Propos d'un "expert" de Pax Christi, en Commission de la défense de la Chambre belge, qui a accusé l'Otan, avec sa force de frappe aérienne, d'exercer "la seule forme de terrorisme” en Afghanistan, alors que les talibans ne disposent que de kalachnikovs et de lance-roquettes RPG-7".
Brillant. Vraiment brillant. Il veut peut-être qu'on y aille exclusivement à pieds pour sécuriser un pays dont les "pauvres petits talibans" empêchent la stabilisation depuis 1996 ? On doit peut-être leur refiler des F-16 pour combattre à égalité (ça tombe bien, remarquez, on en a 10 à vendre) ?
Le Pr. Luc De Vos, de l'ERM a relevé le niveau. Mais on se demande parfois où on va chercher les "experts"... Aïe... Me voilà requalifié de "faucon"...
Morning addendum : bon, c'est vrai que j'y ai été un peu fort. Mais il faut dire que la confusion entre analyse normative et objective (ou quasi-objective, selon le degré d'importance accordée à la neutralité axiologique par l'analyste) d'une situation complexe (on demandait en l'occurrence aux intervenants d'analyser la situation tactico-opérationnelle en A-stan) m'a quelque peu échaudé. Pax Christi n'est pas tant en cause que les rationalités présidant aux choix des expertises et qui relèvent plus de choix idéologiques - chaque partis proposant ses experts en fonction des positionnements qu'ils entendent défendre - que d'une recherche de mise en perspective. Quant à la "stabilisation" de l'Afghanistan, effectivement, le terme est mal choisi. Voilà ce qui se passe lorsque l'on réagit à chaud... et donc beaucoup trop vite ;o)
lundi 23 juin 2008
Des contrats pour l'Algérie ?
François Fillon revient d'Algérie avec, semble-t'il et selon la presse locale, des contrats d'armement. Au menu, hélicoptères de combat de type inconnu et frégates (Alger semblait intéressée par la FREMM mais aussi le BPC - voir DSI n°39) dont deux seraient construites sur place.
dimanche 22 juin 2008
On the road again !
Mes petites "vacances" dans le Sud continuent : après avoir bouclé les derniers articles des prochains DSI et T&A, l'équipe s'embarque demain matin sur la FASM Montcalm pour une petite visite-reportage.
Bon, normalement, c'est le job de Madame V. mais, pour le coup, et vu que je travaille pas mal sur la stratégie navale pour l'heure, c'est l'occasion de confronter mes vues aux opérationnels du navire, qui reviennent d'un déploiement en Méditerranée orientale. Pas de posts sans doute donc durant la journée de demain. Bon, en attendant, c'est salade niçoise. Avec les 34°c d'ici, je pense qu'elle s'impose autant qu'un petit rosé.
Bon, normalement, c'est le job de Madame V. mais, pour le coup, et vu que je travaille pas mal sur la stratégie navale pour l'heure, c'est l'occasion de confronter mes vues aux opérationnels du navire, qui reviennent d'un déploiement en Méditerranée orientale. Pas de posts sans doute donc durant la journée de demain. Bon, en attendant, c'est salade niçoise. Avec les 34°c d'ici, je pense qu'elle s'impose autant qu'un petit rosé.
Carl von C. : "ach, che fous aime !"
Nombre d'entre-vous m'ont indiqué durant Eurosatory ("ach, Eurodestroy ?" Non, Carl, les lettres ne sont pas dans le bon sens !) qu'ils appréciaient particulièrement les sympathiques emportements de Carl von C. Je lui ai donc remis vos compliments, suscitant la réaction indiquée dans le titre.
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, bon sang ;o)
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, bon sang ;o)
samedi 21 juin 2008
Y'a sondage !
L'émersion de Surcouf est source de pas mal de polémiques. D'où un petit sondage : sur le fond, le groupe a-t-il raison ou tort ? Evidemment, un tel sondage n'a rien de scientifique, etc, etc...
Débats : feu à volonté !
Michel Rocard a fait paraître une opinion assez intéressante, avec en point de mire l'importance du PA2 dans Le Figaro : à lire ici.
Une petite remarque, toutefois : si certains aux Etats-Unis remettent en question la pertinence du nucléaire, les débats là bas y sont très spécifiques. C'est de là qu'étaient parties les remises en question de la MAD, dès 1968 (l'inventeur même du terme, Brennan, n'étant pas le dernier à le remettre en question).
Surtout, dégager le nucléaire stratégique (vous connaissez ma position sur le préstratégique, qui rejoint celle de l'ancien ministre) impose des défenses antimissiles... vraissemblablement plus chères encore qu'un PA2 (conception, achat, mise en oeuvre, démentellement des SNLE, annulation des M51 et des TNO).
Alors, certes, des Etats-Unis conventionnellement surpuissants (ce qui sera de moins en moins notre cas) peuvent se permettre de remettre en question le nucléaire stratégique (qui, jusqu'ici, n'est pas officiellement considéré comme devant être éliminé) mais notre garantie ultime restera le nucléaire stratégique. J'en discutais justemment avec un des lecteurs de DSI sur Eurosatory : la notion même d'Etat voyou est biaisée.
Tout simplement parce que "voyou" ou pas - des catégories plus normatives qu'objectives - et qu'il se fiche ou non de la survie de sa population en cas de représailles nucléaires un Etat (à la limite même surtout s'il est "voyou") est porteur d'un projet politico-idéologique imposant la survie du régime et de son idéologie - on notera d'ailleurs que les soviétiques en leur temps (avant le discours de Tula reconnaissant officiellement l'effectivité de la dissuasion en lieu et place de l'épouvante, en 78) avaient développé des arguments similaires.
En d'autres termes, un Iran actif en Irak et via le Hezbollah (juste un exemple, vous le comprendrez) n'est pas plus fou que voyou : il agit stratégiquement, cherche son intérêt comme l'extension de son influence. Petit euphémisme, l'atomiser constituerait une solide fragilisation de son influence.
Reste, me dira-t'on, la question d'une bande puissante, financièrement solide, qui parviendrait en 2020 a faire entrer via Marseille ou Le Havre un conteneur chargé d'une arme nucléaire. C'est une possibilité comme une autre - ou plutôt plus pertinente qu'une attaque suprise massive à coup d'IRBM/ICBM iraniens. Mais, pas plus que la dissuasion stratégique, la militarisation de la police, la "policianisation" de l'AdT, un PA2 ou une défense antimissile ne pourrait dissuader ceux qui le feraient. Nous reste alors juste le renseignement et la résilience. Soit quelques uns des rares nouveaux éléments valables du nouveau LBDSN.
C'est toujours ça.
