J'ai eu l'occasion de donner au Soir du 19/6 une interview sur la question de la réaction belge au fait qu'une OMLT soit tombée en embuscade en Afghanistan :
Afghanistan : « Je suis étonné par... l'étonnement des élus »
Vous avez eu connaissance des embuscades afghanes dans lesquelles des instructeurs belges sont tombés jeudi de la semaine passée et ce lundi. Était-ce prévisible ?
Oui, puisqu'un certain nombre d'expériences nous étaient revenues d'autres armées engagées dans des opérations OMLT (NDLR : entraînement et mentoring). Le but de ces OMLT n'est pas de mener elles-mêmes ces engagements mais de former au plus vite l'armée afghane. Et quand elles emmènent cette armée sur le terrain, ce genre de chose peut se produire. Ne pas avoir d'embuscade aurait été très étonnant.
Il n'y a pas eu ici de blessé sérieux. Les autres armées ont-elles eu autant de chance ?
Les armées Otan sont, de manière générale, des armées bien formées, bien entraînées. Rappelons que, malgré la déferlante technologique dont on nous abreuve, le premier élément dans l'art de la guerre est humain : l'entraînement. Pas mal d'armées de l'Otan ont eu peur pour la Belgique, où les budgets ont été constamment réduits : en termes de pourcentage du budget consacré à l'armement et l'équipement, la Belgique est dernière de l'Otan (même le Luxembourg fait mieux que la Belgique). Mais l'armée belge s'en sort très bien car c'est une armée très professionnelle qui, même sous pression budgétaire, s'est débrouillée pour que ses unités demeurent opérationnelles et assument ce type d'engagement sans problème.
Dans le cas de l'embuscade d'Uzbin, par exemple, les Français ont perdu dix hommes. Mais on se rend compte aujourd'hui que les Français envoyés sur place étaient mal formés. D'où l'importance de l'entraînement – et pour les OMLT, des entraîneurs eux-mêmes bien entraînés.
D'un point de vue politique, il a été affirmé que le ministre belge de la Défense aurait sous-estimé le risque. A-t-on sous-communiqué, mal communiqué ? Ou sur-communiqué ?
La Belgique a communiqué comme dans les autres pays. Mais dans des pays plus vastes (France, Allemagne) ou même dans d'autres pays d'importance égale (Suède), le monde politique et les parlementaires sont bien mieux informés – culturellement – en terme de défense. Une plus grande attention est portée à ces questions. En Belgique, je suis étonné par… l'étonnement du législatif et par une polémique qui n'a pas lieu d'être : on connaît les risques liés aux OMLT, il existe une abondante littérature tout à fait accessible.
Je trouve même que le gouvernement belge communique maintenant avec plus de clarté qu'auparavant. Ce sont plutôt les parlementaires ou médias qui ne parviennent pas toujours à comprendre, à « lire » ce qui est dit. Les affaires de défense n'intéressent pas et, lorsque ce genre d'embuscade se produit, un étonnement se manifeste. Il est peut-être aussi vrai que les bonnes questions ne sont pas posées…
Le ministre affirme au « Soir » : les OMLT seront toujours en 2e ou 3e ligne, jamais en 1e ligne. Est-ce que cela a un sens quand on parle d'OMLT ?
Oui. Si une colonne se déplace, les Afghans vont être en tête, et les Belges en n°2. Mais la notion même de première et deuxième ligne n'a plus beaucoup de signification. Dans des conflits contre-insurrectionnels comme l'Afghanistan, il n'y a plus d'« arrière ». Des zones qu'on pense sécurisées ne le sont pas, etc. Donc lorsque le ministre dit que les Belges seront en deuxième ligne, c'est vrai d'un point de vue micro-tactique, mais on évolue sur un terrain ouvert et les attaques peuvent venir d'un peu n'importe où.
Si je suis ce raisonnement, même le fait d'être sur une position réputée très protégée – comme l'aéroport de Kaboul – pourrait être dangereux.
Évidemment. Aucun endroit en Afghanistan n'est réellement sûr. Kunduz, comparativement au Sud, est plus calme : c'est politiquement vrai. Mais stratégiquement, c'est relatif. Le calme de Kunduz n'empêche la recrudescence des accrochages. Par essence, la guerre est dynamique : la nouvelle logique – plus de front, plus d'arrière – signifie que la guerre est plus fluide que par le passé. La guerre est un duel, disait Clausewitz : nécessairement dynamique.
Le défaut de culture stratégique – que vous reprochez à nos élus – se marque-t-il aussi dans la société en général ?
Effectivement. Il y a beaucoup de réflexion stratégique en Belgique, mais qui percole peu. La réflexion stratégique belge s'opère d'abord au sein des militaires. Je donne parfois cours aux étudiants de 3e cycle (de futurs majors ou lieutenants-colonels) et là, on réfléchit beaucoup, ils posent des questions très mûres. Ce sont des gens qui lisent beaucoup : on assiste à l'émergence d'une génération d'officiers académiques, des officiers qui, de plus en plus, font des doctorats. Il y a un vrai bouillonnement, même si en Belgique les officiers « tournent à fond » et en unité n'ont pas trop le temps de lire. Puis il existe une recherche académique, qui est un petit peu plus folklorique : il n'y a pas de master en études stratégiques, comme il peut y en avoir aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où on met ce genre d'études sur le même pied que les relations internationales ou l'histoire de l'art.
Chez nous, rien ?
Cela repose sur une série d'individualités : André Dumoulin et Alain De Neve au départ de l'École royale militaire, quelques-uns à l'UCL, à l'ULB…
Est-ce que cela signifie que le niveau exécutif, lui aussi, a peu de ressources stratégiques ? Ou est-ce que l'armée et l'école royale militaire l'alimentent à suffisance ?
Pas de problème en ce qui concerne la production militaire : c'est un débat très ouvert au niveau intellectuel, avec des débats inimaginables il y a dix ans d'ici. Mais au niveau des « think tanks », c'est plutôt de la consultance que de la recherche, avec une certaine confusion militante. Si l'option est de dire d'emblée « On ne va pas en Afghanistan », alors évidemment on ne sait plus aider un gouvernement qui, sur le terrain, est confronté à des problèmes précis. Pas de véritable recherche, donc pas de véritable information du politique.
Où situez-vous le trauma du Rwanda ? Quel est encore son impact aujourd'hui ?
Il y a en Belgique une sociologie particulière à l'égard de l'usage de la force. Le premier grand choc est celui de la 1e guerre mondiale, avec un pacifisme assumé de la part des Flamands. C'est la toile de fond sur laquelle s'est conceptualisée la notion de défense. L'autre choc, c'est le Rwanda : on y va avec les meilleures intentions, on ne parvient pas à anticiper le problème – les services de renseignements l'avaient anticipé, pas le politique – et se développe un abcès qui ne sera jamais clarifié. Sur le registre : on ne doit plus jamais perdre un homme (dans ce cas, il faut dissoudre instantanément l'armée et réinjecter l'argent ailleurs), il ne faut plus s'engager que dans les conflits essentiels, etc. Le problème de cette posture est qu'elle est isolationniste, et que, dans le cadre Otan ou autre, la Belgique, pays « moyen » (et non pas « petit » comme la Lituanie, etc.), doit bien assumer sa participation à la sécurité collective.
Note de JH sur Uzbin : dans l'interview, j'avais parlé de formation non optimale et des pépins d'équipement. Maintenant, c'est une interview : ce que vous venez de lire est le condensé de 30 minutes de discussion... forcément, c'est synthétique...
mardi 23 juin 2009
samedi 20 juin 2009
DSI magazine(s) sur Facebook : si, si...
Comme dirait Charles "Electrosphère" Bwele, on n'arrête pas le progrès (du web 2.0) : du coup, je me suis dit que dans la multitude de groupes Facebook, DSI était absent et qu'il était temps de permettre de mettre en contact les lecteurs qui le désirent. Actualités de la rédaction, (bonnes) humeurs et potins divers et variés à suivre ici.
jeudi 18 juin 2009
Happy birthday ISC
Créé en avril 1994, l'Institut de Stratégie Comparée, dirigé par Hervé Coutau-Bégarie, se porte plutôt bien en termes de production.
Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)
Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)
lundi 15 juin 2009
Faire européen, est-ce plus cher ?
Juste une petite réponse au dernier post de JDM, concernant la question du coût des appareils de combat européens en regard de l'option nationale. Je ne m'aventurerai pas ici sur la question du coût mais je ferai juste une petite précision, en rappellant ici une interview donnée en son temps par Claude Carlier, professeur en Sorbonne et grand observateur de tout ce qui vole devant l'Eternel.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
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Non, pas la presse !
Et oui, ca arrive : vous voulez prendre des photos un peu plus près d'appareils pourtant au statique chez EADS et... on vous le refuse. Pas de photos, pas de reportage et une gueulante de ma part.
Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.
Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.
Bourget 2009 bien chargé
En direct depuis la salle de presse du Bourget 2009, votre serviteur a déjà eu l'occasion de faire un premier tour de tarmac, histoire de voir qui est là ou pas (et de tester un système de navette vous faisant lambinner, comme d'habitude). Et force est de constater que le tarmac est un peu plus fourni que ce que la liste des exposants le laissait entrevoir - dans mon dernier billet, j'ai donc été quelque peu injuste.
Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).
Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.
Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.
Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !
Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).
Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.
Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.
Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !
jeudi 11 juin 2009
2 ans d'Athena et 50 DSI sur le gâteau
La période est propice aux célébrations. Certes, le salon du Bourget - celui du centenaire - se profile à l'horizon avec, bien entendu, une descente en règle de la rédaction sur place et une série de retours à lire dans les prochains DSI et DSI-Technologies.
Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.
Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.
Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !
* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.
Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.
Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.
Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !
* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.
mardi 9 juin 2009
Hors-Série n°6 - DSI spécial "aviation de combat"

Salon du Bourget oblige, le nouveau hors-série que nous a préparé Jean-Louis sera pour le moins costaud : vous l'avez déjà lu, Jean-Louis aime le solide, le compact, le concentré - le tout sur 100 pages. Et il y a de quoi faire ! En l'occurrence, le 6ème hors-série de DSI sera en kiosque le 12 juin. Bonne lecture !
Editorial
L’AMÉRIQUE AU SOMMET
Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec
L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
TOUR D’HORIZON
Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé
Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé
Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé
Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé
Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé
Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé
Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé
Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel
Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson
Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé
Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott
DES DRONES BIEN PRÉSENTS
Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy
Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert
L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski
Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS
Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel
VOILURES TOURNANTES
Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé
TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé
Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé
Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé
Le Tigre montre les dents
Jean-Louis Promé
Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel
L’AMÉRIQUE AU SOMMET
Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec
L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
TOUR D’HORIZON
Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé
Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé
Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé
Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé
Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé
Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé
Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé
Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel
Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson
Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé
Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott
DES DRONES BIEN PRÉSENTS
Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy
Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert
L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski
Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS
Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel
VOILURES TOURNANTES
Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé
TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé
Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé
Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé
Le Tigre montre les dents
Jean-Louis Promé
Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel
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vendredi 5 juin 2009
En pleine campagne, aucun conseiller n'aurait osé en rêver...
Pour connaître assez bien les rouages de la politique (disons, pour les avoir vécu de l'intérieur), je dois dire que ce qui vient de se passer, aucun conseiller un tant soit peu sérieux n'aurait jamais osé en rêver.
Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.
Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.
Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.
L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.
Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.
Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.
Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.
L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.
Un dorito à 2,8 milliards de dollars : la fin de la controverse A-12 Avenger II

Comment gagner 2,8 milliards de dollars ? Simple : accordez, à la fin des années 1980, un contrat de 4,8 milliards à McDonnell Douglas afin qu’il développe un bombardier embarqué, qui devra remplacer les A-6 Intruder. Il sera triangulaire et furtif et vous appellerez la petite chose en photomontage ci-dessus (copyright US Navy) l’A-12 Avenger II. Surnommé par les intimes le « dorito volant », il avait également reçu le sobriquet de "Mini B-2".
Faites miroiter un contrat pour plus de 1 300 appareils. Lorsque l’industriel verra les coûts et les délais exploser, annulez le contrat et coupez toute subvention. Vous en profiterez pour faire parler de vous, dans la mesure où vous aurez effectué la plus grosse annulation de contrat jamais vue au Pentagone. Attendez qu’il vous attaque en justice. Battez vous durant 18 ans devant les tribunaux et, au 3ème appel, récupérez 1,35 milliard déjà payé, majoré des intérêts. Soit 2,8 milliards.
Plus sérieusement, la fin de cette longue saga juridique marque un sérieux revers pour Boeing mais aussi et d'une certaine façon l'épilogue de mon mémoire de DEA (que vous pouvez consuter ici). A l'époque, l'appareil m'avait semblé être l'un des meilleurs exemples de la techno-fascination américaine des années 1980... dont vous savez comment elle se reproduira dans les années 1990 et 2000.
samedi 30 mai 2009
Salon du Bourget : faible présence militaire sur le tarmac
La ligne politique était poursuivie depuis déjà quelques années : priorité au domaine civil (ce qui explique également qu'aucune revue de défense ne soit partenaire du salon - à l'exception, à la marge, d'Aviation Week). Mais l'édition du centenaire sera sans doute un peu plus pauvre.
Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.
Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.
Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?
Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.
Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.
Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?
vendredi 29 mai 2009
Base aux Emirats, quelques commentaires
La masse de travail étant ce qu'elle est pour l'heure, je n'avais peu eu l'occasion de revenir plus avant sur la question de la nouvelle base française aux Emirats, sur laquelle RMC puis Radio Mediterranée International avaient eu l'occasion de m'interviewer, en début de semaine. Voici, grosso modo, quelques commentaires sur la question.
C’est le 26 mai que le président Sarkozy a officiellement inauguré la base française d’Abu Dhabi, connue sous le nom d’Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU). Accompagné par le ministre des affaires étrangères, celui de la défense et le CEMA, le président a rappelé l’importance géopolitique de la région.
