Vous nous aviez demandé d'être plus technique mais aussi plus pédagogue. Vous nous avez demandé plus d'articles et plus de photos... et l'équipe vous a préparé DSI-T. Bon, il est maintenant en kiosque depuis un peu plus d'une semaine...
Alors, qu'en pensez-vous ? Bon, il va de soi que la question comme le sondage s'adresse à ceux qui l'ont eu dans les mains et pas à ceux "qui pensent que" sans l'avoir lu !
vendredi 19 septembre 2008
jeudi 18 septembre 2008
Nouveaux kits anti-IED pour l'armée de Terre
ECA a signé un contrat avec l'armée de Terre pour la fourniture de systèmes anti-IED qui seront employés en Afghanistan. Ce contrat, d'un montant d'environ 6 millions d'Euros, porte sur la fourniture d'une trentaine de systèmes, du développement à la livraison prévue début 2009.
Ces systèmes permettront de déclencher l'explosion de plusieurs types d'IED sur des leurres massique, mécanique et infra-rouge, sans conséquences néfastes pour le véhicule protégé. Particulièrement flexible, ces kits s'adaptent à tous les types de véhicules, qu'i ls soient de conception française ou étrangère.
Ces systèmes permettront de déclencher l'explosion de plusieurs types d'IED sur des leurres massique, mécanique et infra-rouge, sans conséquences néfastes pour le véhicule protégé. Particulièrement flexible, ces kits s'adaptent à tous les types de véhicules, qu'i ls soient de conception française ou étrangère.
Exclusif : surprise en vue dans l'armée de l'Air
Un "vent favorable" m'a apporté une information utile et intéressante : l'armée de l'Air, pour la première fois en 75 ans, va se doter d'un concept opérationnel. Il y décrit, dans un premier temps, ce qu'est la puissance aérienne, dans un second quels sont les apports de l'armée de l'Air à la sécurité nationale et, enfin, ouvre des perspectives à plus long terme. Le document sera prochaînement disponible sur le net.
Sa parution constitue une vraie petite révolution. Contrairement à d'autres forces aériennes, l'AdA a historiquement eu peu tendance à théoriser ses missions et ses fonctions, ce qui fait dire à certains qu'elle n'a pas ainsi été en mesure de défendre ses positions lorsque la Commission du LBDSN s'est attaqué à la question du format des forces.
En fait, l'AdA patauge quelque peu, d'un point de vue conceptuel. Rares sont les auteurs à avoir travaillé sur le sujet en France, d'un point de vue stratégique (Les chevaliers de l'Air, de P. Venesson, est excellent du point de vue de la socio-histoire). On peut citer le colonel Chamagne (L'art de la guerre aérienne, cf DSI 11), J-J. Patry (L'ombre déchirée, cf. DSI 31)) ou votre serviteur (L'Airpower au 21ème siècle, toutefois plus orienté sur la stratégie US). Pourtant, il a existé une véritable école de stratégie aérienne en France (cf. l'article de J. de Lespinois, DSI 27) et des gens comme Vauthier méritaient le détour.
Mais l'interlude fut bref : trop autonomiste, trop penchée sur la pensée de Douhet, elle ne parviendra pas à en sortir. Il n'existera pas une critique (au sens kantien) de Douhet dans l'AdA comme il existera une critique de Mahan dans la Marine, via Castex. En conséquence, l'AdA sera essentiellement une aviation de coopération dont la "pointe avancée" en terme de prestige sera la chasse (b...l).
Mais revenons à nos moutons : la parution de ce concept est-il le prolégomène d'un nouveau dynamisme conceptuel ? C'est à espérer. La stratégie aérienne - au-delà des très flasques EBO auxquelle elle est beaucoup trop souvent réduite - a non seulement beaucoup à offrir mais aussi beaucoup à re-conceptualiser. Là comme ailleurs, les forces aériennes européennes ont souvent fait dans le suivisme à l'égard des Américains sans guère prendre en compte des spécificités européennes qui ont des impacts majeurs sur les planifications comme sur les opérations. On croise donc les doigts pour que l'AdA nous inonde de concepts et qu'elle puisse faire face (bruits de compresseurs, évidemment) !
Sa parution constitue une vraie petite révolution. Contrairement à d'autres forces aériennes, l'AdA a historiquement eu peu tendance à théoriser ses missions et ses fonctions, ce qui fait dire à certains qu'elle n'a pas ainsi été en mesure de défendre ses positions lorsque la Commission du LBDSN s'est attaqué à la question du format des forces.