Une petite remarque, toutefois : si certains aux Etats-Unis remettent en question la pertinence du nucléaire, les débats là bas y sont très spécifiques. C'est de là qu'étaient parties les remises en question de la MAD, dès 1968 (l'inventeur même du terme, Brennan, n'étant pas le dernier à le remettre en question).
Surtout, dégager le nucléaire stratégique (vous connaissez ma position sur le préstratégique, qui rejoint celle de l'ancien ministre) impose des défenses antimissiles... vraissemblablement plus chères encore qu'un PA2 (conception, achat, mise en oeuvre, démentellement des SNLE, annulation des M51 et des TNO).
Alors, certes, des Etats-Unis conventionnellement surpuissants (ce qui sera de moins en moins notre cas) peuvent se permettre de remettre en question le nucléaire stratégique (qui, jusqu'ici, n'est pas officiellement considéré comme devant être éliminé) mais notre garantie ultime restera le nucléaire stratégique. J'en discutais justemment avec un des lecteurs de DSI sur Eurosatory : la notion même d'Etat voyou est biaisée.
Tout simplement parce que "voyou" ou pas - des catégories plus normatives qu'objectives - et qu'il se fiche ou non de la survie de sa population en cas de représailles nucléaires un Etat (à la limite même surtout s'il est "voyou") est porteur d'un projet politico-idéologique imposant la survie du régime et de son idéologie - on notera d'ailleurs que les soviétiques en leur temps (avant le discours de Tula reconnaissant officiellement l'effectivité de la dissuasion en lieu et place de l'épouvante, en 78) avaient développé des arguments similaires.
En d'autres termes, un Iran actif en Irak et via le Hezbollah (juste un exemple, vous le comprendrez) n'est pas plus fou que voyou : il agit stratégiquement, cherche son intérêt comme l'extension de son influence. Petit euphémisme, l'atomiser constituerait une solide fragilisation de son influence.
Reste, me dira-t'on, la question d'une bande puissante, financièrement solide, qui parviendrait en 2020 a faire entrer via Marseille ou Le Havre un conteneur chargé d'une arme nucléaire. C'est une possibilité comme une autre - ou plutôt plus pertinente qu'une attaque suprise massive à coup d'IRBM/ICBM iraniens. Mais, pas plus que la dissuasion stratégique, la militarisation de la police, la "policianisation" de l'AdT, un PA2 ou une défense antimissile ne pourrait dissuader ceux qui le feraient. Nous reste alors juste le renseignement et la résilience. Soit quelques uns des rares nouveaux éléments valables du nouveau LBDSN.
C'est toujours ça.
Libellés :
Dissuasion,
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Stratégie
jeudi 19 juin 2008
Le débat gronde, good night and good luck
Toutes mes excuses à mes lecteurs qui en attendaient un peu plus de moi sur Eurosatory et ses nouveautés. En fait, nous avons été un peu dépassé par les événements et, il faut bien le dire, par notre succès. J'ai croisé pas mal d'entre vous avec grand plaisir. Mais, comme moi, je pense que la parution du LBDSN les a quelque peu "sonné".
Ca se comprend. Olivier "EGEA" Kempf m'indiquait avec sa malice caractéristique qu'il semblait bien que la "Défense" ne semblait, du fait des intitulés utilisés, ne plus faire partie de la "sécurité nationale". Bien d'accord avec lui. Et tout aussi d'accord avec nos mystérieux guerriers du jour, le groupe Surcouf, auteur d'une petite bombe médiatique parue ce matin dans Le Figaro. Quoique l'on puisse penser de leur anonymat, ils sont courageux. Il ne fait pas bon s'opposer à l'Elysée, soyons honnêtes.
La tension est palpable. Juste une petite anecdote à cet égard : des représentants d'un industriel viennent me trouver pour me dire qu'ils n'ont pas apprécié une phrase de notre dernier hors série où, grosso modo, l'auteur indiquait que face aux engagements actuels, certaines technologies choisies n'étaient pas de la plus grande utilité et qu'il valait mieux porter plus d'attention à des élémentaires. Je lui ai répondu que cette phrase avait tout son sens et qu'elle reflétait les inquiétudes de pas mal de gens qui sont au contact - soit ceux pour lesquels nous bossons, en particulier au DSI. Je lui ai donc dis que nous étions d'abord au service des forces. Match nul.
Le sous-entendu me pose, à moi qui suis à la fois chercheur et journaliste, question. Le LBDSN consacre-t'il une réduction homothétique mal camouflée par une "reflexion stratégique" tout de même très légère ? Oui - du moins, à mon sens. La réforme est-elle nécessaire ? Oui, toujours à mon sens. Sabrer trop vite comme on a écrit trop vite ce LBDSN est-il une bonne chose ? Non, encore à mon sens. Les augmentations de budget d'équipement sont-elles gage de plus d'efficacité ? Pas nécessairement : la réalité de cette augmentation, les choix technologiques, stratégiques (et donc politiques) par essence, la nécessité d'un personnel de très haut niveau de compétence sont autant de variables qui font qu'on ne peut accepter d'acheter le chat "LBDSN" dans le sac des promesses et des mythologies technologiques. Et détrompez-vous, je ne suis pas "antitechnologies" : si c'était le cas, je n'aurais jamais consacré 8 ans de thèse à la question...
Mais - comme dirait notre cher vieux Carl - tout de même. A force de vouloir verrouiller les débats, on les enflamme : rien ne gronde plus qu'une révolte qu'un débat, d'ou le titre de ce post. Or et j'en discutais ce matin avec un correspondant de l'AFP, nous sommes dans une situation similaire à celle des années 30 mais... elle se présente comme inversée. Je m'en explique :
- la doxa officielle refuse de remettre en cause un certain nombre d'axiomes stratégiques et technologiques ;
- les penseurs émergents (de Gaulle, notamment, à l'époque) ne sont pas écoutés alors que la réalité opérationnelle émergente se clarifie (elle l'est d'autant plus de nos jours) ;
- les investissements massifs effectués sont susceptibles d'être contournés (parce que tel est le sens profond d'une opération militaire) mais la possibilité d'un contournement est trop peu prise en compte ;
- le proche et le soi le dispute au lointain et à l'Autre (cf les débats maritimes de l'époque) ;
- in fine, les dispositifs de force sont inadaptés.
Cette analogie possède bien évidemment ses limites. Menaces et risques sont très différents tout comme les jeux d'alliance. Mais, quelque part, la situation contemporaine est bien pire : démantibuler au motif de l'économie (y compris de la politique économique) sans prendre le temps de la réflexion stratégique au moment où nous avons besoin d'hommes revient à faire un paris délicat. C'est (notamment) là où je suis d'accord avec Surcouf. Je trouve que le groupe sous-estime un peu les apports de l'armée de l'Air mais...
