vendredi 28 août 2009
Juste pour le week-end : un peu de robotique en musique
J'en avait parlé à Michel pendant mon passage de juin à St Cyr. Et bien voilà. Inutile de dire que je considère Royksopp comme l'un des meilleurs groupes sur la scène post-humuniste. Malheureusement, la version officielle du clip n'est pas disponible pour cause de copyright. Celle de remind me et son délicieux parfum de micro-systémique, par contre, l'est :
LCS-2, FIST, SEP et autres...

...seront au menu du prochain DSI-Technologies, avec en prime un assez long article de Jean-Louis sur le devenir de la flotte de "2000" et des interviews de P. Le Pautremat sur les forces spéciales (il a récemment fait paraître un ouvrage sur le sujet) et de P. Baulon sur les antimissiles.
Avec également quelques autres articles qui méritent le détour, des Wargames aux tendances de la stratégie des moyens navals en passant par la suite de la série sur la sociologie technique des drones de Gregory Pajon et Christophe Boutherin, du Centre de Recherche de l'armée de l'Air.
Mais il faudra patienter encore un peu. La bête sera en kiosque vers le 11 septembre.
jeudi 27 août 2009
Aux sources du terrorisme
Hélène L’HEUILLET, Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides, Fayard, Paris, 2009, 346 p.
Si les stratégistes en ont déjà beaucoup dit sur le terrorisme, les philosophes sont restés relativement discrets sur le sujet. Et en particulier ces philosophes que nous pourrions qualifier d’opérationnels, qui évitent de s’engoncer dans des logiques verbeuses (où l’attention portée à la rhétorique se fait au dépend du sens général du propos), leur préférant le décryptage et l’analyse.
Hélène L’Heuillet appartient justement à cette catégorie des analystes. Elle produit un ouvrage riche, dense et explicite proposant de remonter aux sources du terrorisme. Il ne s’agit pas ici de décrire les menaces ou d’évaluer leur probabilité d’occurrence mais bien de disséquer un phénomène qui n’est ni neuf ni si fragmenté qu’il n’existerait pas, comme le pensait D. Bigo.
L’auteure, à cet égard, révèle (et démontre) qu’il existe plus qu’une unicité du terrorisme mais bien une véritable filiation, des lignes de continuité dans ce qui peut être posé en soi comme une stratégie. L’œil du philosophe apporte, ici, plus qu’on ne pourrait le croire : croiser sa lecture avec les enseignements de S. Naveh montre que le terrorisme constitue un mode d’action de niveau opérationnel-stratégique.
H. L’Heuillet fait référence à Freud (classiquement) avant de questionner (notre liste n’est pas exhaustive) Clausewitz, Schopenhauer, Nietzche, le nihilisme ou encore la démocratie. C’est érudit, c’est solidement argumenté et l’auteure d’aboutir à une conclusion non seulement brillante mais qui ouvre également des portes conceptuelles extrêmement porteuses (à notre sens) : « l’idée que le terrorisme serait « l’arme des faibles » est déjà non-démocratique et commet l’erreur de transposer dans la réalité ce qui n’est que rhétorique politique » (p. 321). Bien écrit et clair – quoique requérant la connaissance des bases élémentaires de la philosophie – il constitue un éclairage précieux.
Libellés :
Miam des livres,
Stratégie,
Terrorisme
mercredi 26 août 2009
Lectures : Clausewitz in the 21st Century

Hew STRACHAN and Andreas HERBERG-ROTHE (Eds.), Clausewitz in the Twenty-First Century, Oxford University Press, London, 2009, 319 p.
Cet ouvrage sur Clausewitz constituera sans aucun doute avec De la guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine (Cf. DSI n°42) l’une des grandes références sur le sujet.
Les auteurs – les meilleurs experts mondiaux du général prussien, dont Benoît Durieux – examinent ici une série de questions essentielles et examinent successivement : le rapport de Clausewitz à la guerre, à la non-linéarité, à la primauté du politique et aux évolutions de la « trinité », à la notion d’objectif, aux forces morales, aux sciences sociales, à la victoire, à la défense, à la petite guerre, à la privatisation de la guerre, à la « guerre contre le terrorisme », à la guerre de l’information, aux démocraties ou à la limitation de la violence.
Les thématiques sont variées et les auteurs ont à cœur de comprendre totalement les mécanismes clausewitzien, au besoin en réexaminant les traductions effectuées jusqu’ici et qui ont pu tromper le lecteur. Un chapitre est d’ailleurs dédié à cette question. Si l’ouvrage fera date, c’est également parce qu’il réfère à des études stratégiques de haute volée, la méthode utilisée démontrant clairement que Clausewitz a encore beaucoup de choses à nous apprendre.
Les interprétations qui peuvent être données à l’un ou l’autre de ses concepts sont encore nombreuses et démontrent in fine l’ampleur de la pensée du Prussien. Aussi l’ouvrage est-il d’abord réservé à un public averti : si les discussions sont académiques, leur portée est directement pratique. Une bonne connaissance préalable des travaux de et sur le général-écrivain est donc nécessaire. Mais, pour celle ou celui qui la possède, l’ouvrage ne manquera pas de faire réfléchir. Indispensable donc pour les aficionados du grand Carl. J.H.
mardi 25 août 2009
Lectures : Wired for War
Peter W. Singer, Wired for War. The Robotics Revolution and Conflict in the 21st Century, The Penguin Press, New York, 2009, 499 p. D’emblée, l’ouvrage impressionne : parler en 500 pages de la robotique dans les opérations militaire là où David Axe (Warbots, Nimble Books, 2008) n’en écrivait que 88 ? Doit-on s’attendre à un inventaire à la Prévert portant sur les UAV, UCAV, USV, UGV, UGCV, et autres UUV ? Justement, non, bien au contraire.
Il s’agit bien ici d’un ouvrage d’analyse approfondie, des points de vue tactique, stratégique, historique, éthique, économique mais aussi philosophique et sociologique de l’art de la guerre robotisée. Pas ici question de plaidoyer « pro » ou « anti » : l’auteur, chercheur à la Brookings a qui l’on doit des ouvrages remarqués sur la privatisation de la guerre ou les enfants-soldats effectue une analyse minutieuse qui lui a pris des années.
Allant sur le terrain en Afghanistan ou en Irak, il montre comment les hommes en viennent, par exemple, à s’émouvoir parce que leur robot a subi une attaque. Au-delà des anecdotes, nombreuses, la plume légère et « à l’américaine » de l’intellectuel pousse à fond le concept de robotique, l’interroge et l’humilie au contact des réalités – sous oublier l’ombre portée d’une science fiction qui joue un rôle moteur dans ces développements.
Il s’agit bel et bien de voir jusqu’où, comment et sous quelles formes la robotisation va innerver les forces armées – certes américaines mais aussi alliées, et potentiellement, adverses. L’ouvrage, en ce sens, ne constitue qu’une petite pierre aux travaux portant sur les opérations futures mais les questions posées sont plus que pertinentes.
Si les réponses manquent parfois d’un peu de systématisme et d’esprit de synthèse, c’est aussi parce qu’elles restent ouvertes. Si vous vous intéressez à la technologie, à la robotique ou à la stratégie des moyens, cet ouvrage – une véritable bible sur la question – est manifestement fait pour vous. J.H.
lundi 24 août 2009
Le Charles de Gaulle va reprendre la mer
Selon un communiqué du CECMED, "Dans le cadre des travaux de remise en état de sa propulsion, le porte-avions procédera à des essais techniques en mer à partir du 25 août 2009. En mars dernier, le chef d’état major de la marine avait décidé de suspendre le programme d’activités à la mer du bâtiment après le constat de l’usure anormale de deux pièces mécaniques d’entraînement des lignes d’arbres. Depuis, la cause du problème a été identifiée et les deux pièces ont été changées. A l’issue des essais et des vérifications techniques, le Charles de Gaulle devrait reprendre son programme de remise en condition opérationelle".
mardi 18 août 2009
DSI 51 : en force sur la rentrée !
Et oui, nous y sommes : la rentrée approche à grand pas et la rédaction vous a préparé un DSI aux petits oignons. S'il sera en kiosque le 1er septembre, voici toujours un aperçu de son contenu :Sécurité
Comment envisager la notion de puissance de feu de nos jours ? Si, pour Foch, « le feu tue », il n’en demeure pas moins que son usage peut aussi être contre-productif. En réalité, même, le feu pourrait être un substitut au combat lui-même, en cherchant à soumettre/détruire à distance, au moindre risque. Doctorant en histoire, Benoist BIHAN inaugure ici la première d’une série de chroniques consacrées aux tendances de la stratégie.
Autre tendance, celle non de l’émergence de la guerre de l’information – domaine qui, dans son acception classique, approche maintenant de ses 20 ans – mais bien de son assimilation dans les méthodes des armées… ainsi que des milices, groupes insurgés et autres terroristes. Dans la foulée de l’ouvrage qu’il a co-écrit sur le sujet avec Thomas RID, Marc HECKER nous a accordé une interview et pose la question : « Armées contre insurgés, à qui profite le web ? »
Stratégie
Il y a un peu plus de 10 ans, l’OTAN menait l’opération Allied Force au Kosovo, laquelle révélait une série de carences dans les armées européennes. Nous avons interviewé le général Jean-Patrick GAVIARD, alors commandant des forces aériennes françaises engagées dans l’opération, afin d’analyser avec lui, rétrospectivement, quel bilan en tirer.
Retour dans l’actualité avec le lieutenant-colonel Marie-Dominique CHARLIER. À présent au CDEF, elle a été en poste en tant que conseiller politique auprès de l’ISAF, en Afghanistan, durant six mois. Tout en présentant cette fonction, elle livre également son analyse de la situation de même que quelques réflexions sur l’évolution du théâtre.
Nous avions récemment évoqué (cf. DSI n°48, mai 2009) les travaux de Shimon Naveh sur l’art opératif. Benoist BIHAN revient ici sur les spécificités d’un niveau qu’il considère comme « artistique » – soit caractéristique de l’art de la guerre. Il invite ainsi à reconsidérer les notions de dislocation, de paralysie mais esquisse également quel pourrait être l’art opératif des opérations futures.
L’émergence de la « postmodernité » a des impacts militaires certains : accroissement de l’individualisme, mutation des loyautés et des identités sont autant de facteurs qui touchent les armées. Chef d’escadron dans la Gendarmerie, Richard PEGOURIE pose une question pertinente : « Peut-on commander dans la postmodernité ? »
Armées
Huitième marine du monde, la Marina Militare italienne est héritière d’un riche passé. Intéressantes, les mutations qu’elle connaît actuellement sont celles d’une adaptation non seulement de ses moyens mais également de ses ambitions. Emmanuel VIVENOT examine ses unités amphibies et l’expérience qu’elles ont accumulées. Philippe LANGLOIT et Joseph HENROTIN reviennent, quant à eux, sur l’évolution de ses moyens de surface, aéronavals et sous-marins, avant notre traditionnel tableau de bord.
Unités
Invitation au voyage comme au savoir, la Jeanne d’Arc a toujours été plus qu’une école embarquée : c’est aussi un bâtiment mythique et, presque paradoxalement au vu de son âge, bien opérationnel. Diplomatie navale, lutte contre la piraterie, sont autant de missions qu’elle remplies jusqu’ici, tout en offrant une école d’application bien rôdée qui forme les marins de demain. Véronique SARTINI a embarqué pour l’avant-dernière croisière de la grande dame et nous rapporte aussi bien les bruits de coursive que la concentration des élèves-officiers… L’une de nos fiches techniques est par ailleurs consacrée au bâtiment.
Technologie
Un vieil adage dit que les navires sont en sécurité au port mais que ce n’est pas ce pourquoi ils sont faits. En réalité cependant, les ports sont des infrastructures éminemment vulnérables : les attaques de Tarente, Pearl Harbor, Alexandrie démontrent clairement que la protection des marines n’est pas qu’affaire de radars et d’armements embarqués. Stéphane FERRARD revient sur quelques-unes des attaques les plus spectaculaires ayant visé des flottes théoriquement en sécurité. Joseph HENROTIN aborde, quant à lui, la question de la protection de ports civils, particulièrement vulnérables, et ayant fait, depuis le 11 Septembre, l’objet d’une attention toute particulière en matière de sécurisation.
Plus d'armes nucléaires sur le De Gaulle ?
Selon des officiels français cités par le blog de la Federation of American Scientists, le porte-avions Charles de Gaulle n’embarquera plus de charges nucléaires « durant des circonstances normales ». Les charges seraient toutefois conservées à terre et rembarquées durant les situations de crise. Concrètement, la soute à "munitions spéciales" a été réaménagée pour les ASMP-A au cours de la dernière IPER.
Hans Kristensen indique également que cette mesure pourrait avoir été d'application depuis un certain temps mais qu'elle n'avait pas encore été reconnue. La France rejoindrait ainsi la Russie et les États-Unis en matière d’installation d’armes nucléaires à bord de bâtiments de surface (ils avaient débarqués ces armes en 90-91, certaines restant stockées à terre).
Hans Kristensen indique également que cette mesure pourrait avoir été d'application depuis un certain temps mais qu'elle n'avait pas encore été reconnue. La France rejoindrait ainsi la Russie et les États-Unis en matière d’installation d’armes nucléaires à bord de bâtiments de surface (ils avaient débarqués ces armes en 90-91, certaines restant stockées à terre).
vendredi 14 août 2009
La peluche "champignon atomique" existe bel et bien
Back online... et prêt à foncer
Après quelques tours mémorables (filer à 45 miles sur l'Hudson, monter au sommet du Rockfeller Center, se faire le MoMA et le MET, faire un coucou aux canards du Capitole - les oies étaient devant le monument à Jefferson -, traverser le countryside en Acela, religieusement entrer dans l'Intrepid Museum et le Smithsonian Air & Space Museum) et une bonne centaine de km de marche à pieds dans les pattes, je reviens avec une nouvelle vision des States.
