samedi 12 janvier 2008

Un peu de zénitude...

Beaucoup d'amis français se montrent assez inquiet de l'évolution de la situation belge. Si j'ai certes pu fournir des réponses académiques à leurs interrogations, j'en rajouterais une petite couche avec TV Belgiek, show quotidien complètement décalé et qui révèle quelques petites perles d'humour (éventuellement belge), dont le petit dernier est consacré à la problématique des vols au départ de Zaventem. Riante cité s'urbanisant sans cesse - mais dont les habitants ne semblaient pas avoir remarqué qu'un aéroport se trouvait à côté - son dossier, comme tout bon dossier belge, a gaillardement été "communautarisé". A voir sans modération, parce qu'après tout, le week-end, c'est le week-end.

jeudi 10 janvier 2008

Gowind bulgares : ajournées

La Bulgarie a ajourné l'achat de quatre corvettes françaises Gowind au profit à ce stade de deux frégates belges d'occasion et d'un démineur, annonce le ministre de la défence Vesselin Bliznakov.

L'achat de quatre corvettes à DCNS, pour un prix de 700 à 780 millions d'euros, a été reportée par manque de ressources. Elle a par contre acheté deux frégates belges d'occasion et un démineur pour un montant total de 54 millions d'euros. "La première frégate, et peut-être même les trois bateaux, sera livrée à l'été 2008", a-t-il ajouté. Sofia avait acheté une frégate belge en 2005, son premier navire militaire aux normes de l'Otan.

Toujours selon le ministre bulgare, "nous ne pouvons pas finaliser l'achat, et continuer avec ce projet, car nous n'avons pas de quoi payer les 20% d'avance", tout en ajoutant que la Bulgarie ne renonçait pas définitivement à cet achat, mais que le budget de la défense (2,1% du PIB en 2008) ne le permettrait pas dans les trois prochaines années.

Chine : légère augmentation du nombre de patrouilles sous-marines

Souvent présentée comme en pleine croissance, la marine chinoise n’en fait pas moins face à des problèmes opérationnels importants. L’on a ainsi appris de l’US Navy que, tout en disposant de 55 sous-marins de toutes classes et de toute catégorie, Pékin n’a mené que 6 patrouilles avec ses bâtiments en 2007 (contre 2 en 2006 et…0 en 2005).

Aucune patrouille de dissuasion nucléaire n’a été menée durant la même période. Depuis 1981, la Chine n’aura mené plus de 5 patrouilles qu’en 2000 et 2007 et, depuis 26 ans, elle n’aura mené que 56 patrouilles. Comparativement et toujours selon la même source, la Russie a mené 7 patrouilles en 2007.

Reste, cependant, que les navires ne restent pas au port pour autant : la définition que la Navy donne à une « patrouille » est toujours considérée comme secrète (car susceptible de dévoiler ses sources et ses méthodes de renseignement).

Concrètement, elles recouvriraient des déploiements opérationnels à des distances permettant de menacer des flottes US ou amies. On notera par ailleurs que la modernisation de la flotte sous-marine chinoise ne s’accompagne pas d’une augmentation quantitative.

En réalité, elle est en déclin, 2/3 des bâtiments ayant été perdus depuis 1985. D’un point de vue qualitatif, entre 2000 et 2006, lorsque la Chine a reçu une douzaine de Kilo et de Song, le nombre de patrouilles à décliné, soulignant la difficulté pour la marine de l’APL d’intégrer ses nouveaux bâtiments.

mercredi 9 janvier 2008

Contre-terrorisme en Belgique, l'heure de la stratégie

Dans la foulée du débat dominical auquel m'avait été donné l'occasion de participer, je me suis dit que l'alerte terroriste que nous avions connu en Belgique à la fin 2007 devait être source d'enseignements. D'où une opinion parue dans La Libre Belgique d'aujourd'hui et que je me permet de reproduire :

Cessez de respirer, nous pourrions être attaqués !

Bien des leçons sont à tirer de la récente alerte terroriste. Surprenante dans un pays où l'on a systématiquement minimisé les risques d'attaque, elle a certes démontré la réactivité de l'OCAM - le nouvel organe chargé de l'évaluation de la menace - et de la police. Mais elle a également démontré notre dénuement en matière de stratégie contre-terroriste. On ne peut, en effet, se limiter à disposer de services de renseignement et d'une police ostensiblement déployée sur le terrain dans l'espoir de dissuader des attaques (1) . L'expérience le montre, l'effet dissuasif d'une présence policière ou encore de caméras est minime face à des kamikazes déterminés. Si l'on me rétorquera qu'il fallait bien faire quelque chose, je ferai néanmoins remarquer que, dans l'observation de comportements suspects, un policier en civil correctement formé - ce qui est encore loin d'être le cas - sera quasi-systématiquement toujours plus efficace. C'est une première leçon.