... mais nous le voyons là aussi, à force d'éviter les débats, nous faisons reculer la doctrine face à la doxa. L'AdA a toujours eu des réticences face à la doctrine (tant pis pour Ader et Vauthier !). Comme dans le cas du LBDSN, le débat n'y aura pas véritablement joué sa fonction principale : non de pérorer pour se la jouer "intello" mais bien d'affiner nos modèles, les rendre plus pertinents et servir directement la puissance de la France.
On a tous les mêmes patrons : ils sont 66 millions. Et ce qui peut servir au progrès - surtout lorsque la seule limite est l'intelligence et l'imagination - doit servir. Les dogmes stratégiques à l'échelle de l'histoire, ont été le creuset des échecs... et c'est lorsque nous n'avions pas de doctrine (fruit des débats, évidemment) que nous avons encaissé les défaites les plus dures.
Ca se comprend. Olivier "EGEA" Kempf m'indiquait avec sa malice caractéristique qu'il semblait bien que la "Défense" ne semblait, du fait des intitulés utilisés, ne plus faire partie de la "sécurité nationale". Bien d'accord avec lui. Et tout aussi d'accord avec nos mystérieux guerriers du jour, le groupe Surcouf, auteur d'une petite bombe médiatique parue ce matin dans Le Figaro. Quoique l'on puisse penser de leur anonymat, ils sont courageux. Il ne fait pas bon s'opposer à l'Elysée, soyons honnêtes.
La tension est palpable. Juste une petite anecdote à cet égard : des représentants d'un industriel viennent me trouver pour me dire qu'ils n'ont pas apprécié une phrase de notre dernier hors série où, grosso modo, l'auteur indiquait que face aux engagements actuels, certaines technologies choisies n'étaient pas de la plus grande utilité et qu'il valait mieux porter plus d'attention à des élémentaires. Je lui ai répondu que cette phrase avait tout son sens et qu'elle reflétait les inquiétudes de pas mal de gens qui sont au contact - soit ceux pour lesquels nous bossons, en particulier au DSI. Je lui ai donc dis que nous étions d'abord au service des forces. Match nul.
Le sous-entendu me pose, à moi qui suis à la fois chercheur et journaliste, question. Le LBDSN consacre-t'il une réduction homothétique mal camouflée par une "reflexion stratégique" tout de même très légère ? Oui - du moins, à mon sens. La réforme est-elle nécessaire ? Oui, toujours à mon sens. Sabrer trop vite comme on a écrit trop vite ce LBDSN est-il une bonne chose ? Non, encore à mon sens. Les augmentations de budget d'équipement sont-elles gage de plus d'efficacité ? Pas nécessairement : la réalité de cette augmentation, les choix technologiques, stratégiques (et donc politiques) par essence, la nécessité d'un personnel de très haut niveau de compétence sont autant de variables qui font qu'on ne peut accepter d'acheter le chat "LBDSN" dans le sac des promesses et des mythologies technologiques. Et détrompez-vous, je ne suis pas "antitechnologies" : si c'était le cas, je n'aurais jamais consacré 8 ans de thèse à la question...
Mais - comme dirait notre cher vieux Carl - tout de même. A force de vouloir verrouiller les débats, on les enflamme : rien ne gronde plus qu'une révolte qu'un débat, d'ou le titre de ce post. Or et j'en discutais ce matin avec un correspondant de l'AFP, nous sommes dans une situation similaire à celle des années 30 mais... elle se présente comme inversée. Je m'en explique :
- la doxa officielle refuse de remettre en cause un certain nombre d'axiomes stratégiques et technologiques ;
- les penseurs émergents (de Gaulle, notamment, à l'époque) ne sont pas écoutés alors que la réalité opérationnelle émergente se clarifie (elle l'est d'autant plus de nos jours) ;
- les investissements massifs effectués sont susceptibles d'être contournés (parce que tel est le sens profond d'une opération militaire) mais la possibilité d'un contournement est trop peu prise en compte ;
- le proche et le soi le dispute au lointain et à l'Autre (cf les débats maritimes de l'époque) ;
- in fine, les dispositifs de force sont inadaptés.
Cette analogie possède bien évidemment ses limites. Menaces et risques sont très différents tout comme les jeux d'alliance. Mais, quelque part, la situation contemporaine est bien pire : démantibuler au motif de l'économie (y compris de la politique économique) sans prendre le temps de la réflexion stratégique au moment où nous avons besoin d'hommes revient à faire un paris délicat. C'est (notamment) là où je suis d'accord avec Surcouf. Je trouve que le groupe sous-estime un peu les apports de l'armée de l'Air mais...
... mais nous le voyons là aussi, à force d'éviter les débats, nous faisons reculer la doctrine face à la doxa. L'AdA a toujours eu des réticences face à la doctrine (tant pis pour Ader et Vauthier !). Comme dans le cas du LBDSN, le débat n'y aura pas véritablement joué sa fonction principale : non de pérorer pour se la jouer "intello" mais bien d'affiner nos modèles, les rendre plus pertinents et servir directement la puissance de la France.
On a tous les mêmes patrons : ils sont 66 millions. Et ce qui peut servir au progrès - surtout lorsque la seule limite est l'intelligence et l'imagination - doit servir. Les dogmes stratégiques à l'échelle de l'histoire, ont été le creuset des échecs... et c'est lorsque nous n'avions pas de doctrine (fruit des débats, évidemment) que nous avons encaissé les défaites les plus dures.
Un petit coup d'oeil
D’emblée, le succès de l’édition 2008 est important. Pour sa 9e édition, Eurosatory, qui est devenu le « Salon international de la Défense terrestre, aéroterrestre et de la Sécurité » a mis l'accent sur les innovations en matière d'entraînement et de simulation, la numérisation des images et les technologies duales.
De facto, le salon a révélé plusieurs tendances au sein d’un mainstream où dominait la protection des forces. Premièrement, le développement de véhicules 4x4 protégés par de nombreuses firmes provenant d’Etats de plus en plus nombreux était particulièrement notable. A cette évolution s’adjoint l’évolution de plus en plus marquée vers le développement de véhicules équivalents aux MRAPs américains.
Deuxièmement, la (sur-)protection d’engins préexistants – et de façon assez marquée des camions (vulnérabilité des lignes de communication oblige) – tend à devenir un secteur particulier, tant pour des PME que pour les grands industriels de défense.
Troisièmement, les systèmes téléopérés ont la cote. Il s’agit ici non seulement de mitrailleuses mais aussi de systèmes capables de dégager une plus grande puissance de feu. Le lance-grenades revient ainsi en force, ST Kinetics présentant même un modèle quadritubes, une autre firme couplant quant à elle un lance-grenades de 40 mm et un missile antichars NLAW !