En fait, l'AdA patauge quelque peu, d'un point de vue conceptuel. Rares sont les auteurs à avoir travaillé sur le sujet en France, d'un point de vue stratégique (Les chevaliers de l'Air, de P. Venesson, est excellent du point de vue de la socio-histoire). On peut citer le colonel Chamagne (L'art de la guerre aérienne, cf DSI 11), J-J. Patry (L'ombre déchirée, cf. DSI 31)) ou votre serviteur (L'Airpower au 21ème siècle, toutefois plus orienté sur la stratégie US). Pourtant, il a existé une véritable école de stratégie aérienne en France (cf. l'article de J. de Lespinois, DSI 27) et des gens comme Vauthier méritaient le détour.
Mais l'interlude fut bref : trop autonomiste, trop penchée sur la pensée de Douhet, elle ne parviendra pas à en sortir. Il n'existera pas une critique (au sens kantien) de Douhet dans l'AdA comme il existera une critique de Mahan dans la Marine, via Castex. En conséquence, l'AdA sera essentiellement une aviation de coopération dont la "pointe avancée" en terme de prestige sera la chasse (b...l).
Mais revenons à nos moutons : la parution de ce concept est-il le prolégomène d'un nouveau dynamisme conceptuel ? C'est à espérer. La stratégie aérienne - au-delà des très flasques EBO auxquelle elle est beaucoup trop souvent réduite - a non seulement beaucoup à offrir mais aussi beaucoup à re-conceptualiser. Là comme ailleurs, les forces aériennes européennes ont souvent fait dans le suivisme à l'égard des Américains sans guère prendre en compte des spécificités européennes qui ont des impacts majeurs sur les planifications comme sur les opérations. On croise donc les doigts pour que l'AdA nous inonde de concepts et qu'elle puisse faire face (bruits de compresseurs, évidemment) !
mercredi 17 septembre 2008
King David débarque à Centcom (2)
L'interview donnée hier au Temps est à présent en ligne.
Une interview limitant toujours l'intervenant - rien ne vaut l'écrit - Cf. le très bon billet de Stéphane sur le bilan de Petraeus en Irak.
Une interview limitant toujours l'intervenant - rien ne vaut l'écrit - Cf. le très bon billet de Stéphane sur le bilan de Petraeus en Irak.
mardi 16 septembre 2008
King David débarque à Centcom
Soit l'occasion d'une petite interview à lire dans Le Temps à paraître demain. D'où aussi une petite discussion avec la journaliste : "King" Petraeus sera-t-il en mesure de faire face ? A priori, notre maître es-adaptation contre-insurrectionnelle ne va pas s'amuser. Il ne s'agit plus uniquement de faire de la contre-insurrection - et, apparement, il cogite à la situation agfhane depuis quelques temps - mais aussi de jouer dans le domaine politique.
Il faut d'abord gérer les "caprices" et autres desideratas politiques des membres de l'OTAN. Il faut ensuite gérer la problématique pakistanaise, non seulement en plus essors mais également de plus en plus explosive. Il faut enfin gérer tout un théâtre d'opérations, le plus complexe qui soit. Avec de sympathiques zones à gérer, telles que le Yemen, la Somalie ou encore l'Iran. Sans compter l'Irak.
Bref, c'est à lire demain. D'ici là, le "Strato-thon" aura encore évolué : pour l'heure, 161 sur 444. Quand on vous dit qu'on avance !
Il faut d'abord gérer les "caprices" et autres desideratas politiques des membres de l'OTAN. Il faut ensuite gérer la problématique pakistanaise, non seulement en plus essors mais également de plus en plus explosive. Il faut enfin gérer tout un théâtre d'opérations, le plus complexe qui soit. Avec de sympathiques zones à gérer, telles que le Yemen, la Somalie ou encore l'Iran. Sans compter l'Irak.
Bref, c'est à lire demain. D'ici là, le "Strato-thon" aura encore évolué : pour l'heure, 161 sur 444. Quand on vous dit qu'on avance !
lundi 15 septembre 2008
Alors, je prend ma batte de base-ball...
Et cette fois, je frappe, je banis, j'exclus. Avec une délectation violente et quasi-jouissive. Un petit rigolo qui se reconnaîtra m'envoie des posts relativements argumentés où le but du jeu semble être de placer les termes "abberrants", "abruti" ou d'autres qualificatifs dénigrants à l'égard de l'un ou l'autre auteur.
Alors, je vais être clair. Qu'on ne soit pas d'accord, je suis pour. C'est ce qu'on appelle le débat. Mais l'emploi de qualificatifs de ce style sont absolument contraire à l'esprit de tout débat sain, serein et instructif. Ils sont tout autant contraire avec la politesse la plus élémentaire.
