
mercredi 9 décembre 2009
Colloque : penser la guerre au 17ème siècle
Université Paris VIII – CERPHI
Penser la guerre au xviie siècle
modèle, paradigme, métaphore, concept ?
14, 15 et 16 janvier 2010
Université Paris 8
2, avenue de la liberté
Saint-Denis
Salle B 106
Au commencement, une présence-absence : la guerre, au XVIIe siècle, semble intuitivement constituer au moins un horizon, au plus un objet parmi d’autres très concrets dans la pensée du XVIIe siècle. Pour autant, à y regarder de près, c’est plutôt sa relative absence qui frappe, comme si la guerre, suffisamment présente dans la réalité, ne méritait pas mention et traitement véritables. Or, en tant qu’expression réelle et évidente des relations entre États, la guerre joue nécessairement un rôle dans la pensée et dans l’élaboration des systèmes : imprègne-t-elle la pensée politique sans pour autant figurer parmi ses concepts, ou bien constitue-t-elle un obstacle, une épreuve pour la pensée, de sorte qu’il faille revoir nos lectures avec ce nouvel angle d’attaque ? Au-delà de la relative absence d’homogénéité dans le corpus, il existe pourtant bien des convergences de thèmes ou des discussions de concepts, indice d’un objet philosophique, peut-être en formation, non immédiatement reconnu comme tel. À cet égard, le siècle suivant élèvera beaucoup plus clairement la guerre au rang de concept dans une littérature centrée sur la recherche de la paix perpétuelle.
Différents statuts sont revêtus par la notion, selon les auteurs et selon le contexte :
- La guerre peut intervenir dans un système philosophique à titre d’illustration qui rende compte partiel d’une théorie. À cet égard, il est nécessaire de déterminer si la guerre est un exemple, une description utile pour décrire un champ politique, ou bien si elle est centrale dans la progression démonstrative.
- La guerre comme paradigme est sans doute le plus connu des usages au XVIIe siècle ; encore faudrait-il nuancer pour savoir si la guerre à l’état de nature reste exclusivement un paradigme ou si elle revêt discrètement d’autres formes, selon les passages évoqués et selon les auteurs.
- La question se pose de savoir si la guerre peut être un concept à part entière, au même titre que les catégories classiques de la philosophie politique ; et, dans ce cas, il faut se demander quelles sont sa compréhension, sa définition et quel rôle, nécessairement singulier, elle assume à l’intérieur d’un système.
- La guerre peut aussi être un instrument pour exprimer d’autres domaines, constituer un prisme aux multiples faces pour rendre compte de la condition humaine, participer d’une anthropologie, ou être revendiquée comme l’activité principale d’un État. Dans cette perspective, on peut se demander si la guerre est une notion employée pour ancrer la réflexion dans la réalité ou bien si elle est une métaphore pour un mode de relation entre les hommes.
- Enfin, la guerre est évidemment une situation juridiquement formulable, ce qui nous renvoie à une tradition ancienne de la guerre juste. Pierre de touche d’une théorie qui se veut complète, quelle est la place de la guerre, entre réalité et cas d’école, par rapport au contrat, à la limitation… ?
La liste est ouverte, qui entend éclairer les différentes acceptions de la notion de guerre dans les systèmes philosophiques du XVIIe siècle, et qui prend en compte le fait que, pour être d’abord assez indéterminée, la place de la guerre peut avoir plusieurs dimensions en même temps, rien n’étant jamais fixé : dans un système, la guerre est bel et bien non systématique. Peut-on alors parler d’une pensée de la guerre ?
Jeudi 14
Matinée
9h30
Ninon Grangé (Paris 8)
Introduction
10h00
Alain Brossat (Paris 8)
La guerre sans l’État – l’hétérodoxie Coxinga.
11h00
Hélène Bouchilloux (Nancy 2)
Pascal : une dialectique des figures de la guerre.
Après-midi
14h00
Luc Borot (Maison française d’Oxford)
Le concept de guerre et la réalité de la guerre chez Hobbes dans sa politique et ses histoires.
15h00
Jérémie Duhamel (EHESS)
Vertus et temporalités de la guerre chez Hobbes.
16h00
Jean Terrel (Bordeaux III)
Hobbes penseur de la guerre.
Vendredi 15
Matinée
9h30
Jacqueline Lagrée (Rennes I)
Guerre et anthropologie dans le néostoïcisme.
10h30
Maria Luisa Camara Garcia (Un. de Castilla-La Mancha)
La mémoire de Fray Bartolomé de Las Casas chez Francisco de Quevedo : déplacement des enjeux sur la guerra justa.
11h30
Dominique Weber (CPGE, Vanves)
Les « batailles du Seigneur » des « saints » puritains anglais du XVIIe s. : des guerres d’un nouveau genre ?
Après-midi
14h00
Catherine Larrère (Paris I)
Guerre privée et guerre publique dans le Droit de la guerre et de la paix de Grotius.
15h00
Hervé Guineret (Dijon)
Grotius et la guerre : de la justification à la justice.
16h00
Jean-Vincent Holeindre (EHESS)
La ruse et la guerre au XVIIe siècle
Samedi 16
Matinée
9h30
Nicolas Israël (Lyon 3)
La guerre parmi les populations au XVIIe siècle
10h30
Stéphane Douailler (Paris 8)
La guerre classique et le meurtre démocratique.
11h30
Cécile Nicco (Le Mans)
La guerre chez Spinoza : une réalité à rationaliser.
12h30
Pierre-François Moreau (ENS-LSH)
Conclusion
Comité d’organisation :
Ninon Grangé (université Paris 8), Cécile Nicco (Le Mans)
Comité scientifique :
Stéphane Douailler (université Paris 8)
Ninon Grangé (université Paris 8)
Cécile Nicco (Le Mans)
Pierre-François Moreau (ENS-LSH),
Jean Terrel (université Bordeaux III)
Contact :
ninon.grange@wanadoo.fr
Accès :
Métro ligne 13, station « Saint-Denis Université ».
Penser la guerre au xviie siècle
modèle, paradigme, métaphore, concept ?
14, 15 et 16 janvier 2010
Université Paris 8
2, avenue de la liberté
Saint-Denis
Salle B 106
Au commencement, une présence-absence : la guerre, au XVIIe siècle, semble intuitivement constituer au moins un horizon, au plus un objet parmi d’autres très concrets dans la pensée du XVIIe siècle. Pour autant, à y regarder de près, c’est plutôt sa relative absence qui frappe, comme si la guerre, suffisamment présente dans la réalité, ne méritait pas mention et traitement véritables. Or, en tant qu’expression réelle et évidente des relations entre États, la guerre joue nécessairement un rôle dans la pensée et dans l’élaboration des systèmes : imprègne-t-elle la pensée politique sans pour autant figurer parmi ses concepts, ou bien constitue-t-elle un obstacle, une épreuve pour la pensée, de sorte qu’il faille revoir nos lectures avec ce nouvel angle d’attaque ? Au-delà de la relative absence d’homogénéité dans le corpus, il existe pourtant bien des convergences de thèmes ou des discussions de concepts, indice d’un objet philosophique, peut-être en formation, non immédiatement reconnu comme tel. À cet égard, le siècle suivant élèvera beaucoup plus clairement la guerre au rang de concept dans une littérature centrée sur la recherche de la paix perpétuelle.
Différents statuts sont revêtus par la notion, selon les auteurs et selon le contexte :
- La guerre peut intervenir dans un système philosophique à titre d’illustration qui rende compte partiel d’une théorie. À cet égard, il est nécessaire de déterminer si la guerre est un exemple, une description utile pour décrire un champ politique, ou bien si elle est centrale dans la progression démonstrative.
- La guerre comme paradigme est sans doute le plus connu des usages au XVIIe siècle ; encore faudrait-il nuancer pour savoir si la guerre à l’état de nature reste exclusivement un paradigme ou si elle revêt discrètement d’autres formes, selon les passages évoqués et selon les auteurs.
- La question se pose de savoir si la guerre peut être un concept à part entière, au même titre que les catégories classiques de la philosophie politique ; et, dans ce cas, il faut se demander quelles sont sa compréhension, sa définition et quel rôle, nécessairement singulier, elle assume à l’intérieur d’un système.
- La guerre peut aussi être un instrument pour exprimer d’autres domaines, constituer un prisme aux multiples faces pour rendre compte de la condition humaine, participer d’une anthropologie, ou être revendiquée comme l’activité principale d’un État. Dans cette perspective, on peut se demander si la guerre est une notion employée pour ancrer la réflexion dans la réalité ou bien si elle est une métaphore pour un mode de relation entre les hommes.
- Enfin, la guerre est évidemment une situation juridiquement formulable, ce qui nous renvoie à une tradition ancienne de la guerre juste. Pierre de touche d’une théorie qui se veut complète, quelle est la place de la guerre, entre réalité et cas d’école, par rapport au contrat, à la limitation… ?
