Comment appréhender la structure des conflits à venir dans le contexte si particulier de la rédaction du futur Livre blanc ? Si les positions semblent tranchées (nous renvoyons le lecteur, sur ce sujet, au DSI de novembre) les deux grandes catégories de positionnement renvoient sont fondées sur un biais temporel. Les tenants d’une structure de forces (en ce compris dans ses conséquences doctrinales) orientée sur les opérations de basse intensité et de stabilisation – telles que celles engagées en Côte d’Ivoire – envisagent la configuration contemporaine des conflits. Comparativement, les tenants d’une structure de force orientée sur les opérations de haute intensité, en fondant leur analyse sur la résurgence possible d’un adversaire technologiquement avancé, envisagent des opérations se tenant dans un futur plus ou moins proche.
Reste, cependant, que ce débat paraît par trop tranché et ne pourrait constituer que les deux faces d’une même pièce, de sorte que la récente contribution de Rupert Smith sur L’utilité de la force possède, selon nous, des vertus insoupçonnées. Premièrement, sur l’environnement physique des conflits, à la fois actuels et, dans la mesure de la fiabilité de la prospective, futurs. Smith, en mettant l’accent sur les populations, rejoint là les tenants aussi bien de la basse que de la haute intensité. Qu’ils soient ou non technologiques et qu’ils impliquent ou non des missions de stabilisation et/ou de combat, les conflits de demain seront résolument urbains et littoraux : 80% de la population mondiale vit à moins de 200 km des côtes.
Deuxièmement, il serait de très loin abusif de considérer que les conflits de basse intensité serait a-technologiques et mené par des va-nu-pieds : rien n’est plus faux. L’expérience libanaise de 2006 montre à quel point les nouvelles technologies – antichars, certes, mais aussi d’écoute électronique et de gestion médiatique, car c’est là que s’est joué le succès du Hezbollah – peuvent être utilisées par un adversaire asymétrique. En écho, des cadres du Hamas sont formés en Iran aux mêmes combinaisons techno-doctrinales que le Hezbollah. En Somalie, les Tribunaux islamiques disposent de missiles SAM-18. En Colombie, les narcos utilisent des sous-marins pour transporter de la drogue aux Etats-Unis. Pour contrer l’utilisation de petits appareils dans ces fonctions, la marine mexicaine a acheté rien moins que des Su-27 Flanker. Au Sri Lanka, le LTTE a été le premier groupe de guérilla a mettre en œuvre une stratégie aérienne « active » en utilisant des appareils de tourisme pour bombarder une base aérienne.
Au final, il en résulte que dévaloriser les engagements de basse intensité au motif qu’ils ne correspondraient pas à nos rationalités est non seulement dangereux mais aussi stratégiquement faux : par nature, la stratégie vise à soumettre la volonté adverse. Le reste n’est qu’une question de moyens. Smith, à cet égard, à raison de souligner les acquis de ce qu’il appelle la « guerre industrielle ». Ce qu’il note à cet égard et avec d’autres, c’est que le paradigme de la « bataille décisive », tel que décrit par V.D. Hanson comme paradigme structurant de l’art de la guerre occidental, est en perte de vitesse. Et il a raison : à l’échelle historique, les batailles réellement décisives sont non seulement très rares mais, même dans leur version édulcorée (une suite d’engagements de haute intensité généralement menées en campagne et aboutissant à une victoire sans appel), n’ont plus eu lieu depuis les guerres israélo-arabes.
Troisièmement, sur la valeur de Clausewitz. Lorsque les Etats-Unis sont revenus à la vision la plus pure qui soit de cet art occidental de la guerre – par le biais des Rapid Decisive Operations – ils ont, trop confiant en leur supériorité technologique, certes pulvérisé ce qui restait de l’armée irakienne. Mais ils n’ont pas compris la logique profondément clausewitzienne des conflits (par tradition, les Etats-Unis sont jominiens – les Marines faisant exception) et en particulier les lois d’action réciproques : tout conflit est une suite d’adaptations permanentes. L’adversaire s’est reconfiguré, a muté et a combattu des Américains qui ont tardé à se contre-adapter. Le résultat de cette logique exclusivement orientée sur la haute intensité se passe de commentaires et si la situation irakienne semble évoluer – certes, timidement – à l’heure actuelle c’est précisément par ce que David Petraeus est sorti de la rationalité propre à la haute intensité.
La valeur de Clausewitz dans les conflits contemporains et à venir est inestimable. Je renvoie le lecteur au dernier chapitre (« Vers un néo-clausewitzianisme ? ») d’Au risque du chaos, chapitre co-écrit avec Alain De Neve et Christophe Wasinski, je tiens ici à en donner l’un des arguments. Si Clausewitz été vertement critiqué par Van Creveld ou encore Keegan, c’est essentiellement parce qu’il aurait mis l’Etat au centre de sa réflexion. Je ne suis pas d’accord avec ces analyses : la « formule » clausewitzienne indique que la « guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Or, limiter la politique à une seule de ses formes – l’Etat – est non seulement abusif mais également tend à nier la diversité des formes politiques (al Qaïda est une forme politique, le LTTE aussi, le Hezbollah avec) comme d’arts de la guerre découlant de ces formes. Et j’ajouterai encore que Clausewitz n’est pas uniquement le penseur de l’engagement décisif : ses cours sur la « petite guerre » (Cf. l’article de Sandrine Picaud dans le DSI n°16) comme certains passages de Vom Kriege démontrent amplement son intérêt pour la question.
J’ajouterai enfin que les populations sont effectivement devenues – en Irak, au Liban (Cf. l’analyse de Reuven Benkler dans le DSI de juin) – des acteurs du conflit. Tout dépend de leur niveau de mobilisation/d’engagement/de résistance aux processus de mobilisation - ce qui nous renvoie directement à la "trinité" clausewitzienne. Et Smith a cent fois raison de souligner, à l’instar de Clausewitz, qu’une population civile est un réservoir de combattants et que faire en sorte de se l’allier est une garantie contre une dégénérescence des conflits – dégénérescence au cœur de la problématique des conflits contemporains. Les penseurs de la « guerre de 4ème génération », des Marines, l’ont amplement compris comme Max Boot (The Savage Wars of Peace). Certes, Smith ne fait pas du Clausewitz, du Coutau-Bégarie ou du Desportes. Ce n’est pas un théoricien capable de formaliser un raisonnement « blindé » du point de vue des arguments. Mais il partage quelque chose avec les théoriciens : l’intuition. A l’origine de toute raisonnement cartésien, il existe une intuition fondatrice et Smith, parce qu’il a vécu Desert Storm aussi bien que la Bosnie ou l’Irlande du Nord nous apporte un point de vue précieux.
Il nous apporte surtout, pour en conclure, l’intuition que l’on ne peut aller trop loin dans la distinction des scénarios : à l’échelle historique, ce sont les systèmes militaires (ou économiques, d’ailleurs) trop lents à l’adaptation et/ou incapables de penser en dehors des cadres préétablis qui ont été vaincus. Cloisonner de façon trop nette ou trop dogmatique les possibles de l’asymétrie ou de la symétrie, c’est se priver de cette faculté d’adaptation.
Voilà pourquoi, face au retour du paradigme de la bataille décisive - symétrique, technologique potentiellement trop linéaire -, je préfère celui de la "guerre au milieu des populations" - asymétrique mais potentiellement symétrique, comptant sur les "sidewises technologies" comme les technologies et plus encore sur le cerveau humain, conflit chaotique, éminnement politique et non linéaire. Cette dernière me semble plus adapté à nos futurs, qu'ils soient ou non fait de haute ou de basse intensité et Smith me semble offrir une optique qui réconcilie ces deniers futurs plutôt qu'il n'opterait pour l'un ou l'autre.
samedi 17 novembre 2007
vendredi 16 novembre 2007
Bye-bye F-117
Le F-117 a effectué sa dernière présentation publique lors du salon de Dubaï et, comme nous l'annoncions il y a quelques mois, devrait être retiré du service dans le courant 2008. Petite vidéo en hommage au fer à repasser le plus rapide de tous les temps.