Concrètement, « la base » est répartie sur trois sites : une base navale à Mina Zayed, une base aérienne (où 3 appareils sont stationnés depuis septembre 2008) à Al Dhafra et une base destinée aux forces terrestres (comprenant un centre d’entraînement aux opérations désertiques) à Zayed. Au total 500 hommes devraient être positionnés en permanence à Abu Dhabi. Au-delà du fait, la base recouvre plusieurs enjeux majeurs :
- L’enjeu géostratégique d’abord. La base permet, évidemment, de verrouiller l’Iran – situé à 225 km – mais, surtout, le détroit d’Ormuz, que le Shah d’Iran qualifiait justement de « veine jugulaire de l’Occident » dans un contexte où l’Europe est, comparativement aux Etats-Unis, plus dépendante du pétrole du Golfe. Elle constitue, en outre, l’extrémité ouest de la zone d’intérêt stratégique prioritaire que la France définissait dans le dernier Livre blanc et qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien en passant par la Méditerranée ;
- L’enjeu militaire. Avec l’IMFEAU, c’est la zone de l’océan Indien à proprement parler tend dès lors à renforcer son poids relatif. Or, cette zone (y compris le Golfe) est également celle où la majeure partie des croisières du Charles de Gaulle a été menée. La base des Emirats représente ainsi un facteur de persistance régionale – voire de compensation au deuxième porte-avions. A ce stade, si elle n’a évidemment pas les caractéristiques d’un porte-avions (fixe et non mobile, donc plus vulnérable) et que la compensation est symbolique, elle apporte aussi d’autres avantages que le porte-avions : elle peut accueillir bien plus que 30 appareils de combat (qui pourraient, à terme, être bien plus intégrés au dispositif réseaucentrique émirien) et permet de mettre en œuvre… des forces terrestres ;
- L’enjeu d’influence. Là où elle est installée, la France collabore activement et quasi-quotidiennement avec les forces locales, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis, où la coopération avec les forces du cru est plus formelle et donc moins souple. La base s’insère ainsi dans un dispositif d’influence plus large, comprenant l’extension quatariote de St Cyr, les extensions dans le Gole arabo-persique de la Sorbonne ou du Louvre ou encore, de façon plus diffuse, les acquis de la présidence Chirac en matière de politique arabe ;
- L’enjeu commercial, sur lesquels les médias se sont beaucoup focalisés mais qui ne constitue qu’une extension de l’enjeu d’influence. La base est destinée à devenir la vitrine des forces françaises dans un Moyen Orient où l’Iran fait peur et où les vannes budgétaires de défense sont à nouveau ouvertes. Or, la France est loin d’avoir les parts de marché dans la région qu’elle a pu avoir précédemment. En fait, les conditions ont changé : on n’achète plus de matériel sur base de leurs performances mais bien sur base de l’influence politique du vendeur. Comment, sinon, expliquer le succès du F-35 alors même qu’aucun exemplaire n’a encore volé là où la communication de Dassault est axée sur un Rafale « combat proven » ? Comment expliquer autrement que par l’influence que les Emirats achètent des C-17 et des C-130J en quelques mois – et sans avoir l’argent nécessaire – là où Paris est engagé depuis plusieurs années dans les négociations portant sur les Rafale ? En cherchant à se porter garante de la sécurité de la région, la France acquiert ainsi de l’influence qui, en retour, doit ouvrir les portes de la signature des contrats ;
- Enfin, l’enjeu politique n’est pas mince et il est double. Premièrement, la France ouvre, pour la première fois depuis 50 ans, une base militaire à l’étranger – un élément que n’ont pas manqué de souligner les médias américains. Ce qui tombe plutôt bien car Paris est, avec Washington, la seule capitale à entretenir de grandes bases à l’étranger (le dispositif britannique n’étant plus que l’ombre de ce qu’il était encore dans les années 1970). Le message politique aux Etats-Unis – mais peut être aussi auix Européens en général et aux Britanniques en particulier – consiste, dès lors, à montrer que la puissance française n’est pas morte. Ce qui, deuxièmement, a un véritable impact en matière de politique intérieure française. On se souvient que les réactions des militaires à la parution du dernier LBDSN avaient été plutôt froides. La base, de ce point de vue, est également une façon de faire bomber le torse à l’armée, lui rappelant que la France conserve des ambitions globales, en dépit d’une réforme douloureuse…
C’est le 26 mai que le président Sarkozy a officiellement inauguré la base française d’Abu Dhabi, connue sous le nom d’Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU). Accompagné par le ministre des affaires étrangères, celui de la défense et le CEMA, le président a rappelé l’importance géopolitique de la région.
Concrètement, « la base » est répartie sur trois sites : une base navale à Mina Zayed, une base aérienne (où 3 appareils sont stationnés depuis septembre 2008) à Al Dhafra et une base destinée aux forces terrestres (comprenant un centre d’entraînement aux opérations désertiques) à Zayed. Au total 500 hommes devraient être positionnés en permanence à Abu Dhabi. Au-delà du fait, la base recouvre plusieurs enjeux majeurs :
- L’enjeu géostratégique d’abord. La base permet, évidemment, de verrouiller l’Iran – situé à 225 km – mais, surtout, le détroit d’Ormuz, que le Shah d’Iran qualifiait justement de « veine jugulaire de l’Occident » dans un contexte où l’Europe est, comparativement aux Etats-Unis, plus dépendante du pétrole du Golfe. Elle constitue, en outre, l’extrémité ouest de la zone d’intérêt stratégique prioritaire que la France définissait dans le dernier Livre blanc et qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien en passant par la Méditerranée ;
- L’enjeu militaire. Avec l’IMFEAU, c’est la zone de l’océan Indien à proprement parler tend dès lors à renforcer son poids relatif. Or, cette zone (y compris le Golfe) est également celle où la majeure partie des croisières du Charles de Gaulle a été menée. La base des Emirats représente ainsi un facteur de persistance régionale – voire de compensation au deuxième porte-avions. A ce stade, si elle n’a évidemment pas les caractéristiques d’un porte-avions (fixe et non mobile, donc plus vulnérable) et que la compensation est symbolique, elle apporte aussi d’autres avantages que le porte-avions : elle peut accueillir bien plus que 30 appareils de combat (qui pourraient, à terme, être bien plus intégrés au dispositif réseaucentrique émirien) et permet de mettre en œuvre… des forces terrestres ;
- L’enjeu d’influence. Là où elle est installée, la France collabore activement et quasi-quotidiennement avec les forces locales, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis, où la coopération avec les forces du cru est plus formelle et donc moins souple. La base s’insère ainsi dans un dispositif d’influence plus large, comprenant l’extension quatariote de St Cyr, les extensions dans le Gole arabo-persique de la Sorbonne ou du Louvre ou encore, de façon plus diffuse, les acquis de la présidence Chirac en matière de politique arabe ;
- L’enjeu commercial, sur lesquels les médias se sont beaucoup focalisés mais qui ne constitue qu’une extension de l’enjeu d’influence. La base est destinée à devenir la vitrine des forces françaises dans un Moyen Orient où l’Iran fait peur et où les vannes budgétaires de défense sont à nouveau ouvertes. Or, la France est loin d’avoir les parts de marché dans la région qu’elle a pu avoir précédemment. En fait, les conditions ont changé : on n’achète plus de matériel sur base de leurs performances mais bien sur base de l’influence politique du vendeur. Comment, sinon, expliquer le succès du F-35 alors même qu’aucun exemplaire n’a encore volé là où la communication de Dassault est axée sur un Rafale « combat proven » ? Comment expliquer autrement que par l’influence que les Emirats achètent des C-17 et des C-130J en quelques mois – et sans avoir l’argent nécessaire – là où Paris est engagé depuis plusieurs années dans les négociations portant sur les Rafale ? En cherchant à se porter garante de la sécurité de la région, la France acquiert ainsi de l’influence qui, en retour, doit ouvrir les portes de la signature des contrats ;
- Enfin, l’enjeu politique n’est pas mince et il est double. Premièrement, la France ouvre, pour la première fois depuis 50 ans, une base militaire à l’étranger – un élément que n’ont pas manqué de souligner les médias américains. Ce qui tombe plutôt bien car Paris est, avec Washington, la seule capitale à entretenir de grandes bases à l’étranger (le dispositif britannique n’étant plus que l’ombre de ce qu’il était encore dans les années 1970). Le message politique aux Etats-Unis – mais peut être aussi auix Européens en général et aux Britanniques en particulier – consiste, dès lors, à montrer que la puissance française n’est pas morte. Ce qui, deuxièmement, a un véritable impact en matière de politique intérieure française. On se souvient que les réactions des militaires à la parution du dernier LBDSN avaient été plutôt froides. La base, de ce point de vue, est également une façon de faire bomber le torse à l’armée, lui rappelant que la France conserve des ambitions globales, en dépit d’une réforme douloureuse…
Libellés :
France,
Géopolitique,
Moyen Orient,
Stratégie
jeudi 28 mai 2009
DSI n°49, le sommaire !
En kiosque le 2 juin
Editorial
Agenda et nominations
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Intelligence, renseignement et glandouille stratégique »
Sur le vif
Quel prépositionnement français en Afrique de l’Ouest ? Le point
Par Véronique Sartini, journaliste
Entretien avec le général de brigade Olivier Paulus,
commandant les Forces Françaises du Cap Vert (FFCV)
Encadré : Le point sur la présence française en Côte d’Ivoire
Encadré : Les Forces Françaises du Gabon
Entretien avec le général Claude Réglat, commandant les Forces Françaises du Gabon (FFG)
Encadré : la mission Corymbe
Stratégie
Clausewitz en action, des bibliothèques à l’Afghanistan
Interview du colonel Benoît Durieux, commandant le 2ème Régiment Etranger d’Infanterie, auteur de Clausewitz en France.
La puissance maritime à l’aube du 21ème siècle. Quelle ambition pour la France ?
Par le capitaine de corvette Philippe Le Gac, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Les opérations de stabilisation sont des opérations de guerre. Une réponse au général Gaviard
Par Carl von C., chroniqueur
Armées
60 ans d’opérations aériennes israéliennes
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
Le dernier recours qui n’existait pas. Israël et l’arme nucléaire
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Soufa et Re’em, poings de la Heyl Ha’Avir
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : La Heyl Ha’Avir
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Le CPA 10. Les forces spéciales, c’est aussi l’armée de l’Air
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : Les spécificités des Commandos Parachutistes de l’Air
Encadré : Le « Poitou », l’escadron des forces spéciales
Technologie & Armement
Le C-5 Galaxy, vers une carrière de plus de 70 ans !
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
C-17 : la solution au transport stratégique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
L’approche russo-soviétique
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
L’Antonov An-124: tout simplement indispensable!
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
LHD Juan Carlos 1er /LA redéfinition de la projection vers la terre
Terminal High Altitude Area Defence/Vers une prolifération des systèmes antimissiles ?
Lockheed U-2 Dragon Lady/L’U-2, légende de la guerre froide
Critiques de lecture
Les armes nucléaires, mythes et réalités de Georges Le Gulte
Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides de Hélène L’Huillet
Le pari de la guerre. Guerre préventive, guerre juste ? de Ariel Colonomos
2030, la fin de la mondialisation ? de Hervé Coutau-Bégarie
Question internationales, n°35, janvier-février 2009
Military Review, Special Edition, Counterinsurgency reader II
mardi 19 mai 2009
Génération afghane, génération perdue ?
Je réagis ici à un post de JD Merchet, qui examine l'émergence des "Afghansty", nouvelle génération de combattants formés et acculturés aux opérations afghanes... qui pose, en creux, la question de leur adaptation aux opérations classiques.
Première remarque, il faut prendre garde d'opposer "guerre froide" et "guerres actuelles" : ce sont là deux choses non comparables. Les Etats-Unis l'ont payé au prix fort, à trop considérer que les opérations classique/conventionnelles étaient plus exigeantes que les irrégulières, ils sont complètement passé à côté des spécificités du conflit. Au final, ils ont produit des statistiques impressionnantes de tonnages de bombes larguées et d'adversaires tués - ce que fait également l'OTAN. Elles étaient totalement non-pertinentes dans le contexte, révélant une conception linéaire certes plus appropriée. Relire l'ouvrage de Summers (On Strategy) vaccine durablement contre ces biais très technologisants.
Deuxième remarque, cela ne veut pas dire qu'il faille déconsidérer la "haute intensité", que du contraire. D'ailleurs, la "haute intensité" est un terme que je n'aime pas - l'on parle d'ailleurs actuellement et assez justement de HICOIN (High Intensity Counter-Insurrection). Il faut tout simplement savoir faire les deux, sans tomber dans le travers de certaines propositions (la mise en place de forces spécifiquement "conventionnelles" et "non-conventionnelles"). Mais faire les deux est difficile, me direz vous. C'est évident.
Mais la donne a changé : l'opposition entre combats réguliers et irréguliers n'est pas si radicale qu'il n'y paraît. Il y a certes des différences doctrinales importantes mais la grammaire fondamentale des opérations est la même, tout comme les "fondamentaux" des combattants. L'Afghanistan, de ce point de vue, force à réapprendre la progression en colonne, l'éclairage, la protection des flancs, la logistique et tous les gestes élémentaires.
Nous évoluons également dans un environnement professionnalisé. Plus question de conscrits russes, français ou américains qui attendent que se termine leur "tour of duty" et qui demandent dans une large mesure à dégager du théâtre. Ce qui change assez considérablement la donne de la premièrte richesse des armées à savoir leurs hommes - qui restent, jusqu'à preuve du contraire leurs capteurs et leurs effecteurs - pour parler en langage "conventionnel technologisé" - les plus évolués et les plus intelligents.
Dernière remarque aussi sur le futur des opérations : dans l'hypothèse d'une guerre conventionnelle, croire qu'on va rejouer la "guerre froide" ou la "Seconde Guerre mondiale" me semble très dangereux. Les lecteurs de DSI le savent bien, nos adversaires potentiels étudient, lisent encore plus et développent des concepts qui, une fois le jour de l'affrontement venu et bien évidemment, ne chercheront pas à les amener à jouer notre jeu. Personne ne fait la guerre pour la perdre.
Ce qui pose en retour bien des questions auxquelles l'on ne peut répondre sur un blog. Par contre, j'ai bien ma petite idée - à lire en pavé d'ici, j'espère, la fin de l'année.
Première remarque, il faut prendre garde d'opposer "guerre froide" et "guerres actuelles" : ce sont là deux choses non comparables. Les Etats-Unis l'ont payé au prix fort, à trop considérer que les opérations classique/conventionnelles étaient plus exigeantes que les irrégulières, ils sont complètement passé à côté des spécificités du conflit. Au final, ils ont produit des statistiques impressionnantes de tonnages de bombes larguées et d'adversaires tués - ce que fait également l'OTAN. Elles étaient totalement non-pertinentes dans le contexte, révélant une conception linéaire certes plus appropriée. Relire l'ouvrage de Summers (On Strategy) vaccine durablement contre ces biais très technologisants.
Deuxième remarque, cela ne veut pas dire qu'il faille déconsidérer la "haute intensité", que du contraire. D'ailleurs, la "haute intensité" est un terme que je n'aime pas - l'on parle d'ailleurs actuellement et assez justement de HICOIN (High Intensity Counter-Insurrection). Il faut tout simplement savoir faire les deux, sans tomber dans le travers de certaines propositions (la mise en place de forces spécifiquement "conventionnelles" et "non-conventionnelles"). Mais faire les deux est difficile, me direz vous. C'est évident.
Mais la donne a changé : l'opposition entre combats réguliers et irréguliers n'est pas si radicale qu'il n'y paraît. Il y a certes des différences doctrinales importantes mais la grammaire fondamentale des opérations est la même, tout comme les "fondamentaux" des combattants. L'Afghanistan, de ce point de vue, force à réapprendre la progression en colonne, l'éclairage, la protection des flancs, la logistique et tous les gestes élémentaires.
