vendredi 26 juin 2009

Blub-blub : un deuxième Suffren pour la Marine

Hervé Morin a annoncé la commande du 2e sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Barracuda (classe Suffren). Le programme Barracuda, qui prévoit la livraison de six sous-marins entre 2017 et 2028, représente 7,9 milliards d’euros. La Délégation générale pour l’armement (DGA) a notifié le 26 juin 2009 aux entreprises DCNS et AREVA-TA la commande du 2e SNA de nouvelle génération Barracuda, prévu au titre du marché global notifié le 21 décembre 2006.

Parallèlement, l’assemblage de la coque du Suffren, tête de classe, a débuté le 26 juin 2009 par la soudure des deux premiers tronçons situés à l’arrière du sous-marin. Ils seront armés de la future torpille lourde Artemis, du missile antinavire Exocet et du futur missile de croisière naval. Ils pourront également mettre en oeuvre des forces spéciales et leurs équipements.

Lasers : les Américains progressent

Deux nouvelle récentes me semblent indicative de la persévérance US dans le domaine des lasers de combat, alors pourtant que l'ABL est à présent mort. D'une part, l’Advanced Tactical Laser, démonstrateur d’un laser chimique de frappe terrestre installé sur un C-130, a effectué un premier tir en vol, touchant effectivement sa cible dans le centre d’essais de White Sands. Rien de bien neuf : le programme progresse en dépit de retards.

D'autre part des essais ont également été réussis pour le Laser Weapon System (LaWS) de l’US Navy. Il a suivi, ciblé et détruit 5 drones le 7 juin, 2 le 9 juin et 2 autres le 11 juin. Le programme de recherche ambitionne, à terme, de disposer de lasers suffisamment puissants pour assurer la destruction de missiles assaillants. Et, pourquoi pas, remplacer les CIWS et autres RAM assurant la défense terminale des bâtiments US... A suivre donc...

jeudi 25 juin 2009

Drones : des solutions hybrides ?

La bestiole en photo (copyright : US Navy) n'est pas un MH-6 Little Bird, comme elle pourrait le laisser croire, mais sa version "Drone", testée par l'US Navy depuis un petit temps (500 heures de vol au compteur, 1er vol en juillet 06). L'appareil a deux particularités :

- Premièrement, il utilise la cellule pour le moins éprouvée du Cayuse.
- Deuxièmement, il est "dronisable". Bien que pouvant voler seul comme un grand, il peut aussi être piloté, comme le Cayuse d'origine - un avantage pour le vol dans les espaces aériens civils.

Boeing, qui est maître d'oeuvre, précise que l'engin peut être utilisé pour toute une série de fonctions : ISR mais aussi évacuation médicale (d'où les deux conteneurs visibles sur la photo) et peut emporter environ 150 kg de charge utile. Un UAV "bon à tout faire" donc.

Ce qui m'interpelle dans ce programme, c'est sa relative simplicité. S'il faut prendre garde aux inflations de coûts (Boeing est doué pour la question et l'appareil a quelques petits raffinement, comme une capacité ATOL), ce qui m'intéresse ce sont les développements qui peuvent en résulter. En l'occurrence, Boeing et les forces spéciales ont une idée derrière la tête : l'A/MH-6X, avec une charge utile, cette fois, d'1,5 tonnes. Cette tendance à la dronisation d'appareils pilotés n'était pas nécessairement très visible au dernier Bourget mais, par contre, la multiplication des charges ISR sur des appareils de transport légers (TBM-700, King Air et autres appareils Diamond), oui.

On y reviendra dans le prochain DSI-T. Mais la question qui me turlupine, c'est de savoir si les drones MALE ou "quasi-MALE" (comme le modèle turc exposé ou le Hunter, par exemple*) ne sont pas en train de se faire dépasser à la fois par le haut (un Talarion/Advanced UAV qui me sembait aussi costaud qu'un RQ-4) ou par des plateformes beaucoup plus simples, pilotées et ayant plus souvent une charge utile supérieure, avec une endurance parfois étonnante.

* Je sais, je sais : le Hunter n'est pas un MALE. Mais son endurance (jusque 12 heures) est très raisonnable comparativement aux durées moyennes de vol des MALE US en Afghanistan ou en Irak...

mercredi 24 juin 2009

DSI 50 en preview

Et voilà que s'annonce l'été : les flots bleus pour ceux qui en ont la chance, un peu de temps libre... et peut-être même de la lecture. Ce pour quoi la rédac vous recommande vivement le prochain DSI, qui devrait être en kiosque d'ici le 2-3 juillet.
Sur le vif

La technologie est décidément un sujet complexe – y compris du point de vue de ses effets pervers. Jamais avare de réflexions, parfois dérangeantes mais toujours pertinentes, le général (CR) Claude LE BORGNE nous livre les réflexions dont il avait entretenu les participants au colloque du club Participation & Progrès sur « la technologie en débat(s) », début mai 2009.

Un autre débat à la fois passionnant et complexe touche aux sources du terrorisme, qui dépassent de loin les seules questions liées à l’asymétrie ou, comme on l’entend beaucoup trop souvent, à la pauvreté. Nous avons interrogé à ce sujet la philosophe et psychanalyste Hélène L’HEUILLET, qui vient de publier un ouvrage très intéressant à ce sujet.

Stratégie

À trop entendre parler de « guerre au milieu des populations », on pourrait n’y voir qu’un slogan, à l’instar de ce qu’était devenue la Transformation. Le général Vincent DESPORTES revient sur cette question, montrant que derrière la formule, les réalités stratégiques nous imposent d’adapter nos forces.