Noël approche : quelques idées de lectures (3)
Antonin TISSERON. Guerres urbaines. Nouveaux métiers, nouveaux soldats. Coll. « Stratégies et doctrines », Paris : Economica. 2007. 115p.
Sujet de réflexion stratégique, tactique et doctrinal devenu incontournable depuis une petite dizaine d’années, la guerre en milieu urbain est aussi massivement marquée par une approche américaine très particulière, plus volontiers centrée sur l’utilisation de la force. Or, les pays européens, France comprise, ont une approche bien particulière de la question, nettement plus nuancée.
Dans ce cadre, le premier mérite de l’ouvrage d’Antonin Tisseron sera de sensibiliser le lecteur à cette approche, tout en définissant les contours de ce que représente le combat urbain aujourd’hui. À cet égard, si l’on perçoit une (légère) prévalence de la sociologie sur les études stratégiques, il n’en demeure pas moins que l’auteur donne au lecteur une bonne introduction aux opérations contemporaines.
Mais il souligne aussi, c’est là un deuxième mérite du livre, à quel point le combat urbain presse la réforme de nos armées, en exigeant d’elles un soldat nouveau, plus sensible aux questions humaines qu’aux questions technologiques et qui, par des qualités toutes clausewitziennes – et propres, finalement, au soldat européen – sera capable aussi bien d’appliquer la force que de négocier.
L’étude, menée tout en nuances, se révèle importante à cet égard, après les travaux aux connotations plus historiques, notamment ceux menés par Jean-Louis Dufour (La guerre, la ville et le soldat, Odile Jacob, 2002) ou, sur la question de l’asymétrie, par des auteurs comme Jacques Baud.
Elle ouvre ainsi des pistes de réflexion d’autant plus utiles qu’elles sont relativement peu explorées en Europe. À conseiller vivement, dans la bibliothèque du guerrier urbain comme dans celle de toute personne considérant que c’est en ville que les choses se passent.
Sujet de réflexion stratégique, tactique et doctrinal devenu incontournable depuis une petite dizaine d’années, la guerre en milieu urbain est aussi massivement marquée par une approche américaine très particulière, plus volontiers centrée sur l’utilisation de la force. Or, les pays européens, France comprise, ont une approche bien particulière de la question, nettement plus nuancée.
Dans ce cadre, le premier mérite de l’ouvrage d’Antonin Tisseron sera de sensibiliser le lecteur à cette approche, tout en définissant les contours de ce que représente le combat urbain aujourd’hui. À cet égard, si l’on perçoit une (légère) prévalence de la sociologie sur les études stratégiques, il n’en demeure pas moins que l’auteur donne au lecteur une bonne introduction aux opérations contemporaines.
Mais il souligne aussi, c’est là un deuxième mérite du livre, à quel point le combat urbain presse la réforme de nos armées, en exigeant d’elles un soldat nouveau, plus sensible aux questions humaines qu’aux questions technologiques et qui, par des qualités toutes clausewitziennes – et propres, finalement, au soldat européen – sera capable aussi bien d’appliquer la force que de négocier.
L’étude, menée tout en nuances, se révèle importante à cet égard, après les travaux aux connotations plus historiques, notamment ceux menés par Jean-Louis Dufour (La guerre, la ville et le soldat, Odile Jacob, 2002) ou, sur la question de l’asymétrie, par des auteurs comme Jacques Baud.
Elle ouvre ainsi des pistes de réflexion d’autant plus utiles qu’elles sont relativement peu explorées en Europe. À conseiller vivement, dans la bibliothèque du guerrier urbain comme dans celle de toute personne considérant que c’est en ville que les choses se passent.
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jeudi 15 novembre 2007
Noël approche : quelques idées de lectures (2)
A la suite de notre post d'hier, la sélection du jour (parue dans DSI 29) est L'ensauvagement de Thérèse Delpech (L’ensauvagement. Le retour de la barbarie au XXIe siècle. Paris : Hachette littérature (Pluriel), 2005, 366p.).
L’époque actuelle, c’est indéniable, recèle autant de dangers que de moyens d’y faire face. Reste, toutefois, à pouvoir l’appréhender à sa juste mesure, tout en nuance – parce qu’on ne répond pas avec des analyses grossières à une Zeitgeist, un esprit du temps, complexe. À cet égard, l’ouvrage de Thérèse Delpech montre que l’on peut à la fois allier éthique et Realpolitik.
Auteure pour le moins connue, elle produit ici un ouvrage très intéressant – que sa parution en format « poche » rend en outre accessible aux étudiants –, formulant un certain nombre d’hypothèses et les validant. Premièrement, les intellectuels sont condamnés à se tromper mais l’on ne peut faire sans eux. Et l’auteure de prendre ce qu’elle appelle le « télescope » pour montrer à quel point nous sommes trop proches de l’actualité que pour avoir un jugement digne de confiance.
Deuxièmement, elle définit son concept d’ensauvagement. Contre un Norbert Elias ayant une vision par trop linéaire du progrès social, Delpech montre la permanence et la diversification, consubstantielle aux sociétés dont elle est le fruit, de la violence.
Troisièmement, elle montre à quel point nous sommes peut-être plus proches de 1905, en tant « qu’année 0 » des transformations radicales qui allaient animer le 20e siècle, que du 21e siècle ! Entre révolutions scientifiques et politiques et complexité d’une interdépendance économique qui ne sera, une fois 1914 venu, nullement garante de paix, 1905 ressemble fort, effectivement, à notre monde.
Avec une plume peu avare de réflexions pénétrantes, Thérèse Delpech nous offre donc un excellent ouvrage qui, si certaines des positions qu’il défend peuvent être critiquées, est de loin supérieur en termes prospectifs à la Brève histoire de l’avenir d’un Attali ronflant de réinventer les roues conceptuelles et perdant une méthode qu’il avait pourtant eu plus assurée.
L’époque actuelle, c’est indéniable, recèle autant de dangers que de moyens d’y faire face. Reste, toutefois, à pouvoir l’appréhender à sa juste mesure, tout en nuance – parce qu’on ne répond pas avec des analyses grossières à une Zeitgeist, un esprit du temps, complexe. À cet égard, l’ouvrage de Thérèse Delpech montre que l’on peut à la fois allier éthique et Realpolitik.
Auteure pour le moins connue, elle produit ici un ouvrage très intéressant – que sa parution en format « poche » rend en outre accessible aux étudiants –, formulant un certain nombre d’hypothèses et les validant. Premièrement, les intellectuels sont condamnés à se tromper mais l’on ne peut faire sans eux. Et l’auteure de prendre ce qu’elle appelle le « télescope » pour montrer à quel point nous sommes trop proches de l’actualité que pour avoir un jugement digne de confiance.
Deuxièmement, elle définit son concept d’ensauvagement. Contre un Norbert Elias ayant une vision par trop linéaire du progrès social, Delpech montre la permanence et la diversification, consubstantielle aux sociétés dont elle est le fruit, de la violence.
Troisièmement, elle montre à quel point nous sommes peut-être plus proches de 1905, en tant « qu’année 0 » des transformations radicales qui allaient animer le 20e siècle, que du 21e siècle ! Entre révolutions scientifiques et politiques et complexité d’une interdépendance économique qui ne sera, une fois 1914 venu, nullement garante de paix, 1905 ressemble fort, effectivement, à notre monde.
Avec une plume peu avare de réflexions pénétrantes, Thérèse Delpech nous offre donc un excellent ouvrage qui, si certaines des positions qu’il défend peuvent être critiquées, est de loin supérieur en termes prospectifs à la Brève histoire de l’avenir d’un Attali ronflant de réinventer les roues conceptuelles et perdant une méthode qu’il avait pourtant eu plus assurée.
