C’est le 1er mars, au cours de la visite de 3 jours du président russe Dmity Medvedev en France, que plusieurs avancées ont été faites sur le développement des relations franco-russes.
Premièrement, GDF prendra 9 % des actions du gazoduc Nordstream de Gazprom, de sorte que la France recevra 1,5 milliard de mètres cubes de gaz russe à partir de 2015.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a confirmé que la France était engagée dans « des négociations exclusives » sur la vente de 4 BPC Mistral à la Russie, dont deux seraient construits en France, les deux autres l'étant en Russie.
La Lettonie, la Lituanie et la Pologne ont par ailleurs exprimé leur inquiétude à l’endroit de la vente.
mardi 2 mars 2010
lundi 1 mars 2010
DSI n°57 : le sommaire !
Sommaire DSI n°57Mars 2010
Edito
Agenda et nominations
Veilles contre-terroristes
Industrie française
Les contrats du mois
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Atomic Atomium »
Stratégie
Chronique : masse critique
Par Benoist Bihan
Résilience en France : quelques clés
Entretien avec Joseph Henrotin, docteur en sciences politiques et chargé de recherche au CAPRI, auteur de La résilience dans l’antiterrorisme. Le dernier bouclier, L’Esprit du Livre, 2010.
Le « paradigme ROVER » : paradoxes de la standardisation en coalition
Par Olivier Zajec, directeur adjoint du pôle « prospective stratégique » de la CEIS
Qu’est-ce que la diplomatie aérienne ?
Par le lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois, directeur scientifique de la Fondation Saint-Cyr
SACT au travail. Les chantiers de la Transformation dans l’OTAN
Entretien avec le général Stéphane Abrial, général commandant l’Allied Command Transformation (SACT)
Armées
La marine grecque à un tournant historique
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Encadré. FREMM grecques : puissantes
Encadré. La classe Roussen
Encadré : La bataille de Pentemilli
Tableau de bord : la marine grecque
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Le 1er RPIMa. Les forces spéciales « canal historique »
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré. Les groupes RAPAS
Encadré. La patrouille SAS.
La BFST. Le grand frère
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré. Moyens aéromobiles de la brigade en 2010
Il est heureux que les gens « piaffent ». C’est sain et normal
Entretien avec le général de brigade Hugues Delort-Laval, commandant la BFST (Brigade des Forces Spéciales Terre)
Encadré. Le Centre de Tir Adapté (CTA). Le « studio » des forces spéciales
Encadré. Le « Frigo » ou CPM (Centre de Préparation de Mission)
Technologies
La technologie en contre-insurrection
Par Sophie Lefeez, membre de l’Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’IHEDN (ANAJ)
Pour un recours à la technologie, contre le dogme de l’uniformisation
Par le commandant François Tricot, Stagiaire de la promotion Maréchal Lyautey du Collège Interarmées de Défense
La robotisation des systèmes aériens. La réflexion du CICDE
Par le lieutenant-colonel Emmanuel Gaillard, officier projet, Centre Interarmées de Concepts, Doctrines et Expérimentations (CICDE)
Intelligence artificielle et éthique
Entretien avec Noël Sharkey, professeur d’intelligence artificielle à l’Université de Sheffield
Un marché pour les radars maritimes à onde de surface ? Thales et l'ONERA y croient.
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Véhicule Blindé Moyen Freccia/Le Freccia, Paré pour le XXI e siècle
Kawasaki C-2/ Le Japon sur la voie de la projection
Corvette classe Göteborg/De la guérilla côtière aux opérations extérieures
Mitrailleuse lourde Browning M-2
Enquête
Faire mieux avec moins ! Le MCO Aéronautique se réforme en continu…
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
L'armée de l'Air au top avec ATAMS. La « révolution » du MCO Aéronautique en temps réel !
Entretien avec le général de brigade aérienne Alain Pizel, commandant de la brigade Tech-Log du Commandement du soutien des forces aériennes (CSFA)
Encadré : L'armée de l'Air met en place ses ESTA
La SIMMAD sur le chemin de la réforme. L'acteur central du MCO Aéronautique
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
Le SIAé poursuit sa réforme…et récupère des personnels des forces
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense
La mission MMAé. Initiateur de réforme et « poil à gratter » du MCO Aéronautique!