La liste est ouverte, qui entend éclairer les différentes acceptions de la notion de guerre dans les systèmes philosophiques du XVIIe siècle, et qui prend en compte le fait que, pour être d’abord assez indéterminée, la place de la guerre peut avoir plusieurs dimensions en même temps, rien n’étant jamais fixé : dans un système, la guerre est bel et bien non systématique. Peut-on alors parler d’une pensée de la guerre ?
Jeudi 14
Matinée
9h30
Ninon Grangé (Paris 8)
Introduction
10h00
Alain Brossat (Paris 8)
La guerre sans l’État – l’hétérodoxie Coxinga.
11h00
Hélène Bouchilloux (Nancy 2)
Pascal : une dialectique des figures de la guerre.
Après-midi
14h00
Luc Borot (Maison française d’Oxford)
Le concept de guerre et la réalité de la guerre chez Hobbes dans sa politique et ses histoires.
15h00
Jérémie Duhamel (EHESS)
Vertus et temporalités de la guerre chez Hobbes.
16h00
Jean Terrel (Bordeaux III)
Hobbes penseur de la guerre.
Vendredi 15
Matinée
9h30
Jacqueline Lagrée (Rennes I)
Guerre et anthropologie dans le néostoïcisme.
10h30
Maria Luisa Camara Garcia (Un. de Castilla-La Mancha)
La mémoire de Fray Bartolomé de Las Casas chez Francisco de Quevedo : déplacement des enjeux sur la guerra justa.
11h30
Dominique Weber (CPGE, Vanves)
Les « batailles du Seigneur » des « saints » puritains anglais du XVIIe s. : des guerres d’un nouveau genre ?
Après-midi
14h00
Catherine Larrère (Paris I)
Guerre privée et guerre publique dans le Droit de la guerre et de la paix de Grotius.
15h00
Hervé Guineret (Dijon)
Grotius et la guerre : de la justification à la justice.
16h00
Jean-Vincent Holeindre (EHESS)
La ruse et la guerre au XVIIe siècle
Samedi 16
Matinée
9h30
Nicolas Israël (Lyon 3)
La guerre parmi les populations au XVIIe siècle
10h30
Stéphane Douailler (Paris 8)
La guerre classique et le meurtre démocratique.
11h30
Cécile Nicco (Le Mans)
La guerre chez Spinoza : une réalité à rationaliser.
12h30
Pierre-François Moreau (ENS-LSH)
Conclusion
Comité d’organisation :
Ninon Grangé (université Paris 8), Cécile Nicco (Le Mans)
Comité scientifique :
Stéphane Douailler (université Paris 8)
Ninon Grangé (université Paris 8)
Cécile Nicco (Le Mans)
Pierre-François Moreau (ENS-LSH),
Jean Terrel (université Bordeaux III)
Contact :
ninon.grange@wanadoo.fr
Accès :
Métro ligne 13, station « Saint-Denis Université ».
mardi 8 décembre 2009
Colloque : l'armistice de 40 : faute ou nécessité ?
L’ARMISTICE DE 1940, FAUTE OU NÉCESSITÉ ?
Sous le haut patronage du général Desportes, directeur du collège interarmées de défense
Le professeur Jean-David Avenel, président de la commission française d’histoire militaire
Le contrôleur général des armées (2S) Jean–Philippe Ricalens, directeur de collections éditions Economica
Ont le plaisir de vous inviter au colloque sur l’armistice de 1940,le jeudi 14 janvier 2010, de 9h15 à 17h30, amphi Desvalières, Ecole militaire
I. LA SITUATION DE JUIN 1940
Introduction et modérateur : Jean-Philippe Ricalens
- L’armée de terre française, en France et en Afrique du Nord, par le colonel (ER) Paul Gaujac
- Les capacités de l’armée de l’air française en Afrique du Nord,par Patrick Facon, directeur de recherche au service historique de la défense
- L’amirauté française face aux problèmes de transport maritime,par le capitaine de vaisseau (ER) Claude Huan
- La politique de Hitler et les possibilités allemandes et italiennes, par le professeur d’histoire Philippe Richardot
- La situation intérieure et l’état de l’opinion française,par Henri de Wailly, chercheur associé au service historique de la défense
- Paul Reynaud et le général Weygand, la question de l’armistice, de la défaite militaire au projet d’union franco-britannique par le professeur Elisabeth du Réau
Questions et réponses.
-déjeuner à 13h00.
II. LE DÉBAT (à partir de 14h00)
Modérateur : général (2S) Maurice Faivre,vice-président de la commission française d’histoire militaire
- Les choix stratégiques en juin 1940, par le colonel (ER) Louis-Christian Michelet
- La volonté et la capacité de défendre l’Afrique du Nord, par Jacques Belle, conseiller maître honoraire à la cour des comptes
- Le point de vue britannique sur l’armistice, par le professeur Antoine Capet
- Le point de vue italien sur l’armistice, par Ciro Paoletti, directeur d’études historiques et militaires
- Le caractère indispensable de l’armistice,par le capitaine de frégate (ER) Bernard LegouxQuestions et réponses
- Conclusion, par le professeur Jean-David Avenel
Inscription
- soit par courrier au moyen du coupon-réponse ci joint adressé à PE Barral, 13 rue Linné, 75005
-soit par courriel à secretaire-general.cfhm@club-internet.fr
Coupon-réponse
M.Mme.Mlle………………………………………………………………..
Adresse : ……………………………………………………………………
Assistera, accompagné(e) de M. Mme. Mlle…………………………………
au colloque du 14 janvier à l’Ecole militaire.
Déjeunera à la cafeteria de l’Ecole.
Joindre un chèque de 10 euros = repas 6€ + participation aux frais 4€. Voitures déconseillées.
Sous le haut patronage du général Desportes, directeur du collège interarmées de défense
Le professeur Jean-David Avenel, président de la commission française d’histoire militaire
Le contrôleur général des armées (2S) Jean–Philippe Ricalens, directeur de collections éditions Economica
Ont le plaisir de vous inviter au colloque sur l’armistice de 1940,le jeudi 14 janvier 2010, de 9h15 à 17h30, amphi Desvalières, Ecole militaire
I. LA SITUATION DE JUIN 1940
Introduction et modérateur : Jean-Philippe Ricalens
- L’armée de terre française, en France et en Afrique du Nord, par le colonel (ER) Paul Gaujac
- Les capacités de l’armée de l’air française en Afrique du Nord,par Patrick Facon, directeur de recherche au service historique de la défense
- L’amirauté française face aux problèmes de transport maritime,par le capitaine de vaisseau (ER) Claude Huan
- La politique de Hitler et les possibilités allemandes et italiennes, par le professeur d’histoire Philippe Richardot
- La situation intérieure et l’état de l’opinion française,par Henri de Wailly, chercheur associé au service historique de la défense
- Paul Reynaud et le général Weygand, la question de l’armistice, de la défaite militaire au projet d’union franco-britannique par le professeur Elisabeth du Réau
Questions et réponses.
-déjeuner à 13h00.
II. LE DÉBAT (à partir de 14h00)
Modérateur : général (2S) Maurice Faivre,vice-président de la commission française d’histoire militaire
- Les choix stratégiques en juin 1940, par le colonel (ER) Louis-Christian Michelet
- La volonté et la capacité de défendre l’Afrique du Nord, par Jacques Belle, conseiller maître honoraire à la cour des comptes
- Le point de vue britannique sur l’armistice, par le professeur Antoine Capet
- Le point de vue italien sur l’armistice, par Ciro Paoletti, directeur d’études historiques et militaires
- Le caractère indispensable de l’armistice,par le capitaine de frégate (ER) Bernard LegouxQuestions et réponses
- Conclusion, par le professeur Jean-David Avenel
Inscription
- soit par courrier au moyen du coupon-réponse ci joint adressé à PE Barral, 13 rue Linné, 75005
-soit par courriel à secretaire-general.cfhm@club-internet.fr
Coupon-réponse
M.Mme.Mlle………………………………………………………………..
Adresse : ……………………………………………………………………
Assistera, accompagné(e) de M. Mme. Mlle…………………………………
au colloque du 14 janvier à l’Ecole militaire.
Déjeunera à la cafeteria de l’Ecole.
Joindre un chèque de 10 euros = repas 6€ + participation aux frais 4€. Voitures déconseillées.
lundi 7 décembre 2009
Feuilleter DSI n°54...
C'est possible ! La bête est en kiosque depuis samedi mais vous pouvez en avoir un aperçu ici :
http://www.journaux.fr/feuilleteur.php?id=93320&fromrevue=presse
http://www.journaux.fr/feuilleteur.php?id=93320&fromrevue=presse
jeudi 3 décembre 2009
Le chômage, facteur de stabilisation en COIN ?
Nombre d’interventions politiques – mais aussi de travaux sur la contre-insurrection – mettent en évidence le fait que le chômage, et, plus largement, la pauvreté, constituerait un facteur nourrissant les insurrections. Cet axiome détermine ainsi nombre de politiques étrangères et de coopération au développement dans les pays européens et trouve des ramifications jusque dans les programmes de la Commission européenne.