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mercredi 14 novembre 2007
Noël approche : quelques idées de lectures
Noël approchant et les journées raccourcissant, la lecture se fait encore plus attirante que d'habitude. Pour commencer, un ouvrage dont j'avais déjà parlé sur ce blog et doont la critique est parue dans le DSI de ce mois :
Vincent DESPORTES et Jean-François PHELIZON. Introduction à la stratégie. Paris : Economica, Coll. « Stratégies et doctrines ». 2007. 258 p.
On ne connaît jamais aussi mal une discipline que ses fondements, sans cesse appelés à être médités et questionnés. C’est également le cas en matière de stratégie et, à cet égard, par la démarche innovante du dialogue entre l’industriel de très haut vol et le militaire plus qu’expérimenté, V. Desportes et J-F. Phélizon ont produit un ouvrage autant destiné à l’honnête citoyen qu’à l’expert.
Ce sont les fondements mêmes de la stratégie qui y sont disséqués au travers de réflexions pénétrantes, tout à la fois précises et limpides. Mais derrière cette perle d’épistémologie accessible à tous se cachent aussi des questionnements récurrents et transverses : le poids des héritages culturels occidentaux et orientaux ; celui des héritages historiques aussi ; les similitudes et les différences parfois profondes entre stratégie militaire et économique ; des variations autour de la notion d’objectif qui valent leur pesant de méditation ; d’autres sur la valeur de l’action indirecte par ses formes obliques et latérales ; les formes et l’importance du commandement et, ultimement, la mise en action de la stratégie au travers des facteurs espace et temps.
En somme, les auteurs plantent le décor de la mécanique du monde – économique et militaire certes mais aussi, par nombre d’aspects, politique – et offrent au lecteur les élémentaires de la boîte à outil du stratège comme du stratégiste. Pourtant sans prétention cette Introduction à la stratégie – qui invite brillamment le lecteur à poursuivre ses pérégrinations dans le monde des idées – marquera sans aucun doute l’historiographie de la stratégie. En un mot comme en cent, l’ouvrage est indispensable.
Vincent DESPORTES et Jean-François PHELIZON. Introduction à la stratégie. Paris : Economica, Coll. « Stratégies et doctrines ». 2007. 258 p.
On ne connaît jamais aussi mal une discipline que ses fondements, sans cesse appelés à être médités et questionnés. C’est également le cas en matière de stratégie et, à cet égard, par la démarche innovante du dialogue entre l’industriel de très haut vol et le militaire plus qu’expérimenté, V. Desportes et J-F. Phélizon ont produit un ouvrage autant destiné à l’honnête citoyen qu’à l’expert.
Ce sont les fondements mêmes de la stratégie qui y sont disséqués au travers de réflexions pénétrantes, tout à la fois précises et limpides. Mais derrière cette perle d’épistémologie accessible à tous se cachent aussi des questionnements récurrents et transverses : le poids des héritages culturels occidentaux et orientaux ; celui des héritages historiques aussi ; les similitudes et les différences parfois profondes entre stratégie militaire et économique ; des variations autour de la notion d’objectif qui valent leur pesant de méditation ; d’autres sur la valeur de l’action indirecte par ses formes obliques et latérales ; les formes et l’importance du commandement et, ultimement, la mise en action de la stratégie au travers des facteurs espace et temps.
En somme, les auteurs plantent le décor de la mécanique du monde – économique et militaire certes mais aussi, par nombre d’aspects, politique – et offrent au lecteur les élémentaires de la boîte à outil du stratège comme du stratégiste. Pourtant sans prétention cette Introduction à la stratégie – qui invite brillamment le lecteur à poursuivre ses pérégrinations dans le monde des idées – marquera sans aucun doute l’historiographie de la stratégie. En un mot comme en cent, l’ouvrage est indispensable.
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mardi 13 novembre 2007
Le baril à 100 dollars va-t-il relégitimer la propulsion nucléaire ?
De plus en plus d’observateurs s’inquiètent d’une flambée des prix des carburants qui a des conséquences directes sur les coûts de fonctionnements des forces armées (Cf. les éditions de DSI de juillet 2006 et janvier 2007).
C’est également le cas aux Etats-Unis où de plus en plus de voix s’élèvent pour une réintroduction de la propulsion nucléaire dans la flotte de surface, au profit notamment des futurs croiseurs de la classe CG(X) dont 19 unités devraient être reçues entre 2011 et 2023.
En fait, une étude réalisée par l’Office of Naval Research montre que si une chaufferie nucléaire est un investissement conséquent, il devient rentable pour un bâtiment amphibie dès lors que le baril est à 60 $, pour un croiseur lorsque ce baril est à 80 $ et pour un destroyer lorsqu’il est à 205 $.
C’est également le cas aux Etats-Unis où de plus en plus de voix s’élèvent pour une réintroduction de la propulsion nucléaire dans la flotte de surface, au profit notamment des futurs croiseurs de la classe CG(X) dont 19 unités devraient être reçues entre 2011 et 2023.
En fait, une étude réalisée par l’Office of Naval Research montre que si une chaufferie nucléaire est un investissement conséquent, il devient rentable pour un bâtiment amphibie dès lors que le baril est à 60 $, pour un croiseur lorsque ce baril est à 80 $ et pour un destroyer lorsqu’il est à 205 $.
lundi 12 novembre 2007
Aux agendas : conf' au CESA
Dans la séquence "agenda", j'ai été invité à donner une conférence au CESA (Centre d'Etudes Stratégiques Aérospatiales) sur "Les rapports entre stratégie aérienne et technologies, culture française et culture américaine" ce 11 décembre.
Le lieu et l'endroit : de 12h45 à 13h45, à Paris - Ecole militaire, amphithéâtre De Bourcet. L'entrée est libre, sous réserve de places disponibles, de sorte que les inscriptions sont les bienvenues : rencontres.cesa@air.defense.gouv.fr
Le lieu et l'endroit : de 12h45 à 13h45, à Paris - Ecole militaire, amphithéâtre De Bourcet. L'entrée est libre, sous réserve de places disponibles, de sorte que les inscriptions sont les bienvenues : rencontres.cesa@air.defense.gouv.fr
dimanche 11 novembre 2007
VBCI : précisions de Marc Chassillan
Marc Chassillan a envoyé une note pour le moins intéressante sur le débat roues/chenilles dans le contexte des débats entourant le VBCI (pour un background sur ledit débat, Cf. Les cahiers du RMES ; l'interview du directeur du programme "Infanterie" dans T&A 7 ; le comparatif des VCI sur roue dans T&A n°1 ; le DSI n°16).
A lire chez Jean-Dominique Merchet.
A lire chez Jean-Dominique Merchet.
vendredi 9 novembre 2007
La Bundeswehr fait toujours dans le lourd
Nos lecteurs se souviendront que le T&A actuellement dans les kiosques examine l'IFV allemand Puma sous toutes les coutures. Petit complément d'information arrivé hier, l'Allemagne en a officiellement commandé 405 exemplaires pour plus de 3 milliards d'euros.
jeudi 8 novembre 2007
Retrait confirmé de la France du programme AGS
Bien que l'information ait été rendue publique par le ministre de la Défense, elle ne semble guère avoir suscité d'émotion. Cependant, la France s'est bel et bien retirée du programme AGS et ne se dotera donc pas d'une capacité équivalente aux E-8 Joint Stars américains (supérieurs aux Cougar Horizon).
Ce qui n'est pas sans poser une série de problèmes collatéraux. Le premier porte sur la capacité des autres Etats partie au programme à supporter la charge financière découlant du retrait français. Le second est qu'après l'annulation (là aussi, tout aussi curieusement peu médiatisée) du E-10MC2A (qui devait remplacer les AWACS, les Joint Stars et les RC-135 américains), l'AGS pouvait représenter une porte de sortie pour Washington.
En tout état de cause, voilà qui tempérera certainement les commentaires selon lesquels N. Sarzy était en phase d'alignement sur les Etats-Unis...
Ce qui n'est pas sans poser une série de problèmes collatéraux. Le premier porte sur la capacité des autres Etats partie au programme à supporter la charge financière découlant du retrait français. Le second est qu'après l'annulation (là aussi, tout aussi curieusement peu médiatisée) du E-10MC2A (qui devait remplacer les AWACS, les Joint Stars et les RC-135 américains), l'AGS pouvait représenter une porte de sortie pour Washington.
