mercredi 8 octobre 2008

Clausewitz, toujours



Laure BARIES et Martin MOTTE (Dir). De la guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, Coll. « Bibliothèque stratégique », Economica, Paris, 515 p.

Certains livres sont importants et d’autres très importants et celui-ci fait manifestement partie de la seconde catégorie. Représentant les actes du colloque de Coëtquidan d’octobre 2007, l’ouvrage présente une foule de contributions mettant en lumière toute l’actualité de Clausewitz.

On y trouvera ainsi des chapitres sur la pénétration de Clausewitz en France et aux Etats-Unis mais aussi sur l’utilité de sa pensée face à la guerre totale, au fait nucléaire ou au fait technologique. Si la guerre absolue y prend une part importante – le débat ne manquant pas d’être recadré à sa juste mesure, la guerre étant devenue « à but absolue », délaissant la « mobilisation absolue » - les thématiques plus orientées sur l’action ne sont pas oubliées.

C’est le cas des contributions portant sur la guerre révolutionnaire, la petite guerre ou son actualité dans le conflit irakien. Chaque texte est suivi de la retranscription des débats et des interactions ayant eu lieu avec la salle. Aussi, malgré le nombre des intervenants, le propos ne manque pas d’être clair et de laisser aux deux derniers contributeurs – Vincent Desportes et Hervé Coutau-Bégarie – montrer avec brio l’adaptation fondamentale du Prussien aux défis stratégiques du 21ème siècle.

A cet égard, l’ouvrage est non seulement indispensable mais marquera aussi de son empreinte, incontestablement, les études clausewitziennes, comme les ouvrages de Howard ou Paret avaient pu le faire en leur temps.

mardi 7 octobre 2008

Le CNO répond à nos questions

Quand on vous disait que le programme serait royal : le chef d'état-major de la marine américaine, l'amiral Gary Roughead, nous a fait l'honneur de répondre à nos questions. A lire dans le prochain DSI Hors-Série, avec quelques autres surprises !

samedi 4 octobre 2008

Un peu de lecture

Cela a mis un peu de temps mais je viens de mettre à jour Stratisc.org. Au menu, les sommaires des deux derniers numéros de Stratégique (Stratégies navales et Stratégies nordiques). A lire ici !

Par ailleurs, crouler sous le travail ne m'empêche pas de me faire un peu de saine lecture. Après avoir terminé ce grand classique qu'est Seapower and Strategy, je me suis attaqué aux actes du colloque de Coëtquidan, De La guerre ? Clausewitz et la pensée stratégique contemporaine, récemment paru chez Economica (Coll. Bibliothèque stratégique). Une compilation absolument brillante d'analyses très pertinentes. L'ouvrage vient juste de paraître.

A noter que Benoît Durieux vient également de faire paraître Clausewitz en France, 1807-2007, un massif ouvrage qui deviendra sans aucun doute incontourable. A suivre, Michel Goya et ses Armées du chaos, cette fois dans la collection Stratégies et doctrines.

Toujours afin d'égayer vos week-end d'automne, La technologie militaire en question est à présent disponible (notamment ici, à la Fnac pour la modeste somme de 25,65 Eur). J'ai reçu hier d'Economica mes "exemplaires d'auteur". Ils ont assuré, de même que le Dir-coll., un travail absolument remarquable.

jeudi 2 octobre 2008

Strato-ton : nous y sommes presque

Si, si, depuis ce matin, nous en sommes à la moitié du travail accompli, les DSI Angels, renforcés pour l'occasion, travaillant d'arrache pied.

Le prochain DSI avance à une vitesse impressionnante (n'oubliez pas de jeter un oeil sur nos articles de stratégie aérienne : il y a de la surprise dans l'air !), tout comme le prochain DSI-T (avec quelques solides articles sur l'emploi des lasers en stratégie aérienne, tous les détails de l'IPER du Charles de Gaulle et du RETEX de la guerre de Géorgie vue côté russe).

