Pas vraiment de news aujourd'hui pour cause de charge de travail pour le moins élevée : la joyeuse équipe du DSI est entrée dans un véritable "strato-ton" : d'ici au 20 octobre - à peine plus d'un mois - nous comptons bien bombarder nos imprimeurs avec 444 pages de publications : 2 DSI, 1 DSI-T, un DSI HS et 3 Dailies.
Rassurez-vous, nous jonglons déjà avec 125 pages. Autant dire que si la rédaction se verrait bien offrir un jacuzzi (euh... chef ? Vous savez qu'on vous aime ? ;o)) elle va vous plier ça en moins de deux. On vous promet de l'action et pas de la moindre. Le programme que nous vous réservons est carrément royal.
D'ici là, on reste d'abord chercheurs et un chercheur, ça ne fait pas qu'écrire. Ca lit beaucoup aussi. Et là, une petite news qui fait du bien au portefeuille en ces temps de réduction du pouvoir d'achat. Le Schizodoxe recommandait un site américain assez original : acheter des bouquins d'occasion (à très bon prix) pour financer des bibliothèques de par le monde. Plutôt sympa. Votre serviteur à fait son shopping avec du Van Creveld, du Gray et quelques bons bouquins d'histoire maritime.
Rien de tel pour se remettre en forme après avoir tapé 10 pages et moins cher qu'un jacuzzi. Et le tout à vous donner le sourire : taux de change faisant, mes 1 000 pages vont me revenir à 40 Eur, transport compris. Bref, c'est du DSI version yankee : du solide pour pas cher. Better World vaut le coup d'oeil.
vendredi 12 septembre 2008
jeudi 11 septembre 2008
Les Emirats ouvrent un sacré parapluie
Les négociations sur la vente d'un système de défense antimissiles THAAD (Theater High Altitude Area Defense) avec les EAU étaient certes en cours depuis plusieurs mois mais l'on a appris aujourd'hui que le Congrès US s'était vu présenté une notification de la DSCA, ultime étape avant une vente-monstre, en trois segments, qui pourrait représenter jusque 8,2 milliards de dollars.
Le premier segment porte sur 3 batteries de tir THAAD représentant 9 lanceurs, 4 radars, des systèmes de maintenance et de transport, de même que 147 missiles, le tout pour une valeur de 6,95 milliards. Opérationnel depuis peu dans l'US Army (qui compte mettre en place deux bataillons du système), le THAAD est le segment "Upper Tier" de la défense antimissiles américaines. Il peut ainsi intercepter des engins adverses à des altitudes allant jusque 150 km. Le système émirien sera vraissemblablement connecté au système ABM américain.
Le deuxième segment porte sur la vente de 33 missiles Patriot PAC-3 supplémentaires pour les batteries commandées en décembre 2007 (9 batteries et plus de 500 missiles pour plus de 9 milliards de dollars), de même que des systèmes de communication tactique.
Enfin, le dernier segment porte sur 78 systèmes de défense aérienne tactique Avenger (missiles Stinger installés sur Humvees dotés d'une tourelle spécifique), 780 missiles Stinger, divers systèmes de soutien et de communication et 16 radars, le tout pour 737 millions de dollars.
Le premier segment porte sur 3 batteries de tir THAAD représentant 9 lanceurs, 4 radars, des systèmes de maintenance et de transport, de même que 147 missiles, le tout pour une valeur de 6,95 milliards. Opérationnel depuis peu dans l'US Army (qui compte mettre en place deux bataillons du système), le THAAD est le segment "Upper Tier" de la défense antimissiles américaines. Il peut ainsi intercepter des engins adverses à des altitudes allant jusque 150 km. Le système émirien sera vraissemblablement connecté au système ABM américain.
Le deuxième segment porte sur la vente de 33 missiles Patriot PAC-3 supplémentaires pour les batteries commandées en décembre 2007 (9 batteries et plus de 500 missiles pour plus de 9 milliards de dollars), de même que des systèmes de communication tactique.