En tout état de cause, voilà qui tempérera certainement les commentaires selon lesquels N. Sarzy était en phase d'alignement sur les Etats-Unis...
Des Rafale pour le Brésil ?
La mise en place d’un groupe de stratégie de la défense nationale par le président Lula permet de dévoiler l’ambitieuse stratégie à long terme de Brasilia, y compris en regard d’un Venezuela qui semble être perçu comme une menace. Dans le même temps, deux décisions ont été prises. La première concerne une augmentation de 50 %, dès l’année prochaine, du budget de défense, qui se montera alors à 5 milliards de dollars.
Deuxième décision, le Brésil a lancé un appel d’offre pourtant sur l’acquisition de 36 appareils de combat pour un montant de 2,2 milliards de dollars. De fait, la force aérienne brésilienne va mal : 37 % de ses appareils seraient non-opérationnels. Reste toutefois que si le Rafale semble bien placé pour l’emporter – les Brésiliens ayant reçu des Mirage 2000 d’occasion à un prix défiant toute concurrence – une éventuelle commande devra être suivie, selon les Brésiliens eux-mêmes, de transferts technologiques.
Deuxième décision, le Brésil a lancé un appel d’offre pourtant sur l’acquisition de 36 appareils de combat pour un montant de 2,2 milliards de dollars. De fait, la force aérienne brésilienne va mal : 37 % de ses appareils seraient non-opérationnels. Reste toutefois que si le Rafale semble bien placé pour l’emporter – les Brésiliens ayant reçu des Mirage 2000 d’occasion à un prix défiant toute concurrence – une éventuelle commande devra être suivie, selon les Brésiliens eux-mêmes, de transferts technologiques.
mercredi 7 novembre 2007
Avec une publicité pareille...
... que faut-il ajouter de plus ? Jean-Dominique Merchet a lu le dernier DSI et semble avoir apprécié. Face à une telle appréciation, je serais bien mal fichu d'en rajouter. Toutefois, le débat stratégique en tant que tel est ranimé depuis une bonne année et le dossier tel qu'il a été réalisé se place dans une continuité éditoriale (et parallèlement à nos thématiques habituelles), appliquée sur plusieurs numéros. Petite récapitulation pour ceux qui voudraient approfondir :
Novembre 2006 : le général Desportes pose un jugement sévère sur la Transformation et lui préfère l'adptation ; Djamel Metmati approfondit le concept de numérisation ;
Décembre 2006 : application au plan tactique via un spécial guerre urbaine, introduction au sujet.
Janvier 2007 : application au plan opérationnel/stratégique : dossier spécial "options de sortie de crise en Irak"
Février 2007 : retour à la théorie avec la présentation du concept d'effet majeur par le colonel Yakovleff
Mars 2007 : spécial élections présidentielles. C'est aussi l'occasion de faire un état de l'art des grands dossiers stratégiques et industriels en cours ou à venir.
Avril 2007 : le général Hubin tient à tempérer l'opposition entre symétrie et asymétrie et argue d'un rapprochement des deux concepts
Mai 2007 : retour à la tactique avec un dossier spécial "guerre en montagne"
Juin 2007 : le dossier spécial "puissance aérienne" permet de montrer les apports de la stratégie aérienne, tout en montrant ses connexions conceptuelles avec la contre-insurrection (colonel Osinga, P.K. Davies)
Juillet 2007 : retour plus approfondis sur le combat urbain, comprenant notamment une contribution d'Antonin Tisseron
Septembre 2007 : dossier "adaptation et contre-adaptation" montrant les difficultés d'armées technologiquement avancées à faire face à des guérillas et des techno-guérillas ; mais aussi les opportunités inexploitées dans le domaine des PSYOPS et de l'influence
Octobre 2007 : poursuite du débat sur l'influence aux plans tactiques et stratégiques ; résurgence d'une puissance européenne "non-UE" ; couverture de l'Université d'Eté de la défense et question de la préemption.
Novembre : On synthétise, au plan politico-stratégique.
Le débat, on le comprendra, est très complexe, très large aussi. Jamais les paramètres n'ont été aussi nombreux. Et s'ils prennent un relief particulier au regard du prochain Livre blanc, ils se poursuivront encore longtemps. Des thématiques comme la contre-insurrection ont encore été assez peu abordées - alors pourtant que la France dispose de théoriciens de valeur - sans encore compter un frémissement qui se sent clairement du côté de la stratégie aérienne mais aussi de la stratégie navale.
Je viens, à cet égard, de terminer le dernier ouvrage d'Hervé Coutau-Bégarie (critique de lecture en décembre !), qui augure d'une vraie pensée navale contemporaine à l'échelle européenne. Il était temps. Que cela ne soit pas pris comme un reproche mais les marins sont parfois un peu trop historiens. Or, tant de choses sont à faire en ce domaine, quasi-vierge si l'on excepte les traditionnelles et nécessaires (mais point trop n'en faut) légitimations du rôle économique ou écologique de la mer. En d'autres termes, on n'a pas fini d'investiguer le monde de la stratégie.
Novembre 2006 : le général Desportes pose un jugement sévère sur la Transformation et lui préfère l'adptation ; Djamel Metmati approfondit le concept de numérisation ;
Décembre 2006 : application au plan tactique via un spécial guerre urbaine, introduction au sujet.
Janvier 2007 : application au plan opérationnel/stratégique : dossier spécial "options de sortie de crise en Irak"
Février 2007 : retour à la théorie avec la présentation du concept d'effet majeur par le colonel Yakovleff
Mars 2007 : spécial élections présidentielles. C'est aussi l'occasion de faire un état de l'art des grands dossiers stratégiques et industriels en cours ou à venir.
Avril 2007 : le général Hubin tient à tempérer l'opposition entre symétrie et asymétrie et argue d'un rapprochement des deux concepts
Mai 2007 : retour à la tactique avec un dossier spécial "guerre en montagne"
Juin 2007 : le dossier spécial "puissance aérienne" permet de montrer les apports de la stratégie aérienne, tout en montrant ses connexions conceptuelles avec la contre-insurrection (colonel Osinga, P.K. Davies)
Juillet 2007 : retour plus approfondis sur le combat urbain, comprenant notamment une contribution d'Antonin Tisseron
Septembre 2007 : dossier "adaptation et contre-adaptation" montrant les difficultés d'armées technologiquement avancées à faire face à des guérillas et des techno-guérillas ; mais aussi les opportunités inexploitées dans le domaine des PSYOPS et de l'influence
Octobre 2007 : poursuite du débat sur l'influence aux plans tactiques et stratégiques ; résurgence d'une puissance européenne "non-UE" ; couverture de l'Université d'Eté de la défense et question de la préemption.
Novembre : On synthétise, au plan politico-stratégique.
Le débat, on le comprendra, est très complexe, très large aussi. Jamais les paramètres n'ont été aussi nombreux. Et s'ils prennent un relief particulier au regard du prochain Livre blanc, ils se poursuivront encore longtemps. Des thématiques comme la contre-insurrection ont encore été assez peu abordées - alors pourtant que la France dispose de théoriciens de valeur - sans encore compter un frémissement qui se sent clairement du côté de la stratégie aérienne mais aussi de la stratégie navale.
Je viens, à cet égard, de terminer le dernier ouvrage d'Hervé Coutau-Bégarie (critique de lecture en décembre !), qui augure d'une vraie pensée navale contemporaine à l'échelle européenne. Il était temps. Que cela ne soit pas pris comme un reproche mais les marins sont parfois un peu trop historiens. Or, tant de choses sont à faire en ce domaine, quasi-vierge si l'on excepte les traditionnelles et nécessaires (mais point trop n'en faut) légitimations du rôle économique ou écologique de la mer. En d'autres termes, on n'a pas fini d'investiguer le monde de la stratégie.
lundi 5 novembre 2007
Le retrait de la France du programme AGS envisagé
On connaissait les difficultés techniques auxquelles fait face le programme Alliance Ground Surveillance, lequel doit permettre à l'OTAN de disposer d'un pool de drones RQ-4 et d'Airbus A-321 spécialement modifiés pour emporter le radar SOSTAR.
