samedi 6 décembre 2008

Intuitions et rédactions

Le blog connaît quelques ralentissements ces derniers temps, dû à une surcharge de travail quelque peu obsédante : outre les travaux sur les prochains DSI et DSI-T, une suite de conférences à l'EHESS et au château de Vincennes m'a donné quelques idées - disons qu'intuitions serait plus approprié - sur l'impasse stratégique du moment : faut-il se structurer en fonction des opérations de stabilisation ou dans l'hypothèse d'une surprise stratégique impliquant ?

L'intuition part de quelques éléments très simples : 1) rares sont les guerres qui ont ressemblé aux précédentes et croire que les guérillas n'évolueront pas ou qu'un adversaire étatique va compbattre suivant nos règles du jeu, "à la capacitaire" pourrait être trompeur ; 2) le "dilemme" actuel, tel qu'il s'est construit, est peut-être l'un des résultats du processus de technologisation que j'explorais dans mon dernier bouquin, en d'autres termes, la question posée supra pourrait bien ne pas/ne plus être pertinente ; 3) les processus d'hybridation, de fertilisation croisée entre les modes de guerres ont été insuffisament explorés : nous pourrions bien les ranger beaucoup trop rapidement dans les catégories "conflits réguliers/irréguliers".

Attaquer ce morceau-là est consommateur en temps mais particulièrement stimulant. Tanguy va sans doute m'en vouloir de lui rendre une tartine de 50 pages pour les prochains Cahiers du RMES mais, finalement, il faut bien se faire plaisir de temps en temps, non ? Tant pis donc, dans l'immédiat, pour la poursuite du débat avec Olivier sur les mécanismes de dissuasion conventionnelle (quoique : Gene Sharp et quelques autres ont, vous le verrez dans l'article, quelques mots à dire sur le sujet).

mercredi 3 décembre 2008

James Jones à la tête du NSC

Confirmant le choix d’Hillary Clinton au secrétariat d’Etat, Barack Obama a également confirmé Robert Gates dans ses fonctions de Secrétaire à la défense, arguant qu’une rupture alors que les Etats-Unis font face à deux guerres ne serait pas souhaitable. Mais le nouveau président américain a également choisi James Jones en tant que Conseiller à la sécurité nationale.

A 64 ans, ce général des Marines, ancien commandant des Marines et ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) a été particulièrement prompt à mettre en avant la problématique de la sécurisation des approvisionnements énergétiques. Après sa retraite, il a également mené plusieurs missions en Afghanistan et en Irak pour le compte du Pentagone. Durant sa carrière, il a également été l'officier de liaison entre les Marines et le Sénat, acquérrant ainsi une expérience politique certaine.

Parfaitement bilingue français-anglais (il a passé sa scolarité en France avant de rejoindre l'université de Georgetown pour un BA. en sciences), il est considéré comme un officier au franc parler. Il est aussi crédité d'une excellente aptitude à la négociation et à la compréhension des enjeux aussi bien stratégiques que tactiques. Typiquement "Marine", il se serait ainsi adressé au Corps en 1999 : "It's OK to have fun in the Marine Corps. I like to say we are an imperfect people working in an institution that tries to be perfect. That is a noble thing, but you have to realize there is no perfect. We're human".

jeudi 27 novembre 2008

Belgique : vers la résilience ?

La bataille fut rude : 5 émissions TV, 3 ou 4 opinions dans la presse quotidienne, une rencontre avec une ministre de la justice pour le moins peu emballée par le concept, une note de 40 pages et quelques conférences plus tard (et là, je ne parle pas encore du travail de Gino Verleye ni d'une série d'officiers et d'experts ralliés à la cause) et... on dirait bien que l'objectif est atteint : la notion de résilience semble être prise en compte par le ministère belge de l'intérieur.

Dans sa note de politique générale, déposée le 12 novembre, le ministre Dewael (qui, au cours d'une question parlementaire avait indiqué que le concept ne l'intéressait pas - on comprend mieux pourquoi le concept n'est pas nommément cité dans la note) semble avoir écouté ses experts.

Non seulement la communication de crise va être retravaillée de fond en comble (formation des fonctionnaires locaux, planification d'urgence, centrales d'information, utilisation des académiques, etc.) mais, au surplus et bonus, la protection des infrastructures critiques du pays revient au devant d'une scène qu'elle n'avait jamais vraiment abordé. La note est à lire ici (jetez, en particulier, un oeil à partir de la page 21) : on sort de l'âge de pierre de la gestion de crise.

Tout, cependant, n'est pas parfait : la communication est comprise comme "de crise" alors que la menace est permanente et la perception de la population toujours aussi problématique. Simple exemple, en 2 jours de temps, nous avons eu affaire à une vidéo menaçant la Belgique d'attaques si elle ne retirait pas ses F-16 d'Afghanistan, à une évacuation de la Banque nationale pour cause de bocal contenant un liquide suspect et à une opération contre-terroriste dans le cadre des suites de l'affaire Belliraj.

Peu ou prou, cette actualité aide certes à forger une forme élémentaire de résilience par un retour à des réalités que l'on a passé trop de temps à nier, risquant alors de démultiplier l'effet de surprise. Cependant, face à une population mal formée à ce type de problèmes, sans accompagnement informationnel, cette actualité pourrait être contreproductive. Mais les travaux de Gino sont clairs : qu'un seul attentat touche le pays et ce dernier basculerait dans une crise de légitimité sans précédent dont les conséquences pourraient nous renvoyer au "modèle néerlandais", lorsque l'assassinat de T. Van Gogh avait conduit à 166 incidents majeurs. Communiquer, dans ces conditions, n'est plus un luxe...

