jeudi 9 avril 2009

Colloque international "guerre irrégulière"

Programme du colloque international
Des 12, 13 et 14 Mai 2009 - Ecoles de saint-Cyr Coëtquidan

LA GUERRE IRREGULIERE

Depuis 2007, le pôle d’excellence « Action globale et forces terrestres » des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan rassemble chercheurs civils et militaires autour des mutations de la conflictualité et de leurs retombées sur l’engagement des forces terrestres.
En partenariat avec l’Université d’Oxford et l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS), ce pôle conduit actuellement un programme de recherche sur la guerre irrégulière dont le point d’orgue est un colloque qui se tiendra à l’occasion des journées internationales de Saint-Cyr Coëtquidan. Cette manifestation marquera également l’ouverture du symposium ISODOMA, réunissant les représentants des académies militaires du monde entier.
Visant à faire progresser la connaissance théorique et la maîtrise opérationnelle d’un phénomène complexe mais caractéristique des opérations militaires contemporaines, le colloque « Guerre irrégulière » concerne l’ensemble des acteurs appelés à jouer un rôle dans les conflits d’aujourd’hui et de demain.

Contact : Cellule accueil journées d’études « la guerre irrégulière » - Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan 56381 Guer cedex
Téléphone : (00 33) 02 97 70 77 83 Fax (00 33) 02 97 70 76 15 Courriel : guerreirreguliere(at)st-cyr.terre.defense.gouv.fr
Mardi 12 mai 2009 – La crise de la guerre régulière

opening speach :
General de division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant of French Military Academy Saint-Cyr
Coëtquidan.

general Introduction :
Hew STRACHAN, Chichele Professor of The history of War, All Souls College, University of Oxford.

Session Chairman :
Jean-Paul HANON, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

1. The Historic Forms of Irregular War :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

2. Just War Tradition and the Irregular Warfare :
David RODIN, Center for Ethics, Law and Armed Conflicts, University of Oxford.

3. From the Medieval Outlaw to the 21st Century Militiaman, Anthropologic Views on Irregular
Warfare :
Christian INGRAO, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.

Wednesday 13 May 2009 – Who is Irregular ?

Session Chairman :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.

1. New Conflicts, New Fighters, New Rules :
Adam ROBERTS, Center for International Studies, University of Oxford.

2. Privatisation of Western war :
Sarah PERCY, Merton College, University of Oxford.

3. Carl Schmitt and the Iraqi Insurgency : Competing World Orders, the Friend-Enemy distinction and the Partisan World Revolutionary Dichotomy :
Ahmed S. HASHIM, US Naval War College.

4. Irregular Wars and Public-Private Partnerships :
Didier DANET, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

Managing People

table ronde 1 : Irregular War and People on theaters of War

Session Chairman :
Fabrice d’ALMEIDA, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.

1. Winning the Hearts and Minds of Iraqi People ? :
David KILCULLEN, Center for a New American Security.

2. Winning the Hearts and Minds in the Kosovo War : the Case of UCK :
Amaël CATTARUZZA, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

3. « War Amongst the People » : Solution or Ideology ? :
Général Vincent DESPORTES, directeur du Collège Interarmées de Défense.

table ronde 2 : Irregular War and the general Public

Session Chairman :
Daniel MARSTON, Australian National University.

4. Can we face Long Wars ? :
General (ret.) Jonathan BAILEY, Former Commanding Officer Head Quarter’s Doctrine and
Training.

5. Afghanistan : Local Fighters - Local Population - UK Population :
John McKINLAY, King’s College.

6. Jihad and Just War in the War on Terror :
Alia BRAHIMI, St Antony’s College, University of Oxford.

Thursday 14 May 2009 – Can They Win ?

atelier 1 : Counter-tactics : lessons from History (amphithéâtre napoléon)

Session Chairman :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

1. Is the Irregular Fighter Lore Innovative ? Tactical lessons from Iraq, Lebanon, Afghanistan :
Lieutenant-colonel Michel GOYA, Etat-Major de l’Armée de Terre , pôle action globale et forces
terrestres, Saint-Cyr.

2. The Use of Irregular Fighters by Fegular forces : The Case of Indochina :
Lieutenant-colonel Michel DAVID, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

3. Training for COIN in Algeria :
Colonel Frédéric GUELTON, Service Historique de la Défense.

4. COIN and the Transformation of Regular Forces :
Daniel MARSTON, Australian National University.

atelier 2 : Counter-tactics : today’s theaters of War (amphithéâtre du centre de recherche)

Session Chairman :
Christian MALIS, pôle action globale et forces terrestres, Saint-Cyr.

4. The Use of Airpower in Irregular Wars :
Jérôme de LESPINOIS, centre d’études stratégiques aérospatiales.

5. Irregular Warfare at Sea :
Capitaine de vaisseau Thierry ROUSSEAU, centre de concepts et de doctrines de la marine.

6. Technology and Irregular Warfare :
Pierre-Jean LASSALLE, Thalès.

7. Countering Irregular Warfare, a US View :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.

General conclusion
Professeur Yves BOYER, école Polytechnique.

Closing speaches :
General Sir Richard DANNAT, Chief of the General Staff (UK) : video
Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chief of the General Staff (F).

mardi 7 avril 2009

Un "plan Gates" pour sauver la Transformation américaine

La réforme est dans l’air du temps : nouvelle stratégie en Afghanistan, poursuite de la Transformation mais inflexion dans un sens plus réaliste et crise économique sont autant de facteurs ayant poussé le nouveau président américain à se lancer dans une revue en profondeur des programmes actuellement en cours au Pentagone, suppressions à la clé.

Robert Gates, dans cette optique, a proposé le 6 avril une série de coupes sombres. Pour la Navy, le plan Gates signifie l’abandon du programme VH-71 d’hélicoptère de transport présidentiel ; l’achat de nouveaux F/A-18 ; le maintien de 3 DDG-1000 (et, au-delà, l’arrêt du programme) ; la construction de nouveaux DDG-51.

Au niveau de l’US Air Force, les commandes de F-22 ne dépasseront pas le niveau actuel (187 unités au total). La construction du deuxième Airborne Laser serait abandonnée, le premier étant conservé pour la recherche & développement. Le Transformational Satellite program serait abandonné mais 2 satellites de communication Extremely High Frequency seraient commandés. Le programme CSAR-X d’hélicoptère de recherche et sauvetage au combat serait abandonné mais celui de futur bombardier est maintenu. Concernant le KC-X de ravitaillement en vol, un nouvel appel d’offres serait lancé durant l’été. En outre, 250 appareils de combat seront retirés des inventaires en 2010.

Au niveau de l’Army, le programme FCS serait tout simplement abandonné, l’armée devant lancer de nouveaux programmes de véhicules de combat. Selon le Secrétaire américain à la défense, les véhicules ont été conçus pour éviter les attaques plutôt que pour les encaisser, ce qui pose problème dans le contexte actuel. Un certain nombre de technologies afférentes au programme de 160 milliards de dollars seraient toutefois maintenues, dans le domaine des capteurs, des drones ou encore des communications individuelles L’Army passerait par ailleurs à un format de 45 brigades et non de 48.

Plus généralement, le Pentagone recommande de réduire la proportion de tâches – très coûteuses – effectuées par des Contractors de 37 % à environ 25 %. Dans le même temps, 30 000 civils seraient engagés pour remplacer le départ des Contractors. Le programme F-35 serait quant à lui accéléré – 513 appareils devant être produits d’ici 2014 – afin de réduire ses coûts. La cible reste de 2 443 appareils pour l’ensemble des services. Le « plan Gates » doit maintenant être validé par le Congrès américain.

lundi 6 avril 2009

L'ASMP-A, bon pour le service



La troisième évaluation technico-opérationnelle du missile ASMP-A (Air-Sol Moyenne Portée – Amélioré) a, selon l’armée de l’Air, été menée à bien dans les délais impartis. L’évaluation impliquait un décollage depuis la base d’Istres, un long vol, plusieurs ravitaillements en vol et le lancement d’un missile vers une position en haute mer.


Lancé en 1997, le programme va permettre de remplacer les missiles ASMP jusqu’ici en service comme système de dissuasion en service aussi bien dans l’armée de l’Air que dans l’aéronavale. Doté d’une propulsion par Ramjet bénéficiant du retour d’expérience de la conception du missile ANS (Anti-Navire Supersonique), l’ASMP-A conserve le design général de l’ASMP mais devrait voir une augmentation de sa portée – certaines sources l’évaluant à 500-600 km.


En photo : L’ASMP-A devrait officiellement entrer en service durant l’automne 2009. Ici en position ventrale, l’ASMP-A utilisé lors du dernier test. L’engin semble plus gros que les ASMP (© Armée de l’Air).

vendredi 3 avril 2009

"La technologie militaire en question" dans les trois finalistes du prix "La plume et l'épée"


Cherchant à "contribuer à stimuler la culture militaire en honorant ceux qui ont fait l'effort de publier un ouvrage amenant à réfléchir sur le métier des armes dans tous ces aspects", le prix La plume et l'épée, sera remis le 16 mai 2009 et a été mis en place par le commandement de la formation de l'armée de Terre.
Et, surprise, La technologie militaire en question - qui connaît son petit succès, grâce notamment à plusieurs critiques de lecture - se retrouve dans les trois ouvrages issus d'auteurs civils qui ont été retenus par le jury. En l'occurrence, il est en "compétition" avec Sans blessure apparente (de J-P. Mari) et Edouard Detaille, un siècle de gloire militaire (de M.F. Robichon).

Un autre prix, L'épée et la plume, sera remis à un auteur militaire. Sont en lice : Relire les principes de la guerre en montagne (LCL Becker), La chair et l'acier (LCL Goya) et Clausewitz en France (Col. Durieux).

Et bien... Bonne chance tout le monde !

L'aéronautique navale en débat


L’aéronautique navale française est centenaire. Dès 1909, dans L’aviation militaire, Clément Ader pressentait l’importance d’intégrer une troisième dimension aux opérations navales :

« Un bateau porte-avions devient indispensable. Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D’abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux qualités nautiques de la carène ; il présentera l’aspect d’une aire d’atterrissage. La vitesse de ce bateau devra atteindre, au moins celle des croiseurs et même la dépasser. Le remisage des avions devra être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès à cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes pliées. A côté devra être l’atelier des avionneurs, chargés de réparer les avaries et d’entretenir les avions toujours prêt à s’envoler. L’aire de pont devra être dégagée de tout obstacle au lancement de l’avion, l’avant complètement libre ; à son abordage, c’est l’arrière qui le sera ».

Depuis lors, on a largement quitté le domaine technique pour aborder le stratégique et le doctrinal, au-delà des grandes catégories de fonctions du porte-avions. Nombre d'ouvrages ont été écrit, principalement outre-Atlantique. La France est un peu en retard sur ce plan. Mais elle vient de se doter d'un premier document conceptuel en matière d'aéronavale (embarquée ou non), le PMN 03-102, certes plus descriptif que doctrinal, mais qui a le mérite d'exister. A lire ici.

