jeudi 9 avril 2009

Sur la "crise" des études stratégiques : une réponse à X. Raufer

Vous aurez pu remarquer une petite baisse de régime du blog, au point de vue des analyses, ces derniers temps. De fait, entre le bouclage de mes magazines (la journée) et ceux de mon prochain ouvrage (la nuit – ou presque), quelques articles et les réflexions préliminaires pour l’ouvrage suivant, les journées sont comme on les aime : bien chargées.

Pour autant, quelque chose m’a fait tiquer, dernièrement, à la lecture d’un supplément de la lettre TTU. Il s’agissait en l’occurrence d’un billet intitulé « L’envers de la mondialisation. Sécurité globale et face noire de la mondialisation » et signé par Xavier Raufer. Il commence par un sous-titre interpellant, « le malaise des études stratégiques ».

Pour le criminologue, « En Europe, la recherche fondamentale en matière de défense (aussi appelées « études stratégiques » se porte mal. Malgré la lecture faite des textes stratégiques, revues ou autres sources accessibles, l’Europe semble en effet incapable de dire qui est l’ennemi, ce qu’est l’hostilité en 2009 ». Interpellant, donc, à plusieurs égards :

- d’abord, parce que les études stratégiques ne se limitent pas à la recherche fondamentale en matière de défense ;

- ensuite parce que ce n’est pas le rôle de la recherche fondamentale de déterminer l’adversaire (et non l’ennemi, c’est justement un acquis des études stratégiques que de nous faire sortir des logiques totales). Ce serait plutôt le rôle de la recherche appliquée telle qu’elle est exercée dans la plupart des centres de recherche voire… du politique lui-même ;

- enfin, sur la « crise » ou le « malaise » des études stratégiques.

Lorsque je suis entré à DSI, en octobre 2005, la revue avait été mise sur pieds six mois plus tôt. Elle était non seulement viable – sans publicité, ce qui n’est pas rien pour une revue de défense – mais en plus, elle pouvait aborder des thèmes parfois pointus. Et l’affaire marche plutôt bien : chaque mois, 120 000 personnes lisent le magazine et les auteurs qui écrivent dedans. Et rares sont les refus que j’essuie à une invitation d’interview ou de publication d’un article. Ce n'est qu'un exemple parmis d'autres.

Parce que les initiatives se développent partout. Tous les mois, je reçois 4 à 5 ouvrages d’études stratégiques – rien que pour la France -, quel que soit le secteur plus particulier qui est traité par l’auteur. Je ne compte même pas les monographies en ligne, de plus en plus costaudes. Les blogs de défense se sont multipliés. Les conférences, séminaires et colloques aussi (le mois de mai sera chargé, vous l’aurez remarqué !). Les études stratégiques, à mon sens, se portent beaucoup mieux, ne fut-ce que deux ans après le 11 septembre.

Alors, certes, l’Université n’a pas toujours compris la nécessité ni l’intérêt – ne serait-ce que purement académique, sur le plan de l’histoire des idées – des études stratégiques. Certaines revues, comme Stratégique, ont connu un passage à vide avec des parutions irrégulières (heureusement terminé - il y aura quelques bonnes surprises dans les prochains mois). Beaucoup de chercheurs passent toujours plus de temps à remplir de la paperasse qu’à chercher. Bien sûr, donc, la situation n’est pas idéale. Mais elle est loin d’être catastrophique.

Nous sommes peut-être même dans une configuration idéale : poussés par la crise stratégique actuelle – qui n’est certainement pas celle des études stratégiques, ne confondons pas l’objet et son analyse – un certain nombre de chercheurs de talent, militaires comme civils, écrivent avec une certaine liberté. Les initiatives fusent de partout et, si elles ne sont pas gratuites (notes d’analyses en lignes, séminaires et colloques, blogs…) elles sont peu coûteuses, de façon à toucher un public le plus large possible.

Sans doute jamais dans l’histoire européenne de ces 30 dernières années on n’aura autant étudié ni lu ni encore écrit sur les questions stratégiques.

Alors, évidemment, personne n’a de réponse définitive à la crise stratégique actuelle, pas plus que nos confrères économistes n’ont de solution à la crise économique ou que nos frères sociologues n’ont de solution arrêtée sur la crise des banlieues. Mais personne ne semble avoir décrété leur discipline en crise au prétexte qu’ils ne sont pas en mesure de produire des solutions opérationnelles.

Là réside, sans doute, un malentendu profond et éminemment problématique : au même titre que n’importe quelle autre (sous-)discipline, les études stratégiques peuvent produire des solutions à vocation opératoire. Mais avant, il faut précisément s’attacher à la recherche fondamentale.

