Le dernier défilé du 21 juillet a été l'occasion de quelques anniversaires : les 30 ans du F-16 qui ne s'est jamais aussi bien porté, les 175 ans de l'Ecole Royale Militaire ou les 40 ans du Marchetti. Outre la pomme de Tante Fabi, quelques nouveautés :
- Un Piranha IIIC doté de son canon téléopéré de 30 mm ;
- Un IIIC en version ambulance ;
- Un bon paquet de LMV, qui succèdent aux Iltis ;
- Les Segway de la Police... si, si. Ce n'était pas une blague : « dune buggy », policiers à vélo et Segway étaient en vedette. D'où une question à mourir de rire du commentateur : "ne pensez-vous pas que ça ne fait pas très sérieux ?" Réponse du policier commentateur pour l'occasion "...euh...".
On ne peut pas mieux dire.
Plus sérieusement, pas mal d'invités de marque en ce défilé : les 175 ans de l’ERM ont été l’occasion d’inviter quelques écoles militaires à défiler, dont St Cyr, en tête de file.
L’Europe de la Défense était aussi en action : l’officier français adjoint au commandant belge du Battlegroup dont Bruxelles va prendre le commandement était en tête de quelques éléments dudit BG. Avec son propre LMV belge orné d’un petit drapeau français.
Au final, la tendance à un accroissement du volume civil du défilé (Croix-Rouge, police, protection civile, pompiers) comparativement au militaire progresse. On peut s'en désoler mais cette présentation a néanmoins un atout : réaffirmer le rôle de l'Etat dans la sécurité de tous. Ce qui, à un niveau fédéral où se profile une nouvelle réforme de l'Etat, n'est pas sans significations...
mercredi 22 juillet 2009
Comment une pomme devient un instrument de résilience
Un petit trait de résilience à la belge dans ce monde anxiogène : au cours du défilé militaire du 21 juillet, la Reine Fabiola, veuve du Roi Baudoin, était menacée depuis quelques temps, via des lettres anonymes, d’être abattue à l’arbalète.« Tante Fabi », comme on la surnomme affectueusement, exhibe ici une pomme (copyright 7sur7.be), en référence à Guillaume Tell. Derrière l’humour, la « manœuvre de résilience » est parfaite : d’un côté, l’acceptation de la menace (d’où un dispositif de sécurité renforcé couplé à une communication adéquate), de l’autre, la remise en perspective, voire la relativisation.
Pour simplifier et sortir de la théorie, on pourrait résumer ça par "quand tu veux, gamin. Non seulement je n'ai pas peur mais au surplus tu va comprendre pourquoi nos armes sont si réputées".
Je reviendrai prochainement sur la question : il est temps qu’elle soit explorée à fond et en français dans autre chose qu’un article de quelques pages. Mais, d’ores et déjà, cette pomme est un exemple idéal.
vendredi 17 juillet 2009
Nouvel échec du Bulava
Les nouvelles vont décidément vite en ce monde du 2.0 (Marc Hecker, interviewé pour le DSI 51 à propos de son excellent ouvrage War 2.0 ne me contredira certainement pas) : le SLBM russe Bulava a, une fois de plus, connu un échec.
L'occasion pour moi de donner quelques infos à l'AFP cette après-midi. Comme souvent, tout n'est pas repris (notamment la problématique de la navigation) mais vous pouvez en avoir un petit aperçu ici.
L'occasion pour moi de donner quelques infos à l'AFP cette après-midi. Comme souvent, tout n'est pas repris (notamment la problématique de la navigation) mais vous pouvez en avoir un petit aperçu ici.
mercredi 15 juillet 2009
Le F-22 : tout du fiasco ?
C’est une enquête du Washington Post qui le révèle, les passes d’armes parlementaires autour de la nécessité ou non de poursuivre le programme F-22 pourraient ne pas être liées qu’à son coût unitaire de 250 millions de dollars. L’appareil se révélerait terriblement fragile, au point que ceux déployés auraient une disponibilité de 55 % et connaîtrait une « panne critique » toutes les 1,7 heures.
Entre 2004 et 2008, le nombre d’heures de maintenance par heure de vol s’est accru de 20 à 34 heures, dont la moitié est consacrée à des réparations de sa « peau » furtive. Le séchage des enduits prendrait jusque 24 heures. En résulte un coût à l’heure de vol élevé : 49 808 dollars selon le Secrétaire à la défense, 44 209 selon l’US Air Force (valeur 2008).
L’appareil ne serait pas non plus totalement opérationnel : sur les 22 demandes-clés de l’Air Force, 2 étaient remplies en 2004 (il avait alors « 351 déficiences »), 5 en 2006 et 7 en 2008. Le F-22 reste, par ailleurs et en dépit de son coût comme de sa sophistication, le seul appareil de combat américain qui n’est pas doté de liaisons de données… exigeant un nouveau programme, de 8 milliards de dollars pour remédier à ce déficit.
Commentaire : très critiqué dans l'entourage de R. Gates mais soutenu par une partie des Congressmen, le Raptor n'a toujours pas été déployé en Afghanistan ou en Irak - des zones pour lesquelles il existe peu de besoins en matière de supériorité aérienne mais que l'Air Force a voulu, un temps, investir avec son nouvel appareil. Au final, la sortie du Post a une valeur certaine comme arme médiatique "anti-Raptor". Mais elle montre aussi les limites d'une guerre du "tout technologique" ou "le mieux" est bien souvent l'ennemi du "bien".
Entre 2004 et 2008, le nombre d’heures de maintenance par heure de vol s’est accru de 20 à 34 heures, dont la moitié est consacrée à des réparations de sa « peau » furtive. Le séchage des enduits prendrait jusque 24 heures. En résulte un coût à l’heure de vol élevé : 49 808 dollars selon le Secrétaire à la défense, 44 209 selon l’US Air Force (valeur 2008).
L’appareil ne serait pas non plus totalement opérationnel : sur les 22 demandes-clés de l’Air Force, 2 étaient remplies en 2004 (il avait alors « 351 déficiences »), 5 en 2006 et 7 en 2008. Le F-22 reste, par ailleurs et en dépit de son coût comme de sa sophistication, le seul appareil de combat américain qui n’est pas doté de liaisons de données… exigeant un nouveau programme, de 8 milliards de dollars pour remédier à ce déficit.
Commentaire : très critiqué dans l'entourage de R. Gates mais soutenu par une partie des Congressmen, le Raptor n'a toujours pas été déployé en Afghanistan ou en Irak - des zones pour lesquelles il existe peu de besoins en matière de supériorité aérienne mais que l'Air Force a voulu, un temps, investir avec son nouvel appareil. Au final, la sortie du Post a une valeur certaine comme arme médiatique "anti-Raptor". Mais elle montre aussi les limites d'une guerre du "tout technologique" ou "le mieux" est bien souvent l'ennemi du "bien".
mardi 14 juillet 2009
14 juillet radieux - bonne fête à toutes et à tous !
jeudi 9 juillet 2009
La petite précision du jour...
La rédaction est en plein rush sur le prochain DSI Hors Série - comme toujours à cette époque de l'année, en partenariat avec les Universités de la Défense - mais juste un petit mot sur le Stratégique (de l'ISC, cette fois-ci) spécial "guerres irrégulières" : pas mal de lecteurs potentiels aimeraient l'acheter. Il est maintenant disponible sur Amazon pour un prix qui me semble redoutablement abordable pour la masse d'analyses qu'il propose : à voir ici.
Bon, ben c'est pas tout ça, mais j'ai un petit 200 pages au feu ;o)
Bon, ben c'est pas tout ça, mais j'ai un petit 200 pages au feu ;o)
mercredi 8 juillet 2009
C'est les vacances : Carl se lache
Vacances obligent, Carl nous a laissé sa chronique, parue dans le n°50. Comme il convient de célébrer l'atteinte de cet objectif comme il faut, laissons-lui la parole ;o)
Si, si, ils sont toujours vivants !
Bon, allez. C’est presque les vacances : cette année, je vais me prélasser en mer jaune, histoire d’être aux premières loges si les marines nord et sud-coréennes veulent faire mumuse. Avec un petit pastis bien frais et mon casque aux couleurs de DSI (je n’aime pas les casquettes, ça protège mal contre les shrapnells), ça devrait le faire. Mais, précisément, comme c’est bientôt les vacances, c’est aussi l’heure d’un petit bilan. Après tout, et comme les lecteurs attentifs que vous êtes l’aurez remarqué, votre magazine favori en est à sa cinquantième édition. Ce qui n’est pas rien pour un magazine de défense : coulés par la pénurie des publicités dans les années 1990, les éminents prédécesseurs du DSI avaient laissé les Français orphelins d’un vrai mensuel interarmées. Et, résultat des courses, pour un magazine à qui certains prédisaient un échec cuisant après quatre ou cinq numéros, il s’en tire plutôt pas mal : au dernier comptage, 120 000 lecteurs sur les cinq continents. C’est aussi l’un des seuls magazines de défense européens en kiosque aux États-Unis – même Jane’s, trop souvent considéré comme une référence (1), ne le fait pas – de même que dans une bonne vingtaine d’autres pays. Belle performance pour la rédaction – au point que certains en son sein semblent s’être dédoublés, développant une certaine schizophrénie. Peut-être le résultat d’un régime alimentaire à base de caféine et de croquettes de crevettes – l’INRA mène actuellement l’enquête. Ce qui nous vaut quelques phrases d’anthologie et le développement d’un vocabulaire particulier. Vous aussi, amis lecteurs, apprenez à parler le DSI…
Le succès du magazine tient à une méthodologie avancée : « Que la guerre soit avec vous » (phrase rituelle de début de journée). « Qui veut des crasses ? » (i.e. « Qui veut des biscuits ? » – autre phrase rituelle, tout au long de la journée). « Ouh, y’a plein de chars à poil » (phrase de contentement devant un dossier de photos). « T’as le CDF de DSI 4579 ? » (« As-tu le programme du DSI du mois de mars 2254 ?). « T’as trois ventilos dans le schmoll ! » (« Trois photos d’hélicoptères sont sur le serveur. » – L’emploi du terme schmoll s’effectue généralement alors que 80 % des neurones d’un membre de la rédaction sont occupés.) « Savez-vous où je peux trouver un Leclerc en peluche, comme Carl ? » (l’un de nos fidèles lecteurs). Réponse : « Appelle le 118 Véronique » (hommage appuyé à la capacité de Véronique Sartini de trouver des coordonnées introuvables). Milieu de journée : « Ça craint sous le sapin » (« Ce n’est pas ce que je pensais. » ; traduction alternative : « Ce n’est pas un cadeau. ») « Ah ben non, c’est de la daube » (« Je comprends ce que tu dis, mais il me semble que ce sera inefficace. Peux-tu formuler une autre solution ? »). « Pépé est tout cassé » (phrase indiquant que le serveur d’échange de données – le FTP – ne répond plus). Début de fin de journée : « Chocolat ? » (phrase préventive, en cas de risque de crise de nerfs, en particulier chez Nathalie, notre secrétaire de rédaction-maquettiste). « Ça sent la souris qui vole » (premier signe audible d’une crise de nerfs).
DSI, c’est aussi des conceptions de pointe : « Bah, juste un petit 200 pages, tranquille, quoi » (signe de la joie de notre rédacteur en chef adjoint à l’idée de se lancer dans la rédaction d’un livre qui fera finalement 450 pages). « Je vais me détendre un peu, juste le temps de pondre un petit (article de) 4 pages » (sans commentaire). « Le post-structuralisme, c’est quand même bien » (sans commentaires non plus). « Si le LPT d’un ICBM diminue, sa PLS augmente » (toujours sans commentaires mais définitivement le signe que Joseph doit se reposer). Et, bien sûr, ce et parce que la rédaction aime les plaisirs simples… « Bière ! » (signe que la journée est terminée). Carl
Note
(1) Tuons d’ailleurs dans l’œuf un certain nombre de mythes. Jane’s est à l’indépendance d’opinion ce qu’un lance-pierre est à l’efficacité militaire : difficilement utile ; il est cher et présente moins d’infos que votre DSI. Il a de sérieux biais anti-Français et son influence dans les états-majors est souvent plus imaginée que réelle.
*
* *
Si, si, ils sont toujours vivants !
Bon, allez. C’est presque les vacances : cette année, je vais me prélasser en mer jaune, histoire d’être aux premières loges si les marines nord et sud-coréennes veulent faire mumuse. Avec un petit pastis bien frais et mon casque aux couleurs de DSI (je n’aime pas les casquettes, ça protège mal contre les shrapnells), ça devrait le faire. Mais, précisément, comme c’est bientôt les vacances, c’est aussi l’heure d’un petit bilan. Après tout, et comme les lecteurs attentifs que vous êtes l’aurez remarqué, votre magazine favori en est à sa cinquantième édition. Ce qui n’est pas rien pour un magazine de défense : coulés par la pénurie des publicités dans les années 1990, les éminents prédécesseurs du DSI avaient laissé les Français orphelins d’un vrai mensuel interarmées. Et, résultat des courses, pour un magazine à qui certains prédisaient un échec cuisant après quatre ou cinq numéros, il s’en tire plutôt pas mal : au dernier comptage, 120 000 lecteurs sur les cinq continents. C’est aussi l’un des seuls magazines de défense européens en kiosque aux États-Unis – même Jane’s, trop souvent considéré comme une référence (1), ne le fait pas – de même que dans une bonne vingtaine d’autres pays. Belle performance pour la rédaction – au point que certains en son sein semblent s’être dédoublés, développant une certaine schizophrénie. Peut-être le résultat d’un régime alimentaire à base de caféine et de croquettes de crevettes – l’INRA mène actuellement l’enquête. Ce qui nous vaut quelques phrases d’anthologie et le développement d’un vocabulaire particulier. Vous aussi, amis lecteurs, apprenez à parler le DSI…
Le succès du magazine tient à une méthodologie avancée : « Que la guerre soit avec vous » (phrase rituelle de début de journée). « Qui veut des crasses ? » (i.e. « Qui veut des biscuits ? » – autre phrase rituelle, tout au long de la journée). « Ouh, y’a plein de chars à poil » (phrase de contentement devant un dossier de photos). « T’as le CDF de DSI 4579 ? » (« As-tu le programme du DSI du mois de mars 2254 ?). « T’as trois ventilos dans le schmoll ! » (« Trois photos d’hélicoptères sont sur le serveur. » – L’emploi du terme schmoll s’effectue généralement alors que 80 % des neurones d’un membre de la rédaction sont occupés.) « Savez-vous où je peux trouver un Leclerc en peluche, comme Carl ? » (l’un de nos fidèles lecteurs). Réponse : « Appelle le 118 Véronique » (hommage appuyé à la capacité de Véronique Sartini de trouver des coordonnées introuvables). Milieu de journée : « Ça craint sous le sapin » (« Ce n’est pas ce que je pensais. » ; traduction alternative : « Ce n’est pas un cadeau. ») « Ah ben non, c’est de la daube » (« Je comprends ce que tu dis, mais il me semble que ce sera inefficace. Peux-tu formuler une autre solution ? »). « Pépé est tout cassé » (phrase indiquant que le serveur d’échange de données – le FTP – ne répond plus). Début de fin de journée : « Chocolat ? » (phrase préventive, en cas de risque de crise de nerfs, en particulier chez Nathalie, notre secrétaire de rédaction-maquettiste). « Ça sent la souris qui vole » (premier signe audible d’une crise de nerfs).
