mardi 23 décembre 2008

DSI n°44 - le sommaire !



Sommaire DSI n°44
Janvier 2009


Editorial
Agenda-nominations
Contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
La chronique de Carl von C.

Sur le vif

La présidence Obama. Rétablir le leadership par la manière
Par Tanguy Struye de Swielande, professeur àl’Université Catholique de Louvain, aux Facultés Universitaires Catholiques de Mons et à l’Ecole Royale Militaire.

Obama 2008 : quels changements en politique extérieure ?
Entretien avec Dominique David, directeur exécutif de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI).

Relire le discours du nouveau Secrétaire à la Défense américain
Par Vincent Desportes, général de division directeur du Collège Interarmées de Défense

Stratégie

Oui, il faut relire Foch
Par le général de division Vincent Desportes, Directeur du Collège Interarmées de Défense

Fuller et le darwinisme militaire. « Evolve or die »
Par Olivier Entraygues, doctorant à l’université Paris IV

Stabilisation des conflits : vers de nouveaux soldats ?
Entretien avec Paul Haéri, auteur de De la guerre à la paix. Pacification et stabilisation post-conflit

Armées

De la brêche de Fulda à l’Afghanistan. Les mutations de la Luftwaffe
Par Jean-Jacques Mercier, expert en questions de défense

Les Tornado ECR menacent les radars sol-air. Un outil unique en Europe
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Tableau de bord : la Luftwaffe
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

Le DAOS. L’unité aéromobile des forces spéciales
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : Le GIH, ou comment faire voler ensemble la Terre et l’Air… au profit des gendarmes

Encadré : Le Caracal vu par les opérationnels

Encadré : Les appareils du DAOS

Encadré : Le Caracal

Technologie & Armement

L’industrie d’armement terrestre indienne
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Du Tejas au FGFA de 5e génération. L’industrie aéronautique indienne à marche forcée
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Industrie spatiale et missilère : Delhi cherche à couvrir le spectre
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Fiches techniques

Patrouilleur classe Skjold/ Streetfighters et retour de la guérilla navale

Rockwell B-1B Lancer/ Le B-1B, reliquat de l’histoire de la guerre froide

Véhicule de combat d’infanterie FV510 Warrior/ La famille CVR-T

Critiques de lecture

Œuvres complètes du Maréchal Foch

De la guerre à la paix. Pacification et stabilisation post-conflit de Paul Haéri

Les interventions militaires en zones urbaines : paradigmes, stratégies et enjeux sous la direction de Tanguy Struye de Swielande

DSI-T 15 : le sommaire !


Sommaire DSI-Texchnologies n°15
Janvier-février 2009


Editorial

Les élémentaires


Nanotechnologies : quelles ruptures technologiques à l’horizon 2030 ?
Par Alain De Neve, attaché de recherches au Centre d’Etudes de Sécurité et de Défense de l’Institut Royal Supérieur de Défense (IRSD)

La technologie militaire en question : quelles Transformation pour les forces ?
Entretien avec Joseph Henrotin, auteur de La technologie militaire en question

Tendances

Le soutien psychologique du soldat dans l’armée de Terre
Par Emmanuel Vivenot, journaliste spécialiste des questions de défense

Principes de la techno-guérilla : de Brossolet au Hezbollah
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI
EADS DSCS ; perspectives 2009
Entretien avec Hervé Guillou, président de l'activité Defence and Communications, EADS DS

Mer

Euronaval 2008. Tendances et évolutions des projets navals de défense
Par la rédaction

Amphibies : le MHD 200

Sous-marins : les deux projets de DCNS

Frégates : la gamme MEKO s’étend

Frégates : les projets de Lockheed Martin

Frégates et corvettes : le concept Mosaic

Frégates et corvettes : Northrop propose trois concepts

Corvettes : les projets de CMN

Patrouilleurs : les projets de TKMS

Patrouilleurs : la classe Holland

Patrouilleurs et sécurité maritime : un domaine en pleine expansion

Vedettes et fast-attack crafts : quelques projets

Guerre des mines : le Simba 45

Intervention : le ZH1100

Drones de surface : le Silver Marlin

Drones sous-marins : le SAROV de Saab

UAV : le Skeldar

Défense rapprochée : l’AK-630M-2 Duet

Défense rapprochée : le MPNL

Défense rapproché : le Strales

Défense aérienne : les grandes manœuvres

Antinavires légers : le FASGW

Frappe terrestre : le Delilah

Radars : l’Artisan 3D

Une vitrine européenne pour le Brésil

Le Naval Team Denmark

L’industrie navale russe des bâtiments de surface, destroyers, frégates et corvettes
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Leurres navals, une nouveauté chez Lacroix
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Carte : Les drones MALE et HALE dans le monde