Le cerveau est évidemment saturé d'images et de sensations. Avoir fait sa thèse sur le rapport aux technologies des Américains et expérimenter in vivo vaut évidemment le coup, ne serait-ce que pour atomiser un certain nombre d'idées reçues sur les Etats-Unis. Et ce dans leur rapport à l'investissement public, au capitalisme, à la notion d'intégration ou encore au patriotisme.
Derrière le très apparent "tout au fric" d'un capitalisme pas si débridé que ça, chaque acte est action patriotique. Il est intéressant de voir à quel point les deux sont liés, particulièrement à NY, où presque tous les ouvriers de chantiers arborent de petits (ou de grands) autocollants montrant la "star spangleds banneer" sur leurs casques. C'est une culture extrêmement particulière : derrière le business, il y a aussi l'amour de la nation.
Pour autant, ce patriotisme est loin d'être exclusif/excluant. En posant la question à un chauffeur de taxi WASP, il me donne la réponse : ici, la géographie de l'origine (ou des racines) n'a pas vraiment d'importance, parce que le projet américain n'a pas de limites, aucune fin ne peut être atteinte, la Frontier est partout, que ce soit dans la fin de la construction d'un bâtiment (il y en aura d'autres...), la richesse personnelle, le savoir ou la liberté d'expression.
Tout WASP qu'il est, il reconnaît que la question de l'intégration ne se pose pas : si on immigre ici, c'est que l'on adhère profondément aux idéaux (et sans cesse palpables) fondant le pays. Dès lors, les annonces en anglais doublées en espagnol dans le métro (ou ailleurs), les femmes en sari ou en hidjab ne posent aucun problème ou sentiment de problème : ce n'est tout simplement pas à ce niveau que se pose la question de l'intégration au pays. Peut-être sa réponse aurait-elle été différente s'il avait été d'ailleurs, plus au nord. En tout état de cause, ça laisse songeur.
Dernière question à notre chauffeur de taxi dans sa gigantesque Lincoln : croit-il au déclin américain ? Il sourit tranquillement avant de répondre que quelque chose qui se renouvelle sans cesse ne peut décroître...
vendredi 31 juillet 2009
DSI Hors-Série n°7 : un peu à l'avance, le sommaire...

DSI Hors-Série n°7, août-septembre 2009
En kiosque dès le 13 août 2009
Editorial
Politique
Liens armée-nation, politique de la mémoire et anciens combattants : quelques défis
Entretien avec Hubert Falco, Secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants
La France et l’OTAN : quels impacts ?
Jean-Jacques Mercier
La France et la PESD : des réalisations en attente de concrétisation
Jean-Jacques Mercier
OPEX : la France sur tous les fronts
Stéphane Ferrard
Carte : les forces françaises de souveraineté et de présence
Frapper dans la profondeur : le maillon faible ?
Joseph Henrotin
Le meilleur des ambassadeurs : Marine nationale et diplomatie navale
Entretien avec Hervé Coutau-Bégarie, directeur des cours de stratégie au CID, président de l’ISC
Patrouille de France : place au rêve
Véronique Sartini
Organisation
Faire aussi bien avec moins ! L’armée de Terre rétrécit…
Jérôme Palmade
Tableau de bord : les forces opérationnelles terrestres
ALAT : Dax s’ouvre au privé…
Frédéric Lert
L’Espace : Paris reste en position défensive
Philippe Langloit
Que reste-t-il de la place de la Gendarmerie dans le monde de la défense ?
Entretien avec le général Roland Gilles, DGGN
RETEX
L’armée de l’Air dans les OPEX : quel retour d’expérience ?
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
Armée de l’Air : coup de chaud pour les guerriers de la guerre froide…
Frédéric Lert
Le commandement des opérations spéciales (COS). La traversé du désert ?
Stéphane Ferrard
Tableau de bord : opérations spéciales
Entraînement au combat en zone urbaine : le CENZUB à l’avant-plan
Stéphane Ferrard
Matériels
Les fantassins enthousiasmés par le VBCI
Jean-Louis Promé
Opérations sous-marines : vers le Barracuda
Entretien avec le capitaine de vaisseau Jérôme Sciard, commandant l’escadrille de SNA
La grande mutation des opérations amphibies
Joseph Henrotin
Les L-CAT
Jean-Jacques Mercier
Le transport aérien militaire français à un tournant historique
Entretien avec Alain Silvy, Général de division aérienne, sous-chef plans et programmes à l’EMAA
Armées : peut-on allier quantité et qualité ? Quelques réflexions sur la stratégie des moyens des forces
Jean-Jacques Mercier et Joseph Henrotin
Quelques vacances...
... bien méritées s'annoncent pour moi comme pour ce blog. Dès 1400, je sera officiellement en congé, ma prochaine mission consistant à réviser mon anglais américain.
Y'a pas à dire : même lorsque l'on est passionné par son job, faire la pause s'avère utile. La rentrée sera chargée : après le hors-série n°7 (sortie le 13 août), c'est au tour du DSI 51 (2 septembre) puis du DSI-T n°19 (15 septembre), du DSI 52 (2 octobre), du hors-série n°8 (mi-octobre) et ainsi de suite.
Sans compter quelques cours et conférences, l'un ou l'autre chapitre d'ouvrage (note à Grégory : si, si, c'est presque prêt ;o), l'Université d'Eté de la défense, la sortie de Seapower en octobre et, probablement, celle du petit suivant : L'ultime bouclier. La résilience dans l'anti-terrorisme est presque terminé. Il sera plus léger en termes de nombre de pages que les ouvrages précédents mais n'en sera pas moins costaud du point de vue du contenu.
But du jeu, alterner théorie et pratique, avec un examen de fond des politiques française et belge en la matière. Et il y a quelques perles, comme ce petit manuel "à destination des pères de familles" datant de 1932 et portant sur les réactions à adopter en cas d'attaque aérienne. De la pure résilience construite avec un niveau intellectuel assez élevé.
En bref, il y aura de l'action : j'ai passé il y a deux semaine le cap des 500 publications (soit quelque chose de plus de deux pages) et ce n'est pas prêt de s'arrêter ;o)
Y'a pas à dire : même lorsque l'on est passionné par son job, faire la pause s'avère utile. La rentrée sera chargée : après le hors-série n°7 (sortie le 13 août), c'est au tour du DSI 51 (2 septembre) puis du DSI-T n°19 (15 septembre), du DSI 52 (2 octobre), du hors-série n°8 (mi-octobre) et ainsi de suite.
Sans compter quelques cours et conférences, l'un ou l'autre chapitre d'ouvrage (note à Grégory : si, si, c'est presque prêt ;o), l'Université d'Eté de la défense, la sortie de Seapower en octobre et, probablement, celle du petit suivant : L'ultime bouclier. La résilience dans l'anti-terrorisme est presque terminé. Il sera plus léger en termes de nombre de pages que les ouvrages précédents mais n'en sera pas moins costaud du point de vue du contenu.
But du jeu, alterner théorie et pratique, avec un examen de fond des politiques française et belge en la matière. Et il y a quelques perles, comme ce petit manuel "à destination des pères de familles" datant de 1932 et portant sur les réactions à adopter en cas d'attaque aérienne. De la pure résilience construite avec un niveau intellectuel assez élevé.
En bref, il y aura de l'action : j'ai passé il y a deux semaine le cap des 500 publications (soit quelque chose de plus de deux pages) et ce n'est pas prêt de s'arrêter ;o)
mardi 28 juillet 2009
L'INS Arihant, premier SNLE indien, a été lancé
Le premier sous-marin à propulsion nucléaire indien, issu du programme ATV (Advanced Technology Vessel) a baptisé INS Arihant (littéralement « destructeur d’ennemis ») a été lancé le 26 juillet. On en sait désormais plus sur le navire, qui appartiendra à la catégorie des SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins) plutôt qu’à celle des SNA (Sous-marins Nucléaires d’Attaque). D’un déplacement « de plus de 6 000 tonnes » pour une longueur de 112 m, le bâtiment est propulsé par un réacteur nucléaire d’une puissance de 85 MW.
Les officiels indiens ont par ailleurs souligné l’aide apportée par la Russie. L’Arihant aurait une profondeur d’immersion de 300 m et pourrait atteindre les 30 nœuds et serait armé d’un équipage d’une centaine d’hommes. Il sera équipé de 12 missiles K-15/Sagarika, dont la nature exacte n’avait jusqu’ici pas été connue. En réalité, il s’agira bien de missiles balistiques (et non de croisière) d’une portée de 700 à 750 km selon les sources.
Lancé en immersion, le missile bénéficie d’un guidage inertiel et serait équipé d’une charge, nucléaire ou conventionnelle, d’une masse d’une tonne. Il a été testé à six reprises dont une depuis un ponton immergé. Les missiles sont installés par groupes de 4 dans 4 conteneurs de lancement installés derrière le kiosque. Selon certaines sources, les conteneurs pourraient également accueillir des missiles antinavires/de frappe terrestre supersoniques Brahmos.
L’Arihant va maintenant entrer dans une phase d’essais en mer d’une durée estimée de 2 à 3 ans. Il pourrait être admis au service en 2011 et jusque 5 navires pourraient être construits. L’Inde doit également recevoir deux sous-marins nucléaires d’attaque de classe Akula II de la Russie.
Les officiels indiens ont par ailleurs souligné l’aide apportée par la Russie. L’Arihant aurait une profondeur d’immersion de 300 m et pourrait atteindre les 30 nœuds et serait armé d’un équipage d’une centaine d’hommes. Il sera équipé de 12 missiles K-15/Sagarika, dont la nature exacte n’avait jusqu’ici pas été connue. En réalité, il s’agira bien de missiles balistiques (et non de croisière) d’une portée de 700 à 750 km selon les sources.
Lancé en immersion, le missile bénéficie d’un guidage inertiel et serait équipé d’une charge, nucléaire ou conventionnelle, d’une masse d’une tonne. Il a été testé à six reprises dont une depuis un ponton immergé. Les missiles sont installés par groupes de 4 dans 4 conteneurs de lancement installés derrière le kiosque. Selon certaines sources, les conteneurs pourraient également accueillir des missiles antinavires/de frappe terrestre supersoniques Brahmos.
L’Arihant va maintenant entrer dans une phase d’essais en mer d’une durée estimée de 2 à 3 ans. Il pourrait être admis au service en 2011 et jusque 5 navires pourraient être construits. L’Inde doit également recevoir deux sous-marins nucléaires d’attaque de classe Akula II de la Russie.
lundi 27 juillet 2009
Armes nucléaires en Belgique : pourquoi Philippe Mahoux se trompe de cible
Paradoxalement, c'est par la presse japonaise que l'on a appris l'intention du sénateur Philippe Mahoux de déposer une proposition de loi portant sur la prohibition "de la fabrication, de la réparation, de l’exposition, de la vente, du transport et du dépôt sur le territoire belge des systèmes d’armement nucléaire".
La Belgique accueille à Kleine Brogel une vingtaine de bombes B-61 destinées à éventuellement être larguées par les F-16 qui y sont basés. Je ne reviendrai pas là-dessus, André Dumoulin ayant très largement (et très pertinemment) travaillé sur la question.
Par contre, le sénateur se trompe, sur plusieurs points :
- Premièrement, la question est éminement politique : l'implication de la Belgique dans le dispositif otanien relève d'accords secrets avec Washington - personne n'en connait donc la teneur exacte. Cependant, les "doubles clés" permettent également à Bruxelles d'avoir son mot à dire en matière d'utilisation potentielle de ces armes :
- Deuxièmement, révéler cette teneur pourrait ne pas être une bonne idée, d'autant plus que les réductions successives du budget de défense belge ont eu le don d'énerver nos partenaires de l'OTAN : si ces armes permettent à la Belgique d'être entendue à Washington, elles permettent aussi d'acheter "en nature" une partie de la sécurité de Bruxelles.
- Troisièmement, comme le montre bien J-P. Baulon, il existe une corrélation historique entre remise en question des éléments de la dissuasion (comme de la dissuasion elle-même) et focalisation sur les antimissiles. L'avènement de B. Obama et de son attitude plus méfiante à l'égard de ces systèmes, ne doit pas faire oublier la sociologie politique de Washington et le fait que les lobby pro-antimissiles y restent influents. Or, ces antimissiles sont également dans la ligne de mire des mouvements pacifistes auquel se rattache P. Mahoux.
- Quatrièmement, si l'intention du sénateur de favoriser la non-prolifération "en évitant de donner le mauvais exemple" est louable, force est aussi de constater que, depuis le milieu des années 1980, le nombre d'armes britanniques, françaises, américaines et russes n'a cessé de décroître. Il s'agissait également de réduire la tentation de la prolifération. Mais force est de constater que "l'exemple" donné n'a pas calmé les ardeurs prolifératoires des uns et des autres. Fondamentalement, on ne construit pas des armes nucléaires "pour imiter" les grandes puissances mais bien pour disposer d'un argument politique de poids.
- Cinquièmement, cet argument politique de poids intègre des stratégies dissuasives complexes mais bénéficiant d'une cohérence certaine. Alors que nous ne disposons toujours pas de garanties de la Russie en matière de déciblage des villes européennes - Moscou avait annoncé que les grandes villes européennes (dont, évidemment, Bruxelles) seraient à nouveau ciblées, l'an passé - est-il véritablement temps de "désarmer" ainsi et de se priver d'un élément élargissant considérablement notre liberté de manoeuvre politique ?
- Sixièmement, si le sénateur peut se targuer de succès en matière de lutte contre les armes "sales"(je ne connais toutefois que très peu d'armes propres), force est aussi de constater que les armes nucléaires ne relèvent évidemment pas de la logique d'emploi propres aux armes à sous-munitions ou aux mines antipersonnels... Le nucléaire, par son statut dissuasif et lorsqu'il est intégré à des doctrines telles que les nôtres, est fondamentalement une arme politique, de non-emploi en premier.
