jeudi 9 août 2007
Du côté des lectures (4)
La Russie se trouve au coeur de l'actualité. Après la question de la prise de contrôle du Pôle Nord, celle du missile tiré sur la Géorgie, celle de la semi-réhabilitation du communisme par V. Poutine, celle du reciblage de l'Europe par les missiles russes se pose également celle de la sortie de la Russie du traité FCE. Alain De Neve vient, à cet égard, de produire une note - inaugurant par ailleurs les notes d'analyses du RMES - permettant de remettre les choses en perspective. A lire ici.
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mercredi 8 août 2007
Barack Obama : les vrais champs de bataille sont "L'Afghanistan et le Pakistan"
Je viens de repiquer éhontément un post de David Axe qui a lu de façon plus approfondie que moi un discours de B. Obama, candidat démocrate potentiel à la présidence US et qui entend recadrer les engagements US vers des zones de batailles plus importantes que l'Irak... et qui inclut le Pakistan, qui n'a naturellement pas aimé :
"It is time to turn the page. When I am President, we will wage the war that has to be won, with a comprehensive strategy with five elements: getting out of Iraq and on to the right battlefield in Afghanistan and Pakistan; developing the capabilities and partnerships we need to take out the terrorists and the world’s most deadly weapons; engaging the world to dry up support for terror and extremism; restoring our values; and securing a more resilient homeland.
The first step must be getting off the wrong battlefield in Iraq, and taking the fight to the terrorists in Afghanistan and Pakistan.
I introduced a plan in January that would have already started bringing our troops out of Iraq, with a goal of removing all combat brigades by March 31, 2008. If the President continues to veto this plan, then ending this war will be my first priority when I take office".
Quant à la réaction pakistanaise, selon l'Associated Press:
“It’s a very irresponsible statement, that’s all I can say,” Pakistan’s Foreign Minister Khusheed Kasuri told AP Television News. “As the election campaign in America is heating up we would not like American candidates to fight their elections and contest elections at our expense.”
Sure, Barack’s statement is deliberate campaign move, but is he wrong that Pakistan is the major source of terror in the world? Not according to the Afghan ambassador to the U.S. … and the Council on Foreign Relations:
Despite its government’s cooperation with the United States, Pakistan is home to many Islamist extremists, some with links to al-Qaeda and other terrorist groups. Militants have conducted several terrorist attacks on Americans and other Westerners in Pakistan since September 11, including the abduction and murder of Daniel Pearl and the June 2002 car bombing of the U.S. consulate in Karachi, which killed twelve Pakistanis. Thanks to shared Islamist sympathies and ethnic ties, some Pakistanis have also helped Taliban and al-Qaeda fighters fleeing from Afghanistan take refuge throughout Pakistan.
"It is time to turn the page. When I am President, we will wage the war that has to be won, with a comprehensive strategy with five elements: getting out of Iraq and on to the right battlefield in Afghanistan and Pakistan; developing the capabilities and partnerships we need to take out the terrorists and the world’s most deadly weapons; engaging the world to dry up support for terror and extremism; restoring our values; and securing a more resilient homeland.
The first step must be getting off the wrong battlefield in Iraq, and taking the fight to the terrorists in Afghanistan and Pakistan.
I introduced a plan in January that would have already started bringing our troops out of Iraq, with a goal of removing all combat brigades by March 31, 2008. If the President continues to veto this plan, then ending this war will be my first priority when I take office".
Quant à la réaction pakistanaise, selon l'Associated Press:
“It’s a very irresponsible statement, that’s all I can say,” Pakistan’s Foreign Minister Khusheed Kasuri told AP Television News. “As the election campaign in America is heating up we would not like American candidates to fight their elections and contest elections at our expense.”
Sure, Barack’s statement is deliberate campaign move, but is he wrong that Pakistan is the major source of terror in the world? Not according to the Afghan ambassador to the U.S. … and the Council on Foreign Relations:
Despite its government’s cooperation with the United States, Pakistan is home to many Islamist extremists, some with links to al-Qaeda and other terrorist groups. Militants have conducted several terrorist attacks on Americans and other Westerners in Pakistan since September 11, including the abduction and murder of Daniel Pearl and the June 2002 car bombing of the U.S. consulate in Karachi, which killed twelve Pakistanis. Thanks to shared Islamist sympathies and ethnic ties, some Pakistanis have also helped Taliban and al-Qaeda fighters fleeing from Afghanistan take refuge throughout Pakistan.
mardi 7 août 2007
De passage en République Tchèque... (2)
Déjà le dernier jour des vacances et un petit passage par le quartier Zizkov pour visiter le musée de l'armée. Un autre musée d'histoire militaire existe au Palais Schwarzenberg, près du château de Prague, mais il était fermé pour restauration.
Les collections (1ere et 2eme GM) sont bien plus admirables que ne le laissaient penser mes guides et si le musée est difficile d'accès (et pas très joli : dans le plus pur style "renaissance néo-stalinienne"), le déplacement vaut le coup. Relativement peu de matériels mais un très grand nombre de documents dont un bon nombre, dans la partie "1ère guerre"... en français. La légion tchécoslovaque, embryon de l'armée tchèque post-1918 a en effet été formée dans les rangs français et l'on retrouve même des lettres, en français, entre les Présidents se congratulant mutuellement.
Reste toutefois que le français a beaucoup perdu de son influence. Si Prague voulait être le Paris de l'outre-Alsace - avec un réel succès - dans les années 30 (nombre de cafés, boutiques et deventures le rappelant toujours aujourd'hui), les accords de Munich ont laissé un souvenir pour le moins amer. Dans les salles du musée, la Grande-Bretagne et les as tchécoslovaques de la RAF ont sans doute remplacé dans le coeur des Praguois la France et Paris. Sans doute une autre clé pour la compréhension de la politique pro-atlantiste tchèque.
