Et quelques réflexions post-apéro :
- On voit sur les chaînes françaises une pub pour le "Perrier Fluo" détournant des images de défilés soviétiques sur la Place Rouge. Et comment aurait réagit l'opinion publique si on avait fait la même chose mais avec un défilé nazi ? Il me semble pourtant que quelques très bons bouquins sont sortis sur les états de service de l'armée rouge, à Katyn, en Pologne, en Russie elle-même, en Tchétchénie ou ailleurs...
- Une voix pré-enregistrée vient de me passer un coup de fil automatique - une forme de pub très en vogue - pour me recommander de manger sainement et de me prévenir des risques de cholestérol. Je lui ai raccroché au nez - même si on m'a appris à ne jamais le faire - et je pars de ce pas me faire un poisson cuit meunière. Note à France Telecom, à qui je donne de l'argent pour me mettre en liste rouge : euh... je vous hait ?
- Juste avant, c'était un sondage SOFRES. La personne en ligne était bien réelle. Sa rationalité d'action renvoyait plutôt à l'appel suivant...
- Private joke pour Mr. T. : le week-end sera aerurbain ;o)
vendredi 13 juillet 2007
Un chef pour l’US AFRICOM
C’est finalement le général William « Kip » Ward qui a été désigné par le Secrétaire à la Défense Robert Gates en tant que commandant en chef du tout récent African Command (Cf. DSI n°25). Commandant adjoint de l’European Command, Ward a, en son temps, été affecté en Somalie mais aussi en Egypte. Jusqu’en octobre 2008, l’AFRICOM devrait fonctionner depuis Stuttgart, dépendant alors de l’EUCOM. Après, le commandement sera pleinement autonome. Son futur quartier général n’a pas encore été désigné, certaines sources indiquant qu’il pourrait y en avoir plusieurs.
jeudi 12 juillet 2007
Irak : une implication iranienne ?
Selon le général américain Ray Odierno, si l’Iran a participé à l’entraînement d’équipes de mortiers insurgées par l’intermédiaire de la force al Quds, cette dernière semble également travailler en collaboration avec le Hezbollah. Un opérationnel libanais, Ali Moussa Dakdouk a ainsi été capturé fin mars par les forces américaines, alors qu’il préparait un enlèvement semblable à celui qui avait déclenché la guerre de juillet 2006 au Liban. Dakdouk était en liaison avec les Iraniens mais aussi avec l’ancien porte-parole de Moqtada al Sadr. Au-delà, le Hezbollah aurait été impliqué dans le recueil de renseignements sur les positions et les systèmes défensifs américains à Bagdad et ailleurs mais aussi dans la préparation de l’attaque sur un immeuble gouvernemental de Kerbala, en janvier 2007.
mercredi 11 juillet 2007
Et un F-22 "abattu", un !
Les guillemets sont bien sûr de mise dans la mesure où il ne s'agit que d'un résultat de DACT tenu au cours du dernier Red Flag. Manifestement, un F-22 a été surpris par les tactiques d'un petit malin des Aggressors monté sur F-16C et qui s'est fait le Raptor en dogfight. Et ça a marché. Défense du CO de l'escadron : ses pilotes ne sont pas encore assez entraînés. Au cours de manoeuvres tenues en Alaska, les F-22 s'en sont sortis à 144 F-15 et F-18 à... 0 pertes.
Mosquée rouge : le signe de trop ?
Certains de nos lecteurs auront pu lire l'excellente analyse que faisait Olivier Guillard, dans le DSI n°23 (février 2007), de la situation pakistanaise. D'autres se souviendront peut-être que dans L'ensauvagement, Thérèse Delpech indiquait qu'il était probable de voir la disparition du Pakistan en 2025.
Et j'ai eu personnellement l'occasion, au cours de mes conversations/interviews avec Bernard Bridel, dans le quotidien suisse 24 heures, l'occasion de montrer à quel point la question afghane était influencée par le Pakistan. Plus généralement, nous avons suivi la situation avec attention.
Pour parler en termes jominiens, la situation politique au "pays des purs" est l'un des points décisifs de la situation dans l’Etat d’à côté mais aussi, plus largement de toute la sécurité de la région. En clair, il est impensable de stabiliser l’Afghanistan sans que le Pakistan ne le soit. Et ni les incantations de l’OTAN ni les pressions américaines ne permettent pour l’heure d’y parvenir.
Et, de fait, après le retrait du Waziristan (pourtant pakistanais mais dont l’armée s’est retirée), le non-règlement de la question baloutche, la énième tentative d’assassinat de Musharaff, le terrorisme endémique (657 actes terroristes en 2006, faisant plus de 900 morts) cette histoire de Mosquée rouge et ses 50 morts n’est qu’une itération de plus dans la lente transformation du Pakistan en zone grise.
Trop lourd de ses compromis politiques, il est en train de s’effondrer sur lui-même. Le fait est là : « Mushie » est en train de se faire déborder sur sa droite (les radicaux) mais aussi, nous apprend Reuters, sur sa gauche. Frederic Grare, du Carnegie, vient de publier un rapport sur la question et montre que l’armée pakistanaise elle-même est au cœur du problème, en fait, beaucoup plus que l’on ne pensait. Et que ce n’est, malheureusement, pas prêt de s’arranger.
A ce rythme, si aucun Etat n’intervient de façon certes diplomatique mais néanmoins musclée, nous ne serons jamais en mesure de trouver une solution à long terme pour l’Afghanistan et, effectivement, autant partir de la région tout de suite…. En attendant d’en subir plus tard les conséquences.
Nous sommes face à une véritable, mais très particulière, forme de guerre, faite de ses alliances interpersonnelles, de ses mobilisations idéologico-religieuses, de ses imbrications ethno-claniques, de ses attentats et de longs convois partant pour l'Afghanistan. Elle semble se dérouler tellement lentement, hors caméras médiatiques comme politiques, que personne ne semble y prêter attention, comme si nos propres rationalités nous piégeaient.
Et j'ai eu personnellement l'occasion, au cours de mes conversations/interviews avec Bernard Bridel, dans le quotidien suisse 24 heures, l'occasion de montrer à quel point la question afghane était influencée par le Pakistan. Plus généralement, nous avons suivi la situation avec attention.
