jeudi 30 avril 2009

DSI n°48, mai 2009, le sommaire


Sommaire DSI n°48, mai 2009

Editorial
Agenda, nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Comment ? On n’aime pas les industriels français dans la presse ? »

Sur le vif

Nouveau concept de l’OTAN et retour de la France dans le commandement intégré. De fausses bonnes idées ?
Par Samir Battiss, doctorant à Paris II, chargé de recherche à la Chaire Canadienne de Recherche en politiques étrangères et de défense

Exportations d’armements russes dans le golfe Persique et les pays arabes : un tournant décisif pour la Russie
Par Bertrand Slaski, CEIS

Stratégie

Udar ! Shimon Naveh et l’art de la guerre au niveau opératif
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Une stratégie de bon sens. Engager l’Organisation de Coopération de Shanghai dans la lutte contre le narcotrafic
Par Thomas Renard, attaché de recherche à l’Institut Egmont

Si Clausewitz avait connu Google
Commandant Frédéric-Guillaume Ohrenstein, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense

Armées

La marine sud-coréenne dans son contexte
Entretien avec Chang Kwoun Park, chargé de recherche au Korean Institute for Defence Analysis (KIDA), rédacteur en chef du Korea Journal of Defense Analysis (KJDA)

Corée du Sud. Une puissance maritime en devenir ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord - La Republic of Korea Navy (ROKN)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

En attendant l’A400M. La BA 123 d’Orléans-Bricy
Par Véronique Sartini, journaliste

Carte : Répartition des ATT français dans le monde

Encadré : L’activité aérienne du Transall

Encadré : L’escadron Franche-Comté. Ses C-130 Hercules sont précieux !

Encadré : L’escadron Poitou : les ailes des commandos

Technologie & Armement

Sealift - Le transport maritime stratégique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le Military Sealift Command pivot de la stratégie mondiale du Pentagone
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Frégate classe Anzac/ La marine néo-zélandaise

C-160 Transall/ L’émergence du transport aérien militaire

Char de combat K-2/L’industrie coréenne de défense à l’assaut du monde

Critiques de lecture

Clausewitz in the Twenty-First Century de Hew Strachan et Andreas Herberg-Rothe

La Cyberguerre. La guerre numérique a commencé de Nicolas Arpagian

Les secrets de la géopolitique de Olivier Zajec

Relire Principes de la guerre de montagne du lieutenant général Pierre-Joseph de Bourcet de Cyrille Becker

La France et l’OTAN : vers la normalisation ? de André Dumoulin

Strategic Studies Quarterly, Vol. 3, n°1, Spring 2009.

Camerone 2009


Et hop, me voilà de retour de 3 jours au 2ème REI de Nîmes, avec la Légion. Non que je veuille m'engager mais, à l'invitation du Col. Durieux, nous étions plusieurs à participer à un séminaire de tactique et de stratégie. L'expérience était vraiment intéressante et particulièrement enrichissante.
Pas de reportage donc (mais une interview du chef de corps - dont l'excellent "Clausewitz en France" fait référence) à la clé. Boulot oblige, je n'ai pu assister à Camerone (j'ai cependant eu l'occasion d'observer les répétitions). L'occasion de souhaiter à tous les légionnaires une excellente fête !

vendredi 24 avril 2009

15 Aravis pour l'armée de Terre

La Délégation Générale pour l’Armement (DGA) a notifié le 16 avril 2009 à NEXTER Systems un contrat d’un montant de près de 20M€, dont 15 M€ au titre du plan de relance et portant sur l'achat de 15 véhicules Aravis (le véhicule avait été analysé in extenso dans DSI-T n°14, novembre-décembre 2008).

Cette acquisition va permettre de doter l’armée de Terre d’un véhicule protégé pour la reconnaissance d’itinéraires susceptibles d’être piégés. Les Aravis équiperont les unités du génie qui accompagnent en Afghanistan les véhicules Buffalo et SOUVIM, spécialisés dans la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).

L’ARAVIS est un véhicule 4x4 de 12,5 tonnes aérotransportable et doté d’un haut niveau de protection contre les mines et les engins explosifs improvisés (EEI). Il peut transporter jusqu’à 7 combattants des unités du génie. Amené à riposter en zones d’insécurité, il est équipé d’un tourelleau téléopéré armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm, analogue à celui des VAB TOP employés en Afghanistan depuis le début de l’année.

Dans le cadre de ses missions de reconnaissance, l’ARAVIS dispose, en plus des caméras du tourelleau, de 7 caméras périphériques permettant d’appréhender l’environnement proche tout autour du véhicule.

mercredi 22 avril 2009

Un petit coup d'oeil à DSI-T 17

Et voilà, un bouclage de plus au compteur et... le 5ème de la nouvelle formule DSI-Technologies. Au programme de ce numéro (dans les kioskes vers le 10 mai), un dossier complet sur la guerre chimique. La théma est intéressante en fonction du retour d'expérience irakien mais aussi de la possibilité de voir des "Improvised Chemical Devices", version chimique de l'IED.

Au programme également un article de fond sur le BvS10 Viking écrit suite à une visite en Suède, où j'avais eu l'occasion de tester le véhicule (on ne rigole pas, j'ai payé de ma personne en conduisant la bête) : les Chasseurs alpins sont intéressés et la formule va connaître une série d'évolutions intéressantes.

