Carl me demande si je peux poster sa dernière chronique, parue dans DSI n°48, actuellement en kiosque. Je la poste d'autant plus volontiers que, derrière ses délicieuses exagérations et un insight dans une de nos réunions de rédacion, se cache une vérité bien réelle : tout le monde entend augmenter les exportations de matériels français... mais le système lui-même génère des frictions l'empêchant de fonctionner. De quoi méditer alors que se prépare, tout doucement, le prochain Bourget.
****
Comment, on n’aime pas les industriels français dans la presse ?
Carl en est encore hilare. Ça commence il y a 15 jours, en réunion de rédaction : mon vénéré rédac’ chef adjoint rentre de Suède – l’autre pays de la crevette – où quelqu’un a été assez fou pour lui remettre les clés d’un blindé, histoire qu’on voie si l’Airbag est opérationnel (note de JH : je n'ai fait aucun accident !). Il nous raconte sa visite. Tout, il a eu accès à tout. Résumé du dialogue :
« Carl. — Et les dégâts en Afghanistan ?
J.H. — Tout, ils m’ont tout montré. Les frappes de RPG, les dégâts avec du 7,62, les changements de moteurs, les essais d’IED… Ils ont fait défiler tous leurs spécialistes, j’ai eu toutes les photos que je voulais.
Carl. — Rien à cacher, donc ?
J.H. — Rien. Absolument rien. Ils ont tout montré. À force d’en parler, leur véhicule était tellement à poil qu’il était bon pour un club de strip-tease pour ingénieurs. Un rêve côté info. ».
D’où, une belle série d’articles à paraître dans DSI-T. Voilà pour l’autopromotion mais, en se prenant la traditionnelle croquette aux crevettes, votre vieux Carl ne pouvait s’empêcher de pester / râler / rigoler / réfléchir, et il y a de quoi. Pensez donc. On entend souvent les industriels français pester contre la presse anglo-saxonne (tout en l’arrosant de généreuses sommes pour y placer de la publicité) : elle serait incapable d’être gentille avec les industriels français, présenterait mal les choses et ne comprendrait pas le génie de nos ingénieurs. En gros, parce qu’on est des vilains / méchants / pas beaux Français, on nous traiterait mal.
Ah bon ? Regardons dans notre assiette. Vous êtes journaliste et vous avez posé un tas de questions ? Prenez un petit verre de vin, le dernier DSI, et fumez vous un « spliff », parce que ça va prendre du temps et que vous allez être stressé. Regardez les choses en face : la communication et le marketing des industriels de défense français est, dans son immense majorité, totalement arriérée, aussi incapable de fournir des vraies réponses que des photos pour les illustrer. Impossible de rencontrer les ingénieurs, impossible de discuter le coup, impossible de ne pas remettre dans les magazines les mêmes sempiternelles photos.
Bref, l’âge de pierre de la communication. Mais pourquoi donc ? Pourquoi est-il plus facile de travailler avec le monde entier – exception faite des Chinois et de certains Russes – qu’avec nos industriels ? Eux qui nous demandent par ailleurs de les soutenir – ce qui veut assez souvent dire relayer leurs communiqués, sans autre esprit critique ni abordage des questions intéressant directement les militaires ? Parce que, culturellement, nous sommes obsédés par le secret, les petites chasses gardées qui font les délices des cancans de machine à café et, plus que tout, parce que nous sommes inefficaces. Maintenant, imaginez Charlie « kill them all » Funky, spécialiste de je-ne-sais-quelle publication, débarquer chez un de nos fleurons : « Yeah, man, ton système, il est intéressant. Tu peux me dire comment je peux m’en servir ? »
Réponse laconique : « Euh… plus tard. D’ailleurs, toutes vos questions, plus tard. Tenez, reprenez un peu de champagne et lisez cette belle brochure qui ne dit rien. Après, on fera un petit voyage de presse tellement rapide que vous ne pourrez poser aucune question. » Évidemment, le champagne est bu et notre vieux Charlie Funky se dit qu’on cherche à lui cacher des choses. Et si on lui cache, c’est forcément que le matériel en question, c’est une blanquette. Une énorme blanquette. Un vrai choc culturel, surtout : à l’heure de la mondialisation, tout le monde surcommunique, sauf nos industriels, qui s’étonnent ensuite qu’on ne parle pas mieux d’eux. Comme si c’était encore au monde de s’adapter à nos habitudes.
La situation – on s’en désolera ou pas – a changé depuis belle lurette. Résultat des courses, même la presse française parle finalement peu des matériels français, plus aucun titre n’a le temps de prendre le temps de contourner les embûches culturelles que nous plaçons sur le chemin de nos propres exports. Alors, certes, me direz-vous, les départements marketing manquent d’argent et de moyens, les industriels doivent mieux se coordonner (si, si, c’est le petit Nicolas qui le dit, avec raison). Mais charité bien ordonnée commence par soi-même. Il y a des choses qui ne coûtent rien et rapportent beaucoup. Se poser des questions, par exemple…
jeudi 14 mai 2009
mercredi 13 mai 2009
Colloque "aéronautique navale" : MAJ

Petite mise à jour du programme du colloque du CESM :
L’aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la Défense
10 juin 2009 -Ecole Militaire – Amphithéâtre Desvallières
10 juin 2009 -Ecole Militaire – Amphithéâtre Desvallières
09h30 – 10h25 Ouverture du colloque
09h30 – 09h35 Accueil par le contre-amiral François de Lastic (Amiral commandant le Centre d’enseignement supérieur de la Marine)
09h35 – 09h55 Introduction par le vice-amiral Xavier Magne (Amiral sous-chef d’état-major « opérations aéronavales » à l’état-major de la marine)
09h55 – 10h25 Ouverture par M. le Professeur Hervé Coutau-Bégarie (Directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de défense)
1ère partie : L’aéronautique navale dans son action au quotidien
Animateur : M. Stéphane Fort (Journaliste, France Inter)
10h30 - 10h50 M. le capitaine de vaisseau Henri Bobin (Centre de planification et de conduite des opérations) « L’aéronautique navale dans son action au quotidien »
10h50 - 11h30 Table ronde avec :
Mme Patricia Adam (Députée du Finistère et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), Monsieur le vice-amiral d’escadre Laurent Merer (Ancien Préfet maritime de l’Atlantique), M. le vice-amiral Olivier de Rostolan (Amiral commandant de la force aéronautique navale), M. le contre-amiral Bruno Paulmier (Secrétaire général adjoint de la Mer)
11h30 - 12h10 Débats et questions avec l’auditoire
12h10 –13h45 Déjeuner buffet froid
2e partie : L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique
Animateur : M. Vincent Groizeleau (Rédacteur en chef de Mer et Marine)
13h50 - 14h20 M. Ludovic Woets (Président de la Société Géo-K) : « L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique »
14h20 - 15h00 Table ronde avec :
Monsieur Nicolas Dhuicq (Député de l’Aube et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), M. le vice-amiral d’escadre (2S) Patrick Hébrard (Ancien sous-chef « opérations » à l’état-major des armées), M. le capitaine de vaisseau Philip Stonor (Attaché naval près l’Ambassade de Grande-Bretagne en France), M. Alexandre Sheldon-Duplaix (Service historique de la défense), M. le capitaine de vaisseau Christophe Pipolo (Ministère des affaires étrangères)
15h00 - 15h30 Débats et questions avec l’auditoire
15h30 – 15h50 Pause café
Animateur : M. Vincent Groizeleau (Rédacteur en chef de Mer et Marine)
13h50 - 14h20 M. Ludovic Woets (Président de la Société Géo-K) : « L’aéronautique navale au service de l’action diplomatique »
14h20 - 15h00 Table ronde avec :
Monsieur Nicolas Dhuicq (Député de l’Aube et membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale), M. le vice-amiral d’escadre (2S) Patrick Hébrard (Ancien sous-chef « opérations » à l’état-major des armées), M. le capitaine de vaisseau Philip Stonor (Attaché naval près l’Ambassade de Grande-Bretagne en France), M. Alexandre Sheldon-Duplaix (Service historique de la défense), M. le capitaine de vaisseau Christophe Pipolo (Ministère des affaires étrangères)
15h00 - 15h30 Débats et questions avec l’auditoire
15h30 – 15h50 Pause café
3e partie : L’aéronautique navale au combat
Animateur : Jean-Dominique Merchet (Journaliste, Libération)
15h55 - 16h15 M. le Professeur Philippe Vial (Service historique de la défense) : « L’aéronautique navale dans l’opération de Suez en 1956 »
16h15 - 16h35 Amiral (2S) Alain Coldefy (Ancien Major général des armées) : « L’aéronautique navale dans les opérations du Kosovo »
15h55 - 16h15 M. le Professeur Philippe Vial (Service historique de la défense) : « L’aéronautique navale dans l’opération de Suez en 1956 »
16h15 - 16h35 Amiral (2S) Alain Coldefy (Ancien Major général des armées) : « L’aéronautique navale dans les opérations du Kosovo »
16h35 - 17h20 Table ronde avec :
M. le général de corps aérien Jean-Marc Denuel (Sous-chef Plans à l’état-major des armées), M. le général de division Patrick Tanguy (Commandant l’aviation légère de l’armée de terre),
M. le capitaine de vaisseau Reggie Carpenter (Attaché naval près l’Ambassade des Etats-Unis en France), M. le capitaine de frégate Laurent Sudrat (Ancien commandant de la flottille 21F), M. le capitaine de frégate Jacques Mallard (Commandant de la flottille 17F)
17h20 - 17h50 Débats et questions avec l’auditoire
17H50 - 18h00 - Conclusion de colloque : Amiral Pierre-François Forissier, Chef d’état-major de la marine
M. le général de corps aérien Jean-Marc Denuel (Sous-chef Plans à l’état-major des armées), M. le général de division Patrick Tanguy (Commandant l’aviation légère de l’armée de terre),
M. le capitaine de vaisseau Reggie Carpenter (Attaché naval près l’Ambassade des Etats-Unis en France), M. le capitaine de frégate Laurent Sudrat (Ancien commandant de la flottille 21F), M. le capitaine de frégate Jacques Mallard (Commandant de la flottille 17F)
17h20 - 17h50 Débats et questions avec l’auditoire
17H50 - 18h00 - Conclusion de colloque : Amiral Pierre-François Forissier, Chef d’état-major de la marine
lundi 11 mai 2009
DSI-Technologies n°17, le sommaire !
