Revenons quelques instants sur les propositions de Sarkozy dont rendaient compte le Spiegel mais aussi sur le contexte du LBDSN, le non irlandais et tous les choix y afférent. Le contexte, d'abord : à 1,69% dédié à la défense nous ne pouvons plus nous offrir la sécurité de nos rêves. Le jeu de mot est volontaire : le concept de "sécurité nationale" - ses connotations et ses non-dits, vu que son pérmètre n'est guère précisé - diffère très largement de l'américain, essentiellement militaire. Certes, l'insularité américaine y est pour quelque chose (et la France est peut-être en train de délaisser son identité maritime) mais regardons les choses en face.
On va sans doute nous indiquer qu'entre Gendarmerie, services de pompiers, police et armées, nous sommes à plus de 3% du PIB et qu'au final "nous nous préoccupons de la sécurité des citoyens" - mission régalienne entre toute, structurante même de l'idée d'Etat-nation et du contrat social le fondant. D'un autre côté, police et Gendarmerie sont non seulement intimement liées mais sont également des forces finalement extrêmement spécialisées. Envisage-t-on de les déployer massivement en OPEX ? Non, évidemment. Elles sont naturellement le fruit de conceptions de sécurité intérieure adaptées à un contexte particulier. C’est trivial mais il convient de le rappeler… parce que le système de production politique français tend à l’oublier.
Or, la « menace » (identifiables) et les « risques » (diffus) ne réfèrent plus à des « contextes particuliers », des portions spécifiquement établies du spectre des opérations sécuritaires. C’est de polyvalence dont nous avons alors besoin… au moment même où la spécialisation est en soi une vulnérabilité. La spécialisation signifie un positionnement de ses intentions à tout adversaire potentiel. Qui ne manquera certainement pas de contourner pour mieux frapper. Or, voilà : à trop se replier sur soi, l’on se replie aussi sur une vision de l’action qui est aussi spécialisée. Le grand large – celui de la mondialisation que le LBDSN entend précisément prendre en compte – est celui du non-dit, du diffus et du couple la polyvalence de l’action/adaptation.
Le soi est connu. L’Autre ne l’est pas. Et le sera de moins en moins – nonobstant toutes les fonctions « anticipations/prospective » du monde -, à suivre les évolutions d’une pensée du repli. La tension qui en résulte est alors trop forte : le risque de dissonance sécuritaire est bien réel. D’où les appels aux frères européens. Or, que sont ceux-ci ? D’une part, des puissances au mieux régionales et non globales (à l’exception d’une Grande-Bretagne dont les très peu concrètes affinités européennes la disqualifient du schéma initié). D’autre part, des puissances qui comptent précisément sur une puissance globale telle que la France pour se projeter dans le global.
C’est là que l’idée d’une coopération européenne dans le domaine naval est pervertie : on ne peut la penser que lorsqu’elle est le résultat d’une maturation stratégique impliquant un couplage stratégie des moyens/stratégie opérationnelle fort. Deux choses desquelles la France s’éloigne. Autrement dit, elle n’est plus l’exemple, le « sherpa stratégique » de l’Europe. Pour caricaturer grossièrement, elle vient mendier sa sécurité extérieure au motif de son repli sur l’intérieur. A ce jeu, on comprendra d’autant mieux les refus européens. C’est tellement évident (quoique…) mais l’on ne peut penser et bâtir la puissance que lorsque l’on est soi-même dans une prédisposition de recherche de la puissance.
C’est là qu’intervient le « non » irlandais. Un non idiot et imbécile en ce qu’il est plus souvent le reflet de mensonges (la perte de neutralité de l’Irlande qui entrerait dans une vision du monde militariste ; des manipulations grossières de chiffres, j’en passe et des meilleures) que d’une réalité objective. La faute en incombe autant aux Irlandais qu’à l’Union, incapable de procéder au moindre exercice de clarification d’un texte passablement indigeste. La faute nous en incombe aussi. Ainsi je voyais cette brave dame indiquer sur un plateau de France 2 – sans qu’un journaliste ne soit capable de la contredire – que Lisbonne était identique à la Constitution… elle-même avouant ne pas l’avoir lu !