Deuxième leçon, notre communication de crise en connaît une particulièrement aigüe. L'on a voulu communiquer, bredouillant des projets d'évasion de N. Trabelsi puis évoquant d'autres menaces, sans guère clarifier. Soit, en communication contre-terroriste, la pire des configurations. L'expérience britannique en matière de gestion de la résilience montre en effet que, face à une menace, il est nécessaire de communiquer, de façon à réduire les effets néfastes d'une attaque sur la population. Si l'on ne pouvait éviter les effets physiques (les explosions), il reste possible de limiter les impacts psychologiques. Or, ces derniers sont liés à la surprise provoquée par les attentats, et plus on communique, moins la surprise est importante. De ce point de vue, la Belgique revient de loin : à force d'avoir minimisé durant des années la probabilité que le pays puisse être la cible d'attentats, nous devons à présent rattraper le retard en toute urgence, au risque de provoquer une paranoïa... qui aura surtout démontré la victoire des terroristes.

De là découle une troisième leçon. La permanence de la menace impose d'accepter un certain nombre de réflexions pour le moins désagréables. Ainsi, si nos services, malgré leurs efforts, ne détectent aucune activité, cela ne veut pas pour autant dire que rien ne se passe. Dès lors, il faut accepter la possibilité qu'une cellule ne soit pas démantelée à temps et qu'elle réussisse un attentat. De ce point de vue, certifier à la population que jamais rien ne se passera est aussi irresponsable que les atermoiements quant à l'attribution à la Sûreté ou au SGRS de nouvelles ressources. Par ailleurs, cette permanence de la menace nous impose de nous organiser en conséquence. C'est une tâche complexe qui passe autant par une prise de conscience - au travers, notamment, de l'enseignement - que par une formation adéquate de la police ou des pompiers (par définition plus à même que le niveau politique à gérer une communication de crise sur le terrain), par une meilleure offre d'information aux citoyens (via des sites internet, par exemple) ou par des simulations régulières impliquant le niveau politique (la clé de l'efficacité du maire de New York, le 11 septembre).

L'expérience britannique en matière de résilience, de ce point de vue, est riche. Mais, malgré un coût dérisoire, elle semble délibérément déconsidérée en Belgique, la complexité institutionnelle faisant bien souvent obstacle à son déploiement : une politique de résilience impose en effet des coopérations entre les ministères fédéraux, des régions et des communautés. C'est encore sans compter sur les lourdeurs bureaucratiques et l'inertie. Ce n'est ainsi qu'en 2007 que le Parlement européen a mis en place un contingency plan examinant différents scénarios lui permettant de continuer à travailler en situation de crise. Combien d'entreprises en disposent ? Nos principales institutions en ont-elles développé ? Là aussi, on le voit, une stratégie contre-terroriste intégrée et efficace ne peut se contenter de s'appuyer sur les services de renseignement et la police.

La quatrième leçon devrait être évidente mais ne le semble pourtant pas : il faut continuer à vivre. Euthanasier l'économie en tendant vers l'imposition de ce qui s'apparente à un embryon de couvre-feux - par exemple, en fermant le marché de Noël sur la Grand - Place à 18 heures - n'aidera en rien la lutte contre le terrorisme. Premièrement, sauf à vider les rues des passants, vous n'empêcherez pas une frappe. Vous n'empêcherez pas non plus le terroriste de frapper avant la fermeture des commerces (sans doute, d'ailleurs, plus fréquentés un samedi à 15 heures qu'un mardi à 19 heures). Deuxièmement, vous contribuerez à instaurer un climat de peur qui, historiquement, n'a jamais été propice à la consommation. Or, ajouter au terrorisme le marasme économique ne me semble pas être une bonne solution ni au financement de nos services ni à l'obtention d'un climat harmonieux de "vivre-ensemble". Au final, si des mesures aussi spectaculaires que la fermeture des commerces où l'annulation d'un feu d'artifice "donnent l'impression de faire quelque chose", l'usage de techniques de filtrage eût sans doute été préférable.