Air

Systèmes de drones et coalition : Interopérabilité ou intégration ?
Par Bertrand Slaski, CEIS

Le THAAD en service. Un nouvel antimissile pour l’US Army
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes
US Air Force : la 5ème génération remise en question ?
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

M-346 : le LIFT à l’italienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Le « cri de guerre » à l’âge postmoderne : mythes et réalités des armes acoustiques
Par Georges Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes non-létales (IPSE)

Le radar transhorizon JORN. La solution miracle australienne ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

C-27J : la renaissance du G-222
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Terre

Spike : le tueur de char israélien
Par Jean-Jaques Mercier, expert en systèmes d’armes

Iskander le Grand
Par Mikhail Barabanov rédacteur en chef du Moscow Defence Brief

Programme JLTV : le successeur du Humvee est en cours de développement
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

Family of Medium Tactical Vehicles (FMTV) de BAE Systems
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Bushmaster : le MRAP à l’australienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Les Batteries de Renseignement de Brigades
Par Véronique Sartini

Battle Space Transformation Center : Thales fait dans le virtuel cousu main !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

2008 en bref : il est temps de passer aux vacances


Et voilà, d'ici un peu moins de 30 heures, l'équipe sera en vacances. Pour ma part, je décroche totalement et m'en vais quelques jours à l'étranger, histoire de recharger les batteries. De fait, l'année a été chargée : 22 bouclages et 1974 pages (et un nombre d'article que n'ose même pas imaginer) ; la parution d'un ouvrage et la mise en chantier d'un autre ; 11 chapitres d'ouvrages ou articles académiques ; 10 interventions en colloques et conférence et... 109 interviews.


Le tout sans compter Eurosatory et Euronaval, la mise au point de la formule "Daily" et la transformation de T&A en DSI-T. En bref, une année bien tassée où l'équipe a magnifiquement travaillé, tenus les délais dans des conditions très contraignantes et malgré tout fait preuve d'une créativité à toute épreuve. Quand on vous dit qu'on a besoin de vacances ;o) Bon, d'ici là, permettez-moi de vous souhaiter de très bonnes fêtes. Rendez-vous en 2009 !

vendredi 19 décembre 2008

Prix Daveluy 2009 : chercheurs, à vos plumes !

Créé par le chef d’état-major de la Marine, ce prix vise à encourager et promouvoir des travaux de recherche et de réflexion à caractère historique, politique, juridique, technique ou autres, propres à faire progresser les connaissances dans ce domaine. Il s’adresse aux étudiants et chercheurs français et européens, civils ou militaires. Trois récompenses peuvent être attribuées selon la qualité des travaux : 5 000 euros pour une thèse de doctorat 2 000 euros pour un mémoire de fin d’études supérieures 2 000 euros mention spéciale pour thèse ou mémoire Les candidatures sont à adresser au CESM avant fin février de l’année du prix qui est remis courant juin par le chef d’état-major de la marine dans les salons de l’Hôtel de la Marine. Le dossier de candidature doit être composé des documents suivants :
- un Curiculum Vitae ;

- deux copies des travaux réalisés en langue française, dont une sur support numérique ;
- une synthèse, sur support numérique, de 25 000 à 40 000 caractères pour une thèse, de 15 000 à 25 000 caractères pour un mémoire, susceptible de faire l’objet d’une édition au sein de la publication du CESM, le Bulletin d’études de la Marine.
Votre contact : Enseigne de vaisseau Thibault Richard, Centre d’enseignement supérieur de la Marine BP 08 - 00300 Armées Tèl : 01 44 42 56 72 - Fax : 01 44 42 82 06
Voir également ici, notamment pour le règlement.

DSI 44, en preview

Les fêtes approchant à grand pas, j'avance quelque peu la "preview" du prochain DSI qui comporte quelques dossiers de poids : d'abord, sur le DAOS, qui a ouvert pour la première fois ses portes à la presse. Véronique y a passé 2 jours et nous rapport un dossier... pour le moins complet.

Ne manquez pas non plus les dossiers consacrés à l'industrie de défense indienne, à la Luftwaffe mais aussi à la stratégie : le général Desportes et Olivier Entraygues, entre autres, nous livrent quelques réflexions qui méritent le détour.