DSI, c’est aussi des conceptions de pointe : « Bah, juste un petit 200 pages, tranquille, quoi » (signe de la joie de notre rédacteur en chef adjoint à l’idée de se lancer dans la rédaction d’un livre qui fera finalement 450 pages). « Je vais me détendre un peu, juste le temps de pondre un petit (article de) 4 pages » (sans commentaire). « Le post-structuralisme, c’est quand même bien » (sans commentaires non plus). « Si le LPT d’un ICBM diminue, sa PLS augmente » (toujours sans commentaires mais définitivement le signe que Joseph doit se reposer). Et, bien sûr, ce et parce que la rédaction aime les plaisirs simples… « Bière ! » (signe que la journée est terminée). Carl
Note
(1) Tuons d’ailleurs dans l’œuf un certain nombre de mythes. Jane’s est à l’indépendance d’opinion ce qu’un lance-pierre est à l’efficacité militaire : difficilement utile ; il est cher et présente moins d’infos que votre DSI. Il a de sérieux biais anti-Français et son influence dans les états-majors est souvent plus imaginée que réelle.
DSI-T n°18 : le sommaire !
RVBBlog.jpg)
Sommaire DSI-Technologies n°18, juillet-août 2009
Editorial
Tendances
Des hoplites aux drones… en passant par la ceinture. Essai d’application de la sociologie des sciences aux systèmes non habités évoluant dans la troisième dimension
Par Christophe Pajon, chercheur au Centre de recherche de l’armée de l’air (CReA/EOAA) et Grégory Boutherin, officier de l’armée de l’air (Centre de recherche de l’armée de l’air, CReA/EOAA).
Air
ALAT. Des chantiers pour attendre !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Grand dossier : Bourget 2009 : nouveautés et évolutions
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
Hélicoptères Tigre, Caracal et Panther : des instruments pour l’action et la précision
Par Antoine Philippe, journaliste spécialiste des questions de défense
Predator C/Avenger : les MALE vont-ils tous passer à la réaction ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Kinetic Energy Interceptor : fin de partie ?
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, expert en systèmes d’armes (IPSE)
Carte : Porte-avions, porte-aéronefs et navires amphibies dans le monde
Terre
Tous sous blindage, objectif d’état major ou simple réflexion ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Les Britanniques recyclent ! La nouvelle jeunesse du FV432
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes
L’antichar dans le génie français d’aujourd’hui
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
La famille CV90, championne des IFV européens
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Munitions de mortiers : le guidage, hors de portée ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les C4I qui venaient du froid
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
VBL et VBR : les données techniques
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Mer
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions. Deuxième partie : solutions opératives et tactiques
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le bâtiment école des officier de marine sur BPC. Un choix guidé par la raison
Par Véronique Sartini, journaliste spécialiste des questions de défense
Plan de relance et 3e BPC
Le point de vue de l’amiral Forissier, chef d’état-major de la marine
Marine iranienne : le vrai et le faux
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Tendances
Des hoplites aux drones… en passant par la ceinture. Essai d’application de la sociologie des sciences aux systèmes non habités évoluant dans la troisième dimension
Par Christophe Pajon, chercheur au Centre de recherche de l’armée de l’air (CReA/EOAA) et Grégory Boutherin, officier de l’armée de l’air (Centre de recherche de l’armée de l’air, CReA/EOAA).
Air
ALAT. Des chantiers pour attendre !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Grand dossier : Bourget 2009 : nouveautés et évolutions
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
Hélicoptères Tigre, Caracal et Panther : des instruments pour l’action et la précision
Par Antoine Philippe, journaliste spécialiste des questions de défense
Predator C/Avenger : les MALE vont-ils tous passer à la réaction ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Kinetic Energy Interceptor : fin de partie ?
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, expert en systèmes d’armes (IPSE)
Carte : Porte-avions, porte-aéronefs et navires amphibies dans le monde
Terre
Tous sous blindage, objectif d’état major ou simple réflexion ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Les Britanniques recyclent ! La nouvelle jeunesse du FV432
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes
L’antichar dans le génie français d’aujourd’hui
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
La famille CV90, championne des IFV européens
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Munitions de mortiers : le guidage, hors de portée ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les C4I qui venaient du froid
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
VBL et VBR : les données techniques
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Mer
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions. Deuxième partie : solutions opératives et tactiques
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le bâtiment école des officier de marine sur BPC. Un choix guidé par la raison
Par Véronique Sartini, journaliste spécialiste des questions de défense
Plan de relance et 3e BPC
Le point de vue de l’amiral Forissier, chef d’état-major de la marine
Marine iranienne : le vrai et le faux
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
mercredi 1 juillet 2009
Octobre sera naval
La stratégie navale, traditionnellement, est relativement peu traitée dans la littérature : l'histoire (y compris maritime), les relations internationales, la géopolitique irriguent certes les colonnes d'une revue comme la Naval War College Review mais, finalement, la place de la stratégie théorique y est assez mince.
C'est de ce constat que je suis parti, il y a environ 2 ans, pour me poser la question de savoir quels devaient être les fondamentaux de la question, et en quoi la littérature ouverte actuellement disponible fournissait des pistes de réponse. Le résultat de ces cogitations est un beau pavé de 414 pages qui sera, j'en ai eu confirmation tout à l'heure, disponible en octobre dans la collection "Bibliothèque stratégique" de l'ISC.
D'ici là, la table des matières est déjà disponible. L'ouvrage sortira en même temps que le deuxième volet de la trilogie que consacre Hervé Coutau-Bégarie à la stratégie maritime et qui traitera, en l'occurrence, de la diplomatie navale. Un octobre tèrs naval donc ;o)
C'est de ce constat que je suis parti, il y a environ 2 ans, pour me poser la question de savoir quels devaient être les fondamentaux de la question, et en quoi la littérature ouverte actuellement disponible fournissait des pistes de réponse. Le résultat de ces cogitations est un beau pavé de 414 pages qui sera, j'en ai eu confirmation tout à l'heure, disponible en octobre dans la collection "Bibliothèque stratégique" de l'ISC.
D'ici là, la table des matières est déjà disponible. L'ouvrage sortira en même temps que le deuxième volet de la trilogie que consacre Hervé Coutau-Bégarie à la stratégie maritime et qui traitera, en l'occurrence, de la diplomatie navale. Un octobre tèrs naval donc ;o)
mardi 30 juin 2009
DSI 50, juillet-août 2009, le sommaire
RVBBlog.jpg)
Sommaire DSI 50 - juillet-août 2009
Comme traditionnellement, pas de DSI au mois d'août, vacances de l'équipe obligent. Par contre, le Hors Série suivant est en préparation. Let's roll ;o)
Editorial
Agenda et nominations
Contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Si, si, ils sont toujours vivants ! »
Sur le vif
Armes surdouées, armes perverses
Par le général (CR) Claude Le Borgne
Aux sources du terrorisme
Entretien avec Hélène L’Heuillet, maître de conférence en philosophie à l’université de Paris Sorbonne et psychanalyste, auteure de Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides
Stratégie
La guerre au milieu des populations : solution ou idéologie ?
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense
Détruire l’adversaire ou gagner par compromis, quel but pour la guerre aujourd’hui ?
Par le chef de bataillon Pascal Ianni, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
D’Eratosthène à demain ou la question de la géographie moderne
Par Emmanuel Allain, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Armées
La British Army au tournant des années 2010
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes, et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les opérations terrestres britanniques en Afghanistan
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : la British Army
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les commandos-marine. L’intelligence du geste et de la situation
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : So British !
Encadré : Le commando ou détachement Arta de Djibouti
« En 2008, le taux moyen d’absence du port base pour les commandos-marine était compris entre 120 et 140 jours »
Entretien avec le contre-amiral Marin Gillier, commandant de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO).
Technologies
Mines, IED et EFP face aux forces occidentales
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Du minage au déminage
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Sous-marin nucléaire d’attaque de type 688, classe Los Angeles/ Les Los Angeles dans la mythologie sous-marine US
BAE/Hagglünds BV206S/ De l’utilitaire au véhicule de combat : le marché des engins articulés
Kawasaki OH-1 Ninja/ La cavalerie aérienne de la JGSDF
Critiques de lecture
Armes. De l’antiquité à nos jours de Richard Holmes et alii
L’Amérique vulnérable ? (1946-1976) de Jean-Philippe Baulon
Pierre Marie Gallois. Géopolitique, Histoire, Stratégie de Christian Malis
Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ? de Pierre Pascallon et André Dumoulin
Agenda et nominations
Contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Si, si, ils sont toujours vivants ! »
Sur le vif
Armes surdouées, armes perverses
Par le général (CR) Claude Le Borgne
Aux sources du terrorisme
Entretien avec Hélène L’Heuillet, maître de conférence en philosophie à l’université de Paris Sorbonne et psychanalyste, auteure de Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides
Stratégie
La guerre au milieu des populations : solution ou idéologie ?
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense
Détruire l’adversaire ou gagner par compromis, quel but pour la guerre aujourd’hui ?
Par le chef de bataillon Pascal Ianni, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
D’Eratosthène à demain ou la question de la géographie moderne
Par Emmanuel Allain, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Armées
La British Army au tournant des années 2010
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes, et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les opérations terrestres britanniques en Afghanistan
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : la British Army
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les commandos-marine. L’intelligence du geste et de la situation
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : So British !
Encadré : Le commando ou détachement Arta de Djibouti
« En 2008, le taux moyen d’absence du port base pour les commandos-marine était compris entre 120 et 140 jours »
Entretien avec le contre-amiral Marin Gillier, commandant de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO).
Technologies
Mines, IED et EFP face aux forces occidentales
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Du minage au déminage
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Sous-marin nucléaire d’attaque de type 688, classe Los Angeles/ Les Los Angeles dans la mythologie sous-marine US
BAE/Hagglünds BV206S/ De l’utilitaire au véhicule de combat : le marché des engins articulés
Kawasaki OH-1 Ninja/ La cavalerie aérienne de la JGSDF
Critiques de lecture
Armes. De l’antiquité à nos jours de Richard Holmes et alii
L’Amérique vulnérable ? (1946-1976) de Jean-Philippe Baulon
Pierre Marie Gallois. Géopolitique, Histoire, Stratégie de Christian Malis
Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ? de Pierre Pascallon et André Dumoulin
Rommel et la stratégie de l’Axe en Méditerranée de Vincent Arbétrier
Stratégique n°93-94-95-96.
Stratégique n°93-94-95-96.
lundi 29 juin 2009
DSI-Technologies 18 en preview
Petit zoom sur le prochain DSI-Technologies, à paraître mi-juillet, avec de quoi susciter pas mal de réflexions : outre des thémas inhérentes à la sociologie des techniques et au maintien de l'ordre, le gros dossier du mois sera consacré au Bourget 2009 : 10 pages de photos et de remises en perspective des nouveautés du salon. Jean-Louis a également concocté un article sur les chantiers de l'ALAT et JJM a travaillé sur le Predator C.Nous poursuivons par ailleurs notre série sur les infanteries du futurs (les Scandinaves sont au menu ce mois-ci) et sur les engins suédois : il y aura donc du CV90 (notez que Stockholm vient juste de commander 113 AMV à Patria). On poursuit également sur la Piraterie et Véronique nous est revenue d'un transit sur la Jeannne, où elle en a profité pour interviewer le CEMM. Bonne lecture !
vendredi 26 juin 2009
Blub-blub : un deuxième Suffren pour la Marine
Hervé Morin a annoncé la commande du 2e sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Barracuda (classe Suffren). Le programme Barracuda, qui prévoit la livraison de six sous-marins entre 2017 et 2028, représente 7,9 milliards d’euros. La Délégation générale pour l’armement (DGA) a notifié le 26 juin 2009 aux entreprises DCNS et AREVA-TA la commande du 2e SNA de nouvelle génération Barracuda, prévu au titre du marché global notifié le 21 décembre 2006.
Parallèlement, l’assemblage de la coque du Suffren, tête de classe, a débuté le 26 juin 2009 par la soudure des deux premiers tronçons situés à l’arrière du sous-marin. Ils seront armés de la future torpille lourde Artemis, du missile antinavire Exocet et du futur missile de croisière naval. Ils pourront également mettre en oeuvre des forces spéciales et leurs équipements.
Parallèlement, l’assemblage de la coque du Suffren, tête de classe, a débuté le 26 juin 2009 par la soudure des deux premiers tronçons situés à l’arrière du sous-marin. Ils seront armés de la future torpille lourde Artemis, du missile antinavire Exocet et du futur missile de croisière naval. Ils pourront également mettre en oeuvre des forces spéciales et leurs équipements.