Mais il semble que ces difficultés soient à la source de sérieuses remises en question à Paris. On nous rapporte ainsi que la France pourrait - le conditionnel est de mise - être amenée à se retirer du programme (et donc de son financement, presque 100 millions d'euros) prochaînement.
Mais il semble que ces difficultés soient à la source de sérieuses remises en question à Paris. On nous rapporte ainsi que la France pourrait - le conditionnel est de mise - être amenée à se retirer du programme (et donc de son financement, presque 100 millions d'euros) prochaînement.
DSI 31 dès demain en kiosque

DSI 31, novembre 2007 – sommaire
Editorial
Agenda – nominations – carnet
Veilles contre-terroristes (31 entrées)
Contrats du mois (17 entrées)
Veilles stratégiques :
Flash : budget géorgien ; premier vol du KC-30 ; utilisation des SDB depuis le F-22 ; projets kazakhs ; essai de l’Agni-I ; réception des PAC-3 néerlandais.
Canada : de nouveaux sous-marins en vue ?
Etats-Unis : Les contractors empiètent sur la FEMA ; des C-5 rénovés (très) coûteux… ; un nouveau wing d’opérations spéciales ; bataille pour les drones ; Tom Jones n’est pas un has been ; le BAMS pour compenser la réduction des flottes ? ; Réception du premier EA-18G Growler ; l’amiral Roughead va-t-il redéfinir la posture de la marine américaine ? ; des M-109 jusqu’en 2050 ; le prix des contractors.
Europe : Démonstration des capacités du radar SOSTAR-X
Bulgarie : accord de principe sur l’acquisition de 4 Gowind
France : Loi de programmation des finances et commandes
Grande-Bretagne : réduction du format de la RAF ?
Pays-Bas : modernisation d’une partie de la flotte de F-16
Norvège : présentation du budget 2008
Bahreïn : un radar ABM ultra-moderne
Inde : un lanceur spatial réutilisable dès 2009 ?
Irak : commande massive de matériels pour 25 bataillons ; nouvelle réduction du format des forces britanniques ; réarmement rapide ; du neuf dans la protection antimissiles des liners ; le réseau de défense aérienne syrien hacké ?
Chine : un nouveau centre spatial ; un client irakien rentable ; un programme d’ELINT naval qui se porte bien
Japon : des contractors pour la défense antimissiles ; réagencement du dispositif à Okinawa
Taiwan : le Hsiung Feng 2E… ; … partie d’une démonstration de force inédite depuis 1991 ; Taipeh cherche à renforcer sa dissuasion conventionnelle
Australie : commandes en pagaille pour Canberra ; commission du dernier Armidale
Somalie : Négocier avec les islamistes ?
Editorial
Agenda – nominations – carnet
Veilles contre-terroristes (31 entrées)
Contrats du mois (17 entrées)
Veilles stratégiques :
Flash : budget géorgien ; premier vol du KC-30 ; utilisation des SDB depuis le F-22 ; projets kazakhs ; essai de l’Agni-I ; réception des PAC-3 néerlandais.
Canada : de nouveaux sous-marins en vue ?
Etats-Unis : Les contractors empiètent sur la FEMA ; des C-5 rénovés (très) coûteux… ; un nouveau wing d’opérations spéciales ; bataille pour les drones ; Tom Jones n’est pas un has been ; le BAMS pour compenser la réduction des flottes ? ; Réception du premier EA-18G Growler ; l’amiral Roughead va-t-il redéfinir la posture de la marine américaine ? ; des M-109 jusqu’en 2050 ; le prix des contractors.
Europe : Démonstration des capacités du radar SOSTAR-X
Bulgarie : accord de principe sur l’acquisition de 4 Gowind
France : Loi de programmation des finances et commandes
Grande-Bretagne : réduction du format de la RAF ?
Pays-Bas : modernisation d’une partie de la flotte de F-16
Norvège : présentation du budget 2008
Bahreïn : un radar ABM ultra-moderne
Inde : un lanceur spatial réutilisable dès 2009 ?
Irak : commande massive de matériels pour 25 bataillons ; nouvelle réduction du format des forces britanniques ; réarmement rapide ; du neuf dans la protection antimissiles des liners ; le réseau de défense aérienne syrien hacké ?
Chine : un nouveau centre spatial ; un client irakien rentable ; un programme d’ELINT naval qui se porte bien
Japon : des contractors pour la défense antimissiles ; réagencement du dispositif à Okinawa
Taiwan : le Hsiung Feng 2E… ; … partie d’une démonstration de force inédite depuis 1991 ; Taipeh cherche à renforcer sa dissuasion conventionnelle
Australie : commandes en pagaille pour Canberra ; commission du dernier Armidale
Somalie : Négocier avec les islamistes ?
La chronique de Carl von C. : l’affaire afghane est pliée, mais pas dans le bon sens
Géostratégie
« La défense anti-missiles devient aussi importante que la défense anti-aérienne » Interview de Franciszek Gagor, chef d’état-major de l’armée polonaise, candidat au poste de président du Comité militaire de l’OTAN
La privatisation de la sécurité au service de la politique étrangère américaine
Par Jean-Didier Rosi (Licencié en sciences politiques) et Tanguy Struye de Swielande (Professeur aux FUCAM et à l’Ecole Royale Militaire)
Où en est la Russie stratégique ?
Entretien avec Ruslan Pukhov, directeur du Center for Analysis of Strategies and Technologies (CAST), Moscou.
Stratégie
Intervenir ? Les dilemmes de la future politique de défense française
Par la rédaction
Intervention-stabilisation : l’équation contemporaine
Entretien avec le général Pierre de Saqui de Sannes, Gouverneur militaire de Marseille, officier général de la zone de Défense sud.
Quelques réflexions sur la défense de la France
Entretien avec Hervé Coutau-Bégarie, Président de l’Institut de Stratégie Comparée, directeur du cours de stratégie au Collège Interarmées de Défense.
Nouvelles menaces et poussées géopolitiques
Entretien avec Aymeric Chauprade, directeur du cours de géopolitique au Collège Interarmées de Défense
Pensée, concepts et mutations : le réveil de la France ?
Entretien avec Christian Malis, directeur scientifique de la Fondation Saint-Cyr, chercheur associé au centre de recherche de Saint-Cyr Coëtquidan
Puissance aérospatiale et nouveaux conflits : l’indispensable atout
Entretien avec Jean-Jacques Patry, chargé de mission à la Fondation pour la Recherche Stratégique et directeur du Centre européen de recherche opérationnelle militaire (CEROM), avec le concours de Philippe Gros, chargé d’analyse et de développement de concepts (FRS-CEROM).
Unités
Mot d’ordre : adaptation. La base ALAT du 1er RHC
Par Véronique Sartini, journaliste
L’adaptation des hélicoptères au combat urbain
Entretien avec le LCL (TA) Hervé Auriault, chef de corps du 1er RHC de Phalsbourg
Encadré : le Cougar Horizon
« Notre expérience du combat urbain se fait avant tout sur le terrain »
Entretien avec le capitaine Julien Litas, commandant l’escadrille d’hélicoptères d’attaque n°1 du 1er RHC
En vol : tactique et renseignement
Par Véronique Sartini, journaliste
Armées
Intervention en Iran et représailles de Téhéran : 3 scénarios
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : l’Iran chimique et balistique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Technologie et armement
Des origines du T-34 soviétique
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Des tanks pour la Rodina
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
L’industrie russe des chars de combat tente péniblement de survivre
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Char de combat T-64/Les forces terrestres ukrainiennes face à la Russie
AIDC F-CK-1 Ching Kuo/Vers le décollage de l’industrie aéronautique taiwanaise ?
Corvette LCS-1 classe Freedom/La modularité, clé des opérations littorales ?
