La stratégie navale, traditionnellement, est relativement peu traitée dans la littérature : l'histoire (y compris maritime), les relations internationales, la géopolitique irriguent certes les colonnes d'une revue comme la Naval War College Review mais, finalement, la place de la stratégie théorique y est assez mince.
C'est de ce constat que je suis parti, il y a environ 2 ans, pour me poser la question de savoir quels devaient être les fondamentaux de la question, et en quoi la littérature ouverte actuellement disponible fournissait des pistes de réponse. Le résultat de ces cogitations est un beau pavé de 414 pages qui sera, j'en ai eu confirmation tout à l'heure, disponible en octobre dans la collection "Bibliothèque stratégique" de l'ISC.
D'ici là, la table des matières est déjà disponible. L'ouvrage sortira en même temps que le deuxième volet de la trilogie que consacre Hervé Coutau-Bégarie à la stratégie maritime et qui traitera, en l'occurrence, de la diplomatie navale. Un octobre tèrs naval donc ;o)
mercredi 1 juillet 2009
mardi 30 juin 2009
DSI 50, juillet-août 2009, le sommaire
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Sommaire DSI 50 - juillet-août 2009
Comme traditionnellement, pas de DSI au mois d'août, vacances de l'équipe obligent. Par contre, le Hors Série suivant est en préparation. Let's roll ;o)
Editorial
Agenda et nominations
Contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Si, si, ils sont toujours vivants ! »
Sur le vif
Armes surdouées, armes perverses
Par le général (CR) Claude Le Borgne
Aux sources du terrorisme
Entretien avec Hélène L’Heuillet, maître de conférence en philosophie à l’université de Paris Sorbonne et psychanalyste, auteure de Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides
Stratégie
La guerre au milieu des populations : solution ou idéologie ?
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense
Détruire l’adversaire ou gagner par compromis, quel but pour la guerre aujourd’hui ?
Par le chef de bataillon Pascal Ianni, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
D’Eratosthène à demain ou la question de la géographie moderne
Par Emmanuel Allain, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Armées
La British Army au tournant des années 2010
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes, et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les opérations terrestres britanniques en Afghanistan
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : la British Army
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les commandos-marine. L’intelligence du geste et de la situation
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : So British !
Encadré : Le commando ou détachement Arta de Djibouti
« En 2008, le taux moyen d’absence du port base pour les commandos-marine était compris entre 120 et 140 jours »
Entretien avec le contre-amiral Marin Gillier, commandant de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO).
Technologies
Mines, IED et EFP face aux forces occidentales
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Du minage au déminage
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Sous-marin nucléaire d’attaque de type 688, classe Los Angeles/ Les Los Angeles dans la mythologie sous-marine US
BAE/Hagglünds BV206S/ De l’utilitaire au véhicule de combat : le marché des engins articulés
Kawasaki OH-1 Ninja/ La cavalerie aérienne de la JGSDF
Critiques de lecture
Armes. De l’antiquité à nos jours de Richard Holmes et alii
L’Amérique vulnérable ? (1946-1976) de Jean-Philippe Baulon
Pierre Marie Gallois. Géopolitique, Histoire, Stratégie de Christian Malis
Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ? de Pierre Pascallon et André Dumoulin
Agenda et nominations
Contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : « Si, si, ils sont toujours vivants ! »
Sur le vif
Armes surdouées, armes perverses
Par le général (CR) Claude Le Borgne
Aux sources du terrorisme
Entretien avec Hélène L’Heuillet, maître de conférence en philosophie à l’université de Paris Sorbonne et psychanalyste, auteure de Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides
Stratégie
La guerre au milieu des populations : solution ou idéologie ?
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense
Détruire l’adversaire ou gagner par compromis, quel but pour la guerre aujourd’hui ?
Par le chef de bataillon Pascal Ianni, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense
D’Eratosthène à demain ou la question de la géographie moderne
Par Emmanuel Allain, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » au Collège Interarmées de Défense
Armées
La British Army au tournant des années 2010
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes, et Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Les opérations terrestres britanniques en Afghanistan
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense
Tableau de bord : la British Army
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI
Unités
Les commandos-marine. L’intelligence du geste et de la situation
Par Véronique Sartini, journaliste
Encadré : So British !
Encadré : Le commando ou détachement Arta de Djibouti
« En 2008, le taux moyen d’absence du port base pour les commandos-marine était compris entre 120 et 140 jours »
Entretien avec le contre-amiral Marin Gillier, commandant de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO).
Technologies
Mines, IED et EFP face aux forces occidentales
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
Du minage au déminage
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense
Fiches techniques
Sous-marin nucléaire d’attaque de type 688, classe Los Angeles/ Les Los Angeles dans la mythologie sous-marine US
BAE/Hagglünds BV206S/ De l’utilitaire au véhicule de combat : le marché des engins articulés
Kawasaki OH-1 Ninja/ La cavalerie aérienne de la JGSDF
Critiques de lecture
Armes. De l’antiquité à nos jours de Richard Holmes et alii
L’Amérique vulnérable ? (1946-1976) de Jean-Philippe Baulon
Pierre Marie Gallois. Géopolitique, Histoire, Stratégie de Christian Malis
Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ? de Pierre Pascallon et André Dumoulin
Rommel et la stratégie de l’Axe en Méditerranée de Vincent Arbétrier
Stratégique n°93-94-95-96.