DSI n°43, décembre 2008, le sommaire !


Sommaire DSI 43, décembre 2008
Editorial
Nominations et agenda
Les contrats du mois
Veilles contre-terroristes
Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C. : L’ère du flop power

Actualité

Euronaval : des nouveautés de taille
Par la rédaction

France / OTAN. Où en sont les préparations ?
Par Véronique Sartini, journaliste

Stratégie

La géostratégie des forces sous-marines chinoise
Entretien avec Toshi Yoshihara, Professeur au strategy and policy Department de l’US Naval War College.

Les conceptions chinoises de la guerre sous-marine
Entretien avec le Professeur William S. Murray, Warfare Analysis and Research Department, US Naval War College.

Principes du commandement concernant les Effects-Based Operations
Par James N. Mattis, général commandant l’US Joint Forces Command (USJFCOM).

La technologie militaire en question : sortir de la technologisation ?
Entretien avec Joseph Henrotin, auteur de La technologie militaire en question. Le cas américain (Coll. « Stratégie et doctrines », Economica, Paris, 2008, 300 p.)

Armées

Les forces terrestres thaïlandaises, un équilibre qui reste à trouver
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Marine thaïlandaise : les défis d’une force au cœur du Maelström
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : La Kong Thab Akat Thai/force aérienne thaïlandaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

L’« académie » du 2000. La BA 115 d’Orange
Par Véronique Sartini, journaliste

Encadré : L’historique de l’escadron 2/5 Ile de France

Encadré : L’escadron en bref

Carte : La chasse en France

« Orange présente des capacités d’accueil extraordinaires »
Entretien avec le colonel Jean-Louis Cerisier, commandant la base aérienne 115 d’Orange

Technologie & Armement

Parachutistes russes : l’illusion de la force ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Le BMD-4, un blindé parachutiste
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Les forces aéroportées russes s’allègent. Des armes d’appui emportées à dos d’homme
Par Jérôme Palmade, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Chasseur de char 2S25 Sprut-SD /Les chasseurs de chars, solution à la mobilité stratégique ?

Illiouchin Il-76 Candid/ L’Il-76, plateforme polyvalente de la VVS

Porte-hélicoptères des classes Shirane et Haruna/ La course japonaise à l’aéronautique embarquée

Critiques de lecture

Drones, mystérieux robots volants : les yeux et le feu du XXIe siècle de Marc Grozel et Geneviève Moulard

Relire Foch au XXIème siècle de André Martel

Deciding in the dark de Vincent Desportes

mardi 25 novembre 2008

L'art de la guerre : Deleuze, Guattari, Debord et Tsahal - Petit clin d'oeil à Laurent H ;o)

Par Eyal Weizman.

Extraits :
"Les Forces de Défense Israeliennes ont été fortement influencées par la philosophie contemporaine, mettant en évidence le fait qu'il existe un terrain d'entente avec des textes théoriques retenus comme essentiels par les académies militaires et par des écoles d'architecture…"

"Les théoriciens militaires contemporains s'activent à re-conceptualiser le champ urbain. Ce qui est en jeu, ce sont les concepts fondamentaux, les prémisses et les principes qui gouvernent les tactiques et les stratégies militaires. Le vaste champ intellectuel, que le géographe Stephen Graham a appelé un “monde de l'ombre” international des centres d'entraînement et des instituts de recherche urbaine militaires qui ont été établis pour repenser les actions militaires dans les villes, pourrait être assimilé au cadre ('matrix') international des plus grandes académies d'architecture.

Sauf que, selon le théoricien urbaniste Simon Marvin, le 'monde de l'ombre' architectural-militaire produit en fait des programmes de recherche urbaine plus fouillés et plus largement financés que tous ces programmes universitaires réunis, tandis qu'il suit les recherches urbaines d'avant-garde conduites dans les écoles d'architectures, surtout en ce qui concerne les villes du Tiers monde et de l'Afrique.

Il existe un terrain commun aux textes théoriques considérés comme essentiels par les académies militaires et par les écoles d'architecture. Dans les listes de livres à lire des institutions militaires d'aujourd'hui, on trouve des ouvrages tournant autour de 1968 (en particulier des écrits de Deleuze, Guattari et Debord), aussi bien que des textes plus récents sur l'urbanisme, la psychologie, la cybernétique, la théorie post coloniale et post structuraliste.