Notons aussi qu'à la fin de la section musée consacrée à la Seconde Guerre, vous tombez nez à nez avec deux mannequins représentant des soldats tchèques contemporains, l'un en tenue "OIF", l'autre en tenue "Centre-Europe". La période communiste a tout bonnement été gommée (si elle a un jour existé), seul un T-34 sur le perron du musée rappelle que les troupes de Moscou ont libéré la ville en 45 (les résistants locaux comme le PC, qui avaient déclenché une insurrection, ayant été "sermonés" pour ne pas avoir laissé l'armée Rouge libérer à elle seule la ville).
Les collections (1ere et 2eme GM) sont bien plus admirables que ne le laissaient penser mes guides et si le musée est difficile d'accès (et pas très joli : dans le plus pur style "renaissance néo-stalinienne"), le déplacement vaut le coup. Relativement peu de matériels mais un très grand nombre de documents dont un bon nombre, dans la partie "1ère guerre"... en français. La légion tchécoslovaque, embryon de l'armée tchèque post-1918 a en effet été formée dans les rangs français et l'on retrouve même des lettres, en français, entre les Présidents se congratulant mutuellement.
Reste toutefois que le français a beaucoup perdu de son influence. Si Prague voulait être le Paris de l'outre-Alsace - avec un réel succès - dans les années 30 (nombre de cafés, boutiques et deventures le rappelant toujours aujourd'hui), les accords de Munich ont laissé un souvenir pour le moins amer. Dans les salles du musée, la Grande-Bretagne et les as tchécoslovaques de la RAF ont sans doute remplacé dans le coeur des Praguois la France et Paris. Sans doute une autre clé pour la compréhension de la politique pro-atlantiste tchèque.
Notons aussi qu'à la fin de la section musée consacrée à la Seconde Guerre, vous tombez nez à nez avec deux mannequins représentant des soldats tchèques contemporains, l'un en tenue "OIF", l'autre en tenue "Centre-Europe". La période communiste a tout bonnement été gommée (si elle a un jour existé), seul un T-34 sur le perron du musée rappelle que les troupes de Moscou ont libéré la ville en 45 (les résistants locaux comme le PC, qui avaient déclenché une insurrection, ayant été "sermonés" pour ne pas avoir laissé l'armée Rouge libérer à elle seule la ville).
Vu sur une carte de restaurant...
...à la rubrique "breakfast" : "Et pour accompagner votre Pilsner, une côte de porc ?"
On ne rigole pas avec les calories ici ;o)
On ne rigole pas avec les calories ici ;o)
lundi 6 août 2007
De passage en République Tchèque...
Un pays étonnant, extrêmement dynamique, où les indépendants travaillent de 10h à 23h (ce qui n'a par ailleurs pas l'air de déplaire aux syndicats), d'une grande propreté (à faire rougir Bruxelles et où pourtant il y a à peine plus de poubelles) et où la principale composante du patriotisme est un attachement extrêmement fort au patrimoine.
Le pays présente de grande similitudes avec la Belgique : petit, sorte d'accident de l'histoire (formellement, la Tchécoslovaquie remonte aux 14 points de Wilson) mais où l'histoire ne commence pas avec sa création, ayant connu nombre d'invasions (on a partagé quelques voisins et moins voisins envahissants) et... où la bière est une boisson quasi-sacrée.
Au-delà, le chemin pris est radicalement différent : le business est roi. Et plus il prospère, plus prospèrent les arts et les sciences, surtout s'ils permettent d'attirer touristes et investissements. Etre artiste en Tchéquie, c'est avoir un vrai statut. J'étais déjà venu à Prague en 2001 et le changement est spectaculaire. Les chantiers de rénovation se sont multipliés, d'autres se sont achevés. Le niveau de vie s'est considérablement amélioré, les services à la population aussi.
Tout, bien entendu, n'est pas rose. On voit des SDF (moins cependant qu'à Bruxelles et on ne semble pas les chasser, ici) et être retraité ne doit pas être rose tous les jours. Récupérer de 40 ans d'occupation communiste - c'est ainsi que ça a été vécu, ici - est loin d'être évident. Des années d'ailleurs marquées par de petits actes de résistances mais ayant produit leurs effets : la propreté comme acte de résistance face à des soviétiques assez unanimement considérés comme sales (un réflexe identique a existé en Pologne) ; des rénovations d'églises ; des livres mis à l'abris... et, bien sûr, Jan Palach.
Je me souviens, à cet égard, de longues conversations à l'Université : à choisir, faut-il choisir le joug nazi ou communiste ? La plupart des gens optaient pour la seconde option, d'autres ne se prononcaient pas, estimant sans doute la situation comme bien trop hypopthétique. J'avais opté pour une 3ème : combattre, fuir ou, au pire, se suicider - dans tous les cas de figure, choisir la liberté (réponse traditionnelle, "oui, d'accord, mais si tu ne le peux pas ?"...). C'est ce qu'avait fait Palach. Le musée du communisme nous apprendra que le taux de suicide durant le Printemps de Prague de 68 avait dramatiquement augmenté. Palach avait toutefois laissé un mot : en substance, ne faites pas comme moi, résistez.
Le souvenir du "printemps" reste vivace - celui des nazis à laissé un tout aussi mauvais goût - ce qui explique sans doute que les Russes restent vraiment très mal vus. Ce qui explique aussi la grande bannière "oui aux radars et aux missiles" sur un bâtiment juste en face du ministère des AE. Et l'Europe dans tout cela ? Les Tchèques ont trop de conscience historique (si l'on peut s'exprimer ainsi). Et tant que l'Europe ne sera pas une puissance, elle ne sera, pour eux, qu'un projet en devenir donc, non opérationnel si ce n'est du point de vue économique et juridique.
Il y a une autre chose que partagent Belges et Tchèques : un surréalisme doublé d'une politique pragmatique. Les Tchèques savent que l'Europe est virtuellement puissante (les rayons d'études stratégiques des libraires tchèques sont très bien garnis, les lecteurs ne manquant pas). En attendant, leur puissance est économique et culturelle - le nombre de livres en tchèque est... ahurissant et le secteur d'un dynamisme extrême - autant de choses que la Belgique perd peu à peu...