La création d’emplois – généralement par les Etats sous perfusion des coalitions, les économies locales n’étant guère solvables – est également citée comme l’un des éléments des stratégies contre-insurrectionnelles. Généralement, l’idée est associée au fait que les populations les moins éduquées sont également les plus susceptibles de basculer dans la violence armée.
Or, si Marc Sageman avait déjà démontré que l’éducation ne constituait pas une parade contre le basculement dans le terrorisme, un rapport du National Bureau of Economic Research américain, Do Working Men Rebels ?, vient de montrer les limites de l’approche.
Sur base de l’expérience des Philippines et de l’Irak, un économiste, un colonel et un politologue ont ainsi montré que la corrélation « violence/inoccupation professionnelle » est fausse. Outre le fait que les salaires versés par les Etats peuvent ne pas être aussi élevés que les gains espérés par le combattant potentiel, les bakchichs payés aux civils pour obtenir des renseignements peuvent être plus faibles lorsque lesdits civils sont au chômage. Pour un montant donné, le nombre de renseignements reçus par les armées serait plus élevé.
D’autres facteurs entrent également en ligne de compte, notamment pour expliquer l’échec de la tactique britannique à Bassorah visant à la mise en place d’une myriade de projets professionnels, comme le fait qu’elles associent la population qui en bénéficie à l’adversaire, ce qui en ferait une cible. Une nouvelle illustration, en somme, de la nature paradoxale de la stratégie…
La création d’emplois – généralement par les Etats sous perfusion des coalitions, les économies locales n’étant guère solvables – est également citée comme l’un des éléments des stratégies contre-insurrectionnelles. Généralement, l’idée est associée au fait que les populations les moins éduquées sont également les plus susceptibles de basculer dans la violence armée.
Or, si Marc Sageman avait déjà démontré que l’éducation ne constituait pas une parade contre le basculement dans le terrorisme, un rapport du National Bureau of Economic Research américain, Do Working Men Rebels ?, vient de montrer les limites de l’approche.
Sur base de l’expérience des Philippines et de l’Irak, un économiste, un colonel et un politologue ont ainsi montré que la corrélation « violence/inoccupation professionnelle » est fausse. Outre le fait que les salaires versés par les Etats peuvent ne pas être aussi élevés que les gains espérés par le combattant potentiel, les bakchichs payés aux civils pour obtenir des renseignements peuvent être plus faibles lorsque lesdits civils sont au chômage. Pour un montant donné, le nombre de renseignements reçus par les armées serait plus élevé.
D’autres facteurs entrent également en ligne de compte, notamment pour expliquer l’échec de la tactique britannique à Bassorah visant à la mise en place d’une myriade de projets professionnels, comme le fait qu’elles associent la population qui en bénéficie à l’adversaire, ce qui en ferait une cible. Une nouvelle illustration, en somme, de la nature paradoxale de la stratégie…
mercredi 2 décembre 2009
Le BEM revient sur les aéronavales
Allez zou, un peu de lectures en plus : le dernier Bulletin d'Etudes de la Marine revient sur l'évolution des aéronavales, en particulier de la française. Publié déjà depuis un petit temps, il est à présent disponible en ligne.
mardi 1 décembre 2009
Journée d'étude sur l'Irak au CHPM suisse
Le Centre d'Histoire et de Prospective Militaire suisse organise le 5 décembre 2009 une journée d'étude sur la guerre d'Irak
5 décembre 2009
Centre Général Guisan, av. Général Guisan 117-119,
1009 Pully
Tél. +41(0)21 729 46 44 – Fax +41(0)21 729 46 88
chpm-pully@bluewin.ch / www.militariahelvetica.ch
Aspects politico-stratégiques
9h00 Introduction
par le Brigadier Michel Chabloz, Président du CHPM, le Col EMG William Gargiullo, chargé de Mission auprès du Centre de politique de Sécurité de Genève (GCSP), Pierre Streit, directeur scientifique du CHPM, et Hans-Willem Fluijt, membre du comité scientifique du CHPM
9h15 Strategic direction of U.S. Foreign Policy in the Middle East
par le Dr. Gustav Lindstrom, Course Director, European Training Course in Security Policy, GCSP, Genève
9h45 Questions
10h00 Renouveau chiite, mythe ou réalité ?
par le Col Bruno Carpaneto, Attaché de défense suisse, Ankara
10h30 Questions, puis pause
11h00 L’impact de la crise irakienne sur la scène régionale
par le Dr. Pierre Razoux, responsable de recherche au Collège de Défense de l’OTAN à Rome, spécialiste du Moyen-Orient et du Caucase
11h30 Questions
Aspects militaires
13h45 Quel rôle pour l'OTAN au Moyen Orient ?
par le Général de division Georges Lebel, Assistant Director for Cooperation and Regional Security, NATO International Military Staff, Bruxelles
14h15 Questions
14h30 Irak-les armées du chaos
par le Col Michel Goya, Directeur d’études « Nouveaux conflits » - Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM), Centre de recherche des Ecoles de Coëtquidan
15h00 Questions, puis pause
15h30 Entre adaptation et résignation. La guerre d'Irak et l'image des guerres futures : quelles leçons pour la « Transformation »?
par le Dr. Joseph Henrotin, chargé de recherche au Centre d'Analyse et de Prévision des Risques Internationaux (CAPRI), co-fondateur du RMES, rédacteur en chef de DSI, DSI-T et DSI HS
16h00 Questions
16h15 IED's effects and possible countermeasures
par Huub Keizers, Business Development Manager Protection, Munitions and Weapons, TNO Defence, Security and Safety, Pays-Bas
16h45 Questions
17h00 La question des pertes civiles et militaires et leurs effets psychologiques
par Hans-Willem Fluijt, membre du comité scientifique du CHPM
17h30 Questions, puis conclusion
5 décembre 2009
Centre Général Guisan, av. Général Guisan 117-119,
1009 Pully
Tél. +41(0)21 729 46 44 – Fax +41(0)21 729 46 88
chpm-pully@bluewin.ch / www.militariahelvetica.ch
Aspects politico-stratégiques
9h00 Introduction
par le Brigadier Michel Chabloz, Président du CHPM, le Col EMG William Gargiullo, chargé de Mission auprès du Centre de politique de Sécurité de Genève (GCSP), Pierre Streit, directeur scientifique du CHPM, et Hans-Willem Fluijt, membre du comité scientifique du CHPM
9h15 Strategic direction of U.S. Foreign Policy in the Middle East
par le Dr. Gustav Lindstrom, Course Director, European Training Course in Security Policy, GCSP, Genève
9h45 Questions
10h00 Renouveau chiite, mythe ou réalité ?
par le Col Bruno Carpaneto, Attaché de défense suisse, Ankara
10h30 Questions, puis pause
11h00 L’impact de la crise irakienne sur la scène régionale
par le Dr. Pierre Razoux, responsable de recherche au Collège de Défense de l’OTAN à Rome, spécialiste du Moyen-Orient et du Caucase
11h30 Questions
Aspects militaires
13h45 Quel rôle pour l'OTAN au Moyen Orient ?
par le Général de division Georges Lebel, Assistant Director for Cooperation and Regional Security, NATO International Military Staff, Bruxelles
14h15 Questions
14h30 Irak-les armées du chaos
par le Col Michel Goya, Directeur d’études « Nouveaux conflits » - Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM), Centre de recherche des Ecoles de Coëtquidan
15h00 Questions, puis pause
15h30 Entre adaptation et résignation. La guerre d'Irak et l'image des guerres futures : quelles leçons pour la « Transformation »?
par le Dr. Joseph Henrotin, chargé de recherche au Centre d'Analyse et de Prévision des Risques Internationaux (CAPRI), co-fondateur du RMES, rédacteur en chef de DSI, DSI-T et DSI HS
16h00 Questions
16h15 IED's effects and possible countermeasures
par Huub Keizers, Business Development Manager Protection, Munitions and Weapons, TNO Defence, Security and Safety, Pays-Bas
16h45 Questions
17h00 La question des pertes civiles et militaires et leurs effets psychologiques
par Hans-Willem Fluijt, membre du comité scientifique du CHPM
17h30 Questions, puis conclusion
Diplomatie industrielle Vs. diplomatie classique ?
Indiqué à plusieurs reprises, l’intérêt russe pour les BPC français s’est confirmé lors d’une visite de quatre jours du Mistral à Saint Petersbourg. En plus de « porte ouvertes », le navire et son équipage ont effectué des exercices avec des hélicoptères Ka-27 et Ka-29 de la marine russe.