A cet égard, en matière de contre-terrorisme, le "summum de l'art" consiste à impliquer la population dans sa propre sécurité. Or, l'attitude du gouvernement a quasi-systématiquement consisté, ces dernières années, à indiquer qu'il se chargeait de tout au travers des services de sécurité. Or, la population a également un rôle à jouer, ne fût-ce qu'en facilitant le travail des services, en comprenant leurs actions, en ne les entravant pas et en ne les surchargeant pas. Ainsi, à la suite des attentats de Londres en juillet 2005, le nombre de colis suspects signalés aux services de pompiers et de police bruxellois a augmenté de 600 pc, les appels étant le plus souvent de bonne foi, soulignant ainsi la paranoïa naissante d'une population que l'on n'a jamais formé à faire face à ce genre de situation. De ce point de vue, en annulant des événements populaires, l'on coupe la population de sa propre sécurité face à une menace qui n'est pas totalement avérée.

A ce rythme, un décalage risque de rapidement se faire sentir entre des événements annulés et des événements autorisés. Comment faire l'arbitrage ? Au moindre signe de menace - on l'a vu, toujours latente - devons-nous cessez de respirer et nous enfoncer dans la paranoïa ? Devons-nous donner aux terroristes la plus belle des victoires, celle qui consiste à terroriser et à soumettre sans même avoir à frapper ? Des réactions trop linéaires - fermetures et déploiements massifs de forces de l'ordre - sont sans doute le signe d'une réflexion insuffisante. Ces mesures peuvent être nécessaires dans certains cas de figure, mais elles ne sont pas la panacée. Si soutenir le développement de nos services de renseignement fait à présent l'objet d'un consensus (quoique, certains me diront, peu suivi dans les faits) et que l'on reconnaît - enfin ! - que nous ne sommes pas moins visés qu'un autre Etat, il faut encore apprendre à vivre avec la réalité du monde.

Il est temps : nous sommes plus de 6 ans après le 11 septembre... et nous n'aurons pas toujours la chance de ne pas voir de bombes éclater durant une aussi longue période.

(1) Evidemment, ces mesures possèdent d'autres avantages... mais pas dans la prévention d'une attaque.

mardi 8 janvier 2008

Une nouvelle UAS Roadmap

La lecture de l’UAS Roadmap 2007-2032 (définissant l’évolution des systèmes de drones du Pentagone) parue le 10 décembre 2007 permet de se rendre compte que la politique poursuivie par Washington envisage une diminution des ambitions technologiques poursuivies.

Ainsi, quatre grandes directions de recherche et développement sont dégagées en matière de des drones – aériens, navals et terrestres – seront la reconnaissance et la surveillance ; l’identification et la désignation d’objectifs ; les opérations de déminage et la reconnaissance CBRNE (Chemical, Biological, Radiological, Nuclear, Explosive).

Mais si les appareils pourront être affectés à des missions de frappe – notamment dans le cadre d’opérations de suppression de défense aériennes adverses – ils ne seront pas, selon Dyke Weatherington, directeur adjoint de la task-force « Unmanned Aircraft Systems », capables de mener des combats aériens.

Ainsi, « il n’y a vraiment aucun moyen pour qu’un système piloté à distance puisse effectivement opérer dans des combats aériens défensifs ou offensifs ». Reste l’option d’un système totalement autonome mais là « nous n’avons pas encore ce niveau d’autonomie et, franchement, venir à bout de cette Roadmap va prendre de nombreuses années ».

Back in Begium : le retour du retour 2

Bon, finalement, le débat n'est pas consultable dans son intégralité sur le site de RTL. Cependant, le journal télévisé a résumé assez succintement le débat - assez animé par ailleurs - juste ici.

samedi 5 janvier 2008

Back in Belgium : le retour du retour

Après mon retour en Belgique suivant le mode télétravail, c'est le retour sur les ondes. Après un petit tour dans un sujet de N. Bouria hier soir au 19 heures de RTL-TVI, c'est une invitation, demain, de midi à 13 heures, sur le plateau de "Controverses", toujours sur la même chaîne, sur la question de la menace terroriste en Belgique. Beaucoup de choses sont, en effet, à dire, d'autant plus que nous avons été placés en alerte "4" (maximale)... sur base de rien, au risque de dévoiler notre stratégie. Je tâcherai de mettre le lien vers la rediffusion internet.

vendredi 4 janvier 2008

Livre blanc sur la défense et la sécurité : point d'étape par N. Sarkozy

Sans attendre les conclusions du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale, Nicolas Sarkozy a saisi jeudi l'occasion d'un "point d'étape" de la commission chargée de son élaboration pour esquisser le nouveau visage de la défense. En résultent plusieurs avancées :

1) Pas de NSC à l'américaine mais une solution intermédiaire

Celui-ci conjuguera effectivement les deux dimensions de la défense et de la sécurité nationale, une approche post-11 septembre mêlant enjeux nationaux et internationaux, civils et militaires. En découle la création d'un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale, deux fonctions assurée jusqu'ici par des institutions distinctes auprès du président. "Le périmètre du nouveau conseil, élargi à la sécurité par rapport aux actuels Conseils de défense actuels, est lié à la réforme constitutionnelle à venir", précise-t-on de source proche du dossier.