Nous perdons peu à peu le contact avec l’Europe comme nous perdons peu à peu le contact avec les réalités stratégiques – et je suis profondément persuadé que les deux sont liés -, aboutissant à trouver en la « sécurité nationale » des conceptions nombrilistes qui ne sont finalement que le reflet, à plus grande échelle évidemment, des peurs irlandaises. En sortir implique sans doute deux choses. Premièrement, en revenir au global : si l’Europe fait peur, c’est aussi parce qu’elle, aussi bien que ses membres ne font plus rêver. Afin d’y arriver, il faut éviter de demander aux autres d’assurer notre sécurité sous prétexte d’assurer la sécurité commune. Apprenons à être cohérents : on ne peut prétendre être un maillon fort de l’Europe en indiquant, au moment d’assumer en achetant des matériels et en réformant les armées, que tous les « grands », finalement, son aussi des « petits ».
D’autre part, nous devrions abandonner définitivement ces pratiques de « grands bons en avant », qu’il s’agisse d’élargissements massifs – la pire catastrophe qui soit arrivée à l’Union… mais auquel tous les Etats ont donné leur assentiment – ou de traités qui ne le sont pas moins. L’ensemble horrifie par sa complexité aussi bien interne que par ses implications. Procédons par de petits pas : c’est au demeurant ce qui a été fait pour l’AED, prévue dans la Constitution, par exemple. La simplicité rassure. Mais, plus identifiable, elle est aussi un facteur structurant des identités trop vite apeurées par masse de mesures a priori éloignées des préoccupations de chacun.
dimanche 15 juin 2008
samedi 14 juin 2008
Sarkozy à Merkel : si on faisait une force navale européenne ? Au fait, vous ne voudriez pas quelques armes nucléaires ?
C'est le quotidien allemand Der Spiegel - plutôt sérieux - qui le révèle, une réunion entre N. Sarkozy et A. Merkel à Straubing (Bavière) aurait vu une proposition de création de force navale européenne. Ladite proposition serait partie intégrante du paquet de mesures qu'entend promouvoir la prochaine présidence française de l'UE.
L'Allemagne contribuerait ainsi avec des frégates et des navires logistiques à la protection d'un groupe aéronaval doté d'un PA... britannique, l'ensemble naviguant sous pavillon européen. Même moi, je n'avais pas été aussi loin dans les scénarios notamment esquissés dans le T&A d'août-septembre 2007. Notez également un autre article du Spiegel selon lequel la France aurait proposé... rien moins que des armes nucléaires à l'Allemagne.
Bon, la soirée d'hier a été agitée mais je vous assure avoir bien lu l'article (aui, au demeurant, se montrait assez radical sur les évolutions touchant les forces) !
L'Allemagne contribuerait ainsi avec des frégates et des navires logistiques à la protection d'un groupe aéronaval doté d'un PA... britannique, l'ensemble naviguant sous pavillon européen. Même moi, je n'avais pas été aussi loin dans les scénarios notamment esquissés dans le T&A d'août-septembre 2007. Notez également un autre article du Spiegel selon lequel la France aurait proposé... rien moins que des armes nucléaires à l'Allemagne.
Bon, la soirée d'hier a été agitée mais je vous assure avoir bien lu l'article (aui, au demeurant, se montrait assez radical sur les évolutions touchant les forces) !
vendredi 13 juin 2008
Alors, vous vouliez des chars ? Disons 50 ?
Les 18 AIV DF 90mm ont finalement coûté, d'après Belga, 70 millions d'euros. Les engins seront revendus d'occasion. 70 millions... Soit 50 Leo 2 et un bon paquet d'années de maintenance et de pièces détachées... Il est bien évidemment peu probable que nous récupérions ce montant.
38 véhicules auraient donc coûté environ 148 millions d'euros. Lorsque je regarde ces chiffres (et au-delà de la problématique de l'adaptation des véhicules), je me dis que nous avons un sérieux problème dans notre façon d'appréhender les questions de défense.
En 2005, lorsque l'option avait été mise sur la table, peu nombreux avaient été ceux qui ont osé remettre en question la pertinence du choix effectué. Les militaires sont astreints au devoir de réserve (ils n'en pensaient pas moins et heureusement), une bonne partie des médias se sont tenus à carreau, quelques rares politiques ont bougé (et ils ont souffert - certains ont même risqué leur carrière pour celà) et 2-3 experts avaient risqué tout aussi gros. Ils avaient été presque insultés par l'ancien ministre en Commission de la défense ("je n'en ai rien à faire, des prétendus experts !").
Sans aucune possibilité de se défendre. Ils ont tous gagné, aujourd'hui. Il n'est nul secret que le temps ne dévoile, dit l'adage. Scientia vincere tenebras.