Combattre aujourd’hui est devenu difficile. Au premier chef, se pose la question de savoir s’il faut détruire l’adversaire ou « gagner par le compromis » et, plus généralement, de savoir quel est le but d’une guerre, de nos jours. Chef de bataillon, Pascal IANNI remet ainsi en perspectives un certain nombre de données, notamment inhérentes à la place des actions militaires dans les opérations contemporaines.

La géographie, disait Yves Lacoste, « sert d’abord à faire la guerre ». Si la formule manque quelque peu de nuance, toute structure militaire un tant soit peu évoluée ne peut faire l’impasse sur la géographie. Ses méthodes fournissent les cartes mais déterminera également la précision des missiles de croisière. Commandant dans l’armée de l’Air, Emmanuel ALLAIN examine une question abordée par le Livre blanc et, depuis lors, quelque peu passée sous silence.

Armées

Imprégnée de traditions et extrêmement expérimentée, l’armée de terre britannique est revenue, depuis la fin de la guerre froide, à une logique expéditionnaire et ce, dans un environnement budgétaire contraint. Pour autant, elle reste une formidable force de combat. Philippe LANGLOIT et Jean-Jacques MERCIER examinent pour nous ses évolutions et les défis auxquels elle fait face.

Engagées en Afghanistan depuis 2001, les forces terrestres britanniques ont mené un travail considérable et sont à présent engagées dans le sud, conduisant un grand nombre d’opérations. Emmanuel VIVENOT fait le point. Par ailleurs, Philippe LANGLOIT revient, dans son traditionnel tableau de bord, sur l’équipement de la British Army.

Unités

Forces spéciales de la Marine nationale, les Commandos-marine sont des unités aussi prestigieuses que rigoureuses et… occupées. Véronique SARTINI s’est rendue à Lorient et a suivi plusieurs de leurs exercices. Elle nous dresse le portrait d’unités en évolution constante et a également interviewé le contre-amiral Marin GILLIER, commandant la Force.
Technologie

Depuis 2003, les IED (Improvised Explosive Device) ou EEI (Engins Explosifs Improvisés) font « la une » de l’actualité militaire. La menace est complexe et protéiforme et de nombreux types de contre-mesures lui sont appliquées, d’où l’expérience de la guerre froide et de l’utilisation des mines antichars n’est pas absente. Joseph HENROTIN et Stéphane FERRARD font le point sur les problèmes posés mais aussi… les solutions qui ont été trouvées.

mardi 23 juin 2009

Nouvelles publications de l'ISC

Je suis actuellement en train d emettre à jour les tables des matières des derniers ouvrages parus dans le cadre de l'ISC (certes, il était temps ;o). Ne manquez pas de jeter un oeil dessus, dans la mesure où à chaque ouvrage présenté correspond l'un ou l'autre texte mis en libre accès.
Au programme :

Michel Grintchenko, L'opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine, 2008

Guilio Douhet, La maîtrise de l'air, 2007

Edward Luttwak, La grande stratégie de l'empire romain (2ème édition), 2009

Laure Bardiès et Martin Motte (Dir.), De la Guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, 2008

Hervé Coutau-Bégarie, L'océan globalisé. Géopolitique des mers au 21ème siècle, 2007

D'autres seront injectées au rythme d'une par jour. Bonne lecture !

Qui (n'est pas) post-humaniste ?

Réponse - ou piste de réponse, plus exactement - sur l'excellent schizodoxe. Je sort un peu d'un article sur la piraterie pour le prochain DSI-T (fonctionner aléatoirement fait du bien quelque fois) et j'en profite pour revenir à l'un de mes dadas favoris.

L'excellent Rémi Sussan avait produit il y a quelque temps un ouvrage absolument fascinant sur la relation entre contre-culture, post-humain (voire post-humanisme) et technologies diverses et variées. Je conseille à tous sa lecture (je pense en avoir fait une critique dans l'un des premiers DSI).

La question posée, à cet égard, renvoie non seulement à l'évolution et à l'adaptation mais est également d'une extrême valeur stratégique : que sera, dans 50 ans, la notion d'efficacité ? Comment va-t'on comprendre et modifier nos cerveaux - des gens y pensent très sérieusement ? Quel sera notre rapport à la technique, nous qui sommes déjà entourés de fictions où les robots sont au coeur des intrigues, suscitant peur ou attendrissement ?

Pas très militaire me direz-vous ? Si, si, regardez bien : le FELIN bardé de son électronique n'est conçu que pour une seule chose, in fine : être plus efficace, démultiplier l'humain et ses sens... Une révolution sourde est en marche et elle n'est pas dans tel radar ou tel système C4ISR - ce sont des épiphénomènes, tout au plus révélateurs que "quelque chose se passe".

Cette révolution est dans une combinaison bien plus large, d'une amplitude qu'on ne soupçonne même pas encore. Surtout, elle n'est pas technique au sens strict. Elle se joue dans l'interaction entre le technique et l'humain... qui pourrait bien déraper si, emporté par son élan, il ne restait pas concentré sur son essence.

Interview au "Soir" : OMLT belge et embuscade en Afghanistan

J'ai eu l'occasion de donner au Soir du 19/6 une interview sur la question de la réaction belge au fait qu'une OMLT soit tombée en embuscade en Afghanistan :

Afghanistan : « Je suis étonné par... l'étonnement des élus »

Vous avez eu connaissance des embuscades afghanes dans lesquelles des instructeurs belges sont tombés jeudi de la semaine passée et ce lundi. Était-ce prévisible ?