Rendez-vous donc en janvier !

jeudi 18 décembre 2008

Les interventions militaires en zone urbaine : la TDM

Tanguy et Alain nous signalent que les 336 pages de Les interventions militaires en zone urbaine : paradigmes, stratégies et enjeux sont sorties de presse. J'y ai commis quelques chapitres avec la bande du RMES, pour l'occasion élargie à Stéphane Taillat, qui a travaillé sur la COIN en Irak dans deux très bons chapitres. La table des matière est à présent disponible ici.

Et sans vouloir faire mon commercial pour un sous - quoique - c'est le cadeau idéal pour Noël !

mercredi 17 décembre 2008

Le Liban achète 10 Mig-29

Selon le quotidien francophone L'Orient-Le Jour (Beyrouth), le gouvernement libanais a indiqué avoir décidé d'acheter 10 chasseurs Mig-29 à Moscou, qui a accepté le principe de la livraison. L'article n'indique pas si les appareils seront neufs ou d'occasion.

C'est la première fois que le Liban achète du matériel russe alors que, dans le même temps, l'acquisition signe la renaissance de l'aviation de combat libanaise, souhaitée depuis les opérations menées dans le camp de Nahr-el Bared, en 2007. Ses derniers appareils à réaction étaient des Hunter, plus spécifiquement adaptés à l'attaque au sol.

On remarquera cependant que le Fulcrum est plus adapté aux missions de supériorité aérienne et qu'il est en service aussi bien en Syrie (le quotidien cite le chiffre, évidemment erroné, de 500 appareils) qu'en Iran. On peut, à cet égard, se demander quelle a été l'influence réelle du Hezbollah sur une prise de décision qui, pour le coup et en toute hypothèse, cadre particulièrement bien à la logique doctrinale de techno-guérilla qu'il à mis en place.

mardi 16 décembre 2008

Guardian Falcon ne chôme pas

Les quatre chasseurs-bombardiers F-16 belges déployés en Afghanistan auraient largué une dizaine de bombes à guidage laser et tiré "au moins cinq rafales" avec leur canon de bord depuis le début de l'opération Guardian Falcon , début septembre, indique Air&Cosmos .

"Le nombre de tirs, jalousement protégé par le secret militaire, porterait, pour les F-16 belges, sur une dizaine de GBU-12 - des bombes de 250 kg à guidage laser dont chaque avion emporte deux exemplaires - et au moins cinq rafales de canon M-61". Le ministère de la Défense n'a pas souhaité confirmer l'information et indique que les F-16, ont effectué, en date du 5 décembre, 625 heures de vol : 574 heures lors de missions préplanifiées au profit de l'ISAF et 50,5 heures lors de Quick Reaction Alerts.

Selon le colonel Luc Gennart, les appareils effectuent des vols en moyenne cinq jours par semaine. Des sources militaires ayant requis l'anonymat ont quant à elles fait état de plusieurs occasions où un pilote belge a refusé au dernier moment de faire usage de son armement en raison du risque qu'il jugeait trop élevé de "dommages collatéraux" , en d'autres termes la perte de vies humaines au sein de la population civile.

Par ailleurs, deux roquettes sont tombées sur le cantonnement belge, sans faire de blessés, le 15 décembre.

lundi 8 décembre 2008

Guerres hybrides : les guérillas Vs. les lignes de communication

Des talibans ont attaqué avec succès, le 7 décembre, un terminal logistique de l’OTAN à proximité de Peshawar et de la passe de Khyber, qui permet d’entrer par la route en Afghanistan. Selon Kifayatullah Khan, directeur du terminal, environ 300 hommes ont attaqué avant l’aube détruisant les 106 véhicules présents sur place avant de rompre le contact. L’entrée principale de la base a été attaquée au lance-roquettes, tuant les gardes et ouvrant la voie aux combattants.

Les approvisionnements alliés passent à 75 % par le Pakistan, après avoir été déchargés des navires dans le port de Karachi. Ces attaques, bien coordonnées, ont conduit à la suspension du trafic passant par Khyber par les autorités pakistanaises. Si les autorités US indiquent que les attaques n'auront pas d'impact sur la poursuite des opérations en Afghanistan, force est de constater que les talibans ont manifestement compris les vulnérabilités de la spécificité des lignes de communication de l'ISAF mais aussi des utilisation d'acteurs privés dans la gestion des opérations logistiques.