Et, petite surprise à lire aux environs du 22 octobre, un DSI Hors Série spécial "guerre navale", avec des articles non seulement inédits mais aussi une belle brochette d'invités de prestige (et là, je pèse mes mots - ce sera de l'inédit en France). Bref, tout ce qu'il faut savoir des grandes marines du monde, des points de vue géostratégiques et technologiques.

Et pour ceux qui passent par Euronaval, nous nous occupons aussi des Dailies. Et ce sera du brutal, on vous le promet.

Les Effects-Based Operations (EBO) : has been ?

Le concept d'Effects-Based Operation est apparu vers 1995, dans la foulée des réflexions du général Deptula et du RETEX de Desert Storm et a, depuis, connu un réel succès doctrinal. Les EBO sont ainsi au coeur du processus de Transformation de l'US Air Force mais aussi, par "contamination doctrinale", des forces aériennes (mais aussi terrestres) de l'OTAN, via ACT.

Or, le concept n'est pas totalement stabilisé : il souffre de déficits conceptuels majeurs que j'avais eu notamment l'occasion d'examiner dans L'Airpower au 21ème siècle mais aussi dans mon petit dernier. La communauté doctrinale de l'US Air Force avait elle aussi émis certains doutes sur l'aspect "révolutionnaire" d'un concept qui, finalement, réinvente la roue : si ce n'est pas pour "générer des effets", à quoi sert une opération militaire ?

Or, il se trouve que ces déficits pourraient bien causer rien moins qu'un abandon du concept. Le général Mattis, à l'oeuvre au JFCOM et à l'ACT - les instances américaines et otaniennes de Transformation - a ainsi produit une note incendiaire à l'encontre du concept (merci à C. Wasinski pour le tuyau, creusé depuis lors !). Cette évolution suit en celà celles déjà observées au sein des forces, et tendant à une sortie des modèles techno-centrés, notamment au travers du dernier FM 3.0. On ne connaît pas encore les suites de cette note. Mais si Mattis s'énerve...

mardi 30 septembre 2008

Publication du concept de l'armée de l'Air

Comme vous nous l'annoncions ici, l'armée de l'Air a publié son concept, le premier en plus de 70 ans. Un véritable événement porteur d'une signification stratégique bien réelle. Ses principes de la guerre sont esquissés, de même qu'une préférence pour les options graduelles plutôt que décisive dans les campagnes stratégique. Cette orientation stratégique est toutefois à contrebalancer par une emphase marquée pour l'interarméité. Bien plus sur le sujet et des interviews exclusives dans le prochain DSI !

lundi 29 septembre 2008

DSI 41, octobre 2008 - le sommaire !


DSI n°41, octobre 2008, en kiosque dès le 3 octobre 2008

Edito
Agenda
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois

Veilles stratégiques
La chronique de Carl von C

Politique de sécurité et de défense commune

La présidence française du Conseil et la PESD
Par André Dumoulin, Attaché à l’Ecole Royale Militaire

Stratégie

Georgie-Russie, guerre locale pour échiquier mondial
Par Alain De Neve, Galia Glume et Tanguy Struye de Swielande, membres du RMES

Les premières leçons d’une guerre du 21e siècle
Par la rédaction

Effectifs, OTAN, ABM… Un autre point de vue sur le Livre blanc
Entretien avec Yves Boyer, directeur adjoint de la FRS.

Les métamorphoses du Hezbollah
Entretien avec Jean-Loup Samaan, auteur des Métamorphoses du Hezbollah

Mahan et Corbett, deux visions de la stratégie navale
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Armées

Les enjeux de la sécurité maritime de l’Inde
Entretien avec Rahul Roy-Chaudhury, chercheur à l’IISS, auteur de India’s Maritime Strategy

Quelle évolution pour l’Indian Navy ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : L’Indian Navy

Unités

Débusquer le monde du silence, discussion avec les marins de la frégate anti-sous-marine Montcalm
Par Véronique Sartini, journaliste

Armement

Sous-marins, une menace fantôme et proliférante
Par Joseph Henrotin, et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

Des sous-marins furtifs et peu chers. La clé du succès rencontré par les Kilo russes
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Les sous-marins diesel français 1945-2008
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Bréguet Atlantique 2/L’Atlantic(que), succès otanien pour la France

