vendredi 13 février 2009

Un peu de lecture pour le week-end ?

Je viens de mettre en ligne le n°86-87 de Stratégique, qui reste la seule revue académique française en format "papier" consacrée aux études stratégiques. Ses textes sont parfois très longs, la plupart des articles passent cependant les 15-20 pages.

Le 86-87 était consacré, en l'occurrence, aux stratégies atlantiques et qui avait été produit en collaboration avec la fine équipe du RMES. A lire ici.

Le week-end à l'horizon...

... ou disons plutôt "presque à l'horizon". Le DSI de mars est pratiquement prêt et le DSI-T de mars avril réservera quelques bonnes surprises. Des remontées d'informations sur les opérations israéliennes à Gaza commencent à émerger. L'occasion d'attaquer la thématique à cheval sur les deux magazines.

En attendant, Jean-Louis Promé, qui est en charge des hors-série depuis quelques temps, m'indique que le n°5, consacré à la défense sol-air, ne tardera pas à être en kiosque, le 23 février pour être plus précis. La rédaction étant en réunion hier à Paris, il m'a montré le résultat de son travail. Et franchement, ça vaut la peine. De la Flak aux ABM en passant par les programmes russes, le SEAD/DEAD ou la prolifération des ATBM, Jean-Louis a accompli un travail exhaustif et minutieux : du très solide !

Quand à votre serviteur, il s'en retourne de ce pas ou presque à son prochain ouvrage. Grosso modo, 3 chapitres restent à écrire, les 8 premiers étant prêts. je pense qu'il devrait pouvoir atteindre les bacs d'ici juin. En attendant, ce soir, je figole sur les tendances et les constantes historiques en matière d'opérations navales majeures. Pas mal de choses ont été écrites sur le niveau opérationnel en stratégie navale et beaucoup reste à apprendre. Le champ est donc vaste. Anchors aweigh ;o)

La nouvelle AASM vole



Sagem et la DGA ont effectué avec succès, le 27 janvier 2009, le 1er tir d’essai d’une nouvelle version de l’Armement Air-Sol Modulaire (AASM) en configuration 125 kg (en photo, copyright DGA).

L’AASM 125 est constitué d’un corps de bombe de 125 kg (de type Mk81) sur lequel sont fixés des kits de guidage inertiel/GPS et d’augmentation de portée identiques à ceux de l’AASM 250 (munitions de 250 kg) en service opérationnel sur les Rafale des forces aériennes françaises. L'arme est la plus légère de la famille AASM.

L’AASM 125 apporte de nouvelles capacités opérationnelles : associés à la grande précision du guidage, les effets limités et la portée accrue permettent d’élargir la flexibilité opérationnelle du AASM et son spectre d’utilisation, notamment à des missions d’appui feu au plus près des troupes au sol, en limitant les risques de dommages collatéraux.

Le tir a été effectué depuis un Mirage 2000 N du Centre d’Essais en Vol (CEV) de la DGA. Il a été réalisé en haute altitude sur une cible située à plusieurs dizaines de kilomètres. Le guidage de l’AASM vers la cible s’est effectué à partir de son seul système inertiel.

mercredi 11 février 2009

Docs en stock : les interventions de la conférence de Munich

La Conférence annuelle sur la sécurité de Munich est "ze place to be" en matière de relations internationales. Evidemment, il ne faut jamais s'attendre à entendre des déclarations fracassantes ou y voir émerger des révolutions politiques. Toutefois, ces conférences sont très indicatives de l'ambiance sécuritaire internationale.

Or, les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre en ligne les différentes interventions, comprenant notamment celles de Joseph "Soft Power" Nye ou du énéral Petraeus. A lire ici.

mardi 10 février 2009

Détection avancée de missiles balistiques : SPIRALE décolle le 12 février

La DGA va lancer le 12 février les deux micro-satellites du démonstrateur pour l’alerte avancée SPIRALE (Système Préparatoire Infrarouge pour l’Alerte), système d’alerte spatiale visant à détecter le tir d’un missile balistique le plus tôt possible après son départ. EADS-Astrium, qui assure la maîtrise d'oeuvre, arrive donc doucement au terme du projet.