Pourtant, rien de bien neuf ici d'un point de vue stratégique : Jomini avertissait déjà ses lecteurs des problématiques inhérentes aux lignes de communication, en particulier dans les situations de guérilla...

samedi 6 décembre 2008

Intuitions et rédactions

Le blog connaît quelques ralentissements ces derniers temps, dû à une surcharge de travail quelque peu obsédante : outre les travaux sur les prochains DSI et DSI-T, une suite de conférences à l'EHESS et au château de Vincennes m'a donné quelques idées - disons qu'intuitions serait plus approprié - sur l'impasse stratégique du moment : faut-il se structurer en fonction des opérations de stabilisation ou dans l'hypothèse d'une surprise stratégique impliquant ?

L'intuition part de quelques éléments très simples : 1) rares sont les guerres qui ont ressemblé aux précédentes et croire que les guérillas n'évolueront pas ou qu'un adversaire étatique va compbattre suivant nos règles du jeu, "à la capacitaire" pourrait être trompeur ; 2) le "dilemme" actuel, tel qu'il s'est construit, est peut-être l'un des résultats du processus de technologisation que j'explorais dans mon dernier bouquin, en d'autres termes, la question posée supra pourrait bien ne pas/ne plus être pertinente ; 3) les processus d'hybridation, de fertilisation croisée entre les modes de guerres ont été insuffisament explorés : nous pourrions bien les ranger beaucoup trop rapidement dans les catégories "conflits réguliers/irréguliers".

Attaquer ce morceau-là est consommateur en temps mais particulièrement stimulant. Tanguy va sans doute m'en vouloir de lui rendre une tartine de 50 pages pour les prochains Cahiers du RMES mais, finalement, il faut bien se faire plaisir de temps en temps, non ? Tant pis donc, dans l'immédiat, pour la poursuite du débat avec Olivier sur les mécanismes de dissuasion conventionnelle (quoique : Gene Sharp et quelques autres ont, vous le verrez dans l'article, quelques mots à dire sur le sujet).

mercredi 3 décembre 2008

James Jones à la tête du NSC

Confirmant le choix d’Hillary Clinton au secrétariat d’Etat, Barack Obama a également confirmé Robert Gates dans ses fonctions de Secrétaire à la défense, arguant qu’une rupture alors que les Etats-Unis font face à deux guerres ne serait pas souhaitable. Mais le nouveau président américain a également choisi James Jones en tant que Conseiller à la sécurité nationale.

A 64 ans, ce général des Marines, ancien commandant des Marines et ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) a été particulièrement prompt à mettre en avant la problématique de la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Après sa retraite, il a également mené plusieurs missions en Afghanistan et en Irak pour le compte du Pentagone. Durant sa carrière, il a également été l'officier de liaison entre les Marines et le Sénat, acquérrant ainsi une expérience politique certaine.

Parfaitement bilingue français-anglais (il a passé sa scolarité en France avant de rejoindre l'université de Georgetown pour un BA. en sciences), il est considéré comme un officier au franc parler. Il est aussi crédité d'une excellente aptitude à la négociation et à la compréhension des enjeux aussi bien stratégiques que tactiques. Typiquement "Marine", il se serait ainsi adressé au Corps en 1999 : "It's OK to have fun in the Marine Corps. I like to say we are an imperfect people working in an institution that tries to be perfect. That is a noble thing, but you have to realize there is no perfect. We're human".

jeudi 27 novembre 2008

Belgique : vers la résilience ?

La bataille fut rude : 5 émissions TV, 3 ou 4 opinions dans la presse quotidienne, une rencontre avec une ministre de la justice pour le moins peu emballée par le concept, une note de 40 pages et quelques conférences plus tard (et là, je ne parle pas encore du travail de Gino Verleye ni d'une série d'officiers et d'experts ralliés à la cause) et... on dirait bien que l'objectif est atteint : la notion de résilience semble être prise en compte par le ministère belge de l'intérieur.

Dans sa note de politique générale, déposée le 12 novembre, le ministre Dewael (qui, au cours d'une question parlementaire avait indiqué que le concept ne l'intéressait pas - on comprend mieux pourquoi le concept n'est pas nommément cité dans la note) semble avoir écouté ses experts.

Non seulement la communication de crise va être retravaillée de fond en comble (formation des fonctionnaires locaux, planification d'urgence, centrales d'information, utilisation des académiques, etc.) mais, au surplus et bonus, la protection des infrastructures critiques du pays revient au devant d'une scène qu'elle n'avait jamais vraiment abordé. La note est à lire ici (jetez, en particulier, un oeil à partir de la page 21) : on sort de l'âge de pierre de la gestion de crise.