Pour parler en termes jominiens, la situation politique au "pays des purs" est l'un des points décisifs de la situation dans l’Etat d’à côté mais aussi, plus largement de toute la sécurité de la région. En clair, il est impensable de stabiliser l’Afghanistan sans que le Pakistan ne le soit. Et ni les incantations de l’OTAN ni les pressions américaines ne permettent pour l’heure d’y parvenir.
Et, de fait, après le retrait du Waziristan (pourtant pakistanais mais dont l’armée s’est retirée), le non-règlement de la question baloutche, la énième tentative d’assassinat de Musharaff, le terrorisme endémique (657 actes terroristes en 2006, faisant plus de 900 morts) cette histoire de Mosquée rouge et ses 50 morts n’est qu’une itération de plus dans la lente transformation du Pakistan en zone grise.
Trop lourd de ses compromis politiques, il est en train de s’effondrer sur lui-même. Le fait est là : « Mushie » est en train de se faire déborder sur sa droite (les radicaux) mais aussi, nous apprend Reuters, sur sa gauche. Frederic Grare, du Carnegie, vient de publier un rapport sur la question et montre que l’armée pakistanaise elle-même est au cœur du problème, en fait, beaucoup plus que l’on ne pensait. Et que ce n’est, malheureusement, pas prêt de s’arranger.
A ce rythme, si aucun Etat n’intervient de façon certes diplomatique mais néanmoins musclée, nous ne serons jamais en mesure de trouver une solution à long terme pour l’Afghanistan et, effectivement, autant partir de la région tout de suite…. En attendant d’en subir plus tard les conséquences.
Nous sommes face à une véritable, mais très particulière, forme de guerre, faite de ses alliances interpersonnelles, de ses mobilisations idéologico-religieuses, de ses imbrications ethno-claniques, de ses attentats et de longs convois partant pour l'Afghanistan. Elle semble se dérouler tellement lentement, hors caméras médiatiques comme politiques, que personne ne semble y prêter attention, comme si nos propres rationalités nous piégeaient.
mardi 10 juillet 2007
DSI 27 : dévalisés !

On peut dire que nos lecteurs ont apprécié notre "spécial puissance aérienne" : kiosquiers, marchands de journaux et autres libraires ont été quasimment dévalisés !
Vous n'avez pas eu votre exemplaire ? N'hésitez pas à faire un tour juste ici mais dépêchez-vous, vous avez fait en sorte de nous libérer beaucoup d'espace de stockage !
De là à ce que l'armée libanaise renaisse...
A présent moins spectaculaire, la bataille de Nahr el Bared (Liban) n'en est pas pour autant complètement terminée - même si les médias "traditionnels" n'en parlent plus guère. Pour autant, elle s'avère porteuse de leçons et semble avoir considérablement rapproché les Libanais... alors qu'un des objectifs du Fatah al Islam semblait bien de limiter l'influence du Hezbollah.
A cet égard cet article du journal L'Orient-Le Jour donne quelques informations assez intéressantes non seulement sur le déroulement des opérations mais aussi sur l'état général de l'armée libanaise. Notez, au passage, que de 85 à 90 soldats libanais auront perdu la vie mais aussi que l'artillerie semble avoir été largement utilisée. Le MOUT non létal est le luxe des armées européennes...
A cet égard cet article du journal L'Orient-Le Jour donne quelques informations assez intéressantes non seulement sur le déroulement des opérations mais aussi sur l'état général de l'armée libanaise. Notez, au passage, que de 85 à 90 soldats libanais auront perdu la vie mais aussi que l'artillerie semble avoir été largement utilisée. Le MOUT non létal est le luxe des armées européennes...
lundi 9 juillet 2007
Vive l'Université québecoise libérée...
...Soirée "Invasions barbares"/"déclin de l'empire américain" (2045 sur France 2). J'ai toujours un problème avec Arcand sur le concept d'empire américain (bon, il n'est pas le seul). Mais je dois dire me reconnaître dans ces personnages et la saisie des états d'âmes qu'Arcand fait du monde universitaire me semble sonner très juste. Pas de poutine au souper mais le sirop d'érable ne doit être très loin ;o)
Tatanne pour les Typhoons ?
Des Typhoons britanniques viennent d'être engagés en DACT contre des Su-30MKI indiens, mais rien ne filtrera sur les performances respectives des deux types d'appareils. Reste ce communiqué de presse indien qui montre que la RAF et l'IAF n'en sont pas restées qu'aux démonstrations (notez le commentaire bizarre sur l'âge des pilotes) :
Source: Indian Ministry of Defence; issued July 7, 2007)
Much was at stake of its reputation, when for the first-time-ever, the Royal Air Force's (RAF) Eurofighter Typhoon, developed by a consortium of European manufacturers and recently inducted into the RAF, was to engage in any kind of an aerial combat with any non-RAF/NATO fighter. The Indian Air Force's (IAF) Sukhoi-30 MKI air superiority fighters, which are at Waddington, UK for the bilateral air 'Exercise Indradhanush-2007', had an opponent for the befitting duel.
The operational part of the 'Exercise Indradhanush-2007' began with a series of 1 vs 1 air combat sorties. Both variants landed with their much-touted reputations intact as each side tested their potentials with their adversary in the air to their limits. These sorties were premised not entirely on having winners or losers – but more for their evaluator and training values as encapsulated in the objectives. Both sides ended-up sharing an enhanced respect for each other's capabilities – both in terms of training values, and combat potentials of the diverse aerial platforms.
While the RAF fielded some of their most-experienced and highly-qualified pilots, some of them being very senior performance evaluators in active service, the IAF pilots were a mix of 'young to middle-level pilots' from the 'Rhinos' squadron. The RAF pilots were candid in their admission of the Su-30 MKI's observed superior manouevring in the air, just as they had studied, prepared and anticipated.
The IAF pilots on their part were also visibly impressed by the Typhoon's agility in the air. While it does not imply to say that the 1 vs 1 air combat sorties were meant for backslapping each other, it may be understood that in today's aerial combat scenarios of 'beyond visual range' (BVR) capabilities of air platforms, it is highly unlikely that any of the modern-day fighters will ever get into a situation that warrants extreme close air combat, as in the situation simulated in the 1 vs 1 sorties.
