris 6e.

Organisateurs : Jean-Vincent Holeindre (Centre de recherches politiques Raymond-Aron) et Daniel Brunstetter (Irvine) ; avec le soutien de la Fondation Saint-Cyr.

9h. Introduction par Daniel Brunstetter (Irvine)

9h30-11h00 : L'Amérique et la guerre juste
Guillaume Durin (Lyon-III), Les théories américaines de la guerre juste
Daniel Brunstetter (Irvine), Yes we can : Obama on war
Discutant : Olivier Chopin (EHESS)

11h30-13h00 : Guerre juste et éthique de la guerre
Ariel Colonomos (CERI-CNRS), Guerre préventive et guerre juste.
Jean-Vincent Holeindre (EHESS), Les ruses de guerre sont-elles toujours perfides ? Une approche du droit de la guerre.
Discutant : Gérald Larché (EHESS).

13h-15h : Déjeuner libre

15h-16h30h : Sortir de la guerre
Julie Saada (IUFM/Paris-IV), Jus post bellum et justice transitionnelle
Brian Orend (Waterloo), Justice After War: Perspectives Today
Discutant: Dario Battistella (IEP Bordeaux)

17h : Conférence de clôture
Philippe Raynaud (Paris-II), La guerre juste entre philosophie politique et philosophie du droit.

18h : Pot amical, Hall de la Maison des sciences de l'homme, 54, bd. Raspail Paris 6e.

Contact : Jean-Vincent Holeindre, holeindr(at)ehess.fr

EGEA déménage

Petite info du matin, Olivier a changé d'hébergeur : EGEA peut maintenant être lu ici.

mercredi 21 janvier 2009

De nouveaux F-16 pour la Jordanie ?

Des négociations seraient en cours entre la défense belge et la Jordanie poura l'achat par cette dernière de 9 appareils, pour un montant de 7 millions d'euros. La force aérienne jordanienne avait déjà, en 2007, acheté 14 F-16 portés au standard MLU.

Précision : 7 millions serait le montant... total.

La France commande des Exocet Block3

La DGA a notifié à MBDA, fin décembre 2008, une commande pour la transformation de 45 missiles mer-mer Exocet block2 de la Marine nationale en Exocet block3, qui seront livrés en 2011 et 2012.

Cette commande fait suite au contrat de développement de l’Exocet MM40 block3, notifié en janvier 2004, avant que le missile ne soit qualifié par elle en avril 2008. Ces missiles seront mis en œuvre à partir des frégates "Horizon" (classe Forbin) sur lesquelles les travaux d’intégration des installations de tir se sont achevés également en 2008.

A plus long terme, le MM40 block3 constituera l’armement antinavire principal des frégates multi-mission (FREMM, classe Aquitaine). Les évolutions block3 de l’Exocet portent principalement sur la présence d’un turboréacteur qui remplace le moteur à propergol solide des versions antérieures, ainsi que l’intégration d’une avionique de dernière génération, dotée d’un récepteur GPS.

Ces modifications doublent la portée du missile et lui permettent de varier les angles d’attaque d’une cible navale ou d’attaquer des cibles situées en zone littorale, désignées par leurs coordonnées géographiques. Outre l'accroissement de portée, c'est là que réside le principal intérêt du missile : il dispose de capacités d'attaque terrestre marginales, une question qui, en son temps avait été longuement examinée dans DSI-T/T&A.

La France rejoindrait ainsi le groupe de tête européen dotés de missiles à capacités duales et qui est emmené par la Suède et l'Allemagne et, lorsque le NSM sera opérationnel, la Norvège et la Pologne.

Où sont donc les DSI-T ?

Ces derniers jours, j'ai reçu pas mal d'e-mails portant sur la livraison du dernier DSI-T, qui aurait dû être en kiosque depuis maintenant plus de 2 semaines. Si les abonnés l'ont effectivement reçu, il semble que la distribution en kiosque/marchands de journaux ait été erratique : certains ont été approvisionnés, d'autres pas.

J'ai posé la question au directeur des publications, qui est en train d'examiner ça avec les NMPP. On vous tient au courant !

mardi 20 janvier 2009

DSI 45 en preview


Le DSI de février vous réserve quelques surprises de taille : titulaire du Prix Albert Londres, Jean Rolin nous relate, par exemple, son passage par le Golfe d'Aden et nous avons fait le point sur les perspectives du conflit sri-lankais ou encore la réforme des forces russes. Plus quelques autres dossiers costauds comme on les aime !

Exportations françaises d'armement : 6,3 milliards en 2008

Les exportations françaises d'armement ont atteint 6,3 milliards d'euros en 2008, dépassant l'objectif des 6 milliards d'euros, selon le ministre de la Défense, Hervé Morin, pour qui "C'est la meilleure année depuis l'an 2000", rappelant que les exportations françaises s'étaient élevées en 2007 à près de 5,5 milliards d'euros.

La France, reste talonnée par Israël. Le ministre s'est par ailleurs engagé à "continuer à faire le tour du monde pour défendre les fleurons" de l'industrie d'armement française et "défendre tel ou tel programme qui se trouverait sur la sellette (...) Car la décision d'achat d'un programme d'armement dépend naturellement de la qualité du produit, de son prix, mais est aussi un acte politique".

lundi 19 janvier 2009

Les ravitailleurs de l'AdA (enfin) rénovés

La DGA a notifié le 14 janvier 2009 à Air France Industries un marché d'un montant de 37 M€ TTC portant sur la mise à niveau de l'avionique des avions C-135FR. Ce contrat vise à mettre en conformité ces aéronefs avec l'évolution des réglementations édictées par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et à remplacer divers équipements obsolètes. Il comprend également les prestations associées de formation des personnels et de soutien initial. Le premier appareil est prévu d'être livré début 2011 à l'armée de l'Air. Les livraisons des appareils suivants s’échelonneront jusqu’en 2013. La flotte de ravitailleurs de l’armée de l’Air est aujourd’hui composée de 14 appareils. La modernisation de leur avionique leur permettra d'être maintenus en service jusqu'à l'arrivée des premiers avions multi-rôle de ravitaillement en vol et de transport MRTT (Multi Role Tanker and Transport), prévue aujourd'hui en 2015.

vendredi 16 janvier 2009

Grande-Bretagne : le débat sur la dissuasion relancé

C’est dans une lettre au Times que trois officiers généraux britanniques à la retraite, le Field Marshal Lord Bramall et les généraux Lord Ramsbotham et Sir Hugh Beach ont appelé à un abandon du renouvellement – programmé depuis 2006 – des sous-marins nucléaires d’engins.

Partant du principe d’une couverture de facto par le parapluie nucléaire américain et que la force britannique n’est de toute façon pas indépendante, ils soulignent que les économies qui seraient réalisées, de l’ordre des 20 milliards de livre sterling, permettraient de renforcer des forces conventionnelles dans une situation de crise.

Ils indiquent aussi que la dissuasion nucléaire s’est montrée « complètement inutile comme mesure de dissuasion aux menaces et à l’échelle de violence auxquelles nous faisons actuellement face ou qui sont probables, particulièrement le terrorisme ». Les auteurs ont également souligné le fait que disposer d’armes nucléaires ne représentaient plus un facteur nécessaire pour peser sur les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU.

En tout état de cause, le débat britannique sur les armes nucléaires – plus vivace qu’en France – semble connaître une nouvelle étape et non des moindres... La décision de co-développer leur dissuasion avec les Etats-Unis place les Britanniques dans une position pour le moins inconfortables : ne bénéficiant pas de la latitude française, ils voient la "fixation" d'une partie de leur budget. Tout en restant conscient que "le jour où les catapultes seront hors-la-loi, tous les hors-la-loi auront des catapultes".

mercredi 14 janvier 2009

Gaza : deux interviews dans La Libre

Votre serviteur a été gâté : Gérald Papy, de La Libre Belgique, m'a interviewé hier sur la question des évolutions tactiques à Gaza. Le résultat de l'interview peut être lue ici. De même, la question des DIME et des armes au phosphore a fait l'actualité hier, l'occasion de souligner le paradoxe de la recherche de réduction de la létalité.

mardi 13 janvier 2009

Interview : les opérations israéliennes à Gaza

Et voilà, je sors juste de "RTL +", l'émission d'information pré-JT de 13h, où j'avais été invité avec Joël Kotek, qui m'avait par ailleurs donné cours aux temps de ma folle jeunesse délurée. La vidéo est visible ici. Bien évidemment, c'est toujours trop court pour aborder de pareilles thématiques...