Si, comme l'affirment certains auteurs, l'espace critique s'est trouvé considérablement rétréci dans la culture capitaliste de la fin du XXième siècle, il semble qu'il a trouvé un nouveau terrain d'expansion chez les militaires. J'ai interviewé Kokhavi, le commandant de la Brigade de Parachutistes, qui, à 42 ans, est considéré comme le plus prometteur des jeunes officiers des FDI (c'est lui qui a commandé l'évacuation des colonies de la bande de Gaza). Comme beaucoup de jeunes officiers des FDI, il avait pris le temps d'acquérir un diplôme d'université. Bien qu'il ait d'abord choisi d'étudier l'architecture, il a en fait fini par obtenir une licence de philosophie de l'université hébraïque. Il m'a expliqué le principe qui a gouverné la bataille de Naplouse, qui m'intéressait, non pas tant par la description de l'attaque elle-même, que par la façon dont il en concevait l'articulation. Il m'a dit : “Cet espace que vous regardez, cette pièce que vous regardez, ce n'est rien que votre propre interprétation. [ … ] Le problème est : comment vous considérez cette ruelle ? […] Nous avons considéré la ruelle comme un endroit à ne pas parcourir et la porte comme un endroit à ne pas franchir, et la fenêtre comme un endroit par lequel il ne faut pas regarder, parce qu'une arme peut nous attendre dans la ruelle, et un piège (“booby-trap') peut-être commandé par la porte. Parce que l'ennemi interprète l'espace d'une manière classique, traditionnelle et je me refuse à suivre son interprétation et à tomber dans ses pièges. […] Je veux le surprendre ! Voilà l'essence de la guerre. Je dois gagner […] Voilà : j'ai choisi la méthodologie qui me fait traverser les murs… Comme un ver qui avance en mangeant ce qu'il trouve sur son chemin, apparaissant à certains points puis disparaissant. […] Je dis à mes hommes : “Mes amis ! […] si jusqu'à aujourd'hui vous aviez l'habitude de suivre les routes et les chemins, n'y pensez plus ! Désormais, nous allons traverser les murs !”" (…)

"Naveh, un Brigadier-General à la retraite, dirige l'Institut Opérationnel de Recherche Théorique, qui prépare des officiers des FDI et autres militaires, en 'théorie opérationnelle' (…). Il a résumé ainsi la mission de l'institut, fondé en 1996 : “nous sommes comme l'ordre des jésuites. Nous essayons d'enseigner et d'entraîner les soldats à penser. […] Nous lisons Christopher Alexander, vous vous rendez compte ? ; nous lisons John Forester, ainsi que d'autres architectes. Nous sommes en train de lire Gregory Bateson ; et Clifford Geertz. (…) Au cours d'une conférence, Naveh a montré un diagramme qui ressemblait à un 'carré d'opposition' qui relie un ensemble de relations logiques de propositions militaires à des actions de guérilla.

Avec des noms comme 'Différence et répétition', 'les Dialectiques du structurant et de la structure', 'Objets rivaux sans formes', 'Manoeuvre fractale', 'Vitesse contre rythme', 'la Machine de guerre wahabite', 'Anarchistes post-modernes' et 'Terroristes nomades', ils font souvent référence aux travaux de Deleuze et Guattari. Les machines de guerre, suivant les philosophes, sont polymorphes ; des organisations diffuses caractérisées par leur potentiel de polymorphisme, faites de petits groupes qui se divisent ou se rassemblent, suivant la contingence et les circonstances. (Deleuze et Guattari avaient bien compris que l'état peut volontairement se tranformer en machine de guerre ; de la même façon, dans leur discussion de 'l'espace lisse', il est compris que cette conception peut porter à des formes de domination.)

J'ai demandé à Naveh pourquoi Deleuze et Guattari étaient si populaires dans l'armée israelienne. Il a répondu que “plusieurs concepts de Mille plateaux' nous sont devenus très utiles […], en nous permettant d'expliquer certaines situations actuelles. Cela a problématisé nos propres paradigmes. Des plus importantes s'est révélée leur distinction entre espaces “lisses” et espaces “striés” dans le sens ou ceux-ci sont cloisonnés, enfermés par des clôtures, des murs, des fossés, des barrages de route etc.”.

Quand je lui ai demandé si passer à travers les murs en faisait partie, il m'a expliqué que “à Naplouse, les FDI ont compris le combat urbain comme un problème d'espace […] Se déplacer à travers les murs n'est qu'une simple solution mécanique qui associe théorie et pratique”.
Pour bien comprendre les tactiques des DFI de traverser les espaces urbains palestiniens, il faut savoir comment ils interprètent le principe désormais familier “d'essaimage” (swarming) - (…)

L'essaim est emblématique du principe de non-linéarité qui apparaît en termes d'espaces, d'organisations et de temps. Le paradigme traditionnel de manoeuvre, caractéristique de la géométrie simplifiée du type euclidien, est transformé, d'après les militaires, en une géométrie complexe du type fractal. La narrativité du plan de bataille est remplacée par ce que les militaires, en termes foucaultiens, appellent l'approche de la “boite à outils”, suivant laquelle les unités reçoivent les outils dont ils ont besoin pour gérer plusieurs situations et scénarios donnés, mais sans que l'on puisse prédire l'ordre suivant lesquels ils vont se dérouler.

Naveh : “les officiers opératifs et tactiques dépendent les uns des autres et résolvent les problèmes en construisant le cours de la bataille ; (…) l'action devient savoir et le savoir devient action. (…) sans résultat décisif possible, le principal bénéfice de l'opération est dans l'amélioration du système en tant que système”.Ceci peut expliquer, pour l'armée, la fascination exercée par les modèles et les modes opératifs spatiaux et organisationnels avancés par des théoriciens tels que Deleuze et Guattari.