Tout, cependant, n'est pas parfait : la communication est comprise comme "de crise" alors que la menace est permanente et la perception de la population toujours aussi problématique. Simple exemple, en 2 jours de temps, nous avons eu affaire à une vidéo menaçant la Belgique d'attaques si elle ne retirait pas ses F-16 d'Afghanistan, à une évacuation de la Banque nationale pour cause de bocal contenant un liquide suspect et à une opération contre-terroriste dans le cadre des suites de l'affaire Belliraj.

Peu ou prou, cette actualité aide certes à forger une forme élémentaire de résilience par un retour à des réalités que l'on a passé trop de temps à nier, risquant alors de démultiplier l'effet de surprise. Cependant, face à une population mal formée à ce type de problèmes, sans accompagnement informationnel, cette actualité pourrait être contreproductive. Mais les travaux de Gino sont clairs : qu'un seul attentat touche le pays et ce dernier basculerait dans une crise de légitimité sans précédent dont les conséquences pourraient nous renvoyer au "modèle néerlandais", lorsque l'assassinat de T. Van Gogh avait conduit à 166 incidents majeurs. Communiquer, dans ces conditions, n'est plus un luxe...

DSI n°43, décembre 2008, le sommaire !


Sommaire DSI 43, décembre 2008
Editorial
Nominations et agenda
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : L’ère du flop power

Actualité

Euronaval : des nouveautés de taille
Par la rédaction

France / OTAN. Où en sont les préparations ?
Par Véronique Sartini, journaliste

Stratégie

La géostratégie des forces sous-marines chinoise
Entretien avec Toshi Yoshihara, Professeur au strategy and policy Department de l’US Naval War College.

Les conceptions chinoises de la guerre sous-marine
Entretien avec le Professeur William S. Murray, Warfare Analysis and Research Department, US Naval War College.

Principes du commandement concernant les Effects-Based Operations
Par James N. Mattis, général commandant l’US Joint Forces Command (USJFCOM).

La technologie militaire en question : sortir de la technologisation ?
Entretien avec Joseph Henrotin, auteur de La technologie militaire en question. Le cas américain (Coll. « Stratégie et doctrines », Economica, Paris, 2008, 300 p.)

Armées

Les forces terrestres thaïlandaises, un équilibre qui reste à trouver
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Marine thaïlandaise : les défis d’une force au cœur du Maelström
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : La Kong Thab Akat Thai/force aérienne thaïlandaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

L’« académie » du 2000. La BA 115 d’Orange
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : L’historique de l’escadron 2/5 Ile de France

Encadré : L’escadron en bref

Carte : La chasse en France

« Orange présente des capacités d’accueil extraordinaires »
Entretien avec le colonel Jean-Louis Cerisier, commandant la base aérienne 115 d’Orange

Technologie & Armement

Parachutistes russes : l’illusion de la force ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le BMD-4, un blindé parachutiste
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Les forces aéroportées russes s’allègent. Des armes d’appui emportées à dos d’homme
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Chasseur de char 2S25 Sprut-SD /Les chasseurs de chars, solution à la mobilité stratégique ?

Illiouchin Il-76 Candid/ L’Il-76, plateforme polyvalente de la VVS

Porte-hélicoptères des classes Shirane et Haruna/ La course japonaise à l’aéronautique embarquée

Critiques de lecture

Drones, mystérieux robots volants : les yeux et le feu du XXIe siècle de Marc Grozel et Geneviève Moulard

Relire Foch au XXIème siècle de André Martel

Deciding in the dark de Vincent Desportes

mardi 25 novembre 2008

L'art de la guerre : Deleuze, Guattari, Debord et Tsahal - Petit clin d'oeil à Laurent H ;o)

Par Eyal Weizman.

Extraits :
"Les Forces de Défense Israeliennes ont été fortement influencées par la philosophie contemporaine, mettant en évidence le fait qu'il existe un terrain d'entente avec des textes théoriques retenus comme essentiels par les académies militaires et par des écoles d'architecture…"

"Les théoriciens militaires contemporains s'activent à re-conceptualiser le champ urbain. Ce qui est en jeu, ce sont les concepts fondamentaux, les prémisses et les principes qui gouvernent les tactiques et les stratégies militaires. Le vaste champ intellectuel, que le géographe Stephen Graham a appelé un “monde de l'ombre” international des centres d'entraînement et des instituts de recherche urbaine militaires qui ont été établis pour repenser les actions militaires dans les villes, pourrait être assimilé au cadre ('matrix') international des plus grandes académies d'architecture.

