Si les concepts de « guerre hybride » et de « techno-guérilla » (en réalité, si les deux concepts sont proches, il existe quelques nuances, notamment quant aux acteurs les menant) sont encore très peu discutés en Europe (ou seul DSI et quelques blogs en ont traité), les Etats-Unis ou l’Australie travaillent toujours aux concepts et aux moyens permettant de les contrer.
A ce stade, les « opérations distribuées » ont fait l’objet de plusieurs travaux qui pourraient permettre, dans des simulations rejouant la guerre de 2006 contre le Hezbollah, de le contrer effectivement. Ces travaux rejoignent ceux menés par Arquilla et Ronfeldt en leur temps sur le swarming et dont l'une des conclusion était que l'on ne peut lutter contre des réseaux que par des réseaux.
Concrètement, il s’agirait de miser sur une première catégorie de petites unités capables de diriger des frappes aériennes « à la demande » après avoir provoqué les défenseurs, les forçant à se dévoiler.
Une deuxième catégorie de forces, mieux armée, se tiendrait en retrait et serait susceptible d’intervenir « à la demande » dans des missions missions CHB (Clear, Hold, Build – nettoyer, tenir, construire).
S’appuyant sur le « swarming » (attaques en essaims), l’approche nécessiterait toutefois une révolution culturelle en bonne et due forme : cumulative et non plus séquentielle, les opérations devraient d’appuyer sur un très haut degré de décentralisation des forces comme des décisions – alors que les nouveaux systèmes de gestion du commandement tendent plutôt à renforcer la centralisation.
Dans le même temps, l'approche implique également une évolution culturelle au sein des infanteries, qui se verraient "dualisées", entre l'infanterie légère "de premier échelon" et une infanterie "lourde" en deuxième échelon.
En tout état de cause, affaire à suivre tant la question des techno-guérillas me semble gagner du terrain : on le constate à travers certains segments de la marine chinoise, par exemple, elle tend à ne plus être l'apanage de groupes sub-étatiques mais à irriguer, peu à peu, les structures de forces des Etats.
La "guerre de haute intensité/classique/symétrique/régulière" qui forme l'une des hypothèses de combat à relativement long terme pour nos armées pourrait bien ne pas avoir lieu telle qu'on se l'imagine pour l'heure...
mardi 17 novembre 2009
samedi 14 novembre 2009
Publications : ISC et RMES
Petites infos publications :
D'une part, sur stratisc.org avec une très intéressante étude de J-G. Gabriel sur l'unification de l'armée allemande entre 1850 et 1870 (attention, le PDF est relativement lourd - le mieux est de l'enregistrer sur votre disque dur puis de l'ouvrir).
D'autre part, et avec un certain retard, pour vous annoncer la parution des nouveaux Cahiers du RMES (à lire ici) :
Le Pakistan en crise existentielle
Par Jeff Lighftoot
La dissuasion nucléaire française après la guerre froide : décision, représentations et réseaux
Par Christophe Wasinski
Les facettes et défis de la puissance aérienne au 21ème siècle : vers une approche synergistique
Par Joseph Henrotin
La responsabilité de protéger : où en est l’Union européenne ?
Par Galia Glume et Quentin Martens
Bonnes lectures et bon week-end !
D'une part, sur stratisc.org avec une très intéressante étude de J-G. Gabriel sur l'unification de l'armée allemande entre 1850 et 1870 (attention, le PDF est relativement lourd - le mieux est de l'enregistrer sur votre disque dur puis de l'ouvrir).
D'autre part, et avec un certain retard, pour vous annoncer la parution des nouveaux Cahiers du RMES (à lire ici) :
Le Pakistan en crise existentielle
Par Jeff Lighftoot
La dissuasion nucléaire française après la guerre froide : décision, représentations et réseaux
Par Christophe Wasinski
Les facettes et défis de la puissance aérienne au 21ème siècle : vers une approche synergistique
Par Joseph Henrotin
La responsabilité de protéger : où en est l’Union européenne ?
Par Galia Glume et Quentin Martens
Bonnes lectures et bon week-end !
vendredi 13 novembre 2009
Attention, bonnes affaires !
Juste un petit coup de pub en vitese, mais qui peut rapporter : jusqu'au 30 novembre, le prix des abonnements à DSI reste inchangé. Or, le prix du DSI "nouvelle formule à 116 pages et agrandi" va légèrement évoluer à la hausse. Le papier, malheureusement, se paie mais le résultat devrait très largement compenser cette hausse.
Ce qui veut dire, concrètement, que pour un an ou deux d'abonnement, vous en restez au prix de l'abonnement du DSI "100 pages/ancienne formule". Du moins si vous souscrivez avant le 30/11.
A bon entendeur ;o)
Ce qui veut dire, concrètement, que pour un an ou deux d'abonnement, vous en restez au prix de l'abonnement du DSI "100 pages/ancienne formule". Du moins si vous souscrivez avant le 30/11.
A bon entendeur ;o)
mardi 10 novembre 2009
Passe d'armes en mer Jaune
Nouvelle passe d'armes en mer jaune : ce matin vers 11h30 heure locale, un patrouilleur nord-coréen semble être entré dans les eaux territoriales sud-coréennes. Observé depuis un temps, il a été rejoint pas un patrouilleur du Sud, qui a tiré à plusieurs reprises des coups de semonce. A ce moment, le patrouilleur du nord a répliqué (50 coups à 3,2 km de distance), visant le patrouilleur de Séoul, qui a retourné le feux. Concrètement, le bâtiment du nord a été endommagé mais pas coulé, aucun blessé ne semble avoir été fait.
Toujours aussi fantasque, l'agence de presse nord-coréenne a indiqué que "Les autorités militaires sud-coréennes doivent présenter des excuses au Nord pour cette provocation armée et prendre les mesures qui s'imposent pour qu'une provocation similaire ne se reproduise pas". Le Sud n'a pas commenté mais la tension au sein de la société sud-coréenne est bien réelle.
Pour spectaculaire que l'engagement soit, il a toutefois été moins intense qu'en 1999 (un bâtiment du sud avait éperonné un autre du nord, 1 vedette du nord avait été coulée, 5 autres navires avaient été endommagés) ou en novembre 2002, lors de la "deuxième bataille de la mer de l'ouest", lorsque 6 marins sud-coréens avaient été tués et 18 autres blessés. Cependant, les violations terrotoriales seraient fréquentes : elles auraient déjà eu lieu à 22 reprises cette année.
Toujours aussi fantasque, l'agence de presse nord-coréenne a indiqué que "Les autorités militaires sud-coréennes doivent présenter des excuses au Nord pour cette provocation armée et prendre les mesures qui s'imposent pour qu'une provocation similaire ne se reproduise pas". Le Sud n'a pas commenté mais la tension au sein de la société sud-coréenne est bien réelle.
Pour spectaculaire que l'engagement soit, il a toutefois été moins intense qu'en 1999 (un bâtiment du sud avait éperonné un autre du nord, 1 vedette du nord avait été coulée, 5 autres navires avaient été endommagés) ou en novembre 2002, lors de la "deuxième bataille de la mer de l'ouest", lorsque 6 marins sud-coréens avaient été tués et 18 autres blessés. Cependant, les violations terrotoriales seraient fréquentes : elles auraient déjà eu lieu à 22 reprises cette année.
vendredi 6 novembre 2009
TGIF
Complètement hors-sujet (quoique, vendredi oblige...) mais je la trouve excellente : "Les hommes de l'âge de la bière vivent dans les tavernes".
D'accord, c'est bientôt le week end ;o)
D'accord, c'est bientôt le week end ;o)
J-23
Petit commentaire d'un auteur à qui j'ai fait voir son article "coulé" dans la nouvelle présentation de DSI : "Ca déchire". A vrai dire, je suis d'accord: c'est fluide, beau, lumineux.
Bon, et bien, on dirait que Nath et Jean-Nico on fait un travail du tonnerre. Allez, J-23avant que la bête ne sorte ;o)
Bon, et bien, on dirait que Nath et Jean-Nico on fait un travail du tonnerre. Allez, J-23avant que la bête ne sorte ;o)
jeudi 5 novembre 2009
Le fait aérien en Afghanistan : colloque
Le 1er décembre 20009, le Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA) réunit un colloque international sur le thème du fait aérien en Afghanistan. La manifestation est organisée autour de trois tables rondes qui portent sur le contexte politico-militaire régional, l’action interarmées de la coalition et, enfin, sur la façon dont la puissance aérienne s’exprime dans ce conflit irrégulier.
Pratiquement, G. Chaliand, le commandant de la force aérienne afghane et l'ancien directeur de la formation de la force aérienne afghane seront notamment présents.
Le colloque se tiendra à l’Ecole militaire, amphithéâtre Foch, de 8h30 à 17h30. Inscriptions obligatoires par téléphone : 01 44 42 46 91 - Par fax : 01 44 42 80 10 - Mail : manifestation.cesa@inet.air.defense...
Pratiquement, G. Chaliand, le commandant de la force aérienne afghane et l'ancien directeur de la formation de la force aérienne afghane seront notamment présents.
Le colloque se tiendra à l’Ecole militaire, amphithéâtre Foch, de 8h30 à 17h30. Inscriptions obligatoires par téléphone : 01 44 42 46 91 - Par fax : 01 44 42 80 10 - Mail : manifestation.cesa@inet.air.defense...
A400M : retrait sud-africain
Il n’y a pas qu’en Europe où le programme A400M se voit critiqué. Pour preuve, les débats politiques pour le moins vifs à Pretoria depuis début septembre, qui portent sur les conditions dans lesquelles le contrat a été négocié et sur le prix total de ce contrat.
Le directeur de l’ARMSCOR – l’agence de gestion des achats sud-africains – a ainsi récemment déclaré à la presse que le programme (y compris la maintenance des 8 appareils tout au long de leur vie et l'affrêtements d'appareils durant les 6 ans entre le retrait des C-160 et l'arrivée des A400M) coûterait 47 milliards de rands (soit 4,19 milliards d’euros).
Problème : le programme a été validé à 17 milliards de rands (1,51 milliard d’euros) tandis que les 30 milliards représentent la totalité du budget de défense sud-africain pour l’année fiscale 2009-2010, représentant trois fois le budget de la force aérienne.
Conséquence de ces questionnements, la presse a indiqué que le cabinet sud-africain a décidé de couper court et a ordonné à l'ARMSCOR de se mettre un terme du contrat le plus rapidement possible au motif des surcoûts et des retards.
Le directeur de l’ARMSCOR – l’agence de gestion des achats sud-africains – a ainsi récemment déclaré à la presse que le programme (y compris la maintenance des 8 appareils tout au long de leur vie et l'affrêtements d'appareils durant les 6 ans entre le retrait des C-160 et l'arrivée des A400M) coûterait 47 milliards de rands (soit 4,19 milliards d’euros).
Problème : le programme a été validé à 17 milliards de rands (1,51 milliard d’euros) tandis que les 30 milliards représentent la totalité du budget de défense sud-africain pour l’année fiscale 2009-2010, représentant trois fois le budget de la force aérienne.
Conséquence de ces questionnements, la presse a indiqué que le cabinet sud-africain a décidé de couper court et a ordonné à l'ARMSCOR de se mettre un terme du contrat le plus rapidement possible au motif des surcoûts et des retards.
mercredi 4 novembre 2009
Lectures : Guerre et manoeuvre

Christan MALIS (Dir.), Guerre et manœuvre, Coll. « Stratégies et doctrines », Economica, Paris, 2009, 271 p.
L’art de la manœuvre est naturellement important dans l’art de la guerre mais il est vrai qu’il a plus fait l’objet d’un traitement dans le monde anglo-saxon qu’en France. Aussi, cet ouvrage comble-t-il non seulement ce déficit – en laissant ouverte la voie de la réflexion et en posant des pistes très intéressantes – mais pousse également la réflexion plus loin. Christian Malis a en effet réuni une belle brochette de stratégistes français de premier plan.
Après un chapitre de Pierre-Marie Gallois, le général Yakovleff cadre ce dont il est question, brillamment. Suivent des chapitres historiques, la vision américaine, l’école allemande (avec Moltke ou Schlieffen), le blitzkrieg ou encore l’approche chinoise. La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à l’approche française, aussi bien d’un point de vue culturel et historique que durant la Première Guerre mondiale ou au cours des années 1950 où la stratégie française devait évoluer entre « la Bombe et le Fellagah », sans devoir négliger aucun des deux.
Une situation étrangement proche de la nôtre. Enfin, la dernière partie touche aux manœuvres aériennes et navales mais aussi à la manœuvre en terrain difficile et se conclut par deux chapitres consacrés à des réflexions sur la manœuvre future. Loin d’avoir épuisé le sujet, l’ouvrage n’en demeure pas moins absolument essentiel pour comprendre l’un des aspects de l’art de la guerre les plus essentiels et pourtant parmi les plus méconnus. C’est un travail de très belle facture, qui fourmille d’exemples, qui ne manquera pas de faire réfléchir et qui souligne à merveille combien la réflexion stratégique en France est bien sortie de sa léthargie.
Séminaire penser la guerre : le programme
Le séminaire "Penser la guerre" reprend ses travaux mardi 17 novembre de 19h à 21h à l'EHESS (105, bd. Raspail Paris 6e) en salle 4.
Pour cette première séance, Thomas Meszaros, postdoctorant à Institut des hautes études internationales de Genève, présentera un exposé sur le thème "Qu’est-ce qu’une crise internationale ?". Olivier Chopin, enseignant à l’EHESS et à Sciences Po, ouvrira la discussion. Tous deux mènent des recherches sur les théories des relations internationales.
Le séminaire est ouvert à tous.
Prochaines séances :
15 décembre 2009 : Penser la guerre aérienne
Lieutenant-Colonel Jérôme de Lespinois, historien, directeur de la division Recherche du Centre d’études stratégiques aérospatiales et Christophe Pajon, politiste, enseignant-chercheur à l’École de l’Air de Salon de Provence.
12 Janvier 2010 : Les guerres napoléoniennes, préfiguration des guerres totales ?
Laurent Henninger, chargé de recherches en histoire militaire à l’IRSEM, mène actuellement des travaux sur les révolutions militaires et Patrice Gueniffey, directeur d’études à l’EHESS, a récemment publié, Le 18 Brumaire. 9-10 novembre 1799, L’épilogue de la Révolution française (Gallimard, 2008)
16 Février 2010 : Vers une armée européenne ?
Delphine-Deschaux-Beaume, docteur en science politique et enseignante à l’IEP Grenoble, et Yves Boyer, directeur-adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Tous deux sont spécialistes de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
16 Mars 2010 : Le terrorisme, forme contemporaine de la guerre ?
Hélène L’Heuillet, maître de conférences en philosophie à l’université Paris-Sorbonne, a récemment publié Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats suicides (Fayard, 2009) et Colonel Michel Goya, directeur d’études à l’IRSEM, auteur de Irak. Les armées du chaos (Economica, 2007)
13 avril 2010 : Les femmes et la guerre
Irène Eulriet, chercheuse associée au Groupe de sociologie politique et morale de l'EHESS, va publier Women in the Military : Public Rhetorics and Gendered Policies (Palgrave Macmillan, 2010) et Elodie Jauneau, doctorante en histoire à l’université Paris-7, sa thèse s’intitule Quand les femmes deviennent soldats. Aux origines des nouveaux rapports de genre dans l’armée française (1938-1962).
4 Mai 2010 : Les passions et la guerre
Pierre Hassner, directeur de recherches émérite au CERI-Sciences Po. Voir son article « La revanche des passions », Commentaire, n° 110, été 2005. Cette dernière séance prendra la forme d’une conférence suivie d’une discussion.
Pour cette première séance, Thomas Meszaros, postdoctorant à Institut des hautes études internationales de Genève, présentera un exposé sur le thème "Qu’est-ce qu’une crise internationale ?". Olivier Chopin, enseignant à l’EHESS et à Sciences Po, ouvrira la discussion. Tous deux mènent des recherches sur les théories des relations internationales.
Le séminaire est ouvert à tous.
Prochaines séances :
15 décembre 2009 : Penser la guerre aérienne
Lieutenant-Colonel Jérôme de Lespinois, historien, directeur de la division Recherche du Centre d’études stratégiques aérospatiales et Christophe Pajon, politiste, enseignant-chercheur à l’École de l’Air de Salon de Provence.