Entretien avec le contrôleur général des armées Louis-Alain Roche (IGA hors classe), Chef de la mission MMAé (Modernisation du MCO Aéronautique)
Critiques de lectures
L’enjeu afghan. La défaite interdite d’Olivier Hubac et Matthieu Anquez
L’Amérique solitaire ? Les alliances militaires dans la stratégie des Etats-Unis de Hervé Coutau-Bégarie
Perspectives tactiques de Guy Hubin
vendredi 26 février 2010
Discours musclé de Robert Gates à la NDU
S’exprimant dans une conférence tenue le 23 février à la National Defence University de Washington, le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, a indiqué que les Etats européens membres de l’OTAN ont sous-financé l’organisation durant la dernière décennie, le fait que nombre d’Etats n’ont pas remplis leurs objectifs budgétaires étant selon lui le symptôme de la façon dont les Etats perçoivent et traitent les menaces.
Selon lui, le climat politique et culturel en Europe – où selon lui, « de larges pans du public et de la classe politique ont une aversion pour la force militaire et les risques qui vont avec » - est tel que la crédibilité de l’article 5 doit être remise en question, indiquant au surplus que c’est un aspect de l’identité de l’OTAN que le nouveau Concept stratégique devra restaurer.
Toujours pour lui, « la démilitarisation de l’Europe (…) qui fut une bénédiction au XXe siècle, est devenue un obstacle à la réalisation d'une sécurité réelle et d'une paix durable au XXIe siècle ». Dans un discours pour le moins musclé, il ajoutera que « tant que le Concept stratégique ne déclenchera pas les changements opérationnels et institutionnels tels que ceux que je viens de mentionner, il (le Concept) ne vaudra pas le papier sur lequel il est publié ».
Selon lui, le climat politique et culturel en Europe – où selon lui, « de larges pans du public et de la classe politique ont une aversion pour la force militaire et les risques qui vont avec » - est tel que la crédibilité de l’article 5 doit être remise en question, indiquant au surplus que c’est un aspect de l’identité de l’OTAN que le nouveau Concept stratégique devra restaurer.
Toujours pour lui, « la démilitarisation de l’Europe (…) qui fut une bénédiction au XXe siècle, est devenue un obstacle à la réalisation d'une sécurité réelle et d'une paix durable au XXIe siècle ». Dans un discours pour le moins musclé, il ajoutera que « tant que le Concept stratégique ne déclenchera pas les changements opérationnels et institutionnels tels que ceux que je viens de mentionner, il (le Concept) ne vaudra pas le papier sur lequel il est publié ».
mardi 23 février 2010
A l'assaut des bibliothèques
Déjà eu envie de revenir sur Makers of modern strategy, les différentes éditions de la Revue militaire belge, d'avoir accès aux ouvrages de W. Murray ? De vous manger des évaluations de centaines de pages sur une force armée ? D'explorer le concept d'art opératif dans son acception soviétique en comparant les positions d'une dizaine d'auteurs (spéciale dédicace à Laurent, Michel et Benoist) ?
Non ? Dommage, c'est comme ça que les études stratégiques avancent.
Oui ? Alors, Google à ce qu'il faut : le Google books. Une quantité "maousse" d'ouvrages certes qualifiés d'accès limités mais qui, concrètement, nous dévoilent plus de 80 % de leurs pages. Evidemment, on ne peut pas imprimer - on oublie tellement que les livres méritent aussi quelques euros.
Mais au moins, on peut entrevoir de petits trésors de réflexion... Bête exemple, la recherche sur "operational art". A déguster. Bon appétit tout le monde et pensez quand même à aller dormir ;o)
Non ? Dommage, c'est comme ça que les études stratégiques avancent.
Oui ? Alors, Google à ce qu'il faut : le Google books. Une quantité "maousse" d'ouvrages certes qualifiés d'accès limités mais qui, concrètement, nous dévoilent plus de 80 % de leurs pages. Evidemment, on ne peut pas imprimer - on oublie tellement que les livres méritent aussi quelques euros.
Mais au moins, on peut entrevoir de petits trésors de réflexion... Bête exemple, la recherche sur "operational art". A déguster. Bon appétit tout le monde et pensez quand même à aller dormir ;o)
Armée de Terre : les Javelin arrivent
Le comité ministériel d’investissements du 22 février aura permis de trancher : la France va, selon le ministre Hervé Morin, acheter 260 missiles Javelin et 76 postes de tirs pour un montant de 70 millions de dollars. La commande sera effectuée via le système des Foreign Military Sales mais s’établit en dessous des 380 missiles évoqués par le chef d’état-major. La commande ne semble toutefois pas avoir été formellement passée.
lundi 22 février 2010
L'ABL et ses succès - interview
Allez zou, le résultat de mon interview sur RFI à propos de la double interception réalisée par l'ABL... mais boudjou que c'est court. A écouter ici.
Le 1er RPIMa à l'honneur...