De plus, au moins pour les militaires, la guerre urbaine est l'ultime forme post moderne du conflit. La foi en un plan de bataille logiquement structuré et linéaire disparaît devant la complexité et l'ambiguïté de la réalité urbaine. Les civils deviennent des combattants, et les combattants, des civils. L'identité peut être changée aussi vite que le genre peut être feint : la transformation de femmes en hommes combattants peut prendre le temps qu'il faut à un soldat israelien 'arabisé' ou à un combattant palestinien camouflé de tirer sa mitraillette de dessous sa robe. Pour un combattant palestinien pris dans cette bataille, les israéliens semblent 'venir de partout : de derrière, des côtés, de droite et de gauche. Comment peut-on se battre dans cette situation ? ' "

lundi 24 novembre 2008

Nouveau blog : la plume et le sabre

Vous connaissez peut-être déjà Stent pour avoir lu ses commentaires ici et là. Et bien, je l'ai rencontré à l'EHESS la semaine passée et il m'indiquait qu'il se lancait également dans la blogaventure avec La plume et le sabre.

Un blog bien fourni - adossé sur une tête bien remplie - et des observations tèrs pertinentes, je pense en particulier à ce post sur l'expérience allemande de la guerre hybride durant la campagne de Russie et le processus de démodernisation de la Werhmacht. Très intéressant et à suivre ;o)

samedi 22 novembre 2008

DSI 43, en preview

En avant-première, un petit coup d'oeil sur la couverture du DSI de décembre avec, en guest star, deux professeurs du Naval War College américain, Toshi Yoshihara et William S. Murray, sur les développements de la stratégie sous-marine chinoise. Et quelques autres bonnes surprises !

vendredi 21 novembre 2008

La Norvège choisit le F-35

Finalement et malgré les efforts de Saab, Oslo a penché pour le F-35, Reuters annonçant le choix norvégien. La Norvège achetera donc 48 F-35A pour un montant de 18 milliards de couronnes/2,54 milliards de dollars, soit 6 milliards de couronnes moins cher que le Gripen "spécial Norvège", qui avait en son temps été présenté dans DSI et qui reprenait nombre de caractéristiques du NG.

Le ministère de la défense a également indiqué que les coûts de possession de l'appareil américain sur 30 ans étaient de 20 à 30 milliards de couronnes inférieures à ceux du Gripen. Reste, toutefois, une question : le Gripen est en service, le F-35, non. Dès lors, quelle méthodologie a été employée pour le calcul des coûts de possession ?

Addendum : on apprenait par d'autres sources, dans le même temps, qu'Israël était "étonné" de voir le prix unitaire de ses F-35 passer à 200 millions de dollars.

jeudi 20 novembre 2008

Le CESA passe la post-combustion

Dans le cadre des Ateliers du CESA « Puissance aérienne et guerres irrégulières : concepts et doctrines » organisés le mardi 2 décembre 2008, nous avons le plaisir de vous confirmer la présence de :

M. Benjamin S. Lambeth, Senior Researcher à la RAND Corporation, qui interviendra sur « Current COIN operations in Iraq and Afghanistan ».

Capitaine Hernandez Vargas, officier de l’armée de l’air colombienne, qui abordera la « Colombian Air Force doctrine in counter insurgency operations ».

Ces Ateliers du CESA accueilleront, comme annoncé précédemment, les intervenants suivants :

M. Robyn Read, Researcher-Analyst à l’Air Force Research Institute sur « The United-States Air Force counter-insurgency doctrine » ;

M. David Omissi, Senior Lecturer in Imperial History à l’Université de Hull (Grande-Bretagne) sur « The British air control doctrine during the interwar period »;

Le commandant Arnaud Gaviard, chargé de mission à la Délégation des affaires stratégiques (DAS) sur « Réflexions doctrinales sur l’emploi de l’arme aérienne en Afghanistan ».

Ce colloque s’inscrit dans le cadre du projet de recherche sur la guerre irrégulière, soutenu par le centre de recherche des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, l’Université d’Oxford et l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS).

Informations pratiques : Mardi 2 décembre 2008 de 14h00 à 17h30 Amphithéâtre Desvallières, École militaire, Paris. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Inscription :

Par mail : ateliers.cesa@inet.air.defense.gouv.fr
Par téléphone : 01.44.42.46.91
Par fax : 01.44.42.80.10

mardi 18 novembre 2008

Interception du Sirius Star, interview

La Tribune de Genève m'a demandé hier mon impression sur la prise du Sirius Star par des pirates somaliens. A lire ici.

Le RMES descend en ville


4ème de couverture :

Éclipsée durant la guerre froide, la guerre urbaine a fait son retour depuis les années 1990. Hantise des militaires, les villes sont récemment revenues au coeur de l’actualité stratégique. La ville a été, reste et sera, plus que probablement, un théâtre opérationnel central dans les opérations. Le nom de certaines villes n’est-il pas devenu celui de batailles voire de campagnes : Vukovar, Srebrenica, Sarajevo, Grozny, Mogadiscio, Falloujah?
La guerre en zone urbaine nécessite dès lors une nouvelle approche, plus globalisante que jadis. Les opérations urbaines imposent aujourd’hui une coordination politico-stratégique d’effortsmilitaires, diplomatiques, économiques, culturels et juridiques. Elles n’engagent pas uniquement les militaires – qui y ont cependant un rôle central – mais implique de nombreux autres acteurs : les populations civiles, les ONG, les anthropologues, les sociologues, les agences gouvernementales, les organisations internationales, etc. Toutes à une degré ou à un autre
sont parties pris à un conflit à un moment donné.
Les militaires eux-mêmes doivent, face au défi urbain, reconsidérer leurs méthodes de planification, leurs doctrines, leurs modes opératoires tactiques et les technologies qu’ils devront mettre en oeuvre pour gérer des conflits se déroulant au coeur des populations, devenues autant de centres de gravité. De ce point de vue, les opérations urbaines sont aussi l’explicitation par la pratique de la complexité des conflits actuels : symbole de l’évolution des conflits, elles constituent la zone d’engagement par excellence des armées modernes.

