Petit aperçu du prochain DSI, que la rédaction est sur le poiunt de définitivement boucler. Pas mal de choses intéressantes au menu, à commencer par un dossier complet sur le 1er Régiment de Hussards Parachutistes de Tarbes mais aussi du (très lourd) sur l'évolution des missiles antichars français.
La catégorie "stratégie" sera particulièrement fournie elle aussi, avec un dossier solide sur les remises en question et les limites, théoriques et culturelles, de la dissuasion nucléaire, incluant notamment une interview de Bruno Tertrais. Rendez-vous début avril !
mardi 17 mars 2009
lundi 16 mars 2009
Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre
Mardi prochain 17 mars, la commission "Nouvelle histoire bataille" tiendra une nouvelle séance.
Nous recevrons Christophe Wasinski, maître de conférences en sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles et aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, qui nous présentera une communication sur le thème suivant :
« Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre »
Comme à l'habitude, la séance se déroulera de 17 h à 19 h en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes. RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.
Commentaire de JH : Chris a beaucoup de choses extrêmement intéressantes à dire. N'hésitez surtout pas à faire un tour au Château de Vincennes !
Nous recevrons Christophe Wasinski, maître de conférences en sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles et aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, qui nous présentera une communication sur le thème suivant :
« Pensée stratégique et grammaire narrative de la guerre »
Comme à l'habitude, la séance se déroulera de 17 h à 19 h en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes. RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.
Commentaire de JH : Chris a beaucoup de choses extrêmement intéressantes à dire. N'hésitez surtout pas à faire un tour au Château de Vincennes !
vendredi 13 mars 2009
Y'a sondage : changer le format de DSI ?
On y réfléchi depuis un certain temps, les scores sont serrés : faut-il changer le format actuel de de DSI (23 cm x 18,5 cm) ?
En fait, derrière cette question se cachent également deux enjeux :
- Le format adopté implique un dos carré-collé et une mauvaise résistance du magazine dans le temps, les pages tendant à se recroqueviller au bout de quelques semaines ;
- Le rendu des photos n'est franchement pas génial. La production en très grande série de notre format impose de passer par des techniques qui tendent à décolorer des clichés qui sont, pourtant et fréquemment, de la plus haute qualité.
D'où ce petit sondage : à prix équivalent (5,7 Eur en France, 6,7 en Belgique) ou avec une légère augmentation - le papier se paie - êtes-vous partant pour le format des revues de défense internationale (27 cm x 19,5 cm) ?
Addendum (16/03) : le format proposé est évidemment de 19,5 sur 27 cm contre 23 cm x 18,5 cm - le but du jeu étant de disposer d'un magazine plus large. Désolé pour la faute de frappe !
En fait, derrière cette question se cachent également deux enjeux :
- Le format adopté implique un dos carré-collé et une mauvaise résistance du magazine dans le temps, les pages tendant à se recroqueviller au bout de quelques semaines ;
- Le rendu des photos n'est franchement pas génial. La production en très grande série de notre format impose de passer par des techniques qui tendent à décolorer des clichés qui sont, pourtant et fréquemment, de la plus haute qualité.
D'où ce petit sondage : à prix équivalent (5,7 Eur en France, 6,7 en Belgique) ou avec une légère augmentation - le papier se paie - êtes-vous partant pour le format des revues de défense internationale (27 cm x 19,5 cm) ?
Addendum (16/03) : le format proposé est évidemment de 19,5 sur 27 cm contre 23 cm x 18,5 cm - le but du jeu étant de disposer d'un magazine plus large. Désolé pour la faute de frappe !
mardi 10 mars 2009
Sur la géopolitique
Olivier revient sur la notion de géopolitique dans son rapport notamment aux relations internationales, et pose un certain nombre de questions qui sont effectivement intéressantes mais qui appelent également à quelques précisions. D’abord, sur l’étanchéité entre variables internes et externes qui serait le propre de la théorie des RI. Soulignons préalablement ici qu’il n’y a pas une seule théorie unifiée des RI – un exercice auquel s’était heurté R. Aron et d’autres avant lui – mais une pluralité de paradigmes partiellement concurrents.
Certes, leurs itérations montrent un certain affinage des conceptions mais, en aucun cas, les derniers développements observés, disons, depuis la fin de la guerre froide, ne mettent de côté l’interrelation interne/externe. L’émergence d’une réflexion dense et très riche sur le constructivisme ; les évolutions qu’a connu le paradigme réaliste lui-même (dont la jeunesse, effectivement, était critiquable en considérant l’Etat comme une « boîte noire ») ; les études ethnopolitiques (voire l’ethnoréalisme dans l’explicitation des relations de puissance propres aux guerres civiles) ; les travaux sur les politiques étrangères comme politiques publiques sont quelques courants d’études – parmi d’autres – montrant effectivement cette prise en compte de l’interne.
Je ne saurai trop inviter ici à la relecture de quelques bons « readers » tel que ceux dirigés/rédigés par M-C. Smouts, D. Battistella ou F. Charrillon. Les lire est à mon humble avis un préalable indispensable à toute réflexion portant sur les RI. Ensuite, la relation de puissance elle-même est une thématique naturellement transversale. Toute une école juridique peut s’en réclamer, au même titre que certains travaux en économie, en sociologie et, bien évidemment, en études stratégiques ou en politologie.
Enfin, la question de la géopolitique elle-même appelle quelques commentaires. Premièrement, son origine renvoie à une pensée opérationnelle : Kjellen, Haushofer, Spykman ou Mackinder – pour ne citer que les plus classiques – se positionnent résolument dans une optique de géographie politique : il s’agit d’appréhender des positionnements et leurs avantages comparatifs.
Deuxièmement, son évolution durant la guerre froide montre surtout une recherche d’approche multidisciplinaire, cherchant à inclure une série de variables complexes mais non déterminées par elle. La géopolitique, en tant que telle, a absorbé/inclus des théories relevant des méthodologies propres à l’histoire, à la démographie, à l’économie, à la sociologie, ou encore aux sciences politiques, y compris les études stratégiques et les RI – sans être exhaustifs.