12 Janvier 2010 : Les guerres napoléoniennes, préfiguration des guerres totales ?
Laurent Henninger, chargé de recherches en histoire militaire à l’IRSEM, mène actuellement des travaux sur les révolutions militaires et Patrice Gueniffey, directeur d’études à l’EHESS, a récemment publié, Le 18 Brumaire. 9-10 novembre 1799, L’épilogue de la Révolution française (Gallimard, 2008)
16 Février 2010 : Vers une armée européenne ?
Delphine-Deschaux-Beaume, docteur en science politique et enseignante à l’IEP Grenoble, et Yves Boyer, directeur-adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Tous deux sont spécialistes de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
16 Mars 2010 : Le terrorisme, forme contemporaine de la guerre ?
Hélène L’Heuillet, maître de conférences en philosophie à l’université Paris-Sorbonne, a récemment publié Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats suicides (Fayard, 2009) et Colonel Michel Goya, directeur d’études à l’IRSEM, auteur de Irak. Les armées du chaos (Economica, 2007)
13 avril 2010 : Les femmes et la guerre
Irène Eulriet, chercheuse associée au Groupe de sociologie politique et morale de l'EHESS, va publier Women in the Military : Public Rhetorics and Gendered Policies (Palgrave Macmillan, 2010) et Elodie Jauneau, doctorante en histoire à l’université Paris-7, sa thèse s’intitule Quand les femmes deviennent soldats. Aux origines des nouveaux rapports de genre dans l’armée française (1938-1962).
4 Mai 2010 : Les passions et la guerre
Pierre Hassner, directeur de recherches émérite au CERI-Sciences Po. Voir son article « La revanche des passions », Commentaire, n° 110, été 2005. Cette dernière séance prendra la forme d’une conférence suivie d’une discussion.
Carl von C : "le nucléaire, c'est cool"
Carl n'a pas pu résister au débat du mois lancé par AGS et m'a demandé de transmettre sa dernière chronique, parue dans le DSI de novembre, à l'Alliance. Aussitôt fait. Et quand je pense qu'il y en a pour dire que DSI est trop politiquement correct, tsss...
Libellés :
Dissuasion,
News en vrac,
Stratégie
mardi 3 novembre 2009
De Levi-Strauss à la décadence....
Cette question de la décadence hante parfois mes lectures et mes réflexions. Elle n'est, finalement et peut être, que le reflet de notre propre évolution : après tout, il fallait bien qu'un jour aussi je devienne un "vieux con". Il fallait bien que notre empire périsse...
Plus sérieusement, ce ne sont pas mes calamars de ce soir qui me donnent la nausée (la gerbe serait plus exact) - ils étaient excellents, cuits comme je les aime.
Ce sont les 20 minables secondes qu'a consacré la chaîne privée francophone belge à la mort de Levi-Strauss. Comparativement, nous avons dû nous farcir 4 minutes de reportage sur le 85ème ou quelque retour d'un rappeur sur la scène.
Camarades, fuyez vos télévisions qui ne servent qu'à vendre le temps qu'il reste à vos cervelles ! Et par pitié, que l'on renvoie sur les bancs de l'Université ceux qui sont les traîtres à la Cause universelle du savoir (et qu'on en profite pour leur arracher leurs galons de redac'chef et les affecter au comptage des paires de pompes des rappeurs) !
Plus sérieusement, ce ne sont pas mes calamars de ce soir qui me donnent la nausée (la gerbe serait plus exact) - ils étaient excellents, cuits comme je les aime.
Ce sont les 20 minables secondes qu'a consacré la chaîne privée francophone belge à la mort de Levi-Strauss. Comparativement, nous avons dû nous farcir 4 minutes de reportage sur le 85ème ou quelque retour d'un rappeur sur la scène.
Camarades, fuyez vos télévisions qui ne servent qu'à vendre le temps qu'il reste à vos cervelles ! Et par pitié, que l'on renvoie sur les bancs de l'Université ceux qui sont les traîtres à la Cause universelle du savoir (et qu'on en profite pour leur arracher leurs galons de redac'chef et les affecter au comptage des paires de pompes des rappeurs) !
La résilience, applicable aux armées ?
A plusieurs reprises, j'ai discuté avec pas mal de gens du concept de résilience et l'une des questions revenant fréquemment tenait à son applications aux armées.
De fait, le concept a surtout émergé dans l'optique de la protection des sociétés civiles, en particulier afec à des vagues de lonewolves. Je viens de retomber sur un petit texte que j'avais gribouillé au fond d'un Thalys sur la question :
Si l'on peut considérer que la résilience s'applique à tout groupe humain et donc aux armées, l'on peut aussi considérer que les armées se doivent d'être, naturellement, résilientes. Pour toute force, l'attrition implique naturellement, lorsqu'elle est subie, de poursuivre le combat tout en encaissant une réduction des effectifs, des munitions et du moral. Et ce, jusqu'à un point signifiant la mise hors de combat.
L'attrition est l'une des composantes naturelles de l'art de la guerre ; elle découle de l'altérité dans le duel et souligne la relation de "partenaire-adversaire" des belligérants. Y affecter une valeur de résilience alors que cette dernière a été conçue pour faire face à l'implication des sociiétés civiles épargnées par les conditions contemporaines de la guerre (et donc, en somme, pour lui faire accepter l'attrition imposée par le terrorisme) est naturellement problématique.
Dans cette optique, parler de résilience dans les armées :
- c'est oublier qu'elles sont naturellement soumises à l'attrition ;
- c'est, pourquoi pas, refuser l'altérité dans le duel.
Ces deux aspects sont liés. Ils impliquent une volonté de sortie de l'art de la guerre occidental du "fracas du monde" - j'y vois même une des conséquences délétères d'une RMA cherchant à "imposer les règles du jeu" à un adversaire, les disqualifiant d'asymétriques s'ils se mettent à tricher (sauf qu'à la guerre, la triche est la règle, quoiqu'en disent nos camarades juristes). Au premier chef, la résilience vise d'abord des sociétés qui ne sont plus soumises aux lois de l'attrition. Le concept même de taux d'échanges et celui de pertes y sont devenus inadmissibles.
On comprend pourtant cette mobilisation de l'attrition : depuis les années 1970, elle est plus imposée par les forces occidentales que subie par elles. Or, les nouvelles conditions de l'art de la guerre nous font redécouvrir des pertes que nous avions rêvé, par la RMA, d'éliminer. La mobilisation du concept de résilience dans le cadre militaire est peut être donc, plus qu'une réponse conceptuelle, le symptôme d'un retour à un aspect de l'attrition qui, par la force des choses, nous était devenu moins familier.
De fait, le concept a surtout émergé dans l'optique de la protection des sociétés civiles, en particulier afec à des vagues de lonewolves. Je viens de retomber sur un petit texte que j'avais gribouillé au fond d'un Thalys sur la question :
Si l'on peut considérer que la résilience s'applique à tout groupe humain et donc aux armées, l'on peut aussi considérer que les armées se doivent d'être, naturellement, résilientes. Pour toute force, l'attrition implique naturellement, lorsqu'elle est subie, de poursuivre le combat tout en encaissant une réduction des effectifs, des munitions et du moral. Et ce, jusqu'à un point signifiant la mise hors de combat.
L'attrition est l'une des composantes naturelles de l'art de la guerre ; elle découle de l'altérité dans le duel et souligne la relation de "partenaire-adversaire" des belligérants. Y affecter une valeur de résilience alors que cette dernière a été conçue pour faire face à l'implication des sociiétés civiles épargnées par les conditions contemporaines de la guerre (et donc, en somme, pour lui faire accepter l'attrition imposée par le terrorisme) est naturellement problématique.
Dans cette optique, parler de résilience dans les armées :
- c'est oublier qu'elles sont naturellement soumises à l'attrition ;
- c'est, pourquoi pas, refuser l'altérité dans le duel.
Ces deux aspects sont liés. Ils impliquent une volonté de sortie de l'art de la guerre occidental du "fracas du monde" - j'y vois même une des conséquences délétères d'une RMA cherchant à "imposer les règles du jeu" à un adversaire, les disqualifiant d'asymétriques s'ils se mettent à tricher (sauf qu'à la guerre, la triche est la règle, quoiqu'en disent nos camarades juristes). Au premier chef, la résilience vise d'abord des sociétés qui ne sont plus soumises aux lois de l'attrition. Le concept même de taux d'échanges et celui de pertes y sont devenus inadmissibles.
On comprend pourtant cette mobilisation de l'attrition : depuis les années 1970, elle est plus imposée par les forces occidentales que subie par elles. Or, les nouvelles conditions de l'art de la guerre nous font redécouvrir des pertes que nous avions rêvé, par la RMA, d'éliminer. La mobilisation du concept de résilience dans le cadre militaire est peut être donc, plus qu'une réponse conceptuelle, le symptôme d'un retour à un aspect de l'attrition qui, par la force des choses, nous était devenu moins familier.
mercredi 28 octobre 2009
DSI 2.0 : révolution
Ceux qui étaient présents à la table ronde sur les publications de défense du 5 octobre le savent, nous avons de nouveaux projets dans nos cartons. Ils sont actuellement sur le point de déboucher et qui, si vous êtes lecteurs, vous concernent directement. On ne fera pas la révolution sans vous, qui nous soutenez et parfois même nous conseillez !
DSI : world invasion
Première révolution : la France va enfin disposer d'une revue publiée intégralement en langue anglaise, Technology and Armament Review. L'occasion pour DSI-T d'en revenir à ses origines (il était bilingue français/anglais) mais aussi de prendre une assise non plus régionale mais bien globale. Le tout, dès juin 2010 et le salon Eurosatory. C'est une vraie révolution : souvent demandée, jamais mis en place concrètement, une revue faite en France et à vocation globale manquait ;
Un max de DSI...
Mais les lecteurs francophones, me direz-vous ? Et bien, c'est très simple : face au succès de DSI (plus de 120.000 lecteurs tous les mois, tout de même), il va évoluer, profondément même. Il va gagner en taille – il sera un peu plus grand (mais pas au point de perdre son identité visuelle) – mais aussi en épaisseur, passant de 100 à 116 pages.
Ce qui va nous permettre de faire évoluer la bête. Tous les mois, le regard de JL Promé - fraichement promu rédacteur en chef adjoint, tout comme Véronique Sartini – permettra de revenir en profondeur sur un dossier.
De la technologie, vous n'en manquerez pas, c'est promis. En fait, vous aurez plus d'informations, d'articles, de photos. Si nous conservons le reste de nos rubriques, nous réservons également quelques (bonnes) surprises. Et le tout, à partir du prochain numéro, celui de décembre.
Des hors-série à la pelle
Et les hors-série me direz vous ? Et bien, ils se portent bien. Très bien même. Depuis cette année, ils sortent tous les deux mois et nous bossons évidemment sur les petits suivants. Avec quelques très bonnes surprises à la clé ;
Cyber-DSI
Enfin, le web. Nous accusions un retard - il faut voire les choses en face - mais là aussi, nous sommes dans la dernière ligne d'une révolution, avec le portail www.geostrategique.com.
Certes, vous y trouverez, en libre accès, les sommaires des magazines mais aussi des cartes, des articles (y compris des exclusifs), des entretiens ou encore des vidéos. Mais vous y trouverez également une boutique qui vous permettra d'acheter magazines et abonnements mais aussi les versions électroniques de nos publications.
Mais aussi une librairie en ligne qui, dans un premier temps, permettra d'acheter la majeure partie des ouvrages en français disponibles sur les questions géopolitiques et stratégique.
DSI : world invasion
Première révolution : la France va enfin disposer d'une revue publiée intégralement en langue anglaise, Technology and Armament Review. L'occasion pour DSI-T d'en revenir à ses origines (il était bilingue français/anglais) mais aussi de prendre une assise non plus régionale mais bien globale. Le tout, dès juin 2010 et le salon Eurosatory. C'est une vraie révolution : souvent demandée, jamais mis en place concrètement, une revue faite en France et à vocation globale manquait ;
Un max de DSI...
Mais les lecteurs francophones, me direz-vous ? Et bien, c'est très simple : face au succès de DSI (plus de 120.000 lecteurs tous les mois, tout de même), il va évoluer, profondément même. Il va gagner en taille – il sera un peu plus grand (mais pas au point de perdre son identité visuelle) – mais aussi en épaisseur, passant de 100 à 116 pages.
Ce qui va nous permettre de faire évoluer la bête. Tous les mois, le regard de JL Promé - fraichement promu rédacteur en chef adjoint, tout comme Véronique Sartini – permettra de revenir en profondeur sur un dossier.
De la technologie, vous n'en manquerez pas, c'est promis. En fait, vous aurez plus d'informations, d'articles, de photos. Si nous conservons le reste de nos rubriques, nous réservons également quelques (bonnes) surprises. Et le tout, à partir du prochain numéro, celui de décembre.
Des hors-série à la pelle
Et les hors-série me direz vous ? Et bien, ils se portent bien. Très bien même. Depuis cette année, ils sortent tous les deux mois et nous bossons évidemment sur les petits suivants. Avec quelques très bonnes surprises à la clé ;
Cyber-DSI
Enfin, le web. Nous accusions un retard - il faut voire les choses en face - mais là aussi, nous sommes dans la dernière ligne d'une révolution, avec le portail www.geostrategique.com.
Certes, vous y trouverez, en libre accès, les sommaires des magazines mais aussi des cartes, des articles (y compris des exclusifs), des entretiens ou encore des vidéos. Mais vous y trouverez également une boutique qui vous permettra d'acheter magazines et abonnements mais aussi les versions électroniques de nos publications.
Mais aussi une librairie en ligne qui, dans un premier temps, permettra d'acheter la majeure partie des ouvrages en français disponibles sur les questions géopolitiques et stratégique.
mardi 27 octobre 2009
DSI n°53 - novembre 2009 - le sommaire !
Editorial
Nominations et agenda
Contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C.
Sur le vif
ABM et sécurité nationale aux États-Unis
Entretien avec Jean-Philippe Baulon, docteur en histoire, auteur de L’Amérique vulnérable ?
Afghanistan : une guerre stratégique pour l’Europe, un conflit existentiel pour l’OTAN
Par Thomas Renard et Tanguy Struye de Swielande, membres du RMES
Stratégie
Rattrapage technologique : vers des scénarios à la japonaise ?
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire
Vers une efficience politique au sein de la guerre ?
Par le lieutenant-colonel Marie-Dominique Charlier, chercheur associé à l’IFRI
Haute antiquité de la pensée stratégique : la bataille de Qadesh
Par le capitaine de corvette Olivier Buard, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Autonomie énergétique : la rupture technologique du réacteur nucléaire projetable
Par le chef d'escadron Guillaume Leroy
La f(r)acture tactique de la lutte contre-insurrectionnelle aujourd’hui
Par Sophie Lefeez, membre de l’Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’IHEDN (ANAJ).
Armées
Les forces terrestres finlandaises. De la neutralité aux nouvelles formes de défense totale
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : les forces terrestres finlandaises
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les transmetteurs du 40e RT tissent leur toile en Afghanistan
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : Comprendre les transmissions par niveaux
Encadré : Petite histoire des Transmissions
Cartographie : Les régiments de transmissions
Technologie & Armement
Missiles tactiques : la nouvelle génération
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Le RBS-15 Mk3
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
RTD VAB/Le VAB à travers les âges
Sous-marins Type 209/ Malouines 1982 : les avatars du combat sous-marin
Su-30 Flanker C/G/H/Le Su-30, fer de lance de l’industrie russe et futur adversaire de nos forces
Critiques de lecture
Les Pays baltes en quête de sécurité de Matthieu Chillaud
Force aériennes stratégiques de Serge Gadal
Histoire secrète des SAS. L’élite des forces spéciales britanniques, de Jean-Jacques Cécile
Guerre et manœuvre de Christian Malis
Le marché noir de la bombe. Enquête sur la prolifération nucléaire de Bruno Tertrais
Privatisation de la violence. Des mercenaires aux sociétés militaires et de sécurité privées de Jean-Didier Rosi
Libellés :
Miam des livres,
News en vrac,
Stratégie
Grande-Bretagne : 50 JSF et non plus 138 ; 1 porte-avions en moins...
La question du montant des budgets de défense est l’une des plus délicates pour l’heure en Europe et la Grande-Bretagne ne fait pas exception. Or, les grandes lignes du futur budget britannique montrent à quel point les ambitions de Londres doivent être revues à la baisse.
Ainsi, l’un des deux futurs porte-avions de la classe Queen Elizabeth (CVF) a du être abandonné, du fait des coûts du F-35, qui ne permettra pas d’équiper le deuxième bâtiment.
Ce dernier sera néanmoins construit mais gréé en porte-hélicoptères, afin de remplacer l’HMS Ocean à l’horizon 2018. Autre conséquence, le nombre de F-35 JSF devant être commandés par Londres va passer d'une cible de 138 à 50.
Ainsi, l’un des deux futurs porte-avions de la classe Queen Elizabeth (CVF) a du être abandonné, du fait des coûts du F-35, qui ne permettra pas d’équiper le deuxième bâtiment.