... dans le prochain DSI, en l'occurrence en kiosque dès le 1er mars. Jetez également un oeil au reste du programme : technologie et contre-insurrection, radars à ondes de surface, MCO aéronautique, utilisation du système ROVER, évolutions de la marine grecque ou encore principes de la diplomatie aérienne sont au programme.
vendredi 19 février 2010
Ne dites plus "chasseurs ardennais"...
... Mais "4ème bataillon médian". Le changement de nom est la résultante de la nouvelle réforme de l'armée. Pour répondre à l'ami qui me posait la question cette après-midi, juste 2-3 considérations, parce que pas mal de lectures m'attendent dont la fin de l'excellent dernier ouvrage de Michel Goya) :
- Moi qui ait été Libramontois quelques années, j'aime les Chasseurs. Pour moi, ils représentent l'un des exemples les plus aboutis de ce qu'une infanterie non-SOF peut être capable de faire. La distance est-elmle donc si importante entre Evere et Marche que l'état-major ait perdu toute perception du concept de spécificité ?
- ce changement va affecter le moral et les traditions. On peut au moins espérer qu'il devienne "4ème médian/chasseurs ardennais" ou quelque chose comme ça, s'il faut céder au dogmatisme "néo/techno/nihilo doctrinal" ;
- Affecter ainsi de solides traditions (lesquelles, n'en déplaisent à certain, jouent leur petit rôle sur la façon dont les alliés de la Belgique perçoivent cette dernière), c'est inutile, zen particulier quand tant de travail reste à faire.
- In fine, je ne vois pas véritablement où va cette réforme. Ce dont l'armée a besoin, c'est d'investissements et de changements de fond, pas de changements de forme qui peuvent certes répondre à certains agendas politiques (la liquidation d'une certaine "Belgique de papa") mais qui ne répondent pas aux vraies questions (quelles missions ? Avec qui ? Quels adversaires ? Quelles morphologie des ops ? Quels paradigmes ?), qui me semblent autrement plus intéressantes... et plus importantes.
D'accord, depuis quelques billets, je fais très "conservateur". Mais là où Flahaut avait voulu supprimer les paras (et où j'étais intervenu quelques fois dans la presse en leur faveur), je ne vois pas véritablement en quoi l'entreprise de démentèlement des forces à changé. Du moins, je le vois de moins en moins.
Bon, maintenant, j'ai du travail ;o)
- Moi qui ait été Libramontois quelques années, j'aime les Chasseurs. Pour moi, ils représentent l'un des exemples les plus aboutis de ce qu'une infanterie non-SOF peut être capable de faire. La distance est-elmle donc si importante entre Evere et Marche que l'état-major ait perdu toute perception du concept de spécificité ?
- ce changement va affecter le moral et les traditions. On peut au moins espérer qu'il devienne "4ème médian/chasseurs ardennais" ou quelque chose comme ça, s'il faut céder au dogmatisme "néo/techno/nihilo doctrinal" ;
- Affecter ainsi de solides traditions (lesquelles, n'en déplaisent à certain, jouent leur petit rôle sur la façon dont les alliés de la Belgique perçoivent cette dernière), c'est inutile, zen particulier quand tant de travail reste à faire.
- In fine, je ne vois pas véritablement où va cette réforme. Ce dont l'armée a besoin, c'est d'investissements et de changements de fond, pas de changements de forme qui peuvent certes répondre à certains agendas politiques (la liquidation d'une certaine "Belgique de papa") mais qui ne répondent pas aux vraies questions (quelles missions ? Avec qui ? Quels adversaires ? Quelles morphologie des ops ? Quels paradigmes ?), qui me semblent autrement plus intéressantes... et plus importantes.
D'accord, depuis quelques billets, je fais très "conservateur". Mais là où Flahaut avait voulu supprimer les paras (et où j'étais intervenu quelques fois dans la presse en leur faveur), je ne vois pas véritablement en quoi l'entreprise de démentèlement des forces à changé. Du moins, je le vois de moins en moins.
Bon, maintenant, j'ai du travail ;o)
Désarmement nucléaire en Belgique : pourquoi Claes, Verhofstad, Dehaene et Michel se trompent
Un ancien Secrétaire général de l'OTAN, deux anciens premiers ministres et un Commissaire européen signent aujourd'hui dans Le Soir une opinion intitulée "Vers un désarmement nucléaire" et faisant le point sur les efforts en matière de désarmement nucléaire avant de plaider pour un retrait des armes nucléaires US en Belgique - dans la foulée du sénateur Philippe Mahoux et alors que se tiennent au Sénat une série d'auditions à huis clot sur la question, où votre serviteur fait d'ailleurs un petit exposé le 25 février.