Mais elle n’a pas reconfiguré les méthodologies qui lui étaient antérieures ou qui étaient forgées en parallèle à son évolution. De ce point de vue, et de facto, relire bon nombre de travaux de géopolitique revient souvent… à lire les travaux de politologues ou d’historiens.
Troisièmement, il faut également poser la question du « géo » de la géopolitique, qui face à l’inflation des variables – qu’elles soient explicatives ou à prendre en considération – tend à perdre sa position déterminante. Richard Ek ou Geraoid O’Thuatail, pour ne reprendre que ces exemples, sont des tenants de la géopolitique postmoderne, où la notion de temps joue pour eux un rôle aussi important que celui d’espace. Les perspectives qu’ils ouvrent sont fascinantes mais… là aussi, passé un certain cap, ils ne peuvent que s’appuyer sur des méthodologies relevant d’autres disciplines que la géographie, fut-elle politique. La question du déterminisme géographique reste également posée et me semble, comme bon nombre de déterminismes, discutable.
Quatrièmement et en effet, la question de la valeur heuristique dans le temps long de la géopolitique est posée. Elle n’est potentiellement importante que dès lors qu’elle prend en considération des méthodologies solides, dont l’établissement a fréquemment généré des centaines de publications. C’est alors qu’elle est la plus intéressante, dans la mesure ou elle permet de dépasser l’instinct de l’analyste et qu’elle l’encadre dans une vision en mesure de lui donner une valeur prospective. Sans ces méthodologies, l’approche renvoie plus à la divination ou à une analyse dans le temps court braudélien qu’à autre chose.
A ce stade, la géopolitique en tant que discipline est, par certains aspects, prise entre le marteau et l’enclume. Le marteau dans la mesure où elle doit impérativement s’appuyer sur des méthodologies « importées », issues d’autres disciplines. Certes, elle peut dégager en soi un corpus de méthodes – souvenons nous du très instructif débat de la fin des années 80 sur la relation entre la terre et la mer chez Gray, par exemple (encore qu’il s’appuyait massivement sur l’histoire). Mais leur portée reste bornée par les démonstrations issues d’autres disciplines.
L'enclume, ensuite : les exigences de la multidisciplinarité imposent de concevoir la constitution d’un savoir sous une forme réticulée, un réseau épistémique. Et à ce jeu, les déterminismes trop marqués finissent généralement par poser problème.
Certes, leurs itérations montrent un certain affinage des conceptions mais, en aucun cas, les derniers développements observés, disons, depuis la fin de la guerre froide, ne mettent de côté l’interrelation interne/externe. L’émergence d’une réflexion dense et très riche sur le constructivisme ; les évolutions qu’a connu le paradigme réaliste lui-même (dont la jeunesse, effectivement, était critiquable en considérant l’Etat comme une « boîte noire ») ; les études ethnopolitiques (voire l’ethnoréalisme dans l’explicitation des relations de puissance propres aux guerres civiles) ; les travaux sur les politiques étrangères comme politiques publiques sont quelques courants d’études – parmi d’autres – montrant effectivement cette prise en compte de l’interne.
Je ne saurai trop inviter ici à la relecture de quelques bons « readers » tel que ceux dirigés/rédigés par M-C. Smouts, D. Battistella ou F. Charrillon. Les lire est à mon humble avis un préalable indispensable à toute réflexion portant sur les RI. Ensuite, la relation de puissance elle-même est une thématique naturellement transversale. Toute une école juridique peut s’en réclamer, au même titre que certains travaux en économie, en sociologie et, bien évidemment, en études stratégiques ou en politologie.
Enfin, la question de la géopolitique elle-même appelle quelques commentaires. Premièrement, son origine renvoie à une pensée opérationnelle : Kjellen, Haushofer, Spykman ou Mackinder – pour ne citer que les plus classiques – se positionnent résolument dans une optique de géographie politique : il s’agit d’appréhender des positionnements et leurs avantages comparatifs.
Deuxièmement, son évolution durant la guerre froide montre surtout une recherche d’approche multidisciplinaire, cherchant à inclure une série de variables complexes mais non déterminées par elle. La géopolitique, en tant que telle, a absorbé/inclus des théories relevant des méthodologies propres à l’histoire, à la démographie, à l’économie, à la sociologie, ou encore aux sciences politiques, y compris les études stratégiques et les RI – sans être exhaustifs.
Mais elle n’a pas reconfiguré les méthodologies qui lui étaient antérieures ou qui étaient forgées en parallèle à son évolution. De ce point de vue, et de facto, relire bon nombre de travaux de géopolitique revient souvent… à lire les travaux de politologues ou d’historiens.
Troisièmement, il faut également poser la question du « géo » de la géopolitique, qui face à l’inflation des variables – qu’elles soient explicatives ou à prendre en considération – tend à perdre sa position déterminante. Richard Ek ou Geraoid O’Thuatail, pour ne reprendre que ces exemples, sont des tenants de la géopolitique postmoderne, où la notion de temps joue pour eux un rôle aussi important que celui d’espace. Les perspectives qu’ils ouvrent sont fascinantes mais… là aussi, passé un certain cap, ils ne peuvent que s’appuyer sur des méthodologies relevant d’autres disciplines que la géographie, fut-elle politique. La question du déterminisme géographique reste également posée et me semble, comme bon nombre de déterminismes, discutable.
Quatrièmement et en effet, la question de la valeur heuristique dans le temps long de la géopolitique est posée. Elle n’est potentiellement importante que dès lors qu’elle prend en considération des méthodologies solides, dont l’établissement a fréquemment généré des centaines de publications. C’est alors qu’elle est la plus intéressante, dans la mesure ou elle permet de dépasser l’instinct de l’analyste et qu’elle l’encadre dans une vision en mesure de lui donner une valeur prospective. Sans ces méthodologies, l’approche renvoie plus à la divination ou à une analyse dans le temps court braudélien qu’à autre chose.