Le pays présente de grande similitudes avec la Belgique : petit, sorte d'accident de l'histoire (formellement, la Tchécoslovaquie remonte aux 14 points de Wilson) mais où l'histoire ne commence pas avec sa création, ayant connu nombre d'invasions (on a partagé quelques voisins et moins voisins envahissants) et... où la bière est une boisson quasi-sacrée.
Au-delà, le chemin pris est radicalement différent : le business est roi. Et plus il prospère, plus prospèrent les arts et les sciences, surtout s'ils permettent d'attirer touristes et investissements. Etre artiste en Tchéquie, c'est avoir un vrai statut. J'étais déjà venu à Prague en 2001 et le changement est spectaculaire. Les chantiers de rénovation se sont multipliés, d'autres se sont achevés. Le niveau de vie s'est considérablement amélioré, les services à la population aussi.
Tout, bien entendu, n'est pas rose. On voit des SDF (moins cependant qu'à Bruxelles et on ne semble pas les chasser, ici) et être retraité ne doit pas être rose tous les jours. Récupérer de 40 ans d'occupation communiste - c'est ainsi que ça a été vécu, ici - est loin d'être évident. Des années d'ailleurs marquées par de petits actes de résistances mais ayant produit leurs effets : la propreté comme acte de résistance face à des soviétiques assez unanimement considérés comme sales (un réflexe identique a existé en Pologne) ; des rénovations d'églises ; des livres mis à l'abris... et, bien sûr, Jan Palach.
Je me souviens, à cet égard, de longues conversations à l'Université : à choisir, faut-il choisir le joug nazi ou communiste ? La plupart des gens optaient pour la seconde option, d'autres ne se prononcaient pas, estimant sans doute la situation comme bien trop hypopthétique. J'avais opté pour une 3ème : combattre, fuir ou, au pire, se suicider - dans tous les cas de figure, choisir la liberté (réponse traditionnelle, "oui, d'accord, mais si tu ne le peux pas ?"...). C'est ce qu'avait fait Palach. Le musée du communisme nous apprendra que le taux de suicide durant le Printemps de Prague de 68 avait dramatiquement augmenté. Palach avait toutefois laissé un mot : en substance, ne faites pas comme moi, résistez.
Le souvenir du "printemps" reste vivace - celui des nazis à laissé un tout aussi mauvais goût - ce qui explique sans doute que les Russes restent vraiment très mal vus. Ce qui explique aussi la grande bannière "oui aux radars et aux missiles" sur un bâtiment juste en face du ministère des AE. Et l'Europe dans tout cela ? Les Tchèques ont trop de conscience historique (si l'on peut s'exprimer ainsi). Et tant que l'Europe ne sera pas une puissance, elle ne sera, pour eux, qu'un projet en devenir donc, non opérationnel si ce n'est du point de vue économique et juridique.
Il y a une autre chose que partagent Belges et Tchèques : un surréalisme doublé d'une politique pragmatique. Les Tchèques savent que l'Europe est virtuellement puissante (les rayons d'études stratégiques des libraires tchèques sont très bien garnis, les lecteurs ne manquant pas). En attendant, leur puissance est économique et culturelle - le nombre de livres en tchèque est... ahurissant et le secteur d'un dynamisme extrême - autant de choses que la Belgique perd peu à peu...
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mercredi 1 août 2007
Manipulations Inc. (3)
Lorsqu'un journaliste ou un analyste tente d'éclairer une situation, il a naturellement tendance à présenter son analyse comme une vérité. Or, il ne s'agit bien souvent que d'hypothèse. Bien malin serait celui qui a, alors qu'un événement vient de se produire, toutes les opinions, tous les documents nécessaires à une approche relativement objective de la réalité.
Le Réseau Voltaire vient de nous fournir une belle illustration de cet axiome. Après avoir "démonté" un article du Figaro sur l'allongement et le durcissement du service militaire en Iran (qui est une réalité), le réseau indique :
"Au demeurant, la présentation des faits eux-mêmes par Le Figaro est fallacieuse : les États-Unis n’ont pas décidé d’armer les monarchies du Golfe contre l’Iran et Israël n’a pas décidé de fermer les yeux face à l’ennemi commun. De son côté, de manière tout aussi biaisée, le département d’État parle dans un communiqué plus généralement de « contrer les influences négatives d’Al-Qaïda, du Hezbollah, de la Syrie et de l’Iran ».
En réalité, les États-Unis ont accordé gratuitement 30 milliards de dollars d’armement à Israël sur 10 ans pour prendre sa revanche contre le Liban et la Syrie. Simultanément, ils ont vendu pour 20 milliards de dollars d’armement à 5 États du Golfe à titre de garantie que l’armement livré à Tsahal ne serait pas utilisé contre eux. À quoi devrait s’ajouter le renouvellement d’accords d’assistance militaire avec l’Égypte pour 10 milliards de dollars environ de manière à équilibrer le tout".
Sous-entendu, vous n'avez pas la vérité, elle nous appartient. L'opération "manip" utilise là aussi un vieux truc : comparer des choses non comparables en faisant passer une pillule méthodologique amère avec une dose de sirop idéologique. Les évolutions que connait le service militaire iranien sont une réalité. Les analyses sur les finalités des contrats - y compris les miennes - sont autant d'hypothèses variablement démontrées/étayées.
Pour ce qui concerne le Réseau, l'analyse ne saurait tenir la route : les 30 milliards constituent une augmentation par rapport à ce qui était déjà donné par le passé, ils ne sont en rien un "extra" (sauf pour l'augmentation annuelle de 600 millions, bien entendu). Au demeurant, à supposer que cet argent soit utilisé pour des achats revenchards d'armements, ces derniers ne seront pas disponibles du jour au lendemain. Prétendre le contraire relève au mieux de la mauvaise foi, au pire d'une méconnaissance patente de l'histoire comme des mécanismes de vente d'armes.