Ce dernier sera néanmoins construit mais gréé en porte-hélicoptères, afin de remplacer l’HMS Ocean à l’horizon 2018. Autre conséquence, le nombre de F-35 JSF devant être commandés par Londres va passer d'une cible de 138 à 50.
vendredi 23 octobre 2009
La France et les Javelin
Le CEMAT confirme l'achat de 76 postes Javelin, comme le relaie JDM. Pas de commentaire mais une invitation lancée aux lecteurs à relire DSI n°47, où Jean-Louis abordait in extenso la problématique.
Technologie : la réflexion du jour...
Nous vient de Marty Van Creveld (non, pas celle où il dit que missiles, chars, avions et bateaux sont condamnés par le couteau et l'holocauste nucléaire - et il paraît que je suis techno-pessimiste !). Selon lui (Technology and war), plus l'environnement est lisse (au sens de Deleuze - simple, isotrope et ainsi de suite), plus la technologie produit ses effets.
A contrario, plus l'environnement est strié (toujours au sens deleuzien, soit complexe), moins elle produit ses effets. Proposition intéressante mais à méditer/triturrer et malaxer :
- l'espace devient de plus en plus complexe (débris et consorts) ;
- qu'est ce qu'une technologie utile en environnement strié ? ;
- qu'est-ce que la simplicité d'une technologie ?
Petit hors-sujet aussi : jetez un oeil au commentaire d'un camarade blogueur, Canadien manifestement, à propos des achats de Sperwer. Apparement, nos amis ont encaissé plus de crashs Sperwer que d'appareils. D'où une bonne question : les acheter est-il raisonnable ?
A contrario, plus l'environnement est strié (toujours au sens deleuzien, soit complexe), moins elle produit ses effets. Proposition intéressante mais à méditer/triturrer et malaxer :
- l'espace devient de plus en plus complexe (débris et consorts) ;
- qu'est ce qu'une technologie utile en environnement strié ? ;
- qu'est-ce que la simplicité d'une technologie ?
Petit hors-sujet aussi : jetez un oeil au commentaire d'un camarade blogueur, Canadien manifestement, à propos des achats de Sperwer. Apparement, nos amis ont encaissé plus de crashs Sperwer que d'appareils. D'où une bonne question : les acheter est-il raisonnable ?
mardi 20 octobre 2009
Bon, allez zou, un peu de puissance aérienne... et navale
J'ai eu le plaisir de donner 6 heures de cours d'affilée ou presque ce matin aux stagiaires de la section "Air" du 3eme cycle de l'ERM. Thématique du jour, "Concepts de puissance aérienne et COIN". L'occasion évidemment de rappeler les élémentaires de la matière mais aussi et surtout de tester quelques ballons d'essais : les apports de Warden dans la planification et l'exécution d'une campagne COIN de niveau opératif, par exemple (spéciale dédicace à Laurent et Benoist). Bref, c'est savoureux comme une croquette aux crevettes, comme dirait Carl.Ce qu'il en ressort : pas mal de choses, évidemment. Allez, ce sera probablement analysé plus en profondeur dans un prochain Cahier du RMES. D'ici là, Alain, qui se débat avec les affres et les séquelles d'un passage de Marty Van Creveld à Bruxelles (je n'étais pas là, mais j'aurais été curieux de voir ça !) nous doit l'édition n°2 de 2009. Allez Alain, courage, songe à tes auteurs qui s'impatientent de voir leur productions !
Et plus sérieusement, si je n'étais pas à Bruxelles, c'est que j'étais à Paris. Passage par le BTC de Thales l'après-midi et, surtout, par le magnifique hôtel de la Marine en avant soirée pour la remise des prix Daveluy, dont DSI était partenaire. Manifestement, nos chercheurs ont fait un sacré carton, des points de vue thèse et mémoire de master. Les récipendiaires sont :
"La marine et le fait nucléaires (1945-1972" (thèse) de M. Patrick Boureille ;
"La marine française durant la guerre d'Indochine: l'aspect dusoutien logistique (1945-1956)" (mémoire) de M. Nghia Nguyen
Et une mention spéciale du jury pour "Le redéploiement de la marine américaine en Asie orientale post-11 septembre 2001" de M. Alban Sciassa.
Toutes nos félicitations !
NB : que fait la couverture du prochain DSI dans toutes ces nouvelles ? Et bien pas grand chose. Elle illustre et vous montre à quoi elle ressemblera. C'est déjà ça !
vendredi 16 octobre 2009
Coup d'oeil à Moyen Orient n°2
• Regard de Henry Laurens sur le Moyen-Orient
p. 6-10
• Agenda Actualités
p. 11-14
DOSSIER LIBAN
p. 15-53
• Élections législatives au Liban : du clientélisme traditionnel à la modernité politique ?
Jean-Luc Vannier
p. 16-23
• Repères Liban : Cartographie
p. 24-25
• Repères Liban : L’évolution démographique
Youssef Courbage et Rafik Boustani
p. 26-27
• Le Hezbollah et la communauté chiite au Liban : une adéquation imparfaite
Catherine Le Thomas
p. 28-32
• L’avenir des réfugiés palestiniens du Liban : entre exclusion et intégration
Daniel Meier
p. 33-38
• Repères Liban : Économie
René Yerly
p. 39-41
• Syrie-Liban : des relations complexes
Fabrice Balanche
p. 42-47
• Le Liban signera-t-il un accord de paix israélo-arabe ?
Nadim Hasbani
p. 48-53
GEOPOLITIQUE
p. 54-71
• La Mauritanie ou le coup d’État « démocratique » permanent
Armelle Choplin
p. 54-59
• Égypte : la stabilité en question ?
Jean-Noël Ferrié
p. 60-65
• Changement de régime en Iran, controverse de la politique étrangère américaine
Patrick Clawson
p. 66-71
En bref
p. 72-75
GEOECONOMIE
• La crise financière n’épargne pas le Golfe
Guillaume Fourmont
p. 76-81
SOCIÉTÉ
• Quand Abou Dhabi se met au vert
p. 82-87
HIER
• Les relations franco-libanaises et les compétitions occidentales à l’époque du mandat français (1918-1946)
Anne-Lucie Chaigne-Oudin
p. 88-93
LIVRES • WEB • EXPO
p. 94-98
p. 6-10
• Agenda Actualités
p. 11-14
DOSSIER LIBAN
p. 15-53
• Élections législatives au Liban : du clientélisme traditionnel à la modernité politique ?
Jean-Luc Vannier
p. 16-23
• Repères Liban : Cartographie
p. 24-25
• Repères Liban : L’évolution démographique
Youssef Courbage et Rafik Boustani
p. 26-27
• Le Hezbollah et la communauté chiite au Liban : une adéquation imparfaite
Catherine Le Thomas
p. 28-32
• L’avenir des réfugiés palestiniens du Liban : entre exclusion et intégration
Daniel Meier
p. 33-38
• Repères Liban : Économie
René Yerly
p. 39-41
• Syrie-Liban : des relations complexes
Fabrice Balanche
p. 42-47
• Le Liban signera-t-il un accord de paix israélo-arabe ?
Nadim Hasbani
p. 48-53
GEOPOLITIQUE
p. 54-71
• La Mauritanie ou le coup d’État « démocratique » permanent
Armelle Choplin
p. 54-59
• Égypte : la stabilité en question ?
Jean-Noël Ferrié
p. 60-65
• Changement de régime en Iran, controverse de la politique étrangère américaine
Patrick Clawson
p. 66-71
En bref
p. 72-75
GEOECONOMIE
• La crise financière n’épargne pas le Golfe
Guillaume Fourmont
p. 76-81
SOCIÉTÉ
• Quand Abou Dhabi se met au vert
p. 82-87
HIER
• Les relations franco-libanaises et les compétitions occidentales à l’époque du mandat français (1918-1946)
Anne-Lucie Chaigne-Oudin
p. 88-93
LIVRES • WEB • EXPO
p. 94-98
jeudi 15 octobre 2009
Uzbeen : une responsabilité italienne ?
C'est la question que pose le Times de ce jour : en clair, les SR italiens auraient calmé à coup d'euros les talebs de la zone (une pratique d'ailleurs dénoncée par des diplomates US). Sauf qu'en partant de la zone, les Italiens ne semblent avoir prévenu personne. Conclusion : envoyés dans un secteur réputé relativement calme, les soldats ont été surpris non seulement tactiquement mais aussi au nivfeau de leurs perceptions.
L'affaire ne manque pas, également, de poser question quant à l'efficience des stratégies de reconstruction - qui avaient été considérées comme à la source du calme dans la zone. Les Italiens en avaient été félicité... avant que l'on ne s'aperçoive que ledit calme avait été acheté. Il pose aussi question quant au jeu, souvent subtil, entre les stratégies nationales et celle des coalitions. L'article est toujours online, jetez un coup d'oeil, c'est interpellant.
L'affaire ne manque pas, également, de poser question quant à l'efficience des stratégies de reconstruction - qui avaient été considérées comme à la source du calme dans la zone. Les Italiens en avaient été félicité... avant que l'on ne s'aperçoive que ledit calme avait été acheté. Il pose aussi question quant au jeu, souvent subtil, entre les stratégies nationales et celle des coalitions. L'article est toujours online, jetez un coup d'oeil, c'est interpellant.
Méchant régime pour l'armée belge
Contexte de crise économique oblige, le département de la défense belge a été obligé de radicaliser un processus de réforme qui, depuis 1999, n’a pas véritablement été poussé à son terme. Le budget n’avait pas bénéficié de l’attention qui lui avait été promise – de sorte qu’aucun investissement ne pourra être effectué en 2009, une situation inédite.
Au-delà, le rajeunissement de l’armée pouvait également être considéré comme en panne. De sorte que les dernières déclarations ministérielles sont tombées comme un couperet pour les forces.
La composante terre perd ainsi 1 brigade sur les 3 prévues en 1999. De deux « médianes » et une « légère » (correspondant aux paras-commandos), il ne restera qu’une brigade médiane et la brigade légère, articulée autour des unités paras et du 12/13 régiment de ligne.
La marine perd quand à elle un chasseur de mine sur les 7 en service et la force aérienne 6 F-16(54 restent opérationnels). Selon les services de communication du ministre (qui refuse de répondre à toutes les tentatives de sollicitation de la part de DSI depuis plusieurs mois), Bruxelles sera toujours en mesure de mettre à disposition de l’OTAN ou de l’UE trente appareils. La composante médicale perd 3 de ses 5 implantations.
Un total de 32 implantations vont fermer et les effectifs vont passer à 34 000 personnes. Une série de progrès devraient, malgré tout, pouvoir être réalisés. Sur le plan humain, 1 300 jeunes devront être engagés annuellement, afin de poursuivre le rajeunissement des forces.
Au plan matériel, une nouvelle tranche de 132 Dingo II devrait être commandée, de même qu’une autre tranche de 104 Piranha IIIC. Cette énième réforme pose cependant question à plusieurs égards.
Premièrement, le Parlement a été tenu à l’écart d’un plan rentrant dans le cadre plus large des efforts budgétaires effectués par l’ensemble du gouvernement. La réforme serait donc surtout le reflet de cette vieille tradition continentale envisageant les forces armées comme une variable d’ajustement structurelle.
Deuxièmement, la question de la réalité d’une réflexion en amont se pose également : si, officiellement, le but est toujours de disposer d’une armée « plus petite, plus efficace et pouvant plus facilement être projetée » - un objectif affiché en 1999 – force est aussi de constater que les conditions dans lesquelles les forces sont engagées ont radicalement changé.
Autrement dit, l’irénisme des années 2000, sous la précédente législature, qui avait conduit à une recherche effrénée du « léger » se heurte aujourd’hui à des conflits plus « durs » que ce que l’on imaginait. Les notions de « spectre haut » ou « bas » dans la violence, qui fondait le plan de 1999, sont à présent dépassées. On espère que quelqu’un en a tenu compte....
Au-delà, le rajeunissement de l’armée pouvait également être considéré comme en panne. De sorte que les dernières déclarations ministérielles sont tombées comme un couperet pour les forces.
La composante terre perd ainsi 1 brigade sur les 3 prévues en 1999. De deux « médianes » et une « légère » (correspondant aux paras-commandos), il ne restera qu’une brigade médiane et la brigade légère, articulée autour des unités paras et du 12/13 régiment de ligne.
La marine perd quand à elle un chasseur de mine sur les 7 en service et la force aérienne 6 F-16(54 restent opérationnels). Selon les services de communication du ministre (qui refuse de répondre à toutes les tentatives de sollicitation de la part de DSI depuis plusieurs mois), Bruxelles sera toujours en mesure de mettre à disposition de l’OTAN ou de l’UE trente appareils. La composante médicale perd 3 de ses 5 implantations.
Un total de 32 implantations vont fermer et les effectifs vont passer à 34 000 personnes. Une série de progrès devraient, malgré tout, pouvoir être réalisés. Sur le plan humain, 1 300 jeunes devront être engagés annuellement, afin de poursuivre le rajeunissement des forces.
Au plan matériel, une nouvelle tranche de 132 Dingo II devrait être commandée, de même qu’une autre tranche de 104 Piranha IIIC. Cette énième réforme pose cependant question à plusieurs égards.
Premièrement, le Parlement a été tenu à l’écart d’un plan rentrant dans le cadre plus large des efforts budgétaires effectués par l’ensemble du gouvernement. La réforme serait donc surtout le reflet de cette vieille tradition continentale envisageant les forces armées comme une variable d’ajustement structurelle.
Deuxièmement, la question de la réalité d’une réflexion en amont se pose également : si, officiellement, le but est toujours de disposer d’une armée « plus petite, plus efficace et pouvant plus facilement être projetée » - un objectif affiché en 1999 – force est aussi de constater que les conditions dans lesquelles les forces sont engagées ont radicalement changé.
Autrement dit, l’irénisme des années 2000, sous la précédente législature, qui avait conduit à une recherche effrénée du « léger » se heurte aujourd’hui à des conflits plus « durs » que ce que l’on imaginait. Les notions de « spectre haut » ou « bas » dans la violence, qui fondait le plan de 1999, sont à présent dépassées. On espère que quelqu’un en a tenu compte....
mardi 13 octobre 2009
DSI Hors Série n°8, le sommaire
Editorial
De quoi parle-t-on ?
À la recherche de la sécurité. Concepts, espoirs, utopies et idéologies
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Sécurité en France : que faire ?
Entretien avec Alain Bauer, professeur de criminologie au CNAM, président de la mission de pilotage de création du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégique (CSFRS)
Les structures de sécurité intérieure en France : état des lieux
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Terrorisme et renseignement
Terrorisme(s) : que cachent les définitions ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Cartographie : le terrorisme dans le monde
Coordination des renseignements : l’an 1
Entretien avec Bernard Bajolet, Coordonnateur national du renseignement
Renseignement : quelle place pour la Gendarmerie ?
Par le chef d’escadron (Gendarmerie) Antoine Bréart de Boissanger, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Un climat de terreur : impacts potentiels du changement climatique sur le rerrorisme
Thomas Renard, chercheur à l’Institut Egmont
Cartographie : le risque climatique dans le monde
Résilience en France. Quel apport pour la sécurité ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Risques, menaces et ruptures
Mafias et sécurité : quelles évolutions ?
Entretien avec Jean-François Gayraud, commissaire divisionnaire
La cyberguerre se gagnera aussi dans les têtes
Par Nicolas Arpagian, Rédacteur en chef de Prospective Stratégique et coordonnateur d’enseignements à l’IERSE, chargé de cours à l’IRIS et à HEC
L'ANSSI à la pointe de la cyberdéfense
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
L’armée de Terre face à la sécurité intérieure : défis
Entretien avec Marie-Dominique Charlier, lieutenant-colonel, chercheur à l'IFRI
Une ambition pour la France : améliorer la surveillance de ses approches maritimes
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Encadré : Discret mais essentiel : le CRMar
Encadré : Radar HF : un concept prometteur ?
La HADA le doigt sur la détente ! L'armée de l'Air veille sur les cieux 24h/24
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Encadré : OTAN ou pas OTAN ?
« Plus de liberté ne doit pas signifier moins de sécurité ». Un modèle bavarois ?
Entretien avec Joachim Herrmann, ministre de l’Intérieur du land de Bavière
La France améliore son dispositif de lutte NRBC-E
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Nouvelles technologies
Les drones au sein des forces de l’ordre françaises
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Sécurité maritime : la Méditerranée sous surveillance
Entretien avec le vice-amiral d’escadre Yann Tainguy, Préfet maritime de la Méditerranée
La sécurité intérieure au défi des armes à létalité réduite
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, expert en systèmes d’armes à létalité réduite
De quoi parle-t-on ?
À la recherche de la sécurité. Concepts, espoirs, utopies et idéologies
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Sécurité en France : que faire ?
