Nous autres académiques avons l'habitude d'examiner les choses sous un angle global. C'est évidemment la meilleure façon de parvenir à l'essence de nos objets et à leur théorisation mais il est vrai qu'une telle méthode peut nous couper des réalités.
A cet égard, le blog du directeur de la Bibliothèque nationale irakienne est très intéressant. Saad Eskander bataille en permanence pour sauver ses livres. Et comme les livres sont l'espace d'inscription des deux choses les plus précieuses qui soient - la vie et la liberté - ses réflexions et son quotidien méritent un petit détour.
samedi 28 juillet 2007
Londres veut un C-17 en plus...
...et porter leur nombre total à 6. Au moment où la fermeture de la chaîne de montage des C-17 est évoquée, avouons que la déclaration tombe à point pour Boeing.
L'Espagne renforce ses capacités ISR spatiales
Le ministère espagnol de la défense a donné son aval au développement, financement, lancement et aux opérations conjointes avec le ministère de l'industrie de deux satellites à usage dual :
- Ingenio, with optical sensors, will be managed by the Center for Technological and Industrial Development (CDTI, a state-owned commercial enterprise managed by the Ministry of Industry) within the framework of Spain’s contribution to the European Space Agency of the Space (ESA). This will be primarily geared to civil missions, but its images will also be available for defense and security applications, as required;
- Paz, with radar sensors, will be managed by the Ministry of Defense. This satellite’s higher resolution will be better suited to military requirements, although it also will be dual-capable, and available for civilian use.
Le développement des capacités spatiales européennes tend à prendre de l'ampleur (pour un état de l'art de la question, Cf. l'article d'Alain De Neve dans T&A n°1). Reste cependant que le manque de coordination à l'échelle européenne est source d'un inutile gaspillage.
De "petits" Etats tels que les Pays-Bas ou le Danemark reçoivent des informations de façon éparses mais ne contribuent guère au financement de programmes coûteux (325 millions d'euros pour les satellites espagnols), tandis que les "grands" Etats mettant en oeuvre ces engins s'appauvrissent alors même qu'ils sont aussi plus naturellement engagés dans de grands programmes d'armement et dans de nombreuses opérations... qui exigent en retour plus de systèmes ISR. Or, les modalités actuelles ne permettent pas de dégager les marges nécessaires à la disposition de systèmes plus perfectionnés.
Le Cosmo/Skymed italien, par exemple, aura une résolution à peine meilleure que celle des images pouvant être achetées à des firmes commerciales. Que la Slovénie, le Portugal et l'Autriche aient contribué et l'investissement aurait pu être plus rentable en termes qualitatifs. Certes me dira-t-on, Cosmo/Skymed est à usage dual et répond à un cahier des charges spécifique (mais jusqu'où les cahiers des charges sont-ils déterminés non par les besoins mais bien par les disponibilités financières ?).
Fondamentalement, de ce point de vue, l'on peut se demander si les Etats européens ne renâclent pas, du point de vue de la mise en avant de la dualité de leurs matériels (notons que c'est également une façon de faire des économies), à reconnaître la vocation politico-militaire de leurs engins.
Baptiser « paix » un satellite SAR qui aidera au ciblage de missiles de croisières, de ce point de vue, montre soit un certain cynisme soit une assimilation des concepts de la dissuasion. Mais l’on peut aussi se demander si ce n’est pas là une façon de rassurer les opinions publiques, un réflexe qui participe également (avec la question britannique) du discours faisant de Galileo un instrument théoriquement civil.
- Ingenio, with optical sensors, will be managed by the Center for Technological and Industrial Development (CDTI, a state-owned commercial enterprise managed by the Ministry of Industry) within the framework of Spain’s contribution to the European Space Agency of the Space (ESA). This will be primarily geared to civil missions, but its images will also be available for defense and security applications, as required;
- Paz, with radar sensors, will be managed by the Ministry of Defense. This satellite’s higher resolution will be better suited to military requirements, although it also will be dual-capable, and available for civilian use.
Le développement des capacités spatiales européennes tend à prendre de l'ampleur (pour un état de l'art de la question, Cf. l'article d'Alain De Neve dans T&A n°1). Reste cependant que le manque de coordination à l'échelle européenne est source d'un inutile gaspillage.
De "petits" Etats tels que les Pays-Bas ou le Danemark reçoivent des informations de façon éparses mais ne contribuent guère au financement de programmes coûteux (325 millions d'euros pour les satellites espagnols), tandis que les "grands" Etats mettant en oeuvre ces engins s'appauvrissent alors même qu'ils sont aussi plus naturellement engagés dans de grands programmes d'armement et dans de nombreuses opérations... qui exigent en retour plus de systèmes ISR. Or, les modalités actuelles ne permettent pas de dégager les marges nécessaires à la disposition de systèmes plus perfectionnés.
Le Cosmo/Skymed italien, par exemple, aura une résolution à peine meilleure que celle des images pouvant être achetées à des firmes commerciales. Que la Slovénie, le Portugal et l'Autriche aient contribué et l'investissement aurait pu être plus rentable en termes qualitatifs. Certes me dira-t-on, Cosmo/Skymed est à usage dual et répond à un cahier des charges spécifique (mais jusqu'où les cahiers des charges sont-ils déterminés non par les besoins mais bien par les disponibilités financières ?).
Fondamentalement, de ce point de vue, l'on peut se demander si les Etats européens ne renâclent pas, du point de vue de la mise en avant de la dualité de leurs matériels (notons que c'est également une façon de faire des économies), à reconnaître la vocation politico-militaire de leurs engins.
Baptiser « paix » un satellite SAR qui aidera au ciblage de missiles de croisières, de ce point de vue, montre soit un certain cynisme soit une assimilation des concepts de la dissuasion. Mais l’on peut aussi se demander si ce n’est pas là une façon de rassurer les opinions publiques, un réflexe qui participe également (avec la question britannique) du discours faisant de Galileo un instrument théoriquement civil.
vendredi 27 juillet 2007
Manipulations Inc. (2)
Je dois avouer mon étonnement après le visionnage de cette vidéo : soit il y a eu clairement manipulation des images comme des paroles (la mouvance "Le 11 septembre a été organisé par les Américains eux-mêmes" n'en étant pas à cela près), soit il va peut être y avoir comme un léger problème dans les relations franco-américaines.
Par ailleurs, madame la Ministre, si je puis me permettre et sans être élitiste, ce que vous appelez "les masses" n'a pas toujours eu raison. Entre Nuremberg et autres rassemblements nazis où lesdites masses tendaient le bras et la révolution culturelle chinoise, le "nombre mobilisé et marchant au même pas" a toujours été instrumentalisé pour légitimer des poussées totalitaires.