Par conséquent, il vaut mieux préparer, comprendre, cerner les différentes modalités et dimensions de ces opérations que des les ignorer ou les démentir, au risque de les subir. Aussi, cet ouvrage couvre de nombreux aspects de la guerre urbaine, tant théoriques que pratiques. Il se veut avant tout didactique, en ayant une approche multidimensionnelle du phénomène de la guerre en zone urbaine. Rédigé par les membres du Réseau Multidisciplinaire d’Études Stratégiques sous la direction de Tanguy Struye de Swielande, cet ouvrage examine le passé comme le présent d’opérations dont les enjeux sont aussi importants pour le militaire que pour le diplomate.
*
* *
Comptant 15 chapitres et 336 pages, l'ouvrage devrait être disponible en décembre.

samedi 15 novembre 2008

Le temps des conférences

J'ai l'honneur d'être invité au séminaire EHESS "Révolutions et mutations militaires" du 20 novembre, à un débat à propos de deux ouvrages récemment parus chez Economica : non seulement La Technologie militaire en question – le cas américain, mais aussi Irak – les armées du chaos, du lieutenant-colonel Michel Goya, de l’état-major des Armées (École des Hautes Études en Sciences Sociales, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris ; Métro : Rennes, Notre-Dame-des-Champs ou Saint-Placide, Salle 2, 1er étage ; 17 h – 19 h).

Le 24 novembre, la thématique sera "Armée belge, menaces intérieures et résilience", dans le cadre du cycle "Le citoyen et sa défense", Espace Universitaire de Liège, Institut d'anatomie, ULg, Rue des Pitteurs, 20, Liège, 24 novembre 2008, de 14-16h.

Puis, le 2 décembre, c'est une conférence intitulée "Faux espoirs : les dilemmes de la ‘transformation’ durant la première phase de l’opération ‘Iraki Freedom’ (mars-avril 2003)" dans le cadre de la Commission nouvelle histoire bataille du CEHD (salle Costa, au rez-de-chaussée du Pavillon du Roi, au Château de Vincennes, de 17 h à 19 h). Les trois conférences sont ouvertes au public.

vendredi 14 novembre 2008

Sécurité globale : une leçon australienne

Two Hunter traffic patrol officers from Newcastle LAC were involved in an unusual incident while checking for speeding motorists on the F3 Freeway. One of the officers used a hand-held radar device to check the speed of a vehicle approaching over the crest of a hill, and was surprised when the speed was recorded at over 800Kph.

Their radar suddenly stopped working and the officers were not able to reset it. Just then a deafening roar over the treetops revealed that the radar had in fact latched on to a Williamtown FA-18 fighter jet which was engaged in a low-flying exercise over Wyong, approaching from the ocean.

Back at police headquarters the Local Area Commander fired off a stiff complaint to the RAAF Liaison officer at Williamtown. Back came the reply in true laconic RAAF style:

"Thank you for your message, which allows us to complete the file on this incident. You may be interested to know that the tactical computer in the Hornet had detected the presence of, and subsequently locked onto, your hostile radar equipment and automatically sent a jamming signal back to it. Furthermore, an air-to-ground missile aboard the fully-armed aircraft had also automatically locked onto your equipment. Fortunately the pilot flying the Hornet recognised the situation for what it was, quickly responded to the missile systems alert status, and was able to override the automated defence system before the missile was launched and your hostile radar installation was destroyed. Thank you for your enquiry".

Y'a pas à dire, la guerre police-armée, c'est plus funky que la guerre des polices....

jeudi 13 novembre 2008

De la relativité des niveaux d'engagement

F. de St V. revient sur la question du glissement du concept de dissuasion du niveau stratégique au niveau tactique et pose là une des questions cruciales du débat, que je n'avais abordé que périphériquement.

Le concept même de niveau d'engagement (stratégique/opérationnel/tactique) est non seulement un des élémentaires de la boîte à outil du stratégiste mais c'est aussi un triptyque conceptuel à la fois fuyant conceptuellement et relatif dans le temps. Absolument valable dans son étagement traditionnel durant la guerre froide, il a connu des mutations profondes durant les années 1990.

Le général Carlo Jean montrait ainsi non plus l'étagement linéaire de ces niveaux mais bien leur interpénétration non linéaire, via un schéma que j'ai eu l'occasion de reproduire à plusieurs reprises dans mes bouquins (désolé : dessiner sur un blog, ce n'est pas évident !). En conséquence, des actes tactiques peuvent avoir des conséquences politiques directes. C'est le cas du retrait belge du Rwanda consécutif à la perte de 10 parachutistes ou du retrait US de Somalie suite à la perte de leurs Rangers au Mog. De là découlait la vision d'un Krulak sur le caporal stratégique.

Mais l'inverse est également vrai : des actes politiques peuvent avoir des conséquences tactiques directes. C'est le cas, par exemple, de l'interférence politique de certains Etats européens dans la constitution des plans de frappe d'Allied Force en 1999. On peut également se demander ce que produirait l'injection sur la TV d'un chef d'Etat les images produites par une unité sur le terrain : le cas n'est pas d'école, il s'est produit notamment en Bosnie, aboutissant à la prise en main quasi-directe de l'unité en question par les responsables politiques.