La lecture de cette carte blanche ayant le côté asesptisé des opinions préparées par les cabinets ne manque cependant pas de surprendre. Au rang des raisons légitimant le retrait des armes nucléaires en Belgique, les signataires indiquent "Les armes nucléaires tactiques américaines en Europe ont perdu toute importance militaire. Leur intérêt politique résiduel – comme symbole du lien transatlantique – est largement insuffisant pour justifier leur présence, sachant que cette présence continue de signifier pour le reste du monde que ces armes nucléaires sont une « nécessité »".
Parue le jour même où Le Monde publiait un article intitulé "Désarmement nucléaire, les obstacles s'accumulent", l'opinion a de quoi surprendre. D'une part, le distinguo entre niveaux d'engagement tactique et stratégique s'est effondré : toute arme nucléaire, de par ce qu'elle représente et par les destructions qu'elle peut causer est devenue de facto stratégique. Dans un tel cadre, l'importance politique des armes est tout le contraire d'un résidu...
On ajoutera que le monde n'a pas besoin des armes "otaniennes" pour comprendre la "nécessité" de l'armement nucléaire. La tendance lourde est à la prolifération, en dépit des efforts des uns et des autres. Malheureusement, en politique internationale, "donner le bon exemple" est bien souvent contre-productif. Quand bien même toutes les armes américaines seraient retirées d'Europe, ce serait une illusion grave que de croire que les programmes pakistanais, chinois, indiens, nord-coréens, iraniens en seraient affectés.
Au-delà, "l'objectif zéro" en matière nucléaire militaire me semble être naïf. Petite anecdote, j'assistais - en 2004, je pense - à une réunion du Parlement où s'exprimait un sénateur américain partisan du "global zero", qui entraîna à sa suite les députés présents. Son discours me sembalit toutefois ambigu, aussi avais-je demandé si la mesure concernerait aussi les Etats-Unis. Suite à quoi sa réponse fut on ne peut plus claire : "non, pas tout de suite". Quelques députés avaient tiqué. Rare étaient ceux qui avaient compris que tant qu'une seule puissance disposeraient du nucléaire, les autres chercheraient également à l'avoir.
Reste aussi un autre point, faisant référence aux relations transtlantiques. Pour Bruxelles, la disposition d'armes US sur son territoire impliquait une attention plus soutenue de Washington, attention que les seuls (maigres) investissements belges dans le militaire conventionnel n'attirent guère. Cette dimension me semble déconsidérée dans l'opinion publiée, alors pourtant que ce poids politique gagné ne mange guère de pain.
Mais force est aussi de constater que les quatre signataires ont fait peu pour renforcer la position belge sur l'échiquier des forces OTAN : après avoir lancé la réforme de l'armée en 1999, le gouvernement duquel Guy Verhofstadt et Louis Michel ont fait partie n'a pas honoré ses engagements en matière d'investissements...
La lecture de cette carte blanche ayant le côté asesptisé des opinions préparées par les cabinets ne manque cependant pas de surprendre. Au rang des raisons légitimant le retrait des armes nucléaires en Belgique, les signataires indiquent "Les armes nucléaires tactiques américaines en Europe ont perdu toute importance militaire. Leur intérêt politique résiduel – comme symbole du lien transatlantique – est largement insuffisant pour justifier leur présence, sachant que cette présence continue de signifier pour le reste du monde que ces armes nucléaires sont une « nécessité »".
Parue le jour même où Le Monde publiait un article intitulé "Désarmement nucléaire, les obstacles s'accumulent", l'opinion a de quoi surprendre. D'une part, le distinguo entre niveaux d'engagement tactique et stratégique s'est effondré : toute arme nucléaire, de par ce qu'elle représente et par les destructions qu'elle peut causer est devenue de facto stratégique. Dans un tel cadre, l'importance politique des armes est tout le contraire d'un résidu...
On ajoutera que le monde n'a pas besoin des armes "otaniennes" pour comprendre la "nécessité" de l'armement nucléaire. La tendance lourde est à la prolifération, en dépit des efforts des uns et des autres. Malheureusement, en politique internationale, "donner le bon exemple" est bien souvent contre-productif. Quand bien même toutes les armes américaines seraient retirées d'Europe, ce serait une illusion grave que de croire que les programmes pakistanais, chinois, indiens, nord-coréens, iraniens en seraient affectés.
Au-delà, "l'objectif zéro" en matière nucléaire militaire me semble être naïf. Petite anecdote, j'assistais - en 2004, je pense - à une réunion du Parlement où s'exprimait un sénateur américain partisan du "global zero", qui entraîna à sa suite les députés présents. Son discours me sembalit toutefois ambigu, aussi avais-je demandé si la mesure concernerait aussi les Etats-Unis. Suite à quoi sa réponse fut on ne peut plus claire : "non, pas tout de suite". Quelques députés avaient tiqué. Rare étaient ceux qui avaient compris que tant qu'une seule puissance disposeraient du nucléaire, les autres chercheraient également à l'avoir.