La France, de ce point de vue, a de sérieux atouts. Relire du Alain Joxe ou étudier le Traité de stratégie d’H. Coutau-Bégarie n’est pas nécessairement aisé. Mais on ne fait pas de recherche appliquée sans en maîtriser les fondamentaux. Ces mêmes fondamentaux que nos camarades américains, parfois pris en exemple à mauvais escient, nous envient…

Conférence "L’armée rouge en Afghanistan 1979 – 1989" au CDEF

A travers cette conférence, le colonel (R) Oleg KULAKOV, qui a servi au sein de l’armée soviétique en Afghanistan, de 1980 à 1982 puis de 1986 à 1989, fera part de son expérience militaire et des enseignements de l'intervention soviétique en Afghanistan.

Le colonel (R) Oleg KULAKOV est professeur (Docteur) en Histoire à l'Institut d'Etudes Orientales de l'Académie Russe des Sciences et Conférencier à l'Université de Défense de Moscou. Il a effectué deux séjours en Afghanistan comme interprète militaire. Puis il a servi au sein du (Collège de Défense de l'OTAN à Rome en Italie) de septembre 2005 à février 2006.

La conférence sera prononcée en anglais

Lundi 11 mai 2009 de 14h15 à 16h15
Amphithéâtre De BOURCET - Ecole militaire, 1 place Joffre -75007 Paris

Contact : marie-laure.mounoury@cdef.terre.defense.gouv.fr (adresse Internet et intradef), Tel. 0033 1 44 42 52 90.

Colloque international "guerre irrégulière"

Programme du colloque international
Des 12, 13 et 14 Mai 2009 - Ecoles de saint-Cyr Coëtquidan

LA GUERRE IRREGULIERE

Depuis 2007, le pôle d’excellence « Action globale et forces terrestres » des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan rassemble chercheurs civils et militaires autour des mutations de la conflictualité et de leurs retombées sur l’engagement des forces terrestres.
En partenariat avec l’Université d’Oxford et l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS), ce pôle conduit actuellement un programme de recherche sur la guerre irrégulière dont le point d’orgue est un colloque qui se tiendra à l’occasion des journées internationales de Saint-Cyr Coëtquidan. Cette manifestation marquera également l’ouverture du symposium ISODOMA, réunissant les représentants des académies militaires du monde entier.
Visant à faire progresser la connaissance théorique et la maîtrise opérationnelle d’un phénomène complexe mais caractéristique des opérations militaires contemporaines, le colloque « Guerre irrégulière » concerne l’ensemble des acteurs appelés à jouer un rôle dans les conflits d’aujourd’hui et de demain.

Contact : Cellule accueil journées d’études « la guerre irrégulière » - Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan 56381 Guer cedex
Téléphone : (00 33) 02 97 70 77 83 Fax (00 33) 02 97 70 76 15 Courriel : guerreirreguliere(at)st-cyr.terre.defense.gouv.fr
Mardi 12 mai 2009 – La crise de la guerre régulière

opening speach :
General de division Nicolas de LARDEMELLE, Commandant of French Military Academy Saint-Cyr
Coëtquidan.

general Introduction :
Hew STRACHAN, Chichele Professor of The history of War, All Souls College, University of Oxford.

Session Chairman :
Jean-Paul HANON, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

1. The Historic Forms of Irregular War :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

2. Just War Tradition and the Irregular Warfare :
David RODIN, Center for Ethics, Law and Armed Conflicts, University of Oxford.

3. From the Medieval Outlaw to the 21st Century Militiaman, Anthropologic Views on Irregular
Warfare :
Christian INGRAO, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.

Wednesday 13 May 2009 – Who is Irregular ?

Session Chairman :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.

1. New Conflicts, New Fighters, New Rules :
Adam ROBERTS, Center for International Studies, University of Oxford.

2. Privatisation of Western war :
Sarah PERCY, Merton College, University of Oxford.

3. Carl Schmitt and the Iraqi Insurgency : Competing World Orders, the Friend-Enemy distinction and the Partisan World Revolutionary Dichotomy :
Ahmed S. HASHIM, US Naval War College.

4. Irregular Wars and Public-Private Partnerships :
Didier DANET, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

Managing People

table ronde 1 : Irregular War and People on theaters of War

Session Chairman :
Fabrice d’ALMEIDA, Institut d’Histoire du Temps Présent, CNRS.

1. Winning the Hearts and Minds of Iraqi People ? :
David KILCULLEN, Center for a New American Security.

2. Winning the Hearts and Minds in the Kosovo War : the Case of UCK :
Amaël CATTARUZZA, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

3. « War Amongst the People » : Solution or Ideology ? :
Général Vincent DESPORTES, directeur du Collège Interarmées de Défense.

table ronde 2 : Irregular War and the general Public

Session Chairman :
Daniel MARSTON, Australian National University.

4. Can we face Long Wars ? :
General (ret.) Jonathan BAILEY, Former Commanding Officer Head Quarter’s Doctrine and
Training.

5. Afghanistan : Local Fighters - Local Population - UK Population :
John McKINLAY, King’s College.

6. Jihad and Just War in the War on Terror :
Alia BRAHIMI, St Antony’s College, University of Oxford.

Thursday 14 May 2009 – Can They Win ?

atelier 1 : Counter-tactics : lessons from History (amphithéâtre napoléon)

Session Chairman :
Hervé COUTAU-BEGARIE, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

1. Is the Irregular Fighter Lore Innovative ? Tactical lessons from Iraq, Lebanon, Afghanistan :
Lieutenant-colonel Michel GOYA, Etat-Major de l’Armée de Terre , pôle action globale et forces
terrestres, Saint-Cyr.