Lasers : les Américains progressent
Deux nouvelle récentes me semblent indicative de la persévérance US dans le domaine des lasers de combat, alors pourtant que l'ABL est à présent mort. D'une part, l’Advanced Tactical Laser, démonstrateur d’un laser chimique de frappe terrestre installé sur un C-130, a effectué un premier tir en vol, touchant effectivement sa cible dans le centre d’essais de White Sands. Rien de bien neuf : le programme progresse en dépit de retards.
D'autre part des essais ont également été réussis pour le Laser Weapon System (LaWS) de l’US Navy. Il a suivi, ciblé et détruit 5 drones le 7 juin, 2 le 9 juin et 2 autres le 11 juin. Le programme de recherche ambitionne, à terme, de disposer de lasers suffisamment puissants pour assurer la destruction de missiles assaillants. Et, pourquoi pas, remplacer les CIWS et autres RAM assurant la défense terminale des bâtiments US... A suivre donc...
D'autre part des essais ont également été réussis pour le Laser Weapon System (LaWS) de l’US Navy. Il a suivi, ciblé et détruit 5 drones le 7 juin, 2 le 9 juin et 2 autres le 11 juin. Le programme de recherche ambitionne, à terme, de disposer de lasers suffisamment puissants pour assurer la destruction de missiles assaillants. Et, pourquoi pas, remplacer les CIWS et autres RAM assurant la défense terminale des bâtiments US... A suivre donc...
jeudi 25 juin 2009
Drones : des solutions hybrides ?
La bestiole en photo (copyright : US Navy) n'est pas un MH-6 Little Bird, comme elle pourrait le laisser croire, mais sa version "Drone", testée par l'US Navy depuis un petit temps (500 heures de vol au compteur, 1er vol en juillet 06). L'appareil a deux particularités :- Premièrement, il utilise la cellule pour le moins éprouvée du Cayuse.
- Deuxièmement, il est "dronisable". Bien que pouvant voler seul comme un grand, il peut aussi être piloté, comme le Cayuse d'origine - un avantage pour le vol dans les espaces aériens civils.
Boeing, qui est maître d'oeuvre, précise que l'engin peut être utilisé pour toute une série de fonctions : ISR mais aussi évacuation médicale (d'où les deux conteneurs visibles sur la photo) et peut emporter environ 150 kg de charge utile. Un UAV "bon à tout faire" donc.
Ce qui m'interpelle dans ce programme, c'est sa relative simplicité. S'il faut prendre garde aux inflations de coûts (Boeing est doué pour la question et l'appareil a quelques petits raffinement, comme une capacité ATOL), ce qui m'intéresse ce sont les développements qui peuvent en résulter. En l'occurrence, Boeing et les forces spéciales ont une idée derrière la tête : l'A/MH-6X, avec une charge utile, cette fois, d'1,5 tonnes. Cette tendance à la dronisation d'appareils pilotés n'était pas nécessairement très visible au dernier Bourget mais, par contre, la multiplication des charges ISR sur des appareils de transport légers (TBM-700, King Air et autres appareils Diamond), oui.
On y reviendra dans le prochain DSI-T. Mais la question qui me turlupine, c'est de savoir si les drones MALE ou "quasi-MALE" (comme le modèle turc exposé ou le Hunter, par exemple*) ne sont pas en train de se faire dépasser à la fois par le haut (un Talarion/Advanced UAV qui me sembait aussi costaud qu'un RQ-4) ou par des plateformes beaucoup plus simples, pilotées et ayant plus souvent une charge utile supérieure, avec une endurance parfois étonnante.
* Je sais, je sais : le Hunter n'est pas un MALE. Mais son endurance (jusque 12 heures) est très raisonnable comparativement aux durées moyennes de vol des MALE US en Afghanistan ou en Irak...
mercredi 24 juin 2009
DSI 50 en preview
Et voilà que s'annonce l'été : les flots bleus pour ceux qui en ont la chance, un peu de temps libre... et peut-être même de la lecture. Ce pour quoi la rédac vous recommande vivement le prochain DSI, qui devrait être en kiosque d'ici le 2-3 juillet.
Sur le vif
La technologie est décidément un sujet complexe – y compris du point de vue de ses effets pervers. Jamais avare de réflexions, parfois dérangeantes mais toujours pertinentes, le général (CR) Claude LE BORGNE nous livre les réflexions dont il avait entretenu les participants au colloque du club Participation & Progrès sur « la technologie en débat(s) », début mai 2009.
Un autre débat à la fois passionnant et complexe touche aux sources du terrorisme, qui dépassent de loin les seules questions liées à l’asymétrie ou, comme on l’entend beaucoup trop souvent, à la pauvreté. Nous avons interrogé à ce sujet la philosophe et psychanalyste Hélène L’HEUILLET, qui vient de publier un ouvrage très intéressant à ce sujet.
Stratégie
À trop entendre parler de « guerre au milieu des populations », on pourrait n’y voir qu’un slogan, à l’instar de ce qu’était devenue la Transformation. Le général Vincent DESPORTES revient sur cette question, montrant que derrière la formule, les réalités stratégiques nous imposent d’adapter nos forces.
Combattre aujourd’hui est devenu difficile. Au premier chef, se pose la question de savoir s’il faut détruire l’adversaire ou « gagner par le compromis » et, plus généralement, de savoir quel est le but d’une guerre, de nos jours. Chef de bataillon, Pascal IANNI remet ainsi en perspectives un certain nombre de données, notamment inhérentes à la place des actions militaires dans les opérations contemporaines.
La géographie, disait Yves Lacoste, « sert d’abord à faire la guerre ». Si la formule manque quelque peu de nuance, toute structure militaire un tant soit peu évoluée ne peut faire l’impasse sur la géographie. Ses méthodes fournissent les cartes mais déterminera également la précision des missiles de croisière. Commandant dans l’armée de l’Air, Emmanuel ALLAIN examine une question abordée par le Livre blanc et, depuis lors, quelque peu passée sous silence.
Armées
Imprégnée de traditions et extrêmement expérimentée, l’armée de terre britannique est revenue, depuis la fin de la guerre froide, à une logique expéditionnaire et ce, dans un environnement budgétaire contraint. Pour autant, elle reste une formidable force de combat. Philippe LANGLOIT et Jean-Jacques MERCIER examinent pour nous ses évolutions et les défis auxquels elle fait face.
Engagées en Afghanistan depuis 2001, les forces terrestres britanniques ont mené un travail considérable et sont à présent engagées dans le sud, conduisant un grand nombre d’opérations. Emmanuel VIVENOT fait le point. Par ailleurs, Philippe LANGLOIT revient, dans son traditionnel tableau de bord, sur l’équipement de la British Army.
Unités
Forces spéciales de la Marine nationale, les Commandos-marine sont des unités aussi prestigieuses que rigoureuses et… occupées. Véronique SARTINI s’est rendue à Lorient et a suivi plusieurs de leurs exercices. Elle nous dresse le portrait d’unités en évolution constante et a également interviewé le contre-amiral Marin GILLIER, commandant la Force.
La technologie est décidément un sujet complexe – y compris du point de vue de ses effets pervers. Jamais avare de réflexions, parfois dérangeantes mais toujours pertinentes, le général (CR) Claude LE BORGNE nous livre les réflexions dont il avait entretenu les participants au colloque du club Participation & Progrès sur « la technologie en débat(s) », début mai 2009.
Un autre débat à la fois passionnant et complexe touche aux sources du terrorisme, qui dépassent de loin les seules questions liées à l’asymétrie ou, comme on l’entend beaucoup trop souvent, à la pauvreté. Nous avons interrogé à ce sujet la philosophe et psychanalyste Hélène L’HEUILLET, qui vient de publier un ouvrage très intéressant à ce sujet.
Stratégie
À trop entendre parler de « guerre au milieu des populations », on pourrait n’y voir qu’un slogan, à l’instar de ce qu’était devenue la Transformation. Le général Vincent DESPORTES revient sur cette question, montrant que derrière la formule, les réalités stratégiques nous imposent d’adapter nos forces.
Combattre aujourd’hui est devenu difficile. Au premier chef, se pose la question de savoir s’il faut détruire l’adversaire ou « gagner par le compromis » et, plus généralement, de savoir quel est le but d’une guerre, de nos jours. Chef de bataillon, Pascal IANNI remet ainsi en perspectives un certain nombre de données, notamment inhérentes à la place des actions militaires dans les opérations contemporaines.
La géographie, disait Yves Lacoste, « sert d’abord à faire la guerre ». Si la formule manque quelque peu de nuance, toute structure militaire un tant soit peu évoluée ne peut faire l’impasse sur la géographie. Ses méthodes fournissent les cartes mais déterminera également la précision des missiles de croisière. Commandant dans l’armée de l’Air, Emmanuel ALLAIN examine une question abordée par le Livre blanc et, depuis lors, quelque peu passée sous silence.
Armées
Imprégnée de traditions et extrêmement expérimentée, l’armée de terre britannique est revenue, depuis la fin de la guerre froide, à une logique expéditionnaire et ce, dans un environnement budgétaire contraint. Pour autant, elle reste une formidable force de combat. Philippe LANGLOIT et Jean-Jacques MERCIER examinent pour nous ses évolutions et les défis auxquels elle fait face.
Engagées en Afghanistan depuis 2001, les forces terrestres britanniques ont mené un travail considérable et sont à présent engagées dans le sud, conduisant un grand nombre d’opérations. Emmanuel VIVENOT fait le point. Par ailleurs, Philippe LANGLOIT revient, dans son traditionnel tableau de bord, sur l’équipement de la British Army.
Unités
Forces spéciales de la Marine nationale, les Commandos-marine sont des unités aussi prestigieuses que rigoureuses et… occupées. Véronique SARTINI s’est rendue à Lorient et a suivi plusieurs de leurs exercices. Elle nous dresse le portrait d’unités en évolution constante et a également interviewé le contre-amiral Marin GILLIER, commandant la Force.
Technologie
Depuis 2003, les IED (Improvised Explosive Device) ou EEI (Engins Explosifs Improvisés) font « la une » de l’actualité militaire. La menace est complexe et protéiforme et de nombreux types de contre-mesures lui sont appliquées, d’où l’expérience de la guerre froide et de l’utilisation des mines antichars n’est pas absente. Joseph HENROTIN et Stéphane FERRARD font le point sur les problèmes posés mais aussi… les solutions qui ont été trouvées.
Depuis 2003, les IED (Improvised Explosive Device) ou EEI (Engins Explosifs Improvisés) font « la une » de l’actualité militaire. La menace est complexe et protéiforme et de nombreux types de contre-mesures lui sont appliquées, d’où l’expérience de la guerre froide et de l’utilisation des mines antichars n’est pas absente. Joseph HENROTIN et Stéphane FERRARD font le point sur les problèmes posés mais aussi… les solutions qui ont été trouvées.
mardi 23 juin 2009
Nouvelles publications de l'ISC
Je suis actuellement en train d emettre à jour les tables des matières des derniers ouvrages parus dans le cadre de l'ISC (certes, il était temps ;o). Ne manquez pas de jeter un oeil dessus, dans la mesure où à chaque ouvrage présenté correspond l'un ou l'autre texte mis en libre accès.
Au programme :
Michel Grintchenko, L'opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine, 2008
Guilio Douhet, La maîtrise de l'air, 2007
Edward Luttwak, La grande stratégie de l'empire romain (2ème édition), 2009
Laure Bardiès et Martin Motte (Dir.), De la Guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, 2008
Hervé Coutau-Bégarie, L'océan globalisé. Géopolitique des mers au 21ème siècle, 2007
D'autres seront injectées au rythme d'une par jour. Bonne lecture !
Au programme :
Michel Grintchenko, L'opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine, 2008
Guilio Douhet, La maîtrise de l'air, 2007
Edward Luttwak, La grande stratégie de l'empire romain (2ème édition), 2009
Laure Bardiès et Martin Motte (Dir.), De la Guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, 2008
Hervé Coutau-Bégarie, L'océan globalisé. Géopolitique des mers au 21ème siècle, 2007
D'autres seront injectées au rythme d'une par jour. Bonne lecture !
Qui (n'est pas) post-humaniste ?
Réponse - ou piste de réponse, plus exactement - sur l'excellent schizodoxe. Je sort un peu d'un article sur la piraterie pour le prochain DSI-T (fonctionner aléatoirement fait du bien quelque fois) et j'en profite pour revenir à l'un de mes dadas favoris.
L'excellent Rémi Sussan avait produit il y a quelque temps un ouvrage absolument fascinant sur la relation entre contre-culture, post-humain (voire post-humanisme) et technologies diverses et variées. Je conseille à tous sa lecture (je pense en avoir fait une critique dans l'un des premiers DSI).
La question posée, à cet égard, renvoie non seulement à l'évolution et à l'adaptation mais est également d'une extrême valeur stratégique : que sera, dans 50 ans, la notion d'efficacité ? Comment va-t'on comprendre et modifier nos cerveaux - des gens y pensent très sérieusement ? Quel sera notre rapport à la technique, nous qui sommes déjà entourés de fictions où les robots sont au coeur des intrigues, suscitant peur ou attendrissement ?
Pas très militaire me direz-vous ? Si, si, regardez bien : le FELIN bardé de son électronique n'est conçu que pour une seule chose, in fine : être plus efficace, démultiplier l'humain et ses sens... Une révolution sourde est en marche et elle n'est pas dans tel radar ou tel système C4ISR - ce sont des épiphénomènes, tout au plus révélateurs que "quelque chose se passe".
Cette révolution est dans une combinaison bien plus large, d'une amplitude qu'on ne soupçonne même pas encore. Surtout, elle n'est pas technique au sens strict. Elle se joue dans l'interaction entre le technique et l'humain... qui pourrait bien déraper si, emporté par son élan, il ne restait pas concentré sur son essence.
L'excellent Rémi Sussan avait produit il y a quelque temps un ouvrage absolument fascinant sur la relation entre contre-culture, post-humain (voire post-humanisme) et technologies diverses et variées. Je conseille à tous sa lecture (je pense en avoir fait une critique dans l'un des premiers DSI).