Reste aussi un autre point, faisant référence aux relations transtlantiques. Pour Bruxelles, la disposition d'armes US sur son territoire impliquait une attention plus soutenue de Washington, attention que les seuls (maigres) investissements belges dans le militaire conventionnel n'attirent guère. Cette dimension me semble déconsidérée dans l'opinion publiée, alors pourtant que ce poids politique gagné ne mange guère de pain.
Mais force est aussi de constater que les quatre signataires ont fait peu pour renforcer la position belge sur l'échiquier des forces OTAN : après avoir lancé la réforme de l'armée en 1999, le gouvernement duquel Guy Verhofstadt et Louis Michel ont fait partie n'a pas honoré ses engagements en matière d'investissements...
jeudi 18 février 2010
L'armée de l'Air va recevoir de nouvelles AASM
Fin décembre 2009, la DGA a notifié à la société Sagem DS un contrat d’acquisition de 680 kits d’armement air-sol modulaire (AASM). Cela porte à 1 424 le nombre total de kits AASM commandés à ce jour pour équiper les Rafale de l’armée de l’Air et de la Marine.
L’AASM est constitué d’un kit de guidage et d’un kit d’augmentation de portée se montant sur des corps de bombe standard. Cet ensemble permet de tirer à distance de sécurité de la cible (plus de 50 km), dans toutes les conditions météorologiques, de jour comme de nuit. En dotation depuis 2007 dans les forces aériennes françaises, la version à guidage inertiel/GPS de l’AASM a été utilisée avec succès, à plusieurs reprises, en Afghanistan.
L’AASM est constitué d’un kit de guidage et d’un kit d’augmentation de portée se montant sur des corps de bombe standard. Cet ensemble permet de tirer à distance de sécurité de la cible (plus de 50 km), dans toutes les conditions météorologiques, de jour comme de nuit. En dotation depuis 2007 dans les forces aériennes françaises, la version à guidage inertiel/GPS de l’AASM a été utilisée avec succès, à plusieurs reprises, en Afghanistan.
mercredi 17 février 2010
Malouines: tensions ré-émergentes
Selon le Times, l’Argentine s’engage dans une politique de prise de contrôle du trafic entre les îles Malouines/Falklands et le continent, se positionnant ainsi de façon à pouvoir mener un véritable blocus.
C’est la conséquence d’un décret promu par la présidence de Buenos Aires, selon lequel tout navire naviguant dans les eaux revendiquées par l’Argentine doit avoir un permis donné par Buenos Aires.
Ce mouvement argentin intervient après l’envoi par la Grande-Bretagne d’une plateforme de prospection pétrolière – la zone pouvant contenir des gisements estimés à 60 milliards de barils (à titre de comparaison, la mer du Nord a produit jusqu’ici 40 milliards de barils).
Pour l’heure, un destroyer, 300 soldats et 4 Eurofighter sont présents aux Malouines, un responsable britannique indiquant qu’en 1982, seuls 50 Royal Marines étaient présents dans les îles. Les Malouines ont été occupées par la Grande-Bretagne depuis 1833 et sont depuis lors revendiquées par l’Argentine.
Au final, force est également de constater que l’affaire tombe bien pour la Royal Navy qui se bat toujours pour avoir deux porte-avions, soit des bâtiments sans lesquels l’opération Corporate, en 1982, eut été impossible.
C’est la conséquence d’un décret promu par la présidence de Buenos Aires, selon lequel tout navire naviguant dans les eaux revendiquées par l’Argentine doit avoir un permis donné par Buenos Aires.
Ce mouvement argentin intervient après l’envoi par la Grande-Bretagne d’une plateforme de prospection pétrolière – la zone pouvant contenir des gisements estimés à 60 milliards de barils (à titre de comparaison, la mer du Nord a produit jusqu’ici 40 milliards de barils).
Pour l’heure, un destroyer, 300 soldats et 4 Eurofighter sont présents aux Malouines, un responsable britannique indiquant qu’en 1982, seuls 50 Royal Marines étaient présents dans les îles. Les Malouines ont été occupées par la Grande-Bretagne depuis 1833 et sont depuis lors revendiquées par l’Argentine.