Comme les DSP et SBIRS américains, SPIRALE, qui utilise une plateforme Myriade, doit détecter la "plume" infrarouge des engins mis à feu. SPIRALE n'est cependant qu'un démonstrateur devant préparer le futur système d’alerte spatiale, qui serait disponible à l'horizon 2020.

Selon la DICOD, il va "collecter pendant une année une grande variété d’images infrarouges de la Terre afin d’évaluer les situations possibles de fausses alarmes générées par des phénomènes naturels (nuages ou montagnes enneigés éclairés par le soleil). Enfin, il doit permettre de modéliser et de proposer à la DGA d’ici octobre 2010 les premières caractéristiques du futur satellite (notamment la résolution et la sensibilité de la caméra infrarouge)".

Outre les développements français, seuls les Etats-Unis et la Russie (satellites Oko et Prognoz, toutefois peu opérationnels) disposent de systèmes similaires.

lundi 9 février 2009

Scrountch : le Port Royal échoué

Ca peut arriver (c'est même arrivé à Nimitz, avant qu'il ne connaisse une carrière pour le moins brillante) : les navires peuvent d'échouer. S'est, en l'occurrence, le cas du croiseur Aegis Port Royal (classe Ticonderoga), qui s'est échoué sur un banc de sable à proximité d'Honolulu, ne causant aucun blessé.

Un Raptor à Paris : c'est pour juin

Des responsables de Lockheed Martin ont indiqué que le F-22 Raptor sera présenté au public au cours du prochain Salon du Bourget, qui se tiendra en juin 2009.

vendredi 6 février 2009

Le chiffre du jour

21017,57 dollars : c'est le coût de l'installation d'un kit de surprotection sur un camion FMTV, calculé sur base du dernier contrat en la matière engrengé par BAE (107,357 millions pour des modifications à opérer sur 5 108 camions).

Etats-Unis : une "bosse budgétaire" de 652 milliards

Le Congressionnal Budget Office a rendu public des projections budgétaires courant jusqu’en 2026 et se basant sur le budget de défense 2009 validé par le Congrès (515,4milliards de dollars).

Il en ressort que 26 % des coûts induits par les plans considérés comme validés par le Pentagone ne sont, tout simplement, par budgétés. En d’autres termes, les projets américains vont induire une « bosse budgétaire » d’un montant total de 652 milliards jusqu’en 2026.

Or, plusieurs analystes estiment que le budget 2009 pourrait bien, crise économique oblige, être le dernier à avoir connu une croissance, du moins avant plusieurs années. Ce qui ne manquera certainement pas de mettre une pression considérable sur un certain nombre de programmes considérés durant la dernière campagne électorale comme étant dans le collimateur politique de celui qui était alors le candidat Obama.

Pratiquement tous les programmes seraient touchés, à des degrés divers, certains pouvant se voir annulés sans d’autre procès. La défense antimissiles serait particulièrement sur la selette.

jeudi 5 février 2009

De la différence entre un militaire et un diplomate...

Zoom Europa, diffusé hier soir sur Arte, faisait notamment un portrait du général de Kermabon, que nous avions reçu en son temps dans les pages de DSI et qui, maintenant à la retraite, a été placé à la tête d'Eulex Kosovo.

A la question de savoir si, finalement, il se sentait plutôt militaire ou diplomate, il a répondu par une petite cabriole humoristique :

Connaissez-vous la différence entre un militaire et un diplomate ?

Pour le militaire :
"Oui", c'est oui.
"Non", c'est non.
"Peut-être" n'existe pas.

Pour le diplomate :
"Oui", c'est peut-être
"peut-être", c'est non
"Non" n'existe pas.