Nous poursuivons notre série d'articles sur les infanteries du futur avec, ce mois-ci, l'IdZ allemand. Au programme également des articles sur les formes de la simulation, le Super Tucanon le C-130J, l'ASMP-A ou encore (et sans être exhaustif) les armes antimatériels non létales.

lundi 20 avril 2009

PA2, BPC n°3 et sea basing : le retour dans les débats

Pour répondre à l'excellent Y. Cadiou qui intervenait sur le non moins excellent Réflexion stratégique, je me permet de reprendre ici un court papier qui était paru dans les news du DSI n°47, actuellement en kiosque. La question prend d'autant plus de relief que le BPC n°3 vient d'être commandé...

*
* *

Depuis quelques semaines déjà, à la faveur des difficultés rencontrées dans la « reprise en main » du Charles de Gaulle par son équipage en raison des problèmes de réducteurs révélés par J.-D. Merchet, le débat sur la nécessité d’un second porte-avions pour la Marine nationale est relancé.

« Mise au frigo » dans l’hypothèse d’une prise de décision « définitive » vers 2011-2012, la question semble ainsi revenir sur le devant de la scène. Avec, comme dans tout débat, des « pour » et des « contre ». En soutien des avis favorables, on trouve la nécessaire permanence à la mer du groupe aéronaval, qui permet à Paris de disposer de son potentiel – qui est aussi un potentiel de dissuasion nucléaire – de façon persistante.

Ou presque, pour les adeptes du « contre », dans la mesure où l’on ne dispose pas d’un équipage en permanence. Et cela ne saurait être, alors que l’on cherche à les réduire partout ailleurs pour économiser sur les budgets –, celui du PA2 devra se réapproprier un bâtiment techniquement très différent du « Grand Charles ».

Or, une réappropriation « coûte » plusieurs mois de disponibilité. En conséquence, la « permanence » serait toute théorique. Autre hypothèse, la disposition d’un équipage propre au PA2, qui permettrait de contourner l’écueil de la réappropriation, pour les tenants du nouveau bâtiment. Mais la France ne dispose que d’un seul groupe aéronaval, ses appareils devant subir des maintenances parfois lourdes, imposant leur renvoi en Bretagne. Sans compter que les équipages des flottilles embarquées ne peuvent tout de même pas rester en mer 365 jours sur 365…

Et les tenants du « non » de rappeler qu’aux États-Unis, chaque porte-avions d’active se voit attacher un groupe aérien embarqué propre – un autre groupe étant, par ailleurs, tenu en réserve. Aussi, pour certains observateurs, un PA2 sans groupe aérien embarqué reviendrait à disposer d’une « reine des quais » opérationnelle 15 mois tous les six ans… D’autant plus que l’argent manque cruellement pour disposer d’un deuxième groupe aérien embarqué, dans un contexte où la Marine n’est même pas certaine de disposer un jour des 60 Rafale (dont une vingtaine de machines en parc d’attrition) dont elle a l’ambition de se doter.

Or, pour les tenants du « oui », un « pont plat » tel que celui du PA2 pourrait jouer un rôle similaire à celui du porte-hélicoptères d’assaut Ocean dans la Royal Navy : une base maritime avancée au profit de forces spéciales ou de l’infanterie de marine. Sauf que, pour les partisans du « non », la commande d’un 3e BPC – au demeurant prévue dans le dernier Livre blanc – tend à remplir ce rôle et à participer au renforcement des capacités amphibies – soit l’autre façon d’influencer les conflits se déroulant « à terre ».

La problématique est d’autant plus aigüe que le PA2 a été conçu comme un porte-avions en bonne et due forme. En d’autres termes, s’il pourrait accueillir un nombre impressionnant de machines, la question de la place occupée par les hommes ne manquerait pas de se poser… Sauf à revoir la conception d’un bâtiment qui, pour les partisans du « non », a déjà mobilisé des ressources financières passablement rares. L’équation du PA2 pourrait donc bien se révéler insoluble et ne trouver sa solution que dans une réflexion plus large.

Le Rafale évincé de la compétition MMRCA

La nouvelle fera mal : le Rafale, engagé dans la compétition MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft), portant sur 126 appareils, a été disqualifié. Selon les autorités indiennes, il ne répondait pas à plusieurs éléments du cahier des charges de l’IAF (Indian Air Force).

Selon un officiel français, l’appareil ne présente pourtant aucune lacune et, de plus, l’Inde n’a pas informé la France de cette décision. In fine, 5 compétiteurs restent en lice pour ce contrat d’une valeur de 9 milliards d’euros : le F/A-18 Super Hornet (Boeing), le F-16 Fighting Falcon (Lockheed Martin), le MiG-35 (United Aircraft Corporation), le Gripen (Saab) et le Typhoon (Eurofighter).

Alors que le Mig-35 avait été taillé sur mesure pour le marché indien et avait été présenté pour la première fois durant Aero India 2007 (cf. Technologie & Armement n°5 sur les caractéristiques de l’appareil), l’Inde pourrait choisir de diversifier ses importations, une politique qu’elle poursuit maintenant depuis quelques années.