38 véhicules auraient donc coûté environ 148 millions d'euros. Lorsque je regarde ces chiffres (et au-delà de la problématique de l'adaptation des véhicules), je me dis que nous avons un sérieux problème dans notre façon d'appréhender les questions de défense.
En 2005, lorsque l'option avait été mise sur la table, peu nombreux avaient été ceux qui ont osé remettre en question la pertinence du choix effectué. Les militaires sont astreints au devoir de réserve (ils n'en pensaient pas moins et heureusement), une bonne partie des médias se sont tenus à carreau, quelques rares politiques ont bougé (et ils ont souffert - certains ont même risqué leur carrière pour celà) et 2-3 experts avaient risqué tout aussi gros. Ils avaient été presque insultés par l'ancien ministre en Commission de la défense ("je n'en ai rien à faire, des prétendus experts !").
Sans aucune possibilité de se défendre. Ils ont tous gagné, aujourd'hui. Il n'est nul secret que le temps ne dévoile, dit l'adage. Scientia vincere tenebras.
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DSI Hors-série : le sommaire

DSI Hors-Série n°3 – spécial Eurosatory
Editorial
L’armée de Terre à la croisée des chemins
Par Hervé Morin
Cartographie : crise et conflits dans le monde contemporain ; théâtres d’intervention sous mandats divers ; opérations extérieures de la France
Doctrines et équipements : quelle cohérence ?
Par le LCL Claude Franc
Encadré : l’école française de la contre-insurrection
L’innovation, label de qualité de l’industrie française de défense
Par Laetitia Blandin et Arnaud Reichart
Encadré : PVP, la P4 du futur
Evolution des équipements et engagements en cours
Par le Col. Luc de Revel
Scorpion : vers de nouvelles capacités de combat de contact
Par le Gen. André Helly
De BOA à Scorpion : vers une continuité du PEA à l’opération d’ensemble
Par Willy Lamal, Jean- Paul de Nicola, Nicolas Perche, Marie-Isabelle Urios et Anne Doutriaux
Focus : l’agilité des GTIA Scorpion
Scorpion : la supériorité par l’agilité
Par le Col. Patrick Destremau
Encadré : l’opération d’ensemble Scorpion
Le fantassin revient en première ligne
Par le Gen. (2S) Jean Rannou
FELIN : la rupture technologique
Par Emmanuel Remy
La nuémrisation du champ de bataille
Par le Gen. (2S) Jean-Paul Perruche
Encadré : le DRAC
Les avancées mondiales dans le domaine de la numérisation des forces terrestres
Par Bertrand Slaski
L’armée de Terre au cœur des enjeux sur la convergence des systèmes d’information opérationnels
Par Cécile Roussel
Encadré : les SIO
La coordination des opérations aéroterrestres
Par Olivier Zajec
Encadré : Saturn
Encadré : Scarabée
Encadré : les chars au Liban : un échec ?
Combat héliporté : contact et manœuvre
Par Etienne Daum
Focus : deux paradigmes du combat héliporté ?
Techno-guérilla et révolution dans les affaires militaires
Par Joseph Henrotin
Encadré : l’UH-60, bête de somme des machines de manœuvre américaines
Encadré : Brossollet et la stratégie alternative
L’optimisation masse/protection/puissance de feu/soutien des véhicules blindés moyens
Par Gérard Calenge
Focus : les chars lourds
Les mutations de l’artillerie : un rééquilibrage entre puissance et souplesse
Par le Gen. Thierry Ollivier
Encadré : CAESAR
Combat urbain et complexité des conflits contemporains
Par Joseph Henrotin
L’armée de Terre à la croisée des chemins
Par Hervé Morin
Cartographie : crise et conflits dans le monde contemporain ; théâtres d’intervention sous mandats divers ; opérations extérieures de la France
Doctrines et équipements : quelle cohérence ?
