lundi 10 mars 2008
Ils font le DSI
Juste un mot pour vous signaler que la liste des auteurs du DSI est à jour et visible ici.
Des Bear survolent (encore) le Nimitz
C’est la seconde fois en moins d’un mois qu’un appareil de patrouille maritime Tu-142 Bear-F a survolé un porte-avions américain, en l’occurrence, dans les eaux internationales, non loin de la Corée du Sud.
Au cours du dernier incident, l’appareil est passé à « 3 ou 5 nautiques » du Nimitz et à une altitude de 610 m dans le cadre d’une mission en mer du Japon. Quatre F-18 ont immédiatement été lancés par le porte-avions. Le Bear a également été escorté par des F-2 japonais pour la suite de sa patrouille. En février, un Tu-95 était passé à 50 nautiques du Nimitz.
Au cours du dernier incident, l’appareil est passé à « 3 ou 5 nautiques » du Nimitz et à une altitude de 610 m dans le cadre d’une mission en mer du Japon. Quatre F-18 ont immédiatement été lancés par le porte-avions. Le Bear a également été escorté par des F-2 japonais pour la suite de sa patrouille. En février, un Tu-95 était passé à 50 nautiques du Nimitz.
dimanche 9 mars 2008
Back to France
Et hop, demain à cette heure-ci, je serai dans mon bon vieil Avro 85 (j'adore cet appareil, très maniable), direction Marseille. Un appareil solide dont les réacteurs hurlent par grand vent et qui peut vous arracher en 400 m si le pilote à envie de vous la jouer funky.
Dix petits jours de retour à Aix histoire de boucler le DSI d'avril - à qui il manque tout juste 6 petites pages - et le T&A d'avril mai. Il lui manque 30 pages sur 84 mais je peux vous garantir qu'elles sont en route. Entre-temps, une bonne partie des modifications demandées par mon éditeur sur le petit dernier devraient être intégrées. Time flies comme disaient les anciennes pubs de la SN...
Bon, de retour dans le chaudron belge - là où le couplage entre Europes latine et germanique se joue - je vous promet de l'action sur Arlon, le 26 mars avec "La définition des "Retours vers le Futur" : "Nature et caractères des conflits contemporains" pour le cercle Mars et Mercure. Et le 31, à Paris, Participation et Progrès m'a invité à parler de l'évolution de la pensée stratégique sous la 5ème République où j'attaquerai plus précisément la question du rayonnement de la pensée stratégique française, en particulier du point de vue de la contre-insurrection.
Entre-temps, le dossier des 90 mm est appelé à bouger, de même que d'autres, sur la protection des infrastructures critiques notamment. La recherche est faite pour faire avancer nos sociétés. Rejoignez-nous ! D'ici là, bonne soirée tout le monde !
Dix petits jours de retour à Aix histoire de boucler le DSI d'avril - à qui il manque tout juste 6 petites pages - et le T&A d'avril mai. Il lui manque 30 pages sur 84 mais je peux vous garantir qu'elles sont en route. Entre-temps, une bonne partie des modifications demandées par mon éditeur sur le petit dernier devraient être intégrées. Time flies comme disaient les anciennes pubs de la SN...
Bon, de retour dans le chaudron belge - là où le couplage entre Europes latine et germanique se joue - je vous promet de l'action sur Arlon, le 26 mars avec "La définition des "Retours vers le Futur" : "Nature et caractères des conflits contemporains" pour le cercle Mars et Mercure. Et le 31, à Paris, Participation et Progrès m'a invité à parler de l'évolution de la pensée stratégique sous la 5ème République où j'attaquerai plus précisément la question du rayonnement de la pensée stratégique française, en particulier du point de vue de la contre-insurrection.
Entre-temps, le dossier des 90 mm est appelé à bouger, de même que d'autres, sur la protection des infrastructures critiques notamment. La recherche est faite pour faire avancer nos sociétés. Rejoignez-nous ! D'ici là, bonne soirée tout le monde !
Sunday edition : let's play it light
Décidément très en forme et jamais éloigné de son humour, ce cher bon vieux Carl von C. m'indique que sa dernière chronique peut tout à fait être publiée par ce blog.