Vous l'aurez compris, je suis plutôt dubitatif quant à l'initiative de P. Mahoux - au demeurant une arlésienne du mouvement pacifiste belge dont sa vertu principale pourrait renvoyer au jeu politique interne post-élections régionales. Si je pense qu'il est nécessaire d'avoir de vrais débats sratégiques, je me demande quelle peut être la pertinence d'une telle sortie pour la stature internationale belge mais aussi pour la sécurité des Belges dans leur ensemble...
La Belgique accueille à Kleine Brogel une vingtaine de bombes B-61 destinées à éventuellement être larguées par les F-16 qui y sont basés. Je ne reviendrai pas là-dessus, André Dumoulin ayant très largement (et très pertinemment) travaillé sur la question.
Par contre, le sénateur se trompe, sur plusieurs points :
- Premièrement, la question est éminement politique : l'implication de la Belgique dans le dispositif otanien relève d'accords secrets avec Washington - personne n'en connait donc la teneur exacte. Cependant, les "doubles clés" permettent également à Bruxelles d'avoir son mot à dire en matière d'utilisation potentielle de ces armes :
- Deuxièmement, révéler cette teneur pourrait ne pas être une bonne idée, d'autant plus que les réductions successives du budget de défense belge ont eu le don d'énerver nos partenaires de l'OTAN : si ces armes permettent à la Belgique d'être entendue à Washington, elles permettent aussi d'acheter "en nature" une partie de la sécurité de Bruxelles.
- Troisièmement, comme le montre bien J-P. Baulon, il existe une corrélation historique entre remise en question des éléments de la dissuasion (comme de la dissuasion elle-même) et focalisation sur les antimissiles. L'avènement de B. Obama et de son attitude plus méfiante à l'égard de ces systèmes, ne doit pas faire oublier la sociologie politique de Washington et le fait que les lobby pro-antimissiles y restent influents. Or, ces antimissiles sont également dans la ligne de mire des mouvements pacifistes auquel se rattache P. Mahoux.
- Quatrièmement, si l'intention du sénateur de favoriser la non-prolifération "en évitant de donner le mauvais exemple" est louable, force est aussi de constater que, depuis le milieu des années 1980, le nombre d'armes britanniques, françaises, américaines et russes n'a cessé de décroître. Il s'agissait également de réduire la tentation de la prolifération. Mais force est de constater que "l'exemple" donné n'a pas calmé les ardeurs prolifératoires des uns et des autres. Fondamentalement, on ne construit pas des armes nucléaires "pour imiter" les grandes puissances mais bien pour disposer d'un argument politique de poids.
- Cinquièmement, cet argument politique de poids intègre des stratégies dissuasives complexes mais bénéficiant d'une cohérence certaine. Alors que nous ne disposons toujours pas de garanties de la Russie en matière de déciblage des villes européennes - Moscou avait annoncé que les grandes villes européennes (dont, évidemment, Bruxelles) seraient à nouveau ciblées, l'an passé - est-il véritablement temps de "désarmer" ainsi et de se priver d'un élément élargissant considérablement notre liberté de manoeuvre politique ?
- Sixièmement, si le sénateur peut se targuer de succès en matière de lutte contre les armes "sales"(je ne connais toutefois que très peu d'armes propres), force est aussi de constater que les armes nucléaires ne relèvent évidemment pas de la logique d'emploi propres aux armes à sous-munitions ou aux mines antipersonnels... Le nucléaire, par son statut dissuasif et lorsqu'il est intégré à des doctrines telles que les nôtres, est fondamentalement une arme politique, de non-emploi en premier.
Vous l'aurez compris, je suis plutôt dubitatif quant à l'initiative de P. Mahoux - au demeurant une arlésienne du mouvement pacifiste belge dont sa vertu principale pourrait renvoyer au jeu politique interne post-élections régionales. Si je pense qu'il est nécessaire d'avoir de vrais débats sratégiques, je me demande quelle peut être la pertinence d'une telle sortie pour la stature internationale belge mais aussi pour la sécurité des Belges dans leur ensemble...
vendredi 24 juillet 2009
DSI Hors-Série n°7 en preview
Et voilà, les derniers réglages sont en cours avant impression : le prochain DSI HS est prêt ! Pas mal de textes variés au programme, dont une interview du général Silvy sur la question de l'A400M des options alternatives et une autre d'Hervé Coutau-Bégarie sur la diplomatie navale. Bref, de quoi faire. Il sera disponible à la vente dès le 13/08.Antiterrorisme en Belgique : bonnes questions, mauvaise réponse
Le Soir d'hier a fait paraître des extraits du rapport du Comité R (de suivi et de contrôle des services de renseignement) à propos de l’alerte antiterroriste de décembre 2007-janvier 2008. Deux grandes catégories de critiques sont adressées aux services :
Le manque de coordination entre les services et le fait que l’OCAM (Organe de Coordination et d’Analyse de la Menace) et le Procureur fédéral n’aient pas joué leur rôle. Résultat, selon le rapport, des « différences parfois inexplicables en ce qui concerne les destinataires des évaluations de l'OCAM ». Pire encore : la police, le SGRS (renseignement militaire), le ministre de l’Intérieur et le centre de crise n’ont pas été informés correctement. La Sûreté de l’Etat n’aurait quant à elle pas transmit toutes ses informations. Côté coordination, on a fait mieux.
Conséquence annexe dudit cafouillage, la communication vers la population a été d’un brouillon extrême : les niveaux d’alerte n’étaient pas commentés ni argumentés, la menace elle-même est restée vague – en somme, de quoi faire perdre leur crédibilité aux institutions en charge de la sécurité. Allez ensuite faire comprendre pourquoi vous annulez feu d’artifices et nocturnes des marchés de noël
Je n’ai pas encore lu le rapport mais il me semble poser là de bien bonnes questions. Ce n’est pas la première fois que le rôle de l’OCAM est remis en question, malgré un renforcement de ses moyens : manifestement, le problème est méthodologique.
Mais la réponse aux questions pourrait bien être encore pire : le président de la commission sénatoriale du suivi du Comité R, Armand De Decker a précisé que « le projet déjà voté au Sénat afin de permettre à la Sûreté d'organiser elle aussi des écoutes téléphoniques va rééquilibrer les choses » (La Libre d'aujourd'hui) et dès lors « éviter ce que l'on a appelé des cafouillages entre le monde judiciaire et les services de renseignement qui dépendent eux du gouvernement ».
La méthode interpelle : on crée des hiérarchies parallèles au lieu de mettre à plat le système (ce que devait faire la création de l’OCAM). Surtout, si ces écoutes sont attendues depuis longtemps, elles ne répondent pas au problème de la communication : nouveau capteur ou pas, rien n’indique que les informations recueillies aboutiront effectivement dans les bonnes mains – soit le cœur du problème.
On ne répond pas, également, à la question de la communication de crise (toutefois abordée il y a peu de temps par le ministre de l'Intérieur avec un peu plus de pertinence que ça n'a pu être le cas). Décidément, nous sommes bien incapables d'apprendre des leçons...
Le manque de coordination entre les services et le fait que l’OCAM (Organe de Coordination et d’Analyse de la Menace) et le Procureur fédéral n’aient pas joué leur rôle. Résultat, selon le rapport, des « différences parfois inexplicables en ce qui concerne les destinataires des évaluations de l'OCAM ». Pire encore : la police, le SGRS (renseignement militaire), le ministre de l’Intérieur et le centre de crise n’ont pas été informés correctement. La Sûreté de l’Etat n’aurait quant à elle pas transmit toutes ses informations. Côté coordination, on a fait mieux.
Conséquence annexe dudit cafouillage, la communication vers la population a été d’un brouillon extrême : les niveaux d’alerte n’étaient pas commentés ni argumentés, la menace elle-même est restée vague – en somme, de quoi faire perdre leur crédibilité aux institutions en charge de la sécurité. Allez ensuite faire comprendre pourquoi vous annulez feu d’artifices et nocturnes des marchés de noël
Je n’ai pas encore lu le rapport mais il me semble poser là de bien bonnes questions. Ce n’est pas la première fois que le rôle de l’OCAM est remis en question, malgré un renforcement de ses moyens : manifestement, le problème est méthodologique.
Mais la réponse aux questions pourrait bien être encore pire : le président de la commission sénatoriale du suivi du Comité R, Armand De Decker a précisé que « le projet déjà voté au Sénat afin de permettre à la Sûreté d'organiser elle aussi des écoutes téléphoniques va rééquilibrer les choses » (La Libre d'aujourd'hui) et dès lors « éviter ce que l'on a appelé des cafouillages entre le monde judiciaire et les services de renseignement qui dépendent eux du gouvernement ».
La méthode interpelle : on crée des hiérarchies parallèles au lieu de mettre à plat le système (ce que devait faire la création de l’OCAM). Surtout, si ces écoutes sont attendues depuis longtemps, elles ne répondent pas au problème de la communication : nouveau capteur ou pas, rien n’indique que les informations recueillies aboutiront effectivement dans les bonnes mains – soit le cœur du problème.
On ne répond pas, également, à la question de la communication de crise (toutefois abordée il y a peu de temps par le ministre de l'Intérieur avec un peu plus de pertinence que ça n'a pu être le cas). Décidément, nous sommes bien incapables d'apprendre des leçons...
mercredi 22 juillet 2009
Défilé du 21 juillet : pas véritablement de nouveautés mais...
Le dernier défilé du 21 juillet a été l'occasion de quelques anniversaires : les 30 ans du F-16 qui ne s'est jamais aussi bien porté, les 175 ans de l'Ecole Royale Militaire ou les 40 ans du Marchetti. Outre la pomme de Tante Fabi, quelques nouveautés :
- Un Piranha IIIC doté de son canon téléopéré de 30 mm ;
- Un IIIC en version ambulance ;
- Un bon paquet de LMV, qui succèdent aux Iltis ;
- Les Segway de la Police... si, si. Ce n'était pas une blague : « dune buggy », policiers à vélo et Segway étaient en vedette. D'où une question à mourir de rire du commentateur : "ne pensez-vous pas que ça ne fait pas très sérieux ?" Réponse du policier commentateur pour l'occasion "...euh...".
On ne peut pas mieux dire.
Plus sérieusement, pas mal d'invités de marque en ce défilé : les 175 ans de l’ERM ont été l’occasion d’inviter quelques écoles militaires à défiler, dont St Cyr, en tête de file.
L’Europe de la Défense était aussi en action : l’officier français adjoint au commandant belge du Battlegroup dont Bruxelles va prendre le commandement était en tête de quelques éléments dudit BG. Avec son propre LMV belge orné d’un petit drapeau français.
Au final, la tendance à un accroissement du volume civil du défilé (Croix-Rouge, police, protection civile, pompiers) comparativement au militaire progresse. On peut s'en désoler mais cette présentation a néanmoins un atout : réaffirmer le rôle de l'Etat dans la sécurité de tous. Ce qui, à un niveau fédéral où se profile une nouvelle réforme de l'Etat, n'est pas sans significations...
- Un Piranha IIIC doté de son canon téléopéré de 30 mm ;
- Un IIIC en version ambulance ;
- Un bon paquet de LMV, qui succèdent aux Iltis ;
- Les Segway de la Police... si, si. Ce n'était pas une blague : « dune buggy », policiers à vélo et Segway étaient en vedette. D'où une question à mourir de rire du commentateur : "ne pensez-vous pas que ça ne fait pas très sérieux ?" Réponse du policier commentateur pour l'occasion "...euh...".
On ne peut pas mieux dire.
Plus sérieusement, pas mal d'invités de marque en ce défilé : les 175 ans de l’ERM ont été l’occasion d’inviter quelques écoles militaires à défiler, dont St Cyr, en tête de file.
L’Europe de la Défense était aussi en action : l’officier français adjoint au commandant belge du Battlegroup dont Bruxelles va prendre le commandement était en tête de quelques éléments dudit BG. Avec son propre LMV belge orné d’un petit drapeau français.
Au final, la tendance à un accroissement du volume civil du défilé (Croix-Rouge, police, protection civile, pompiers) comparativement au militaire progresse. On peut s'en désoler mais cette présentation a néanmoins un atout : réaffirmer le rôle de l'Etat dans la sécurité de tous. Ce qui, à un niveau fédéral où se profile une nouvelle réforme de l'Etat, n'est pas sans significations...
Comment une pomme devient un instrument de résilience
Un petit trait de résilience à la belge dans ce monde anxiogène : au cours du défilé militaire du 21 juillet, la Reine Fabiola, veuve du Roi Baudoin, était menacée depuis quelques temps, via des lettres anonymes, d’être abattue à l’arbalète.« Tante Fabi », comme on la surnomme affectueusement, exhibe ici une pomme (copyright 7sur7.be), en référence à Guillaume Tell. Derrière l’humour, la « manœuvre de résilience » est parfaite : d’un côté, l’acceptation de la menace (d’où un dispositif de sécurité renforcé couplé à une communication adéquate), de l’autre, la remise en perspective, voire la relativisation.
Pour simplifier et sortir de la théorie, on pourrait résumer ça par "quand tu veux, gamin. Non seulement je n'ai pas peur mais au surplus tu va comprendre pourquoi nos armes sont si réputées".
Je reviendrai prochainement sur la question : il est temps qu’elle soit explorée à fond et en français dans autre chose qu’un article de quelques pages. Mais, d’ores et déjà, cette pomme est un exemple idéal.
vendredi 17 juillet 2009
Nouvel échec du Bulava
Les nouvelles vont décidément vite en ce monde du 2.0 (Marc Hecker, interviewé pour le DSI 51 à propos de son excellent ouvrage War 2.0 ne me contredira certainement pas) : le SLBM russe Bulava a, une fois de plus, connu un échec.
L'occasion pour moi de donner quelques infos à l'AFP cette après-midi. Comme souvent, tout n'est pas repris (notamment la problématique de la navigation) mais vous pouvez en avoir un petit aperçu ici.