Logiquement, je devrais également passer au JT de ce soir, toujours sur RTL, sur la problématique des armes au phosphore blanc. Pierre Babey, de France 3 pourrait aussi faire un petit coucou dans l'après-midi, cette fois sur la thématique des armes DIME et la problématique de la réduction des rayons létaux en zone urbaine.

lundi 12 janvier 2009

Corée du Sud : la marine poursuit son programme

Très dynamique, la marine sud-coréenne vient de se lancer dans une nouvelle phase de son développement. Si les observateurs n'ont pas manqué de pointer la récente commande de 6 sous-marins Type 214 (dotés d'une propulsion AIP) - qui viennent ainsi s'adjoindre aux 3 premiers exemplaires, commandés préalablement, Séoul a également commandé le premier exemplaire de sa nouvelle classe de frégate.

C’est fin, en effet, fin décembre que la DAPA (Defense Acquisition Program Administration) sud-coréenne a signé avec Hyundai un contrat portant sur la construction de la tête d’une nouvelle classe de frégates de 3 200 tonnes, dans le cadre du programme FFX et qui devra entrer en service en 2011. D’ici 2015, 6 de ces bâtiments aux formes furtives devront avoir été construites, en remplacement partiel des frégates de la classe Ulsan et des corvettes de la classe Pohang.

Certaines sources indiquent que de 24 à 27 navires pourraient, in fine, être construits d’ici 2020. Les bâtiments seront dotés d’une plateforme pour hélicoptère leur permettant d’accueillir 1 hélicoptère Lynx ; de système de défense rapprochés Goalkeeper ; d’un canon de 127 mm ; de missiles antinavires et d’une suite avancée de senseurs. En plus d’un radar 3D, la nouvelle frégate sera ainsi équipée d’un sonar à immersion variable, aura un équipage de 170 personnes et pourra manœuvrer à 32 nœuds.

Préalablement, la Corée du Sud s'était également lancé dans son nouveau programme de patrouillleur, classe Gomsokudri, également conçu dans l'optique de la lutte contre la marine nord-coréenne et disposant de capacités radars assez avancées. But du jeu : pouvoir disposer d'une capacité à gérer les essaims de patrouilleurs et vedettes de Pyongyang, tout en se dotant d'une aptitude à un combat littoral perçu comme rapide et particulièrement fluide. Dans cette architecture (et alors que Séoul renforce ses capacités de combat en haute mer, le premier grand destroyer King Sejong venant d'être déclaré opérationnel), les FFX joueront le rôle de "noyaux de puissance" au sein des nodes constitués par les nouveaux patrouilleurs.

Back online

Les vacances étant passées et DSI n°45 étant maintenant bien avancé (quelques bonnes surprises vous y attendent), un petit post s'avérait nécessaire : non Tanguy, je n'ai pas été totalement absorbé par les vagues de réflexion de mon prochain ouvrage !

Plus sérieusement, les opérations israéliennes à Gaza occupent pas mal mes activités médiatiques pour l'heure : samedi, Le Soir m'a accordé une pleine page d'interview - dans la foulée de la parution, sous la direction de Tanguy - de Les interventions militaires en zone urbaine (dans lequel deux chapitres étaient consacrés aux opérations israéliennes) et, demain, je suis invité sur le plateau de "RTL +", à 12h30.

Pas mal de choses intéressantes circulent sur la blogosphère stratégique à propos de l'opération (je pense en particulier à un billet intéressant d'Olivier sur le souterrain comme compensation à la domination aérienne) et il va impérativement falloir qu'on revienne sur le sujet !

mardi 23 décembre 2008

DSI n°44 - le sommaire !



Sommaire DSI n°44
Janvier 2009


Editorial
Agenda-nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
La chronique de Carl von C.

Sur le vif

La présidence Obama. Rétablir le leadership par la manière
Par Tanguy Struye de Swielande, professeur àl’Université Catholique de Louvain, aux Facultés Universitaires Catholiques de Mons et à l’Ecole Royale Militaire.

Obama 2008 : quels changements en politique extérieure ?
Entretien avec Dominique David, directeur exécutif de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI).

Relire le discours du nouveau Secrétaire à la Défense américain
Par Vincent Desportes, général de division directeur du Collège Interarmées de Défense

Stratégie

Oui, il faut relire Foch
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense

Fuller et le darwinisme militaire. « Evolve or die »
Par Olivier Entraygues, doctorant à l’université Paris IV

Stabilisation des conflits : vers de nouveaux soldats ?
Entretien avec Paul Haéri, auteur de De la guerre à la paix. Pacification et stabilisation post-conflit

Armées

De la brêche de Fulda à l’Afghanistan. Les mutations de la Luftwaffe
Par Jean-Jacques Mercier, expert en questions de défense

Les Tornado ECR menacent les radars sol-air. Un outil unique en Europe
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Tableau de bord : la Luftwaffe
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Le DAOS. L’unité aéromobile des forces spéciales
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : Le GIH, ou comment faire voler ensemble la Terre et l’Air… au profit des gendarmes

Encadré : Le Caracal vu par les opérationnels

Encadré : Les appareils du DAOS

Encadré : Le Caracal

Technologie & Armement

L’industrie d’armement terrestre indienne
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Du Tejas au FGFA de 5e génération. L’industrie aéronautique indienne à marche forcée
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Industrie spatiale et missilère : Delhi cherche à couvrir le spectre
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Fiches techniques

Patrouilleur classe Skjold/ Streetfighters et retour de la guérilla navale

Rockwell B-1B Lancer/ Le B-1B, reliquat de l’histoire de la guerre froide

Véhicule de combat d’infanterie FV510 Warrior/ La famille CVR-T

Critiques de lecture

Œuvres complètes du Maréchal Foch

De la guerre à la paix. Pacification et stabilisation post-conflit de Paul Haéri

Les interventions militaires en zones urbaines : paradigmes, stratégies et enjeux sous la direction de Tanguy Struye de Swielande

DSI-T 15 : le sommaire !


Sommaire DSI-Texchnologies n°15
Janvier-février 2009


Editorial

Les élémentaires


Nanotechnologies : quelles ruptures technologiques à l’horizon 2030 ?
Par Alain De Neve, attaché de recherches au Centre d’Etudes de Sécurité et de Défense de l’Institut Royal Supérieur de Défense (IRSD)

La technologie militaire en question : quelles Transformation pour les forces ?
Entretien avec Joseph Henrotin, auteur de La technologie militaire en question

Tendances

Le soutien psychologique du soldat dans l’armée de Terre
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Principes de la techno-guérilla : de Brossolet au Hezbollah
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
EADS DSCS ; perspectives 2009
Entretien avec Hervé Guillou, président de l'activité Defence and Communications, EADS DS

Mer

Euronaval 2008. Tendances et évolutions des projets navals de défense
Par la rédaction

Amphibies : le MHD 200

Sous-marins : les deux projets de DCNS

Frégates : la gamme MEKO s’étend

Frégates : les projets de Lockheed Martin

Frégates et corvettes : le concept Mosaic

Frégates et corvettes : Northrop propose trois concepts

Corvettes : les projets de CMN

Patrouilleurs : les projets de TKMS

Patrouilleurs : la classe Holland

Patrouilleurs et sécurité maritime : un domaine en pleine expansion

Vedettes et fast-attack crafts : quelques projets

Guerre des mines : le Simba 45

Intervention : le ZH1100

Drones de surface : le Silver Marlin

Drones sous-marins : le SAROV de Saab

UAV : le Skeldar

Défense rapprochée : l’AK-630M-2 Duet

Défense rapprochée : le MPNL

Défense rapproché : le Strales

Défense aérienne : les grandes manœuvres

Antinavires légers : le FASGW

Frappe terrestre : le Delilah

Radars : l’Artisan 3D

Une vitrine européenne pour le Brésil

Le Naval Team Denmark

L’industrie navale russe des bâtiments de surface, destroyers, frégates et corvettes
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Leurres navals, une nouveauté chez Lacroix
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Carte : Les drones MALE et HALE dans le monde

Air

Systèmes de drones et coalition : Interopérabilité ou intégration ?
Par Bertrand Slaski, CEIS

Le THAAD en service. Un nouvel antimissile pour l’US Army
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
US Air Force : la 5ème génération remise en question ?
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

M-346 : le LIFT à l’italienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Le « cri de guerre » à l’âge postmoderne : mythes et réalités des armes acoustiques
Par Georges Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes non-létales (IPSE)

Le radar transhorizon JORN. La solution miracle australienne ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

C-27J : la renaissance du G-222
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Terre

Spike : le tueur de char israélien
Par Jean-Jaques Mercier, expert en systèmes d’armes

Iskander le Grand
Par Mikhail Barabanov rédacteur en chef du Moscow Defence Brief

Programme JLTV : le successeur du Humvee est en cours de développement
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

Family of Medium Tactical Vehicles (FMTV) de BAE Systems
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Bushmaster : le MRAP à l’australienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Les Batteries de Renseignement de Brigades
Par Véronique Sartini

Battle Space Transformation Center : Thales fait dans le virtuel cousu main !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

2008 en bref : il est temps de passer aux vacances


Et voilà, d'ici un peu moins de 30 heures, l'équipe sera en vacances. Pour ma part, je décroche totalement et m'en vais quelques jours à l'étranger, histoire de recharger les batteries. De fait, l'année a été chargée : 22 bouclages et 1974 pages (et un nombre d'article que n'ose même pas imaginer) ; la parution d'un ouvrage et la mise en chantier d'un autre ; 11 chapitres d'ouvrages ou articles académiques ; 10 interventions en colloques et conférence et... 109 interviews.