AOR classe Durance/AOR et AOE, clés de la projection maritime

Frégates classe Georges Leygues/L’ASM en France

Critiques de lectures

Sur la guerre et la conduite de la guerre. Œuvres posthumes de Carl von Clausewitz

L’art de la guerre en réseau de Djamel Metmati

Les Cahiers du RMES, Vol. 5, n°1

vendredi 26 septembre 2008

Parution de La technologie militaire en question

La technologie militaire en question, Le cas américain. Collection « stratégies et doctrines », Economica, Paris, 2008, 300 p.

4ème de couverture :

Si il existe, depuis l’aube de l’humanité, une technologie militaire, cette dernière n’est plus uniquement, de nos jours, un outil au service des combattants. Mal gérée, elle peut aussi imposer des contraintes directes à la tactique, à la stratégie comme à la politique. Plutôt que d’augmenter la liberté des décideurs, elle pourrait la réduire. Elle peut même brouiller notre vision de l’adversaire comme du combat et ne faire voire d’eux que ce que l’on voudrait bien en voir : des capacités évacuant, paradoxalement, la stratégie de l’art de la guerre.

En ce sens, la technologie peut devenir une idéologie en soi, qualifiée ici de « technologisation ». On le devine, une telle évolution est néfaste. En examinant le cas américain – variablement imité en Europe – l’auteur analyse ici les travers comme les origines d’une conception où la technologie serait trop prégnante dans les débats comme dans l’action stratégique. Mais il ouvre également la voie à des solutions et en appelle, en particulier, à un retour aux élémentaires de la stratégie.
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Joseph Henrotin est docteur en sciences politiques et chargé de recherche au Centre d’Analyse et de Prévision des Risques Internationaux (CAPRI). Co-fondateur du Réseau Multidisciplinaire d’Etudes Stratégiques, il est rédacteur en chef adjoint de Défense & Sécurité Internationale.
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Monsieur L. m'en avait déjà fait une critique de lecture dans le DSI n°40 mais il l'avait quelque peu fait en avance. Economica m'a annoncé hier que l'ouvrage est sorti de presse et qu'il ne devrait donc pas tarder à être disponible dans toutes les bonnes librairies.

Bon, allez, en plein strato-ton (233 pages sur 444, si, si !) , la nouvelle a l'art de vous provoquer une joie assez intense !

mardi 23 septembre 2008

Succès à l'horizon ?

Après avoir été quelque peu échaudés par des effets d'annonce n'ayant guère eu de suites concrètes, il semble bien que la France soit sur le point d'empocher un méga contrat-naval. Ainsi, "le Brésil va signer à la fin de l'année un accord avec la France prévoyant la construction de cinq sous-marins, dont un à propulsion nucléaire, le premier de la marine brésilienne", selon Nelson Jobim, ministre brésilien de la défense.

Il a assuré que "nous allons construire un sous-marin nucléaire" et a précisé que le Brésil construira "la partie non nucléaire du sous-marin". Il également affirmé que l'accord sera signé fin décembre à l'occasion de la visite au Brésil du président Sarkozy. Le commandant des Opérations navales, l'amiral Alvaro Luiz Pinto, a indiqué de son côté que les quatre sous-marins à propulsion classique auront pour mission la défense proche des côtes.

lundi 22 septembre 2008

Back to resilience

Amaï - comme on dit ici - le débat sur la résilience revient ! François Duran se pose la question de la nécessité ou non de l'information dans la résilience et, plus largement si la seule multiplication des coups n'est pas seule nécessaire. Non, François, tu ne te fourvoie pas. L'information reste nécessaire lorsque l'on intègre la résilience dans une stratégie contre-terroriste.

En fait, Olivier part du principe que les coups sont répétitifs, ce qu'ils pouvaient être durant le Blitz sur la Grande-Bretagne, par exemple (l'exemple est par ailleurs biaisé : l'information sur les raids aériens, avant comme pendant la guerre ne manquait pas). Prenons maintenant le cas espagnol de 2004 : l'Espagne est habituée au terrorisme de l'ETA puis fait face à une frappe bien plus forte que ce à quoi elle est habituée. Vu la période électorale et le risque d'amalgame entre l'attentat et la présence espagnole en Irak, le gouvernement tente une manoeuvre informationnelle et ment, faisant portant la responsabilité sur l'ETA .