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Sommaire DSI-T 17 - Mai-juin 2009
Editorial
Guerre chimique
Vers le retour de la guerre chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Armes chimiques. De quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
L’art de la guerre chimique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Convention sur les armes chimiques : de quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Demain, l’apocalypse chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Air
Tigres français en Afghanistan : les ultimes préparatifs
Guerre chimique
Vers le retour de la guerre chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Armes chimiques. De quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
L’art de la guerre chimique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Convention sur les armes chimiques : de quoi parle-t-on ?
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Demain, l’apocalypse chimique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Air
Tigres français en Afghanistan : les ultimes préparatifs
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Une histoire de l’armée de l’air chinoise
Par Bertrand Slaski, CEIS
C-130J : premiers retours d’expérience
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Des Toucans pour Washington ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Drones de combat, un leurre ?
Par Lucas Morano, spécialiste des questions technologiques
Helsinki hésite entre SAMP/T et NASAMS
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les armes chimiques dans le monde depuis 1945
ASMP-A, le cavalier de l’apocalypse
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Terre
Arme antimatériels. Etat de l’art et perspectives
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)
Les Vikings à l’épreuve du feu. L’évolution des séries BV206S et BvS10
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
IdZ. Le futur fantassin allemand
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Obus-flèches. Avantages comparatifs et évolution des « tueurs de chars »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Forces et faiblesses de la simulation
Par le lieutenant-colonel Christophe Rial, stagiaire des forces armées suisses au Collège Interarmées de Défense
Mer
Prévenir les menaces en Méditerranée. L’édition 2008 de « Raïs Hamidou »
Par Véronique Sartini, journaliste
Les missiles antinavires chinois : prolifération et évolution des capacités
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Une histoire de l’armée de l’air chinoise
Par Bertrand Slaski, CEIS
C-130J : premiers retours d’expérience
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Des Toucans pour Washington ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Drones de combat, un leurre ?
Par Lucas Morano, spécialiste des questions technologiques
Helsinki hésite entre SAMP/T et NASAMS
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Carte : Les armes chimiques dans le monde depuis 1945
ASMP-A, le cavalier de l’apocalypse
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Terre
Arme antimatériels. Etat de l’art et perspectives
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)
Les Vikings à l’épreuve du feu. L’évolution des séries BV206S et BvS10
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
IdZ. Le futur fantassin allemand
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Obus-flèches. Avantages comparatifs et évolution des « tueurs de chars »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Forces et faiblesses de la simulation
Par le lieutenant-colonel Christophe Rial, stagiaire des forces armées suisses au Collège Interarmées de Défense
Mer
Prévenir les menaces en Méditerranée. L’édition 2008 de « Raïs Hamidou »
Par Véronique Sartini, journaliste
Les missiles antinavires chinois : prolifération et évolution des capacités
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Piraterie maritime : l’inventaire des solutions
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
vendredi 8 mai 2009
L'ISC fait le plein de publications
L'Institut de Stratégie Comparée n'est pas le centre de recherches stratégiques le plus connu mais le moins qu'on puisse dire est qu'il est productif. Pour preuve la livraison que je viens de recevoir. Dans l'ordre :
- Un numéro quadruple de la revue Stratégique, en perspective du colloque de Coët, et consacré à la guerre irrégulière. Du (très) solide : 32 contributions représentant un total de 731 pages (dont un article de votre humble serviteur) ;
- L'Amérique vulnérable, de J-P. Baulon, une somme astronomique sur le développement des systèmes antimissiles aux Etats-Unis de 1946 à 1976 (l'auteur avait déjà travaillé sur la période postérieure). L'ouvrage est indubitablement appelée à devenir "la bible" du sujet ;
- La deuxième édition de La grande stratégie de l'empire romain d'E.N. Luttwak, un très grand classique particulièrement utile me semble-t-il pour remettre en perspective une notion d'empire qui me semble fréquemment mobilisée à tort et à travers ;
- De la manoeuvre napoléonienne à l'offensive à outrance de Dimitri Queloz, une étude extrêment fouillée sur l'évolution de la tactique française incluant de nombreux enseignements de la guerre de 1870 ;
- Les pays baltes en quête de sécurité de Mathieu Chillaud, qui offre ainsi un travail particulièrement bienvenu sur un sujet toujours délicat.
Et l'année n'est pas terminée. Hervé Coutau-Bégarie poursuit ses travaux sur la trilogie de stratégie maritime qu'il annoncait dans L'océan globalisé, avec un résultat qui pourra être lu dès octobre, en même temps que mon petit dernier... remis hier.
Bonne lecture tout le monde !
- Un numéro quadruple de la revue Stratégique, en perspective du colloque de Coët, et consacré à la guerre irrégulière. Du (très) solide : 32 contributions représentant un total de 731 pages (dont un article de votre humble serviteur) ;
- L'Amérique vulnérable, de J-P. Baulon, une somme astronomique sur le développement des systèmes antimissiles aux Etats-Unis de 1946 à 1976 (l'auteur avait déjà travaillé sur la période postérieure). L'ouvrage est indubitablement appelée à devenir "la bible" du sujet ;
- La deuxième édition de La grande stratégie de l'empire romain d'E.N. Luttwak, un très grand classique particulièrement utile me semble-t-il pour remettre en perspective une notion d'empire qui me semble fréquemment mobilisée à tort et à travers ;
- De la manoeuvre napoléonienne à l'offensive à outrance de Dimitri Queloz, une étude extrêment fouillée sur l'évolution de la tactique française incluant de nombreux enseignements de la guerre de 1870 ;
- Les pays baltes en quête de sécurité de Mathieu Chillaud, qui offre ainsi un travail particulièrement bienvenu sur un sujet toujours délicat.
Et l'année n'est pas terminée. Hervé Coutau-Bégarie poursuit ses travaux sur la trilogie de stratégie maritime qu'il annoncait dans L'océan globalisé, avec un résultat qui pourra être lu dès octobre, en même temps que mon petit dernier... remis hier.
Bonne lecture tout le monde !
mercredi 6 mai 2009
Présentation du nouveau Livre blanc australien : la marine grande gagnante
Le nouveau Livre blanc australien a été officiellement présenté le 2 mai par le ministre de la défense Joel Fitzgibbon et révèle une posture assurément ambitieuse. Les missions de l’ADF (Australian Defence Force) ont également été réajustées et incluent, dans l’ordre :
- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;
- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;
- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;
- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.
Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.
Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.
- le soutien aux autorités civiles dans la sécurité intérieure et les missions d’urgence ;
- la contribution à la stabilité et à la sécurité du Pacifique sud et de Timor oriental, y compris par la conduite de coalitions ;
- la contribution à des opérations militaires dans le Pacifique en général en soutien de la sécurité globale ;
- la prise en charge de l’assistance humanitaire et des opérations d’aide en cas de désastre.
Mais c’est au niveau des ambitions militaires que Canberra surprend le plus, la marine recevant un appui politique particulièrement ferme. Ce qui signifie, concrètement et à l’horizon 2020, le remplacement des 6 sous-marins Collins par 12 bâtiments ; la modernisation continue des 3 destroyers de défense aérienne (non-encore reçus) et la possibilité d’en acheter un quatrième ; l’achat de 8 nouvelles « plus grandes frégates » en remplacement des 8 Anzac actuellement en service (rien n'a été dit concernant les 4 Perry/Adelaide encore en service) ; l’acquisition de 20 patrouilleurs offshore modulaires et permettant de mener des missions de lutte antimines.