Reste la question de savoir si les concepts "glissent" au long de ces changements d'agencement des niveaux d'engagement. Je dirais "oui". C'est typiquement le cas des forces spéciales : d'emploi stratégique, elles sont basiquement, de par leur taille, tactiques (et conçues comme telles durant la guerre froide, pour l'OTAN du moins). C'est aussi le cas de la Première Guerre mondiale : la manoeuvre d'une division était tactique. Maintenant, elle serait éminement politique.

C'est aussi le cas en stratégie aérienne : le coeur conceptuel de l'approche synergistique que j'avais défendu dans mon second ouvrage est que la conjonction doctrinale/technologique/stratégique allait vers des échelonnements de puissance différenciés. Seule compte, dès lors, la perception de la puissance et la conception des plans d'opérations : un même avion peut frapper un char ou le bureau d'un chef d'Etat.

C'est pareil pour la dissuasion : lors de Vigilant Warrior, en 93, les USA expédient en vitesse des forces terrestres, navales et aériennes vers le Koweït (action stratégique) pour dissuader des mouvements de troupe irakiens sur le sol irakien (à ce moment tactiques). Lorsqu'un SNA français bloque les gorges de Kodor, il entend dissuader une sortie sous-marine serbe (action tactique) qui, si elle se produisait, chasserait les porte-avions de l'OTAN de l'Adriatique (effet opérationnel, voire stratégique). Idem lorsque les Pakistanais sortent le Ghazi de Karachi (tactique) : ils veulent éloigner la menace de l'emploi d'un PA indien contre leur principale base navale. En panne - et méfiant - le bâtiment et son commandant seront ensuite engagés contre le futur Bengladesh (niveau ops).

Au final, il faut se garder d'une conception trop rigide, trop fondée sur les manuels, des concepts inhérents aux études stratégiques : les niveaux d'engagement montrent une réelle "mobilité" qui entraîne avec eux d'autres concepts. Et le concept de dissuasion lui-même, s'il peut être culturellement interprété (cas français) pour remplir une fonction spécifique ne change pas nécessairement dans sa nature.

H. Khan montrait ainsi comment les systèmes de dissuasion peuvent se former : les rapports de force, leur interprétation et la crédibilité comme pierre angulaire de toute dissuasion sont virtuellement immémoriaux. Il basait ainsi sa démonstration sur une situation pré-nucléaire : le non-usage de l'arme chimique par les Allemands contre la Grande-Bretagne (et vice-versa) durant le Blitz.

mercredi 12 novembre 2008

Si, si, il y a bien une dissuasion tactique !

Olivier, à la lecture du dernier DSI, pose la question de la dissuasion tactique (en regard de l'utilisation des sous-marins) : cette terminologie est-elle bien raisonnable ? L'occasion d'un petit débat "comme on les aime" ;o)

Sur la terminologie, je persiste, en particulier dans le contexte de la stratégie navale. La "fixation", très terrienne, s'accomode mal de la logique du milieu marin, isotrope et "plat", sans guère d'ancrages topographique.

Plus largement, la relecture des travaux des années 1980 sur les conceptions de dissuasion conventionnelle (Ikenberry et consort), montre que le terme irrigue largement le niveau de la pensée stratégique - mais pas nécessairement celui de la doctrine (outre, bien évidemment, la question de la dissuasion nucléaire).

Pour le reste, en Retex terrestre, on observe ce terme assez fréquemment (je pense à l'utilisation des chars à Mitrovica, face à des foules qu'il est difficile de fixer). En fait et à mon sens, fixation et dissuasion renvoient à des formes d'action différentes, en d'autres termes, elles sont différenciées. Je m'explique : là où la fixation est tactique, elle draine avec elle une connotation... statique. Il s'agit de bloquer les mouvements d'un adversaire.

Par contre, la dissuasion, prise au sens large (y compris et au-delà la dissuasion nucléaire), offre en son sein des espaces de manoeuvre. Elle est dynamique. Les Fleets in being de la 1ere GM ne sont pas ainsi et seulement des flottes "fixées" : elles peuvent se permettre des sorties (Dogger Bank, Heligoland et bien sûr Jutland). Dans le domaine naval, plusieurs stratégistes dont Castex ont bien mis en évidence cette aptitude à la manoeuvre dans le cadre d'un équilibrage de rapports de forces crédibles et crédibilisées.

Reste, toujours pour répondre à Olivier, la question de la canalisation : les obstacles feux et/ou manoeuvres cités dans la définition de la canalisation sont problématiques non seulement en milieu marin mais aussi et plus largement par le fait qu'un sous-marin s'appuie... sur sa discrétion. La dissuasion implique peu fréquemment le feu (sauf premier tir) mais joue, par contre et pour le sous-marin, sur la catégorie de l'ambiguité et de l'incertitude : Là ? pas là ? Vraiment là ? Si oui, vraiment décidé à engager ?

Dans un tel cadre, fixation et canalisation sont claires : les intentions comme les capacités du "fixateur" sont affichées. Dans le domaine naval et sous-marin en particulier, c'est autre chose. Même au plan terrestre, dans le cadre d'une manoeuvre de crise, je pense que ce facteur de dissuasion tactique joue également : c'est l'exemple d'une force déployée dans un pays A, afin de peser sur les mouvements d'un pays B à l'égard, par exemple, d'un pays C.