Dans ce contexte, elle reste attachée à ses relations avec la France – un contrat portant sur la modernisation de ses Mirage 2000 est toujours en cours de négociation et le contrat sur les 6 sous-marins Scorpène a renforcé ces liens – mais elle pourrait développer celles avec Washington. Dans le domaine de l’armement, celles-ci restent pour l’heure limitées à l’acquisition promise d’appareils de patrouille maritime P-8 Poseidon.

Pour l’heure, le Rafale n’a pas encore enregistré de succès. Pour autant, l’appareil pourrait être acquis à une soixantaine d’exemplaire par les Emirats Arabes Unis, tandis que la Suisse, la Libye, la Grèce et le Brésil restent des clients potentiels.

vendredi 17 avril 2009

Les études stratégiques : une affaire qui tourne

A mes heures perdues - si, si, il y en a - je m'occupe de mettre à jour les sites du RMES mais aussi de l'Institut de Stratégie Comparée.

Lors d'une petite pause dans le bouclage du prochain DSI-T, je suis passé faire un tour sur les modules de gestion des sites, avec des résultats sans appel :

- pour les 3 premiers mois de l'année, l'ISC a enregistré 500.000 pages vues, avec une durée moyenne de 5 minutes par page.

- quant au RMES, il en est à ses 100.000 pages, toujours pour la même période. Les derniers Cahiers du RMES, par exemple, ont été téléchargés à 5.500 reprises alors qu'ils ont été mis en ligne début mars.

DSI 48, mai 2009 - en preview

Sur le vif

Le sommet de l’OTAN de Strasbourg-Kehl s’est révélé relativement terne. Pourtant, de véritables questions se posaient… et se posent toujours, comme celle du nouveau concept stratégique. Samir BATTISS, chargé d’enseignement à l’UQAM, porte un regard critique sur des évolutions d’où la France ne pourra plus être absente. Dans le même temps, l’actualité du mois de février était marquée par le salon IDEX, aux Émirats Arabes Unis. Bertrand SLASKI revient sur la politique d’exportation d’armements de la Russie dans le golfe Persique, pour y discerner un tournant majeur.

Stratégie

L’art opératif/opératique/opérationnel est celui des grandes campagnes militaires, formant l’interface entre les niveaux tactique et stratégique. C’est dire son importance, dans les conflits réguliers comme irréguliers, d’ailleurs. À cet égard, l’art militaire soviétique a encore beaucoup à nous apprendre et l’un de ses meilleurs exégètes, le général israélien Shimon Naveh, a un point de vue original sur la question. Joseph HENROTIN décrypte les fondements de cette approche.

La question afghane reste d’une actualité criante et est le reflet d’enjeux majeurs, y compris jusque dans la lutte contre le trafic de drogues. Examinant les avancées effectuées et les défis encore présents, Thomas RENARD pose la question d’un engagement de l’Organisation de Coopération de Shanghai dans une lutte qui a un impact direct sur nos troupes.

Les 15 dernières années ont été propices à de nombreuses publications sur l’utilité des nouvelles technologies dans la conduite des opérations militaires. Elles auraient autorisé une levée du « brouillard de la guerre » et auraient affûté le « coup d’œil » des commandants. Mais Frédéric-Guillaume OHRENSTEIN, stagiaire au CID, s’interroge à juste titre : « si Clausewitz avait connu Google », qu’en aurait-il pensé ?

Armées

On l’a dit et répété, l’Asie navale se réveille. En son sein, la Republic of Korea Navy (ROKN) fait preuve d’une réelle dynamique qui devrait, à terme, changer les rapports de force dans cette partie du monde. Concrètement cependant, peu d’analyses fournies existent dans la littérature ouverte sur le sujet. DSI a interviewé Chang KWOUN PARK, chercheur au Korean Institute for Defence Analysis, le principal centre de recherche stratégique sud-coréen, qui replace l’évolution de la marine dans le contexte géostratégique plus large de la Corée du Sud. Joseph HENROTIN a, quant à lui, analysé l’évolution de la marine de Séoul et ses projets, montrant que ses ambitions devraient l’amener à disposer, en 2020, de plus de grands bâtiments de combat que la Chine elle-même. Enfin, Philippe LANGLOIT dresse un tableau quantitatif de la ROKN mais revient également sur le développement de son infanterie navale.

Unités

Le transport aérien militaire français va mal. Très mal même. Avec 44 Transall disponibles, techniciens et pilotes réalisent quotidiennement le miracle de faire conserver à la France sa « voie sacrée » aérienne. Véronique SARTINI s’est rendue à Orléans, sur la BA123 pour rencontrer des hommes capables de poser leurs appareils chargés, de nuit, sur une distance de 1 000 m et sur une piste à peine préparée. Elle dresse un tableau complet et sans complaisance d’une situation qui ne fera, avec les retards de l’A400M, que se dégrader.