L'occasion pour moi de donner quelques infos à l'AFP cette après-midi. Comme souvent, tout n'est pas repris (notamment la problématique de la navigation) mais vous pouvez en avoir un petit aperçu ici.
mercredi 15 juillet 2009
Le F-22 : tout du fiasco ?
C’est une enquête du Washington Post qui le révèle, les passes d’armes parlementaires autour de la nécessité ou non de poursuivre le programme F-22 pourraient ne pas être liées qu’à son coût unitaire de 250 millions de dollars. L’appareil se révélerait terriblement fragile, au point que ceux déployés auraient une disponibilité de 55 % et connaîtrait une « panne critique » toutes les 1,7 heures.
Entre 2004 et 2008, le nombre d’heures de maintenance par heure de vol s’est accru de 20 à 34 heures, dont la moitié est consacrée à des réparations de sa « peau » furtive. Le séchage des enduits prendrait jusque 24 heures. En résulte un coût à l’heure de vol élevé : 49 808 dollars selon le Secrétaire à la défense, 44 209 selon l’US Air Force (valeur 2008).
L’appareil ne serait pas non plus totalement opérationnel : sur les 22 demandes-clés de l’Air Force, 2 étaient remplies en 2004 (il avait alors « 351 déficiences »), 5 en 2006 et 7 en 2008. Le F-22 reste, par ailleurs et en dépit de son coût comme de sa sophistication, le seul appareil de combat américain qui n’est pas doté de liaisons de données… exigeant un nouveau programme, de 8 milliards de dollars pour remédier à ce déficit.
Commentaire : très critiqué dans l'entourage de R. Gates mais soutenu par une partie des Congressmen, le Raptor n'a toujours pas été déployé en Afghanistan ou en Irak - des zones pour lesquelles il existe peu de besoins en matière de supériorité aérienne mais que l'Air Force a voulu, un temps, investir avec son nouvel appareil. Au final, la sortie du Post a une valeur certaine comme arme médiatique "anti-Raptor". Mais elle montre aussi les limites d'une guerre du "tout technologique" ou "le mieux" est bien souvent l'ennemi du "bien".
Entre 2004 et 2008, le nombre d’heures de maintenance par heure de vol s’est accru de 20 à 34 heures, dont la moitié est consacrée à des réparations de sa « peau » furtive. Le séchage des enduits prendrait jusque 24 heures. En résulte un coût à l’heure de vol élevé : 49 808 dollars selon le Secrétaire à la défense, 44 209 selon l’US Air Force (valeur 2008).
L’appareil ne serait pas non plus totalement opérationnel : sur les 22 demandes-clés de l’Air Force, 2 étaient remplies en 2004 (il avait alors « 351 déficiences »), 5 en 2006 et 7 en 2008. Le F-22 reste, par ailleurs et en dépit de son coût comme de sa sophistication, le seul appareil de combat américain qui n’est pas doté de liaisons de données… exigeant un nouveau programme, de 8 milliards de dollars pour remédier à ce déficit.
Commentaire : très critiqué dans l'entourage de R. Gates mais soutenu par une partie des Congressmen, le Raptor n'a toujours pas été déployé en Afghanistan ou en Irak - des zones pour lesquelles il existe peu de besoins en matière de supériorité aérienne mais que l'Air Force a voulu, un temps, investir avec son nouvel appareil. Au final, la sortie du Post a une valeur certaine comme arme médiatique "anti-Raptor". Mais elle montre aussi les limites d'une guerre du "tout technologique" ou "le mieux" est bien souvent l'ennemi du "bien".
mardi 14 juillet 2009
14 juillet radieux - bonne fête à toutes et à tous !
jeudi 9 juillet 2009
La petite précision du jour...
La rédaction est en plein rush sur le prochain DSI Hors Série - comme toujours à cette époque de l'année, en partenariat avec les Universités de la Défense - mais juste un petit mot sur le Stratégique (de l'ISC, cette fois-ci) spécial "guerres irrégulières" : pas mal de lecteurs potentiels aimeraient l'acheter. Il est maintenant disponible sur Amazon pour un prix qui me semble redoutablement abordable pour la masse d'analyses qu'il propose : à voir ici.
Bon, ben c'est pas tout ça, mais j'ai un petit 200 pages au feu ;o)
Bon, ben c'est pas tout ça, mais j'ai un petit 200 pages au feu ;o)
mercredi 8 juillet 2009
C'est les vacances : Carl se lache
Vacances obligent, Carl nous a laissé sa chronique, parue dans le n°50. Comme il convient de célébrer l'atteinte de cet objectif comme il faut, laissons-lui la parole ;o)
Si, si, ils sont toujours vivants !
Bon, allez. C’est presque les vacances : cette année, je vais me prélasser en mer jaune, histoire d’être aux premières loges si les marines nord et sud-coréennes veulent faire mumuse. Avec un petit pastis bien frais et mon casque aux couleurs de DSI (je n’aime pas les casquettes, ça protège mal contre les shrapnells), ça devrait le faire. Mais, précisément, comme c’est bientôt les vacances, c’est aussi l’heure d’un petit bilan. Après tout, et comme les lecteurs attentifs que vous êtes l’aurez remarqué, votre magazine favori en est à sa cinquantième édition. Ce qui n’est pas rien pour un magazine de défense : coulés par la pénurie des publicités dans les années 1990, les éminents prédécesseurs du DSI avaient laissé les Français orphelins d’un vrai mensuel interarmées. Et, résultat des courses, pour un magazine à qui certains prédisaient un échec cuisant après quatre ou cinq numéros, il s’en tire plutôt pas mal : au dernier comptage, 120 000 lecteurs sur les cinq continents. C’est aussi l’un des seuls magazines de défense européens en kiosque aux États-Unis – même Jane’s, trop souvent considéré comme une référence (1), ne le fait pas – de même que dans une bonne vingtaine d’autres pays. Belle performance pour la rédaction – au point que certains en son sein semblent s’être dédoublés, développant une certaine schizophrénie. Peut-être le résultat d’un régime alimentaire à base de caféine et de croquettes de crevettes – l’INRA mène actuellement l’enquête. Ce qui nous vaut quelques phrases d’anthologie et le développement d’un vocabulaire particulier. Vous aussi, amis lecteurs, apprenez à parler le DSI…
Le succès du magazine tient à une méthodologie avancée : « Que la guerre soit avec vous » (phrase rituelle de début de journée). « Qui veut des crasses ? » (i.e. « Qui veut des biscuits ? » – autre phrase rituelle, tout au long de la journée). « Ouh, y’a plein de chars à poil » (phrase de contentement devant un dossier de photos). « T’as le CDF de DSI 4579 ? » (« As-tu le programme du DSI du mois de mars 2254 ?). « T’as trois ventilos dans le schmoll ! » (« Trois photos d’hélicoptères sont sur le serveur. » – L’emploi du terme schmoll s’effectue généralement alors que 80 % des neurones d’un membre de la rédaction sont occupés.) « Savez-vous où je peux trouver un Leclerc en peluche, comme Carl ? » (l’un de nos fidèles lecteurs). Réponse : « Appelle le 118 Véronique » (hommage appuyé à la capacité de Véronique Sartini de trouver des coordonnées introuvables). Milieu de journée : « Ça craint sous le sapin » (« Ce n’est pas ce que je pensais. » ; traduction alternative : « Ce n’est pas un cadeau. ») « Ah ben non, c’est de la daube » (« Je comprends ce que tu dis, mais il me semble que ce sera inefficace. Peux-tu formuler une autre solution ? »). « Pépé est tout cassé » (phrase indiquant que le serveur d’échange de données – le FTP – ne répond plus). Début de fin de journée : « Chocolat ? » (phrase préventive, en cas de risque de crise de nerfs, en particulier chez Nathalie, notre secrétaire de rédaction-maquettiste). « Ça sent la souris qui vole » (premier signe audible d’une crise de nerfs).
DSI, c’est aussi des conceptions de pointe : « Bah, juste un petit 200 pages, tranquille, quoi » (signe de la joie de notre rédacteur en chef adjoint à l’idée de se lancer dans la rédaction d’un livre qui fera finalement 450 pages). « Je vais me détendre un peu, juste le temps de pondre un petit (article de) 4 pages » (sans commentaire). « Le post-structuralisme, c’est quand même bien » (sans commentaires non plus). « Si le LPT d’un ICBM diminue, sa PLS augmente » (toujours sans commentaires mais définitivement le signe que Joseph doit se reposer). Et, bien sûr, ce et parce que la rédaction aime les plaisirs simples… « Bière ! » (signe que la journée est terminée). Carl
Note
(1) Tuons d’ailleurs dans l’œuf un certain nombre de mythes. Jane’s est à l’indépendance d’opinion ce qu’un lance-pierre est à l’efficacité militaire : difficilement utile ; il est cher et présente moins d’infos que votre DSI. Il a de sérieux biais anti-Français et son influence dans les états-majors est souvent plus imaginée que réelle.
*
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Si, si, ils sont toujours vivants !
Bon, allez. C’est presque les vacances : cette année, je vais me prélasser en mer jaune, histoire d’être aux premières loges si les marines nord et sud-coréennes veulent faire mumuse. Avec un petit pastis bien frais et mon casque aux couleurs de DSI (je n’aime pas les casquettes, ça protège mal contre les shrapnells), ça devrait le faire. Mais, précisément, comme c’est bientôt les vacances, c’est aussi l’heure d’un petit bilan. Après tout, et comme les lecteurs attentifs que vous êtes l’aurez remarqué, votre magazine favori en est à sa cinquantième édition. Ce qui n’est pas rien pour un magazine de défense : coulés par la pénurie des publicités dans les années 1990, les éminents prédécesseurs du DSI avaient laissé les Français orphelins d’un vrai mensuel interarmées. Et, résultat des courses, pour un magazine à qui certains prédisaient un échec cuisant après quatre ou cinq numéros, il s’en tire plutôt pas mal : au dernier comptage, 120 000 lecteurs sur les cinq continents. C’est aussi l’un des seuls magazines de défense européens en kiosque aux États-Unis – même Jane’s, trop souvent considéré comme une référence (1), ne le fait pas – de même que dans une bonne vingtaine d’autres pays. Belle performance pour la rédaction – au point que certains en son sein semblent s’être dédoublés, développant une certaine schizophrénie. Peut-être le résultat d’un régime alimentaire à base de caféine et de croquettes de crevettes – l’INRA mène actuellement l’enquête. Ce qui nous vaut quelques phrases d’anthologie et le développement d’un vocabulaire particulier. Vous aussi, amis lecteurs, apprenez à parler le DSI…
Le succès du magazine tient à une méthodologie avancée : « Que la guerre soit avec vous » (phrase rituelle de début de journée). « Qui veut des crasses ? » (i.e. « Qui veut des biscuits ? » – autre phrase rituelle, tout au long de la journée). « Ouh, y’a plein de chars à poil » (phrase de contentement devant un dossier de photos). « T’as le CDF de DSI 4579 ? » (« As-tu le programme du DSI du mois de mars 2254 ?). « T’as trois ventilos dans le schmoll ! » (« Trois photos d’hélicoptères sont sur le serveur. » – L’emploi du terme schmoll s’effectue généralement alors que 80 % des neurones d’un membre de la rédaction sont occupés.) « Savez-vous où je peux trouver un Leclerc en peluche, comme Carl ? » (l’un de nos fidèles lecteurs). Réponse : « Appelle le 118 Véronique » (hommage appuyé à la capacité de Véronique Sartini de trouver des coordonnées introuvables). Milieu de journée : « Ça craint sous le sapin » (« Ce n’est pas ce que je pensais. » ; traduction alternative : « Ce n’est pas un cadeau. ») « Ah ben non, c’est de la daube » (« Je comprends ce que tu dis, mais il me semble que ce sera inefficace. Peux-tu formuler une autre solution ? »). « Pépé est tout cassé » (phrase indiquant que le serveur d’échange de données – le FTP – ne répond plus). Début de fin de journée : « Chocolat ? » (phrase préventive, en cas de risque de crise de nerfs, en particulier chez Nathalie, notre secrétaire de rédaction-maquettiste). « Ça sent la souris qui vole » (premier signe audible d’une crise de nerfs).
DSI, c’est aussi des conceptions de pointe : « Bah, juste un petit 200 pages, tranquille, quoi » (signe de la joie de notre rédacteur en chef adjoint à l’idée de se lancer dans la rédaction d’un livre qui fera finalement 450 pages). « Je vais me détendre un peu, juste le temps de pondre un petit (article de) 4 pages » (sans commentaire). « Le post-structuralisme, c’est quand même bien » (sans commentaires non plus). « Si le LPT d’un ICBM diminue, sa PLS augmente » (toujours sans commentaires mais définitivement le signe que Joseph doit se reposer). Et, bien sûr, ce et parce que la rédaction aime les plaisirs simples… « Bière ! » (signe que la journée est terminée). Carl
Note
(1) Tuons d’ailleurs dans l’œuf un certain nombre de mythes. Jane’s est à l’indépendance d’opinion ce qu’un lance-pierre est à l’efficacité militaire : difficilement utile ; il est cher et présente moins d’infos que votre DSI. Il a de sérieux biais anti-Français et son influence dans les états-majors est souvent plus imaginée que réelle.
DSI-T n°18 : le sommaire !
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Sommaire DSI-Technologies n°18, juillet-août 2009
Editorial
Tendances
Des hoplites aux drones… en passant par la ceinture. Essai d’application de la sociologie des sciences aux systèmes non habités évoluant dans la troisième dimension
Par Christophe Pajon, chercheur au Centre de recherche de l’armée de l’air (CReA/EOAA) et Grégory Boutherin, officier de l’armée de l’air (Centre de recherche de l’armée de l’air, CReA/EOAA).
Air
ALAT. Des chantiers pour attendre !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Grand dossier : Bourget 2009 : nouveautés et évolutions
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
Hélicoptères Tigre, Caracal et Panther : des instruments pour l’action et la précision
Par Antoine Philippe, journaliste spécialiste des questions de défense
Predator C/Avenger : les MALE vont-ils tous passer à la réaction ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Kinetic Energy Interceptor : fin de partie ?