Le programme portant sur les 2 LHD sera poursuivi ; l’acquisition d’un bâtiment de transport stratégique ; un nouveau ravitailleur ; une flotte de 24 hélicoptères navals dotés de sonars à immersion variable ; l’acquisition de 6 nouvelles grandes barges de débarquement. Et ce, en dépit des problèmes aigus de recrutement que rencontre actuellement l'Australie.
mardi 5 mai 2009
Un F-15 furtif

Boeing a présenté le 17 mars une nouvelle configuration de son F-15E, le F-15SE (pour Silent Eagle). Le concept est de modifier l’appareil pour renforcer sa discrétion, notamment en conceptualisant de nouveaux pods conformaux.
Là où ils sont traditionnellement réservés à l’emport de carburant et d’électronique, ils deviennent des baies d’armement dans le cadre des "missions du premier jour" (celles requérrant le plus de discrétion) et permettant notamment l’emport de missiles AIM-120 ou AIM-9 ou encore de bombes JDAM guidées par GPS ou des Small Diameter Bomb.
Les dérives ont également été revues, augmentant la portance mais également la furtivité. Sa peinture inclut des particules RAM (Radar Absorbent Material). Il bénéficie également d’un nouveau Digital Flight Control System et d’un radar AESA. Il devrait effectuer son premier vol début 2010.
Selon l'industriel, le niveau de furtivité serait compatible avec le système de restriction aux exportations des matériels de haute technologie. De quoi donc faire en sorte qu'un nouveau concurrent se dresse sur la route des appareils de combat européens.
jeudi 30 avril 2009
DSI n°48, mai 2009, le sommaire
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Sommaire DSI n°48, mai 2009
Editorial
Agenda, nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Comment ? On n’aime pas les industriels français dans la presse ? »
Sur le vif
Nouveau concept de l’OTAN et retour de la France dans le commandement intégré. De fausses bonnes idées ?
Par Samir Battiss, doctorant à Paris II, chargé de recherche à la Chaire Canadienne de Recherche en politiques étrangères et de défense
Exportations d’armements russes dans le golfe Persique et les pays arabes : un tournant décisif pour la Russie
Par Bertrand Slaski, CEIS
Stratégie
Udar ! Shimon Naveh et l’art de la guerre au niveau opératif
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Une stratégie de bon sens. Engager l’Organisation de Coopération de Shanghai dans la lutte contre le narcotrafic
Par Thomas Renard, attaché de recherche à l’Institut Egmont
Si Clausewitz avait connu Google
Commandant Frédéric-Guillaume Ohrenstein, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
Armées
La marine sud-coréenne dans son contexte
Entretien avec Chang Kwoun Park, chargé de recherche au Korean Institute for Defence Analysis (KIDA), rédacteur en chef du Korea Journal of Defense Analysis (KJDA)
Corée du Sud. Une puissance maritime en devenir ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord - La Republic of Korea Navy (ROKN)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
En attendant l’A400M. La BA 123 d’Orléans-Bricy
Par Véronique Sartini, journaliste
Carte : Répartition des ATT français dans le monde
Encadré : L’activité aérienne du Transall
Encadré : L’escadron Franche-Comté. Ses C-130 Hercules sont précieux !
Encadré : L’escadron Poitou : les ailes des commandos
Technologie & Armement
Sealift - Le transport maritime stratégique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le Military Sealift Command pivot de la stratégie mondiale du Pentagone
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Frégate classe Anzac/ La marine néo-zélandaise
C-160 Transall/ L’émergence du transport aérien militaire
Char de combat K-2/L’industrie coréenne de défense à l’assaut du monde
Critiques de lecture
Clausewitz in the Twenty-First Century de Hew Strachan et Andreas Herberg-Rothe
La Cyberguerre. La guerre numérique a commencé de Nicolas Arpagian
Les secrets de la géopolitique de Olivier Zajec
Relire Principes de la guerre de montagne du lieutenant général Pierre-Joseph de Bourcet de Cyrille Becker
La France et l’OTAN : vers la normalisation ? de André Dumoulin
Strategic Studies Quarterly, Vol. 3, n°1, Spring 2009.
Camerone 2009

Et hop, me voilà de retour de 3 jours au 2ème REI de Nîmes, avec la Légion. Non que je veuille m'engager mais, à l'invitation du Col. Durieux, nous étions plusieurs à participer à un séminaire de tactique et de stratégie. L'expérience était vraiment intéressante et particulièrement enrichissante.
Pas de reportage donc (mais une interview du chef de corps - dont l'excellent "Clausewitz en France" fait référence) à la clé. Boulot oblige, je n'ai pu assister à Camerone (j'ai cependant eu l'occasion d'observer les répétitions). L'occasion de souhaiter à tous les légionnaires une excellente fête !
vendredi 24 avril 2009
15 Aravis pour l'armée de Terre
La Délégation Générale pour l’Armement (DGA) a notifié le 16 avril 2009 à NEXTER Systems un contrat d’un montant de près de 20M€, dont 15 M€ au titre du plan de relance et portant sur l'achat de 15 véhicules Aravis (le véhicule avait été analysé in extenso dans DSI-T n°14, novembre-décembre 2008).
Cette acquisition va permettre de doter l’armée de Terre d’un véhicule protégé pour la reconnaissance d’itinéraires susceptibles d’être piégés. Les Aravis équiperont les unités du génie qui accompagnent en Afghanistan les véhicules Buffalo et SOUVIM, spécialisés dans la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).
L’ARAVIS est un véhicule 4x4 de 12,5 tonnes aérotransportable et doté d’un haut niveau de protection contre les mines et les engins explosifs improvisés (EEI). Il peut transporter jusqu’à 7 combattants des unités du génie. Amené à riposter en zones d’insécurité, il est équipé d’un tourelleau téléopéré armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm, analogue à celui des VAB TOP employés en Afghanistan depuis le début de l’année.
Dans le cadre de ses missions de reconnaissance, l’ARAVIS dispose, en plus des caméras du tourelleau, de 7 caméras périphériques permettant d’appréhender l’environnement proche tout autour du véhicule.
Cette acquisition va permettre de doter l’armée de Terre d’un véhicule protégé pour la reconnaissance d’itinéraires susceptibles d’être piégés. Les Aravis équiperont les unités du génie qui accompagnent en Afghanistan les véhicules Buffalo et SOUVIM, spécialisés dans la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).
L’ARAVIS est un véhicule 4x4 de 12,5 tonnes aérotransportable et doté d’un haut niveau de protection contre les mines et les engins explosifs improvisés (EEI). Il peut transporter jusqu’à 7 combattants des unités du génie. Amené à riposter en zones d’insécurité, il est équipé d’un tourelleau téléopéré armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm, analogue à celui des VAB TOP employés en Afghanistan depuis le début de l’année.
Dans le cadre de ses missions de reconnaissance, l’ARAVIS dispose, en plus des caméras du tourelleau, de 7 caméras périphériques permettant d’appréhender l’environnement proche tout autour du véhicule.
mercredi 22 avril 2009
Un petit coup d'oeil à DSI-T 17
Et voilà, un bouclage de plus au compteur et... le 5ème de la nouvelle formule DSI-Technologies. Au programme de ce numéro (dans les kioskes vers le 10 mai), un dossier complet sur la guerre chimique. La théma est intéressante en fonction du retour d'expérience irakien mais aussi de la possibilité de voir des "Improvised Chemical Devices", version chimique de l'IED.
Au programme également un article de fond sur le BvS10 Viking écrit suite à une visite en Suède, où j'avais eu l'occasion de tester le véhicule (on ne rigole pas, j'ai payé de ma personne en conduisant la bête) : les Chasseurs alpins sont intéressés et la formule va connaître une série d'évolutions intéressantes.
Nous poursuivons notre série d'articles sur les infanteries du futur avec, ce mois-ci, l'IdZ allemand. Au programme également des articles sur les formes de la simulation, le Super Tucanon le C-130J, l'ASMP-A ou encore (et sans être exhaustif) les armes antimatériels non létales.
Au programme également un article de fond sur le BvS10 Viking écrit suite à une visite en Suède, où j'avais eu l'occasion de tester le véhicule (on ne rigole pas, j'ai payé de ma personne en conduisant la bête) : les Chasseurs alpins sont intéressés et la formule va connaître une série d'évolutions intéressantes.
Nous poursuivons notre série d'articles sur les infanteries du futur avec, ce mois-ci, l'IdZ allemand. Au programme également des articles sur les formes de la simulation, le Super Tucanon le C-130J, l'ASMP-A ou encore (et sans être exhaustif) les armes antimatériels non létales.
lundi 20 avril 2009
PA2, BPC n°3 et sea basing : le retour dans les débats
Pour répondre à l'excellent Y. Cadiou qui intervenait sur le non moins excellent Réflexion stratégique, je me permet de reprendre ici un court papier qui était paru dans les news du DSI n°47, actuellement en kiosque. La question prend d'autant plus de relief que le BPC n°3 vient d'être commandé...
Depuis quelques semaines déjà, à la faveur des difficultés rencontrées dans la « reprise en main » du Charles de Gaulle par son équipage en raison des problèmes de réducteurs révélés par J.-D. Merchet, le débat sur la nécessité d’un second porte-avions pour la Marine nationale est relancé.