Par le LCL Claude Franc
Encadré : l’école française de la contre-insurrection
L’innovation, label de qualité de l’industrie française de défense
Par Laetitia Blandin et Arnaud Reichart
Encadré : PVP, la P4 du futur
Evolution des équipements et engagements en cours
Par le Col. Luc de Revel
Scorpion : vers de nouvelles capacités de combat de contact
Par le Gen. André Helly
De BOA à Scorpion : vers une continuité du PEA à l’opération d’ensemble
Par Willy Lamal, Jean- Paul de Nicola, Nicolas Perche, Marie-Isabelle Urios et Anne Doutriaux
Focus : l’agilité des GTIA Scorpion
Scorpion : la supériorité par l’agilité
Par le Col. Patrick Destremau
Encadré : l’opération d’ensemble Scorpion
Le fantassin revient en première ligne
Par le Gen. (2S) Jean Rannou
FELIN : la rupture technologique
Par Emmanuel Remy
La nuémrisation du champ de bataille
Par le Gen. (2S) Jean-Paul Perruche
Encadré : le DRAC
Les avancées mondiales dans le domaine de la numérisation des forces terrestres
Par Bertrand Slaski
L’armée de Terre au cœur des enjeux sur la convergence des systèmes d’information opérationnels
Par Cécile Roussel
Encadré : les SIO
La coordination des opérations aéroterrestres
Par Olivier Zajec
Encadré : Saturn
Encadré : Scarabée
Encadré : les chars au Liban : un échec ?
Combat héliporté : contact et manœuvre
Par Etienne Daum
Focus : deux paradigmes du combat héliporté ?
Techno-guérilla et révolution dans les affaires militaires
Par Joseph Henrotin
Encadré : l’UH-60, bête de somme des machines de manœuvre américaines
Encadré : Brossollet et la stratégie alternative
L’optimisation masse/protection/puissance de feu/soutien des véhicules blindés moyens
Par Gérard Calenge
Focus : les chars lourds
Les mutations de l’artillerie : un rééquilibrage entre puissance et souplesse
Par le Gen. Thierry Ollivier
Encadré : CAESAR
Combat urbain et complexité des conflits contemporains
Par Joseph Henrotin
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jeudi 12 juin 2008
Hoooaahhh...
Et voilà, une journée qui se termine et qui aura été solidement remplie. En plus de terminer les éditions de juillet-août de DSI et T&A (si, si, déjà), j'ai eu l'occasion de revenir hier sur la thématique de la résilience au Parlement Européen puis, aujourd'hui, de conduire une interview très intéressante avec Ephraïm Lapid, général à la retraite de Tsahal, ancien des renseignements, ancien-porte-parole de l'IDF et l'un de leurs meilleurs "nez creux" en matière de politique moyen-orientale. A lire prochaînement dans nos pages.
Ajoutons-y quelques interviews. il y a quelques jours à la Tribune de Genève notamment sur la problématique d'un raid israélien en Iran (bon sang, porquoi n'y a-t-il jamais assez de place pour dire ce qu'il y a à dire, en particulier sur la sociologie politique israélienne) et, aujourd'hui à 1730 dans les locaux de France-Info, ici à Bruxelles.
Là, on sent réellement approcher Eurosatory. Le but du jeu était de voir quelles étaient les opportunités françaises à l'export. A entendre dans le courant de la journée de lundi, je pense. Concernant le salon, il devrait révéler le LBDSN, évidemment. On y sera et on vous tiendra informé, y compris via ce blog, je tâcherai de passer en salle de presse quelques fois par jour. N'hésitez surtout pas à passer par notre stand, on a des surprises pour vous.
En attendant, il semble que la presse généraliste soit peu à peu informée des mesures prises dans ledit Livre, en prévision de sa publication. Les échos que j'en retire semblent montrer un maquillage stratégique d'options d'abord et avant tout budgétaires, avec un appui assez lourd sur la notion de "sécurité nationale" (entendez, intérieure) - JP Maulny, de l'IFRI, avait d'ailleurs publié récemment une op-ed sur le suejte soulignant le caractère fourre-tout du concept. Bien écrit et très juste. Pas de briefing, apparement, pour la presse spécialisée, qui ne semble pas avoir été conviée.
C'est un choix...
Ajoutons-y quelques interviews. il y a quelques jours à la Tribune de Genève notamment sur la problématique d'un raid israélien en Iran (bon sang, porquoi n'y a-t-il jamais assez de place pour dire ce qu'il y a à dire, en particulier sur la sociologie politique israélienne) et, aujourd'hui à 1730 dans les locaux de France-Info, ici à Bruxelles.
Là, on sent réellement approcher Eurosatory. Le but du jeu était de voir quelles étaient les opportunités françaises à l'export. A entendre dans le courant de la journée de lundi, je pense. Concernant le salon, il devrait révéler le LBDSN, évidemment. On y sera et on vous tiendra informé, y compris via ce blog, je tâcherai de passer en salle de presse quelques fois par jour. N'hésitez surtout pas à passer par notre stand, on a des surprises pour vous.