Sauf que, selon le théoricien urbaniste Simon Marvin, le 'monde de l'ombre' architectural-militaire produit en fait des programmes de recherche urbaine plus fouillés et plus largement financés que tous ces programmes universitaires réunis, tandis qu'il suit les recherches urbaines d'avant-garde conduites dans les écoles d'architectures, surtout en ce qui concerne les villes du Tiers monde et de l'Afrique.

Il existe un terrain commun aux textes théoriques considérés comme essentiels par les académies militaires et par les écoles d'architecture. Dans les listes de livres à lire des institutions militaires d'aujourd'hui, on trouve des ouvrages tournant autour de 1968 (en particulier des écrits de Deleuze, Guattari et Debord), aussi bien que des textes plus récents sur l'urbanisme, la psychologie, la cybernétique, la théorie post coloniale et post structuraliste.

Si, comme l'affirment certains auteurs, l'espace critique s'est trouvé considérablement rétréci dans la culture capitaliste de la fin du XXième siècle, il semble qu'il a trouvé un nouveau terrain d'expansion chez les militaires. J'ai interviewé Kokhavi, le commandant de la Brigade de Parachutistes, qui, à 42 ans, est considéré comme le plus prometteur des jeunes officiers des FDI (c'est lui qui a commandé l'évacuation des colonies de la bande de Gaza). Comme beaucoup de jeunes officiers des FDI, il avait pris le temps d'acquérir un diplôme d'université. Bien qu'il ait d'abord choisi d'étudier l'architecture, il a en fait fini par obtenir une licence de philosophie de l'université hébraïque. Il m'a expliqué le principe qui a gouverné la bataille de Naplouse, qui m'intéressait, non pas tant par la description de l'attaque elle-même, que par la façon dont il en concevait l'articulation. Il m'a dit : “Cet espace que vous regardez, cette pièce que vous regardez, ce n'est rien que votre propre interprétation. [ … ] Le problème est : comment vous considérez cette ruelle ? […] Nous avons considéré la ruelle comme un endroit à ne pas parcourir et la porte comme un endroit à ne pas franchir, et la fenêtre comme un endroit par lequel il ne faut pas regarder, parce qu'une arme peut nous attendre dans la ruelle, et un piège (“booby-trap') peut-être commandé par la porte. Parce que l'ennemi interprète l'espace d'une manière classique, traditionnelle et je me refuse à suivre son interprétation et à tomber dans ses pièges. […] Je veux le surprendre ! Voilà l'essence de la guerre. Je dois gagner […] Voilà : j'ai choisi la méthodologie qui me fait traverser les murs… Comme un ver qui avance en mangeant ce qu'il trouve sur son chemin, apparaissant à certains points puis disparaissant. […] Je dis à mes hommes : “Mes amis ! […] si jusqu'à aujourd'hui vous aviez l'habitude de suivre les routes et les chemins, n'y pensez plus ! Désormais, nous allons traverser les murs !”" (…)

"Naveh, un Brigadier-General à la retraite, dirige l'Institut Opérationnel de Recherche Théorique, qui prépare des officiers des FDI et autres militaires, en 'théorie opérationnelle' (…). Il a résumé ainsi la mission de l'institut, fondé en 1996 : “nous sommes comme l'ordre des jésuites. Nous essayons d'enseigner et d'entraîner les soldats à penser. […] Nous lisons Christopher Alexander, vous vous rendez compte ? ; nous lisons John Forester, ainsi que d'autres architectes. Nous sommes en train de lire Gregory Bateson ; et Clifford Geertz. (…) Au cours d'une conférence, Naveh a montré un diagramme qui ressemblait à un 'carré d'opposition' qui relie un ensemble de relations logiques de propositions militaires à des actions de guérilla.

Avec des noms comme 'Différence et répétition', 'les Dialectiques du structurant et de la structure', 'Objets rivaux sans formes', 'Manoeuvre fractale', 'Vitesse contre rythme', 'la Machine de guerre wahabite', 'Anarchistes post-modernes' et 'Terroristes nomades', ils font souvent référence aux travaux de Deleuze et Guattari. Les machines de guerre, suivant les philosophes, sont polymorphes ; des organisations diffuses caractérisées par leur potentiel de polymorphisme, faites de petits groupes qui se divisent ou se rassemblent, suivant la contingence et les circonstances. (Deleuze et Guattari avaient bien compris que l'état peut volontairement se tranformer en machine de guerre ; de la même façon, dans leur discussion de 'l'espace lisse', il est compris que cette conception peut porter à des formes de domination.)