« Mise au frigo » dans l’hypothèse d’une prise de décision « définitive » vers 2011-2012, la question semble ainsi revenir sur le devant de la scène. Avec, comme dans tout débat, des « pour » et des « contre ». En soutien des avis favorables, on trouve la nécessaire permanence à la mer du groupe aéronaval, qui permet à Paris de disposer de son potentiel – qui est aussi un potentiel de dissuasion nucléaire – de façon persistante.
Ou presque, pour les adeptes du « contre », dans la mesure où l’on ne dispose pas d’un équipage en permanence. Et cela ne saurait être, alors que l’on cherche à les réduire partout ailleurs pour économiser sur les budgets –, celui du PA2 devra se réapproprier un bâtiment techniquement très différent du « Grand Charles ».
Or, une réappropriation « coûte » plusieurs mois de disponibilité. En conséquence, la « permanence » serait toute théorique. Autre hypothèse, la disposition d’un équipage propre au PA2, qui permettrait de contourner l’écueil de la réappropriation, pour les tenants du nouveau bâtiment. Mais la France ne dispose que d’un seul groupe aéronaval, ses appareils devant subir des maintenances parfois lourdes, imposant leur renvoi en Bretagne. Sans compter que les équipages des flottilles embarquées ne peuvent tout de même pas rester en mer 365 jours sur 365…
Et les tenants du « non » de rappeler qu’aux États-Unis, chaque porte-avions d’active se voit attacher un groupe aérien embarqué propre – un autre groupe étant, par ailleurs, tenu en réserve. Aussi, pour certains observateurs, un PA2 sans groupe aérien embarqué reviendrait à disposer d’une « reine des quais » opérationnelle 15 mois tous les six ans… D’autant plus que l’argent manque cruellement pour disposer d’un deuxième groupe aérien embarqué, dans un contexte où la Marine n’est même pas certaine de disposer un jour des 60 Rafale (dont une vingtaine de machines en parc d’attrition) dont elle a l’ambition de se doter.
Or, pour les tenants du « oui », un « pont plat » tel que celui du PA2 pourrait jouer un rôle similaire à celui du porte-hélicoptères d’assaut Ocean dans la Royal Navy : une base maritime avancée au profit de forces spéciales ou de l’infanterie de marine. Sauf que, pour les partisans du « non », la commande d’un 3e BPC – au demeurant prévue dans le dernier Livre blanc – tend à remplir ce rôle et à participer au renforcement des capacités amphibies – soit l’autre façon d’influencer les conflits se déroulant « à terre ».
La problématique est d’autant plus aigüe que le PA2 a été conçu comme un porte-avions en bonne et due forme. En d’autres termes, s’il pourrait accueillir un nombre impressionnant de machines, la question de la place occupée par les hommes ne manquerait pas de se poser… Sauf à revoir la conception d’un bâtiment qui, pour les partisans du « non », a déjà mobilisé des ressources financières passablement rares. L’équation du PA2 pourrait donc bien se révéler insoluble et ne trouver sa solution que dans une réflexion plus large.
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Depuis quelques semaines déjà, à la faveur des difficultés rencontrées dans la « reprise en main » du Charles de Gaulle par son équipage en raison des problèmes de réducteurs révélés par J.-D. Merchet, le débat sur la nécessité d’un second porte-avions pour la Marine nationale est relancé.
« Mise au frigo » dans l’hypothèse d’une prise de décision « définitive » vers 2011-2012, la question semble ainsi revenir sur le devant de la scène. Avec, comme dans tout débat, des « pour » et des « contre ». En soutien des avis favorables, on trouve la nécessaire permanence à la mer du groupe aéronaval, qui permet à Paris de disposer de son potentiel – qui est aussi un potentiel de dissuasion nucléaire – de façon persistante.
Ou presque, pour les adeptes du « contre », dans la mesure où l’on ne dispose pas d’un équipage en permanence. Et cela ne saurait être, alors que l’on cherche à les réduire partout ailleurs pour économiser sur les budgets –, celui du PA2 devra se réapproprier un bâtiment techniquement très différent du « Grand Charles ».
Or, une réappropriation « coûte » plusieurs mois de disponibilité. En conséquence, la « permanence » serait toute théorique. Autre hypothèse, la disposition d’un équipage propre au PA2, qui permettrait de contourner l’écueil de la réappropriation, pour les tenants du nouveau bâtiment. Mais la France ne dispose que d’un seul groupe aéronaval, ses appareils devant subir des maintenances parfois lourdes, imposant leur renvoi en Bretagne. Sans compter que les équipages des flottilles embarquées ne peuvent tout de même pas rester en mer 365 jours sur 365…
Et les tenants du « non » de rappeler qu’aux États-Unis, chaque porte-avions d’active se voit attacher un groupe aérien embarqué propre – un autre groupe étant, par ailleurs, tenu en réserve. Aussi, pour certains observateurs, un PA2 sans groupe aérien embarqué reviendrait à disposer d’une « reine des quais » opérationnelle 15 mois tous les six ans… D’autant plus que l’argent manque cruellement pour disposer d’un deuxième groupe aérien embarqué, dans un contexte où la Marine n’est même pas certaine de disposer un jour des 60 Rafale (dont une vingtaine de machines en parc d’attrition) dont elle a l’ambition de se doter.
Or, pour les tenants du « oui », un « pont plat » tel que celui du PA2 pourrait jouer un rôle similaire à celui du porte-hélicoptères d’assaut Ocean dans la Royal Navy : une base maritime avancée au profit de forces spéciales ou de l’infanterie de marine. Sauf que, pour les partisans du « non », la commande d’un 3e BPC – au demeurant prévue dans le dernier Livre blanc – tend à remplir ce rôle et à participer au renforcement des capacités amphibies – soit l’autre façon d’influencer les conflits se déroulant « à terre ».
La problématique est d’autant plus aigüe que le PA2 a été conçu comme un porte-avions en bonne et due forme. En d’autres termes, s’il pourrait accueillir un nombre impressionnant de machines, la question de la place occupée par les hommes ne manquerait pas de se poser… Sauf à revoir la conception d’un bâtiment qui, pour les partisans du « non », a déjà mobilisé des ressources financières passablement rares. L’équation du PA2 pourrait donc bien se révéler insoluble et ne trouver sa solution que dans une réflexion plus large.
Le Rafale évincé de la compétition MMRCA
La nouvelle fera mal : le Rafale, engagé dans la compétition MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft), portant sur 126 appareils, a été disqualifié. Selon les autorités indiennes, il ne répondait pas à plusieurs éléments du cahier des charges de l’IAF (Indian Air Force).
Selon un officiel français, l’appareil ne présente pourtant aucune lacune et, de plus, l’Inde n’a pas informé la France de cette décision. In fine, 5 compétiteurs restent en lice pour ce contrat d’une valeur de 9 milliards d’euros : le F/A-18 Super Hornet (Boeing), le F-16 Fighting Falcon (Lockheed Martin), le MiG-35 (United Aircraft Corporation), le Gripen (Saab) et le Typhoon (Eurofighter).
Alors que le Mig-35 avait été taillé sur mesure pour le marché indien et avait été présenté pour la première fois durant Aero India 2007 (cf. Technologie & Armement n°5 sur les caractéristiques de l’appareil), l’Inde pourrait choisir de diversifier ses importations, une politique qu’elle poursuit maintenant depuis quelques années.
Dans ce contexte, elle reste attachée à ses relations avec la France – un contrat portant sur la modernisation de ses Mirage 2000 est toujours en cours de négociation et le contrat sur les 6 sous-marins Scorpène a renforcé ces liens – mais elle pourrait développer celles avec Washington. Dans le domaine de l’armement, celles-ci restent pour l’heure limitées à l’acquisition promise d’appareils de patrouille maritime P-8 Poseidon.
Pour l’heure, le Rafale n’a pas encore enregistré de succès. Pour autant, l’appareil pourrait être acquis à une soixantaine d’exemplaire par les Emirats Arabes Unis, tandis que la Suisse, la Libye, la Grèce et le Brésil restent des clients potentiels.
Selon un officiel français, l’appareil ne présente pourtant aucune lacune et, de plus, l’Inde n’a pas informé la France de cette décision. In fine, 5 compétiteurs restent en lice pour ce contrat d’une valeur de 9 milliards d’euros : le F/A-18 Super Hornet (Boeing), le F-16 Fighting Falcon (Lockheed Martin), le MiG-35 (United Aircraft Corporation), le Gripen (Saab) et le Typhoon (Eurofighter).
Alors que le Mig-35 avait été taillé sur mesure pour le marché indien et avait été présenté pour la première fois durant Aero India 2007 (cf. Technologie & Armement n°5 sur les caractéristiques de l’appareil), l’Inde pourrait choisir de diversifier ses importations, une politique qu’elle poursuit maintenant depuis quelques années.
Dans ce contexte, elle reste attachée à ses relations avec la France – un contrat portant sur la modernisation de ses Mirage 2000 est toujours en cours de négociation et le contrat sur les 6 sous-marins Scorpène a renforcé ces liens – mais elle pourrait développer celles avec Washington. Dans le domaine de l’armement, celles-ci restent pour l’heure limitées à l’acquisition promise d’appareils de patrouille maritime P-8 Poseidon.