La question posée, à cet égard, renvoie non seulement à l'évolution et à l'adaptation mais est également d'une extrême valeur stratégique : que sera, dans 50 ans, la notion d'efficacité ? Comment va-t'on comprendre et modifier nos cerveaux - des gens y pensent très sérieusement ? Quel sera notre rapport à la technique, nous qui sommes déjà entourés de fictions où les robots sont au coeur des intrigues, suscitant peur ou attendrissement ?
Pas très militaire me direz-vous ? Si, si, regardez bien : le FELIN bardé de son électronique n'est conçu que pour une seule chose, in fine : être plus efficace, démultiplier l'humain et ses sens... Une révolution sourde est en marche et elle n'est pas dans tel radar ou tel système C4ISR - ce sont des épiphénomènes, tout au plus révélateurs que "quelque chose se passe".
Cette révolution est dans une combinaison bien plus large, d'une amplitude qu'on ne soupçonne même pas encore. Surtout, elle n'est pas technique au sens strict. Elle se joue dans l'interaction entre le technique et l'humain... qui pourrait bien déraper si, emporté par son élan, il ne restait pas concentré sur son essence.
Interview au "Soir" : OMLT belge et embuscade en Afghanistan
J'ai eu l'occasion de donner au Soir du 19/6 une interview sur la question de la réaction belge au fait qu'une OMLT soit tombée en embuscade en Afghanistan :
Afghanistan : « Je suis étonné par... l'étonnement des élus »
Vous avez eu connaissance des embuscades afghanes dans lesquelles des instructeurs belges sont tombés jeudi de la semaine passée et ce lundi. Était-ce prévisible ?
Oui, puisqu'un certain nombre d'expériences nous étaient revenues d'autres armées engagées dans des opérations OMLT (NDLR : entraînement et mentoring). Le but de ces OMLT n'est pas de mener elles-mêmes ces engagements mais de former au plus vite l'armée afghane. Et quand elles emmènent cette armée sur le terrain, ce genre de chose peut se produire. Ne pas avoir d'embuscade aurait été très étonnant.
Il n'y a pas eu ici de blessé sérieux. Les autres armées ont-elles eu autant de chance ?
Les armées Otan sont, de manière générale, des armées bien formées, bien entraînées. Rappelons que, malgré la déferlante technologique dont on nous abreuve, le premier élément dans l'art de la guerre est humain : l'entraînement. Pas mal d'armées de l'Otan ont eu peur pour la Belgique, où les budgets ont été constamment réduits : en termes de pourcentage du budget consacré à l'armement et l'équipement, la Belgique est dernière de l'Otan (même le Luxembourg fait mieux que la Belgique). Mais l'armée belge s'en sort très bien car c'est une armée très professionnelle qui, même sous pression budgétaire, s'est débrouillée pour que ses unités demeurent opérationnelles et assument ce type d'engagement sans problème.
Dans le cas de l'embuscade d'Uzbin, par exemple, les Français ont perdu dix hommes. Mais on se rend compte aujourd'hui que les Français envoyés sur place étaient mal formés. D'où l'importance de l'entraînement – et pour les OMLT, des entraîneurs eux-mêmes bien entraînés.
D'un point de vue politique, il a été affirmé que le ministre belge de la Défense aurait sous-estimé le risque. A-t-on sous-communiqué, mal communiqué ? Ou sur-communiqué ?
La Belgique a communiqué comme dans les autres pays. Mais dans des pays plus vastes (France, Allemagne) ou même dans d'autres pays d'importance égale (Suède), le monde politique et les parlementaires sont bien mieux informés – culturellement – en terme de défense. Une plus grande attention est portée à ces questions. En Belgique, je suis étonné par… l'étonnement du législatif et par une polémique qui n'a pas lieu d'être : on connaît les risques liés aux OMLT, il existe une abondante littérature tout à fait accessible.
Je trouve même que le gouvernement belge communique maintenant avec plus de clarté qu'auparavant. Ce sont plutôt les parlementaires ou médias qui ne parviennent pas toujours à comprendre, à « lire » ce qui est dit. Les affaires de défense n'intéressent pas et, lorsque ce genre d'embuscade se produit, un étonnement se manifeste. Il est peut-être aussi vrai que les bonnes questions ne sont pas posées…
Le ministre affirme au « Soir » : les OMLT seront toujours en 2e ou 3e ligne, jamais en 1e ligne. Est-ce que cela a un sens quand on parle d'OMLT ?
Oui. Si une colonne se déplace, les Afghans vont être en tête, et les Belges en n°2. Mais la notion même de première et deuxième ligne n'a plus beaucoup de signification. Dans des conflits contre-insurrectionnels comme l'Afghanistan, il n'y a plus d'« arrière ». Des zones qu'on pense sécurisées ne le sont pas, etc. Donc lorsque le ministre dit que les Belges seront en deuxième ligne, c'est vrai d'un point de vue micro-tactique, mais on évolue sur un terrain ouvert et les attaques peuvent venir d'un peu n'importe où.
Si je suis ce raisonnement, même le fait d'être sur une position réputée très protégée – comme l'aéroport de Kaboul – pourrait être dangereux.
Évidemment. Aucun endroit en Afghanistan n'est réellement sûr. Kunduz, comparativement au Sud, est plus calme : c'est politiquement vrai. Mais stratégiquement, c'est relatif. Le calme de Kunduz n'empêche la recrudescence des accrochages. Par essence, la guerre est dynamique : la nouvelle logique – plus de front, plus d'arrière – signifie que la guerre est plus fluide que par le passé. La guerre est un duel, disait Clausewitz : nécessairement dynamique.
Le défaut de culture stratégique – que vous reprochez à nos élus – se marque-t-il aussi dans la société en général ?
Effectivement. Il y a beaucoup de réflexion stratégique en Belgique, mais qui percole peu. La réflexion stratégique belge s'opère d'abord au sein des militaires. Je donne parfois cours aux étudiants de 3e cycle (de futurs majors ou lieutenants-colonels) et là, on réfléchit beaucoup, ils posent des questions très mûres. Ce sont des gens qui lisent beaucoup : on assiste à l'émergence d'une génération d'officiers académiques, des officiers qui, de plus en plus, font des doctorats. Il y a un vrai bouillonnement, même si en Belgique les officiers « tournent à fond » et en unité n'ont pas trop le temps de lire. Puis il existe une recherche académique, qui est un petit peu plus folklorique : il n'y a pas de master en études stratégiques, comme il peut y en avoir aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où on met ce genre d'études sur le même pied que les relations internationales ou l'histoire de l'art.
Chez nous, rien ?
Cela repose sur une série d'individualités : André Dumoulin et Alain De Neve au départ de l'École royale militaire, quelques-uns à l'UCL, à l'ULB…
Est-ce que cela signifie que le niveau exécutif, lui aussi, a peu de ressources stratégiques ? Ou est-ce que l'armée et l'école royale militaire l'alimentent à suffisance ?
Pas de problème en ce qui concerne la production militaire : c'est un débat très ouvert au niveau intellectuel, avec des débats inimaginables il y a dix ans d'ici. Mais au niveau des « think tanks », c'est plutôt de la consultance que de la recherche, avec une certaine confusion militante. Si l'option est de dire d'emblée « On ne va pas en Afghanistan », alors évidemment on ne sait plus aider un gouvernement qui, sur le terrain, est confronté à des problèmes précis. Pas de véritable recherche, donc pas de véritable information du politique.
Où situez-vous le trauma du Rwanda ? Quel est encore son impact aujourd'hui ?
Il y a en Belgique une sociologie particulière à l'égard de l'usage de la force. Le premier grand choc est celui de la 1e guerre mondiale, avec un pacifisme assumé de la part des Flamands. C'est la toile de fond sur laquelle s'est conceptualisée la notion de défense. L'autre choc, c'est le Rwanda : on y va avec les meilleures intentions, on ne parvient pas à anticiper le problème – les services de renseignements l'avaient anticipé, pas le politique – et se développe un abcès qui ne sera jamais clarifié. Sur le registre : on ne doit plus jamais perdre un homme (dans ce cas, il faut dissoudre instantanément l'armée et réinjecter l'argent ailleurs), il ne faut plus s'engager que dans les conflits essentiels, etc. Le problème de cette posture est qu'elle est isolationniste, et que, dans le cadre Otan ou autre, la Belgique, pays « moyen » (et non pas « petit » comme la Lituanie, etc.), doit bien assumer sa participation à la sécurité collective.
Note de JH sur Uzbin : dans l'interview, j'avais parlé de formation non optimale et des pépins d'équipement. Maintenant, c'est une interview : ce que vous venez de lire est le condensé de 30 minutes de discussion... forcément, c'est synthétique...
Afghanistan : « Je suis étonné par... l'étonnement des élus »
Vous avez eu connaissance des embuscades afghanes dans lesquelles des instructeurs belges sont tombés jeudi de la semaine passée et ce lundi. Était-ce prévisible ?
Oui, puisqu'un certain nombre d'expériences nous étaient revenues d'autres armées engagées dans des opérations OMLT (NDLR : entraînement et mentoring). Le but de ces OMLT n'est pas de mener elles-mêmes ces engagements mais de former au plus vite l'armée afghane. Et quand elles emmènent cette armée sur le terrain, ce genre de chose peut se produire. Ne pas avoir d'embuscade aurait été très étonnant.
Il n'y a pas eu ici de blessé sérieux. Les autres armées ont-elles eu autant de chance ?
Les armées Otan sont, de manière générale, des armées bien formées, bien entraînées. Rappelons que, malgré la déferlante technologique dont on nous abreuve, le premier élément dans l'art de la guerre est humain : l'entraînement. Pas mal d'armées de l'Otan ont eu peur pour la Belgique, où les budgets ont été constamment réduits : en termes de pourcentage du budget consacré à l'armement et l'équipement, la Belgique est dernière de l'Otan (même le Luxembourg fait mieux que la Belgique). Mais l'armée belge s'en sort très bien car c'est une armée très professionnelle qui, même sous pression budgétaire, s'est débrouillée pour que ses unités demeurent opérationnelles et assument ce type d'engagement sans problème.
Dans le cas de l'embuscade d'Uzbin, par exemple, les Français ont perdu dix hommes. Mais on se rend compte aujourd'hui que les Français envoyés sur place étaient mal formés. D'où l'importance de l'entraînement – et pour les OMLT, des entraîneurs eux-mêmes bien entraînés.
D'un point de vue politique, il a été affirmé que le ministre belge de la Défense aurait sous-estimé le risque. A-t-on sous-communiqué, mal communiqué ? Ou sur-communiqué ?
La Belgique a communiqué comme dans les autres pays. Mais dans des pays plus vastes (France, Allemagne) ou même dans d'autres pays d'importance égale (Suède), le monde politique et les parlementaires sont bien mieux informés – culturellement – en terme de défense. Une plus grande attention est portée à ces questions. En Belgique, je suis étonné par… l'étonnement du législatif et par une polémique qui n'a pas lieu d'être : on connaît les risques liés aux OMLT, il existe une abondante littérature tout à fait accessible.
Je trouve même que le gouvernement belge communique maintenant avec plus de clarté qu'auparavant. Ce sont plutôt les parlementaires ou médias qui ne parviennent pas toujours à comprendre, à « lire » ce qui est dit. Les affaires de défense n'intéressent pas et, lorsque ce genre d'embuscade se produit, un étonnement se manifeste. Il est peut-être aussi vrai que les bonnes questions ne sont pas posées…
Le ministre affirme au « Soir » : les OMLT seront toujours en 2e ou 3e ligne, jamais en 1e ligne. Est-ce que cela a un sens quand on parle d'OMLT ?
Oui. Si une colonne se déplace, les Afghans vont être en tête, et les Belges en n°2. Mais la notion même de première et deuxième ligne n'a plus beaucoup de signification. Dans des conflits contre-insurrectionnels comme l'Afghanistan, il n'y a plus d'« arrière ». Des zones qu'on pense sécurisées ne le sont pas, etc. Donc lorsque le ministre dit que les Belges seront en deuxième ligne, c'est vrai d'un point de vue micro-tactique, mais on évolue sur un terrain ouvert et les attaques peuvent venir d'un peu n'importe où.
Si je suis ce raisonnement, même le fait d'être sur une position réputée très protégée – comme l'aéroport de Kaboul – pourrait être dangereux.
Évidemment. Aucun endroit en Afghanistan n'est réellement sûr. Kunduz, comparativement au Sud, est plus calme : c'est politiquement vrai. Mais stratégiquement, c'est relatif. Le calme de Kunduz n'empêche la recrudescence des accrochages. Par essence, la guerre est dynamique : la nouvelle logique – plus de front, plus d'arrière – signifie que la guerre est plus fluide que par le passé. La guerre est un duel, disait Clausewitz : nécessairement dynamique.
Le défaut de culture stratégique – que vous reprochez à nos élus – se marque-t-il aussi dans la société en général ?
Effectivement. Il y a beaucoup de réflexion stratégique en Belgique, mais qui percole peu. La réflexion stratégique belge s'opère d'abord au sein des militaires. Je donne parfois cours aux étudiants de 3e cycle (de futurs majors ou lieutenants-colonels) et là, on réfléchit beaucoup, ils posent des questions très mûres. Ce sont des gens qui lisent beaucoup : on assiste à l'émergence d'une génération d'officiers académiques, des officiers qui, de plus en plus, font des doctorats. Il y a un vrai bouillonnement, même si en Belgique les officiers « tournent à fond » et en unité n'ont pas trop le temps de lire. Puis il existe une recherche académique, qui est un petit peu plus folklorique : il n'y a pas de master en études stratégiques, comme il peut y en avoir aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où on met ce genre d'études sur le même pied que les relations internationales ou l'histoire de l'art.
Chez nous, rien ?
Cela repose sur une série d'individualités : André Dumoulin et Alain De Neve au départ de l'École royale militaire, quelques-uns à l'UCL, à l'ULB…
Est-ce que cela signifie que le niveau exécutif, lui aussi, a peu de ressources stratégiques ? Ou est-ce que l'armée et l'école royale militaire l'alimentent à suffisance ?