En attendant, il semble que la presse généraliste soit peu à peu informée des mesures prises dans ledit Livre, en prévision de sa publication. Les échos que j'en retire semblent montrer un maquillage stratégique d'options d'abord et avant tout budgétaires, avec un appui assez lourd sur la notion de "sécurité nationale" (entendez, intérieure) - JP Maulny, de l'IFRI, avait d'ailleurs publié récemment une op-ed sur le suejte soulignant le caractère fourre-tout du concept. Bien écrit et très juste. Pas de briefing, apparement, pour la presse spécialisée, qui ne semble pas avoir été conviée.
C'est un choix...
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mardi 10 juin 2008
La cavalerie contre-attaque : Denis Ducarme en appelle à un retour au char
Dans la foulée des événements d'hier et de l'annulation des tranches optionnelles du contrat AIV DF90, le vice-président de la Commission de la défense en appelle dans un communiqué de presse au ministre pour que soient examinées les possibilités existantes (et elles sont nombreuses) d'acquisition de chars d'occasion.
En fait, un AIV DF90 coûterait entre 3,93 et 4,675 millions d'euros/pièce. L'annulation de 30 véhicules, même compte tenu des compensations aux industriels, laisse une marge de manoeuvre significative à la Défense.
Pour rappel, le maximum payé par un acquéreur de Leopard II d'occasion est d'un million d'euros.
En fait, un AIV DF90 coûterait entre 3,93 et 4,675 millions d'euros/pièce. L'annulation de 30 véhicules, même compte tenu des compensations aux industriels, laisse une marge de manoeuvre significative à la Défense.
Pour rappel, le maximum payé par un acquéreur de Leopard II d'occasion est d'un million d'euros.
Chers 90 mm : bye-bye tranches conditionnelles
Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, a décidé de limiter à 18 exemplaires l'achat des AIV Piranha IIIC Direct Fire de 90 mm - un achat controversé datant de 2006 - et de renoncer aux 22 autres engins de ce type prévus.
De Crem avait annoncé le 22 janvier dernier son intention de revoir le contrat d'achat de 40 AIV (18 ferme et 22 en option) équipés d'un canon de ce calibre, le jugeant insuffisant pour assurer la sécurité du personnel et incompatible avec ceux en service dans les armées des pays alliés.
Il vient de communiquer sa décision définitive à la hiérachie militaire, lui demandant aussi d'étudier dans quels scénarios ces AIV dotés d'un canon de 90 mm peuvent être engagés. A priori, une solution semblable devrait être dégagée pour les PIIIC de transport de troupes.
On ne peut évidemment qu'applaudir cette décision, fruit d'une longue controverse, permettant de rectifier un des biais transformationnels que nos forces avaient eu à encaisser et qui, au surplus, se montrait bien plus coûteux que d'autres options plus efficientes. François Duran en appelait récemment à cesser de pleurer et à reconstruire. Il nous faudra faire la même chose en Belgique.
De Crem avait annoncé le 22 janvier dernier son intention de revoir le contrat d'achat de 40 AIV (18 ferme et 22 en option) équipés d'un canon de ce calibre, le jugeant insuffisant pour assurer la sécurité du personnel et incompatible avec ceux en service dans les armées des pays alliés.
Il vient de communiquer sa décision définitive à la hiérachie militaire, lui demandant aussi d'étudier dans quels scénarios ces AIV dotés d'un canon de 90 mm peuvent être engagés. A priori, une solution semblable devrait être dégagée pour les PIIIC de transport de troupes.
On ne peut évidemment qu'applaudir cette décision, fruit d'une longue controverse, permettant de rectifier un des biais transformationnels que nos forces avaient eu à encaisser et qui, au surplus, se montrait bien plus coûteux que d'autres options plus efficientes. François Duran en appelait récemment à cesser de pleurer et à reconstruire. Il nous faudra faire la même chose en Belgique.
lundi 9 juin 2008
Money, money, money
Les dépenses militaires mondiales se sont accrues de 6% en 2007 et ont bondi de 45% en dix ans, selon le rapport annuel du SIPRI, publié ce matin. L'an passé, les dépenses ont atteint 1 339 milliards de dollars (851 milliards d'euros) tirées à 45% par les Etats-Unis.
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Preview
En exclusivité, la couverture du prochain Hors-Série de DSI, dans les kiosques et chez votre marchand de journaux d'ici une petite semaine, pour l'ouverture d'Eurosatory.