Le tout sans compter Eurosatory et Euronaval, la mise au point de la formule "Daily" et la transformation de T&A en DSI-T. En bref, une année bien tassée où l'équipe a magnifiquement travaillé, tenus les délais dans des conditions très contraignantes et malgré tout fait preuve d'une créativité à toute épreuve. Quand on vous dit qu'on a besoin de vacances ;o) Bon, d'ici là, permettez-moi de vous souhaiter de très bonnes fêtes. Rendez-vous en 2009 !

vendredi 19 décembre 2008

Prix Daveluy 2009 : chercheurs, à vos plumes !

Créé par le chef d’état-major de la Marine, ce prix vise à encourager et promouvoir des travaux de recherche et de réflexion à caractère historique, politique, juridique, technique ou autres, propres à faire progresser les connaissances dans ce domaine. Il s’adresse aux étudiants et chercheurs français et européens, civils ou militaires. Trois récompenses peuvent être attribuées selon la qualité des travaux : 5 000 euros pour une thèse de doctorat 2 000 euros pour un mémoire de fin d’études supérieures 2 000 euros mention spéciale pour thèse ou mémoire Les candidatures sont à adresser au CESM avant fin février de l’année du prix qui est remis courant juin par le chef d’état-major de la marine dans les salons de l’Hôtel de la Marine. Le dossier de candidature doit être composé des documents suivants :
- un Curiculum Vitae ;

- deux copies des travaux réalisés en langue française, dont une sur support numérique ;
- une synthèse, sur support numérique, de 25 000 à 40 000 caractères pour une thèse, de 15 000 à 25 000 caractères pour un mémoire, susceptible de faire l’objet d’une édition au sein de la publication du CESM, le Bulletin d’études de la Marine.
Votre contact : Enseigne de vaisseau Thibault Richard, Centre d’enseignement supérieur de la Marine BP 08 - 00300 Armées Tèl : 01 44 42 56 72 - Fax : 01 44 42 82 06
Voir également ici, notamment pour le règlement.

DSI 44, en preview

Les fêtes approchant à grand pas, j'avance quelque peu la "preview" du prochain DSI qui comporte quelques dossiers de poids : d'abord, sur le DAOS, qui a ouvert pour la première fois ses portes à la presse. Véronique y a passé 2 jours et nous rapport un dossier... pour le moins complet.

Ne manquez pas non plus les dossiers consacrés à l'industrie de défense indienne, à la Luftwaffe mais aussi à la stratégie : le général Desportes et Olivier Entraygues, entre autres, nous livrent quelques réflexions qui méritent le détour.

Rendez-vous donc en janvier !

jeudi 18 décembre 2008

Les interventions militaires en zone urbaine : la TDM

Tanguy et Alain nous signalent que les 336 pages de Les interventions militaires en zone urbaine : paradigmes, stratégies et enjeux sont sorties de presse. J'y ai commis quelques chapitres avec la bande du RMES, pour l'occasion élargie à Stéphane Taillat, qui a travaillé sur la COIN en Irak dans deux très bons chapitres. La table des matière est à présent disponible ici.

Et sans vouloir faire mon commercial pour un sous - quoique - c'est le cadeau idéal pour Noël !

mercredi 17 décembre 2008

Le Liban achète 10 Mig-29

Selon le quotidien francophone L'Orient-Le Jour (Beyrouth), le gouvernement libanais a indiqué avoir décidé d'acheter 10 chasseurs Mig-29 à Moscou, qui a accepté le principe de la livraison. L'article n'indique pas si les appareils seront neufs ou d'occasion.

C'est la première fois que le Liban achète du matériel russe alors que, dans le même temps, l'acquisition signe la renaissance de l'aviation de combat libanaise, souhaitée depuis les opérations menées dans le camp de Nahr-el Bared, en 2007. Ses derniers appareils à réaction étaient des Hunter, plus spécifiquement adaptés à l'attaque au sol.

On remarquera cependant que le Fulcrum est plus adapté aux missions de supériorité aérienne et qu'il est en service aussi bien en Syrie (le quotidien cite le chiffre, évidemment erroné, de 500 appareils) qu'en Iran. On peut, à cet égard, se demander quelle a été l'influence réelle du Hezbollah sur une prise de décision qui, pour le coup et en toute hypothèse, cadre particulièrement bien à la logique doctrinale de techno-guérilla qu'il à mis en place.

mardi 16 décembre 2008

Guardian Falcon ne chôme pas

Les quatre chasseurs-bombardiers F-16 belges déployés en Afghanistan auraient largué une dizaine de bombes à guidage laser et tiré "au moins cinq rafales" avec leur canon de bord depuis le début de l'opération Guardian Falcon , début septembre, indique Air&Cosmos .

"Le nombre de tirs, jalousement protégé par le secret militaire, porterait, pour les F-16 belges, sur une dizaine de GBU-12 - des bombes de 250 kg à guidage laser dont chaque avion emporte deux exemplaires - et au moins cinq rafales de canon M-61". Le ministère de la Défense n'a pas souhaité confirmer l'information et indique que les F-16, ont effectué, en date du 5 décembre, 625 heures de vol : 574 heures lors de missions préplanifiées au profit de l'ISAF et 50,5 heures lors de Quick Reaction Alerts.

Selon le colonel Luc Gennart, les appareils effectuent des vols en moyenne cinq jours par semaine. Des sources militaires ayant requis l'anonymat ont quant à elles fait état de plusieurs occasions où un pilote belge a refusé au dernier moment de faire usage de son armement en raison du risque qu'il jugeait trop élevé de "dommages collatéraux" , en d'autres termes la perte de vies humaines au sein de la population civile.

Par ailleurs, deux roquettes sont tombées sur le cantonnement belge, sans faire de blessés, le 15 décembre.

lundi 8 décembre 2008

Guerres hybrides : les guérillas Vs. les lignes de communication

Des talibans ont attaqué avec succès, le 7 décembre, un terminal logistique de l’OTAN à proximité de Peshawar et de la passe de Khyber, qui permet d’entrer par la route en Afghanistan. Selon Kifayatullah Khan, directeur du terminal, environ 300 hommes ont attaqué avant l’aube détruisant les 106 véhicules présents sur place avant de rompre le contact. L’entrée principale de la base a été attaquée au lance-roquettes, tuant les gardes et ouvrant la voie aux combattants.

Les approvisionnements alliés passent à 75 % par le Pakistan, après avoir été déchargés des navires dans le port de Karachi. Ces attaques, bien coordonnées, ont conduit à la suspension du trafic passant par Khyber par les autorités pakistanaises. Si les autorités US indiquent que les attaques n'auront pas d'impact sur la poursuite des opérations en Afghanistan, force est de constater que les talibans ont manifestement compris les vulnérabilités de la spécificité des lignes de communication de l'ISAF mais aussi des utilisation d'acteurs privés dans la gestion des opérations logistiques.

Pourtant, rien de bien neuf ici d'un point de vue stratégique : Jomini avertissait déjà ses lecteurs des problématiques inhérentes aux lignes de communication, en particulier dans les situations de guérilla...

samedi 6 décembre 2008

Intuitions et rédactions

Le blog connaît quelques ralentissements ces derniers temps, dû à une surcharge de travail quelque peu obsédante : outre les travaux sur les prochains DSI et DSI-T, une suite de conférences à l'EHESS et au château de Vincennes m'a donné quelques idées - disons qu'intuitions serait plus approprié - sur l'impasse stratégique du moment : faut-il se structurer en fonction des opérations de stabilisation ou dans l'hypothèse d'une surprise stratégique impliquant ?