2. The Use of Irregular Fighters by Fegular forces : The Case of Indochina :
Lieutenant-colonel Michel DAVID, Pole Land Forces and Global Action, Saint-Cyr.

3. Training for COIN in Algeria :
Colonel Frédéric GUELTON, Service Historique de la Défense.

4. COIN and the Transformation of Regular Forces :
Daniel MARSTON, Australian National University.

atelier 2 : Counter-tactics : today’s theaters of War (amphithéâtre du centre de recherche)

Session Chairman :
Christian MALIS, pôle action globale et forces terrestres, Saint-Cyr.

4. The Use of Airpower in Irregular Wars :
Jérôme de LESPINOIS, centre d’études stratégiques aérospatiales.

5. Irregular Warfare at Sea :
Capitaine de vaisseau Thierry ROUSSEAU, centre de concepts et de doctrines de la marine.

6. Technology and Irregular Warfare :
Pierre-Jean LASSALLE, Thalès.

7. Countering Irregular Warfare, a US View :
Carter MALKASIAN, Center for Naval Analysis.

General conclusion
Professeur Yves BOYER, école Polytechnique.

Closing speaches :
General Sir Richard DANNAT, Chief of the General Staff (UK) : video
Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chief of the General Staff (F).

mardi 7 avril 2009

Un "plan Gates" pour sauver la Transformation américaine

La réforme est dans l’air du temps : nouvelle stratégie en Afghanistan, poursuite de la Transformation mais inflexion dans un sens plus réaliste et crise économique sont autant de facteurs ayant poussé le nouveau président américain à se lancer dans une revue en profondeur des programmes actuellement en cours au Pentagone, suppressions à la clé.

Robert Gates, dans cette optique, a proposé le 6 avril une série de coupes sombres. Pour la Navy, le plan Gates signifie l’abandon du programme VH-71 d’hélicoptère de transport présidentiel ; l’achat de nouveaux F/A-18 ; le maintien de 3 DDG-1000 (et, au-delà, l’arrêt du programme) ; la construction de nouveaux DDG-51.

Au niveau de l’US Air Force, les commandes de F-22 ne dépasseront pas le niveau actuel (187 unités au total). La construction du deuxième Airborne Laser serait abandonnée, le premier étant conservé pour la recherche & développement. Le Transformational Satellite program serait abandonné mais 2 satellites de communication Extremely High Frequency seraient commandés. Le programme CSAR-X d’hélicoptère de recherche et sauvetage au combat serait abandonné mais celui de futur bombardier est maintenu. Concernant le KC-X de ravitaillement en vol, un nouvel appel d’offres serait lancé durant l’été. En outre, 250 appareils de combat seront retirés des inventaires en 2010.

Au niveau de l’Army, le programme FCS serait tout simplement abandonné, l’armée devant lancer de nouveaux programmes de véhicules de combat. Selon le Secrétaire américain à la défense, les véhicules ont été conçus pour éviter les attaques plutôt que pour les encaisser, ce qui pose problème dans le contexte actuel. Un certain nombre de technologies afférentes au programme de 160 milliards de dollars seraient toutefois maintenues, dans le domaine des capteurs, des drones ou encore des communications individuelles L’Army passerait par ailleurs à un format de 45 brigades et non de 48.

Plus généralement, le Pentagone recommande de réduire la proportion de tâches – très coûteuses – effectuées par des Contractors de 37 % à environ 25 %. Dans le même temps, 30 000 civils seraient engagés pour remplacer le départ des Contractors. Le programme F-35 serait quant à lui accéléré – 513 appareils devant être produits d’ici 2014 – afin de réduire ses coûts. La cible reste de 2 443 appareils pour l’ensemble des services. Le « plan Gates » doit maintenant être validé par le Congrès américain.

lundi 6 avril 2009

L'ASMP-A, bon pour le service



La troisième évaluation technico-opérationnelle du missile ASMP-A (Air-Sol Moyenne Portée – Amélioré) a, selon l’armée de l’Air, été menée à bien dans les délais impartis. L’évaluation impliquait un décollage depuis la base d’Istres, un long vol, plusieurs ravitaillements en vol et le lancement d’un missile vers une position en haute mer.


Lancé en 1997, le programme va permettre de remplacer les missiles ASMP jusqu’ici en service comme système de dissuasion en service aussi bien dans l’armée de l’Air que dans l’aéronavale. Doté d’une propulsion par Ramjet bénéficiant du retour d’expérience de la conception du missile ANS (Anti-Navire Supersonique), l’ASMP-A conserve le design général de l’ASMP mais devrait voir une augmentation de sa portée – certaines sources l’évaluant à 500-600 km.