On y ajoutera que le problème militaire israélien aujourd'hui n'est pas matériel mais relève du leadership, de la doctrine, de la tactique, de la préparation et du moral. Autant de choses qui ne relèvent que peu du domaine financier et que souligne parfaitement le rapport intermédiaire de la Commission Winograd. Les dernières manoeuvres israéliennes sur le Golan, très médiatisées, ne suffiront en aucun cas à remettre Tsahal d'aplomb à court terme. Ceci dit, c'est également vrai que certains en Israël aimeraient prendre une revanche. Mais confondre cette frange avec l'ensemble du pays, c'est faire une mauvaise rédaction d'élève du secondaire rêvant désepérément d'entrer dans une école de journalisme.
En fait, le rôle de l'Iran en regard du Hezbollah est totalement zappé. Tenir des propos négationnistes et menacer un pays d'anéantissement seraient-ils autant de mesures d'appaisement comparativement à des achats d'armement ? Aucun de ces faits ne devraient être niés dès lors que l'on prétend donner une information la plus objective possible.
Voltaire se présente comme non-alligné. Vraiment sûr ?
Le Réseau Voltaire vient de nous fournir une belle illustration de cet axiome. Après avoir "démonté" un article du Figaro sur l'allongement et le durcissement du service militaire en Iran (qui est une réalité), le réseau indique :
"Au demeurant, la présentation des faits eux-mêmes par Le Figaro est fallacieuse : les États-Unis n’ont pas décidé d’armer les monarchies du Golfe contre l’Iran et Israël n’a pas décidé de fermer les yeux face à l’ennemi commun. De son côté, de manière tout aussi biaisée, le département d’État parle dans un communiqué plus généralement de « contrer les influences négatives d’Al-Qaïda, du Hezbollah, de la Syrie et de l’Iran ».
En réalité, les États-Unis ont accordé gratuitement 30 milliards de dollars d’armement à Israël sur 10 ans pour prendre sa revanche contre le Liban et la Syrie. Simultanément, ils ont vendu pour 20 milliards de dollars d’armement à 5 États du Golfe à titre de garantie que l’armement livré à Tsahal ne serait pas utilisé contre eux. À quoi devrait s’ajouter le renouvellement d’accords d’assistance militaire avec l’Égypte pour 10 milliards de dollars environ de manière à équilibrer le tout".
Sous-entendu, vous n'avez pas la vérité, elle nous appartient. L'opération "manip" utilise là aussi un vieux truc : comparer des choses non comparables en faisant passer une pillule méthodologique amère avec une dose de sirop idéologique. Les évolutions que connait le service militaire iranien sont une réalité. Les analyses sur les finalités des contrats - y compris les miennes - sont autant d'hypothèses variablement démontrées/étayées.
Pour ce qui concerne le Réseau, l'analyse ne saurait tenir la route : les 30 milliards constituent une augmentation par rapport à ce qui était déjà donné par le passé, ils ne sont en rien un "extra" (sauf pour l'augmentation annuelle de 600 millions, bien entendu). Au demeurant, à supposer que cet argent soit utilisé pour des achats revenchards d'armements, ces derniers ne seront pas disponibles du jour au lendemain. Prétendre le contraire relève au mieux de la mauvaise foi, au pire d'une méconnaissance patente de l'histoire comme des mécanismes de vente d'armes.
On y ajoutera que le problème militaire israélien aujourd'hui n'est pas matériel mais relève du leadership, de la doctrine, de la tactique, de la préparation et du moral. Autant de choses qui ne relèvent que peu du domaine financier et que souligne parfaitement le rapport intermédiaire de la Commission Winograd. Les dernières manoeuvres israéliennes sur le Golan, très médiatisées, ne suffiront en aucun cas à remettre Tsahal d'aplomb à court terme. Ceci dit, c'est également vrai que certains en Israël aimeraient prendre une revanche. Mais confondre cette frange avec l'ensemble du pays, c'est faire une mauvaise rédaction d'élève du secondaire rêvant désepérément d'entrer dans une école de journalisme.
En fait, le rôle de l'Iran en regard du Hezbollah est totalement zappé. Tenir des propos négationnistes et menacer un pays d'anéantissement seraient-ils autant de mesures d'appaisement comparativement à des achats d'armement ? Aucun de ces faits ne devraient être niés dès lors que l'on prétend donner une information la plus objective possible.
Voltaire se présente comme non-alligné. Vraiment sûr ?
Démystifier les guérillas
Les guérillas sont des phénomènes complexes mais pas systématiquement victorieux. A la suite des réflexions de Gérard Chaliand ("Voyage dans 40 ans de guérillas"), c'est est le sens de ce billet de Laurent Henninger chez nos confrères de la Revue Militaire Suisse.
Mais sachant la relative incapacité de nos forces à les contrer ou plus généralement nos difficultés à transformer les victoires militaires en victoires politiques, faut-il attendre de les laisser s'essoufler, tout en effondrant les Etats auxquelles elles s'attaquent ?
Mais sachant la relative incapacité de nos forces à les contrer ou plus généralement nos difficultés à transformer les victoires militaires en victoires politiques, faut-il attendre de les laisser s'essoufler, tout en effondrant les Etats auxquelles elles s'attaquent ?
Cher, le JSF...
Lockheed Martin Corp., Lockheed Martin Aeronautics Co., Fort Worth, Texas, is being awarded an estimated $2,440,000,000 advance acquisition contract for long lead components, parts, and materials associated with the Lot 2 Low Rate Initial Production (LRIP II) of six F-35 Joint Strike Fighter Conventional Take-Off and Landing (CTOL) for the U.S. Air Force and six Short Take-off and Vertical Landing Air Systems for the U.S. Marine Corp. In addition, the contract provides for associated ancillary mission equipment, sustainment support, special tooling/special test equipment and technical/financial data.
Le GAO estime le coût fly away d'un appareil de production à plus de 92 millions de dollars. Très, très cher comparativement aux options européennes...
Le GAO estime le coût fly away d'un appareil de production à plus de 92 millions de dollars. Très, très cher comparativement aux options européennes...