Nous évoluons également dans un environnement professionnalisé. Plus question de conscrits russes, français ou américains qui attendent que se termine leur "tour of duty" et qui demandent dans une large mesure à dégager du théâtre. Ce qui change assez considérablement la donne de la premièrte richesse des armées à savoir leurs hommes - qui restent, jusqu'à preuve du contraire leurs capteurs et leurs effecteurs - pour parler en langage "conventionnel technologisé" - les plus évolués et les plus intelligents.
Dernière remarque aussi sur le futur des opérations : dans l'hypothèse d'une guerre conventionnelle, croire qu'on va rejouer la "guerre froide" ou la "Seconde Guerre mondiale" me semble très dangereux. Les lecteurs de DSI le savent bien, nos adversaires potentiels étudient, lisent encore plus et développent des concepts qui, une fois le jour de l'affrontement venu et bien évidemment, ne chercheront pas à les amener à jouer notre jeu. Personne ne fait la guerre pour la perdre.
Ce qui pose en retour bien des questions auxquelles l'on ne peut répondre sur un blog. Par contre, j'ai bien ma petite idée - à lire en pavé d'ici, j'espère, la fin de l'année.
DSI n°49 en preview - le Bourget à l'horizon
En attendant le Hors-Série n°6 "spécial Bourget" que concocte Jean-Louis, un petit aperçu du DSI de juin (dispo dès le 2 juin) et qui sera forcément un peu plus "aéro" que les autres.Sur le vif
Ancienne puissance coloniale, la France reste très présente en Afrique, ce qui nourrit toute une littérature dénonçant la « Françafrique » et les relations politiques entre les anciennes colonies et Paris. Derrière la polémique, la coopération entre la France et plusieurs États de l’Afrique de l’Ouest est bien réelle et particulièrement poussée au plan militaire – soit celui de « la politique faite action ». Véronique SARTINI fait le point sur cette coopération mais aussi sur la présence française dans la région. Au cours de son enquête, elle a interrogé Olivier PAULUS, le général commandant les Forces Françaises du Cap-Vert (FFCV) et Claude RÉGLAT, général commandant les Forces Françaises au Gabon (FFV).
Stratégie
Colonel commandant le 2e Régiment Etranger d’Infanterie – dont une partie des éléments part en Afghanistan ce mois – Benoît DURIEUX fait partie de cette génération de « soldats académiques » couplant une grande expérience de terrain et une connaissance approfondie de la stratégie. De quoi sans aucun doute faire la démonstration in vivo de l’utilité de la réflexion.
L’obtention de la puissance maritime reste une énigme : les débats sont loin d’avoir donné lieu à une seule définition communément admise. Mais, derrière ce débat aux allures académiques se cache la politique maritime que va déployer la France, sa déclinaison navale militaire et sa coordination avec la stratégie maritime civile. Mais avant d’en arriver là, le capitaine de corvette Philippe LE GAC, stagiaire au CID, pose une question très pertinente : quelle ambition pour la France ?
Dans DSI n°47, le général Jean-Patrick GAVIARD explorait un certain nombre d’enjeux liés aux opérations de stabilisation. Mais, pour Carl von C., sa vision est restrictive et nécessite une réponse. Notre mystérieux chroniqueur poursuit le débat.
Armées
La force aérienne israélienne s’est construite autour de véritables mythes. Extrêmement expérimentée, c’est elle qui compte le plus grand nombre d’as depuis les 50 dernières années. Le contexte régional – extrêmement spécifique – mis à part, quels sont les ressorts de cette efficacité ? Emmanuel VIVENOT revient sur les incarnations de sa politique de projection que sont les F-15I et F-16I. Joseph HENROTIN et Philippe LANGLOIT analysent quant à eux son évolution doctrinale mais aussi les remises en question qui l’animent : la puissance ne découlerait-elle pas, aussi, du doute ? Enfin, les capacités présentes et futures de la Heyl Ha’Avir sont présentées dans notre traditionnel tableau de bord.
Unités
L’armée de l’Air aussi dispose de forces spéciales opérant depuis le sol : leurs capacités sont même cruciales, en permettant d’effectuer des désignations de cible… et d’aller beaucoup plus loin que les unités de l’armée de Terre engagées dans des missions TAC-P (Tactical Air Control – Party). Pour la première fois et en exclusivité, la presse a pu entrer dans les bureaux du CPA 10. Véronique SARTINI y a rencontré des hommes passionnés par leur mission et fait le point sur les missions et l’évolution d’une unité très spéciale.
Technologie
Le transport aérien stratégique est un domaine qui, sous les apparences pataudes des C-5, C-17 et autres An-124, connaît des évolutions considérables. Sans lui, la rapidité de projection des armées est compromise. Aussi, DSI a-t-il décidé de faire le point. Stéphane FERRARD présente ainsi les évolutions touchant le C-5 Galaxy. Joseph HENROTIN revient sur les succès commerciaux du C-17 et sur sa jeunesse tourmentée. Jean-Jacques MERCIER, quant à lui, fait un petit bond en arrière dans l’histoire et présente la conception soviétique de la question. Enfin, Jean-Louis PROMÉ évalue les perspectives de l’An-124 Condor.
lundi 18 mai 2009
La citation du jour
En conclusion de Aux sources du terrorisme d'Hélène L'Heuillet (Fayard 2009) : "l’idée que « le terrorisme » serait « l’arme des faibles » est déjà non-démocratique et commet l’erreur de transposer dans la réalité ce qui n’est que rhétorique politique".
L'ouvrage, fruit des travaux d'une maître de conférence en philosophie qui est également psychanalyste, est a conseiller, en particulier dans l'exploration qu'elle fait de la relation à la peur. Excellente déconstruction des mécanismes de puissance inhérents à un terrorisme qu'elle considère per se comme un mode de guerre.
Si la critique de son ouvrage paraîtra dans le DSI de juin, on peut franchement considérer que ces travaux (d'ailleurs assez marqués par ceux de stratégistes comme R. Pape ou F. Géré) sont d'une grande utilité.
L'ouvrage, fruit des travaux d'une maître de conférence en philosophie qui est également psychanalyste, est a conseiller, en particulier dans l'exploration qu'elle fait de la relation à la peur. Excellente déconstruction des mécanismes de puissance inhérents à un terrorisme qu'elle considère per se comme un mode de guerre.
Si la critique de son ouvrage paraîtra dans le DSI de juin, on peut franchement considérer que ces travaux (d'ailleurs assez marqués par ceux de stratégistes comme R. Pape ou F. Géré) sont d'une grande utilité.
jeudi 14 mai 2009
Carl von C. est en forme
Carl me demande si je peux poster sa dernière chronique, parue dans DSI n°48, actuellement en kiosque. Je la poste d'autant plus volontiers que, derrière ses délicieuses exagérations et un insight dans une de nos réunions de rédacion, se cache une vérité bien réelle : tout le monde entend augmenter les exportations de matériels français... mais le système lui-même génère des frictions l'empêchant de fonctionner. De quoi méditer alors que se prépare, tout doucement, le prochain Bourget.
****
Comment, on n’aime pas les industriels français dans la presse ?
Carl en est encore hilare. Ça commence il y a 15 jours, en réunion de rédaction : mon vénéré rédac’ chef adjoint rentre de Suède – l’autre pays de la crevette – où quelqu’un a été assez fou pour lui remettre les clés d’un blindé, histoire qu’on voie si l’Airbag est opérationnel (note de JH : je n'ai fait aucun accident !). Il nous raconte sa visite. Tout, il a eu accès à tout. Résumé du dialogue :
« Carl. — Et les dégâts en Afghanistan ?
J.H. — Tout, ils m’ont tout montré. Les frappes de RPG, les dégâts avec du 7,62, les changements de moteurs, les essais d’IED… Ils ont fait défiler tous leurs spécialistes, j’ai eu toutes les photos que je voulais.
Carl. — Rien à cacher, donc ?
J.H. — Rien. Absolument rien. Ils ont tout montré. À force d’en parler, leur véhicule était tellement à poil qu’il était bon pour un club de strip-tease pour ingénieurs. Un rêve côté info. ».
D’où, une belle série d’articles à paraître dans DSI-T. Voilà pour l’autopromotion mais, en se prenant la traditionnelle croquette aux crevettes, votre vieux Carl ne pouvait s’empêcher de pester / râler / rigoler / réfléchir, et il y a de quoi. Pensez donc. On entend souvent les industriels français pester contre la presse anglo-saxonne (tout en l’arrosant de généreuses sommes pour y placer de la publicité) : elle serait incapable d’être gentille avec les industriels français, présenterait mal les choses et ne comprendrait pas le génie de nos ingénieurs. En gros, parce qu’on est des vilains / méchants / pas beaux Français, on nous traiterait mal.
Ah bon ? Regardons dans notre assiette. Vous êtes journaliste et vous avez posé un tas de questions ? Prenez un petit verre de vin, le dernier DSI, et fumez vous un « spliff », parce que ça va prendre du temps et que vous allez être stressé. Regardez les choses en face : la communication et le marketing des industriels de défense français est, dans son immense majorité, totalement arriérée, aussi incapable de fournir des vraies réponses que des photos pour les illustrer. Impossible de rencontrer les ingénieurs, impossible de discuter le coup, impossible de ne pas remettre dans les magazines les mêmes sempiternelles photos.
Bref, l’âge de pierre de la communication. Mais pourquoi donc ? Pourquoi est-il plus facile de travailler avec le monde entier – exception faite des Chinois et de certains Russes – qu’avec nos industriels ? Eux qui nous demandent par ailleurs de les soutenir – ce qui veut assez souvent dire relayer leurs communiqués, sans autre esprit critique ni abordage des questions intéressant directement les militaires ? Parce que, culturellement, nous sommes obsédés par le secret, les petites chasses gardées qui font les délices des cancans de machine à café et, plus que tout, parce que nous sommes inefficaces. Maintenant, imaginez Charlie « kill them all » Funky, spécialiste de je-ne-sais-quelle publication, débarquer chez un de nos fleurons : « Yeah, man, ton système, il est intéressant. Tu peux me dire comment je peux m’en servir ? »
Réponse laconique : « Euh… plus tard. D’ailleurs, toutes vos questions, plus tard. Tenez, reprenez un peu de champagne et lisez cette belle brochure qui ne dit rien. Après, on fera un petit voyage de presse tellement rapide que vous ne pourrez poser aucune question. » Évidemment, le champagne est bu et notre vieux Charlie Funky se dit qu’on cherche à lui cacher des choses. Et si on lui cache, c’est forcément que le matériel en question, c’est une blanquette. Une énorme blanquette. Un vrai choc culturel, surtout : à l’heure de la mondialisation, tout le monde surcommunique, sauf nos industriels, qui s’étonnent ensuite qu’on ne parle pas mieux d’eux. Comme si c’était encore au monde de s’adapter à nos habitudes.
La situation – on s’en désolera ou pas – a changé depuis belle lurette. Résultat des courses, même la presse française parle finalement peu des matériels français, plus aucun titre n’a le temps de prendre le temps de contourner les embûches culturelles que nous plaçons sur le chemin de nos propres exports. Alors, certes, me direz-vous, les départements marketing manquent d’argent et de moyens, les industriels doivent mieux se coordonner (si, si, c’est le petit Nicolas qui le dit, avec raison). Mais charité bien ordonnée commence par soi-même. Il y a des choses qui ne coûtent rien et rapportent beaucoup. Se poser des questions, par exemple…
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Comment, on n’aime pas les industriels français dans la presse ?
Carl en est encore hilare. Ça commence il y a 15 jours, en réunion de rédaction : mon vénéré rédac’ chef adjoint rentre de Suède – l’autre pays de la crevette – où quelqu’un a été assez fou pour lui remettre les clés d’un blindé, histoire qu’on voie si l’Airbag est opérationnel (note de JH : je n'ai fait aucun accident !). Il nous raconte sa visite. Tout, il a eu accès à tout. Résumé du dialogue :
« Carl. — Et les dégâts en Afghanistan ?
J.H. — Tout, ils m’ont tout montré. Les frappes de RPG, les dégâts avec du 7,62, les changements de moteurs, les essais d’IED… Ils ont fait défiler tous leurs spécialistes, j’ai eu toutes les photos que je voulais.
Carl. — Rien à cacher, donc ?
J.H. — Rien. Absolument rien. Ils ont tout montré. À force d’en parler, leur véhicule était tellement à poil qu’il était bon pour un club de strip-tease pour ingénieurs. Un rêve côté info. ».
D’où, une belle série d’articles à paraître dans DSI-T. Voilà pour l’autopromotion mais, en se prenant la traditionnelle croquette aux crevettes, votre vieux Carl ne pouvait s’empêcher de pester / râler / rigoler / réfléchir, et il y a de quoi. Pensez donc. On entend souvent les industriels français pester contre la presse anglo-saxonne (tout en l’arrosant de généreuses sommes pour y placer de la publicité) : elle serait incapable d’être gentille avec les industriels français, présenterait mal les choses et ne comprendrait pas le génie de nos ingénieurs. En gros, parce qu’on est des vilains / méchants / pas beaux Français, on nous traiterait mal.
Ah bon ? Regardons dans notre assiette. Vous êtes journaliste et vous avez posé un tas de questions ? Prenez un petit verre de vin, le dernier DSI, et fumez vous un « spliff », parce que ça va prendre du temps et que vous allez être stressé. Regardez les choses en face : la communication et le marketing des industriels de défense français est, dans son immense majorité, totalement arriérée, aussi incapable de fournir des vraies réponses que des photos pour les illustrer. Impossible de rencontrer les ingénieurs, impossible de discuter le coup, impossible de ne pas remettre dans les magazines les mêmes sempiternelles photos.
Bref, l’âge de pierre de la communication. Mais pourquoi donc ? Pourquoi est-il plus facile de travailler avec le monde entier – exception faite des Chinois et de certains Russes – qu’avec nos industriels ? Eux qui nous demandent par ailleurs de les soutenir – ce qui veut assez souvent dire relayer leurs communiqués, sans autre esprit critique ni abordage des questions intéressant directement les militaires ? Parce que, culturellement, nous sommes obsédés par le secret, les petites chasses gardées qui font les délices des cancans de machine à café et, plus que tout, parce que nous sommes inefficaces. Maintenant, imaginez Charlie « kill them all » Funky, spécialiste de je-ne-sais-quelle publication, débarquer chez un de nos fleurons : « Yeah, man, ton système, il est intéressant. Tu peux me dire comment je peux m’en servir ? »
Réponse laconique : « Euh… plus tard. D’ailleurs, toutes vos questions, plus tard. Tenez, reprenez un peu de champagne et lisez cette belle brochure qui ne dit rien. Après, on fera un petit voyage de presse tellement rapide que vous ne pourrez poser aucune question. » Évidemment, le champagne est bu et notre vieux Charlie Funky se dit qu’on cherche à lui cacher des choses. Et si on lui cache, c’est forcément que le matériel en question, c’est une blanquette. Une énorme blanquette. Un vrai choc culturel, surtout : à l’heure de la mondialisation, tout le monde surcommunique, sauf nos industriels, qui s’étonnent ensuite qu’on ne parle pas mieux d’eux. Comme si c’était encore au monde de s’adapter à nos habitudes.