Entretien avec Alain Bauer, professeur de criminologie au CNAM, président de la mission de pilotage de création du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégique (CSFRS)
Les structures de sécurité intérieure en France : état des lieux
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Terrorisme et renseignement
Terrorisme(s) : que cachent les définitions ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Cartographie : le terrorisme dans le monde
Coordination des renseignements : l’an 1
Entretien avec Bernard Bajolet, Coordonnateur national du renseignement
Renseignement : quelle place pour la Gendarmerie ?
Par le chef d’escadron (Gendarmerie) Antoine Bréart de Boissanger, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Un climat de terreur : impacts potentiels du changement climatique sur le rerrorisme
Thomas Renard, chercheur à l’Institut Egmont
Cartographie : le risque climatique dans le monde
Résilience en France. Quel apport pour la sécurité ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Risques, menaces et ruptures
Mafias et sécurité : quelles évolutions ?
Entretien avec Jean-François Gayraud, commissaire divisionnaire
La cyberguerre se gagnera aussi dans les têtes
Par Nicolas Arpagian, Rédacteur en chef de Prospective Stratégique et coordonnateur d’enseignements à l’IERSE, chargé de cours à l’IRIS et à HEC
L'ANSSI à la pointe de la cyberdéfense
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
L’armée de Terre face à la sécurité intérieure : défis
Entretien avec Marie-Dominique Charlier, lieutenant-colonel, chercheur à l'IFRI
Une ambition pour la France : améliorer la surveillance de ses approches maritimes
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Encadré : Discret mais essentiel : le CRMar
Encadré : Radar HF : un concept prometteur ?
La HADA le doigt sur la détente ! L'armée de l'Air veille sur les cieux 24h/24
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Encadré : OTAN ou pas OTAN ?
« Plus de liberté ne doit pas signifier moins de sécurité ». Un modèle bavarois ?
Entretien avec Joachim Herrmann, ministre de l’Intérieur du land de Bavière
La France améliore son dispositif de lutte NRBC-E
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Nouvelles technologies
Les drones au sein des forces de l’ordre françaises
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Sécurité maritime : la Méditerranée sous surveillance
Entretien avec le vice-amiral d’escadre Yann Tainguy, Préfet maritime de la Méditerranée
La sécurité intérieure au défi des armes à létalité réduite
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, expert en systèmes d’armes à létalité réduite
lundi 12 octobre 2009
Si, si...
... je suis encore vivant. Entre une série de sauts sur Paris et les dernières touches à une révolution visible dès début décembre, j'ai encore le temps d'un peu de lecture. Pas suffisament à mon goût. Toutefois, sur ma table (de chevet), on peut retrouver :
- L'ouvrage de JJ Cécile sur les SAS. Hors d'oeuvre goûteux ;
- Allez hop, en consommé, le Paris nid d'espions de Roger Faligot. Ou comment les rues par lesquelles nous passons ont abrité nombre de "dirty little secrets" des SR, français ou autres ;
- Guerre et manoeuvre, sous la direction de Christian Malis : un vrai plat de résistance charnu comme on les aime ;
- et le petit dernier d'Inflexions, consacré au "corps guerrier". Savoureusement sociologique.
Bon, la semaine prochaine, comment devenir prix Nobel rien que pour vous encourager à éradiquer la pauvreté, faire gouzi-gouzi aux petits oiseaux et tous se donner la main pour un monde meilleur (grand sourire style "la vie est un long fleuve tranquille").
Faut-il donc que nous ayons tant d'espérance en les Etats-Unis (ce qui peut se comprendre) et si peu en nous (ce qui se comprend moins) ?
- L'ouvrage de JJ Cécile sur les SAS. Hors d'oeuvre goûteux ;
- Allez hop, en consommé, le Paris nid d'espions de Roger Faligot. Ou comment les rues par lesquelles nous passons ont abrité nombre de "dirty little secrets" des SR, français ou autres ;
- Guerre et manoeuvre, sous la direction de Christian Malis : un vrai plat de résistance charnu comme on les aime ;
- et le petit dernier d'Inflexions, consacré au "corps guerrier". Savoureusement sociologique.
Bon, la semaine prochaine, comment devenir prix Nobel rien que pour vous encourager à éradiquer la pauvreté, faire gouzi-gouzi aux petits oiseaux et tous se donner la main pour un monde meilleur (grand sourire style "la vie est un long fleuve tranquille").
Faut-il donc que nous ayons tant d'espérance en les Etats-Unis (ce qui peut se comprendre) et si peu en nous (ce qui se comprend moins) ?
mercredi 7 octobre 2009
Un Harfang et 6 Sperwer de plus
Selon Alain Ruello des Echos ministre de la défense a annoncé l'achat (d'ici la fin de l'année) d'un 4ème drone MALE Harfang (le 3eme est toujours HS) mais aussi de 6 SDTI Sperwer d'occasion au Canada.
mardi 6 octobre 2009
L'amiral Lacoste et la stratégie des moyens
Au cours de la table ronde sur les publications de défense d'hier, l'amiral Lacoste est intervenu pour, notamment, souligner le manque de traitement des questions inhérentes à la stratégie des moyens en France. Malheureusement, le temps nous a manqué pour y répondre. Ceci dit, après un rapide calcul, je pense que ce traitement ne manque pas. Petit tour d'horizon :
- 500 articles de T&A/DSI-T ;
- 156 articles de la rubrique technologique de DSI (sans compter les articles inhérents à la rubrique armées, ceux de la rubrique stratégie où les moyens restent fréquemment abordés ni les news - DSI en compte environ 120 par numéro) ;
- 128 fiches techniques dans le DSI.
Soit, au total, 784 articles en environ 2.360 pages. Sauf votre respect, amiral, je pense que, s'il y a toujours moyen de faire mieux, nous ne nous en tirons pas trop mal !
- 500 articles de T&A/DSI-T ;
- 156 articles de la rubrique technologique de DSI (sans compter les articles inhérents à la rubrique armées, ceux de la rubrique stratégie où les moyens restent fréquemment abordés ni les news - DSI en compte environ 120 par numéro) ;
- 128 fiches techniques dans le DSI.
Soit, au total, 784 articles en environ 2.360 pages. Sauf votre respect, amiral, je pense que, s'il y a toujours moyen de faire mieux, nous ne nous en tirons pas trop mal !
lundi 5 octobre 2009
Quelques nouvelles du front
Et voilà, en avant-première, la couverture de notre prochain hors-série, qui devrait être dans les bacs vers le 15 octobre. Au menu, de la sécurité intérieure... ce qui ne veut pas pour autant dire qu'on ne traitera pas d'extérieure, que du contraire. Le rapprochement de l'interne et de l'externe vaut dans les deux sens.Force est en effet de constater que les stratégistes ont pour partie délaissé un champ sécuritaire qui, au niveau des relations internationales, est toujours source de nombreux débats. Et qu'il est peut être temps d'importer "à l'intérieur" la force de frappe intellectuelle qui existe pour "l'extérieur". Au menu donc, que de l'exclusif et quelques interviews qui valent le détour.
Et pour le reste, votre serviteur est sur les charbons ardents : l'équipe finalise une vraie petite révolution, dont les auditeurs de la table ronde de ce soir à l'Ecole militaire devraient être les premiers informés. More to come, stay tuned ;o)
mercredi 30 septembre 2009
DSI n°52, octobre 2009 - le sommaire !
Editorial
Nominations et agenda
Veille contre-terroriste
Contrats du mois
Veille stratégique
La chronique de Carl von C. : « Un Rafale vaut mieux que deux KC-390 tu l’aura pas »
Sur le vif
Un an après la guerre avec la Russie. La Géorgie, cas d’école d’une pensée stratégique en évolution
Par Galia Glume, chercheure au centre d’étude des crises et des conflits internationaux de l’Université catholique de Louvain et membre du RMES et Marie Frenay, journaliste.
Guerre au sein des populations ?
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire
Stratégie
Afghanistan, automne 2009
Entretien avec Olivier Entraygues, lieutenant-colonel, doctorant en histoire des doctrines stratégiques, auteur de Afghanistan, 1979-2009. Une approche militaire de l’Afghanistan !
Forces terrestres en stabilisation : implications capacitaires
Par Anne-Henry de Russé, chef de bataillon au Laboratoire de Recherche sur la Défense, IFRI
Recul démographique : quelles conséquences pour les armées ?
Par le capitaine de frégate Erwan Roche, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Le Caméléon et la Salamandre. La transformation des unités des forces terrestres
Par le chef de bataillon Nicolas Delort, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Armées
La saga Avro au Canada. La « flèche » rompue
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Les transformations de l’Air Command canadien
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : l’Air Command canadien
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
FÉLIN. Le « fantassin du futur » se conjugue presque au présent
Par Véronique Sartini, journaliste
Focus sur quelques interrogations :
La question du poids
Les batteries
Le calendrier de livraison
Le coût du programme
Les perspectives export
Félin sera-t-il uniquement à destination des fantassins ?
Le programme va-t-il encore évoluer ?
Quels points restent encore (au dire des opérationnels) à maitriser pour Sagem ?
Félin V2 ?
Félin par rapport à ses concurrents ?
Le point sur le CENZUB (Centre d’Entrainement aux actions en Zones Urbaines)
Technologie
Vers le char de 4ème génération. Les armements terrestres turcs
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Du F-16 aux drones. L’aéronautique militaire
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Industrie navale turque : vers le décollage ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Fiches techniques
Automoteur d’artillerie ShKH-77 Dana/ L’industrie de défense slovaque
Patrouilleurs type Stanflex 300/Variation sur un concept
Boeing KC-135/ Le ravitaillement en vol, clé de la projection globale
Critiques de lecture
La stratégie de l’Iran. Entre puissance et mémoire de Mathieu Anquez
Satellites espions. Histoire de l’espace militaire mondial de Jacques Villain
Wired for War. The Robotics Revolution and Conflict in the 21st Century de Peter W. Singer
Seapower. Les fondements de la stratégie navale au 21ème siècle, de Joseph Henrotin
Piercing the Fog of War. Recognizing Change on the Battlefield de Brian L. Steed
Le feu dans le modèle de guerre occidental. De l’intégration tactique aux dommages collatéraux de Laurent Fromaget
Nominations et agenda
Veille contre-terroriste
Contrats du mois
Veille stratégique
La chronique de Carl von C. : « Un Rafale vaut mieux que deux KC-390 tu l’aura pas »
Sur le vif
Un an après la guerre avec la Russie. La Géorgie, cas d’école d’une pensée stratégique en évolution
Par Galia Glume, chercheure au centre d’étude des crises et des conflits internationaux de l’Université catholique de Louvain et membre du RMES et Marie Frenay, journaliste.
Guerre au sein des populations ?
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire
Stratégie
Afghanistan, automne 2009
Entretien avec Olivier Entraygues, lieutenant-colonel, doctorant en histoire des doctrines stratégiques, auteur de Afghanistan, 1979-2009. Une approche militaire de l’Afghanistan !
Forces terrestres en stabilisation : implications capacitaires
Par Anne-Henry de Russé, chef de bataillon au Laboratoire de Recherche sur la Défense, IFRI
Recul démographique : quelles conséquences pour les armées ?
Par le capitaine de frégate Erwan Roche, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Le Caméléon et la Salamandre. La transformation des unités des forces terrestres
Par le chef de bataillon Nicolas Delort, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Armées
La saga Avro au Canada. La « flèche » rompue
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Les transformations de l’Air Command canadien
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : l’Air Command canadien
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
FÉLIN. Le « fantassin du futur » se conjugue presque au présent
Par Véronique Sartini, journaliste
Focus sur quelques interrogations :
La question du poids
Les batteries
Le calendrier de livraison
Le coût du programme
Les perspectives export
Félin sera-t-il uniquement à destination des fantassins ?
Le programme va-t-il encore évoluer ?
Quels points restent encore (au dire des opérationnels) à maitriser pour Sagem ?
Félin V2 ?
Félin par rapport à ses concurrents ?
Le point sur le CENZUB (Centre d’Entrainement aux actions en Zones Urbaines)
Technologie
Vers le char de 4ème génération. Les armements terrestres turcs
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Du F-16 aux drones. L’aéronautique militaire
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Industrie navale turque : vers le décollage ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Fiches techniques
Automoteur d’artillerie ShKH-77 Dana/ L’industrie de défense slovaque
Patrouilleurs type Stanflex 300/Variation sur un concept
Boeing KC-135/ Le ravitaillement en vol, clé de la projection globale
Critiques de lecture
La stratégie de l’Iran. Entre puissance et mémoire de Mathieu Anquez
Satellites espions. Histoire de l’espace militaire mondial de Jacques Villain
Wired for War. The Robotics Revolution and Conflict in the 21st Century de Peter W. Singer
Seapower. Les fondements de la stratégie navale au 21ème siècle, de Joseph Henrotin
Piercing the Fog of War. Recognizing Change on the Battlefield de Brian L. Steed
Le feu dans le modèle de guerre occidental. De l’intégration tactique aux dommages collatéraux de Laurent Fromaget
Libellés :
Armement,
Miam des livres,
News en vrac,
Stratégie
jeudi 24 septembre 2009
Les publications de défense en débat
« RAYONNEMENT DE LA PENSÉE STRATÉGIQUE FRANÇAISE ET PUBLICATIONS DE DÉFENSE »
Programme du 5 octobre 2009
17h15 - Accueil des invités au 1 place Joffre et installation dans l’amphithéâtre Lacoste.
17h40 - Ouverture par le général Norlain, directeur de la revue Défense nationale et sécurité collective.
17h45 - Introduction des assises et de la table ronde par M. Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants.
18h00 - Table ronde présidée par M. François d’Orcival (Académie des Sciences morales et politiques) et animée par M. Jean-Dominique Merchet (Libération).
Panel constitué des rédactions des revues Agir, Cahiers de l’IRIS, Défense, Mars, DSI, Politique Internationale, Politique Étrangère, Sécurité Globale, Stratégique…
Thèmes abordés : offre et demande françaises en matière stratégique. Quelles lignes éditoriales ? Évolution du lectorat et de l’audience nationale et internationale. Évolution des supports éditoriaux : quels problèmes résoudre ?
19h45 - Influence et rayonnement stratégiques de la France. Conclusion par M. François d’Orcival.
20h00-21h00 - Coquetèle amical dans la salle Aubry qui jouxte l’amphithéâtre Lacoste.
Inscription auprès de Mme Mounet au plus tard le 30 septembre 2009 - marie-helene-mounet@orange.fr - Tél. : 01 44 42 31 92
Programme du 5 octobre 2009
17h15 - Accueil des invités au 1 place Joffre et installation dans l’amphithéâtre Lacoste.
17h40 - Ouverture par le général Norlain, directeur de la revue Défense nationale et sécurité collective.
17h45 - Introduction des assises et de la table ronde par M. Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants.
18h00 - Table ronde présidée par M. François d’Orcival (Académie des Sciences morales et politiques) et animée par M. Jean-Dominique Merchet (Libération).
Panel constitué des rédactions des revues Agir, Cahiers de l’IRIS, Défense, Mars, DSI, Politique Internationale, Politique Étrangère, Sécurité Globale, Stratégique…
Thèmes abordés : offre et demande françaises en matière stratégique. Quelles lignes éditoriales ? Évolution du lectorat et de l’audience nationale et internationale. Évolution des supports éditoriaux : quels problèmes résoudre ?
19h45 - Influence et rayonnement stratégiques de la France. Conclusion par M. François d’Orcival.
20h00-21h00 - Coquetèle amical dans la salle Aubry qui jouxte l’amphithéâtre Lacoste.
Inscription auprès de Mme Mounet au plus tard le 30 septembre 2009 - marie-helene-mounet@orange.fr - Tél. : 01 44 42 31 92
Feuilleter DSI et Diplomatie en ligne... c'est possible !
De retour d'un cours d'état-major de 4 heures - la thématique du jour pour les stagiaires était "Révolutions militaires et RMAs" - bien tassé, je suis tombé sur une de ces petites merveilles du net : un feuilleteur de magazines en ligne.
Du coup, vous pouvez visionner DSI ou Diplomatie - de quoi vous donner une idée du contenu sans, évidemment, pouvoir les lire intégralement. Après tout, ils ont été conçus pour être les plus abordables... et si les armées marchent sur leurs estomacs, les chercheurs aussi :o)
DSI : http://www.toutabo.com/dsi-defense-securite-internationale-p-2280.html
Diplomatie : http://www.toutabo.com/diplomatie-p-3144.html
Du coup, vous pouvez visionner DSI ou Diplomatie - de quoi vous donner une idée du contenu sans, évidemment, pouvoir les lire intégralement. Après tout, ils ont été conçus pour être les plus abordables... et si les armées marchent sur leurs estomacs, les chercheurs aussi :o)
DSI : http://www.toutabo.com/dsi-defense-securite-internationale-p-2280.html
Diplomatie : http://www.toutabo.com/diplomatie-p-3144.html
mardi 22 septembre 2009
Algérie : commande de 6 FREMM... italiennes
La presse algérienne fait état de ce que les négociations avec la France portant sur l’achat de 4 frégates FREMM ont été interrompues (en fait, dès l’année passée) mais suivies de discussions qui auraient abouti avec l’Italie, portant cette fois sur 6 exemplaires du même type de bâtiment, pour 4 milliards d’euros.