Ce type de manipulation, fondée sur l'induction - jamais totalement avouée - d'une légimité à travers les chiffres est certes un classique des écoles de marketing et de la psychologie sociale mais est surtout un des traits distinctif des nouvelles approches en PSYOPS, fondées sur les sites web et autres blogs. En générant de l'audience (artificiellement le cas échéant, la plupart des compteurs en ligne pouvant être aisément manipulables) on pousse le récepteur à penser qu'il ne peut avoir tort en visitant ledit site. Dans le même temps, le récepteur s'identifiera plus spécifiquement à un groupe social - un type de réflexe favorisé dans les périodes d'incertitude et qui marche particulièrement bien entre Israël et la Palestine, des deux côtés d'ailleurs.
Reste ensuite à faire passer le message, ce qui se fera d'autant mieux pour Thierry Meyssan et Cie. dès lors que l'incertitude contextuelle est propice aux théories du complot mais aussi, plus généralement, aux prises de position dépourvues de toute nuance.
Par ailleurs, madame la Ministre, si je puis me permettre et sans être élitiste, ce que vous appelez "les masses" n'a pas toujours eu raison. Entre Nuremberg et autres rassemblements nazis où lesdites masses tendaient le bras et la révolution culturelle chinoise, le "nombre mobilisé et marchant au même pas" a toujours été instrumentalisé pour légitimer des poussées totalitaires.
Ce type de manipulation, fondée sur l'induction - jamais totalement avouée - d'une légimité à travers les chiffres est certes un classique des écoles de marketing et de la psychologie sociale mais est surtout un des traits distinctif des nouvelles approches en PSYOPS, fondées sur les sites web et autres blogs. En générant de l'audience (artificiellement le cas échéant, la plupart des compteurs en ligne pouvant être aisément manipulables) on pousse le récepteur à penser qu'il ne peut avoir tort en visitant ledit site. Dans le même temps, le récepteur s'identifiera plus spécifiquement à un groupe social - un type de réflexe favorisé dans les périodes d'incertitude et qui marche particulièrement bien entre Israël et la Palestine, des deux côtés d'ailleurs.
Reste ensuite à faire passer le message, ce qui se fera d'autant mieux pour Thierry Meyssan et Cie. dès lors que l'incertitude contextuelle est propice aux théories du complot mais aussi, plus généralement, aux prises de position dépourvues de toute nuance.
Athéna et moi en mode dégradé
Depuis aujourd'hui 14 heures, je suis officiellement en vacances et ce jusqu'au 16 août. Un retour au pays demain matin et une jubilatoire suite de barbecues sans compter un petit saut à Prague m'attendent.
Ce qui signifie aussi que les mises à jour ce blog ne seront sans doute plus aussi régulières durant les prochains jours.
C'est cependant pour revenir en pleine forme... et vous livrer le prochain Technologie & Armement.Il comptera notamment un article sur les missiles de croisière indonésiens, un entretien avec les responsables du projet PA2, des articles et des interviews sur le concept Stanflex, les secrets d'un Exocet Block3 à présent apte à la frappe terrestre, ceux du SIDM, une analyse des retours d'expérience du Stryker, celle des tactiques et technologies utilisées par les unités du génie de Tsahal, un entretien sur le VBCI et quelques autres articles.
Ce qui signifie aussi que les mises à jour ce blog ne seront sans doute plus aussi régulières durant les prochains jours.
C'est cependant pour revenir en pleine forme... et vous livrer le prochain Technologie & Armement.Il comptera notamment un article sur les missiles de croisière indonésiens, un entretien avec les responsables du projet PA2, des articles et des interviews sur le concept Stanflex, les secrets d'un Exocet Block3 à présent apte à la frappe terrestre, ceux du SIDM, une analyse des retours d'expérience du Stryker, celle des tactiques et technologies utilisées par les unités du génie de Tsahal, un entretien sur le VBCI et quelques autres articles.
Un premier prototype de blended wing a volé
On parle des "blended wings" depuis maintenant quelques années. Permettant d'améliorer l'aérodynamique et la consommation de carburant, cette formule très particulière permettrait à terme d'emporter du cargo ou des passagers dans les ailes elles-mêmes. C'est dans ce cadre que vient de se produire le premier vol du X-48B. Boeing ne voit pas d'applications commerciales immédiates mais la branche défense semble intéressée par le concept.
Japon : un chasseur de 5ème génération ?
Désirant acheter des F-22, le Japon semble avoir été particulièrement aigrit de constater que la recommandation du commandant du PACOM américain n'allait pas en ce sens (on notera par ailleurs que tous les verrous juridiques limitant la possibilité de vente de l'appareil ont été levés par le législateur américain).
Dans ce cadre, Tokyo a menacé de développer son propre chasseur. Si l'effort financier qu'une telle démarche impliquerait serait considérable, le TRDI japonais a déjà dans ses cartons un démonstrateur aux formes assez futuristes, dont nous avions présenté la maquette dans le n°25 de DSI (avril) et dont 4 prototypes devraient - sauf improbable coupe budgétaire - être construits.
Dans ce cadre, Tokyo a menacé de développer son propre chasseur. Si l'effort financier qu'une telle démarche impliquerait serait considérable, le TRDI japonais a déjà dans ses cartons un démonstrateur aux formes assez futuristes, dont nous avions présenté la maquette dans le n°25 de DSI (avril) et dont 4 prototypes devraient - sauf improbable coupe budgétaire - être construits.
Somalie : vers la techno-guérilla ?
Cela fait maintenant plus d'un an que DSI suit l'affaire somalienne. En particulier, nous avions été les premiers à traiter du sujet sous l'angle stratégique, dans notre numéro d'avril. L'une des conclusions du dossier était que, sur le fond, l'effondrement rapide des Tribunaux islamiques ne réglait pas le problème de fond. Par ailleurs, plutôt que d'effondrement, mieux vaut-il parler de dispersion.
Et, de fait, les unités de l'UA avaient été accueillies à coups de tirs de mortiers, les opérations se poursuivant en suivant des rythmes déphasés et chaotiques. A cet égard, un nouveau rapport des Nations Unies montre que cet effondrement quasi-perpétuel de l’Etat somalien est assez largement nourri pas des ingérences étrangères. Il y avait, certes, eu le « blitzkrieg éthiopien » du début 2007 mais également des livraisons d’armes de divers acteurs dont l’Erythrée, qui s’est empressée de nier.