Ce nouveau conseil s'appuiera lui-même sur "un Conseil consultatif dont les membres seront nommés par le chef de l'Etat", a précisé l'Elysée. Il s'agira d'experts choisis en dehors du cercle habituel des décideurs de la défense. Le candidat Sarkozy envisageait en mars 2007 un ambitieux Conseil national de sécurité à l'américaine. Mais la solution finalement retenue sera "plus conforme à notre Constitution et à notre pratique", fait-on valoir.

2) Le tempo : des retards

Avant d'annoncer ces nouvelles orientations, M. Sarkozy a reçu jeudi le président de la Commission du Livre blanc, Jean-Claude Mallet, pour un "point d'étape" de ses travaux. La publication du Livre blanc lui-même, prévue dans un premier temps début mars, est désormais annoncée pour le "début du printemps 2008", après les élections municipales. La méthode est conservée mais, comme nous en faisaient part plusieurs observateurs, le timing était trop serré, de sorte que ce "retard" était finalement nécessaire.

Notons que d'ici là, d'autres points d'étape devraient être réalisés.

3) Les fonctions stratégiques : bonjour l'anticipation, au revoir la projection

La présidence a par ailleurs souligné que le nouveau Livre blanc, après celui de 1994 qui tirait "les enseignements de la fin de la guerre froide", sera "celui de la mondialisation". Dès à présent, ajoute l'Elysée, M. Sarkozy a également "validé" une nouvelle "organisation de la sécurité nationale" qui ajoute à quatre grandes fonctions stratégiques (dissuasion, protection, prévention, intervention), celle de la "connaissance et de l'anticipation, incluant le renseignement". On notera que la projection est évincée - assez justemment, comme le démontrait Hervé Coutau-Bégarie dans le DSI 31 - des catégories de fonctions.

4) Europe et OTAN ; transparence envers le législatif

Le Président veut aussi "renforcer les politiques de l'Union européenne (...) et en même temps à rénover le lien transatlantique", considérant "ces deux objectifs comme complémentaires d'une même politique de sécurité et de défense".

Autre innovation : la Commission du Livre blanc qui comptait déjà pour la première fois dans l'histoire de ces documents, quatre parlementaires parmi ses membres, présentera sa copie "devant les commissions compétentes des deux assemblées, avant que le chef de l'Etat n'arrête définitivement ses choix". De plus, "une fois le texte arrêté, les orientations principales seront exposées aux assemblées par le Premier Ministre".

5) Moderniser

?. Sarkozy a en outre demandé que les armées disposent de moyens modernisés et adaptés à leurs missions ; qu’un effort spécifique soit entrepris pour que les équipements soient entretenus au meilleur niveau ; et que les militaires et leurs familles voient reconnue la nature spécifique de leur engagement.

A cet égard, il a rappelé l’objectif de maintien d’un effort de défense de la nation de l’ordre de 2% du PIB. Il a précisé que, compte tenu du cadrage d’ensemble des finances de l’Etat, ces objectifs seront atteints au terme d’un processus de réforme et de rationalisation exemplaire.

mercredi 2 janvier 2008

DSI n°33 - janvier 2008 - le sommaire



Editorial
Agenda et nominations
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques :

ONU : Le embargos : efficaces ?
Chili : les Leopard 2A4 débarquent
Etats-Unis : Lockheed Martin : le blues du F-35 ; Sécurité : recrudescence des attaques par botnets ; Techno-terrorismes et techno-guérillas de plus en plus probables ; US Army : le retour des lasers anti-IED ; US Army : le blues de l’Army aviation ; US Army : l’adieu au chimique ; US Air Force : des F-16 dans des opérations antimissiles ; US Air Force : le prochain bombardier aura une capacité nucléaire ; US Air Force : les robots vont étancher leur soif ; US Navy : l’adieu aux chasseurs de mine ; US Marine Corps : moins de MRAP que prévu
Allemagne : augmentation du budget de la défense
France : exportations d’armement en hausse, parts de marché à la baisse ; poursuite de la coopération transalpine
Grande-Bretagne : des obus intelligents pour la Royal Artillery ; Gibraltar, nouvelle base aéronavale
Grèce : les derniers Mirage 2000 livrés
Italie : 4 FREMM de plus en 2008
Irlande : hausse du budget de défense
Pays-Bas : diète pour les forces blindées
Russie : suspension effective du traité FCE ; retour des patrouilles en Méditerranée
Suède : un nouveau bâtiment SIGINT
Suisse : programme de combattant du futur
Afghanistan : la plaie (béante) des hélicoptères
Emirats Arabes Unis et Koweït : 10 milliards de dollars d’achats
Inde : nouveaux sous-marins ? ; l’avancement des projets de bâtiments furtives ; attrition problématique dans l’aéronavale ; retards dans la réception des Phalcon ; (gros) mouvements d’humeurs de la marine ; la cavalerie indienne se renforce
Iran : encore un nouveau missile
Japon : retraits successifs ?
Golfe : Les membres du Conseil de Coopération du Golfe veulent renforcer leurs liens
Liban : réarmement en cours
Pakistan : sécurisation des armes nucléaires
Turquie : programme de satellite de renseignement toujours en cours
Australie : des élections décisives pour l’engagement de Canberra en Irak ; le retour du F-22 ; la nouvelle monture des forces terrestres ; premiers NH90 pour l’Australie
Afrique : Les budgets d’équipement africains susceptibles d’augmenter