Critiques de lecture
Democracy and Counterterrorism. Lessons of the Past de Robert J. Art and Louise Richardson (Eds)
Introduction à la stratégie de Vincent Desportes et Jean-François Phélizon
Principes fondamentaux de stratégie militaire de Carl von Clausewitz
La première guerre mondiale de John Keegan
Inflexions. Civils et militaires : pouvoir dire. Juin-septembre 2007
Le militaire belge en opérations : aspects politiques et sociologiques d’André Dumoulin et Delphine Resteigne.
Par Jean-Didier Rosi (Licencié en sciences politiques) et Tanguy Struye de Swielande (Professeur aux FUCAM et à l’Ecole Royale Militaire)
Où en est la Russie stratégique ?
Entretien avec Ruslan Pukhov, directeur du Center for Analysis of Strategies and Technologies (CAST), Moscou.
Stratégie
Intervenir ? Les dilemmes de la future politique de défense française
Par la rédaction
Intervention-stabilisation : l’équation contemporaine
Entretien avec le général Pierre de Saqui de Sannes, Gouverneur militaire de Marseille, officier général de la zone de Défense sud.
Quelques réflexions sur la défense de la France
Entretien avec Hervé Coutau-Bégarie, Président de l’Institut de Stratégie Comparée, directeur du cours de stratégie au Collège Interarmées de Défense.
Nouvelles menaces et poussées géopolitiques
Entretien avec Aymeric Chauprade, directeur du cours de géopolitique au Collège Interarmées de Défense
Pensée, concepts et mutations : le réveil de la France ?
Entretien avec Christian Malis, directeur scientifique de la Fondation Saint-Cyr, chercheur associé au centre de recherche de Saint-Cyr Coëtquidan
Puissance aérospatiale et nouveaux conflits : l’indispensable atout
Entretien avec Jean-Jacques Patry, chargé de mission à la Fondation pour la Recherche Stratégique et directeur du Centre européen de recherche opérationnelle militaire (CEROM), avec le concours de Philippe Gros, chargé d’analyse et de développement de concepts (FRS-CEROM).
Unités
Mot d’ordre : adaptation. La base ALAT du 1er RHC
Par Véronique Sartini, journaliste
L’adaptation des hélicoptères au combat urbain
Entretien avec le LCL (TA) Hervé Auriault, chef de corps du 1er RHC de Phalsbourg
Encadré : le Cougar Horizon
« Notre expérience du combat urbain se fait avant tout sur le terrain »
Entretien avec le capitaine Julien Litas, commandant l’escadrille d’hélicoptères d’attaque n°1 du 1er RHC
En vol : tactique et renseignement
Par Véronique Sartini, journaliste
Armées
Intervention en Iran et représailles de Téhéran : 3 scénarios
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : l’Iran chimique et balistique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Technologie et armement
Des origines du T-34 soviétique
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Des tanks pour la Rodina
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
L’industrie russe des chars de combat tente péniblement de survivre
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Char de combat T-64/Les forces terrestres ukrainiennes face à la Russie
AIDC F-CK-1 Ching Kuo/Vers le décollage de l’industrie aéronautique taiwanaise ?
Corvette LCS-1 classe Freedom/La modularité, clé des opérations littorales ?
Critiques de lecture
Democracy and Counterterrorism. Lessons of the Past de Robert J. Art and Louise Richardson (Eds)
Introduction à la stratégie de Vincent Desportes et Jean-François Phélizon
Principes fondamentaux de stratégie militaire de Carl von Clausewitz
La première guerre mondiale de John Keegan
Inflexions. Civils et militaires : pouvoir dire. Juin-septembre 2007
Le militaire belge en opérations : aspects politiques et sociologiques d’André Dumoulin et Delphine Resteigne.
samedi 3 novembre 2007
Quelle est la crédibilité de Wikipédia ?
André Dumoulin vient de m'envoyer le lien vers un article de Marianne qui me semble très pertinent et qui "démonte" en bonne et due forme l'encyclopédie collaborative, avant-garde du web 2.0.
Et de fait, le problème de l'anonymat des contributeurs y est central : est-ce le savoir (boudjou : Sage m'a envoyé un mail : accès gratuit à ses 460 revues - vraiment académiques - jusque fin novembre) ou la possibilité de manipulation qui se démocratisent ? Du point de vue du stratégiste examinant les matériels, il est vrai qu'on est parfois curieux de savoir d'où viennent certaines infos... ou plutôt de quels départements marketing. A voir ici.
Et de fait, le problème de l'anonymat des contributeurs y est central : est-ce le savoir (boudjou : Sage m'a envoyé un mail : accès gratuit à ses 460 revues - vraiment académiques - jusque fin novembre) ou la possibilité de manipulation qui se démocratisent ? Du point de vue du stratégiste examinant les matériels, il est vrai qu'on est parfois curieux de savoir d'où viennent certaines infos... ou plutôt de quels départements marketing. A voir ici.
Pour mon anniversaire, je veux des journées de 48 heures !
Ca y est me direz-vous, voilà qu'il se plaint ! Et bien pas tout à fait. Mais je me suis fait une petite virée en librairie (restons sérieux, tout de même) et non content d'avoir reçu de Véro "Une exécution ordinaire" (euh... pas d'arrières-pensées envers son vénéré rédac'chef adjoint, j'espère !), je me suis pris "Achever Clausewitz" de Girard (non, pas question d'euthanasier ce bon vieux Carl von C.). Tout ça avec une chronique stratégique de l'année en route et un bouquin à parachever, ça ne fait pas très sérieux. Mais on ne se refait pas, après tout.
Plus sérieusement, j'ai eu de très bons commentaires sur Achever Clausewitz. Mon interlocuteur me l'avait décrit comme assez ardu, tendant vers l'épistémologie. Des 3 premières pages lues en prenant l'apéro ce midi, la prose vole assez haut, de fait, mais reste claire. Le questionnement lui-même est terriblement concret. Voilà qui justifiera très certainement une critique de lecture dans le DSI de décembre.
Ceci dit, mes potes m'ont offert une petite merveille : une de ces machines expresso qui vous préparent de petites bombes caféinées comme je les aime et Madame Athéna m'a offert un Palm, histoire que je sois un peu plus à l'heure (pour faire la vaisselle, par exemple : c'est étonnant cette résilience que j'ai à l'égard de la vaisselle). Qui a dit que le temps objectif était incompressible ?
Plus sérieusement, j'ai eu de très bons commentaires sur Achever Clausewitz. Mon interlocuteur me l'avait décrit comme assez ardu, tendant vers l'épistémologie. Des 3 premières pages lues en prenant l'apéro ce midi, la prose vole assez haut, de fait, mais reste claire. Le questionnement lui-même est terriblement concret. Voilà qui justifiera très certainement une critique de lecture dans le DSI de décembre.
Ceci dit, mes potes m'ont offert une petite merveille : une de ces machines expresso qui vous préparent de petites bombes caféinées comme je les aime et Madame Athéna m'a offert un Palm, histoire que je sois un peu plus à l'heure (pour faire la vaisselle, par exemple : c'est étonnant cette résilience que j'ai à l'égard de la vaisselle). Qui a dit que le temps objectif était incompressible ?
Libellés :
News en vrac,
Perso,
Question de méthode,
Stratégie
Quand les braves rendent les armes
Je vous avais déjà parlé de Mehmet Koksal et de son blog, humeur allochtone. Il faisait partie de mon univers de citoyen bruxellois à mi-temps en me tenant informé sur mes quartiers, en farfouilant sur les petites et les grosses combines de la politique belge.
Et là où les uns et les autres poussaient des incantations pour éviter les amalgames en tous genres (les Kurdes sont tous du PKK, les musulmans sont tous terroristes, les Turcs sont tous nationalistes, j'en passe et des meilleures), il a fait bien plus pour la cohésion sociale, la tolérance et l'information libérée de l'autocensure que les bobos bien-pensants. Il voyait les choses avec l'arme la plus létale pour la crétinerie que l'homme ait jamais inventé : l'objectivité.