J'en aurais quelques autres à rajouter sur des comparaisons douteuses mais je m'arrête là. Après tout, nous ne sommes pas ici au café du commerce ou dans une sorte de cours de récréation pour stratèges en chambre. Laaaa.... Atome sweet home, ça fait du bien ;o)
Alors, je vais être clair. Qu'on ne soit pas d'accord, je suis pour. C'est ce qu'on appelle le débat. Mais l'emploi de qualificatifs de ce style sont absolument contraire à l'esprit de tout débat sain, serein et instructif. Ils sont tout autant contraire avec la politesse la plus élémentaire.
J'en aurais quelques autres à rajouter sur des comparaisons douteuses mais je m'arrête là. Après tout, nous ne sommes pas ici au café du commerce ou dans une sorte de cours de récréation pour stratèges en chambre. Laaaa.... Atome sweet home, ça fait du bien ;o)
Une petite info qui en dit long sur la dégradation des relations américano-pakistanaises
Pour la première fois, le Pakistan a fait décoller, le 14 septembre, ses chasseurs sur alerte afin de poursuivre un drone américain engagé au-dessus des régions tribales pakistanaise, qui a rompu immédiatement le contact.
La semaine précédente, le chef d’état-major pakistanais avait indiqué qu’il disposait des moyens nécessaires à « dissuader ces incursions ».
La semaine précédente, le chef d’état-major pakistanais avait indiqué qu’il disposait des moyens nécessaires à « dissuader ces incursions ».
dimanche 14 septembre 2008
M. Goya sur l'Irak
Madame V. en direct de la rédaction, me signale que de la lecture m'attends, en l'occurrence, l'ouvrage de Michel Goya. L'auteur, que nous avions eu l'occasion d'interviewer pour DSI ("Le Goban irakien"), fait partie de cette nouvelle vague française "d'officiers académiques" combinant expérience et étude et dont V. Desportes peut être considéré comme le brillant chef de file. Et, de fait, leur travail au CDEF mérite le coup d'oeil, ce qui doit faire de ces "armées du chaos" un ouvrage de premier ordre. Impatient de le lire et critique de lecture dans DSI !
vendredi 12 septembre 2008
Somewhere in between
Pas vraiment de news aujourd'hui pour cause de charge de travail pour le moins élevée : la joyeuse équipe du DSI est entrée dans un véritable "strato-ton" : d'ici au 20 octobre - à peine plus d'un mois - nous comptons bien bombarder nos imprimeurs avec 444 pages de publications : 2 DSI, 1 DSI-T, un DSI HS et 3 Dailies.
Rassurez-vous, nous jonglons déjà avec 125 pages. Autant dire que si la rédaction se verrait bien offrir un jacuzzi (euh... chef ? Vous savez qu'on vous aime ? ;o)) elle va vous plier ça en moins de deux. On vous promet de l'action et pas de la moindre. Le programme que nous vous réservons est carrément royal.
D'ici là, on reste d'abord chercheurs et un chercheur, ça ne fait pas qu'écrire. Ca lit beaucoup aussi. Et là, une petite news qui fait du bien au portefeuille en ces temps de réduction du pouvoir d'achat. Le Schizodoxe recommandait un site américain assez original : acheter des bouquins d'occasion (à très bon prix) pour financer des bibliothèques de par le monde. Plutôt sympa. Votre serviteur à fait son shopping avec du Van Creveld, du Gray et quelques bons bouquins d'histoire maritime.
Rien de tel pour se remettre en forme après avoir tapé 10 pages et moins cher qu'un jacuzzi. Et le tout à vous donner le sourire : taux de change faisant, mes 1 000 pages vont me revenir à 40 Eur, transport compris. Bref, c'est du DSI version yankee : du solide pour pas cher. Better World vaut le coup d'oeil.
Rassurez-vous, nous jonglons déjà avec 125 pages. Autant dire que si la rédaction se verrait bien offrir un jacuzzi (euh... chef ? Vous savez qu'on vous aime ? ;o)) elle va vous plier ça en moins de deux. On vous promet de l'action et pas de la moindre. Le programme que nous vous réservons est carrément royal.
D'ici là, on reste d'abord chercheurs et un chercheur, ça ne fait pas qu'écrire. Ca lit beaucoup aussi. Et là, une petite news qui fait du bien au portefeuille en ces temps de réduction du pouvoir d'achat. Le Schizodoxe recommandait un site américain assez original : acheter des bouquins d'occasion (à très bon prix) pour financer des bibliothèques de par le monde. Plutôt sympa. Votre serviteur à fait son shopping avec du Van Creveld, du Gray et quelques bons bouquins d'histoire maritime.