En photo : L’ASMP-A devrait officiellement entrer en service durant l’automne 2009. Ici en position ventrale, l’ASMP-A utilisé lors du dernier test. L’engin semble plus gros que les ASMP (© Armée de l’Air).

vendredi 3 avril 2009

"La technologie militaire en question" dans les trois finalistes du prix "La plume et l'épée"


Cherchant à "contribuer à stimuler la culture militaire en honorant ceux qui ont fait l'effort de publier un ouvrage amenant à réfléchir sur le métier des armes dans tous ces aspects", le prix La plume et l'épée, sera remis le 16 mai 2009 et a été mis en place par le commandement de la formation de l'armée de Terre.
Et, surprise, La technologie militaire en question - qui connaît son petit succès, grâce notamment à plusieurs critiques de lecture - se retrouve dans les trois ouvrages issus d'auteurs civils qui ont été retenus par le jury. En l'occurrence, il est en "compétition" avec Sans blessure apparente (de J-P. Mari) et Edouard Detaille, un siècle de gloire militaire (de M.F. Robichon).

Un autre prix, L'épée et la plume, sera remis à un auteur militaire. Sont en lice : Relire les principes de la guerre en montagne (LCL Becker), La chair et l'acier (LCL Goya) et Clausewitz en France (Col. Durieux).

Et bien... Bonne chance tout le monde !

L'aéronautique navale en débat


L’aéronautique navale française est centenaire. Dès 1909, dans L’aviation militaire, Clément Ader pressentait l’importance d’intégrer une troisième dimension aux opérations navales :

« Un bateau porte-avions devient indispensable. Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D’abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux qualités nautiques de la carène ; il présentera l’aspect d’une aire d’atterrissage. La vitesse de ce bateau devra atteindre, au moins celle des croiseurs et même la dépasser. Le remisage des avions devra être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès à cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes pliées. A côté devra être l’atelier des avionneurs, chargés de réparer les avaries et d’entretenir les avions toujours prêt à s’envoler. L’aire de pont devra être dégagée de tout obstacle au lancement de l’avion, l’avant complètement libre ; à son abordage, c’est l’arrière qui le sera ».

Depuis lors, on a largement quitté le domaine technique pour aborder le stratégique et le doctrinal, au-delà des grandes catégories de fonctions du porte-avions. Nombre d'ouvrages ont été écrit, principalement outre-Atlantique. La France est un peu en retard sur ce plan. Mais elle vient de se doter d'un premier document conceptuel en matière d'aéronavale (embarquée ou non), le PMN 03-102, certes plus descriptif que doctrinal, mais qui a le mérite d'exister. A lire ici.

Le Centre d’enseignement supérieur de la Marine (CESM) organise un colloque sur ce thème le 10 juin 2009. A partir de présentations historiques, de descriptions des capacités des différents moyens dont dispose la Marine et du besoin civil et militaire, il cherchera à préciser les rôles et les missions qu’il est souhaitable de voir confiés à l’aéronautique navale aujourd’hui.

9h30-10h30 : Accueil et introduction du colloque
10h30-12h00 : Première partie : l’aéronautique navale dans l’activité de la Marine au quotidien
13h45-15h30 : Deuxième partie : l’aéronautique dans l’emploi diplomatique de la Marine
16h00-18h00 : Troisième partie : le rôle de l’aéronautique navale dans les opérations de combat de la Marine
18h00-18h15 : Conclusion du colloque

mercredi 1 avril 2009

Le dispositif belge en Afghanistan renforcé

Le Premier ministre l'avait annoncé la semaine passée, le dispositif belge en Afghanistan allait être renforcé, la question étant de savoir comment, ce qu'a décidé le conseil des ministres ce matin.

En l'occurrence, 2 F-16 supplémentaires vont rejoindre les 4 déjà opérationnels à Kandahar (avec 50 membres de la FAé en plus) et une deuxième équipe de formation OMLT (chacune comptant 69 membres) va être mise en place.

Au total, la Belgique aura donc à terme, sur le théâtre, 650 personnes, contre 500 actuellement - précisons qu'il ne s'agit pas d'un poisson d'avril. Le montant de l'aide au développement sera également revu à la hausse. L'effort militaire, qui sera maintenu en 2010, représente 4 millions d'euros supplémentaires.

lundi 30 mars 2009

DSI n°47 - avril 2009, le sommaire !