Quatrièmement, le high tech tend à céder la place aux adaptations utilisant des équipements achetés sur étagères (y compris des 4x4 civils) et y combinant des systèmes achetés sur étagères, cette fois dans le domaine de la protection anti-IED ou anti-sniper, par exemple. Le low tech et les systèmes « customizés » tendent donc à prendre la place des systèmes conçus sur base de stricts et peu flexibles cahiers des charges.
Cinquièmement, le retour de l’infanterie observé dans les opérations contemporaines se traduit également par la mise en évidence des systèmes augmentant les capacités ou le confort du soldat. C’est non seulement le cas de systèmes tels que le FELIN mais aussi de systèmes de vision nocturnes, des protections balistiques.
De facto, le salon a révélé plusieurs tendances au sein d’un mainstream où dominait la protection des forces. Premièrement, le développement de véhicules 4x4 protégés par de nombreuses firmes provenant d’Etats de plus en plus nombreux était particulièrement notable. A cette évolution s’adjoint l’évolution de plus en plus marquée vers le développement de véhicules équivalents aux MRAPs américains.
Deuxièmement, la (sur-)protection d’engins préexistants – et de façon assez marquée des camions (vulnérabilité des lignes de communication oblige) – tend à devenir un secteur particulier, tant pour des PME que pour les grands industriels de défense.
Troisièmement, les systèmes téléopérés ont la cote. Il s’agit ici non seulement de mitrailleuses mais aussi de systèmes capables de dégager une plus grande puissance de feu. Le lance-grenades revient ainsi en force, ST Kinetics présentant même un modèle quadritubes, une autre firme couplant quant à elle un lance-grenades de 40 mm et un missile antichars NLAW !
Quatrièmement, le high tech tend à céder la place aux adaptations utilisant des équipements achetés sur étagères (y compris des 4x4 civils) et y combinant des systèmes achetés sur étagères, cette fois dans le domaine de la protection anti-IED ou anti-sniper, par exemple. Le low tech et les systèmes « customizés » tendent donc à prendre la place des systèmes conçus sur base de stricts et peu flexibles cahiers des charges.
Cinquièmement, le retour de l’infanterie observé dans les opérations contemporaines se traduit également par la mise en évidence des systèmes augmentant les capacités ou le confort du soldat. C’est non seulement le cas de systèmes tels que le FELIN mais aussi de systèmes de vision nocturnes, des protections balistiques.
dimanche 15 juin 2008
Je ne m'en était pas rendu compte mais...
Athéna a atteint les 501 posts et... a fêté son premier anniversaire : le premier billet a été posté le 13 juin 2007. C'est aussi l'occasion de vous remercier pour vos passages et vos commentaires. Keep going on, comme on dit ;o)
C'est aussi l'occasion pour moi de fêter la parution du DSI de juin, que j'ai récupéré seulement aujourd'hui - il y a un décalage à la diffusion vers la Belgique - soit mon 30ème DSI bouclé.
Et ce, au moment où l'équipe (qui n'est pas pour rien dans cette success story) est en train de peaufiner le numéro de juillet-août (comme tous les ans, nous faisons relâche un mois) de même que le 12ème numéro de Technologie & Armement.
Bon, bref, tout ça pour vous dire que vous êtes les bienvenus sur le stand D040b d'Eurosatory.
C'est aussi l'occasion pour moi de fêter la parution du DSI de juin, que j'ai récupéré seulement aujourd'hui - il y a un décalage à la diffusion vers la Belgique - soit mon 30ème DSI bouclé.
Et ce, au moment où l'équipe (qui n'est pas pour rien dans cette success story) est en train de peaufiner le numéro de juillet-août (comme tous les ans, nous faisons relâche un mois) de même que le 12ème numéro de Technologie & Armement.
Bon, bref, tout ça pour vous dire que vous êtes les bienvenus sur le stand D040b d'Eurosatory.
A bien y réfléchir...
Revenons quelques instants sur les propositions de Sarkozy dont rendaient compte le Spiegel mais aussi sur le contexte du LBDSN, le non irlandais et tous les choix y afférent. Le contexte, d'abord : à 1,69% dédié à la défense nous ne pouvons plus nous offrir la sécurité de nos rêves. Le jeu de mot est volontaire : le concept de "sécurité nationale" - ses connotations et ses non-dits, vu que son pérmètre n'est guère précisé - diffère très largement de l'américain, essentiellement militaire. Certes, l'insularité américaine y est pour quelque chose (et la France est peut-être en train de délaisser son identité maritime) mais regardons les choses en face.
On va sans doute nous indiquer qu'entre Gendarmerie, services de pompiers, police et armées, nous sommes à plus de 3% du PIB et qu'au final "nous nous préoccupons de la sécurité des citoyens" - mission régalienne entre toute, structurante même de l'idée d'Etat-nation et du contrat social le fondant. D'un autre côté, police et Gendarmerie sont non seulement intimement liées mais sont également des forces finalement extrêmement spécialisées. Envisage-t-on de les déployer massivement en OPEX ? Non, évidemment. Elles sont naturellement le fruit de conceptions de sécurité intérieure adaptées à un contexte particulier. C’est trivial mais il convient de le rappeler… parce que le système de production politique français tend à l’oublier.
Or, la « menace » (identifiables) et les « risques » (diffus) ne réfèrent plus à des « contextes particuliers », des portions spécifiquement établies du spectre des opérations sécuritaires. C’est de polyvalence dont nous avons alors besoin… au moment même où la spécialisation est en soi une vulnérabilité. La spécialisation signifie un positionnement de ses intentions à tout adversaire potentiel. Qui ne manquera certainement pas de contourner pour mieux frapper. Or, voilà : à trop se replier sur soi, l’on se replie aussi sur une vision de l’action qui est aussi spécialisée. Le grand large – celui de la mondialisation que le LBDSN entend précisément prendre en compte – est celui du non-dit, du diffus et du couple la polyvalence de l’action/adaptation.
Le soi est connu. L’Autre ne l’est pas. Et le sera de moins en moins – nonobstant toutes les fonctions « anticipations/prospective » du monde -, à suivre les évolutions d’une pensée du repli. La tension qui en résulte est alors trop forte : le risque de dissonance sécuritaire est bien réel. D’où les appels aux frères européens. Or, que sont ceux-ci ? D’une part, des puissances au mieux régionales et non globales (à l’exception d’une Grande-Bretagne dont les très peu concrètes affinités européennes la disqualifient du schéma initié). D’autre part, des puissances qui comptent précisément sur une puissance globale telle que la France pour se projeter dans le global.
C’est là que l’idée d’une coopération européenne dans le domaine naval est pervertie : on ne peut la penser que lorsqu’elle est le résultat d’une maturation stratégique impliquant un couplage stratégie des moyens/stratégie opérationnelle fort. Deux choses desquelles la France s’éloigne. Autrement dit, elle n’est plus l’exemple, le « sherpa stratégique » de l’Europe. Pour caricaturer grossièrement, elle vient mendier sa sécurité extérieure au motif de son repli sur l’intérieur. A ce jeu, on comprendra d’autant mieux les refus européens. C’est tellement évident (quoique…) mais l’on ne peut penser et bâtir la puissance que lorsque l’on est soi-même dans une prédisposition de recherche de la puissance.