Rien de tel pour se remettre en forme après avoir tapé 10 pages et moins cher qu'un jacuzzi. Et le tout à vous donner le sourire : taux de change faisant, mes 1 000 pages vont me revenir à 40 Eur, transport compris. Bref, c'est du DSI version yankee : du solide pour pas cher. Better World vaut le coup d'oeil.
jeudi 11 septembre 2008
Les Emirats ouvrent un sacré parapluie
Les négociations sur la vente d'un système de défense antimissiles THAAD (Theater High Altitude Area Defense) avec les EAU étaient certes en cours depuis plusieurs mois mais l'on a appris aujourd'hui que le Congrès US s'était vu présenté une notification de la DSCA, ultime étape avant une vente-monstre, en trois segments, qui pourrait représenter jusque 8,2 milliards de dollars.
Le premier segment porte sur 3 batteries de tir THAAD représentant 9 lanceurs, 4 radars, des systèmes de maintenance et de transport, de même que 147 missiles, le tout pour une valeur de 6,95 milliards. Opérationnel depuis peu dans l'US Army (qui compte mettre en place deux bataillons du système), le THAAD est le segment "Upper Tier" de la défense antimissiles américaines. Il peut ainsi intercepter des engins adverses à des altitudes allant jusque 150 km. Le système émirien sera vraissemblablement connecté au système ABM américain.
Le deuxième segment porte sur la vente de 33 missiles Patriot PAC-3 supplémentaires pour les batteries commandées en décembre 2007 (9 batteries et plus de 500 missiles pour plus de 9 milliards de dollars), de même que des systèmes de communication tactique.
Enfin, le dernier segment porte sur 78 systèmes de défense aérienne tactique Avenger (missiles Stinger installés sur Humvees dotés d'une tourelle spécifique), 780 missiles Stinger, divers systèmes de soutien et de communication et 16 radars, le tout pour 737 millions de dollars.
Le premier segment porte sur 3 batteries de tir THAAD représentant 9 lanceurs, 4 radars, des systèmes de maintenance et de transport, de même que 147 missiles, le tout pour une valeur de 6,95 milliards. Opérationnel depuis peu dans l'US Army (qui compte mettre en place deux bataillons du système), le THAAD est le segment "Upper Tier" de la défense antimissiles américaines. Il peut ainsi intercepter des engins adverses à des altitudes allant jusque 150 km. Le système émirien sera vraissemblablement connecté au système ABM américain.
Le deuxième segment porte sur la vente de 33 missiles Patriot PAC-3 supplémentaires pour les batteries commandées en décembre 2007 (9 batteries et plus de 500 missiles pour plus de 9 milliards de dollars), de même que des systèmes de communication tactique.
Enfin, le dernier segment porte sur 78 systèmes de défense aérienne tactique Avenger (missiles Stinger installés sur Humvees dotés d'une tourelle spécifique), 780 missiles Stinger, divers systèmes de soutien et de communication et 16 radars, le tout pour 737 millions de dollars.
mercredi 10 septembre 2008
Annulation des ravitailleurs US ?
Selon une brève de l'AFP, l'US Air Force aurait tout bonnement annulé sa nouvelle RFP (la première avait été annulée suite à une plainte de Boeing devant le GAO) pour le programme KC-X. A confirmer et, en tous cas, à suivre !
Update : le Pentagone a confirmé l'annulation, renvoyant la décision de relancer le programme à la prochaine administration.
Update : le Pentagone a confirmé l'annulation, renvoyant la décision de relancer le programme à la prochaine administration.
Des Russes au Vénézuela ? Pas de problème parce que leurs dépenses de défense sont faibles...
Je fais ici écho au dernier journal télévisé de la RTBF, la télévision publique belge, qui semble décidément faire polémique (cette fois sur Edvige : cf l'intervention d'Alain). En l'occurrence, c'est l'intervention de B. Adam, du GRIP, qui m'a fait tressauter devant ma télévision.
Il y relativise le mouvement russe et ses impacts sur les tensions internationales. C'est une position comme une autre mais l'originalité - disons plutôt l'erreur méthodologique - de l'intervenant tient dans le mode de légitimation de sa thèse : les dépenses russes de défense étant loin d'être celles des Etats-Unis, la Russie ne peut constituer une source de tensions internationales, oubliant au passage que, dépenses ou pas (elles augmentent, par ailleurs), Moscou était impliqué dans une guerre il n'y a pas 3 semaines de celà.
Le technocentrage de l'analyse - prenant en l'occurrence des atours budgétaires -, au détriment de toute considération contextuelle des points de vue politiques et stratégiques, de ce point de vue, montre l'emprise que peut avoir les phénomènes de technologisation sur nos esprits. Dans ma thèse, j'avais analysé le point de vue américain, extrêmement prégnant chez les "faucons", selon lequel aucune forme stratégique n'était pensable sans une technologie avancée. La technologie devient idéologie.