Toujours selon la presse locale, les négociations franco-marocaines portant sur une FREMM ont constitué le prétexte d’un incident qualifié par Alger d’« intrusion de Rabat dans les négociations ». C’est à partir de 2011 que la marine algérienne recevra son premier bâtiment, manifestement équipé pour les missions ASM.
Au surplus, l’Algérie a signé un contrat portant sur 100 hélicoptères A-109 et AW139. Plus largement, tout en maintenant sa coopération militaire avec la France, l’Algérie cherche manifestement à accroître ses relations avec l’Italie (une semaine d’exercices aura lieu du 18 au 25 septembre au large des côtes italiennes).
Toujours selon la presse locale, les négociations franco-marocaines portant sur une FREMM ont constitué le prétexte d’un incident qualifié par Alger d’« intrusion de Rabat dans les négociations ». C’est à partir de 2011 que la marine algérienne recevra son premier bâtiment, manifestement équipé pour les missions ASM.
Au surplus, l’Algérie a signé un contrat portant sur 100 hélicoptères A-109 et AW139. Plus largement, tout en maintenant sa coopération militaire avec la France, l’Algérie cherche manifestement à accroître ses relations avec l’Italie (une semaine d’exercices aura lieu du 18 au 25 septembre au large des côtes italiennes).
vendredi 18 septembre 2009
ABM : fin de partie pour les GBI en Europe
Et voilà, la décision est rendue : Obama a annulé le déploiement de missiles GBI (Ground Based Interceptor) en Pologne, officiellement sur base de considérations stratégiques (l'incapacité iranienne à développer des ICBM). L'occasion pour moi de faire un petit passage sur Radio Orient (je pense qu'ils repassent l'interview vers 18h) entre deux articles.
Fondamentalement, à quoi s'en tenir ? Si le geste américain sera apprécié en Russie, ses raisons profondes sont bien plus complexes :
- Techniquement, les GBI n'étaient pas au point (une question sur laquelle G-H. Bricet des Vallons est revenu à plusieurs reprises dans DSI-Technologies - je ne détaille donc pas) ;
- Financièrement, les GBI et leurs infrastructures n'étaient certes pas un gouffre financier mais imposaient de divertir des budgets alors qu'une série d'investissements ne sont pas encore totalement stabilisés (JSF, LCS, FCS, etc.) et nombre de militaires (comme d'industriels) lorgnaient vers l'opportunité ;
- Fondamentalement, la menace iranienne est plus subtile que le déploiement d'ICBM dont elle ne disposera pas... avant pas mal de temps. Le futur déploiement nucléaire iranien est dit "du seuil" : disposer de l'ensemble des composants mais... "en pièces détachées". Soit prêts à être assemblés rapidement en cas de besoin. D'une pierre deux coups : Téhéran évite ainsi des sanctions internationales tout en s'assurant d'une dissuasion effective. A cet égard, le bouclier ABM reste une demi-mesure. A noter également que, dans leur analyses de la menace, les Américains étaient loin d'être unanimes : pour qui suit le débat stratégique outre-Atlantique, il est bien plus complexe que ce que laissent percevoir la perception que nous en avons en Europe. Paradoxalement, des "faucons" pouvaient être opposés au déploiement européen ;
- Surtout, le programme ABM US est loin de se limiter aux GBI et à leurs radars : ABL, SM-3, investissements dans l'Arrow israélien ou encore THAAD (sans compter l'arrivée des SBIRS de détection avancée) sont poursuivis (le cas de l'ABL étant toutefois particulier - là aussi, se référer à DSI-T permet d'en savoir plus). Il y a là une dynamique technologique qui reste inaltérée ;
- les conséquences sur les relations avec la Russie ont certes été évoquées mais d'autres conséquences ne manqueront pas de se faire sentir, cette fois au niveau français. Depuis 2008, l'inflexion vers le développement de segments de capacités ABM (entendons : autres qu'ATBM) était perceptible dans l'industrie (cf. le hors-série qui avait été consacré à la défense sol-air). Comment l'industrie va-t-elle réagir ?
- sur la dissuasion : comme le montre extrêmement brillament JP Baulon dans son dernier ouvrage, l'intérêt US pour les ABM est cyclique et correspond alors à des périodes de remise en question de la dissuasion "classique". Les décisions d'Obama confirment cette dynamique stratégique américaine... mais posent aussi la question de la date du "retour" des ABM stratégiques...
Fondamentalement, à quoi s'en tenir ? Si le geste américain sera apprécié en Russie, ses raisons profondes sont bien plus complexes :
- Techniquement, les GBI n'étaient pas au point (une question sur laquelle G-H. Bricet des Vallons est revenu à plusieurs reprises dans DSI-Technologies - je ne détaille donc pas) ;
- Financièrement, les GBI et leurs infrastructures n'étaient certes pas un gouffre financier mais imposaient de divertir des budgets alors qu'une série d'investissements ne sont pas encore totalement stabilisés (JSF, LCS, FCS, etc.) et nombre de militaires (comme d'industriels) lorgnaient vers l'opportunité ;
- Fondamentalement, la menace iranienne est plus subtile que le déploiement d'ICBM dont elle ne disposera pas... avant pas mal de temps. Le futur déploiement nucléaire iranien est dit "du seuil" : disposer de l'ensemble des composants mais... "en pièces détachées". Soit prêts à être assemblés rapidement en cas de besoin. D'une pierre deux coups : Téhéran évite ainsi des sanctions internationales tout en s'assurant d'une dissuasion effective. A cet égard, le bouclier ABM reste une demi-mesure. A noter également que, dans leur analyses de la menace, les Américains étaient loin d'être unanimes : pour qui suit le débat stratégique outre-Atlantique, il est bien plus complexe que ce que laissent percevoir la perception que nous en avons en Europe. Paradoxalement, des "faucons" pouvaient être opposés au déploiement européen ;
- Surtout, le programme ABM US est loin de se limiter aux GBI et à leurs radars : ABL, SM-3, investissements dans l'Arrow israélien ou encore THAAD (sans compter l'arrivée des SBIRS de détection avancée) sont poursuivis (le cas de l'ABL étant toutefois particulier - là aussi, se référer à DSI-T permet d'en savoir plus). Il y a là une dynamique technologique qui reste inaltérée ;
- les conséquences sur les relations avec la Russie ont certes été évoquées mais d'autres conséquences ne manqueront pas de se faire sentir, cette fois au niveau français. Depuis 2008, l'inflexion vers le développement de segments de capacités ABM (entendons : autres qu'ATBM) était perceptible dans l'industrie (cf. le hors-série qui avait été consacré à la défense sol-air). Comment l'industrie va-t-elle réagir ?
- sur la dissuasion : comme le montre extrêmement brillament JP Baulon dans son dernier ouvrage, l'intérêt US pour les ABM est cyclique et correspond alors à des périodes de remise en question de la dissuasion "classique". Les décisions d'Obama confirment cette dynamique stratégique américaine... mais posent aussi la question de la date du "retour" des ABM stratégiques...
mardi 15 septembre 2009
Petit coup de zoom....
Sur le DSI du mois d'octobre, auquel l'équipe met la dernière main. Ne manquez pas l'excellente interview d'Olivier Entraygues, LCL au CEPC. Il vient de terminer un excellent ouvrage mettant en perspective aussi bien l'engagement soviétique que celui de l'OTAN en Afghanistan (panzérisant au passage la comparaison souvent effectuée entre les deux...) et remettant nos options dans la perspective, notamment, des développements contemporains de l'art de la guerre islamique. Franchement, c'est du très, très bon travail. J'y reviendrai.Ne manquez pas non plus les articles consacrés à la Géorgie (Galia n'avait pas trouvé d'autres destination de vacances que la zone de front ;o) ou au FELIN, qui termine son EVTO par le CENZUB. Allez hop, du lourd pour nos lecteurs ;o)
A vos agendas !
Le CESA nous envoie quelques infos de manifestations à venir et qui me semblent particulièrement intéressantes :
Le 20 octobre 09
Les Rencontres Air et Espace du CESA
Le Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA) organise une rencontre avec Monsieur Patrick FACON à l’occasion de la sortie de son ouvrage intitulé Histoire de l'armée de l’air. M. FACON présentera son livre dans l'amphithéâtre LOUIS de l'Ecole militaire de 14h30 à 17h00, en présence du chef d’état-major de l'armée de l’air, le général d’armée aérienne Jean-Paul PALOMEROS et du directeur du CESA, le général de brigade aérienne Jean-Marc LAURENT.
Ecole militaire, 1 place JOFFRE, 75007 Paris, Métro ligne 8, arrêt École militaire
Le 1er décembre 09
« Le fait aérien en Afghanistan »
Le 1er décembre 2009, le Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA) réunit un colloque international sur le thème du fait aérien en Afghanistan. La manifestation est organisée autour de trois tables rondes qui portent sur le contexte politico-militaire régional, l’action interarmées de la coalition et, enfin, sur la façon dont la puissance aérienne s’exprime dans ce conflit irrégulier. Le colloque se tiendra à l’Ecole militaire, amphithéâtre Foch, de 8h30 à 17h00.
Ecole militaire, 1 place JOFFRE, 75007 Paris, Métro ligne 8, arrêt Ecole militaire
Dans les deux cas, l'inscription est obligatoire :
Par téléphone : 01 44 42 46 91
Par fax : 01 44 42 80 10
Mail : manifestation.cesa@inet.air.defense.gouv.fr
Le 20 octobre 09
Les Rencontres Air et Espace du CESA
Le Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA) organise une rencontre avec Monsieur Patrick FACON à l’occasion de la sortie de son ouvrage intitulé Histoire de l'armée de l’air. M. FACON présentera son livre dans l'amphithéâtre LOUIS de l'Ecole militaire de 14h30 à 17h00, en présence du chef d’état-major de l'armée de l’air, le général d’armée aérienne Jean-Paul PALOMEROS et du directeur du CESA, le général de brigade aérienne Jean-Marc LAURENT.
Ecole militaire, 1 place JOFFRE, 75007 Paris, Métro ligne 8, arrêt École militaire
Le 1er décembre 09
« Le fait aérien en Afghanistan »
Le 1er décembre 2009, le Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA) réunit un colloque international sur le thème du fait aérien en Afghanistan. La manifestation est organisée autour de trois tables rondes qui portent sur le contexte politico-militaire régional, l’action interarmées de la coalition et, enfin, sur la façon dont la puissance aérienne s’exprime dans ce conflit irrégulier. Le colloque se tiendra à l’Ecole militaire, amphithéâtre Foch, de 8h30 à 17h00.
Ecole militaire, 1 place JOFFRE, 75007 Paris, Métro ligne 8, arrêt Ecole militaire
Dans les deux cas, l'inscription est obligatoire :
Par téléphone : 01 44 42 46 91
Par fax : 01 44 42 80 10
Mail : manifestation.cesa@inet.air.defense.gouv.fr
lundi 14 septembre 2009
En relisant Ralph Peters...
Et, en l'occurrence, une interview qu'il nous avait accordée en décembre 2006 (DSI n°21). Juste après un passage sur notre focalisation sur l'hyper-technologisme :
"Je préfèrerais pour ma part un panachage judicieux (et à la hauteur de nos moyens) entre des systèmes de défense de haute et de moyenne technologie. Les deux sont indispensables – autant la force numérique que l’avantage technologique. Si nous voulons nous préparer efficacement aux guerres à venir, nous devons avoir l’habileté et l’humilité d’accéder autant aux exigences de l’épouse que de la maîtresse. Nous devons nous préparer à gérer au quotidien les conflits asymétriques avec lesquels nous sommes mariés de gré ou de force, mais prévoir également de plonger tout d’un coup, et avec une intensité passionnée, dans les bras de cette maîtresse si séduisante dont le nom est : le conflit mondial. C’est un équilibre qu’il est vital d’entretenir" (p. 39).
Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais là... Il est difficile de ne pas phosphorer en le relisant...
"Je préfèrerais pour ma part un panachage judicieux (et à la hauteur de nos moyens) entre des systèmes de défense de haute et de moyenne technologie. Les deux sont indispensables – autant la force numérique que l’avantage technologique. Si nous voulons nous préparer efficacement aux guerres à venir, nous devons avoir l’habileté et l’humilité d’accéder autant aux exigences de l’épouse que de la maîtresse. Nous devons nous préparer à gérer au quotidien les conflits asymétriques avec lesquels nous sommes mariés de gré ou de force, mais prévoir également de plonger tout d’un coup, et avec une intensité passionnée, dans les bras de cette maîtresse si séduisante dont le nom est : le conflit mondial. C’est un équilibre qu’il est vital d’entretenir" (p. 39).
Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais là... Il est difficile de ne pas phosphorer en le relisant...
DSI-Technologies n°19 - le sommaire
Editorial
Tendances
Persistance et maîtrise du temps au cœur du champ de bataille. Les drones comme instruments de contrôle des présents
Par Christophe Pajon, chercheur au Centre de Recherche de l’armée de l’Air (CReA/EOAA), et Grégory Boutherin, officier de l’armée de l’Air (Centre de Recherche de l’armée de l’Air, CReA/EOAA).
Le renouveau des Wargames ?
Par Jean-Loup Samaan, docteur en science politique, et Lionel Benatia, consultant en gestion de crises
Exportations d’armement : quelle place pour ODAS ?
Entretien avec Alain Oudot de Dainville, amiral (2S), PDG d’ODAS
Air
Des Mirage 2000 jusqu’en 2030 !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
La famille Hawk de British Aerospace
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Les LIFT vont-ils décoller ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
ABM et sécurité nationale aux États-Unis (Première partie)
Entretien avec Jean-Philippe Baulon, docteur en histoire, auteur de L’Amérique vulnérable ?
Le « regretté » AS-37 Martel antiradar
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les chars de bataille principaux (MBT) dans le monde
Terre
Le programme FIST
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Quelles mutations pour les forces spéciales ?
Entretien avec Pascal Le Pautremat, docteur en histoire, auteur de Les guerriers de la République. Forces spéciales et services secrets français, 1970-2009
SEP : la modularité à la suédoise
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
La FN Herstal Minimi, un succès mondial
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
SWORDS et MAARS, les premiers robots de combat terrestres
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Mer
Modularité, marsupialisation et réticulation : quelques remarques sur les tendances technologiques animant les marines
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
L’ATV Arihant : les premiers pas de Delhi dans le domaine des SNLE
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Premiers essais à la mer pour l’USS Independence
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
La morsure de la tarentule. L’évolution des corvettes russes
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI, et Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
mercredi 9 septembre 2009
Le CHOD belge au ministre : vers le "non" ?
Selon Le Soir, le général Charles-Henri Delcour, Chief of Defence belge (chef d'état-major des armées), se serait dit prêt à mettre son "veto" à toute nouvelle demande de son ministre de la Défense, Pieter De Crem, en matière de déploiement de nouvelles forces à l'étranger, ou à amplifier quelque mission existante.
Le geste est inédit, "d'une extrême gravité" selon des observateurs : "un tel veto, cela ne s'est jamais produit. L'armée qui dit non à son politique de tutelle, ce serait une première...". Toujours selon Le Soir, le CHOD a fait part de cette menace devant trois représentants des syndicats le 16 juillet dernier. Les militaires en Afghanistan n’ont, entre autres, pas assez de gilets pare-balles : "ils doivent se les échanger".
Alors, derrière les commentaires alarmistes, comment lire cette "rebéllion" (qui reste par ailleurs à confirmer) ? Premières remarques sur le contexte :
1- Pas de chance pour De Crem : celui qui, à mon sens, a été le seul ministre de la défense belge valable de ces 20 dernières années (pour le reste de ces options politiques, notamment dsur BHV, je reste très dubitatif) fait face à une armée.... dépouillée. Les réformes à répétition de ces 20 dernières années n'ont été qu'une suite d'ajustements financiers, l'état-major essayant de limiter la casse. Mais le vrai problème réside dans la perception qu'à le politique de l'armée, dont le budget est considéré non comme une nécessité mais bien comme une variable d'ajustement structurelle...
2- De fait, le moral est bas, malgré un véritable professionalisme et un taux d'engagement en opérations extérieure plus que raisonnable. Mais le politique, depuis la grande réforme de 1999 n'a pas honoré ses promesses d'indexation du budget défense. En conséquence, la transformation initiée par André Flahaut n'a pu être menée à son terme et le budget équipement est le grand perdant. De toutes les nations OTAN, la Belgique (malgré 10 milions d'habitants, ce qui est loin d'en faire un "petit pays" de l'Union, plutôt un "moyen") est la dernière en terme de pourcentage du budget consacré aux équipements. C'est dire...