En réalité, selon le rapport, la Somalie n’aurait jamais eu autant d’armes sur son sol que maintenant. Des photos et une vidéo montrant des SA-18 ont ainsi été présentées. Un appareil ukrainien, touché, a ainsi dû faire un atterrissage d’urgence à Mogadiscio. Au moins 6 de ces missiles auraient été livrés aux Tribunaux islamiques. Au moins 13 rotations au départ d’Asmara d’un B-707 ghanéen ont également été rapportées.
Se prépare-t-on à voir émerger, dans les prochains mois, une structure de combat hybride, entre guérilla classique et techno-guérilla ?
Et, de fait, les unités de l'UA avaient été accueillies à coups de tirs de mortiers, les opérations se poursuivant en suivant des rythmes déphasés et chaotiques. A cet égard, un nouveau rapport des Nations Unies montre que cet effondrement quasi-perpétuel de l’Etat somalien est assez largement nourri pas des ingérences étrangères. Il y avait, certes, eu le « blitzkrieg éthiopien » du début 2007 mais également des livraisons d’armes de divers acteurs dont l’Erythrée, qui s’est empressée de nier.
En réalité, selon le rapport, la Somalie n’aurait jamais eu autant d’armes sur son sol que maintenant. Des photos et une vidéo montrant des SA-18 ont ainsi été présentées. Un appareil ukrainien, touché, a ainsi dû faire un atterrissage d’urgence à Mogadiscio. Au moins 6 de ces missiles auraient été livrés aux Tribunaux islamiques. Au moins 13 rotations au départ d’Asmara d’un B-707 ghanéen ont également été rapportées.
Se prépare-t-on à voir émerger, dans les prochains mois, une structure de combat hybride, entre guérilla classique et techno-guérilla ?
jeudi 26 juillet 2007
L'empire contre-attaque ?
Faisant face à des difficultés budgétaires mais aussi à des critiques concernant l'aptitude à soutenir des opérations très consommatrices en hommes voire à des manquements tels que la non-fourniture des munitions des canons de ses Typhoons, la Grande-Bretagne va connaître une évolution assez radicale de son budget de défense.
Ainsi, le budget de défense va être augmenté de 7,7 milliards de livres durant les 3 prochaines années.
Dans ce cadre, le feu vert a été donné à la construction des deux CVF - une donnée importante pour la poursuite du PA2 français. Les officiels ont toutefois exclus qu'une partie de la coque des bâtiments britanniques puissent être construite en France. Par contre, des éléments des îlots pourraient être construits en France.
3,9 milliards de Livres vont être affectées à la construction des deux navires. En outre, les bases de Plymouth, Portsmouth et Faslane resteront opérationnelles (il avait été question d'en fermer une).
Ainsi, le budget de défense va être augmenté de 7,7 milliards de livres durant les 3 prochaines années.
Dans ce cadre, le feu vert a été donné à la construction des deux CVF - une donnée importante pour la poursuite du PA2 français. Les officiels ont toutefois exclus qu'une partie de la coque des bâtiments britanniques puissent être construite en France. Par contre, des éléments des îlots pourraient être construits en France.
3,9 milliards de Livres vont être affectées à la construction des deux navires. En outre, les bases de Plymouth, Portsmouth et Faslane resteront opérationnelles (il avait été question d'en fermer une).
Le VBCI shortlisté pour le FRES : précisions
Nos lecteurs auront remarqué que nous indiquions dans le DSI 28 que le VBCI de Nexter était shortlisté dans le cadre du programme FRES britannique, avec l'Artec Boxer et le Mowag Piranha (nous avions alors indiqué le "III").
A ce moment - la brève a été écrite avant le 10 juin sur base d'informations reçues et avant que la nouvelle ne soit rendue publique - nous ne disposions pas encore de tous les éléments du dossier, préférant informer au plus vite nos lecteurs. Nous disposons maintenant de plus d'informations :
-1- Le transport en C-130J (Londres en avait acquis 25 exemplaires, justemment et notamment en prévision de l'acquisition du FRES "première version"), condition sine qua non de la précédente version du cahier des charges britannique, n'est à présent plus requis. C'est cette fois l'aérotransport en A400M qui conditionne partiellement le choix final britannique ;
-2- Le shortlisting des 3 engins se produit en regard du volet "utility vehicle" et non au regard d'autres volets impliquant par exemple une capacité de feu directe, même si l'utilisation de véhicules modifiés dans ce cadre n'est pas exclue pour l'heure par Londres. Pierre Roux aborde ainsi dans le prochain T&A la question de l'adaptabilité du VBCI.
-3- Il ne s'agissait pas du Piranha III mais bien du 4+ ou du 5.
Boxer et VBCI ne sont plus désavantagés par leur non-aérotransportabilité en C-130J. Reste néanmoins que la variable "perceptions/nationalismes" une constante plus importante en analyse militaire que la qualité des matériels à proprement parler n'est pas toujours déterminante. A cet égard, certains en Grande-Bretagne ont toujours un biais contre les matériels français. Ce qui ne nous empêche pas de souhaiter que le meilleur gagne ;o)
A ce moment - la brève a été écrite avant le 10 juin sur base d'informations reçues et avant que la nouvelle ne soit rendue publique - nous ne disposions pas encore de tous les éléments du dossier, préférant informer au plus vite nos lecteurs. Nous disposons maintenant de plus d'informations :
-1- Le transport en C-130J (Londres en avait acquis 25 exemplaires, justemment et notamment en prévision de l'acquisition du FRES "première version"), condition sine qua non de la précédente version du cahier des charges britannique, n'est à présent plus requis. C'est cette fois l'aérotransport en A400M qui conditionne partiellement le choix final britannique ;
-2- Le shortlisting des 3 engins se produit en regard du volet "utility vehicle" et non au regard d'autres volets impliquant par exemple une capacité de feu directe, même si l'utilisation de véhicules modifiés dans ce cadre n'est pas exclue pour l'heure par Londres. Pierre Roux aborde ainsi dans le prochain T&A la question de l'adaptabilité du VBCI.
-3- Il ne s'agissait pas du Piranha III mais bien du 4+ ou du 5.