Le Centre d’enseignement supérieur de la Marine (CESM) organise un colloque sur ce thème le 10 juin 2009. A partir de présentations historiques, de descriptions des capacités des différents moyens dont dispose la Marine et du besoin civil et militaire, il cherchera à préciser les rôles et les missions qu’il est souhaitable de voir confiés à l’aéronautique navale aujourd’hui.

9h30-10h30 : Accueil et introduction du colloque
10h30-12h00 : Première partie : l’aéronautique navale dans l’activité de la Marine au quotidien
13h45-15h30 : Deuxième partie : l’aéronautique dans l’emploi diplomatique de la Marine
16h00-18h00 : Troisième partie : le rôle de l’aéronautique navale dans les opérations de combat de la Marine
18h00-18h15 : Conclusion du colloque

mercredi 1 avril 2009

Le dispositif belge en Afghanistan renforcé

Le Premier ministre l'avait annoncé la semaine passée, le dispositif belge en Afghanistan allait être renforcé, la question étant de savoir comment, ce qu'a décidé le conseil des ministres ce matin.

En l'occurrence, 2 F-16 supplémentaires vont rejoindre les 4 déjà opérationnels à Kandahar (avec 50 membres de la FAé en plus) et une deuxième équipe de formation OMLT (chacune comptant 69 membres) va être mise en place.

Au total, la Belgique aura donc à terme, sur le théâtre, 650 personnes, contre 500 actuellement - précisons qu'il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. Le montant de l'aide au développement sera également revu à la hausse. L'effort militaire, qui sera maintenu en 2010, représente 4 millions d'euros supplémentaires.

lundi 30 mars 2009

DSI n°47 - avril 2009, le sommaire !



Sommaire DSI 47 – avril 2008
Editorial
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Entez-vous le si mélodieux bruit du rotor ? »

Stratégie

Réussir le « plein retour » de la France dans l’OTAN
Par Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat à la défense

Cinquante ans de remises en question de la dissuasion
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Les limites de la dissuasion
Entretien avec Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de Les limites de la dissuasion (FRS, Paris, 2009)

Le Royaume Uni n’a pas besoin de dissuasion nucléaire.
Par Lord Bramall, Field Marshall ; Lord Ramsbotham, général ; Sir Hugh Beach, général

Dissuasion nucléaire et Europe. Entre zones grises et zones floues
Par André Dumoulin, attaché à l’École Royale Militaire, chargé de cours-adjoint à l’Université de Liège, membre du RMES (Bruxelles)

Mission de stabilisation et mission de guerre : quel choix ?
Par le général de corps d’armée (2S) Jean-Patrick Gaviard

Le « Caporal stratégique » est-il notre ennemi ?
Par le chef de bataillon Guillaume Ponchin, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense

Armées

Capacités des forces aériennes : haut de gamme ou bas de gamme ?
Par l’Air Power Development Center de la Royal Australian Air Force

La Royal Australian Air Force au défi de l’Asie
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

Tableau de Bord : La Royal Australian Air Force (RAAF)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Les hussards paras du 1er RHP. Les soldats de l’insolite
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : le VBL

Encadré l’ERC-90

Carte : la 11ème brigade parachutiste

Encadré : Le peloton commando parachutiste

Les parachutes d’armes du 1er RHP

Technologie & Armement

Les missiles antichars français de première génération
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le MILAN ne veut pas mourir !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Un large éventail de missiles air-sol pour le Tigre
Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Lockheed S-3 Viking/S-2 et S-3, gardiens de la flotte

Frégate classe Oliver Hazard Perry/ Les Perry dans le golfe Persique, une leçon de guerre navale

Véhicule blindé Dingo I et II/ Une vision européenne des MRAP ?

Critiques de lecture

In Pursuit of Military Excellence. The Evolution of Operationnal Theory de Shimon Naveh

Les Cahiers du RMES, Vol. 5, n°2, hiver 2008-2009



mardi 24 mars 2009

Carnets de voyage : DSI chez les Vikings

Hareng au petit déjeuner, soleil déjà bien levé à 06 h dans un grand ciel bleu et par –7°C, bienvenue dans le Norrland, en plein milieu de la côte nord du golfe de Botnie, Suède. Votre serviteur n’y est pas en pèlerinage sur les traces de Stieg Larsson mais bien en visite pour 48 heures chez Hägglunds, les concepteurs de la série des BV et du CV90. Au programme des journées, démonstrations dynamiques, débats et présentations en tous genre.

Les gens de la communication ont mitonné un agenda bien chargé et qui va, vraisemblablement, se révéler instructif. De facto, mon « accompagnateur », ancien colonel de l’armée suédoise est passé par le CID. Autant dire qu’à peine posé à Umea, on a parlé tactique, stratégie et opératique, valeur de Clausewitz et techno-guérilla. Bref, de quoi vous mettre en forme.

La stratégie des moyens suédoise a toujours été spécifique. Le niveau technologique a toujours été fortement imprégné de considérations stratégique, l’approche retenue est très synergistique. De fait, la Suède surprend : avec moins d’habitants que la Belgique (ce qui nous vaut de nos élites de nous faire qualifier de « petit pays »), elle a su développer une industrie florissante.

Un petit coup d’œil au passé et revoilà les images d’une industrie qui a été capable (et qui le reste) de développer ses propres chars, automoteurs d’artillerie et autres appareils de combat, sans compter le reste. Elle surprend aussi par une certaine forme d’opulence – comptez entre 6 et 7% de chômage -, malgré un modèle social extrêmement contraignant d’un point de vue fiscal.

Mais il faut également dire qu’ici, l’ancrage social-démocrate s’est traduit par un véritable culte de l’efficacité : alors qu’en Belgique, 28.000 fonctionnaires veillent au fisc (en ne rattrapant, d’ailleurs, qu’une toute petite fraction des milliards de la fraude fiscale), les finances ont ici un « payroll » de… 728 personnes. En dépit de la taille du pays (reportez sa longueur à celle de l’Europe, depuis l’Espagne : ça donne à réfléchir), les infrastructures sont parfaitement entretenues. Tout de suite, on mesure le chemin qu’il reste à parcourir…

Trêve d’économie politique, le programme du jour va porter sur le BVS10 Viking. L’engin articulé est sur les rangs pour un engagement en Afghanistan, où son cousin le BV-206S a déjà participé à des missions avec les Chasseurs alpins. Avec succès semble t’il : l’engin passe partout, est souple d’emploi et relativement léger. Suffisamment rustique aussi. Après tout, il a été conçu pour des opérations arctiques et les conditions qu’elles imposent.

Pas mal de questions me trottent en tête. On m’a promis pas mal de RETEX, des infos sur l'évolution du SEP (l'armée suédoise a stoppé sa participation mais Hägglunds poursuit le développement) et mes hôtes ont l’air plutôt enjoués à l’idée d’un bombardement de questions en règle. Le résultat sera à lire dans le prochain DSI-T ;o)

lundi 23 mars 2009

Réduction d'activité temporaire...

Du moins sur le blog. La semaine va être chargée avec des sauts de ci, de là et, bien entendu, la préparation des prochains DSI-T et DSI. Ce ne sont pourtant pas les sujets de discussion qui manquent.

Je pense en particulier, pour répondre à Olivier et François (qui avaient déjà posté il y a un petit temps de celà), à la thématique de l'approche systémique. Milan Vego, que vous avez pu lire dans DSI vient de publier un article dans le dernier JFQ sur la question.

Vego est un stratégiste qui bonnifie particulièrement bien et sa pensée est à rapprocher d'un autre ponte de l'art opérationnel (pour ne pas dire grand maître, tant son ouvrage sur la question est excellent), Shimon Naveh.

Juste le temps d'aller me balader au pays des rennes et du grand froid et on en reparle. Bonne semaine tout le monde !

mardi 17 mars 2009

DSI n°47 en preview

Petit aperçu du prochain DSI, que la rédaction est sur le poiunt de définitivement boucler. Pas mal de choses intéressantes au menu, à commencer par un dossier complet sur le 1er Régiment de Hussards Parachutistes de Tarbes mais aussi du (très lourd) sur l'évolution des missiles antichars français.

La catégorie "stratégie" sera particulièrement fournie elle aussi, avec un dossier solide sur les remises en question et les limites, théoriques et culturelles, de la dissuasion nucléaire, incluant notamment une interview de Bruno Tertrais. Rendez-vous début avril !

lundi 16 mars 2009

Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre

Mardi prochain 17 mars, la commission "Nouvelle histoire bataille" tiendra une nouvelle séance.

Nous recevrons Christophe Wasinski, maître de conférences en sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles et aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, qui nous présentera une communication sur le thème suivant :

« Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre »
Comme à l'habitude, la séance se déroulera de 17 h à 19 h en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes. RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.

Commentaire de JH : Chris a beaucoup de choses extrêmement intéressantes à dire. N'hésitez surtout pas à faire un tour au Château de Vincennes !

vendredi 13 mars 2009

Y'a sondage : changer le format de DSI ?

On y réfléchi depuis un certain temps, les scores sont serrés : faut-il changer le format actuel de de DSI (23 cm x 18,5 cm) ?

En fait, derrière cette question se cachent également deux enjeux :

- Le format adopté implique un dos carré-collé et une mauvaise résistance du magazine dans le temps, les pages tendant à se recroqueviller au bout de quelques semaines ;

- Le rendu des photos n'est franchement pas génial. La production en très grande série de notre format impose de passer par des techniques qui tendent à décolorer des clichés qui sont, pourtant et fréquemment, de la plus haute qualité.

D'où ce petit sondage : à prix équivalent (5,7 Eur en France, 6,7 en Belgique) ou avec une légère augmentation - le papier se paie - êtes-vous partant pour le format des revues de défense internationale (27 cm x 19,5 cm) ?

Addendum (16/03) : le format proposé est évidemment de 19,5 sur 27 cm contre 23 cm x 18,5 cm - le but du jeu étant de disposer d'un magazine plus large. Désolé pour la faute de frappe !

mardi 10 mars 2009

Sur la géopolitique

Olivier revient sur la notion de géopolitique dans son rapport notamment aux relations internationales, et pose un certain nombre de questions qui sont effectivement intéressantes mais qui appelent également à quelques précisions. D’abord, sur l’étanchéité entre variables internes et externes qui serait le propre de la théorie des RI. Soulignons préalablement ici qu’il n’y a pas une seule théorie unifiée des RI – un exercice auquel s’était heurté R. Aron et d’autres avant lui – mais une pluralité de paradigmes partiellement concurrents.

Certes, leurs itérations montrent un certain affinage des conceptions mais, en aucun cas, les derniers développements observés, disons, depuis la fin de la guerre froide, ne mettent de côté l’interrelation interne/externe. L’émergence d’une réflexion dense et très riche sur le constructivisme ; les évolutions qu’a connu le paradigme réaliste lui-même (dont la jeunesse, effectivement, était critiquable en considérant l’Etat comme une « boîte noire ») ; les études ethnopolitiques (voire l’ethnoréalisme dans l’explicitation des relations de puissance propres aux guerres civiles) ; les travaux sur les politiques étrangères comme politiques publiques sont quelques courants d’études – parmi d’autres – montrant effectivement cette prise en compte de l’interne.