Je ne m'imaginais pas que les mouvements pacifistes étaient également pénétrés par ce phénomène à ce point, cette fois de façon, évidemment, inversée. Les Etats-Unis ou l'Europe demeureraient donc, selon leur point de vue, des puissances offensives, quelque soient leurs positionnements politiques, tandis que les "autres" seraient stratégiquement énucléés. Et peu importent les observations empiriques, l'ihstoire ou les études stratégiques. Militance, quand tu nous tiens...
Je me demande si le centre de documentation du GRIP achètera mon dernier livre, tiens...
Il y relativise le mouvement russe et ses impacts sur les tensions internationales. C'est une position comme une autre mais l'originalité - disons plutôt l'erreur méthodologique - de l'intervenant tient dans le mode de légitimation de sa thèse : les dépenses russes de défense étant loin d'être celles des Etats-Unis, la Russie ne peut constituer une source de tensions internationales, oubliant au passage que, dépenses ou pas (elles augmentent, par ailleurs), Moscou était impliqué dans une guerre il n'y a pas 3 semaines de celà.
Le technocentrage de l'analyse - prenant en l'occurrence des atours budgétaires -, au détriment de toute considération contextuelle des points de vue politiques et stratégiques, de ce point de vue, montre l'emprise que peut avoir les phénomènes de technologisation sur nos esprits. Dans ma thèse, j'avais analysé le point de vue américain, extrêmement prégnant chez les "faucons", selon lequel aucune forme stratégique n'était pensable sans une technologie avancée. La technologie devient idéologie.
Je ne m'imaginais pas que les mouvements pacifistes étaient également pénétrés par ce phénomène à ce point, cette fois de façon, évidemment, inversée. Les Etats-Unis ou l'Europe demeureraient donc, selon leur point de vue, des puissances offensives, quelque soient leurs positionnements politiques, tandis que les "autres" seraient stratégiquement énucléés. Et peu importent les observations empiriques, l'ihstoire ou les études stratégiques. Militance, quand tu nous tiens...
Je me demande si le centre de documentation du GRIP achètera mon dernier livre, tiens...
Drone toi-même !
Je ne me suis pas trop étendu sur la tragique perte de nos 10 soldats, simplement parce que, que certains aient été tués ou non à l'arme blanche, égorgés ou d'un coup dans les reins, n'a que peu d'intérêt. Les familles n'ont pas à supporter ce genre de palabres, elles souffrent déjà assez comme ça.
Par contre, on a entendu, ça et là, pas mal de pistes de réponses pour éviter que ce genre de choses ne se produisent encore. Je n'avais pas encore pris position mais quelques réflexions me viennent à l'esprit :
- l'adaptation tactique est plus rapide que l'adaptation technique. On peut donc réduire le nombre et la probabilité de subit des embuscades mais escompter éliminer le risque est, au mieux, naïf. L'adversaire n'est pas une masse amorphe qui serait terrifiée par le fait que nous ayons des drones... il adaptera simplement son comportement et il continuera d'accepter ses propres pertes ;
- sur les drones, justemment. Un DRAC doit être piloté en LOS et exige un assemblage imposant une sortie du VAB (en raison de l'envergure de l'engin). Autrement dit, le risque d'embuscade n'est pas véritablement annulé. L'engin n'a pas été conçu pour pouvoir être lancé et piloté depuis un VAB en marche. Pire, il vol relativement bas et, même s'il est (très) silencieux, son repérage par l'adversaire annule toute surprise. Son autonomie (1h30) est en outre relativement faible pour un suivi permanent de patrouilles qui peuvent durer nettement plus longtemps ;
- selon moi, il vaut bien mieux travailler avec un drone MALE : il est persistant, vole à plus haute altitude et permet, par sa discrétion, de conserver la surprise. Son pilotage peut passer par satelliteet éviter les pièges du LOS en environnement montagneux. Que ses capteurs optiques soient moins efficients que ceux du DRAC n'y change rien : le but du jeu tant que les Talibans n'adoptent pas d'uniforme, c'est de détecter des humains et de faire la différence entre des hommes et des enfants.
Seul problème, qui montre que c'est toujours la stratégie et pas la technologie qui conduit le monde militaire, nous n'avons que 3 MALE. Son successeur ne serait pas commandé à plus de 15 exemplaires. Simplement parce que l'on a rapidement considéré que le MALE est un système relevant du niveau opérationnel ou stratégique et pas du plan tactique.