A ce stade, la géopolitique en tant que discipline est, par certains aspects, prise entre le marteau et l’enclume. Le marteau dans la mesure où elle doit impérativement s’appuyer sur des méthodologies « importées », issues d’autres disciplines. Certes, elle peut dégager en soi un corpus de méthodes – souvenons nous du très instructif débat de la fin des années 80 sur la relation entre la terre et la mer chez Gray, par exemple (encore qu’il s’appuyait massivement sur l’histoire). Mais leur portée reste bornée par les démonstrations issues d’autres disciplines.
L'enclume, ensuite : les exigences de la multidisciplinarité imposent de concevoir la constitution d’un savoir sous une forme réticulée, un réseau épistémique. Et à ce jeu, les déterminismes trop marqués finissent généralement par poser problème.
lundi 9 mars 2009
DSI- Technologies n°16 - le sommaire !
Editorial
Les élémentaires
Technologies et innovations militaires, intégrées sans discernement ?
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier, chargé de recherche au CAPRI et expert en systèmes d’armes
Robotique et opérations urbaines : quel avenir ?
Entretien avec Alain De Neve, chargé de recherche au CED de l’IRSD, membre du RMES, co-auteur de Les interventions militaires en zone urbaine.
Marines
La piraterie maritime, une menace asymétrique ?
Capitaine de frégate Marc Gander, stagiaire de la Promotion Maréchal Foch du Collège Interarmées de Défense
ROK Navy : un renforcement rapide
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
« Le Frappeur » - alias « Striker » - Missileur pour l’Âge des Réseaux et des Missiles Guidés.
Entretien avec René Loire, ingénieur naval, concepteur du Frappeur
Pas de Striker pour les marines : pourquoi ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Guerre côtière : le meilleur atout de la PLAN ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Gaza : dossier spécial
Plomb Durci : une opération urbaine « académique » ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Bilan politique : statu quo pour le Hamas, perte de légitimité pour Israël
Entretien avec Sherifa Zuhur, Professeure au Strategic Studies Institute de l’US Army War College
La guerre correspondait aux agendas politiques israéliens et palestiniens
Entretien avec Pierre Razoux, responsable de recherches au Collège de défense de l’OTAN à Rome
HAPC : quelle utilisation durant Plomb durci ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Air
L’OV-10 Bronco, la solution évincée
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Le SAMP/T entre en service !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
L’Airborne Laser : futur en péril pour le tueur de missiles balistiques de Boeing ?
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE
A400M : quelles options pour son futur ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Terre
Kamaz au cœur de la logistique de la nouvelle armée russe
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Le FNSS Pars
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
FELIN : le nouveau fantassin français
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Le FAMAS félinisé, une vraie cure de rajeunissement
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Véhicules de combat à roues : l’expérience soviétique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Heavy Metall : la disparition des chars lourds
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes
Les élémentaires
Technologies et innovations militaires, intégrées sans discernement ?
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier, chargé de recherche au CAPRI et expert en systèmes d’armes
Robotique et opérations urbaines : quel avenir ?
Entretien avec Alain De Neve, chargé de recherche au CED de l’IRSD, membre du RMES, co-auteur de Les interventions militaires en zone urbaine.
Marines
La piraterie maritime, une menace asymétrique ?
Capitaine de frégate Marc Gander, stagiaire de la Promotion Maréchal Foch du Collège Interarmées de Défense
ROK Navy : un renforcement rapide
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
« Le Frappeur » - alias « Striker » - Missileur pour l’Âge des Réseaux et des Missiles Guidés.
Entretien avec René Loire, ingénieur naval, concepteur du Frappeur
Pas de Striker pour les marines : pourquoi ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Guerre côtière : le meilleur atout de la PLAN ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Gaza : dossier spécial
Plomb Durci : une opération urbaine « académique » ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Bilan politique : statu quo pour le Hamas, perte de légitimité pour Israël
Entretien avec Sherifa Zuhur, Professeure au Strategic Studies Institute de l’US Army War College
La guerre correspondait aux agendas politiques israéliens et palestiniens
Entretien avec Pierre Razoux, responsable de recherches au Collège de défense de l’OTAN à Rome
HAPC : quelle utilisation durant Plomb durci ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Air
L’OV-10 Bronco, la solution évincée
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
Le SAMP/T entre en service !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
L’Airborne Laser : futur en péril pour le tueur de missiles balistiques de Boeing ?
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE
A400M : quelles options pour son futur ?
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense
Terre
Kamaz au cœur de la logistique de la nouvelle armée russe
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Le FNSS Pars
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
FELIN : le nouveau fantassin français
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Le FAMAS félinisé, une vraie cure de rajeunissement
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Véhicules de combat à roues : l’expérience soviétique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Heavy Metall : la disparition des chars lourds
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des systèmes d’armes
jeudi 5 mars 2009
Conférence de P. Forget : (léger) changement de programme
Nous avions annoncé dans le dernier DSI que la conférence de P. Forget à l'EHSS se tiendrait le 19 mars. Mais... elle est décalée d'une semaine en raison d'un risque de grève des transports le 19. L'annonce correcte est donc :
"Le paradigme du réseau : une mutation dans la modernité stratégique"
Par Philipe Forget, directeur de la revue d’anthropologie philosophique L’Art du comprendre, dans le cadre du séminaire « Révolutions militaires et révolutions dans les affaires militaires », EHESS, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris, Salle 2, 1er étage ; 26 mars 17 h – 19 h.
J'en profite pour toucher un mot de l'ouvrage qu'il avait fait paraître avec Gilles Polycarpe, Le réseau et l'infini, extrêmement éclairant quant à la notion d'agir réticulaire en particulier mais aussi quant à nos représentation du concept même d'espace en général. Il était paru en 1997 si je ne m'abuse mais garde une actualité certaine.
Bonne lecture et bonne conf' !
"Le paradigme du réseau : une mutation dans la modernité stratégique"
Par Philipe Forget, directeur de la revue d’anthropologie philosophique L’Art du comprendre, dans le cadre du séminaire « Révolutions militaires et révolutions dans les affaires militaires », EHESS, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris, Salle 2, 1er étage ; 26 mars 17 h – 19 h.