Pas de problème en ce qui concerne la production militaire : c'est un débat très ouvert au niveau intellectuel, avec des débats inimaginables il y a dix ans d'ici. Mais au niveau des « think tanks », c'est plutôt de la consultance que de la recherche, avec une certaine confusion militante. Si l'option est de dire d'emblée « On ne va pas en Afghanistan », alors évidemment on ne sait plus aider un gouvernement qui, sur le terrain, est confronté à des problèmes précis. Pas de véritable recherche, donc pas de véritable information du politique.
Où situez-vous le trauma du Rwanda ? Quel est encore son impact aujourd'hui ?
Il y a en Belgique une sociologie particulière à l'égard de l'usage de la force. Le premier grand choc est celui de la 1e guerre mondiale, avec un pacifisme assumé de la part des Flamands. C'est la toile de fond sur laquelle s'est conceptualisée la notion de défense. L'autre choc, c'est le Rwanda : on y va avec les meilleures intentions, on ne parvient pas à anticiper le problème – les services de renseignements l'avaient anticipé, pas le politique – et se développe un abcès qui ne sera jamais clarifié. Sur le registre : on ne doit plus jamais perdre un homme (dans ce cas, il faut dissoudre instantanément l'armée et réinjecter l'argent ailleurs), il ne faut plus s'engager que dans les conflits essentiels, etc. Le problème de cette posture est qu'elle est isolationniste, et que, dans le cadre Otan ou autre, la Belgique, pays « moyen » (et non pas « petit » comme la Lituanie, etc.), doit bien assumer sa participation à la sécurité collective.
Note de JH sur Uzbin : dans l'interview, j'avais parlé de formation non optimale et des pépins d'équipement. Maintenant, c'est une interview : ce que vous venez de lire est le condensé de 30 minutes de discussion... forcément, c'est synthétique...
Libellés :
Brüsel,
France,
News en vrac,
Stratégie
samedi 20 juin 2009
DSI magazine(s) sur Facebook : si, si...
Comme dirait Charles "Electrosphère" Bwele, on n'arrête pas le progrès (du web 2.0) : du coup, je me suis dit que dans la multitude de groupes Facebook, DSI était absent et qu'il était temps de permettre de mettre en contact les lecteurs qui le désirent. Actualités de la rédaction, (bonnes) humeurs et potins divers et variés à suivre ici.
jeudi 18 juin 2009
Happy birthday ISC
Créé en avril 1994, l'Institut de Stratégie Comparée, dirigé par Hervé Coutau-Bégarie, se porte plutôt bien en termes de production.
Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)
Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)
lundi 15 juin 2009
Faire européen, est-ce plus cher ?
Juste une petite réponse au dernier post de JDM, concernant la question du coût des appareils de combat européens en regard de l'option nationale. Je ne m'aventurerai pas ici sur la question du coût mais je ferai juste une petite précision, en rappellant ici une interview donnée en son temps par Claude Carlier, professeur en Sorbonne et grand observateur de tout ce qui vole devant l'Eternel.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
Libellés :
Armement,
Bourget 2009,
Europe,
France,
News en vrac
Non, pas la presse !
Et oui, ca arrive : vous voulez prendre des photos un peu plus près d'appareils pourtant au statique chez EADS et... on vous le refuse. Pas de photos, pas de reportage et une gueulante de ma part.
Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.
Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.
Bourget 2009 bien chargé
En direct depuis la salle de presse du Bourget 2009, votre serviteur a déjà eu l'occasion de faire un premier tour de tarmac, histoire de voir qui est là ou pas (et de tester un système de navette vous faisant lambinner, comme d'habitude). Et force est de constater que le tarmac est un peu plus fourni que ce que la liste des exposants le laissait entrevoir - dans mon dernier billet, j'ai donc été quelque peu injuste.
Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).
Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.
Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.
Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !
Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).
Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.
Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.
Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !
jeudi 11 juin 2009
2 ans d'Athena et 50 DSI sur le gâteau
La période est propice aux célébrations. Certes, le salon du Bourget - celui du centenaire - se profile à l'horizon avec, bien entendu, une descente en règle de la rédaction sur place et une série de retours à lire dans les prochains DSI et DSI-Technologies.
Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.
Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.
Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !
* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.
Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.
Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.
Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !
* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.
mardi 9 juin 2009
Hors-Série n°6 - DSI spécial "aviation de combat"

Salon du Bourget oblige, le nouveau hors-série que nous a préparé Jean-Louis sera pour le moins costaud : vous l'avez déjà lu, Jean-Louis aime le solide, le compact, le concentré - le tout sur 100 pages. Et il y a de quoi faire ! En l'occurrence, le 6ème hors-série de DSI sera en kiosque le 12 juin. Bonne lecture !
Editorial
L’AMÉRIQUE AU SOMMET
Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec
L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
TOUR D’HORIZON
Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé
Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé
Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé
Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé
Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé
Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé
Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé
Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel
Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson
Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé
Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott
DES DRONES BIEN PRÉSENTS
Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy
Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert
L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski
Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS
Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel
VOILURES TOURNANTES
Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé
TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé
Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé
Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé
Le Tigre montre les dents
Jean-Louis Promé
Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel
L’AMÉRIQUE AU SOMMET
Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec
L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
TOUR D’HORIZON
Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé
Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé
Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé
Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé
Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé
Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé
Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé
Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel
Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson
Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé
Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott
DES DRONES BIEN PRÉSENTS
Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy
Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert
L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski
Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS
Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel
VOILURES TOURNANTES
Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé
TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé
Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé
Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé
Le Tigre montre les dents
Jean-Louis Promé
Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel
Libellés :
Armement,
Bourget 2009,
News en vrac
vendredi 5 juin 2009
En pleine campagne, aucun conseiller n'aurait osé en rêver...
Pour connaître assez bien les rouages de la politique (disons, pour les avoir vécu de l'intérieur), je dois dire que ce qui vient de se passer, aucun conseiller un tant soit peu sérieux n'aurait jamais osé en rêver.
Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.
Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.
Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.
L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.
Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.
Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.
Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.
L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.
Un dorito à 2,8 milliards de dollars : la fin de la controverse A-12 Avenger II

Comment gagner 2,8 milliards de dollars ? Simple : accordez, à la fin des années 1980, un contrat de 4,8 milliards à McDonnell Douglas afin qu’il développe un bombardier embarqué, qui devra remplacer les A-6 Intruder. Il sera triangulaire et furtif et vous appellerez la petite chose en photomontage ci-dessus (copyright US Navy) l’A-12 Avenger II. Surnommé par les intimes le « dorito volant », il avait également reçu le sobriquet de "Mini B-2".
Faites miroiter un contrat pour plus de 1 300 appareils. Lorsque l’industriel verra les coûts et les délais exploser, annulez le contrat et coupez toute subvention. Vous en profiterez pour faire parler de vous, dans la mesure où vous aurez effectué la plus grosse annulation de contrat jamais vue au Pentagone. Attendez qu’il vous attaque en justice. Battez vous durant 18 ans devant les tribunaux et, au 3ème appel, récupérez 1,35 milliard déjà payé, majoré des intérêts. Soit 2,8 milliards.
Plus sérieusement, la fin de cette longue saga juridique marque un sérieux revers pour Boeing mais aussi et d'une certaine façon l'épilogue de mon mémoire de DEA (que vous pouvez consuter ici). A l'époque, l'appareil m'avait semblé être l'un des meilleurs exemples de la techno-fascination américaine des années 1980... dont vous savez comment elle se reproduira dans les années 1990 et 2000.
samedi 30 mai 2009
Salon du Bourget : faible présence militaire sur le tarmac
La ligne politique était poursuivie depuis déjà quelques années : priorité au domaine civil (ce qui explique également qu'aucune revue de défense ne soit partenaire du salon - à l'exception, à la marge, d'Aviation Week). Mais l'édition du centenaire sera sans doute un peu plus pauvre.
Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.
Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.
Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?
Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.
Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.
Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?
vendredi 29 mai 2009
Base aux Emirats, quelques commentaires
La masse de travail étant ce qu'elle est pour l'heure, je n'avais peu eu l'occasion de revenir plus avant sur la question de la nouvelle base française aux Emirats, sur laquelle RMC puis Radio Mediterranée International avaient eu l'occasion de m'interviewer, en début de semaine. Voici, grosso modo, quelques commentaires sur la question.
C’est le 26 mai que le président Sarkozy a officiellement inauguré la base française d’Abu Dhabi, connue sous le nom d’Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU). Accompagné par le ministre des affaires étrangères, celui de la défense et le CEMA, le président a rappelé l’importance géopolitique de la région.
Concrètement, « la base » est répartie sur trois sites : une base navale à Mina Zayed, une base aérienne (où 3 appareils sont stationnés depuis septembre 2008) à Al Dhafra et une base destinée aux forces terrestres (comprenant un centre d’entraînement aux opérations désertiques) à Zayed. Au total 500 hommes devraient être positionnés en permanence à Abu Dhabi. Au-delà du fait, la base recouvre plusieurs enjeux majeurs :
- L’enjeu géostratégique d’abord. La base permet, évidemment, de verrouiller l’Iran – situé à 225 km – mais, surtout, le détroit d’Ormuz, que le Shah d’Iran qualifiait justement de « veine jugulaire de l’Occident » dans un contexte où l’Europe est, comparativement aux Etats-Unis, plus dépendante du pétrole du Golfe. Elle constitue, en outre, l’extrémité ouest de la zone d’intérêt stratégique prioritaire que la France définissait dans le dernier Livre blanc et qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien en passant par la Méditerranée ;
- L’enjeu militaire. Avec l’IMFEAU, c’est la zone de l’océan Indien à proprement parler tend dès lors à renforcer son poids relatif. Or, cette zone (y compris le Golfe) est également celle où la majeure partie des croisières du Charles de Gaulle a été menée. La base des Emirats représente ainsi un facteur de persistance régionale – voire de compensation au deuxième porte-avions. A ce stade, si elle n’a évidemment pas les caractéristiques d’un porte-avions (fixe et non mobile, donc plus vulnérable) et que la compensation est symbolique, elle apporte aussi d’autres avantages que le porte-avions : elle peut accueillir bien plus que 30 appareils de combat (qui pourraient, à terme, être bien plus intégrés au dispositif réseaucentrique émirien) et permet de mettre en œuvre… des forces terrestres ;
- L’enjeu d’influence. Là où elle est installée, la France collabore activement et quasi-quotidiennement avec les forces locales, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis, où la coopération avec les forces du cru est plus formelle et donc moins souple. La base s’insère ainsi dans un dispositif d’influence plus large, comprenant l’extension quatariote de St Cyr, les extensions dans le Gole arabo-persique de la Sorbonne ou du Louvre ou encore, de façon plus diffuse, les acquis de la présidence Chirac en matière de politique arabe ;
- L’enjeu commercial, sur lesquels les médias se sont beaucoup focalisés mais qui ne constitue qu’une extension de l’enjeu d’influence. La base est destinée à devenir la vitrine des forces françaises dans un Moyen Orient où l’Iran fait peur et où les vannes budgétaires de défense sont à nouveau ouvertes. Or, la France est loin d’avoir les parts de marché dans la région qu’elle a pu avoir précédemment. En fait, les conditions ont changé : on n’achète plus de matériel sur base de leurs performances mais bien sur base de l’influence politique du vendeur. Comment, sinon, expliquer le succès du F-35 alors même qu’aucun exemplaire n’a encore volé là où la communication de Dassault est axée sur un Rafale « combat proven » ? Comment expliquer autrement que par l’influence que les Emirats achètent des C-17 et des C-130J en quelques mois – et sans avoir l’argent nécessaire – là où Paris est engagé depuis plusieurs années dans les négociations portant sur les Rafale ? En cherchant à se porter garante de la sécurité de la région, la France acquiert ainsi de l’influence qui, en retour, doit ouvrir les portes de la signature des contrats ;
- Enfin, l’enjeu politique n’est pas mince et il est double. Premièrement, la France ouvre, pour la première fois depuis 50 ans, une base militaire à l’étranger – un élément que n’ont pas manqué de souligner les médias américains. Ce qui tombe plutôt bien car Paris est, avec Washington, la seule capitale à entretenir de grandes bases à l’étranger (le dispositif britannique n’étant plus que l’ombre de ce qu’il était encore dans les années 1970). Le message politique aux Etats-Unis – mais peut être aussi auix Européens en général et aux Britanniques en particulier – consiste, dès lors, à montrer que la puissance française n’est pas morte. Ce qui, deuxièmement, a un véritable impact en matière de politique intérieure française. On se souvient que les réactions des militaires à la parution du dernier LBDSN avaient été plutôt froides. La base, de ce point de vue, est également une façon de faire bomber le torse à l’armée, lui rappelant que la France conserve des ambitions globales, en dépit d’une réforme douloureuse…
C’est le 26 mai que le président Sarkozy a officiellement inauguré la base française d’Abu Dhabi, connue sous le nom d’Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU). Accompagné par le ministre des affaires étrangères, celui de la défense et le CEMA, le président a rappelé l’importance géopolitique de la région.