Boxer et VBCI ne sont plus désavantagés par leur non-aérotransportabilité en C-130J. Reste néanmoins que la variable "perceptions/nationalismes" une constante plus importante en analyse militaire que la qualité des matériels à proprement parler n'est pas toujours déterminante. A cet égard, certains en Grande-Bretagne ont toujours un biais contre les matériels français. Ce qui ne nous empêche pas de souhaiter que le meilleur gagne ;o)
La Belgique, premier non-Etat (3)
J'ai reçu ce matin un commentaire que je crois utile de placer en exergue et auquel je me permettrai ensuite de répondre :
"C'est avec attention que j 'ai pu prendre connaissance des réactions et de la thèse développées sur votre blog ayant trait au "non-Etat" pour ce qui concerne la Belgique. Parlementaire francophone belge entamant ma seconde législature au parlement fédéral, il est certain que si je peux ressentir un fossé grandissant entre la classe politique flamande et francophone hormis pour quelques exceptions, la bourde de monsieur Leterme, premier ministre belge "en devenir", a pu souligner de profondes différences également dans les réactions des opinions publiques francophones et néerlandophones. Et ceci me semble plus fondamental. Côté francophone, on ne trouve pas d'excuses à monsieur Leterme pour avoir confondu "Brabançonne" et "Marseillaise", sinon à reconnaître que les paroles de ces deux hymnes sont en français. On dira dans l'opinion publique et médiatique flamande que c'est sans doute une faute mais que les francophones "exagèrent vraiment" en montant en épingle ce pseudo-événement au point d'en faire une affaire d'Etat. Le peuple semble divisé. Là, où bon nombre de francophones diront ou écriront que partout ailleurs dans le monde, un futur premier ministre commettant pareille bévue serait sommé "d'aller se rhabiller", les néerlandophones feront le gros dos et ironiseront plutôt… le peuple belge n'est pas uni sur la question, on ne parvient même pas à s'accorder sur l'idée que le café matinal de Leterme devrait être plus corsé. A défaut d'une grande culture, cela pourrait lui rendre ses réflexes…
Il n'en demeure pas moins que l'information a fait le tour du monde, ou à peu près. Dans toutes les langues, on a bien ri. Les belges, au delà de la France ont bien fait rire, il n'est pas loin le temps où les blagues belges ne seront plus uniquement racontées par des français. Mais le Belge s'en fiche de faire rire sur son nom. Et cela fait sans doute partie intégrante du problème ; pour être blessé par la moquerie, il faut être touché dans sa fierté.., le belge est-il suffisamment fier de l'être? Davantage les francophones sans doute, au vu de leurs réactions et qui dans un récent sondage n'expriment pas leur confiance à Monsieur Leterme, à l'inverse des flamands. La conclusion à porter à ce débat tient sans doute en quelques lignes. L'Etat devrait idéalement reposer sur un sentiment national fort et partagé, empreint de culture, d'histoire et de projets communs. A défaut, l'attachement aux symboles tel que celui sur lequel nous avons débattus ne tient plus. D'autres représentations collectives que l'Etat prennent alors naturellement le relais. S'est-on déjà interrogé sur le sens qui fait revendiquer, en masse, aux Belges leur identité et leur attachement à l'Union européenne. Compensent-t- ils affectivement? Et sans lien avec une autre représentation collective, le Belge sera-t-il plus empreint à revenir à une autre référence sans hymnes, sans tambours ni trompettes, peut-être plus individuelle, d'une autre grandeur. Denis DucarmeDéputé "
Je suis honoré de me voir ainsi lu.
Malheureusement, suis-je tenté de dire, la gaffe d'Yves Leterme n'a fait rire personne. Vu de France où je travaille, son comportement a plutôt suscité l'incrédulité, voire, à atterré commentateurs et citoyens. Nous sommes au-delà de la dernière blague belge. Mais, si je puis me permettre, je pense que toute cette affaire renvoie plus au symptôme d'un délitement en profondeur qu’à un épiphénomène – même si, évidemment, notre futur premier ministre devrait faire plus attention au dosage de son café.
Et de fait, je pense que sur ce que nous pourrions qualifier « d’effondrement des symboles identitaires » va sans doute générer d’autres modalités de socialisation. Celle de l’Etat n’est, après tout, qu’une parmi d’autres. Si elle peut être structurante des autres (que serait l’identité flamande s’il n’y avait eu la Belgique ? En retour, que serait l’identité wallonne s’il n’y avait eu l’identité flamande ? Paradoxalement, l’identité bruxelloise « zinneke », qui ne s’est pas construite par opposition, me semble tellement plus stable), elle pourrait n’être aussi que transitoire. L’Etat post-westphalien, en tant que forme d’organisation politique régulée et détenteur du monopole de la violence légitime, n’est, après tout, que post-westphalien. Or, des formes d’organisation politiques existaient bien avant 1648.
De ce point de vue, sans doute la Belgique devra-t-elle évoluer tôt ou tard vers une forme confédérative, où les compétences communes – affaires étrangères ou défense – ne seront guère là que pour créer des économies d’échelle ou permettre de garder un label « Belgique » qui reste très apprécié à l’étranger. Si l’on peut regretter cette évolution, on ne peut forcer des groupes sociaux à partager les mêmes valeurs, même si, sans doute, la sociologie flamande comme celle des identités est plus complexe qu’on tend à le faire croire. A cet égard, sans doute certains devront-ils comprendre qu’exister ne signifie pas s’opposer – un comportement très adolescent – et qu’il n’est nulle identité plus stable – et, dans un certain sens, plus forte - que celle qui accepte et qui s’ouvre à autrui, ne craignant pas de se mélanger.