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, expert en systèmes d’armes (IPSE)
Carte : Porte-avions, porte-aéronefs et navires amphibies dans le monde
Terre
Tous sous blindage, objectif d’état major ou simple réflexion ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Les Britanniques recyclent ! La nouvelle jeunesse du FV432
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes
L’antichar dans le génie français d’aujourd’hui
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
La famille CV90, championne des IFV européens
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Munitions de mortiers : le guidage, hors de portée ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les C4I qui venaient du froid
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
VBL et VBR : les données techniques
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Mer
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions. Deuxième partie : solutions opératives et tactiques
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le bâtiment école des officier de marine sur BPC. Un choix guidé par la raison
Par Véronique Sartini, journaliste spécialiste des questions de défense
Plan de relance et 3e BPC
Le point de vue de l’amiral Forissier, chef d’état-major de la marine
Marine iranienne : le vrai et le faux
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Tendances
Des hoplites aux drones… en passant par la ceinture. Essai d’application de la sociologie des sciences aux systèmes non habités évoluant dans la troisième dimension
Par Christophe Pajon, chercheur au Centre de recherche de l’armée de l’air (CReA/EOAA) et Grégory Boutherin, officier de l’armée de l’air (Centre de recherche de l’armée de l’air, CReA/EOAA).
Air
ALAT. Des chantiers pour attendre !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Grand dossier : Bourget 2009 : nouveautés et évolutions
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
Hélicoptères Tigre, Caracal et Panther : des instruments pour l’action et la précision
Par Antoine Philippe, journaliste spécialiste des questions de défense
Predator C/Avenger : les MALE vont-ils tous passer à la réaction ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Kinetic Energy Interceptor : fin de partie ?
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, expert en systèmes d’armes (IPSE)
Carte : Porte-avions, porte-aéronefs et navires amphibies dans le monde
Terre
Tous sous blindage, objectif d’état major ou simple réflexion ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Les Britanniques recyclent ! La nouvelle jeunesse du FV432
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes
L’antichar dans le génie français d’aujourd’hui
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
La famille CV90, championne des IFV européens
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Munitions de mortiers : le guidage, hors de portée ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les C4I qui venaient du froid
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
VBL et VBR : les données techniques
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Mer
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions. Deuxième partie : solutions opératives et tactiques
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le bâtiment école des officier de marine sur BPC. Un choix guidé par la raison
Par Véronique Sartini, journaliste spécialiste des questions de défense
Plan de relance et 3e BPC
Le point de vue de l’amiral Forissier, chef d’état-major de la marine
Marine iranienne : le vrai et le faux
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
mercredi 1 juillet 2009
Octobre sera naval
La stratégie navale, traditionnellement, est relativement peu traitée dans la littérature : l'histoire (y compris maritime), les relations internationales, la géopolitique irriguent certes les colonnes d'une revue comme la Naval War College Review mais, finalement, la place de la stratégie théorique y est assez mince.
C'est de ce constat que je suis parti, il y a environ 2 ans, pour me poser la question de savoir quels devaient être les fondamentaux de la question, et en quoi la littérature ouverte actuellement disponible fournissait des pistes de réponse. Le résultat de ces cogitations est un beau pavé de 414 pages qui sera, j'en ai eu confirmation tout à l'heure, disponible en octobre dans la collection "Bibliothèque stratégique" de l'ISC.
D'ici là, la table des matières est déjà disponible. L'ouvrage sortira en même temps que le deuxième volet de la trilogie que consacre Hervé Coutau-Bégarie à la stratégie maritime et qui traitera, en l'occurrence, de la diplomatie navale. Un octobre tèrs naval donc ;o)
C'est de ce constat que je suis parti, il y a environ 2 ans, pour me poser la question de savoir quels devaient être les fondamentaux de la question, et en quoi la littérature ouverte actuellement disponible fournissait des pistes de réponse. Le résultat de ces cogitations est un beau pavé de 414 pages qui sera, j'en ai eu confirmation tout à l'heure, disponible en octobre dans la collection "Bibliothèque stratégique" de l'ISC.
D'ici là, la table des matières est déjà disponible. L'ouvrage sortira en même temps que le deuxième volet de la trilogie que consacre Hervé Coutau-Bégarie à la stratégie maritime et qui traitera, en l'occurrence, de la diplomatie navale. Un octobre tèrs naval donc ;o)
mardi 30 juin 2009
DSI 50, juillet-août 2009, le sommaire
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Sommaire DSI 50 - juillet-août 2009
Comme traditionnellement, pas de DSI au mois d'août, vacances de l'équipe obligent. Par contre, le Hors Série suivant est en préparation. Let's roll ;o)
Editorial
Agenda et nominations
Contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Si, si, ils sont toujours vivants ! »
Sur le vif
Armes surdouées, armes perverses
Par le général (CR) Claude Le Borgne
Aux sources du terrorisme
Entretien avec Hélène L’Heuillet, maître de conférence en philosophie à l’université de Paris Sorbonne et psychanalyste, auteure de Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides
Stratégie
La guerre au milieu des populations : solution ou idéologie ?
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense
Détruire l’adversaire ou gagner par compromis, quel but pour la guerre aujourd’hui ?
Par le chef de bataillon Pascal Ianni, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
D’Eratosthène à demain ou la question de la géographie moderne
Par Emmanuel Allain, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Armées
La British Army au tournant des années 2010
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes, et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les opérations terrestres britanniques en Afghanistan
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : la British Army
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les commandos-marine. L’intelligence du geste et de la situation
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : So British !
Encadré : Le commando ou détachement Arta de Djibouti
« En 2008, le taux moyen d’absence du port base pour les commandos-marine était compris entre 120 et 140 jours »
Entretien avec le contre-amiral Marin Gillier, commandant de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO).
Technologies
Mines, IED et EFP face aux forces occidentales
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Du minage au déminage
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Sous-marin nucléaire d’attaque de type 688, classe Los Angeles/ Les Los Angeles dans la mythologie sous-marine US
BAE/Hagglünds BV206S/ De l’utilitaire au véhicule de combat : le marché des engins articulés
Kawasaki OH-1 Ninja/ La cavalerie aérienne de la JGSDF
Critiques de lecture
Armes. De l’antiquité à nos jours de Richard Holmes et alii
L’Amérique vulnérable ? (1946-1976) de Jean-Philippe Baulon
Pierre Marie Gallois. Géopolitique, Histoire, Stratégie de Christian Malis
Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ? de Pierre Pascallon et André Dumoulin
Agenda et nominations
Contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Si, si, ils sont toujours vivants ! »
Sur le vif
Armes surdouées, armes perverses
Par le général (CR) Claude Le Borgne
Aux sources du terrorisme
Entretien avec Hélène L’Heuillet, maître de conférence en philosophie à l’université de Paris Sorbonne et psychanalyste, auteure de Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides
Stratégie
La guerre au milieu des populations : solution ou idéologie ?
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense
Détruire l’adversaire ou gagner par compromis, quel but pour la guerre aujourd’hui ?
Par le chef de bataillon Pascal Ianni, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
D’Eratosthène à demain ou la question de la géographie moderne
Par Emmanuel Allain, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Armées
La British Army au tournant des années 2010
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes, et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les opérations terrestres britanniques en Afghanistan
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : la British Army
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les commandos-marine. L’intelligence du geste et de la situation
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : So British !
Encadré : Le commando ou détachement Arta de Djibouti
« En 2008, le taux moyen d’absence du port base pour les commandos-marine était compris entre 120 et 140 jours »
Entretien avec le contre-amiral Marin Gillier, commandant de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO).
Technologies
Mines, IED et EFP face aux forces occidentales
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Du minage au déminage
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Sous-marin nucléaire d’attaque de type 688, classe Los Angeles/ Les Los Angeles dans la mythologie sous-marine US
BAE/Hagglünds BV206S/ De l’utilitaire au véhicule de combat : le marché des engins articulés
Kawasaki OH-1 Ninja/ La cavalerie aérienne de la JGSDF
Critiques de lecture
Armes. De l’antiquité à nos jours de Richard Holmes et alii
L’Amérique vulnérable ? (1946-1976) de Jean-Philippe Baulon
Pierre Marie Gallois. Géopolitique, Histoire, Stratégie de Christian Malis
Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ? de Pierre Pascallon et André Dumoulin
Rommel et la stratégie de l’Axe en Méditerranée de Vincent Arbétrier
Stratégique n°93-94-95-96.
Stratégique n°93-94-95-96.
lundi 29 juin 2009
DSI-Technologies 18 en preview
Petit zoom sur le prochain DSI-Technologies, à paraître mi-juillet, avec de quoi susciter pas mal de réflexions : outre des thémas inhérentes à la sociologie des techniques et au maintien de l'ordre, le gros dossier du mois sera consacré au Bourget 2009 : 10 pages de photos et de remises en perspective des nouveautés du salon. Jean-Louis a également concocté un article sur les chantiers de l'ALAT et JJM a travaillé sur le Predator C.Nous poursuivons par ailleurs notre série sur les infanteries du futurs (les Scandinaves sont au menu ce mois-ci) et sur les engins suédois : il y aura donc du CV90 (notez que Stockholm vient juste de commander 113 AMV à Patria). On poursuit également sur la Piraterie et Véronique nous est revenue d'un transit sur la Jeannne, où elle en a profité pour interviewer le CEMM. Bonne lecture !
vendredi 26 juin 2009
Blub-blub : un deuxième Suffren pour la Marine
Hervé Morin a annoncé la commande du 2e sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Barracuda (classe Suffren). Le programme Barracuda, qui prévoit la livraison de six sous-marins entre 2017 et 2028, représente 7,9 milliards d’euros. La Délégation générale pour l’armement (DGA) a notifié le 26 juin 2009 aux entreprises DCNS et AREVA-TA la commande du 2e SNA de nouvelle génération Barracuda, prévu au titre du marché global notifié le 21 décembre 2006.
Parallèlement, l’assemblage de la coque du Suffren, tête de classe, a débuté le 26 juin 2009 par la soudure des deux premiers tronçons situés à l’arrière du sous-marin. Ils seront armés de la future torpille lourde Artemis, du missile antinavire Exocet et du futur missile de croisière naval. Ils pourront également mettre en oeuvre des forces spéciales et leurs équipements.
Parallèlement, l’assemblage de la coque du Suffren, tête de classe, a débuté le 26 juin 2009 par la soudure des deux premiers tronçons situés à l’arrière du sous-marin. Ils seront armés de la future torpille lourde Artemis, du missile antinavire Exocet et du futur missile de croisière naval. Ils pourront également mettre en oeuvre des forces spéciales et leurs équipements.
Lasers : les Américains progressent
Deux nouvelle récentes me semblent indicative de la persévérance US dans le domaine des lasers de combat, alors pourtant que l'ABL est à présent mort. D'une part, l’Advanced Tactical Laser, démonstrateur d’un laser chimique de frappe terrestre installé sur un C-130, a effectué un premier tir en vol, touchant effectivement sa cible dans le centre d’essais de White Sands. Rien de bien neuf : le programme progresse en dépit de retards.
D'autre part des essais ont également été réussis pour le Laser Weapon System (LaWS) de l’US Navy. Il a suivi, ciblé et détruit 5 drones le 7 juin, 2 le 9 juin et 2 autres le 11 juin. Le programme de recherche ambitionne, à terme, de disposer de lasers suffisamment puissants pour assurer la destruction de missiles assaillants. Et, pourquoi pas, remplacer les CIWS et autres RAM assurant la défense terminale des bâtiments US... A suivre donc...
D'autre part des essais ont également été réussis pour le Laser Weapon System (LaWS) de l’US Navy. Il a suivi, ciblé et détruit 5 drones le 7 juin, 2 le 9 juin et 2 autres le 11 juin. Le programme de recherche ambitionne, à terme, de disposer de lasers suffisamment puissants pour assurer la destruction de missiles assaillants. Et, pourquoi pas, remplacer les CIWS et autres RAM assurant la défense terminale des bâtiments US... A suivre donc...
jeudi 25 juin 2009
Drones : des solutions hybrides ?
La bestiole en photo (copyright : US Navy) n'est pas un MH-6 Little Bird, comme elle pourrait le laisser croire, mais sa version "Drone", testée par l'US Navy depuis un petit temps (500 heures de vol au compteur, 1er vol en juillet 06). L'appareil a deux particularités :- Premièrement, il utilise la cellule pour le moins éprouvée du Cayuse.
- Deuxièmement, il est "dronisable". Bien que pouvant voler seul comme un grand, il peut aussi être piloté, comme le Cayuse d'origine - un avantage pour le vol dans les espaces aériens civils.
Boeing, qui est maître d'oeuvre, précise que l'engin peut être utilisé pour toute une série de fonctions : ISR mais aussi évacuation médicale (d'où les deux conteneurs visibles sur la photo) et peut emporter environ 150 kg de charge utile. Un UAV "bon à tout faire" donc.
Ce qui m'interpelle dans ce programme, c'est sa relative simplicité. S'il faut prendre garde aux inflations de coûts (Boeing est doué pour la question et l'appareil a quelques petits raffinement, comme une capacité ATOL), ce qui m'intéresse ce sont les développements qui peuvent en résulter. En l'occurrence, Boeing et les forces spéciales ont une idée derrière la tête : l'A/MH-6X, avec une charge utile, cette fois, d'1,5 tonnes. Cette tendance à la dronisation d'appareils pilotés n'était pas nécessairement très visible au dernier Bourget mais, par contre, la multiplication des charges ISR sur des appareils de transport légers (TBM-700, King Air et autres appareils Diamond), oui.
On y reviendra dans le prochain DSI-T. Mais la question qui me turlupine, c'est de savoir si les drones MALE ou "quasi-MALE" (comme le modèle turc exposé ou le Hunter, par exemple*) ne sont pas en train de se faire dépasser à la fois par le haut (un Talarion/Advanced UAV qui me sembait aussi costaud qu'un RQ-4) ou par des plateformes beaucoup plus simples, pilotées et ayant plus souvent une charge utile supérieure, avec une endurance parfois étonnante.