Technologie et armement

Si le transport aérien est à l’avant-plan des préoccupations politiques nationale et européenne, c’est toutefois le transport maritime qui assure l’essentiel du déplacement des armées sur les théâtres d’opérations extérieurs. C’est dire s’il est un maillon vital de la politique de tout État ayant des ambitions globales. Or, malgré ce rôle absolument stratégique, il est peu traité dans la littérature. DSI comble ce vide. Joseph HENROTIN analyse ainsi quelles sont les différentes solutions en matière de Sealift et évalue également leurs contraintes respectives. Jean-Louis PROMÉ revient quant à lui sur le cœur de la projection américaine, le Military Sealift Command, et ses impressionnantes capacités de projection mais aussi de prépositionnement.

jeudi 9 avril 2009

Sur la "crise" des études stratégiques : une réponse à X. Raufer

Vous aurez pu remarquer une petite baisse de régime du blog, au point de vue des analyses, ces derniers temps. De fait, entre le bouclage de mes magazines (la journée) et ceux de mon prochain ouvrage (la nuit – ou presque), quelques articles et les réflexions préliminaires pour l’ouvrage suivant, les journées sont comme on les aime : bien chargées.

Pour autant, quelque chose m’a fait tiquer, dernièrement, à la lecture d’un supplément de la lettre TTU. Il s’agissait en l’occurrence d’un billet intitulé « L’envers de la mondialisation. Sécurité globale et face noire de la mondialisation » et signé par Xavier Raufer. Il commence par un sous-titre interpellant, « le malaise des études stratégiques ».

Pour le criminologue, « En Europe, la recherche fondamentale en matière de défense (aussi appelées « études stratégiques » se porte mal. Malgré la lecture faite des textes stratégiques, revues ou autres sources accessibles, l’Europe semble en effet incapable de dire qui est l’ennemi, ce qu’est l’hostilité en 2009 ». Interpellant, donc, à plusieurs égards :

- d’abord, parce que les études stratégiques ne se limitent pas à la recherche fondamentale en matière de défense ;

- ensuite parce que ce n’est pas le rôle de la recherche fondamentale de déterminer l’adversaire (et non l’ennemi, c’est justement un acquis des études stratégiques que de nous faire sortir des logiques totales). Ce serait plutôt le rôle de la recherche appliquée telle qu’elle est exercée dans la plupart des centres de recherche voire… du politique lui-même ;

- enfin, sur la « crise » ou le « malaise » des études stratégiques.

Lorsque je suis entré à DSI, en octobre 2005, la revue avait été mise sur pieds six mois plus tôt. Elle était non seulement viable – sans publicité, ce qui n’est pas rien pour une revue de défense – mais en plus, elle pouvait aborder des thèmes parfois pointus. Et l’affaire marche plutôt bien : chaque mois, 120 000 personnes lisent le magazine et les auteurs qui écrivent dedans. Et rares sont les refus que j’essuie à une invitation d’interview ou de publication d’un article. Ce n'est qu'un exemple parmis d'autres.

Parce que les initiatives se développent partout. Tous les mois, je reçois 4 à 5 ouvrages d’études stratégiques – rien que pour la France -, quel que soit le secteur plus particulier qui est traité par l’auteur. Je ne compte même pas les monographies en ligne, de plus en plus costaudes. Les blogs de défense se sont multipliés. Les conférences, séminaires et colloques aussi (le mois de mai sera chargé, vous l’aurez remarqué !). Les études stratégiques, à mon sens, se portent beaucoup mieux, ne fut-ce que deux ans après le 11 septembre.

Alors, certes, l’Université n’a pas toujours compris la nécessité ni l’intérêt – ne serait-ce que purement académique, sur le plan de l’histoire des idées – des études stratégiques. Certaines revues, comme Stratégique, ont connu un passage à vide avec des parutions irrégulières (heureusement terminé - il y aura quelques bonnes surprises dans les prochains mois). Beaucoup de chercheurs passent toujours plus de temps à remplir de la paperasse qu’à chercher. Bien sûr, donc, la situation n’est pas idéale. Mais elle est loin d’être catastrophique.

Nous sommes peut-être même dans une configuration idéale : poussés par la crise stratégique actuelle – qui n’est certainement pas celle des études stratégiques, ne confondons pas l’objet et son analyse – un certain nombre de chercheurs de talent, militaires comme civils, écrivent avec une certaine liberté. Les initiatives fusent de partout et, si elles ne sont pas gratuites (notes d’analyses en lignes, séminaires et colloques, blogs…) elles sont peu coûteuses, de façon à toucher un public le plus large possible.

Sans doute jamais dans l’histoire européenne de ces 30 dernières années on n’aura autant étudié ni lu ni encore écrit sur les questions stratégiques.

Alors, évidemment, personne n’a de réponse définitive à la crise stratégique actuelle, pas plus que nos confrères économistes n’ont de solution à la crise économique ou que nos frères sociologues n’ont de solution arrêtée sur la crise des banlieues. Mais personne ne semble avoir décrété leur discipline en crise au prétexte qu’ils ne sont pas en mesure de produire des solutions opérationnelles.

Là réside, sans doute, un malentendu profond et éminemment problématique : au même titre que n’importe quelle autre (sous-)discipline, les études stratégiques peuvent produire des solutions à vocation opératoire. Mais avant, il faut précisément s’attacher à la recherche fondamentale.