Murphy était Européen
Il y a des jours comme cela où la Raison doit s’effacer devant la vacuité des idées, vous incitant à rester bien profondément enfoui sous la couette, dûment accompagné de vos peluches préférées, Leclerc, Rafale ou PA2.
Ça m’est arrivé l’autre jour en lisant une série de commentaires et de prises de position sur l’Europe de la défense. On y trouvait de tout (c’était mieux que chez mon épicier), du « il faut plus de quartiers généraux » à « nous manquons d’investissements dans la recherche & développement » en passant par l’inévitable et effroyable constat posé par l’OTAN d’un manque évident d’investissement dans les matériels.
Bon ! Qui a (encore) voulu inventer le fil à couper le beurre mais qui est trop radin pour payer la motte ? Manifestement, il y en a encore qui, n’ayant pas lu DSI, passent définitivement pour des has been de la défense. Alors, amis lecteurs, reprenez avec moi, tous en cœur et traitons cela sous l’aspect divertissant mais ô combien sage des « lois de Murphy ».
Loi numéro 1, « tout état-major sert à commander des opérations lancées par le politique mais que ce dernier ne lance jamais ». Extension de tonton Claus : « un état-major lance de lui-même des opérations lorsqu’il est soit engagé dans un coup d’État, soit qu’il fait face à une invasion en provenance d’Andorre ».
Loi numéro 2 : « tout homme politique placé dans un environnement européen considérera que la défense européenne doit être une priorité après la régulation de la taille des petits pois, de celle du marché des poissons d’eau douce lituaniens et la composition du menu du midi de la cantine de la Commission européenne ».
Loi numéro 3, « le nombre faramineux de forces bi et multinationales européennes est dû à une forte demande de défilés militaires, et non au nombre d’engagements en opération ». Corollaire du neuneu : « la guerre, c’est pas bien ».
Loi numéro 4 : « un bon politique fait toujours une incantation au Dieu recherche & développement avant de financer autre chose en stricte application du principe de laïcité ». Questionnement corollaire du chercheur : « on mange quand ? ».
Loi numéro 5 : « les budgets d’équipement peuvent éventuellement servir aux équipements ». Loi corollaire belge (1) : « tout budget d’investissement militaire est invariablement affecté au financement de la sécurité sociale, justifiant le concept d’armée humanitaire ».
Évidemment, on peut toujours en rajouter quelques-unes : les lois de Murphy sont un concept hautement adaptatif, ce qui lui vaut d’entretenir, comme dirait mon vénéré rédac’chef adjoint, un haut niveau de connectivité conceptuelle avec nos armées.
Tenez, prenez-en encore une pour la route : « toute Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) sera largement appuyée par tout le monde mais encore moins soutenue par personne » ou encore « toute PESD est invariablement terrestre : elle résiste rarement au passage de la Manche et la rencontre avec le gouvernement britannique ».
Tout ceci pour nous rappeler qu’à ce stade, ce sont les Lois politiques de Murphy qui tendent à s’imposer et votre vieux Carl ne résiste pas au plaisir de vous resservir le fameux « avertissement de Martin Luther-King » : « il faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, ou nous mourrons ensemble comme des c… ».
Ce n’est pas faux, surtout lorsque l’on constitue la seconde puissance militaire mondiale sur le papier…
(1) Bruxelles est dernier du classement OTAN en matière de part du budget d’équipement dans le budget de défense.
Murphy était Européen
Il y a des jours comme cela où la Raison doit s’effacer devant la vacuité des idées, vous incitant à rester bien profondément enfoui sous la couette, dûment accompagné de vos peluches préférées, Leclerc, Rafale ou PA2.
Ça m’est arrivé l’autre jour en lisant une série de commentaires et de prises de position sur l’Europe de la défense. On y trouvait de tout (c’était mieux que chez mon épicier), du « il faut plus de quartiers généraux » à « nous manquons d’investissements dans la recherche & développement » en passant par l’inévitable et effroyable constat posé par l’OTAN d’un manque évident d’investissement dans les matériels.
Bon ! Qui a (encore) voulu inventer le fil à couper le beurre mais qui est trop radin pour payer la motte ? Manifestement, il y en a encore qui, n’ayant pas lu DSI, passent définitivement pour des has been de la défense. Alors, amis lecteurs, reprenez avec moi, tous en cœur et traitons cela sous l’aspect divertissant mais ô combien sage des « lois de Murphy ».