La situation – on s’en désolera ou pas – a changé depuis belle lurette. Résultat des courses, même la presse française parle finalement peu des matériels français, plus aucun titre n’a le temps de prendre le temps de contourner les embûches culturelles que nous plaçons sur le chemin de nos propres exports. Alors, certes, me direz-vous, les départements marketing manquent d’argent et de moyens, les industriels doivent mieux se coordonner (si, si, c’est le petit Nicolas qui le dit, avec raison). Mais charité bien ordonnée commence par soi-même. Il y a des choses qui ne coûtent rien et rapportent beaucoup. Se poser des questions, par exemple…
mercredi 13 mai 2009
Colloque "aéronautique navale" : MAJ

Petite mise à jour du programme du colloque du CESM :
L’aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la Défense
10 juin 2009 -Ecole Militaire – Amphithéâtre Desvallières
10 juin 2009 -Ecole Militaire – Amphithéâtre Desvallières
09h30 – 10h25 Ouverture du colloque
09h30 – 09h35 Accueil par le contre-amiral François de Lastic (Amiral commandant le Centre d’enseignement supérieur de la Marine)
09h35 – 09h55 Introduction par le vice-amiral Xavier Magne (Amiral sous-chef d’état-major « opérations aéronavales » à l’état-major de la marine)
09h55 – 10h25 Ouverture par M. le Professeur Hervé Coutau-Bégarie (Directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de défense)
1ère partie : L’aéronautique navale dans son action au quotidien
Animateur : M. Stéphane Fort (Journaliste, France Inter)
10h30 - 10h50 M. le capitaine de vaisseau Henri Bobin (Centre de planification et de conduite des opérations) « L’aéronautique navale dans son action au quotidien »
10h50 - 11h30 Table ronde avec :
Mme Patricia Adam (Députée du Finistère et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), Monsieur le vice-amiral d’escadre Laurent Merer (Ancien Préfet maritime de l’Atlantique), M. le vice-amiral Olivier de Rostolan (Amiral commandant de la force aéronautique navale), M. le contre-amiral Bruno Paulmier (Secrétaire général adjoint de la Mer)
11h30 - 12h10 Débats et questions avec l’auditoire
12h10 –13h45 Déjeuner buffet froid
2e partie : L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique
Animateur : M. Vincent Groizeleau (Rédacteur en chef de Mer et Marine)
13h50 - 14h20 M. Ludovic Woets (Président de la Société Géo-K) : « L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique »
14h20 - 15h00 Table ronde avec :
Monsieur Nicolas Dhuicq (Député de l’Aube et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), M. le vice-amiral d’escadre (2S) Patrick Hébrard (Ancien sous-chef « opérations » à l’état-major des armées), M. le capitaine de vaisseau Philip Stonor (Attaché naval près l’Ambassade de Grande-Bretagne en France), M. Alexandre Sheldon-Duplaix (Service historique de la défense), M. le capitaine de vaisseau Christophe Pipolo (Ministère des affaires étrangères)
15h00 - 15h30 Débats et questions avec l’auditoire
15h30 – 15h50 Pause café
Animateur : M. Vincent Groizeleau (Rédacteur en chef de Mer et Marine)
13h50 - 14h20 M. Ludovic Woets (Président de la Société Géo-K) : « L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique »
14h20 - 15h00 Table ronde avec :
Monsieur Nicolas Dhuicq (Député de l’Aube et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), M. le vice-amiral d’escadre (2S) Patrick Hébrard (Ancien sous-chef « opérations » à l’état-major des armées), M. le capitaine de vaisseau Philip Stonor (Attaché naval près l’Ambassade de Grande-Bretagne en France), M. Alexandre Sheldon-Duplaix (Service historique de la défense), M. le capitaine de vaisseau Christophe Pipolo (Ministère des affaires étrangères)
15h00 - 15h30 Débats et questions avec l’auditoire
15h30 – 15h50 Pause café
3e partie : L’aéronautique navale au combat
Animateur : Jean-Dominique Merchet (Journaliste, Libération)
15h55 - 16h15 M. le Professeur Philippe Vial (Service historique de la défense) : « L’aéronautique navale dans l’opération de Suez en 1956 »
16h15 - 16h35 Amiral (2S) Alain Coldefy (Ancien Major général des armées) : « L’aéronautique navale dans les opérations du Kosovo »
15h55 - 16h15 M. le Professeur Philippe Vial (Service historique de la défense) : « L’aéronautique navale dans l’opération de Suez en 1956 »
16h15 - 16h35 Amiral (2S) Alain Coldefy (Ancien Major général des armées) : « L’aéronautique navale dans les opérations du Kosovo »
16h35 - 17h20 Table ronde avec :
M. le général de corps aérien Jean-Marc Denuel (Sous-chef Plans à l’état-major des armées), M. le général de division Patrick Tanguy (Commandant l’aviation légère de l’armée de terre),
M. le capitaine de vaisseau Reggie Carpenter (Attaché naval près l’Ambassade des Etats-Unis en France), M. le capitaine de frégate Laurent Sudrat (Ancien commandant de la flottille 21F), M. le capitaine de frégate Jacques Mallard (Commandant de la flottille 17F)
17h20 - 17h50 Débats et questions avec l’auditoire
17H50 - 18h00 - Conclusion de colloque : Amiral Pierre-François Forissier, Chef d’état-major de la marine
M. le général de corps aérien Jean-Marc Denuel (Sous-chef Plans à l’état-major des armées), M. le général de division Patrick Tanguy (Commandant l’aviation légère de l’armée de terre),
M. le capitaine de vaisseau Reggie Carpenter (Attaché naval près l’Ambassade des Etats-Unis en France), M. le capitaine de frégate Laurent Sudrat (Ancien commandant de la flottille 21F), M. le capitaine de frégate Jacques Mallard (Commandant de la flottille 17F)
17h20 - 17h50 Débats et questions avec l’auditoire
17H50 - 18h00 - Conclusion de colloque : Amiral Pierre-François Forissier, Chef d’état-major de la marine
lundi 11 mai 2009
DSI-Technologies n°17, le sommaire !
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Sommaire DSI-T 17 - Mai-juin 2009
Editorial
Guerre chimique
Vers le retour de la guerre chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Armes chimiques. De quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
L’art de la guerre chimique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Convention sur les armes chimiques : de quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Demain, l’apocalypse chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Air
Tigres français en Afghanistan : les ultimes préparatifs
Guerre chimique
Vers le retour de la guerre chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Armes chimiques. De quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
L’art de la guerre chimique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Convention sur les armes chimiques : de quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Demain, l’apocalypse chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Air
Tigres français en Afghanistan : les ultimes préparatifs
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Une histoire de l’armée de l’air chinoise
Par Bertrand Slaski, CEIS
C-130J : premiers retours d’expérience
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Des Toucans pour Washington ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Drones de combat, un leurre ?
Par Lucas Morano, spécialiste des questions technologiques
Helsinki hésite entre SAMP/T et NASAMS
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les armes chimiques dans le monde depuis 1945
ASMP-A, le cavalier de l’apocalypse
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Terre
Arme antimatériels. Etat de l’art et perspectives
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)
Les Vikings à l’épreuve du feu. L’évolution des séries BV206S et BvS10
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
IdZ. Le futur fantassin allemand
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Obus-flèches. Avantages comparatifs et évolution des « tueurs de chars »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Forces et faiblesses de la simulation
Par le lieutenant-colonel Christophe Rial, stagiaire des forces armées suisses au Collège Interarmées de Défense
Mer
Prévenir les menaces en Méditerranée. L’édition 2008 de « Raïs Hamidou »
Par Véronique Sartini, journaliste
Les missiles antinavires chinois : prolifération et évolution des capacités
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Une histoire de l’armée de l’air chinoise
Par Bertrand Slaski, CEIS
C-130J : premiers retours d’expérience
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Des Toucans pour Washington ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Drones de combat, un leurre ?
Par Lucas Morano, spécialiste des questions technologiques
Helsinki hésite entre SAMP/T et NASAMS
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les armes chimiques dans le monde depuis 1945
ASMP-A, le cavalier de l’apocalypse
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Terre
Arme antimatériels. Etat de l’art et perspectives
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)
Les Vikings à l’épreuve du feu. L’évolution des séries BV206S et BvS10
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
IdZ. Le futur fantassin allemand
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Obus-flèches. Avantages comparatifs et évolution des « tueurs de chars »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Forces et faiblesses de la simulation
Par le lieutenant-colonel Christophe Rial, stagiaire des forces armées suisses au Collège Interarmées de Défense
Mer
Prévenir les menaces en Méditerranée. L’édition 2008 de « Raïs Hamidou »
Par Véronique Sartini, journaliste
Les missiles antinavires chinois : prolifération et évolution des capacités
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
vendredi 8 mai 2009
L'ISC fait le plein de publications
L'Institut de Stratégie Comparée n'est pas le centre de recherches stratégiques le plus connu mais le moins qu'on puisse dire est qu'il est productif. Pour preuve la livraison que je viens de recevoir. Dans l'ordre :
- Un numéro quadruple de la revue Stratégique, en perspective du colloque de Coët, et consacré à la guerre irrégulière. Du (très) solide : 32 contributions représentant un total de 731 pages (dont un article de votre humble serviteur) ;
- L'Amérique vulnérable, de J-P. Baulon, une somme astronomique sur le développement des systèmes antimissiles aux Etats-Unis de 1946 à 1976 (l'auteur avait déjà travaillé sur la période postérieure). L'ouvrage est indubitablement appelée à devenir "la bible" du sujet ;
- La deuxième édition de La grande stratégie de l'empire romain d'E.N. Luttwak, un très grand classique particulièrement utile me semble-t-il pour remettre en perspective une notion d'empire qui me semble fréquemment mobilisée à tort et à travers ;
- De la manoeuvre napoléonienne à l'offensive à outrance de Dimitri Queloz, une étude extrêment fouillée sur l'évolution de la tactique française incluant de nombreux enseignements de la guerre de 1870 ;
- Les pays baltes en quête de sécurité de Mathieu Chillaud, qui offre ainsi un travail particulièrement bienvenu sur un sujet toujours délicat.
Et l'année n'est pas terminée. Hervé Coutau-Bégarie poursuit ses travaux sur la trilogie de stratégie maritime qu'il annoncait dans L'océan globalisé, avec un résultat qui pourra être lu dès octobre, en même temps que mon petit dernier... remis hier.
Bonne lecture tout le monde !
- Un numéro quadruple de la revue Stratégique, en perspective du colloque de Coët, et consacré à la guerre irrégulière. Du (très) solide : 32 contributions représentant un total de 731 pages (dont un article de votre humble serviteur) ;
- L'Amérique vulnérable, de J-P. Baulon, une somme astronomique sur le développement des systèmes antimissiles aux Etats-Unis de 1946 à 1976 (l'auteur avait déjà travaillé sur la période postérieure). L'ouvrage est indubitablement appelée à devenir "la bible" du sujet ;
- La deuxième édition de La grande stratégie de l'empire romain d'E.N. Luttwak, un très grand classique particulièrement utile me semble-t-il pour remettre en perspective une notion d'empire qui me semble fréquemment mobilisée à tort et à travers ;
- De la manoeuvre napoléonienne à l'offensive à outrance de Dimitri Queloz, une étude extrêment fouillée sur l'évolution de la tactique française incluant de nombreux enseignements de la guerre de 1870 ;
- Les pays baltes en quête de sécurité de Mathieu Chillaud, qui offre ainsi un travail particulièrement bienvenu sur un sujet toujours délicat.
Et l'année n'est pas terminée. Hervé Coutau-Bégarie poursuit ses travaux sur la trilogie de stratégie maritime qu'il annoncait dans L'océan globalisé, avec un résultat qui pourra être lu dès octobre, en même temps que mon petit dernier... remis hier.
Bonne lecture tout le monde !
mercredi 6 mai 2009
Présentation du nouveau Livre blanc australien : la marine grande gagnante
Le nouveau Livre blanc australien a été officiellement présenté le 2 mai par le ministre de la défense Joel Fitzgibbon et révèle une posture assurément ambitieuse. Les missions de l’ADF (Australian Defence Force) ont également été réajustées et incluent, dans l’ordre :
- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;
- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;
- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;
- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.
Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.
Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.
- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;
- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;
- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;
- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.
Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.
Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.
mardi 5 mai 2009
Un F-15 furtif

Boeing a présenté le 17 mars une nouvelle configuration de son F-15E, le F-15SE (pour Silent Eagle). Le concept est de modifier l’appareil pour renforcer sa discrétion, notamment en conceptualisant de nouveaux pods conformaux.
Là où ils sont traditionnellement réservés à l’emport de carburant et d’électronique, ils deviennent des baies d’armement dans le cadre des "missions du premier jour" (celles requérrant le plus de discrétion) et permettant notamment l’emport de missiles AIM-120 ou AIM-9 ou encore de bombes JDAM guidées par GPS ou des Small Diameter Bomb.
Les dérives ont également été revues, augmentant la portance mais également la furtivité. Sa peinture inclut des particules RAM (Radar Absorbent Material). Il bénéficie également d’un nouveau Digital Flight Control System et d’un radar AESA. Il devrait effectuer son premier vol début 2010.
Selon l'industriel, le niveau de furtivité serait compatible avec le système de restriction aux exportations des matériels de haute technologie. De quoi donc faire en sorte qu'un nouveau concurrent se dresse sur la route des appareils de combat européens.
jeudi 30 avril 2009
DSI n°48, mai 2009, le sommaire
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Sommaire DSI n°48, mai 2009
Editorial
Agenda, nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Comment ? On n’aime pas les industriels français dans la presse ? »
Sur le vif
Nouveau concept de l’OTAN et retour de la France dans le commandement intégré. De fausses bonnes idées ?
Par Samir Battiss, doctorant à Paris II, chargé de recherche à la Chaire Canadienne de Recherche en politiques étrangères et de défense
Exportations d’armements russes dans le golfe Persique et les pays arabes : un tournant décisif pour la Russie
Par Bertrand Slaski, CEIS
Stratégie
Udar ! Shimon Naveh et l’art de la guerre au niveau opératif
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Une stratégie de bon sens. Engager l’Organisation de Coopération de Shanghai dans la lutte contre le narcotrafic
Par Thomas Renard, attaché de recherche à l’Institut Egmont
Si Clausewitz avait connu Google
Commandant Frédéric-Guillaume Ohrenstein, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Armées
La marine sud-coréenne dans son contexte
Entretien avec Chang Kwoun Park, chargé de recherche au Korean Institute for Defence Analysis (KIDA), rédacteur en chef du Korea Journal of Defense Analysis (KJDA)
Corée du Sud. Une puissance maritime en devenir ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord - La Republic of Korea Navy (ROKN)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
En attendant l’A400M. La BA 123 d’Orléans-Bricy
Par Véronique Sartini, journaliste
Carte : Répartition des ATT français dans le monde
Encadré : L’activité aérienne du Transall
Encadré : L’escadron Franche-Comté. Ses C-130 Hercules sont précieux !