Oui, puisqu'un certain nombre d'expériences nous étaient revenues d'autres armées engagées dans des opérations OMLT (NDLR : entraînement et mentoring). Le but de ces OMLT n'est pas de mener elles-mêmes ces engagements mais de former au plus vite l'armée afghane. Et quand elles emmènent cette armée sur le terrain, ce genre de chose peut se produire. Ne pas avoir d'embuscade aurait été très étonnant.

Il n'y a pas eu ici de blessé sérieux. Les autres armées ont-elles eu autant de chance ?

Les armées Otan sont, de manière générale, des armées bien formées, bien entraînées. Rappelons que, malgré la déferlante technologique dont on nous abreuve, le premier élément dans l'art de la guerre est humain : l'entraînement. Pas mal d'armées de l'Otan ont eu peur pour la Belgique, où les budgets ont été constamment réduits : en termes de pourcentage du budget consacré à l'armement et l'équipement, la Belgique est dernière de l'Otan (même le Luxembourg fait mieux que la Belgique). Mais l'armée belge s'en sort très bien car c'est une armée très professionnelle qui, même sous pression budgétaire, s'est débrouillée pour que ses unités demeurent opérationnelles et assument ce type d'engagement sans problème.
Dans le cas de l'embuscade d'Uzbin, par exemple, les Français ont perdu dix hommes. Mais on se rend compte aujourd'hui que les Français envoyés sur place étaient mal formés. D'où l'importance de l'entraînement – et pour les OMLT, des entraîneurs eux-mêmes bien entraînés.

D'un point de vue politique, il a été affirmé que le ministre belge de la Défense aurait sous-estimé le risque. A-t-on sous-communiqué, mal communiqué ? Ou sur-communiqué ?

La Belgique a communiqué comme dans les autres pays. Mais dans des pays plus vastes (France, Allemagne) ou même dans d'autres pays d'importance égale (Suède), le monde politique et les parlementaires sont bien mieux informés – culturellement – en terme de défense. Une plus grande attention est portée à ces questions. En Belgique, je suis étonné par… l'étonnement du législatif et par une polémique qui n'a pas lieu d'être : on connaît les risques liés aux OMLT, il existe une abondante littérature tout à fait accessible.

Je trouve même que le gouvernement belge communique maintenant avec plus de clarté qu'auparavant. Ce sont plutôt les parlementaires ou médias qui ne parviennent pas toujours à comprendre, à « lire » ce qui est dit. Les affaires de défense n'intéressent pas et, lorsque ce genre d'embuscade se produit, un étonnement se manifeste. Il est peut-être aussi vrai que les bonnes questions ne sont pas posées…

Le ministre affirme au « Soir » : les OMLT seront toujours en 2e ou 3e ligne, jamais en 1e ligne. Est-ce que cela a un sens quand on parle d'OMLT ?

Oui. Si une colonne se déplace, les Afghans vont être en tête, et les Belges en n°2. Mais la notion même de première et deuxième ligne n'a plus beaucoup de signification. Dans des conflits contre-insurrectionnels comme l'Afghanistan, il n'y a plus d'« arrière ». Des zones qu'on pense sécurisées ne le sont pas, etc. Donc lorsque le ministre dit que les Belges seront en deuxième ligne, c'est vrai d'un point de vue micro-tactique, mais on évolue sur un terrain ouvert et les attaques peuvent venir d'un peu n'importe où.

Si je suis ce raisonnement, même le fait d'être sur une position réputée très protégée – comme l'aéroport de Kaboul – pourrait être dangereux.

Évidemment. Aucun endroit en Afghanistan n'est réellement sûr. Kunduz, comparativement au Sud, est plus calme : c'est politiquement vrai. Mais stratégiquement, c'est relatif. Le calme de Kunduz n'empêche la recrudescence des accrochages. Par essence, la guerre est dynamique : la nouvelle logique – plus de front, plus d'arrière – signifie que la guerre est plus fluide que par le passé. La guerre est un duel, disait Clausewitz : nécessairement dynamique.

Le défaut de culture stratégique – que vous reprochez à nos élus – se marque-t-il aussi dans la société en général ?

Effectivement. Il y a beaucoup de réflexion stratégique en Belgique, mais qui percole peu. La réflexion stratégique belge s'opère d'abord au sein des militaires. Je donne parfois cours aux étudiants de 3e cycle (de futurs majors ou lieutenants-colonels) et là, on réfléchit beaucoup, ils posent des questions très mûres. Ce sont des gens qui lisent beaucoup : on assiste à l'émergence d'une génération d'officiers académiques, des officiers qui, de plus en plus, font des doctorats. Il y a un vrai bouillonnement, même si en Belgique les officiers « tournent à fond » et en unité n'ont pas trop le temps de lire. Puis il existe une recherche académique, qui est un petit peu plus folklorique : il n'y a pas de master en études stratégiques, comme il peut y en avoir aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, où on met ce genre d'études sur le même pied que les relations internationales ou l'histoire de l'art.

Chez nous, rien ?

Cela repose sur une série d'individualités : André Dumoulin et Alain De Neve au départ de l'École royale militaire, quelques-uns à l'UCL, à l'ULB…

Est-ce que cela signifie que le niveau exécutif, lui aussi, a peu de ressources stratégiques ? Ou est-ce que l'armée et l'école royale militaire l'alimentent à suffisance ?