Addendum : je me rend compte à la lecture de plusieurs commentaires que j'avais oublié de donner le prix (10,95 Eur) et le format (comme les autres DSI HS : A4 carré-collé, 100 pages). La boutique web ne peut pas être mise à jour pour l'instant mais on travaille à la remettre à flot. En attendant, si vous ne pouvez pas le prendre via kiosque, vous pouvez envoyer un courriel à commande(arobase)areion.fr et envoyer un chèque.
Addendum : je me rend compte à la lecture de plusieurs commentaires que j'avais oublié de donner le prix (10,95 Eur) et le format (comme les autres DSI HS : A4 carré-collé, 100 pages). La boutique web ne peut pas être mise à jour pour l'instant mais on travaille à la remettre à flot. En attendant, si vous ne pouvez pas le prendre via kiosque, vous pouvez envoyer un courriel à commande(arobase)areion.fr et envoyer un chèque.
dimanche 8 juin 2008
Tant qu'à faire dans les classiques...
Lorsque vous êtes coincé sur un article, que quelque chose vous semble illogique et menace la cohérence de votre texte... que faire ?
Une tâche répétitive qui va vous concentrer quelques instants sur autre chose. En l'occurrence, je me suis rendu compte que j'avais encore dans les textes à mettre en ligne pour le compte de l'ISC l'excellent Essai de stratégie navale d'Herbert Rosinski. A lire sans modération aucune.
Une tâche répétitive qui va vous concentrer quelques instants sur autre chose. En l'occurrence, je me suis rendu compte que j'avais encore dans les textes à mettre en ligne pour le compte de l'ISC l'excellent Essai de stratégie navale d'Herbert Rosinski. A lire sans modération aucune.
Retour aux classiques
Deux nouveaux ouvrages ont été mis en ligne sur stratisc.org. Le premier est celui du Chevalier de La Coix, le Traité de la petite guerre pour les compagnies franches. Le second est plus connu : il s'agit d'une édition des Mémoires ou principes de l'art de la guerre en général de Monteccucoli.
Des mises à jour qui attendaient depuis 2007 ont pu être mises en ligne. C'est le cas, au premier chef, de la table des matières du n°88 de Stratégique et de celles des ouvrages de J-P. Baulon (sur les défenses ABM), S. Gadal (sur W. Sherman), G-J. Chaduc et F. Lagrande (Austerlitz), H. Robert, J. Béranger (le siège de Vienne) et B. Colson et H. Coutau-Bégarie (Armées et marine au temps d'Austerlitz et de Trafalgar).
Comme on le dit dans ces cas là, stay tuned, more to come. Bonne lecture !
Des mises à jour qui attendaient depuis 2007 ont pu être mises en ligne. C'est le cas, au premier chef, de la table des matières du n°88 de Stratégique et de celles des ouvrages de J-P. Baulon (sur les défenses ABM), S. Gadal (sur W. Sherman), G-J. Chaduc et F. Lagrande (Austerlitz), H. Robert, J. Béranger (le siège de Vienne) et B. Colson et H. Coutau-Bégarie (Armées et marine au temps d'Austerlitz et de Trafalgar).
Comme on le dit dans ces cas là, stay tuned, more to come. Bonne lecture !
vendredi 6 juin 2008
Des Rafale pour les EAU ?
Selon l'agence de presse des Emirats, des "discussions préliminaires" ont été engagées, portant sur le remplacement des 63 Mirage 2000 émiriens par des Rafale. L'Elysée ne parle cependant pour l'heure que d'un "éventuel remplacement des Mirage 2000 par des Rafale" et indique que "Il n'y a pas de date fixée ni de négociations commerciales entamées à ce stade" et que "les discussions vont se poursuivre dans les semaines qui viennent".
L'appareil est donc en lice, pour l'heure, aux EAU, au Brésil (malgré une offensive russe), en Inde, en Lybie et en Suisse. En attendant, le cours de Dassault monte à la bourse. C'est déjà ça !
Addendum : Reuters évoque également 50 appareils pour la Grèce, de même que 10 FREMM et 15 Cougar. Si l'on croise évidemment les doigts mais restons logiques : tant d'effets d'annonce ont jusqu'ici été déçus...
L'appareil est donc en lice, pour l'heure, aux EAU, au Brésil (malgré une offensive russe), en Inde, en Lybie et en Suisse. En attendant, le cours de Dassault monte à la bourse. C'est déjà ça !