Or, il apparaît vite qu'il s'agit d'AQ. Réaction immédiate de la population : un vote-sanction qui amènera le PSOE au pouvoir et le retrait d'Irak. Si la population n'a pas "craqué" (résilience sociétale opérationnelle - mais que faire d'autres dans ces cas-là ?) la résilience politique a été déficiente, AQ parvenant à son objectif et modifiant le comportement de son adversaire.

La question, me direz-vous, est de savoir si le gouvernement Aznar aurait pu survivre sans tentative de manipulation. La réponse est : "peut-être". Ou, à tout le moins, "avec plus de probabilité qu'en cas de mensonge". C'est un classique de la théorie des PSYOPS : ne mentez jamais. Que cela se sache - et là, c'était très probable - et votre manoeuvre tombe à l'eau. Si Aznar avait correctement communiqué en donnant du sens à son engagement irakien, il aurait pu sauver les meubles et faire en sorte que les attentats ne parasitent pas les décisions souveraines des Espagnols au moment de voter.

En fait, l'information n'a pas qu'une valeur préparatoire, devant minimiser l'effet de surprise. D'ailleurs, en terrorisme, c'est cet effet qui compte, pas la récurrence et le seul fait d'encaisser à répétition les coups, qui renverraient plutôt à une résilience face à une insurrection. La résilience par la communication fait aussi sens. Elle replace le politique au coeur du message apporté à un engagement.

Que le gouvernement ait mieux communiqué (et ait créé du sens) en regard de l'embuscade d'Uzbin et nous n'aurions sans doute pas eu de très mauvais débats sur la "stratégie" à adopter. La population comme la presse auraient considérés les morts comme une bien triste perte. Mais aussi comme une perte qui aura été "utile", ou, à tout le moins, qui aura eu un sens. Rien n'est pire, lorsque des vies sont en danger - et alors que nos sociétés n'auront jamais été aussi obsédées par l'idée d'échapper à la mort - que d'avoir affaire à des morts qui n'ont pas de sens.

Balle au politique et retour donc - du moins de mon point de vue - à une résilience "maximaliste" où le sens, par l'intermédiaire de la communication, permet la préparation face à des événements, au sens physique, par définition aléatoires...

DSI 41 - en preview

La journée est particulièrement chargée aujourd'hui, d'où une petite pause afin de vous tenir au courant de la suite du programme. En l'occurrence, la couverture du prochain DSI, à paraître le 2 octobre et qui traitera, entre autres, des leçons politiques et militaires de l'affaire géorgienne.

Na manquez pas non plus le dossier "technologie" : Stéphane y dissèque l'évolution des sous-marins à propulsion classique français et Jean-Louis s'attaque à un gros morceau, en l'occurrence les SSK de la classe Kilo. Pas mal d'autres choses au programme mais on va tout de même laisser un peu de suspense !

Carl est de retour

Carl von Clausewitz, Sur la guerre et la conduite de la guerre. Œuvres posthumes, La Maison du Dictionnaire, Paris, 2008, 699 p.
Le grand Carl n’est décidément pas mort. En témoigne cet ouvrage, rassemblant ses analyses d’une série de campagnes (celles de Gustave Adolphe de 1630, 1631 et 1632, les guerres d’indépendance néerlandaises, de 1568 à 1606, les campagnes de Turenne, y compris la guerre de Hollande, les campagnes de Luxembourg en Flandre, les campagnes de Brunswick contre les Hollandais et la guerre de Vendée).
Autant de travaux qui nous dévoilent un Clausewitz plus analyste que théoricien, amateur de retour d’expérience et cherchant, au-delà, à débusquer les principes piliers de la guerre et les arcanes secrètes de la stratégie. Cet ensemble de textes inédits, traduits en français par un officier – avec le sérieux terminologique nécessaire – est parfaitement préfacé par Béatrice Heuser.
Grande spécialiste de Clausewitz, professeure à l’université de la Bundeswehr, elle livre une vision nuancée du maître, posant la question de savoir s’il est un précurseur de la politologie, de l’Histoire ou de la polémologie. Question pertinente que voilà, à une heure où les études stratégiques sont toujours considérées comme relevant du militaire et où les étudiants sont parfois découragés par leurs professeurs d’étudier ces matières. Plus largement, l’ouvrage est destiné aux spécialistes comme aux historiens modernes : le maître a un style spécifique, mais plus clair que dans Vom Kriege, et qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur. En tout état de cause, l’excellent travail produit là doit être salué.