L'intuition part de quelques éléments très simples : 1) rares sont les guerres qui ont ressemblé aux précédentes et croire que les guérillas n'évolueront pas ou qu'un adversaire étatique va compbattre suivant nos règles du jeu, "à la capacitaire" pourrait être trompeur ; 2) le "dilemme" actuel, tel qu'il s'est construit, est peut-être l'un des résultats du processus de technologisation que j'explorais dans mon dernier bouquin, en d'autres termes, la question posée supra pourrait bien ne pas/ne plus être pertinente ; 3) les processus d'hybridation, de fertilisation croisée entre les modes de guerres ont été insuffisament explorés : nous pourrions bien les ranger beaucoup trop rapidement dans les catégories "conflits réguliers/irréguliers".

Attaquer ce morceau-là est consommateur en temps mais particulièrement stimulant. Tanguy va sans doute m'en vouloir de lui rendre une tartine de 50 pages pour les prochains Cahiers du RMES mais, finalement, il faut bien se faire plaisir de temps en temps, non ? Tant pis donc, dans l'immédiat, pour la poursuite du débat avec Olivier sur les mécanismes de dissuasion conventionnelle (quoique : Gene Sharp et quelques autres ont, vous le verrez dans l'article, quelques mots à dire sur le sujet).

mercredi 3 décembre 2008

James Jones à la tête du NSC

Confirmant le choix d’Hillary Clinton au secrétariat d’Etat, Barack Obama a également confirmé Robert Gates dans ses fonctions de Secrétaire à la défense, arguant qu’une rupture alors que les Etats-Unis font face à deux guerres ne serait pas souhaitable. Mais le nouveau président américain a également choisi James Jones en tant que Conseiller à la sécurité nationale.

A 64 ans, ce général des Marines, ancien commandant des Marines et ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) a été particulièrement prompt à mettre en avant la problématique de la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Après sa retraite, il a également mené plusieurs missions en Afghanistan et en Irak pour le compte du Pentagone. Durant sa carrière, il a également été l'officier de liaison entre les Marines et le Sénat, acquérrant ainsi une expérience politique certaine.

Parfaitement bilingue français-anglais (il a passé sa scolarité en France avant de rejoindre l'université de Georgetown pour un BA. en sciences), il est considéré comme un officier au franc parler. Il est aussi crédité d'une excellente aptitude à la négociation et à la compréhension des enjeux aussi bien stratégiques que tactiques. Typiquement "Marine", il se serait ainsi adressé au Corps en 1999 : "It's OK to have fun in the Marine Corps. I like to say we are an imperfect people working in an institution that tries to be perfect. That is a noble thing, but you have to realize there is no perfect. We're human".

jeudi 27 novembre 2008

Belgique : vers la résilience ?

La bataille fut rude : 5 émissions TV, 3 ou 4 opinions dans la presse quotidienne, une rencontre avec une ministre de la justice pour le moins peu emballée par le concept, une note de 40 pages et quelques conférences plus tard (et là, je ne parle pas encore du travail de Gino Verleye ni d'une série d'officiers et d'experts ralliés à la cause) et... on dirait bien que l'objectif est atteint : la notion de résilience semble être prise en compte par le ministère belge de l'intérieur.

Dans sa note de politique générale, déposée le 12 novembre, le ministre Dewael (qui, au cours d'une question parlementaire avait indiqué que le concept ne l'intéressait pas - on comprend mieux pourquoi le concept n'est pas nommément cité dans la note) semble avoir écouté ses experts.

Non seulement la communication de crise va être retravaillée de fond en comble (formation des fonctionnaires locaux, planification d'urgence, centrales d'information, utilisation des académiques, etc.) mais, au surplus et bonus, la protection des infrastructures critiques du pays revient au devant d'une scène qu'elle n'avait jamais vraiment abordé. La note est à lire ici (jetez, en particulier, un oeil à partir de la page 21) : on sort de l'âge de pierre de la gestion de crise.

Tout, cependant, n'est pas parfait : la communication est comprise comme "de crise" alors que la menace est permanente et la perception de la population toujours aussi problématique. Simple exemple, en 2 jours de temps, nous avons eu affaire à une vidéo menaçant la Belgique d'attaques si elle ne retirait pas ses F-16 d'Afghanistan, à une évacuation de la Banque nationale pour cause de bocal contenant un liquide suspect et à une opération contre-terroriste dans le cadre des suites de l'affaire Belliraj.

Peu ou prou, cette actualité aide certes à forger une forme élémentaire de résilience par un retour à des réalités que l'on a passé trop de temps à nier, risquant alors de démultiplier l'effet de surprise. Cependant, face à une population mal formée à ce type de problèmes, sans accompagnement informationnel, cette actualité pourrait être contreproductive. Mais les travaux de Gino sont clairs : qu'un seul attentat touche le pays et ce dernier basculerait dans une crise de légitimité sans précédent dont les conséquences pourraient nous renvoyer au "modèle néerlandais", lorsque l'assassinat de T. Van Gogh avait conduit à 166 incidents majeurs. Communiquer, dans ces conditions, n'est plus un luxe...

DSI n°43, décembre 2008, le sommaire !


Sommaire DSI 43, décembre 2008
Editorial
Nominations et agenda
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : L’ère du flop power

Actualité

Euronaval : des nouveautés de taille
Par la rédaction

France / OTAN. Où en sont les préparations ?
Par Véronique Sartini, journaliste

Stratégie

La géostratégie des forces sous-marines chinoise
Entretien avec Toshi Yoshihara, Professeur au strategy and policy Department de l’US Naval War College.

Les conceptions chinoises de la guerre sous-marine
Entretien avec le Professeur William S. Murray, Warfare Analysis and Research Department, US Naval War College.

Principes du commandement concernant les Effects-Based Operations
Par James N. Mattis, général commandant l’US Joint Forces Command (USJFCOM).

La technologie militaire en question : sortir de la technologisation ?
Entretien avec Joseph Henrotin, auteur de La technologie militaire en question. Le cas américain (Coll. « Stratégie et doctrines », Economica, Paris, 2008, 300 p.)

Armées

Les forces terrestres thaïlandaises, un équilibre qui reste à trouver
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Marine thaïlandaise : les défis d’une force au cœur du Maelström
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : La Kong Thab Akat Thai/force aérienne thaïlandaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

L’« académie » du 2000. La BA 115 d’Orange
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : L’historique de l’escadron 2/5 Ile de France

Encadré : L’escadron en bref

Carte : La chasse en France

« Orange présente des capacités d’accueil extraordinaires »
Entretien avec le colonel Jean-Louis Cerisier, commandant la base aérienne 115 d’Orange

Technologie & Armement

Parachutistes russes : l’illusion de la force ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le BMD-4, un blindé parachutiste
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Les forces aéroportées russes s’allègent. Des armes d’appui emportées à dos d’homme
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Chasseur de char 2S25 Sprut-SD /Les chasseurs de chars, solution à la mobilité stratégique ?

Illiouchin Il-76 Candid/ L’Il-76, plateforme polyvalente de la VVS

Porte-hélicoptères des classes Shirane et Haruna/ La course japonaise à l’aéronautique embarquée

Critiques de lecture

Drones, mystérieux robots volants : les yeux et le feu du XXIe siècle de Marc Grozel et Geneviève Moulard

Relire Foch au XXIème siècle de André Martel

Deciding in the dark de Vincent Desportes

mardi 25 novembre 2008

L'art de la guerre : Deleuze, Guattari, Debord et Tsahal - Petit clin d'oeil à Laurent H ;o)

Par Eyal Weizman.

Extraits :
"Les Forces de Défense Israeliennes ont été fortement influencées par la philosophie contemporaine, mettant en évidence le fait qu'il existe un terrain d'entente avec des textes théoriques retenus comme essentiels par les académies militaires et par des écoles d'architecture…"

"Les théoriciens militaires contemporains s'activent à re-conceptualiser le champ urbain. Ce qui est en jeu, ce sont les concepts fondamentaux, les prémisses et les principes qui gouvernent les tactiques et les stratégies militaires. Le vaste champ intellectuel, que le géographe Stephen Graham a appelé un “monde de l'ombre” international des centres d'entraînement et des instituts de recherche urbaine militaires qui ont été établis pour repenser les actions militaires dans les villes, pourrait être assimilé au cadre ('matrix') international des plus grandes académies d'architecture.

Sauf que, selon le théoricien urbaniste Simon Marvin, le 'monde de l'ombre' architectural-militaire produit en fait des programmes de recherche urbaine plus fouillés et plus largement financés que tous ces programmes universitaires réunis, tandis qu'il suit les recherches urbaines d'avant-garde conduites dans les écoles d'architectures, surtout en ce qui concerne les villes du Tiers monde et de l'Afrique.

Il existe un terrain commun aux textes théoriques considérés comme essentiels par les académies militaires et par les écoles d'architecture. Dans les listes de livres à lire des institutions militaires d'aujourd'hui, on trouve des ouvrages tournant autour de 1968 (en particulier des écrits de Deleuze, Guattari et Debord), aussi bien que des textes plus récents sur l'urbanisme, la psychologie, la cybernétique, la théorie post coloniale et post structuraliste.