Stratégique n°93-94-95-96.
lundi 29 juin 2009
DSI-Technologies 18 en preview
Petit zoom sur le prochain DSI-Technologies, à paraître mi-juillet, avec de quoi susciter pas mal de réflexions : outre des thémas inhérentes à la sociologie des techniques et au maintien de l'ordre, le gros dossier du mois sera consacré au Bourget 2009 : 10 pages de photos et de remises en perspective des nouveautés du salon. Jean-Louis a également concocté un article sur les chantiers de l'ALAT et JJM a travaillé sur le Predator C.Nous poursuivons par ailleurs notre série sur les infanteries du futurs (les Scandinaves sont au menu ce mois-ci) et sur les engins suédois : il y aura donc du CV90 (notez que Stockholm vient juste de commander 113 AMV à Patria). On poursuit également sur la Piraterie et Véronique nous est revenue d'un transit sur la Jeannne, où elle en a profité pour interviewer le CEMM. Bonne lecture !
vendredi 26 juin 2009
Blub-blub : un deuxième Suffren pour la Marine
Hervé Morin a annoncé la commande du 2e sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Barracuda (classe Suffren). Le programme Barracuda, qui prévoit la livraison de six sous-marins entre 2017 et 2028, représente 7,9 milliards d’euros. La Délégation générale pour l’armement (DGA) a notifié le 26 juin 2009 aux entreprises DCNS et AREVA-TA la commande du 2e SNA de nouvelle génération Barracuda, prévu au titre du marché global notifié le 21 décembre 2006.
Parallèlement, l’assemblage de la coque du Suffren, tête de classe, a débuté le 26 juin 2009 par la soudure des deux premiers tronçons situés à l’arrière du sous-marin. Ils seront armés de la future torpille lourde Artemis, du missile antinavire Exocet et du futur missile de croisière naval. Ils pourront également mettre en oeuvre des forces spéciales et leurs équipements.
Parallèlement, l’assemblage de la coque du Suffren, tête de classe, a débuté le 26 juin 2009 par la soudure des deux premiers tronçons situés à l’arrière du sous-marin. Ils seront armés de la future torpille lourde Artemis, du missile antinavire Exocet et du futur missile de croisière naval. Ils pourront également mettre en oeuvre des forces spéciales et leurs équipements.
Lasers : les Américains progressent
Deux nouvelle récentes me semblent indicative de la persévérance US dans le domaine des lasers de combat, alors pourtant que l'ABL est à présent mort. D'une part, l’Advanced Tactical Laser, démonstrateur d’un laser chimique de frappe terrestre installé sur un C-130, a effectué un premier tir en vol, touchant effectivement sa cible dans le centre d’essais de White Sands. Rien de bien neuf : le programme progresse en dépit de retards.
D'autre part des essais ont également été réussis pour le Laser Weapon System (LaWS) de l’US Navy. Il a suivi, ciblé et détruit 5 drones le 7 juin, 2 le 9 juin et 2 autres le 11 juin. Le programme de recherche ambitionne, à terme, de disposer de lasers suffisamment puissants pour assurer la destruction de missiles assaillants. Et, pourquoi pas, remplacer les CIWS et autres RAM assurant la défense terminale des bâtiments US... A suivre donc...
D'autre part des essais ont également été réussis pour le Laser Weapon System (LaWS) de l’US Navy. Il a suivi, ciblé et détruit 5 drones le 7 juin, 2 le 9 juin et 2 autres le 11 juin. Le programme de recherche ambitionne, à terme, de disposer de lasers suffisamment puissants pour assurer la destruction de missiles assaillants. Et, pourquoi pas, remplacer les CIWS et autres RAM assurant la défense terminale des bâtiments US... A suivre donc...
jeudi 25 juin 2009
Drones : des solutions hybrides ?
La bestiole en photo (copyright : US Navy) n'est pas un MH-6 Little Bird, comme elle pourrait le laisser croire, mais sa version "Drone", testée par l'US Navy depuis un petit temps (500 heures de vol au compteur, 1er vol en juillet 06). L'appareil a deux particularités :- Premièrement, il utilise la cellule pour le moins éprouvée du Cayuse.
- Deuxièmement, il est "dronisable". Bien que pouvant voler seul comme un grand, il peut aussi être piloté, comme le Cayuse d'origine - un avantage pour le vol dans les espaces aériens civils.
Boeing, qui est maître d'oeuvre, précise que l'engin peut être utilisé pour toute une série de fonctions : ISR mais aussi évacuation médicale (d'où les deux conteneurs visibles sur la photo) et peut emporter environ 150 kg de charge utile. Un UAV "bon à tout faire" donc.
Ce qui m'interpelle dans ce programme, c'est sa relative simplicité. S'il faut prendre garde aux inflations de coûts (Boeing est doué pour la question et l'appareil a quelques petits raffinement, comme une capacité ATOL), ce qui m'intéresse ce sont les développements qui peuvent en résulter. En l'occurrence, Boeing et les forces spéciales ont une idée derrière la tête : l'A/MH-6X, avec une charge utile, cette fois, d'1,5 tonnes. Cette tendance à la dronisation d'appareils pilotés n'était pas nécessairement très visible au dernier Bourget mais, par contre, la multiplication des charges ISR sur des appareils de transport légers (TBM-700, King Air et autres appareils Diamond), oui.
On y reviendra dans le prochain DSI-T. Mais la question qui me turlupine, c'est de savoir si les drones MALE ou "quasi-MALE" (comme le modèle turc exposé ou le Hunter, par exemple*) ne sont pas en train de se faire dépasser à la fois par le haut (un Talarion/Advanced UAV qui me sembait aussi costaud qu'un RQ-4) ou par des plateformes beaucoup plus simples, pilotées et ayant plus souvent une charge utile supérieure, avec une endurance parfois étonnante.