La Russie veut s'agrandir
Expédition polaire pour deux sous-marins russes avec pour objectif d'augmenter la ZEE russe.
mardi 31 juillet 2007
20 milliards d'armements pour l'Arabie saoudite (2)
Juste quelques observations sur ladite vente qui remplit des fonctions complexes dans la politique internationale US :
- On se sait toujours pas quels sont les armements concernés. Le LCS pourrait l'être - malgré ses déboires - Ryad ayant été intéressée par le concept.
- Fondamentalement, il s'agit de rassurer Ryad face à l'Iran dans le contexte de la conclusion d'un accord sur le nucléaire civil avec 6 autres Etats dont l'Algérie, les Emirats et l'Egypte (je pense que ses détails sont explicités dans le DSI n°21 ou 22, de même que les conceptions saoudiennes en matière de dissuasion). Ryad renforcerait ainsi sa dissuasion classique mais la littérature fait aussi état de l'incapacité de l'Arabie à utiliser correctement son matériel. Un article faisait ainsi état de ce que l'armée de terre saoudienne était incapable de manoeuvrer au niveau brigade.
- Ensuite, il s'agit de faire pression sur Ryad en regard de son rôle dans les affaires irakienne et de Nahr el-Bared (Cf. les différentes éditions de DSI) en l'invitant à "calmer" son jeu. Ryad reste obsédée par la montée en puissance iranienne et a effectué ces mouvements afin de contrer la stratégie d’influence de Téhéran.
- Il s'agit aussi de s'appuyer plus que par le passé sur l'Arabie saoudite : Ryad et le Pakistan entretiennent des relations solides. Or, le Pakistan est le centre de gravité géographique des opérations talibanes en Afghanistan. La situation sur place est également extrêmement préoccupante. Il s'agit aussi de favoriser un règlement rapide de la situation irakienne en y associant un peu plus Ryad mais cette fois d'un point de vue politique.
- Sur un plan plus hypothétique, la manoeuvre d'armement de l'Arabie saoudite pourrait également correspondre à une volonté de contrer/dissuader l'Iran dans une optique où une attaque israélienne sur les centres nucléaires iraniens – qui reste non seulement une possibilité et est faisable (Cf. l’étude du MIT, DSI n°28) – générerait une riposte dure de la part de Téhéran. La possibilité que l’Iran mine une partie du Golfe ou bloque le détroit d’Ormuz est bien réelle.
- Les questions israéliennes et égyptiennes sont annexes. Israël a toujours demandé une augmentation de son aide militaire lorsque l’Arabie en bénéficiait et une augmentation des dons américains de 600 millions de dollars l’an, si elle est significative, est néanmoins anecdotique (elle bénéficiera en outre aux industries US). Pour ce qui concerne l’Egypte, ce rééquilibrage face à Israël est automatique en fonction des accords de Camp David.
- Enfin, la vente permet de conforter les positions des industries US face à leurs concurrentes européennes.
- On se sait toujours pas quels sont les armements concernés. Le LCS pourrait l'être - malgré ses déboires - Ryad ayant été intéressée par le concept.
- Fondamentalement, il s'agit de rassurer Ryad face à l'Iran dans le contexte de la conclusion d'un accord sur le nucléaire civil avec 6 autres Etats dont l'Algérie, les Emirats et l'Egypte (je pense que ses détails sont explicités dans le DSI n°21 ou 22, de même que les conceptions saoudiennes en matière de dissuasion). Ryad renforcerait ainsi sa dissuasion classique mais la littérature fait aussi état de l'incapacité de l'Arabie à utiliser correctement son matériel. Un article faisait ainsi état de ce que l'armée de terre saoudienne était incapable de manoeuvrer au niveau brigade.
- Ensuite, il s'agit de faire pression sur Ryad en regard de son rôle dans les affaires irakienne et de Nahr el-Bared (Cf. les différentes éditions de DSI) en l'invitant à "calmer" son jeu. Ryad reste obsédée par la montée en puissance iranienne et a effectué ces mouvements afin de contrer la stratégie d’influence de Téhéran.
- Il s'agit aussi de s'appuyer plus que par le passé sur l'Arabie saoudite : Ryad et le Pakistan entretiennent des relations solides. Or, le Pakistan est le centre de gravité géographique des opérations talibanes en Afghanistan. La situation sur place est également extrêmement préoccupante. Il s'agit aussi de favoriser un règlement rapide de la situation irakienne en y associant un peu plus Ryad mais cette fois d'un point de vue politique.
- Sur un plan plus hypothétique, la manoeuvre d'armement de l'Arabie saoudite pourrait également correspondre à une volonté de contrer/dissuader l'Iran dans une optique où une attaque israélienne sur les centres nucléaires iraniens – qui reste non seulement une possibilité et est faisable (Cf. l’étude du MIT, DSI n°28) – générerait une riposte dure de la part de Téhéran. La possibilité que l’Iran mine une partie du Golfe ou bloque le détroit d’Ormuz est bien réelle.
- Les questions israéliennes et égyptiennes sont annexes. Israël a toujours demandé une augmentation de son aide militaire lorsque l’Arabie en bénéficiait et une augmentation des dons américains de 600 millions de dollars l’an, si elle est significative, est néanmoins anecdotique (elle bénéficiera en outre aux industries US). Pour ce qui concerne l’Egypte, ce rééquilibrage face à Israël est automatique en fonction des accords de Camp David.
- Enfin, la vente permet de conforter les positions des industries US face à leurs concurrentes européennes.
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lundi 30 juillet 2007
20 milliards d'armements pour l'Arabie saoudite
Ledit contrat fait du bruit et est le révélateur de la complexité du Moyen Orient. Plus qu'une accélération d'une hypothétique course aux armements dans la zone - d'un point de vue conventionnel, l'Iran est franchement à la traîne, quelles que puissent être ses démonstrations - ce contrat montre surtout que Washington attend beaucoup de Ryad (envers l'Irak, le Liban, l'Iran et le Pakistan) et lui donne des gages à plusieurs égards... qui redeviendrait un pivot dans sa politique moyen-orientale. Mais le pivot n'est guère contrôllable : 40% des "étrangers" opérant en Irak sont saoudiens...