Pour l’heure, le Rafale n’a pas encore enregistré de succès. Pour autant, l’appareil pourrait être acquis à une soixantaine d’exemplaire par les Emirats Arabes Unis, tandis que la Suisse, la Libye, la Grèce et le Brésil restent des clients potentiels.
vendredi 17 avril 2009
Les études stratégiques : une affaire qui tourne
A mes heures perdues - si, si, il y en a - je m'occupe de mettre à jour les sites du RMES mais aussi de l'Institut de Stratégie Comparée.
Lors d'une petite pause dans le bouclage du prochain DSI-T, je suis passé faire un tour sur les modules de gestion des sites, avec des résultats sans appel :
- pour les 3 premiers mois de l'année, l'ISC a enregistré 500.000 pages vues, avec une durée moyenne de 5 minutes par page.
- quant au RMES, il en est à ses 100.000 pages, toujours pour la même période. Les derniers Cahiers du RMES, par exemple, ont été téléchargés à 5.500 reprises alors qu'ils ont été mis en ligne début mars.
Lors d'une petite pause dans le bouclage du prochain DSI-T, je suis passé faire un tour sur les modules de gestion des sites, avec des résultats sans appel :
- pour les 3 premiers mois de l'année, l'ISC a enregistré 500.000 pages vues, avec une durée moyenne de 5 minutes par page.
- quant au RMES, il en est à ses 100.000 pages, toujours pour la même période. Les derniers Cahiers du RMES, par exemple, ont été téléchargés à 5.500 reprises alors qu'ils ont été mis en ligne début mars.
DSI 48, mai 2009 - en preview
Sur le vif
Le sommet de l’OTAN de Strasbourg-Kehl s’est révélé relativement terne. Pourtant, de véritables questions se posaient… et se posent toujours, comme celle du nouveau concept stratégique. Samir BATTISS, chargé d’enseignement à l’UQAM, porte un regard critique sur des évolutions d’où la France ne pourra plus être absente. Dans le même temps, l’actualité du mois de février était marquée par le salon IDEX, aux Émirats Arabes Unis. Bertrand SLASKI revient sur la politique d’exportation d’armements de la Russie dans le golfe Persique, pour y discerner un tournant majeur.
Stratégie
L’art opératif/opératique/opérationnel est celui des grandes campagnes militaires, formant l’interface entre les niveaux tactique et stratégique. C’est dire son importance, dans les conflits réguliers comme irréguliers, d’ailleurs. À cet égard, l’art militaire soviétique a encore beaucoup à nous apprendre et l’un de ses meilleurs exégètes, le général israélien Shimon Naveh, a un point de vue original sur la question. Joseph HENROTIN décrypte les fondements de cette approche.
La question afghane reste d’une actualité criante et est le reflet d’enjeux majeurs, y compris jusque dans la lutte contre le trafic de drogues. Examinant les avancées effectuées et les défis encore présents, Thomas RENARD pose la question d’un engagement de l’Organisation de Coopération de Shanghai dans une lutte qui a un impact direct sur nos troupes.
Les 15 dernières années ont été propices à de nombreuses publications sur l’utilité des nouvelles technologies dans la conduite des opérations militaires. Elles auraient autorisé une levée du « brouillard de la guerre » et auraient affûté le « coup d’œil » des commandants. Mais Frédéric-Guillaume OHRENSTEIN, stagiaire au CID, s’interroge à juste titre : « si Clausewitz avait connu Google », qu’en aurait-il pensé ?
Armées
On l’a dit et répété, l’Asie navale se réveille. En son sein, la Republic of Korea Navy (ROKN) fait preuve d’une réelle dynamique qui devrait, à terme, changer les rapports de force dans cette partie du monde. Concrètement cependant, peu d’analyses fournies existent dans la littérature ouverte sur le sujet. DSI a interviewé Chang KWOUN PARK, chercheur au Korean Institute for Defence Analysis, le principal centre de recherche stratégique sud-coréen, qui replace l’évolution de la marine dans le contexte géostratégique plus large de la Corée du Sud. Joseph HENROTIN a, quant à lui, analysé l’évolution de la marine de Séoul et ses projets, montrant que ses ambitions devraient l’amener à disposer, en 2020, de plus de grands bâtiments de combat que la Chine elle-même. Enfin, Philippe LANGLOIT dresse un tableau quantitatif de la ROKN mais revient également sur le développement de son infanterie navale.
Unités
Le transport aérien militaire français va mal. Très mal même. Avec 44 Transall disponibles, techniciens et pilotes réalisent quotidiennement le miracle de faire conserver à la France sa « voie sacrée » aérienne. Véronique SARTINI s’est rendue à Orléans, sur la BA123 pour rencontrer des hommes capables de poser leurs appareils chargés, de nuit, sur une distance de 1 000 m et sur une piste à peine préparée. Elle dresse un tableau complet et sans complaisance d’une situation qui ne fera, avec les retards de l’A400M, que se dégrader.
Technologie et armement
Si le transport aérien est à l’avant-plan des préoccupations politiques nationale et européenne, c’est toutefois le transport maritime qui assure l’essentiel du déplacement des armées sur les théâtres d’opérations extérieurs. C’est dire s’il est un maillon vital de la politique de tout État ayant des ambitions globales. Or, malgré ce rôle absolument stratégique, il est peu traité dans la littérature. DSI comble ce vide. Joseph HENROTIN analyse ainsi quelles sont les différentes solutions en matière de Sealift et évalue également leurs contraintes respectives. Jean-Louis PROMÉ revient quant à lui sur le cœur de la projection américaine, le Military Sealift Command, et ses impressionnantes capacités de projection mais aussi de prépositionnement.
Le sommet de l’OTAN de Strasbourg-Kehl s’est révélé relativement terne. Pourtant, de véritables questions se posaient… et se posent toujours, comme celle du nouveau concept stratégique. Samir BATTISS, chargé d’enseignement à l’UQAM, porte un regard critique sur des évolutions d’où la France ne pourra plus être absente. Dans le même temps, l’actualité du mois de février était marquée par le salon IDEX, aux Émirats Arabes Unis. Bertrand SLASKI revient sur la politique d’exportation d’armements de la Russie dans le golfe Persique, pour y discerner un tournant majeur.
Stratégie
L’art opératif/opératique/opérationnel est celui des grandes campagnes militaires, formant l’interface entre les niveaux tactique et stratégique. C’est dire son importance, dans les conflits réguliers comme irréguliers, d’ailleurs. À cet égard, l’art militaire soviétique a encore beaucoup à nous apprendre et l’un de ses meilleurs exégètes, le général israélien Shimon Naveh, a un point de vue original sur la question. Joseph HENROTIN décrypte les fondements de cette approche.
La question afghane reste d’une actualité criante et est le reflet d’enjeux majeurs, y compris jusque dans la lutte contre le trafic de drogues. Examinant les avancées effectuées et les défis encore présents, Thomas RENARD pose la question d’un engagement de l’Organisation de Coopération de Shanghai dans une lutte qui a un impact direct sur nos troupes.
Les 15 dernières années ont été propices à de nombreuses publications sur l’utilité des nouvelles technologies dans la conduite des opérations militaires. Elles auraient autorisé une levée du « brouillard de la guerre » et auraient affûté le « coup d’œil » des commandants. Mais Frédéric-Guillaume OHRENSTEIN, stagiaire au CID, s’interroge à juste titre : « si Clausewitz avait connu Google », qu’en aurait-il pensé ?
Armées
On l’a dit et répété, l’Asie navale se réveille. En son sein, la Republic of Korea Navy (ROKN) fait preuve d’une réelle dynamique qui devrait, à terme, changer les rapports de force dans cette partie du monde. Concrètement cependant, peu d’analyses fournies existent dans la littérature ouverte sur le sujet. DSI a interviewé Chang KWOUN PARK, chercheur au Korean Institute for Defence Analysis, le principal centre de recherche stratégique sud-coréen, qui replace l’évolution de la marine dans le contexte géostratégique plus large de la Corée du Sud. Joseph HENROTIN a, quant à lui, analysé l’évolution de la marine de Séoul et ses projets, montrant que ses ambitions devraient l’amener à disposer, en 2020, de plus de grands bâtiments de combat que la Chine elle-même. Enfin, Philippe LANGLOIT dresse un tableau quantitatif de la ROKN mais revient également sur le développement de son infanterie navale.
Unités
Le transport aérien militaire français va mal. Très mal même. Avec 44 Transall disponibles, techniciens et pilotes réalisent quotidiennement le miracle de faire conserver à la France sa « voie sacrée » aérienne. Véronique SARTINI s’est rendue à Orléans, sur la BA123 pour rencontrer des hommes capables de poser leurs appareils chargés, de nuit, sur une distance de 1 000 m et sur une piste à peine préparée. Elle dresse un tableau complet et sans complaisance d’une situation qui ne fera, avec les retards de l’A400M, que se dégrader.