* Je sais, je sais : le Hunter n'est pas un MALE. Mais son endurance (jusque 12 heures) est très raisonnable comparativement aux durées moyennes de vol des MALE US en Afghanistan ou en Irak...
mercredi 24 juin 2009
DSI 50 en preview
Et voilà que s'annonce l'été : les flots bleus pour ceux qui en ont la chance, un peu de temps libre... et peut-être même de la lecture. Ce pour quoi la rédac vous recommande vivement le prochain DSI, qui devrait être en kiosque d'ici le 2-3 juillet.
Sur le vif
La technologie est décidément un sujet complexe – y compris du point de vue de ses effets pervers. Jamais avare de réflexions, parfois dérangeantes mais toujours pertinentes, le général (CR) Claude LE BORGNE nous livre les réflexions dont il avait entretenu les participants au colloque du club Participation & Progrès sur « la technologie en débat(s) », début mai 2009.
Un autre débat à la fois passionnant et complexe touche aux sources du terrorisme, qui dépassent de loin les seules questions liées à l’asymétrie ou, comme on l’entend beaucoup trop souvent, à la pauvreté. Nous avons interrogé à ce sujet la philosophe et psychanalyste Hélène L’HEUILLET, qui vient de publier un ouvrage très intéressant à ce sujet.
Stratégie
À trop entendre parler de « guerre au milieu des populations », on pourrait n’y voir qu’un slogan, à l’instar de ce qu’était devenue la Transformation. Le général Vincent DESPORTES revient sur cette question, montrant que derrière la formule, les réalités stratégiques nous imposent d’adapter nos forces.
Combattre aujourd’hui est devenu difficile. Au premier chef, se pose la question de savoir s’il faut détruire l’adversaire ou « gagner par le compromis » et, plus généralement, de savoir quel est le but d’une guerre, de nos jours. Chef de bataillon, Pascal IANNI remet ainsi en perspectives un certain nombre de données, notamment inhérentes à la place des actions militaires dans les opérations contemporaines.
La géographie, disait Yves Lacoste, « sert d’abord à faire la guerre ». Si la formule manque quelque peu de nuance, toute structure militaire un tant soit peu évoluée ne peut faire l’impasse sur la géographie. Ses méthodes fournissent les cartes mais déterminera également la précision des missiles de croisière. Commandant dans l’armée de l’Air, Emmanuel ALLAIN examine une question abordée par le Livre blanc et, depuis lors, quelque peu passée sous silence.
Armées
Imprégnée de traditions et extrêmement expérimentée, l’armée de terre britannique est revenue, depuis la fin de la guerre froide, à une logique expéditionnaire et ce, dans un environnement budgétaire contraint. Pour autant, elle reste une formidable force de combat. Philippe LANGLOIT et Jean-Jacques MERCIER examinent pour nous ses évolutions et les défis auxquels elle fait face.
Engagées en Afghanistan depuis 2001, les forces terrestres britanniques ont mené un travail considérable et sont à présent engagées dans le sud, conduisant un grand nombre d’opérations. Emmanuel VIVENOT fait le point. Par ailleurs, Philippe LANGLOIT revient, dans son traditionnel tableau de bord, sur l’équipement de la British Army.
Unités
Forces spéciales de la Marine nationale, les Commandos-marine sont des unités aussi prestigieuses que rigoureuses et… occupées. Véronique SARTINI s’est rendue à Lorient et a suivi plusieurs de leurs exercices. Elle nous dresse le portrait d’unités en évolution constante et a également interviewé le contre-amiral Marin GILLIER, commandant la Force.
La technologie est décidément un sujet complexe – y compris du point de vue de ses effets pervers. Jamais avare de réflexions, parfois dérangeantes mais toujours pertinentes, le général (CR) Claude LE BORGNE nous livre les réflexions dont il avait entretenu les participants au colloque du club Participation & Progrès sur « la technologie en débat(s) », début mai 2009.
Un autre débat à la fois passionnant et complexe touche aux sources du terrorisme, qui dépassent de loin les seules questions liées à l’asymétrie ou, comme on l’entend beaucoup trop souvent, à la pauvreté. Nous avons interrogé à ce sujet la philosophe et psychanalyste Hélène L’HEUILLET, qui vient de publier un ouvrage très intéressant à ce sujet.
Stratégie
À trop entendre parler de « guerre au milieu des populations », on pourrait n’y voir qu’un slogan, à l’instar de ce qu’était devenue la Transformation. Le général Vincent DESPORTES revient sur cette question, montrant que derrière la formule, les réalités stratégiques nous imposent d’adapter nos forces.
Combattre aujourd’hui est devenu difficile. Au premier chef, se pose la question de savoir s’il faut détruire l’adversaire ou « gagner par le compromis » et, plus généralement, de savoir quel est le but d’une guerre, de nos jours. Chef de bataillon, Pascal IANNI remet ainsi en perspectives un certain nombre de données, notamment inhérentes à la place des actions militaires dans les opérations contemporaines.
La géographie, disait Yves Lacoste, « sert d’abord à faire la guerre ». Si la formule manque quelque peu de nuance, toute structure militaire un tant soit peu évoluée ne peut faire l’impasse sur la géographie. Ses méthodes fournissent les cartes mais déterminera également la précision des missiles de croisière. Commandant dans l’armée de l’Air, Emmanuel ALLAIN examine une question abordée par le Livre blanc et, depuis lors, quelque peu passée sous silence.