Pas de problème en ce qui concerne la production militaire : c'est un débat très ouvert au niveau intellectuel, avec des débats inimaginables il y a dix ans d'ici. Mais au niveau des « think tanks », c'est plutôt de la consultance que de la recherche, avec une certaine confusion militante. Si l'option est de dire d'emblée « On ne va pas en Afghanistan », alors évidemment on ne sait plus aider un gouvernement qui, sur le terrain, est confronté à des problèmes précis. Pas de véritable recherche, donc pas de véritable information du politique.

Où situez-vous le trauma du Rwanda ? Quel est encore son impact aujourd'hui ?

Il y a en Belgique une sociologie particulière à l'égard de l'usage de la force. Le premier grand choc est celui de la 1e guerre mondiale, avec un pacifisme assumé de la part des Flamands. C'est la toile de fond sur laquelle s'est conceptualisée la notion de défense. L'autre choc, c'est le Rwanda : on y va avec les meilleures intentions, on ne parvient pas à anticiper le problème – les services de renseignements l'avaient anticipé, pas le politique – et se développe un abcès qui ne sera jamais clarifié. Sur le registre : on ne doit plus jamais perdre un homme (dans ce cas, il faut dissoudre instantanément l'armée et réinjecter l'argent ailleurs), il ne faut plus s'engager que dans les conflits essentiels, etc. Le problème de cette posture est qu'elle est isolationniste, et que, dans le cadre Otan ou autre, la Belgique, pays « moyen » (et non pas « petit » comme la Lituanie, etc.), doit bien assumer sa participation à la sécurité collective.

Note de JH sur Uzbin : dans l'interview, j'avais parlé de formation non optimale et des pépins d'équipement. Maintenant, c'est une interview : ce que vous venez de lire est le condensé de 30 minutes de discussion... forcément, c'est synthétique...

samedi 20 juin 2009

DSI magazine(s) sur Facebook : si, si...

Comme dirait Charles "Electrosphère" Bwele, on n'arrête pas le progrès (du web 2.0) : du coup, je me suis dit que dans la multitude de groupes Facebook, DSI était absent et qu'il était temps de permettre de mettre en contact les lecteurs qui le désirent. Actualités de la rédaction, (bonnes) humeurs et potins divers et variés à suivre ici.

jeudi 18 juin 2009

Happy birthday ISC

Créé en avril 1994, l'Institut de Stratégie Comparée, dirigé par Hervé Coutau-Bégarie, se porte plutôt bien en termes de production.

Les résultats sont éclatants. Le nombre de pages issues d'ouvrages ou de la revue Stratégique (là aussi à partir de 1994 et non depuis sa naissance sous les auspices de la FEDN) est phénoménal : 56096. Soit plus de 310 pages par mois. Tout de même ;o)

lundi 15 juin 2009

Faire européen, est-ce plus cher ?

Juste une petite réponse au dernier post de JDM, concernant la question du coût des appareils de combat européens en regard de l'option nationale. Je ne m'aventurerai pas ici sur la question du coût mais je ferai juste une petite précision, en rappellant ici une interview donnée en son temps par Claude Carlier, professeur en Sorbonne et grand observateur de tout ce qui vole devant l'Eternel.

Pour résumer les choses, il indiquait - avec raison et non sans malice - que, pour l'heure, il n'y a pas de vrai programme européen, pas même Airbus. En fait, il n'y a qu'une définition européenne d'un projet, suivie d'une segmentation nationale de ses morceaux. Avec des ailes fabriquées en Allemagne, des becs de bord d'attaque en Belgique, des moteurs en Grande-Bretagne et un assemblage final éventuellement en France. Résultat : vous démultipliez les coûts*.

Alors, ce serait quoi un vrai programme européen ? Simple : définition commune et envoi des "meilleurs" de chaque catégorie en un seul lieu de production. Un drapeau, un projet. Pas 15 drapeaux (et autant de chefs d'Etat qui se battent pour le "retour sur investissement national") et un projet. l'Eurofighter, de ce point de vue, n'est pas un programme européen ; c'est juste un programme multinational comme on pu l'être le Tornado, le Lynx ou le Puma.

Et puis, dernière petite observation, Typhoon et Rafale ne sont pas comparables. Le premier est fondamentalement un chasseur et le deuxième, un appareil d'attaque au sol. Ensuite, le domaine de vol est exploré et on ajuste (ce qui ne veut certainement pas dire que le Rafie soit une clinche en air-air...). Je vous assure qu'en démo aérienne, comme tout à l'heure, ça ce voit. Aussi, je doute qu'il soit véritablement pertinent d'opposer si systématiquement les appareils.

* Et d'autant plus si, comme on s'en souviendra, vous n'utilisez pas les mêmes logiciels et que, finalement, vous devez ajouter du câble parce que ceux qui avaient été planifiés étaient trop courts... Non non, ce n'est pas une blague... Malheureusement.

Non, pas la presse !

Et oui, ca arrive : vous voulez prendre des photos un peu plus près d'appareils pourtant au statique chez EADS et... on vous le refuse. Pas de photos, pas de reportage et une gueulante de ma part.

Faudrait tout de même arrêter de rigoler : à force de nous bassiner avec la nécessite de soutenir l'industrie, faudrait aussi parfois qu'elle fasse un effort. Un tout petit effort... Allez, c'est pas grave : d'autres m'ont accueillis à bras ouverts et avec le sourire en plus.

Bourget 2009 bien chargé

En direct depuis la salle de presse du Bourget 2009, votre serviteur a déjà eu l'occasion de faire un premier tour de tarmac, histoire de voir qui est là ou pas (et de tester un système de navette vous faisant lambinner, comme d'habitude). Et force est de constater que le tarmac est un peu plus fourni que ce que la liste des exposants le laissait entrevoir - dans mon dernier billet, j'ai donc été quelque peu injuste.