C’est là qu’intervient le « non » irlandais. Un non idiot et imbécile en ce qu’il est plus souvent le reflet de mensonges (la perte de neutralité de l’Irlande qui entrerait dans une vision du monde militariste ; des manipulations grossières de chiffres, j’en passe et des meilleures) que d’une réalité objective. La faute en incombe autant aux Irlandais qu’à l’Union, incapable de procéder au moindre exercice de clarification d’un texte passablement indigeste. La faute nous en incombe aussi. Ainsi je voyais cette brave dame indiquer sur un plateau de France 2 – sans qu’un journaliste ne soit capable de la contredire – que Lisbonne était identique à la Constitution… elle-même avouant ne pas l’avoir lu !
Nous perdons peu à peu le contact avec l’Europe comme nous perdons peu à peu le contact avec les réalités stratégiques – et je suis profondément persuadé que les deux sont liés -, aboutissant à trouver en la « sécurité nationale » des conceptions nombrilistes qui ne sont finalement que le reflet, à plus grande échelle évidemment, des peurs irlandaises. En sortir implique sans doute deux choses. Premièrement, en revenir au global : si l’Europe fait peur, c’est aussi parce qu’elle, aussi bien que ses membres ne font plus rêver. Afin d’y arriver, il faut éviter de demander aux autres d’assurer notre sécurité sous prétexte d’assurer la sécurité commune. Apprenons à être cohérents : on ne peut prétendre être un maillon fort de l’Europe en indiquant, au moment d’assumer en achetant des matériels et en réformant les armées, que tous les « grands », finalement, son aussi des « petits ».
D’autre part, nous devrions abandonner définitivement ces pratiques de « grands bons en avant », qu’il s’agisse d’élargissements massifs – la pire catastrophe qui soit arrivée à l’Union… mais auquel tous les Etats ont donné leur assentiment – ou de traités qui ne le sont pas moins. L’ensemble horrifie par sa complexité aussi bien interne que par ses implications. Procédons par de petits pas : c’est au demeurant ce qui a été fait pour l’AED, prévue dans la Constitution, par exemple. La simplicité rassure. Mais, plus identifiable, elle est aussi un facteur structurant des identités trop vite apeurées par masse de mesures a priori éloignées des préoccupations de chacun.
On va sans doute nous indiquer qu'entre Gendarmerie, services de pompiers, police et armées, nous sommes à plus de 3% du PIB et qu'au final "nous nous préoccupons de la sécurité des citoyens" - mission régalienne entre toute, structurante même de l'idée d'Etat-nation et du contrat social le fondant. D'un autre côté, police et Gendarmerie sont non seulement intimement liées mais sont également des forces finalement extrêmement spécialisées. Envisage-t-on de les déployer massivement en OPEX ? Non, évidemment. Elles sont naturellement le fruit de conceptions de sécurité intérieure adaptées à un contexte particulier. C’est trivial mais il convient de le rappeler… parce que le système de production politique français tend à l’oublier.
Or, la « menace » (identifiables) et les « risques » (diffus) ne réfèrent plus à des « contextes particuliers », des portions spécifiquement établies du spectre des opérations sécuritaires. C’est de polyvalence dont nous avons alors besoin… au moment même où la spécialisation est en soi une vulnérabilité. La spécialisation signifie un positionnement de ses intentions à tout adversaire potentiel. Qui ne manquera certainement pas de contourner pour mieux frapper. Or, voilà : à trop se replier sur soi, l’on se replie aussi sur une vision de l’action qui est aussi spécialisée. Le grand large – celui de la mondialisation que le LBDSN entend précisément prendre en compte – est celui du non-dit, du diffus et du couple la polyvalence de l’action/adaptation.
Le soi est connu. L’Autre ne l’est pas. Et le sera de moins en moins – nonobstant toutes les fonctions « anticipations/prospective » du monde -, à suivre les évolutions d’une pensée du repli. La tension qui en résulte est alors trop forte : le risque de dissonance sécuritaire est bien réel. D’où les appels aux frères européens. Or, que sont ceux-ci ? D’une part, des puissances au mieux régionales et non globales (à l’exception d’une Grande-Bretagne dont les très peu concrètes affinités européennes la disqualifient du schéma initié). D’autre part, des puissances qui comptent précisément sur une puissance globale telle que la France pour se projeter dans le global.
C’est là que l’idée d’une coopération européenne dans le domaine naval est pervertie : on ne peut la penser que lorsqu’elle est le résultat d’une maturation stratégique impliquant un couplage stratégie des moyens/stratégie opérationnelle fort. Deux choses desquelles la France s’éloigne. Autrement dit, elle n’est plus l’exemple, le « sherpa stratégique » de l’Europe. Pour caricaturer grossièrement, elle vient mendier sa sécurité extérieure au motif de son repli sur l’intérieur. A ce jeu, on comprendra d’autant mieux les refus européens. C’est tellement évident (quoique…) mais l’on ne peut penser et bâtir la puissance que lorsque l’on est soi-même dans une prédisposition de recherche de la puissance.
C’est là qu’intervient le « non » irlandais. Un non idiot et imbécile en ce qu’il est plus souvent le reflet de mensonges (la perte de neutralité de l’Irlande qui entrerait dans une vision du monde militariste ; des manipulations grossières de chiffres, j’en passe et des meilleures) que d’une réalité objective. La faute en incombe autant aux Irlandais qu’à l’Union, incapable de procéder au moindre exercice de clarification d’un texte passablement indigeste. La faute nous en incombe aussi. Ainsi je voyais cette brave dame indiquer sur un plateau de France 2 – sans qu’un journaliste ne soit capable de la contredire – que Lisbonne était identique à la Constitution… elle-même avouant ne pas l’avoir lu !
Nous perdons peu à peu le contact avec l’Europe comme nous perdons peu à peu le contact avec les réalités stratégiques – et je suis profondément persuadé que les deux sont liés -, aboutissant à trouver en la « sécurité nationale » des conceptions nombrilistes qui ne sont finalement que le reflet, à plus grande échelle évidemment, des peurs irlandaises. En sortir implique sans doute deux choses. Premièrement, en revenir au global : si l’Europe fait peur, c’est aussi parce qu’elle, aussi bien que ses membres ne font plus rêver. Afin d’y arriver, il faut éviter de demander aux autres d’assurer notre sécurité sous prétexte d’assurer la sécurité commune. Apprenons à être cohérents : on ne peut prétendre être un maillon fort de l’Europe en indiquant, au moment d’assumer en achetant des matériels et en réformant les armées, que tous les « grands », finalement, son aussi des « petits ».