Encadré : L’escadron Poitou : les ailes des commandos
Technologie & Armement
Sealift - Le transport maritime stratégique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le Military Sealift Command pivot de la stratégie mondiale du Pentagone
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Frégate classe Anzac/ La marine néo-zélandaise
C-160 Transall/ L’émergence du transport aérien militaire
Char de combat K-2/L’industrie coréenne de défense à l’assaut du monde
Critiques de lecture
Clausewitz in the Twenty-First Century de Hew Strachan et Andreas Herberg-Rothe
La Cyberguerre. La guerre numérique a commencé de Nicolas Arpagian
Les secrets de la géopolitique de Olivier Zajec
Relire Principes de la guerre de montagne du lieutenant général Pierre-Joseph de Bourcet de Cyrille Becker
La France et l’OTAN : vers la normalisation ? de André Dumoulin
Strategic Studies Quarterly, Vol. 3, n°1, Spring 2009.
Camerone 2009

Et hop, me voilà de retour de 3 jours au 2ème REI de Nîmes, avec la Légion. Non que je veuille m'engager mais, à l'invitation du Col. Durieux, nous étions plusieurs à participer à un séminaire de tactique et de stratégie. L'expérience était vraiment intéressante et particulièrement enrichissante.
Pas de reportage donc (mais une interview du chef de corps - dont l'excellent "Clausewitz en France" fait référence) à la clé. Boulot oblige, je n'ai pu assister à Camerone (j'ai cependant eu l'occasion d'observer les répétitions). L'occasion de souhaiter à tous les légionnaires une excellente fête !
vendredi 24 avril 2009
15 Aravis pour l'armée de Terre
La Délégation Générale pour l’Armement (DGA) a notifié le 16 avril 2009 à NEXTER Systems un contrat d’un montant de près de 20M€, dont 15 M€ au titre du plan de relance et portant sur l'achat de 15 véhicules Aravis (le véhicule avait été analysé in extenso dans DSI-T n°14, novembre-décembre 2008).
Cette acquisition va permettre de doter l’armée de Terre d’un véhicule protégé pour la reconnaissance d’itinéraires susceptibles d’être piégés. Les Aravis équiperont les unités du génie qui accompagnent en Afghanistan les véhicules Buffalo et SOUVIM, spécialisés dans la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).
L’ARAVIS est un véhicule 4x4 de 12,5 tonnes aérotransportable et doté d’un haut niveau de protection contre les mines et les engins explosifs improvisés (EEI). Il peut transporter jusqu’à 7 combattants des unités du génie. Amené à riposter en zones d’insécurité, il est équipé d’un tourelleau téléopéré armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm, analogue à celui des VAB TOP employés en Afghanistan depuis le début de l’année.
Dans le cadre de ses missions de reconnaissance, l’ARAVIS dispose, en plus des caméras du tourelleau, de 7 caméras périphériques permettant d’appréhender l’environnement proche tout autour du véhicule.
Cette acquisition va permettre de doter l’armée de Terre d’un véhicule protégé pour la reconnaissance d’itinéraires susceptibles d’être piégés. Les Aravis équiperont les unités du génie qui accompagnent en Afghanistan les véhicules Buffalo et SOUVIM, spécialisés dans la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).
L’ARAVIS est un véhicule 4x4 de 12,5 tonnes aérotransportable et doté d’un haut niveau de protection contre les mines et les engins explosifs improvisés (EEI). Il peut transporter jusqu’à 7 combattants des unités du génie. Amené à riposter en zones d’insécurité, il est équipé d’un tourelleau téléopéré armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm, analogue à celui des VAB TOP employés en Afghanistan depuis le début de l’année.
Dans le cadre de ses missions de reconnaissance, l’ARAVIS dispose, en plus des caméras du tourelleau, de 7 caméras périphériques permettant d’appréhender l’environnement proche tout autour du véhicule.
mercredi 22 avril 2009
Un petit coup d'oeil à DSI-T 17
Et voilà, un bouclage de plus au compteur et... le 5ème de la nouvelle formule DSI-Technologies. Au programme de ce numéro (dans les kioskes vers le 10 mai), un dossier complet sur la guerre chimique. La théma est intéressante en fonction du retour d'expérience irakien mais aussi de la possibilité de voir des "Improvised Chemical Devices", version chimique de l'IED.
Au programme également un article de fond sur le BvS10 Viking écrit suite à une visite en Suède, où j'avais eu l'occasion de tester le véhicule (on ne rigole pas, j'ai payé de ma personne en conduisant la bête) : les Chasseurs alpins sont intéressés et la formule va connaître une série d'évolutions intéressantes.
Nous poursuivons notre série d'articles sur les infanteries du futur avec, ce mois-ci, l'IdZ allemand. Au programme également des articles sur les formes de la simulation, le Super Tucanon le C-130J, l'ASMP-A ou encore (et sans être exhaustif) les armes antimatériels non létales.
Au programme également un article de fond sur le BvS10 Viking écrit suite à une visite en Suède, où j'avais eu l'occasion de tester le véhicule (on ne rigole pas, j'ai payé de ma personne en conduisant la bête) : les Chasseurs alpins sont intéressés et la formule va connaître une série d'évolutions intéressantes.
Nous poursuivons notre série d'articles sur les infanteries du futur avec, ce mois-ci, l'IdZ allemand. Au programme également des articles sur les formes de la simulation, le Super Tucanon le C-130J, l'ASMP-A ou encore (et sans être exhaustif) les armes antimatériels non létales.
lundi 20 avril 2009
PA2, BPC n°3 et sea basing : le retour dans les débats
Pour répondre à l'excellent Y. Cadiou qui intervenait sur le non moins excellent Réflexion stratégique, je me permet de reprendre ici un court papier qui était paru dans les news du DSI n°47, actuellement en kiosque. La question prend d'autant plus de relief que le BPC n°3 vient d'être commandé...
Depuis quelques semaines déjà, à la faveur des difficultés rencontrées dans la « reprise en main » du Charles de Gaulle par son équipage en raison des problèmes de réducteurs révélés par J.-D. Merchet, le débat sur la nécessité d’un second porte-avions pour la Marine nationale est relancé.
« Mise au frigo » dans l’hypothèse d’une prise de décision « définitive » vers 2011-2012, la question semble ainsi revenir sur le devant de la scène. Avec, comme dans tout débat, des « pour » et des « contre ». En soutien des avis favorables, on trouve la nécessaire permanence à la mer du groupe aéronaval, qui permet à Paris de disposer de son potentiel – qui est aussi un potentiel de dissuasion nucléaire – de façon persistante.
Ou presque, pour les adeptes du « contre », dans la mesure où l’on ne dispose pas d’un équipage en permanence. Et cela ne saurait être, alors que l’on cherche à les réduire partout ailleurs pour économiser sur les budgets –, celui du PA2 devra se réapproprier un bâtiment techniquement très différent du « Grand Charles ».
Or, une réappropriation « coûte » plusieurs mois de disponibilité. En conséquence, la « permanence » serait toute théorique. Autre hypothèse, la disposition d’un équipage propre au PA2, qui permettrait de contourner l’écueil de la réappropriation, pour les tenants du nouveau bâtiment. Mais la France ne dispose que d’un seul groupe aéronaval, ses appareils devant subir des maintenances parfois lourdes, imposant leur renvoi en Bretagne. Sans compter que les équipages des flottilles embarquées ne peuvent tout de même pas rester en mer 365 jours sur 365…
Et les tenants du « non » de rappeler qu’aux États-Unis, chaque porte-avions d’active se voit attacher un groupe aérien embarqué propre – un autre groupe étant, par ailleurs, tenu en réserve. Aussi, pour certains observateurs, un PA2 sans groupe aérien embarqué reviendrait à disposer d’une « reine des quais » opérationnelle 15 mois tous les six ans… D’autant plus que l’argent manque cruellement pour disposer d’un deuxième groupe aérien embarqué, dans un contexte où la Marine n’est même pas certaine de disposer un jour des 60 Rafale (dont une vingtaine de machines en parc d’attrition) dont elle a l’ambition de se doter.
Or, pour les tenants du « oui », un « pont plat » tel que celui du PA2 pourrait jouer un rôle similaire à celui du porte-hélicoptères d’assaut Ocean dans la Royal Navy : une base maritime avancée au profit de forces spéciales ou de l’infanterie de marine. Sauf que, pour les partisans du « non », la commande d’un 3e BPC – au demeurant prévue dans le dernier Livre blanc – tend à remplir ce rôle et à participer au renforcement des capacités amphibies – soit l’autre façon d’influencer les conflits se déroulant « à terre ».
La problématique est d’autant plus aigüe que le PA2 a été conçu comme un porte-avions en bonne et due forme. En d’autres termes, s’il pourrait accueillir un nombre impressionnant de machines, la question de la place occupée par les hommes ne manquerait pas de se poser… Sauf à revoir la conception d’un bâtiment qui, pour les partisans du « non », a déjà mobilisé des ressources financières passablement rares. L’équation du PA2 pourrait donc bien se révéler insoluble et ne trouver sa solution que dans une réflexion plus large.
*
* *
Depuis quelques semaines déjà, à la faveur des difficultés rencontrées dans la « reprise en main » du Charles de Gaulle par son équipage en raison des problèmes de réducteurs révélés par J.-D. Merchet, le débat sur la nécessité d’un second porte-avions pour la Marine nationale est relancé.
« Mise au frigo » dans l’hypothèse d’une prise de décision « définitive » vers 2011-2012, la question semble ainsi revenir sur le devant de la scène. Avec, comme dans tout débat, des « pour » et des « contre ». En soutien des avis favorables, on trouve la nécessaire permanence à la mer du groupe aéronaval, qui permet à Paris de disposer de son potentiel – qui est aussi un potentiel de dissuasion nucléaire – de façon persistante.
Ou presque, pour les adeptes du « contre », dans la mesure où l’on ne dispose pas d’un équipage en permanence. Et cela ne saurait être, alors que l’on cherche à les réduire partout ailleurs pour économiser sur les budgets –, celui du PA2 devra se réapproprier un bâtiment techniquement très différent du « Grand Charles ».
Or, une réappropriation « coûte » plusieurs mois de disponibilité. En conséquence, la « permanence » serait toute théorique. Autre hypothèse, la disposition d’un équipage propre au PA2, qui permettrait de contourner l’écueil de la réappropriation, pour les tenants du nouveau bâtiment. Mais la France ne dispose que d’un seul groupe aéronaval, ses appareils devant subir des maintenances parfois lourdes, imposant leur renvoi en Bretagne. Sans compter que les équipages des flottilles embarquées ne peuvent tout de même pas rester en mer 365 jours sur 365…
Et les tenants du « non » de rappeler qu’aux États-Unis, chaque porte-avions d’active se voit attacher un groupe aérien embarqué propre – un autre groupe étant, par ailleurs, tenu en réserve. Aussi, pour certains observateurs, un PA2 sans groupe aérien embarqué reviendrait à disposer d’une « reine des quais » opérationnelle 15 mois tous les six ans… D’autant plus que l’argent manque cruellement pour disposer d’un deuxième groupe aérien embarqué, dans un contexte où la Marine n’est même pas certaine de disposer un jour des 60 Rafale (dont une vingtaine de machines en parc d’attrition) dont elle a l’ambition de se doter.
Or, pour les tenants du « oui », un « pont plat » tel que celui du PA2 pourrait jouer un rôle similaire à celui du porte-hélicoptères d’assaut Ocean dans la Royal Navy : une base maritime avancée au profit de forces spéciales ou de l’infanterie de marine. Sauf que, pour les partisans du « non », la commande d’un 3e BPC – au demeurant prévue dans le dernier Livre blanc – tend à remplir ce rôle et à participer au renforcement des capacités amphibies – soit l’autre façon d’influencer les conflits se déroulant « à terre ».
La problématique est d’autant plus aigüe que le PA2 a été conçu comme un porte-avions en bonne et due forme. En d’autres termes, s’il pourrait accueillir un nombre impressionnant de machines, la question de la place occupée par les hommes ne manquerait pas de se poser… Sauf à revoir la conception d’un bâtiment qui, pour les partisans du « non », a déjà mobilisé des ressources financières passablement rares. L’équation du PA2 pourrait donc bien se révéler insoluble et ne trouver sa solution que dans une réflexion plus large.
Le Rafale évincé de la compétition MMRCA
La nouvelle fera mal : le Rafale, engagé dans la compétition MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft), portant sur 126 appareils, a été disqualifié. Selon les autorités indiennes, il ne répondait pas à plusieurs éléments du cahier des charges de l’IAF (Indian Air Force).
Selon un officiel français, l’appareil ne présente pourtant aucune lacune et, de plus, l’Inde n’a pas informé la France de cette décision. In fine, 5 compétiteurs restent en lice pour ce contrat d’une valeur de 9 milliards d’euros : le F/A-18 Super Hornet (Boeing), le F-16 Fighting Falcon (Lockheed Martin), le MiG-35 (United Aircraft Corporation), le Gripen (Saab) et le Typhoon (Eurofighter).
Alors que le Mig-35 avait été taillé sur mesure pour le marché indien et avait été présenté pour la première fois durant Aero India 2007 (cf. Technologie & Armement n°5 sur les caractéristiques de l’appareil), l’Inde pourrait choisir de diversifier ses importations, une politique qu’elle poursuit maintenant depuis quelques années.
Dans ce contexte, elle reste attachée à ses relations avec la France – un contrat portant sur la modernisation de ses Mirage 2000 est toujours en cours de négociation et le contrat sur les 6 sous-marins Scorpène a renforcé ces liens – mais elle pourrait développer celles avec Washington. Dans le domaine de l’armement, celles-ci restent pour l’heure limitées à l’acquisition promise d’appareils de patrouille maritime P-8 Poseidon.
Pour l’heure, le Rafale n’a pas encore enregistré de succès. Pour autant, l’appareil pourrait être acquis à une soixantaine d’exemplaire par les Emirats Arabes Unis, tandis que la Suisse, la Libye, la Grèce et le Brésil restent des clients potentiels.
Selon un officiel français, l’appareil ne présente pourtant aucune lacune et, de plus, l’Inde n’a pas informé la France de cette décision. In fine, 5 compétiteurs restent en lice pour ce contrat d’une valeur de 9 milliards d’euros : le F/A-18 Super Hornet (Boeing), le F-16 Fighting Falcon (Lockheed Martin), le MiG-35 (United Aircraft Corporation), le Gripen (Saab) et le Typhoon (Eurofighter).