Et bien, il arrête. a force d'avoir creusé, il s'est attiré bon nombre d'ennuis, au point de se faire tabasser pour avoir suivi une manif' où, soit dit en passant, le drapeau d'une ambassade étrangère (Etats-Unis) a été brûlé par des Loups gris. Entre politiciens parlant de "prétendu génocide arménien" ou membres de l'extrême-droite turque se trouvant sur des listes électorales pourtant démocratiques, il considère que lui et son entourage sont dans une position intenable.
Appuyé par tout le monde mais soutenu par personne, le voilà sans son clavier-sabre. Un épisode de plus, sans doute, du lent glissement belge vers un non-Etat où l'objectivité comme la libre pensée semblent, face aux intérêts supérieurs du délitement, devenir des victimes collatérales. C'est grave. Mais est-ce que son expérience fera réfléchir ?
Et là où les uns et les autres poussaient des incantations pour éviter les amalgames en tous genres (les Kurdes sont tous du PKK, les musulmans sont tous terroristes, les Turcs sont tous nationalistes, j'en passe et des meilleures), il a fait bien plus pour la cohésion sociale, la tolérance et l'information libérée de l'autocensure que les bobos bien-pensants. Il voyait les choses avec l'arme la plus létale pour la crétinerie que l'homme ait jamais inventé : l'objectivité.
Et bien, il arrête. a force d'avoir creusé, il s'est attiré bon nombre d'ennuis, au point de se faire tabasser pour avoir suivi une manif' où, soit dit en passant, le drapeau d'une ambassade étrangère (Etats-Unis) a été brûlé par des Loups gris. Entre politiciens parlant de "prétendu génocide arménien" ou membres de l'extrême-droite turque se trouvant sur des listes électorales pourtant démocratiques, il considère que lui et son entourage sont dans une position intenable.
Appuyé par tout le monde mais soutenu par personne, le voilà sans son clavier-sabre. Un épisode de plus, sans doute, du lent glissement belge vers un non-Etat où l'objectivité comme la libre pensée semblent, face aux intérêts supérieurs du délitement, devenir des victimes collatérales. C'est grave. Mais est-ce que son expérience fera réfléchir ?
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mercredi 31 octobre 2007
Un invité de marque pour DSI
C'est bien connu, DSI n'accueille que des invités de marque. Toutefois, nous avions reçu une proposition d'interview qui ne nous a pas laissé de marbre en ce sens qu'il s'agissait rien moins que du général Gagor, chef d'état-major général des forces armées polonaises et candidat au poste de président du Comité militaire de l'OTAN.
Ce diplômé de l’Ecole des officiers des troupes mécanisées de Wrocław (1973) est aussi titulaire d’une maîtrise de philologie anglaise de l’université de Poznań (1983). Il obtient en 1998 un doctorat de défense à l’Académie de défense nationale de Varsovie. Ancien auditeur du Collège de défense de l’OTAN de Rome (2001), il est également diplômé du National War College de la National Defense University de Washington (2002). Il joue un rôle déterminant au sein du groupe de travail des forces armées polonaises chargé de la préparation à l’accession de la Pologne à l’OTAN. Entre 2003 et 2006, le général Gągor est successivement Force commander UNIKOM Irak, assistant du SGNU (2003), Force commander UNDOF Syrie, assistant du SGNU (2003-2004), représentant militaire polonais auprès des comités militaires de l’OTAN et de l’UE à Bruxelles (2004-2006). Le 27 février 2006, le général Gągor est nommé chef d’état-major général des armées polonaises. Il est promu au grade de général d’armée le 3 mai 2006. Le général parle anglais, français et russe.
En l'occurrence, nous avons le plaisir de le recevoir dans le numéro de novembre de DSI et il me semble, ma foi, plutôt bien entouré :
- Ruslan Pukhov, directeur du CAST (Moscou) sur l'évolution des programmes russes ;
- Tanguy Struye et Jean-Didier Rosi pour un long article, très riche en informations, sur le phénomène des contractors ;
- Hervé Coutau-Bégarie, le général Saqui de Sannes, Aymeric Chauprade et Christian Malis dans le cadre de notre dossier principal, consacré aux options stratégiques de la France en regard du prochain Livre Blanc, et qui nous démontrent que le "politiquement correct" n'est pas prêt de l'emporter dans les débats stratégiques ;
- un dossier portant sur les options stratégiques iraniennes à long terme et un focus sur les armements chimiques et biologiques de Téhéran ;
- un dossier "ALAT" qui fait suite à une visite du 1er RHC de Phalsbourg et qui comprend pas mal de choses sur la façon dont ils perçoivent le combat urbain ;
- un dossier "technologie" sur l'évolution des chars russes, complété de fiches techniques sur le T-64, le Ching Kuo taiwanais et le LCS américain.
L'ensemble sera disponible dès le 6 novembre en kiosque et sur notre boutique en ligne. D'ores et déjà, bonne lecture à toutes et à tous... et n'hésitez jamais à m'envoyer remarques, suggestions et autres commentaires !
Ce diplômé de l’Ecole des officiers des troupes mécanisées de Wrocław (1973) est aussi titulaire d’une maîtrise de philologie anglaise de l’université de Poznań (1983). Il obtient en 1998 un doctorat de défense à l’Académie de défense nationale de Varsovie. Ancien auditeur du Collège de défense de l’OTAN de Rome (2001), il est également diplômé du National War College de la National Defense University de Washington (2002). Il joue un rôle déterminant au sein du groupe de travail des forces armées polonaises chargé de la préparation à l’accession de la Pologne à l’OTAN. Entre 2003 et 2006, le général Gągor est successivement Force commander UNIKOM Irak, assistant du SGNU (2003), Force commander UNDOF Syrie, assistant du SGNU (2003-2004), représentant militaire polonais auprès des comités militaires de l’OTAN et de l’UE à Bruxelles (2004-2006). Le 27 février 2006, le général Gągor est nommé chef d’état-major général des armées polonaises. Il est promu au grade de général d’armée le 3 mai 2006. Le général parle anglais, français et russe.
En l'occurrence, nous avons le plaisir de le recevoir dans le numéro de novembre de DSI et il me semble, ma foi, plutôt bien entouré :
- Ruslan Pukhov, directeur du CAST (Moscou) sur l'évolution des programmes russes ;
- Tanguy Struye et Jean-Didier Rosi pour un long article, très riche en informations, sur le phénomène des contractors ;
- Hervé Coutau-Bégarie, le général Saqui de Sannes, Aymeric Chauprade et Christian Malis dans le cadre de notre dossier principal, consacré aux options stratégiques de la France en regard du prochain Livre Blanc, et qui nous démontrent que le "politiquement correct" n'est pas prêt de l'emporter dans les débats stratégiques ;
- un dossier portant sur les options stratégiques iraniennes à long terme et un focus sur les armements chimiques et biologiques de Téhéran ;
- un dossier "ALAT" qui fait suite à une visite du 1er RHC de Phalsbourg et qui comprend pas mal de choses sur la façon dont ils perçoivent le combat urbain ;
- un dossier "technologie" sur l'évolution des chars russes, complété de fiches techniques sur le T-64, le Ching Kuo taiwanais et le LCS américain.
L'ensemble sera disponible dès le 6 novembre en kiosque et sur notre boutique en ligne. D'ores et déjà, bonne lecture à toutes et à tous... et n'hésitez jamais à m'envoyer remarques, suggestions et autres commentaires !
L'armée belge survivra-t-elle ?
L’affaire avait d’abord fait sourire : constatant un dépassement des dépenses de plus 200 millions d’euros, la ministre du budget belge avait placé le ministère de la défense sous curatelle, une mesure exceptionnelle découlant de l’absence d’un nouveau gouvernement fédéral à même de trancher la question sur le fond. Si ce déficit sera annoncé comme comblé quelques jours après (au détriment du programme d’équipement ?), le ministre contre-attaquera dans la presse néerlandophone : il existerait une « guerre de succession » non seulement à son encontre – en tant que ministre d’un gouvernement en affaires courantes – mais aussi à celle d’August Van Daele, chef d’état-major conjoint.