3- Le moral est d'autant plus bas que les débats politiques sur les questions de défense sont... quasi-anémiques et se focalisent surtout sur la question afghane (au surplus, uniquement sous l'angle des pertes). De ce point de vue, la perception qu'ont les militaires du niveau politique est problématique : ils sont tiraillés entre la fidélité à l'Etat et le manque de considération des élus pour eux...
4- Le contexte récent à toute son importance. Les dernières déclarations du ministre du budget son sans appel : "le pays est dans une situation de faillite virtuelle". Ce qui laisse légitimement craindre pour le budget de la défense. Or, le ministère a déjà embrayé depuis quelques temps : une note confidentielle sur la réduction des effectifs et la nécessité de fermer plusieurs implantations a été récemment éventée.
5- CHOD/ministre, ce n'est peut être pas ce que l'on pourrait croire : le torchon brûle-t-il entre le ministre et son CHOD ? Pas nécessairement. Jusqu'ici, les CHOD avaient été tèrs prudents dans l'énonciation de leurs critiques. Les anciens ministres de la défense continuaient alors de ne pas réclamer plus d'argent au conseil des ministres. Ici, la situation est peut être toute autre : De Crem pourrait bien être le seul à réclamer plus d'argent. Ou, en tous cas, à exiger que l'on ne touche pas à son ministère, déjà sérieusement sous pression...
6- Mais pour cela, il faut prendre les devants. De fait, la part prise par le personnel dans le budget reste trop importante. La focalisation excessive sur des conceptions de type "lorsque l'on rentre à l'armée, c'est pour en sortir à la retraite" perdure largement. Et le plan Flahaut de Carrière mixte (qui aurait abouti à un ratio d'environ 10.000 civils pour 30.000 militaires) n'a fait que faire perdurer cette culture bien particulière. Seul problème : que faire avec autant de civils (dès lors, en particulier, que plusieurs fonctions sont déjà externalisées) ?
7- Aussi, ce qui est en train de se passer est peut être, plus qu'une révolution politique, une révolution managériale sur laquelle, en interne, pas mal de monde s'entend. Trop souvent, la carrière militaire est percue comme une carrière certes sympathique mais où, finalement, on ne peut vous dégager. En somme - et plusieurs politiques le pensent - un endroit permettant d'éviter que des gens n'aillent grossir les rangs du chômage. Peu importe, dans ce cas, les contraintes opérationnelles ou celles que font peser la masse salariale sur les équipements....
8- Or, ce n'est pas un coup d'Etat qui nous attend (contrairement à ce que pourrait laisser penser une lecture bien trop rapide de la presse) qu'un schisme profond entre deux armées : l'une, motivée, opérationnelle et alternant rapidement les rotations entre théâtres extérieurs (nous n'en sommes pas encore au stade britannique mais la fatigue commence à s'installer) et... des simili-fonctionnaires. Or, De Crem et le CHOD sont tous les deux dans une optique de recherche de l'efficacité. Ce qui se passe pourrait donc bien, en réalité, relever de stratégies certes légèrement différentes pour les deux hommes mais, peut être visant un objectif similaire...
Le geste est inédit, "d'une extrême gravité" selon des observateurs : "un tel veto, cela ne s'est jamais produit. L'armée qui dit non à son politique de tutelle, ce serait une première...". Toujours selon Le Soir, le CHOD a fait part de cette menace devant trois représentants des syndicats le 16 juillet dernier. Les militaires en Afghanistan n’ont, entre autres, pas assez de gilets pare-balles : "ils doivent se les échanger".
Alors, derrière les commentaires alarmistes, comment lire cette "rebéllion" (qui reste par ailleurs à confirmer) ? Premières remarques sur le contexte :
1- Pas de chance pour De Crem : celui qui, à mon sens, a été le seul ministre de la défense belge valable de ces 20 dernières années (pour le reste de ces options politiques, notamment dsur BHV, je reste très dubitatif) fait face à une armée.... dépouillée. Les réformes à répétition de ces 20 dernières années n'ont été qu'une suite d'ajustements financiers, l'état-major essayant de limiter la casse. Mais le vrai problème réside dans la perception qu'à le politique de l'armée, dont le budget est considéré non comme une nécessité mais bien comme une variable d'ajustement structurelle...
2- De fait, le moral est bas, malgré un véritable professionalisme et un taux d'engagement en opérations extérieure plus que raisonnable. Mais le politique, depuis la grande réforme de 1999 n'a pas honoré ses promesses d'indexation du budget défense. En conséquence, la transformation initiée par André Flahaut n'a pu être menée à son terme et le budget équipement est le grand perdant. De toutes les nations OTAN, la Belgique (malgré 10 milions d'habitants, ce qui est loin d'en faire un "petit pays" de l'Union, plutôt un "moyen") est la dernière en terme de pourcentage du budget consacré aux équipements. C'est dire...
3- Le moral est d'autant plus bas que les débats politiques sur les questions de défense sont... quasi-anémiques et se focalisent surtout sur la question afghane (au surplus, uniquement sous l'angle des pertes). De ce point de vue, la perception qu'ont les militaires du niveau politique est problématique : ils sont tiraillés entre la fidélité à l'Etat et le manque de considération des élus pour eux...
4- Le contexte récent à toute son importance. Les dernières déclarations du ministre du budget son sans appel : "le pays est dans une situation de faillite virtuelle". Ce qui laisse légitimement craindre pour le budget de la défense. Or, le ministère a déjà embrayé depuis quelques temps : une note confidentielle sur la réduction des effectifs et la nécessité de fermer plusieurs implantations a été récemment éventée.
5- CHOD/ministre, ce n'est peut être pas ce que l'on pourrait croire : le torchon brûle-t-il entre le ministre et son CHOD ? Pas nécessairement. Jusqu'ici, les CHOD avaient été tèrs prudents dans l'énonciation de leurs critiques. Les anciens ministres de la défense continuaient alors de ne pas réclamer plus d'argent au conseil des ministres. Ici, la situation est peut être toute autre : De Crem pourrait bien être le seul à réclamer plus d'argent. Ou, en tous cas, à exiger que l'on ne touche pas à son ministère, déjà sérieusement sous pression...
6- Mais pour cela, il faut prendre les devants. De fait, la part prise par le personnel dans le budget reste trop importante. La focalisation excessive sur des conceptions de type "lorsque l'on rentre à l'armée, c'est pour en sortir à la retraite" perdure largement. Et le plan Flahaut de Carrière mixte (qui aurait abouti à un ratio d'environ 10.000 civils pour 30.000 militaires) n'a fait que faire perdurer cette culture bien particulière. Seul problème : que faire avec autant de civils (dès lors, en particulier, que plusieurs fonctions sont déjà externalisées) ?
7- Aussi, ce qui est en train de se passer est peut être, plus qu'une révolution politique, une révolution managériale sur laquelle, en interne, pas mal de monde s'entend. Trop souvent, la carrière militaire est percue comme une carrière certes sympathique mais où, finalement, on ne peut vous dégager. En somme - et plusieurs politiques le pensent - un endroit permettant d'éviter que des gens n'aillent grossir les rangs du chômage. Peu importe, dans ce cas, les contraintes opérationnelles ou celles que font peser la masse salariale sur les équipements....
8- Or, ce n'est pas un coup d'Etat qui nous attend (contrairement à ce que pourrait laisser penser une lecture bien trop rapide de la presse) qu'un schisme profond entre deux armées : l'une, motivée, opérationnelle et alternant rapidement les rotations entre théâtres extérieurs (nous n'en sommes pas encore au stade britannique mais la fatigue commence à s'installer) et... des simili-fonctionnaires. Or, De Crem et le CHOD sont tous les deux dans une optique de recherche de l'efficacité. Ce qui se passe pourrait donc bien, en réalité, relever de stratégies certes légèrement différentes pour les deux hommes mais, peut être visant un objectif similaire...
mardi 8 septembre 2009
FAS : la TDM est en ligne
Juste un petit mot pour vous dire que la table des matières de Forces Aériennes Stratégiques est en ligne sur Stratisc, y compris la préface du Président de la République, de même que l'introduction de l'ouvrage. Bonne lecture !
Pensée stratégique et SACT : de quelques symboles
Les lecteurs de DSI le savent, la recherche sur les questions stratégiques n’est pas un luxe d’intellectuels – par ailleurs rarement en chambre. De fait, le Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale a initié une réflexion nouvelle, appelant notamment à poursuivre dans la voie de l’analyse et de la prospective. De ce point de vue, deux événements semblent, en ces mois de septembre et octobre, se téléscoper.
1) L'optimalisation des structures de la recherche stratégique
Créé à l’initiative du ministère de la défense, l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM) a souhaité inaugurer ses activités par une journée d’étude consacrée à ces nouveaux défis, qui s’inscrit dans le cadre d’une « semaine de la pensée stratégique » organisée à l’école militaire sous le haut patronage du ministre de la défense.
Elle sera précédée le 5 par une réflexion sur les « publications de défense et le rayonnement de la pensée stratégique » et suivie le 7, d’une journée dite « confluences de l’IRSEM », destinée à favoriser et développer les relations entre spécialistes civils et militaires de la réflexion stratégique. C’est également le 6 octobre que sera inauguré le CDEM – Centre de Documentation de l’Ecole Militaire – que l’IRSEM partagera avec le CSFRS (Conseil Supérieur Français de Recherche Stratégique). Ce dernier est issu du rassemblement de l’IHEDN, du CHEAR, de l’IHNES et de l’IERSE, prôné dans le « rapport Bauer ».
De quoi effectivement et considérablement renforcer les capacités françaises de recherche stratégique. L’IRSEM est quant à lui rapidement monté en puissance. Rassemblant des structures de recherche déjà existantes (CEREM, C2SD, CEHD et CHEAr), l’objectif visé est le renforcement, en France, d’une pensée stratégique et de défense novatrice et de haut niveau, répondant aux besoins exprimés par les responsables du ministère comme aux exigences scientifiques de la communauté académique, au travers de 4 missions :
- le renforcement de la recherche française en matière de défense, par la production d’études internes, la proposition de commande et le pilotage d’études EPS, au bénéfice de l’expertise du ministère de la défense,
- l’encouragement aux jeunes chercheurs sur les questions de défense, afin de favoriser l’émergence d’une relève française en matière d’études stratégiques.
- le rayonnement et la diffusion de la pensée stratégique française en Europe et à l’international, ainsi que son inscription dans les réseaux internationaux en la matière, grâce à un renforcement de la relation avec le monde de la réflexion sur les questions de défense : Université, recherche, think tanks, en France et à l’étranger ;
- le soutien à l’enseignement militaire supérieur.
Aussi, A l’horizon 2012, l’IRSEM devrait rassembler 49 personnes dont environ 35 chercheurs. Il sera constitué d’une équipe de direction, d’une direction des études rassemblant 8 directeurs de domaines d’études et d’un pool de recherche comptant 24 chargés d’études ; le tout soutenu par une équipe d’assistance à la recherche de 9 personnes. L’équipe dirigeante est composée du professeur Charillon, directeur, du professeur Ramel, directeur scientifique et du général (2S) Beyer, secrétaire général ; elle sera complétée ultérieurement par la désignation d’un président.
L’activité recherche de l’institut, s’articule autour de 8 domaines d’études : nouveaux conflits (colonel Goya) ; pensée stratégique et nouveaux concepts ; armement et prolifération ; sécurité européenne et transatlantique ; sécurités régionales comparées (amiral (2S) Dufourcq) ; défense et société ; histoire de la défense et de l’armement (professeur Romer) ; enjeux juridiques de la défense (professeur Pancracio).
2) Le baptême du feu du général Abrial à l’ACT…
Cette évolution pour le moins radicale des structures de la recherche stratégique en France – qui ne mettra aucunement en danger les centres de recherche préexistants – devrait mettre le pays dans un « ordre de bataille intellectuel » d’autant plus nécessaire que la prise de fonction du général Abrial comme commandant de l’Alied Transformation Command (soit comme SACT) va mettre à l’épreuve la « French touch » en matière de pensée stratégique. Il a pris ses fonctions le 9 septembre 2009, à bord du porte-avions Eisenhower (« Ike » a, en son temps, été le premier SACEUR), succédant ainsi au général Mattis – que nos lecteurs connaissent bien, notamment pour ses vues critiques sur les opérations basées sur les effets.
L’événement, à cet égard, est exceptionnel : depuis la création de l’OTAN en 1949, c’est la première fois qu’un général non-américain prendra la tête d’un des deux commandements stratégiques de l’OTAN. Basé à Norfolk, le général devra piloter la réforme des armées OTAN, non seulement des points de vue de l’expression des besoins – domaine qui reste encore largement du ressort national – mais également du point de vue doctrinal. C’est dire si l’arrivée d’Abrial constitue une véritable révolution : avec lui, c’est la tête pensante de l’OTAN qui devient française. Reste, cependant, quelques écueils potentiels à ce tableau idyllique.
SACT sous la loupe américaine
Premièrement, l’influence de la pensée américaine reste vivace et ce n’est sans doute pas un hasard si le général Abrial, issu d’une armée de l’Air plus réceptive que les autres armées aux conceptions US a été choisi. Nonobstant ses réelles qualités humaines, intellectuelles et de commandement, il apparaît également comme un « choix diplomatique » bienvenu afin de ne pas choquer outre-mesure des Américains… Qui se plient certes aux positions de Washington mais qui n’en restent pas moins, parfois, assez peu courtois.
Au général de dégotter, par exemple, un logement de fonction. Et aux journalistes devant couvrir sa prise de fonction de trouver plus vite que ça un visa spécifique, tellement kafkaïen que l’ambassade US à Bruxelles demandait les 3 dernières fiches de salaire… afin de prouver la capacité des journalistes à couvrir leurs frais. Pour un séjour de moins de 24 heures, on avouera qu’il fallait oser.
Plus sérieusement, nombreux seront les défis pour le nouvel ACT. L’Afghanistan, d’abord. La poursuite des réflexions se montre indispensable, en particulier dans un contexte ou l’opinion publique et les médias ne cessent de remettre en question la pertinence des choix non seulement français mais aussi otaniens.
Deuxièmement, l’évolution de l’Alliance elle-même, un nouveau concept stratégique devant être présenté au prochain sommet de l’organisation. Là, les défis se multiplient. Bruxelles s’engage dans des missions et des conceptions qu’elle avait peu investigué par le passé. La piraterie maritime, la protection des infrastructures critique sont notamment au menu.
Sans encore compter les défis plus « classiques »… à commencer par une prolifération nucléaire qui n’est plus guère ralentie par le Traité de Non-Prolifération. En somme, c’est un véritable défi qui attend le général… dont l’action, à n’en pas douter, sera scrupuleusement observée par les autres partenaires de l’OTAN, à commencer par les Américains eux-mêmes… En un mot donc, good luck, general - We're with you !
1) L'optimalisation des structures de la recherche stratégique
Créé à l’initiative du ministère de la défense, l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM) a souhaité inaugurer ses activités par une journée d’étude consacrée à ces nouveaux défis, qui s’inscrit dans le cadre d’une « semaine de la pensée stratégique » organisée à l’école militaire sous le haut patronage du ministre de la défense.
Elle sera précédée le 5 par une réflexion sur les « publications de défense et le rayonnement de la pensée stratégique » et suivie le 7, d’une journée dite « confluences de l’IRSEM », destinée à favoriser et développer les relations entre spécialistes civils et militaires de la réflexion stratégique. C’est également le 6 octobre que sera inauguré le CDEM – Centre de Documentation de l’Ecole Militaire – que l’IRSEM partagera avec le CSFRS (Conseil Supérieur Français de Recherche Stratégique). Ce dernier est issu du rassemblement de l’IHEDN, du CHEAR, de l’IHNES et de l’IERSE, prôné dans le « rapport Bauer ».
De quoi effectivement et considérablement renforcer les capacités françaises de recherche stratégique. L’IRSEM est quant à lui rapidement monté en puissance. Rassemblant des structures de recherche déjà existantes (CEREM, C2SD, CEHD et CHEAr), l’objectif visé est le renforcement, en France, d’une pensée stratégique et de défense novatrice et de haut niveau, répondant aux besoins exprimés par les responsables du ministère comme aux exigences scientifiques de la communauté académique, au travers de 4 missions :
- le renforcement de la recherche française en matière de défense, par la production d’études internes, la proposition de commande et le pilotage d’études EPS, au bénéfice de l’expertise du ministère de la défense,
- l’encouragement aux jeunes chercheurs sur les questions de défense, afin de favoriser l’émergence d’une relève française en matière d’études stratégiques.