La chronique de Carl von C. : Il y a de la vodka dans le gaz

Sécurité

La guerre informatique, talon d’Achille de nos Etats ?
Entretien avec David J. Lonsdale, maître de conférence en études stratégiques à l’Université de Hull, auteur de The Nature of Warfare. Clausewitzian Future et Alexander the Great. Lessons in Strategy.

« Les moyens humains ont été démultipliés par 7 depuis 2001 »
Entretien avec Jacques Le Guillou, sous-directeur de la sûreté et de la défense à la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC)

Stratégie

La guerre probable. Premier effet du retour de l’histoire.
Entretien avec Vincent Desportes, général de division commandant le Centre de Doctrine d’Emploi des Forces de l’armée de Terre, auteur de La guerre probable. Penser autrement.

L’arme non létale dans l’architecture de la Transformation
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, membre de l’Institut de Prospective et de Sécurité de l’Europe (IPSE)

La difficile équation colombienne
Par Véronique Sartini, journaliste

L’action intégrale en Colombie
Entretien avec l’amiral Jesus Alberto Bejarano Marin, chef de l’action intégrale conjointe du commandement général des forces armées colombiennes

Armées

Taiwan face à son détroit. Les dilemmes de la marine de Taipeh
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la marine taiwanaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Indiscrétions en toute discrétion. La Direction du Renseignement Militaire (DRM)
Par Véronique Sartini

Les mutations du renseignement militaire
Entretien avec le général de brigade Jean-Paul Staub, chargé de mission à la DRM

Technologie et armement

L’industrie de défense sud-africaine. Entre héritages et modernités
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le missilier des antipodes survivra-t-il ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Des blindés solidement réputés
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Boeing B-52G/H Stratofortress/Le B-52 ou l’esthétique de la puissance
HAPC IMI Achzarit/ le HAPC, spécificité israélienne ?
Frégate classe Maestrale/Des Lupo aux Soldati, chronique d’un succès

Critiques de lecture

Mes jeunes années de Winston Churchill
La richesse révolutionnaire de Alvin et Heidi Toffler
La guerre probable. Penser autrement de Vincent Desportes
A la recherche du cinquième élément : du feu à l’espace, une brève histoire de conquêtes de Jean-Luc Lefebvre
Naval War College Review, Vol. 60, n°4, Autumn 2007
Les forces spéciales : concepts et histoire, actes du colloque des 11 et 12 juin 2001, CEHD

mardi 1 janvier 2008

Confirmation de la vente de chars belges pour le Liban

Comme nous l'annoncions précédemment ici, la Belgique a officiellement conclu la vente de 71 blindés à destination du Liban :
- 43 Leopard 1A5BE
- 16 AIFV/25 mm
- 12 M-113

La transaction a finalement été conclue pour 3,5 millions d'euros.

Bonne année tout le monde !

Back online... tout comme Ludovic Monnerat dont le blog avait connu quelques pépins informatiques. Vous pouvez le retrouver ici.

samedi 29 décembre 2007

Saint Idesbald, ses crevettes, ses plages...

Et nous voilà à la fin de l'année, que j'espère avoir été bonnes pour toutes et tous. L'occasion pour moi de passer quelques jours avec des amis à Saint Idesbald, charmante commune de la côte belge, à quelques encablures de la frontière française (à voir : musée Paul Delvaux et base aérienne - 40th Sqn. SAR). Opérations croquettes aux crevettes, raclettes (a.k.a. "si c'est noir et que ça fume, c'est que ça doit être cuit") et, pour le réveillon, salade folle (où comment prendre 5kg en moins de 5 minutes sans porter de casque) et, probablement, biche à la bourguignonne (j'espère ne pas avoir perdu la main - la recette est classée secret défense).