Je ne saurai trop inviter ici à la relecture de quelques bons « readers » tel que ceux dirigés/rédigés par M-C. Smouts, D. Battistella ou F. Charrillon. Les lire est à mon humble avis un préalable indispensable à toute réflexion portant sur les RI. Ensuite, la relation de puissance elle-même est une thématique naturellement transversale. Toute une école juridique peut s’en réclamer, au même titre que certains travaux en économie, en sociologie et, bien évidemment, en études stratégiques ou en politologie.

Enfin, la question de la géopolitique elle-même appelle quelques commentaires. Premièrement, son origine renvoie à une pensée opérationnelle : Kjellen, Haushofer, Spykman ou Mackinder – pour ne citer que les plus classiques – se positionnent résolument dans une optique de géographie politique : il s’agit d’appréhender des positionnements et leurs avantages comparatifs.

Deuxièmement, son évolution durant la guerre froide montre surtout une recherche d’approche multidisciplinaire, cherchant à inclure une série de variables complexes mais non déterminées par elle. La géopolitique, en tant que telle, a absorbé/inclus des théories relevant des méthodologies propres à l’histoire, à la démographie, à l’économie, à la sociologie, ou encore aux sciences politiques, y compris les études stratégiques et les RI – sans être exhaustifs.

Mais elle n’a pas reconfiguré les méthodologies qui lui étaient antérieures ou qui étaient forgées en parallèle à son évolution. De ce point de vue, et de facto, relire bon nombre de travaux de géopolitique revient souvent… à lire les travaux de politologues ou d’historiens.

Troisièmement, il faut également poser la question du « géo » de la géopolitique, qui face à l’inflation des variables – qu’elles soient explicatives ou à prendre en considération – tend à perdre sa position déterminante. Richard Ek ou Geraoid O’Thuatail, pour ne reprendre que ces exemples, sont des tenants de la géopolitique postmoderne, où la notion de temps joue pour eux un rôle aussi important que celui d’espace. Les perspectives qu’ils ouvrent sont fascinantes mais… là aussi, passé un certain cap, ils ne peuvent que s’appuyer sur des méthodologies relevant d’autres disciplines que la géographie, fut-elle politique. La question du déterminisme géographique reste également posée et me semble, comme bon nombre de déterminismes, discutable.

Quatrièmement et en effet, la question de la valeur heuristique dans le temps long de la géopolitique est posée. Elle n’est potentiellement importante que dès lors qu’elle prend en considération des méthodologies solides, dont l’établissement a fréquemment généré des centaines de publications. C’est alors qu’elle est la plus intéressante, dans la mesure ou elle permet de dépasser l’instinct de l’analyste et qu’elle l’encadre dans une vision en mesure de lui donner une valeur prospective. Sans ces méthodologies, l’approche renvoie plus à la divination ou à une analyse dans le temps court braudélien qu’à autre chose.

A ce stade, la géopolitique en tant que discipline est, par certains aspects, prise entre le marteau et l’enclume. Le marteau dans la mesure où elle doit impérativement s’appuyer sur des méthodologies « importées », issues d’autres disciplines. Certes, elle peut dégager en soi un corpus de méthodes – souvenons nous du très instructif débat de la fin des années 80 sur la relation entre la terre et la mer chez Gray, par exemple (encore qu’il s’appuyait massivement sur l’histoire). Mais leur portée reste bornée par les démonstrations issues d’autres disciplines.

L'enclume, ensuite : les exigences de la multidisciplinarité imposent de concevoir la constitution d’un savoir sous une forme réticulée, un réseau épistémique. Et à ce jeu, les déterminismes trop marqués finissent généralement par poser problème.

lundi 9 mars 2009

DSI- Technologies n°16 - le sommaire !



DSI-Technologies n°16, mars-avril 2009
Editorial

Les élémentaires


Technologies et innovations militaires, intégrées sans discernement ?
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier, chargé de recherche au CAPRI et expert en systèmes d’armes

Robotique et opérations urbaines : quel avenir ?
Entretien avec Alain De Neve, chargé de recherche au CED de l’IRSD, membre du RMES, co-auteur de Les interventions militaires en zone urbaine.

Marines

La piraterie maritime, une menace asymétrique ?
Capitaine de frégate Marc Gander, stagiaire de la Promotion Maréchal Foch du Collège Interarmées de Défense

ROK Navy : un renforcement rapide
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

« Le Frappeur » - alias « Striker » - Missileur pour l’Âge des Réseaux et des Missiles Guidés.
Entretien avec René Loire, ingénieur naval, concepteur du Frappeur

Pas de Striker pour les marines : pourquoi ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Guerre côtière : le meilleur atout de la PLAN ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Gaza : dossier spécial

Plomb Durci : une opération urbaine « académique » ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Bilan politique : statu quo pour le Hamas, perte de légitimité pour Israël
Entretien avec Sherifa Zuhur, Professeure au Strategic Studies Institute de l’US Army War College

La guerre correspondait aux agendas politiques israéliens et palestiniens
Entretien avec Pierre Razoux, responsable de recherches au Collège de défense de l’OTAN à Rome

HAPC : quelle utilisation durant Plomb durci ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Air

L’OV-10 Bronco, la solution évincée
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Le SAMP/T entre en service !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

L’Airborne Laser : futur en péril pour le tueur de missiles balistiques de Boeing ?
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE

A400M : quelles options pour son futur ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Terre

Kamaz au cœur de la logistique de la nouvelle armée russe
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le FNSS Pars
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

FELIN : le nouveau fantassin français
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Le FAMAS félinisé, une vraie cure de rajeunissement
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Véhicules de combat à roues : l’expérience soviétique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Heavy Metall : la disparition des chars lourds
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes

jeudi 5 mars 2009

Conférence de P. Forget : (léger) changement de programme

Nous avions annoncé dans le dernier DSI que la conférence de P. Forget à l'EHSS se tiendrait le 19 mars. Mais... elle est décalée d'une semaine en raison d'un risque de grève des transports le 19. L'annonce correcte est donc :

"Le paradigme du réseau : une mutation dans la modernité stratégique"
Par Philipe Forget, directeur de la revue d’anthropologie philosophique L’Art du comprendre, dans le cadre du séminaire « Révolutions militaires et révolutions dans les affaires militaires », EHESS, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris, Salle 2, 1er étage ; 26 mars 17 h – 19 h.

J'en profite pour toucher un mot de l'ouvrage qu'il avait fait paraître avec Gilles Polycarpe, Le réseau et l'infini, extrêmement éclairant quant à la notion d'agir réticulaire en particulier mais aussi quant à nos représentation du concept même d'espace en général. Il était paru en 1997 si je ne m'abuse mais garde une actualité certaine.

Bonne lecture et bonne conf' !

Budget chinois de défense : en augmentation de près de 15 %

Selon le porte-parole du 11ème Congrès du parti communiste chinois, le prochain budget de défense de Pékin sera de 70,2 milliards de dollars, soit 14,9 % de plus que celui de 2008 – qui représentait déjà 17,6 % d’augmentation comparativement à celui de 2007. Les dépenses de défenses formeraient ainsi 6,3 % des dépenses publiques chinoises.

Pratiquement cependant, certains analystes américains estiment que le budget est, en réalité, plus élevé, reprenant ainsi un discours qui avait cours durant la guerre froide, à l’égard de l’URSS. En 2008, ils indiquaient ainsi que le niveau réel devait se situer entre 97 et 139 milliards de dollars, compte tenu de programmes de recherche, de « black programs » voire de dépenses touchant à la « Seconde artillerie » (forces nucléaires stratégiques).

La question du volume du budget réel pour 2009 reste cependant posée. Certains commentateurs indiquent ainsi que la Chine va sans aucun doute être touchée de plein fouet par la crise économique globale, ce qui pourrait impacter négativement une série de budgets connexes à celui de la défense.

mercredi 4 mars 2009

Feeding the brain : Stratégique n°88 est en ligne

Consacré à "histoire et stratégie", le n°88 de Stratégique se focalise en particulier sur le 17ème siècle. Quelques pierres de plus, donc, à la compréhension d'un siècle qui s'est avéré déterminant dans le processus de genèse de l'art militaire contemporain.

Publications : le CESM passe la vitesse supérieure

Le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM) a mis récemment en ligne une série de textes qui ont le mérite d'alimenter le débat. C'est une bonne chose dès lors que les publications touchant aux questions navales (et non maritimes, mieux couvertes) sont non seulement peu nombreuses en France mais également très orientées vers l'histoire, au détriment de la compréhension des mécanismes stratégiques régissant les marines contemporaines.

D'abord, les actes du colloque tenu sur "Irrégularités et guerre sur mer". La question se pose de plus en plus fréquemment : piraterie, terrorisme maritime (ou encore émergence de marines subétatiques, à l'instar des Sea Tigers tamouls) pose question à des marins plus habitués à mener des formes classiques d'opérations. Pour ma part, je persiste à penser que le phénomène est appelé à se développer : dans les nouvelles conditions technologiques, il n'y a aucune raison de penser que la "loi du contournement de la puissance" ne s'applique pas aux marines.

Ensuite, une série d'études d'une longueur et d'une valeur variable. Enfin, les Bulletin d'Etude de la Marine, trimestriel, sont également accessibles. A l'instar de la Naval War College Review américaine, beaucoup de géopolitique et quelques points de vue intéressants.

Que le CSEM mette en ligne ses travaux est une très bonne nouvelle. D'abord, parce que l'on réfléchit peu et mal au rôle des marine. Peu, dès lors que le nombre de travaux portant sur les marines et la stratégie navale contemporaine est très faible en France comme en Europe continentale. Mal, ensuite, dès lors que nombre de pistes sont inexplorées. Il a fallu Milan Vego, aux Etats-Unis, pour s'intéresser à l'art opératif naval. Il vient d'ailleur de récemment sortir un ouvrage sur le sujet chez Routledge. A mon sens, il reste trop marqué par une conception mahanienne "basique" et mettant en évidence l'engagement décisif. Mais, à tout le moins, l'eefort est d'une grande valeur.

On réfléchit également mal au regard de décisions qui ont été prises dans les marines de l'OTAN sans prise de distance. A relire Wayne Hughes et la lecture qu'il fait des "Lois de Lanchester", la puissance de feu est une donnée centrale, le plus grand nombre de coups étant déterminant. Or, alors que les marines otaniennes s'orientent vers des dotations à 4-8 missiles (les Danois faisant exception avec 16), les marines émergentes tablent sur des dotations de 8 à 16 engins.