Sommaire DSI 47 – avril 2008
Editorial
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Entez-vous le si mélodieux bruit du rotor ? »

Stratégie

Réussir le « plein retour » de la France dans l’OTAN
Par Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat à la défense

Cinquante ans de remises en question de la dissuasion
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Les limites de la dissuasion
Entretien avec Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de Les limites de la dissuasion (FRS, Paris, 2009)

Le Royaume Uni n’a pas besoin de dissuasion nucléaire.
Par Lord Bramall, Field Marshall ; Lord Ramsbotham, général ; Sir Hugh Beach, général

Dissuasion nucléaire et Europe. Entre zones grises et zones floues
Par André Dumoulin, attaché à l’École Royale Militaire, chargé de cours-adjoint à l’Université de Liège, membre du RMES (Bruxelles)

Mission de stabilisation et mission de guerre : quel choix ?
Par le général de corps d’armée (2S) Jean-Patrick Gaviard

Le « Caporal stratégique » est-il notre ennemi ?
Par le chef de bataillon Guillaume Ponchin, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense

Armées

Capacités des forces aériennes : haut de gamme ou bas de gamme ?
Par l’Air Power Development Center de la Royal Australian Air Force

La Royal Australian Air Force au défi de l’Asie
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

Tableau de Bord : La Royal Australian Air Force (RAAF)
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Les hussards paras du 1er RHP. Les soldats de l’insolite
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : le VBL

Encadré l’ERC-90

Carte : la 11ème brigade parachutiste

Encadré : Le peloton commando parachutiste

Les parachutes d’armes du 1er RHP

Technologie & Armement

Les missiles antichars français de première génération
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le MILAN ne veut pas mourir !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Un large éventail de missiles air-sol pour le Tigre
Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Lockheed S-3 Viking/S-2 et S-3, gardiens de la flotte

Frégate classe Oliver Hazard Perry/ Les Perry dans le golfe Persique, une leçon de guerre navale

Véhicule blindé Dingo I et II/ Une vision européenne des MRAP ?

Critiques de lecture

In Pursuit of Military Excellence. The Evolution of Operationnal Theory de Shimon Naveh

Les Cahiers du RMES, Vol. 5, n°2, hiver 2008-2009



mardi 24 mars 2009

Carnets de voyage : DSI chez les Vikings

Hareng au petit déjeuner, soleil déjà bien levé à 06 h dans un grand ciel bleu et par –7°C, bienvenue dans le Norrland, en plein milieu de la côte nord du golfe de Botnie, Suède. Votre serviteur n’y est pas en pèlerinage sur les traces de Stieg Larsson mais bien en visite pour 48 heures chez Hägglunds, les concepteurs de la série des BV et du CV90. Au programme des journées, démonstrations dynamiques, débats et présentations en tous genre.

Les gens de la communication ont mitonné un agenda bien chargé et qui va, vraisemblablement, se révéler instructif. De facto, mon « accompagnateur », ancien colonel de l’armée suédoise est passé par le CID. Autant dire qu’à peine posé à Umea, on a parlé tactique, stratégie et opératique, valeur de Clausewitz et techno-guérilla. Bref, de quoi vous mettre en forme.

La stratégie des moyens suédoise a toujours été spécifique. Le niveau technologique a toujours été fortement imprégné de considérations stratégique, l’approche retenue est très synergistique. De fait, la Suède surprend : avec moins d’habitants que la Belgique (ce qui nous vaut de nos élites de nous faire qualifier de « petit pays »), elle a su développer une industrie florissante.

Un petit coup d’œil au passé et revoilà les images d’une industrie qui a été capable (et qui le reste) de développer ses propres chars, automoteurs d’artillerie et autres appareils de combat, sans compter le reste. Elle surprend aussi par une certaine forme d’opulence – comptez entre 6 et 7% de chômage -, malgré un modèle social extrêmement contraignant d’un point de vue fiscal.

Mais il faut également dire qu’ici, l’ancrage social-démocrate s’est traduit par un véritable culte de l’efficacité : alors qu’en Belgique, 28.000 fonctionnaires veillent au fisc (en ne rattrapant, d’ailleurs, qu’une toute petite fraction des milliards de la fraude fiscale), les finances ont ici un « payroll » de… 728 personnes. En dépit de la taille du pays (reportez sa longueur à celle de l’Europe, depuis l’Espagne : ça donne à réfléchir), les infrastructures sont parfaitement entretenues. Tout de suite, on mesure le chemin qu’il reste à parcourir…

Trêve d’économie politique, le programme du jour va porter sur le BVS10 Viking. L’engin articulé est sur les rangs pour un engagement en Afghanistan, où son cousin le BV-206S a déjà participé à des missions avec les Chasseurs alpins. Avec succès semble t’il : l’engin passe partout, est souple d’emploi et relativement léger. Suffisamment rustique aussi. Après tout, il a été conçu pour des opérations arctiques et les conditions qu’elles imposent.

Pas mal de questions me trottent en tête. On m’a promis pas mal de RETEX, des infos sur l'évolution du SEP (l'armée suédoise a stoppé sa participation mais Hägglunds poursuit le développement) et mes hôtes ont l’air plutôt enjoués à l’idée d’un bombardement de questions en règle. Le résultat sera à lire dans le prochain DSI-T ;o)

lundi 23 mars 2009

Réduction d'activité temporaire...

Du moins sur le blog. La semaine va être chargée avec des sauts de ci, de là et, bien entendu, la préparation des prochains DSI-T et DSI. Ce ne sont pourtant pas les sujets de discussion qui manquent.

Je pense en particulier, pour répondre à Olivier et François (qui avaient déjà posté il y a un petit temps de celà), à la thématique de l'approche systémique. Milan Vego, que vous avez pu lire dans DSI vient de publier un article dans le dernier JFQ sur la question.