J'en profite pour toucher un mot de l'ouvrage qu'il avait fait paraître avec Gilles Polycarpe, Le réseau et l'infini, extrêmement éclairant quant à la notion d'agir réticulaire en particulier mais aussi quant à nos représentation du concept même d'espace en général. Il était paru en 1997 si je ne m'abuse mais garde une actualité certaine.
Bonne lecture et bonne conf' !
Budget chinois de défense : en augmentation de près de 15 %
Selon le porte-parole du 11ème Congrès du parti communiste chinois, le prochain budget de défense de Pékin sera de 70,2 milliards de dollars, soit 14,9 % de plus que celui de 2008 – qui représentait déjà 17,6 % d’augmentation comparativement à celui de 2007. Les dépenses de défenses formeraient ainsi 6,3 % des dépenses publiques chinoises.
Pratiquement cependant, certains analystes américains estiment que le budget est, en réalité, plus élevé, reprenant ainsi un discours qui avait cours durant la guerre froide, à l’égard de l’URSS. En 2008, ils indiquaient ainsi que le niveau réel devait se situer entre 97 et 139 milliards de dollars, compte tenu de programmes de recherche, de « black programs » voire de dépenses touchant à la « Seconde artillerie » (forces nucléaires stratégiques).
La question du volume du budget réel pour 2009 reste cependant posée. Certains commentateurs indiquent ainsi que la Chine va sans aucun doute être touchée de plein fouet par la crise économique globale, ce qui pourrait impacter négativement une série de budgets connexes à celui de la défense.
Pratiquement cependant, certains analystes américains estiment que le budget est, en réalité, plus élevé, reprenant ainsi un discours qui avait cours durant la guerre froide, à l’égard de l’URSS. En 2008, ils indiquaient ainsi que le niveau réel devait se situer entre 97 et 139 milliards de dollars, compte tenu de programmes de recherche, de « black programs » voire de dépenses touchant à la « Seconde artillerie » (forces nucléaires stratégiques).
La question du volume du budget réel pour 2009 reste cependant posée. Certains commentateurs indiquent ainsi que la Chine va sans aucun doute être touchée de plein fouet par la crise économique globale, ce qui pourrait impacter négativement une série de budgets connexes à celui de la défense.
mercredi 4 mars 2009
Feeding the brain : Stratégique n°88 est en ligne
Consacré à "histoire et stratégie", le n°88 de Stratégique se focalise en particulier sur le 17ème siècle. Quelques pierres de plus, donc, à la compréhension d'un siècle qui s'est avéré déterminant dans le processus de genèse de l'art militaire contemporain.
Publications : le CESM passe la vitesse supérieure
Le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM) a mis récemment en ligne une série de textes qui ont le mérite d'alimenter le débat. C'est une bonne chose dès lors que les publications touchant aux questions navales (et non maritimes, mieux couvertes) sont non seulement peu nombreuses en France mais également très orientées vers l'histoire, au détriment de la compréhension des mécanismes stratégiques régissant les marines contemporaines.
D'abord, les actes du colloque tenu sur "Irrégularités et guerre sur mer". La question se pose de plus en plus fréquemment : piraterie, terrorisme maritime (ou encore émergence de marines subétatiques, à l'instar des Sea Tigers tamouls) pose question à des marins plus habitués à mener des formes classiques d'opérations. Pour ma part, je persiste à penser que le phénomène est appelé à se développer : dans les nouvelles conditions technologiques, il n'y a aucune raison de penser que la "loi du contournement de la puissance" ne s'applique pas aux marines.
Ensuite, une série d'études d'une longueur et d'une valeur variable. Enfin, les Bulletin d'Etude de la Marine, trimestriel, sont également accessibles. A l'instar de la Naval War College Review américaine, beaucoup de géopolitique et quelques points de vue intéressants.
Que le CSEM mette en ligne ses travaux est une très bonne nouvelle. D'abord, parce que l'on réfléchit peu et mal au rôle des marine. Peu, dès lors que le nombre de travaux portant sur les marines et la stratégie navale contemporaine est très faible en France comme en Europe continentale. Mal, ensuite, dès lors que nombre de pistes sont inexplorées. Il a fallu Milan Vego, aux Etats-Unis, pour s'intéresser à l'art opératif naval. Il vient d'ailleur de récemment sortir un ouvrage sur le sujet chez Routledge. A mon sens, il reste trop marqué par une conception mahanienne "basique" et mettant en évidence l'engagement décisif. Mais, à tout le moins, l'eefort est d'une grande valeur.
On réfléchit également mal au regard de décisions qui ont été prises dans les marines de l'OTAN sans prise de distance. A relire Wayne Hughes et la lecture qu'il fait des "Lois de Lanchester", la puissance de feu est une donnée centrale, le plus grand nombre de coups étant déterminant. Or, alors que les marines otaniennes s'orientent vers des dotations à 4-8 missiles (les Danois faisant exception avec 16), les marines émergentes tablent sur des dotations de 8 à 16 engins.
De facto, le champ de la guerre navale contemporaine est une immense friche. Pour travailler sur le sujet depuis maintenant quelques temps - avec un ouvrage à la clé, dans les bacs, j'espère, d'ici juin ou septembre - je reste intimement convaincu de la nécessité de disposer d'un véritable "reader" en matière de stratégie/opératique/tactique navale théorique. De quoi donc, amplement faire ;o)
D'abord, les actes du colloque tenu sur "Irrégularités et guerre sur mer". La question se pose de plus en plus fréquemment : piraterie, terrorisme maritime (ou encore émergence de marines subétatiques, à l'instar des Sea Tigers tamouls) pose question à des marins plus habitués à mener des formes classiques d'opérations. Pour ma part, je persiste à penser que le phénomène est appelé à se développer : dans les nouvelles conditions technologiques, il n'y a aucune raison de penser que la "loi du contournement de la puissance" ne s'applique pas aux marines.
Ensuite, une série d'études d'une longueur et d'une valeur variable. Enfin, les Bulletin d'Etude de la Marine, trimestriel, sont également accessibles. A l'instar de la Naval War College Review américaine, beaucoup de géopolitique et quelques points de vue intéressants.