De facto, le champ de la guerre navale contemporaine est une immense friche. Pour travailler sur le sujet depuis maintenant quelques temps - avec un ouvrage à la clé, dans les bacs, j'espère, d'ici juin ou septembre - je reste intimement convaincu de la nécessité de disposer d'un véritable "reader" en matière de stratégie/opératique/tactique navale théorique. De quoi donc, amplement faire ;o)

lundi 2 mars 2009

Les Cahiers du RMES sont en ligne

L'édition hiver 2008 des Cahiers du RMES est en ligne. Pour télécharger le volume complet , cliquez ici.

Djihad en Allemagne : La Connexion Ouzbèke
Par Thomas Renard

La presse écrite francophone de Belgique et la PESD
Par André Dumoulin

Les ré(é)volutions du caméléon. Combat futur et formation des structures de force entre Transformation, guerres hybrides et nouvelles formes d’application des conceptions de techno-guérilla
Par Joseph Henrotin

Military USes of Nanotechnology: An Overview of Trends in Investments, Expected Outcomes and Potential Impacts on Arms Control Regimes
Par Alain De Neve

DSI n°46, mars 2009 - Le sommaire !




Sommaire DSI 46

Editorial
Agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique : les 180 événements qui ont fait l'actualité stratégique du mois
La chronique de Carl von C. : « Emotionnellement correct »

Sur le vif

EUFOR Tchad/RCA : une opération vraiment originale
Par Olivier Kempf, géopolitologue

« Plomb durci » : les premières analyses
Par la rédaction

Stratégie

Le choc des résiliences
Par Pierre Quéant, commandant (air), stagiaire au CID

Quelques réflexions sur l’application par les Etats des modes de la techno-guérilla
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Obsédée par la tactique. La marine néglige l’importance de l’art opérationnel
Par Milan Vego, professeur au département d’opérations militaires interarmées à l’US Naval War College

Armées

La marine émiratie prend du poids
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Défense des Emirats Arabes Unis
Par Sylvain Rolet, arabisant, lieutenant colonel

Tableau de bord : les forces armées émiriennes
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

À bord du Courbet, en exercice
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : Le V15 - radar à compression d’impulsion

Des frégates de premier rang ?
Entretien avec le capitaine de vaisseau Marc Aussedat, commandant la FLF Courbet

Technologie & Armement

La conception russe du bombardement stratégique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le Tu-95 Bear, ours volant de Moscou
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le Tu-160 Blackjack est de retour
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Tupolev Tu-22M Backfire/ L’URSS et les missiles antinavires

Frégates Type 123, classe Brandenburg/ La marine allemande durant les années 1980

Véhicule de combat d’infanterie ASCOD/Le développement des forces terrestres autrichiennes

Naissance d’Alliance géostratégique


C’est depuis juin 2007 que se constitue, peu à peu, une véritable blogosphère de défense francophone. Au total, et outre les blogs tenus par des journalistes spécialisés comme J. -D. Merchet ou J. Guisnel, une bonne quinzaine de blogs traitant des questions sécuritaires, stratégiques ou géopolitiques, qu’ils soient du fait de chercheurs, d’opérationnels ou « d’amateurs avertis » français, belges ou encore canadiens francophones.

Totalisant quotidiennement 2 500 visiteurs pour 5 000 pages vues, ces blogs se sont mis en réseau au sein de la plate-forme « Alliance géostratégique », à laquelle participent d’ailleurs plusieurs auteurs ayant écrit dans DSI, comme Olivier Kempf, François Duran, Thomas Renard, Stéphane Taillat ou Joseph Henrotin. Une très belle initiative qui permettra de centraliser les nombreuses contributions des auteurs, tout en accédant de façon simple et gratuite à un point de vue souvent expert. À voir ici.

vendredi 27 février 2009

Obama et la défense : croissance budgétaire supérieure à celle anticipée par l'administration Bush

Les discussions autour du niveau du budget de défense pour l’année 2010 aux Etats-Unis laissent émerger plusieurs tendances :

- Premièrement, Obama va effectivement augmenter le volume du budget, le faisant passer de 513 milliards de dollars pour 2009 à 534 milliards, proposant donc une augmentation de 4 %. On notera par ailleurs que la somme proposée est supérieure de 6,7 milliards aux estimations de l’administration Bush pour 2010.

- Or, et deuxièmement, les demandes du Pentagone pour 2010 étaient de 584 milliards – 50 de plus que ce que propose le nouveau président, donc – en dehors des budgets nécessaires à la conduite des opérations, qui relèvent d’une comptabilité séparée.

A cet égard, c’est une puissante lutte d’influence qui pourrait bien s’engager entre la Maison Blanche et le système militaro-industriel américain et ce alors qu’Obama a déjà concédé une augmentation. A ce jeu, les programmes suivants seraient significativement impactés :

- F-22 : arrêt de la production, maintien du niveau de 183 exemplaires ;
- F-35 : délais dans les achats, dimnution de la cible des commandes ;
- Future Combat System : fort ralentissement ;
- Défense ABM : annulation du programme KEI

mercredi 25 février 2009

Des gros bataillons aux logiques des corps expéditionnaires

Pour ceux intéressés par la question, Guillaume Lasconjarias donnera demain une conférence intitulée « Des gros bataillons aux logiques des corps expéditionnaires »
dans le cadre du séminaire "Révolutions militaires", à l'EHESS (17h à 19h au 105 Bd Raspail)

Le programme est alléchant :
À partir de la Révolution française se déploient sur les théâtres européens des gros bataillons qui se structurent et s’organisent autour de nouvelles échelles, la division ou le corps d’armée. Pourtant, dès la guerre d’Espagne (1808-1812) face à la guérilla espagnole, puis surtout, à partir des conquêtes de l’époque coloniale, ces organisations lourdes sont écartées au profit d’unités plus légères. Quelle est la logique qui sous-tend la constitution de ces corps ? Quelles leçons peut-on en tirer aujourd’hui, à l’heure où, paradoxalement, les conséquences de la chute du Pacte de Varsovie semblent avoir les mêmes bouleversements en termes d’organisation militaire.

lundi 23 février 2009

Techno-guérilla : défrichage et genèses

Il y a des moments dans la vie d'un chercheur où il peut être pris d'une pulsion quasi-incontrôlable le poussant à la rédaction d'un petit quelque chose qui lui semblera malgré tout inachevé. Le phénomène est classique : bien que vous puissiez travailler sur une série de projets, un autre semble poindre à l'horizon d'une façon presque sourde et finit un beau jour par éclater.

Pour ma part, l'un de ces projets "furtifs" a démarré en 1998, il y a plus de 10 ans, lorsque j'ai entamé les recherches préliminaires devant mener à mon mémoire de fin d'études et à une belle brique de 201 p. poétiquement intitulée "Application des doctrines de défense défensive à la Pologne et à la Roumanie, faisabilité et implications".

Même si, rétrospectivement, le travail me semble manquer quelque peu de sel - malgré ses très honorables 172/200 et une invitation à le publier - j'y parlais pas mal de techno-guérilla. Brossolet et Afheldt n'en constituent qu'un des volets. Le SAS, un groupe d'étude allemand des années 80 et comptant de nombreux (et brillants) officiers a sans doute poussé le concept beaucoup plus loin. Bref, je m'étais bien amusé (de même que l'IRSD, qui m'avait donné un solide coup de main en testant sur CAX mes conceptions).

Mais l'occurrence de l'actuel débat "guerre de haute intensité/classique/symétrique/technologique" Vs. "guerre de basse intensité/asymétrique/irrégulière/non-technologique" m'a rappelé (avec deux conférences à l'EHESS et au château de Vincennes) à mes vieux démons de techno-guérillero. En fait, il n'y a pas de solution au débat susmentionné, simplement parce que la question qui le fonde est, si pas mal formulée, en tous cas pas la plus pertinente.

Le caractère de la guerre mute en permanence : c'est un caméléon nous apprend Clausewitz, l'adversaire ne se battra évidemment jamais comme nous entendons qu'il le fasse. Ca ne veut pas dire, évidemment, qu'il se cantonnera à une guerre asymétrique dont j'avais déjà critiqué dans les Cahiers du RMES le caractère parfois dénigrant pour l'adversaire - une source de bien de mauvaises perceptions.

C'est dans ce contexte que je me suis amusé à tester un des points faibles de la théorie de la défense défensive dans son versant "techno-guérilla" millésime "années 1980". En d'autres termes, comment un organisme étatique peut-il se réapproprier la techno-guérilla utilisée avec succès par un groupe non-étatique tel que le Hezbollah ? Est-ce seulement faisable, en particulier dans des conditions navales certes traitées par les auteurs dans les années 1980 mais toutefois de façon nettement moins approfondie qu'ils ne l'avaient fait du domaine terrestre ?

Et bien, je pense que oui. C'est non seulement faisable mais ce sera sans doute un des troisièmes termes à un débat "high/low ends" qui me semble un peu trop simpliste et qui pourrait conduire nos planifications de structures de forces vers la mauvaise direction. Un des résultats de mes cogitations vient d'être mis en ligne ici. C'est un peu long - 45 petites pages - mais, après 10 ans de percolation, il fallait bien se défouler un peu.

Défense en France, l'Ifop fait le point

L’Ifop a réalisé en juillet dernier un sondage pour le moins interpellant sur le rapport qu’on les Français à leur défense, 7 ans après la fin du service national obligatoire. Et l’étude montre des résultats intéressants. Ainsi les personnes interrogées restent attachées à une dispersion des unités sur le territoire et maintiennent un lien fort à la notion de « ville de garnison » : 66 % se montrent hostiles à la refonte de la carte militaire, alors que 33 % soutiennent un regroupement des unités dans de plus grosses garnisons afin de réduire les coûts de fonctionnement.

Le service national, quant à lui, fait 75 % de nostalgiques dans la classe d’âge des 65 ans et plus, environ 2/3 des 35-49 ans le regrettant. Dans la classe des 25-34 ans, qui, en majorité, n’ont pas eu à l’effectuer, 49 % regrettent sa disparition. Chez les plus jeunes (18-24 ans), 28 % font de même.

Du point de vue des moyens cette fois, l’Ifop indique que 34 % des personnes interrogées estiment que le budget de défense est trop élevé (44 % pour les sympathisants de gauche, 21 % pour ceux de droite). Pour 41 % des répondants, le budget est adapté, tandis que 22 % estiment qu’il est insuffisant.

Du point de vue de la mission la plus prioritaire pour les forces armées, la défense du territoire national recueille 47 % des avis, la « stabilisation de certaines régions du monde » recueillant 38 % des préférences. Pour 50 % des personnes interrogées, la menace terroristes contre la France est « élevée » (64 % en octobre 2001).

Le « terrorisme international » est considéré par 66 % des personnes interrogées comme « le principal adversaire de la France dans le monde ». L’islamisme est cité à 45 %, soit 11 % de plus qu’en 2002. La prolifération nucléaire est qualifiée de menace pour 32 % des répondants.

Dans la hiérarchie des Etats, l’Ifop constate une nette progression de la Chine, considérée comme une menace par 28 % des personnes interrogée (contre 10 % en 2002), tandis que les Etats-Unis ne sont plus considérés comme une menace que par 14 % des répondants (contre… rien moins que 31 % en 2002). La Russie est quand à elle perçue comme une menace par 4 % des personnes interrogées.