PSYOPS à Gaza (en en Israël) - un exemple concret

Israël a, historiquement, toujours fait un large usage des opérations psychologiques. Les dernières opérations dans Gaza n'ont pas échappé à la règle : tracts, coups de fils (à vocation Psyops mais aussi de renseignement), "mini-frappes cinétiques" sur les immeubles pour inciter leurs occupants à partir, chaîne "Tsahal" sur Youtube, diffusion d'images de frappes de précision pour contrer la trhétorique du Hamas ont été autant de moyens utilisés. Ce sont autant de thématiques qu'aborderont les prochains DSI et DSI-T.

Rien de bien nouveau, cependant, là-dedans : les Psyops ont une dynamique spécifique qui tend à la complexification des moyens de diffusion des messages. Mais si ces derniers peuvent être destinés à l'adversaire du moment, ils peuvent également l'être vers la propre population de l'Etat qui a engagé les opérations. De facto, Israël est un Etat dont la cohésion est fragile : la question des "arabes israéliens", celle de la part prise par les orthodoxes, la question des impacts - majeurs - sur une économie dont plus de 30 % du PIB passe à la défense sont autant d'enjeux.

Rappeler pourquoi l'on se bat - et quelles sont les motivations ayant conduit à la décision de l'engagement - redevient dès lors nécessaire, en particulier lorsque vous êtes accusé d'avoir commis des crimes de guerre et que la communauté internationale crée une pression intense.

J'ai reçu aujourd'hui un mail contenant une lettre publiée dans le quotidien Maariv et, d'après le journal, a été écrite par un réserviste. Personnellement et a priori, je trouve qu'elle est tellement travaillée du point de vue Psyops que soit le réserviste en question est membre d'une telle unité, soit qu'elle a été préparée par une unités Psyops. Je pense qu'il est intéressant de la lire en gardant à l'esprit ce qui vient de précéder. La plume comme instrument de la manoeuvre psychologique (à usage interne comme externe) reste un facteur puissant :

"Je suis le soldat qui a dormi chez vous"

Par Yishai G ( réserviste)

Reproduit avec la permission de Maariv, initialement publié le 25 janvier 2009

Bonjour,

Alors que le monde regarde Gaza en ruines, vous retournez dans votre maison qui tient encore debout. Cependant, je suis certain que vous savez que quelqu'un y est venu en votre absence.

Ce quelqu'un c'est moi.

J'ai passé de longues heures à imaginer quelle serait votre réaction lorsque vous retourneriez chez vous. Ce que vous ressentiriez lorsque vous comprendriez que les soldats de Tsahal ont dormi sur vos matelas et ont utilisé vos couvertures pour se tenir au chaud.

Je savais que cela vous contrarierait et vous attristerait et que vous éprouveriez une cinglante humiliation cette violation des parties les plus intimes de votre vie par ceux que vous définissez comme vos ennemis. Je suis persuadé que vous me détestez avec une haine violente et que vous n'éprouvez même pas le plus infime désir d'entendre ce que j'ai à dire. Cependant, il est important pour moi de dire ce qui suit dans l'espoir qu'il y ait une chance infime que vous m'entendiez.

J'ai passé plusieurs jours dans votre maison. Votre présence et celle de votre famille se ressentait dans chaque coin. J'ai vu les portraits de votre famille sur le mur, et cela m’a fais penser à la mienne. J'ai vu les bouteilles de parfum de votre femme sur la table de chevet, et cela m’a fait penser à ma femme. J'ai vu les jouets de vos enfants et les livres scolaires en anglais. J'ai vu votre ordinateur personnel et comment vous avez installé le modem et le téléphone sans fil près de l'écran, comme je le fais chez moi.

Je voulais que vous sachiez que malgré l'immense désordre que vous avez trouvé dans votre maison et qui a été causé alors que nous cherchions des explosifs et des tunnels (qui ont en effet été trouvés dans d'autres maisons), nous faisions de notre mieux pour traiter vos effets personnels avec respect. Lorsque j'ai déplacé la table d'ordinateur, j'ai débranché les câbles et je les ai soigneusement posés par terre, comme je l'aurais fait avec mon propre ordinateur. J'ai même dépoussiéré l'ordinateur avec un morceau de tissu. J'ai essayé de remettre en place les vêtements qui sont tombés lorsque nous avons déplacé l'armoire, même si ça n'est pas comme vous l'auriez fait, mais au moins de sorte à ce que rien ne soit perdu.