D’autre part, nous devrions abandonner définitivement ces pratiques de « grands bons en avant », qu’il s’agisse d’élargissements massifs – la pire catastrophe qui soit arrivée à l’Union… mais auquel tous les Etats ont donné leur assentiment – ou de traités qui ne le sont pas moins. L’ensemble horrifie par sa complexité aussi bien interne que par ses implications. Procédons par de petits pas : c’est au demeurant ce qui a été fait pour l’AED, prévue dans la Constitution, par exemple. La simplicité rassure. Mais, plus identifiable, elle est aussi un facteur structurant des identités trop vite apeurées par masse de mesures a priori éloignées des préoccupations de chacun.
samedi 14 juin 2008
Sarkozy à Merkel : si on faisait une force navale européenne ? Au fait, vous ne voudriez pas quelques armes nucléaires ?
C'est le quotidien allemand Der Spiegel - plutôt sérieux - qui le révèle, une réunion entre N. Sarkozy et A. Merkel à Straubing (Bavière) aurait vu une proposition de création de force navale européenne. Ladite proposition serait partie intégrante du paquet de mesures qu'entend promouvoir la prochaine présidence française de l'UE.
L'Allemagne contribuerait ainsi avec des frégates et des navires logistiques à la protection d'un groupe aéronaval doté d'un PA... britannique, l'ensemble naviguant sous pavillon européen. Même moi, je n'avais pas été aussi loin dans les scénarios notamment esquissés dans le T&A d'août-septembre 2007. Notez également un autre article du Spiegel selon lequel la France aurait proposé... rien moins que des armes nucléaires à l'Allemagne.
Bon, la soirée d'hier a été agitée mais je vous assure avoir bien lu l'article (aui, au demeurant, se montrait assez radical sur les évolutions touchant les forces) !
L'Allemagne contribuerait ainsi avec des frégates et des navires logistiques à la protection d'un groupe aéronaval doté d'un PA... britannique, l'ensemble naviguant sous pavillon européen. Même moi, je n'avais pas été aussi loin dans les scénarios notamment esquissés dans le T&A d'août-septembre 2007. Notez également un autre article du Spiegel selon lequel la France aurait proposé... rien moins que des armes nucléaires à l'Allemagne.
Bon, la soirée d'hier a été agitée mais je vous assure avoir bien lu l'article (aui, au demeurant, se montrait assez radical sur les évolutions touchant les forces) !
vendredi 13 juin 2008
Alors, vous vouliez des chars ? Disons 50 ?
Les 18 AIV DF 90mm ont finalement coûté, d'après Belga, 70 millions d'euros. Les engins seront revendus d'occasion. 70 millions... Soit 50 Leo 2 et un bon paquet d'années de maintenance et de pièces détachées... Il est bien évidemment peu probable que nous récupérions ce montant.
38 véhicules auraient donc coûté environ 148 millions d'euros. Lorsque je regarde ces chiffres (et au-delà de la problématique de l'adaptation des véhicules), je me dis que nous avons un sérieux problème dans notre façon d'appréhender les questions de défense.
En 2005, lorsque l'option avait été mise sur la table, peu nombreux avaient été ceux qui ont osé remettre en question la pertinence du choix effectué. Les militaires sont astreints au devoir de réserve (ils n'en pensaient pas moins et heureusement), une bonne partie des médias se sont tenus à carreau, quelques rares politiques ont bougé (et ils ont souffert - certains ont même risqué leur carrière pour celà) et 2-3 experts avaient risqué tout aussi gros. Ils avaient été presque insultés par l'ancien ministre en Commission de la défense ("je n'en ai rien à faire, des prétendus experts !").
Sans aucune possibilité de se défendre. Ils ont tous gagné, aujourd'hui. Il n'est nul secret que le temps ne dévoile, dit l'adage. Scientia vincere tenebras.
38 véhicules auraient donc coûté environ 148 millions d'euros. Lorsque je regarde ces chiffres (et au-delà de la problématique de l'adaptation des véhicules), je me dis que nous avons un sérieux problème dans notre façon d'appréhender les questions de défense.
En 2005, lorsque l'option avait été mise sur la table, peu nombreux avaient été ceux qui ont osé remettre en question la pertinence du choix effectué. Les militaires sont astreints au devoir de réserve (ils n'en pensaient pas moins et heureusement), une bonne partie des médias se sont tenus à carreau, quelques rares politiques ont bougé (et ils ont souffert - certains ont même risqué leur carrière pour celà) et 2-3 experts avaient risqué tout aussi gros. Ils avaient été presque insultés par l'ancien ministre en Commission de la défense ("je n'en ai rien à faire, des prétendus experts !").
Sans aucune possibilité de se défendre. Ils ont tous gagné, aujourd'hui. Il n'est nul secret que le temps ne dévoile, dit l'adage. Scientia vincere tenebras.
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DSI Hors-série : le sommaire

DSI Hors-Série n°3 – spécial Eurosatory
Editorial
L’armée de Terre à la croisée des chemins
Par Hervé Morin
Cartographie : crise et conflits dans le monde contemporain ; théâtres d’intervention sous mandats divers ; opérations extérieures de la France
Doctrines et équipements : quelle cohérence ?
Par le LCL Claude Franc
Encadré : l’école française de la contre-insurrection
L’innovation, label de qualité de l’industrie française de défense
Par Laetitia Blandin et Arnaud Reichart
Encadré : PVP, la P4 du futur
Evolution des équipements et engagements en cours
Par le Col. Luc de Revel
Scorpion : vers de nouvelles capacités de combat de contact
Par le Gen. André Helly
De BOA à Scorpion : vers une continuité du PEA à l’opération d’ensemble
Par Willy Lamal, Jean- Paul de Nicola, Nicolas Perche, Marie-Isabelle Urios et Anne Doutriaux
Focus : l’agilité des GTIA Scorpion
Scorpion : la supériorité par l’agilité
Par le Col. Patrick Destremau
Encadré : l’opération d’ensemble Scorpion
Le fantassin revient en première ligne
Par le Gen. (2S) Jean Rannou
FELIN : la rupture technologique
Par Emmanuel Remy
La nuémrisation du champ de bataille
Par le Gen. (2S) Jean-Paul Perruche
Encadré : le DRAC
Les avancées mondiales dans le domaine de la numérisation des forces terrestres
Par Bertrand Slaski
L’armée de Terre au cœur des enjeux sur la convergence des systèmes d’information opérationnels
Par Cécile Roussel
Encadré : les SIO
La coordination des opérations aéroterrestres
Par Olivier Zajec
Encadré : Saturn
Encadré : Scarabée
Encadré : les chars au Liban : un échec ?