Mais – ce qui ne manquera pas d’exacerber les craintes des Etats baltes ou des Suédois à l’égard du regain d’activité de Moscou – les exercices ont également permis à un hélicoptère de combat Ka-52 de se poser sur le navire pour une simulation de ravitaillement. Certes l'hélicoptère est un prototype et n'est pas encore en service dans les forces russes, mais le symbole n'en demeure pas moins puissant. Diplomatie industrielle ou diplomatie tout cours, il va bien falloir choisir …
Mais – ce qui ne manquera pas d’exacerber les craintes des Etats baltes ou des Suédois à l’égard du regain d’activité de Moscou – les exercices ont également permis à un hélicoptère de combat Ka-52 de se poser sur le navire pour une simulation de ravitaillement. Certes l'hélicoptère est un prototype et n'est pas encore en service dans les forces russes, mais le symbole n'en demeure pas moins puissant. Diplomatie industrielle ou diplomatie tout cours, il va bien falloir choisir …
F-35 britanniques : pas d'accès aux codes-sources pour Londres...
Réponse du berger à la bergère après l’annonce britannique d’une réduction de commande de 88 F-35 Lightning II, les Etats-Unis ont indiqué, selon Reuters, que les Britanniques n’auraient pas accès (comme il était initialement prévu) aux codes-sources des logiciels informatiques.
En conséquence, toute entretien ou toute modernisation des appareils sera soumise aux ingénieurs américains, alors pourtant que Londres a payé plus qu’aucun autre pays afin d’être le seul partenaire dit du « Tier 1 ».
En conséquence, toute entretien ou toute modernisation des appareils sera soumise aux ingénieurs américains, alors pourtant que Londres a payé plus qu’aucun autre pays afin d’être le seul partenaire dit du « Tier 1 ».
lundi 30 novembre 2009
DSI n°54 - le sommaire
116 pages, nouveau format
En kiosque dès le 1er décembre
En kiosque dès le 1er décembre
Editorial
Agenda et nominations et contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Industrie française. Matériel du mois : Thales Spy Arrow
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « L’Europe pour les nuls »
Stratégie
Peut-on penser une campagne COIN en stratégie aérienne ? L’apport de Warden
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Chronique : repenser l’attrition
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire
Y-a-t-il un pilote dans le drone ? Une approche en termes de compétences des opérateurs
Par Pierre Barbaroux, Grégory Boutherin, Cyril Camachon, et Christophe Pajon, enseignants chercheurs au Centre de recherche de l’armée de l’air (CReA/EOAA)
« Perdre ou changer » Stalingrad en Afghanistan…!?
Par Olivier Entraygues, lieutenant-colonel, doctorant en histoire des doctrines stratégiques, auteur de Afghanistan, 1979-2009. Une approche militaire de l’Afghanistan
Face aux réalités. Fin de la RMA et révolution des doctrines militaires américaines
Par le général de division Vincent Desportes, directeur du Collège Interarmées de Défense (CID).
La fin du pétrole dans l’aviation
Par le commandant (armée de l’Air) Philippe Locatelli, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense (CID).
Armées
Marine sud-africaine. Quel avenir ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : la marine sud-africaine
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
BAN de Landivisau. L’autre porte-avions
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : les chiffres
Encadré : une formation longue et exigeante
Encadré : le Rafale standard F3
Encadré : SEM standard 5+
Une adaptation au « chausse pied »
Entretien avec le capitaine de vaisseau Patrick Zimmermann, commandant la base aéronautique navale de Landivisiau
Technologies
Soldato Futuro. L’infanterie italienne de demain
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Alphajets : faire du moins que neuf avec du plus que vieux...
Par Frédéric Lert, journaliste spécialiste des questions de défense
Combat naval : la mutation des patrouilleurs et corvettes
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Fiches techniques
La classe Huyga
Par Joseph Henrotin
L’EA-18G Growler
Par Joseph Henrotin
Archer FH-77 BW L55
Par Pierre Petit
FAMAS
Par Stéphane Ferrard
Enquête
Une page se tourne pour l'ALAT
Par Jean-Louis Promé, rédacteur en chef adjoint
Carte : Dotations des unités de l’ALAT (au 1er décembre 2009)
Encadré : Parcs opérationnels de l'ALAT au 1er décembre 2009:
Afghanistan: examen de passage réussi pour le Tigre. Un COMALAT heureux!
Entretien le général de division Tanguy, commandant le Comalat.
Retour vers le futur pour l'Alat!
Par Jean-Louis Promé
Encadré : Du NTI au NSO/NSI: la maintenance évolue
Comment « économiser » les Tigre et TTH-90 ?
Par Jean-Louis Promé
Encadré : Les Tigre ont un féroce appétit
Critiques de lectures
Stratégie de l’âge nucléaire de Pierre Marie Gallois
Europa, n°1, décembre 2009.
Afghanistan, 1979-2009. Une approche militaire de l’Afghanistan d’Olivier Entraygues
Agenda et nominations et contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Industrie française. Matériel du mois : Thales Spy Arrow
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « L’Europe pour les nuls »
Stratégie
Peut-on penser une campagne COIN en stratégie aérienne ? L’apport de Warden
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Chronique : repenser l’attrition
Par Benoist Bihan, doctorant en histoire
Y-a-t-il un pilote dans le drone ? Une approche en termes de compétences des opérateurs
Par Pierre Barbaroux, Grégory Boutherin, Cyril Camachon, et Christophe Pajon, enseignants chercheurs au Centre de recherche de l’armée de l’air (CReA/EOAA)
« Perdre ou changer » Stalingrad en Afghanistan…!?
Par Olivier Entraygues, lieutenant-colonel, doctorant en histoire des doctrines stratégiques, auteur de Afghanistan, 1979-2009. Une approche militaire de l’Afghanistan
Face aux réalités. Fin de la RMA et révolution des doctrines militaires américaines
Par le général de division Vincent Desportes, directeur du Collège Interarmées de Défense (CID).
La fin du pétrole dans l’aviation
Par le commandant (armée de l’Air) Philippe Locatelli, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense (CID).
Armées
Marine sud-africaine. Quel avenir ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Tableau de bord : la marine sud-africaine
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
BAN de Landivisau. L’autre porte-avions
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : les chiffres
Encadré : une formation longue et exigeante
Encadré : le Rafale standard F3
Encadré : SEM standard 5+
Une adaptation au « chausse pied »
Entretien avec le capitaine de vaisseau Patrick Zimmermann, commandant la base aéronautique navale de Landivisiau
Technologies
Soldato Futuro. L’infanterie italienne de demain
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Alphajets : faire du moins que neuf avec du plus que vieux...
Par Frédéric Lert, journaliste spécialiste des questions de défense
Combat naval : la mutation des patrouilleurs et corvettes
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Fiches techniques
La classe Huyga
Par Joseph Henrotin
L’EA-18G Growler
Par Joseph Henrotin
Archer FH-77 BW L55
Par Pierre Petit
FAMAS
Par Stéphane Ferrard
Enquête
Une page se tourne pour l'ALAT
Par Jean-Louis Promé, rédacteur en chef adjoint
Carte : Dotations des unités de l’ALAT (au 1er décembre 2009)
Encadré : Parcs opérationnels de l'ALAT au 1er décembre 2009:
Afghanistan: examen de passage réussi pour le Tigre. Un COMALAT heureux!
Entretien le général de division Tanguy, commandant le Comalat.
Retour vers le futur pour l'Alat!
Par Jean-Louis Promé
Encadré : Du NTI au NSO/NSI: la maintenance évolue
Comment « économiser » les Tigre et TTH-90 ?
Par Jean-Louis Promé
Encadré : Les Tigre ont un féroce appétit
Critiques de lectures
Stratégie de l’âge nucléaire de Pierre Marie Gallois
Europa, n°1, décembre 2009.
Afghanistan, 1979-2009. Une approche militaire de l’Afghanistan d’Olivier Entraygues
samedi 28 novembre 2009
Opérations distruibuées : réinventer l'eau chaude ?
Quelques remarques sur la (ré)émergence du concept d'opérations distribuées chez les Américains et les Australiens, en réponse à Mars attaque qui revenait sur les commandos Chouf.
D'abord, il convient de bien comprendre que l'apparition d'un concept quelque part n'augure pas automatiquement de son acceptation ailleurs. En clair, l'expérience algérienne, si elle a été examinée par les Américains, n'en est pas pour autant avalisée tel quel : le poids de la culture stratégique importe.
Ensuite, le contexte algérien lui-même est spécifique et les leçons apprises ne sont pas totalement transposables au contexte afghan. Le contexte stratégique est radicalement différent : nombre de combattants eux-mêmes ne voient pas pourquoi ils sont engagés en Afghanistan. Le conflit manque cruellement de sens, à commencer aux yeux du niveau politique, en Europe.
Le contexte en termes de stratégie des moyens est également différent : les technologies utiles aux opérations distribuées "old fashioned" ne sont pas celles qui ont été privilégiées par les armées actuelles. Le manque d'hélicoptères sur le théâtre afghan n'en est que l'illustration la plus flagrante.