Je sais que la destruction, les trous de balles dans vos murs et la destruction de ces maisons à proximité de la vôtre rendent mes descriptions assez ridicules. Mais, j'ai besoin que vous me compreniez et j'espère que vous canaliserez votre colère et vos critiques comme il se doit.

J'ai décidé de vous écrire parce que je suis resté chez vous.

Je peux présumer que vous êtes intelligent et instruit et qu'il y a dans votre maison des étudiants à l'université. Vos enfants apprennent l'anglais et vous êtes connecté à Internet. Vous n'êtes pas aveugle ; vous savez ce qu'il se passe autour de vous.
C'est pourquoi, je suis sûr que vous savez que les roquettes Qassam ont été lancées depuis votre quartier sur les métropoles et les villes d'Israël.

Comment pouvez vous regarder ces tirs hebdomadaires sans vous imaginer qu'un jour nous dirions "Assez" ?! Vous êtes vous déjà imaginé que c'était une erreur de lancer des roquettes sur des civils innocents qui essayaient de mener une vie normale, tout comme vous ? Combien de temps pensiez-vous que nous allions rester les bras croisés sans réagir ?

Je peux vous entendre dire "ce n'est pas moi, c'est le Hamas". Mon intuition me dit que vous n'êtes pas son plus fervent admirateur. Si vous regardiez de plus près la triste réalité dans laquelle vit votre peuple, sans vous leurrer ou trouver des excuses sur "l'occupation", vous devez certainement tirer la conclusion que c'est le Hamas votre véritable ennemi.

La réalité est si simple, même un enfant de sept ans peut la comprendre : Israël s'est retiré de la Bande de Gaza, a retiré ses bases militaires et ses citoyens de Gush Katif. Nous continuons, néanmoins, à vous fournir de l'électricité, de l'eau, et des marchandises (et ça je le sais très bien puisque durant mon devoir de réserve, j'ai gardé les passages frontaliers plus d'une fois, et j'ai vu des centaines de camions remplis de marchandises entrer dans un Gaza sans blocus tous les jours).

Malgré tout cela, pour des raisons qui sont incompréhensibles et par manque de toute logique, le Hamas a tiré des missiles sur des villes israéliennes. Pendant trois ans, nous avons serré les dents et nous nous sommes retenus.

A la fin, nous n'en pouvions plus et nous sommes entrés dans la Bande de Gaza, dans votre quartier, afin d'éliminer ceux qui voulaient nous tuer. Une réalité qui est pénible mais très facile à expliquer.

Dès que vous serez d'accord avec moi sur le fait que le Hamas est votre ennemi et que c'est à cause de lui que votre peuple est misérable, vous comprendrez aussi que le changement vient de l'intérieur. Je suis tout à fait conscient que ce que je dis est plus facile à écrire qu'à faire, mais je ne vois pas d'autre moyen. Vous, qui êtes connecté au monde et êtes inquiet pour l'éducation de vos enfants, vous devez mener, avec vos amis, une insurrection civile contre le Hamas.

Je vous conjure que si les citoyens de Gaza étaient occupés à paver des routes, construire des écoles, ouvrir des usines et des établissements culturels au lieu de s'apitoyer sur leur sort, de faire de la contrebande d'armes et de nourrir une haine contre vos voisins israéliens, vos maisons n'auraient pas été en ruines aujourd'hui. Si vos leaders n'étaient pas corrompus et motivés par la haine, vos maisons n'auraient pas été endommagées. Si quelqu'un s'était levé et avait crié que cela n'avait aucun sens de tirer des missiles sur des civils innocents, moi, soldat, je ne me serais pas retrouvé dans votre cuisine.