Il fait aussi oublier que la France a elle aussi reçu des commandes - des rumeurs entourent Eurocopter et les 76 Caesar vendus par Nexter - dans la mesure où l'Arabie saoudite a toujours eu une politique de diversification de ses approvisionnements. Il montre surtout l'état de tension dans lequel Ryad est face à Téhéran.
C'est l'hypothèse que j'ai défendue tantôt face au correspondant à Bruxelles de l'AFP et que je défenderai demain à 08.15 sur RMC. Plus de développements sur ladite radio demain !
Il fait aussi oublier que la France a elle aussi reçu des commandes - des rumeurs entourent Eurocopter et les 76 Caesar vendus par Nexter - dans la mesure où l'Arabie saoudite a toujours eu une politique de diversification de ses approvisionnements. Il montre surtout l'état de tension dans lequel Ryad est face à Téhéran.
C'est l'hypothèse que j'ai défendue tantôt face au correspondant à Bruxelles de l'AFP et que je défenderai demain à 08.15 sur RMC. Plus de développements sur ladite radio demain !
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samedi 28 juillet 2007
La guerre d'Irak, vue de l'intérieur
Nous autres académiques avons l'habitude d'examiner les choses sous un angle global. C'est évidemment la meilleure façon de parvenir à l'essence de nos objets et à leur théorisation mais il est vrai qu'une telle méthode peut nous couper des réalités.
A cet égard, le blog du directeur de la Bibliothèque nationale irakienne est très intéressant. Saad Eskander bataille en permanence pour sauver ses livres. Et comme les livres sont l'espace d'inscription des deux choses les plus précieuses qui soient - la vie et la liberté - ses réflexions et son quotidien méritent un petit détour.
A cet égard, le blog du directeur de la Bibliothèque nationale irakienne est très intéressant. Saad Eskander bataille en permanence pour sauver ses livres. Et comme les livres sont l'espace d'inscription des deux choses les plus précieuses qui soient - la vie et la liberté - ses réflexions et son quotidien méritent un petit détour.
Londres veut un C-17 en plus...
...et porter leur nombre total à 6. Au moment où la fermeture de la chaîne de montage des C-17 est évoquée, avouons que la déclaration tombe à point pour Boeing.
L'Espagne renforce ses capacités ISR spatiales
Le ministère espagnol de la défense a donné son aval au développement, financement, lancement et aux opérations conjointes avec le ministère de l'industrie de deux satellites à usage dual :
- Ingenio, with optical sensors, will be managed by the Center for Technological and Industrial Development (CDTI, a state-owned commercial enterprise managed by the Ministry of Industry) within the framework of Spain’s contribution to the European Space Agency of the Space (ESA). This will be primarily geared to civil missions, but its images will also be available for defense and security applications, as required;
- Paz, with radar sensors, will be managed by the Ministry of Defense. This satellite’s higher resolution will be better suited to military requirements, although it also will be dual-capable, and available for civilian use.
Le développement des capacités spatiales européennes tend à prendre de l'ampleur (pour un état de l'art de la question, Cf. l'article d'Alain De Neve dans T&A n°1). Reste cependant que le manque de coordination à l'échelle européenne est source d'un inutile gaspillage.
De "petits" Etats tels que les Pays-Bas ou le Danemark reçoivent des informations de façon éparses mais ne contribuent guère au financement de programmes coûteux (325 millions d'euros pour les satellites espagnols), tandis que les "grands" Etats mettant en oeuvre ces engins s'appauvrissent alors même qu'ils sont aussi plus naturellement engagés dans de grands programmes d'armement et dans de nombreuses opérations... qui exigent en retour plus de systèmes ISR. Or, les modalités actuelles ne permettent pas de dégager les marges nécessaires à la disposition de systèmes plus perfectionnés.
Le Cosmo/Skymed italien, par exemple, aura une résolution à peine meilleure que celle des images pouvant être achetées à des firmes commerciales. Que la Slovénie, le Portugal et l'Autriche aient contribué et l'investissement aurait pu être plus rentable en termes qualitatifs. Certes me dira-t-on, Cosmo/Skymed est à usage dual et répond à un cahier des charges spécifique (mais jusqu'où les cahiers des charges sont-ils déterminés non par les besoins mais bien par les disponibilités financières ?).
Fondamentalement, de ce point de vue, l'on peut se demander si les Etats européens ne renâclent pas, du point de vue de la mise en avant de la dualité de leurs matériels (notons que c'est également une façon de faire des économies), à reconnaître la vocation politico-militaire de leurs engins.
Baptiser « paix » un satellite SAR qui aidera au ciblage de missiles de croisières, de ce point de vue, montre soit un certain cynisme soit une assimilation des concepts de la dissuasion. Mais l’on peut aussi se demander si ce n’est pas là une façon de rassurer les opinions publiques, un réflexe qui participe également (avec la question britannique) du discours faisant de Galileo un instrument théoriquement civil.
- Ingenio, with optical sensors, will be managed by the Center for Technological and Industrial Development (CDTI, a state-owned commercial enterprise managed by the Ministry of Industry) within the framework of Spain’s contribution to the European Space Agency of the Space (ESA). This will be primarily geared to civil missions, but its images will also be available for defense and security applications, as required;
- Paz, with radar sensors, will be managed by the Ministry of Defense. This satellite’s higher resolution will be better suited to military requirements, although it also will be dual-capable, and available for civilian use.
Le développement des capacités spatiales européennes tend à prendre de l'ampleur (pour un état de l'art de la question, Cf. l'article d'Alain De Neve dans T&A n°1). Reste cependant que le manque de coordination à l'échelle européenne est source d'un inutile gaspillage.