DSIT n°16 en preview



Le prochain DSI-Technologies sera en kiosques et chez les marchands de journaux le 16 mars prochain et il vous réserve quelques bonnes surprises. A commencer par une longue interview de René Loire, l'ingénieur - à mon sens assez génial - qui avait en son temps conçu le "Frappeur", qualifié de "bâtiment missileur pour l'âge des réseaux". Si l'idée n'a guère accroché en France, elle l'a par contre fait aux Etats-Unis : de là a découlé l'Arsenal Ship puis la coûteuse antithèse des idées de R. Loire, le DDG-1000. Un excellent cas de sociologie des techniques.

Ne manquez pas non plus l'analyse des opérations israéliennes à Gaza. Pas mal de choses commencent à remonter à la surface, y compris les commentaires bien formés de P. Razoux ou S. Zuhur.

jeudi 19 février 2009

Ambiance en mer du Japon : les gardes côtes russes tirent sur un cargo

Les gardes-côtes russes ont ouvert ce week-end le feu sur le New Star, un bâtiment civil dont on pensait qu'il était avarié en mer du Japon à la suite d'une tempête ayant causé fait huit morts (sur les 16 de son équipage). Les autorités russes ont indiqué que le New Star était entré dans les eaux territoriales russes illégalement ce week-end.

"L'enquête sur ces tirs visant le navire étranger a été confiée au procureur militaire", a à l'agence Interfax indiqué Alexander Selentsov, un responsable du Parquet de Vladivostok. "Il a été plusieurs fois demandé au capitaine du New Star de s'arrêter par radio, par signaux lumineux, par des signaux de drapeau et des tirs de semonce", a-t-il ajouté.

M. Selentsov a indiqué que les gardes-côtes avaient reçu l'ordre "d'ouvrir le feu sur le navire" du Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB), ajoutant que le bateau s'est arrêté après ces tirs.

Selon le quotidien Kommersant, le navire a essuyé 500 tirs et les marins interrogés par le journal ont indiqué que le bateau s'était retrouvé en difficulté en raison de ces coups de feu et non à cause de la tempête. Huit des membres d'équipage sont décédés au cours de l'incident, selon les agences russes.

Thales et Nexter travaillent sur une munition de précision métrique



C'est hier en soirée que l'on a appris que la DGA a notifié en décembre 2008 un Programme d'Etudes Amont (PEA) à Nexter Munitions (mandataire) et TDA, filiale de Thales.

Il porte sur l’étude et la réalisation d’un démonstrateur de Munitions d’artillerie à Précision Métrique (MPM - en photo, copyright Nexter). L'objectif de ce PEA est l’acquisition des briques technologiques à bas coût pour la navigation, le guidage, le pilotage, l'acquisition et la détection (détecteur semi actif laser), intégrables dans plusieurs types de munitions (120 mm mortier, artillerie de char, artillerie de 155 mm, roquettes GMLRS et roquettes de 68 mm pour hélicoptère).

Cette munition à guidage terminal SAL est destinée à être utilisée pendant des engagements opérationnels, en particulier en milieu urbain, et doit permettre de traiter, avec une précision métrique, des cibles ponctuelles et imbriquées. Ces dernières sont désignées, dans les dernières secondes du vol balistique, par un désignateur laser opéré par l’un des moyens d’observation (observateur au sol, aéronef…).

Pendant cette phase de désignation, l’autodirecteur va détecter la tâche rétrodiffusée par la cible, et fournir les informations au système de guidage qui élaborera les ordres de pilotage et assurer ainsi la précision métrique terminale. De plus, la désignation de la cible sera effectuée par le même type de désignateur, quelque soit la munition (artillerie, mortier, char…).

Les principaux objectifs opérationnels attendus sont l’amélioration de la précision, de limiter les effets collatéraux, de tirer trop près des troupes amies et d’alléger la logistique. Ce PEA se terminera à l'horizon 2012 par des tirs de démonstrations conduits en artillerie de 120 mm mortier.

mercredi 18 février 2009

Feeding the brain : Stratégique n°85 est en ligne

Paru en 2005, le 85ème numéro de Stratégique est à présent consultable en ligne intégralement et gratuitement. Bonne lecture !

lundi 16 février 2009

DSI Hors Série n°5 : le sommaire



DSI HS n°5, février-mars 2009
En kiosque et chez votre marchand de journaux le 23 février 2009

EDITORIAL

DU CANON AU MISSILE

La défense sol-air : un siècle pour atteindre la maturité !
Stéphane FERRARD

Opération Cyclone : La sol-air « afghane » a fait reculer Moscou
Stéphane FERRARD

Quand la France « apprenait » la sol-air soviétique et la SEAD…
Pierre-Alain ANTOINE

Le SEAD/DEAD : un défi pour les aviations européennes
Olivier ZAJEC

L’hélicoptère face aux menaces « rustiques »
Frédéric LERT

SOL-AIR FRANCAISE

Rationalisation douloureuse pour la sol-air française
Jean-Louis PROME

L’armée de l’air prend les rênes de la défense sol-air
Jean-Louis PROME

L’EDSA 01.950 « Crau »
Véronique SARTINI

Sol-air courte portée : la « compétition » Thales/MBDA
Jean-Louis PROME

L’artillerie sol-air de l’armée de terre réduite au Mistral !
Jean-Louis PROME

A l’écoute de l’Ecole de l’artillerie de Draguignan
Véronique SARTINI

Et si les marins assuraient la couverture sol-air des biffins ?
Jean-Louis PROME

Afghanistan : le C-RAM à la française
Jean-Louis PROME

NOUVELLES REALITES

Quel avenir pour le laser sol-air israélo-américain ?
Jean-Louis PROME

Israël : des missiles face aux roquettes ?
Jérôme PALMADE

Le retour du canon dans la défense sol-air ?
Stéphane FERRARD

La menace des sol-air portables à l’égard des avions civils
Etienne DAUM & Valentin PICARD

L’US Army élargit sa défense antiaérienne
Frédéric ARAGON

Le triomphe du S-400 russe ?
Jérôme PALMADE

EXTENSION VERS L’ATBM

ABM et ATBM : quelles rationalités de (non)emploi ?
Joseph HENROTIN

L’Amérique mène le jeu en matière ABM
Jean-Philippe BAULON

Le système de Défense antimissiles AEGIS
Jeff KUETER

Les A(T)BM en Asie : la tentation de la prolifération
Joseph HENROTIN & Jérôme PALMADE

SAMP/T : la première brique ATBM de Paris !
Jean-Louis PROME

L’ATBM à l’échelle de l’OTAN : l’offre radar de Paris
Jean-Louis PROME

L’ONERA évoque les problématiques de l’ATBM
Entretien avec Antoine GUIGON

Collision du Triomphant et du Vanguard : la marine confirme

Selon la DICOD "Deux SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins), l'un français et l'autre britannique, conduisaient, il y a quelques jours, des patrouilles nationales de routine dans l’océan Atlantique. Ils sont entrés en contact brièvement à très basse vitesse alors qu'ils étaient en plongée. Il n'y a eu aucun blessé. Ni leurs missions de dissuasion ni la sûreté nucléaire n’ont été affectées. Comme annoncé dans le précédent communiqué du 6 février 2009, le Triomphant est rentré normalement à Brest".

Petit update la CBC (radio anglophone du Canada) vient de m'interroger sur la question, l'occasion de parler entraînement, procédures et difficultés du métier de sous-marinier.

DSI 46 en preview

On vous avait promis du solide et il arrive ;o) Le dossier du mois est consacré aux forces émiriennes et l'article principal a été rédigé par un des rares officers qui y a fait son école de guerre. Arabisant, il réside toujours sur place. En somme, de quoi donner le point de vue d'un insider pour le moins bien informé.

Scrountch (2) : Le Triomphant et le Vanguard entrent en collision

C'est la presse britannique qui le révèle, Le Triomphant et le Vanguard, deux SNLE, sont entrés en collision le 3 ou 4 février. D'après The Sun, les deux bâtiments ne menaient pas d'exercices ensemble. On ne connaît pas exactement les circonstances de la collision ni celles de leur proximité.

Selon un membre de la Royal Navy, "The potential consequences are unthinkable. It’s very unlikely there would have been a nuclear explosion (...) But a radioactive leak was a possibility. Worse, we could have lost the crew and warheads. That would have been a national disaster". Le Vanguard a été remorqué à Faslane tandis que Le Triomphant serait rentré à Brest "avec des dommages importants au dome sonar".

Je devrais passer sur France Info dans le courant de la journée.

vendredi 13 février 2009

Un peu de lecture pour le week-end ?

Je viens de mettre en ligne le n°86-87 de Stratégique, qui reste la seule revue académique française en format "papier" consacrée aux études stratégiques. Ses textes sont parfois très longs, la plupart des articles passent cependant les 15-20 pages.

Le 86-87 était consacré, en l'occurrence, aux stratégies atlantiques et qui avait été produit en collaboration avec la fine équipe du RMES. A lire ici.

Le week-end à l'horizon...

... ou disons plutôt "presque à l'horizon". Le DSI de mars est pratiquement prêt et le DSI-T de mars avril réservera quelques bonnes surprises. Des remontées d'informations sur les opérations israéliennes à Gaza commencent à émerger. L'occasion d'attaquer la thématique à cheval sur les deux magazines.

En attendant, Jean-Louis Promé, qui est en charge des hors-série depuis quelques temps, m'indique que le n°5, consacré à la défense sol-air, ne tardera pas à être en kiosque, le 23 février pour être plus précis. La rédaction étant en réunion hier à Paris, il m'a montré le résultat de son travail. Et franchement, ça vaut la peine. De la Flak aux ABM en passant par les programmes russes, le SEAD/DEAD ou la prolifération des ATBM, Jean-Louis a accompli un travail exhaustif et minutieux : du très solide !

Quand à votre serviteur, il s'en retourne de ce pas ou presque à son prochain ouvrage. Grosso modo, 3 chapitres restent à écrire, les 8 premiers étant prêts. je pense qu'il devrait pouvoir atteindre les bacs d'ici juin. En attendant, ce soir, je figole sur les tendances et les constantes historiques en matière d'opérations navales majeures. Pas mal de choses ont été écrites sur le niveau opérationnel en stratégie navale et beaucoup reste à apprendre. Le champ est donc vaste. Anchors aweigh ;o)

La nouvelle AASM vole



Sagem et la DGA ont effectué avec succès, le 27 janvier 2009, le 1er tir d’essai d’une nouvelle version de l’Armement Air-Sol Modulaire (AASM) en configuration 125 kg (en photo, copyright DGA).

L’AASM 125 est constitué d’un corps de bombe de 125 kg (de type Mk81) sur lequel sont fixés des kits de guidage inertiel/GPS et d’augmentation de portée identiques à ceux de l’AASM 250 (munitions de 250 kg) en service opérationnel sur les Rafale des forces aériennes françaises. L'arme est la plus légère de la famille AASM.