Vego est un stratégiste qui bonnifie particulièrement bien et sa pensée est à rapprocher d'un autre ponte de l'art opérationnel (pour ne pas dire grand maître, tant son ouvrage sur la question est excellent), Shimon Naveh.

Juste le temps d'aller me balader au pays des rennes et du grand froid et on en reparle. Bonne semaine tout le monde !

mardi 17 mars 2009

DSI n°47 en preview

Petit aperçu du prochain DSI, que la rédaction est sur le poiunt de définitivement boucler. Pas mal de choses intéressantes au menu, à commencer par un dossier complet sur le 1er Régiment de Hussards Parachutistes de Tarbes mais aussi du (très lourd) sur l'évolution des missiles antichars français.

La catégorie "stratégie" sera particulièrement fournie elle aussi, avec un dossier solide sur les remises en question et les limites, théoriques et culturelles, de la dissuasion nucléaire, incluant notamment une interview de Bruno Tertrais. Rendez-vous début avril !

lundi 16 mars 2009

Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre

Mardi prochain 17 mars, la commission "Nouvelle histoire bataille" tiendra une nouvelle séance.

Nous recevrons Christophe Wasinski, maître de conférences en sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles et aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, qui nous présentera une communication sur le thème suivant :

« Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre »
Comme à l'habitude, la séance se déroulera de 17 h à 19 h en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes. RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.

Commentaire de JH : Chris a beaucoup de choses extrêmement intéressantes à dire. N'hésitez surtout pas à faire un tour au Château de Vincennes !

vendredi 13 mars 2009

Y'a sondage : changer le format de DSI ?

On y réfléchi depuis un certain temps, les scores sont serrés : faut-il changer le format actuel de de DSI (23 cm x 18,5 cm) ?

En fait, derrière cette question se cachent également deux enjeux :

- Le format adopté implique un dos carré-collé et une mauvaise résistance du magazine dans le temps, les pages tendant à se recroqueviller au bout de quelques semaines ;

- Le rendu des photos n'est franchement pas génial. La production en très grande série de notre format impose de passer par des techniques qui tendent à décolorer des clichés qui sont, pourtant et fréquemment, de la plus haute qualité.

D'où ce petit sondage : à prix équivalent (5,7 Eur en France, 6,7 en Belgique) ou avec une légère augmentation - le papier se paie - êtes-vous partant pour le format des revues de défense internationale (27 cm x 19,5 cm) ?

Addendum (16/03) : le format proposé est évidemment de 19,5 sur 27 cm contre 23 cm x 18,5 cm - le but du jeu étant de disposer d'un magazine plus large. Désolé pour la faute de frappe !

mardi 10 mars 2009

Sur la géopolitique

Olivier revient sur la notion de géopolitique dans son rapport notamment aux relations internationales, et pose un certain nombre de questions qui sont effectivement intéressantes mais qui appelent également à quelques précisions. D’abord, sur l’étanchéité entre variables internes et externes qui serait le propre de la théorie des RI. Soulignons préalablement ici qu’il n’y a pas une seule théorie unifiée des RI – un exercice auquel s’était heurté R. Aron et d’autres avant lui – mais une pluralité de paradigmes partiellement concurrents.

Certes, leurs itérations montrent un certain affinage des conceptions mais, en aucun cas, les derniers développements observés, disons, depuis la fin de la guerre froide, ne mettent de côté l’interrelation interne/externe. L’émergence d’une réflexion dense et très riche sur le constructivisme ; les évolutions qu’a connu le paradigme réaliste lui-même (dont la jeunesse, effectivement, était critiquable en considérant l’Etat comme une « boîte noire ») ; les études ethnopolitiques (voire l’ethnoréalisme dans l’explicitation des relations de puissance propres aux guerres civiles) ; les travaux sur les politiques étrangères comme politiques publiques sont quelques courants d’études – parmi d’autres – montrant effectivement cette prise en compte de l’interne.

Je ne saurai trop inviter ici à la relecture de quelques bons « readers » tel que ceux dirigés/rédigés par M-C. Smouts, D. Battistella ou F. Charrillon. Les lire est à mon humble avis un préalable indispensable à toute réflexion portant sur les RI. Ensuite, la relation de puissance elle-même est une thématique naturellement transversale. Toute une école juridique peut s’en réclamer, au même titre que certains travaux en économie, en sociologie et, bien évidemment, en études stratégiques ou en politologie.

Enfin, la question de la géopolitique elle-même appelle quelques commentaires. Premièrement, son origine renvoie à une pensée opérationnelle : Kjellen, Haushofer, Spykman ou Mackinder – pour ne citer que les plus classiques – se positionnent résolument dans une optique de géographie politique : il s’agit d’appréhender des positionnements et leurs avantages comparatifs.