Alors que le Mig-35 avait été taillé sur mesure pour le marché indien et avait été présenté pour la première fois durant Aero India 2007 (cf. Technologie & Armement n°5 sur les caractéristiques de l’appareil), l’Inde pourrait choisir de diversifier ses importations, une politique qu’elle poursuit maintenant depuis quelques années.
Dans ce contexte, elle reste attachée à ses relations avec la France – un contrat portant sur la modernisation de ses Mirage 2000 est toujours en cours de négociation et le contrat sur les 6 sous-marins Scorpène a renforcé ces liens – mais elle pourrait développer celles avec Washington. Dans le domaine de l’armement, celles-ci restent pour l’heure limitées à l’acquisition promise d’appareils de patrouille maritime P-8 Poseidon.
Pour l’heure, le Rafale n’a pas encore enregistré de succès. Pour autant, l’appareil pourrait être acquis à une soixantaine d’exemplaire par les Emirats Arabes Unis, tandis que la Suisse, la Libye, la Grèce et le Brésil restent des clients potentiels.
vendredi 17 avril 2009
Les études stratégiques : une affaire qui tourne
A mes heures perdues - si, si, il y en a - je m'occupe de mettre à jour les sites du RMES mais aussi de l'Institut de Stratégie Comparée.
Lors d'une petite pause dans le bouclage du prochain DSI-T, je suis passé faire un tour sur les modules de gestion des sites, avec des résultats sans appel :
- pour les 3 premiers mois de l'année, l'ISC a enregistré 500.000 pages vues, avec une durée moyenne de 5 minutes par page.
- quant au RMES, il en est à ses 100.000 pages, toujours pour la même période. Les derniers Cahiers du RMES, par exemple, ont été téléchargés à 5.500 reprises alors qu'ils ont été mis en ligne début mars.
Lors d'une petite pause dans le bouclage du prochain DSI-T, je suis passé faire un tour sur les modules de gestion des sites, avec des résultats sans appel :
- pour les 3 premiers mois de l'année, l'ISC a enregistré 500.000 pages vues, avec une durée moyenne de 5 minutes par page.
- quant au RMES, il en est à ses 100.000 pages, toujours pour la même période. Les derniers Cahiers du RMES, par exemple, ont été téléchargés à 5.500 reprises alors qu'ils ont été mis en ligne début mars.
DSI 48, mai 2009 - en preview
Sur le vif
Le sommet de l’OTAN de Strasbourg-Kehl s’est révélé relativement terne. Pourtant, de véritables questions se posaient… et se posent toujours, comme celle du nouveau concept stratégique. Samir BATTISS, chargé d’enseignement à l’UQAM, porte un regard critique sur des évolutions d’où la France ne pourra plus être absente. Dans le même temps, l’actualité du mois de février était marquée par le salon IDEX, aux Émirats Arabes Unis. Bertrand SLASKI revient sur la politique d’exportation d’armements de la Russie dans le golfe Persique, pour y discerner un tournant majeur.
Stratégie
L’art opératif/opératique/opérationnel est celui des grandes campagnes militaires, formant l’interface entre les niveaux tactique et stratégique. C’est dire son importance, dans les conflits réguliers comme irréguliers, d’ailleurs. À cet égard, l’art militaire soviétique a encore beaucoup à nous apprendre et l’un de ses meilleurs exégètes, le général israélien Shimon Naveh, a un point de vue original sur la question. Joseph HENROTIN décrypte les fondements de cette approche.
La question afghane reste d’une actualité criante et est le reflet d’enjeux majeurs, y compris jusque dans la lutte contre le trafic de drogues. Examinant les avancées effectuées et les défis encore présents, Thomas RENARD pose la question d’un engagement de l’Organisation de Coopération de Shanghai dans une lutte qui a un impact direct sur nos troupes.
Les 15 dernières années ont été propices à de nombreuses publications sur l’utilité des nouvelles technologies dans la conduite des opérations militaires. Elles auraient autorisé une levée du « brouillard de la guerre » et auraient affûté le « coup d’œil » des commandants. Mais Frédéric-Guillaume OHRENSTEIN, stagiaire au CID, s’interroge à juste titre : « si Clausewitz avait connu Google », qu’en aurait-il pensé ?
Armées
On l’a dit et répété, l’Asie navale se réveille. En son sein, la Republic of Korea Navy (ROKN) fait preuve d’une réelle dynamique qui devrait, à terme, changer les rapports de force dans cette partie du monde. Concrètement cependant, peu d’analyses fournies existent dans la littérature ouverte sur le sujet. DSI a interviewé Chang KWOUN PARK, chercheur au Korean Institute for Defence Analysis, le principal centre de recherche stratégique sud-coréen, qui replace l’évolution de la marine dans le contexte géostratégique plus large de la Corée du Sud. Joseph HENROTIN a, quant à lui, analysé l’évolution de la marine de Séoul et ses projets, montrant que ses ambitions devraient l’amener à disposer, en 2020, de plus de grands bâtiments de combat que la Chine elle-même. Enfin, Philippe LANGLOIT dresse un tableau quantitatif de la ROKN mais revient également sur le développement de son infanterie navale.
Unités
Le transport aérien militaire français va mal. Très mal même. Avec 44 Transall disponibles, techniciens et pilotes réalisent quotidiennement le miracle de faire conserver à la France sa « voie sacrée » aérienne. Véronique SARTINI s’est rendue à Orléans, sur la BA123 pour rencontrer des hommes capables de poser leurs appareils chargés, de nuit, sur une distance de 1 000 m et sur une piste à peine préparée. Elle dresse un tableau complet et sans complaisance d’une situation qui ne fera, avec les retards de l’A400M, que se dégrader.
Technologie et armement
Si le transport aérien est à l’avant-plan des préoccupations politiques nationale et européenne, c’est toutefois le transport maritime qui assure l’essentiel du déplacement des armées sur les théâtres d’opérations extérieurs. C’est dire s’il est un maillon vital de la politique de tout État ayant des ambitions globales. Or, malgré ce rôle absolument stratégique, il est peu traité dans la littérature. DSI comble ce vide. Joseph HENROTIN analyse ainsi quelles sont les différentes solutions en matière de Sealift et évalue également leurs contraintes respectives. Jean-Louis PROMÉ revient quant à lui sur le cœur de la projection américaine, le Military Sealift Command, et ses impressionnantes capacités de projection mais aussi de prépositionnement.
Le sommet de l’OTAN de Strasbourg-Kehl s’est révélé relativement terne. Pourtant, de véritables questions se posaient… et se posent toujours, comme celle du nouveau concept stratégique. Samir BATTISS, chargé d’enseignement à l’UQAM, porte un regard critique sur des évolutions d’où la France ne pourra plus être absente. Dans le même temps, l’actualité du mois de février était marquée par le salon IDEX, aux Émirats Arabes Unis. Bertrand SLASKI revient sur la politique d’exportation d’armements de la Russie dans le golfe Persique, pour y discerner un tournant majeur.
Stratégie
L’art opératif/opératique/opérationnel est celui des grandes campagnes militaires, formant l’interface entre les niveaux tactique et stratégique. C’est dire son importance, dans les conflits réguliers comme irréguliers, d’ailleurs. À cet égard, l’art militaire soviétique a encore beaucoup à nous apprendre et l’un de ses meilleurs exégètes, le général israélien Shimon Naveh, a un point de vue original sur la question. Joseph HENROTIN décrypte les fondements de cette approche.
La question afghane reste d’une actualité criante et est le reflet d’enjeux majeurs, y compris jusque dans la lutte contre le trafic de drogues. Examinant les avancées effectuées et les défis encore présents, Thomas RENARD pose la question d’un engagement de l’Organisation de Coopération de Shanghai dans une lutte qui a un impact direct sur nos troupes.
Les 15 dernières années ont été propices à de nombreuses publications sur l’utilité des nouvelles technologies dans la conduite des opérations militaires. Elles auraient autorisé une levée du « brouillard de la guerre » et auraient affûté le « coup d’œil » des commandants. Mais Frédéric-Guillaume OHRENSTEIN, stagiaire au CID, s’interroge à juste titre : « si Clausewitz avait connu Google », qu’en aurait-il pensé ?
Armées
On l’a dit et répété, l’Asie navale se réveille. En son sein, la Republic of Korea Navy (ROKN) fait preuve d’une réelle dynamique qui devrait, à terme, changer les rapports de force dans cette partie du monde. Concrètement cependant, peu d’analyses fournies existent dans la littérature ouverte sur le sujet. DSI a interviewé Chang KWOUN PARK, chercheur au Korean Institute for Defence Analysis, le principal centre de recherche stratégique sud-coréen, qui replace l’évolution de la marine dans le contexte géostratégique plus large de la Corée du Sud. Joseph HENROTIN a, quant à lui, analysé l’évolution de la marine de Séoul et ses projets, montrant que ses ambitions devraient l’amener à disposer, en 2020, de plus de grands bâtiments de combat que la Chine elle-même. Enfin, Philippe LANGLOIT dresse un tableau quantitatif de la ROKN mais revient également sur le développement de son infanterie navale.
Unités
Le transport aérien militaire français va mal. Très mal même. Avec 44 Transall disponibles, techniciens et pilotes réalisent quotidiennement le miracle de faire conserver à la France sa « voie sacrée » aérienne. Véronique SARTINI s’est rendue à Orléans, sur la BA123 pour rencontrer des hommes capables de poser leurs appareils chargés, de nuit, sur une distance de 1 000 m et sur une piste à peine préparée. Elle dresse un tableau complet et sans complaisance d’une situation qui ne fera, avec les retards de l’A400M, que se dégrader.
Technologie et armement
Si le transport aérien est à l’avant-plan des préoccupations politiques nationale et européenne, c’est toutefois le transport maritime qui assure l’essentiel du déplacement des armées sur les théâtres d’opérations extérieurs. C’est dire s’il est un maillon vital de la politique de tout État ayant des ambitions globales. Or, malgré ce rôle absolument stratégique, il est peu traité dans la littérature. DSI comble ce vide. Joseph HENROTIN analyse ainsi quelles sont les différentes solutions en matière de Sealift et évalue également leurs contraintes respectives. Jean-Louis PROMÉ revient quant à lui sur le cœur de la projection américaine, le Military Sealift Command, et ses impressionnantes capacités de projection mais aussi de prépositionnement.
jeudi 9 avril 2009
Sur la "crise" des études stratégiques : une réponse à X. Raufer
Vous aurez pu remarquer une petite baisse de régime du blog, au point de vue des analyses, ces derniers temps. De fait, entre le bouclage de mes magazines (la journée) et ceux de mon prochain ouvrage (la nuit – ou presque), quelques articles et les réflexions préliminaires pour l’ouvrage suivant, les journées sont comme on les aime : bien chargées.
Pour autant, quelque chose m’a fait tiquer, dernièrement, à la lecture d’un supplément de la lettre TTU. Il s’agissait en l’occurrence d’un billet intitulé « L’envers de la mondialisation. Sécurité globale et face noire de la mondialisation » et signé par Xavier Raufer. Il commence par un sous-titre interpellant, « le malaise des études stratégiques ».
Pour le criminologue, « En Europe, la recherche fondamentale en matière de défense (aussi appelées « études stratégiques » se porte mal. Malgré la lecture faite des textes stratégiques, revues ou autres sources accessibles, l’Europe semble en effet incapable de dire qui est l’ennemi, ce qu’est l’hostilité en 2009 ». Interpellant, donc, à plusieurs égards :
- d’abord, parce que les études stratégiques ne se limitent pas à la recherche fondamentale en matière de défense ;
- ensuite parce que ce n’est pas le rôle de la recherche fondamentale de déterminer l’adversaire (et non l’ennemi, c’est justement un acquis des études stratégiques que de nous faire sortir des logiques totales). Ce serait plutôt le rôle de la recherche appliquée telle qu’elle est exercée dans la plupart des centres de recherche voire… du politique lui-même ;
- enfin, sur la « crise » ou le « malaise » des études stratégiques.
Lorsque je suis entré à DSI, en octobre 2005, la revue avait été mise sur pieds six mois plus tôt. Elle était non seulement viable – sans publicité, ce qui n’est pas rien pour une revue de défense – mais en plus, elle pouvait aborder des thèmes parfois pointus. Et l’affaire marche plutôt bien : chaque mois, 120 000 personnes lisent le magazine et les auteurs qui écrivent dedans. Et rares sont les refus que j’essuie à une invitation d’interview ou de publication d’un article. Ce n'est qu'un exemple parmis d'autres.
Parce que les initiatives se développent partout. Tous les mois, je reçois 4 à 5 ouvrages d’études stratégiques – rien que pour la France -, quel que soit le secteur plus particulier qui est traité par l’auteur. Je ne compte même pas les monographies en ligne, de plus en plus costaudes. Les blogs de défense se sont multipliés. Les conférences, séminaires et colloques aussi (le mois de mai sera chargé, vous l’aurez remarqué !). Les études stratégiques, à mon sens, se portent beaucoup mieux, ne fut-ce que deux ans après le 11 septembre.
Alors, certes, l’Université n’a pas toujours compris la nécessité ni l’intérêt – ne serait-ce que purement académique, sur le plan de l’histoire des idées – des études stratégiques. Certaines revues, comme Stratégique, ont connu un passage à vide avec des parutions irrégulières (heureusement terminé - il y aura quelques bonnes surprises dans les prochains mois). Beaucoup de chercheurs passent toujours plus de temps à remplir de la paperasse qu’à chercher. Bien sûr, donc, la situation n’est pas idéale. Mais elle est loin d’être catastrophique.
Nous sommes peut-être même dans une configuration idéale : poussés par la crise stratégique actuelle – qui n’est certainement pas celle des études stratégiques, ne confondons pas l’objet et son analyse – un certain nombre de chercheurs de talent, militaires comme civils, écrivent avec une certaine liberté. Les initiatives fusent de partout et, si elles ne sont pas gratuites (notes d’analyses en lignes, séminaires et colloques, blogs…) elles sont peu coûteuses, de façon à toucher un public le plus large possible.
Sans doute jamais dans l’histoire européenne de ces 30 dernières années on n’aura autant étudié ni lu ni encore écrit sur les questions stratégiques.
Alors, évidemment, personne n’a de réponse définitive à la crise stratégique actuelle, pas plus que nos confrères économistes n’ont de solution à la crise économique ou que nos frères sociologues n’ont de solution arrêtée sur la crise des banlieues. Mais personne ne semble avoir décrété leur discipline en crise au prétexte qu’ils ne sont pas en mesure de produire des solutions opérationnelles.
Là réside, sans doute, un malentendu profond et éminemment problématique : au même titre que n’importe quelle autre (sous-)discipline, les études stratégiques peuvent produire des solutions à vocation opératoire. Mais avant, il faut précisément s’attacher à la recherche fondamentale.