With a 'kill' criterion of front-gun ranges being mostly under 1,000 metres and a visual tracking envelope behind the target for only up to a 60-degree cone mostly for most fighter aircraft of the world, the unlikely scenario gets more exemplified. But the irony also lies in the fact that while there is a number of counter and counter-counter measures to make the modern missiles with claims of inescapable parameters redundant by using 'chaff' and other active/passive measures, a 'gun kill' is invariably a most certain kill. The pilots invariably begin honing their tracking and combat skills under such close combat situations.
The exercise that nearly runs into midway by the weekend constitutes mostly mixed missions where RAF F3 Tornados, Hawks and Typhoons are packed together with IAF Su-30 MKIs. The sorties include combat situations of 2 vs 1, 2 vs 2 and upward combinations. The raiders are tasked 'High Value Asset' (HVA) busting on the ground and 'High Value Airborne Asset' (HVAA) busting in the air with the defensive elements designated to counter their ambitions. -ends-
Source: Indian Ministry of Defence; issued July 7, 2007)
Much was at stake of its reputation, when for the first-time-ever, the Royal Air Force's (RAF) Eurofighter Typhoon, developed by a consortium of European manufacturers and recently inducted into the RAF, was to engage in any kind of an aerial combat with any non-RAF/NATO fighter. The Indian Air Force's (IAF) Sukhoi-30 MKI air superiority fighters, which are at Waddington, UK for the bilateral air 'Exercise Indradhanush-2007', had an opponent for the befitting duel.
The operational part of the 'Exercise Indradhanush-2007' began with a series of 1 vs 1 air combat sorties. Both variants landed with their much-touted reputations intact as each side tested their potentials with their adversary in the air to their limits. These sorties were premised not entirely on having winners or losers – but more for their evaluator and training values as encapsulated in the objectives. Both sides ended-up sharing an enhanced respect for each other's capabilities – both in terms of training values, and combat potentials of the diverse aerial platforms.
While the RAF fielded some of their most-experienced and highly-qualified pilots, some of them being very senior performance evaluators in active service, the IAF pilots were a mix of 'young to middle-level pilots' from the 'Rhinos' squadron. The RAF pilots were candid in their admission of the Su-30 MKI's observed superior manouevring in the air, just as they had studied, prepared and anticipated.
The IAF pilots on their part were also visibly impressed by the Typhoon's agility in the air. While it does not imply to say that the 1 vs 1 air combat sorties were meant for backslapping each other, it may be understood that in today's aerial combat scenarios of 'beyond visual range' (BVR) capabilities of air platforms, it is highly unlikely that any of the modern-day fighters will ever get into a situation that warrants extreme close air combat, as in the situation simulated in the 1 vs 1 sorties.
With a 'kill' criterion of front-gun ranges being mostly under 1,000 metres and a visual tracking envelope behind the target for only up to a 60-degree cone mostly for most fighter aircraft of the world, the unlikely scenario gets more exemplified. But the irony also lies in the fact that while there is a number of counter and counter-counter measures to make the modern missiles with claims of inescapable parameters redundant by using 'chaff' and other active/passive measures, a 'gun kill' is invariably a most certain kill. The pilots invariably begin honing their tracking and combat skills under such close combat situations.
The exercise that nearly runs into midway by the weekend constitutes mostly mixed missions where RAF F3 Tornados, Hawks and Typhoons are packed together with IAF Su-30 MKIs. The sorties include combat situations of 2 vs 1, 2 vs 2 and upward combinations. The raiders are tasked 'High Value Asset' (HVA) busting on the ground and 'High Value Airborne Asset' (HVAA) busting in the air with the defensive elements designated to counter their ambitions. -ends-
DSI et T&A, so far away !
Pourquoi donc des revues françaises seraient-elles cantonnées à l'Hexagone ou à la Francophonie ? Fausse question que voilà. A vrai dire au vu du nombre de nos lecteurs américains (où la connaissance du français garde de nombreux adeptes chez les officiers), nos revues sont naturellement appelées à... se mondialiser, rien moins. Notre chef l'a demandé, notre équipe l'a réalisé.
Non contents d'être disponible par abonnement et boutique en ligne interposée, nous étions déjà présents dans plus de 40 pays, 30 pour DSI – en passant, une belle performance pour un magazine français, que ne réalisent pas nos confrères de Jane’s par exemple. Nous avions également un partenariat avec Asian Defence & Diplomacy, la principale revue de défense malaise.
Et bien, nous allons encore plus loin, en investissant le monde des salons et autres conférences. Nous avions déjà été partenaires des salons Eurosatory et Euronaval, de l’Université d’Eté de la Défense 2006 et de l’UV Conference. Nous poursuivons. Nous serons ainsi partenaires de 3 conférences du groupe Shephard, où nos magazines seront distribués :
- Air Power Middle East (Abu Dhabi, 2-3 septembre 2007)
- Night Vision 2007 (Washington, 30-31 octobre 2007)
- Heli Power. Rapid Response : Future and Challenges (Amsterdam, 6-8 Novembre 2007).
Last but not least, nous n'abandonnons certainement pas la France pour autant : DSI et T&A seront ainsi partenaires de l'Université d'Eté de la Défense 2007, qui se tiendra à Toulouse. Un Hors-Série de DSI est actuellement en préparation et nos autres magazines seront également présents.
D'autres événements sont également en préparation... Stay tunned !
Non contents d'être disponible par abonnement et boutique en ligne interposée, nous étions déjà présents dans plus de 40 pays, 30 pour DSI – en passant, une belle performance pour un magazine français, que ne réalisent pas nos confrères de Jane’s par exemple. Nous avions également un partenariat avec Asian Defence & Diplomacy, la principale revue de défense malaise.
Et bien, nous allons encore plus loin, en investissant le monde des salons et autres conférences. Nous avions déjà été partenaires des salons Eurosatory et Euronaval, de l’Université d’Eté de la Défense 2006 et de l’UV Conference. Nous poursuivons. Nous serons ainsi partenaires de 3 conférences du groupe Shephard, où nos magazines seront distribués :
- Air Power Middle East (Abu Dhabi, 2-3 septembre 2007)
- Night Vision 2007 (Washington, 30-31 octobre 2007)
- Heli Power. Rapid Response : Future and Challenges (Amsterdam, 6-8 Novembre 2007).