Si, comme l'affirment certains auteurs, l'espace critique s'est trouvé considérablement rétréci dans la culture capitaliste de la fin du XXième siècle, il semble qu'il a trouvé un nouveau terrain d'expansion chez les militaires. J'ai interviewé Kokhavi, le commandant de la Brigade de Parachutistes, qui, à 42 ans, est considéré comme le plus prometteur des jeunes officiers des FDI (c'est lui qui a commandé l'évacuation des colonies de la bande de Gaza). Comme beaucoup de jeunes officiers des FDI, il avait pris le temps d'acquérir un diplôme d'université. Bien qu'il ait d'abord choisi d'étudier l'architecture, il a en fait fini par obtenir une licence de philosophie de l'université hébraïque. Il m'a expliqué le principe qui a gouverné la bataille de Naplouse, qui m'intéressait, non pas tant par la description de l'attaque elle-même, que par la façon dont il en concevait l'articulation. Il m'a dit : “Cet espace que vous regardez, cette pièce que vous regardez, ce n'est rien que votre propre interprétation. [ … ] Le problème est : comment vous considérez cette ruelle ? […] Nous avons considéré la ruelle comme un endroit à ne pas parcourir et la porte comme un endroit à ne pas franchir, et la fenêtre comme un endroit par lequel il ne faut pas regarder, parce qu'une arme peut nous attendre dans la ruelle, et un piège (“booby-trap') peut-être commandé par la porte. Parce que l'ennemi interprète l'espace d'une manière classique, traditionnelle et je me refuse à suivre son interprétation et à tomber dans ses pièges. […] Je veux le surprendre ! Voilà l'essence de la guerre. Je dois gagner […] Voilà : j'ai choisi la méthodologie qui me fait traverser les murs… Comme un ver qui avance en mangeant ce qu'il trouve sur son chemin, apparaissant à certains points puis disparaissant. […] Je dis à mes hommes : “Mes amis ! […] si jusqu'à aujourd'hui vous aviez l'habitude de suivre les routes et les chemins, n'y pensez plus ! Désormais, nous allons traverser les murs !”" (…)

"Naveh, un Brigadier-General à la retraite, dirige l'Institut Opérationnel de Recherche Théorique, qui prépare des officiers des FDI et autres militaires, en 'théorie opérationnelle' (…). Il a résumé ainsi la mission de l'institut, fondé en 1996 : “nous sommes comme l'ordre des jésuites. Nous essayons d'enseigner et d'entraîner les soldats à penser. […] Nous lisons Christopher Alexander, vous vous rendez compte ? ; nous lisons John Forester, ainsi que d'autres architectes. Nous sommes en train de lire Gregory Bateson ; et Clifford Geertz. (…) Au cours d'une conférence, Naveh a montré un diagramme qui ressemblait à un 'carré d'opposition' qui relie un ensemble de relations logiques de propositions militaires à des actions de guérilla.

Avec des noms comme 'Différence et répétition', 'les Dialectiques du structurant et de la structure', 'Objets rivaux sans formes', 'Manoeuvre fractale', 'Vitesse contre rythme', 'la Machine de guerre wahabite', 'Anarchistes post-modernes' et 'Terroristes nomades', ils font souvent référence aux travaux de Deleuze et Guattari. Les machines de guerre, suivant les philosophes, sont polymorphes ; des organisations diffuses caractérisées par leur potentiel de polymorphisme, faites de petits groupes qui se divisent ou se rassemblent, suivant la contingence et les circonstances. (Deleuze et Guattari avaient bien compris que l'état peut volontairement se tranformer en machine de guerre ; de la même façon, dans leur discussion de 'l'espace lisse', il est compris que cette conception peut porter à des formes de domination.)

J'ai demandé à Naveh pourquoi Deleuze et Guattari étaient si populaires dans l'armée israelienne. Il a répondu que “plusieurs concepts de Mille plateaux' nous sont devenus très utiles […], en nous permettant d'expliquer certaines situations actuelles. Cela a problématisé nos propres paradigmes. Des plus importantes s'est révélée leur distinction entre espaces “lisses” et espaces “striés” dans le sens ou ceux-ci sont cloisonnés, enfermés par des clôtures, des murs, des fossés, des barrages de route etc.”.

Quand je lui ai demandé si passer à travers les murs en faisait partie, il m'a expliqué que “à Naplouse, les FDI ont compris le combat urbain comme un problème d'espace […] Se déplacer à travers les murs n'est qu'une simple solution mécanique qui associe théorie et pratique”.
Pour bien comprendre les tactiques des DFI de traverser les espaces urbains palestiniens, il faut savoir comment ils interprètent le principe désormais familier “d'essaimage” (swarming) - (…)

L'essaim est emblématique du principe de non-linéarité qui apparaît en termes d'espaces, d'organisations et de temps. Le paradigme traditionnel de manoeuvre, caractéristique de la géométrie simplifiée du type euclidien, est transformé, d'après les militaires, en une géométrie complexe du type fractal. La narrativité du plan de bataille est remplacée par ce que les militaires, en termes foucaultiens, appellent l'approche de la “boite à outils”, suivant laquelle les unités reçoivent les outils dont ils ont besoin pour gérer plusieurs situations et scénarios donnés, mais sans que l'on puisse prédire l'ordre suivant lesquels ils vont se dérouler.

Naveh : “les officiers opératifs et tactiques dépendent les uns des autres et résolvent les problèmes en construisant le cours de la bataille ; (…) l'action devient savoir et le savoir devient action. (…) sans résultat décisif possible, le principal bénéfice de l'opération est dans l'amélioration du système en tant que système”.Ceci peut expliquer, pour l'armée, la fascination exercée par les modèles et les modes opératifs spatiaux et organisationnels avancés par des théoriciens tels que Deleuze et Guattari.

De plus, au moins pour les militaires, la guerre urbaine est l'ultime forme post moderne du conflit. La foi en un plan de bataille logiquement structuré et linéaire disparaît devant la complexité et l'ambiguïté de la réalité urbaine. Les civils deviennent des combattants, et les combattants, des civils. L'identité peut être changée aussi vite que le genre peut être feint : la transformation de femmes en hommes combattants peut prendre le temps qu'il faut à un soldat israelien 'arabisé' ou à un combattant palestinien camouflé de tirer sa mitraillette de dessous sa robe. Pour un combattant palestinien pris dans cette bataille, les israéliens semblent 'venir de partout : de derrière, des côtés, de droite et de gauche. Comment peut-on se battre dans cette situation ? ' "

lundi 24 novembre 2008

Nouveau blog : la plume et le sabre

Vous connaissez peut-être déjà Stent pour avoir lu ses commentaires ici et là. Et bien, je l'ai rencontré à l'EHESS la semaine passée et il m'indiquait qu'il se lancait également dans la blogaventure avec La plume et le sabre.

Un blog bien fourni - adossé sur une tête bien remplie - et des observations tèrs pertinentes, je pense en particulier à ce post sur l'expérience allemande de la guerre hybride durant la campagne de Russie et le processus de démodernisation de la Werhmacht. Très intéressant et à suivre ;o)

samedi 22 novembre 2008

DSI 43, en preview

En avant-première, un petit coup d'oeil sur la couverture du DSI de décembre avec, en guest star, deux professeurs du Naval War College américain, Toshi Yoshihara et William S. Murray, sur les développements de la stratégie sous-marine chinoise. Et quelques autres bonnes surprises !

vendredi 21 novembre 2008

La Norvège choisit le F-35

Finalement et malgré les efforts de Saab, Oslo a penché pour le F-35, Reuters annonçant le choix norvégien. La Norvège achetera donc 48 F-35A pour un montant de 18 milliards de couronnes/2,54 milliards de dollars, soit 6 milliards de couronnes moins cher que le Gripen "spécial Norvège", qui avait en son temps été présenté dans DSI et qui reprenait nombre de caractéristiques du NG.

Le ministère de la défense a également indiqué que les coûts de possession de l'appareil américain sur 30 ans étaient de 20 à 30 milliards de couronnes inférieures à ceux du Gripen. Reste, toutefois, une question : le Gripen est en service, le F-35, non. Dès lors, quelle méthodologie a été employée pour le calcul des coûts de possession ?

Addendum : on apprenait par d'autres sources, dans le même temps, qu'Israël était "étonné" de voir le prix unitaire de ses F-35 passer à 200 millions de dollars.

jeudi 20 novembre 2008

Le CESA passe la post-combustion

Dans le cadre des Ateliers du CESA « Puissance aérienne et guerres irrégulières : concepts et doctrines » organisés le mardi 2 décembre 2008, nous avons le plaisir de vous confirmer la présence de :

M. Benjamin S. Lambeth, Senior Researcher à la RAND Corporation, qui interviendra sur « Current COIN operations in Iraq and Afghanistan ».