Addendum : Reuters évoque également 50 appareils pour la Grèce, de même que 10 FREMM et 15 Cougar. Si l'on croise évidemment les doigts mais restons logiques : tant d'effets d'annonce ont jusqu'ici été déçus...
jeudi 5 juin 2008
L'armée de l'Air réceptionne ses premiers SIDM
Le Système Intérimaire de Drone MALE (SIDM) a été livré ministère de la Défense le 3 juin 2008. Cette livraison marque la fin de la campagne de qualification en vol menée sur la base aérienne de Mont-de-Marsan.Le SIDM est un système de drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) dédié aux opérations de surveillance et de poursuite d’objectifs. La diversité de ses capacités d'observation – optique, infrarouge et radar – permet au SIDM d'être opérationnel de jour comme de nuit et par tous les temps.
Grâce à une liaison de données satellite, il peut intervenir dans la profondeur du théâtre, avec un rayon d'action de plus de 1 000 kilomètres et transmettre en temps réel les informations recueillies. La grande endurance du SIDM repose sur son aptitude à gérer simultanément deux drones qui se relayent sur zone pour assurer une présence 24h sur 24, si le besoin opérationnel des forces sur place le nécessite, chacun des véhicules aériens ayant une autonomie de 20 heures de vol.
Le programme SIDM, installé sur une plateforme d'origine israélienne Eagle est conduit sous la maîtrise d'ouvrage de la DGA, qui en a confié la maîtrise d’œuvre d'EADS. Le SIDM est composé de trois véhicules aériens pilotés à distance depuis deux stations sol grâce à un système de liaisons de données à vue directe et par satellite. La formation du personnel du Centre d’Expérimentations Aériennes Militaires (CEAM) débutée en février 2008 va maintenant aborder la phase de formation au vol. Elle sera suivie en fin d’été 2008 par une expérimentation technico-opérationnelle réalisée par l’escadron drones de l’armée de l’Air, en vue de sa mise en service opérationnel.
Plus de 10 ans après les Etats-Unis, la France dispose donc presque de ses premiers MALE. Le programme, que nous examinions plus en profondeur dans le T&A de juin-juillet 2007, a connu un retard de plusieurs années.
Stratisc is back
Le site de l'Institut de Stratégie Comparée (Pr. Coutau-Bégarie) a connu une légère interruption, due au changement de fournisseur d'accès. Nous avons connu de gros problèmes avec le précédent, de sorte que les mises à jour, si elles étaient prêtes, n'ont pas pu être injectées sur le site.
Bon, en tout état de cause, le plus gros site francophone de stratégie et d'histoire militaire (plus de 60 ouvrages intégralement en ligne, sans compter une bonne trentaine de numéros de Stratégique) est à nouveau sur pied depuis ce matin 8h30. Bonne lecture !
Bon, en tout état de cause, le plus gros site francophone de stratégie et d'histoire militaire (plus de 60 ouvrages intégralement en ligne, sans compter une bonne trentaine de numéros de Stratégique) est à nouveau sur pied depuis ce matin 8h30. Bonne lecture !
mercredi 4 juin 2008
Lobbying, quand tu nous tiens
Le big boss de Lockheed Martin était à Bruxelles hier, où il a rencontré le ministre belge de la défense. Alors, pourquoi donc ? Et bien, pour parler, manifestement, du remplacement du F-16... dont la Belgique avait, en son temps, construit 222 exemplaires.
Un dossier épineux qui avait déjà été renvoyé aux calendes grecques en 1999, lorsque la Belgique ne s'était finalement pas jointe au programme de partenariat que proposaient les Américains.
C'était donc l'occasion d'une petite interview à lire dans L'Echo d'aujourd'hui. Et il n'est pas sûr que le pays soit prêt à remplacer ses Faucons d'ici à l'horizon 2015-2020, positionnements politiques internes obligent...
Un dossier épineux qui avait déjà été renvoyé aux calendes grecques en 1999, lorsque la Belgique ne s'était finalement pas jointe au programme de partenariat que proposaient les Américains.
C'était donc l'occasion d'une petite interview à lire dans L'Echo d'aujourd'hui. Et il n'est pas sûr que le pays soit prêt à remplacer ses Faucons d'ici à l'horizon 2015-2020, positionnements politiques internes obligent...
mardi 3 juin 2008
Y'a sondage
Petit exercice tout autant polémique que de sociologie politique interne pour aujourd'hui : face à ce qui se dessine, êtes-vous déçu du tandem Sarkozy/Morin ?