Technologie et armement
Si le transport aérien est à l’avant-plan des préoccupations politiques nationale et européenne, c’est toutefois le transport maritime qui assure l’essentiel du déplacement des armées sur les théâtres d’opérations extérieurs. C’est dire s’il est un maillon vital de la politique de tout État ayant des ambitions globales. Or, malgré ce rôle absolument stratégique, il est peu traité dans la littérature. DSI comble ce vide. Joseph HENROTIN analyse ainsi quelles sont les différentes solutions en matière de Sealift et évalue également leurs contraintes respectives. Jean-Louis PROMÉ revient quant à lui sur le cœur de la projection américaine, le Military Sealift Command, et ses impressionnantes capacités de projection mais aussi de prépositionnement.
jeudi 9 avril 2009
Sur la "crise" des études stratégiques : une réponse à X. Raufer
Vous aurez pu remarquer une petite baisse de régime du blog, au point de vue des analyses, ces derniers temps. De fait, entre le bouclage de mes magazines (la journée) et ceux de mon prochain ouvrage (la nuit – ou presque), quelques articles et les réflexions préliminaires pour l’ouvrage suivant, les journées sont comme on les aime : bien chargées.
Pour autant, quelque chose m’a fait tiquer, dernièrement, à la lecture d’un supplément de la lettre TTU. Il s’agissait en l’occurrence d’un billet intitulé « L’envers de la mondialisation. Sécurité globale et face noire de la mondialisation » et signé par Xavier Raufer. Il commence par un sous-titre interpellant, « le malaise des études stratégiques ».
Pour le criminologue, « En Europe, la recherche fondamentale en matière de défense (aussi appelées « études stratégiques » se porte mal. Malgré la lecture faite des textes stratégiques, revues ou autres sources accessibles, l’Europe semble en effet incapable de dire qui est l’ennemi, ce qu’est l’hostilité en 2009 ». Interpellant, donc, à plusieurs égards :
- d’abord, parce que les études stratégiques ne se limitent pas à la recherche fondamentale en matière de défense ;
- ensuite parce que ce n’est pas le rôle de la recherche fondamentale de déterminer l’adversaire (et non l’ennemi, c’est justement un acquis des études stratégiques que de nous faire sortir des logiques totales). Ce serait plutôt le rôle de la recherche appliquée telle qu’elle est exercée dans la plupart des centres de recherche voire… du politique lui-même ;
- enfin, sur la « crise » ou le « malaise » des études stratégiques.
Lorsque je suis entré à DSI, en octobre 2005, la revue avait été mise sur pieds six mois plus tôt. Elle était non seulement viable – sans publicité, ce qui n’est pas rien pour une revue de défense – mais en plus, elle pouvait aborder des thèmes parfois pointus. Et l’affaire marche plutôt bien : chaque mois, 120 000 personnes lisent le magazine et les auteurs qui écrivent dedans. Et rares sont les refus que j’essuie à une invitation d’interview ou de publication d’un article. Ce n'est qu'un exemple parmis d'autres.
Parce que les initiatives se développent partout. Tous les mois, je reçois 4 à 5 ouvrages d’études stratégiques – rien que pour la France -, quel que soit le secteur plus particulier qui est traité par l’auteur. Je ne compte même pas les monographies en ligne, de plus en plus costaudes. Les blogs de défense se sont multipliés. Les conférences, séminaires et colloques aussi (le mois de mai sera chargé, vous l’aurez remarqué !). Les études stratégiques, à mon sens, se portent beaucoup mieux, ne fut-ce que deux ans après le 11 septembre.
Alors, certes, l’Université n’a pas toujours compris la nécessité ni l’intérêt – ne serait-ce que purement académique, sur le plan de l’histoire des idées – des études stratégiques. Certaines revues, comme Stratégique, ont connu un passage à vide avec des parutions irrégulières (heureusement terminé - il y aura quelques bonnes surprises dans les prochains mois). Beaucoup de chercheurs passent toujours plus de temps à remplir de la paperasse qu’à chercher. Bien sûr, donc, la situation n’est pas idéale. Mais elle est loin d’être catastrophique.
Nous sommes peut-être même dans une configuration idéale : poussés par la crise stratégique actuelle – qui n’est certainement pas celle des études stratégiques, ne confondons pas l’objet et son analyse – un certain nombre de chercheurs de talent, militaires comme civils, écrivent avec une certaine liberté. Les initiatives fusent de partout et, si elles ne sont pas gratuites (notes d’analyses en lignes, séminaires et colloques, blogs…) elles sont peu coûteuses, de façon à toucher un public le plus large possible.
Sans doute jamais dans l’histoire européenne de ces 30 dernières années on n’aura autant étudié ni lu ni encore écrit sur les questions stratégiques.
Alors, évidemment, personne n’a de réponse définitive à la crise stratégique actuelle, pas plus que nos confrères économistes n’ont de solution à la crise économique ou que nos frères sociologues n’ont de solution arrêtée sur la crise des banlieues. Mais personne ne semble avoir décrété leur discipline en crise au prétexte qu’ils ne sont pas en mesure de produire des solutions opérationnelles.
Là réside, sans doute, un malentendu profond et éminemment problématique : au même titre que n’importe quelle autre (sous-)discipline, les études stratégiques peuvent produire des solutions à vocation opératoire. Mais avant, il faut précisément s’attacher à la recherche fondamentale.
La France, de ce point de vue, a de sérieux atouts. Relire du Alain Joxe ou étudier le Traité de stratégie d’H. Coutau-Bégarie n’est pas nécessairement aisé. Mais on ne fait pas de recherche appliquée sans en maîtriser les fondamentaux. Ces mêmes fondamentaux que nos camarades américains, parfois pris en exemple à mauvais escient, nous envient…
Pour autant, quelque chose m’a fait tiquer, dernièrement, à la lecture d’un supplément de la lettre TTU. Il s’agissait en l’occurrence d’un billet intitulé « L’envers de la mondialisation. Sécurité globale et face noire de la mondialisation » et signé par Xavier Raufer. Il commence par un sous-titre interpellant, « le malaise des études stratégiques ».
Pour le criminologue, « En Europe, la recherche fondamentale en matière de défense (aussi appelées « études stratégiques » se porte mal. Malgré la lecture faite des textes stratégiques, revues ou autres sources accessibles, l’Europe semble en effet incapable de dire qui est l’ennemi, ce qu’est l’hostilité en 2009 ». Interpellant, donc, à plusieurs égards :
- d’abord, parce que les études stratégiques ne se limitent pas à la recherche fondamentale en matière de défense ;
- ensuite parce que ce n’est pas le rôle de la recherche fondamentale de déterminer l’adversaire (et non l’ennemi, c’est justement un acquis des études stratégiques que de nous faire sortir des logiques totales). Ce serait plutôt le rôle de la recherche appliquée telle qu’elle est exercée dans la plupart des centres de recherche voire… du politique lui-même ;
- enfin, sur la « crise » ou le « malaise » des études stratégiques.
Lorsque je suis entré à DSI, en octobre 2005, la revue avait été mise sur pieds six mois plus tôt. Elle était non seulement viable – sans publicité, ce qui n’est pas rien pour une revue de défense – mais en plus, elle pouvait aborder des thèmes parfois pointus. Et l’affaire marche plutôt bien : chaque mois, 120 000 personnes lisent le magazine et les auteurs qui écrivent dedans. Et rares sont les refus que j’essuie à une invitation d’interview ou de publication d’un article. Ce n'est qu'un exemple parmis d'autres.
Parce que les initiatives se développent partout. Tous les mois, je reçois 4 à 5 ouvrages d’études stratégiques – rien que pour la France -, quel que soit le secteur plus particulier qui est traité par l’auteur. Je ne compte même pas les monographies en ligne, de plus en plus costaudes. Les blogs de défense se sont multipliés. Les conférences, séminaires et colloques aussi (le mois de mai sera chargé, vous l’aurez remarqué !). Les études stratégiques, à mon sens, se portent beaucoup mieux, ne fut-ce que deux ans après le 11 septembre.
Alors, certes, l’Université n’a pas toujours compris la nécessité ni l’intérêt – ne serait-ce que purement académique, sur le plan de l’histoire des idées – des études stratégiques. Certaines revues, comme Stratégique, ont connu un passage à vide avec des parutions irrégulières (heureusement terminé - il y aura quelques bonnes surprises dans les prochains mois). Beaucoup de chercheurs passent toujours plus de temps à remplir de la paperasse qu’à chercher. Bien sûr, donc, la situation n’est pas idéale. Mais elle est loin d’être catastrophique.
Nous sommes peut-être même dans une configuration idéale : poussés par la crise stratégique actuelle – qui n’est certainement pas celle des études stratégiques, ne confondons pas l’objet et son analyse – un certain nombre de chercheurs de talent, militaires comme civils, écrivent avec une certaine liberté. Les initiatives fusent de partout et, si elles ne sont pas gratuites (notes d’analyses en lignes, séminaires et colloques, blogs…) elles sont peu coûteuses, de façon à toucher un public le plus large possible.
Sans doute jamais dans l’histoire européenne de ces 30 dernières années on n’aura autant étudié ni lu ni encore écrit sur les questions stratégiques.
Alors, évidemment, personne n’a de réponse définitive à la crise stratégique actuelle, pas plus que nos confrères économistes n’ont de solution à la crise économique ou que nos frères sociologues n’ont de solution arrêtée sur la crise des banlieues. Mais personne ne semble avoir décrété leur discipline en crise au prétexte qu’ils ne sont pas en mesure de produire des solutions opérationnelles.