Capitaine Hernandez Vargas, officier de l’armée de l’air colombienne, qui abordera la « Colombian Air Force doctrine in counter insurgency operations ».

Ces Ateliers du CESA accueilleront, comme annoncé précédemment, les intervenants suivants :

M. Robyn Read, Researcher-Analyst à l’Air Force Research Institute sur « The United-States Air Force counter-insurgency doctrine » ;

M. David Omissi, Senior Lecturer in Imperial History à l’Université de Hull (Grande-Bretagne) sur « The British air control doctrine during the interwar period »;

Le commandant Arnaud Gaviard, chargé de mission à la Délégation des affaires stratégiques (DAS) sur « Réflexions doctrinales sur l’emploi de l’arme aérienne en Afghanistan ».

Ce colloque s’inscrit dans le cadre du projet de recherche sur la guerre irrégulière, soutenu par le centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, l’Université d’Oxford et l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS).

Informations pratiques : Mardi 2 décembre 2008 de 14h00 à 17h30 Amphithéâtre Desvallières, École militaire, Paris. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Inscription :

Par mail : ateliers.cesa@inet.air.defense.gouv.fr
Par téléphone : 01.44.42.46.91
Par fax : 01.44.42.80.10

mardi 18 novembre 2008

Interception du Sirius Star, interview

La Tribune de Genève m'a demandé hier mon impression sur la prise du Sirius Star par des pirates somaliens. A lire ici.

Le RMES descend en ville


4ème de couverture :

Éclipsée durant la guerre froide, la guerre urbaine a fait son retour depuis les années 1990. Hantise des militaires, les villes sont récemment revenues au coeur de l’actualité stratégique. La ville a été, reste et sera, plus que probablement, un théâtre opérationnel central dans les opérations. Le nom de certaines villes n’est-il pas devenu celui de batailles voire de campagnes : Vukovar, Srebrenica, Sarajevo, Grozny, Mogadiscio, Falloujah?
La guerre en zone urbaine nécessite dès lors une nouvelle approche, plus globalisante que jadis. Les opérations urbaines imposent aujourd’hui une coordination politico-stratégique d’effortsmilitaires, diplomatiques, économiques, culturels et juridiques. Elles n’engagent pas uniquement les militaires – qui y ont cependant un rôle central – mais implique de nombreux autres acteurs : les populations civiles, les ONG, les anthropologues, les sociologues, les agences gouvernementales, les organisations internationales, etc. Toutes à une degré ou à un autre
sont parties pris à un conflit à un moment donné.
Les militaires eux-mêmes doivent, face au défi urbain, reconsidérer leurs méthodes de planification, leurs doctrines, leurs modes opératoires tactiques et les technologies qu’ils devront mettre en oeuvre pour gérer des conflits se déroulant au coeur des populations, devenues autant de centres de gravité. De ce point de vue, les opérations urbaines sont aussi l’explicitation par la pratique de la complexité des conflits actuels : symbole de l’évolution des conflits, elles constituent la zone d’engagement par excellence des armées modernes.

Par conséquent, il vaut mieux préparer, comprendre, cerner les différentes modalités et dimensions de ces opérations que des les ignorer ou les démentir, au risque de les subir. Aussi, cet ouvrage couvre de nombreux aspects de la guerre urbaine, tant théoriques que pratiques. Il se veut avant tout didactique, en ayant une approche multidimensionnelle du phénomène de la guerre en zone urbaine. Rédigé par les membres du Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques sous la direction de Tanguy Struye de Swielande, cet ouvrage examine le passé comme le présent d’opérations dont les enjeux sont aussi importants pour le militaire que pour le diplomate.
*
* *
Comptant 15 chapitres et 336 pages, l'ouvrage devrait être disponible en décembre.

samedi 15 novembre 2008

Le temps des conférences

J'ai l'honneur d'être invité au séminaire EHESS "Révolutions et mutations militaires" du 20 novembre, à un débat à propos de deux ouvrages récemment parus chez Economica : non seulement La Technologie militaire en question – le cas américain, mais aussi Irak – les armées du chaos, du lieutenant-colonel Michel Goya, de l’état-major des Armées (École des Hautes Études en Sciences Sociales, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris ; Métro : Rennes, Notre-Dame-des-Champs ou Saint-Placide, Salle 2, 1er étage ; 17 h – 19 h).

Le 24 novembre, la thématique sera "Armée belge, menaces intérieures et résilience", dans le cadre du cycle "Le citoyen et sa défense", Espace Universitaire de Liège, Institut d'anatomie, ULg, Rue des Pitteurs, 20, Liège, 24 novembre 2008, de 14-16h.

Puis, le 2 décembre, c'est une conférence intitulée "Faux espoirs : les dilemmes de la ‘transformation’ durant la première phase de l’opération ‘Iraki Freedom’ (mars-avril 2003)" dans le cadre de la Commission nouvelle histoire bataille du CEHD (salle Costa, au rez-de-chaussée du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes, de 17 h à 19 h). Les trois conférences sont ouvertes au public.

vendredi 14 novembre 2008

Sécurité globale : une leçon australienne

Two Hunter traffic patrol officers from Newcastle LAC were involved in an unusual incident while checking for speeding motorists on the F3 Freeway. One of the officers used a hand-held radar device to check the speed of a vehicle approaching over the crest of a hill, and was surprised when the speed was recorded at over 800Kph.

Their radar suddenly stopped working and the officers were not able to reset it. Just then a deafening roar over the treetops revealed that the radar had in fact latched on to a Williamtown FA-18 fighter jet which was engaged in a low-flying exercise over Wyong, approaching from the ocean.

Back at police headquarters the Local Area Commander fired off a stiff complaint to the RAAF Liaison officer at Williamtown. Back came the reply in true laconic RAAF style:

"Thank you for your message, which allows us to complete the file on this incident. You may be interested to know that the tactical computer in the Hornet had detected the presence of, and subsequently locked onto, your hostile radar equipment and automatically sent a jamming signal back to it. Furthermore, an air-to-ground missile aboard the fully-armed aircraft had also automatically locked onto your equipment. Fortunately the pilot flying the Hornet recognised the situation for what it was, quickly responded to the missile systems alert status, and was able to override the automated defence system before the missile was launched and your hostile radar installation was destroyed. Thank you for your enquiry".

Y'a pas à dire, la guerre police-armée, c'est plus funky que la guerre des polices....

jeudi 13 novembre 2008

De la relativité des niveaux d'engagement

F. de St V. revient sur la question du glissement du concept de dissuasion du niveau stratégique au niveau tactique et pose là une des questions cruciales du débat, que je n'avais abordé que périphériquement.

Le concept même de niveau d'engagement (stratégique/opérationnel/tactique) est non seulement un des élémentaires de la boîte à outil du stratégiste mais c'est aussi un triptyque conceptuel à la fois fuyant conceptuellement et relatif dans le temps. Absolument valable dans son étagement traditionnel durant la guerre froide, il a connu des mutations profondes durant les années 1990.

Le général Carlo Jean montrait ainsi non plus l'étagement linéaire de ces niveaux mais bien leur interpénétration non linéaire, via un schéma que j'ai eu l'occasion de reproduire à plusieurs reprises dans mes bouquins (désolé : dessiner sur un blog, ce n'est pas évident !). En conséquence, des actes tactiques peuvent avoir des conséquences politiques directes. C'est le cas du retrait belge du Rwanda consécutif à la perte de 10 parachutistes ou du retrait US de Somalie suite à la perte de leurs Rangers au Mog. De là découlait la vision d'un Krulak sur le caporal stratégique.

Mais l'inverse est également vrai : des actes politiques peuvent avoir des conséquences tactiques directes. C'est le cas, par exemple, de l'interférence politique de certains Etats européens dans la constitution des plans de frappe d'Allied Force en 1999. On peut également se demander ce que produirait l'injection sur la TV d'un chef d'Etat les images produites par une unité sur le terrain : le cas n'est pas d'école, il s'est produit notamment en Bosnie, aboutissant à la prise en main quasi-directe de l'unité en question par les responsables politiques.

Reste la question de savoir si les concepts "glissent" au long de ces changements d'agencement des niveaux d'engagement. Je dirais "oui". C'est typiquement le cas des forces spéciales : d'emploi stratégique, elles sont basiquement, de par leur taille, tactiques (et conçues comme telles durant la guerre froide, pour l'OTAN du moins). C'est aussi le cas de la Première Guerre mondiale : la manoeuvre d'une division était tactique. Maintenant, elle serait éminement politique.