Alors, quel résultat ? Présence massive du Mindef avec notamment un Rafale en configuration 6xAASM (et quelques autres) mais aussi quelques susprises. Le drone rôdeur-tueur Harop, dérivé du Harpy, dont nous vous parlions dans le DSI aussi mais également une présence bien chargée de Sagem DS avec ses classiques mais aussi un Mirage F1 retrofitté et un nouveau drone, plus léger que le SDTI (également présent sur sa catapulte).

Solide présence italienne aussi, avec un C-27J particulièrement bien doté en systèmes d'autoprotection et des ventilos dans tous les coins, dont une maquette de l'AW149 (cf. le dernier DSI). Au rayon des petites bêtes qu'on attendait qu'à moitié : un Eitam (Gulfstream CAEW, commandé par Israël et Singapour) et un Sentinel R1, le "Joint Stars" britannique.

Ceci dit, c'est au niveau des munitions (maquette de l'Arrow 3 notamment), des systèmes radars (Thales, Finmeccanica) et des autres systèmes avioniques que le salon pourrait s'avérer être le plus intéressant. En attendant les démos de cette après-midi, si la pluie veut bien nous lâcher les basques et libérer un ciel qui n'attend que ses hôtes du jour.

Bon, de toute façon, le prochain DSI-T, en kiosque dès la mi-juillet vous fera un topo complet. C'est bien beau de dire qui est là mais c'est encore mieux de plonger dans les détails. Sur ce, bon début de semaine à toutes et à tous et... n'oubliez pas vos parapluies !

jeudi 11 juin 2009

2 ans d'Athena et 50 DSI sur le gâteau

La période est propice aux célébrations. Certes, le salon du Bourget - celui du centenaire - se profile à l'horizon avec, bien entendu, une descente en règle de la rédaction sur place et une série de retours à lire dans les prochains DSI et DSI-Technologies.

Mais le salon est aussi le prétexte à un autre anniversaire : celui de ce blog, lancé le 13 juin 2007, à l'époque héroïque où la blogosphère de défense francophone se résumait au carnet, aujourd'hui défunt, de Ludovic Monnerat. Depuis lors, Athéna a fait des petits. Dans le DSI n°35, je faisais un point de situation et j'en dénombrais 8. Nous en sommes aujourd'hui très loin, les initiatives se sont multipliées tous azimuts.

Autre anniversaire, celui de DSI, qui en arrive à son 50ème numéro, qui sera bouclé d'ici à la semaine prochaine. Le programme est pour l'instant secret mais il sera bien corsé. Ce 50ème numéro est aussi l'occasion de remercier nos lecteurs : lancé en mars 2005, le magazine est lu tous les mois par 120 000 personnes. Il est aussi diffusé en kiosque dans une vingtaine de pays - y compris les Etats-Unis, une performance que Jane's n'atteint pas - et nous avons des abonnés dans plus d'une centaine d'Etats.

Ce sont précisément ces 120 000 personnes qui font que ce qui est le magazine interarmées le moins cher du marché fonctionne aussi bien, propose des informations aussi diversifiées et reste indépendant de toute influence*. En somme : Merci et n'hésitez jamais à nous faire part de vos observations !

* Dans leurs calculs de lectorat, les NMPP ne comptent pas les petits malins qui font un usage détourné de ces photocopieuses "à la Star Trek", qui permettent de scanner et d'envoyer via e-mail, parfois à des centaines de personnes, le résultat de ce qui constitue, aux yeux de la loi européenne, un vol en bonne et due forme. Idem pour les rigolos qui scannent pour mettre en ligne sur des forums.

mardi 9 juin 2009

Hors-Série n°6 - DSI spécial "aviation de combat"


Salon du Bourget oblige, le nouveau hors-série que nous a préparé Jean-Louis sera pour le moins costaud : vous l'avez déjà lu, Jean-Louis aime le solide, le compact, le concentré - le tout sur 100 pages. Et il y a de quoi faire ! En l'occurrence, le 6ème hors-série de DSI sera en kiosque le 12 juin. Bonne lecture !

Editorial

L’AMÉRIQUE AU SOMMET

Survol du marché mondial des avions de combat !
Olivier Zajec

L’aviation de combat de l’US Air Force : un modèle en crise
Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois

TOUR D’HORIZON

Rafale : interrogations et certitudes sur le 4e lot de série
Jean-Louis Promé

Les Rafale en unités opérationnelles
Jean-Louis Promé

Les Rafale sont rentrés d’Afghanistan
Jean-Louis Promé

Les nouvelles capacités des F3 en cours de livraison
Jean-Louis Promé

Les ÉAU : la clé du succès commercial du Rafale ?
Jean-Louis Promé

Le Typhoon désormais crédible ?
Jean-Louis Promé

Saut de génération pour le Gripen ?
Jean-Louis Promé

Raptor : le bout de la piste en vue ?
Bernard L. Thouanel

Veillée d’armes pour le F-35 américain
Hélène Masson

Une stratégie industrielle indienne qui prend forme avec le Tejas
Jean-Louis Promé

Une industrie aéronautique russe à la peine
Charles Hergott

DES DRONES BIEN PRÉSENTS

Le drone MALE français Harfang opérationnel en Afghanistan
Entretien avec le général de division aérienne Alain Silvy