Vous n'avez pas d'argent, dites-vous ? Vous en avez bien plus que vous ne pouvez l'imaginer. Même avant la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, à l'époque de Yasser Arafat, les millions, si ce n'est des milliards de dollars, qui ont été donnés par la communauté internationale aux Palestiniens, ont été utilisés pour acheter des armes ou ont été directement déposés sur le compte en banque de vos leaders. Les Etats du Golfe, les Emirats – vos frères, votre chair et votre sang, comptent parmi les plus riches nations au monde.

S'il y avait ne serait-ce qu'un infime sentiment de solidarité entre les pays arabes, si ces nations étaient un tant soit peu intéressées par la reconstruction du peuple palestinien – votre situation aurait été bien différente. Vous devez connaître Singapour. La masse de terre qui n'est pas bien plus grande que la Bande de Gaza et qui est considérée comme le deuxième pays le plus peuplé au monde. Malgré cela, Singapour est un pays prospère et bien dirigé. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour vous ?

Mon ami, j'aurais voulu vous appeler par votre nom, mais je ne le ferai pas publiquement. Je voudrais que vous sachiez que je suis à 100 % en paix avec ce que mon pays a fait, ce que mon armée a fait et ce que j'ai fait. Cependant, je comprends votre chagrin. Je suis désolé pour la destruction que vous voyez dans votre quartier en ce moment. Personnellement, j'ai fait tout mon possible pour minimiser les dégâts dans votre maison.

A mon avis, nous avons bien plus en commun que vous ne pouvez l'imaginer. Je suis un civil, pas un soldat, et dans ma vie privée, je n'ai rien à voir avec l'armée. Cependant, je suis obligé de quitter ma maison, mettre un uniforme et protéger ma famille chaque fois que nous sommes attaqués.

Je n'éprouve aucun désir à être dans votre maison, à porter à nouveau mon uniforme et je serais plus qu'heureux de m'asseoir avec vous comme invité dans votre jolie terrasse, en buvant du thé sucré avec la sauge qui pousse dans votre jardin.

La seule personne qui pourrait faire de ce rêve une réalité, c'est vous.

Prendre vos responsabilités, celle de votre famille, de votre peuple, et commencer à prendre le contrôle de votre destinée. Comment ? Je ne sais pas. Peut être qu'il y a quelque chose à apprendre du peuple juif qui s'est relevé de la tragédie humaine la plus destructrice du XXe siècle. Et au lieu de sombrer dans l'apitoiement, a construit un pays florissant et prospère. C'est possible et c'est à portée de vos mains.

Je suis disposé à être là et vous prêter mon épaule pour vous soutenir et vous aider.
Mais, vous seul pouvez faire bouger les roues de l'histoire.

Cordialement,

Yishai (réserviste)

mercredi 4 février 2009

Tchad : ce qui s'est passé

C'est suite à une question parlementaire déposée par le Vice-président de la Commission de la défense belge, Denis Ducarme, que le ministre a précisé les conditions dans lesquelles deux véhicules belges, dont un LMV, ont été détruits.

C'est mi-novembre qu'une équipe belge de forces spéciales, en patrouille à la frontière soudanaise, s'est vue attaquée par un hélicoptère de Khartoum. L'appareil a effectué 4 passages bas (moins de 100 m), tirant un total de 4 roquettes. Les véhicules, apparemment, avaient été positionnés à couvert dans la végétation.

Selon le ministre, leur destruction sera indirecte, les roquettes mettant le feu à la végétation, qui, à son tour, détruira les véhicules. Aucun dégât humain n'est à signaler. Reste une question : travaillant au GPS, les forces belges sont absolument certaines d'être restées sur le territoire tchadien. Que fichaient donc les Soudanais au Tchad ?