C'est aussi le cas en stratégie aérienne : le coeur conceptuel de l'approche synergistique que j'avais défendu dans mon second ouvrage est que la conjonction doctrinale/technologique/stratégique allait vers des échelonnements de puissance différenciés. Seule compte, dès lors, la perception de la puissance et la conception des plans d'opérations : un même avion peut frapper un char ou le bureau d'un chef d'Etat.

C'est pareil pour la dissuasion : lors de Vigilant Warrior, en 93, les USA expédient en vitesse des forces terrestres, navales et aériennes vers le Koweït (action stratégique) pour dissuader des mouvements de troupe irakiens sur le sol irakien (à ce moment tactiques). Lorsqu'un SNA français bloque les gorges de Kodor, il entend dissuader une sortie sous-marine serbe (action tactique) qui, si elle se produisait, chasserait les porte-avions de l'OTAN de l'Adriatique (effet opérationnel, voire stratégique). Idem lorsque les Pakistanais sortent le Ghazi de Karachi (tactique) : ils veulent éloigner la menace de l'emploi d'un PA indien contre leur principale base navale. En panne - et méfiant - le bâtiment et son commandant seront ensuite engagés contre le futur Bengladesh (niveau ops).

Au final, il faut se garder d'une conception trop rigide, trop fondée sur les manuels, des concepts inhérents aux études stratégiques : les niveaux d'engagement montrent une réelle "mobilité" qui entraîne avec eux d'autres concepts. Et le concept de dissuasion lui-même, s'il peut être culturellement interprété (cas français) pour remplir une fonction spécifique ne change pas nécessairement dans sa nature.

H. Khan montrait ainsi comment les systèmes de dissuasion peuvent se former : les rapports de force, leur interprétation et la crédibilité comme pierre angulaire de toute dissuasion sont virtuellement immémoriaux. Il basait ainsi sa démonstration sur une situation pré-nucléaire : le non-usage de l'arme chimique par les Allemands contre la Grande-Bretagne (et vice-versa) durant le Blitz.

mercredi 12 novembre 2008

Si, si, il y a bien une dissuasion tactique !

Olivier, à la lecture du dernier DSI, pose la question de la dissuasion tactique (en regard de l'utilisation des sous-marins) : cette terminologie est-elle bien raisonnable ? L'occasion d'un petit débat "comme on les aime" ;o)

Sur la terminologie, je persiste, en particulier dans le contexte de la stratégie navale. La "fixation", très terrienne, s'accomode mal de la logique du milieu marin, isotrope et "plat", sans guère d'ancrages topographique.

Plus largement, la relecture des travaux des années 1980 sur les conceptions de dissuasion conventionnelle (Ikenberry et consort), montre que le terme irrigue largement le niveau de la pensée stratégique - mais pas nécessairement celui de la doctrine (outre, bien évidemment, la question de la dissuasion nucléaire).

Pour le reste, en Retex terrestre, on observe ce terme assez fréquemment (je pense à l'utilisation des chars à Mitrovica, face à des foules qu'il est difficile de fixer). En fait et à mon sens, fixation et dissuasion renvoient à des formes d'action différentes, en d'autres termes, elles sont différenciées. Je m'explique : là où la fixation est tactique, elle draine avec elle une connotation... statique. Il s'agit de bloquer les mouvements d'un adversaire.

Par contre, la dissuasion, prise au sens large (y compris et au-delà la dissuasion nucléaire), offre en son sein des espaces de manoeuvre. Elle est dynamique. Les Fleets in being de la 1ere GM ne sont pas ainsi et seulement des flottes "fixées" : elles peuvent se permettre des sorties (Dogger Bank, Heligoland et bien sûr Jutland). Dans le domaine naval, plusieurs stratégistes dont Castex ont bien mis en évidence cette aptitude à la manoeuvre dans le cadre d'un équilibrage de rapports de forces crédibles et crédibilisées.

Reste, toujours pour répondre à Olivier, la question de la canalisation : les obstacles feux et/ou manoeuvres cités dans la définition de la canalisation sont problématiques non seulement en milieu marin mais aussi et plus largement par le fait qu'un sous-marin s'appuie... sur sa discrétion. La dissuasion implique peu fréquemment le feu (sauf premier tir) mais joue, par contre et pour le sous-marin, sur la catégorie de l'ambiguité et de l'incertitude : Là ? pas là ? Vraiment là ? Si oui, vraiment décidé à engager ?

Dans un tel cadre, fixation et canalisation sont claires : les intentions comme les capacités du "fixateur" sont affichées. Dans le domaine naval et sous-marin en particulier, c'est autre chose. Même au plan terrestre, dans le cadre d'une manoeuvre de crise, je pense que ce facteur de dissuasion tactique joue également : c'est l'exemple d'une force déployée dans un pays A, afin de peser sur les mouvements d'un pays B à l'égard, par exemple, d'un pays C.

Les forces de B ne sont pas fondamentalement fixées mais leur engagement chez C, au niveau opérationnel par exemple (opérationnel et opératif, autre question, sont utilisés indistinctement dans nombre de très bonnes publications), sera l'objet de moultes réflexions. A ce stade, il ne s'agit plus uniquement de jouer sur les capacités adverses (fixation et canalisation) mais aussi sur les intentions - tactiques comme politiques à l'égard d'une situation tactique* - adverses. Je persiste, donc ;o)

* : passablement contortionnée, cette phrase montre toute la problématique contemporaine des niveaux d'engagement : de plus en plus, le niveau politique gère/s'implique dans des situations tactiques.

lundi 10 novembre 2008

Le clash des lignes d'opérations

Avec les suites d'Euronaval, les travaux sur le DSI 43, un cours, des tournages et un saut sur Paris, je n'ai guère eu le temps la semaine passée de revenir sur un événement qui en dit assez long sur le manque de compréhension de la complexité stratégique contemporaine que l'on peut trouver dans certaines sphères du monde politique. En l'occurrence, c'était la réaction du Commissaire européen à la coopération au développement, LouisMichel, sur l'évolution des combat au Kivu (RDC) qui m'avait fait sursauter.

En gros, il estimait qu'il était nécessaire de déployer une force humanitaire dans la zone, apte à faire tampon entre les belligérants, tout en conduisant un sommet... qui a finalement eu lieu sans que les rebelles n'y soient invités. Assez logiquement, ces derniers refuseront les conclusions dudit sommet pour n'y voir qu'une démonstration de l'impuissance des Etats de la région à trouver une solution de paix. Concrètement, ils sont en position de force et Kinshasa n'a guère qu'une seule véritable option pour faire respecter l'intégrité de ses frontières et rétablir la paix : faire intervenir l'Angola, transformant ce qui restait, grosso modo, une guerre civile en conflit interétatique.

Voilà pour les négociations : comme souvent lorsque la décision n'a pas été obtenue sur le terrain (et plus encore lorsqu'elles ne permettent pas de rassembler à une même table tous les belligérants), elles ne cautionnent guère que les bonnes intentions. Or, la proposition de L. Michel de développer une force humanitaire se heurte à un autre obstacle : elle existe déjà. C'est la MONUC, dont l'efficacité est remise en doute par le SG ONU lui-même.

Ne nous attardons pas ici sur le "que faire" (deux options existent, mais elles sont, respectivement, politiquement comme éthiquement inenvisageables : soit l'intervention militaire aux côtés de la RDC et l'abstentionnisme) mais, plutôt sur les ressorts de la position du Commissaire. Belge, il est héritier d'une culture politique profondément marquée par l'affaire rwandaise, lorsque 10 parachutistes avaient été capturés puis massacrés, entraînant le retrait des forces belges et l'effondrement de tout le dispositif de la MINUAR.

Déjà à l'époque, le niveau politique avait été incapable de financer le déploiement comme les forces et d'obtenir des garanties suffisantes de l'ONU en matière de règles d'engagement et de circulation du renseignement... A ce niveau, d'ailleurs, nos politiques avaient été incapables d'écouter les avertissements des SR sur la préparation d'un génocide. Or, ces symptomes du mal stratégique belge n'ont pas changé : plutôt que de la considérer comme une ligne d'opération en soi, la diplomatie reste comprise comme la seule ligne d'opération possible, passant à côté de toute autre option.

Entendons nous bien, je ne dis pas par là qu'il faille intervenir au côté de la RDC. Mais à entendre de telles demandes d'interventions "humanitaires" alors que les forces n'ont cessé d'être appauvries, il faut rester prudent. Si elles avaient une posture plus offensives que la MONUC, elles seraient immanquablement considérées comme hostiles... sauf à reproduire le scénario d'Artemis. Mais Artemis, succès politique de la PESD s'il en est, n'a absolument rien résolu sur le fond : la guerre est toujours présente et les réfugiés ne cessent de marcher.