La France, de ce point de vue, a de sérieux atouts. Relire du Alain Joxe ou étudier le Traité de stratégie d’H. Coutau-Bégarie n’est pas nécessairement aisé. Mais on ne fait pas de recherche appliquée sans en maîtriser les fondamentaux. Ces mêmes fondamentaux que nos camarades américains, parfois pris en exemple à mauvais escient, nous envient…

Conférence "L’armée rouge en Afghanistan 1979 – 1989" au CDEF

A travers cette conférence, le colonel (R) Oleg KULAKOV, qui a servi au sein de l’armée soviétique en Afghanistan, de 1980 à 1982 puis de 1986 à 1989, fera part de son expérience militaire et des enseignements de l'intervention soviétique en Afghanistan.

Le colonel (R) Oleg KULAKOV est professeur (Docteur) en Histoire à l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie Russe des Sciences et Conférencier à l'Université de Défense de Moscou. Il a effectué deux séjours en Afghanistan comme interprète militaire. Puis il a servi au sein du (Collège de Défense de l'OTAN à Rome en Italie) de septembre 2005 à février 2006.

La conférence sera prononcée en anglais

Lundi 11 mai 2009 de 14h15 à 16h15
Amphithéâtre De BOURCET - Ecole militaire, 1 place Joffre -75007 Paris

Contact : marie-laure.mounoury@cdef.terre.defense.gouv.fr (adresse Internet et intradef), Tel. 0033 1 44 42 52 90.

Colloque international "guerre irrégulière"

Programme du colloque international
Des 12, 13 et 14 Mai 2009 - Ecoles de saint-Cyr Coëtquidan

LA GUERRE IRREGULIERE

Depuis 2007, le pôle d’excellence « Action globale et forces terrestres » des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan rassemble chercheurs civils et militaires autour des mutations de la conflictualité et de leurs retombées sur l’engagement des forces terrestres.
En partenariat avec l’Université d’Oxford et l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS), ce pôle conduit actuellement un programme de recherche sur la guerre irrégulière dont le point d’orgue est un colloque qui se tiendra à l’occasion des journées internationales de Saint-Cyr Coëtquidan. Cette manifestation marquera également l’ouverture du symposium ISODOMA, réunissant les représentants des académies militaires du monde entier.
Visant à faire progresser la connaissance théorique et la maîtrise opérationnelle d’un phénomène complexe mais caractéristique des opérations militaires contemporaines, le colloque « Guerre irrégulière » concerne l’ensemble des acteurs appelés à jouer un rôle dans les conflits d’aujourd’hui et de demain.

Contact : Cellule accueil journées d’études « la guerre irrégulière » - Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan 56381 Guer cedex
Téléphone : (00 33) 02 97 70 77 83 Fax (00 33) 02 97 70 76 15 Courriel : guerreirreguliere(at)st-cyr.terre.defense.gouv.fr
Mardi 12 mai 2009 – La crise de la guerre régulière

opening speach :
General de division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant of French Military Academy Saint-Cyr
Coëtquidan.

general Introduction :
Hew STRACHAN, Chichele Professor of The history of War, All Souls College, University of Oxford.

Session Chairman :
Jean-Paul HANON, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

1. The Historic Forms of Irregular War :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

2. Just War Tradition and the Irregular Warfare :
David RODIN, Center for Ethics, Law and Armed Conflicts, University of Oxford.

3. From the Medieval Outlaw to the 21st Century Militiaman, Anthropologic Views on Irregular
Warfare :
Christian INGRAO, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.

Wednesday 13 May 2009 – Who is Irregular ?

Session Chairman :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.

1. New Conflicts, New Fighters, New Rules :
Adam ROBERTS, Center for International Studies, University of Oxford.

2. Privatisation of Western war :
Sarah PERCY, Merton College, University of Oxford.

3. Carl Schmitt and the Iraqi Insurgency : Competing World Orders, the Friend-Enemy distinction and the Partisan World Revolutionary Dichotomy :
Ahmed S. HASHIM, US Naval War College.

4. Irregular Wars and Public-Private Partnerships :
Didier DANET, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

Managing People

table ronde 1 : Irregular War and People on theaters of War

Session Chairman :
Fabrice d’ALMEIDA, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.

1. Winning the Hearts and Minds of Iraqi People ? :
David KILCULLEN, Center for a New American Security.

2. Winning the Hearts and Minds in the Kosovo War : the Case of UCK :
Amaël CATTARUZZA, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

3. « War Amongst the People » : Solution or Ideology ? :
Général Vincent DESPORTES, directeur du Collège Interarmées de Défense.

table ronde 2 : Irregular War and the general Public

Session Chairman :
Daniel MARSTON, Australian National University.

4. Can we face Long Wars ? :
General (ret.) Jonathan BAILEY, Former Commanding Officer Head Quarter’s Doctrine and
Training.

5. Afghanistan : Local Fighters - Local Population - UK Population :
John McKINLAY, King’s College.

6. Jihad and Just War in the War on Terror :
Alia BRAHIMI, St Antony’s College, University of Oxford.

Thursday 14 May 2009 – Can They Win ?

atelier 1 : Counter-tactics : lessons from History (amphithéâtre napoléon)

Session Chairman :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

1. Is the Irregular Fighter Lore Innovative ? Tactical lessons from Iraq, Lebanon, Afghanistan :
Lieutenant-colonel Michel GOYA, Etat-Major de l’Armée de Terre , pôle action globale et forces
terrestres, Saint-Cyr.