Loi numéro 1, « tout état-major sert à commander des opérations lancées par le politique mais que ce dernier ne lance jamais ». Extension de tonton Claus : « un état-major lance de lui-même des opérations lorsqu’il est soit engagé dans un coup d’État, soit qu’il fait face à une invasion en provenance d’Andorre ».
Loi numéro 2 : « tout homme politique placé dans un environnement européen considérera que la défense européenne doit être une priorité après la régulation de la taille des petits pois, de celle du marché des poissons d’eau douce lituaniens et la composition du menu du midi de la cantine de la Commission européenne ».
Loi numéro 3, « le nombre faramineux de forces bi et multinationales européennes est dû à une forte demande de défilés militaires, et non au nombre d’engagements en opération ». Corollaire du neuneu : « la guerre, c’est pas bien ».
Loi numéro 4 : « un bon politique fait toujours une incantation au Dieu recherche & développement avant de financer autre chose en stricte application du principe de laïcité ». Questionnement corollaire du chercheur : « on mange quand ? ».
Loi numéro 5 : « les budgets d’équipement peuvent éventuellement servir aux équipements ». Loi corollaire belge (1) : « tout budget d’investissement militaire est invariablement affecté au financement de la sécurité sociale, justifiant le concept d’armée humanitaire ».
Évidemment, on peut toujours en rajouter quelques-unes : les lois de Murphy sont un concept hautement adaptatif, ce qui lui vaut d’entretenir, comme dirait mon vénéré rédac’chef adjoint, un haut niveau de connectivité conceptuelle avec nos armées.
Tenez, prenez-en encore une pour la route : « toute Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) sera largement appuyée par tout le monde mais encore moins soutenue par personne » ou encore « toute PESD est invariablement terrestre : elle résiste rarement au passage de la Manche et la rencontre avec le gouvernement britannique ».
Tout ceci pour nous rappeler qu’à ce stade, ce sont les Lois politiques de Murphy qui tendent à s’imposer et votre vieux Carl ne résiste pas au plaisir de vous resservir le fameux « avertissement de Martin Luther-King » : « il faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, ou nous mourrons ensemble comme des c… ».
Ce n’est pas faux, surtout lorsque l’on constitue la seconde puissance militaire mondiale sur le papier…
(1) Bruxelles est dernier du classement OTAN en matière de part du budget d’équipement dans le budget de défense.
vendredi 7 mars 2008
Nuit chaude à Schaerbeek
Après deux explosions dans ma rue, vers 2 heures du matin, une voisine débarque : 2 voitures sont en feu juste devant mon immeuble. Selon un pompier, plusieurs incidents du genre se sont produits la nuit passée dans la commune, le chiffre de 16-17 voitures incendiées circule. Si cela s'avérait exact, ce serait la plus grosse flambée que le pays n'ait jamais connu. Pourtant, ce matin, rien dans les médias... Si quelqu'un a des informations, elles sont les bienvenues.
jeudi 6 mars 2008
Le PS français affine sa position sur la défense
Je viens de lire un article du Figaro d'hier, de la plume de Louis Gautier (qui avait écrit un très bon livre, Face à la guerre), François Lamy et Paul Quilès ; article qui leur permet de rendre compte de leur position en regard du prochain Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité. L'article est intéressant à plusieurs titres.
Premièrement, il met en évidence l'importance de l'action sur les causes des troubles internationaux. C'est bien évidemment absolument nécessaire. Mais la fonction stratégique "prévention" est spécifiquement dévolue à cette question, en particulier dès lors qu'une nouvelle fonction "renseignement" s'y adjoint (on devrait plutôt dire : la complète). Par ailleurs et surtout, c'est une tâche de nature essentiellement diplomatique (les frappes préventives ou préemptives évoquées renvoyant plutôt à la fonction de coercition), même si l'action militaire - en particulier depuis le FT-01 - tend de plus en plus à appliquer la prévention, plus spécifiquement au plan tactique.