Ce qui, en outre, à évincé la nécessité, dans les fiches-programme, qu'il soit armé. Or, ce genre d'adaptation (qui n'a franchement pas été coûteuse dans le cas du Predator) apparaît comme l'un des succès techniques les plus éclatants de ces 15 dernières années. En COIN, l'adversaire est toujours à considérer comme un TST (time sensitive target) : pourquoi attendre l'arrivée des appareils classiques ou de nos gaillards susceptibles d'y laisser des leurs sur le terrain alors qu'on pourrait "cueillir" l'adversaire d'emblée ?
Par contre, on a entendu, ça et là, pas mal de pistes de réponses pour éviter que ce genre de choses ne se produisent encore. Je n'avais pas encore pris position mais quelques réflexions me viennent à l'esprit :
- l'adaptation tactique est plus rapide que l'adaptation technique. On peut donc réduire le nombre et la probabilité de subit des embuscades mais escompter éliminer le risque est, au mieux, naïf. L'adversaire n'est pas une masse amorphe qui serait terrifiée par le fait que nous ayons des drones... il adaptera simplement son comportement et il continuera d'accepter ses propres pertes ;
- sur les drones, justemment. Un DRAC doit être piloté en LOS et exige un assemblage imposant une sortie du VAB (en raison de l'envergure de l'engin). Autrement dit, le risque d'embuscade n'est pas véritablement annulé. L'engin n'a pas été conçu pour pouvoir être lancé et piloté depuis un VAB en marche. Pire, il vol relativement bas et, même s'il est (très) silencieux, son repérage par l'adversaire annule toute surprise. Son autonomie (1h30) est en outre relativement faible pour un suivi permanent de patrouilles qui peuvent durer nettement plus longtemps ;
- selon moi, il vaut bien mieux travailler avec un drone MALE : il est persistant, vole à plus haute altitude et permet, par sa discrétion, de conserver la surprise. Son pilotage peut passer par satelliteet éviter les pièges du LOS en environnement montagneux. Que ses capteurs optiques soient moins efficients que ceux du DRAC n'y change rien : le but du jeu tant que les Talibans n'adoptent pas d'uniforme, c'est de détecter des humains et de faire la différence entre des hommes et des enfants.
Seul problème, qui montre que c'est toujours la stratégie et pas la technologie qui conduit le monde militaire, nous n'avons que 3 MALE. Son successeur ne serait pas commandé à plus de 15 exemplaires. Simplement parce que l'on a rapidement considéré que le MALE est un système relevant du niveau opérationnel ou stratégique et pas du plan tactique.
Ce qui, en outre, à évincé la nécessité, dans les fiches-programme, qu'il soit armé. Or, ce genre d'adaptation (qui n'a franchement pas été coûteuse dans le cas du Predator) apparaît comme l'un des succès techniques les plus éclatants de ces 15 dernières années. En COIN, l'adversaire est toujours à considérer comme un TST (time sensitive target) : pourquoi attendre l'arrivée des appareils classiques ou de nos gaillards susceptibles d'y laisser des leurs sur le terrain alors qu'on pourrait "cueillir" l'adversaire d'emblée ?
Echange de vues
A lire, cet intéressant échange de vues entre François Heisbourg et Louis Gautier, dans les pages des Echos, à lire ici. Néanmoins, je dois confesser mon étonnement en regard de la façon dont les auteurs appréhendent la notion de résilience : culture de la peur pour l'un (alors qu'il s'agit justemment de l'éviter par l'information) ; solution à une série de problèmes dont les pandémies pour l'autre (alors qu'elles relèvent d'action de santé publique).
La résilience, de ce point de vue, est une composante parmis d'autres d'un dispositif de sécurité. Elle ne remplace en rien la manoeuvre de crise, elle est seulement le terreau sur lequel la manoeuvre prendra place. Il est évident qu'il est plus facile à la Croix-Rouge ou à des unités médicales - pour reprendre l'exemple pandémique - de se déployer sans avoir à batailler contre des citoyens venant les harceler pour avoir des informations.
La résilience sociologique (je ne parle pas ici des travaux sur la résilience indivisuelle de Cyrulnik - l'individu n'est pas la société et les résiliences politiques et sociétales sont incroyablement plus complexes) a pourtant fait l'objet de nombreuses études, y compris, de façon indirecte dans les années 1960, lorsque Soviétiques et Américains travaillaient aux stratégies de contre-coercition et de contre-dissuasion. De ce point de vue, elle n'a rien d'un "buzzword à la mode" : elle n'est telle que parce que nous considérons qu'elle est neuve.
Elle prend certes un nouveau sens dans le cadre du développement des stratégies contre-terroristes - elle charrie d'ailleurs avec elle des éléments de dissuasion anti-terroriste (un gros sujet de discussion lors du séminaire de 2005 à Canterbury) - et elle a encore beaucoup à révéler. Si, du moins, on ne l'appréhende pas de façon ultra-restrictive...