J'ai demandé à Naveh pourquoi Deleuze et Guattari étaient si populaires dans l'armée israelienne. Il a répondu que “plusieurs concepts de Mille plateaux' nous sont devenus très utiles […], en nous permettant d'expliquer certaines situations actuelles. Cela a problématisé nos propres paradigmes. Des plus importantes s'est révélée leur distinction entre espaces “lisses” et espaces “striés” dans le sens ou ceux-ci sont cloisonnés, enfermés par des clôtures, des murs, des fossés, des barrages de route etc.”.

Quand je lui ai demandé si passer à travers les murs en faisait partie, il m'a expliqué que “à Naplouse, les FDI ont compris le combat urbain comme un problème d'espace […] Se déplacer à travers les murs n'est qu'une simple solution mécanique qui associe théorie et pratique”.
Pour bien comprendre les tactiques des DFI de traverser les espaces urbains palestiniens, il faut savoir comment ils interprètent le principe désormais familier “d'essaimage” (swarming) - (…)

L'essaim est emblématique du principe de non-linéarité qui apparaît en termes d'espaces, d'organisations et de temps. Le paradigme traditionnel de manoeuvre, caractéristique de la géométrie simplifiée du type euclidien, est transformé, d'après les militaires, en une géométrie complexe du type fractal. La narrativité du plan de bataille est remplacée par ce que les militaires, en termes foucaultiens, appellent l'approche de la “boite à outils”, suivant laquelle les unités reçoivent les outils dont ils ont besoin pour gérer plusieurs situations et scénarios donnés, mais sans que l'on puisse prédire l'ordre suivant lesquels ils vont se dérouler.

Naveh : “les officiers opératifs et tactiques dépendent les uns des autres et résolvent les problèmes en construisant le cours de la bataille ; (…) l'action devient savoir et le savoir devient action. (…) sans résultat décisif possible, le principal bénéfice de l'opération est dans l'amélioration du système en tant que système”.Ceci peut expliquer, pour l'armée, la fascination exercée par les modèles et les modes opératifs spatiaux et organisationnels avancés par des théoriciens tels que Deleuze et Guattari.

De plus, au moins pour les militaires, la guerre urbaine est l'ultime forme post moderne du conflit. La foi en un plan de bataille logiquement structuré et linéaire disparaît devant la complexité et l'ambiguïté de la réalité urbaine. Les civils deviennent des combattants, et les combattants, des civils. L'identité peut être changée aussi vite que le genre peut être feint : la transformation de femmes en hommes combattants peut prendre le temps qu'il faut à un soldat israelien 'arabisé' ou à un combattant palestinien camouflé de tirer sa mitraillette de dessous sa robe. Pour un combattant palestinien pris dans cette bataille, les israéliens semblent 'venir de partout : de derrière, des côtés, de droite et de gauche. Comment peut-on se battre dans cette situation ? ' "

lundi 24 novembre 2008

Nouveau blog : la plume et le sabre

Vous connaissez peut-être déjà Stent pour avoir lu ses commentaires ici et là. Et bien, je l'ai rencontré à l'EHESS la semaine passée et il m'indiquait qu'il se lancait également dans la blogaventure avec La plume et le sabre.

Un blog bien fourni - adossé sur une tête bien remplie - et des observations tèrs pertinentes, je pense en particulier à ce post sur l'expérience allemande de la guerre hybride durant la campagne de Russie et le processus de démodernisation de la Werhmacht. Très intéressant et à suivre ;o)

samedi 22 novembre 2008

DSI 43, en preview

En avant-première, un petit coup d'oeil sur la couverture du DSI de décembre avec, en guest star, deux professeurs du Naval War College américain, Toshi Yoshihara et William S. Murray, sur les développements de la stratégie sous-marine chinoise. Et quelques autres bonnes surprises !

vendredi 21 novembre 2008

La Norvège choisit le F-35

Finalement et malgré les efforts de Saab, Oslo a penché pour le F-35, Reuters annonçant le choix norvégien. La Norvège achetera donc 48 F-35A pour un montant de 18 milliards de couronnes/2,54 milliards de dollars, soit 6 milliards de couronnes moins cher que le Gripen "spécial Norvège", qui avait en son temps été présenté dans DSI et qui reprenait nombre de caractéristiques du NG.