Concrètement, « la base » est répartie sur trois sites : une base navale à Mina Zayed, une base aérienne (où 3 appareils sont stationnés depuis septembre 2008) à Al Dhafra et une base destinée aux forces terrestres (comprenant un centre d’entraînement aux opérations désertiques) à Zayed. Au total 500 hommes devraient être positionnés en permanence à Abu Dhabi. Au-delà du fait, la base recouvre plusieurs enjeux majeurs :
- L’enjeu géostratégique d’abord. La base permet, évidemment, de verrouiller l’Iran – situé à 225 km – mais, surtout, le détroit d’Ormuz, que le Shah d’Iran qualifiait justement de « veine jugulaire de l’Occident » dans un contexte où l’Europe est, comparativement aux Etats-Unis, plus dépendante du pétrole du Golfe. Elle constitue, en outre, l’extrémité ouest de la zone d’intérêt stratégique prioritaire que la France définissait dans le dernier Livre blanc et qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien en passant par la Méditerranée ;
- L’enjeu militaire. Avec l’IMFEAU, c’est la zone de l’océan Indien à proprement parler tend dès lors à renforcer son poids relatif. Or, cette zone (y compris le Golfe) est également celle où la majeure partie des croisières du Charles de Gaulle a été menée. La base des Emirats représente ainsi un facteur de persistance régionale – voire de compensation au deuxième porte-avions. A ce stade, si elle n’a évidemment pas les caractéristiques d’un porte-avions (fixe et non mobile, donc plus vulnérable) et que la compensation est symbolique, elle apporte aussi d’autres avantages que le porte-avions : elle peut accueillir bien plus que 30 appareils de combat (qui pourraient, à terme, être bien plus intégrés au dispositif réseaucentrique émirien) et permet de mettre en œuvre… des forces terrestres ;
- L’enjeu d’influence. Là où elle est installée, la France collabore activement et quasi-quotidiennement avec les forces locales, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis, où la coopération avec les forces du cru est plus formelle et donc moins souple. La base s’insère ainsi dans un dispositif d’influence plus large, comprenant l’extension quatariote de St Cyr, les extensions dans le Gole arabo-persique de la Sorbonne ou du Louvre ou encore, de façon plus diffuse, les acquis de la présidence Chirac en matière de politique arabe ;
- L’enjeu commercial, sur lesquels les médias se sont beaucoup focalisés mais qui ne constitue qu’une extension de l’enjeu d’influence. La base est destinée à devenir la vitrine des forces françaises dans un Moyen Orient où l’Iran fait peur et où les vannes budgétaires de défense sont à nouveau ouvertes. Or, la France est loin d’avoir les parts de marché dans la région qu’elle a pu avoir précédemment. En fait, les conditions ont changé : on n’achète plus de matériel sur base de leurs performances mais bien sur base de l’influence politique du vendeur. Comment, sinon, expliquer le succès du F-35 alors même qu’aucun exemplaire n’a encore volé là où la communication de Dassault est axée sur un Rafale « combat proven » ? Comment expliquer autrement que par l’influence que les Emirats achètent des C-17 et des C-130J en quelques mois – et sans avoir l’argent nécessaire – là où Paris est engagé depuis plusieurs années dans les négociations portant sur les Rafale ? En cherchant à se porter garante de la sécurité de la région, la France acquiert ainsi de l’influence qui, en retour, doit ouvrir les portes de la signature des contrats ;
- Enfin, l’enjeu politique n’est pas mince et il est double. Premièrement, la France ouvre, pour la première fois depuis 50 ans, une base militaire à l’étranger – un élément que n’ont pas manqué de souligner les médias américains. Ce qui tombe plutôt bien car Paris est, avec Washington, la seule capitale à entretenir de grandes bases à l’étranger (le dispositif britannique n’étant plus que l’ombre de ce qu’il était encore dans les années 1970). Le message politique aux Etats-Unis – mais peut être aussi auix Européens en général et aux Britanniques en particulier – consiste, dès lors, à montrer que la puissance française n’est pas morte. Ce qui, deuxièmement, a un véritable impact en matière de politique intérieure française. On se souvient que les réactions des militaires à la parution du dernier LBDSN avaient été plutôt froides. La base, de ce point de vue, est également une façon de faire bomber le torse à l’armée, lui rappelant que la France conserve des ambitions globales, en dépit d’une réforme douloureuse…
Libellés :
France,
Géopolitique,
Moyen Orient,
Stratégie
jeudi 28 mai 2009
DSI n°49, le sommaire !
En kiosque le 2 juin
Editorial
Agenda et nominations
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Intelligence, renseignement et glandouille stratégique »
Sur le vif
Quel prépositionnement français en Afrique de l’Ouest ? Le point
Par Véronique Sartini, journaliste
Entretien avec le général de brigade Olivier Paulus,
commandant les Forces Françaises du Cap Vert (FFCV)
Encadré : Le point sur la présence française en Côte d’Ivoire
Encadré : Les Forces Françaises du Gabon
Entretien avec le général Claude Réglat, commandant les Forces Françaises du Gabon (FFG)
Encadré : la mission Corymbe
Stratégie
Clausewitz en action, des bibliothèques à l’Afghanistan
Interview du colonel Benoît Durieux, commandant le 2ème Régiment Etranger d’Infanterie, auteur de Clausewitz en France.
La puissance maritime à l’aube du 21ème siècle. Quelle ambition pour la France ?
Par le capitaine de corvette Philippe Le Gac, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Les opérations de stabilisation sont des opérations de guerre. Une réponse au général Gaviard
Par Carl von C., chroniqueur
Armées
60 ans d’opérations aériennes israéliennes
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
Le dernier recours qui n’existait pas. Israël et l’arme nucléaire
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Soufa et Re’em, poings de la Heyl Ha’Avir
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : La Heyl Ha’Avir
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Le CPA 10. Les forces spéciales, c’est aussi l’armée de l’Air
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : Les spécificités des Commandos Parachutistes de l’Air
Encadré : Le « Poitou », l’escadron des forces spéciales
Technologie & Armement
Le C-5 Galaxy, vers une carrière de plus de 70 ans !
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
C-17 : la solution au transport stratégique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
L’approche russo-soviétique
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
L’Antonov An-124: tout simplement indispensable!
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
LHD Juan Carlos 1er /LA redéfinition de la projection vers la terre
Terminal High Altitude Area Defence/Vers une prolifération des systèmes antimissiles ?
Lockheed U-2 Dragon Lady/L’U-2, légende de la guerre froide
Critiques de lecture
Les armes nucléaires, mythes et réalités de Georges Le Gulte
Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides de Hélène L’Huillet
Le pari de la guerre. Guerre préventive, guerre juste ? de Ariel Colonomos
2030, la fin de la mondialisation ? de Hervé Coutau-Bégarie
Question internationales, n°35, janvier-février 2009
Military Review, Special Edition, Counterinsurgency reader II
mardi 19 mai 2009
Génération afghane, génération perdue ?
Je réagis ici à un post de JD Merchet, qui examine l'émergence des "Afghansty", nouvelle génération de combattants formés et acculturés aux opérations afghanes... qui pose, en creux, la question de leur adaptation aux opérations classiques.
Première remarque, il faut prendre garde d'opposer "guerre froide" et "guerres actuelles" : ce sont là deux choses non comparables. Les Etats-Unis l'ont payé au prix fort, à trop considérer que les opérations classique/conventionnelles étaient plus exigeantes que les irrégulières, ils sont complètement passé à côté des spécificités du conflit. Au final, ils ont produit des statistiques impressionnantes de tonnages de bombes larguées et d'adversaires tués - ce que fait également l'OTAN. Elles étaient totalement non-pertinentes dans le contexte, révélant une conception linéaire certes plus appropriée. Relire l'ouvrage de Summers (On Strategy) vaccine durablement contre ces biais très technologisants.
Deuxième remarque, cela ne veut pas dire qu'il faille déconsidérer la "haute intensité", que du contraire. D'ailleurs, la "haute intensité" est un terme que je n'aime pas - l'on parle d'ailleurs actuellement et assez justement de HICOIN (High Intensity Counter-Insurrection). Il faut tout simplement savoir faire les deux, sans tomber dans le travers de certaines propositions (la mise en place de forces spécifiquement "conventionnelles" et "non-conventionnelles"). Mais faire les deux est difficile, me direz vous. C'est évident.
Mais la donne a changé : l'opposition entre combats réguliers et irréguliers n'est pas si radicale qu'il n'y paraît. Il y a certes des différences doctrinales importantes mais la grammaire fondamentale des opérations est la même, tout comme les "fondamentaux" des combattants. L'Afghanistan, de ce point de vue, force à réapprendre la progression en colonne, l'éclairage, la protection des flancs, la logistique et tous les gestes élémentaires.
Nous évoluons également dans un environnement professionnalisé. Plus question de conscrits russes, français ou américains qui attendent que se termine leur "tour of duty" et qui demandent dans une large mesure à dégager du théâtre. Ce qui change assez considérablement la donne de la premièrte richesse des armées à savoir leurs hommes - qui restent, jusqu'à preuve du contraire leurs capteurs et leurs effecteurs - pour parler en langage "conventionnel technologisé" - les plus évolués et les plus intelligents.
Dernière remarque aussi sur le futur des opérations : dans l'hypothèse d'une guerre conventionnelle, croire qu'on va rejouer la "guerre froide" ou la "Seconde Guerre mondiale" me semble très dangereux. Les lecteurs de DSI le savent bien, nos adversaires potentiels étudient, lisent encore plus et développent des concepts qui, une fois le jour de l'affrontement venu et bien évidemment, ne chercheront pas à les amener à jouer notre jeu. Personne ne fait la guerre pour la perdre.
Ce qui pose en retour bien des questions auxquelles l'on ne peut répondre sur un blog. Par contre, j'ai bien ma petite idée - à lire en pavé d'ici, j'espère, la fin de l'année.
Première remarque, il faut prendre garde d'opposer "guerre froide" et "guerres actuelles" : ce sont là deux choses non comparables. Les Etats-Unis l'ont payé au prix fort, à trop considérer que les opérations classique/conventionnelles étaient plus exigeantes que les irrégulières, ils sont complètement passé à côté des spécificités du conflit. Au final, ils ont produit des statistiques impressionnantes de tonnages de bombes larguées et d'adversaires tués - ce que fait également l'OTAN. Elles étaient totalement non-pertinentes dans le contexte, révélant une conception linéaire certes plus appropriée. Relire l'ouvrage de Summers (On Strategy) vaccine durablement contre ces biais très technologisants.
Deuxième remarque, cela ne veut pas dire qu'il faille déconsidérer la "haute intensité", que du contraire. D'ailleurs, la "haute intensité" est un terme que je n'aime pas - l'on parle d'ailleurs actuellement et assez justement de HICOIN (High Intensity Counter-Insurrection). Il faut tout simplement savoir faire les deux, sans tomber dans le travers de certaines propositions (la mise en place de forces spécifiquement "conventionnelles" et "non-conventionnelles"). Mais faire les deux est difficile, me direz vous. C'est évident.
Mais la donne a changé : l'opposition entre combats réguliers et irréguliers n'est pas si radicale qu'il n'y paraît. Il y a certes des différences doctrinales importantes mais la grammaire fondamentale des opérations est la même, tout comme les "fondamentaux" des combattants. L'Afghanistan, de ce point de vue, force à réapprendre la progression en colonne, l'éclairage, la protection des flancs, la logistique et tous les gestes élémentaires.
Nous évoluons également dans un environnement professionnalisé. Plus question de conscrits russes, français ou américains qui attendent que se termine leur "tour of duty" et qui demandent dans une large mesure à dégager du théâtre. Ce qui change assez considérablement la donne de la premièrte richesse des armées à savoir leurs hommes - qui restent, jusqu'à preuve du contraire leurs capteurs et leurs effecteurs - pour parler en langage "conventionnel technologisé" - les plus évolués et les plus intelligents.
Dernière remarque aussi sur le futur des opérations : dans l'hypothèse d'une guerre conventionnelle, croire qu'on va rejouer la "guerre froide" ou la "Seconde Guerre mondiale" me semble très dangereux. Les lecteurs de DSI le savent bien, nos adversaires potentiels étudient, lisent encore plus et développent des concepts qui, une fois le jour de l'affrontement venu et bien évidemment, ne chercheront pas à les amener à jouer notre jeu. Personne ne fait la guerre pour la perdre.
Ce qui pose en retour bien des questions auxquelles l'on ne peut répondre sur un blog. Par contre, j'ai bien ma petite idée - à lire en pavé d'ici, j'espère, la fin de l'année.
DSI n°49 en preview - le Bourget à l'horizon
En attendant le Hors-Série n°6 "spécial Bourget" que concocte Jean-Louis, un petit aperçu du DSI de juin (dispo dès le 2 juin) et qui sera forcément un peu plus "aéro" que les autres.Sur le vif
Ancienne puissance coloniale, la France reste très présente en Afrique, ce qui nourrit toute une littérature dénonçant la « Françafrique » et les relations politiques entre les anciennes colonies et Paris. Derrière la polémique, la coopération entre la France et plusieurs États de l’Afrique de l’Ouest est bien réelle et particulièrement poussée au plan militaire – soit celui de « la politique faite action ». Véronique SARTINI fait le point sur cette coopération mais aussi sur la présence française dans la région. Au cours de son enquête, elle a interrogé Olivier PAULUS, le général commandant les Forces Françaises du Cap-Vert (FFCV) et Claude RÉGLAT, général commandant les Forces Françaises au Gabon (FFV).
Stratégie
Colonel commandant le 2e Régiment Etranger d’Infanterie – dont une partie des éléments part en Afghanistan ce mois – Benoît DURIEUX fait partie de cette génération de « soldats académiques » couplant une grande expérience de terrain et une connaissance approfondie de la stratégie. De quoi sans aucun doute faire la démonstration in vivo de l’utilité de la réflexion.
L’obtention de la puissance maritime reste une énigme : les débats sont loin d’avoir donné lieu à une seule définition communément admise. Mais, derrière ce débat aux allures académiques se cache la politique maritime que va déployer la France, sa déclinaison navale militaire et sa coordination avec la stratégie maritime civile. Mais avant d’en arriver là, le capitaine de corvette Philippe LE GAC, stagiaire au CID, pose une question très pertinente : quelle ambition pour la France ?
Dans DSI n°47, le général Jean-Patrick GAVIARD explorait un certain nombre d’enjeux liés aux opérations de stabilisation. Mais, pour Carl von C., sa vision est restrictive et nécessite une réponse. Notre mystérieux chroniqueur poursuit le débat.
Armées
La force aérienne israélienne s’est construite autour de véritables mythes. Extrêmement expérimentée, c’est elle qui compte le plus grand nombre d’as depuis les 50 dernières années. Le contexte régional – extrêmement spécifique – mis à part, quels sont les ressorts de cette efficacité ? Emmanuel VIVENOT revient sur les incarnations de sa politique de projection que sont les F-15I et F-16I. Joseph HENROTIN et Philippe LANGLOIT analysent quant à eux son évolution doctrinale mais aussi les remises en question qui l’animent : la puissance ne découlerait-elle pas, aussi, du doute ? Enfin, les capacités présentes et futures de la Heyl Ha’Avir sont présentées dans notre traditionnel tableau de bord.