Le tout pour une reprise des opérations le 2 janvier, cette fois depuis Bruxelles : votre serviteur passe en mode "télétravail". C'est l'occasion de tester jusqu'où peuvent aller les technologies de la communication (je serai en contact temps réel quasi-permanent avec Aix et pourrai donc martyriser la rédaction). C'est à la fois générateur de temps (et pour nos lecteurs, de qualité) et de beaucoup d'interviews exclusives. Je n'en dit pas plus pour l'instant.

D'ici là, le DSI de janvier est sorti des rotatives. Avec un programme qui me semble assez sympathique, avec entre autres :

- Le point sur les opérations informatiques stratégiques avec l'excellent David Lonsdale (je recommande d'ailleurs son ouvrage sur la nature de la guerre et ses deux autres sur Alexandre le Grand - David a été l'assistant de Colin S. Gray) ;
- Une (très bonne - et il n'y a pas que moi qui le dis !) interview du général Desportes, au sujet de ses deux derniers ouvrages ;
- Une interview de l'amiral Bejarano Marin, en charge de "l'action intégrale" en Colombie ;
- Une rubrique unité consacrée à la Direction du renseignement militaire ;
- Une rubrique "armées" consacrée aux forces navales taiwanaises ;
- Une rubrique technologie sur les équipements sud-africains.

Et les rubriques traditionnelles : veilles, bibliothèque stratégique, le passage de Carl (qui a fait un cauchemard, ce mois-ci), sécurité, fiches techniques, agenda et, comme on dit à Saint Idesbald, en zo on.

Alleï, bonne année, gelukkig nieuwjaar, happy new year, santé, joie, bonheur et prospérité et pour répondre à Mr. T d'emblée : non, pas de bain de minuit dans la Mer du Nord. L'occasion aussi de vous remercier pour vos commentaires et votre fidélité !

vendredi 21 décembre 2007

Rudolf le renne à la source de la 5ème guerre mondiale


Que faire lorsque vous disposez d'une floppée de satellites DSP Block 14, de radars comme les FPS-117, le Pave Paws, la Pine Tree line ou le Cobra Jaws ? Suivre le Père Noël.
Comme tous les ans, le NORAD a mis en place son site de suivi de la trajectoire du Père Noël. La rédaction de DSI espère qu'un processeur ne va pas griller et considérer le nez de Rudolf le renne - lequel a une signature thermique appréciable en raison de sa vitesse de vol (si, si, l'office du tourisme ouzbek le confirme) - comme la signature d'un SS-27.
Deux hypothèses en découlent : 1) Rudolf et le Père Noël font les frais d'un essais grandeur nature de la Missile Defence ; 2) elle ne marche pas et l'oncle George, en s'étouffant avec un bretzel, décide de lancer une riposte tous azimuts. La rédaction de DSI préconise donc de faire ralentir Rudolf, d'éviter les lâchers intempestifs de cadeaux ressemblant à des frappes MIRV et, ainsi, d'augmenter la durée des réveillons comme des vacances.
D'excellentes fêtes de fin d'année à tous !

jeudi 20 décembre 2007

Le Japon est le 3ème pays à disposer d'ABM exo-atmosphériques, mais...

... il ne dispose pas d'une stratégie afin de contrer une invasion d'extra-terrestres. Ne rigolez pas, ça a vraiment fait l'objet d'une question de la part de l'opposition selon la Beeb. Je connais quelques gouvernements qui adoreraient avoir une opposition pareille.

Fred Kagan : "la NCW, c'est has been"



Nos excellents confrères de DTI (non, rien à voir avec DSI, on me l'a déjà faite) notent avec un certain soulagement que la guerre réseaucentrée tend à empêcher les forces de penser, en offrant une réponse toute prête, sorte de mantra de la certitude informatique.

Pour Kagan, "paradigm lasted longer than it should have by about five years. It was conceived as a transformation program suitable for a strategic pause and designed for warfare very different from the conflicts of the past six years. The strategic pause, if there ever was one, is over". Je ne suis pas toujours d'accord avec l'auteur mais il me semble viser juste.

In fine, toujours selon Kagan, les forces US s'exposent à des résultats qui feront mal : à force de ne pas penser, elles pourraient bien n'avoir rien à dire aux Congressmen leur demandant pourquoi il est nécessaire de financer tel ou tel équipement. Alors me direz-vous, Kagan est-il "anti-technologique" (le genre de choses que l'on peut parfois entendre de ce côté-ci de l'Atlantique) ?