La base de Kourou un peu mieux protégée

La DGA a commandé fin décembre 2008 à Thales Raytheon un radar de défense aérienne à longue portée destiné à protéger le centre spatial guyanais de Kourou. Il viendra compléter, à partir de 2011, les installations du centre de contrôle militaire de Kourou opéré par l’armée de l’Air. Il renforcera les capacités de détection du centre spatial et de l’espace aérien guyanais.

Le contrat, d'une valeur de 50 millions d'euros, comprend la fourniture du radar ainsi que les infrastructures associées (bâtiments d’exploitation, énergie, système de communication et sécurisation). Il prévoit également le maintien en condition opérationnelle du système pendant une durée de 18 ans, avec une garantie de disponibilité à 98 % de l’ensemble de la station radar et de ses infrastructures.

lundi 2 février 2009

Les forces spéciales belges au Tchad : under fire...

Selon l'Irish Times, qui a interviewé le général Nash, commandant de l'opération Eufor Tchad-RCA, des forces belges engagés au Tchad ont été pris à parti par des tirs en provenance du Soudan, manifestement sans causer de dégâts humains. Il est également possible qu'au moins un véhicule (deux, selon certaines sources) ait été détruit par le feu d'un hélicoptère soudanais au cours du même engagement.

Le général Nash s'est dit "relativement content" du déploiement des forces européennes, indiquant qu'elles avaient été en mesure de contribuer à "un certain facteur de dissuasion". Mais, avec 3 500 hommes sur une superficie équivalente à celle de la France, a-t-il rappelé, "we have not been able to compel everybody to behave in a certain fashion and it was never realistic to expect that".

Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes

Mardi 3 février 2009, de 17 h à 19 h, en salle Costa du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes, nouvelle séance de la commission "Nouvelle histoire bataille". Benoist Bihan, doctorant à l'université de Poitiers, présentera une communication sur le thème suivant :

« Réflexions sur les enjeux du commandement dans les opérations aériennes : l’exemple des opérations américaines au-dessus du Nord-Vietnam, 1964-1973 »

Pour les candidats à une séance qui s'annonce passionnante, RDV à 16 h 45 devant l'entrée du bâtiment.

vendredi 30 janvier 2009

Carl von C. : il faut une stratégie militaire nationale à la France

Vous l'aurez peut-être remarqué dans le DSI n°44, la chronique de Carl révélait un message subliminal derrière sa légendaire gouaille : les principes stratégiques révélés par le LBDSN sont selon lui insuffisants - on ne peut pas lui donner tort - de sorte qu'une stratégie militaire nationale pourrait bien être nécessaire. Petit flashback :

La chronique de Carl von C. : Joyeuse crise et bonne année !

Ah, là, ça fait mal. On nous a bassiné avec le NBC mais ce seront finalement les actifs toxiques qui auront eu raison de nos richesses. Remarquez, nous ne sommes pas les seuls et pas nécessairement les plus à plaindre. Celui qui a placé ses actions dans une de ces boîtes de recouvrement sera sans doute le seul à y gagner. Mais la crise dans laquelle nous nous enfonçons pose des problèmes bien réels pour nos systèmes de défense : fini, les budgets soi-disant mirobolants – il n’y avait que les ministres des finances pour y croire – et adieu nos belles Transformations. Nous allions dans les hypermarchés de la défense, il va falloir se mettre au hard discount. Et hop, nous voilà pris au piège de nos moyens. L’Oncle Sam, jamais en retard d’une guerre, a déjà tout compris : pédale douce sur ces fichus antimissiles qui ne servent à rien – et certainement pas à remplacer une bonne vieille dissuasion à l’ancienne – et regards couleur mitrailleuse sur des programmes comme le F-22 ou le F-35. Ce qui s’annonce n’est pas très bon pour une série de programmes. Mais, à bien y réfléchir, c’est peut-être aussi une chance. Sans doute pas pour votre portefeuille ni pour le miens, mais bien pour l’évolution de nos armées : en grec, crise vient de « krinein », jugement. Alors, jugeons.