Enfin, le dernier segment porte sur 78 systèmes de défense aérienne tactique Avenger (missiles Stinger installés sur Humvees dotés d'une tourelle spécifique), 780 missiles Stinger, divers systèmes de soutien et de communication et 16 radars, le tout pour 737 millions de dollars.
mercredi 10 septembre 2008
Annulation des ravitailleurs US ?
Selon une brève de l'AFP, l'US Air Force aurait tout bonnement annulé sa nouvelle RFP (la première avait été annulée suite à une plainte de Boeing devant le GAO) pour le programme KC-X. A confirmer et, en tous cas, à suivre !
Update : le Pentagone a confirmé l'annulation, renvoyant la décision de relancer le programme à la prochaine administration.
Update : le Pentagone a confirmé l'annulation, renvoyant la décision de relancer le programme à la prochaine administration.
Des Russes au Vénézuela ? Pas de problème parce que leurs dépenses de défense sont faibles...
Je fais ici écho au dernier journal télévisé de la RTBF, la télévision publique belge, qui semble décidément faire polémique (cette fois sur Edvige : cf l'intervention d'Alain). En l'occurrence, c'est l'intervention de B. Adam, du GRIP, qui m'a fait tressauter devant ma télévision.
Il y relativise le mouvement russe et ses impacts sur les tensions internationales. C'est une position comme une autre mais l'originalité - disons plutôt l'erreur méthodologique - de l'intervenant tient dans le mode de légitimation de sa thèse : les dépenses russes de défense étant loin d'être celles des Etats-Unis, la Russie ne peut constituer une source de tensions internationales, oubliant au passage que, dépenses ou pas (elles augmentent, par ailleurs), Moscou était impliqué dans une guerre il n'y a pas 3 semaines de celà.
Le technocentrage de l'analyse - prenant en l'occurrence des atours budgétaires -, au détriment de toute considération contextuelle des points de vue politiques et stratégiques, de ce point de vue, montre l'emprise que peut avoir les phénomènes de technologisation sur nos esprits. Dans ma thèse, j'avais analysé le point de vue américain, extrêmement prégnant chez les "faucons", selon lequel aucune forme stratégique n'était pensable sans une technologie avancée. La technologie devient idéologie.
Je ne m'imaginais pas que les mouvements pacifistes étaient également pénétrés par ce phénomène à ce point, cette fois de façon, évidemment, inversée. Les Etats-Unis ou l'Europe demeureraient donc, selon leur point de vue, des puissances offensives, quelque soient leurs positionnements politiques, tandis que les "autres" seraient stratégiquement énucléés. Et peu importent les observations empiriques, l'ihstoire ou les études stratégiques. Militance, quand tu nous tiens...
Je me demande si le centre de documentation du GRIP achètera mon dernier livre, tiens...
Il y relativise le mouvement russe et ses impacts sur les tensions internationales. C'est une position comme une autre mais l'originalité - disons plutôt l'erreur méthodologique - de l'intervenant tient dans le mode de légitimation de sa thèse : les dépenses russes de défense étant loin d'être celles des Etats-Unis, la Russie ne peut constituer une source de tensions internationales, oubliant au passage que, dépenses ou pas (elles augmentent, par ailleurs), Moscou était impliqué dans une guerre il n'y a pas 3 semaines de celà.
Le technocentrage de l'analyse - prenant en l'occurrence des atours budgétaires -, au détriment de toute considération contextuelle des points de vue politiques et stratégiques, de ce point de vue, montre l'emprise que peut avoir les phénomènes de technologisation sur nos esprits. Dans ma thèse, j'avais analysé le point de vue américain, extrêmement prégnant chez les "faucons", selon lequel aucune forme stratégique n'était pensable sans une technologie avancée. La technologie devient idéologie.
Je ne m'imaginais pas que les mouvements pacifistes étaient également pénétrés par ce phénomène à ce point, cette fois de façon, évidemment, inversée. Les Etats-Unis ou l'Europe demeureraient donc, selon leur point de vue, des puissances offensives, quelque soient leurs positionnements politiques, tandis que les "autres" seraient stratégiquement énucléés. Et peu importent les observations empiriques, l'ihstoire ou les études stratégiques. Militance, quand tu nous tiens...
Je me demande si le centre de documentation du GRIP achètera mon dernier livre, tiens...
Drone toi-même !