"C'est avec attention que j 'ai pu prendre connaissance des réactions et de la thèse développées sur votre blog ayant trait au "non-Etat" pour ce qui concerne la Belgique. Parlementaire francophone belge entamant ma seconde législature au parlement fédéral, il est certain que si je peux ressentir un fossé grandissant entre la classe politique flamande et francophone hormis pour quelques exceptions, la bourde de monsieur Leterme, premier ministre belge "en devenir", a pu souligner de profondes différences également dans les réactions des opinions publiques francophones et néerlandophones. Et ceci me semble plus fondamental. Côté francophone, on ne trouve pas d'excuses à monsieur Leterme pour avoir confondu "Brabançonne" et "Marseillaise", sinon à reconnaître que les paroles de ces deux hymnes sont en français. On dira dans l'opinion publique et médiatique flamande que c'est sans doute une faute mais que les francophones "exagèrent vraiment" en montant en épingle ce pseudo-événement au point d'en faire une affaire d'Etat. Le peuple semble divisé. Là, où bon nombre de francophones diront ou écriront que partout ailleurs dans le monde, un futur premier ministre commettant pareille bévue serait sommé "d'aller se rhabiller", les néerlandophones feront le gros dos et ironiseront plutôt… le peuple belge n'est pas uni sur la question, on ne parvient même pas à s'accorder sur l'idée que le café matinal de Leterme devrait être plus corsé. A défaut d'une grande culture, cela pourrait lui rendre ses réflexes…
Il n'en demeure pas moins que l'information a fait le tour du monde, ou à peu près. Dans toutes les langues, on a bien ri. Les belges, au delà de la France ont bien fait rire, il n'est pas loin le temps où les blagues belges ne seront plus uniquement racontées par des français. Mais le Belge s'en fiche de faire rire sur son nom. Et cela fait sans doute partie intégrante du problème ; pour être blessé par la moquerie, il faut être touché dans sa fierté.., le belge est-il suffisamment fier de l'être? Davantage les francophones sans doute, au vu de leurs réactions et qui dans un récent sondage n'expriment pas leur confiance à Monsieur Leterme, à l'inverse des flamands. La conclusion à porter à ce débat tient sans doute en quelques lignes. L'Etat devrait idéalement reposer sur un sentiment national fort et partagé, empreint de culture, d'histoire et de projets communs. A défaut, l'attachement aux symboles tel que celui sur lequel nous avons débattus ne tient plus. D'autres représentations collectives que l'Etat prennent alors naturellement le relais. S'est-on déjà interrogé sur le sens qui fait revendiquer, en masse, aux Belges leur identité et leur attachement à l'Union européenne. Compensent-t- ils affectivement? Et sans lien avec une autre représentation collective, le Belge sera-t-il plus empreint à revenir à une autre référence sans hymnes, sans tambours ni trompettes, peut-être plus individuelle, d'une autre grandeur. Denis DucarmeDéputé "
Je suis honoré de me voir ainsi lu.
Malheureusement, suis-je tenté de dire, la gaffe d'Yves Leterme n'a fait rire personne. Vu de France où je travaille, son comportement a plutôt suscité l'incrédulité, voire, à atterré commentateurs et citoyens. Nous sommes au-delà de la dernière blague belge. Mais, si je puis me permettre, je pense que toute cette affaire renvoie plus au symptôme d'un délitement en profondeur qu’à un épiphénomène – même si, évidemment, notre futur premier ministre devrait faire plus attention au dosage de son café.
Et de fait, je pense que sur ce que nous pourrions qualifier « d’effondrement des symboles identitaires » va sans doute générer d’autres modalités de socialisation. Celle de l’Etat n’est, après tout, qu’une parmi d’autres. Si elle peut être structurante des autres (que serait l’identité flamande s’il n’y avait eu la Belgique ? En retour, que serait l’identité wallonne s’il n’y avait eu l’identité flamande ? Paradoxalement, l’identité bruxelloise « zinneke », qui ne s’est pas construite par opposition, me semble tellement plus stable), elle pourrait n’être aussi que transitoire. L’Etat post-westphalien, en tant que forme d’organisation politique régulée et détenteur du monopole de la violence légitime, n’est, après tout, que post-westphalien. Or, des formes d’organisation politiques existaient bien avant 1648.
De ce point de vue, sans doute la Belgique devra-t-elle évoluer tôt ou tard vers une forme confédérative, où les compétences communes – affaires étrangères ou défense – ne seront guère là que pour créer des économies d’échelle ou permettre de garder un label « Belgique » qui reste très apprécié à l’étranger. Si l’on peut regretter cette évolution, on ne peut forcer des groupes sociaux à partager les mêmes valeurs, même si, sans doute, la sociologie flamande comme celle des identités est plus complexe qu’on tend à le faire croire. A cet égard, sans doute certains devront-ils comprendre qu’exister ne signifie pas s’opposer – un comportement très adolescent – et qu’il n’est nulle identité plus stable – et, dans un certain sens, plus forte - que celle qui accepte et qui s’ouvre à autrui, ne craignant pas de se mélanger.
La Belgique, premier non-Etat (3)
J'ai reçu ce matin un commentaire que je crois utile de placer en exergue et auquel je me permettrai ensuite de répondre :
"C'est avec attention que j 'ai pu prendre connaissance des réactions et de la thèse développées sur votre blog ayant trait au "non-Etat" pour ce qui concerne la Belgique.
Parlementaire francophone belge entamant ma seconde législature au parlement fédéral, il est certain que si je peux ressentir un fossé grandissant entre la classe politique flamande et francophone hormis pour quelques exceptions, la bourde de monsieur Leterme, premier ministre belge "en devenir", a pu souligner de profondes différences également dans les réactions des opinions publiques francophones et néerlandophones. Et ceci me semble plus fondamental. Côté francophone, on ne trouve pas d'excuses à monsieur Leterme pour avoir confondu "Brabançonne" et "Marseillaise", sinon à reconnaître que les paroles de ces deux hymnes sont en français. On dira dans l'opinion publique et médiatique flamande que c'est sans doute une faute mais que les francophones "exagèrent vraiment" en montant en épingle ce pseudo-événement au point d'en faire une affaire d'Etat. Le peuple semble divisé. Là, où bon nombre de francophone dira ou écrira que partout ailleurs dans le monde, un futur premier ministre commettant pareille bévue serait sommé "d'aller se rhabiller", les néerlandophones feront le gros dos et ironiseront plutôt.. le peuple belge n'est pas uni sur la question, on ne parvient même pas à s'accorder sur l'idée que le café matinal de Leterme devrait être plus corsé. A défaut d'une grande culture, cela pourrait lui rendre ses réflexes..
Il n'en demeure pas moins que l'information a fait le tour du monde, ou à peu près. Dans toutes les langues, on a bien ri. Les belges, au delà de la France ont bien fait rire, il n'est pas loin le temps où les blagues belges ne seront plus uniquement racontées par des français. Mais le belge s'en fiche de faire rire sur son nom. Et cela fait sans doute partie intégrante du problème ; pour être blesser par la moquerie, il faut être touché dans sa fierté.., le belge est-il suffisamment fier de l'être? Davantage les francophones sans doute, au vu de leurs réactions et qui dans un récent sondage n'expriment pas leur confiance à Monsieur Leterme, à l'inverse des flamands. La conclusion à porter à ce débat tient sans doute en quelques lignes. l'Etat devrait idéalement reposer sur un sentiment national fort et partagé, empreint de culture, d'histoire et de projets communs. A défaut, l'attachement aux symboles tel que celui sur lequel nous avons débattus ne tient plus. D'autres représentations collectives que l'Etat prennent alors naturellement le relais. S'est-on déjà interrogé sur le sens qui fait revendiquer, en masse, aux belges leur identité et leur attachement à l'Union européenne. Compensent-t- ils affectivement? Et sans lien avec une autre représentation collective, le belge sera-t-il plus empreint à revenir à une autre référence sans hymnes, sans tambours ni trompettes, peut-être plus individuelle, d'une autre grandeur.