Unités
L’armée de l’Air aussi dispose de forces spéciales opérant depuis le sol : leurs capacités sont même cruciales, en permettant d’effectuer des désignations de cible… et d’aller beaucoup plus loin que les unités de l’armée de Terre engagées dans des missions TAC-P (Tactical Air Control – Party). Pour la première fois et en exclusivité, la presse a pu entrer dans les bureaux du CPA 10. Véronique SARTINI y a rencontré des hommes passionnés par leur mission et fait le point sur les missions et l’évolution d’une unité très spéciale.
Technologie
Le transport aérien stratégique est un domaine qui, sous les apparences pataudes des C-5, C-17 et autres An-124, connaît des évolutions considérables. Sans lui, la rapidité de projection des armées est compromise. Aussi, DSI a-t-il décidé de faire le point. Stéphane FERRARD présente ainsi les évolutions touchant le C-5 Galaxy. Joseph HENROTIN revient sur les succès commerciaux du C-17 et sur sa jeunesse tourmentée. Jean-Jacques MERCIER, quant à lui, fait un petit bond en arrière dans l’histoire et présente la conception soviétique de la question. Enfin, Jean-Louis PROMÉ évalue les perspectives de l’An-124 Condor.
lundi 18 mai 2009
La citation du jour
En conclusion de Aux sources du terrorisme d'Hélène L'Heuillet (Fayard 2009) : "l’idée que « le terrorisme » serait « l’arme des faibles » est déjà non-démocratique et commet l’erreur de transposer dans la réalité ce qui n’est que rhétorique politique".
L'ouvrage, fruit des travaux d'une maître de conférence en philosophie qui est également psychanalyste, est a conseiller, en particulier dans l'exploration qu'elle fait de la relation à la peur. Excellente déconstruction des mécanismes de puissance inhérents à un terrorisme qu'elle considère per se comme un mode de guerre.
Si la critique de son ouvrage paraîtra dans le DSI de juin, on peut franchement considérer que ces travaux (d'ailleurs assez marqués par ceux de stratégistes comme R. Pape ou F. Géré) sont d'une grande utilité.
L'ouvrage, fruit des travaux d'une maître de conférence en philosophie qui est également psychanalyste, est a conseiller, en particulier dans l'exploration qu'elle fait de la relation à la peur. Excellente déconstruction des mécanismes de puissance inhérents à un terrorisme qu'elle considère per se comme un mode de guerre.
Si la critique de son ouvrage paraîtra dans le DSI de juin, on peut franchement considérer que ces travaux (d'ailleurs assez marqués par ceux de stratégistes comme R. Pape ou F. Géré) sont d'une grande utilité.
jeudi 14 mai 2009
Carl von C. est en forme
Carl me demande si je peux poster sa dernière chronique, parue dans DSI n°48, actuellement en kiosque. Je la poste d'autant plus volontiers que, derrière ses délicieuses exagérations et un insight dans une de nos réunions de rédacion, se cache une vérité bien réelle : tout le monde entend augmenter les exportations de matériels français... mais le système lui-même génère des frictions l'empêchant de fonctionner. De quoi méditer alors que se prépare, tout doucement, le prochain Bourget.
****
Comment, on n’aime pas les industriels français dans la presse ?
Carl en est encore hilare. Ça commence il y a 15 jours, en réunion de rédaction : mon vénéré rédac’ chef adjoint rentre de Suède – l’autre pays de la crevette – où quelqu’un a été assez fou pour lui remettre les clés d’un blindé, histoire qu’on voie si l’Airbag est opérationnel (note de JH : je n'ai fait aucun accident !). Il nous raconte sa visite. Tout, il a eu accès à tout. Résumé du dialogue :
« Carl. — Et les dégâts en Afghanistan ?
J.H. — Tout, ils m’ont tout montré. Les frappes de RPG, les dégâts avec du 7,62, les changements de moteurs, les essais d’IED… Ils ont fait défiler tous leurs spécialistes, j’ai eu toutes les photos que je voulais.
Carl. — Rien à cacher, donc ?
J.H. — Rien. Absolument rien. Ils ont tout montré. À force d’en parler, leur véhicule était tellement à poil qu’il était bon pour un club de strip-tease pour ingénieurs. Un rêve côté info. ».
D’où, une belle série d’articles à paraître dans DSI-T. Voilà pour l’autopromotion mais, en se prenant la traditionnelle croquette aux crevettes, votre vieux Carl ne pouvait s’empêcher de pester / râler / rigoler / réfléchir, et il y a de quoi. Pensez donc. On entend souvent les industriels français pester contre la presse anglo-saxonne (tout en l’arrosant de généreuses sommes pour y placer de la publicité) : elle serait incapable d’être gentille avec les industriels français, présenterait mal les choses et ne comprendrait pas le génie de nos ingénieurs. En gros, parce qu’on est des vilains / méchants / pas beaux Français, on nous traiterait mal.
Ah bon ? Regardons dans notre assiette. Vous êtes journaliste et vous avez posé un tas de questions ? Prenez un petit verre de vin, le dernier DSI, et fumez vous un « spliff », parce que ça va prendre du temps et que vous allez être stressé. Regardez les choses en face : la communication et le marketing des industriels de défense français est, dans son immense majorité, totalement arriérée, aussi incapable de fournir des vraies réponses que des photos pour les illustrer. Impossible de rencontrer les ingénieurs, impossible de discuter le coup, impossible de ne pas remettre dans les magazines les mêmes sempiternelles photos.
Bref, l’âge de pierre de la communication. Mais pourquoi donc ? Pourquoi est-il plus facile de travailler avec le monde entier – exception faite des Chinois et de certains Russes – qu’avec nos industriels ? Eux qui nous demandent par ailleurs de les soutenir – ce qui veut assez souvent dire relayer leurs communiqués, sans autre esprit critique ni abordage des questions intéressant directement les militaires ? Parce que, culturellement, nous sommes obsédés par le secret, les petites chasses gardées qui font les délices des cancans de machine à café et, plus que tout, parce que nous sommes inefficaces. Maintenant, imaginez Charlie « kill them all » Funky, spécialiste de je-ne-sais-quelle publication, débarquer chez un de nos fleurons : « Yeah, man, ton système, il est intéressant. Tu peux me dire comment je peux m’en servir ? »
Réponse laconique : « Euh… plus tard. D’ailleurs, toutes vos questions, plus tard. Tenez, reprenez un peu de champagne et lisez cette belle brochure qui ne dit rien. Après, on fera un petit voyage de presse tellement rapide que vous ne pourrez poser aucune question. » Évidemment, le champagne est bu et notre vieux Charlie Funky se dit qu’on cherche à lui cacher des choses. Et si on lui cache, c’est forcément que le matériel en question, c’est une blanquette. Une énorme blanquette. Un vrai choc culturel, surtout : à l’heure de la mondialisation, tout le monde surcommunique, sauf nos industriels, qui s’étonnent ensuite qu’on ne parle pas mieux d’eux. Comme si c’était encore au monde de s’adapter à nos habitudes.
La situation – on s’en désolera ou pas – a changé depuis belle lurette. Résultat des courses, même la presse française parle finalement peu des matériels français, plus aucun titre n’a le temps de prendre le temps de contourner les embûches culturelles que nous plaçons sur le chemin de nos propres exports. Alors, certes, me direz-vous, les départements marketing manquent d’argent et de moyens, les industriels doivent mieux se coordonner (si, si, c’est le petit Nicolas qui le dit, avec raison). Mais charité bien ordonnée commence par soi-même. Il y a des choses qui ne coûtent rien et rapportent beaucoup. Se poser des questions, par exemple…
****
Comment, on n’aime pas les industriels français dans la presse ?
Carl en est encore hilare. Ça commence il y a 15 jours, en réunion de rédaction : mon vénéré rédac’ chef adjoint rentre de Suède – l’autre pays de la crevette – où quelqu’un a été assez fou pour lui remettre les clés d’un blindé, histoire qu’on voie si l’Airbag est opérationnel (note de JH : je n'ai fait aucun accident !). Il nous raconte sa visite. Tout, il a eu accès à tout. Résumé du dialogue :
« Carl. — Et les dégâts en Afghanistan ?
J.H. — Tout, ils m’ont tout montré. Les frappes de RPG, les dégâts avec du 7,62, les changements de moteurs, les essais d’IED… Ils ont fait défiler tous leurs spécialistes, j’ai eu toutes les photos que je voulais.
Carl. — Rien à cacher, donc ?
J.H. — Rien. Absolument rien. Ils ont tout montré. À force d’en parler, leur véhicule était tellement à poil qu’il était bon pour un club de strip-tease pour ingénieurs. Un rêve côté info. ».
D’où, une belle série d’articles à paraître dans DSI-T. Voilà pour l’autopromotion mais, en se prenant la traditionnelle croquette aux crevettes, votre vieux Carl ne pouvait s’empêcher de pester / râler / rigoler / réfléchir, et il y a de quoi. Pensez donc. On entend souvent les industriels français pester contre la presse anglo-saxonne (tout en l’arrosant de généreuses sommes pour y placer de la publicité) : elle serait incapable d’être gentille avec les industriels français, présenterait mal les choses et ne comprendrait pas le génie de nos ingénieurs. En gros, parce qu’on est des vilains / méchants / pas beaux Français, on nous traiterait mal.
Ah bon ? Regardons dans notre assiette. Vous êtes journaliste et vous avez posé un tas de questions ? Prenez un petit verre de vin, le dernier DSI, et fumez vous un « spliff », parce que ça va prendre du temps et que vous allez être stressé. Regardez les choses en face : la communication et le marketing des industriels de défense français est, dans son immense majorité, totalement arriérée, aussi incapable de fournir des vraies réponses que des photos pour les illustrer. Impossible de rencontrer les ingénieurs, impossible de discuter le coup, impossible de ne pas remettre dans les magazines les mêmes sempiternelles photos.
Bref, l’âge de pierre de la communication. Mais pourquoi donc ? Pourquoi est-il plus facile de travailler avec le monde entier – exception faite des Chinois et de certains Russes – qu’avec nos industriels ? Eux qui nous demandent par ailleurs de les soutenir – ce qui veut assez souvent dire relayer leurs communiqués, sans autre esprit critique ni abordage des questions intéressant directement les militaires ? Parce que, culturellement, nous sommes obsédés par le secret, les petites chasses gardées qui font les délices des cancans de machine à café et, plus que tout, parce que nous sommes inefficaces. Maintenant, imaginez Charlie « kill them all » Funky, spécialiste de je-ne-sais-quelle publication, débarquer chez un de nos fleurons : « Yeah, man, ton système, il est intéressant. Tu peux me dire comment je peux m’en servir ? »
Réponse laconique : « Euh… plus tard. D’ailleurs, toutes vos questions, plus tard. Tenez, reprenez un peu de champagne et lisez cette belle brochure qui ne dit rien. Après, on fera un petit voyage de presse tellement rapide que vous ne pourrez poser aucune question. » Évidemment, le champagne est bu et notre vieux Charlie Funky se dit qu’on cherche à lui cacher des choses. Et si on lui cache, c’est forcément que le matériel en question, c’est une blanquette. Une énorme blanquette. Un vrai choc culturel, surtout : à l’heure de la mondialisation, tout le monde surcommunique, sauf nos industriels, qui s’étonnent ensuite qu’on ne parle pas mieux d’eux. Comme si c’était encore au monde de s’adapter à nos habitudes.