Que le CSEM mette en ligne ses travaux est une très bonne nouvelle. D'abord, parce que l'on réfléchit peu et mal au rôle des marine. Peu, dès lors que le nombre de travaux portant sur les marines et la stratégie navale contemporaine est très faible en France comme en Europe continentale. Mal, ensuite, dès lors que nombre de pistes sont inexplorées. Il a fallu Milan Vego, aux Etats-Unis, pour s'intéresser à l'art opératif naval. Il vient d'ailleur de récemment sortir un ouvrage sur le sujet chez Routledge. A mon sens, il reste trop marqué par une conception mahanienne "basique" et mettant en évidence l'engagement décisif. Mais, à tout le moins, l'eefort est d'une grande valeur.
On réfléchit également mal au regard de décisions qui ont été prises dans les marines de l'OTAN sans prise de distance. A relire Wayne Hughes et la lecture qu'il fait des "Lois de Lanchester", la puissance de feu est une donnée centrale, le plus grand nombre de coups étant déterminant. Or, alors que les marines otaniennes s'orientent vers des dotations à 4-8 missiles (les Danois faisant exception avec 16), les marines émergentes tablent sur des dotations de 8 à 16 engins.
De facto, le champ de la guerre navale contemporaine est une immense friche. Pour travailler sur le sujet depuis maintenant quelques temps - avec un ouvrage à la clé, dans les bacs, j'espère, d'ici juin ou septembre - je reste intimement convaincu de la nécessité de disposer d'un véritable "reader" en matière de stratégie/opératique/tactique navale théorique. De quoi donc, amplement faire ;o)
lundi 2 mars 2009
Les Cahiers du RMES sont en ligne
L'édition hiver 2008 des Cahiers du RMES est en ligne. Pour télécharger le volume complet , cliquez ici.
Djihad en Allemagne : La Connexion Ouzbèke
Par Thomas Renard
La presse écrite francophone de Belgique et la PESD
Par André Dumoulin
Les ré(é)volutions du caméléon. Combat futur et formation des structures de force entre Transformation, guerres hybrides et nouvelles formes d’application des conceptions de techno-guérilla
Par Joseph Henrotin
Military USes of Nanotechnology: An Overview of Trends in Investments, Expected Outcomes and Potential Impacts on Arms Control Regimes
Par Alain De Neve
Djihad en Allemagne : La Connexion Ouzbèke
Par Thomas Renard
La presse écrite francophone de Belgique et la PESD
Par André Dumoulin
Les ré(é)volutions du caméléon. Combat futur et formation des structures de force entre Transformation, guerres hybrides et nouvelles formes d’application des conceptions de techno-guérilla
Par Joseph Henrotin
Military USes of Nanotechnology: An Overview of Trends in Investments, Expected Outcomes and Potential Impacts on Arms Control Regimes
Par Alain De Neve
DSI n°46, mars 2009 - Le sommaire !
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Sommaire DSI 46
Editorial
Agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique : les 180 événements qui ont fait l'actualité stratégique du mois
La chronique de Carl von C. : « Emotionnellement correct »
Sur le vif
EUFOR Tchad/RCA : une opération vraiment originale
Par Olivier Kempf, géopolitologue
« Plomb durci » : les premières analyses
Par la rédaction
Stratégie
Le choc des résiliences
Par Pierre Quéant, commandant (air), stagiaire au CID
Quelques réflexions sur l’application par les Etats des modes de la techno-guérilla
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Obsédée par la tactique. La marine néglige l’importance de l’art opérationnel
Par Milan Vego, professeur au département d’opérations militaires interarmées à l’US Naval War College
Armées
La marine émiratie prend du poids
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Défense des Emirats Arabes Unis
Par Sylvain Rolet, arabisant, lieutenant colonel
Tableau de bord : les forces armées émiriennes
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
À bord du Courbet, en exercice
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : Le V15 - radar à compression d’impulsion
Des frégates de premier rang ?
Entretien avec le capitaine de vaisseau Marc Aussedat, commandant la FLF Courbet
Technologie & Armement
La conception russe du bombardement stratégique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Le Tu-95 Bear, ours volant de Moscou
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Le Tu-160 Blackjack est de retour
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Tupolev Tu-22M Backfire/ L’URSS et les missiles antinavires
Frégates Type 123, classe Brandenburg/ La marine allemande durant les années 1980
Véhicule de combat d’infanterie ASCOD/Le développement des forces terrestres autrichiennes
Naissance d’Alliance géostratégique

C’est depuis juin 2007 que se constitue, peu à peu, une véritable blogosphère de défense francophone. Au total, et outre les blogs tenus par des journalistes spécialisés comme J. -D. Merchet ou J. Guisnel, une bonne quinzaine de blogs traitant des questions sécuritaires, stratégiques ou géopolitiques, qu’ils soient du fait de chercheurs, d’opérationnels ou « d’amateurs avertis » français, belges ou encore canadiens francophones.
Totalisant quotidiennement 2 500 visiteurs pour 5 000 pages vues, ces blogs se sont mis en réseau au sein de la plate-forme « Alliance géostratégique », à laquelle participent d’ailleurs plusieurs auteurs ayant écrit dans DSI, comme Olivier Kempf, François Duran, Thomas Renard, Stéphane Taillat ou Joseph Henrotin. Une très belle initiative qui permettra de centraliser les nombreuses contributions des auteurs, tout en accédant de façon simple et gratuite à un point de vue souvent expert. À voir ici.
vendredi 27 février 2009
Obama et la défense : croissance budgétaire supérieure à celle anticipée par l'administration Bush
Les discussions autour du niveau du budget de défense pour l’année 2010 aux Etats-Unis laissent émerger plusieurs tendances :
- Premièrement, Obama va effectivement augmenter le volume du budget, le faisant passer de 513 milliards de dollars pour 2009 à 534 milliards, proposant donc une augmentation de 4 %. On notera par ailleurs que la somme proposée est supérieure de 6,7 milliards aux estimations de l’administration Bush pour 2010.
- Or, et deuxièmement, les demandes du Pentagone pour 2010 étaient de 584 milliards – 50 de plus que ce que propose le nouveau président, donc – en dehors des budgets nécessaires à la conduite des opérations, qui relèvent d’une comptabilité séparée.