* Je sais, je sais : le Hunter n'est pas un MALE. Mais son endurance (jusque 12 heures) est très raisonnable comparativement aux durées moyennes de vol des MALE US en Afghanistan ou en Irak...
mercredi 24 juin 2009
DSI 50 en preview
Et voilà que s'annonce l'été : les flots bleus pour ceux qui en ont la chance, un peu de temps libre... et peut-être même de la lecture. Ce pour quoi la rédac vous recommande vivement le prochain DSI, qui devrait être en kiosque d'ici le 2-3 juillet.
Sur le vif
La technologie est décidément un sujet complexe – y compris du point de vue de ses effets pervers. Jamais avare de réflexions, parfois dérangeantes mais toujours pertinentes, le général (CR) Claude LE BORGNE nous livre les réflexions dont il avait entretenu les participants au colloque du club Participation & Progrès sur « la technologie en débat(s) », début mai 2009.
Un autre débat à la fois passionnant et complexe touche aux sources du terrorisme, qui dépassent de loin les seules questions liées à l’asymétrie ou, comme on l’entend beaucoup trop souvent, à la pauvreté. Nous avons interrogé à ce sujet la philosophe et psychanalyste Hélène L’HEUILLET, qui vient de publier un ouvrage très intéressant à ce sujet.
Stratégie
À trop entendre parler de « guerre au milieu des populations », on pourrait n’y voir qu’un slogan, à l’instar de ce qu’était devenue la Transformation. Le général Vincent DESPORTES revient sur cette question, montrant que derrière la formule, les réalités stratégiques nous imposent d’adapter nos forces.
Combattre aujourd’hui est devenu difficile. Au premier chef, se pose la question de savoir s’il faut détruire l’adversaire ou « gagner par le compromis » et, plus généralement, de savoir quel est le but d’une guerre, de nos jours. Chef de bataillon, Pascal IANNI remet ainsi en perspectives un certain nombre de données, notamment inhérentes à la place des actions militaires dans les opérations contemporaines.
La géographie, disait Yves Lacoste, « sert d’abord à faire la guerre ». Si la formule manque quelque peu de nuance, toute structure militaire un tant soit peu évoluée ne peut faire l’impasse sur la géographie. Ses méthodes fournissent les cartes mais déterminera également la précision des missiles de croisière. Commandant dans l’armée de l’Air, Emmanuel ALLAIN examine une question abordée par le Livre blanc et, depuis lors, quelque peu passée sous silence.
Armées
Imprégnée de traditions et extrêmement expérimentée, l’armée de terre britannique est revenue, depuis la fin de la guerre froide, à une logique expéditionnaire et ce, dans un environnement budgétaire contraint. Pour autant, elle reste une formidable force de combat. Philippe LANGLOIT et Jean-Jacques MERCIER examinent pour nous ses évolutions et les défis auxquels elle fait face.
Engagées en Afghanistan depuis 2001, les forces terrestres britanniques ont mené un travail considérable et sont à présent engagées dans le sud, conduisant un grand nombre d’opérations. Emmanuel VIVENOT fait le point. Par ailleurs, Philippe LANGLOIT revient, dans son traditionnel tableau de bord, sur l’équipement de la British Army.
Unités
Forces spéciales de la Marine nationale, les Commandos-marine sont des unités aussi prestigieuses que rigoureuses et… occupées. Véronique SARTINI s’est rendue à Lorient et a suivi plusieurs de leurs exercices. Elle nous dresse le portrait d’unités en évolution constante et a également interviewé le contre-amiral Marin GILLIER, commandant la Force.
La technologie est décidément un sujet complexe – y compris du point de vue de ses effets pervers. Jamais avare de réflexions, parfois dérangeantes mais toujours pertinentes, le général (CR) Claude LE BORGNE nous livre les réflexions dont il avait entretenu les participants au colloque du club Participation & Progrès sur « la technologie en débat(s) », début mai 2009.
Un autre débat à la fois passionnant et complexe touche aux sources du terrorisme, qui dépassent de loin les seules questions liées à l’asymétrie ou, comme on l’entend beaucoup trop souvent, à la pauvreté. Nous avons interrogé à ce sujet la philosophe et psychanalyste Hélène L’HEUILLET, qui vient de publier un ouvrage très intéressant à ce sujet.
Stratégie
À trop entendre parler de « guerre au milieu des populations », on pourrait n’y voir qu’un slogan, à l’instar de ce qu’était devenue la Transformation. Le général Vincent DESPORTES revient sur cette question, montrant que derrière la formule, les réalités stratégiques nous imposent d’adapter nos forces.
Combattre aujourd’hui est devenu difficile. Au premier chef, se pose la question de savoir s’il faut détruire l’adversaire ou « gagner par le compromis » et, plus généralement, de savoir quel est le but d’une guerre, de nos jours. Chef de bataillon, Pascal IANNI remet ainsi en perspectives un certain nombre de données, notamment inhérentes à la place des actions militaires dans les opérations contemporaines.
La géographie, disait Yves Lacoste, « sert d’abord à faire la guerre ». Si la formule manque quelque peu de nuance, toute structure militaire un tant soit peu évoluée ne peut faire l’impasse sur la géographie. Ses méthodes fournissent les cartes mais déterminera également la précision des missiles de croisière. Commandant dans l’armée de l’Air, Emmanuel ALLAIN examine une question abordée par le Livre blanc et, depuis lors, quelque peu passée sous silence.
Armées
Imprégnée de traditions et extrêmement expérimentée, l’armée de terre britannique est revenue, depuis la fin de la guerre froide, à une logique expéditionnaire et ce, dans un environnement budgétaire contraint. Pour autant, elle reste une formidable force de combat. Philippe LANGLOIT et Jean-Jacques MERCIER examinent pour nous ses évolutions et les défis auxquels elle fait face.
Engagées en Afghanistan depuis 2001, les forces terrestres britanniques ont mené un travail considérable et sont à présent engagées dans le sud, conduisant un grand nombre d’opérations. Emmanuel VIVENOT fait le point. Par ailleurs, Philippe LANGLOIT revient, dans son traditionnel tableau de bord, sur l’équipement de la British Army.
Unités
Forces spéciales de la Marine nationale, les Commandos-marine sont des unités aussi prestigieuses que rigoureuses et… occupées. Véronique SARTINI s’est rendue à Lorient et a suivi plusieurs de leurs exercices. Elle nous dresse le portrait d’unités en évolution constante et a également interviewé le contre-amiral Marin GILLIER, commandant la Force.
Technologie
Depuis 2003, les IED (Improvised Explosive Device) ou EEI (Engins Explosifs Improvisés) font « la une » de l’actualité militaire. La menace est complexe et protéiforme et de nombreux types de contre-mesures lui sont appliquées, d’où l’expérience de la guerre froide et de l’utilisation des mines antichars n’est pas absente. Joseph HENROTIN et Stéphane FERRARD font le point sur les problèmes posés mais aussi… les solutions qui ont été trouvées.
Depuis 2003, les IED (Improvised Explosive Device) ou EEI (Engins Explosifs Improvisés) font « la une » de l’actualité militaire. La menace est complexe et protéiforme et de nombreux types de contre-mesures lui sont appliquées, d’où l’expérience de la guerre froide et de l’utilisation des mines antichars n’est pas absente. Joseph HENROTIN et Stéphane FERRARD font le point sur les problèmes posés mais aussi… les solutions qui ont été trouvées.
mardi 23 juin 2009
Nouvelles publications de l'ISC
Je suis actuellement en train d emettre à jour les tables des matières des derniers ouvrages parus dans le cadre de l'ISC (certes, il était temps ;o). Ne manquez pas de jeter un oeil dessus, dans la mesure où à chaque ouvrage présenté correspond l'un ou l'autre texte mis en libre accès.
Au programme :
Michel Grintchenko, L'opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine, 2008
Guilio Douhet, La maîtrise de l'air, 2007
Edward Luttwak, La grande stratégie de l'empire romain (2ème édition), 2009
Laure Bardiès et Martin Motte (Dir.), De la Guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, 2008
Hervé Coutau-Bégarie, L'océan globalisé. Géopolitique des mers au 21ème siècle, 2007
D'autres seront injectées au rythme d'une par jour. Bonne lecture !
Au programme :
Michel Grintchenko, L'opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine, 2008
Guilio Douhet, La maîtrise de l'air, 2007
Edward Luttwak, La grande stratégie de l'empire romain (2ème édition), 2009
Laure Bardiès et Martin Motte (Dir.), De la Guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, 2008
Hervé Coutau-Bégarie, L'océan globalisé. Géopolitique des mers au 21ème siècle, 2007
D'autres seront injectées au rythme d'une par jour. Bonne lecture !
Qui (n'est pas) post-humaniste ?
Réponse - ou piste de réponse, plus exactement - sur l'excellent schizodoxe. Je sort un peu d'un article sur la piraterie pour le prochain DSI-T (fonctionner aléatoirement fait du bien quelque fois) et j'en profite pour revenir à l'un de mes dadas favoris.
L'excellent Rémi Sussan avait produit il y a quelque temps un ouvrage absolument fascinant sur la relation entre contre-culture, post-humain (voire post-humanisme) et technologies diverses et variées. Je conseille à tous sa lecture (je pense en avoir fait une critique dans l'un des premiers DSI).
La question posée, à cet égard, renvoie non seulement à l'évolution et à l'adaptation mais est également d'une extrême valeur stratégique : que sera, dans 50 ans, la notion d'efficacité ? Comment va-t'on comprendre et modifier nos cerveaux - des gens y pensent très sérieusement ? Quel sera notre rapport à la technique, nous qui sommes déjà entourés de fictions où les robots sont au coeur des intrigues, suscitant peur ou attendrissement ?
Pas très militaire me direz-vous ? Si, si, regardez bien : le FELIN bardé de son électronique n'est conçu que pour une seule chose, in fine : être plus efficace, démultiplier l'humain et ses sens... Une révolution sourde est en marche et elle n'est pas dans tel radar ou tel système C4ISR - ce sont des épiphénomènes, tout au plus révélateurs que "quelque chose se passe".
Cette révolution est dans une combinaison bien plus large, d'une amplitude qu'on ne soupçonne même pas encore. Surtout, elle n'est pas technique au sens strict. Elle se joue dans l'interaction entre le technique et l'humain... qui pourrait bien déraper si, emporté par son élan, il ne restait pas concentré sur son essence.
L'excellent Rémi Sussan avait produit il y a quelque temps un ouvrage absolument fascinant sur la relation entre contre-culture, post-humain (voire post-humanisme) et technologies diverses et variées. Je conseille à tous sa lecture (je pense en avoir fait une critique dans l'un des premiers DSI).
La question posée, à cet égard, renvoie non seulement à l'évolution et à l'adaptation mais est également d'une extrême valeur stratégique : que sera, dans 50 ans, la notion d'efficacité ? Comment va-t'on comprendre et modifier nos cerveaux - des gens y pensent très sérieusement ? Quel sera notre rapport à la technique, nous qui sommes déjà entourés de fictions où les robots sont au coeur des intrigues, suscitant peur ou attendrissement ?
Pas très militaire me direz-vous ? Si, si, regardez bien : le FELIN bardé de son électronique n'est conçu que pour une seule chose, in fine : être plus efficace, démultiplier l'humain et ses sens... Une révolution sourde est en marche et elle n'est pas dans tel radar ou tel système C4ISR - ce sont des épiphénomènes, tout au plus révélateurs que "quelque chose se passe".
Cette révolution est dans une combinaison bien plus large, d'une amplitude qu'on ne soupçonne même pas encore. Surtout, elle n'est pas technique au sens strict. Elle se joue dans l'interaction entre le technique et l'humain... qui pourrait bien déraper si, emporté par son élan, il ne restait pas concentré sur son essence.
Interview au "Soir" : OMLT belge et embuscade en Afghanistan
J'ai eu l'occasion de donner au Soir du 19/6 une interview sur la question de la réaction belge au fait qu'une OMLT soit tombée en embuscade en Afghanistan :
Afghanistan : « Je suis étonné par... l'étonnement des élus »
Vous avez eu connaissance des embuscades afghanes dans lesquelles des instructeurs belges sont tombés jeudi de la semaine passée et ce lundi. Était-ce prévisible ?
Oui, puisqu'un certain nombre d'expériences nous étaient revenues d'autres armées engagées dans des opérations OMLT (NDLR : entraînement et mentoring). Le but de ces OMLT n'est pas de mener elles-mêmes ces engagements mais de former au plus vite l'armée afghane. Et quand elles emmènent cette armée sur le terrain, ce genre de chose peut se produire. Ne pas avoir d'embuscade aurait été très étonnant.
Il n'y a pas eu ici de blessé sérieux. Les autres armées ont-elles eu autant de chance ?
Les armées Otan sont, de manière générale, des armées bien formées, bien entraînées. Rappelons que, malgré la déferlante technologique dont on nous abreuve, le premier élément dans l'art de la guerre est humain : l'entraînement. Pas mal d'armées de l'Otan ont eu peur pour la Belgique, où les budgets ont été constamment réduits : en termes de pourcentage du budget consacré à l'armement et l'équipement, la Belgique est dernière de l'Otan (même le Luxembourg fait mieux que la Belgique). Mais l'armée belge s'en sort très bien car c'est une armée très professionnelle qui, même sous pression budgétaire, s'est débrouillée pour que ses unités demeurent opérationnelles et assument ce type d'engagement sans problème.
Dans le cas de l'embuscade d'Uzbin, par exemple, les Français ont perdu dix hommes. Mais on se rend compte aujourd'hui que les Français envoyés sur place étaient mal formés. D'où l'importance de l'entraînement – et pour les OMLT, des entraîneurs eux-mêmes bien entraînés.