- le rayonnement et la diffusion de la pensée stratégique française en Europe et à l’international, ainsi que son inscription dans les réseaux internationaux en la matière, grâce à un renforcement de la relation avec le monde de la réflexion sur les questions de défense : Université, recherche, think tanks, en France et à l’étranger ;
- le soutien à l’enseignement militaire supérieur.
Aussi, A l’horizon 2012, l’IRSEM devrait rassembler 49 personnes dont environ 35 chercheurs. Il sera constitué d’une équipe de direction, d’une direction des études rassemblant 8 directeurs de domaines d’études et d’un pool de recherche comptant 24 chargés d’études ; le tout soutenu par une équipe d’assistance à la recherche de 9 personnes. L’équipe dirigeante est composée du professeur Charillon, directeur, du professeur Ramel, directeur scientifique et du général (2S) Beyer, secrétaire général ; elle sera complétée ultérieurement par la désignation d’un président.
L’activité recherche de l’institut, s’articule autour de 8 domaines d’études : nouveaux conflits (colonel Goya) ; pensée stratégique et nouveaux concepts ; armement et prolifération ; sécurité européenne et transatlantique ; sécurités régionales comparées (amiral (2S) Dufourcq) ; défense et société ; histoire de la défense et de l’armement (professeur Romer) ; enjeux juridiques de la défense (professeur Pancracio).
2) Le baptême du feu du général Abrial à l’ACT…
Cette évolution pour le moins radicale des structures de la recherche stratégique en France – qui ne mettra aucunement en danger les centres de recherche préexistants – devrait mettre le pays dans un « ordre de bataille intellectuel » d’autant plus nécessaire que la prise de fonction du général Abrial comme commandant de l’Alied Transformation Command (soit comme SACT) va mettre à l’épreuve la « French touch » en matière de pensée stratégique. Il a pris ses fonctions le 9 septembre 2009, à bord du porte-avions Eisenhower (« Ike » a, en son temps, été le premier SACEUR), succédant ainsi au général Mattis – que nos lecteurs connaissent bien, notamment pour ses vues critiques sur les opérations basées sur les effets.
L’événement, à cet égard, est exceptionnel : depuis la création de l’OTAN en 1949, c’est la première fois qu’un général non-américain prendra la tête d’un des deux commandements stratégiques de l’OTAN. Basé à Norfolk, le général devra piloter la réforme des armées OTAN, non seulement des points de vue de l’expression des besoins – domaine qui reste encore largement du ressort national – mais également du point de vue doctrinal. C’est dire si l’arrivée d’Abrial constitue une véritable révolution : avec lui, c’est la tête pensante de l’OTAN qui devient française. Reste, cependant, quelques écueils potentiels à ce tableau idyllique.
SACT sous la loupe américaine
Premièrement, l’influence de la pensée américaine reste vivace et ce n’est sans doute pas un hasard si le général Abrial, issu d’une armée de l’Air plus réceptive que les autres armées aux conceptions US a été choisi. Nonobstant ses réelles qualités humaines, intellectuelles et de commandement, il apparaît également comme un « choix diplomatique » bienvenu afin de ne pas choquer outre-mesure des Américains… Qui se plient certes aux positions de Washington mais qui n’en restent pas moins, parfois, assez peu courtois.
Au général de dégotter, par exemple, un logement de fonction. Et aux journalistes devant couvrir sa prise de fonction de trouver plus vite que ça un visa spécifique, tellement kafkaïen que l’ambassade US à Bruxelles demandait les 3 dernières fiches de salaire… afin de prouver la capacité des journalistes à couvrir leurs frais. Pour un séjour de moins de 24 heures, on avouera qu’il fallait oser.
Plus sérieusement, nombreux seront les défis pour le nouvel ACT. L’Afghanistan, d’abord. La poursuite des réflexions se montre indispensable, en particulier dans un contexte ou l’opinion publique et les médias ne cessent de remettre en question la pertinence des choix non seulement français mais aussi otaniens.
Deuxièmement, l’évolution de l’Alliance elle-même, un nouveau concept stratégique devant être présenté au prochain sommet de l’organisation. Là, les défis se multiplient. Bruxelles s’engage dans des missions et des conceptions qu’elle avait peu investigué par le passé. La piraterie maritime, la protection des infrastructures critique sont notamment au menu.
Sans encore compter les défis plus « classiques »… à commencer par une prolifération nucléaire qui n’est plus guère ralentie par le Traité de Non-Prolifération. En somme, c’est un véritable défi qui attend le général… dont l’action, à n’en pas douter, sera scrupuleusement observée par les autres partenaires de l’OTAN, à commencer par les Américains eux-mêmes… En un mot donc, good luck, general - We're with you !
lundi 7 septembre 2009
Feu orange-vert pour le Rafale
Juste une petite remarque sur les Rafale brésiliens :
Le Brésil s'engage a négocier l'achat de 36 Rafale. Comparativement, la France achètera 12 KC390. Si la vente se conclut - j'insiste sur le "si" (sans vouloir jouer à l'oiseau de mauvais augure, ce ne serait pas la première fois que des négos, même très avancées seraient interrompues) - c'est évidemment une bonne nouvelle. Pour le reste, attendons de voir ce que l'AdA entend faire de ses nouveaux appareils... qui eux aussi n'ont pas encore volé...
Le Brésil s'engage a négocier l'achat de 36 Rafale. Comparativement, la France achètera 12 KC390. Si la vente se conclut - j'insiste sur le "si" (sans vouloir jouer à l'oiseau de mauvais augure, ce ne serait pas la première fois que des négos, même très avancées seraient interrompues) - c'est évidemment une bonne nouvelle. Pour le reste, attendons de voir ce que l'AdA entend faire de ses nouveaux appareils... qui eux aussi n'ont pas encore volé...
Le DAOS devient le 4ème RHFS
Nos lecteurs s'en souviendront peut-être, à la fin de l'article que Véronique Sartini consacrait au Détachement Air des Opérations Spéciales (DAOS) de l'armée de Terre, en janvier 2009, la question de la "transformation" en régiment du DAOS était posée.
Il faut croire qu'elle a été entendue : le détachement est officiellement devenu, le 1er août, le 4ème Régiment d'Hélicoptères des Forces Spéciales. Ce qui, au vu du nombre de machines et d'effectif, semble constituer un choix judicieux. Le nouveau régiment attend maintenant la prise d'armes et la remise du drapeau de l'unité... et la visite du CEMAT. Un bon vol à tout le monde !
Il faut croire qu'elle a été entendue : le détachement est officiellement devenu, le 1er août, le 4ème Régiment d'Hélicoptères des Forces Spéciales. Ce qui, au vu du nombre de machines et d'effectif, semble constituer un choix judicieux. Le nouveau régiment attend maintenant la prise d'armes et la remise du drapeau de l'unité... et la visite du CEMAT. Un bon vol à tout le monde !
Serge Gadal analyse les FAS
Dans son dernier ouvrage, Serge Gadal, chargé de recherche à l'ISC (et déjà auteur d'un excellent ouvrage sur William Sherman), revient sur les Forces Aériennes Stratégiques :
"De 1964 à nos jours, les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) ont joué un rôle capital dans la mise en oeuvre de la politique de dissuasion nucléaire de la France, garantie principale de son indépendance. Du mythique Mirage IV au Rafale, en passant par les missiles du plateau d’Albion, le Mirage 2000N et le fidèle ravitailleur C-135FR, l’outil militaire qu’a bâti notre pays, sous l’impulsion initiale du général de Gaulle, sans l’aide d’aucune puissance étrangère, force l’admiration. Aucune étude historique d’envergure n’avait encore été publiée sur ce sujet. Ce livre, qui prend en compte les témoignages, pour la plupart inédits, d’anciens des FAS, répare cet oubli et raconte l’aventure de ces pionniers de la dissuasion en replaçant l’évolution des matériels et des doctrines dans le contexte politique et stratégique de l’époque".
Préfacé par Nicolas Sarkozy, Forces aériennes stratégiques (Coll. Bibliothèque stratégique, Economica, Paris, 2009, 400 p.) est déjà disponible sur Amazon.
"De 1964 à nos jours, les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) ont joué un rôle capital dans la mise en oeuvre de la politique de dissuasion nucléaire de la France, garantie principale de son indépendance. Du mythique Mirage IV au Rafale, en passant par les missiles du plateau d’Albion, le Mirage 2000N et le fidèle ravitailleur C-135FR, l’outil militaire qu’a bâti notre pays, sous l’impulsion initiale du général de Gaulle, sans l’aide d’aucune puissance étrangère, force l’admiration. Aucune étude historique d’envergure n’avait encore été publiée sur ce sujet. Ce livre, qui prend en compte les témoignages, pour la plupart inédits, d’anciens des FAS, répare cet oubli et raconte l’aventure de ces pionniers de la dissuasion en replaçant l’évolution des matériels et des doctrines dans le contexte politique et stratégique de l’époque".
Préfacé par Nicolas Sarkozy, Forces aériennes stratégiques (Coll. Bibliothèque stratégique, Economica, Paris, 2009, 400 p.) est déjà disponible sur Amazon.
samedi 5 septembre 2009
Guardian Falcon : 780 missions et une trentaine de tirs
C'est le 2 septembre 2008 qu'ont été envoyés, pour la deuxième fois, 4 F-16 (2 autres les ont rejoint depuis lors) de la Force Aérienne (1). Ils étaient par contre basés, pour la première fois, depuis Kandahar. Depuis, ils ont, selon La Libre Belgique, accumulé 2.500 heure de vol au cours de 780 sorties - soit environ une mission de deux appareils/jour.
Les appareils ont participé à 116 engagements, dont 3/4 de show of force, tandis que des munitions ont été tirées "à une trentaine de reprises". Fait remarquable, "aucune victime innocente n'est à déplorer parmi la population locale lors de ces interventions". L'ensemble appelle plusieurs commentaires de ma part :
-1 : d'abord, sur la politique de communication (et petite parenthèse dans le débat stratégique). Depuis l'arrivée de De Crem, des points presses sont tenus plus fréquemment. Plus de détails y sont donnés que par le passé. En ce sens, si la CGSP défense (syndicat socialiste) indiquait dans son dernier "Info défense" qu'elle n'était pas d'accord avec moi sur la plus grande clarté des infos (tout en me rejoignant sur l'importance de la recherche stratégique - ce sur quoi je les remercie : ça fait du bien de se sentir soutenu !), je maintiens néanmoins. Aussi, si les parlementaires ne lisent pas la presse, spécialisée ou non, il est évident qu'ils se montreront étonnés de l'activité belge ou, plus largement, ISAF sur place...
-2 : sur l'utilité du show of force (SOF) et, plus généralement, sur l'utilisation des forces aériennes en COIN. C'est une thématique sur laquelle j'aimerais revenir dans un bouquin (et sur laquelle je vais pouvoir martyriser mes étudiants courant octobre). Grosso modo, le SOF est une mesure certes efficiente - une preuve de plus d'une dissuasion tactique - mais naturellement temporaire.
Elle permet de volatiliser l'adversaire dans l'espace mais de façon uniquement transitoire - ce qui n'en est pas moins utile, évidemment. Ce qui tend à me renforcer dans mes convictions sur l'importance que la persistance (et, plus généralement, le rôle du facteur temps) peut avoir pour l'art de la guerre.
Si je reviens dessus dans Airpower et Seapower, elle montre aussi que si nous avons conquis le facteur géographique, le temporel reste une terra (partiellement) incognita. De ce point de vue, je vous renvoie à l'excellent article de Gregory et Christophe, dans le prochain DSI-T.
3 : sur le débat portant, pour les forces aériennes, sur l'opposition entre engagements "de haute intensité/classiques/réguliers/symétriques" et celui sur les engagements "de basse intensité/non conventionnels/irréguliers/asymétriques" (qui irrigue notamment Alliance Géostratégique ce mois-ci).
Outre que ces catégories tendent à se brouiller - vertus de la techno-guérilla faisant - elles doivent aussi être analysées par le concret des engagements et ce qu'ils signifient pour la préparation des pilotes - et pas uniquement en termes de choix technologiques. Ici, les informations sur l'activité de la FAé sont intéressantes : rotations de personnels aidant, ce sont pas moins de 53 pilotes qui sont, jusqu'ici, intervenus en Afghanistan - soit une part non négligeable des pilotes FAé.
Autrement dit, lorsque je donnais mon cours de stratégie aérienne théorique l'an passé, seuls quelques-uns dans la salle voyaient concrètement (soit au-delà de ce qu'ils avaient lu ou discuté) de quoi on parlait lorsqu'on évoquait le COIN. Cette année, les gars seront déjà bien au courant d'une série de facteurs, de tendances et de constantes. Si c'est une "génération COIN" qui se lève, c'est aussi une génération qui a connu le combat - et non les seuls entraînements - et appliqué des procédures qui rentrent dans un cadre non seulement COIN mais, également "classique".
En d'autres termes - on y viendra peut-être au cours de la table ronde "maîtrise aérienne" que j'animerai aux prochaines Université d'été de la défense, le débat ne se pose pas tellement en termes de "compétences COIN" Vs. "compétences classiques" mais en termes de différences "vécues" par les forces aériennes, que ce soit en planification ou en exécution. Or, force est aussi de constater que là aussi, les modes d'engagement évoluent.
Pression technologique faisant (guerre réseaucentrée, volume d'information et de communication), le "flex targeting" (recours aux forces aériennes "à la demande") devient standard. Et ce, on l'a vu en Irak ou au Kosovo, aussi bien en engagements réguliers comme irréguliers. Les bons vieux "raids" préplanifiés existent toujours (en phase d'ouverture principalement) mais force est aussi de constater qu'ils nécessitent moins de compétences.
Le plus dur reste d'intervenir "à la demande" dans une des innombrables vallées qui constitueraient une zone d'engagement potentielle, en opérant le choix de munitions le plus approprié, en faisant gaffe à ses arrières (y compris dans les stratégies contre-aériennes des guérillas), à la position des "amis", à celle d'adversaires bien moins visibles que des chars, en tenant compte des ROE et, last but not least, en restant méchamment concentré après un vol de plusieurs heures qui vous endolorit.
Le COIN, de ce point de vue et pour les forces aériennes, pourrait ne pas signifier une perte de compétences air-sol mais bien les accroître - y compris face à la menace antiaérienne. Après, bien évidemment, reste la question de la supériorité aérienne. C'est évidemment autre chose... Mais c'est aussi pour cela que les entraînements sont faits.
Après tout, depuis 1945, les seuls engagements air-air d'une force aérienne européenne continentale l'ont été (je peux faire une erreur) en 1991, 1992 et 1999. As-t-on pour autant perdu les compétences acquises durant la 2ème GM ? Le résultat dis tout : aucune perte pour nous et des adversaires au tapis. Comme le disait si bien Nimitz : training, training, training...
(1) En théorie, nous sommes sensés parler de "composante air" depuis la réforme "joint". Concrètement, "FAé" reste largement utilisé.
Les appareils ont participé à 116 engagements, dont 3/4 de show of force, tandis que des munitions ont été tirées "à une trentaine de reprises". Fait remarquable, "aucune victime innocente n'est à déplorer parmi la population locale lors de ces interventions". L'ensemble appelle plusieurs commentaires de ma part :
-1 : d'abord, sur la politique de communication (et petite parenthèse dans le débat stratégique). Depuis l'arrivée de De Crem, des points presses sont tenus plus fréquemment. Plus de détails y sont donnés que par le passé. En ce sens, si la CGSP défense (syndicat socialiste) indiquait dans son dernier "Info défense" qu'elle n'était pas d'accord avec moi sur la plus grande clarté des infos (tout en me rejoignant sur l'importance de la recherche stratégique - ce sur quoi je les remercie : ça fait du bien de se sentir soutenu !), je maintiens néanmoins. Aussi, si les parlementaires ne lisent pas la presse, spécialisée ou non, il est évident qu'ils se montreront étonnés de l'activité belge ou, plus largement, ISAF sur place...
-2 : sur l'utilité du show of force (SOF) et, plus généralement, sur l'utilisation des forces aériennes en COIN. C'est une thématique sur laquelle j'aimerais revenir dans un bouquin (et sur laquelle je vais pouvoir martyriser mes étudiants courant octobre). Grosso modo, le SOF est une mesure certes efficiente - une preuve de plus d'une dissuasion tactique - mais naturellement temporaire.
Elle permet de volatiliser l'adversaire dans l'espace mais de façon uniquement transitoire - ce qui n'en est pas moins utile, évidemment. Ce qui tend à me renforcer dans mes convictions sur l'importance que la persistance (et, plus généralement, le rôle du facteur temps) peut avoir pour l'art de la guerre.
Si je reviens dessus dans Airpower et Seapower, elle montre aussi que si nous avons conquis le facteur géographique, le temporel reste une terra (partiellement) incognita. De ce point de vue, je vous renvoie à l'excellent article de Gregory et Christophe, dans le prochain DSI-T.