Le contexte opérationnel est également différent. La barrière de la langue existait en Algérie mais est nettement plus infranchissable (du moins, sans interprètes) en Afghanistan. La barrière en termes tactique est également à prendre en considération : les opérations d'aujourd'hui sont nettement plus centralisées, le commandement réclame toujours plus d'infos. En même temps, la nature et l'application des règles d'engagement est toute autre. Songez qu'en Allemagne, l'équivalent local du CEMA a du démissionner, conséquence ultime de l'affaire des camions citernes capturés par les talibans...
Toujours dans le registre tactique, la morphologie de l'adversaire n'est évidemment pas la même ; les méthodes inhumaines sont à éliminer définitivement et, pire que tout, chaque action tactique peut se trouver étalée le lendemain dans la presse et susciter un interventionnisme mal à propos du niveau politique.
En bref, s'il faut évidemment conserver les leçons acquises en matière de commandos Chouf ou de chasse, il faut aussi les adapter, sans quoi un "copié-collé" sera immanquablement voué à l'échec. La clé, évidemment, reste l'adaptation. Aussi, peut-on réellement en vouloir aux Américains ou aux Australiens de chercher à faire avancer les choses ? En particulier dans un contexte où il ne s'agit pas uniquement de penser face à l'urgence mais aussi de comprendre les ressorts des futures formes d'insurrection et de guérilla ?
D'abord, il convient de bien comprendre que l'apparition d'un concept quelque part n'augure pas automatiquement de son acceptation ailleurs. En clair, l'expérience algérienne, si elle a été examinée par les Américains, n'en est pas pour autant avalisée tel quel : le poids de la culture stratégique importe.
Ensuite, le contexte algérien lui-même est spécifique et les leçons apprises ne sont pas totalement transposables au contexte afghan. Le contexte stratégique est radicalement différent : nombre de combattants eux-mêmes ne voient pas pourquoi ils sont engagés en Afghanistan. Le conflit manque cruellement de sens, à commencer aux yeux du niveau politique, en Europe.
Le contexte en termes de stratégie des moyens est également différent : les technologies utiles aux opérations distribuées "old fashioned" ne sont pas celles qui ont été privilégiées par les armées actuelles. Le manque d'hélicoptères sur le théâtre afghan n'en est que l'illustration la plus flagrante.
Le contexte opérationnel est également différent. La barrière de la langue existait en Algérie mais est nettement plus infranchissable (du moins, sans interprètes) en Afghanistan. La barrière en termes tactique est également à prendre en considération : les opérations d'aujourd'hui sont nettement plus centralisées, le commandement réclame toujours plus d'infos. En même temps, la nature et l'application des règles d'engagement est toute autre. Songez qu'en Allemagne, l'équivalent local du CEMA a du démissionner, conséquence ultime de l'affaire des camions citernes capturés par les talibans...
Toujours dans le registre tactique, la morphologie de l'adversaire n'est évidemment pas la même ; les méthodes inhumaines sont à éliminer définitivement et, pire que tout, chaque action tactique peut se trouver étalée le lendemain dans la presse et susciter un interventionnisme mal à propos du niveau politique.
En bref, s'il faut évidemment conserver les leçons acquises en matière de commandos Chouf ou de chasse, il faut aussi les adapter, sans quoi un "copié-collé" sera immanquablement voué à l'échec. La clé, évidemment, reste l'adaptation. Aussi, peut-on réellement en vouloir aux Américains ou aux Australiens de chercher à faire avancer les choses ? En particulier dans un contexte où il ne s'agit pas uniquement de penser face à l'urgence mais aussi de comprendre les ressorts des futures formes d'insurrection et de guérilla ?
jeudi 26 novembre 2009
Résilience : la Commission passe à l'action... et moi avec
La Commission européenne tient depuis hier son troisième forum sur la protection civile, consacré cette année à la résilience. L'interprétation qu'elle en fait est fondamentalement restrictive - Commission oblige, pas question de toucher aux prérogratives des Etats et la première des applications de la théorie touche au terrorisme. Au surplus, on ne peut limiter le concept de résilience aux seuls systèmes de protection civile.
Petit hasard du calendrier, j'ai reçu avant-hier l'accord des éditions L'Esprit du Livre pour la parution, je pense en janvier, de mon petit dernier, précisément sur le sujet de la résilience. Je place ici sa table des matières :
TABLE DES MATIÈRES 4
GLOSSAIRE DES ABRÉVIATIONS 7
TABLEAUX, GRAPHIQUES ET ENCADRÉS 9
INTRODUCTION 10
CHAPITRE 1. LES SOCIÉTÉS DU RISQUE FACE AU TERRORISME 15
1. Le terrorisme comme mode de guerre 16
1.1. Disproportion entre effets physiques et psychologiques 17
1.2. Moyens et mécanismes 22
2. Disruption et sociétés techniciennes 25
2.1. Le terroriste comme agent sociétal 26
2.2. La disruption en stratégie 30
2.3. Les modalités de la disruption 33
CHAPITRE 2. LA RÉSILIENCE DANS LA DÉFENSE ANTITERRORISTE 44
1. Les formes de la lutte antiterroriste 45
1.1. Les logiques stratégiques de l’antiterrorisme 46
1.2. Trouver le juste équilibre 50
2. La résilience dans l’architecture antiterroriste 53
2.1. Le rôle de la politique 55
2.2. La résilience spontanée comme composante des systèmes de secours et comme facteur stratégique 59
3. Les limites de la résilience virtuelle 63
3.1. Le rôle de la surprise comme facteur de relativité de la résilience 65
3.2. Le cas français 70
CHAPITRE 3. LA CONDUITE DE LA RÉSILIENCE : FACTEURS ET ACTEURS 75
1. Les formes de la résilience 76
1.1. Variabilité et interdépendance des formes de résilience 78
1.2. La variable « confiance » 81
1.3. Silence, I kill you ! La résilience au quotidien 85
2. La politique de la résilience 91
2.1. Culture et politique de la peur 92
2.2. Populations et culture de la peur 99
CHAPITRE 4. DÉVELOPPER LES RÉSILIENCES 107
1. Les médias dans la construction de la résilience 108
1.1. La prise en compte des évolutions médiatiques 109
1.2. Résilience, information et rationalités stratégiques 114
1.3. Le cas français 120
2. L’enseignement dans la construction de la résilience 123
2.1. L’enseignement comme facteur de défense stratégique 124
2.2. Quel enseignement pour quelle résilience ? 126
CONCLUSION : RÉSILIENCE ET MORAL 130
BIBLIOGRAPHIE 136
1. Ouvrages et monographies 136
2. Articles 141
INDEX 146
Petit hasard du calendrier, j'ai reçu avant-hier l'accord des éditions L'Esprit du Livre pour la parution, je pense en janvier, de mon petit dernier, précisément sur le sujet de la résilience. Je place ici sa table des matières :
TABLE DES MATIÈRES 4
GLOSSAIRE DES ABRÉVIATIONS 7
TABLEAUX, GRAPHIQUES ET ENCADRÉS 9
INTRODUCTION 10
CHAPITRE 1. LES SOCIÉTÉS DU RISQUE FACE AU TERRORISME 15
1. Le terrorisme comme mode de guerre 16
1.1. Disproportion entre effets physiques et psychologiques 17
1.2. Moyens et mécanismes 22
2. Disruption et sociétés techniciennes 25
2.1. Le terroriste comme agent sociétal 26
2.2. La disruption en stratégie 30
2.3. Les modalités de la disruption 33
CHAPITRE 2. LA RÉSILIENCE DANS LA DÉFENSE ANTITERRORISTE 44
1. Les formes de la lutte antiterroriste 45
1.1. Les logiques stratégiques de l’antiterrorisme 46
1.2. Trouver le juste équilibre 50
2. La résilience dans l’architecture antiterroriste 53
2.1. Le rôle de la politique 55
2.2. La résilience spontanée comme composante des systèmes de secours et comme facteur stratégique 59
3. Les limites de la résilience virtuelle 63
3.1. Le rôle de la surprise comme facteur de relativité de la résilience 65
3.2. Le cas français 70
CHAPITRE 3. LA CONDUITE DE LA RÉSILIENCE : FACTEURS ET ACTEURS 75
1. Les formes de la résilience 76
1.1. Variabilité et interdépendance des formes de résilience 78
1.2. La variable « confiance » 81
1.3. Silence, I kill you ! La résilience au quotidien 85
2. La politique de la résilience 91
2.1. Culture et politique de la peur 92
2.2. Populations et culture de la peur 99
CHAPITRE 4. DÉVELOPPER LES RÉSILIENCES 107
1. Les médias dans la construction de la résilience 108
1.1. La prise en compte des évolutions médiatiques 109
1.2. Résilience, information et rationalités stratégiques 114
1.3. Le cas français 120
2. L’enseignement dans la construction de la résilience 123
2.1. L’enseignement comme facteur de défense stratégique 124
2.2. Quel enseignement pour quelle résilience ? 126
CONCLUSION : RÉSILIENCE ET MORAL 130
BIBLIOGRAPHIE 136
1. Ouvrages et monographies 136
2. Articles 141
INDEX 146
Libellés :
News en vrac,
Résilience,
Terrorisme
mercredi 25 novembre 2009
Zoom sur DSI 54
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Nous y sommes ! D'ici une petite semaine, le premier exemplaire « nouvelle génération » de DSI sera disponible. Il est le fruit d’une importante réflexion de nos équipes techniques et éditoriales, largement nourrie par les remarques et observations de nos lecteurs. Vous l’aurez remarqué, au-delà du gros changement de mise en page, DSI devient aussi plus grand et plus épais (116 pages). De quoi continuer à nourrir vos attentes mais aussi en satisfaire d’autres... Une nouvelle catégorie de fiches techniques, consacrée aux armes légères, rejoint le magazine. Dans nos veilles, nous nous ouvrons davantage aux technologies françaises et à leurs évolutions mais aussi, plus particulièrement, aux « matériels de cohérence », ces petits équipements dont on parle moins que les systèmes majeurs mais qui peuvent faire la différence. Et ce, autant sur le terrain que dans les chiffres des exportations d’équipements militaires.