Je ne me suis pas trop étendu sur la tragique perte de nos 10 soldats, simplement parce que, que certains aient été tués ou non à l'arme blanche, égorgés ou d'un coup dans les reins, n'a que peu d'intérêt. Les familles n'ont pas à supporter ce genre de palabres, elles souffrent déjà assez comme ça.
Par contre, on a entendu, ça et là, pas mal de pistes de réponses pour éviter que ce genre de choses ne se produisent encore. Je n'avais pas encore pris position mais quelques réflexions me viennent à l'esprit :
- l'adaptation tactique est plus rapide que l'adaptation technique. On peut donc réduire le nombre et la probabilité de subit des embuscades mais escompter éliminer le risque est, au mieux, naïf. L'adversaire n'est pas une masse amorphe qui serait terrifiée par le fait que nous ayons des drones... il adaptera simplement son comportement et il continuera d'accepter ses propres pertes ;
- sur les drones, justemment. Un DRAC doit être piloté en LOS et exige un assemblage imposant une sortie du VAB (en raison de l'envergure de l'engin). Autrement dit, le risque d'embuscade n'est pas véritablement annulé. L'engin n'a pas été conçu pour pouvoir être lancé et piloté depuis un VAB en marche. Pire, il vol relativement bas et, même s'il est (très) silencieux, son repérage par l'adversaire annule toute surprise. Son autonomie (1h30) est en outre relativement faible pour un suivi permanent de patrouilles qui peuvent durer nettement plus longtemps ;
- selon moi, il vaut bien mieux travailler avec un drone MALE : il est persistant, vole à plus haute altitude et permet, par sa discrétion, de conserver la surprise. Son pilotage peut passer par satelliteet éviter les pièges du LOS en environnement montagneux. Que ses capteurs optiques soient moins efficients que ceux du DRAC n'y change rien : le but du jeu tant que les Talibans n'adoptent pas d'uniforme, c'est de détecter des humains et de faire la différence entre des hommes et des enfants.
Seul problème, qui montre que c'est toujours la stratégie et pas la technologie qui conduit le monde militaire, nous n'avons que 3 MALE. Son successeur ne serait pas commandé à plus de 15 exemplaires. Simplement parce que l'on a rapidement considéré que le MALE est un système relevant du niveau opérationnel ou stratégique et pas du plan tactique.
Ce qui, en outre, à évincé la nécessité, dans les fiches-programme, qu'il soit armé. Or, ce genre d'adaptation (qui n'a franchement pas été coûteuse dans le cas du Predator) apparaît comme l'un des succès techniques les plus éclatants de ces 15 dernières années. En COIN, l'adversaire est toujours à considérer comme un TST (time sensitive target) : pourquoi attendre l'arrivée des appareils classiques ou de nos gaillards susceptibles d'y laisser des leurs sur le terrain alors qu'on pourrait "cueillir" l'adversaire d'emblée ?
Par contre, on a entendu, ça et là, pas mal de pistes de réponses pour éviter que ce genre de choses ne se produisent encore. Je n'avais pas encore pris position mais quelques réflexions me viennent à l'esprit :
- l'adaptation tactique est plus rapide que l'adaptation technique. On peut donc réduire le nombre et la probabilité de subit des embuscades mais escompter éliminer le risque est, au mieux, naïf. L'adversaire n'est pas une masse amorphe qui serait terrifiée par le fait que nous ayons des drones... il adaptera simplement son comportement et il continuera d'accepter ses propres pertes ;
- sur les drones, justemment. Un DRAC doit être piloté en LOS et exige un assemblage imposant une sortie du VAB (en raison de l'envergure de l'engin). Autrement dit, le risque d'embuscade n'est pas véritablement annulé. L'engin n'a pas été conçu pour pouvoir être lancé et piloté depuis un VAB en marche. Pire, il vol relativement bas et, même s'il est (très) silencieux, son repérage par l'adversaire annule toute surprise. Son autonomie (1h30) est en outre relativement faible pour un suivi permanent de patrouilles qui peuvent durer nettement plus longtemps ;
- selon moi, il vaut bien mieux travailler avec un drone MALE : il est persistant, vole à plus haute altitude et permet, par sa discrétion, de conserver la surprise. Son pilotage peut passer par satelliteet éviter les pièges du LOS en environnement montagneux. Que ses capteurs optiques soient moins efficients que ceux du DRAC n'y change rien : le but du jeu tant que les Talibans n'adoptent pas d'uniforme, c'est de détecter des humains et de faire la différence entre des hommes et des enfants.