Afghanistan : drones et avions de combat au coude à coude
Frédéric Lert

L’Europe aux abonnés absents du marché des drones
Bertrand Slaski

Le bilan industriel de l’emploi opérationnel du SIDM
Entretien avec Nicolas Chamussy, EADS

Les systèmes de drones irriguent les forces américaines
Capitaine de corvette Marc Grozel

VOILURES TOURNANTES

Le NH-90 étendard d’une Europe qui peut gagner
Jean-Louis Promé

TTH-90 versus Caracal : un doublon français ?
Jean-Louis Promé

Vers un nouveau 4 tonnes pour les armées françaises ?
Jean-Louis Promé

Du « très lourd » transatlantique
Jean-Louis Promé

Le Tigre montre les dents
Jean-Louis Promé

Le V-22 Osprey en opérations : un cauchemar pour le Pentagone ?
Bernard L. Thouanel

vendredi 5 juin 2009

En pleine campagne, aucun conseiller n'aurait osé en rêver...

Pour connaître assez bien les rouages de la politique (disons, pour les avoir vécu de l'intérieur), je dois dire que ce qui vient de se passer, aucun conseiller un tant soit peu sérieux n'aurait jamais osé en rêver.

Imaginez : à moins de 48 heures des européennes, alors que dans plusieurs Etats, les partis écologistes pourraient faire des percées... Yann Arthus Bertrand nous sert le plaidoyer écologiste esthétiquement le plus réussi de ces dernières années, le tout en plein prime time.

Je ne m'interroge pas ici sur la pertinence des arguments avancés - mais qui laissent songeur lorsque l'on est en plein trip sur les théories systémiques, autopoïétiques et de la contingence. Non, plutôt, c'est le timing et la nature de cette diffusion qui me semblent brillants comme levier d'influence : le film est absolument libre de droit, l'auteur est particulièrement doué et... pour le moins habile.

Donna Harraway (si, si, les socialistes féministes américaines existent toujours) indiquait que l'individu est une question stratégique. Lorsque ledit individu a des idées, du pouvoir médiatique et un agenda mis à jour et qu'il mixe le tout - agiter mais pas secouer - il est en mesure de peser comme jamais un individu "ordinaire" ne pourrait le faire.

L'ancien conseiller dit "un coup génial". L'analyste dit "pas bête". Le citoyen se pose des questions quant à la façon de comptabiliser un tel temps de parole... et se réjouit qu'on n'ait pas eu droit à "Rosetta", "Daems" ou "la couleur de l'argent" sur d'autres chaînes.

Un dorito à 2,8 milliards de dollars : la fin de la controverse A-12 Avenger II


Comment gagner 2,8 milliards de dollars ? Simple : accordez, à la fin des années 1980, un contrat de 4,8 milliards à McDonnell Douglas afin qu’il développe un bombardier embarqué, qui devra remplacer les A-6 Intruder. Il sera triangulaire et furtif et vous appellerez la petite chose en photomontage ci-dessus (copyright US Navy) l’A-12 Avenger II. Surnommé par les intimes le « dorito volant », il avait également reçu le sobriquet de "Mini B-2".

Faites miroiter un contrat pour plus de 1 300 appareils. Lorsque l’industriel verra les coûts et les délais exploser, annulez le contrat et coupez toute subvention. Vous en profiterez pour faire parler de vous, dans la mesure où vous aurez effectué la plus grosse annulation de contrat jamais vue au Pentagone. Attendez qu’il vous attaque en justice. Battez vous durant 18 ans devant les tribunaux et, au 3ème appel, récupérez 1,35 milliard déjà payé, majoré des intérêts. Soit 2,8 milliards.

Plus sérieusement, la fin de cette longue saga juridique marque un sérieux revers pour Boeing mais aussi et d'une certaine façon l'épilogue de mon mémoire de DEA (que vous pouvez consuter ici). A l'époque, l'appareil m'avait semblé être l'un des meilleurs exemples de la techno-fascination américaine des années 1980... dont vous savez comment elle se reproduira dans les années 1990 et 2000.

samedi 30 mai 2009

Salon du Bourget : faible présence militaire sur le tarmac

La ligne politique était poursuivie depuis déjà quelques années : priorité au domaine civil (ce qui explique également qu'aucune revue de défense ne soit partenaire du salon - à l'exception, à la marge, d'Aviation Week). Mais l'édition du centenaire sera sans doute un peu plus pauvre.

Un rapide coup d'oeil à la liste des appareils présents laisse un peu sceptique. Après que l'An-124 et le F-22 aient été présentés sur le site, ils en ont été retirés. Saab ne sera pas présent (pas de Sukhoi militaire, de Mil, d'Illiouchine ni de Mig non plus) et, finalement, les plus gros représentants seront... institutionnels : à l'exception de Finmeccanica et d'Eurocopter, le Pentagone et le ministère de la défense fourniront l'essentiel des avions de combat.

Et encore, la moisson sera maigre : Mirage 2000, Rafale, Typhoon, F-18F, F-15E et F-16C. Quelques appareils d'entraînement, des appareils de transport (C-27J, C-130, C-17, C-2, C-235), le Tigre, le Caracal et quelques autres "ventilateurs". A titre d'exemple, il y a deux ans, on retrouvait aussi du RQ-1, -4 et -8, un A-330 MRTT, une maquette taille réelle de Gripen, EADS avait une forte présence (qu'il ne semble plus avoir sur le site) tout comme les drones israéliens, j'en passe et des meilleures - les lecteurs de ce qui n'était pas encore le DSI-T avaient eu droit à un topo complet.