Au final, force est également de constater que l’affaire tombe bien pour la Royal Navy qui se bat toujours pour avoir deux porte-avions, soit des bâtiments sans lesquels l’opération Corporate, en 1982, eut été impossible.
mardi 16 février 2010
Le rayon de la mort a frappé : deux missiles au tapis
On a appris le 11 février que le laser aéroporté de défense antimissile YABL-1A a, pour la première fois, effectué deux interceptions en vol de deux engins balistiques, en moins d’une heure. La séquence détection-poursuite-destruction, intégralement réalisée en vol, a donc été validée. Reste que le programme est toujours, poiur l'heure, qualifié de démonstrateur.
L'occasion pour moi de revenir, à l'invitation d'Olivier Fourt, sur cette question dans l'émission "Ligne de défense", sur RFI, dimanche prochain à 12h30. L'émission sera disponible en podcast ici.
L'occasion pour moi de revenir, à l'invitation d'Olivier Fourt, sur cette question dans l'émission "Ligne de défense", sur RFI, dimanche prochain à 12h30. L'émission sera disponible en podcast ici.
Olivier Entraygues sur la toile
Pas mal de lecteurs m'avaient demandé où l'on pouvait trouver les ouvrages d'Olivier Entraygues. Je les lui transférais, évidemment, mais le plus simple est encore d'aller jeter un oeil sur sa tanière, où vous trouverez au surplus les articles qu'il a publié dans le DSI. C'est ici que ça se passe.
lundi 15 février 2010
Un petit clin d'oeil...
à Alain, que vous avez certainement déjà lu et qui se trouvait dans les trains entrés en collision ce matin près de Halle. Il s'en est sorti. Il a eu plus de chance qu'une vingtaine de personnes, qui ont trouvé la mort... Allez mon canard, on t'aime !
Vers une armée européenne ? Séminaire "penser la guerre"
La troisième séance du séminaire "Penser la guerre" aura lieu mardi 16 février de 19h à 21h à l'EHESS (105, bd. Raspail Paris 6e) en salle 4.
Le thème de cette séance sera : "Vers une armée européenne ?", avec Delphine Deschaux-Beaume, docteure en science politique et enseignante à Sciences-Po Grenoble, et Yves Boyer, directeur-adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique et professeur à l'Ecole Polytechnique. Tous deux sont spécialistes de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
Le séminaire est ouvert à tous, sans inscription préalable.
Le thème de cette séance sera : "Vers une armée européenne ?", avec Delphine Deschaux-Beaume, docteure en science politique et enseignante à Sciences-Po Grenoble, et Yves Boyer, directeur-adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique et professeur à l'Ecole Polytechnique. Tous deux sont spécialistes de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
Le séminaire est ouvert à tous, sans inscription préalable.
Une révolution militaire au carrefour ? Les armées européennes face à l’indécision des guerres du XVIIIe siècle
Benoist Bihan donnera le 18 février à l'EHESS une conférence sur le thème : « Une révolution militaire au carrefour ? Les armées européennes face à l’indécision des guerres du XVIIIe siècle »
« L’histoire de l’art de la guerre au XVIIIe siècle en Europe de l’Ouest pourrait se résumer aux tentatives de surmonter l’indécision de conflits caractérisés par ce qui fut qualifié de ‘blocage tactique’, à savoir l’impossibilité de remporter des succès décisifs sur le champ de bataille. Confrontées à ce problème, les armées des grandes puissances européennes se sont vues contraintes de trouver, parfois en cours de conflit, des moyens de dépasser le blocage tactique. Avant que le modèle de guerre napoléonien, héritier des penseurs militaires de la seconde moitié du XVIIIe siècle – Guibert, Bourcet, Frédéric II – ne s’impose définitivement, diverses approches se sont succédées qui toutes visaient à résoudre la question du blocage tactique. Les guerres du siècle des Lumières peuvent ainsi être considérées comme autant de laboratoires d’une révolution de l’art de la guerre en train de s’opérer, et offrent une opportunité exceptionnelle de réfléchir sur les processus de transformation des outils militaires et de leurs modes d’action. »
Les séances se tiennent de 17 h à 19 h à la Maison des Sciences de l’Homme,
54 boulevard Raspail, 75006 Paris ; salle 242, 2e étage
(Attention : contrairement aux années précédentes, nous ne sommes plus au 105 boulevard Raspail…)
« L’histoire de l’art de la guerre au XVIIIe siècle en Europe de l’Ouest pourrait se résumer aux tentatives de surmonter l’indécision de conflits caractérisés par ce qui fut qualifié de ‘blocage tactique’, à savoir l’impossibilité de remporter des succès décisifs sur le champ de bataille. Confrontées à ce problème, les armées des grandes puissances européennes se sont vues contraintes de trouver, parfois en cours de conflit, des moyens de dépasser le blocage tactique. Avant que le modèle de guerre napoléonien, héritier des penseurs militaires de la seconde moitié du XVIIIe siècle – Guibert, Bourcet, Frédéric II – ne s’impose définitivement, diverses approches se sont succédées qui toutes visaient à résoudre la question du blocage tactique. Les guerres du siècle des Lumières peuvent ainsi être considérées comme autant de laboratoires d’une révolution de l’art de la guerre en train de s’opérer, et offrent une opportunité exceptionnelle de réfléchir sur les processus de transformation des outils militaires et de leurs modes d’action. »
Les séances se tiennent de 17 h à 19 h à la Maison des Sciences de l’Homme,
54 boulevard Raspail, 75006 Paris ; salle 242, 2e étage
(Attention : contrairement aux années précédentes, nous ne sommes plus au 105 boulevard Raspail…)
vendredi 12 février 2010
QDR 2010
Publiée tous les quatre ans, la Quadriennal Defense Review est l’un des documents majeurs de la politique de défense américaine : c’est elle qui définit les orientations prises par le Pentagone. C'est d'ailleurs étonnant que personne n'en parle...