Last but not least, nous n'abandonnons certainement pas la France pour autant : DSI et T&A seront ainsi partenaires de l'Université d'Eté de la Défense 2007, qui se tiendra à Toulouse. Un Hors-Série de DSI est actuellement en préparation et nos autres magazines seront également présents.
D'autres événements sont également en préparation... Stay tunned !
samedi 7 juillet 2007
Politique de défense belge : ah, enfin !
On le sait, la défense a toujours (ou à peu près) été le parent pauvre des priorités gouvernementales belges (Cf. l'article d'André Dumoulin dans le DSI n°10 et la synthèse des programmes de défense des législatives 2007 des principaux partis dans DSI n°27).
Un certain nombre de choix matériels et stratégiques effectués peuvent assez légitimement être critiqués et, de fait, l'affaire des canons de 90mm installés sur quelques-uns des Piranha IIIC récemment achetés montre que des ambiguïtés importantes demeurent quant aux scénarios envisagés, au niveau du Plan directeur de la Défense, publié en 2003. Ce dernier incluait des options de haute intensité (on notera que ledit plan a été retiré du site web du ministère de la Défense) qui seront ensuite rejetées.
Les élections législatives étant passées, on sera donc tenté de dire que le chantier de la Transformation des forces belges peut enfin recommencer. Non pas tant que rien n'ait été fait, que du contraire : des matériels ont été achetés, l'artillerie (qui a failli rouler sur un solide IED budgétaire) est exsangue mais sauve, nos paras n'ont pas été dissous. Mais force est de constater que la promesse d'indexer le budget n'a pas été tenue - à l'époque, le dire vous valait de prendre un réel risque (jetez un oeil sur cette page et sur les deux autres articles auxquels elle mène).
De fait, le remplacement des F-16 est dans l'ornière (les PGM comme les AGM-154 ou les JDAM qu'espéraient certains resteront... chez leurs constructeurs), le bâtiment de transport stratégique belgo-luxembourgeois est budgétairement coulé, le BEST (Belgian Soldier Technology) est virtuellement mort, les salaires forment toujours plus de 65% du budget des forces, la pyramide des âges de ces mêmes forces est ubuesque et, pire, les scénarios d'engagement semblent plus dictés par des considérations idéologiques que par une saine analyse stratégique (que mènent d'ailleurs de nombreux officiers, à qui il convient de rendre hommage dans la mesure où leur travail n'a pas été une sinécure).
Dans ce cadre, on comprendra que la sortie du dernier "Egmont paper" sur la Défense belge dans la défense européenne est une vraie petite révolution - vous pouvez trouver le document ici. D'une part, parce que, traditionnellement, le think tank des Affaires étrangères belges ne touche pas trop aux questions de défense, cloisonnement des ministères oblige (j'entends d'ici des mauvaises langues dire qu'ils ont toujours dénigré les questions de défense. D'accord, ce n'est pas complètement faux !).
Mais bon. L'IRRI/Egmont a produit un document qui a le mérite d'exister. Comme souligné plus haut, travailler sur ces questions vous impose, après un minimum d'analyse, de dire que des choses ne vont pas... ce qui ne vous vaut pas que des amis, fussent-ils paras.
Bon, fondamentalement, le document ne révèle rien de révolutionnaire. Tout ce qui y est dit l'a déjà été et les 11 propositions n'ont rien de neuf. Si vous voulez avoir un bon point de vue de ce qu'est la défense belge et des pistes de solutions, rien ne dépasse pour l'heure l'excellent état de l'art issu des plumes pas toujours très politiquement correctes (parfois, c'est la meilleure façon de servir...) d'André Dumoulin, Philippe Manigart et Wally Struys.
Bon, évidemment, le document de l'IRRI/Egmont est un document de proposition et l'ouvrage de Dumoulin, Manigart et Struys est un ouvrage tout ce qu'il y a de plus académique (676 pages, bien nécessaires pour comprendre toute la complexité de l'objet). Mais bon, fondamentalement, c'est bon de voir que des questionnements pour le moins importants se voient consacrés par une institution.
Un certain nombre de choix matériels et stratégiques effectués peuvent assez légitimement être critiqués et, de fait, l'affaire des canons de 90mm installés sur quelques-uns des Piranha IIIC récemment achetés montre que des ambiguïtés importantes demeurent quant aux scénarios envisagés, au niveau du Plan directeur de la Défense, publié en 2003. Ce dernier incluait des options de haute intensité (on notera que ledit plan a été retiré du site web du ministère de la Défense) qui seront ensuite rejetées.
Les élections législatives étant passées, on sera donc tenté de dire que le chantier de la Transformation des forces belges peut enfin recommencer. Non pas tant que rien n'ait été fait, que du contraire : des matériels ont été achetés, l'artillerie (qui a failli rouler sur un solide IED budgétaire) est exsangue mais sauve, nos paras n'ont pas été dissous. Mais force est de constater que la promesse d'indexer le budget n'a pas été tenue - à l'époque, le dire vous valait de prendre un réel risque (jetez un oeil sur cette page et sur les deux autres articles auxquels elle mène).
De fait, le remplacement des F-16 est dans l'ornière (les PGM comme les AGM-154 ou les JDAM qu'espéraient certains resteront... chez leurs constructeurs), le bâtiment de transport stratégique belgo-luxembourgeois est budgétairement coulé, le BEST (Belgian Soldier Technology) est virtuellement mort, les salaires forment toujours plus de 65% du budget des forces, la pyramide des âges de ces mêmes forces est ubuesque et, pire, les scénarios d'engagement semblent plus dictés par des considérations idéologiques que par une saine analyse stratégique (que mènent d'ailleurs de nombreux officiers, à qui il convient de rendre hommage dans la mesure où leur travail n'a pas été une sinécure).
Dans ce cadre, on comprendra que la sortie du dernier "Egmont paper" sur la Défense belge dans la défense européenne est une vraie petite révolution - vous pouvez trouver le document ici. D'une part, parce que, traditionnellement, le think tank des Affaires étrangères belges ne touche pas trop aux questions de défense, cloisonnement des ministères oblige (j'entends d'ici des mauvaises langues dire qu'ils ont toujours dénigré les questions de défense. D'accord, ce n'est pas complètement faux !).