Deuxièmement, son évolution durant la guerre froide montre surtout une recherche d’approche multidisciplinaire, cherchant à inclure une série de variables complexes mais non déterminées par elle. La géopolitique, en tant que telle, a absorbé/inclus des théories relevant des méthodologies propres à l’histoire, à la démographie, à l’économie, à la sociologie, ou encore aux sciences politiques, y compris les études stratégiques et les RI – sans être exhaustifs.

Mais elle n’a pas reconfiguré les méthodologies qui lui étaient antérieures ou qui étaient forgées en parallèle à son évolution. De ce point de vue, et de facto, relire bon nombre de travaux de géopolitique revient souvent… à lire les travaux de politologues ou d’historiens.

Troisièmement, il faut également poser la question du « géo » de la géopolitique, qui face à l’inflation des variables – qu’elles soient explicatives ou à prendre en considération – tend à perdre sa position déterminante. Richard Ek ou Geraoid O’Thuatail, pour ne reprendre que ces exemples, sont des tenants de la géopolitique postmoderne, où la notion de temps joue pour eux un rôle aussi important que celui d’espace. Les perspectives qu’ils ouvrent sont fascinantes mais… là aussi, passé un certain cap, ils ne peuvent que s’appuyer sur des méthodologies relevant d’autres disciplines que la géographie, fut-elle politique. La question du déterminisme géographique reste également posée et me semble, comme bon nombre de déterminismes, discutable.

Quatrièmement et en effet, la question de la valeur heuristique dans le temps long de la géopolitique est posée. Elle n’est potentiellement importante que dès lors qu’elle prend en considération des méthodologies solides, dont l’établissement a fréquemment généré des centaines de publications. C’est alors qu’elle est la plus intéressante, dans la mesure ou elle permet de dépasser l’instinct de l’analyste et qu’elle l’encadre dans une vision en mesure de lui donner une valeur prospective. Sans ces méthodologies, l’approche renvoie plus à la divination ou à une analyse dans le temps court braudélien qu’à autre chose.

A ce stade, la géopolitique en tant que discipline est, par certains aspects, prise entre le marteau et l’enclume. Le marteau dans la mesure où elle doit impérativement s’appuyer sur des méthodologies « importées », issues d’autres disciplines. Certes, elle peut dégager en soi un corpus de méthodes – souvenons nous du très instructif débat de la fin des années 80 sur la relation entre la terre et la mer chez Gray, par exemple (encore qu’il s’appuyait massivement sur l’histoire). Mais leur portée reste bornée par les démonstrations issues d’autres disciplines.

L'enclume, ensuite : les exigences de la multidisciplinarité imposent de concevoir la constitution d’un savoir sous une forme réticulée, un réseau épistémique. Et à ce jeu, les déterminismes trop marqués finissent généralement par poser problème.

lundi 9 mars 2009

DSI- Technologies n°16 - le sommaire !



DSI-Technologies n°16, mars-avril 2009
Editorial

Les élémentaires


Technologies et innovations militaires, intégrées sans discernement ?
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier, chargé de recherche au CAPRI et expert en systèmes d’armes

Robotique et opérations urbaines : quel avenir ?
Entretien avec Alain De Neve, chargé de recherche au CED de l’IRSD, membre du RMES, co-auteur de Les interventions militaires en zone urbaine.

Marines

La piraterie maritime, une menace asymétrique ?
Capitaine de frégate Marc Gander, stagiaire de la Promotion Maréchal Foch du Collège Interarmées de Défense

ROK Navy : un renforcement rapide
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

« Le Frappeur » - alias « Striker » - Missileur pour l’Âge des Réseaux et des Missiles Guidés.
Entretien avec René Loire, ingénieur naval, concepteur du Frappeur

Pas de Striker pour les marines : pourquoi ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Guerre côtière : le meilleur atout de la PLAN ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Gaza : dossier spécial

Plomb Durci : une opération urbaine « académique » ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Bilan politique : statu quo pour le Hamas, perte de légitimité pour Israël
Entretien avec Sherifa Zuhur, Professeure au Strategic Studies Institute de l’US Army War College

La guerre correspondait aux agendas politiques israéliens et palestiniens
Entretien avec Pierre Razoux, responsable de recherches au Collège de défense de l’OTAN à Rome

HAPC : quelle utilisation durant Plomb durci ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Air

L’OV-10 Bronco, la solution évincée
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Le SAMP/T entre en service !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

L’Airborne Laser : futur en péril pour le tueur de missiles balistiques de Boeing ?
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE

A400M : quelles options pour son futur ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Terre

Kamaz au cœur de la logistique de la nouvelle armée russe
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le FNSS Pars
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

FELIN : le nouveau fantassin français
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Le FAMAS félinisé, une vraie cure de rajeunissement
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Véhicules de combat à roues : l’expérience soviétique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Heavy Metall : la disparition des chars lourds
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes

jeudi 5 mars 2009

Conférence de P. Forget : (léger) changement de programme

Nous avions annoncé dans le dernier DSI que la conférence de P. Forget à l'EHSS se tiendrait le 19 mars. Mais... elle est décalée d'une semaine en raison d'un risque de grève des transports le 19. L'annonce correcte est donc :

"Le paradigme du réseau : une mutation dans la modernité stratégique"
Par Philipe Forget, directeur de la revue d’anthropologie philosophique L’Art du comprendre, dans le cadre du séminaire « Révolutions militaires et révolutions dans les affaires militaires », EHESS, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris, Salle 2, 1er étage ; 26 mars 17 h – 19 h.