Armées
Imprégnée de traditions et extrêmement expérimentée, l’armée de terre britannique est revenue, depuis la fin de la guerre froide, à une logique expéditionnaire et ce, dans un environnement budgétaire contraint. Pour autant, elle reste une formidable force de combat. Philippe LANGLOIT et Jean-Jacques MERCIER examinent pour nous ses évolutions et les défis auxquels elle fait face.
Engagées en Afghanistan depuis 2001, les forces terrestres britanniques ont mené un travail considérable et sont à présent engagées dans le sud, conduisant un grand nombre d’opérations. Emmanuel VIVENOT fait le point. Par ailleurs, Philippe LANGLOIT revient, dans son traditionnel tableau de bord, sur l’équipement de la British Army.
Unités
Forces spéciales de la Marine nationale, les Commandos-marine sont des unités aussi prestigieuses que rigoureuses et… occupées. Véronique SARTINI s’est rendue à Lorient et a suivi plusieurs de leurs exercices. Elle nous dresse le portrait d’unités en évolution constante et a également interviewé le contre-amiral Marin GILLIER, commandant la Force.
Technologie
Depuis 2003, les IED (Improvised Explosive Device) ou EEI (Engins Explosifs Improvisés) font « la une » de l’actualité militaire. La menace est complexe et protéiforme et de nombreux types de contre-mesures lui sont appliquées, d’où l’expérience de la guerre froide et de l’utilisation des mines antichars n’est pas absente. Joseph HENROTIN et Stéphane FERRARD font le point sur les problèmes posés mais aussi… les solutions qui ont été trouvées.
Depuis 2003, les IED (Improvised Explosive Device) ou EEI (Engins Explosifs Improvisés) font « la une » de l’actualité militaire. La menace est complexe et protéiforme et de nombreux types de contre-mesures lui sont appliquées, d’où l’expérience de la guerre froide et de l’utilisation des mines antichars n’est pas absente. Joseph HENROTIN et Stéphane FERRARD font le point sur les problèmes posés mais aussi… les solutions qui ont été trouvées.
mardi 23 juin 2009
Nouvelles publications de l'ISC
Je suis actuellement en train d emettre à jour les tables des matières des derniers ouvrages parus dans le cadre de l'ISC (certes, il était temps ;o). Ne manquez pas de jeter un oeil dessus, dans la mesure où à chaque ouvrage présenté correspond l'un ou l'autre texte mis en libre accès.
Au programme :
Michel Grintchenko, L'opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine, 2008
Guilio Douhet, La maîtrise de l'air, 2007
Edward Luttwak, La grande stratégie de l'empire romain (2ème édition), 2009
Laure Bardiès et Martin Motte (Dir.), De la Guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, 2008
Hervé Coutau-Bégarie, L'océan globalisé. Géopolitique des mers au 21ème siècle, 2007
D'autres seront injectées au rythme d'une par jour. Bonne lecture !
Au programme :
Michel Grintchenko, L'opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine, 2008
Guilio Douhet, La maîtrise de l'air, 2007
Edward Luttwak, La grande stratégie de l'empire romain (2ème édition), 2009
Laure Bardiès et Martin Motte (Dir.), De la Guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, 2008
Hervé Coutau-Bégarie, L'océan globalisé. Géopolitique des mers au 21ème siècle, 2007
D'autres seront injectées au rythme d'une par jour. Bonne lecture !
Qui (n'est pas) post-humaniste ?
Réponse - ou piste de réponse, plus exactement - sur l'excellent schizodoxe. Je sort un peu d'un article sur la piraterie pour le prochain DSI-T (fonctionner aléatoirement fait du bien quelque fois) et j'en profite pour revenir à l'un de mes dadas favoris.
L'excellent Rémi Sussan avait produit il y a quelque temps un ouvrage absolument fascinant sur la relation entre contre-culture, post-humain (voire post-humanisme) et technologies diverses et variées. Je conseille à tous sa lecture (je pense en avoir fait une critique dans l'un des premiers DSI).
La question posée, à cet égard, renvoie non seulement à l'évolution et à l'adaptation mais est également d'une extrême valeur stratégique : que sera, dans 50 ans, la notion d'efficacité ? Comment va-t'on comprendre et modifier nos cerveaux - des gens y pensent très sérieusement ? Quel sera notre rapport à la technique, nous qui sommes déjà entourés de fictions où les robots sont au coeur des intrigues, suscitant peur ou attendrissement ?
Pas très militaire me direz-vous ? Si, si, regardez bien : le FELIN bardé de son électronique n'est conçu que pour une seule chose, in fine : être plus efficace, démultiplier l'humain et ses sens... Une révolution sourde est en marche et elle n'est pas dans tel radar ou tel système C4ISR - ce sont des épiphénomènes, tout au plus révélateurs que "quelque chose se passe".
Cette révolution est dans une combinaison bien plus large, d'une amplitude qu'on ne soupçonne même pas encore. Surtout, elle n'est pas technique au sens strict. Elle se joue dans l'interaction entre le technique et l'humain... qui pourrait bien déraper si, emporté par son élan, il ne restait pas concentré sur son essence.
L'excellent Rémi Sussan avait produit il y a quelque temps un ouvrage absolument fascinant sur la relation entre contre-culture, post-humain (voire post-humanisme) et technologies diverses et variées. Je conseille à tous sa lecture (je pense en avoir fait une critique dans l'un des premiers DSI).