Deuxièmement, le "remède militaire" poserait souvent plus de problèmes qu'il n'en résoudrait. Ce à quoi l'on pourrait répondre que la manoeuvre militaire est beaucoup trop souvent - et pas qu'en France, c'est un trait commun à l'Europe continentale - découplée de la manoeuvre diplomatique. En cela, les lignes d'opérations utilisables par le politique sont insuffisament mises en cohérence... et, effectivement, pose alors la question de son utilité. L'élément fédérateur indispensable face à ce décalage renvoie alors à la dissuasion - non seulement nucléaire mais, surtout en l'occurrence, conventionnelle. Le show of force a encore des vertus trop souvent sous-estimées.
Troisièmement, sans doute les auteurs simplifient-ils le rôle de la résilience, dont ils parlent, au sein de la fonction de protection. Elle n'en constitue, en réalité, qu'un des éléments, au demeurant souvent observé comme spontané (ce qui, dans ce cas, évacue l'hypothèse d'une militarisation abusive). La fonction protection, qu'ils envisagent là sous son seul jour de politique intérieure (encore faudrait-il y adjoindre tout ce qui va toucher aux services de pompiers et aux opérations de sécurisation), est en réalité plus complexe. Elle s'épanche surtout dans le domaine de la protection des troupes face à des menaces de plus en plus complexes, y compris en COIN, qui s'étalent du RPG-29 ou de l'AT-14 jusqu'au kamikaze.
Aussi et in fine, on peut se demander si les interrogations des auteurs ne sont pas le signe d'une confusion des rôles, au demeurant lancée elle-même par l'intitulé du LBSD : en couplant sans doute abusivement "défense" et "sécurité", on place la diplomatie de côté. Or, cette dernière n'est elle-même pas la seule intervenante dans les processus de règlement des crises : les facteurs économiques, juridiques et culturels entrent également en ligne de compte.
Mais créer un Livre blanc sur l'incertitude qui nous entoure, c'est sans doute aussi créer un gigantesque gloubi-boulga conceptuel. Autant dire que les propositions portant sur la création d'un Conseil national de sécurité, seul capable de générer, d'articuler et de faire vivre une véritable stratégie intégrale (capable, à défaut de conceptualiser le chaos conceptuel, de l'ordonnancer) étaient parmi les plus attendues.
Premièrement, il met en évidence l'importance de l'action sur les causes des troubles internationaux. C'est bien évidemment absolument nécessaire. Mais la fonction stratégique "prévention" est spécifiquement dévolue à cette question, en particulier dès lors qu'une nouvelle fonction "renseignement" s'y adjoint (on devrait plutôt dire : la complète). Par ailleurs et surtout, c'est une tâche de nature essentiellement diplomatique (les frappes préventives ou préemptives évoquées renvoyant plutôt à la fonction de coercition), même si l'action militaire - en particulier depuis le FT-01 - tend de plus en plus à appliquer la prévention, plus spécifiquement au plan tactique.
Deuxièmement, le "remède militaire" poserait souvent plus de problèmes qu'il n'en résoudrait. Ce à quoi l'on pourrait répondre que la manoeuvre militaire est beaucoup trop souvent - et pas qu'en France, c'est un trait commun à l'Europe continentale - découplée de la manoeuvre diplomatique. En cela, les lignes d'opérations utilisables par le politique sont insuffisament mises en cohérence... et, effectivement, pose alors la question de son utilité. L'élément fédérateur indispensable face à ce décalage renvoie alors à la dissuasion - non seulement nucléaire mais, surtout en l'occurrence, conventionnelle. Le show of force a encore des vertus trop souvent sous-estimées.
Troisièmement, sans doute les auteurs simplifient-ils le rôle de la résilience, dont ils parlent, au sein de la fonction de protection. Elle n'en constitue, en réalité, qu'un des éléments, au demeurant souvent observé comme spontané (ce qui, dans ce cas, évacue l'hypothèse d'une militarisation abusive). La fonction protection, qu'ils envisagent là sous son seul jour de politique intérieure (encore faudrait-il y adjoindre tout ce qui va toucher aux services de pompiers et aux opérations de sécurisation), est en réalité plus complexe. Elle s'épanche surtout dans le domaine de la protection des troupes face à des menaces de plus en plus complexes, y compris en COIN, qui s'étalent du RPG-29 ou de l'AT-14 jusqu'au kamikaze.