Nouveauté majeure, la rubrique « Enquête » de Jean-Louis Promé nous permet de revenir en profondeur et in extenso sur une thématique spécifique. En l’occurrence, ce mois-ci, l’enquête porte sur les évolutions de l’ALAT, dont les chantiers sont aussi nombreux que les réalisations : envoi du Tigre en Afghanistan, disparition de la Brigade Aéromobile (BAM), évolutions des structures, Maintien en Condition Opérationnelle (MCO), simulation… Le travail ne manque pas. Dans le même temps, nos autres rubriques ont été conservées et améliorées. Véronique Sartini traite ainsi des évolutions de l’aéronavale (unités), Joseph Henrotin des campagnes aériennes en contre-insurrection dans la politique de défense syrienne, Olivier Entraygues de l’Afghanistan et le général Desportes de la fin de la RMA (stratégie), etc.

Ce DSI « nouvelle génération » met également à l’honneur la veille stratégique, que vous êtes si nombreux à apprécier, tout en conservant les chroniques de Carl von C. et de Benoist Bihan, les fiches techniques, les « contrats du mois », les veilles en contre-terrorisme ou encore les critiques de lecture. Plus d’information, plus d’illustrations, plus de lisibilité. Mais aussi – et toujours – notre indépendance, qu’elle soit politique ou financière, seule garante d’un travail de qualité qui réponde à vos attentes. De quoi, en somme, vous souhaiter une bonne lecture mais aussi vous inviter sur www.geostrategique.com afin d’y suivre, au jour le jour, l’actualité des questions de défense !
mardi 24 novembre 2009
Comment les terminales S vont répéter les erreurs du passé
C'est un courrier que j'ai reçu cet après-midi de Monsieur L. (qui se reconnaîtra) et qui mérite amplement considération. Il va de soi que je suis tout aussi scandalisé :
Je viens d'apprendre que le Ministre de l'Éducation Nationale vient de décider de supprimer l'Histoire et la Géographie comme matières obligatoires (il se propose de les maintenir dans un cadre optionnel) en Terminale Scientifique. Je suis anéanti et scandalisé par une telle décision, dont je pense que tu as été par ailleurs averti.
Tout le monde peut comprendre, au vu de ce qu'est un lycéen aujourd'hui, et plus particulièrement dans une section scientifique avec une spécialisation renforcée par la réforme, qu'une telle décision va aboutir à la suppression totale de cet enseignement. Très peu nombreux seront les élèves qui prendront une telle option. Nous ne devons donc nourrir aucune illusion. Le caractère démagogique de la mesure est évident.
Il fait reposer sur les élèves la décision de prendre ou de ne pas prendre les cours d'Histoire et Géographie à un moment où la spécialisation de la filière vient d'être réaffirmée. Alors que, aujourd'hui, plus de 50% des élèves ont choisi la Terminale Scientifique, ceci revient à enlever l'enseignement d'Histoire et Géographie à cette même proportion. Seul le rétablissement de l'Histoire et de la Géographie dans le cadre de cours obligatoires peut garantir qu'elles seront suivies par les élèves des Terminales Scientifiques.
Cette scandaleuse décision survient au moment même où, de la commémoration de l'anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur « l'identité nationale », en passant par le projet d'un musée de l'Histoire de France, la question de l'Histoire, mais aussi de la Géographie (car la conscience nationale s'enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays. On se souvient du livre de Fernand Braudel Identité de la France, et de la place qu'il donnait à la fois aux paysages et à l'Histoire dans la construction d'un sentiment national. Ce dernier ne saurait renier ce qu'il doit à ces deux disciplines ou alors, mais nous n'osons croire que tel soit le projet du gouvernement, cela reviendrait implicitement à le faire reposer sur une couleur de peau ou une religion, avec ce que cela impliquerait pour le coup comme rupture avec ce qui fait l'essence même du sentiment national en France.
On peut alors s'interroger sur la logique d'une telle politique qui prétend faire de la conscience nationale une priorité, qui va même jusqu'à créer à cette fin un Ministère de l'Intégration, et qui la retire en réalité à la moitié des élèves de Terminale. Ce n'est plus de l'incohérence, c'est de la schizophrénie.
Au-delà, les raisons sont nombreuses qui militent pour le maintien d'un enseignement d'Histoire et de Géographie pour les Terminales Scientifiques.
Dans la formation du citoyen, ces disciplines ont un rôle absolument fondamental. La compréhension du monde contemporain, de ses crises économiques ou géostratégiques, des rapports de force qui se nouent et se dénouent en permanence entre les nations, implique la maîtrise de l'Histoire et de la Géographie. Est-ce à dire que, pour le Ministère de l'Éducation Nationale, les élèves des Terminales Scientifiques sont appelés à être des citoyens de seconde zone ? Est-ce à dire que l'on n'attend plus d'un mathématicien ou d'un physicien qu'il soit aussi un citoyen ? Ou bien, voudrait on ici organiser à terme une France à deux vitesses où d'un côté on aurait de grands décideurs dont la science serait au prix de leur conscience, et de l'autre le simple citoyen auquel on pourrait laisser ce savoir si nécessaire car devenu sans objet dans la mesure où ce dit citoyen ne pourrait plus peser sur les décisions politiques ?
Il est vrai que l'on peut s'interroger aujourd'hui devant la réduction, sans cesse croissante, de la démocratie à ses simples formes, qui ont elles-mêmes été bafouées comme on l'a vu pour le vote du referendum de 2005.
Par ailleurs, cette décision est en réalité autodestructrice pour notre économie dont on prétend cependant que l'on veut en pousser l'externalisation. Aujourd'hui, dans les formations de pointe, qu'il s'agisse de Polytechnique (Chaire de management interculturel), des autres Grandes Écoles (École des Mines, École des Ponts et Chaussées) ou des Écoles de commerce et de gestion (HEC, ESSEC, SupdeCo, etc…), qui toutes impliquent de la part de l'étudiant une Terminale Scientifique, l'accent est mis sur la compréhension du monde contemporain. Ceci nécessite une formation de base en Géographie (humaine, économique et géopolitique) mais aussi une formation en Histoire afin de fournir les bases de compréhension des évolutions du monde contemporain. Ceci correspond à une demande spécifique des entreprises françaises qui sont de plus en plus engagées dans un processus d'internationalisation de leurs activités.
Qu'il s'agisse de la question des contrats, ou encore du développement d'activités à l'expatriation, la connaissance des fondements historiques, géographiques et culturels de ces sociétés, qui pour certaines sont très différentes de la nôtre, est absolument indispensable. L'absence de ces disciplines, ou la réduction de leurs horaires à la portion congrue, défavoriseraient considérablement ceux des élèves de Terminale Scientifique qui ne veulent pas s'orienter vers des activités strictement en liaison avec les sciences de la nature.
C'est donc avec le sentiment que quelque chose de très grave est en train de se produire si nous n'y prenons garde que je t'écris.
Moi-même, en temps qu'économiste, je ne cesse de mesurer ce que ma discipline doit à l'Histoire (pour l'histoire des crises économiques mais aussi des grandes institutions sociales et politiques dans lesquelles l'activité économique est insérée) mais aussi à la Géographie avec son étude des milieux naturels et humains, des phénomènes de densité tant démographique que sociale. Comment peut-on penser la crise actuelle sans la mémoire des crises précédentes ? Comment peut-on penser le développement de l'économie russe hors de tout contexte, comme si ce pays n'avait pas sa spécificité de par son histoire mais aussi de par son territoire ? Nous savons bien que les processus économiques ne sont pas les mêmes dans les capitales, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et dans les régions.
On voit donc bien que si l'Économie n'est pas le simple prolongement de l'Histoire et de la Géographie, elle perd toute pertinence à ne pas se nourrir à ces deux disciplines, et ceci sans que cela soit exclusif d'autres (comme l'Anthropologie ou la Sociologie).
Et je ne parle pas ici de mes activités de recherches stratégiques, qui, bien entendu, nécessitent l'Histoire et la Géographie.