On peut certes reproduire à l'envi de telles opérations. Mais la question de leur utilité finira immanquablement par se poser. D'où l'impérieuse nécessité d'une conjonction des lignes d'opérations prenant autant en compte les rationalités politiques qu'opérationnelles. Mais c'est là sans doute trop demander...

lundi 3 novembre 2008

DSI-Technologies n°14 - Le sommaire


DSI-Technologies
N°14, novembre-décembre 2008

Editorial

Les élémentaires

Missilerie : la question des poudres
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

Torpilles : une longue histoire
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Propulsion nucléaire ou pas pour les marins ? Un choix délicat !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Tendances

Coopération russo-indienne dans les armements. Encore plus intensive à l’avenir ?
Entretien avec Ruslan Pukhov, directeur du Centre d’Analyse sur les Stratégies et les Technologies (CAST, Moscou)

Terre

Phoenix 2008 à Mourmelon. Un exercice militaro-industriel !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

L’Aaravis 4x4, la surprise de Nexter
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

L’Olifant Mk.2 : le « nouveau » char sud-africain
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Défense contre les roquettes et obus de mortiers : quelles solutions ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Commentaires sur une guerre. Faits connus : les forces russes et les forces géorgiennes
Par Konstantin Makienko, directeur adjoint du CAST (Moscou) et Mikhail Barabanov, rédacteur en chef du magazine Moscow Defense Brief

Le Smerch russe toujours dans la course. Un lance-roquettes multiples qui sait évoluer
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Spyder, système de défense aérienne adaptatif
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

Carte : les appareils de combat des générations 4,5, 4,5+ et 5 dans le monde

Mer

IPER du Charles de Gaulle. 1ère étape réussie
Par Véronique Sartini, journaliste

Dossier spécial Euronaval : 6 pages comprenant un entretien avec le Chef d’Etat-Major de la Marine nationale, des articles sur la nouvelle frégate FM400, les solutions de tourelles téléopérées, les nouvelles solutions anti-piraterie, etc.

La guerre des mines made in USA, bientôt chez nous ?
Par Véronique Sartini, journaliste

Air

Red Flag 04-08 : examen de passage réussi pour le Rafale
Par Antoine Philippe, journaliste spécialiste des questions de défense

AGM-158 : le bout du tunnel ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Systèmes satellitaires ROEM. CERES sera-t-il européen ou français ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Non-lethal airpower et paralysie stratégique : vers les lasers de haute puissance
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)

Just snipe it ! Le pod de désignation Sniper
Par Phililppe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Les mutations du bombardier
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

vendredi 31 octobre 2008

Petits retards possibles sur DSI 42

La CGT du livre ayant fait son oeuvre, le DSI n°42, à paraître en novembre, pourrait avoir un léger retard, les camions étant bloqués à la sortie des imprimeries. Par contre, on nous annonce qu'il n'y a pas de problème pour les DSI-T, les magazines ayant bien été livrés.

Strato-ton - Euronaval : ce à quoi vous avez échappé


Et bien nous voilà au dernier jour du salon. L'équipe a été absolument formidable : pour commencer à bien connaître le petit monde de la presse internationale de défense, peu sont capables de travailler à un tel rythme sur autant de publications différentes et en terminant... par trois quotidiens. D'où la réaction de notre vieil ami Sami, de MSI (la revue de défense turque), qui voyait en nous l'incarnation d'un certain discours présidentiel demandant aux Français de travailler plus pour gagner plus ;o)

Mais vous avez également échappé au pire : Stéphane Ferrard essayant les WC de Zodiac (il est resté très prude), moi m'installant dans un siège de commandant ou me disant que je terminerait bien mon petit dernier dans le NH90 au statique, Véronique se faisant son jogging quotidien entre le commissariat du salon et la rédaction histoire de voir si une certaine grève n'avait pas empêché les Dailies d'arriver, Jean-Louis "la fourmi" Promé tentant d'écrire un article en s'enfilant un sandwiche et remarquant qu'il n'avait pas trois mains et Nathalie qui tentait de rester concentrée sous les assauts humoristiques de Stéphane.
Bref, une joyeuse équipe qui s'est bien marrée tout en rendant un travail pas très loin de la perfection (et pourtant, je suis exigeant). Pas mal de contacts intéressants aussi : entre les Suédois de Saab toujours prompts à monter une petite conférence de presse en vitesse, les Américains de Raytheon avec qui on peut parler stratégie durant des heures, ceux du Navy BMD (qui ont eu la mauvaise idée de refiler à Véronique un petit missile en mousse qui a atterri en plein milieu du cocktail des Chiliens d'Asmar, frôlant de peu nos amis danois toujours aussi stoïques), le salon a humainement été très riche.
Coup de chapeau aussi aux gars de chez Dassault, très concentrés avant un meeting important mais qui nous ont néanmoins briefé en détail sur le 2000MRA, à ceux de DCNS qui nous ont inondé d'infos, aux italiens de Fincantieri aussi motivés que chaleureux et à tous les autres qui nous ont accueillis... royalement. Sans oublier bien entendu la tout aussi joyeuse bande du GICAN et Sogena qui a organisé un salon absolument parfait, nous fournissant toujours avec grande célérité tout ce dont nous avions besoin.
Bon, et bien ce n'est pas tout ça, mais on ne vas pas tarder à plier bagages. Dès lundi, conférence à l'ERM sur "RMA et pensée stratégique" et, dans l'après-midi, des tournages : Doc Story prépare une suite de DVD pour la chaîne Planète et qui seront consacrés aux grands événements qui ont changé le monde. Et bien sûr la préparation du DSI de décembre. De quoi faire, on vous dit ! Bon, pour l'heure, End ops et sortez l'apéro !

jeudi 30 octobre 2008

Orizzonte : des Aster-15 pour la marine italienne

Les frégates Bergamini (FREMM) italiennes devaient disposer d'un système de défense aérienne SAAM-IT de MBDA et Selex Sistemi, qui sera apte au lancement de missiles Aster-15, mais elles seront finalement doté d'un nouveau système, le SAAM-ESD (Extended Self Defence).

Il offrira, selon l'industriel, une autoprotection étendue et impliquera une amélioration du système de combat, permettant d'utiliser des missiles Aster-15 et -30 de façon combinée, à un coût limité (en fait, des améliorations portées aux logiciels).

Cette évolution aura des conséquences directes : la "bulle" de défense aérienne des frégates sera étendue à 70 km.

Fincantieri : un ravitailleur de 27 500 t. pour la marine indienne

Fincantieri a annoncé au cours d'Euronaval la commande faite par la marine indienne pour la construction d'un ravitailleur. Traditionnellement, Delhio se tournait, pour ce type de bâtiments, vers la Russie ou les constructeurs locaux.

Construit en Ligurie, le nouveau bâtiment sera livré en 2010 et aura unee longueur de 175 m, 25 m de large, un tirant d'air de 19 m et aura un déplacement de 27 500 t.p.c. pour une vitesse maximale de 20 noeuds (2 diesels de 10 000 kW). Le bâtiment sera équipé d'une plateforme hélicoptères et pourra accueillir 248 personnes.

Fincantieri va également effectuer une modernisation des deux patrouilleurs Vosper de 450 t.p.c. que compte la marine kenyanne.

MBDA s’intéresse à un futur antinavire léger

Début 2009, une phase d’études et d’évaluation technologique franco-britannique de 27 mois devrait débuter à propos d’un successeur unique aux actuels missiles antinavires légers Sea Skua et AS-15TT. Désigné FASGW/ANL (Future Anti Ship Guided Weapon/Anti Navire Léger), ce projet piloté par MBDA est destiné à équiper, au mieux à partir de 2015, les Super Lynx, NFH-90 et, étrangement, au vu du chantier d’intégration que cela exigerait, les Panther. Le missile envisagé, d’une masse de 150 kg, serait doté d’un autodirecteur IR deux bandes. A en croire MBDA, la démarche présidant à ce programme viserait à pouvoir en réutiliser la plupart des composants sur d’autres programmes français et/ou britanniques de missiles.

Lancement de la construction du premier OPV 70

Raidco Marine va démarrer dans les prochaines semaines la construction de la première coque de son nouveau patrouilleur de 70 m OPV 70 (22 nœuds et 4 000 nautiques à 12 noeuds) de surveillance littorale. Pour l’heure, le chantier naval lorientais ne confirme pas avoir obtenu six commandes de la part de la marine marocaine. Il se contente d’indiquer en avoir enregistré moins de quatre. Les livraisons devraient débuter fin 2010 à la cadence d’un bâtiment par semestre.