La question posée, à cet égard, renvoie non seulement à l'évolution et à l'adaptation mais est également d'une extrême valeur stratégique : que sera, dans 50 ans, la notion d'efficacité ? Comment va-t'on comprendre et modifier nos cerveaux - des gens y pensent très sérieusement ? Quel sera notre rapport à la technique, nous qui sommes déjà entourés de fictions où les robots sont au coeur des intrigues, suscitant peur ou attendrissement ?
Pas très militaire me direz-vous ? Si, si, regardez bien : le FELIN bardé de son électronique n'est conçu que pour une seule chose, in fine : être plus efficace, démultiplier l'humain et ses sens... Une révolution sourde est en marche et elle n'est pas dans tel radar ou tel système C4ISR - ce sont des épiphénomènes, tout au plus révélateurs que "quelque chose se passe".
Cette révolution est dans une combinaison bien plus large, d'une amplitude qu'on ne soupçonne même pas encore. Surtout, elle n'est pas technique au sens strict. Elle se joue dans l'interaction entre le technique et l'humain... qui pourrait bien déraper si, emporté par son élan, il ne restait pas concentré sur son essence.
Interview au "Soir" : OMLT belge et embuscade en Afghanistan
J'ai eu l'occasion de donner au Soir du 19/6 une interview sur la question de la réaction belge au fait qu'une OMLT soit tombée en embuscade en Afghanistan :
Afghanistan : « Je suis étonné par... l'étonnement des élus »
Vous avez eu connaissance des embuscades afghanes dans lesquelles des instructeurs belges sont tombés jeudi de la semaine passée et ce lundi. Était-ce prévisible ?
Oui, puisqu'un certain nombre d'expériences nous étaient revenues d'autres armées engagées dans des opérations OMLT (NDLR : entraînement et mentoring). Le but de ces OMLT n'est pas de mener elles-mêmes ces engagements mais de former au plus vite l'armée afghane. Et quand elles emmènent cette armée sur le terrain, ce genre de chose peut se produire. Ne pas avoir d'embuscade aurait été très étonnant.
Il n'y a pas eu ici de blessé sérieux. Les autres armées ont-elles eu autant de chance ?
Les armées Otan sont, de manière générale, des armées bien formées, bien entraînées. Rappelons que, malgré la déferlante technologique dont on nous abreuve, le premier élément dans l'art de la guerre est humain : l'entraînement. Pas mal d'armées de l'Otan ont eu peur pour la Belgique, où les budgets ont été constamment réduits : en termes de pourcentage du budget consacré à l'armement et l'équipement, la Belgique est dernière de l'Otan (même le Luxembourg fait mieux que la Belgique). Mais l'armée belge s'en sort très bien car c'est une armée très professionnelle qui, même sous pression budgétaire, s'est débrouillée pour que ses unités demeurent opérationnelles et assument ce type d'engagement sans problème.
Dans le cas de l'embuscade d'Uzbin, par exemple, les Français ont perdu dix hommes. Mais on se rend compte aujourd'hui que les Français envoyés sur place étaient mal formés. D'où l'importance de l'entraînement – et pour les OMLT, des entraîneurs eux-mêmes bien entraînés.
D'un point de vue politique, il a été affirmé que le ministre belge de la Défense aurait sous-estimé le risque. A-t-on sous-communiqué, mal communiqué ? Ou sur-communiqué ?
La Belgique a communiqué comme dans les autres pays. Mais dans des pays plus vastes (France, Allemagne) ou même dans d'autres pays d'importance égale (Suède), le monde politique et les parlementaires sont bien mieux informés – culturellement – en terme de défense. Une plus grande attention est portée à ces questions. En Belgique, je suis étonné par… l'étonnement du législatif et par une polémique qui n'a pas lieu d'être : on connaît les risques liés aux OMLT, il existe une abondante littérature tout à fait accessible.
Je trouve même que le gouvernement belge communique maintenant avec plus de clarté qu'auparavant. Ce sont plutôt les parlementaires ou médias qui ne parviennent pas toujours à comprendre, à « lire » ce qui est dit. Les affaires de défense n'intéressent pas et, lorsque ce genre d'embuscade se produit, un étonnement se manifeste. Il est peut-être aussi vrai que les bonnes questions ne sont pas posées…
Le ministre affirme au « Soir » : les OMLT seront toujours en 2e ou 3e ligne, jamais en 1e ligne. Est-ce que cela a un sens quand on parle d'OMLT ?
Oui. Si une colonne se déplace, les Afghans vont être en tête, et les Belges en n°2. Mais la notion même de première et deuxième ligne n'a plus beaucoup de signification. Dans des conflits contre-insurrectionnels comme l'Afghanistan, il n'y a plus d'« arrière ». Des zones qu'on pense sécurisées ne le sont pas, etc. Donc lorsque le ministre dit que les Belges seront en deuxième ligne, c'est vrai d'un point de vue micro-tactique, mais on évolue sur un terrain ouvert et les attaques peuvent venir d'un peu n'importe où.
Si je suis ce raisonnement, même le fait d'être sur une position réputée très protégée – comme l'aéroport de Kaboul – pourrait être dangereux.
Évidemment. Aucun endroit en Afghanistan n'est réellement sûr. Kunduz, comparativement au Sud, est plus calme : c'est politiquement vrai. Mais stratégiquement, c'est relatif. Le calme de Kunduz n'empêche la recrudescence des accrochages. Par essence, la guerre est dynamique : la nouvelle logique – plus de front, plus d'arrière – signifie que la guerre est plus fluide que par le passé. La guerre est un duel, disait Clausewitz : nécessairement dynamique.