Je viens d'apprendre que le Ministre de l'Éducation Nationale vient de décider de supprimer l'Histoire et la Géographie comme matières obligatoires (il se propose de les maintenir dans un cadre optionnel) en Terminale Scientifique. Je suis anéanti et scandalisé par une telle décision, dont je pense que tu as été par ailleurs averti.
Tout le monde peut comprendre, au vu de ce qu'est un lycéen aujourd'hui, et plus particulièrement dans une section scientifique avec une spécialisation renforcée par la réforme, qu'une telle décision va aboutir à la suppression totale de cet enseignement. Très peu nombreux seront les élèves qui prendront une telle option. Nous ne devons donc nourrir aucune illusion. Le caractère démagogique de la mesure est évident.
Il fait reposer sur les élèves la décision de prendre ou de ne pas prendre les cours d'Histoire et Géographie à un moment où la spécialisation de la filière vient d'être réaffirmée. Alors que, aujourd'hui, plus de 50% des élèves ont choisi la Terminale Scientifique, ceci revient à enlever l'enseignement d'Histoire et Géographie à cette même proportion. Seul le rétablissement de l'Histoire et de la Géographie dans le cadre de cours obligatoires peut garantir qu'elles seront suivies par les élèves des Terminales Scientifiques.
Cette scandaleuse décision survient au moment même où, de la commémoration de l'anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur « l'identité nationale », en passant par le projet d'un musée de l'Histoire de France, la question de l'Histoire, mais aussi de la Géographie (car la conscience nationale s'enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays. On se souvient du livre de Fernand Braudel Identité de la France, et de la place qu'il donnait à la fois aux paysages et à l'Histoire dans la construction d'un sentiment national. Ce dernier ne saurait renier ce qu'il doit à ces deux disciplines ou alors, mais nous n'osons croire que tel soit le projet du gouvernement, cela reviendrait implicitement à le faire reposer sur une couleur de peau ou une religion, avec ce que cela impliquerait pour le coup comme rupture avec ce qui fait l'essence même du sentiment national en France.
On peut alors s'interroger sur la logique d'une telle politique qui prétend faire de la conscience nationale une priorité, qui va même jusqu'à créer à cette fin un Ministère de l'Intégration, et qui la retire en réalité à la moitié des élèves de Terminale. Ce n'est plus de l'incohérence, c'est de la schizophrénie.
Au-delà, les raisons sont nombreuses qui militent pour le maintien d'un enseignement d'Histoire et de Géographie pour les Terminales Scientifiques.
Dans la formation du citoyen, ces disciplines ont un rôle absolument fondamental. La compréhension du monde contemporain, de ses crises économiques ou géostratégiques, des rapports de force qui se nouent et se dénouent en permanence entre les nations, implique la maîtrise de l'Histoire et de la Géographie. Est-ce à dire que, pour le Ministère de l'Éducation Nationale, les élèves des Terminales Scientifiques sont appelés à être des citoyens de seconde zone ? Est-ce à dire que l'on n'attend plus d'un mathématicien ou d'un physicien qu'il soit aussi un citoyen ? Ou bien, voudrait on ici organiser à terme une France à deux vitesses où d'un côté on aurait de grands décideurs dont la science serait au prix de leur conscience, et de l'autre le simple citoyen auquel on pourrait laisser ce savoir si nécessaire car devenu sans objet dans la mesure où ce dit citoyen ne pourrait plus peser sur les décisions politiques ?
Il est vrai que l'on peut s'interroger aujourd'hui devant la réduction, sans cesse croissante, de la démocratie à ses simples formes, qui ont elles-mêmes été bafouées comme on l'a vu pour le vote du referendum de 2005.
Par ailleurs, cette décision est en réalité autodestructrice pour notre économie dont on prétend cependant que l'on veut en pousser l'externalisation. Aujourd'hui, dans les formations de pointe, qu'il s'agisse de Polytechnique (Chaire de management interculturel), des autres Grandes Écoles (École des Mines, École des Ponts et Chaussées) ou des Écoles de commerce et de gestion (HEC, ESSEC, SupdeCo, etc…), qui toutes impliquent de la part de l'étudiant une Terminale Scientifique, l'accent est mis sur la compréhension du monde contemporain. Ceci nécessite une formation de base en Géographie (humaine, économique et géopolitique) mais aussi une formation en Histoire afin de fournir les bases de compréhension des évolutions du monde contemporain. Ceci correspond à une demande spécifique des entreprises françaises qui sont de plus en plus engagées dans un processus d'internationalisation de leurs activités.
Qu'il s'agisse de la question des contrats, ou encore du développement d'activités à l'expatriation, la connaissance des fondements historiques, géographiques et culturels de ces sociétés, qui pour certaines sont très différentes de la nôtre, est absolument indispensable. L'absence de ces disciplines, ou la réduction de leurs horaires à la portion congrue, défavoriseraient considérablement ceux des élèves de Terminale Scientifique qui ne veulent pas s'orienter vers des activités strictement en liaison avec les sciences de la nature.
C'est donc avec le sentiment que quelque chose de très grave est en train de se produire si nous n'y prenons garde que je t'écris.
Moi-même, en temps qu'économiste, je ne cesse de mesurer ce que ma discipline doit à l'Histoire (pour l'histoire des crises économiques mais aussi des grandes institutions sociales et politiques dans lesquelles l'activité économique est insérée) mais aussi à la Géographie avec son étude des milieux naturels et humains, des phénomènes de densité tant démographique que sociale. Comment peut-on penser la crise actuelle sans la mémoire des crises précédentes ? Comment peut-on penser le développement de l'économie russe hors de tout contexte, comme si ce pays n'avait pas sa spécificité de par son histoire mais aussi de par son territoire ? Nous savons bien que les processus économiques ne sont pas les mêmes dans les capitales, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et dans les régions.
On voit donc bien que si l'Économie n'est pas le simple prolongement de l'Histoire et de la Géographie, elle perd toute pertinence à ne pas se nourrir à ces deux disciplines, et ceci sans que cela soit exclusif d'autres (comme l'Anthropologie ou la Sociologie).
Et je ne parle pas ici de mes activités de recherches stratégiques, qui, bien entendu, nécessitent l'Histoire et la Géographie.
lundi 23 novembre 2009
FELIN : cible atteinte
Un total de 16 454 systèmes FELIN a été commandé le 20 novembre. Le nombre de systèmes commandés s’élève ainsi au total à 22 588. Le montant global du programme FELIN, incluant le développement, l’industrialisation, la production et le soutien initial, s’établit à un milliard d’euros.
Pour plus de détails sur les capacités du système comme ses derniers essais, je ne saurais trop renvoyer d'une part au dossier que Véronique avait préparé pour le DSI 52 (octobre) et, d'autre part, à l'article d'Emmanuel dans le DSI-T n°16.
Pour plus de détails sur les capacités du système comme ses derniers essais, je ne saurais trop renvoyer d'une part au dossier que Véronique avait préparé pour le DSI 52 (octobre) et, d'autre part, à l'article d'Emmanuel dans le DSI-T n°16.
mercredi 18 novembre 2009
Cyber-opérations : la France en mode offensif ?
La nouvelle, rapportée par l'AFP, interloque : selon le rapport annuel de McAfee sur le sujet, la Chine, la France, Israël, la Russie et les Etats-Unis ont mis au point des "armes cybernétiques", destinées à attaquer les réseaux informatiques de leurs ennemis.
Toujours selon le rapport, "Lors de l’année écoulée, l’augmentation des cyberattaques pour des raisons politiques a provoqué l’inquiétude". Reste que si ce ne sera une surprise pour personne de voire Washington, Tel Aviv ou Moscou développer des capacités offensives, le cas français est autre.
Officiellement, en effet, les capacités françaises sont uniquement défensives. Il peut certes y avoir des applications offensives - afin, par exemple, de tester les dispositifs de sécurité - mais à l'international, Paris s'en est toujours défendu.
Bon, ceci dit, ne soyons pas naïfs. Comme le rappellent plusieurs auteurs passés dans les pages de DSI, la frontière entre le défensif et l'offensif, en la matière est très... virtuelle.
Toujours selon le rapport, "Lors de l’année écoulée, l’augmentation des cyberattaques pour des raisons politiques a provoqué l’inquiétude". Reste que si ce ne sera une surprise pour personne de voire Washington, Tel Aviv ou Moscou développer des capacités offensives, le cas français est autre.
Officiellement, en effet, les capacités françaises sont uniquement défensives. Il peut certes y avoir des applications offensives - afin, par exemple, de tester les dispositifs de sécurité - mais à l'international, Paris s'en est toujours défendu.