Seul problème, qui montre que c'est toujours la stratégie et pas la technologie qui conduit le monde militaire, nous n'avons que 3 MALE. Son successeur ne serait pas commandé à plus de 15 exemplaires. Simplement parce que l'on a rapidement considéré que le MALE est un système relevant du niveau opérationnel ou stratégique et pas du plan tactique.
Ce qui, en outre, à évincé la nécessité, dans les fiches-programme, qu'il soit armé. Or, ce genre d'adaptation (qui n'a franchement pas été coûteuse dans le cas du Predator) apparaît comme l'un des succès techniques les plus éclatants de ces 15 dernières années. En COIN, l'adversaire est toujours à considérer comme un TST (time sensitive target) : pourquoi attendre l'arrivée des appareils classiques ou de nos gaillards susceptibles d'y laisser des leurs sur le terrain alors qu'on pourrait "cueillir" l'adversaire d'emblée ?
Echange de vues
A lire, cet intéressant échange de vues entre François Heisbourg et Louis Gautier, dans les pages des Echos, à lire ici. Néanmoins, je dois confesser mon étonnement en regard de la façon dont les auteurs appréhendent la notion de résilience : culture de la peur pour l'un (alors qu'il s'agit justemment de l'éviter par l'information) ; solution à une série de problèmes dont les pandémies pour l'autre (alors qu'elles relèvent d'action de santé publique).
La résilience, de ce point de vue, est une composante parmis d'autres d'un dispositif de sécurité. Elle ne remplace en rien la manoeuvre de crise, elle est seulement le terreau sur lequel la manoeuvre prendra place. Il est évident qu'il est plus facile à la Croix-Rouge ou à des unités médicales - pour reprendre l'exemple pandémique - de se déployer sans avoir à batailler contre des citoyens venant les harceler pour avoir des informations.
La résilience sociologique (je ne parle pas ici des travaux sur la résilience indivisuelle de Cyrulnik - l'individu n'est pas la société et les résiliences politiques et sociétales sont incroyablement plus complexes) a pourtant fait l'objet de nombreuses études, y compris, de façon indirecte dans les années 1960, lorsque Soviétiques et Américains travaillaient aux stratégies de contre-coercition et de contre-dissuasion. De ce point de vue, elle n'a rien d'un "buzzword à la mode" : elle n'est telle que parce que nous considérons qu'elle est neuve.
Elle prend certes un nouveau sens dans le cadre du développement des stratégies contre-terroristes - elle charrie d'ailleurs avec elle des éléments de dissuasion anti-terroriste (un gros sujet de discussion lors du séminaire de 2005 à Canterbury) - et elle a encore beaucoup à révéler. Si, du moins, on ne l'appréhende pas de façon ultra-restrictive...
La résilience, de ce point de vue, est une composante parmis d'autres d'un dispositif de sécurité. Elle ne remplace en rien la manoeuvre de crise, elle est seulement le terreau sur lequel la manoeuvre prendra place. Il est évident qu'il est plus facile à la Croix-Rouge ou à des unités médicales - pour reprendre l'exemple pandémique - de se déployer sans avoir à batailler contre des citoyens venant les harceler pour avoir des informations.
La résilience sociologique (je ne parle pas ici des travaux sur la résilience indivisuelle de Cyrulnik - l'individu n'est pas la société et les résiliences politiques et sociétales sont incroyablement plus complexes) a pourtant fait l'objet de nombreuses études, y compris, de façon indirecte dans les années 1960, lorsque Soviétiques et Américains travaillaient aux stratégies de contre-coercition et de contre-dissuasion. De ce point de vue, elle n'a rien d'un "buzzword à la mode" : elle n'est telle que parce que nous considérons qu'elle est neuve.