Aussi et in fine, on peut se demander si les interrogations des auteurs ne sont pas le signe d'une confusion des rôles, au demeurant lancée elle-même par l'intitulé du LBSD : en couplant sans doute abusivement "défense" et "sécurité", on place la diplomatie de côté. Or, cette dernière n'est elle-même pas la seule intervenante dans les processus de règlement des crises : les facteurs économiques, juridiques et culturels entrent également en ligne de compte.
Mais créer un Livre blanc sur l'incertitude qui nous entoure, c'est sans doute aussi créer un gigantesque gloubi-boulga conceptuel. Autant dire que les propositions portant sur la création d'un Conseil national de sécurité, seul capable de générer, d'articuler et de faire vivre une véritable stratégie intégrale (capable, à défaut de conceptualiser le chaos conceptuel, de l'ordonnancer) étaient parmi les plus attendues.
Happy birthday, Global Hawk !
A propos de l'affaire Belliraj
Thomas Renard, du Front asymétrique, vient de faire paraître un article sur l'affaire Belliraj, où il dresse les rétroactes de cette affaire, qui a vu le démentelement d'un réseau marocain dirigé par Abdelkader Belliraj, citoyen belgo-marocain. Au passage, la constitution du réseau tend à démontrer l'existence d'une connexion entre le terrorisme djihadiste et le Hezbollah (un correspondant de la chaîne Al-Manar a ainsi été arrêté) (1).
Thomas pose un constat alarmant :
- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;
- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.
Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.
Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.
Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.
Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...
(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.
Thomas pose un constat alarmant :
- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;
- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.
Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.
Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.
Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.
Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...
(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.
mercredi 5 mars 2008
"COIN Break"
Vous vous sentez pris au piège, quelque part à Kandahar, tel le héros de Prison Break ("j'ai pas le temps") ? L'Army Magazine a sorti le Hooah guide du COIN (en anglais). Intéressant et ludique.
Le King's College blogue sec
Le King's College Department of War Studies représente un véritable exemple en matière d'études stratégiques à proprement parler (à savoir l'étude de l'art de la guerre) mais aussi de disciplines connexes comme l'histoire ou la sociologie militaire.
Très nombreux sont les sujets qui y sont abordés et votre serviteur doit avouer que, s'il n'avait pas été dans l'état normal d'un étudiant (soit fauché), il y aurait bien passé une année d'études avant de se lancer dans sa thèse.
Au surplus, le staff est constitué de quelques-uns des meilleurs experts militaires... et ils ont le clavier bien pendu. Pour les ouvrages et les articles, certes mais aussi... pour les blogs. Du coup, la faculté a monté le sien, Kings of war. C'est à lire ici.
Très nombreux sont les sujets qui y sont abordés et votre serviteur doit avouer que, s'il n'avait pas été dans l'état normal d'un étudiant (soit fauché), il y aurait bien passé une année d'études avant de se lancer dans sa thèse.
Au surplus, le staff est constitué de quelques-uns des meilleurs experts militaires... et ils ont le clavier bien pendu. Pour les ouvrages et les articles, certes mais aussi... pour les blogs. Du coup, la faculté a monté le sien, Kings of war. C'est à lire ici.
Y'a sondage ! (2)
La question est déchirante. Cornélienne. Comme choisir entre les croquettes aux crevettes de chez Vincent et celles de la Taverne du passage.
Au cours des périgrinations de la rédaction - de salons en forums en passant par les unités - certains nous ont demandé un DSI plus grand, d'autres de garder le format, qu'ils jugeaient pratique.
Si les points de vue s'équilibrent, nous réfléchissons néanmoins aux futurs possibles de DSI, que vous êtes de plus en plus nombreux à lire. D'où le petit sondage à votre droite. Les conditions de prise de décision sont identiques à celles du DSI "normal" : 100 pages dos carré-collé.
Bon vote !
Au cours des périgrinations de la rédaction - de salons en forums en passant par les unités - certains nous ont demandé un DSI plus grand, d'autres de garder le format, qu'ils jugeaient pratique.