D'un point de vue politique, il a été affirmé que le ministre belge de la Défense aurait sous-estimé le risque. A-t-on sous-communiqué, mal communiqué ? Ou sur-communiqué ?
La Belgique a communiqué comme dans les autres pays. Mais dans des pays plus vastes (France, Allemagne) ou même dans d'autres pays d'importance égale (Suède), le monde politique et les parlementaires sont bien mieux informés – culturellement – en terme de défense. Une plus grande attention est portée à ces questions. En Belgique, je suis étonné par… l'étonnement du législatif et par une polémique qui n'a pas lieu d'être : on connaît les risques liés aux OMLT, il existe une abondante littérature tout à fait accessible.
Je trouve même que le gouvernement belge communique maintenant avec plus de clarté qu'auparavant. Ce sont plutôt les parlementaires ou médias qui ne parviennent pas toujours à comprendre, à « lire » ce qui est dit. Les affaires de défense n'intéressent pas et, lorsque ce genre d'embuscade se produit, un étonnement se manifeste. Il est peut-être aussi vrai que les bonnes questions ne sont pas posées…
Le ministre affirme au « Soir » : les OMLT seront toujours en 2e ou 3e ligne, jamais en 1e ligne. Est-ce que cela a un sens quand on parle d'OMLT ?
Oui. Si une colonne se déplace, les Afghans vont être en tête, et les Belges en n°2. Mais la notion même de première et deuxième ligne n'a plus beaucoup de signification. Dans des conflits contre-insurrectionnels comme l'Afghanistan, il n'y a plus d'« arrière ». Des zones qu'on pense sécurisées ne le sont pas, etc. Donc lorsque le ministre dit que les Belges seront en deuxième ligne, c'est vrai d'un point de vue micro-tactique, mais on évolue sur un terrain ouvert et les attaques peuvent venir d'un peu n'importe où.
Si je suis ce raisonnement, même le fait d'être sur une position réputée très protégée – comme l'aéroport de Kaboul – pourrait être dangereux.
Évidemment. Aucun endroit en Afghanistan n'est réellement sûr. Kunduz, comparativement au Sud, est plus calme : c'est politiquement vrai. Mais stratégiquement, c'est relatif. Le calme de Kunduz n'empêche la recrudescence des accrochages. Par essence, la guerre est dynamique : la nouvelle logique – plus de front, plus d'arrière – signifie que la guerre est plus fluide que par le passé. La guerre est un duel, disait Clausewitz : nécessairement dynamique.
Le défaut de culture stratégique – que vous reprochez à nos élus – se marque-t-il aussi dans la société en général ?
Effectivement. Il y a beaucoup de réflexion stratégique en Belgique, mais qui percole peu. La réflexion stratégique belge s'opère d'abord au sein des militaires. Je donne parfois cours aux étudiants de 3e cycle (de futurs majors ou lieutenants-colonels) et là, on réfléchit beaucoup, ils posent des questions très mûres. Ce sont des gens qui lisent beaucoup : on assiste à l'émergence d'une génération d'officiers académiques, des officiers qui, de plus en plus, font des doctorats. Il y a un vrai bouillonnement, même si en Belgique les officiers « tournent à fond » et en unité n'ont pas trop le temps de lire. Puis il existe une recherche académique, qui est un petit peu plus folklorique : il n'y a pas de master en études stratégiques, comme il peut y en avoir aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où on met ce genre d'études sur le même pied que les relations internationales ou l'histoire de l'art.
Chez nous, rien ?
Cela repose sur une série d'individualités : André Dumoulin et Alain De Neve au départ de l'École royale militaire, quelques-uns à l'UCL, à l'ULB…
Est-ce que cela signifie que le niveau exécutif, lui aussi, a peu de ressources stratégiques ? Ou est-ce que l'armée et l'école royale militaire l'alimentent à suffisance ?
Pas de problème en ce qui concerne la production militaire : c'est un débat très ouvert au niveau intellectuel, avec des débats inimaginables il y a dix ans d'ici. Mais au niveau des « think tanks », c'est plutôt de la consultance que de la recherche, avec une certaine confusion militante. Si l'option est de dire d'emblée « On ne va pas en Afghanistan », alors évidemment on ne sait plus aider un gouvernement qui, sur le terrain, est confronté à des problèmes précis. Pas de véritable recherche, donc pas de véritable information du politique.
Où situez-vous le trauma du Rwanda ? Quel est encore son impact aujourd'hui ?
Il y a en Belgique une sociologie particulière à l'égard de l'usage de la force. Le premier grand choc est celui de la 1e guerre mondiale, avec un pacifisme assumé de la part des Flamands. C'est la toile de fond sur laquelle s'est conceptualisée la notion de défense. L'autre choc, c'est le Rwanda : on y va avec les meilleures intentions, on ne parvient pas à anticiper le problème – les services de renseignements l'avaient anticipé, pas le politique – et se développe un abcès qui ne sera jamais clarifié. Sur le registre : on ne doit plus jamais perdre un homme (dans ce cas, il faut dissoudre instantanément l'armée et réinjecter l'argent ailleurs), il ne faut plus s'engager que dans les conflits essentiels, etc. Le problème de cette posture est qu'elle est isolationniste, et que, dans le cadre Otan ou autre, la Belgique, pays « moyen » (et non pas « petit » comme la Lituanie, etc.), doit bien assumer sa participation à la sécurité collective.
Note de JH sur Uzbin : dans l'interview, j'avais parlé de formation non optimale et des pépins d'équipement. Maintenant, c'est une interview : ce que vous venez de lire est le condensé de 30 minutes de discussion... forcément, c'est synthétique...
Afghanistan : « Je suis étonné par... l'étonnement des élus »
Vous avez eu connaissance des embuscades afghanes dans lesquelles des instructeurs belges sont tombés jeudi de la semaine passée et ce lundi. Était-ce prévisible ?
Oui, puisqu'un certain nombre d'expériences nous étaient revenues d'autres armées engagées dans des opérations OMLT (NDLR : entraînement et mentoring). Le but de ces OMLT n'est pas de mener elles-mêmes ces engagements mais de former au plus vite l'armée afghane. Et quand elles emmènent cette armée sur le terrain, ce genre de chose peut se produire. Ne pas avoir d'embuscade aurait été très étonnant.
Il n'y a pas eu ici de blessé sérieux. Les autres armées ont-elles eu autant de chance ?
Les armées Otan sont, de manière générale, des armées bien formées, bien entraînées. Rappelons que, malgré la déferlante technologique dont on nous abreuve, le premier élément dans l'art de la guerre est humain : l'entraînement. Pas mal d'armées de l'Otan ont eu peur pour la Belgique, où les budgets ont été constamment réduits : en termes de pourcentage du budget consacré à l'armement et l'équipement, la Belgique est dernière de l'Otan (même le Luxembourg fait mieux que la Belgique). Mais l'armée belge s'en sort très bien car c'est une armée très professionnelle qui, même sous pression budgétaire, s'est débrouillée pour que ses unités demeurent opérationnelles et assument ce type d'engagement sans problème.
Dans le cas de l'embuscade d'Uzbin, par exemple, les Français ont perdu dix hommes. Mais on se rend compte aujourd'hui que les Français envoyés sur place étaient mal formés. D'où l'importance de l'entraînement – et pour les OMLT, des entraîneurs eux-mêmes bien entraînés.
D'un point de vue politique, il a été affirmé que le ministre belge de la Défense aurait sous-estimé le risque. A-t-on sous-communiqué, mal communiqué ? Ou sur-communiqué ?
La Belgique a communiqué comme dans les autres pays. Mais dans des pays plus vastes (France, Allemagne) ou même dans d'autres pays d'importance égale (Suède), le monde politique et les parlementaires sont bien mieux informés – culturellement – en terme de défense. Une plus grande attention est portée à ces questions. En Belgique, je suis étonné par… l'étonnement du législatif et par une polémique qui n'a pas lieu d'être : on connaît les risques liés aux OMLT, il existe une abondante littérature tout à fait accessible.
Je trouve même que le gouvernement belge communique maintenant avec plus de clarté qu'auparavant. Ce sont plutôt les parlementaires ou médias qui ne parviennent pas toujours à comprendre, à « lire » ce qui est dit. Les affaires de défense n'intéressent pas et, lorsque ce genre d'embuscade se produit, un étonnement se manifeste. Il est peut-être aussi vrai que les bonnes questions ne sont pas posées…
Le ministre affirme au « Soir » : les OMLT seront toujours en 2e ou 3e ligne, jamais en 1e ligne. Est-ce que cela a un sens quand on parle d'OMLT ?
Oui. Si une colonne se déplace, les Afghans vont être en tête, et les Belges en n°2. Mais la notion même de première et deuxième ligne n'a plus beaucoup de signification. Dans des conflits contre-insurrectionnels comme l'Afghanistan, il n'y a plus d'« arrière ». Des zones qu'on pense sécurisées ne le sont pas, etc. Donc lorsque le ministre dit que les Belges seront en deuxième ligne, c'est vrai d'un point de vue micro-tactique, mais on évolue sur un terrain ouvert et les attaques peuvent venir d'un peu n'importe où.
Si je suis ce raisonnement, même le fait d'être sur une position réputée très protégée – comme l'aéroport de Kaboul – pourrait être dangereux.
Évidemment. Aucun endroit en Afghanistan n'est réellement sûr. Kunduz, comparativement au Sud, est plus calme : c'est politiquement vrai. Mais stratégiquement, c'est relatif. Le calme de Kunduz n'empêche la recrudescence des accrochages. Par essence, la guerre est dynamique : la nouvelle logique – plus de front, plus d'arrière – signifie que la guerre est plus fluide que par le passé. La guerre est un duel, disait Clausewitz : nécessairement dynamique.
Le défaut de culture stratégique – que vous reprochez à nos élus – se marque-t-il aussi dans la société en général ?
Effectivement. Il y a beaucoup de réflexion stratégique en Belgique, mais qui percole peu. La réflexion stratégique belge s'opère d'abord au sein des militaires. Je donne parfois cours aux étudiants de 3e cycle (de futurs majors ou lieutenants-colonels) et là, on réfléchit beaucoup, ils posent des questions très mûres. Ce sont des gens qui lisent beaucoup : on assiste à l'émergence d'une génération d'officiers académiques, des officiers qui, de plus en plus, font des doctorats. Il y a un vrai bouillonnement, même si en Belgique les officiers « tournent à fond » et en unité n'ont pas trop le temps de lire. Puis il existe une recherche académique, qui est un petit peu plus folklorique : il n'y a pas de master en études stratégiques, comme il peut y en avoir aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où on met ce genre d'études sur le même pied que les relations internationales ou l'histoire de l'art.
Chez nous, rien ?
Cela repose sur une série d'individualités : André Dumoulin et Alain De Neve au départ de l'École royale militaire, quelques-uns à l'UCL, à l'ULB…
Est-ce que cela signifie que le niveau exécutif, lui aussi, a peu de ressources stratégiques ? Ou est-ce que l'armée et l'école royale militaire l'alimentent à suffisance ?
Pas de problème en ce qui concerne la production militaire : c'est un débat très ouvert au niveau intellectuel, avec des débats inimaginables il y a dix ans d'ici. Mais au niveau des « think tanks », c'est plutôt de la consultance que de la recherche, avec une certaine confusion militante. Si l'option est de dire d'emblée « On ne va pas en Afghanistan », alors évidemment on ne sait plus aider un gouvernement qui, sur le terrain, est confronté à des problèmes précis. Pas de véritable recherche, donc pas de véritable information du politique.
Où situez-vous le trauma du Rwanda ? Quel est encore son impact aujourd'hui ?
Il y a en Belgique une sociologie particulière à l'égard de l'usage de la force. Le premier grand choc est celui de la 1e guerre mondiale, avec un pacifisme assumé de la part des Flamands. C'est la toile de fond sur laquelle s'est conceptualisée la notion de défense. L'autre choc, c'est le Rwanda : on y va avec les meilleures intentions, on ne parvient pas à anticiper le problème – les services de renseignements l'avaient anticipé, pas le politique – et se développe un abcès qui ne sera jamais clarifié. Sur le registre : on ne doit plus jamais perdre un homme (dans ce cas, il faut dissoudre instantanément l'armée et réinjecter l'argent ailleurs), il ne faut plus s'engager que dans les conflits essentiels, etc. Le problème de cette posture est qu'elle est isolationniste, et que, dans le cadre Otan ou autre, la Belgique, pays « moyen » (et non pas « petit » comme la Lituanie, etc.), doit bien assumer sa participation à la sécurité collective.
Note de JH sur Uzbin : dans l'interview, j'avais parlé de formation non optimale et des pépins d'équipement. Maintenant, c'est une interview : ce que vous venez de lire est le condensé de 30 minutes de discussion... forcément, c'est synthétique...
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samedi 20 juin 2009
DSI magazine(s) sur Facebook : si, si...
Comme dirait Charles "Electrosphère" Bwele, on n'arrête pas le progrès (du web 2.0) : du coup, je me suis dit que dans la multitude de groupes Facebook, DSI était absent et qu'il était temps de permettre de mettre en contact les lecteurs qui le désirent. Actualités de la rédaction, (bonnes) humeurs et potins divers et variés à suivre ici.
jeudi 18 juin 2009
Happy birthday ISC
Créé en avril 1994, l'Institut de Stratégie Comparée, dirigé par Hervé Coutau-Bégarie, se porte plutôt bien en termes de production.
Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)
Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)
lundi 15 juin 2009
Faire européen, est-ce plus cher ?
Juste une petite réponse au dernier post de JDM, concernant la question du coût des appareils de combat européens en regard de l'option nationale. Je ne m'aventurerai pas ici sur la question du coût mais je ferai juste une petite précision, en rappellant ici une interview donnée en son temps par Claude Carlier, professeur en Sorbonne et grand observateur de tout ce qui vole devant l'Eternel.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
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Non, pas la presse !
Et oui, ca arrive : vous voulez prendre des photos un peu plus près d'appareils pourtant au statique chez EADS et... on vous le refuse. Pas de photos, pas de reportage et une gueulante de ma part.
Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.
Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.
Bourget 2009 bien chargé
En direct depuis la salle de presse du Bourget 2009, votre serviteur a déjà eu l'occasion de faire un premier tour de tarmac, histoire de voir qui est là ou pas (et de tester un système de navette vous faisant lambinner, comme d'habitude). Et force est de constater que le tarmac est un peu plus fourni que ce que la liste des exposants le laissait entrevoir - dans mon dernier billet, j'ai donc été quelque peu injuste.
Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).
Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.
Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.
Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !
Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).
Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.
Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.
Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !
jeudi 11 juin 2009
2 ans d'Athena et 50 DSI sur le gâteau
La période est propice aux célébrations. Certes, le salon du Bourget - celui du centenaire - se profile à l'horizon avec, bien entendu, une descente en règle de la rédaction sur place et une série de retours à lire dans les prochains DSI et DSI-Technologies.
Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.
Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.
Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !
* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.
Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.
Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.
Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !
* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.
mardi 9 juin 2009
Hors-Série n°6 - DSI spécial "aviation de combat"

Salon du Bourget oblige, le nouveau hors-série que nous a préparé Jean-Louis sera pour le moins costaud : vous l'avez déjà lu, Jean-Louis aime le solide, le compact, le concentré - le tout sur 100 pages. Et il y a de quoi faire ! En l'occurrence, le 6ème hors-série de DSI sera en kiosque le 12 juin. Bonne lecture !
Editorial
L’AMÉRIQUE AU SOMMET
Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec
L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
TOUR D’HORIZON
Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé
Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé
Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé
Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé
Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé
Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé
Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé
Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel
Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson
Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé
Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott
DES DRONES BIEN PRÉSENTS
Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy
Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert
L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski
Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS
Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel
VOILURES TOURNANTES
Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé
TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé
Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé
Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé
Le Tigre montre les dents
Jean-Louis Promé
Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel
L’AMÉRIQUE AU SOMMET
Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec
L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
TOUR D’HORIZON
Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé
Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé
Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé
Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé
Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé
Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé
Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé
Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel
Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson
Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé
Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott
DES DRONES BIEN PRÉSENTS
Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy
Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert
L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski
Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS
Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel
VOILURES TOURNANTES
Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé
TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé
Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé
Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé
Le Tigre montre les dents
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Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel
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vendredi 5 juin 2009
En pleine campagne, aucun conseiller n'aurait osé en rêver...
Pour connaître assez bien les rouages de la politique (disons, pour les avoir vécu de l'intérieur), je dois dire que ce qui vient de se passer, aucun conseiller un tant soit peu sérieux n'aurait jamais osé en rêver.
Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.
Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.
Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.
L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.
Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.
Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.
Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.
L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.
Un dorito à 2,8 milliards de dollars : la fin de la controverse A-12 Avenger II

Comment gagner 2,8 milliards de dollars ? Simple : accordez, à la fin des années 1980, un contrat de 4,8 milliards à McDonnell Douglas afin qu’il développe un bombardier embarqué, qui devra remplacer les A-6 Intruder. Il sera triangulaire et furtif et vous appellerez la petite chose en photomontage ci-dessus (copyright US Navy) l’A-12 Avenger II. Surnommé par les intimes le « dorito volant », il avait également reçu le sobriquet de "Mini B-2".
Faites miroiter un contrat pour plus de 1 300 appareils. Lorsque l’industriel verra les coûts et les délais exploser, annulez le contrat et coupez toute subvention. Vous en profiterez pour faire parler de vous, dans la mesure où vous aurez effectué la plus grosse annulation de contrat jamais vue au Pentagone. Attendez qu’il vous attaque en justice. Battez vous durant 18 ans devant les tribunaux et, au 3ème appel, récupérez 1,35 milliard déjà payé, majoré des intérêts. Soit 2,8 milliards.
Plus sérieusement, la fin de cette longue saga juridique marque un sérieux revers pour Boeing mais aussi et d'une certaine façon l'épilogue de mon mémoire de DEA (que vous pouvez consuter ici). A l'époque, l'appareil m'avait semblé être l'un des meilleurs exemples de la techno-fascination américaine des années 1980... dont vous savez comment elle se reproduira dans les années 1990 et 2000.
samedi 30 mai 2009
Salon du Bourget : faible présence militaire sur le tarmac
La ligne politique était poursuivie depuis déjà quelques années : priorité au domaine civil (ce qui explique également qu'aucune revue de défense ne soit partenaire du salon - à l'exception, à la marge, d'Aviation Week). Mais l'édition du centenaire sera sans doute un peu plus pauvre.
Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.
Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.
Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?
Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.
Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.
Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?
vendredi 29 mai 2009
Base aux Emirats, quelques commentaires
La masse de travail étant ce qu'elle est pour l'heure, je n'avais peu eu l'occasion de revenir plus avant sur la question de la nouvelle base française aux Emirats, sur laquelle RMC puis Radio Mediterranée International avaient eu l'occasion de m'interviewer, en début de semaine. Voici, grosso modo, quelques commentaires sur la question.
C’est le 26 mai que le président Sarkozy a officiellement inauguré la base française d’Abu Dhabi, connue sous le nom d’Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU). Accompagné par le ministre des affaires étrangères, celui de la défense et le CEMA, le président a rappelé l’importance géopolitique de la région.
Concrètement, « la base » est répartie sur trois sites : une base navale à Mina Zayed, une base aérienne (où 3 appareils sont stationnés depuis septembre 2008) à Al Dhafra et une base destinée aux forces terrestres (comprenant un centre d’entraînement aux opérations désertiques) à Zayed. Au total 500 hommes devraient être positionnés en permanence à Abu Dhabi. Au-delà du fait, la base recouvre plusieurs enjeux majeurs :
- L’enjeu géostratégique d’abord. La base permet, évidemment, de verrouiller l’Iran – situé à 225 km – mais, surtout, le détroit d’Ormuz, que le Shah d’Iran qualifiait justement de « veine jugulaire de l’Occident » dans un contexte où l’Europe est, comparativement aux Etats-Unis, plus dépendante du pétrole du Golfe. Elle constitue, en outre, l’extrémité ouest de la zone d’intérêt stratégique prioritaire que la France définissait dans le dernier Livre blanc et qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien en passant par la Méditerranée ;
- L’enjeu militaire. Avec l’IMFEAU, c’est la zone de l’océan Indien à proprement parler tend dès lors à renforcer son poids relatif. Or, cette zone (y compris le Golfe) est également celle où la majeure partie des croisières du Charles de Gaulle a été menée. La base des Emirats représente ainsi un facteur de persistance régionale – voire de compensation au deuxième porte-avions. A ce stade, si elle n’a évidemment pas les caractéristiques d’un porte-avions (fixe et non mobile, donc plus vulnérable) et que la compensation est symbolique, elle apporte aussi d’autres avantages que le porte-avions : elle peut accueillir bien plus que 30 appareils de combat (qui pourraient, à terme, être bien plus intégrés au dispositif réseaucentrique émirien) et permet de mettre en œuvre… des forces terrestres ;
- L’enjeu d’influence. Là où elle est installée, la France collabore activement et quasi-quotidiennement avec les forces locales, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis, où la coopération avec les forces du cru est plus formelle et donc moins souple. La base s’insère ainsi dans un dispositif d’influence plus large, comprenant l’extension quatariote de St Cyr, les extensions dans le Gole arabo-persique de la Sorbonne ou du Louvre ou encore, de façon plus diffuse, les acquis de la présidence Chirac en matière de politique arabe ;
- L’enjeu commercial, sur lesquels les médias se sont beaucoup focalisés mais qui ne constitue qu’une extension de l’enjeu d’influence. La base est destinée à devenir la vitrine des forces françaises dans un Moyen Orient où l’Iran fait peur et où les vannes budgétaires de défense sont à nouveau ouvertes. Or, la France est loin d’avoir les parts de marché dans la région qu’elle a pu avoir précédemment. En fait, les conditions ont changé : on n’achète plus de matériel sur base de leurs performances mais bien sur base de l’influence politique du vendeur. Comment, sinon, expliquer le succès du F-35 alors même qu’aucun exemplaire n’a encore volé là où la communication de Dassault est axée sur un Rafale « combat proven » ? Comment expliquer autrement que par l’influence que les Emirats achètent des C-17 et des C-130J en quelques mois – et sans avoir l’argent nécessaire – là où Paris est engagé depuis plusieurs années dans les négociations portant sur les Rafale ? En cherchant à se porter garante de la sécurité de la région, la France acquiert ainsi de l’influence qui, en retour, doit ouvrir les portes de la signature des contrats ;
- Enfin, l’enjeu politique n’est pas mince et il est double. Premièrement, la France ouvre, pour la première fois depuis 50 ans, une base militaire à l’étranger – un élément que n’ont pas manqué de souligner les médias américains. Ce qui tombe plutôt bien car Paris est, avec Washington, la seule capitale à entretenir de grandes bases à l’étranger (le dispositif britannique n’étant plus que l’ombre de ce qu’il était encore dans les années 1970). Le message politique aux Etats-Unis – mais peut être aussi auix Européens en général et aux Britanniques en particulier – consiste, dès lors, à montrer que la puissance française n’est pas morte. Ce qui, deuxièmement, a un véritable impact en matière de politique intérieure française. On se souvient que les réactions des militaires à la parution du dernier LBDSN avaient été plutôt froides. La base, de ce point de vue, est également une façon de faire bomber le torse à l’armée, lui rappelant que la France conserve des ambitions globales, en dépit d’une réforme douloureuse…
C’est le 26 mai que le président Sarkozy a officiellement inauguré la base française d’Abu Dhabi, connue sous le nom d’Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU). Accompagné par le ministre des affaires étrangères, celui de la défense et le CEMA, le président a rappelé l’importance géopolitique de la région.
Concrètement, « la base » est répartie sur trois sites : une base navale à Mina Zayed, une base aérienne (où 3 appareils sont stationnés depuis septembre 2008) à Al Dhafra et une base destinée aux forces terrestres (comprenant un centre d’entraînement aux opérations désertiques) à Zayed. Au total 500 hommes devraient être positionnés en permanence à Abu Dhabi. Au-delà du fait, la base recouvre plusieurs enjeux majeurs :
- L’enjeu géostratégique d’abord. La base permet, évidemment, de verrouiller l’Iran – situé à 225 km – mais, surtout, le détroit d’Ormuz, que le Shah d’Iran qualifiait justement de « veine jugulaire de l’Occident » dans un contexte où l’Europe est, comparativement aux Etats-Unis, plus dépendante du pétrole du Golfe. Elle constitue, en outre, l’extrémité ouest de la zone d’intérêt stratégique prioritaire que la France définissait dans le dernier Livre blanc et qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien en passant par la Méditerranée ;
- L’enjeu militaire. Avec l’IMFEAU, c’est la zone de l’océan Indien à proprement parler tend dès lors à renforcer son poids relatif. Or, cette zone (y compris le Golfe) est également celle où la majeure partie des croisières du Charles de Gaulle a été menée. La base des Emirats représente ainsi un facteur de persistance régionale – voire de compensation au deuxième porte-avions. A ce stade, si elle n’a évidemment pas les caractéristiques d’un porte-avions (fixe et non mobile, donc plus vulnérable) et que la compensation est symbolique, elle apporte aussi d’autres avantages que le porte-avions : elle peut accueillir bien plus que 30 appareils de combat (qui pourraient, à terme, être bien plus intégrés au dispositif réseaucentrique émirien) et permet de mettre en œuvre… des forces terrestres ;
- L’enjeu d’influence. Là où elle est installée, la France collabore activement et quasi-quotidiennement avec les forces locales, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis, où la coopération avec les forces du cru est plus formelle et donc moins souple. La base s’insère ainsi dans un dispositif d’influence plus large, comprenant l’extension quatariote de St Cyr, les extensions dans le Gole arabo-persique de la Sorbonne ou du Louvre ou encore, de façon plus diffuse, les acquis de la présidence Chirac en matière de politique arabe ;
- L’enjeu commercial, sur lesquels les médias se sont beaucoup focalisés mais qui ne constitue qu’une extension de l’enjeu d’influence. La base est destinée à devenir la vitrine des forces françaises dans un Moyen Orient où l’Iran fait peur et où les vannes budgétaires de défense sont à nouveau ouvertes. Or, la France est loin d’avoir les parts de marché dans la région qu’elle a pu avoir précédemment. En fait, les conditions ont changé : on n’achète plus de matériel sur base de leurs performances mais bien sur base de l’influence politique du vendeur. Comment, sinon, expliquer le succès du F-35 alors même qu’aucun exemplaire n’a encore volé là où la communication de Dassault est axée sur un Rafale « combat proven » ? Comment expliquer autrement que par l’influence que les Emirats achètent des C-17 et des C-130J en quelques mois – et sans avoir l’argent nécessaire – là où Paris est engagé depuis plusieurs années dans les négociations portant sur les Rafale ? En cherchant à se porter garante de la sécurité de la région, la France acquiert ainsi de l’influence qui, en retour, doit ouvrir les portes de la signature des contrats ;
- Enfin, l’enjeu politique n’est pas mince et il est double. Premièrement, la France ouvre, pour la première fois depuis 50 ans, une base militaire à l’étranger – un élément que n’ont pas manqué de souligner les médias américains. Ce qui tombe plutôt bien car Paris est, avec Washington, la seule capitale à entretenir de grandes bases à l’étranger (le dispositif britannique n’étant plus que l’ombre de ce qu’il était encore dans les années 1970). Le message politique aux Etats-Unis – mais peut être aussi auix Européens en général et aux Britanniques en particulier – consiste, dès lors, à montrer que la puissance française n’est pas morte. Ce qui, deuxièmement, a un véritable impact en matière de politique intérieure française. On se souvient que les réactions des militaires à la parution du dernier LBDSN avaient été plutôt froides. La base, de ce point de vue, est également une façon de faire bomber le torse à l’armée, lui rappelant que la France conserve des ambitions globales, en dépit d’une réforme douloureuse…
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