Considérée comme « de temps de guerre », cette QDR définit deux grands objectifs : « Premièrement, continuer à rééquilibrer les capacités des forces armées américaines pour leur permettre de remporter les guerres actuelles, tout en se dotant des capacités requises pour faire face aux menaces futures. Deuxièmement, continuer à réformer les institutions et les procédures du Département pour mieux satisfaire aux besoins urgents des combattants ; acquérir des armes qui soient utilisables, réellement nécessaires et de prix raisonnable ; et veiller à ce que l’argent des contribuables soit dépensé sagement et judicieusement ».
Notez la thématique du rééquilibrage : en gros, il s'agit de la jouer "real full spectrum" et de réorienter une partie du dispositif sur les missions COIN (les forces spéciales sont d'ailleurs chouchoutées par cette QDR qui établit le niveau de 660 équipes comme objectif). Rien de bien neuf en réalité : il s'agit de la transcription de la position de Robert Gates, que le général Desportes avait analysé dans DSI il y a quelques mois.
Parmi les objectifs classiques – gagner les guerres d’aujourd’hui, y compris en contre-insurrection, prévenir les conflits, être capable de combattre dans une large gamme d’opérations, prévenir la prolifération d’armes de destruction massives ou encore utiliser efficacement le cyberespace – le lecteur remarquera qu’« empêcher et vaincre les agressions dans contextes d’anti-accès » est devenu l’un des défis recherchés.
Concrètement, la rhétorique fait assez clairement allusion à la Chine (même si elle n’est pas nommément citée) et au développement de ses capacités navales. Les capacités de frappe à longue distance mais aussi la préservation des capacités spatiales US sont vues, dans ce cadre, comme nécessaires.
Les relations internationales de défense sont également vues comme prioritaires, imposant notamment de nouveaux mécanismes permettant de transférer rapidement des technologies critiques aux Etats alliés. Le personnel militaire fait également l’objet d’une grande attention, tout comme – ce n’est pas une surprise – la réforme des procédures d’achat.
Considérée comme « de temps de guerre », cette QDR définit deux grands objectifs : « Premièrement, continuer à rééquilibrer les capacités des forces armées américaines pour leur permettre de remporter les guerres actuelles, tout en se dotant des capacités requises pour faire face aux menaces futures. Deuxièmement, continuer à réformer les institutions et les procédures du Département pour mieux satisfaire aux besoins urgents des combattants ; acquérir des armes qui soient utilisables, réellement nécessaires et de prix raisonnable ; et veiller à ce que l’argent des contribuables soit dépensé sagement et judicieusement ».
Notez la thématique du rééquilibrage : en gros, il s'agit de la jouer "real full spectrum" et de réorienter une partie du dispositif sur les missions COIN (les forces spéciales sont d'ailleurs chouchoutées par cette QDR qui établit le niveau de 660 équipes comme objectif). Rien de bien neuf en réalité : il s'agit de la transcription de la position de Robert Gates, que le général Desportes avait analysé dans DSI il y a quelques mois.
Parmi les objectifs classiques – gagner les guerres d’aujourd’hui, y compris en contre-insurrection, prévenir les conflits, être capable de combattre dans une large gamme d’opérations, prévenir la prolifération d’armes de destruction massives ou encore utiliser efficacement le cyberespace – le lecteur remarquera qu’« empêcher et vaincre les agressions dans contextes d’anti-accès » est devenu l’un des défis recherchés.
Concrètement, la rhétorique fait assez clairement allusion à la Chine (même si elle n’est pas nommément citée) et au développement de ses capacités navales. Les capacités de frappe à longue distance mais aussi la préservation des capacités spatiales US sont vues, dans ce cadre, comme nécessaires.