La situation – on s’en désolera ou pas – a changé depuis belle lurette. Résultat des courses, même la presse française parle finalement peu des matériels français, plus aucun titre n’a le temps de prendre le temps de contourner les embûches culturelles que nous plaçons sur le chemin de nos propres exports. Alors, certes, me direz-vous, les départements marketing manquent d’argent et de moyens, les industriels doivent mieux se coordonner (si, si, c’est le petit Nicolas qui le dit, avec raison). Mais charité bien ordonnée commence par soi-même. Il y a des choses qui ne coûtent rien et rapportent beaucoup. Se poser des questions, par exemple…
mercredi 13 mai 2009
Colloque "aéronautique navale" : MAJ

Petite mise à jour du programme du colloque du CESM :
L’aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la Défense
10 juin 2009 -Ecole Militaire – Amphithéâtre Desvallières
10 juin 2009 -Ecole Militaire – Amphithéâtre Desvallières
09h30 – 10h25 Ouverture du colloque
09h30 – 09h35 Accueil par le contre-amiral François de Lastic (Amiral commandant le Centre d’enseignement supérieur de la Marine)
09h35 – 09h55 Introduction par le vice-amiral Xavier Magne (Amiral sous-chef d’état-major « opérations aéronavales » à l’état-major de la marine)
09h55 – 10h25 Ouverture par M. le Professeur Hervé Coutau-Bégarie (Directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de défense)
1ère partie : L’aéronautique navale dans son action au quotidien
Animateur : M. Stéphane Fort (Journaliste, France Inter)
10h30 - 10h50 M. le capitaine de vaisseau Henri Bobin (Centre de planification et de conduite des opérations) « L’aéronautique navale dans son action au quotidien »
10h50 - 11h30 Table ronde avec :
Mme Patricia Adam (Députée du Finistère et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), Monsieur le vice-amiral d’escadre Laurent Merer (Ancien Préfet maritime de l’Atlantique), M. le vice-amiral Olivier de Rostolan (Amiral commandant de la force aéronautique navale), M. le contre-amiral Bruno Paulmier (Secrétaire général adjoint de la Mer)
11h30 - 12h10 Débats et questions avec l’auditoire
12h10 –13h45 Déjeuner buffet froid
2e partie : L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique
Animateur : M. Vincent Groizeleau (Rédacteur en chef de Mer et Marine)
13h50 - 14h20 M. Ludovic Woets (Président de la Société Géo-K) : « L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique »
14h20 - 15h00 Table ronde avec :
Monsieur Nicolas Dhuicq (Député de l’Aube et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), M. le vice-amiral d’escadre (2S) Patrick Hébrard (Ancien sous-chef « opérations » à l’état-major des armées), M. le capitaine de vaisseau Philip Stonor (Attaché naval près l’Ambassade de Grande-Bretagne en France), M. Alexandre Sheldon-Duplaix (Service historique de la défense), M. le capitaine de vaisseau Christophe Pipolo (Ministère des affaires étrangères)
15h00 - 15h30 Débats et questions avec l’auditoire
15h30 – 15h50 Pause café
Animateur : M. Vincent Groizeleau (Rédacteur en chef de Mer et Marine)
13h50 - 14h20 M. Ludovic Woets (Président de la Société Géo-K) : « L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique »
14h20 - 15h00 Table ronde avec :
Monsieur Nicolas Dhuicq (Député de l’Aube et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), M. le vice-amiral d’escadre (2S) Patrick Hébrard (Ancien sous-chef « opérations » à l’état-major des armées), M. le capitaine de vaisseau Philip Stonor (Attaché naval près l’Ambassade de Grande-Bretagne en France), M. Alexandre Sheldon-Duplaix (Service historique de la défense), M. le capitaine de vaisseau Christophe Pipolo (Ministère des affaires étrangères)
15h00 - 15h30 Débats et questions avec l’auditoire
15h30 – 15h50 Pause café
3e partie : L’aéronautique navale au combat
Animateur : Jean-Dominique Merchet (Journaliste, Libération)
15h55 - 16h15 M. le Professeur Philippe Vial (Service historique de la défense) : « L’aéronautique navale dans l’opération de Suez en 1956 »
16h15 - 16h35 Amiral (2S) Alain Coldefy (Ancien Major général des armées) : « L’aéronautique navale dans les opérations du Kosovo »
15h55 - 16h15 M. le Professeur Philippe Vial (Service historique de la défense) : « L’aéronautique navale dans l’opération de Suez en 1956 »
16h15 - 16h35 Amiral (2S) Alain Coldefy (Ancien Major général des armées) : « L’aéronautique navale dans les opérations du Kosovo »
16h35 - 17h20 Table ronde avec :
M. le général de corps aérien Jean-Marc Denuel (Sous-chef Plans à l’état-major des armées), M. le général de division Patrick Tanguy (Commandant l’aviation légère de l’armée de terre),
M. le capitaine de vaisseau Reggie Carpenter (Attaché naval près l’Ambassade des Etats-Unis en France), M. le capitaine de frégate Laurent Sudrat (Ancien commandant de la flottille 21F), M. le capitaine de frégate Jacques Mallard (Commandant de la flottille 17F)
17h20 - 17h50 Débats et questions avec l’auditoire
17H50 - 18h00 - Conclusion de colloque : Amiral Pierre-François Forissier, Chef d’état-major de la marine
M. le général de corps aérien Jean-Marc Denuel (Sous-chef Plans à l’état-major des armées), M. le général de division Patrick Tanguy (Commandant l’aviation légère de l’armée de terre),
M. le capitaine de vaisseau Reggie Carpenter (Attaché naval près l’Ambassade des Etats-Unis en France), M. le capitaine de frégate Laurent Sudrat (Ancien commandant de la flottille 21F), M. le capitaine de frégate Jacques Mallard (Commandant de la flottille 17F)
17h20 - 17h50 Débats et questions avec l’auditoire
17H50 - 18h00 - Conclusion de colloque : Amiral Pierre-François Forissier, Chef d’état-major de la marine
lundi 11 mai 2009
DSI-Technologies n°17, le sommaire !
RVBBlog.jpg)
Sommaire DSI-T 17 - Mai-juin 2009
Editorial
Guerre chimique
Vers le retour de la guerre chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Armes chimiques. De quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
L’art de la guerre chimique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Convention sur les armes chimiques : de quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Demain, l’apocalypse chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Air
Tigres français en Afghanistan : les ultimes préparatifs
Guerre chimique
Vers le retour de la guerre chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Armes chimiques. De quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
L’art de la guerre chimique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Convention sur les armes chimiques : de quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Demain, l’apocalypse chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Air
Tigres français en Afghanistan : les ultimes préparatifs
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Une histoire de l’armée de l’air chinoise
Par Bertrand Slaski, CEIS
C-130J : premiers retours d’expérience
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Des Toucans pour Washington ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Drones de combat, un leurre ?
Par Lucas Morano, spécialiste des questions technologiques
Helsinki hésite entre SAMP/T et NASAMS
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les armes chimiques dans le monde depuis 1945
ASMP-A, le cavalier de l’apocalypse
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Terre
Arme antimatériels. Etat de l’art et perspectives
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)
Les Vikings à l’épreuve du feu. L’évolution des séries BV206S et BvS10
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
IdZ. Le futur fantassin allemand
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Obus-flèches. Avantages comparatifs et évolution des « tueurs de chars »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Forces et faiblesses de la simulation
Par le lieutenant-colonel Christophe Rial, stagiaire des forces armées suisses au Collège Interarmées de Défense
Mer
Prévenir les menaces en Méditerranée. L’édition 2008 de « Raïs Hamidou »
Par Véronique Sartini, journaliste
Les missiles antinavires chinois : prolifération et évolution des capacités
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Une histoire de l’armée de l’air chinoise
Par Bertrand Slaski, CEIS
C-130J : premiers retours d’expérience
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Des Toucans pour Washington ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Drones de combat, un leurre ?
Par Lucas Morano, spécialiste des questions technologiques
Helsinki hésite entre SAMP/T et NASAMS
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les armes chimiques dans le monde depuis 1945
ASMP-A, le cavalier de l’apocalypse
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Terre
Arme antimatériels. Etat de l’art et perspectives
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)
Les Vikings à l’épreuve du feu. L’évolution des séries BV206S et BvS10
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
IdZ. Le futur fantassin allemand
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Obus-flèches. Avantages comparatifs et évolution des « tueurs de chars »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Forces et faiblesses de la simulation
Par le lieutenant-colonel Christophe Rial, stagiaire des forces armées suisses au Collège Interarmées de Défense
Mer
Prévenir les menaces en Méditerranée. L’édition 2008 de « Raïs Hamidou »
Par Véronique Sartini, journaliste
Les missiles antinavires chinois : prolifération et évolution des capacités
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
vendredi 8 mai 2009
L'ISC fait le plein de publications
L'Institut de Stratégie Comparée n'est pas le centre de recherches stratégiques le plus connu mais le moins qu'on puisse dire est qu'il est productif. Pour preuve la livraison que je viens de recevoir. Dans l'ordre :
- Un numéro quadruple de la revue Stratégique, en perspective du colloque de Coët, et consacré à la guerre irrégulière. Du (très) solide : 32 contributions représentant un total de 731 pages (dont un article de votre humble serviteur) ;
- L'Amérique vulnérable, de J-P. Baulon, une somme astronomique sur le développement des systèmes antimissiles aux Etats-Unis de 1946 à 1976 (l'auteur avait déjà travaillé sur la période postérieure). L'ouvrage est indubitablement appelée à devenir "la bible" du sujet ;
- La deuxième édition de La grande stratégie de l'empire romain d'E.N. Luttwak, un très grand classique particulièrement utile me semble-t-il pour remettre en perspective une notion d'empire qui me semble fréquemment mobilisée à tort et à travers ;
- De la manoeuvre napoléonienne à l'offensive à outrance de Dimitri Queloz, une étude extrêment fouillée sur l'évolution de la tactique française incluant de nombreux enseignements de la guerre de 1870 ;
- Les pays baltes en quête de sécurité de Mathieu Chillaud, qui offre ainsi un travail particulièrement bienvenu sur un sujet toujours délicat.
Et l'année n'est pas terminée. Hervé Coutau-Bégarie poursuit ses travaux sur la trilogie de stratégie maritime qu'il annoncait dans L'océan globalisé, avec un résultat qui pourra être lu dès octobre, en même temps que mon petit dernier... remis hier.
Bonne lecture tout le monde !
- Un numéro quadruple de la revue Stratégique, en perspective du colloque de Coët, et consacré à la guerre irrégulière. Du (très) solide : 32 contributions représentant un total de 731 pages (dont un article de votre humble serviteur) ;
- L'Amérique vulnérable, de J-P. Baulon, une somme astronomique sur le développement des systèmes antimissiles aux Etats-Unis de 1946 à 1976 (l'auteur avait déjà travaillé sur la période postérieure). L'ouvrage est indubitablement appelée à devenir "la bible" du sujet ;
- La deuxième édition de La grande stratégie de l'empire romain d'E.N. Luttwak, un très grand classique particulièrement utile me semble-t-il pour remettre en perspective une notion d'empire qui me semble fréquemment mobilisée à tort et à travers ;
- De la manoeuvre napoléonienne à l'offensive à outrance de Dimitri Queloz, une étude extrêment fouillée sur l'évolution de la tactique française incluant de nombreux enseignements de la guerre de 1870 ;
- Les pays baltes en quête de sécurité de Mathieu Chillaud, qui offre ainsi un travail particulièrement bienvenu sur un sujet toujours délicat.
Et l'année n'est pas terminée. Hervé Coutau-Bégarie poursuit ses travaux sur la trilogie de stratégie maritime qu'il annoncait dans L'océan globalisé, avec un résultat qui pourra être lu dès octobre, en même temps que mon petit dernier... remis hier.
Bonne lecture tout le monde !
mercredi 6 mai 2009
Présentation du nouveau Livre blanc australien : la marine grande gagnante
Le nouveau Livre blanc australien a été officiellement présenté le 2 mai par le ministre de la défense Joel Fitzgibbon et révèle une posture assurément ambitieuse. Les missions de l’ADF (Australian Defence Force) ont également été réajustées et incluent, dans l’ordre :
- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;
- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;
- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;
- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.
Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.
Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.
- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;
- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;
- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;
- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.
Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.
Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.
mardi 5 mai 2009
Un F-15 furtif

Boeing a présenté le 17 mars une nouvelle configuration de son F-15E, le F-15SE (pour Silent Eagle). Le concept est de modifier l’appareil pour renforcer sa discrétion, notamment en conceptualisant de nouveaux pods conformaux.
Là où ils sont traditionnellement réservés à l’emport de carburant et d’électronique, ils deviennent des baies d’armement dans le cadre des "missions du premier jour" (celles requérrant le plus de discrétion) et permettant notamment l’emport de missiles AIM-120 ou AIM-9 ou encore de bombes JDAM guidées par GPS ou des Small Diameter Bomb.
Les dérives ont également été revues, augmentant la portance mais également la furtivité. Sa peinture inclut des particules RAM (Radar Absorbent Material). Il bénéficie également d’un nouveau Digital Flight Control System et d’un radar AESA. Il devrait effectuer son premier vol début 2010.
Selon l'industriel, le niveau de furtivité serait compatible avec le système de restriction aux exportations des matériels de haute technologie. De quoi donc faire en sorte qu'un nouveau concurrent se dresse sur la route des appareils de combat européens.
jeudi 30 avril 2009
DSI n°48, mai 2009, le sommaire
RVBblog.jpg)
Sommaire DSI n°48, mai 2009
Editorial
Agenda, nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Comment ? On n’aime pas les industriels français dans la presse ? »
Sur le vif
Nouveau concept de l’OTAN et retour de la France dans le commandement intégré. De fausses bonnes idées ?
Par Samir Battiss, doctorant à Paris II, chargé de recherche à la Chaire Canadienne de Recherche en politiques étrangères et de défense
Exportations d’armements russes dans le golfe Persique et les pays arabes : un tournant décisif pour la Russie
Par Bertrand Slaski, CEIS
Stratégie
Udar ! Shimon Naveh et l’art de la guerre au niveau opératif
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Une stratégie de bon sens. Engager l’Organisation de Coopération de Shanghai dans la lutte contre le narcotrafic
Par Thomas Renard, attaché de recherche à l’Institut Egmont
Si Clausewitz avait connu Google
Commandant Frédéric-Guillaume Ohrenstein, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Armées
La marine sud-coréenne dans son contexte
Entretien avec Chang Kwoun Park, chargé de recherche au Korean Institute for Defence Analysis (KIDA), rédacteur en chef du Korea Journal of Defense Analysis (KJDA)
Corée du Sud. Une puissance maritime en devenir ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord - La Republic of Korea Navy (ROKN)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
En attendant l’A400M. La BA 123 d’Orléans-Bricy
Par Véronique Sartini, journaliste
Carte : Répartition des ATT français dans le monde
Encadré : L’activité aérienne du Transall
Encadré : L’escadron Franche-Comté. Ses C-130 Hercules sont précieux !
Encadré : L’escadron Poitou : les ailes des commandos
Technologie & Armement
Sealift - Le transport maritime stratégique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le Military Sealift Command pivot de la stratégie mondiale du Pentagone
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Frégate classe Anzac/ La marine néo-zélandaise
C-160 Transall/ L’émergence du transport aérien militaire
Char de combat K-2/L’industrie coréenne de défense à l’assaut du monde
Critiques de lecture
Clausewitz in the Twenty-First Century de Hew Strachan et Andreas Herberg-Rothe
La Cyberguerre. La guerre numérique a commencé de Nicolas Arpagian
Les secrets de la géopolitique de Olivier Zajec
Relire Principes de la guerre de montagne du lieutenant général Pierre-Joseph de Bourcet de Cyrille Becker
La France et l’OTAN : vers la normalisation ? de André Dumoulin
Strategic Studies Quarterly, Vol. 3, n°1, Spring 2009.
Camerone 2009

Et hop, me voilà de retour de 3 jours au 2ème REI de Nîmes, avec la Légion. Non que je veuille m'engager mais, à l'invitation du Col. Durieux, nous étions plusieurs à participer à un séminaire de tactique et de stratégie. L'expérience était vraiment intéressante et particulièrement enrichissante.
Pas de reportage donc (mais une interview du chef de corps - dont l'excellent "Clausewitz en France" fait référence) à la clé. Boulot oblige, je n'ai pu assister à Camerone (j'ai cependant eu l'occasion d'observer les répétitions). L'occasion de souhaiter à tous les légionnaires une excellente fête !
Inscription à :
Articles (Atom)

RVBBlog.jpg)