J'en profite pour toucher un mot de l'ouvrage qu'il avait fait paraître avec Gilles Polycarpe, Le réseau et l'infini, extrêmement éclairant quant à la notion d'agir réticulaire en particulier mais aussi quant à nos représentation du concept même d'espace en général. Il était paru en 1997 si je ne m'abuse mais garde une actualité certaine.

Bonne lecture et bonne conf' !

Budget chinois de défense : en augmentation de près de 15 %

Selon le porte-parole du 11ème Congrès du parti communiste chinois, le prochain budget de défense de Pékin sera de 70,2 milliards de dollars, soit 14,9 % de plus que celui de 2008 – qui représentait déjà 17,6 % d’augmentation comparativement à celui de 2007. Les dépenses de défenses formeraient ainsi 6,3 % des dépenses publiques chinoises.

Pratiquement cependant, certains analystes américains estiment que le budget est, en réalité, plus élevé, reprenant ainsi un discours qui avait cours durant la guerre froide, à l’égard de l’URSS. En 2008, ils indiquaient ainsi que le niveau réel devait se situer entre 97 et 139 milliards de dollars, compte tenu de programmes de recherche, de « black programs » voire de dépenses touchant à la « Seconde artillerie » (forces nucléaires stratégiques).

La question du volume du budget réel pour 2009 reste cependant posée. Certains commentateurs indiquent ainsi que la Chine va sans aucun doute être touchée de plein fouet par la crise économique globale, ce qui pourrait impacter négativement une série de budgets connexes à celui de la défense.

mercredi 4 mars 2009

Feeding the brain : Stratégique n°88 est en ligne

Consacré à "histoire et stratégie", le n°88 de Stratégique se focalise en particulier sur le 17ème siècle. Quelques pierres de plus, donc, à la compréhension d'un siècle qui s'est avéré déterminant dans le processus de genèse de l'art militaire contemporain.

Publications : le CESM passe la vitesse supérieure

Le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM) a mis récemment en ligne une série de textes qui ont le mérite d'alimenter le débat. C'est une bonne chose dès lors que les publications touchant aux questions navales (et non maritimes, mieux couvertes) sont non seulement peu nombreuses en France mais également très orientées vers l'histoire, au détriment de la compréhension des mécanismes stratégiques régissant les marines contemporaines.

D'abord, les actes du colloque tenu sur "Irrégularités et guerre sur mer". La question se pose de plus en plus fréquemment : piraterie, terrorisme maritime (ou encore émergence de marines subétatiques, à l'instar des Sea Tigers tamouls) pose question à des marins plus habitués à mener des formes classiques d'opérations. Pour ma part, je persiste à penser que le phénomène est appelé à se développer : dans les nouvelles conditions technologiques, il n'y a aucune raison de penser que la "loi du contournement de la puissance" ne s'applique pas aux marines.

Ensuite, une série d'études d'une longueur et d'une valeur variable. Enfin, les Bulletin d'Etude de la Marine, trimestriel, sont également accessibles. A l'instar de la Naval War College Review américaine, beaucoup de géopolitique et quelques points de vue intéressants.

Que le CSEM mette en ligne ses travaux est une très bonne nouvelle. D'abord, parce que l'on réfléchit peu et mal au rôle des marine. Peu, dès lors que le nombre de travaux portant sur les marines et la stratégie navale contemporaine est très faible en France comme en Europe continentale. Mal, ensuite, dès lors que nombre de pistes sont inexplorées. Il a fallu Milan Vego, aux Etats-Unis, pour s'intéresser à l'art opératif naval. Il vient d'ailleur de récemment sortir un ouvrage sur le sujet chez Routledge. A mon sens, il reste trop marqué par une conception mahanienne "basique" et mettant en évidence l'engagement décisif. Mais, à tout le moins, l'eefort est d'une grande valeur.

On réfléchit également mal au regard de décisions qui ont été prises dans les marines de l'OTAN sans prise de distance. A relire Wayne Hughes et la lecture qu'il fait des "Lois de Lanchester", la puissance de feu est une donnée centrale, le plus grand nombre de coups étant déterminant. Or, alors que les marines otaniennes s'orientent vers des dotations à 4-8 missiles (les Danois faisant exception avec 16), les marines émergentes tablent sur des dotations de 8 à 16 engins.

De facto, le champ de la guerre navale contemporaine est une immense friche. Pour travailler sur le sujet depuis maintenant quelques temps - avec un ouvrage à la clé, dans les bacs, j'espère, d'ici juin ou septembre - je reste intimement convaincu de la nécessité de disposer d'un véritable "reader" en matière de stratégie/opératique/tactique navale théorique. De quoi donc, amplement faire ;o)