Mais bon. L'IRRI/Egmont a produit un document qui a le mérite d'exister. Comme souligné plus haut, travailler sur ces questions vous impose, après un minimum d'analyse, de dire que des choses ne vont pas... ce qui ne vous vaut pas que des amis, fussent-ils paras.
Bon, fondamentalement, le document ne révèle rien de révolutionnaire. Tout ce qui y est dit l'a déjà été et les 11 propositions n'ont rien de neuf. Si vous voulez avoir un bon point de vue de ce qu'est la défense belge et des pistes de solutions, rien ne dépasse pour l'heure l'excellent état de l'art issu des plumes pas toujours très politiquement correctes (parfois, c'est la meilleure façon de servir...) d'André Dumoulin, Philippe Manigart et Wally Struys.
Bon, évidemment, le document de l'IRRI/Egmont est un document de proposition et l'ouvrage de Dumoulin, Manigart et Struys est un ouvrage tout ce qu'il y a de plus académique (676 pages, bien nécessaires pour comprendre toute la complexité de l'objet). Mais bon, fondamentalement, c'est bon de voir que des questionnements pour le moins importants se voient consacrés par une institution.
Libellés :
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vendredi 6 juillet 2007
L’effarante progression des Contractors
Question : qu’est-ce qui est civil, se comporte plus ou moins comme un soldat, a un prix de revient plus élevé qu’un soldat, n’est pas totalement tenu de répondre aux lois les plus élémentaires du droit international (et peut prendre des libertés avec ce dernier) et ne sera pas reconnu comme étant tombé pour son pays en cas de décès ?
Un « contractor ».
Et leur nombre n’a récemment fait qu’augmenter en Irak, dépassant les 180 000 personnes sous contrat avec les forces armées US… alors que ces dernières ne disposent que de 160 000 soldats sur place. Environ 21 000 américains, 43 000 étrangers et 118 000 Irakiens seraient sous contrat, posant nombre de questions.
Le général W. Nash (Cf. DSI n°1) indique ainsi que le grand nombre de personnels armés et virtuellement hors de contrôle est un réel enjeu de sécurité. Ensuite, nombre de ces contractors sont affectés à des missions aussi vitales que le transport de nourriture au profit des troupes.
Hors, à plusieurs reprises, des mouvements d’humeur de la part des conducteurs ont interrompu les approvisionnements. Au-delà, formellement parlant, ils ne sont pas sous le commandement des forces US à proprement parler. De ce fait, leur suivi est virtuellement impossible.
Plus on "transforme", plus on s'aperçoit qu'on patine...
Un « contractor ».
Et leur nombre n’a récemment fait qu’augmenter en Irak, dépassant les 180 000 personnes sous contrat avec les forces armées US… alors que ces dernières ne disposent que de 160 000 soldats sur place. Environ 21 000 américains, 43 000 étrangers et 118 000 Irakiens seraient sous contrat, posant nombre de questions.
Le général W. Nash (Cf. DSI n°1) indique ainsi que le grand nombre de personnels armés et virtuellement hors de contrôle est un réel enjeu de sécurité. Ensuite, nombre de ces contractors sont affectés à des missions aussi vitales que le transport de nourriture au profit des troupes.
Hors, à plusieurs reprises, des mouvements d’humeur de la part des conducteurs ont interrompu les approvisionnements. Au-delà, formellement parlant, ils ne sont pas sous le commandement des forces US à proprement parler. De ce fait, leur suivi est virtuellement impossible.
Plus on "transforme", plus on s'aperçoit qu'on patine...
jeudi 5 juillet 2007
Amaï, la Landmacht...
... ce qui pourrait se traduire par "Paf, la Landmacht".
On savait que La Haye avait de sérieux problèmes financiers, malgré de nombreux investissements consentis et amortis depuis quelques années.
Paradoxe des temps modernes, l'engagement des Néerlandais dans des opérations extérieures longues, complexes et coûteuses (on songe à l'Afghanistan) va leur imposer une réduction de format de leurs forces, principalement terrestres : de 88 à 60 Léopard II, de 36 à 24 PzH-2000.
Coté Luchtmacht, les F-16 passent de 90 à 72 mais restent accros au JSF (message perso à Eimert van Middelkoop, le Ministre de la Défense : Mijnheer Minister, Uw kabinet krijgt 2 DSI per maand : lees ze a.U.b. !).
La Marine voit quant à elle sa commande de Tomahawk annulée.
Plus d'opérations, moins de moyens (il ne faut pas se leurrer : le plus important, l'entraînement, risque aussi d'en prendre un coup) : the shape of things to come ?
On savait que La Haye avait de sérieux problèmes financiers, malgré de nombreux investissements consentis et amortis depuis quelques années.
Paradoxe des temps modernes, l'engagement des Néerlandais dans des opérations extérieures longues, complexes et coûteuses (on songe à l'Afghanistan) va leur imposer une réduction de format de leurs forces, principalement terrestres : de 88 à 60 Léopard II, de 36 à 24 PzH-2000.
Coté Luchtmacht, les F-16 passent de 90 à 72 mais restent accros au JSF (message perso à Eimert van Middelkoop, le Ministre de la Défense : Mijnheer Minister, Uw kabinet krijgt 2 DSI per maand : lees ze a.U.b. !).
La Marine voit quant à elle sa commande de Tomahawk annulée.
Plus d'opérations, moins de moyens (il ne faut pas se leurrer : le plus important, l'entraînement, risque aussi d'en prendre un coup) : the shape of things to come ?
mercredi 4 juillet 2007
Dans les bacs RMESéens
Tanguy Struye me signale que la nouvelle édition des Cahiers du RMES sera prête d'ici le 15 juillet. Comme toujours, ils sont intégralement et gratuitement disponibles en ligne (pour répondre à un grand nombre de mails, malheureusement non, ils ne sont pas disponibles en version "papier").
J'en profite pour rappeler que La troisième guerre du Golfe. Analyse politique, économique et stratégique, du RMES, est toujours disponible.
J'en profite pour rappeler que La troisième guerre du Golfe. Analyse politique, économique et stratégique, du RMES, est toujours disponible.