La France, de ce point de vue, a de sérieux atouts. Relire du Alain Joxe ou étudier le Traité de stratégie d’H. Coutau-Bégarie n’est pas nécessairement aisé. Mais on ne fait pas de recherche appliquée sans en maîtriser les fondamentaux. Ces mêmes fondamentaux que nos camarades américains, parfois pris en exemple à mauvais escient, nous envient…
Pour autant, quelque chose m’a fait tiquer, dernièrement, à la lecture d’un supplément de la lettre TTU. Il s’agissait en l’occurrence d’un billet intitulé « L’envers de la mondialisation. Sécurité globale et face noire de la mondialisation » et signé par Xavier Raufer. Il commence par un sous-titre interpellant, « le malaise des études stratégiques ».
Pour le criminologue, « En Europe, la recherche fondamentale en matière de défense (aussi appelées « études stratégiques » se porte mal. Malgré la lecture faite des textes stratégiques, revues ou autres sources accessibles, l’Europe semble en effet incapable de dire qui est l’ennemi, ce qu’est l’hostilité en 2009 ». Interpellant, donc, à plusieurs égards :
- d’abord, parce que les études stratégiques ne se limitent pas à la recherche fondamentale en matière de défense ;
- ensuite parce que ce n’est pas le rôle de la recherche fondamentale de déterminer l’adversaire (et non l’ennemi, c’est justement un acquis des études stratégiques que de nous faire sortir des logiques totales). Ce serait plutôt le rôle de la recherche appliquée telle qu’elle est exercée dans la plupart des centres de recherche voire… du politique lui-même ;
- enfin, sur la « crise » ou le « malaise » des études stratégiques.
Lorsque je suis entré à DSI, en octobre 2005, la revue avait été mise sur pieds six mois plus tôt. Elle était non seulement viable – sans publicité, ce qui n’est pas rien pour une revue de défense – mais en plus, elle pouvait aborder des thèmes parfois pointus. Et l’affaire marche plutôt bien : chaque mois, 120 000 personnes lisent le magazine et les auteurs qui écrivent dedans. Et rares sont les refus que j’essuie à une invitation d’interview ou de publication d’un article. Ce n'est qu'un exemple parmis d'autres.
Parce que les initiatives se développent partout. Tous les mois, je reçois 4 à 5 ouvrages d’études stratégiques – rien que pour la France -, quel que soit le secteur plus particulier qui est traité par l’auteur. Je ne compte même pas les monographies en ligne, de plus en plus costaudes. Les blogs de défense se sont multipliés. Les conférences, séminaires et colloques aussi (le mois de mai sera chargé, vous l’aurez remarqué !). Les études stratégiques, à mon sens, se portent beaucoup mieux, ne fut-ce que deux ans après le 11 septembre.
Alors, certes, l’Université n’a pas toujours compris la nécessité ni l’intérêt – ne serait-ce que purement académique, sur le plan de l’histoire des idées – des études stratégiques. Certaines revues, comme Stratégique, ont connu un passage à vide avec des parutions irrégulières (heureusement terminé - il y aura quelques bonnes surprises dans les prochains mois). Beaucoup de chercheurs passent toujours plus de temps à remplir de la paperasse qu’à chercher. Bien sûr, donc, la situation n’est pas idéale. Mais elle est loin d’être catastrophique.
Nous sommes peut-être même dans une configuration idéale : poussés par la crise stratégique actuelle – qui n’est certainement pas celle des études stratégiques, ne confondons pas l’objet et son analyse – un certain nombre de chercheurs de talent, militaires comme civils, écrivent avec une certaine liberté. Les initiatives fusent de partout et, si elles ne sont pas gratuites (notes d’analyses en lignes, séminaires et colloques, blogs…) elles sont peu coûteuses, de façon à toucher un public le plus large possible.
Sans doute jamais dans l’histoire européenne de ces 30 dernières années on n’aura autant étudié ni lu ni encore écrit sur les questions stratégiques.
Alors, évidemment, personne n’a de réponse définitive à la crise stratégique actuelle, pas plus que nos confrères économistes n’ont de solution à la crise économique ou que nos frères sociologues n’ont de solution arrêtée sur la crise des banlieues. Mais personne ne semble avoir décrété leur discipline en crise au prétexte qu’ils ne sont pas en mesure de produire des solutions opérationnelles.
Là réside, sans doute, un malentendu profond et éminemment problématique : au même titre que n’importe quelle autre (sous-)discipline, les études stratégiques peuvent produire des solutions à vocation opératoire. Mais avant, il faut précisément s’attacher à la recherche fondamentale.
La France, de ce point de vue, a de sérieux atouts. Relire du Alain Joxe ou étudier le Traité de stratégie d’H. Coutau-Bégarie n’est pas nécessairement aisé. Mais on ne fait pas de recherche appliquée sans en maîtriser les fondamentaux. Ces mêmes fondamentaux que nos camarades américains, parfois pris en exemple à mauvais escient, nous envient…
Conférence "L’armée rouge en Afghanistan 1979 – 1989" au CDEF
A travers cette conférence, le colonel (R) Oleg KULAKOV, qui a servi au sein de l’armée soviétique en Afghanistan, de 1980 à 1982 puis de 1986 à 1989, fera part de son expérience militaire et des enseignements de l'intervention soviétique en Afghanistan.
Le colonel (R) Oleg KULAKOV est professeur (Docteur) en Histoire à l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie Russe des Sciences et Conférencier à l'Université de Défense de Moscou. Il a effectué deux séjours en Afghanistan comme interprète militaire. Puis il a servi au sein du (Collège de Défense de l'OTAN à Rome en Italie) de septembre 2005 à février 2006.
La conférence sera prononcée en anglais
Lundi 11 mai 2009 de 14h15 à 16h15
Amphithéâtre De BOURCET - Ecole militaire, 1 place Joffre -75007 Paris
Contact : marie-laure.mounoury@cdef.terre.defense.gouv.fr (adresse Internet et intradef), Tel. 0033 1 44 42 52 90.
Le colonel (R) Oleg KULAKOV est professeur (Docteur) en Histoire à l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie Russe des Sciences et Conférencier à l'Université de Défense de Moscou. Il a effectué deux séjours en Afghanistan comme interprète militaire. Puis il a servi au sein du (Collège de Défense de l'OTAN à Rome en Italie) de septembre 2005 à février 2006.
La conférence sera prononcée en anglais
Lundi 11 mai 2009 de 14h15 à 16h15
Amphithéâtre De BOURCET - Ecole militaire, 1 place Joffre -75007 Paris
Contact : marie-laure.mounoury@cdef.terre.defense.gouv.fr (adresse Internet et intradef), Tel. 0033 1 44 42 52 90.
Colloque international "guerre irrégulière"
Programme du colloque international
Des 12, 13 et 14 Mai 2009 - Ecoles de saint-Cyr Coëtquidan
LA GUERRE IRREGULIERE
Des 12, 13 et 14 Mai 2009 - Ecoles de saint-Cyr Coëtquidan
LA GUERRE IRREGULIERE
Depuis 2007, le pôle d’excellence « Action globale et forces terrestres » des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan rassemble chercheurs civils et militaires autour des mutations de la conflictualité et de leurs retombées sur l’engagement des forces terrestres.
En partenariat avec l’Université d’Oxford et l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS), ce pôle conduit actuellement un programme de recherche sur la guerre irrégulière dont le point d’orgue est un colloque qui se tiendra à l’occasion des journées internationales de Saint-Cyr Coëtquidan. Cette manifestation marquera également l’ouverture du symposium ISODOMA, réunissant les représentants des académies militaires du monde entier.
Visant à faire progresser la connaissance théorique et la maîtrise opérationnelle d’un phénomène complexe mais caractéristique des opérations militaires contemporaines, le colloque « Guerre irrégulière » concerne l’ensemble des acteurs appelés à jouer un rôle dans les conflits d’aujourd’hui et de demain.
Contact : Cellule accueil journées d’études « la guerre irrégulière » - Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan 56381 Guer cedex
Téléphone : (00 33) 02 97 70 77 83 Fax (00 33) 02 97 70 76 15 Courriel : guerreirreguliere(at)st-cyr.terre.defense.gouv.fr
Mardi 12 mai 2009 – La crise de la guerre régulière
opening speach :
General de division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant of French Military Academy Saint-Cyr
Coëtquidan.
general Introduction :
Hew STRACHAN, Chichele Professor of The history of War, All Souls College, University of Oxford.
Session Chairman :
Jean-Paul HANON, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
1. The Historic Forms of Irregular War :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.
2. Just War Tradition and the Irregular Warfare :
David RODIN, Center for Ethics, Law and Armed Conflicts, University of Oxford.
3. From the Medieval Outlaw to the 21st Century Militiaman, Anthropologic Views on Irregular
Warfare :
Christian INGRAO, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.
Wednesday 13 May 2009 – Who is Irregular ?
Session Chairman :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.
1. New Conflicts, New Fighters, New Rules :
Adam ROBERTS, Center for International Studies, University of Oxford.
2. Privatisation of Western war :
Sarah PERCY, Merton College, University of Oxford.
3. Carl Schmitt and the Iraqi Insurgency : Competing World Orders, the Friend-Enemy distinction and the Partisan World Revolutionary Dichotomy :
Ahmed S. HASHIM, US Naval War College.
4. Irregular Wars and Public-Private Partnerships :
Didier DANET, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
Managing People
table ronde 1 : Irregular War and People on theaters of War
Session Chairman :
Fabrice d’ALMEIDA, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.
1. Winning the Hearts and Minds of Iraqi People ? :
David KILCULLEN, Center for a New American Security.
2. Winning the Hearts and Minds in the Kosovo War : the Case of UCK :
Amaël CATTARUZZA, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
3. « War Amongst the People » : Solution or Ideology ? :
Général Vincent DESPORTES, directeur du Collège Interarmées de Défense.
table ronde 2 : Irregular War and the general Public
Session Chairman :
Daniel MARSTON, Australian National University.
4. Can we face Long Wars ? :
General (ret.) Jonathan BAILEY, Former Commanding Officer Head Quarter’s Doctrine and
Training.
5. Afghanistan : Local Fighters - Local Population - UK Population :
John McKINLAY, King’s College.
6. Jihad and Just War in the War on Terror :
Alia BRAHIMI, St Antony’s College, University of Oxford.
Thursday 14 May 2009 – Can They Win ?
atelier 1 : Counter-tactics : lessons from History (amphithéâtre napoléon)
Session Chairman :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.
1. Is the Irregular Fighter Lore Innovative ? Tactical lessons from Iraq, Lebanon, Afghanistan :
Lieutenant-colonel Michel GOYA, Etat-Major de l’Armée de Terre , pôle action globale et forces
terrestres, Saint-Cyr.
2. The Use of Irregular Fighters by Fegular forces : The Case of Indochina :
Lieutenant-colonel Michel DAVID, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
3. Training for COIN in Algeria :
Colonel Frédéric GUELTON, Service Historique de la Défense.
4. COIN and the Transformation of Regular Forces :
Daniel MARSTON, Australian National University.
atelier 2 : Counter-tactics : today’s theaters of War (amphithéâtre du centre de recherche)
Session Chairman :
Christian MALIS, pôle action globale et forces terrestres, Saint-Cyr.
4. The Use of Airpower in Irregular Wars :
Jérôme de LESPINOIS, centre d’études stratégiques aérospatiales.
5. Irregular Warfare at Sea :
Capitaine de vaisseau Thierry ROUSSEAU, centre de concepts et de doctrines de la marine.
6. Technology and Irregular Warfare :
Pierre-Jean LASSALLE, Thalès.
7. Countering Irregular Warfare, a US View :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.
General conclusion
Professeur Yves BOYER, école Polytechnique.
Closing speaches :
General Sir Richard DANNAT, Chief of the General Staff (UK) : video
Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chief of the General Staff (F).
opening speach :
General de division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant of French Military Academy Saint-Cyr
Coëtquidan.
general Introduction :
Hew STRACHAN, Chichele Professor of The history of War, All Souls College, University of Oxford.
Session Chairman :
Jean-Paul HANON, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
1. The Historic Forms of Irregular War :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.
2. Just War Tradition and the Irregular Warfare :
David RODIN, Center for Ethics, Law and Armed Conflicts, University of Oxford.
3. From the Medieval Outlaw to the 21st Century Militiaman, Anthropologic Views on Irregular
Warfare :
Christian INGRAO, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.
Wednesday 13 May 2009 – Who is Irregular ?
Session Chairman :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.
1. New Conflicts, New Fighters, New Rules :
Adam ROBERTS, Center for International Studies, University of Oxford.
2. Privatisation of Western war :
Sarah PERCY, Merton College, University of Oxford.
3. Carl Schmitt and the Iraqi Insurgency : Competing World Orders, the Friend-Enemy distinction and the Partisan World Revolutionary Dichotomy :
Ahmed S. HASHIM, US Naval War College.
4. Irregular Wars and Public-Private Partnerships :
Didier DANET, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
Managing People
table ronde 1 : Irregular War and People on theaters of War
Session Chairman :
Fabrice d’ALMEIDA, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.
1. Winning the Hearts and Minds of Iraqi People ? :
David KILCULLEN, Center for a New American Security.
2. Winning the Hearts and Minds in the Kosovo War : the Case of UCK :
Amaël CATTARUZZA, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
3. « War Amongst the People » : Solution or Ideology ? :
Général Vincent DESPORTES, directeur du Collège Interarmées de Défense.
table ronde 2 : Irregular War and the general Public
Session Chairman :
Daniel MARSTON, Australian National University.
4. Can we face Long Wars ? :
General (ret.) Jonathan BAILEY, Former Commanding Officer Head Quarter’s Doctrine and
Training.
5. Afghanistan : Local Fighters - Local Population - UK Population :
John McKINLAY, King’s College.
6. Jihad and Just War in the War on Terror :
Alia BRAHIMI, St Antony’s College, University of Oxford.
Thursday 14 May 2009 – Can They Win ?
atelier 1 : Counter-tactics : lessons from History (amphithéâtre napoléon)
Session Chairman :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.
1. Is the Irregular Fighter Lore Innovative ? Tactical lessons from Iraq, Lebanon, Afghanistan :
Lieutenant-colonel Michel GOYA, Etat-Major de l’Armée de Terre , pôle action globale et forces
terrestres, Saint-Cyr.
2. The Use of Irregular Fighters by Fegular forces : The Case of Indochina :
Lieutenant-colonel Michel DAVID, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
3. Training for COIN in Algeria :
Colonel Frédéric GUELTON, Service Historique de la Défense.
4. COIN and the Transformation of Regular Forces :
Daniel MARSTON, Australian National University.
atelier 2 : Counter-tactics : today’s theaters of War (amphithéâtre du centre de recherche)
Session Chairman :
Christian MALIS, pôle action globale et forces terrestres, Saint-Cyr.
4. The Use of Airpower in Irregular Wars :
Jérôme de LESPINOIS, centre d’études stratégiques aérospatiales.