De "petits" Etats tels que les Pays-Bas ou le Danemark reçoivent des informations de façon éparses mais ne contribuent guère au financement de programmes coûteux (325 millions d'euros pour les satellites espagnols), tandis que les "grands" Etats mettant en oeuvre ces engins s'appauvrissent alors même qu'ils sont aussi plus naturellement engagés dans de grands programmes d'armement et dans de nombreuses opérations... qui exigent en retour plus de systèmes ISR. Or, les modalités actuelles ne permettent pas de dégager les marges nécessaires à la disposition de systèmes plus perfectionnés.
Le Cosmo/Skymed italien, par exemple, aura une résolution à peine meilleure que celle des images pouvant être achetées à des firmes commerciales. Que la Slovénie, le Portugal et l'Autriche aient contribué et l'investissement aurait pu être plus rentable en termes qualitatifs. Certes me dira-t-on, Cosmo/Skymed est à usage dual et répond à un cahier des charges spécifique (mais jusqu'où les cahiers des charges sont-ils déterminés non par les besoins mais bien par les disponibilités financières ?).
Fondamentalement, de ce point de vue, l'on peut se demander si les Etats européens ne renâclent pas, du point de vue de la mise en avant de la dualité de leurs matériels (notons que c'est également une façon de faire des économies), à reconnaître la vocation politico-militaire de leurs engins.
Baptiser « paix » un satellite SAR qui aidera au ciblage de missiles de croisières, de ce point de vue, montre soit un certain cynisme soit une assimilation des concepts de la dissuasion. Mais l’on peut aussi se demander si ce n’est pas là une façon de rassurer les opinions publiques, un réflexe qui participe également (avec la question britannique) du discours faisant de Galileo un instrument théoriquement civil.
vendredi 27 juillet 2007
Manipulations Inc. (2)
Je dois avouer mon étonnement après le visionnage de cette vidéo : soit il y a eu clairement manipulation des images comme des paroles (la mouvance "Le 11 septembre a été organisé par les Américains eux-mêmes" n'en étant pas à cela près), soit il va peut être y avoir comme un léger problème dans les relations franco-américaines.
Par ailleurs, madame la Ministre, si je puis me permettre et sans être élitiste, ce que vous appelez "les masses" n'a pas toujours eu raison. Entre Nuremberg et autres rassemblements nazis où lesdites masses tendaient le bras et la révolution culturelle chinoise, le "nombre mobilisé et marchant au même pas" a toujours été instrumentalisé pour légitimer des poussées totalitaires.
Ce type de manipulation, fondée sur l'induction - jamais totalement avouée - d'une légimité à travers les chiffres est certes un classique des écoles de marketing et de la psychologie sociale mais est surtout un des traits distinctif des nouvelles approches en PSYOPS, fondées sur les sites web et autres blogs. En générant de l'audience (artificiellement le cas échéant, la plupart des compteurs en ligne pouvant être aisément manipulables) on pousse le récepteur à penser qu'il ne peut avoir tort en visitant ledit site. Dans le même temps, le récepteur s'identifiera plus spécifiquement à un groupe social - un type de réflexe favorisé dans les périodes d'incertitude et qui marche particulièrement bien entre Israël et la Palestine, des deux côtés d'ailleurs.
Reste ensuite à faire passer le message, ce qui se fera d'autant mieux pour Thierry Meyssan et Cie. dès lors que l'incertitude contextuelle est propice aux théories du complot mais aussi, plus généralement, aux prises de position dépourvues de toute nuance.
Par ailleurs, madame la Ministre, si je puis me permettre et sans être élitiste, ce que vous appelez "les masses" n'a pas toujours eu raison. Entre Nuremberg et autres rassemblements nazis où lesdites masses tendaient le bras et la révolution culturelle chinoise, le "nombre mobilisé et marchant au même pas" a toujours été instrumentalisé pour légitimer des poussées totalitaires.
Ce type de manipulation, fondée sur l'induction - jamais totalement avouée - d'une légimité à travers les chiffres est certes un classique des écoles de marketing et de la psychologie sociale mais est surtout un des traits distinctif des nouvelles approches en PSYOPS, fondées sur les sites web et autres blogs. En générant de l'audience (artificiellement le cas échéant, la plupart des compteurs en ligne pouvant être aisément manipulables) on pousse le récepteur à penser qu'il ne peut avoir tort en visitant ledit site. Dans le même temps, le récepteur s'identifiera plus spécifiquement à un groupe social - un type de réflexe favorisé dans les périodes d'incertitude et qui marche particulièrement bien entre Israël et la Palestine, des deux côtés d'ailleurs.
Reste ensuite à faire passer le message, ce qui se fera d'autant mieux pour Thierry Meyssan et Cie. dès lors que l'incertitude contextuelle est propice aux théories du complot mais aussi, plus généralement, aux prises de position dépourvues de toute nuance.
Athéna et moi en mode dégradé
Depuis aujourd'hui 14 heures, je suis officiellement en vacances et ce jusqu'au 16 août. Un retour au pays demain matin et une jubilatoire suite de barbecues sans compter un petit saut à Prague m'attendent.
Ce qui signifie aussi que les mises à jour ce blog ne seront sans doute plus aussi régulières durant les prochains jours.
C'est cependant pour revenir en pleine forme... et vous livrer le prochain Technologie & Armement.Il comptera notamment un article sur les missiles de croisière indonésiens, un entretien avec les responsables du projet PA2, des articles et des interviews sur le concept Stanflex, les secrets d'un Exocet Block3 à présent apte à la frappe terrestre, ceux du SIDM, une analyse des retours d'expérience du Stryker, celle des tactiques et technologies utilisées par les unités du génie de Tsahal, un entretien sur le VBCI et quelques autres articles.
Ce qui signifie aussi que les mises à jour ce blog ne seront sans doute plus aussi régulières durant les prochains jours.
C'est cependant pour revenir en pleine forme... et vous livrer le prochain Technologie & Armement.Il comptera notamment un article sur les missiles de croisière indonésiens, un entretien avec les responsables du projet PA2, des articles et des interviews sur le concept Stanflex, les secrets d'un Exocet Block3 à présent apte à la frappe terrestre, ceux du SIDM, une analyse des retours d'expérience du Stryker, celle des tactiques et technologies utilisées par les unités du génie de Tsahal, un entretien sur le VBCI et quelques autres articles.