L’AASM 125 apporte de nouvelles capacités opérationnelles : associés à la grande précision du guidage, les effets limités et la portée accrue permettent d’élargir la flexibilité opérationnelle du AASM et son spectre d’utilisation, notamment à des missions d’appui feu au plus près des troupes au sol, en limitant les risques de dommages collatéraux.

Le tir a été effectué depuis un Mirage 2000 N du Centre d’Essais en Vol (CEV) de la DGA. Il a été réalisé en haute altitude sur une cible située à plusieurs dizaines de kilomètres. Le guidage de l’AASM vers la cible s’est effectué à partir de son seul système inertiel.

mercredi 11 février 2009

Docs en stock : les interventions de la conférence de Munich

La Conférence annuelle sur la sécurité de Munich est "ze place to be" en matière de relations internationales. Evidemment, il ne faut jamais s'attendre à entendre des déclarations fracassantes ou y voir émerger des révolutions politiques. Toutefois, ces conférences sont très indicatives de l'ambiance sécuritaire internationale.

Or, les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre en ligne les différentes interventions, comprenant notamment celles de Joseph "Soft Power" Nye ou du énéral Petraeus. A lire ici.

mardi 10 février 2009

Détection avancée de missiles balistiques : SPIRALE décolle le 12 février

La DGA va lancer le 12 février les deux micro-satellites du démonstrateur pour l’alerte avancée SPIRALE (Système Préparatoire Infrarouge pour l’Alerte), système d’alerte spatiale visant à détecter le tir d’un missile balistique le plus tôt possible après son départ. EADS-Astrium, qui assure la maîtrise d'oeuvre, arrive donc doucement au terme du projet.

Comme les DSP et SBIRS américains, SPIRALE, qui utilise une plateforme Myriade, doit détecter la "plume" infrarouge des engins mis à feu. SPIRALE n'est cependant qu'un démonstrateur devant préparer le futur système d’alerte spatiale, qui serait disponible à l'horizon 2020.

Selon la DICOD, il va "collecter pendant une année une grande variété d’images infrarouges de la Terre afin d’évaluer les situations possibles de fausses alarmes générées par des phénomènes naturels (nuages ou montagnes enneigés éclairés par le soleil). Enfin, il doit permettre de modéliser et de proposer à la DGA d’ici octobre 2010 les premières caractéristiques du futur satellite (notamment la résolution et la sensibilité de la caméra infrarouge)".

Outre les développements français, seuls les Etats-Unis et la Russie (satellites Oko et Prognoz, toutefois peu opérationnels) disposent de systèmes similaires.

lundi 9 février 2009

Scrountch : le Port Royal échoué

Ca peut arriver (c'est même arrivé à Nimitz, avant qu'il ne connaisse une carrière pour le moins brillante) : les navires peuvent d'échouer. S'est, en l'occurrence, le cas du croiseur Aegis Port Royal (classe Ticonderoga), qui s'est échoué sur un banc de sable à proximité d'Honolulu, ne causant aucun blessé.

Un Raptor à Paris : c'est pour juin

Des responsables de Lockheed Martin ont indiqué que le F-22 Raptor sera présenté au public au cours du prochain Salon du Bourget, qui se tiendra en juin 2009.

vendredi 6 février 2009

Le chiffre du jour

21017,57 dollars : c'est le coût de l'installation d'un kit de surprotection sur un camion FMTV, calculé sur base du dernier contrat en la matière engrengé par BAE (107,357 millions pour des modifications à opérer sur 5 108 camions).

Etats-Unis : une "bosse budgétaire" de 652 milliards

Le Congressionnal Budget Office a rendu public des projections budgétaires courant jusqu’en 2026 et se basant sur le budget de défense 2009 validé par le Congrès (515,4milliards de dollars).

Il en ressort que 26 % des coûts induits par les plans considérés comme validés par le Pentagone ne sont, tout simplement, par budgétés. En d’autres termes, les projets américains vont induire une « bosse budgétaire » d’un montant total de 652 milliards jusqu’en 2026.

Or, plusieurs analystes estiment que le budget 2009 pourrait bien, crise économique oblige, être le dernier à avoir connu une croissance, du moins avant plusieurs années. Ce qui ne manquera certainement pas de mettre une pression considérable sur un certain nombre de programmes considérés durant la dernière campagne électorale comme étant dans le collimateur politique de celui qui était alors le candidat Obama.

Pratiquement tous les programmes seraient touchés, à des degrés divers, certains pouvant se voir annulés sans d’autre procès. La défense antimissiles serait particulièrement sur la selette.

jeudi 5 février 2009

De la différence entre un militaire et un diplomate...

Zoom Europa, diffusé hier soir sur Arte, faisait notamment un portrait du général de Kermabon, que nous avions reçu en son temps dans les pages de DSI et qui, maintenant à la retraite, a été placé à la tête d'Eulex Kosovo.

A la question de savoir si, finalement, il se sentait plutôt militaire ou diplomate, il a répondu par une petite cabriole humoristique :

Connaissez-vous la différence entre un militaire et un diplomate ?

Pour le militaire :
"Oui", c'est oui.
"Non", c'est non.
"Peut-être" n'existe pas.

Pour le diplomate :
"Oui", c'est peut-être
"peut-être", c'est non
"Non" n'existe pas.

PSYOPS à Gaza (en en Israël) - un exemple concret

Israël a, historiquement, toujours fait un large usage des opérations psychologiques. Les dernières opérations dans Gaza n'ont pas échappé à la règle : tracts, coups de fils (à vocation Psyops mais aussi de renseignement), "mini-frappes cinétiques" sur les immeubles pour inciter leurs occupants à partir, chaîne "Tsahal" sur Youtube, diffusion d'images de frappes de précision pour contrer la trhétorique du Hamas ont été autant de moyens utilisés. Ce sont autant de thématiques qu'aborderont les prochains DSI et DSI-T.

Rien de bien nouveau, cependant, là-dedans : les Psyops ont une dynamique spécifique qui tend à la complexification des moyens de diffusion des messages. Mais si ces derniers peuvent être destinés à l'adversaire du moment, ils peuvent également l'être vers la propre population de l'Etat qui a engagé les opérations. De facto, Israël est un Etat dont la cohésion est fragile : la question des "arabes israéliens", celle de la part prise par les orthodoxes, la question des impacts - majeurs - sur une économie dont plus de 30 % du PIB passe à la défense sont autant d'enjeux.

Rappeler pourquoi l'on se bat - et quelles sont les motivations ayant conduit à la décision de l'engagement - redevient dès lors nécessaire, en particulier lorsque vous êtes accusé d'avoir commis des crimes de guerre et que la communauté internationale crée une pression intense.

J'ai reçu aujourd'hui un mail contenant une lettre publiée dans le quotidien Maariv et, d'après le journal, a été écrite par un réserviste. Personnellement et a priori, je trouve qu'elle est tellement travaillée du point de vue Psyops que soit le réserviste en question est membre d'une telle unité, soit qu'elle a été préparée par une unités Psyops. Je pense qu'il est intéressant de la lire en gardant à l'esprit ce qui vient de précéder. La plume comme instrument de la manoeuvre psychologique (à usage interne comme externe) reste un facteur puissant :

"Je suis le soldat qui a dormi chez vous"

Par Yishai G ( réserviste)

Reproduit avec la permission de Maariv, initialement publié le 25 janvier 2009

Bonjour,

Alors que le monde regarde Gaza en ruines, vous retournez dans votre maison qui tient encore debout. Cependant, je suis certain que vous savez que quelqu'un y est venu en votre absence.

Ce quelqu'un c'est moi.

J'ai passé de longues heures à imaginer quelle serait votre réaction lorsque vous retourneriez chez vous. Ce que vous ressentiriez lorsque vous comprendriez que les soldats de Tsahal ont dormi sur vos matelas et ont utilisé vos couvertures pour se tenir au chaud.

Je savais que cela vous contrarierait et vous attristerait et que vous éprouveriez une cinglante humiliation cette violation des parties les plus intimes de votre vie par ceux que vous définissez comme vos ennemis. Je suis persuadé que vous me détestez avec une haine violente et que vous n'éprouvez même pas le plus infime désir d'entendre ce que j'ai à dire. Cependant, il est important pour moi de dire ce qui suit dans l'espoir qu'il y ait une chance infime que vous m'entendiez.

J'ai passé plusieurs jours dans votre maison. Votre présence et celle de votre famille se ressentait dans chaque coin. J'ai vu les portraits de votre famille sur le mur, et cela m’a fais penser à la mienne. J'ai vu les bouteilles de parfum de votre femme sur la table de chevet, et cela m’a fait penser à ma femme. J'ai vu les jouets de vos enfants et les livres scolaires en anglais. J'ai vu votre ordinateur personnel et comment vous avez installé le modem et le téléphone sans fil près de l'écran, comme je le fais chez moi.

Je voulais que vous sachiez que malgré l'immense désordre que vous avez trouvé dans votre maison et qui a été causé alors que nous cherchions des explosifs et des tunnels (qui ont en effet été trouvés dans d'autres maisons), nous faisions de notre mieux pour traiter vos effets personnels avec respect. Lorsque j'ai déplacé la table d'ordinateur, j'ai débranché les câbles et je les ai soigneusement posés par terre, comme je l'aurais fait avec mon propre ordinateur. J'ai même dépoussiéré l'ordinateur avec un morceau de tissu. J'ai essayé de remettre en place les vêtements qui sont tombés lorsque nous avons déplacé l'armoire, même si ça n'est pas comme vous l'auriez fait, mais au moins de sorte à ce que rien ne soit perdu.

Je sais que la destruction, les trous de balles dans vos murs et la destruction de ces maisons à proximité de la vôtre rendent mes descriptions assez ridicules. Mais, j'ai besoin que vous me compreniez et j'espère que vous canaliserez votre colère et vos critiques comme il se doit.

J'ai décidé de vous écrire parce que je suis resté chez vous.

Je peux présumer que vous êtes intelligent et instruit et qu'il y a dans votre maison des étudiants à l'université. Vos enfants apprennent l'anglais et vous êtes connecté à Internet. Vous n'êtes pas aveugle ; vous savez ce qu'il se passe autour de vous.
C'est pourquoi, je suis sûr que vous savez que les roquettes Qassam ont été lancées depuis votre quartier sur les métropoles et les villes d'Israël.

Comment pouvez vous regarder ces tirs hebdomadaires sans vous imaginer qu'un jour nous dirions "Assez" ?! Vous êtes vous déjà imaginé que c'était une erreur de lancer des roquettes sur des civils innocents qui essayaient de mener une vie normale, tout comme vous ? Combien de temps pensiez-vous que nous allions rester les bras croisés sans réagir ?

Je peux vous entendre dire "ce n'est pas moi, c'est le Hamas". Mon intuition me dit que vous n'êtes pas son plus fervent admirateur. Si vous regardiez de plus près la triste réalité dans laquelle vit votre peuple, sans vous leurrer ou trouver des excuses sur "l'occupation", vous devez certainement tirer la conclusion que c'est le Hamas votre véritable ennemi.