5. Irregular Warfare at Sea :
Capitaine de vaisseau Thierry ROUSSEAU, centre de concepts et de doctrines de la marine.
6. Technology and Irregular Warfare :
Pierre-Jean LASSALLE, Thalès.
7. Countering Irregular Warfare, a US View :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.
General conclusion
Professeur Yves BOYER, école Polytechnique.
Closing speaches :
General Sir Richard DANNAT, Chief of the General Staff (UK) : video
Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chief of the General Staff (F).
mardi 7 avril 2009
Un "plan Gates" pour sauver la Transformation américaine
La réforme est dans l’air du temps : nouvelle stratégie en Afghanistan, poursuite de la Transformation mais inflexion dans un sens plus réaliste et crise économique sont autant de facteurs ayant poussé le nouveau président américain à se lancer dans une revue en profondeur des programmes actuellement en cours au Pentagone, suppressions à la clé.
Robert Gates, dans cette optique, a proposé le 6 avril une série de coupes sombres. Pour la Navy, le plan Gates signifie l’abandon du programme VH-71 d’hélicoptère de transport présidentiel ; l’achat de nouveaux F/A-18 ; le maintien de 3 DDG-1000 (et, au-delà, l’arrêt du programme) ; la construction de nouveaux DDG-51.
Au niveau de l’US Air Force, les commandes de F-22 ne dépasseront pas le niveau actuel (187 unités au total). La construction du deuxième Airborne Laser serait abandonnée, le premier étant conservé pour la recherche & développement. Le Transformational Satellite program serait abandonné mais 2 satellites de communication Extremely High Frequency seraient commandés. Le programme CSAR-X d’hélicoptère de recherche et sauvetage au combat serait abandonné mais celui de futur bombardier est maintenu. Concernant le KC-X de ravitaillement en vol, un nouvel appel d’offres serait lancé durant l’été. En outre, 250 appareils de combat seront retirés des inventaires en 2010.
Au niveau de l’Army, le programme FCS serait tout simplement abandonné, l’armée devant lancer de nouveaux programmes de véhicules de combat. Selon le Secrétaire américain à la défense, les véhicules ont été conçus pour éviter les attaques plutôt que pour les encaisser, ce qui pose problème dans le contexte actuel. Un certain nombre de technologies afférentes au programme de 160 milliards de dollars seraient toutefois maintenues, dans le domaine des capteurs, des drones ou encore des communications individuelles L’Army passerait par ailleurs à un format de 45 brigades et non de 48.
Plus généralement, le Pentagone recommande de réduire la proportion de tâches – très coûteuses – effectuées par des Contractors de 37 % à environ 25 %. Dans le même temps, 30 000 civils seraient engagés pour remplacer le départ des Contractors. Le programme F-35 serait quant à lui accéléré – 513 appareils devant être produits d’ici 2014 – afin de réduire ses coûts. La cible reste de 2 443 appareils pour l’ensemble des services. Le « plan Gates » doit maintenant être validé par le Congrès américain.
Robert Gates, dans cette optique, a proposé le 6 avril une série de coupes sombres. Pour la Navy, le plan Gates signifie l’abandon du programme VH-71 d’hélicoptère de transport présidentiel ; l’achat de nouveaux F/A-18 ; le maintien de 3 DDG-1000 (et, au-delà, l’arrêt du programme) ; la construction de nouveaux DDG-51.
Au niveau de l’US Air Force, les commandes de F-22 ne dépasseront pas le niveau actuel (187 unités au total). La construction du deuxième Airborne Laser serait abandonnée, le premier étant conservé pour la recherche & développement. Le Transformational Satellite program serait abandonné mais 2 satellites de communication Extremely High Frequency seraient commandés. Le programme CSAR-X d’hélicoptère de recherche et sauvetage au combat serait abandonné mais celui de futur bombardier est maintenu. Concernant le KC-X de ravitaillement en vol, un nouvel appel d’offres serait lancé durant l’été. En outre, 250 appareils de combat seront retirés des inventaires en 2010.
Au niveau de l’Army, le programme FCS serait tout simplement abandonné, l’armée devant lancer de nouveaux programmes de véhicules de combat. Selon le Secrétaire américain à la défense, les véhicules ont été conçus pour éviter les attaques plutôt que pour les encaisser, ce qui pose problème dans le contexte actuel. Un certain nombre de technologies afférentes au programme de 160 milliards de dollars seraient toutefois maintenues, dans le domaine des capteurs, des drones ou encore des communications individuelles L’Army passerait par ailleurs à un format de 45 brigades et non de 48.
Plus généralement, le Pentagone recommande de réduire la proportion de tâches – très coûteuses – effectuées par des Contractors de 37 % à environ 25 %. Dans le même temps, 30 000 civils seraient engagés pour remplacer le départ des Contractors. Le programme F-35 serait quant à lui accéléré – 513 appareils devant être produits d’ici 2014 – afin de réduire ses coûts. La cible reste de 2 443 appareils pour l’ensemble des services. Le « plan Gates » doit maintenant être validé par le Congrès américain.
Libellés :
Armement,
Etats-Unis,
Money,
Stratégie
lundi 6 avril 2009
L'ASMP-A, bon pour le service

La troisième évaluation technico-opérationnelle du missile ASMP-A (Air-Sol Moyenne Portée – Amélioré) a, selon l’armée de l’Air, été menée à bien dans les délais impartis. L’évaluation impliquait un décollage depuis la base d’Istres, un long vol, plusieurs ravitaillements en vol et le lancement d’un missile vers une position en haute mer.
Lancé en 1997, le programme va permettre de remplacer les missiles ASMP jusqu’ici en service comme système de dissuasion en service aussi bien dans l’armée de l’Air que dans l’aéronavale. Doté d’une propulsion par Ramjet bénéficiant du retour d’expérience de la conception du missile ANS (Anti-Navire Supersonique), l’ASMP-A conserve le design général de l’ASMP mais devrait voir une augmentation de sa portée – certaines sources l’évaluant à 500-600 km.
En photo : L’ASMP-A devrait officiellement entrer en service durant l’automne 2009. Ici en position ventrale, l’ASMP-A utilisé lors du dernier test. L’engin semble plus gros que les ASMP (© Armée de l’Air).
vendredi 3 avril 2009
"La technologie militaire en question" dans les trois finalistes du prix "La plume et l'épée"


Cherchant à "contribuer à stimuler la culture militaire en honorant ceux qui ont fait l'effort de publier un ouvrage amenant à réfléchir sur le métier des armes dans tous ces aspects", le prix La plume et l'épée, sera remis le 16 mai 2009 et a été mis en place par le commandement de la formation de l'armée de Terre.
Et, surprise, La technologie militaire en question - qui connaît son petit succès, grâce notamment à plusieurs critiques de lecture - se retrouve dans les trois ouvrages issus d'auteurs civils qui ont été retenus par le jury. En l'occurrence, il est en "compétition" avec Sans blessure apparente (de J-P. Mari) et Edouard Detaille, un siècle de gloire militaire (de M.F. Robichon).
Un autre prix, L'épée et la plume, sera remis à un auteur militaire. Sont en lice : Relire les principes de la guerre en montagne (LCL Becker), La chair et l'acier (LCL Goya) et Clausewitz en France (Col. Durieux).
Et bien... Bonne chance tout le monde !
L'aéronautique navale en débat
L’aéronautique navale française est centenaire. Dès 1909, dans L’aviation militaire, Clément Ader pressentait l’importance d’intégrer une troisième dimension aux opérations navales :
« Un bateau porte-avions devient indispensable. Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D’abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux qualités nautiques de la carène ; il présentera l’aspect d’une aire d’atterrissage. La vitesse de ce bateau devra atteindre, au moins celle des croiseurs et même la dépasser. Le remisage des avions devra être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès à cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes pliées. A côté devra être l’atelier des avionneurs, chargés de réparer les avaries et d’entretenir les avions toujours prêt à s’envoler. L’aire de pont devra être dégagée de tout obstacle au lancement de l’avion, l’avant complètement libre ; à son abordage, c’est l’arrière qui le sera ».
Depuis lors, on a largement quitté le domaine technique pour aborder le stratégique et le doctrinal, au-delà des grandes catégories de fonctions du porte-avions. Nombre d'ouvrages ont été écrit, principalement outre-Atlantique. La France est un peu en retard sur ce plan. Mais elle vient de se doter d'un premier document conceptuel en matière d'aéronavale (embarquée ou non), le PMN 03-102, certes plus descriptif que doctrinal, mais qui a le mérite d'exister. A lire ici.
Le Centre d’enseignement supérieur de la Marine (CESM) organise un colloque sur ce thème le 10 juin 2009. A partir de présentations historiques, de descriptions des capacités des différents moyens dont dispose la Marine et du besoin civil et militaire, il cherchera à préciser les rôles et les missions qu’il est souhaitable de voir confiés à l’aéronautique navale aujourd’hui.
9h30-10h30 : Accueil et introduction du colloque
10h30-12h00 : Première partie : l’aéronautique navale dans l’activité de la Marine au quotidien
13h45-15h30 : Deuxième partie : l’aéronautique dans l’emploi diplomatique de la Marine
16h00-18h00 : Troisième partie : le rôle de l’aéronautique navale dans les opérations de combat de la Marine
18h00-18h15 : Conclusion du colloque
Libellés :
France,
News en vrac,
Partenariats,
Stratégie
mercredi 1 avril 2009
Le dispositif belge en Afghanistan renforcé
Le Premier ministre l'avait annoncé la semaine passée, le dispositif belge en Afghanistan allait être renforcé, la question étant de savoir comment, ce qu'a décidé le conseil des ministres ce matin.
En l'occurrence, 2 F-16 supplémentaires vont rejoindre les 4 déjà opérationnels à Kandahar (avec 50 membres de la FAé en plus) et une deuxième équipe de formation OMLT (chacune comptant 69 membres) va être mise en place.
Au total, la Belgique aura donc à terme, sur le théâtre, 650 personnes, contre 500 actuellement - précisons qu'il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. Le montant de l'aide au développement sera également revu à la hausse. L'effort militaire, qui sera maintenu en 2010, représente 4 millions d'euros supplémentaires.
En l'occurrence, 2 F-16 supplémentaires vont rejoindre les 4 déjà opérationnels à Kandahar (avec 50 membres de la FAé en plus) et une deuxième équipe de formation OMLT (chacune comptant 69 membres) va être mise en place.
Au total, la Belgique aura donc à terme, sur le théâtre, 650 personnes, contre 500 actuellement - précisons qu'il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. Le montant de l'aide au développement sera également revu à la hausse. L'effort militaire, qui sera maintenu en 2010, représente 4 millions d'euros supplémentaires.
lundi 30 mars 2009
DSI n°47 - avril 2009, le sommaire !
Editorial
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Entez-vous le si mélodieux bruit du rotor ? »
Stratégie
Réussir le « plein retour » de la France dans l’OTAN
Par Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat à la défense
Cinquante ans de remises en question de la dissuasion
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Les limites de la dissuasion
Entretien avec Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de Les limites de la dissuasion (FRS, Paris, 2009)
Le Royaume Uni n’a pas besoin de dissuasion nucléaire.
Par Lord Bramall, Field Marshall ; Lord Ramsbotham, général ; Sir Hugh Beach, général
Dissuasion nucléaire et Europe. Entre zones grises et zones floues
Par André Dumoulin, attaché à l’École Royale Militaire, chargé de cours-adjoint à l’Université de Liège, membre du RMES (Bruxelles)
Mission de stabilisation et mission de guerre : quel choix ?
Par le général de corps d’armée (2S) Jean-Patrick Gaviard
Le « Caporal stratégique » est-il notre ennemi ?
Par le chef de bataillon Guillaume Ponchin, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Armées
Capacités des forces aériennes : haut de gamme ou bas de gamme ?
Par l’Air Power Development Center de la Royal Australian Air Force
La Royal Australian Air Force au défi de l’Asie
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
Tableau de Bord : La Royal Australian Air Force (RAAF)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les hussards paras du 1er RHP. Les soldats de l’insolite
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : le VBL
Encadré l’ERC-90
Carte : la 11ème brigade parachutiste
Encadré : Le peloton commando parachutiste
Les parachutes d’armes du 1er RHP
Technologie & Armement
Les missiles antichars français de première génération
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Le MILAN ne veut pas mourir !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Un large éventail de missiles air-sol pour le Tigre
Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Lockheed S-3 Viking/S-2 et S-3, gardiens de la flotte
Frégate classe Oliver Hazard Perry/ Les Perry dans le golfe Persique, une leçon de guerre navale
Véhicule blindé Dingo I et II/ Une vision européenne des MRAP ?
Critiques de lecture
In Pursuit of Military Excellence. The Evolution of Operationnal Theory de Shimon Naveh
Les Cahiers du RMES, Vol. 5, n°2, hiver 2008-2009
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Entez-vous le si mélodieux bruit du rotor ? »
Stratégie
Réussir le « plein retour » de la France dans l’OTAN
Par Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat à la défense
Cinquante ans de remises en question de la dissuasion
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Les limites de la dissuasion
Entretien avec Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de Les limites de la dissuasion (FRS, Paris, 2009)
Le Royaume Uni n’a pas besoin de dissuasion nucléaire.
Par Lord Bramall, Field Marshall ; Lord Ramsbotham, général ; Sir Hugh Beach, général
Dissuasion nucléaire et Europe. Entre zones grises et zones floues
Par André Dumoulin, attaché à l’École Royale Militaire, chargé de cours-adjoint à l’Université de Liège, membre du RMES (Bruxelles)
Mission de stabilisation et mission de guerre : quel choix ?
Par le général de corps d’armée (2S) Jean-Patrick Gaviard
Le « Caporal stratégique » est-il notre ennemi ?
Par le chef de bataillon Guillaume Ponchin, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Armées
Capacités des forces aériennes : haut de gamme ou bas de gamme ?
Par l’Air Power Development Center de la Royal Australian Air Force
La Royal Australian Air Force au défi de l’Asie
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI
Tableau de Bord : La Royal Australian Air Force (RAAF)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les hussards paras du 1er RHP. Les soldats de l’insolite
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : le VBL
Encadré l’ERC-90
Carte : la 11ème brigade parachutiste
Encadré : Le peloton commando parachutiste
Les parachutes d’armes du 1er RHP
Technologie & Armement
Les missiles antichars français de première génération
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Le MILAN ne veut pas mourir !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Un large éventail de missiles air-sol pour le Tigre
Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Lockheed S-3 Viking/S-2 et S-3, gardiens de la flotte
Frégate classe Oliver Hazard Perry/ Les Perry dans le golfe Persique, une leçon de guerre navale
Véhicule blindé Dingo I et II/ Une vision européenne des MRAP ?
Critiques de lecture
In Pursuit of Military Excellence. The Evolution of Operationnal Theory de Shimon Naveh
Les Cahiers du RMES, Vol. 5, n°2, hiver 2008-2009
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