Les attaques menées l’auraient alors été par des « généraux conservateurs ». En filigranes se poserait la question des options stratégiques choisies : plus orientées « opérations humanitaires » que par le passé, les forces belges perdent, selon nombre d’observateurs, leur « mordant » - une situation que symbolise la perte de l’artillerie de 155 mm ou celle des chars de combat. Cette orientation n’est pas orpheline : le choc provoqué par l’assassinat en mission des 10 casques bleus belges à Kigali, peu avant le génocide rwandais, a conduit les autorités politiques à adopter une posture d’engagement des forces belges dans des missions assez peu risquées. La centaine de Belges présents au Tchad sera ainsi essentiellement affectée à des missions logistiques.
Mais les choix opérés en matière d’engagements, s’ils ne remontent donc pas au ministère d’André Flahaut, font grincer les dents plusieurs officiers – belges, français ou néerlandais – considérant que la Belgique, en ne s’impliquant pas dans les missions les plus dangereuses, effectue un exercice de « free-riding », profitant de la sécurité fournie par ses voisins.
Or, une nouvelle étape a été franchie dans ce que certains officiers belges qualifient en privé « d’entreprise de démantèlement des forces » par la conduite d’une étude visant… à placer la défense belge sous la tutelle du ministère des affaires étrangères. Ce qui signifierait concrètement que son rôle humanitaire serait définitivement consacré et que ses missions de combat pourraient être abandonnées. Si cette étude semble plus exploratoire qu’à visée concrète, il n’en demeure pas mois qu’elle est de nature à déclencher une véritable fronde parmi les militaires belges.
Si les enquêtes montrent qu’ils éprouvent une certaine satisfaction à mener des missions humanitaires, un certain nombre d’entre eux estime aussi non seulement que de telles missions peuvent impliquer des combats mais aussi que le combat en soi doit rester au programme des forces.
Certains membres des forces spéciales indiquaient ainsi lors d’un reportage diffusé à la télévision belge, il y a quelques mois, qu’ils étaient prêts à mener les missions pour lesquelles ils avaient été formés, notamment en Afghanistan… avant que le ministre, interrogé dans le même reportage n’indique qu’aucune demande en ce sens n’avait été effectuée par l’OTAN. Ce qui n’a pas manqué de causer un certain désarroi chez les Special Forces.
Ces manœuvres politico-militaires se produisant sur fond d’une crise gouvernementale qui perdure – et alors que la Flandre est traditionnellement plus encline aux sentiments anti-militaires que les régions majoritairement francophones – certains y voient, manoeuvre après manoeuvre, une entreprise de sape de l’un des derniers départements ministériels symbolisant la Belgique unitaire.
Les attaques menées l’auraient alors été par des « généraux conservateurs ». En filigranes se poserait la question des options stratégiques choisies : plus orientées « opérations humanitaires » que par le passé, les forces belges perdent, selon nombre d’observateurs, leur « mordant » - une situation que symbolise la perte de l’artillerie de 155 mm ou celle des chars de combat. Cette orientation n’est pas orpheline : le choc provoqué par l’assassinat en mission des 10 casques bleus belges à Kigali, peu avant le génocide rwandais, a conduit les autorités politiques à adopter une posture d’engagement des forces belges dans des missions assez peu risquées. La centaine de Belges présents au Tchad sera ainsi essentiellement affectée à des missions logistiques.
Mais les choix opérés en matière d’engagements, s’ils ne remontent donc pas au ministère d’André Flahaut, font grincer les dents plusieurs officiers – belges, français ou néerlandais – considérant que la Belgique, en ne s’impliquant pas dans les missions les plus dangereuses, effectue un exercice de « free-riding », profitant de la sécurité fournie par ses voisins.
Or, une nouvelle étape a été franchie dans ce que certains officiers belges qualifient en privé « d’entreprise de démantèlement des forces » par la conduite d’une étude visant… à placer la défense belge sous la tutelle du ministère des affaires étrangères. Ce qui signifierait concrètement que son rôle humanitaire serait définitivement consacré et que ses missions de combat pourraient être abandonnées. Si cette étude semble plus exploratoire qu’à visée concrète, il n’en demeure pas mois qu’elle est de nature à déclencher une véritable fronde parmi les militaires belges.
Si les enquêtes montrent qu’ils éprouvent une certaine satisfaction à mener des missions humanitaires, un certain nombre d’entre eux estime aussi non seulement que de telles missions peuvent impliquer des combats mais aussi que le combat en soi doit rester au programme des forces.
Certains membres des forces spéciales indiquaient ainsi lors d’un reportage diffusé à la télévision belge, il y a quelques mois, qu’ils étaient prêts à mener les missions pour lesquelles ils avaient été formés, notamment en Afghanistan… avant que le ministre, interrogé dans le même reportage n’indique qu’aucune demande en ce sens n’avait été effectuée par l’OTAN. Ce qui n’a pas manqué de causer un certain désarroi chez les Special Forces.
Ces manœuvres politico-militaires se produisant sur fond d’une crise gouvernementale qui perdure – et alors que la Flandre est traditionnellement plus encline aux sentiments anti-militaires que les régions majoritairement francophones – certains y voient, manoeuvre après manoeuvre, une entreprise de sape de l’un des derniers départements ministériels symbolisant la Belgique unitaire.
mardi 30 octobre 2007
L'Arabie saoudite change radicalement de politique d'approvisionnement
C'est avec une certaine surprise que l'on a appris aujourd'hui le changement radical opéré par l'Arabie saoudite dans sa politique d'équipements militaires. Alors qu'Eurocopter, MBDA et Airbus Military négociaient un très gros contrat, le royaume s'est finalement tourné vers la Russie, en achetant 150 Mi-35 Hind et Mi-17 Hip pour 2,2 milliards de dollars.
Evalué à 8,8 milliards d'euros, le contrat négocié par les Européens comprenait de 2 à 3 A-330 MRTT de ravitaillement en vol, 64 NH-90 (10 NFH et 54 TTH), 12 Tigre, 20 AS-532A2 de recherche et sauvetage au combat, 32 Fennec, 4 AS-565 Panther (Cf. notre brève "contrat du siècle pour EADS ?" dans DSI 18, septembre 2006). Des négociations semblaient également être menées dans l'optique de la vente de missiles Aster 30 et de chars Leclerc.
A cet égard, l'Arabie saoudite s'orienterait vers des SAM russes de même que vers le T-90. Ce revirement serait le fait du roi lui-même qui a repris en main la politique d'armement. Or, la vente semblait avoir été négociée par l'Elysée au terme du dernier mandat de J. Chirac, entre-temps remplacé par N. Sarkozy sans, apparement, que la transition sur ce dossier n'ait correctement été opérée. Par ailleurs, des observateurs indiquent aussi que la politique sarkozyste en regard du Moyen Orient pourrait avoir également influé la décision saoudienne.
Evalué à 8,8 milliards d'euros, le contrat négocié par les Européens comprenait de 2 à 3 A-330 MRTT de ravitaillement en vol, 64 NH-90 (10 NFH et 54 TTH), 12 Tigre, 20 AS-532A2 de recherche et sauvetage au combat, 32 Fennec, 4 AS-565 Panther (Cf. notre brève "contrat du siècle pour EADS ?" dans DSI 18, septembre 2006). Des négociations semblaient également être menées dans l'optique de la vente de missiles Aster 30 et de chars Leclerc.
A cet égard, l'Arabie saoudite s'orienterait vers des SAM russes de même que vers le T-90. Ce revirement serait le fait du roi lui-même qui a repris en main la politique d'armement. Or, la vente semblait avoir été négociée par l'Elysée au terme du dernier mandat de J. Chirac, entre-temps remplacé par N. Sarkozy sans, apparement, que la transition sur ce dossier n'ait correctement été opérée. Par ailleurs, des observateurs indiquent aussi que la politique sarkozyste en regard du Moyen Orient pourrait avoir également influé la décision saoudienne.
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