Grande-Bretagne : quelques leçons
On en sait à présent plus sur les dernières tentatives d'attentats sur Londres et Glasgow, ce qui nous permet de dessiner les contours de quelques leçons... qui ne manquent pas de piquant.
1) Sur la qualification des terroristes : si les bombes n'ont pas explosé c'est que leur conception ne prenait pas en compte un élément pourtant crucial, le comburant. Ce qui fait dire à plusieurs commentateurs que Beavis et Butthead viennent de rejoindre al Qaïda mais ont quelque peu raté leurs examens d'entrée.
2) Sur l'origine socio-professionnelle des auteurs. En Belgique comme en Allemagne, la vulgate comme la doctrine politique veut que la source du terrorisme soit la pauvreté et le manque d'éducation. En pratique toutefois, 7 des 8 personnes impliquées dans les tentatives d'attentats seraient, nous apprend LCI, des médecins. Rien d'étonnant à cela : Marc Sageman a "biographé" plus de 150 djihadistes et en était arrivé à la conclusion que la pauvreté n'avait rien à voir dans la décision de passer à l'acte. Un sondage à très grande échelle a également été mené sur la question et démontre qu'en réalité, les plus proches du radicalisme sont plutôt bien portants. Conclusion partielle : le terrorisme n'est pas une question d'ordre économique (et si on cessait de chercher à réhabiliter Marx en permanence ?) ou de développement (s'il est évidemment nécessaire, il faudrait peut être lui trouver un autre moyen de légitimation que le terrorisme) mais est bien politique.
3) Le fait qu'un des terroristes ait été retrouvé en Australie montre que les mécanismes de coopération entre les Etats fonctionnent plutôt bien même si la littérature l'évoque peu... mais montre également que ces gens travaillent naturellement dans une optique globale. A l'heure où les gouvernements commencent à se dire que l'Afghanistan est tellement éloigné que sa talibanisation ne pose pas de problème à notre sécurité, la leçon a de quoi faire réfléchir.
4) Conclusion finale et humour déplacé : si un aréopage de médecins ne sais pas qu'il faut un comburant pour faire exploser quelque chose, je me méfierais de ma prochaine visite chez le toubib !
1) Sur la qualification des terroristes : si les bombes n'ont pas explosé c'est que leur conception ne prenait pas en compte un élément pourtant crucial, le comburant. Ce qui fait dire à plusieurs commentateurs que Beavis et Butthead viennent de rejoindre al Qaïda mais ont quelque peu raté leurs examens d'entrée.
2) Sur l'origine socio-professionnelle des auteurs. En Belgique comme en Allemagne, la vulgate comme la doctrine politique veut que la source du terrorisme soit la pauvreté et le manque d'éducation. En pratique toutefois, 7 des 8 personnes impliquées dans les tentatives d'attentats seraient, nous apprend LCI, des médecins. Rien d'étonnant à cela : Marc Sageman a "biographé" plus de 150 djihadistes et en était arrivé à la conclusion que la pauvreté n'avait rien à voir dans la décision de passer à l'acte. Un sondage à très grande échelle a également été mené sur la question et démontre qu'en réalité, les plus proches du radicalisme sont plutôt bien portants. Conclusion partielle : le terrorisme n'est pas une question d'ordre économique (et si on cessait de chercher à réhabiliter Marx en permanence ?) ou de développement (s'il est évidemment nécessaire, il faudrait peut être lui trouver un autre moyen de légitimation que le terrorisme) mais est bien politique.
3) Le fait qu'un des terroristes ait été retrouvé en Australie montre que les mécanismes de coopération entre les Etats fonctionnent plutôt bien même si la littérature l'évoque peu... mais montre également que ces gens travaillent naturellement dans une optique globale. A l'heure où les gouvernements commencent à se dire que l'Afghanistan est tellement éloigné que sa talibanisation ne pose pas de problème à notre sécurité, la leçon a de quoi faire réfléchir.
4) Conclusion finale et humour déplacé : si un aréopage de médecins ne sais pas qu'il faut un comburant pour faire exploser quelque chose, je me méfierais de ma prochaine visite chez le toubib !
lundi 2 juillet 2007
DSI 28 - le sommaire !
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Défense & Sécurité Internationale
N° 28 - juillet 2007
N° 28 - juillet 2007
En vente en kiosque et chez les marchands de journaux ou sur www.areion.fr/boutique
Editorial
Nominations et agenda
Veille des contrats de défense
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
La chronique de Carl von C. : "Les aventures de Carl au Kurdistan européen"
Géostratégie : énergie
Roumanie et PESD : la stratégie en mer Noire en fililgrane
Par Emmanuel Dupuy, Président de l’Institut Prospective et Sécurité de l’Europe
Sécurité énergétique : la géopolitique alliée de l’environnement ?
Par Olivier Kempf, lieutenant-colonel, rédacteur en chef adjoint de Défense Nationale et Sécurité Collective
Stratégie : MOUT
Une approche européenne du combat urbain ?
Entretien avec Antonin Tisseron, auteur de Guerres urbaines
La première bataille de Grozny et l’expérience tchétchène de la guérilla urbaine
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
L’expérience russe de la Tchétchénie
Entretien avec Olga Oliker, Senior International Policy Analyst, RAND Corporation
De nouvelles règles pour le combat urbain : l’expérience israélienne
Par David Eshel, IDF (Ret.)
Armées : Singapour
Les griffes du lion, les forces terrestres singapouriennes
Par Joseph Henrotin
Tableau de bord : La Republic of Singapore Army
Par Philippe Langloit
Unités & Technologie : SNA/SSN
Le SNA Rubis : une plongée pas comme les autres
Par Véronique Sartini, journaliste
Nominations et agenda
Veille des contrats de défense
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
La chronique de Carl von C. : "Les aventures de Carl au Kurdistan européen"
Géostratégie : énergie
Roumanie et PESD : la stratégie en mer Noire en fililgrane
Par Emmanuel Dupuy, Président de l’Institut Prospective et Sécurité de l’Europe
Sécurité énergétique : la géopolitique alliée de l’environnement ?
Par Olivier Kempf, lieutenant-colonel, rédacteur en chef adjoint de Défense Nationale et Sécurité Collective
Stratégie : MOUT
Une approche européenne du combat urbain ?