Bon, ceci dit, ne soyons pas naïfs. Comme le rappellent plusieurs auteurs passés dans les pages de DSI, la frontière entre le défensif et l'offensif, en la matière est très... virtuelle.
mardi 17 novembre 2009
Séminaire "révolutions et mutations militaires"
Prochaine séance : Jeudi 20 novembre, 17 h-19 h, Maison des Sciences de l’Homme, salle 242, 54 bd. Raspail, 75006 Paris (métro : Sèvres-Babylone)
Maurice Ronai : Complexités militaro-logicielles
Guidage de précision, numérisation du champ de bataille, opérations réseaux ou info-centrées : le logiciel est désormais omniprésent et prépondérant… 90 % des fonctionnalités d’un système d’armes reposent désormais sur du logiciel (80 % en 2000 et 20 % en 1970).
Alors que l’évolution des coûts d’acquisitions ou d’entretien de la composante proprement matérielle est prévisible, les coûts d’acquisition puis de maintenance de la composante logicielle tendent à exploser.
Aux États-Unis, les dépenses annuelles en logiciel (acquisition et maintenance), toutes applications confondues, représentent 10 % du budget total de la défense. Érigée, aux États-Unis comme une discipline quasi-autonome au sein des forces armées (avec des cursus de formation et des carrières spécialisées), le defense software y est désormais considéré comme une priorité stratégique en soi.
À l’attention des anciens participants à ce séminaire : prière de bien noter le nouveau lieu dans lequel il se tient ; nous ne sommes plus au 105 boulevard Raspail…
Maurice Ronai : Complexités militaro-logicielles
Guidage de précision, numérisation du champ de bataille, opérations réseaux ou info-centrées : le logiciel est désormais omniprésent et prépondérant… 90 % des fonctionnalités d’un système d’armes reposent désormais sur du logiciel (80 % en 2000 et 20 % en 1970).
Alors que l’évolution des coûts d’acquisitions ou d’entretien de la composante proprement matérielle est prévisible, les coûts d’acquisition puis de maintenance de la composante logicielle tendent à exploser.
Aux États-Unis, les dépenses annuelles en logiciel (acquisition et maintenance), toutes applications confondues, représentent 10 % du budget total de la défense. Érigée, aux États-Unis comme une discipline quasi-autonome au sein des forces armées (avec des cursus de formation et des carrières spécialisées), le defense software y est désormais considéré comme une priorité stratégique en soi.
À l’attention des anciens participants à ce séminaire : prière de bien noter le nouveau lieu dans lequel il se tient ; nous ne sommes plus au 105 boulevard Raspail…
Les opérations distribuées, clé de la lutte contre une techno-guérilla ?
Si les concepts de « guerre hybride » et de « techno-guérilla » (en réalité, si les deux concepts sont proches, il existe quelques nuances, notamment quant aux acteurs les menant) sont encore très peu discutés en Europe (ou seul DSI et quelques blogs en ont traité), les Etats-Unis ou l’Australie travaillent toujours aux concepts et aux moyens permettant de les contrer.
A ce stade, les « opérations distribuées » ont fait l’objet de plusieurs travaux qui pourraient permettre, dans des simulations rejouant la guerre de 2006 contre le Hezbollah, de le contrer effectivement. Ces travaux rejoignent ceux menés par Arquilla et Ronfeldt en leur temps sur le swarming et dont l'une des conclusion était que l'on ne peut lutter contre des réseaux que par des réseaux.
Concrètement, il s’agirait de miser sur une première catégorie de petites unités capables de diriger des frappes aériennes « à la demande » après avoir provoqué les défenseurs, les forçant à se dévoiler.
Une deuxième catégorie de forces, mieux armée, se tiendrait en retrait et serait susceptible d’intervenir « à la demande » dans des missions missions CHB (Clear, Hold, Build – nettoyer, tenir, construire).
S’appuyant sur le « swarming » (attaques en essaims), l’approche nécessiterait toutefois une révolution culturelle en bonne et due forme : cumulative et non plus séquentielle, les opérations devraient d’appuyer sur un très haut degré de décentralisation des forces comme des décisions – alors que les nouveaux systèmes de gestion du commandement tendent plutôt à renforcer la centralisation.
Dans le même temps, l'approche implique également une évolution culturelle au sein des infanteries, qui se verraient "dualisées", entre l'infanterie légère "de premier échelon" et une infanterie "lourde" en deuxième échelon.
En tout état de cause, affaire à suivre tant la question des techno-guérillas me semble gagner du terrain : on le constate à travers certains segments de la marine chinoise, par exemple, elle tend à ne plus être l'apanage de groupes sub-étatiques mais à irriguer, peu à peu, les structures de forces des Etats.
La "guerre de haute intensité/classique/symétrique/régulière" qui forme l'une des hypothèses de combat à relativement long terme pour nos armées pourrait bien ne pas avoir lieu telle qu'on se l'imagine pour l'heure...
A ce stade, les « opérations distribuées » ont fait l’objet de plusieurs travaux qui pourraient permettre, dans des simulations rejouant la guerre de 2006 contre le Hezbollah, de le contrer effectivement. Ces travaux rejoignent ceux menés par Arquilla et Ronfeldt en leur temps sur le swarming et dont l'une des conclusion était que l'on ne peut lutter contre des réseaux que par des réseaux.
Concrètement, il s’agirait de miser sur une première catégorie de petites unités capables de diriger des frappes aériennes « à la demande » après avoir provoqué les défenseurs, les forçant à se dévoiler.
Une deuxième catégorie de forces, mieux armée, se tiendrait en retrait et serait susceptible d’intervenir « à la demande » dans des missions missions CHB (Clear, Hold, Build – nettoyer, tenir, construire).
S’appuyant sur le « swarming » (attaques en essaims), l’approche nécessiterait toutefois une révolution culturelle en bonne et due forme : cumulative et non plus séquentielle, les opérations devraient d’appuyer sur un très haut degré de décentralisation des forces comme des décisions – alors que les nouveaux systèmes de gestion du commandement tendent plutôt à renforcer la centralisation.
Dans le même temps, l'approche implique également une évolution culturelle au sein des infanteries, qui se verraient "dualisées", entre l'infanterie légère "de premier échelon" et une infanterie "lourde" en deuxième échelon.
En tout état de cause, affaire à suivre tant la question des techno-guérillas me semble gagner du terrain : on le constate à travers certains segments de la marine chinoise, par exemple, elle tend à ne plus être l'apanage de groupes sub-étatiques mais à irriguer, peu à peu, les structures de forces des Etats.
La "guerre de haute intensité/classique/symétrique/régulière" qui forme l'une des hypothèses de combat à relativement long terme pour nos armées pourrait bien ne pas avoir lieu telle qu'on se l'imagine pour l'heure...
samedi 14 novembre 2009
Publications : ISC et RMES
Petites infos publications :
D'une part, sur stratisc.org avec une très intéressante étude de J-G. Gabriel sur l'unification de l'armée allemande entre 1850 et 1870 (attention, le PDF est relativement lourd - le mieux est de l'enregistrer sur votre disque dur puis de l'ouvrir).
D'autre part, et avec un certain retard, pour vous annoncer la parution des nouveaux Cahiers du RMES (à lire ici) :
Le Pakistan en crise existentielle
Par Jeff Lighftoot
La dissuasion nucléaire française après la guerre froide : décision, représentations et réseaux
Par Christophe Wasinski
Les facettes et défis de la puissance aérienne au 21ème siècle : vers une approche synergistique
Par Joseph Henrotin
La responsabilité de protéger : où en est l’Union européenne ?
Par Galia Glume et Quentin Martens
Bonnes lectures et bon week-end !
D'une part, sur stratisc.org avec une très intéressante étude de J-G. Gabriel sur l'unification de l'armée allemande entre 1850 et 1870 (attention, le PDF est relativement lourd - le mieux est de l'enregistrer sur votre disque dur puis de l'ouvrir).
D'autre part, et avec un certain retard, pour vous annoncer la parution des nouveaux Cahiers du RMES (à lire ici) :
Le Pakistan en crise existentielle
Par Jeff Lighftoot
La dissuasion nucléaire française après la guerre froide : décision, représentations et réseaux
Par Christophe Wasinski
Les facettes et défis de la puissance aérienne au 21ème siècle : vers une approche synergistique
Par Joseph Henrotin
La responsabilité de protéger : où en est l’Union européenne ?
Par Galia Glume et Quentin Martens
Bonnes lectures et bon week-end !
vendredi 13 novembre 2009
Attention, bonnes affaires !
Juste un petit coup de pub en vitese, mais qui peut rapporter : jusqu'au 30 novembre, le prix des abonnements à DSI reste inchangé. Or, le prix du DSI "nouvelle formule à 116 pages et agrandi" va légèrement évoluer à la hausse. Le papier, malheureusement, se paie mais le résultat devrait très largement compenser cette hausse.
Ce qui veut dire, concrètement, que pour un an ou deux d'abonnement, vous en restez au prix de l'abonnement du DSI "100 pages/ancienne formule". Du moins si vous souscrivez avant le 30/11.
A bon entendeur ;o)
Ce qui veut dire, concrètement, que pour un an ou deux d'abonnement, vous en restez au prix de l'abonnement du DSI "100 pages/ancienne formule". Du moins si vous souscrivez avant le 30/11.
A bon entendeur ;o)
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