La réalité est si simple, même un enfant de sept ans peut la comprendre : Israël s'est retiré de la Bande de Gaza, a retiré ses bases militaires et ses citoyens de Gush Katif. Nous continuons, néanmoins, à vous fournir de l'électricité, de l'eau, et des marchandises (et ça je le sais très bien puisque durant mon devoir de réserve, j'ai gardé les passages frontaliers plus d'une fois, et j'ai vu des centaines de camions remplis de marchandises entrer dans un Gaza sans blocus tous les jours).

Malgré tout cela, pour des raisons qui sont incompréhensibles et par manque de toute logique, le Hamas a tiré des missiles sur des villes israéliennes. Pendant trois ans, nous avons serré les dents et nous nous sommes retenus.

A la fin, nous n'en pouvions plus et nous sommes entrés dans la Bande de Gaza, dans votre quartier, afin d'éliminer ceux qui voulaient nous tuer. Une réalité qui est pénible mais très facile à expliquer.

Dès que vous serez d'accord avec moi sur le fait que le Hamas est votre ennemi et que c'est à cause de lui que votre peuple est misérable, vous comprendrez aussi que le changement vient de l'intérieur. Je suis tout à fait conscient que ce que je dis est plus facile à écrire qu'à faire, mais je ne vois pas d'autre moyen. Vous, qui êtes connecté au monde et êtes inquiet pour l'éducation de vos enfants, vous devez mener, avec vos amis, une insurrection civile contre le Hamas.

Je vous conjure que si les citoyens de Gaza étaient occupés à paver des routes, construire des écoles, ouvrir des usines et des établissements culturels au lieu de s'apitoyer sur leur sort, de faire de la contrebande d'armes et de nourrir une haine contre vos voisins israéliens, vos maisons n'auraient pas été en ruines aujourd'hui. Si vos leaders n'étaient pas corrompus et motivés par la haine, vos maisons n'auraient pas été endommagées. Si quelqu'un s'était levé et avait crié que cela n'avait aucun sens de tirer des missiles sur des civils innocents, moi, soldat, je ne me serais pas retrouvé dans votre cuisine.

Vous n'avez pas d'argent, dites-vous ? Vous en avez bien plus que vous ne pouvez l'imaginer. Même avant la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, à l'époque de Yasser Arafat, les millions, si ce n'est des milliards de dollars, qui ont été donnés par la communauté internationale aux Palestiniens, ont été utilisés pour acheter des armes ou ont été directement déposés sur le compte en banque de vos leaders. Les Etats du Golfe, les Emirats – vos frères, votre chair et votre sang, comptent parmi les plus riches nations au monde.

S'il y avait ne serait-ce qu'un infime sentiment de solidarité entre les pays arabes, si ces nations étaient un tant soit peu intéressées par la reconstruction du peuple palestinien – votre situation aurait été bien différente. Vous devez connaître Singapour. La masse de terre qui n'est pas bien plus grande que la Bande de Gaza et qui est considérée comme le deuxième pays le plus peuplé au monde. Malgré cela, Singapour est un pays prospère et bien dirigé. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour vous ?

Mon ami, j'aurais voulu vous appeler par votre nom, mais je ne le ferai pas publiquement. Je voudrais que vous sachiez que je suis à 100 % en paix avec ce que mon pays a fait, ce que mon armée a fait et ce que j'ai fait. Cependant, je comprends votre chagrin. Je suis désolé pour la destruction que vous voyez dans votre quartier en ce moment. Personnellement, j'ai fait tout mon possible pour minimiser les dégâts dans votre maison.

A mon avis, nous avons bien plus en commun que vous ne pouvez l'imaginer. Je suis un civil, pas un soldat, et dans ma vie privée, je n'ai rien à voir avec l'armée. Cependant, je suis obligé de quitter ma maison, mettre un uniforme et protéger ma famille chaque fois que nous sommes attaqués.

Je n'éprouve aucun désir à être dans votre maison, à porter à nouveau mon uniforme et je serais plus qu'heureux de m'asseoir avec vous comme invité dans votre jolie terrasse, en buvant du thé sucré avec la sauge qui pousse dans votre jardin.

La seule personne qui pourrait faire de ce rêve une réalité, c'est vous.

Prendre vos responsabilités, celle de votre famille, de votre peuple, et commencer à prendre le contrôle de votre destinée. Comment ? Je ne sais pas. Peut être qu'il y a quelque chose à apprendre du peuple juif qui s'est relevé de la tragédie humaine la plus destructrice du XXe siècle. Et au lieu de sombrer dans l'apitoiement, a construit un pays florissant et prospère. C'est possible et c'est à portée de vos mains.

Je suis disposé à être là et vous prêter mon épaule pour vous soutenir et vous aider.
Mais, vous seul pouvez faire bouger les roues de l'histoire.

Cordialement,

Yishai (réserviste)

mercredi 4 février 2009

Tchad : ce qui s'est passé

C'est suite à une question parlementaire déposée par le Vice-président de la Commission de la défense belge, Denis Ducarme, que le ministre a précisé les conditions dans lesquelles deux véhicules belges, dont un LMV, ont été détruits.

C'est mi-novembre qu'une équipe belge de forces spéciales, en patrouille à la frontière soudanaise, s'est vue attaquée par un hélicoptère de Khartoum. L'appareil a effectué 4 passages bas (moins de 100 m), tirant un total de 4 roquettes. Les véhicules, apparemment, avaient été positionnés à couvert dans la végétation.

Selon le ministre, leur destruction sera indirecte, les roquettes mettant le feu à la végétation, qui, à son tour, détruira les véhicules. Aucun dégât humain n'est à signaler. Reste une question : travaillant au GPS, les forces belges sont absolument certaines d'être restées sur le territoire tchadien. Que fichaient donc les Soudanais au Tchad ?

La base de Kourou un peu mieux protégée

La DGA a commandé fin décembre 2008 à Thales Raytheon un radar de défense aérienne à longue portée destiné à protéger le centre spatial guyanais de Kourou. Il viendra compléter, à partir de 2011, les installations du centre de contrôle militaire de Kourou opéré par l’armée de l’Air. Il renforcera les capacités de détection du centre spatial et de l’espace aérien guyanais.

Le contrat, d'une valeur de 50 millions d'euros, comprend la fourniture du radar ainsi que les infrastructures associées (bâtiments d’exploitation, énergie, système de communication et sécurisation). Il prévoit également le maintien en condition opérationnelle du système pendant une durée de 18 ans, avec une garantie de disponibilité à 98 % de l’ensemble de la station radar et de ses infrastructures.

lundi 2 février 2009

Les forces spéciales belges au Tchad : under fire...

Selon l'Irish Times, qui a interviewé le général Nash, commandant de l'opération Eufor Tchad-RCA, des forces belges engagés au Tchad ont été pris à parti par des tirs en provenance du Soudan, manifestement sans causer de dégâts humains. Il est également possible qu'au moins un véhicule (deux, selon certaines sources) ait été détruit par le feu d'un hélicoptère soudanais au cours du même engagement.

Le général Nash s'est dit "relativement content" du déploiement des forces européennes, indiquant qu'elles avaient été en mesure de contribuer à "un certain facteur de dissuasion". Mais, avec 3 500 hommes sur une superficie équivalente à celle de la France, a-t-il rappelé, "we have not been able to compel everybody to behave in a certain fashion and it was never realistic to expect that".

Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes

Mardi 3 février 2009, de 17 h à 19 h, en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes, nouvelle séance de la commission "Nouvelle histoire bataille". Benoist Bihan, doctorant à l'université de Poitiers, présentera une communication sur le thème suivant :

« Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes : l’exemple des opérations américaines au-dessus du Nord-Vietnam, 1964-1973 »

Pour les candidats à une séance qui s'annonce passionnante, RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.

vendredi 30 janvier 2009

Carl von C. : il faut une stratégie militaire nationale à la France

Vous l'aurez peut-être remarqué dans le DSI n°44, la chronique de Carl révélait un message subliminal derrière sa légendaire gouaille : les principes stratégiques révélés par le LBDSN sont selon lui insuffisants - on ne peut pas lui donner tort - de sorte qu'une stratégie militaire nationale pourrait bien être nécessaire. Petit flashback :

La chronique de Carl von C. : Joyeuse crise et bonne année !

Ah, là, ça fait mal. On nous a bassiné avec le NBC mais ce seront finalement les actifs toxiques qui auront eu raison de nos richesses. Remarquez, nous ne sommes pas les seuls et pas nécessairement les plus à plaindre. Celui qui a placé ses actions dans une de ces boîtes de recouvrement sera sans doute le seul à y gagner. Mais la crise dans laquelle nous nous enfonçons pose des problèmes bien réels pour nos systèmes de défense : fini, les budgets soi-disant mirobolants – il n’y avait que les ministres des finances pour y croire – et adieu nos belles Transformations. Nous allions dans les hypermarchés de la défense, il va falloir se mettre au hard discount. Et hop, nous voilà pris au piège de nos moyens. L’Oncle Sam, jamais en retard d’une guerre, a déjà tout compris : pédale douce sur ces fichus antimissiles qui ne servent à rien – et certainement pas à remplacer une bonne vieille dissuasion à l’ancienne – et regards couleur mitrailleuse sur des programmes comme le F-22 ou le F-35. Ce qui s’annonce n’est pas très bon pour une série de programmes. Mais, à bien y réfléchir, c’est peut-être aussi une chance. Sans doute pas pour votre portefeuille ni pour le miens, mais bien pour l’évolution de nos armées : en grec, crise vient de « krinein », jugement. Alors, jugeons.

Parce que, finalement, ce fameux Livre blanc, qu’est-ce qu’il nous dit ? Que nous vivons dans un monde complexe où domine l’incertitude ? Bien. Mais que nous dit-il sur les guerres futures ? Une bande de Chinois robotisés nous lançant à tour de bras des missiles balistiques après des frappes par des appareils de la 185ème génération ++ ? Une bande d’indépendantistes des Vanuatu subitement devenus fanatisés et menant le premier « Vanuatu-had », global et asymétrique, évidemment ? Quelques rigolos faisant exploser des bombes dans des bouses de vache ou des nerds aux grosses lunettes essayant de pirater mes sites coquins à moi (ceux où on voit des hélicoptères tout nus) ? Une invasion de poulets à la dioxine ? Le Livre blanc nous répond « un peu de tout ça », comme la majorité des auteurs, tous un peu déboussolés et en appelant frénétiquement au « full spectrum dominance ». En bref, savoir tout faire - en sachant qu’il y aura de plus en plus – avec, évidemment, moins de pépètes (ce serait trop facile, sinon, non ? Votre vieux Carl vous le dit en même temps qu’il vous envoie ses bons vœux et, pour les dames et les demoiselles, ses gros bisous, nous aurions peut-être bien besoin d’une stratégie militaire nationale.