Et bien, que nenni. Le fait que DTI soit gratuit et vive, du même coup, entièrement de la publicité ne l'empêche pas de publier de tels commentaires dans ses pages ET sur son tout aussi excellent blog. Une belle leçon de déontologie en journalisme de défense et surtout la marque d'un système stratégique qui s'est ménagé une importante et très sous-estimée liberté de manoeuvre intellectuelle.

mercredi 19 décembre 2007

US Air Force : Northrop veut un bombardier-laser capable d’infiltrer des SF



Au cours de l’Advanced Concepts Experiment 07, Northrop a présenté dans le cadre de cette simulation un bombardier stratégique doté d’un laser défensif à haute puissance qui a été engagé dans des scénarios présentés comme allant au-delà des fonctions traditionnelles de frappe à grande distance.

En plus d’utiliser son laser dans des frappes d’interdiction, l’appareil a également lancé – toujours virtuellement – des missiles de croisière pressurisés permettant d’infiltrer des membres des forces spéciales.

Egalement doté de missiles anti-radiation et de leurres autonomes, l’appareil a été capable (virtuellement...) d’effectuer ses différentes missions tout en rendant inopérantes les défenses adverses. Relevant du pur domaine conceptuel, l’appareil en question met toutefois en exergue un certain nombre de questionnement quant au futur des forces aériennes.

Premièrement, sur la validité de la furtivité, peu mise en évidence durant l’ACE. Deuxièmement, sur la diversification des armes emportées, qui ne se limiteraient plus aux seules bombes ou missiles de croisières. Troisièmement, sur la fonction des bombardiers dans le cas d’opérations de frappe.

Agissant tout aussi bien dans des missions de Close Air Support que de frappes stratégiques (une évolution déjà notable lors des opérations menées en Afghanistan en 2001), il est également perçu comme une véritable base de projection de puissance – y compris par l’emport de forces spéciales – capable également de protéger des appareils de combat plus léger, de servir de nœud de communication à l’ensemble des forces projetées sur un théâtre.

mardi 18 décembre 2007

De la décadence du journalisme

Vous n'avez pas pu y échapper hier, le Président a une nouvelle petite amie. Certes, grand bien lui fasse, on a toujours besoin d'être soutenu lorsque l'on porte de telles responsabilités.

Mais, entre-nous, le bruit médiatique de cette affaire (il s'agit bien de "bruit" et non d'information, par essence utile) ne signe-t'il pas la décadence d'un journalisme obsédé par les tirages, le compassionnel et le sensationnalisme ? Le glissement vers la culture du scoop et, ultimement, de la forme sur le fond n'est-il pas le signe d'une dégénérescence profonde, ontologique, de mes confrères journalistes (j'ai moi aussi, une carte de presse même si je me définis d'abord comme chercheur) ?

Certes, journaux et émissions se poseront la question de savoir si l'on n'en fait pas trop. Ca en est presque obscène tellement la ficelle est grosse. Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les rédactions qui définissent quelles thématiques sont abordées. Si elles choisissent de les traiter, qu'elles aillent au bout. Si ça leur pose un problème en terme d'absence de fond, qu'elles mènent leurs débats en interne et qu'elles ne perdent pas de précieuses pages ou un précieux temps d'antenne à nous faire part - assez hypocritement - de leurs états d'âmes sur des thématiques qu'elles ont choisi d'aborder.

Essayez, après ça, de dire que vous vous battez pour la qualité de l'information et posez-vous la question de savoir si une rédaction, de nos jours, passerais encore en première page le "J'accuse" d'un hypothétique nouveau Zola. Que le président se mette en scène ne change rien à la donne : peut-on faire confiance à une presse qui défend des confrères travaillant dans des conditions autrement plus dures, sous la férule d'un pouvoir pas très sympathique, lorsque l'on tombe soi-même dans le panneau des stratégies de communication ?

J'ai donc fini ma journée de travail en regardant Al Jazeera en anglais. C'était sanglant - un reportage extrêmement bien fait sur la Somalie, par un journaliste somalien avec un accent à couper au couteau - et critique. Tout le monde y est passé sans complaisance. Le sujet suivant était consacré à la question palestinienne. Là aussi, tout le monde en a pris pour son grade. C'était blindé de chiffres, de graphiques, de commentaires d'universitaires et de politique.

Vous voulez que je vous dise ? C'était jouissif.

IOC de la défense antimissile japonaise

Au-delà de la mise en service des « destroyers » Kongo et Atago (Cf. la fiche technique que nous leur avions consacré mais aussi l'article de fond paru dans le DSI de septembre) et des deux commandes de missiles SM-3, le développement de la défense ABM japonaise vient de connaître une évolution notable avec le premier test en condition opérationnelle de cette combinaison.