Si les points de vue s'équilibrent, nous réfléchissons néanmoins aux futurs possibles de DSI, que vous êtes de plus en plus nombreux à lire. D'où le petit sondage à votre droite. Les conditions de prise de décision sont identiques à celles du DSI "normal" : 100 pages dos carré-collé.
Bon vote !
La réaction taïwanaise....
...Aux déclarations chinoises et au rapport du Pentagone ne s'est pas fait attendre. Le président Shen a en effet annoncé une hausse de son budget militaire, qui atteindra cette année 11,27 milliards de dollars (US). Ce qui représente 3% du PIB, contre 2,85% en 2007 et 2,6% en 2006.
DSI a consacré une série de 7 articles aux forces armées et à la politique de défense de Taïwan dans ses numéros de décembre 2007, janvier et février 2008.
DSI a consacré une série de 7 articles aux forces armées et à la politique de défense de Taïwan dans ses numéros de décembre 2007, janvier et février 2008.
Le budget militaire chinois (2)
Bernard Bridel, du 24 Heures (Lausanne) m'a posé hier quelques questions en rapport avec les annonces relatives au budget chinois de la défense. Les réponses sont en ligne ici.
mardi 4 mars 2008
Chine : nouvelle augmentation du budget militaire
Plusieurs sources confirment que le budget de l'armée chinoise augmentera de 17,6% en 2008, comparativement à l'an passé. L'annonce avait été faite par le porte-parole du Parlement, qui se réunit à partir de demain à Pékin pendant deux semaines.
Le budget militaire chinois passerait ainsi à 58,8 milliards de dollars. Il convient cependant de noter qu'à l'instar du budget soviétique durant la guerre froide, le budget militaire réel de la Chine reste difficile à calculer. En l'occurrence, des dépenses de R&D et certaines dépenses de personnel ne seraient pas inclues dans ce budget, de sorte que la Rand l'estime plutôt dans une gamme allant de 70 à 80 milliards.
Selon la RAND Corp., le budget chinois est le second du monde.
Le budget militaire chinois passerait ainsi à 58,8 milliards de dollars. Il convient cependant de noter qu'à l'instar du budget soviétique durant la guerre froide, le budget militaire réel de la Chine reste difficile à calculer. En l'occurrence, des dépenses de R&D et certaines dépenses de personnel ne seraient pas inclues dans ce budget, de sorte que la Rand l'estime plutôt dans une gamme allant de 70 à 80 milliards.
Selon la RAND Corp., le budget chinois est le second du monde.
L'US Navy lance des Tomahawk contre Saleh Ali Saleh
Un nombre inconnu de missiles Tomahawk ont été lancés hier par des bâtiments américains contre "des cibles d'Al Qaïda connues" se trouvant à proximité de la ville de Dobey, sur la frontière kényane. En l'occurrence, Saleh Ali Saleh Nabhan semble avoir été visé.
Il serait impliqué dans un attentat visant un hôtel de Mombasa en 2003 et dans le lancement d'un MANPAD contre un appareil civil israélien, la même année. L'année passée, la Navy avait effectué des tirs (au canon) contre des positions de l'Union des tribunaux islamiques.
Il serait impliqué dans un attentat visant un hôtel de Mombasa en 2003 et dans le lancement d'un MANPAD contre un appareil civil israélien, la même année. L'année passée, la Navy avait effectué des tirs (au canon) contre des positions de l'Union des tribunaux islamiques.
DSI sur tous les fronts
La rédaction est en ébullition ! Bien sûr, nous poursuivons les éditions "classiques" du DSI et de Technologie & Armement. Rien de bien neuf. Mais cette année, nous avons décidé de gâter nos lecteurs.
Si une cinquantaine de médias seront présents sur Eurosatory 2008 (juin), deux sont considérés comme des partenaires médias privilégiés : Jane's mais aussi et pour la première fois... DSI. Ce sera l'occasion pour nous de présenter sur le salon un hors-série exclusif qui y sera distribué gratuitement. Dans le même temps, un autre hors-série sera disponible en kiosque/librairie et via notre site.
Comme les deux années précédentes, DSI sera également partenaire de la prochaine Université d'Eté de la défense (septembre). L'occasion pour nous de publier un nouveau hors-série.