Elle prend certes un nouveau sens dans le cadre du développement des stratégies contre-terroristes - elle charrie d'ailleurs avec elle des éléments de dissuasion anti-terroriste (un gros sujet de discussion lors du séminaire de 2005 à Canterbury) - et elle a encore beaucoup à révéler. Si, du moins, on ne l'appréhende pas de façon ultra-restrictive...
mardi 9 septembre 2008
DSI-T 13 est en kiosque
Y'a sondage !
A la rédaction de DSI, nous essayons de contenter tout le monde, que vous soyez plus attiré par les actualités stratégiques (veilles), les évolutions des armées étrangères, la (géo)stratégie, les forces françaises ou la technologie.
Dresser un tableau plus ou moins complet - un complet serait une illusion de 500 pages mensuelles à 37 Euros - de l'actualité stratégique n'est pas évident. Avec 120 000 lecteurs, c'est un beau challenge ! D'où ce petit sondage : quelle est votre fréquence de lecture de DSI ?
Dresser un tableau plus ou moins complet - un complet serait une illusion de 500 pages mensuelles à 37 Euros - de l'actualité stratégique n'est pas évident. Avec 120 000 lecteurs, c'est un beau challenge ! D'où ce petit sondage : quelle est votre fréquence de lecture de DSI ?
lundi 8 septembre 2008
Retours aux classiques de la géostratégie
La Russie semble sur le point de renforcer considérablement ses liens militaires avec le Vénézuela, dépassant de loin les ventes d'armes déjà effectuées ou encore en cours de négociation. On a ainsi appris que Moscou envisageait de baser des appareils de patrouille maritime à long rayon d'action au Venezuela mais aussi que la marine russe devrait effectuer une croisière vers le pays au mois de novembre, comprenant notamment un croiseur nucléaire de classe Ushakov.
L'ensemble témoigne d'une géostratégie complexe de la part de Moscou. Si Cuba avait refusé que soient basé dans l'île des bombardiers russes - après que Moscou eut pris ombrage de la signature de l'accord américano-polonais sur les ABM et qu'un général russe ait évoqué cette possibilité - le Venezuela constitue une bonne base arrière pour Moscou :
- Elle est ainsi en mesure de parasiter le travail des marines de l'OTAN opérant dans le cadre de missions anti-narcotiques dans la zone, notamment depuis les Antilles néerlandaises et ainsi de manifester visiblement sa présence ;
- Elle dispose d'un bon prétexte à la modernisation de bases aériennes qui pourraient servir dans le cadre de manoeuvres de crise ultérieures. Les Il-38 May et Tu-142 Bear nécessitent en effet de longues pistes... tout comme les bombardiers Tu-95 et Tu-160. Moscou élargit donc son enveloppe d'options stratégiques dans la région et peut jouer sur la crainte d'un positionnement à long terme dans une zone que les Américains, avec la recréation de la 4ème Flotte, entendent dominer ;
- L'installation pérenne d'appareils de patrouille maritime peut "couvrir" le Venezuela pendant la période de montée en puissance de ses forces sous-marines, cherchant ainsi à dissuader les Etats-Unis d'une frappe préemptive - que Caracas estime réelle - contre les capacités venezuéliennes ;
- Ultimement, Moscou poursuit sont travail d'encerclement stratégique d'une Europe qui reste l'enjeu majeur de ses ambitions actuelles. Une nouvelle croisière du groupe aéronaval du Kuzntesov jusqu'à Tartous (Syrie) et la mer Noire était ainsi envisagée. A une échelle plus globale, on notera également que le nouveau White paper japonais a été présenté hier et s'inquiète de l'augmentation rapide du nombre d'exercices menés par les forces aériennes et navales russes (y compris de SNA) à proximité de ses eaux territoriales et de son espace aérien.