Denis Ducarme
Député "
Monsieur le Député,
Malheureusement, suis-je tenté de dire, la gaffe d'Yves Leterme n'a fait rire personne. Vu de France où je travaille, son comportement a plutôt suscité l'incrédulité, voire, à atterré commentateurs et citoyens. Si je puis me permettre, je pense que toute cette affaire renvoie plus au symptome d'un délitement
"C'est avec attention que j 'ai pu prendre connaissance des réactions et de la thèse développées sur votre blog ayant trait au "non-Etat" pour ce qui concerne la Belgique.
Parlementaire francophone belge entamant ma seconde législature au parlement fédéral, il est certain que si je peux ressentir un fossé grandissant entre la classe politique flamande et francophone hormis pour quelques exceptions, la bourde de monsieur Leterme, premier ministre belge "en devenir", a pu souligner de profondes différences également dans les réactions des opinions publiques francophones et néerlandophones. Et ceci me semble plus fondamental. Côté francophone, on ne trouve pas d'excuses à monsieur Leterme pour avoir confondu "Brabançonne" et "Marseillaise", sinon à reconnaître que les paroles de ces deux hymnes sont en français. On dira dans l'opinion publique et médiatique flamande que c'est sans doute une faute mais que les francophones "exagèrent vraiment" en montant en épingle ce pseudo-événement au point d'en faire une affaire d'Etat. Le peuple semble divisé. Là, où bon nombre de francophone dira ou écrira que partout ailleurs dans le monde, un futur premier ministre commettant pareille bévue serait sommé "d'aller se rhabiller", les néerlandophones feront le gros dos et ironiseront plutôt.. le peuple belge n'est pas uni sur la question, on ne parvient même pas à s'accorder sur l'idée que le café matinal de Leterme devrait être plus corsé. A défaut d'une grande culture, cela pourrait lui rendre ses réflexes..
Il n'en demeure pas moins que l'information a fait le tour du monde, ou à peu près. Dans toutes les langues, on a bien ri. Les belges, au delà de la France ont bien fait rire, il n'est pas loin le temps où les blagues belges ne seront plus uniquement racontées par des français. Mais le belge s'en fiche de faire rire sur son nom. Et cela fait sans doute partie intégrante du problème ; pour être blesser par la moquerie, il faut être touché dans sa fierté.., le belge est-il suffisamment fier de l'être? Davantage les francophones sans doute, au vu de leurs réactions et qui dans un récent sondage n'expriment pas leur confiance à Monsieur Leterme, à l'inverse des flamands. La conclusion à porter à ce débat tient sans doute en quelques lignes. l'Etat devrait idéalement reposer sur un sentiment national fort et partagé, empreint de culture, d'histoire et de projets communs. A défaut, l'attachement aux symboles tel que celui sur lequel nous avons débattus ne tient plus. D'autres représentations collectives que l'Etat prennent alors naturellement le relais. S'est-on déjà interrogé sur le sens qui fait revendiquer, en masse, aux belges leur identité et leur attachement à l'Union européenne. Compensent-t- ils affectivement? Et sans lien avec une autre représentation collective, le belge sera-t-il plus empreint à revenir à une autre référence sans hymnes, sans tambours ni trompettes, peut-être plus individuelle, d'une autre grandeur.
Denis Ducarme
Député "
Monsieur le Député,
Malheureusement, suis-je tenté de dire, la gaffe d'Yves Leterme n'a fait rire personne. Vu de France où je travaille, son comportement a plutôt suscité l'incrédulité, voire, à atterré commentateurs et citoyens. Si je puis me permettre, je pense que toute cette affaire renvoie plus au symptome d'un délitement
De l'utilité de la théorie
Tout scientifique devrait lire et relire fréquemment Le savant et le politique, de Max Weber. En relisant mon exemplaire, je retombe sur la préface de Raymond Aron, qu'il me semble utile ici de citer :
"L'abandon ou la subordination de la recherche théorique serait non seulement fatale au progrès de la technique (...) mais aussi la première étape d'une abdication de la communauté scientifique, aliénant son autonomie" (Coll. "10-18/Bibliothèques", p.23)
"L'abandon ou la subordination de la recherche théorique serait non seulement fatale au progrès de la technique (...) mais aussi la première étape d'une abdication de la communauté scientifique, aliénant son autonomie" (Coll. "10-18/Bibliothèques", p.23)
mercredi 25 juillet 2007
4 sur 4
Le GAO américain estime que les 41 bâtiments de la Navy en cours de construction induisent un dépassement budgétaire de 4 milliards de dollars et que d'autres surcoûts sont attendus.
Le Pérou a offert aux Etats-Unis l'utilisation d'une base aérienne dans le cadre des opérations de lutte contre-narcotiques après que l'Equateur ait refusé la prolongation de la location de la base de Manta.
Un Rafale a apponté et a été catapulté sur le CVN-65.
Le chef d'état-major du Pacific Command s'est opposé à la vente de F-22 au Japon.
Le Pérou a offert aux Etats-Unis l'utilisation d'une base aérienne dans le cadre des opérations de lutte contre-narcotiques après que l'Equateur ait refusé la prolongation de la location de la base de Manta.
Un Rafale a apponté et a été catapulté sur le CVN-65.
Le chef d'état-major du Pacific Command s'est opposé à la vente de F-22 au Japon.
Des Rafale pour Khadafi ?
Je viens de recevoir un petit coup de fil d'une rédaction TV me demandant dans quelle mesure la libération des infirmières bulgares et du médecin d'origine palestinienne pourraient être liée à une vente potentielle de Rafale, en plus des "compensations" (460 millions d'euros européens, d'accords sur le nucléaire civil, d'accords d'échange d'étudiants, etc.).
Le journaliste posait ainsi une question qu'avait d'abord soulevé le Journal du Dimanche et qui avait ensuite été reprise un peu partout avant que Dassault ne démente formellement tout pourparler. On n'avait plus alors entendu parler de l'affaire.
Pour autant, est-ce que quelque chose serait en préparation ? Et bien, si c'est le cas nous n'en savons rien. Tâchons néanmoins de recadrer :
1) la France aimerait exporter le Rafale. Charles Edelstenne nous le confirmait en exclusivité début juin dans T&A, des pourparlers sont bien en cours avec le Maroc. La Suisse est également intéressée. L'Inde a fait réapparaître l'appareil dans le cadre de son MRCA. La Corée du Sud a rouvert l'appel d'offre qui avait précédemment donné lieu à une victoire du F-15E, devenu depuis lors le F-15K. Mais, pour l'heure, en termes de contrats signés, toujours rien.