Le défaut de culture stratégique – que vous reprochez à nos élus – se marque-t-il aussi dans la société en général ?
Effectivement. Il y a beaucoup de réflexion stratégique en Belgique, mais qui percole peu. La réflexion stratégique belge s'opère d'abord au sein des militaires. Je donne parfois cours aux étudiants de 3e cycle (de futurs majors ou lieutenants-colonels) et là, on réfléchit beaucoup, ils posent des questions très mûres. Ce sont des gens qui lisent beaucoup : on assiste à l'émergence d'une génération d'officiers académiques, des officiers qui, de plus en plus, font des doctorats. Il y a un vrai bouillonnement, même si en Belgique les officiers « tournent à fond » et en unité n'ont pas trop le temps de lire. Puis il existe une recherche académique, qui est un petit peu plus folklorique : il n'y a pas de master en études stratégiques, comme il peut y en avoir aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où on met ce genre d'études sur le même pied que les relations internationales ou l'histoire de l'art.
Chez nous, rien ?
Cela repose sur une série d'individualités : André Dumoulin et Alain De Neve au départ de l'École royale militaire, quelques-uns à l'UCL, à l'ULB…
Est-ce que cela signifie que le niveau exécutif, lui aussi, a peu de ressources stratégiques ? Ou est-ce que l'armée et l'école royale militaire l'alimentent à suffisance ?
Pas de problème en ce qui concerne la production militaire : c'est un débat très ouvert au niveau intellectuel, avec des débats inimaginables il y a dix ans d'ici. Mais au niveau des « think tanks », c'est plutôt de la consultance que de la recherche, avec une certaine confusion militante. Si l'option est de dire d'emblée « On ne va pas en Afghanistan », alors évidemment on ne sait plus aider un gouvernement qui, sur le terrain, est confronté à des problèmes précis. Pas de véritable recherche, donc pas de véritable information du politique.
Où situez-vous le trauma du Rwanda ? Quel est encore son impact aujourd'hui ?
Il y a en Belgique une sociologie particulière à l'égard de l'usage de la force. Le premier grand choc est celui de la 1e guerre mondiale, avec un pacifisme assumé de la part des Flamands. C'est la toile de fond sur laquelle s'est conceptualisée la notion de défense. L'autre choc, c'est le Rwanda : on y va avec les meilleures intentions, on ne parvient pas à anticiper le problème – les services de renseignements l'avaient anticipé, pas le politique – et se développe un abcès qui ne sera jamais clarifié. Sur le registre : on ne doit plus jamais perdre un homme (dans ce cas, il faut dissoudre instantanément l'armée et réinjecter l'argent ailleurs), il ne faut plus s'engager que dans les conflits essentiels, etc. Le problème de cette posture est qu'elle est isolationniste, et que, dans le cadre Otan ou autre, la Belgique, pays « moyen » (et non pas « petit » comme la Lituanie, etc.), doit bien assumer sa participation à la sécurité collective.
Note de JH sur Uzbin : dans l'interview, j'avais parlé de formation non optimale et des pépins d'équipement. Maintenant, c'est une interview : ce que vous venez de lire est le condensé de 30 minutes de discussion... forcément, c'est synthétique...
Afghanistan : « Je suis étonné par... l'étonnement des élus »
Vous avez eu connaissance des embuscades afghanes dans lesquelles des instructeurs belges sont tombés jeudi de la semaine passée et ce lundi. Était-ce prévisible ?
Oui, puisqu'un certain nombre d'expériences nous étaient revenues d'autres armées engagées dans des opérations OMLT (NDLR : entraînement et mentoring). Le but de ces OMLT n'est pas de mener elles-mêmes ces engagements mais de former au plus vite l'armée afghane. Et quand elles emmènent cette armée sur le terrain, ce genre de chose peut se produire. Ne pas avoir d'embuscade aurait été très étonnant.
Il n'y a pas eu ici de blessé sérieux. Les autres armées ont-elles eu autant de chance ?
Les armées Otan sont, de manière générale, des armées bien formées, bien entraînées. Rappelons que, malgré la déferlante technologique dont on nous abreuve, le premier élément dans l'art de la guerre est humain : l'entraînement. Pas mal d'armées de l'Otan ont eu peur pour la Belgique, où les budgets ont été constamment réduits : en termes de pourcentage du budget consacré à l'armement et l'équipement, la Belgique est dernière de l'Otan (même le Luxembourg fait mieux que la Belgique). Mais l'armée belge s'en sort très bien car c'est une armée très professionnelle qui, même sous pression budgétaire, s'est débrouillée pour que ses unités demeurent opérationnelles et assument ce type d'engagement sans problème.
Dans le cas de l'embuscade d'Uzbin, par exemple, les Français ont perdu dix hommes. Mais on se rend compte aujourd'hui que les Français envoyés sur place étaient mal formés. D'où l'importance de l'entraînement – et pour les OMLT, des entraîneurs eux-mêmes bien entraînés.
D'un point de vue politique, il a été affirmé que le ministre belge de la Défense aurait sous-estimé le risque. A-t-on sous-communiqué, mal communiqué ? Ou sur-communiqué ?
La Belgique a communiqué comme dans les autres pays. Mais dans des pays plus vastes (France, Allemagne) ou même dans d'autres pays d'importance égale (Suède), le monde politique et les parlementaires sont bien mieux informés – culturellement – en terme de défense. Une plus grande attention est portée à ces questions. En Belgique, je suis étonné par… l'étonnement du législatif et par une polémique qui n'a pas lieu d'être : on connaît les risques liés aux OMLT, il existe une abondante littérature tout à fait accessible.