L'ensemble témoigne d'une géostratégie complexe de la part de Moscou. Si Cuba avait refusé que soient basé dans l'île des bombardiers russes - après que Moscou eut pris ombrage de la signature de l'accord américano-polonais sur les ABM et qu'un général russe ait évoqué cette possibilité - le Venezuela constitue une bonne base arrière pour Moscou :
- Elle est ainsi en mesure de parasiter le travail des marines de l'OTAN opérant dans le cadre de missions anti-narcotiques dans la zone, notamment depuis les Antilles néerlandaises et ainsi de manifester visiblement sa présence ;
- Elle dispose d'un bon prétexte à la modernisation de bases aériennes qui pourraient servir dans le cadre de manoeuvres de crise ultérieures. Les Il-38 May et Tu-142 Bear nécessitent en effet de longues pistes... tout comme les bombardiers Tu-95 et Tu-160. Moscou élargit donc son enveloppe d'options stratégiques dans la région et peut jouer sur la crainte d'un positionnement à long terme dans une zone que les Américains, avec la recréation de la 4ème Flotte, entendent dominer ;
- L'installation pérenne d'appareils de patrouille maritime peut "couvrir" le Venezuela pendant la période de montée en puissance de ses forces sous-marines, cherchant ainsi à dissuader les Etats-Unis d'une frappe préemptive - que Caracas estime réelle - contre les capacités venezuéliennes ;
- Ultimement, Moscou poursuit sont travail d'encerclement stratégique d'une Europe qui reste l'enjeu majeur de ses ambitions actuelles. Une nouvelle croisière du groupe aéronaval du Kuzntesov jusqu'à Tartous (Syrie) et la mer Noire était ainsi envisagée. A une échelle plus globale, on notera également que le nouveau White paper japonais a été présenté hier et s'inquiète de l'augmentation rapide du nombre d'exercices menés par les forces aériennes et navales russes (y compris de SNA) à proximité de ses eaux territoriales et de son espace aérien.
Libellés :
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Nouveaux retards pour l'A400M
L'A400M n'effectuerait pas son premier vol avant fin décembre, voire début janvier, au lieu de l'automne comme prévu jusque-là, selon nos confrètes de Air & Cosmos. En cause, le banc de test volant, toujours immobilisé au sol. Le C-130 de la compagnie Marshall Aerospace sur lequel a été monté un moteur du futur avion de transport militaire connaît en effet des problèmes de vibrations et d'échauffement. A toute chose malheur est bon, le moteur de l'A400M, premier turbopropulseur conçu en Europe depuis très longtemps, a rattrapé son retard en engrangeant les heures d'essais au sol.
La première livraison de l'avion, qui a été commandé à 192 exemplaires, a été reportée au deuxième semestre de 2010, avec au moins six mois de retard. Ce qui ne va pas sans poser de sérieux soucis aux armées européennes, dont le déficit en aéromobilité est l'un des handicaps majeurs.
La première livraison de l'avion, qui a été commandé à 192 exemplaires, a été reportée au deuxième semestre de 2010, avec au moins six mois de retard. Ce qui ne va pas sans poser de sérieux soucis aux armées européennes, dont le déficit en aéromobilité est l'un des handicaps majeurs.
vendredi 5 septembre 2008
"La bureaucratie aura raison des armées"
Si Paris-Match a sans doute fait plus que personne pour décrédibiliser la liberté de la presse, Jean Guisnel vient par contre de rendre à cette dernière ses lettres de noblesse. Le problème tourne autour du VBHM et des bâtons dans les roues mis à son acquisition. A lire ici.Gros malaise
François Duran a un gros malaise, que je partage entièrement. La forme est celle d'un "coup de gueule" mais le fond mérite d'être lu. Il nous rappelle ainsi que tout engagement d'une force ne doit pas se faire "à moitié" mais aussi que la vulnérabilité provient souvent de notre propre incapacité à la discerner.
Je parle ici du reportage effectué par Paris-Match et dont les télévisions belges et françaises se sont gargarisées, assénant à un public non-préparé - ce qui revient à programmer du porno en prime-time - au nom d'une liberté de l'information qui semble malheureusement perdre ses fondements. Où était donc la critique ?