Le ministère de la défense a également indiqué que les coûts de possession de l'appareil américain sur 30 ans étaient de 20 à 30 milliards de couronnes inférieures à ceux du Gripen. Reste, toutefois, une question : le Gripen est en service, le F-35, non. Dès lors, quelle méthodologie a été employée pour le calcul des coûts de possession ?

Addendum : on apprenait par d'autres sources, dans le même temps, qu'Israël était "étonné" de voir le prix unitaire de ses F-35 passer à 200 millions de dollars.

jeudi 20 novembre 2008

Le CESA passe la post-combustion

Dans le cadre des Ateliers du CESA « Puissance aérienne et guerres irrégulières : concepts et doctrines » organisés le mardi 2 décembre 2008, nous avons le plaisir de vous confirmer la présence de :

M. Benjamin S. Lambeth, Senior Researcher à la RAND Corporation, qui interviendra sur « Current COIN operations in Iraq and Afghanistan ».

Capitaine Hernandez Vargas, officier de l’armée de l’air colombienne, qui abordera la « Colombian Air Force doctrine in counter insurgency operations ».

Ces Ateliers du CESA accueilleront, comme annoncé précédemment, les intervenants suivants :

M. Robyn Read, Researcher-Analyst à l’Air Force Research Institute sur « The United-States Air Force counter-insurgency doctrine » ;

M. David Omissi, Senior Lecturer in Imperial History à l’Université de Hull (Grande-Bretagne) sur « The British air control doctrine during the interwar period »;

Le commandant Arnaud Gaviard, chargé de mission à la Délégation des affaires stratégiques (DAS) sur « Réflexions doctrinales sur l’emploi de l’arme aérienne en Afghanistan ».

Ce colloque s’inscrit dans le cadre du projet de recherche sur la guerre irrégulière, soutenu par le centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, l’Université d’Oxford et l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS).

Informations pratiques : Mardi 2 décembre 2008 de 14h00 à 17h30 Amphithéâtre Desvallières, École militaire, Paris. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Inscription :

Par mail : ateliers.cesa@inet.air.defense.gouv.fr
Par téléphone : 01.44.42.46.91
Par fax : 01.44.42.80.10

mardi 18 novembre 2008

Interception du Sirius Star, interview

La Tribune de Genève m'a demandé hier mon impression sur la prise du Sirius Star par des pirates somaliens. A lire ici.

Le RMES descend en ville


4ème de couverture :

Éclipsée durant la guerre froide, la guerre urbaine a fait son retour depuis les années 1990. Hantise des militaires, les villes sont récemment revenues au coeur de l’actualité stratégique. La ville a été, reste et sera, plus que probablement, un théâtre opérationnel central dans les opérations. Le nom de certaines villes n’est-il pas devenu celui de batailles voire de campagnes : Vukovar, Srebrenica, Sarajevo, Grozny, Mogadiscio, Falloujah?
La guerre en zone urbaine nécessite dès lors une nouvelle approche, plus globalisante que jadis. Les opérations urbaines imposent aujourd’hui une coordination politico-stratégique d’effortsmilitaires, diplomatiques, économiques, culturels et juridiques. Elles n’engagent pas uniquement les militaires – qui y ont cependant un rôle central – mais implique de nombreux autres acteurs : les populations civiles, les ONG, les anthropologues, les sociologues, les agences gouvernementales, les organisations internationales, etc. Toutes à une degré ou à un autre
sont parties pris à un conflit à un moment donné.
Les militaires eux-mêmes doivent, face au défi urbain, reconsidérer leurs méthodes de planification, leurs doctrines, leurs modes opératoires tactiques et les technologies qu’ils devront mettre en oeuvre pour gérer des conflits se déroulant au coeur des populations, devenues autant de centres de gravité. De ce point de vue, les opérations urbaines sont aussi l’explicitation par la pratique de la complexité des conflits actuels : symbole de l’évolution des conflits, elles constituent la zone d’engagement par excellence des armées modernes.

Par conséquent, il vaut mieux préparer, comprendre, cerner les différentes modalités et dimensions de ces opérations que des les ignorer ou les démentir, au risque de les subir. Aussi, cet ouvrage couvre de nombreux aspects de la guerre urbaine, tant théoriques que pratiques. Il se veut avant tout didactique, en ayant une approche multidimensionnelle du phénomène de la guerre en zone urbaine. Rédigé par les membres du Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques sous la direction de Tanguy Struye de Swielande, cet ouvrage examine le passé comme le présent d’opérations dont les enjeux sont aussi importants pour le militaire que pour le diplomate.
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Comptant 15 chapitres et 336 pages, l'ouvrage devrait être disponible en décembre.