A cet égard, c’est une puissante lutte d’influence qui pourrait bien s’engager entre la Maison Blanche et le système militaro-industriel américain et ce alors qu’Obama a déjà concédé une augmentation. A ce jeu, les programmes suivants seraient significativement impactés :
- F-22 : arrêt de la production, maintien du niveau de 183 exemplaires ;
- F-35 : délais dans les achats, dimnution de la cible des commandes ;
- Future Combat System : fort ralentissement ;
- Défense ABM : annulation du programme KEI
- Premièrement, Obama va effectivement augmenter le volume du budget, le faisant passer de 513 milliards de dollars pour 2009 à 534 milliards, proposant donc une augmentation de 4 %. On notera par ailleurs que la somme proposée est supérieure de 6,7 milliards aux estimations de l’administration Bush pour 2010.
- Or, et deuxièmement, les demandes du Pentagone pour 2010 étaient de 584 milliards – 50 de plus que ce que propose le nouveau président, donc – en dehors des budgets nécessaires à la conduite des opérations, qui relèvent d’une comptabilité séparée.
A cet égard, c’est une puissante lutte d’influence qui pourrait bien s’engager entre la Maison Blanche et le système militaro-industriel américain et ce alors qu’Obama a déjà concédé une augmentation. A ce jeu, les programmes suivants seraient significativement impactés :
- F-22 : arrêt de la production, maintien du niveau de 183 exemplaires ;
- F-35 : délais dans les achats, dimnution de la cible des commandes ;
- Future Combat System : fort ralentissement ;
- Défense ABM : annulation du programme KEI
mercredi 25 février 2009
Des gros bataillons aux logiques des corps expéditionnaires
Pour ceux intéressés par la question, Guillaume Lasconjarias donnera demain une conférence intitulée « Des gros bataillons aux logiques des corps expéditionnaires »
dans le cadre du séminaire "Révolutions militaires", à l'EHESS (17h à 19h au 105 Bd Raspail)
Le programme est alléchant :
À partir de la Révolution française se déploient sur les théâtres européens des gros bataillons qui se structurent et s’organisent autour de nouvelles échelles, la division ou le corps d’armée. Pourtant, dès la guerre d’Espagne (1808-1812) face à la guérilla espagnole, puis surtout, à partir des conquêtes de l’époque coloniale, ces organisations lourdes sont écartées au profit d’unités plus légères. Quelle est la logique qui sous-tend la constitution de ces corps ? Quelles leçons peut-on en tirer aujourd’hui, à l’heure où, paradoxalement, les conséquences de la chute du Pacte de Varsovie semblent avoir les mêmes bouleversements en termes d’organisation militaire.
dans le cadre du séminaire "Révolutions militaires", à l'EHESS (17h à 19h au 105 Bd Raspail)
Le programme est alléchant :
À partir de la Révolution française se déploient sur les théâtres européens des gros bataillons qui se structurent et s’organisent autour de nouvelles échelles, la division ou le corps d’armée. Pourtant, dès la guerre d’Espagne (1808-1812) face à la guérilla espagnole, puis surtout, à partir des conquêtes de l’époque coloniale, ces organisations lourdes sont écartées au profit d’unités plus légères. Quelle est la logique qui sous-tend la constitution de ces corps ? Quelles leçons peut-on en tirer aujourd’hui, à l’heure où, paradoxalement, les conséquences de la chute du Pacte de Varsovie semblent avoir les mêmes bouleversements en termes d’organisation militaire.
lundi 23 février 2009
Techno-guérilla : défrichage et genèses
Il y a des moments dans la vie d'un chercheur où il peut être pris d'une pulsion quasi-incontrôlable le poussant à la rédaction d'un petit quelque chose qui lui semblera malgré tout inachevé. Le phénomène est classique : bien que vous puissiez travailler sur une série de projets, un autre semble poindre à l'horizon d'une façon presque sourde et finit un beau jour par éclater.
Pour ma part, l'un de ces projets "furtifs" a démarré en 1998, il y a plus de 10 ans, lorsque j'ai entamé les recherches préliminaires devant mener à mon mémoire de fin d'études et à une belle brique de 201 p. poétiquement intitulée "Application des doctrines de défense défensive à la Pologne et à la Roumanie, faisabilité et implications".
Même si, rétrospectivement, le travail me semble manquer quelque peu de sel - malgré ses très honorables 172/200 et une invitation à le publier - j'y parlais pas mal de techno-guérilla. Brossolet et Afheldt n'en constituent qu'un des volets. Le SAS, un groupe d'étude allemand des années 80 et comptant de nombreux (et brillants) officiers a sans doute poussé le concept beaucoup plus loin. Bref, je m'étais bien amusé (de même que l'IRSD, qui m'avait donné un solide coup de main en testant sur CAX mes conceptions).
Mais l'occurrence de l'actuel débat "guerre de haute intensité/classique/symétrique/technologique" Vs. "guerre de basse intensité/asymétrique/irrégulière/non-technologique" m'a rappelé (avec deux conférences à l'EHESS et au château de Vincennes) à mes vieux démons de techno-guérillero. En fait, il n'y a pas de solution au débat susmentionné, simplement parce que la question qui le fonde est, si pas mal formulée, en tous cas pas la plus pertinente.
Le caractère de la guerre mute en permanence : c'est un caméléon nous apprend Clausewitz, l'adversaire ne se battra évidemment jamais comme nous entendons qu'il le fasse. Ca ne veut pas dire, évidemment, qu'il se cantonnera à une guerre asymétrique dont j'avais déjà critiqué dans les Cahiers du RMES le caractère parfois dénigrant pour l'adversaire - une source de bien de mauvaises perceptions.
C'est dans ce contexte que je me suis amusé à tester un des points faibles de la théorie de la défense défensive dans son versant "techno-guérilla" millésime "années 1980". En d'autres termes, comment un organisme étatique peut-il se réapproprier la techno-guérilla utilisée avec succès par un groupe non-étatique tel que le Hezbollah ? Est-ce seulement faisable, en particulier dans des conditions navales certes traitées par les auteurs dans les années 1980 mais toutefois de façon nettement moins approfondie qu'ils ne l'avaient fait du domaine terrestre ?