Parce que, finalement, ce fameux Livre blanc, qu’est-ce qu’il nous dit ? Que nous vivons dans un monde complexe où domine l’incertitude ? Bien. Mais que nous dit-il sur les guerres futures ? Une bande de Chinois robotisés nous lançant à tour de bras des missiles balistiques après des frappes par des appareils de la 185ème génération ++ ? Une bande d’indépendantistes des Vanuatu subitement devenus fanatisés et menant le premier « Vanuatu-had », global et asymétrique, évidemment ? Quelques rigolos faisant exploser des bombes dans des bouses de vache ou des nerds aux grosses lunettes essayant de pirater mes sites coquins à moi (ceux où on voit des hélicoptères tout nus) ? Une invasion de poulets à la dioxine ? Le Livre blanc nous répond « un peu de tout ça », comme la majorité des auteurs, tous un peu déboussolés et en appelant frénétiquement au « full spectrum dominance ». En bref, savoir tout faire - en sachant qu’il y aura de plus en plus – avec, évidemment, moins de pépètes (ce serait trop facile, sinon, non ? Votre vieux Carl vous le dit en même temps qu’il vous envoie ses bons vœux et, pour les dames et les demoiselles, ses gros bisous, nous aurions peut-être bien besoin d’une stratégie militaire nationale.

La sécurité, c’est bien. Mais la stratégie répond aussi à des critères très spécifiques : il n’y a rien à faire : poursuivre la grande criminalité demande des méthodes aussi spécifiques que de « retourner » une population en OPEX. Dire que, dans les deux cas, c’est pour la sécurité du citoyen semble juste. Dire que les deux relèvent du même plan, c’est prendre ses rêves pour des réalités. C’est précisément parce que nous allons devoir nous serrer la ceinture et que personne ne fera le travail à notre place – regardez juste l’état des finances de défense britanniques – que nous allons avoir besoin d’être nettement plus précis dans nos définitions. Nous allons avoir besoin de faire fumer les cafetières, de déclencher une véritable révolution dans la pensée stratégique française. Les préconditions sont là : les cinglés du clavier, les malades de l’histoire, les snipers des bibliothèques, les camés au Coutau-Bégarie, les cannibales des bonnes pages sont de sortie et ça va faire du bien aux neurones. Evidemment, pas mal de choses ne plairont pas. Mais bon, finalement, on ne peut pas plaire à tout le monde et nous sommes tout de même dans le pays de la polémique (on a mis en place un ministère de l’identité nationale, faudrait tout de même qu’il serve à quelque chose). Pour le reste et pour une fois, nous avons l’occasion de ne pas être en retard d’une guerre : vous avez dit crise ?
Carl

DSI n°45 : le sommaire


DSI 45, février 2009
Editorial
Nominations et agenda
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C.. : "Bon, alors les gars, vous l'ouvez (votre PC) ?"

Sur le vif

La Traviata, chronique d’un transit au large de la Somalie
Par Jean Rolin, écrivain et journaliste, récipiendaire des prix Albert Londres et Medicis, écrivain de marine

Sri-Lanka : vers la fin de la guerre ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Quelle réforme pour l’armée russe ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Quel avenir pour la réforme de l’armée russe ?
Entretien avec Dale R. Herspring, Professeur émérite de sciences politiques à l’université de l’état du Kansas.

Stratégie

Vers une stratégie du « mobile »
Aymeric Bonnemaison, lieutenant-colonel, doctorant en sciences politiques à l’UCL

L’anthropologie au service de la contre-insurrection ? L’Human Terrain System
Georges-Henri Bricet des Vallons, IPSE

Armées

Pakistan : quelles relations civilo-militaires ?
Entretien avec Shuja Nawaz, auteur de Crossed Swords: Pakistan, Its Army, and the Wars Within.