La sécurité, c’est bien. Mais la stratégie répond aussi à des critères très spécifiques : il n’y a rien à faire : poursuivre la grande criminalité demande des méthodes aussi spécifiques que de « retourner » une population en OPEX. Dire que, dans les deux cas, c’est pour la sécurité du citoyen semble juste. Dire que les deux relèvent du même plan, c’est prendre ses rêves pour des réalités. C’est précisément parce que nous allons devoir nous serrer la ceinture et que personne ne fera le travail à notre place – regardez juste l’état des finances de défense britanniques – que nous allons avoir besoin d’être nettement plus précis dans nos définitions. Nous allons avoir besoin de faire fumer les cafetières, de déclencher une véritable révolution dans la pensée stratégique française. Les préconditions sont là : les cinglés du clavier, les malades de l’histoire, les snipers des bibliothèques, les camés au Coutau-Bégarie, les cannibales des bonnes pages sont de sortie et ça va faire du bien aux neurones. Evidemment, pas mal de choses ne plairont pas. Mais bon, finalement, on ne peut pas plaire à tout le monde et nous sommes tout de même dans le pays de la polémique (on a mis en place un ministère de l’identité nationale, faudrait tout de même qu’il serve à quelque chose). Pour le reste et pour une fois, nous avons l’occasion de ne pas être en retard d’une guerre : vous avez dit crise ?
Carl

DSI n°45 : le sommaire


DSI 45, février 2009
Editorial
Nominations et agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C.. : "Bon, alors les gars, vous l'ouvez (votre PC) ?"

Sur le vif

La Traviata, chronique d’un transit au large de la Somalie
Par Jean Rolin, écrivain et journaliste, récipiendaire des prix Albert Londres et Medicis, écrivain de marine

Sri-Lanka : vers la fin de la guerre ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Quelle réforme pour l’armée russe ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Quel avenir pour la réforme de l’armée russe ?
Entretien avec Dale R. Herspring, Professeur émérite de sciences politiques à l’université de l’état du Kansas.

Stratégie

Vers une stratégie du « mobile »
Aymeric Bonnemaison, lieutenant-colonel, doctorant en sciences politiques à l’UCL

L’anthropologie au service de la contre-insurrection ? L’Human Terrain System
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE

Armées

Pakistan : quelles relations civilo-militaires ?
Entretien avec Shuja Nawaz, auteur de Crossed Swords: Pakistan, Its Army, and the Wars Within.

Islamabad face à ses guerres. Une armée au cœur de la tourmente
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la Pakistan Army

Unités

Le Centre d’Entraînement des Postes de Commandement (CEPC). L’entraînement à la française
Par Véronique Sartini, journaliste

Préparer à la guerre
Entretien avec le colonel Philippe Baulain, chef de corps du CEPC

Encadré : SCIPIO, l’outil de simulation du CEPC

Technologies et armement

Croiseurs et grands bâtiments de ligne : quel avenir ?
Par Jean-Jacques Mercier et Joseph Henrotin, expert en systèmes d’armes et chargé de recherche au CAPRI

Croiseurs américains : quels projets pour demain ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Que sont devenus les croiseurs classe Slava et Kara ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le Piotr Veliky titille Washington ! Les croiseurs Kirov/Ushakov
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Frégates classe Valour/ La marine sud-africaine, maîtresse de l’Afrique

Alenia/Embraer AMX/ Gina, madone de l’attaque légère

Engin blindé antiaérien Gepard/Les SPAAG de l’OTAN

Critiques de lecture

Les âmes de Verdun, La victoire de l’homme sur la ferraille de Philippe Grasset

Mourir pour l’Afghanistan. Pourquoi nos soldats tombent-ils là-bas ? de Jean-Dominique Merchet

Chronique du choc des civilisations d’Aymeric Chauprade

The Sword and the Olive. A Critical History of the Israeli Defense Force de Martin Van Creveld

La surprise stratégique. De la notion aux implications de Corentin Brustlein

The Rise of Pasdarans de Frederic Wehrey, Jerrold D. Green, Brian Nichiporuk, Alireza Nader, Lydia Hansell, Rasool Nafisi, S. R. Bohandy.

jeudi 29 janvier 2009

On a retrouvé les DSI-T

Si, si, nous avons trouvé la source du retard des DSI-T. Une (très) grosse erreur d'aiguillage de la part des NMPP, qui diffusent les magazines en kiosque et chez les marchands de journaux... Tout devrait donc être rentré dans l'ordre. Bonne lecture !

Ceci dit, et sans vouloir forcer sur la publicité à outrance, l'abonnement reste plus sûr : vous êtes sûr d'avoir vos magazines dès qu'ils sont sortis et, sur une année, la formule est moins chère, en particulier lorsqu'elle est couplée à DSI. Bon, ça va, j'arrête ;o)

jeudi 22 janvier 2009

Colloque "La guerre juste" à l'EHESS

La guerre juste. Approches de la théorie politique

Journée d'études, mardi 10 février 2009, amphithéâtre de l'EHESS, 105, bd. Raspail Paris 6e.

Organisateurs : Jean-Vincent Holeindre (Centre de recherches politiques Raymond-Aron) et Daniel Brunstetter (Irvine) ; avec le soutien de la Fondation Saint-Cyr.

9h. Introduction par Daniel Brunstetter (Irvine)

9h30-11h00 : L'Amérique et la guerre juste
Guillaume Durin (Lyon-III), Les théories américaines de la guerre juste
Daniel Brunstetter (Irvine), Yes we can : Obama on war
Discutant : Olivier Chopin (EHESS)

11h30-13h00 : Guerre juste et éthique de la guerre
Ariel Colonomos (CERI-CNRS), Guerre préventive et guerre juste.
Jean-Vincent Holeindre (EHESS), Les ruses de guerre sont-elles toujours perfides ? Une approche du droit de la guerre.
Discutant : Gérald Larché (EHESS).

13h-15h : Déjeuner libre

15h-16h30h : Sortir de la guerre
Julie Saada (IUFM/Paris-IV), Jus post bellum et justice transitionnelle
Brian Orend (Waterloo), Justice After War: Perspectives Today
Discutant: Dario Battistella (IEP Bordeaux)

17h : Conférence de clôture
Philippe Raynaud (Paris-II), La guerre juste entre philosophie politique et philosophie du droit.

18h : Pot amical, Hall de la Maison des sciences de l'homme, 54, bd. Raspail Paris 6e.

Contact : Jean-Vincent Holeindre, holeindr(at)ehess.fr

EGEA déménage

Petite info du matin, Olivier a changé d'hébergeur : EGEA peut maintenant être lu ici.

mercredi 21 janvier 2009

De nouveaux F-16 pour la Jordanie ?

Des négociations seraient en cours entre la défense belge et la Jordanie poura l'achat par cette dernière de 9 appareils, pour un montant de 7 millions d'euros. La force aérienne jordanienne avait déjà, en 2007, acheté 14 F-16 portés au standard MLU.

Précision : 7 millions serait le montant... total.

La France commande des Exocet Block3

La DGA a notifié à MBDA, fin décembre 2008, une commande pour la transformation de 45 missiles mer-mer Exocet block2 de la Marine nationale en Exocet block3, qui seront livrés en 2011 et 2012.

Cette commande fait suite au contrat de développement de l’Exocet MM40 block3, notifié en janvier 2004, avant que le missile ne soit qualifié par elle en avril 2008. Ces missiles seront mis en œuvre à partir des frégates "Horizon" (classe Forbin) sur lesquelles les travaux d’intégration des installations de tir se sont achevés également en 2008.

A plus long terme, le MM40 block3 constituera l’armement antinavire principal des frégates multi-mission (FREMM, classe Aquitaine). Les évolutions block3 de l’Exocet portent principalement sur la présence d’un turboréacteur qui remplace le moteur à propergol solide des versions antérieures, ainsi que l’intégration d’une avionique de dernière génération, dotée d’un récepteur GPS.

Ces modifications doublent la portée du missile et lui permettent de varier les angles d’attaque d’une cible navale ou d’attaquer des cibles situées en zone littorale, désignées par leurs coordonnées géographiques. Outre l'accroissement de portée, c'est là que réside le principal intérêt du missile : il dispose de capacités d'attaque terrestre marginales, une question qui, en son temps avait été longuement examinée dans DSI-T/T&A.

La France rejoindrait ainsi le groupe de tête européen dotés de missiles à capacités duales et qui est emmené par la Suède et l'Allemagne et, lorsque le NSM sera opérationnel, la Norvège et la Pologne.

Où sont donc les DSI-T ?

Ces derniers jours, j'ai reçu pas mal d'e-mails portant sur la livraison du dernier DSI-T, qui aurait dû être en kiosque depuis maintenant plus de 2 semaines. Si les abonnés l'ont effectivement reçu, il semble que la distribution en kiosque/marchands de journaux ait été erratique : certains ont été approvisionnés, d'autres pas.

J'ai posé la question au directeur des publications, qui est en train d'examiner ça avec les NMPP. On vous tient au courant !

mardi 20 janvier 2009

DSI 45 en preview


Le DSI de février vous réserve quelques surprises de taille : titulaire du Prix Albert Londres, Jean Rolin nous relate, par exemple, son passage par le Golfe d'Aden et nous avons fait le point sur les perspectives du conflit sri-lankais ou encore la réforme des forces russes. Plus quelques autres dossiers costauds comme on les aime !

Exportations françaises d'armement : 6,3 milliards en 2008

Les exportations françaises d'armement ont atteint 6,3 milliards d'euros en 2008, dépassant l'objectif des 6 milliards d'euros, selon le ministre de la Défense, Hervé Morin, pour qui "C'est la meilleure année depuis l'an 2000", rappelant que les exportations françaises s'étaient élevées en 2007 à près de 5,5 milliards d'euros.

La France, reste talonnée par Israël. Le ministre s'est par ailleurs engagé à "continuer à faire le tour du monde pour défendre les fleurons" de l'industrie d'armement française et "défendre tel ou tel programme qui se trouverait sur la sellette (...) Car la décision d'achat d'un programme d'armement dépend naturellement de la qualité du produit, de son prix, mais est aussi un acte politique".

lundi 19 janvier 2009

Les ravitailleurs de l'AdA (enfin) rénovés

La DGA a notifié le 14 janvier 2009 à Air France Industries un marché d'un montant de 37 M€ TTC portant sur la mise à niveau de l'avionique des avions C-135FR. Ce contrat vise à mettre en conformité ces aéronefs avec l'évolution des réglementations édictées par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et à remplacer divers équipements obsolètes. Il comprend également les prestations associées de formation des personnels et de soutien initial. Le premier appareil est prévu d'être livré début 2011 à l'armée de l'Air. Les livraisons des appareils suivants s’échelonneront jusqu’en 2013. La flotte de ravitailleurs de l’armée de l’Air est aujourd’hui composée de 14 appareils. La modernisation de leur avionique leur permettra d'être maintenus en service jusqu'à l'arrivée des premiers avions multi-rôle de ravitaillement en vol et de transport MRTT (Multi Role Tanker and Transport), prévue aujourd'hui en 2015.