Là réside, sans doute, un malentendu profond et éminemment problématique : au même titre que n’importe quelle autre (sous-)discipline, les études stratégiques peuvent produire des solutions à vocation opératoire. Mais avant, il faut précisément s’attacher à la recherche fondamentale.
La France, de ce point de vue, a de sérieux atouts. Relire du Alain Joxe ou étudier le Traité de stratégie d’H. Coutau-Bégarie n’est pas nécessairement aisé. Mais on ne fait pas de recherche appliquée sans en maîtriser les fondamentaux. Ces mêmes fondamentaux que nos camarades américains, parfois pris en exemple à mauvais escient, nous envient…
Conférence "L’armée rouge en Afghanistan 1979 – 1989" au CDEF
A travers cette conférence, le colonel (R) Oleg KULAKOV, qui a servi au sein de l’armée soviétique en Afghanistan, de 1980 à 1982 puis de 1986 à 1989, fera part de son expérience militaire et des enseignements de l'intervention soviétique en Afghanistan.
Le colonel (R) Oleg KULAKOV est professeur (Docteur) en Histoire à l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie Russe des Sciences et Conférencier à l'Université de Défense de Moscou. Il a effectué deux séjours en Afghanistan comme interprète militaire. Puis il a servi au sein du (Collège de Défense de l'OTAN à Rome en Italie) de septembre 2005 à février 2006.
La conférence sera prononcée en anglais
Lundi 11 mai 2009 de 14h15 à 16h15
Amphithéâtre De BOURCET - Ecole militaire, 1 place Joffre -75007 Paris
Contact : marie-laure.mounoury@cdef.terre.defense.gouv.fr (adresse Internet et intradef), Tel. 0033 1 44 42 52 90.
Le colonel (R) Oleg KULAKOV est professeur (Docteur) en Histoire à l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie Russe des Sciences et Conférencier à l'Université de Défense de Moscou. Il a effectué deux séjours en Afghanistan comme interprète militaire. Puis il a servi au sein du (Collège de Défense de l'OTAN à Rome en Italie) de septembre 2005 à février 2006.
La conférence sera prononcée en anglais
Lundi 11 mai 2009 de 14h15 à 16h15
Amphithéâtre De BOURCET - Ecole militaire, 1 place Joffre -75007 Paris
Contact : marie-laure.mounoury@cdef.terre.defense.gouv.fr (adresse Internet et intradef), Tel. 0033 1 44 42 52 90.
Colloque international "guerre irrégulière"
Programme du colloque international
Des 12, 13 et 14 Mai 2009 - Ecoles de saint-Cyr Coëtquidan
LA GUERRE IRREGULIERE
Des 12, 13 et 14 Mai 2009 - Ecoles de saint-Cyr Coëtquidan
LA GUERRE IRREGULIERE
Depuis 2007, le pôle d’excellence « Action globale et forces terrestres » des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan rassemble chercheurs civils et militaires autour des mutations de la conflictualité et de leurs retombées sur l’engagement des forces terrestres.
En partenariat avec l’Université d’Oxford et l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS), ce pôle conduit actuellement un programme de recherche sur la guerre irrégulière dont le point d’orgue est un colloque qui se tiendra à l’occasion des journées internationales de Saint-Cyr Coëtquidan. Cette manifestation marquera également l’ouverture du symposium ISODOMA, réunissant les représentants des académies militaires du monde entier.
Visant à faire progresser la connaissance théorique et la maîtrise opérationnelle d’un phénomène complexe mais caractéristique des opérations militaires contemporaines, le colloque « Guerre irrégulière » concerne l’ensemble des acteurs appelés à jouer un rôle dans les conflits d’aujourd’hui et de demain.
Contact : Cellule accueil journées d’études « la guerre irrégulière » - Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan 56381 Guer cedex
Téléphone : (00 33) 02 97 70 77 83 Fax (00 33) 02 97 70 76 15 Courriel : guerreirreguliere(at)st-cyr.terre.defense.gouv.fr
Mardi 12 mai 2009 – La crise de la guerre régulière
opening speach :
General de division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant of French Military Academy Saint-Cyr
Coëtquidan.
general Introduction :
Hew STRACHAN, Chichele Professor of The history of War, All Souls College, University of Oxford.
Session Chairman :
Jean-Paul HANON, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
1. The Historic Forms of Irregular War :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.
2. Just War Tradition and the Irregular Warfare :
David RODIN, Center for Ethics, Law and Armed Conflicts, University of Oxford.
3. From the Medieval Outlaw to the 21st Century Militiaman, Anthropologic Views on Irregular
Warfare :
Christian INGRAO, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.
Wednesday 13 May 2009 – Who is Irregular ?
Session Chairman :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.
1. New Conflicts, New Fighters, New Rules :
Adam ROBERTS, Center for International Studies, University of Oxford.
2. Privatisation of Western war :
Sarah PERCY, Merton College, University of Oxford.
3. Carl Schmitt and the Iraqi Insurgency : Competing World Orders, the Friend-Enemy distinction and the Partisan World Revolutionary Dichotomy :
Ahmed S. HASHIM, US Naval War College.
4. Irregular Wars and Public-Private Partnerships :
Didier DANET, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
Managing People
table ronde 1 : Irregular War and People on theaters of War
Session Chairman :
Fabrice d’ALMEIDA, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.
1. Winning the Hearts and Minds of Iraqi People ? :
David KILCULLEN, Center for a New American Security.
2. Winning the Hearts and Minds in the Kosovo War : the Case of UCK :
Amaël CATTARUZZA, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
3. « War Amongst the People » : Solution or Ideology ? :
Général Vincent DESPORTES, directeur du Collège Interarmées de Défense.
table ronde 2 : Irregular War and the general Public
Session Chairman :
Daniel MARSTON, Australian National University.
4. Can we face Long Wars ? :
General (ret.) Jonathan BAILEY, Former Commanding Officer Head Quarter’s Doctrine and
Training.
5. Afghanistan : Local Fighters - Local Population - UK Population :
John McKINLAY, King’s College.
6. Jihad and Just War in the War on Terror :
Alia BRAHIMI, St Antony’s College, University of Oxford.
Thursday 14 May 2009 – Can They Win ?
atelier 1 : Counter-tactics : lessons from History (amphithéâtre napoléon)
Session Chairman :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.
1. Is the Irregular Fighter Lore Innovative ? Tactical lessons from Iraq, Lebanon, Afghanistan :
Lieutenant-colonel Michel GOYA, Etat-Major de l’Armée de Terre , pôle action globale et forces
terrestres, Saint-Cyr.
2. The Use of Irregular Fighters by Fegular forces : The Case of Indochina :
Lieutenant-colonel Michel DAVID, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
3. Training for COIN in Algeria :
Colonel Frédéric GUELTON, Service Historique de la Défense.
4. COIN and the Transformation of Regular Forces :
Daniel MARSTON, Australian National University.
atelier 2 : Counter-tactics : today’s theaters of War (amphithéâtre du centre de recherche)
Session Chairman :
Christian MALIS, pôle action globale et forces terrestres, Saint-Cyr.
4. The Use of Airpower in Irregular Wars :
Jérôme de LESPINOIS, centre d’études stratégiques aérospatiales.
5. Irregular Warfare at Sea :
Capitaine de vaisseau Thierry ROUSSEAU, centre de concepts et de doctrines de la marine.
6. Technology and Irregular Warfare :
Pierre-Jean LASSALLE, Thalès.
7. Countering Irregular Warfare, a US View :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.
General conclusion
Professeur Yves BOYER, école Polytechnique.
Closing speaches :
General Sir Richard DANNAT, Chief of the General Staff (UK) : video
Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chief of the General Staff (F).
opening speach :
General de division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant of French Military Academy Saint-Cyr
Coëtquidan.
general Introduction :
Hew STRACHAN, Chichele Professor of The history of War, All Souls College, University of Oxford.
Session Chairman :
Jean-Paul HANON, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
1. The Historic Forms of Irregular War :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.
2. Just War Tradition and the Irregular Warfare :
David RODIN, Center for Ethics, Law and Armed Conflicts, University of Oxford.
3. From the Medieval Outlaw to the 21st Century Militiaman, Anthropologic Views on Irregular
Warfare :
Christian INGRAO, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.
Wednesday 13 May 2009 – Who is Irregular ?
Session Chairman :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.
1. New Conflicts, New Fighters, New Rules :
Adam ROBERTS, Center for International Studies, University of Oxford.
2. Privatisation of Western war :
Sarah PERCY, Merton College, University of Oxford.
3. Carl Schmitt and the Iraqi Insurgency : Competing World Orders, the Friend-Enemy distinction and the Partisan World Revolutionary Dichotomy :
Ahmed S. HASHIM, US Naval War College.
4. Irregular Wars and Public-Private Partnerships :
Didier DANET, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
Managing People
table ronde 1 : Irregular War and People on theaters of War
Session Chairman :
Fabrice d’ALMEIDA, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.