Enfin, également partenaire d'Euronaval (octobre), DSI sera également présent sur place pour vous tenir au courant de l'actualité du salon, dans la mesure où nous y réaliserons les quotidiens ("dailies") distribués sur place.
Avec 55% de parts de marché en France et dans le monde francophone, DSI est le premier magazine mensuel de défense interarmées en langue française, le moins cher et, avec 100 pages, le plus complet. Avec 50 000 exemplaires produits mensuellement, son lectorat est estimé à 120 000 personnes.
Stay tuned !
Si une cinquantaine de médias seront présents sur Eurosatory 2008 (juin), deux sont considérés comme des partenaires médias privilégiés : Jane's mais aussi et pour la première fois... DSI. Ce sera l'occasion pour nous de présenter sur le salon un hors-série exclusif qui y sera distribué gratuitement. Dans le même temps, un autre hors-série sera disponible en kiosque/librairie et via notre site.
Comme les deux années précédentes, DSI sera également partenaire de la prochaine Université d'Eté de la défense (septembre). L'occasion pour nous de publier un nouveau hors-série.
Enfin, également partenaire d'Euronaval (octobre), DSI sera également présent sur place pour vous tenir au courant de l'actualité du salon, dans la mesure où nous y réaliserons les quotidiens ("dailies") distribués sur place.
Avec 55% de parts de marché en France et dans le monde francophone, DSI est le premier magazine mensuel de défense interarmées en langue française, le moins cher et, avec 100 pages, le plus complet. Avec 50 000 exemplaires produits mensuellement, son lectorat est estimé à 120 000 personnes.
Stay tuned !
lundi 3 mars 2008
Inde : hausse record du budget de la défense
L’Inde a dévoilé son nouveau budget militaire, montrant une augmentation de 10 %, soit l’accroissement le plus important depuis l’indépendance du pays. Concrètement, le budget indien passera ainsi de 24 à 26,4 milliards de dollars.
Cependant, plusieurs experts indiens indiquent aussi qu’avec une inflation de 5 % et une part du budget affectée au personnel de 40 %, l’augmentation sera, in fine, assez faible et ne devrait profiter qu’assez marginalement au financement de nouveaux programmes.
Cependant, plusieurs experts indiens indiquent aussi qu’avec une inflation de 5 % et une part du budget affectée au personnel de 40 %, l’augmentation sera, in fine, assez faible et ne devrait profiter qu’assez marginalement au financement de nouveaux programmes.
dimanche 2 mars 2008
Le N°2 des FARC éliminé
François Durant, qui connait bien le pays (je dois encore répondre à sa seconde question sur les concepts de l'armée), en fait une analyse très intéressante sur son blog. J'en profite pour le féliciter pour le dépassement du fatidique stade des 100 posts.
Petite précision
Je viens de refuser un commentaire. Je pense que ce doit être la première fois que cela m'arrive mais j'en profite pour faire une petite précision qui me semble saine.
Le commentaire traitait du 90 mm et l'intervenant ne semblait pas trop apprécier le véhicule ni le choix opéré par l'ancien ministre de la défense. Mais il le tutoyait, ce qui n'est guère poli - même si ledit ancien ministre n'a pas vraiment fait preuve d'un savoir vivre exemplaire à l'égard de son successeur.
Par ailleurs, l'orthographe était assez déplorable. D'accord, je ne suis pas le dernier à fauter en la matière et c'est admissible lorsque la personne ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Mais bon, il y a des limites ;o)
Ceci dit, j'en profite aussi pour faire un petit hommage à nos commentateurs : ils ont produit un bon paquet de commentaires absolument irréprochables !
Le commentaire traitait du 90 mm et l'intervenant ne semblait pas trop apprécier le véhicule ni le choix opéré par l'ancien ministre de la défense. Mais il le tutoyait, ce qui n'est guère poli - même si ledit ancien ministre n'a pas vraiment fait preuve d'un savoir vivre exemplaire à l'égard de son successeur.
Par ailleurs, l'orthographe était assez déplorable. D'accord, je ne suis pas le dernier à fauter en la matière et c'est admissible lorsque la personne ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Mais bon, il y a des limites ;o)
Ceci dit, j'en profite aussi pour faire un petit hommage à nos commentateurs : ils ont produit un bon paquet de commentaires absolument irréprochables !
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