Je trouve même que le gouvernement belge communique maintenant avec plus de clarté qu'auparavant. Ce sont plutôt les parlementaires ou médias qui ne parviennent pas toujours à comprendre, à « lire » ce qui est dit. Les affaires de défense n'intéressent pas et, lorsque ce genre d'embuscade se produit, un étonnement se manifeste. Il est peut-être aussi vrai que les bonnes questions ne sont pas posées…
Le ministre affirme au « Soir » : les OMLT seront toujours en 2e ou 3e ligne, jamais en 1e ligne. Est-ce que cela a un sens quand on parle d'OMLT ?
Oui. Si une colonne se déplace, les Afghans vont être en tête, et les Belges en n°2. Mais la notion même de première et deuxième ligne n'a plus beaucoup de signification. Dans des conflits contre-insurrectionnels comme l'Afghanistan, il n'y a plus d'« arrière ». Des zones qu'on pense sécurisées ne le sont pas, etc. Donc lorsque le ministre dit que les Belges seront en deuxième ligne, c'est vrai d'un point de vue micro-tactique, mais on évolue sur un terrain ouvert et les attaques peuvent venir d'un peu n'importe où.
Si je suis ce raisonnement, même le fait d'être sur une position réputée très protégée – comme l'aéroport de Kaboul – pourrait être dangereux.
Évidemment. Aucun endroit en Afghanistan n'est réellement sûr. Kunduz, comparativement au Sud, est plus calme : c'est politiquement vrai. Mais stratégiquement, c'est relatif. Le calme de Kunduz n'empêche la recrudescence des accrochages. Par essence, la guerre est dynamique : la nouvelle logique – plus de front, plus d'arrière – signifie que la guerre est plus fluide que par le passé. La guerre est un duel, disait Clausewitz : nécessairement dynamique.
Le défaut de culture stratégique – que vous reprochez à nos élus – se marque-t-il aussi dans la société en général ?
Effectivement. Il y a beaucoup de réflexion stratégique en Belgique, mais qui percole peu. La réflexion stratégique belge s'opère d'abord au sein des militaires. Je donne parfois cours aux étudiants de 3e cycle (de futurs majors ou lieutenants-colonels) et là, on réfléchit beaucoup, ils posent des questions très mûres. Ce sont des gens qui lisent beaucoup : on assiste à l'émergence d'une génération d'officiers académiques, des officiers qui, de plus en plus, font des doctorats. Il y a un vrai bouillonnement, même si en Belgique les officiers « tournent à fond » et en unité n'ont pas trop le temps de lire. Puis il existe une recherche académique, qui est un petit peu plus folklorique : il n'y a pas de master en études stratégiques, comme il peut y en avoir aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où on met ce genre d'études sur le même pied que les relations internationales ou l'histoire de l'art.
Chez nous, rien ?
Cela repose sur une série d'individualités : André Dumoulin et Alain De Neve au départ de l'École royale militaire, quelques-uns à l'UCL, à l'ULB…
Est-ce que cela signifie que le niveau exécutif, lui aussi, a peu de ressources stratégiques ? Ou est-ce que l'armée et l'école royale militaire l'alimentent à suffisance ?
Pas de problème en ce qui concerne la production militaire : c'est un débat très ouvert au niveau intellectuel, avec des débats inimaginables il y a dix ans d'ici. Mais au niveau des « think tanks », c'est plutôt de la consultance que de la recherche, avec une certaine confusion militante. Si l'option est de dire d'emblée « On ne va pas en Afghanistan », alors évidemment on ne sait plus aider un gouvernement qui, sur le terrain, est confronté à des problèmes précis. Pas de véritable recherche, donc pas de véritable information du politique.
Où situez-vous le trauma du Rwanda ? Quel est encore son impact aujourd'hui ?
Il y a en Belgique une sociologie particulière à l'égard de l'usage de la force. Le premier grand choc est celui de la 1e guerre mondiale, avec un pacifisme assumé de la part des Flamands. C'est la toile de fond sur laquelle s'est conceptualisée la notion de défense. L'autre choc, c'est le Rwanda : on y va avec les meilleures intentions, on ne parvient pas à anticiper le problème – les services de renseignements l'avaient anticipé, pas le politique – et se développe un abcès qui ne sera jamais clarifié. Sur le registre : on ne doit plus jamais perdre un homme (dans ce cas, il faut dissoudre instantanément l'armée et réinjecter l'argent ailleurs), il ne faut plus s'engager que dans les conflits essentiels, etc. Le problème de cette posture est qu'elle est isolationniste, et que, dans le cadre Otan ou autre, la Belgique, pays « moyen » (et non pas « petit » comme la Lituanie, etc.), doit bien assumer sa participation à la sécurité collective.
Note de JH sur Uzbin : dans l'interview, j'avais parlé de formation non optimale et des pépins d'équipement. Maintenant, c'est une interview : ce que vous venez de lire est le condensé de 30 minutes de discussion... forcément, c'est synthétique...
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samedi 20 juin 2009
DSI magazine(s) sur Facebook : si, si...
Comme dirait Charles "Electrosphère" Bwele, on n'arrête pas le progrès (du web 2.0) : du coup, je me suis dit que dans la multitude de groupes Facebook, DSI était absent et qu'il était temps de permettre de mettre en contact les lecteurs qui le désirent. Actualités de la rédaction, (bonnes) humeurs et potins divers et variés à suivre ici.
jeudi 18 juin 2009
Happy birthday ISC
Créé en avril 1994, l'Institut de Stratégie Comparée, dirigé par Hervé Coutau-Bégarie, se porte plutôt bien en termes de production.
Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)
Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)
lundi 15 juin 2009
Faire européen, est-ce plus cher ?
Juste une petite réponse au dernier post de JDM, concernant la question du coût des appareils de combat européens en regard de l'option nationale. Je ne m'aventurerai pas ici sur la question du coût mais je ferai juste une petite précision, en rappellant ici une interview donnée en son temps par Claude Carlier, professeur en Sorbonne et grand observateur de tout ce qui vole devant l'Eternel.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.
Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.
Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.
* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.
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Non, pas la presse !
Et oui, ca arrive : vous voulez prendre des photos un peu plus près d'appareils pourtant au statique chez EADS et... on vous le refuse. Pas de photos, pas de reportage et une gueulante de ma part.
Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.
Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.
Bourget 2009 bien chargé
En direct depuis la salle de presse du Bourget 2009, votre serviteur a déjà eu l'occasion de faire un premier tour de tarmac, histoire de voir qui est là ou pas (et de tester un système de navette vous faisant lambinner, comme d'habitude). Et force est de constater que le tarmac est un peu plus fourni que ce que la liste des exposants le laissait entrevoir - dans mon dernier billet, j'ai donc été quelque peu injuste.
Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).
Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.
Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.
Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !
Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).
Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.
Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.
Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !
jeudi 11 juin 2009
2 ans d'Athena et 50 DSI sur le gâteau
La période est propice aux célébrations. Certes, le salon du Bourget - celui du centenaire - se profile à l'horizon avec, bien entendu, une descente en règle de la rédaction sur place et une série de retours à lire dans les prochains DSI et DSI-Technologies.
Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.
Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.
Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !
* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.
Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.
Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.
Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !
* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.
mardi 9 juin 2009
Hors-Série n°6 - DSI spécial "aviation de combat"

Salon du Bourget oblige, le nouveau hors-série que nous a préparé Jean-Louis sera pour le moins costaud : vous l'avez déjà lu, Jean-Louis aime le solide, le compact, le concentré - le tout sur 100 pages. Et il y a de quoi faire ! En l'occurrence, le 6ème hors-série de DSI sera en kiosque le 12 juin. Bonne lecture !
Editorial
L’AMÉRIQUE AU SOMMET
Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec
L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
TOUR D’HORIZON
Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé
Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé
Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé
Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé
Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé
Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé
Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé
Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel
Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson
Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé
Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott
DES DRONES BIEN PRÉSENTS
Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy
Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert
L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski
Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS
Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel
VOILURES TOURNANTES
Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé
TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé
Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé
Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé
Le Tigre montre les dents
Jean-Louis Promé
Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel
L’AMÉRIQUE AU SOMMET
Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec
L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois
TOUR D’HORIZON
Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé
Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé
Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé
Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé
Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé
Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé
Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé
Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel
Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson
Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé
Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott
DES DRONES BIEN PRÉSENTS
Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy
Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert
L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski
Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS
Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel
VOILURES TOURNANTES
Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé
TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé
Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé
Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé
Le Tigre montre les dents
Jean-Louis Promé
Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel
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vendredi 5 juin 2009
En pleine campagne, aucun conseiller n'aurait osé en rêver...
Pour connaître assez bien les rouages de la politique (disons, pour les avoir vécu de l'intérieur), je dois dire que ce qui vient de se passer, aucun conseiller un tant soit peu sérieux n'aurait jamais osé en rêver.
Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.
Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.
Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.
L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.
Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.
Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.
Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.
L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.
Un dorito à 2,8 milliards de dollars : la fin de la controverse A-12 Avenger II

Comment gagner 2,8 milliards de dollars ? Simple : accordez, à la fin des années 1980, un contrat de 4,8 milliards à McDonnell Douglas afin qu’il développe un bombardier embarqué, qui devra remplacer les A-6 Intruder. Il sera triangulaire et furtif et vous appellerez la petite chose en photomontage ci-dessus (copyright US Navy) l’A-12 Avenger II. Surnommé par les intimes le « dorito volant », il avait également reçu le sobriquet de "Mini B-2".
Faites miroiter un contrat pour plus de 1 300 appareils. Lorsque l’industriel verra les coûts et les délais exploser, annulez le contrat et coupez toute subvention. Vous en profiterez pour faire parler de vous, dans la mesure où vous aurez effectué la plus grosse annulation de contrat jamais vue au Pentagone. Attendez qu’il vous attaque en justice. Battez vous durant 18 ans devant les tribunaux et, au 3ème appel, récupérez 1,35 milliard déjà payé, majoré des intérêts. Soit 2,8 milliards.
Plus sérieusement, la fin de cette longue saga juridique marque un sérieux revers pour Boeing mais aussi et d'une certaine façon l'épilogue de mon mémoire de DEA (que vous pouvez consuter ici). A l'époque, l'appareil m'avait semblé être l'un des meilleurs exemples de la techno-fascination américaine des années 1980... dont vous savez comment elle se reproduira dans les années 1990 et 2000.
samedi 30 mai 2009
Salon du Bourget : faible présence militaire sur le tarmac
La ligne politique était poursuivie depuis déjà quelques années : priorité au domaine civil (ce qui explique également qu'aucune revue de défense ne soit partenaire du salon - à l'exception, à la marge, d'Aviation Week). Mais l'édition du centenaire sera sans doute un peu plus pauvre.
Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.
Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.
Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?
Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.
Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.
Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?
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