D’une valeur de 55 millions de dollars, ce test a permis au Kongo d’intercepter avec succès un missile de moyenne portée lancé depuis Kauai (Hawaii). Le bâtiment est ensuite retourné au Japon et, selon les autorités, va à présent participer activement à la protection de l'archipel.

lundi 17 décembre 2007

La minute publicitaire

Cette fois, vous êtes cerné. Vous n'avez plus le choix, il faut trouver des cadeaux de Noël sympas et, si possible, utiles sous peine d'être de corvée vaisselle le restant de l'année voire, pire, de vous faire reprocher le restant de vos jours la splendide lampe de bureau imitation tôle ondulée pour sous-marin soviétique ou la boussole kirghize qui ne marche que lorsqu'une source radioactive est a proximité.

Palcez-vous du côté du camarade récipendaire opprimé que nous avons tous été : Après tout, il dispose peut-être encore de 10 pose-plats, de 25 gants décorés de broderies représentant des pingouins à jugulaire et permettant de sortir les plats du four. Pire, on lui a peut-être offert un magnifique nain de jardin en imitation porcelaine, évidemment made in China et qui semble ressembler à Gerhardt Schroeder.

La bonne idée (sourire pepsodent) ? Des abonnements à DSI et T&A, évidemment ! D'accord, je suis un commercial exécrable. Mais, plus sérieusement, l'abonnement est une option intéressante :

Pour un an de DSI en France métropolitaine, il ne vous en coûtera que 45 euros (étudiants, militaires, policiers sur présentation de vos documents) ou 50 euros (autres personnes). Pour deux ans, le tarif est respectivement de 85 et 95 euros. Pour 1100 pages (un an) ou 2200 (deux ans), vous avouerez que c'est difficile de faire mieux.

Pensez aussi aux abonnements "couplés" DSI/T&A ou DSI/Diplomatie. Toutes les offres sont disponibles sur www.areion.fr/boutique. L'intégrale de nos publications est aussi disponible, sur CD-Rom : tous les DSI d'une année sur un CD, pour 40 euros. Celui de 2007 ne devrait pas tarder à sortir.

Alors, on dit merci à qui ? ;o)

US Navy : quel dimensionnement ?

Dans la foulée de la nomination de l’amiral Roughead et sa présentation de la nouvelle stratégie américaine, l’amirauté US a rendu public trois scénarios futurs de structuration de ses forces devant servir d’alternative au plan de construction navale à 30 ans actuellement en cours de mise en œuvre. Les options présentées dans Three Futures, One Navy, A Portfolio Analysis, un document de 26 pages, peuvent être résumées comme suit :

Catégorie : Major combat operations Shaping force Balanced force
Porte-avions : 12 : 6 : 9
Amphibies à ponts continus 13 : 24 : 23
Amphibies 26 : 48 : 46
Croiseurs et destroyers 81 : 48 : 57
Corvettes 54 : 161 : 132
Sous-marins (SSN, SSGN et SSBN) 56 : 32 : 32
Auxiliaires 32 : 15 : 15
Patrouilleurs 0 : 200 : 160
Escadrons de guerre fluviale 0 : 30 : 20
Total 263 : 534 : 474

Bien que constituant un document de travail, Three Futures, One Navy, A Portfolio Analysis n’en met pas moins en évidence une série de tendances lourdes dans les conceptions américaines. Le renforcement des capacités amphibies et le maintien d’une attention forte portée aux opérations littorales est patent, de même que la tension vers la réduction de la flotte sous-marine… et de la sacro-sainte aéronavale, en particulier dès lors que les amphibies à pont continus sont susceptibles de recevoir des F-35.

Reste cependant que l’établissement de ces scénarios sont d’office biaisés, utilisant des unités comptables (un porte-avions à 5 milliards de dollars, des amphibies, des croiseurs et des destroyers à 1 milliard, des corvettes à 500 millions et des patrouilleurs à 100 millions) dont le coût semble déjà dépassé.

De sorte que plusieurs commentateurs ont indiqué que les scénarios proposés n’étaient pas réalistes, tandis que les Marines indiquaient qu’en dessous de 30 bâtiments amphibies, ils n’étaient pas en mesure de projeter deux brigades partout dans le monde. De fait, la question des coûts est devenue centrale, au point que des propositions ont été effectuées dans le sens d’une fusion des programmes Littoral Combat Ship (Navy) et National Security Cutter (Coast Guard).

Seul ennui : pour réinventer la frégate, les garde-côtes US se sont heurtés à une gestion déficiente du programme, des surcoûts majeurs, des délais importants et… des questionnements sur la qualité finale des bâtiments.