3 : sur le débat portant, pour les forces aériennes, sur l'opposition entre engagements "de haute intensité/classiques/réguliers/symétriques" et celui sur les engagements "de basse intensité/non conventionnels/irréguliers/asymétriques" (qui irrigue notamment Alliance Géostratégique ce mois-ci).
Outre que ces catégories tendent à se brouiller - vertus de la techno-guérilla faisant - elles doivent aussi être analysées par le concret des engagements et ce qu'ils signifient pour la préparation des pilotes - et pas uniquement en termes de choix technologiques. Ici, les informations sur l'activité de la FAé sont intéressantes : rotations de personnels aidant, ce sont pas moins de 53 pilotes qui sont, jusqu'ici, intervenus en Afghanistan - soit une part non négligeable des pilotes FAé.
Autrement dit, lorsque je donnais mon cours de stratégie aérienne théorique l'an passé, seuls quelques-uns dans la salle voyaient concrètement (soit au-delà de ce qu'ils avaient lu ou discuté) de quoi on parlait lorsqu'on évoquait le COIN. Cette année, les gars seront déjà bien au courant d'une série de facteurs, de tendances et de constantes. Si c'est une "génération COIN" qui se lève, c'est aussi une génération qui a connu le combat - et non les seuls entraînements - et appliqué des procédures qui rentrent dans un cadre non seulement COIN mais, également "classique".
En d'autres termes - on y viendra peut-être au cours de la table ronde "maîtrise aérienne" que j'animerai aux prochaines Université d'été de la défense, le débat ne se pose pas tellement en termes de "compétences COIN" Vs. "compétences classiques" mais en termes de différences "vécues" par les forces aériennes, que ce soit en planification ou en exécution. Or, force est aussi de constater que là aussi, les modes d'engagement évoluent.
Pression technologique faisant (guerre réseaucentrée, volume d'information et de communication), le "flex targeting" (recours aux forces aériennes "à la demande") devient standard. Et ce, on l'a vu en Irak ou au Kosovo, aussi bien en engagements réguliers comme irréguliers. Les bons vieux "raids" préplanifiés existent toujours (en phase d'ouverture principalement) mais force est aussi de constater qu'ils nécessitent moins de compétences.
Le plus dur reste d'intervenir "à la demande" dans une des innombrables vallées qui constitueraient une zone d'engagement potentielle, en opérant le choix de munitions le plus approprié, en faisant gaffe à ses arrières (y compris dans les stratégies contre-aériennes des guérillas), à la position des "amis", à celle d'adversaires bien moins visibles que des chars, en tenant compte des ROE et, last but not least, en restant méchamment concentré après un vol de plusieurs heures qui vous endolorit.
Le COIN, de ce point de vue et pour les forces aériennes, pourrait ne pas signifier une perte de compétences air-sol mais bien les accroître - y compris face à la menace antiaérienne. Après, bien évidemment, reste la question de la supériorité aérienne. C'est évidemment autre chose... Mais c'est aussi pour cela que les entraînements sont faits.
Après tout, depuis 1945, les seuls engagements air-air d'une force aérienne européenne continentale l'ont été (je peux faire une erreur) en 1991, 1992 et 1999. As-t-on pour autant perdu les compétences acquises durant la 2ème GM ? Le résultat dis tout : aucune perte pour nous et des adversaires au tapis. Comme le disait si bien Nimitz : training, training, training...
(1) En théorie, nous sommes sensés parler de "composante air" depuis la réforme "joint". Concrètement, "FAé" reste largement utilisé.
vendredi 4 septembre 2009
C'était un 4 septembre, il y a 65 ans...
La "brigade Piron", après avoir débarqué ses premiers éléments le 30 juillet 44 (l'essentiel est arrivé en août) et libéré la Côte Fleurie, entrait en Belgique près de Tournai le 3 septembre et libérait Bruxelles le lendemain, entrant dans les faubourgs à 15h.
La brigade poursuivra vers Anvers et les Pays-Bas avec les Canadiens et les Britanniques - les combats y seront terribles - mais aussi l'Allemagne. Comptant essentiellement des Wallons , des Bruxellois et des Luxembourgeois, le 1st Belgian Group deviendra la 1ere brigade... toujours en activité.
Après avoir été aide de camp du régent, du roi et patron de la défense belge, Jean-Baptiste Piron, surnommé "le lion", est mort 30 ans jour pour jour après son entrée dans Bruxelles.
La brigade poursuivra vers Anvers et les Pays-Bas avec les Canadiens et les Britanniques - les combats y seront terribles - mais aussi l'Allemagne. Comptant essentiellement des Wallons , des Bruxellois et des Luxembourgeois, le 1st Belgian Group deviendra la 1ere brigade... toujours en activité.
Après avoir été aide de camp du régent, du roi et patron de la défense belge, Jean-Baptiste Piron, surnommé "le lion", est mort 30 ans jour pour jour après son entrée dans Bruxelles.
jeudi 3 septembre 2009
Armée de Terre : 332 VBCI en plus
Le ministre de la Défense a annoncé la commande de 332 VBCI, une acquisition notifiée par la Délégation générale pour l’armement (DGA) au groupement d’entreprises constitué par les sociétés Nexter Systems et Renault Trucks Défense.
Le nombre de VBCI commandés pour l’armée de Terre s’élève ainsi et au total à 630 véhicules. Le montant global du programme VBCI, incluant le développement et l’industrialisation, s’établit à 2,86 milliards d’euros.
Le communiqué de presse indique que "Lancé en 2000, le programme est maintenant en production à pleine cadence. Le premier VBCI est sorti d’usine en 2008 et plus de 100 véhicules ont déjà été livrés. Les derniers exemplaires seront livrés à l’armée de Terre en 2015. La première unité de combat dotée de ce nouveau blindé, le 35e Régiment d’infanterie (Belfort), a défilé cette année à Paris le 14 Juillet avec ses VBCI".
A ne pas manquer, à ce sujet, l'article de Jean-Louis sur le VBCI au 35ème RI dans le Hors série actuellement en kiosque ;o)
Le nombre de VBCI commandés pour l’armée de Terre s’élève ainsi et au total à 630 véhicules. Le montant global du programme VBCI, incluant le développement et l’industrialisation, s’établit à 2,86 milliards d’euros.
Le communiqué de presse indique que "Lancé en 2000, le programme est maintenant en production à pleine cadence. Le premier VBCI est sorti d’usine en 2008 et plus de 100 véhicules ont déjà été livrés. Les derniers exemplaires seront livrés à l’armée de Terre en 2015. La première unité de combat dotée de ce nouveau blindé, le 35e Régiment d’infanterie (Belfort), a défilé cette année à Paris le 14 Juillet avec ses VBCI".
A ne pas manquer, à ce sujet, l'article de Jean-Louis sur le VBCI au 35ème RI dans le Hors série actuellement en kiosque ;o)
samedi 29 août 2009
DSI 51, septembre 2009 : le sommaire
Editorial
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C.
Sur le vif
Armées contre insurgés : à qui profite le web ?
Entretien avec Marc Hecker, chercheur au Centre des études de sécurité de l’IFRI, co-auteur de War 2.0. Irregular Warfare in the Information Age (Praeger, 2009)
Le feu contre l'homme : l'impasse de la destruction comme idéal de guerre
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire militaire
Stratégie
L’héritage d’Allied Force
Entretien avec le général de corps d’armée (2S) Jean-Patrick Gaviard, ancien commandant du CDAOA, expert associé auprès de la CEIS
Le feu contre l'homme : l'impasse de la destruction comme idéal de guerre
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire militaire
Stratégie
L’héritage d’Allied Force
Entretien avec le général de corps d’armée (2S) Jean-Patrick Gaviard, ancien commandant du CDAOA, expert associé auprès de la CEIS
POLAD auprès du général commandant la FIAS en Afghanistan : Témoignage et analyse politique de 6 mois de mission
Par Marie-Dominique Charlier, lieutenant-colonel chargé de mission au Centre de Doctrine d’Emploi des Forces de l’armée de Terre
Créer l'impuissance chez l'adversaire : un art opératif pour le XXIème siècle
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire
Peut-on commander dans la postmodernité ?
Peut-on commander dans la postmodernité ?
Chef d’escadron (Gendarmerie) Richard Pegourie, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Armées
L’amphibie à l’italienne
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Armées
L’amphibie à l’italienne
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
La Marina Militare : à l’avant-garde
Par Philippe Langloit et Joseph Henrotin, chargés de recherche au CAPRI
Tableau de bord : la Marina militare
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc. Derniers tours d’hélice
Par Véronique Sartini, journaliste
Technologie
Une base navale n’est jamais à l’abri des coups
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Protection des ports : le maillon faible de la stratégie maritime ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Fiches techniques
E-2C/D Hawkeye
Lance-roquettes multiples BM-30 Smerch
Porte-hélicoptères Jeanne d'Arc
Critiques de lecture
De la manœuvre napoléonienne à l’offensive à outrance. La tactique générale de l’armée française 1871-1914 de Dimitry Queloz
War 2.0. Irregular Warfare in the Information Age de Thomas Rid et Marc Hecker
vendredi 28 août 2009
Juste pour le week-end : un peu de robotique en musique
J'en avait parlé à Michel pendant mon passage de juin à St Cyr. Et bien voilà. Inutile de dire que je considère Royksopp comme l'un des meilleurs groupes sur la scène post-humuniste. Malheureusement, la version officielle du clip n'est pas disponible pour cause de copyright. Celle de remind me et son délicieux parfum de micro-systémique, par contre, l'est :
LCS-2, FIST, SEP et autres...

...seront au menu du prochain DSI-Technologies, avec en prime un assez long article de Jean-Louis sur le devenir de la flotte de "2000" et des interviews de P. Le Pautremat sur les forces spéciales (il a récemment fait paraître un ouvrage sur le sujet) et de P. Baulon sur les antimissiles.
Avec également quelques autres articles qui méritent le détour, des Wargames aux tendances de la stratégie des moyens navals en passant par la suite de la série sur la sociologie technique des drones de Gregory Pajon et Christophe Boutherin, du Centre de Recherche de l'armée de l'Air.
Mais il faudra patienter encore un peu. La bête sera en kiosque vers le 11 septembre.
jeudi 27 août 2009
Aux sources du terrorisme
Hélène L’HEUILLET, Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides, Fayard, Paris, 2009, 346 p.
Si les stratégistes en ont déjà beaucoup dit sur le terrorisme, les philosophes sont restés relativement discrets sur le sujet. Et en particulier ces philosophes que nous pourrions qualifier d’opérationnels, qui évitent de s’engoncer dans des logiques verbeuses (où l’attention portée à la rhétorique se fait au dépend du sens général du propos), leur préférant le décryptage et l’analyse.
Hélène L’Heuillet appartient justement à cette catégorie des analystes. Elle produit un ouvrage riche, dense et explicite proposant de remonter aux sources du terrorisme. Il ne s’agit pas ici de décrire les menaces ou d’évaluer leur probabilité d’occurrence mais bien de disséquer un phénomène qui n’est ni neuf ni si fragmenté qu’il n’existerait pas, comme le pensait D. Bigo.
L’auteure, à cet égard, révèle (et démontre) qu’il existe plus qu’une unicité du terrorisme mais bien une véritable filiation, des lignes de continuité dans ce qui peut être posé en soi comme une stratégie. L’œil du philosophe apporte, ici, plus qu’on ne pourrait le croire : croiser sa lecture avec les enseignements de S. Naveh montre que le terrorisme constitue un mode d’action de niveau opérationnel-stratégique.
H. L’Heuillet fait référence à Freud (classiquement) avant de questionner (notre liste n’est pas exhaustive) Clausewitz, Schopenhauer, Nietzche, le nihilisme ou encore la démocratie. C’est érudit, c’est solidement argumenté et l’auteure d’aboutir à une conclusion non seulement brillante mais qui ouvre également des portes conceptuelles extrêmement porteuses (à notre sens) : « l’idée que le terrorisme serait « l’arme des faibles » est déjà non-démocratique et commet l’erreur de transposer dans la réalité ce qui n’est que rhétorique politique » (p. 321). Bien écrit et clair – quoique requérant la connaissance des bases élémentaires de la philosophie – il constitue un éclairage précieux.
Libellés :
Miam des livres,
Stratégie,
Terrorisme
mercredi 26 août 2009
Lectures : Clausewitz in the 21st Century

Hew STRACHAN and Andreas HERBERG-ROTHE (Eds.), Clausewitz in the Twenty-First Century, Oxford University Press, London, 2009, 319 p.
Cet ouvrage sur Clausewitz constituera sans aucun doute avec De la guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine (Cf. DSI n°42) l’une des grandes références sur le sujet.
Les auteurs – les meilleurs experts mondiaux du général prussien, dont Benoît Durieux – examinent ici une série de questions essentielles et examinent successivement : le rapport de Clausewitz à la guerre, à la non-linéarité, à la primauté du politique et aux évolutions de la « trinité », à la notion d’objectif, aux forces morales, aux sciences sociales, à la victoire, à la défense, à la petite guerre, à la privatisation de la guerre, à la « guerre contre le terrorisme », à la guerre de l’information, aux démocraties ou à la limitation de la violence.
Les thématiques sont variées et les auteurs ont à cœur de comprendre totalement les mécanismes clausewitzien, au besoin en réexaminant les traductions effectuées jusqu’ici et qui ont pu tromper le lecteur. Un chapitre est d’ailleurs dédié à cette question. Si l’ouvrage fera date, c’est également parce qu’il réfère à des études stratégiques de haute volée, la méthode utilisée démontrant clairement que Clausewitz a encore beaucoup de choses à nous apprendre.
Les interprétations qui peuvent être données à l’un ou l’autre de ses concepts sont encore nombreuses et démontrent in fine l’ampleur de la pensée du Prussien. Aussi l’ouvrage est-il d’abord réservé à un public averti : si les discussions sont académiques, leur portée est directement pratique. Une bonne connaissance préalable des travaux de et sur le général-écrivain est donc nécessaire. Mais, pour celle ou celui qui la possède, l’ouvrage ne manquera pas de faire réfléchir. Indispensable donc pour les aficionados du grand Carl. J.H.
mardi 25 août 2009
Lectures : Wired for War
Peter W. Singer, Wired for War. The Robotics Revolution and Conflict in the 21st Century, The Penguin Press, New York, 2009, 499 p. D’emblée, l’ouvrage impressionne : parler en 500 pages de la robotique dans les opérations militaire là où David Axe (Warbots, Nimble Books, 2008) n’en écrivait que 88 ? Doit-on s’attendre à un inventaire à la Prévert portant sur les UAV, UCAV, USV, UGV, UGCV, et autres UUV ? Justement, non, bien au contraire.
Il s’agit bien ici d’un ouvrage d’analyse approfondie, des points de vue tactique, stratégique, historique, éthique, économique mais aussi philosophique et sociologique de l’art de la guerre robotisée. Pas ici question de plaidoyer « pro » ou « anti » : l’auteur, chercheur à la Brookings a qui l’on doit des ouvrages remarqués sur la privatisation de la guerre ou les enfants-soldats effectue une analyse minutieuse qui lui a pris des années.
Allant sur le terrain en Afghanistan ou en Irak, il montre comment les hommes en viennent, par exemple, à s’émouvoir parce que leur robot a subi une attaque. Au-delà des anecdotes, nombreuses, la plume légère et « à l’américaine » de l’intellectuel pousse à fond le concept de robotique, l’interroge et l’humilie au contact des réalités – sous oublier l’ombre portée d’une science fiction qui joue un rôle moteur dans ces développements.
Il s’agit bel et bien de voir jusqu’où, comment et sous quelles formes la robotisation va innerver les forces armées – certes américaines mais aussi alliées, et potentiellement, adverses. L’ouvrage, en ce sens, ne constitue qu’une petite pierre aux travaux portant sur les opérations futures mais les questions posées sont plus que pertinentes.
Si les réponses manquent parfois d’un peu de systématisme et d’esprit de synthèse, c’est aussi parce qu’elles restent ouvertes. Si vous vous intéressez à la technologie, à la robotique ou à la stratégie des moyens, cet ouvrage – une véritable bible sur la question – est manifestement fait pour vous. J.H.
lundi 24 août 2009
Le Charles de Gaulle va reprendre la mer
Selon un communiqué du CECMED, "Dans le cadre des travaux de remise en état de sa propulsion, le porte-avions procédera à des essais techniques en mer à partir du 25 août 2009. En mars dernier, le chef d’état major de la marine avait décidé de suspendre le programme d’activités à la mer du bâtiment après le constat de l’usure anormale de deux pièces mécaniques d’entraînement des lignes d’arbres. Depuis, la cause du problème a été identifiée et les deux pièces ont été changées. A l’issue des essais et des vérifications techniques, le Charles de Gaulle devrait reprendre son programme de remise en condition opérationelle".
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