vendredi 19 septembre 2008

Y'a sondage : DSI-T sur le grill

Vous nous aviez demandé d'être plus technique mais aussi plus pédagogue. Vous nous avez demandé plus d'articles et plus de photos... et l'équipe vous a préparé DSI-T. Bon, il est maintenant en kiosque depuis un peu plus d'une semaine...

Alors, qu'en pensez-vous ? Bon, il va de soi que la question comme le sondage s'adresse à ceux qui l'ont eu dans les mains et pas à ceux "qui pensent que" sans l'avoir lu !

jeudi 18 septembre 2008

Nouveaux kits anti-IED pour l'armée de Terre

ECA a signé un contrat avec l'armée de Terre pour la fourniture de systèmes anti-IED qui seront employés en Afghanistan. Ce contrat, d'un montant d'environ 6 millions d'Euros, porte sur la fourniture d'une trentaine de systèmes, du développement à la livraison prévue début 2009.

Ces systèmes permettront de déclencher l'explosion de plusieurs types d'IED sur des leurres massique, mécanique et infra-rouge, sans conséquences néfastes pour le véhicule protégé. Particulièrement flexible, ces kits s'adaptent à tous les types de véhicules, qu'i ls soient de conception française ou étrangère.

Exclusif : surprise en vue dans l'armée de l'Air

Un "vent favorable" m'a apporté une information utile et intéressante : l'armée de l'Air, pour la première fois en 75 ans, va se doter d'un concept opérationnel. Il y décrit, dans un premier temps, ce qu'est la puissance aérienne, dans un second quels sont les apports de l'armée de l'Air à la sécurité nationale et, enfin, ouvre des perspectives à plus long terme. Le document sera prochaînement disponible sur le net.

Sa parution constitue une vraie petite révolution. Contrairement à d'autres forces aériennes, l'AdA a historiquement eu peu tendance à théoriser ses missions et ses fonctions, ce qui fait dire à certains qu'elle n'a pas ainsi été en mesure de défendre ses positions lorsque la Commission du LBDSN s'est attaqué à la question du format des forces.

En fait, l'AdA patauge quelque peu, d'un point de vue conceptuel. Rares sont les auteurs à avoir travaillé sur le sujet en France, d'un point de vue stratégique (Les chevaliers de l'Air, de P. Venesson, est excellent du point de vue de la socio-histoire). On peut citer le colonel Chamagne (L'art de la guerre aérienne, cf DSI 11), J-J. Patry (L'ombre déchirée, cf. DSI 31)) ou votre serviteur (L'Airpower au 21ème siècle, toutefois plus orienté sur la stratégie US). Pourtant, il a existé une véritable école de stratégie aérienne en France (cf. l'article de J. de Lespinois, DSI 27) et des gens comme Vauthier méritaient le détour.

Mais l'interlude fut bref : trop autonomiste, trop penchée sur la pensée de Douhet, elle ne parviendra pas à en sortir. Il n'existera pas une critique (au sens kantien) de Douhet dans l'AdA comme il existera une critique de Mahan dans la Marine, via Castex. En conséquence, l'AdA sera essentiellement une aviation de coopération dont la "pointe avancée" en terme de prestige sera la chasse (b...l).