La résilience, de ce point de vue, est une composante parmis d'autres d'un dispositif de sécurité. Elle ne remplace en rien la manoeuvre de crise, elle est seulement le terreau sur lequel la manoeuvre prendra place. Il est évident qu'il est plus facile à la Croix-Rouge ou à des unités médicales - pour reprendre l'exemple pandémique - de se déployer sans avoir à batailler contre des citoyens venant les harceler pour avoir des informations.
La résilience sociologique (je ne parle pas ici des travaux sur la résilience indivisuelle de Cyrulnik - l'individu n'est pas la société et les résiliences politiques et sociétales sont incroyablement plus complexes) a pourtant fait l'objet de nombreuses études, y compris, de façon indirecte dans les années 1960, lorsque Soviétiques et Américains travaillaient aux stratégies de contre-coercition et de contre-dissuasion. De ce point de vue, elle n'a rien d'un "buzzword à la mode" : elle n'est telle que parce que nous considérons qu'elle est neuve.
Elle prend certes un nouveau sens dans le cadre du développement des stratégies contre-terroristes - elle charrie d'ailleurs avec elle des éléments de dissuasion anti-terroriste (un gros sujet de discussion lors du séminaire de 2005 à Canterbury) - et elle a encore beaucoup à révéler. Si, du moins, on ne l'appréhende pas de façon ultra-restrictive...
mardi 9 septembre 2008
DSI-T 13 est en kiosque
Y'a sondage !
A la rédaction de DSI, nous essayons de contenter tout le monde, que vous soyez plus attiré par les actualités stratégiques (veilles), les évolutions des armées étrangères, la (géo)stratégie, les forces françaises ou la technologie.
Dresser un tableau plus ou moins complet - un complet serait une illusion de 500 pages mensuelles à 37 Euros - de l'actualité stratégique n'est pas évident. Avec 120 000 lecteurs, c'est un beau challenge ! D'où ce petit sondage : quelle est votre fréquence de lecture de DSI ?
Dresser un tableau plus ou moins complet - un complet serait une illusion de 500 pages mensuelles à 37 Euros - de l'actualité stratégique n'est pas évident. Avec 120 000 lecteurs, c'est un beau challenge ! D'où ce petit sondage : quelle est votre fréquence de lecture de DSI ?
lundi 8 septembre 2008
Retours aux classiques de la géostratégie
La Russie semble sur le point de renforcer considérablement ses liens militaires avec le Vénézuela, dépassant de loin les ventes d'armes déjà effectuées ou encore en cours de négociation. On a ainsi appris que Moscou envisageait de baser des appareils de patrouille maritime à long rayon d'action au Venezuela mais aussi que la marine russe devrait effectuer une croisière vers le pays au mois de novembre, comprenant notamment un croiseur nucléaire de classe Ushakov.
L'ensemble témoigne d'une géostratégie complexe de la part de Moscou. Si Cuba avait refusé que soient basé dans l'île des bombardiers russes - après que Moscou eut pris ombrage de la signature de l'accord américano-polonais sur les ABM et qu'un général russe ait évoqué cette possibilité - le Venezuela constitue une bonne base arrière pour Moscou :
- Elle est ainsi en mesure de parasiter le travail des marines de l'OTAN opérant dans le cadre de missions anti-narcotiques dans la zone, notamment depuis les Antilles néerlandaises et ainsi de manifester visiblement sa présence ;
- Elle dispose d'un bon prétexte à la modernisation de bases aériennes qui pourraient servir dans le cadre de manoeuvres de crise ultérieures. Les Il-38 May et Tu-142 Bear nécessitent en effet de longues pistes... tout comme les bombardiers Tu-95 et Tu-160. Moscou élargit donc son enveloppe d'options stratégiques dans la région et peut jouer sur la crainte d'un positionnement à long terme dans une zone que les Américains, avec la recréation de la 4ème Flotte, entendent dominer ;
- L'installation pérenne d'appareils de patrouille maritime peut "couvrir" le Venezuela pendant la période de montée en puissance de ses forces sous-marines, cherchant ainsi à dissuader les Etats-Unis d'une frappe préemptive - que Caracas estime réelle - contre les capacités venezuéliennes ;
- Ultimement, Moscou poursuit sont travail d'encerclement stratégique d'une Europe qui reste l'enjeu majeur de ses ambitions actuelles. Une nouvelle croisière du groupe aéronaval du Kuzntesov jusqu'à Tartous (Syrie) et la mer Noire était ainsi envisagée. A une échelle plus globale, on notera également que le nouveau White paper japonais a été présenté hier et s'inquiète de l'augmentation rapide du nombre d'exercices menés par les forces aériennes et navales russes (y compris de SNA) à proximité de ses eaux territoriales et de son espace aérien.