Entretien avec Antonin Tisseron, auteur de Guerres urbaines
La première bataille de Grozny et l’expérience tchétchène de la guérilla urbaine
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
L’expérience russe de la Tchétchénie
Entretien avec Olga Oliker, Senior International Policy Analyst, RAND Corporation
De nouvelles règles pour le combat urbain : l’expérience israélienne
Par David Eshel, IDF (Ret.)
Armées : Singapour
Les griffes du lion, les forces terrestres singapouriennes
Par Joseph Henrotin
Tableau de bord : La Republic of Singapore Army
Par Philippe Langloit
Unités & Technologie : SNA/SSN
Le SNA Rubis : une plongée pas comme les autres
Par Véronique Sartini, journaliste
Le sous-marins, outil de puissance, outil de défense
Entretien avec le capitaine de vaisseau Vincent Larnaudie-Eiffel, commandant l’Escadrille des Sous-Marins Nucléaires d’Attaque
Les sous-marins de la classe Rubis
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de Défense
La carte maîtresse de la marine russe : les SNA Akula demeurent redoutables
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de Défense
Pour préparer l’arrivée des ATV, des Akula pour les Indiens ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de Défense
Des tueurs russes de porte-avions
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les fils de Rickover. Le développement des SSN américains
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Trafalgar et Astute : les SSN britanniques
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les SSN chinois
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Spécifications
Tu-160 Blackjack/Quel est l’état de la Russie nucléaire ?
General Dynamics M-1 Abrams/L’Abrams au combat
Destroyer classe Kidd/Kee Lung/Que vaut la marine taiwanaise ?
Critiques de lecture
Guerres urbaines. Nouveaux métiers, nouveaux soldats, d’Antonin Tisseron
L’âme du samouraï. Une traduction contemporaine des trois classiques du Zen et du Bushido, de Thomas Cleary
L’assaut. GIGN, Marignane -26 novembre 1994, de Roland Montins
Les armées françaises à l’aube du 21ème siècle. Les armées françaises à l’heure de l’interarmisation et de la multinationalisation, de Pierre Pascallon (Dir.).
Message perso....
Pas mal de personnes ont essayé de me joindre ce week-end sur mon portable... Que je n'utilise que très rarement lorsque je suis en France.
Par contre, je suis joignable ici : 00 33 4 / 42 92 17 38, jusque 17.00. Après 17.00, mes coordonnées sont sur http://www.rmes.be/
Par contre, je suis joignable ici : 00 33 4 / 42 92 17 38, jusque 17.00. Après 17.00, mes coordonnées sont sur http://www.rmes.be/
dimanche 1 juillet 2007
Zut, je pourrais avoir raison
En septembre 2006, dans la foulée des attentats manqués dans des trains allemands, j'avais publié une analyse pour la rubrique "Prospective stratégique" de DSI portant sur ce que j'avais qualifié de "méso-terrorisme". En clair, j'indiquais que les tentatives d'attaques en Allemagne relevaient d'un nouveau mode opératoire pour les "would-be" d'al Qaïda : plutôt que de se concentrer sur des attaques complexes à concevoir et à mettre en oeuvre, visant des dizaines d'avions dans des scenarii apocalyptiques, certains pourraient se concentrer sur une multitude d'attaques utilisant des moyens plus simples.
Et les événements du week-end en Grande-Bretagne semblent rejoindre ce scénario : positionner des voitures piégées à des endroits fréquentés est tout de même plus simple que de tenter de faire sauter en vol une dizaine d'appareils avec des bombes liquides. Logistique et planification en sont largement simplifiées. Changement de modus operandi donc (contrairement à ce que nous disait hier France 2) mais aussi de rationalité stratégique : on passe d'une optique d'impacts psychologiques radicaux (le 11/9, le 11/3, etc.) par la concentration dans le temps d'attaques symboliques à une optique plus opérationnelle. Les frappes sont proto-insurrectionnelle, en étant (relativement) diluées à travers le temps et en requérant des moyens plus simples.
Reste à voir quel impact aura ce changement de modus operandi sur la politique britannique de résilience (sur cette question, cf. là, là et ici), adaptée à aux "hyper-attaques". Reste aussi à savoir dans quelle mesure les évolutions de la politique de sécurité britannique (dont est partie la résilience) sont à l'origine de cette évolution opérationnelle (contre-adaptation). Ou encore dans quelle mesure cette même évolution n'est pas le résultat de l'attrition des cellules terroristes, contraintes de revoir leurs ambitions à la baisse.
Et les événements du week-end en Grande-Bretagne semblent rejoindre ce scénario : positionner des voitures piégées à des endroits fréquentés est tout de même plus simple que de tenter de faire sauter en vol une dizaine d'appareils avec des bombes liquides. Logistique et planification en sont largement simplifiées. Changement de modus operandi donc (contrairement à ce que nous disait hier France 2) mais aussi de rationalité stratégique : on passe d'une optique d'impacts psychologiques radicaux (le 11/9, le 11/3, etc.) par la concentration dans le temps d'attaques symboliques à une optique plus opérationnelle. Les frappes sont proto-insurrectionnelle, en étant (relativement) diluées à travers le temps et en requérant des moyens plus simples.
Reste à voir quel impact aura ce changement de modus operandi sur la politique britannique de résilience (sur cette question, cf. là, là et ici), adaptée à aux "hyper-attaques". Reste aussi à savoir dans quelle mesure les évolutions de la politique de sécurité britannique (dont est partie la résilience) sont à l'origine de cette évolution opérationnelle (contre-adaptation). Ou encore dans quelle mesure cette même évolution n'est pas le résultat de l'attrition des cellules terroristes, contraintes de revoir leurs ambitions à la baisse.
Budget défense "autour de 2% du PIB"
Depuis quelques jours, les annonces portant sur les programmes et les budgets de défense se suivent... parfois sans trop se ressembler. Après les déclaration d'H. Morin au Bourget sur les coûts opérationnels trop élevés du Rafale et de l'A400M, ce dernier a indiqué que le budget de la défense se situerait "autour de 2% du PIB". Or, dans DSI comme ailleurs, Nicolas Sarkozy parlait de "budget constant". Un processus d'audit semble manifestement en cours et le ministre de parler d'annulations de programmes.