Islamabad face à ses guerres. Une armée au cœur de la tourmente
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la Pakistan Army

Unités

Le Centre d’Entraînement des Postes de Commandement (CEPC). L’entraînement à la française
Par Véronique Sartini, journaliste

Préparer à la guerre
Entretien avec le colonel Philippe Baulain, chef de corps du CEPC

Encadré : SCIPIO, l’outil de simulation du CEPC

Technologies et armement

Croiseurs et grands bâtiments de ligne : quel avenir ?
Par Jean-Jacques Mercier et Joseph Henrotin, expert en systèmes d’armes et chargé de recherche au CAPRI

Croiseurs américains : quels projets pour demain ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Que sont devenus les croiseurs classe Slava et Kara ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Le Piotr Veliky titille Washington ! Les croiseurs Kirov/Ushakov
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Frégates classe Valour/ La marine sud-africaine, maîtresse de l’Afrique

Alenia/Embraer AMX/ Gina, madone de l’attaque légère

Engin blindé antiaérien Gepard/Les SPAAG de l’OTAN

Critiques de lecture

Les âmes de Verdun, La victoire de l’homme sur la ferraille de Philippe Grasset

Mourir pour l’Afghanistan. Pourquoi nos soldats tombent-ils là-bas ? de Jean-Dominique Merchet

Chronique du choc des civilisations d’Aymeric Chauprade

The Sword and the Olive. A Critical History of the Israeli Defense Force de Martin Van Creveld

La surprise stratégique. De la notion aux implications de Corentin Brustlein

The Rise of Pasdarans de Frederic Wehrey, Jerrold D. Green, Brian Nichiporuk, Alireza Nader, Lydia Hansell, Rasool Nafisi, S. R. Bohandy.

jeudi 29 janvier 2009

On a retrouvé les DSI-T

Si, si, nous avons trouvé la source du retard des DSI-T. Une (très) grosse erreur d'aiguillage de la part des NMPP, qui diffusent les magazines en kiosque et chez les marchands de journaux... Tout devrait donc être rentré dans l'ordre. Bonne lecture !

Ceci dit, et sans vouloir forcer sur la publicité à outrance, l'abonnement reste plus sûr : vous êtes sûr d'avoir vos magazines dès qu'ils sont sortis et, sur une année, la formule est moins chère, en particulier lorsqu'elle est couplée à DSI. Bon, ça va, j'arrête ;o)

jeudi 22 janvier 2009

Colloque "La guerre juste" à l'EHESS

La guerre juste. Approches de la théorie politique

Journée d'études, mardi 10 février 2009, amphithéâtre de l'EHESS, 105, bd. Raspail Paris 6e.

Organisateurs : Jean-Vincent Holeindre (Centre de recherches politiques Raymond-Aron) et Daniel Brunstetter (Irvine) ; avec le soutien de la Fondation Saint-Cyr.

9h. Introduction par Daniel Brunstetter (Irvine)

9h30-11h00 : L'Amérique et la guerre juste
Guillaume Durin (Lyon-III), Les théories américaines de la guerre juste
Daniel Brunstetter (Irvine), Yes we can : Obama on war
Discutant : Olivier Chopin (EHESS)

11h30-13h00 : Guerre juste et éthique de la guerre
Ariel Colonomos (CERI-CNRS), Guerre préventive et guerre juste.
Jean-Vincent Holeindre (EHESS), Les ruses de guerre sont-elles toujours perfides ? Une approche du droit de la guerre.
Discutant : Gérald Larché (EHESS).

13h-15h : Déjeuner libre

15h-16h30h : Sortir de la guerre
Julie Saada (IUFM/Paris-IV), Jus post bellum et justice transitionnelle
Brian Orend (Waterloo), Justice After War: Perspectives Today
Discutant: Dario Battistella (IEP Bordeaux)

17h : Conférence de clôture
Philippe Raynaud (Paris-II), La guerre juste entre philosophie politique et philosophie du droit.

18h : Pot amical, Hall de la Maison des sciences de l'homme, 54, bd. Raspail Paris 6e.

Contact : Jean-Vincent Holeindre, holeindr(at)ehess.fr

EGEA déménage

Petite info du matin, Olivier a changé d'hébergeur : EGEA peut maintenant être lu ici.