Mais revenons à nos moutons : la parution de ce concept est-il le prolégomène d'un nouveau dynamisme conceptuel ? C'est à espérer. La stratégie aérienne - au-delà des très flasques EBO auxquelle elle est beaucoup trop souvent réduite - a non seulement beaucoup à offrir mais aussi beaucoup à re-conceptualiser. Là comme ailleurs, les forces aériennes européennes ont souvent fait dans le suivisme à l'égard des Américains sans guère prendre en compte des spécificités européennes qui ont des impacts majeurs sur les planifications comme sur les opérations. On croise donc les doigts pour que l'AdA nous inonde de concepts et qu'elle puisse faire face (bruits de compresseurs, évidemment) !

mercredi 17 septembre 2008

King David débarque à Centcom (2)

L'interview donnée hier au Temps est à présent en ligne.

Une interview limitant toujours l'intervenant - rien ne vaut l'écrit - Cf. le très bon billet de Stéphane sur le bilan de Petraeus en Irak.

mardi 16 septembre 2008

King David débarque à Centcom

Soit l'occasion d'une petite interview à lire dans Le Temps à paraître demain. D'où aussi une petite discussion avec la journaliste : "King" Petraeus sera-t-il en mesure de faire face ? A priori, notre maître es-adaptation contre-insurrectionnelle ne va pas s'amuser. Il ne s'agit plus uniquement de faire de la contre-insurrection - et, apparement, il cogite à la situation agfhane depuis quelques temps - mais aussi de jouer dans le domaine politique.

Il faut d'abord gérer les "caprices" et autres desideratas politiques des membres de l'OTAN. Il faut ensuite gérer la problématique pakistanaise, non seulement en plus essors mais également de plus en plus explosive. Il faut enfin gérer tout un théâtre d'opérations, le plus complexe qui soit. Avec de sympathiques zones à gérer, telles que le Yemen, la Somalie ou encore l'Iran. Sans compter l'Irak.

Bref, c'est à lire demain. D'ici là, le "Strato-thon" aura encore évolué : pour l'heure, 161 sur 444. Quand on vous dit qu'on avance !

lundi 15 septembre 2008

Alors, je prend ma batte de base-ball...

Et cette fois, je frappe, je banis, j'exclus. Avec une délectation violente et quasi-jouissive. Un petit rigolo qui se reconnaîtra m'envoie des posts relativements argumentés où le but du jeu semble être de placer les termes "abberrants", "abruti" ou d'autres qualificatifs dénigrants à l'égard de l'un ou l'autre auteur.

Alors, je vais être clair. Qu'on ne soit pas d'accord, je suis pour. C'est ce qu'on appelle le débat. Mais l'emploi de qualificatifs de ce style sont absolument contraire à l'esprit de tout débat sain, serein et instructif. Ils sont tout autant contraire avec la politesse la plus élémentaire.

J'en aurais quelques autres à rajouter sur des comparaisons douteuses mais je m'arrête là. Après tout, nous ne sommes pas ici au café du commerce ou dans une sorte de cours de récréation pour stratèges en chambre. Laaaa.... Atome sweet home, ça fait du bien ;o)

Une petite info qui en dit long sur la dégradation des relations américano-pakistanaises

Pour la première fois, le Pakistan a fait décoller, le 14 septembre, ses chasseurs sur alerte afin de poursuivre un drone américain engagé au-dessus des régions tribales pakistanaise, qui a rompu immédiatement le contact.

La semaine précédente, le chef d’état-major pakistanais avait indiqué qu’il disposait des moyens nécessaires à « dissuader ces incursions ».

dimanche 14 septembre 2008

M. Goya sur l'Irak

Madame V. en direct de la rédaction, me signale que de la lecture m'attends, en l'occurrence, l'ouvrage de Michel Goya. L'auteur, que nous avions eu l'occasion d'interviewer pour DSI ("Le Goban irakien"), fait partie de cette nouvelle vague française "d'officiers académiques" combinant expérience et étude et dont V. Desportes peut être considéré comme le brillant chef de file. Et, de fait, leur travail au CDEF mérite le coup d'oeil, ce qui doit faire de ces "armées du chaos" un ouvrage de premier ordre. Impatient de le lire et critique de lecture dans DSI !