Ce qui nous conduit à des scénarios non seulement complexes et douloureux pour les industriels mais qui, au-delà, permettront de tester les intentions européennes de la France. Si Paris ne pourra "tout" se payer, son indépendance dans tous les secteurs militaires sera menacée, logique. Dans quelle mesure ses alliés européens seront-ils alors appelés à contribuer ? Dans quelle mesure la doctrine gaulliste sera-t-elle amendée, en sachant qu'elle répondrait toujours à une vision de la France comme puissance (j'insiste) moyenne apte à influer les affaires du monde ?
Ce qui nous conduit à des scénarios non seulement complexes et douloureux pour les industriels mais qui, au-delà, permettront de tester les intentions européennes de la France. Si Paris ne pourra "tout" se payer, son indépendance dans tous les secteurs militaires sera menacée, logique. Dans quelle mesure ses alliés européens seront-ils alors appelés à contribuer ? Dans quelle mesure la doctrine gaulliste sera-t-elle amendée, en sachant qu'elle répondrait toujours à une vision de la France comme puissance (j'insiste) moyenne apte à influer les affaires du monde ?
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samedi 30 juin 2007
Du côté des lectures (le retour)...
Je viens de tomber sur un texte d'Umberto Eco écrit en septembre 06 et paru dans le Nouvel Observateur, que vous pouvez lire ici, particulièrement intéressant de part le rôle dévolu à la culture - et notamment à l'ethnologie comme instrument de compréhension des acteurs d'un conflit.
Il l'est également du point de vue du rapport que l'auteur entretient à la guerre mais pas pour les mêmes raisons. Détrônant Clausewitz, Eco indique qu'"on a compris l'impossibilité et l'inutilité de la guerre traditionnelle, théorisée par Clausewitz. Au cours des siècles, pour qu'il y ait une guerre, il fallait deux camps en conflit, bien identifiables".
Eco, ici, se trompe quelque peu de cible : Clausewitz théorisait la relation entre guerre et politique. Cette relation, cette "formule", ne peut en aucun cas être une réduction/fusion abusive entre politique et Etat. Clausewitz a beau être confondu fréquemment avec l'époque des guerres totales - certes révolue - et comme le thuriféraire de la projection militaire du réalisme (au sens des Relations Internationales), l'auteur est plus complexe.
Notre cher vieux Carl est sans doute trop cité en étant trop peu lu. Comme s'il n'avait jamais donné de cours ou écrit sur la petite guerre (S. Picaud avait publié une démonstration très éclairante de cet intérêt dans DSI n°16) et alors même qu'il jugeait De la guerre complètement inachevé.
A ces égards, Clausewitz est très loin d'être mort : il n'a peut-être jamais été aussi vivant, ce qu'avec mes compères du RMES nous avions qualifié de néo-clausewitzianisme dans Au risque du chaos. Et je ne parle même pas là encore des brillants travaux qu'a notamment effectué Beyerchen sur le rapport de Clausewitz à la non-linéarité. Précisément celle qui est au coeur des dynamiques de la guerre réseaucentrée.
Pour en revenir à Eco, les "camps" sont toujours bien établis. Mais ils ne se mesurent plus à l'aune des frontières mais bien des choix politiques des individus, amalgamés en groupes sociopolitiques à la dynamique complexe. Donna Harraway, avec son bagou provoquant et incisif le résumait ainsi : à l'ère postmoderne (là, j'ai toujours un problème de définition avec elle mais ça n'enlève rien à ce qui va suivre), l'individu est une question de défense stratégique. Et elle n'a pas attendu le 11 septembre pour le dire.
Lorsque je l'avais cité sur un plateau télé après les attentats d'Istanbul (fin 2003) et que j'avais ajouté que l'éducation est une question de défense stratégique, aucun responsable politique sur le plateau n'avait cillé. Retour donc à la question de la culture. Umberto, j'ai donc fini de vous embêter !
Il l'est également du point de vue du rapport que l'auteur entretient à la guerre mais pas pour les mêmes raisons. Détrônant Clausewitz, Eco indique qu'"on a compris l'impossibilité et l'inutilité de la guerre traditionnelle, théorisée par Clausewitz. Au cours des siècles, pour qu'il y ait une guerre, il fallait deux camps en conflit, bien identifiables".
Eco, ici, se trompe quelque peu de cible : Clausewitz théorisait la relation entre guerre et politique. Cette relation, cette "formule", ne peut en aucun cas être une réduction/fusion abusive entre politique et Etat. Clausewitz a beau être confondu fréquemment avec l'époque des guerres totales - certes révolue - et comme le thuriféraire de la projection militaire du réalisme (au sens des Relations Internationales), l'auteur est plus complexe.
Notre cher vieux Carl est sans doute trop cité en étant trop peu lu. Comme s'il n'avait jamais donné de cours ou écrit sur la petite guerre (S. Picaud avait publié une démonstration très éclairante de cet intérêt dans DSI n°16) et alors même qu'il jugeait De la guerre complètement inachevé.
A ces égards, Clausewitz est très loin d'être mort : il n'a peut-être jamais été aussi vivant, ce qu'avec mes compères du RMES nous avions qualifié de néo-clausewitzianisme dans Au risque du chaos. Et je ne parle même pas là encore des brillants travaux qu'a notamment effectué Beyerchen sur le rapport de Clausewitz à la non-linéarité. Précisément celle qui est au coeur des dynamiques de la guerre réseaucentrée.
Pour en revenir à Eco, les "camps" sont toujours bien établis. Mais ils ne se mesurent plus à l'aune des frontières mais bien des choix politiques des individus, amalgamés en groupes sociopolitiques à la dynamique complexe. Donna Harraway, avec son bagou provoquant et incisif le résumait ainsi : à l'ère postmoderne (là, j'ai toujours un problème de définition avec elle mais ça n'enlève rien à ce qui va suivre), l'individu est une question de défense stratégique. Et elle n'a pas attendu le 11 septembre pour le dire.
Lorsque je l'avais cité sur un plateau télé après les attentats d'Istanbul (fin 2003) et que j'avais ajouté que l'éducation est une question de défense stratégique, aucun responsable politique sur le plateau n'avait cillé. Retour donc à la question de la culture. Umberto, j'ai donc fini de vous embêter !
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