2) La force aérienne libyenne aimerait disposer de nouveaux appareils - elle a souffert fortemment de l'embargo onusien de 92 - et elle a de fortes chances d'être solvable. Après l'abandon de son programme d'ADM, le règlement de la question de Lockerbie et du DC-10 d'UTA et, maintenant de la libération des infirmières et du médecin, la Libye est franchement plus fréquentable qu'à l'époque où les Jaguar veillaient sur la bande d'Aouzou et où l'armée de l'Air attaquait l'aérodrome, occupé par les Libyens, d'Ouadi-Doum. De ce point de vue, reconnaissons à Khadafi une qualité : c'est un fin tacticien.
3) Même si les relations entre Washington et Tripoli se sont réchauffées ces dernières années, sans doute ne le sont-elles pas suffisament que pour effectuer des achats aux Etats-Unis. La France est, de ce point de vue, est bien placée pour recueillir une commande, son positionnement traditionnel en matière de ventes d'armes étant qu'elle est neutre.
Mais il y a un "mais". Une vente d'arme à la Libye est loin d'être politiquement neutre. Ce l'est même nettement moins que débloquer 460 millions d'euros européens. Donc même si les conditions théoriques d'une vente sont réunies, in fine, les acteurs resteront sans doute extrêmement discrets et aucune preuve ne permet pour l'heure d'étayer une possibilité de contrat.
Le journaliste posait ainsi une question qu'avait d'abord soulevé le Journal du Dimanche et qui avait ensuite été reprise un peu partout avant que Dassault ne démente formellement tout pourparler. On n'avait plus alors entendu parler de l'affaire.
Pour autant, est-ce que quelque chose serait en préparation ? Et bien, si c'est le cas nous n'en savons rien. Tâchons néanmoins de recadrer :
1) la France aimerait exporter le Rafale. Charles Edelstenne nous le confirmait en exclusivité début juin dans T&A, des pourparlers sont bien en cours avec le Maroc. La Suisse est également intéressée. L'Inde a fait réapparaître l'appareil dans le cadre de son MRCA. La Corée du Sud a rouvert l'appel d'offre qui avait précédemment donné lieu à une victoire du F-15E, devenu depuis lors le F-15K. Mais, pour l'heure, en termes de contrats signés, toujours rien.
2) La force aérienne libyenne aimerait disposer de nouveaux appareils - elle a souffert fortemment de l'embargo onusien de 92 - et elle a de fortes chances d'être solvable. Après l'abandon de son programme d'ADM, le règlement de la question de Lockerbie et du DC-10 d'UTA et, maintenant de la libération des infirmières et du médecin, la Libye est franchement plus fréquentable qu'à l'époque où les Jaguar veillaient sur la bande d'Aouzou et où l'armée de l'Air attaquait l'aérodrome, occupé par les Libyens, d'Ouadi-Doum. De ce point de vue, reconnaissons à Khadafi une qualité : c'est un fin tacticien.
3) Même si les relations entre Washington et Tripoli se sont réchauffées ces dernières années, sans doute ne le sont-elles pas suffisament que pour effectuer des achats aux Etats-Unis. La France est, de ce point de vue, est bien placée pour recueillir une commande, son positionnement traditionnel en matière de ventes d'armes étant qu'elle est neutre.
Mais il y a un "mais". Une vente d'arme à la Libye est loin d'être politiquement neutre. Ce l'est même nettement moins que débloquer 460 millions d'euros européens. Donc même si les conditions théoriques d'une vente sont réunies, in fine, les acteurs resteront sans doute extrêmement discrets et aucune preuve ne permet pour l'heure d'étayer une possibilité de contrat.
Mr. T. a dégainé la Kalash conceptuelle
Plus sérieusement, Tanguy Struye vient de publier un texte qui me semble très pertinent au regard non seulement d'un certain recadrage stratégique bien nécessaire mais aussi d'un texte de Laurent Henninger que j'ai lu hier soir, sur les mésinterprétations des révolutions militaires et sur lequel je reviendrai, tant il me semble important.
D'ici là, Tanguy envisage la possibilité du chaos multipolaire. J'en profite pour lui faire un peu de publicité : Tanguy est un spécialiste de la politique étrangère américaine. Ce qui tombe plutôt bien parce que la thématique de son prochain ouvrage (sortie fin août chez Pieter Lang) traite du processus décisionnels sous l'administration Bush.
D'ici là, Tanguy envisage la possibilité du chaos multipolaire. J'en profite pour lui faire un peu de publicité : Tanguy est un spécialiste de la politique étrangère américaine. Ce qui tombe plutôt bien parce que la thématique de son prochain ouvrage (sortie fin août chez Pieter Lang) traite du processus décisionnels sous l'administration Bush.
mardi 24 juillet 2007
Du côté des lectures (3)
J'ai reçu un e-mail d'un officier me demandant des références bibliographiques sur l'utilisation de la puissance aérienne en zone urbaine. J'en profite pour les diffuser :
Michel Ascensio, « Un exemple d’opération en réseau : l’appui-feu rapproché en combat urbain », Note de la FRS, 2 juin 2006.
Jackson L. Fox, Urban Close Air Support and Non-Lethality, Naval War College, Newport, 4 February 2002.
Joseph Henrotin, L’Airpower au 21ème siècle. Enjeux et perspectives de la stratégie aérienne, Coll. « Réseau Multidisciplinaire d’Etudes Stratégiques », Bruylant, Bruxelles, 2005 (Cf. le dernier chapitre).
Joseph Henrotin, « La puissance aérospatiale dans Iraqi Freedom : vers une maturité américaine ? », in RMES (Dir.), La troisième guerre du Golfe. Analyse géopolitique, stratégique et économique, Paris : L’Harmattan, Coll. Comprendre le Moyen Orient, 2007, 592p.
Joseph Henrotin, « Bienvenue en ville. Le passé, le présent et le futur des opérations aerurbaines », Les Cahiers du RMES, Vol. III, n°1, été 2006.
Joseph Henrotin, « L’engagement aerurbain : premières leçons », Défense & Sécurité Internationale, n°21, décembre 2006.
Joseph Henrotin, « Combat aerurbain : les défis du CQS », Technologie & Armement, n°5, avril-mai 2007.
Joseph Henrotin, « Airpower et contre-insurrection, quels avenirs ? », Technologie & Armement, n°6, juin-juillet 2007.
Joseph Henrotin, « Des aigles contre des musaraignes. Déterminants, concepts et emploi de la puissance aérienne en combat urbain », à paraître.