Et bien, je pense que oui. C'est non seulement faisable mais ce sera sans doute un des troisièmes termes à un débat "high/low ends" qui me semble un peu trop simpliste et qui pourrait conduire nos planifications de structures de forces vers la mauvaise direction. Un des résultats de mes cogitations vient d'être mis en ligne ici. C'est un peu long - 45 petites pages - mais, après 10 ans de percolation, il fallait bien se défouler un peu.
Pour ma part, l'un de ces projets "furtifs" a démarré en 1998, il y a plus de 10 ans, lorsque j'ai entamé les recherches préliminaires devant mener à mon mémoire de fin d'études et à une belle brique de 201 p. poétiquement intitulée "Application des doctrines de défense défensive à la Pologne et à la Roumanie, faisabilité et implications".
Même si, rétrospectivement, le travail me semble manquer quelque peu de sel - malgré ses très honorables 172/200 et une invitation à le publier - j'y parlais pas mal de techno-guérilla. Brossolet et Afheldt n'en constituent qu'un des volets. Le SAS, un groupe d'étude allemand des années 80 et comptant de nombreux (et brillants) officiers a sans doute poussé le concept beaucoup plus loin. Bref, je m'étais bien amusé (de même que l'IRSD, qui m'avait donné un solide coup de main en testant sur CAX mes conceptions).
Mais l'occurrence de l'actuel débat "guerre de haute intensité/classique/symétrique/technologique" Vs. "guerre de basse intensité/asymétrique/irrégulière/non-technologique" m'a rappelé (avec deux conférences à l'EHESS et au château de Vincennes) à mes vieux démons de techno-guérillero. En fait, il n'y a pas de solution au débat susmentionné, simplement parce que la question qui le fonde est, si pas mal formulée, en tous cas pas la plus pertinente.
Le caractère de la guerre mute en permanence : c'est un caméléon nous apprend Clausewitz, l'adversaire ne se battra évidemment jamais comme nous entendons qu'il le fasse. Ca ne veut pas dire, évidemment, qu'il se cantonnera à une guerre asymétrique dont j'avais déjà critiqué dans les Cahiers du RMES le caractère parfois dénigrant pour l'adversaire - une source de bien de mauvaises perceptions.
C'est dans ce contexte que je me suis amusé à tester un des points faibles de la théorie de la défense défensive dans son versant "techno-guérilla" millésime "années 1980". En d'autres termes, comment un organisme étatique peut-il se réapproprier la techno-guérilla utilisée avec succès par un groupe non-étatique tel que le Hezbollah ? Est-ce seulement faisable, en particulier dans des conditions navales certes traitées par les auteurs dans les années 1980 mais toutefois de façon nettement moins approfondie qu'ils ne l'avaient fait du domaine terrestre ?
Et bien, je pense que oui. C'est non seulement faisable mais ce sera sans doute un des troisièmes termes à un débat "high/low ends" qui me semble un peu trop simpliste et qui pourrait conduire nos planifications de structures de forces vers la mauvaise direction. Un des résultats de mes cogitations vient d'être mis en ligne ici. C'est un peu long - 45 petites pages - mais, après 10 ans de percolation, il fallait bien se défouler un peu.
Défense en France, l'Ifop fait le point
L’Ifop a réalisé en juillet dernier un sondage pour le moins interpellant sur le rapport qu’on les Français à leur défense, 7 ans après la fin du service national obligatoire. Et l’étude montre des résultats intéressants. Ainsi les personnes interrogées restent attachées à une dispersion des unités sur le territoire et maintiennent un lien fort à la notion de « ville de garnison » : 66 % se montrent hostiles à la refonte de la carte militaire, alors que 33 % soutiennent un regroupement des unités dans de plus grosses garnisons afin de réduire les coûts de fonctionnement.
Le service national, quant à lui, fait 75 % de nostalgiques dans la classe d’âge des 65 ans et plus, environ 2/3 des 35-49 ans le regrettant. Dans la classe des 25-34 ans, qui, en majorité, n’ont pas eu à l’effectuer, 49 % regrettent sa disparition. Chez les plus jeunes (18-24 ans), 28 % font de même.
Du point de vue des moyens cette fois, l’Ifop indique que 34 % des personnes interrogées estiment que le budget de défense est trop élevé (44 % pour les sympathisants de gauche, 21 % pour ceux de droite). Pour 41 % des répondants, le budget est adapté, tandis que 22 % estiment qu’il est insuffisant.
Du point de vue de la mission la plus prioritaire pour les forces armées, la défense du territoire national recueille 47 % des avis, la « stabilisation de certaines régions du monde » recueillant 38 % des préférences. Pour 50 % des personnes interrogées, la menace terroristes contre la France est « élevée » (64 % en octobre 2001).
Le « terrorisme international » est considéré par 66 % des personnes interrogées comme « le principal adversaire de la France dans le monde ». L’islamisme est cité à 45 %, soit 11 % de plus qu’en 2002. La prolifération nucléaire est qualifiée de menace pour 32 % des répondants.
Dans la hiérarchie des Etats, l’Ifop constate une nette progression de la Chine, considérée comme une menace par 28 % des personnes interrogée (contre 10 % en 2002), tandis que les Etats-Unis ne sont plus considérés comme une menace que par 14 % des répondants (contre… rien moins que 31 % en 2002). La Russie est quand à elle perçue comme une menace par 4 % des personnes interrogées.
Le service national, quant à lui, fait 75 % de nostalgiques dans la classe d’âge des 65 ans et plus, environ 2/3 des 35-49 ans le regrettant. Dans la classe des 25-34 ans, qui, en majorité, n’ont pas eu à l’effectuer, 49 % regrettent sa disparition. Chez les plus jeunes (18-24 ans), 28 % font de même.
Du point de vue des moyens cette fois, l’Ifop indique que 34 % des personnes interrogées estiment que le budget de défense est trop élevé (44 % pour les sympathisants de gauche, 21 % pour ceux de droite). Pour 41 % des répondants, le budget est adapté, tandis que 22 % estiment qu’il est insuffisant.