Comme d'habitude, un sondage Blogger ne répond pas aux critères scientifiques, notamment en termes d'échantillonnage.
Comme d'habitude, un sondage Blogger ne répond pas aux critères scientifiques, notamment en termes d'échantillonnage.
L'Irak va-t-il acheter des Gazelles ?
Si certains commentateurs se posaient la question du pourquoi de la récente visite du ministre français des affaires étrangères en Irak, un début de réponse pourrait bien être trouvé auprès du ministère de la défense de Bagdad.
Son porte-parole a en effet indiqué que l'Irak entendait renouer des liens militaires avec la France par l'achat de matériels et, plus particulièrement, des hélicoptères. Selon lui, une délégation à haut niveau devrait prochainement se rendre en France pour rencontrer des industriels.
Et un quotidien irakien d'indiquer que l'Irak pourrait acheter 50 Gazelles - d'occasion, dès lors que la machine n'est plus fabriquée. Du temps de la guerre Iran-Irak, l'appareil avait été largement utilisé par Bagdad. Notons que le DSI de juin présente un topo de la situation actuelle de la force aérienne irakienne.
Son porte-parole a en effet indiqué que l'Irak entendait renouer des liens militaires avec la France par l'achat de matériels et, plus particulièrement, des hélicoptères. Selon lui, une délégation à haut niveau devrait prochainement se rendre en France pour rencontrer des industriels.
Et un quotidien irakien d'indiquer que l'Irak pourrait acheter 50 Gazelles - d'occasion, dès lors que la machine n'est plus fabriquée. Du temps de la guerre Iran-Irak, l'appareil avait été largement utilisé par Bagdad. Notons que le DSI de juin présente un topo de la situation actuelle de la force aérienne irakienne.
lundi 2 juin 2008
La coercition pour les nuls
Audiard a, tout de même, quelques répliques magnifiques à son palmarès. Tenez, celle-ci, par exemple, que l'on pourrait sous-titrer "la coercition pour les nuls" :
"Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus" (Mélodie en sous-sol).
"Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus" (Mélodie en sous-sol).
Le FCS, dévoilé au public le 14 juin

BAE Systems présentera officiellement le premier prototype du NLOS-C (Non-Line Of Sight-Canon) le 14 juin, jour du 233ème anniversaire de l'US Army. Ce sera le premier engin de la famille Future Combat System (FCS) à doit entrer en service.
Alors que la canon de 155 mm/38 Cal. est déjà testé intensivement depuis octobre 2006, c’est l’assemblage du système d’arme et du châssis (qui sera commun à toute la famille des véhicules pilotés FCS) qui sera testée dans les prochains moins à Yuma.
En particulier le système de propulsion (hybride, un diesel alimentant des batteries en électricité, entraînant à leur tour un moteur électrique), la suspension et le système de chenilles seront plus particulièrement examinés. Huit prototypes du NLOS-C seront construits.
Phantom Phorever
Le F-4 Phantom, toujours utilisé par l’Allemagne, la Grèce, le Japon, l'Iran et la Turquie, a fêté ses 50 ans il y a quelques jours. L'appareil a en effet effectué son premier bol le 27 mai 1958 et restera dans l'histoire de l'aviation comme l'un des "bugs" les plus réussis, avec une production de près de 5 200 appareils.
Le Phantom avait en effet un prix supérieur et un rayon d'action de même qu'une vitesse inférieures au Crusader III. Il avait également eu son lot de problèmes - qui déboucheront sur une configuration très particulière.
Mais... l'US Navy avait estimé qu'un appareil biplace serait plus adapté à la menace soviétique. Et le Phantom connaîtra le succès que l'on sait. Il entrera en service en 1960 dans la Navy (pour être remplacé par le F-14 à partir de 1972) et sera fabriqué jusqu'en 1981. Les Terminator 2000 turcs devraient rester en service jusque 2015.
Le Phantom avait en effet un prix supérieur et un rayon d'action de même qu'une vitesse inférieures au Crusader III. Il avait également eu son lot de problèmes - qui déboucheront sur une configuration très particulière.
Mais... l'US Navy avait estimé qu'un appareil biplace serait plus adapté à la menace soviétique. Et le Phantom connaîtra le succès que l'on sait. Il entrera en service en 1960 dans la Navy (pour être remplacé par le F-14 à partir de 1972) et sera fabriqué jusqu'en 1981. Les Terminator 2000 turcs devraient rester en service jusque 2015.
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