Combat héliporté : contact et manœuvre
Par Etienne Daum
Focus : deux paradigmes du combat héliporté ?
Techno-guérilla et révolution dans les affaires militaires
Par Joseph Henrotin
Encadré : l’UH-60, bête de somme des machines de manœuvre américaines
Encadré : Brossollet et la stratégie alternative
L’optimisation masse/protection/puissance de feu/soutien des véhicules blindés moyens
Par Gérard Calenge
Focus : les chars lourds
Les mutations de l’artillerie : un rééquilibrage entre puissance et souplesse
Par le Gen. Thierry Ollivier
Encadré : CAESAR
Combat urbain et complexité des conflits contemporains
Par Joseph Henrotin
L’armée de Terre à la croisée des chemins
Par Hervé Morin
Cartographie : crise et conflits dans le monde contemporain ; théâtres d’intervention sous mandats divers ; opérations extérieures de la France
Doctrines et équipements : quelle cohérence ?
Par le LCL Claude Franc
Encadré : l’école française de la contre-insurrection
L’innovation, label de qualité de l’industrie française de défense
Par Laetitia Blandin et Arnaud Reichart
Encadré : PVP, la P4 du futur
Evolution des équipements et engagements en cours
Par le Col. Luc de Revel
Scorpion : vers de nouvelles capacités de combat de contact
Par le Gen. André Helly
De BOA à Scorpion : vers une continuité du PEA à l’opération d’ensemble
Par Willy Lamal, Jean- Paul de Nicola, Nicolas Perche, Marie-Isabelle Urios et Anne Doutriaux
Focus : l’agilité des GTIA Scorpion
Scorpion : la supériorité par l’agilité
Par le Col. Patrick Destremau
Encadré : l’opération d’ensemble Scorpion
Le fantassin revient en première ligne
Par le Gen. (2S) Jean Rannou
FELIN : la rupture technologique
Par Emmanuel Remy
La nuémrisation du champ de bataille
Par le Gen. (2S) Jean-Paul Perruche
Encadré : le DRAC
Les avancées mondiales dans le domaine de la numérisation des forces terrestres
Par Bertrand Slaski
L’armée de Terre au cœur des enjeux sur la convergence des systèmes d’information opérationnels
Par Cécile Roussel
Encadré : les SIO
La coordination des opérations aéroterrestres
Par Olivier Zajec
Encadré : Saturn
Encadré : Scarabée
Encadré : les chars au Liban : un échec ?
Combat héliporté : contact et manœuvre
Par Etienne Daum
Focus : deux paradigmes du combat héliporté ?
Techno-guérilla et révolution dans les affaires militaires
Par Joseph Henrotin
Encadré : l’UH-60, bête de somme des machines de manœuvre américaines
Encadré : Brossollet et la stratégie alternative
L’optimisation masse/protection/puissance de feu/soutien des véhicules blindés moyens
Par Gérard Calenge
Focus : les chars lourds
Les mutations de l’artillerie : un rééquilibrage entre puissance et souplesse
Par le Gen. Thierry Ollivier
Encadré : CAESAR
Combat urbain et complexité des conflits contemporains
Par Joseph Henrotin
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jeudi 12 juin 2008
Hoooaahhh...
Et voilà, une journée qui se termine et qui aura été solidement remplie. En plus de terminer les éditions de juillet-août de DSI et T&A (si, si, déjà), j'ai eu l'occasion de revenir hier sur la thématique de la résilience au Parlement Européen puis, aujourd'hui, de conduire une interview très intéressante avec Ephraïm Lapid, général à la retraite de Tsahal, ancien des renseignements, ancien-porte-parole de l'IDF et l'un de leurs meilleurs "nez creux" en matière de politique moyen-orientale. A lire prochaînement dans nos pages.
Ajoutons-y quelques interviews. il y a quelques jours à la Tribune de Genève notamment sur la problématique d'un raid israélien en Iran (bon sang, porquoi n'y a-t-il jamais assez de place pour dire ce qu'il y a à dire, en particulier sur la sociologie politique israélienne) et, aujourd'hui à 1730 dans les locaux de France-Info, ici à Bruxelles.
Là, on sent réellement approcher Eurosatory. Le but du jeu était de voir quelles étaient les opportunités françaises à l'export. A entendre dans le courant de la journée de lundi, je pense. Concernant le salon, il devrait révéler le LBDSN, évidemment. On y sera et on vous tiendra informé, y compris via ce blog, je tâcherai de passer en salle de presse quelques fois par jour. N'hésitez surtout pas à passer par notre stand, on a des surprises pour vous.
En attendant, il semble que la presse généraliste soit peu à peu informée des mesures prises dans ledit Livre, en prévision de sa publication. Les échos que j'en retire semblent montrer un maquillage stratégique d'options d'abord et avant tout budgétaires, avec un appui assez lourd sur la notion de "sécurité nationale" (entendez, intérieure) - JP Maulny, de l'IFRI, avait d'ailleurs publié récemment une op-ed sur le suejte soulignant le caractère fourre-tout du concept. Bien écrit et très juste. Pas de briefing, apparement, pour la presse spécialisée, qui ne semble pas avoir été conviée.
C'est un choix...
Ajoutons-y quelques interviews. il y a quelques jours à la Tribune de Genève notamment sur la problématique d'un raid israélien en Iran (bon sang, porquoi n'y a-t-il jamais assez de place pour dire ce qu'il y a à dire, en particulier sur la sociologie politique israélienne) et, aujourd'hui à 1730 dans les locaux de France-Info, ici à Bruxelles.
Là, on sent réellement approcher Eurosatory. Le but du jeu était de voir quelles étaient les opportunités françaises à l'export. A entendre dans le courant de la journée de lundi, je pense. Concernant le salon, il devrait révéler le LBDSN, évidemment. On y sera et on vous tiendra informé, y compris via ce blog, je tâcherai de passer en salle de presse quelques fois par jour. N'hésitez surtout pas à passer par notre stand, on a des surprises pour vous.
En attendant, il semble que la presse généraliste soit peu à peu informée des mesures prises dans ledit Livre, en prévision de sa publication. Les échos que j'en retire semblent montrer un maquillage stratégique d'options d'abord et avant tout budgétaires, avec un appui assez lourd sur la notion de "sécurité nationale" (entendez, intérieure) - JP Maulny, de l'IFRI, avait d'ailleurs publié récemment une op-ed sur le suejte soulignant le caractère fourre-tout du concept. Bien écrit et très juste. Pas de briefing, apparement, pour la presse spécialisée, qui ne semble pas avoir été conviée.
C'est un choix...