Les relations internationales de défense sont également vues comme prioritaires, imposant notamment de nouveaux mécanismes permettant de transférer rapidement des technologies critiques aux Etats alliés. Le personnel militaire fait également l’objet d’une grande attention, tout comme – ce n’est pas une surprise – la réforme des procédures d’achat.
Robotique : une journée d'étude pour faire le point
Allez hop, à vos agendas : le CREC St Cyr organise le 8 mars à l'Ecole militaire (amphi Desvallières) une journée d'études sur la robotisation du champ de bataille, avec trois grandes thémas :
- Les robots sur le champ de bataille : retours d'expérience
- Perspectives technologiques et industrielles
- La Défense française face à la robotisation du champ de bataille
Alors, c'est ouvert, c'est gratuit (bande de veinards) mais il faut réserver : y'en aura pas pour tout le monde. Bref, programme et renseignements ici.
- Les robots sur le champ de bataille : retours d'expérience
- Perspectives technologiques et industrielles
- La Défense française face à la robotisation du champ de bataille
Alors, c'est ouvert, c'est gratuit (bande de veinards) mais il faut réserver : y'en aura pas pour tout le monde. Bref, programme et renseignements ici.
jeudi 11 février 2010
A propos des chars...
Je m'en rends compte maintenant mais Alex me posait une question : "que pensez-vous de la déclaration de De Crem selon laquelle "Si j’avais succombé aux réflexes corporatistes de l’armée, j’aurais investi dans les chars Léopard qui n’ont plus qu’une seule utilité : défiler le 21 juillet sur la Place royale. Mais avec lesquels on n’est rien à l’étranger en opération".
Et bien, ma réponse est très simple : le marché des chars de combat représente jusqu'en 2018 environ 6 500 engins neufs de par le monde à en croire les analyses US, principalement en Asie, ce qui est historiquement assez bas, c'est vrai.
Mais c'est une menace, à long terme - et tout militaire sait qu'on démentèle bien plus vite qu'on ne (ré)acquiert les savoirs-faire. Cette menace se double du fait que le char n'est plus seulement utilisé pour combattre d'autres chars : les Canadiens et quelques autres en Afghanistan le savent bien. Les derniers concepts d'emploi parus ici et là le montrent bien.
Donc, au risque d'une analyse pour le moins légère (ce qui n'exclut pas le bon sens), si nous sommes le seul pays européen de taille moyenne (la Slovénie ou l'Estonie sont des petits pays, pas une Belgique qui a autant d'habitants ou à peu près que la Grèce ou la Suède) à abandonner les chars, que l'on m'explique pourquoi les autres pays de taille moyenne les conservent, alors qu'ils sont tous affectés par des réductions budgétaires. Les réflexes corporatistes ?
Non, je ne crois pas. Une bonne analyse prospective, j'y crois plus.
Nb : petit addendum en forme de sourire : lorsqu'il a annulé les ubuesques AIV/90 mm, De Crem a justifié sa décision parce qu'il s'agissait de gravir le Mont Ventoux avec un tricycle. Et bien, je crains qu'il ne faille gravir ledit mont à plat-ventre !
Et bien, ma réponse est très simple : le marché des chars de combat représente jusqu'en 2018 environ 6 500 engins neufs de par le monde à en croire les analyses US, principalement en Asie, ce qui est historiquement assez bas, c'est vrai.
Mais c'est une menace, à long terme - et tout militaire sait qu'on démentèle bien plus vite qu'on ne (ré)acquiert les savoirs-faire. Cette menace se double du fait que le char n'est plus seulement utilisé pour combattre d'autres chars : les Canadiens et quelques autres en Afghanistan le savent bien. Les derniers concepts d'emploi parus ici et là le montrent bien.
Donc, au risque d'une analyse pour le moins légère (ce qui n'exclut pas le bon sens), si nous sommes le seul pays européen de taille moyenne (la Slovénie ou l'Estonie sont des petits pays, pas une Belgique qui a autant d'habitants ou à peu près que la Grèce ou la Suède) à abandonner les chars, que l'on m'explique pourquoi les autres pays de taille moyenne les conservent, alors qu'ils sont tous affectés par des réductions budgétaires. Les réflexes corporatistes ?
Non, je ne crois pas. Une bonne analyse prospective, j'y crois plus.
Nb : petit addendum en forme de sourire : lorsqu'il a annulé les ubuesques AIV/90 mm, De Crem a justifié sa décision parce qu'il s'agissait de gravir le Mont Ventoux avec un tricycle. Et bien, je crains qu'il ne faille gravir ledit mont à plat-ventre !
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