Quelques appareils "historiques" seront toutefois sur le tarmac : Vampire, Spitfire, Mustang ou Bronco seront, entre autres, de la partie. L'appel du musée pour un salon qui, a force de délaisser le domaine militaire, a laissé le champ libre à Farnborough, MAKS ou quelques autres ?

vendredi 29 mai 2009

Base aux Emirats, quelques commentaires

La masse de travail étant ce qu'elle est pour l'heure, je n'avais peu eu l'occasion de revenir plus avant sur la question de la nouvelle base française aux Emirats, sur laquelle RMC puis Radio Mediterranée International avaient eu l'occasion de m'interviewer, en début de semaine. Voici, grosso modo, quelques commentaires sur la question.

C’est le 26 mai que le président Sarkozy a officiellement inauguré la base française d’Abu Dhabi, connue sous le nom d’Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU). Accompagné par le ministre des affaires étrangères, celui de la défense et le CEMA, le président a rappelé l’importance géopolitique de la région.

Concrètement, « la base » est répartie sur trois sites : une base navale à Mina Zayed, une base aérienne (où 3 appareils sont stationnés depuis septembre 2008) à Al Dhafra et une base destinée aux forces terrestres (comprenant un centre d’entraînement aux opérations désertiques) à Zayed. Au total 500 hommes devraient être positionnés en permanence à Abu Dhabi. Au-delà du fait, la base recouvre plusieurs enjeux majeurs :

- L’enjeu géostratégique d’abord. La base permet, évidemment, de verrouiller l’Iran – situé à 225 km – mais, surtout, le détroit d’Ormuz, que le Shah d’Iran qualifiait justement de « veine jugulaire de l’Occident » dans un contexte où l’Europe est, comparativement aux Etats-Unis, plus dépendante du pétrole du Golfe. Elle constitue, en outre, l’extrémité ouest de la zone d’intérêt stratégique prioritaire que la France définissait dans le dernier Livre blanc et qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Indien en passant par la Méditerranée ;

- L’enjeu militaire. Avec l’IMFEAU, c’est la zone de l’océan Indien à proprement parler tend dès lors à renforcer son poids relatif. Or, cette zone (y compris le Golfe) est également celle où la majeure partie des croisières du Charles de Gaulle a été menée. La base des Emirats représente ainsi un facteur de persistance régionale – voire de compensation au deuxième porte-avions. A ce stade, si elle n’a évidemment pas les caractéristiques d’un porte-avions (fixe et non mobile, donc plus vulnérable) et que la compensation est symbolique, elle apporte aussi d’autres avantages que le porte-avions : elle peut accueillir bien plus que 30 appareils de combat (qui pourraient, à terme, être bien plus intégrés au dispositif réseaucentrique émirien) et permet de mettre en œuvre… des forces terrestres ;

- L’enjeu d’influence. Là où elle est installée, la France collabore activement et quasi-quotidiennement avec les forces locales, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis, où la coopération avec les forces du cru est plus formelle et donc moins souple. La base s’insère ainsi dans un dispositif d’influence plus large, comprenant l’extension quatariote de St Cyr, les extensions dans le Gole arabo-persique de la Sorbonne ou du Louvre ou encore, de façon plus diffuse, les acquis de la présidence Chirac en matière de politique arabe ;

- L’enjeu commercial, sur lesquels les médias se sont beaucoup focalisés mais qui ne constitue qu’une extension de l’enjeu d’influence. La base est destinée à devenir la vitrine des forces françaises dans un Moyen Orient où l’Iran fait peur et où les vannes budgétaires de défense sont à nouveau ouvertes. Or, la France est loin d’avoir les parts de marché dans la région qu’elle a pu avoir précédemment. En fait, les conditions ont changé : on n’achète plus de matériel sur base de leurs performances mais bien sur base de l’influence politique du vendeur. Comment, sinon, expliquer le succès du F-35 alors même qu’aucun exemplaire n’a encore volé là où la communication de Dassault est axée sur un Rafale « combat proven » ? Comment expliquer autrement que par l’influence que les Emirats achètent des C-17 et des C-130J en quelques mois – et sans avoir l’argent nécessaire – là où Paris est engagé depuis plusieurs années dans les négociations portant sur les Rafale ? En cherchant à se porter garante de la sécurité de la région, la France acquiert ainsi de l’influence qui, en retour, doit ouvrir les portes de la signature des contrats ;

- Enfin, l’enjeu politique n’est pas mince et il est double. Premièrement, la France ouvre, pour la première fois depuis 50 ans, une base militaire à l’étranger – un élément que n’ont pas manqué de souligner les médias américains. Ce qui tombe plutôt bien car Paris est, avec Washington, la seule capitale à entretenir de grandes bases à l’étranger (le dispositif britannique n’étant plus que l’ombre de ce qu’il était encore dans les années 1970). Le message politique aux Etats-Unis – mais peut être aussi auix Européens en général et aux Britanniques en particulier – consiste, dès lors, à montrer que la puissance française n’est pas morte. Ce qui, deuxièmement, a un véritable impact en matière de politique intérieure française. On se souvient que les réactions des militaires à la parution du dernier LBDSN avaient été plutôt froides. La base, de ce point de vue, est également une façon de faire bomber le torse à l’armée, lui rappelant que la France conserve des ambitions globales, en dépit d’une réforme douloureuse…

jeudi 28 mai 2009

DSI n°49, le sommaire !