Un premier prototype de blended wing a volé
On parle des "blended wings" depuis maintenant quelques années. Permettant d'améliorer l'aérodynamique et la consommation de carburant, cette formule très particulière permettrait à terme d'emporter du cargo ou des passagers dans les ailes elles-mêmes. C'est dans ce cadre que vient de se produire le premier vol du X-48B. Boeing ne voit pas d'applications commerciales immédiates mais la branche défense semble intéressée par le concept.
Japon : un chasseur de 5ème génération ?
Désirant acheter des F-22, le Japon semble avoir été particulièrement aigrit de constater que la recommandation du commandant du PACOM américain n'allait pas en ce sens (on notera par ailleurs que tous les verrous juridiques limitant la possibilité de vente de l'appareil ont été levés par le législateur américain).
Dans ce cadre, Tokyo a menacé de développer son propre chasseur. Si l'effort financier qu'une telle démarche impliquerait serait considérable, le TRDI japonais a déjà dans ses cartons un démonstrateur aux formes assez futuristes, dont nous avions présenté la maquette dans le n°25 de DSI (avril) et dont 4 prototypes devraient - sauf improbable coupe budgétaire - être construits.
Dans ce cadre, Tokyo a menacé de développer son propre chasseur. Si l'effort financier qu'une telle démarche impliquerait serait considérable, le TRDI japonais a déjà dans ses cartons un démonstrateur aux formes assez futuristes, dont nous avions présenté la maquette dans le n°25 de DSI (avril) et dont 4 prototypes devraient - sauf improbable coupe budgétaire - être construits.
Somalie : vers la techno-guérilla ?
Cela fait maintenant plus d'un an que DSI suit l'affaire somalienne. En particulier, nous avions été les premiers à traiter du sujet sous l'angle stratégique, dans notre numéro d'avril. L'une des conclusions du dossier était que, sur le fond, l'effondrement rapide des Tribunaux islamiques ne réglait pas le problème de fond. Par ailleurs, plutôt que d'effondrement, mieux vaut-il parler de dispersion.
Et, de fait, les unités de l'UA avaient été accueillies à coups de tirs de mortiers, les opérations se poursuivant en suivant des rythmes déphasés et chaotiques. A cet égard, un nouveau rapport des Nations Unies montre que cet effondrement quasi-perpétuel de l’Etat somalien est assez largement nourri pas des ingérences étrangères. Il y avait, certes, eu le « blitzkrieg éthiopien » du début 2007 mais également des livraisons d’armes de divers acteurs dont l’Erythrée, qui s’est empressée de nier.
En réalité, selon le rapport, la Somalie n’aurait jamais eu autant d’armes sur son sol que maintenant. Des photos et une vidéo montrant des SA-18 ont ainsi été présentées. Un appareil ukrainien, touché, a ainsi dû faire un atterrissage d’urgence à Mogadiscio. Au moins 6 de ces missiles auraient été livrés aux Tribunaux islamiques. Au moins 13 rotations au départ d’Asmara d’un B-707 ghanéen ont également été rapportées.
Se prépare-t-on à voir émerger, dans les prochains mois, une structure de combat hybride, entre guérilla classique et techno-guérilla ?
Et, de fait, les unités de l'UA avaient été accueillies à coups de tirs de mortiers, les opérations se poursuivant en suivant des rythmes déphasés et chaotiques. A cet égard, un nouveau rapport des Nations Unies montre que cet effondrement quasi-perpétuel de l’Etat somalien est assez largement nourri pas des ingérences étrangères. Il y avait, certes, eu le « blitzkrieg éthiopien » du début 2007 mais également des livraisons d’armes de divers acteurs dont l’Erythrée, qui s’est empressée de nier.
En réalité, selon le rapport, la Somalie n’aurait jamais eu autant d’armes sur son sol que maintenant. Des photos et une vidéo montrant des SA-18 ont ainsi été présentées. Un appareil ukrainien, touché, a ainsi dû faire un atterrissage d’urgence à Mogadiscio. Au moins 6 de ces missiles auraient été livrés aux Tribunaux islamiques. Au moins 13 rotations au départ d’Asmara d’un B-707 ghanéen ont également été rapportées.
Se prépare-t-on à voir émerger, dans les prochains mois, une structure de combat hybride, entre guérilla classique et techno-guérilla ?
jeudi 26 juillet 2007
L'empire contre-attaque ?
Faisant face à des difficultés budgétaires mais aussi à des critiques concernant l'aptitude à soutenir des opérations très consommatrices en hommes voire à des manquements tels que la non-fourniture des munitions des canons de ses Typhoons, la Grande-Bretagne va connaître une évolution assez radicale de son budget de défense.
Ainsi, le budget de défense va être augmenté de 7,7 milliards de livres durant les 3 prochaines années.
Dans ce cadre, le feu vert a été donné à la construction des deux CVF - une donnée importante pour la poursuite du PA2 français. Les officiels ont toutefois exclus qu'une partie de la coque des bâtiments britanniques puissent être construite en France. Par contre, des éléments des îlots pourraient être construits en France.
3,9 milliards de Livres vont être affectées à la construction des deux navires. En outre, les bases de Plymouth, Portsmouth et Faslane resteront opérationnelles (il avait été question d'en fermer une).
Ainsi, le budget de défense va être augmenté de 7,7 milliards de livres durant les 3 prochaines années.
Dans ce cadre, le feu vert a été donné à la construction des deux CVF - une donnée importante pour la poursuite du PA2 français. Les officiels ont toutefois exclus qu'une partie de la coque des bâtiments britanniques puissent être construite en France. Par contre, des éléments des îlots pourraient être construits en France.
3,9 milliards de Livres vont être affectées à la construction des deux navires. En outre, les bases de Plymouth, Portsmouth et Faslane resteront opérationnelles (il avait été question d'en fermer une).
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