2. The Use of Irregular Fighters by Fegular forces : The Case of Indochina :
Lieutenant-colonel Michel DAVID, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

3. Training for COIN in Algeria :
Colonel Frédéric GUELTON, Service Historique de la Défense.

4. COIN and the Transformation of Regular Forces :
Daniel MARSTON, Australian National University.

atelier 2 : Counter-tactics : today’s theaters of War (amphithéâtre du centre de recherche)

Session Chairman :
Christian MALIS, pôle action globale et forces terrestres, Saint-Cyr.

4. The Use of Airpower in Irregular Wars :
Jérôme de LESPINOIS, centre d’études stratégiques aérospatiales.

5. Irregular Warfare at Sea :
Capitaine de vaisseau Thierry ROUSSEAU, centre de concepts et de doctrines de la marine.

6. Technology and Irregular Warfare :
Pierre-Jean LASSALLE, Thalès.

7. Countering Irregular Warfare, a US View :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.

General conclusion
Professeur Yves BOYER, école Polytechnique.

Closing speaches :
General Sir Richard DANNAT, Chief of the General Staff (UK) : video
Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chief of the General Staff (F).

mardi 7 avril 2009

Un "plan Gates" pour sauver la Transformation américaine

La réforme est dans l’air du temps : nouvelle stratégie en Afghanistan, poursuite de la Transformation mais inflexion dans un sens plus réaliste et crise économique sont autant de facteurs ayant poussé le nouveau président américain à se lancer dans une revue en profondeur des programmes actuellement en cours au Pentagone, suppressions à la clé.

Robert Gates, dans cette optique, a proposé le 6 avril une série de coupes sombres. Pour la Navy, le plan Gates signifie l’abandon du programme VH-71 d’hélicoptère de transport présidentiel ; l’achat de nouveaux F/A-18 ; le maintien de 3 DDG-1000 (et, au-delà, l’arrêt du programme) ; la construction de nouveaux DDG-51.

Au niveau de l’US Air Force, les commandes de F-22 ne dépasseront pas le niveau actuel (187 unités au total). La construction du deuxième Airborne Laser serait abandonnée, le premier étant conservé pour la recherche & développement. Le Transformational Satellite program serait abandonné mais 2 satellites de communication Extremely High Frequency seraient commandés. Le programme CSAR-X d’hélicoptère de recherche et sauvetage au combat serait abandonné mais celui de futur bombardier est maintenu. Concernant le KC-X de ravitaillement en vol, un nouvel appel d’offres serait lancé durant l’été. En outre, 250 appareils de combat seront retirés des inventaires en 2010.

Au niveau de l’Army, le programme FCS serait tout simplement abandonné, l’armée devant lancer de nouveaux programmes de véhicules de combat. Selon le Secrétaire américain à la défense, les véhicules ont été conçus pour éviter les attaques plutôt que pour les encaisser, ce qui pose problème dans le contexte actuel. Un certain nombre de technologies afférentes au programme de 160 milliards de dollars seraient toutefois maintenues, dans le domaine des capteurs, des drones ou encore des communications individuelles L’Army passerait par ailleurs à un format de 45 brigades et non de 48.

Plus généralement, le Pentagone recommande de réduire la proportion de tâches – très coûteuses – effectuées par des Contractors de 37 % à environ 25 %. Dans le même temps, 30 000 civils seraient engagés pour remplacer le départ des Contractors. Le programme F-35 serait quant à lui accéléré – 513 appareils devant être produits d’ici 2014 – afin de réduire ses coûts. La cible reste de 2 443 appareils pour l’ensemble des services. Le « plan Gates » doit maintenant être validé par le Congrès américain.

lundi 6 avril 2009

L'ASMP-A, bon pour le service



La troisième évaluation technico-opérationnelle du missile ASMP-A (Air-Sol Moyenne Portée – Amélioré) a, selon l’armée de l’Air, été menée à bien dans les délais impartis. L’évaluation impliquait un décollage depuis la base d’Istres, un long vol, plusieurs ravitaillements en vol et le lancement d’un missile vers une position en haute mer.


Lancé en 1997, le programme va permettre de remplacer les missiles ASMP jusqu’ici en service comme système de dissuasion en service aussi bien dans l’armée de l’Air que dans l’aéronavale. Doté d’une propulsion par Ramjet bénéficiant du retour d’expérience de la conception du missile ANS (Anti-Navire Supersonique), l’ASMP-A conserve le design général de l’ASMP mais devrait voir une augmentation de sa portée – certaines sources l’évaluant à 500-600 km.


En photo : L’ASMP-A devrait officiellement entrer en service durant l’automne 2009. Ici en position ventrale, l’ASMP-A utilisé lors du dernier test. L’engin semble plus gros que les ASMP (© Armée de l’Air).

vendredi 3 avril 2009

"La technologie militaire en question" dans les trois finalistes du prix "La plume et l'épée"


Cherchant à "contribuer à stimuler la culture militaire en honorant ceux qui ont fait l'effort de publier un ouvrage amenant à réfléchir sur le métier des armes dans tous ces aspects", le prix La plume et l'épée, sera remis le 16 mai 2009 et a été mis en place par le commandement de la formation de l'armée de Terre.
Et, surprise, La technologie militaire en question - qui connaît son petit succès, grâce notamment à plusieurs critiques de lecture - se retrouve dans les trois ouvrages issus d'auteurs civils qui ont été retenus par le jury. En l'occurrence, il est en "compétition" avec Sans blessure apparente (de J-P. Mari) et Edouard Detaille, un siècle de gloire militaire (de M.F. Robichon).