Sommaire DSI 49, juin 2009
En kiosque le 2 juin

Editorial
Agenda et nominations
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques

La chronique de Carl von C. : « Intelligence, renseignement et glandouille stratégique »

Sur le vif

Quel prépositionnement français en Afrique de l’Ouest ? Le point
Par Véronique Sartini, journaliste

Entretien avec le général de brigade Olivier Paulus,
commandant les Forces Françaises du Cap Vert (FFCV)

Encadré : Le point sur la présence française en Côte d’Ivoire

Encadré : Les Forces Françaises du Gabon

Entretien avec le général Claude Réglat, commandant les Forces Françaises du Gabon (FFG)

Encadré : la mission Corymbe

Stratégie

Clausewitz en action, des bibliothèques à l’Afghanistan
Interview du colonel Benoît Durieux, commandant le 2ème Régiment Etranger d’Infanterie, auteur de Clausewitz en France.

La puissance maritime à l’aube du 21ème siècle. Quelle ambition pour la France ?
Par le capitaine de corvette Philippe Le Gac, stagiaire de la promotion « Maréchal Foch » du Collège Interarmées de Défense

Les opérations de stabilisation sont des opérations de guerre. Une réponse au général Gaviard
Par Carl von C., chroniqueur

Armées

60 ans d’opérations aériennes israéliennes
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

Le dernier recours qui n’existait pas. Israël et l’arme nucléaire
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Soufa et Re’em, poings de la Heyl Ha’Avir
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Tableau de bord : La Heyl Ha’Avir
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Le CPA 10. Les forces spéciales, c’est aussi l’armée de l’Air
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : Les spécificités des Commandos Parachutistes de l’Air

Encadré : Le « Poitou », l’escadron des forces spéciales

Technologie & Armement

Le C-5 Galaxy, vers une carrière de plus de 70 ans !
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

C-17 : la solution au transport stratégique ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

L’approche russo-soviétique
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

L’Antonov An-124: tout simplement indispensable!
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

LHD Juan Carlos 1er /LA redéfinition de la projection vers la terre

Terminal High Altitude Area Defence/Vers une prolifération des systèmes antimissiles ?

Lockheed U-2 Dragon Lady/L’U-2, légende de la guerre froide

Critiques de lecture

Les armes nucléaires, mythes et réalités de Georges Le Gulte

Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats-suicides de Hélène L’Huillet

Le pari de la guerre. Guerre préventive, guerre juste ? de Ariel Colonomos

2030, la fin de la mondialisation ? de Hervé Coutau-Bégarie

Question internationales, n°35, janvier-février 2009

Military Review, Special Edition, Counterinsurgency reader II

mardi 19 mai 2009

Génération afghane, génération perdue ?

Je réagis ici à un post de JD Merchet, qui examine l'émergence des "Afghansty", nouvelle génération de combattants formés et acculturés aux opérations afghanes... qui pose, en creux, la question de leur adaptation aux opérations classiques.

Première remarque, il faut prendre garde d'opposer "guerre froide" et "guerres actuelles" : ce sont là deux choses non comparables. Les Etats-Unis l'ont payé au prix fort, à trop considérer que les opérations classique/conventionnelles étaient plus exigeantes que les irrégulières, ils sont complètement passé à côté des spécificités du conflit. Au final, ils ont produit des statistiques impressionnantes de tonnages de bombes larguées et d'adversaires tués - ce que fait également l'OTAN. Elles étaient totalement non-pertinentes dans le contexte, révélant une conception linéaire certes plus appropriée. Relire l'ouvrage de Summers (On Strategy) vaccine durablement contre ces biais très technologisants.

Deuxième remarque, cela ne veut pas dire qu'il faille déconsidérer la "haute intensité", que du contraire. D'ailleurs, la "haute intensité" est un terme que je n'aime pas - l'on parle d'ailleurs actuellement et assez justement de HICOIN (High Intensity Counter-Insurrection). Il faut tout simplement savoir faire les deux, sans tomber dans le travers de certaines propositions (la mise en place de forces spécifiquement "conventionnelles" et "non-conventionnelles"). Mais faire les deux est difficile, me direz vous. C'est évident.

Mais la donne a changé : l'opposition entre combats réguliers et irréguliers n'est pas si radicale qu'il n'y paraît. Il y a certes des différences doctrinales importantes mais la grammaire fondamentale des opérations est la même, tout comme les "fondamentaux" des combattants. L'Afghanistan, de ce point de vue, force à réapprendre la progression en colonne, l'éclairage, la protection des flancs, la logistique et tous les gestes élémentaires.

Nous évoluons également dans un environnement professionnalisé. Plus question de conscrits russes, français ou américains qui attendent que se termine leur "tour of duty" et qui demandent dans une large mesure à dégager du théâtre. Ce qui change assez considérablement la donne de la premièrte richesse des armées à savoir leurs hommes - qui restent, jusqu'à preuve du contraire leurs capteurs et leurs effecteurs - pour parler en langage "conventionnel technologisé" - les plus évolués et les plus intelligents.

Dernière remarque aussi sur le futur des opérations : dans l'hypothèse d'une guerre conventionnelle, croire qu'on va rejouer la "guerre froide" ou la "Seconde Guerre mondiale" me semble très dangereux. Les lecteurs de DSI le savent bien, nos adversaires potentiels étudient, lisent encore plus et développent des concepts qui, une fois le jour de l'affrontement venu et bien évidemment, ne chercheront pas à les amener à jouer notre jeu. Personne ne fait la guerre pour la perdre.

Ce qui pose en retour bien des questions auxquelles l'on ne peut répondre sur un blog. Par contre, j'ai bien ma petite idée - à lire en pavé d'ici, j'espère, la fin de l'année.