Du point de vue de la mission la plus prioritaire pour les forces armées, la défense du territoire national recueille 47 % des avis, la « stabilisation de certaines régions du monde » recueillant 38 % des préférences. Pour 50 % des personnes interrogées, la menace terroristes contre la France est « élevée » (64 % en octobre 2001).
Le « terrorisme international » est considéré par 66 % des personnes interrogées comme « le principal adversaire de la France dans le monde ». L’islamisme est cité à 45 %, soit 11 % de plus qu’en 2002. La prolifération nucléaire est qualifiée de menace pour 32 % des répondants.
Dans la hiérarchie des Etats, l’Ifop constate une nette progression de la Chine, considérée comme une menace par 28 % des personnes interrogée (contre 10 % en 2002), tandis que les Etats-Unis ne sont plus considérés comme une menace que par 14 % des répondants (contre… rien moins que 31 % en 2002). La Russie est quand à elle perçue comme une menace par 4 % des personnes interrogées.
DSIT n°16 en preview
Le prochain DSI-Technologies sera en kiosques et chez les marchands de journaux le 16 mars prochain et il vous réserve quelques bonnes surprises. A commencer par une longue interview de René Loire, l'ingénieur - à mon sens assez génial - qui avait en son temps conçu le "Frappeur", qualifié de "bâtiment missileur pour l'âge des réseaux". Si l'idée n'a guère accroché en France, elle l'a par contre fait aux Etats-Unis : de là a découlé l'Arsenal Ship puis la coûteuse antithèse des idées de R. Loire, le DDG-1000. Un excellent cas de sociologie des techniques.
Ne manquez pas non plus l'analyse des opérations israéliennes à Gaza. Pas mal de choses commencent à remonter à la surface, y compris les commentaires bien formés de P. Razoux ou S. Zuhur.
jeudi 19 février 2009
Ambiance en mer du Japon : les gardes côtes russes tirent sur un cargo
Les gardes-côtes russes ont ouvert ce week-end le feu sur le New Star, un bâtiment civil dont on pensait qu'il était avarié en mer du Japon à la suite d'une tempête ayant causé fait huit morts (sur les 16 de son équipage). Les autorités russes ont indiqué que le New Star était entré dans les eaux territoriales russes illégalement ce week-end.
"L'enquête sur ces tirs visant le navire étranger a été confiée au procureur militaire", a à l'agence Interfax indiqué Alexander Selentsov, un responsable du Parquet de Vladivostok. "Il a été plusieurs fois demandé au capitaine du New Star de s'arrêter par radio, par signaux lumineux, par des signaux de drapeau et des tirs de semonce", a-t-il ajouté.
M. Selentsov a indiqué que les gardes-côtes avaient reçu l'ordre "d'ouvrir le feu sur le navire" du Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB), ajoutant que le bateau s'est arrêté après ces tirs.
Selon le quotidien Kommersant, le navire a essuyé 500 tirs et les marins interrogés par le journal ont indiqué que le bateau s'était retrouvé en difficulté en raison de ces coups de feu et non à cause de la tempête. Huit des membres d'équipage sont décédés au cours de l'incident, selon les agences russes.
"L'enquête sur ces tirs visant le navire étranger a été confiée au procureur militaire", a à l'agence Interfax indiqué Alexander Selentsov, un responsable du Parquet de Vladivostok. "Il a été plusieurs fois demandé au capitaine du New Star de s'arrêter par radio, par signaux lumineux, par des signaux de drapeau et des tirs de semonce", a-t-il ajouté.
M. Selentsov a indiqué que les gardes-côtes avaient reçu l'ordre "d'ouvrir le feu sur le navire" du Service fédéral de sécurité (FSB, ex-KGB), ajoutant que le bateau s'est arrêté après ces tirs.
Selon le quotidien Kommersant, le navire a essuyé 500 tirs et les marins interrogés par le journal ont indiqué que le bateau s'était retrouvé en difficulté en raison de ces coups de feu et non à cause de la tempête. Huit des membres d'équipage sont décédés au cours de l'incident, selon les agences russes.
Thales et Nexter travaillent sur une munition de précision métrique

C'est hier en soirée que l'on a appris que la DGA a notifié en décembre 2008 un Programme d'Etudes Amont (PEA) à Nexter Munitions (mandataire) et TDA, filiale de Thales.
Il porte sur l’étude et la réalisation d’un démonstrateur de Munitions d’artillerie à Précision Métrique (MPM - en photo, copyright Nexter). L'objectif de ce PEA est l’acquisition des briques technologiques à bas coût pour la navigation, le guidage, le pilotage, l'acquisition et la détection (détecteur semi actif laser), intégrables dans plusieurs types de munitions (120 mm mortier, artillerie de char, artillerie de 155 mm, roquettes GMLRS et roquettes de 68 mm pour hélicoptère).
Cette munition à guidage terminal SAL est destinée à être utilisée pendant des engagements opérationnels, en particulier en milieu urbain, et doit permettre de traiter, avec une précision métrique, des cibles ponctuelles et imbriquées. Ces dernières sont désignées, dans les dernières secondes du vol balistique, par un désignateur laser opéré par l’un des moyens d’observation (observateur au sol, aéronef…).
Pendant cette phase de désignation, l’autodirecteur va détecter la tâche rétrodiffusée par la cible, et fournir les informations au système de guidage qui élaborera les ordres de pilotage et assurer ainsi la précision métrique terminale. De plus, la désignation de la cible sera effectuée par le même type de désignateur, quelque soit la munition (artillerie, mortier, char…).
Les principaux objectifs opérationnels attendus sont l’amélioration de la précision, de limiter les effets collatéraux, de tirer trop près des troupes amies et d’alléger la logistique. Ce PEA se terminera à l'horizon 2012 par des tirs de démonstrations conduits en artillerie de 120 mm mortier.
mercredi 18 février 2009
Feeding the brain : Stratégique n°85 est en ligne
Paru en 2005, le 85ème numéro de Stratégique est à présent consultable en ligne intégralement et gratuitement. Bonne lecture !
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