Un autre prix, L'épée et la plume, sera remis à un auteur militaire. Sont en lice : Relire les principes de la guerre en montagne (LCL Becker), La chair et l'acier (LCL Goya) et Clausewitz en France (Col. Durieux).

Et bien... Bonne chance tout le monde !

L'aéronautique navale en débat


L’aéronautique navale française est centenaire. Dès 1909, dans L’aviation militaire, Clément Ader pressentait l’importance d’intégrer une troisième dimension aux opérations navales :

« Un bateau porte-avions devient indispensable. Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D’abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux qualités nautiques de la carène ; il présentera l’aspect d’une aire d’atterrissage. La vitesse de ce bateau devra atteindre, au moins celle des croiseurs et même la dépasser. Le remisage des avions devra être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès à cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes pliées. A côté devra être l’atelier des avionneurs, chargés de réparer les avaries et d’entretenir les avions toujours prêt à s’envoler. L’aire de pont devra être dégagée de tout obstacle au lancement de l’avion, l’avant complètement libre ; à son abordage, c’est l’arrière qui le sera ».

Depuis lors, on a largement quitté le domaine technique pour aborder le stratégique et le doctrinal, au-delà des grandes catégories de fonctions du porte-avions. Nombre d'ouvrages ont été écrit, principalement outre-Atlantique. La France est un peu en retard sur ce plan. Mais elle vient de se doter d'un premier document conceptuel en matière d'aéronavale (embarquée ou non), le PMN 03-102, certes plus descriptif que doctrinal, mais qui a le mérite d'exister. A lire ici.

Le Centre d’enseignement supérieur de la Marine (CESM) organise un colloque sur ce thème le 10 juin 2009. A partir de présentations historiques, de descriptions des capacités des différents moyens dont dispose la Marine et du besoin civil et militaire, il cherchera à préciser les rôles et les missions qu’il est souhaitable de voir confiés à l’aéronautique navale aujourd’hui.

9h30-10h30 : Accueil et introduction du colloque
10h30-12h00 : Première partie : l’aéronautique navale dans l’activité de la Marine au quotidien
13h45-15h30 : Deuxième partie : l’aéronautique dans l’emploi diplomatique de la Marine
16h00-18h00 : Troisième partie : le rôle de l’aéronautique navale dans les opérations de combat de la Marine
18h00-18h15 : Conclusion du colloque

mercredi 1 avril 2009

Le dispositif belge en Afghanistan renforcé

Le Premier ministre l'avait annoncé la semaine passée, le dispositif belge en Afghanistan allait être renforcé, la question étant de savoir comment, ce qu'a décidé le conseil des ministres ce matin.

En l'occurrence, 2 F-16 supplémentaires vont rejoindre les 4 déjà opérationnels à Kandahar (avec 50 membres de la FAé en plus) et une deuxième équipe de formation OMLT (chacune comptant 69 membres) va être mise en place.

Au total, la Belgique aura donc à terme, sur le théâtre, 650 personnes, contre 500 actuellement - précisons qu'il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. Le montant de l'aide au développement sera également revu à la hausse. L'effort militaire, qui sera maintenu en 2010, représente 4 millions d'euros supplémentaires.

lundi 30 mars 2009

DSI n°47 - avril 2009, le sommaire !



Sommaire DSI 47 – avril 2008
Editorial
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Entez-vous le si mélodieux bruit du rotor ? »

Stratégie

Réussir le « plein retour » de la France dans l’OTAN
Par Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat à la défense

Cinquante ans de remises en question de la dissuasion
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Les limites de la dissuasion
Entretien avec Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de Les limites de la dissuasion (FRS, Paris, 2009)

Le Royaume Uni n’a pas besoin de dissuasion nucléaire.
Par Lord Bramall, Field Marshall ; Lord Ramsbotham, général ; Sir Hugh Beach, général

Dissuasion nucléaire et Europe. Entre zones grises et zones floues
Par André Dumoulin, attaché à l’École Royale Militaire, chargé de cours-adjoint à l’Université de Liège, membre du RMES (Bruxelles)

Mission de stabilisation et mission de guerre : quel choix ?
Par le général de corps d’armée (2S) Jean-Patrick Gaviard

Le « Caporal stratégique » est-il notre ennemi ?
Par le chef de bataillon Guillaume Ponchin, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense

Armées

Capacités des forces aériennes : haut de gamme ou bas de gamme ?
Par l’Air Power Development Center de la Royal Australian Air Force

La Royal Australian Air Force au défi de l’Asie
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

Tableau de Bord : La Royal Australian Air Force (RAAF)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Les hussards paras du 1er RHP. Les soldats de l’insolite
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : le VBL

Encadré l’ERC-90

Carte : la 11ème brigade parachutiste

Encadré : Le peloton commando parachutiste

Les parachutes d’armes du 1er RHP

Technologie & Armement

Les missiles antichars français de première génération
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le MILAN ne veut pas mourir !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Un large éventail de missiles air-sol pour le Tigre
Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Lockheed S-3 Viking/S-2 et S-3, gardiens de la flotte

Frégate classe Oliver Hazard Perry/ Les Perry dans le golfe Persique, une leçon de guerre navale

Véhicule blindé Dingo I et II/ Une vision européenne des MRAP ?