L'ensemble témoigne d'une géostratégie complexe de la part de Moscou. Si Cuba avait refusé que soient basé dans l'île des bombardiers russes - après que Moscou eut pris ombrage de la signature de l'accord américano-polonais sur les ABM et qu'un général russe ait évoqué cette possibilité - le Venezuela constitue une bonne base arrière pour Moscou :
- Elle est ainsi en mesure de parasiter le travail des marines de l'OTAN opérant dans le cadre de missions anti-narcotiques dans la zone, notamment depuis les Antilles néerlandaises et ainsi de manifester visiblement sa présence ;
- Elle dispose d'un bon prétexte à la modernisation de bases aériennes qui pourraient servir dans le cadre de manoeuvres de crise ultérieures. Les Il-38 May et Tu-142 Bear nécessitent en effet de longues pistes... tout comme les bombardiers Tu-95 et Tu-160. Moscou élargit donc son enveloppe d'options stratégiques dans la région et peut jouer sur la crainte d'un positionnement à long terme dans une zone que les Américains, avec la recréation de la 4ème Flotte, entendent dominer ;
- L'installation pérenne d'appareils de patrouille maritime peut "couvrir" le Venezuela pendant la période de montée en puissance de ses forces sous-marines, cherchant ainsi à dissuader les Etats-Unis d'une frappe préemptive - que Caracas estime réelle - contre les capacités venezuéliennes ;
- Ultimement, Moscou poursuit sont travail d'encerclement stratégique d'une Europe qui reste l'enjeu majeur de ses ambitions actuelles. Une nouvelle croisière du groupe aéronaval du Kuzntesov jusqu'à Tartous (Syrie) et la mer Noire était ainsi envisagée. A une échelle plus globale, on notera également que le nouveau White paper japonais a été présenté hier et s'inquiète de l'augmentation rapide du nombre d'exercices menés par les forces aériennes et navales russes (y compris de SNA) à proximité de ses eaux territoriales et de son espace aérien.
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Nouveaux retards pour l'A400M
L'A400M n'effectuerait pas son premier vol avant fin décembre, voire début janvier, au lieu de l'automne comme prévu jusque-là, selon nos confrètes de Air & Cosmos. En cause, le banc de test volant, toujours immobilisé au sol. Le C-130 de la compagnie Marshall Aerospace sur lequel a été monté un moteur du futur avion de transport militaire connaît en effet des problèmes de vibrations et d'échauffement. A toute chose malheur est bon, le moteur de l'A400M, premier turbopropulseur conçu en Europe depuis très longtemps, a rattrapé son retard en engrangeant les heures d'essais au sol.
La première livraison de l'avion, qui a été commandé à 192 exemplaires, a été reportée au deuxième semestre de 2010, avec au moins six mois de retard. Ce qui ne va pas sans poser de sérieux soucis aux armées européennes, dont le déficit en aéromobilité est l'un des handicaps majeurs.
La première livraison de l'avion, qui a été commandé à 192 exemplaires, a été reportée au deuxième semestre de 2010, avec au moins six mois de retard. Ce qui ne va pas sans poser de sérieux soucis aux armées européennes, dont le déficit en aéromobilité est l'un des handicaps majeurs.
vendredi 5 septembre 2008
"La bureaucratie aura raison des armées"
Si Paris-Match a sans doute fait plus que personne pour décrédibiliser la liberté de la presse, Jean Guisnel vient par contre de rendre à cette dernière ses lettres de noblesse. Le problème tourne autour du VBHM et des bâtons dans les roues mis à son acquisition. A lire ici.Gros malaise
François Duran a un gros malaise, que je partage entièrement. La forme est celle d'un "coup de gueule" mais le fond mérite d'être lu. Il nous rappelle ainsi que tout engagement d'une force ne doit pas se faire "à moitié" mais aussi que la vulnérabilité provient souvent de notre propre incapacité à la discerner.
Je parle ici du reportage effectué par Paris-Match et dont les télévisions belges et françaises se sont gargarisées, assénant à un public non-préparé - ce qui revient à programmer du porno en prime-time - au nom d'une liberté de l'information qui semble malheureusement perdre ses fondements. Où était donc la critique ?
Je parle ici du reportage effectué par Paris-Match et dont les télévisions belges et françaises se sont gargarisées, assénant à un public non-préparé - ce qui revient à programmer du porno en prime-time - au nom d'une liberté de l'information qui semble malheureusement perdre ses fondements. Où était donc la critique ?
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