Norton A. Schwartz and Robert B. Stephan, « Don’t Go Downtown without Us. The Role of Aerospace Power in Joint Urban Operations », Aerospace Power Journal, Spring 2000.
Troy S. Thomas, « Slumlords. Aerospace Power in Urban Fights », Aerospace Power Journal, Spring 2002.
Alan J. Vick, John Stillion, David R. Frelinger, Joel Kvitky, Benjamin S. Lambeth, Jefferson P. Marquis and Matthew Waxman, Aerospace Operations in Urban Environments. Exploring New Concepts, Santo Monica : RAND Corporation, 2002, 314p.
Matthew C. Waxman, International Law and the Politics of Urban Air Operations, Santa Monica: Rend Corporation, 2000.
Désolé pour ma surcitation, mais peu d'autres sources ouvertes sont disponibles sur ce sujet en Europe !
Michel Ascensio, « Un exemple d’opération en réseau : l’appui-feu rapproché en combat urbain », Note de la FRS, 2 juin 2006.
Jackson L. Fox, Urban Close Air Support and Non-Lethality, Naval War College, Newport, 4 February 2002.
Joseph Henrotin, L’Airpower au 21ème siècle. Enjeux et perspectives de la stratégie aérienne, Coll. « Réseau Multidisciplinaire d’Etudes Stratégiques », Bruylant, Bruxelles, 2005 (Cf. le dernier chapitre).
Joseph Henrotin, « La puissance aérospatiale dans Iraqi Freedom : vers une maturité américaine ? », in RMES (Dir.), La troisième guerre du Golfe. Analyse géopolitique, stratégique et économique, Paris : L’Harmattan, Coll. Comprendre le Moyen Orient, 2007, 592p.
Joseph Henrotin, « Bienvenue en ville. Le passé, le présent et le futur des opérations aerurbaines », Les Cahiers du RMES, Vol. III, n°1, été 2006.
Joseph Henrotin, « L’engagement aerurbain : premières leçons », Défense & Sécurité Internationale, n°21, décembre 2006.
Joseph Henrotin, « Combat aerurbain : les défis du CQS », Technologie & Armement, n°5, avril-mai 2007.
Joseph Henrotin, « Airpower et contre-insurrection, quels avenirs ? », Technologie & Armement, n°6, juin-juillet 2007.
Joseph Henrotin, « Des aigles contre des musaraignes. Déterminants, concepts et emploi de la puissance aérienne en combat urbain », à paraître.
Norton A. Schwartz and Robert B. Stephan, « Don’t Go Downtown without Us. The Role of Aerospace Power in Joint Urban Operations », Aerospace Power Journal, Spring 2000.
Troy S. Thomas, « Slumlords. Aerospace Power in Urban Fights », Aerospace Power Journal, Spring 2002.
Alan J. Vick, John Stillion, David R. Frelinger, Joel Kvitky, Benjamin S. Lambeth, Jefferson P. Marquis and Matthew Waxman, Aerospace Operations in Urban Environments. Exploring New Concepts, Santo Monica : RAND Corporation, 2002, 314p.
Matthew C. Waxman, International Law and the Politics of Urban Air Operations, Santa Monica: Rend Corporation, 2000.
Désolé pour ma surcitation, mais peu d'autres sources ouvertes sont disponibles sur ce sujet en Europe !
Libellés :
Miam des livres,
News en vrac,
Stratégie
Funky....
Selon le Washington Post du 10 juillet, voici ce qu'indiquait un édito de journal iranien :
"A few weeks ago, 14 squirrels equipped with espionage systems of foreign intelligence services were captured by [Iranian] intelligence forces along the country's borders. These trained squirrels, each of which weighed just over 700 grams, were released on the borders of the country for intelligence and espionage purposes. According to the announcement made by Iranian intelligence officials, alert police officials caught these squirrels before they could carry out any task".
"A few weeks ago, 14 squirrels equipped with espionage systems of foreign intelligence services were captured by [Iranian] intelligence forces along the country's borders. These trained squirrels, each of which weighed just over 700 grams, were released on the borders of the country for intelligence and espionage purposes. According to the announcement made by Iranian intelligence officials, alert police officials caught these squirrels before they could carry out any task".
Sacrés Américains !
AW&ST a sorti une info pour le moins surprenante : le prochain gunship US sera basé sur... un bombardier.
Inde : de nouvelles commandes en perspective
Après avoir officiellement lancé le programme d'acquisition de 126 Multi Role Combat Aircraft (Amit Gupta examinait les tenants et les aboutissants du dossier dans DSI n°20), l'Inde vient de réviser le chiffre à la hausse et évoque maintenant de 180 à 190 appareils, dont de 50 à 60 rejoindraient les rangs de la marine.
Un véritable retournement de situation (du moins, dans un processus d'acquisition indien renvoyant plus aux interminables films de Bollywood qu'à un processus souple et bien géré) : les appareils devront donc être navalisables. On comprendra donc l'impatience de Lockheed a proposer son F-35 à Delhi.
Sauf que l'IAF a indiqué ses préférences : le Rafale (navalisé), l'Eurofighter (non navalisable), le F-18E/F (navalisé), le Mig-35 (non encore navalisé) et le JAS-39 (non navalisable).
Ajoutons-y que l'Inde aimerait aussi augmenter ses commandes en Il-38 May de reconnaissance électronique. A force de se concentrer sur la Chine, on oublie qu'un Etat cette fois démocratique et amical (bousiller un satellite en orbite basse pour que les nôtres aillent s'empêtrer dedans n'est pas très amical) existe et qu'en plus, c'est en train de devenir une véritable puissance en bonne et due forme...
Un véritable retournement de situation (du moins, dans un processus d'acquisition indien renvoyant plus aux interminables films de Bollywood qu'à un processus souple et bien géré) : les appareils devront donc être navalisables. On comprendra donc l'impatience de Lockheed a proposer son F-35 à Delhi.
Sauf que l'IAF a indiqué ses préférences : le Rafale (navalisé), l'Eurofighter (non navalisable), le F-18E/F (navalisé), le Mig-35 (non encore navalisé) et le JAS-39 (non navalisable).
Ajoutons-y que l'Inde aimerait aussi augmenter ses commandes en Il-38 May de reconnaissance électronique. A force de se concentrer sur la Chine, on oublie qu'un Etat cette fois démocratique et amical (bousiller un satellite en orbite basse pour que les nôtres aillent s'empêtrer dedans n'est pas très amical) existe et qu'en plus, c'est en train de devenir une véritable puissance en bonne et due forme...
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