Critiques de lecture

In Pursuit of Military Excellence. The Evolution of Operationnal Theory de Shimon Naveh

Les Cahiers du RMES, Vol. 5, n°2, hiver 2008-2009



mardi 24 mars 2009

Carnets de voyage : DSI chez les Vikings

Hareng au petit déjeuner, soleil déjà bien levé à 06 h dans un grand ciel bleu et par –7°C, bienvenue dans le Norrland, en plein milieu de la côte nord du golfe de Botnie, Suède. Votre serviteur n’y est pas en pèlerinage sur les traces de Stieg Larsson mais bien en visite pour 48 heures chez Hägglunds, les concepteurs de la série des BV et du CV90. Au programme des journées, démonstrations dynamiques, débats et présentations en tous genre.

Les gens de la communication ont mitonné un agenda bien chargé et qui va, vraisemblablement, se révéler instructif. De facto, mon « accompagnateur », ancien colonel de l’armée suédoise est passé par le CID. Autant dire qu’à peine posé à Umea, on a parlé tactique, stratégie et opératique, valeur de Clausewitz et techno-guérilla. Bref, de quoi vous mettre en forme.

La stratégie des moyens suédoise a toujours été spécifique. Le niveau technologique a toujours été fortement imprégné de considérations stratégique, l’approche retenue est très synergistique. De fait, la Suède surprend : avec moins d’habitants que la Belgique (ce qui nous vaut de nos élites de nous faire qualifier de « petit pays »), elle a su développer une industrie florissante.

Un petit coup d’œil au passé et revoilà les images d’une industrie qui a été capable (et qui le reste) de développer ses propres chars, automoteurs d’artillerie et autres appareils de combat, sans compter le reste. Elle surprend aussi par une certaine forme d’opulence – comptez entre 6 et 7% de chômage -, malgré un modèle social extrêmement contraignant d’un point de vue fiscal.

Mais il faut également dire qu’ici, l’ancrage social-démocrate s’est traduit par un véritable culte de l’efficacité : alors qu’en Belgique, 28.000 fonctionnaires veillent au fisc (en ne rattrapant, d’ailleurs, qu’une toute petite fraction des milliards de la fraude fiscale), les finances ont ici un « payroll » de… 728 personnes. En dépit de la taille du pays (reportez sa longueur à celle de l’Europe, depuis l’Espagne : ça donne à réfléchir), les infrastructures sont parfaitement entretenues. Tout de suite, on mesure le chemin qu’il reste à parcourir…

Trêve d’économie politique, le programme du jour va porter sur le BVS10 Viking. L’engin articulé est sur les rangs pour un engagement en Afghanistan, où son cousin le BV-206S a déjà participé à des missions avec les Chasseurs alpins. Avec succès semble t’il : l’engin passe partout, est souple d’emploi et relativement léger. Suffisamment rustique aussi. Après tout, il a été conçu pour des opérations arctiques et les conditions qu’elles imposent.

Pas mal de questions me trottent en tête. On m’a promis pas mal de RETEX, des infos sur l'évolution du SEP (l'armée suédoise a stoppé sa participation mais Hägglunds poursuit le développement) et mes hôtes ont l’air plutôt enjoués à l’idée d’un bombardement de questions en règle. Le résultat sera à lire dans le prochain DSI-T ;o)

lundi 23 mars 2009

Réduction d'activité temporaire...

Du moins sur le blog. La semaine va être chargée avec des sauts de ci, de là et, bien entendu, la préparation des prochains DSI-T et DSI. Ce ne sont pourtant pas les sujets de discussion qui manquent.

Je pense en particulier, pour répondre à Olivier et François (qui avaient déjà posté il y a un petit temps de celà), à la thématique de l'approche systémique. Milan Vego, que vous avez pu lire dans DSI vient de publier un article dans le dernier JFQ sur la question.

Vego est un stratégiste qui bonnifie particulièrement bien et sa pensée est à rapprocher d'un autre ponte de l'art opérationnel (pour ne pas dire grand maître, tant son ouvrage sur la question est excellent), Shimon Naveh.

Juste le temps d'aller me balader au pays des rennes et du grand froid et on en reparle. Bonne semaine tout le monde !

mardi 17 mars 2009

DSI n°47 en preview

Petit aperçu du prochain DSI, que la rédaction est sur le poiunt de définitivement boucler. Pas mal de choses intéressantes au menu, à commencer par un dossier complet sur le 1er Régiment de Hussards Parachutistes de Tarbes mais aussi du (très lourd) sur l'évolution des missiles antichars français.

La catégorie "stratégie" sera particulièrement fournie elle aussi, avec un dossier solide sur les remises en question et les limites, théoriques et culturelles, de la dissuasion nucléaire, incluant notamment une interview de Bruno Tertrais. Rendez-vous début avril !