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mardi 10 juin 2008
La cavalerie contre-attaque : Denis Ducarme en appelle à un retour au char
Dans la foulée des événements d'hier et de l'annulation des tranches optionnelles du contrat AIV DF90, le vice-président de la Commission de la défense en appelle dans un communiqué de presse au ministre pour que soient examinées les possibilités existantes (et elles sont nombreuses) d'acquisition de chars d'occasion.
En fait, un AIV DF90 coûterait entre 3,93 et 4,675 millions d'euros/pièce. L'annulation de 30 véhicules, même compte tenu des compensations aux industriels, laisse une marge de manoeuvre significative à la Défense.
Pour rappel, le maximum payé par un acquéreur de Leopard II d'occasion est d'un million d'euros.
En fait, un AIV DF90 coûterait entre 3,93 et 4,675 millions d'euros/pièce. L'annulation de 30 véhicules, même compte tenu des compensations aux industriels, laisse une marge de manoeuvre significative à la Défense.
Pour rappel, le maximum payé par un acquéreur de Leopard II d'occasion est d'un million d'euros.
Chers 90 mm : bye-bye tranches conditionnelles
Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, a décidé de limiter à 18 exemplaires l'achat des AIV Piranha IIIC Direct Fire de 90 mm - un achat controversé datant de 2006 - et de renoncer aux 22 autres engins de ce type prévus.
De Crem avait annoncé le 22 janvier dernier son intention de revoir le contrat d'achat de 40 AIV (18 ferme et 22 en option) équipés d'un canon de ce calibre, le jugeant insuffisant pour assurer la sécurité du personnel et incompatible avec ceux en service dans les armées des pays alliés.
Il vient de communiquer sa décision définitive à la hiérachie militaire, lui demandant aussi d'étudier dans quels scénarios ces AIV dotés d'un canon de 90 mm peuvent être engagés. A priori, une solution semblable devrait être dégagée pour les PIIIC de transport de troupes.
On ne peut évidemment qu'applaudir cette décision, fruit d'une longue controverse, permettant de rectifier un des biais transformationnels que nos forces avaient eu à encaisser et qui, au surplus, se montrait bien plus coûteux que d'autres options plus efficientes. François Duran en appelait récemment à cesser de pleurer et à reconstruire. Il nous faudra faire la même chose en Belgique.
De Crem avait annoncé le 22 janvier dernier son intention de revoir le contrat d'achat de 40 AIV (18 ferme et 22 en option) équipés d'un canon de ce calibre, le jugeant insuffisant pour assurer la sécurité du personnel et incompatible avec ceux en service dans les armées des pays alliés.
Il vient de communiquer sa décision définitive à la hiérachie militaire, lui demandant aussi d'étudier dans quels scénarios ces AIV dotés d'un canon de 90 mm peuvent être engagés. A priori, une solution semblable devrait être dégagée pour les PIIIC de transport de troupes.
On ne peut évidemment qu'applaudir cette décision, fruit d'une longue controverse, permettant de rectifier un des biais transformationnels que nos forces avaient eu à encaisser et qui, au surplus, se montrait bien plus coûteux que d'autres options plus efficientes. François Duran en appelait récemment à cesser de pleurer et à reconstruire. Il nous faudra faire la même chose en Belgique.
lundi 9 juin 2008
Money, money, money
Les dépenses militaires mondiales se sont accrues de 6% en 2007 et ont bondi de 45% en dix ans, selon le rapport annuel du SIPRI, publié ce matin. L'an passé, les dépenses ont atteint 1 339 milliards de dollars (851 milliards d'euros) tirées à 45% par les Etats-Unis.
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Preview
En exclusivité, la couverture du prochain Hors-Série de DSI, dans les kiosques et chez votre marchand de journaux d'ici une petite semaine, pour l'ouverture d'Eurosatory.
Addendum : je me rend compte à la lecture de plusieurs commentaires que j'avais oublié de donner le prix (10,95 Eur) et le format (comme les autres DSI HS : A4 carré-collé, 100 pages). La boutique web ne peut pas être mise à jour pour l'instant mais on travaille à la remettre à flot. En attendant, si vous ne pouvez pas le prendre via kiosque, vous pouvez envoyer un courriel à commande(arobase)areion.fr et envoyer un chèque.
Addendum : je me rend compte à la lecture de plusieurs commentaires que j'avais oublié de donner le prix (10,95 Eur) et le format (comme les autres DSI HS : A4 carré-collé, 100 pages). La boutique web ne peut pas être mise à jour pour l'instant mais on travaille à la remettre à flot. En attendant, si vous ne pouvez pas le prendre via kiosque, vous pouvez envoyer un courriel à commande(arobase)areion.fr et envoyer un chèque.
dimanche 8 juin 2008
Tant qu'à faire dans les classiques...
Lorsque vous êtes coincé sur un article, que quelque chose vous semble illogique et menace la cohérence de votre texte... que faire ?
Une tâche répétitive qui va vous concentrer quelques instants sur autre chose. En l'occurrence, je me suis rendu compte que j'avais encore dans les textes à mettre en ligne pour le compte de l'ISC l'excellent Essai de stratégie navale d'Herbert Rosinski. A lire sans modération aucune.
Une tâche répétitive qui va vous concentrer quelques instants sur autre chose. En l'occurrence, je me suis rendu compte que j'avais encore dans les textes à mettre en ligne pour le compte de l'ISC l'excellent Essai de stratégie navale d'Herbert Rosinski. A lire sans modération aucune.
Retour aux classiques
Deux nouveaux ouvrages ont été mis en ligne sur stratisc.org. Le premier est celui du Chevalier de La Coix, le Traité de la petite guerre pour les compagnies franches. Le second est plus connu : il s'agit d'une édition des Mémoires ou principes de l'art de la guerre en général de Monteccucoli.
Des mises à jour qui attendaient depuis 2007 ont pu être mises en ligne. C'est le cas, au premier chef, de la table des matières du n°88 de Stratégique et de celles des ouvrages de J-P. Baulon (sur les défenses ABM), S. Gadal (sur W. Sherman), G-J. Chaduc et F. Lagrande (Austerlitz), H. Robert, J. Béranger (le siège de Vienne) et B. Colson et H. Coutau-Bégarie (Armées et marine au temps d'Austerlitz et de Trafalgar).
Comme on le dit dans ces cas là, stay tuned, more to come. Bonne lecture !
Des mises à jour qui attendaient depuis 2007 ont pu être mises en ligne. C'est le cas, au premier chef, de la table des matières du n°88 de Stratégique et de celles des ouvrages de J-P. Baulon (sur les défenses ABM), S. Gadal (sur W. Sherman), G-J. Chaduc et F. Lagrande (Austerlitz), H. Robert, J. Béranger (le siège de Vienne) et B. Colson et H. Coutau-Bégarie (Armées et marine au temps d'Austerlitz et de Trafalgar).
Comme on le dit dans ces cas là, stay tuned, more to come. Bonne lecture !
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