Les forces de B ne sont pas fondamentalement fixées mais leur engagement chez C, au niveau opérationnel par exemple (opérationnel et opératif, autre question, sont utilisés indistinctement dans nombre de très bonnes publications), sera l'objet de moultes réflexions. A ce stade, il ne s'agit plus uniquement de jouer sur les capacités adverses (fixation et canalisation) mais aussi sur les intentions - tactiques comme politiques à l'égard d'une situation tactique* - adverses. Je persiste, donc ;o)

* : passablement contortionnée, cette phrase montre toute la problématique contemporaine des niveaux d'engagement : de plus en plus, le niveau politique gère/s'implique dans des situations tactiques.

lundi 10 novembre 2008

Le clash des lignes d'opérations

Avec les suites d'Euronaval, les travaux sur le DSI 43, un cours, des tournages et un saut sur Paris, je n'ai guère eu le temps la semaine passée de revenir sur un événement qui en dit assez long sur le manque de compréhension de la complexité stratégique contemporaine que l'on peut trouver dans certaines sphères du monde politique. En l'occurrence, c'était la réaction du Commissaire européen à la coopération au développement, LouisMichel, sur l'évolution des combat au Kivu (RDC) qui m'avait fait sursauter.

En gros, il estimait qu'il était nécessaire de déployer une force humanitaire dans la zone, apte à faire tampon entre les belligérants, tout en conduisant un sommet... qui a finalement eu lieu sans que les rebelles n'y soient invités. Assez logiquement, ces derniers refuseront les conclusions dudit sommet pour n'y voir qu'une démonstration de l'impuissance des Etats de la région à trouver une solution de paix. Concrètement, ils sont en position de force et Kinshasa n'a guère qu'une seule véritable option pour faire respecter l'intégrité de ses frontières et rétablir la paix : faire intervenir l'Angola, transformant ce qui restait, grosso modo, une guerre civile en conflit interétatique.

Voilà pour les négociations : comme souvent lorsque la décision n'a pas été obtenue sur le terrain (et plus encore lorsqu'elles ne permettent pas de rassembler à une même table tous les belligérants), elles ne cautionnent guère que les bonnes intentions. Or, la proposition de L. Michel de développer une force humanitaire se heurte à un autre obstacle : elle existe déjà. C'est la MONUC, dont l'efficacité est remise en doute par le SG ONU lui-même.

Ne nous attardons pas ici sur le "que faire" (deux options existent, mais elles sont, respectivement, politiquement comme éthiquement inenvisageables : soit l'intervention militaire aux côtés de la RDC et l'abstentionnisme) mais, plutôt sur les ressorts de la position du Commissaire. Belge, il est héritier d'une culture politique profondément marquée par l'affaire rwandaise, lorsque 10 parachutistes avaient été capturés puis massacrés, entraînant le retrait des forces belges et l'effondrement de tout le dispositif de la MINUAR.

Déjà à l'époque, le niveau politique avait été incapable de financer le déploiement comme les forces et d'obtenir des garanties suffisantes de l'ONU en matière de règles d'engagement et de circulation du renseignement... A ce niveau, d'ailleurs, nos politiques avaient été incapables d'écouter les avertissements des SR sur la préparation d'un génocide. Or, ces symptomes du mal stratégique belge n'ont pas changé : plutôt que de la considérer comme une ligne d'opération en soi, la diplomatie reste comprise comme la seule ligne d'opération possible, passant à côté de toute autre option.

Entendons nous bien, je ne dis pas par là qu'il faille intervenir au côté de la RDC. Mais à entendre de telles demandes d'interventions "humanitaires" alors que les forces n'ont cessé d'être appauvries, il faut rester prudent. Si elles avaient une posture plus offensives que la MONUC, elles seraient immanquablement considérées comme hostiles... sauf à reproduire le scénario d'Artemis. Mais Artemis, succès politique de la PESD s'il en est, n'a absolument rien résolu sur le fond : la guerre est toujours présente et les réfugiés ne cessent de marcher.

On peut certes reproduire à l'envi de telles opérations. Mais la question de leur utilité finira immanquablement par se poser. D'où l'impérieuse nécessité d'une conjonction des lignes d'opérations prenant autant en compte les rationalités politiques qu'opérationnelles. Mais c'est là sans doute trop demander...

lundi 3 novembre 2008

DSI-Technologies n°14 - Le sommaire


DSI-Technologies
N°14, novembre-décembre 2008

Editorial

Les élémentaires

Missilerie : la question des poudres
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

Torpilles : une longue histoire
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Propulsion nucléaire ou pas pour les marins ? Un choix délicat !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Tendances

Coopération russo-indienne dans les armements. Encore plus intensive à l’avenir ?
Entretien avec Ruslan Pukhov, directeur du Centre d’Analyse sur les Stratégies et les Technologies (CAST, Moscou)

Terre

Phoenix 2008 à Mourmelon. Un exercice militaro-industriel !
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

L’Aaravis 4x4, la surprise de Nexter
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

L’Olifant Mk.2 : le « nouveau » char sud-africain
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Défense contre les roquettes et obus de mortiers : quelles solutions ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Commentaires sur une guerre. Faits connus : les forces russes et les forces géorgiennes
Par Konstantin Makienko, directeur adjoint du CAST (Moscou) et Mikhail Barabanov, rédacteur en chef du magazine Moscow Defense Brief