1. Winning the Hearts and Minds of Iraqi People ? :
David KILCULLEN, Center for a New American Security.
2. Winning the Hearts and Minds in the Kosovo War : the Case of UCK :
Amaël CATTARUZZA, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
3. « War Amongst the People » : Solution or Ideology ? :
Général Vincent DESPORTES, directeur du Collège Interarmées de Défense.
table ronde 2 : Irregular War and the general Public
Session Chairman :
Daniel MARSTON, Australian National University.
4. Can we face Long Wars ? :
General (ret.) Jonathan BAILEY, Former Commanding Officer Head Quarter’s Doctrine and
Training.
5. Afghanistan : Local Fighters - Local Population - UK Population :
John McKINLAY, King’s College.
6. Jihad and Just War in the War on Terror :
Alia BRAHIMI, St Antony’s College, University of Oxford.
Thursday 14 May 2009 – Can They Win ?
atelier 1 : Counter-tactics : lessons from History (amphithéâtre napoléon)
Session Chairman :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.
1. Is the Irregular Fighter Lore Innovative ? Tactical lessons from Iraq, Lebanon, Afghanistan :
Lieutenant-colonel Michel GOYA, Etat-Major de l’Armée de Terre , pôle action globale et forces
terrestres, Saint-Cyr.
2. The Use of Irregular Fighters by Fegular forces : The Case of Indochina :
Lieutenant-colonel Michel DAVID, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.
3. Training for COIN in Algeria :
Colonel Frédéric GUELTON, Service Historique de la Défense.
4. COIN and the Transformation of Regular Forces :
Daniel MARSTON, Australian National University.
atelier 2 : Counter-tactics : today’s theaters of War (amphithéâtre du centre de recherche)
Session Chairman :
Christian MALIS, pôle action globale et forces terrestres, Saint-Cyr.
4. The Use of Airpower in Irregular Wars :
Jérôme de LESPINOIS, centre d’études stratégiques aérospatiales.
5. Irregular Warfare at Sea :
Capitaine de vaisseau Thierry ROUSSEAU, centre de concepts et de doctrines de la marine.
6. Technology and Irregular Warfare :
Pierre-Jean LASSALLE, Thalès.
7. Countering Irregular Warfare, a US View :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.
General conclusion
Professeur Yves BOYER, école Polytechnique.
Closing speaches :
General Sir Richard DANNAT, Chief of the General Staff (UK) : video
Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chief of the General Staff (F).
mardi 7 avril 2009
Un "plan Gates" pour sauver la Transformation américaine
La réforme est dans l’air du temps : nouvelle stratégie en Afghanistan, poursuite de la Transformation mais inflexion dans un sens plus réaliste et crise économique sont autant de facteurs ayant poussé le nouveau président américain à se lancer dans une revue en profondeur des programmes actuellement en cours au Pentagone, suppressions à la clé.
Robert Gates, dans cette optique, a proposé le 6 avril une série de coupes sombres. Pour la Navy, le plan Gates signifie l’abandon du programme VH-71 d’hélicoptère de transport présidentiel ; l’achat de nouveaux F/A-18 ; le maintien de 3 DDG-1000 (et, au-delà, l’arrêt du programme) ; la construction de nouveaux DDG-51.
Au niveau de l’US Air Force, les commandes de F-22 ne dépasseront pas le niveau actuel (187 unités au total). La construction du deuxième Airborne Laser serait abandonnée, le premier étant conservé pour la recherche & développement. Le Transformational Satellite program serait abandonné mais 2 satellites de communication Extremely High Frequency seraient commandés. Le programme CSAR-X d’hélicoptère de recherche et sauvetage au combat serait abandonné mais celui de futur bombardier est maintenu. Concernant le KC-X de ravitaillement en vol, un nouvel appel d’offres serait lancé durant l’été. En outre, 250 appareils de combat seront retirés des inventaires en 2010.
Au niveau de l’Army, le programme FCS serait tout simplement abandonné, l’armée devant lancer de nouveaux programmes de véhicules de combat. Selon le Secrétaire américain à la défense, les véhicules ont été conçus pour éviter les attaques plutôt que pour les encaisser, ce qui pose problème dans le contexte actuel. Un certain nombre de technologies afférentes au programme de 160 milliards de dollars seraient toutefois maintenues, dans le domaine des capteurs, des drones ou encore des communications individuelles L’Army passerait par ailleurs à un format de 45 brigades et non de 48.
Plus généralement, le Pentagone recommande de réduire la proportion de tâches – très coûteuses – effectuées par des Contractors de 37 % à environ 25 %. Dans le même temps, 30 000 civils seraient engagés pour remplacer le départ des Contractors. Le programme F-35 serait quant à lui accéléré – 513 appareils devant être produits d’ici 2014 – afin de réduire ses coûts. La cible reste de 2 443 appareils pour l’ensemble des services. Le « plan Gates » doit maintenant être validé par le Congrès américain.
Robert Gates, dans cette optique, a proposé le 6 avril une série de coupes sombres. Pour la Navy, le plan Gates signifie l’abandon du programme VH-71 d’hélicoptère de transport présidentiel ; l’achat de nouveaux F/A-18 ; le maintien de 3 DDG-1000 (et, au-delà, l’arrêt du programme) ; la construction de nouveaux DDG-51.
Au niveau de l’US Air Force, les commandes de F-22 ne dépasseront pas le niveau actuel (187 unités au total). La construction du deuxième Airborne Laser serait abandonnée, le premier étant conservé pour la recherche & développement. Le Transformational Satellite program serait abandonné mais 2 satellites de communication Extremely High Frequency seraient commandés. Le programme CSAR-X d’hélicoptère de recherche et sauvetage au combat serait abandonné mais celui de futur bombardier est maintenu. Concernant le KC-X de ravitaillement en vol, un nouvel appel d’offres serait lancé durant l’été. En outre, 250 appareils de combat seront retirés des inventaires en 2010.
Au niveau de l’Army, le programme FCS serait tout simplement abandonné, l’armée devant lancer de nouveaux programmes de véhicules de combat. Selon le Secrétaire américain à la défense, les véhicules ont été conçus pour éviter les attaques plutôt que pour les encaisser, ce qui pose problème dans le contexte actuel. Un certain nombre de technologies afférentes au programme de 160 milliards de dollars seraient toutefois maintenues, dans le domaine des capteurs, des drones ou encore des communications individuelles L’Army passerait par ailleurs à un format de 45 brigades et non de 48.
Plus généralement, le Pentagone recommande de réduire la proportion de tâches – très coûteuses – effectuées par des Contractors de 37 % à environ 25 %. Dans le même temps, 30 000 civils seraient engagés pour remplacer le départ des Contractors. Le programme F-35 serait quant à lui accéléré – 513 appareils devant être produits d’ici 2014 – afin de réduire ses coûts. La cible reste de 2 443 appareils pour l’ensemble des services. Le « plan Gates » doit maintenant être validé par le Congrès américain.
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lundi 6 avril 2009
L'ASMP-A, bon pour le service

La troisième évaluation technico-opérationnelle du missile ASMP-A (Air-Sol Moyenne Portée – Amélioré) a, selon l’armée de l’Air, été menée à bien dans les délais impartis. L’évaluation impliquait un décollage depuis la base d’Istres, un long vol, plusieurs ravitaillements en vol et le lancement d’un missile vers une position en haute mer.
Lancé en 1997, le programme va permettre de remplacer les missiles ASMP jusqu’ici en service comme système de dissuasion en service aussi bien dans l’armée de l’Air que dans l’aéronavale. Doté d’une propulsion par Ramjet bénéficiant du retour d’expérience de la conception du missile ANS (Anti-Navire Supersonique), l’ASMP-A conserve le design général de l’ASMP mais devrait voir une augmentation de sa portée – certaines sources l’évaluant à 500-600 km.
En photo : L’ASMP-A devrait officiellement entrer en service durant l’automne 2009. Ici en position ventrale, l’ASMP-A utilisé lors du dernier test. L’engin semble plus gros que les ASMP (© Armée de l’Air).
vendredi 3 avril 2009
"La technologie militaire en question" dans les trois finalistes du prix "La plume et l'épée"


Cherchant à "contribuer à stimuler la culture militaire en honorant ceux qui ont fait l'effort de publier un ouvrage amenant à réfléchir sur le métier des armes dans tous ces aspects", le prix La plume et l'épée, sera remis le 16 mai 2009 et a été mis en place par le commandement de la formation de l'armée de Terre.
Et, surprise, La technologie militaire en question - qui connaît son petit succès, grâce notamment à plusieurs critiques de lecture - se retrouve dans les trois ouvrages issus d'auteurs civils qui ont été retenus par le jury. En l'occurrence, il est en "compétition" avec Sans blessure apparente (de J-P. Mari) et Edouard Detaille, un siècle de gloire militaire (de M.F. Robichon).
Un autre prix, L'épée et la plume, sera remis à un auteur militaire. Sont en lice : Relire les principes de la guerre en montagne (LCL Becker), La chair et l'acier (LCL Goya) et Clausewitz en France (Col. Durieux).
Et bien... Bonne chance tout le monde !
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