Le Smerch russe toujours dans la course. Un lance-roquettes multiples qui sait évoluer
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Spyder, système de défense aérienne adaptatif
Par Jean-Jacques Mercier, spécialiste des questions de défense

Carte : les appareils de combat des générations 4,5, 4,5+ et 5 dans le monde

Mer

IPER du Charles de Gaulle. 1ère étape réussie
Par Véronique Sartini, journaliste

Dossier spécial Euronaval : 6 pages comprenant un entretien avec le Chef d’Etat-Major de la Marine nationale, des articles sur la nouvelle frégate FM400, les solutions de tourelles téléopérées, les nouvelles solutions anti-piraterie, etc.

La guerre des mines made in USA, bientôt chez nous ?
Par Véronique Sartini, journaliste

Air

Red Flag 04-08 : examen de passage réussi pour le Rafale
Par Antoine Philippe, journaliste spécialiste des questions de défense

AGM-158 : le bout du tunnel ?
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Systèmes satellitaires ROEM. CERES sera-t-il européen ou français ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Non-lethal airpower et paralysie stratégique : vers les lasers de haute puissance
Par Georges-Henri Bricet des Vallons, spécialiste des armes à létalité réduite (IPSE)

Just snipe it ! Le pod de désignation Sniper
Par Phililppe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Les mutations du bombardier
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

vendredi 31 octobre 2008

Petits retards possibles sur DSI 42

La CGT du livre ayant fait son oeuvre, le DSI n°42, à paraître en novembre, pourrait avoir un léger retard, les camions étant bloqués à la sortie des imprimeries. Par contre, on nous annonce qu'il n'y a pas de problème pour les DSI-T, les magazines ayant bien été livrés.

Strato-ton - Euronaval : ce à quoi vous avez échappé


Et bien nous voilà au dernier jour du salon. L'équipe a été absolument formidable : pour commencer à bien connaître le petit monde de la presse internationale de défense, peu sont capables de travailler à un tel rythme sur autant de publications différentes et en terminant... par trois quotidiens. D'où la réaction de notre vieil ami Sami, de MSI (la revue de défense turque), qui voyait en nous l'incarnation d'un certain discours présidentiel demandant aux Français de travailler plus pour gagner plus ;o)

Mais vous avez également échappé au pire : Stéphane Ferrard essayant les WC de Zodiac (il est resté très prude), moi m'installant dans un siège de commandant ou me disant que je terminerait bien mon petit dernier dans le NH90 au statique, Véronique se faisant son jogging quotidien entre le commissariat du salon et la rédaction histoire de voir si une certaine grève n'avait pas empêché les Dailies d'arriver, Jean-Louis "la fourmi" Promé tentant d'écrire un article en s'enfilant un sandwiche et remarquant qu'il n'avait pas trois mains et Nathalie qui tentait de rester concentrée sous les assauts humoristiques de Stéphane.
Bref, une joyeuse équipe qui s'est bien marrée tout en rendant un travail pas très loin de la perfection (et pourtant, je suis exigeant). Pas mal de contacts intéressants aussi : entre les Suédois de Saab toujours prompts à monter une petite conférence de presse en vitesse, les Américains de Raytheon avec qui on peut parler stratégie durant des heures, ceux du Navy BMD (qui ont eu la mauvaise idée de refiler à Véronique un petit missile en mousse qui a atterri en plein milieu du cocktail des Chiliens d'Asmar, frôlant de peu nos amis danois toujours aussi stoïques), le salon a humainement été très riche.
Coup de chapeau aussi aux gars de chez Dassault, très concentrés avant un meeting important mais qui nous ont néanmoins briefé en détail sur le 2000MRA, à ceux de DCNS qui nous ont inondé d'infos, aux italiens de Fincantieri aussi motivés que chaleureux et à tous les autres qui nous ont accueillis... royalement. Sans oublier bien entendu la tout aussi joyeuse bande du GICAN et Sogena qui a organisé un salon absolument parfait, nous fournissant toujours avec grande célérité tout ce dont nous avions besoin.
Bon, et bien ce n'est pas tout ça, mais on ne vas pas tarder à plier bagages. Dès lundi, conférence à l'ERM sur "RMA et pensée stratégique" et, dans l'après-midi, des tournages : Doc Story prépare une suite de DVD pour la chaîne Planète et qui seront consacrés aux grands événements qui ont changé le monde. Et bien sûr la préparation du DSI de décembre. De quoi faire, on vous dit ! Bon, pour l'heure, End ops et sortez l'apéro !

jeudi 30 octobre 2008

Orizzonte : des Aster-15 pour la marine italienne

Les frégates Bergamini (FREMM) italiennes devaient disposer d'un système de défense aérienne SAAM-IT de MBDA et Selex Sistemi, qui sera apte au lancement de missiles Aster-15, mais elles seront finalement doté d'un nouveau système, le SAAM-ESD (Extended Self Defence).

Il offrira, selon l'industriel, une autoprotection étendue et impliquera une amélioration du système de combat, permettant d'utiliser des missiles Aster-15 et -30 de façon combinée, à un coût limité (en fait, des améliorations portées aux logiciels).

Cette évolution aura des conséquences directes : la "bulle" de défense aérienne des frégates sera étendue à 70 km.