Je parle ici du reportage effectué par Paris-Match et dont les télévisions belges et françaises se sont gargarisées, assénant à un public non-préparé - ce qui revient à programmer du porno en prime-time - au nom d'une liberté de l'information qui semble malheureusement perdre ses fondements. Où était donc la critique ?
jeudi 4 septembre 2008
Maintenance des VBCI : 53 millions/an
La DGA a notifié le 29 août 2008 à Nexter le marché de soutien logistique du futur parc des VBCI. Le contrat, qui court de mi-2009 à 2015, s’élève à 320 M€ TTC. Le marché contient de nombreuses dispositions innovantes :
- engagement sur un taux de disponibilité atteignant 95 % sur les théâtres extérieurs ;
- rémunération variable en fonction de l’utilisation des véhicules ;
- livraison des pièces de rechange directement dans les ateliers de maintenance métropolitains de l’armée de Terre, limitant le volume des stocks militaires ;
- dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle politique d’emploi et de gestion des parcs (PEGP), prise en charge sur place par Nexter de la totalité de la maintenance des VBCI affectés dans les camps d’entraînement de l’armée de Terre.
- engagement sur un taux de disponibilité atteignant 95 % sur les théâtres extérieurs ;
- rémunération variable en fonction de l’utilisation des véhicules ;
- livraison des pièces de rechange directement dans les ateliers de maintenance métropolitains de l’armée de Terre, limitant le volume des stocks militaires ;
- dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle politique d’emploi et de gestion des parcs (PEGP), prise en charge sur place par Nexter de la totalité de la maintenance des VBCI affectés dans les camps d’entraînement de l’armée de Terre.
Voilier français piraté : la Marine prête à la contre-attaque
Les moyens militaires français présents dans le golfe d'Aden, notamment une frégate de la Marine nationale, et à Djibouti, sont "prêts" à une éventuelle "mission" après la capture par des pirates au large de la Somalie d'un voilier avec deux Français à bord.
Ces différents moyens militaires sont "prêts à remplir les missions qui leur seront confiées", a poursuivi le porte-parole de l'EMA, selon qui le "plan pirate mer n'a pas été déclenché". Il a par ailleurs souligné que "l'on n'est pas du tout actuellement dans (la) configuration" de l'intervention menée en avril pour la libération du Ponant.
Ces différents moyens militaires sont "prêts à remplir les missions qui leur seront confiées", a poursuivi le porte-parole de l'EMA, selon qui le "plan pirate mer n'a pas été déclenché". Il a par ailleurs souligné que "l'on n'est pas du tout actuellement dans (la) configuration" de l'intervention menée en avril pour la libération du Ponant.
Le grand jeu continue : l'OTAN va reconstruire les forces géorgiennes
Le secrétaire général de l'OTAN va effectuer une visite à Tbilissi, les 15 et 16 septembre, afin d'y rencontrer le président géorgien. Il a d'ores et déjà été indiqué que la visite serait le prélude d'une reconstruction des forces géorgiennes. Elles ont très durement touchées par la guerre :
- la 4ème brigade, la plus puissante, a été virtuellement anéantie, de même que la marine et la force aérienne ;
- seule la 1ere brigade, seule considérée comme réellement formée aux standards OTAN et rapatriée d'urgence d'Irak par des appareils US, peut véritablement constituer le noyau d'une remontée en puissance (un dossier complet sur la guerre et ses leçons sera disponible dans le prochain DSI).
On ne connaît pas encore les "chantiers" auxquels l'OTAN va s'atteler. Un projet de patrouille d'AWACS, apparement envisagé, a été écarté. L'Allemagne, la France, les Etats-Unis et Israël avaient participé à la formation des forces géorgiennes. En tout état de cause, Bruxelles n'a manifestement pas l'intention de laisser tomber ainsi son pivot géopolitique préféré du Caucase...
- la 4ème brigade, la plus puissante, a été virtuellement anéantie, de même que la marine et la force aérienne ;
- seule la 1ere brigade, seule considérée comme réellement formée aux standards OTAN et rapatriée d'urgence d'Irak par des appareils US, peut véritablement constituer le noyau d'une remontée en puissance (un dossier complet sur la guerre et ses leçons sera disponible dans le prochain DSI).
On ne connaît pas encore les "chantiers" auxquels l'OTAN va s'atteler. Un projet de patrouille d'AWACS, apparement envisagé, a été écarté. L'Allemagne, la France, les Etats-Unis et Israël avaient participé à la formation des forces géorgiennes. En tout état de cause, Bruxelles n'a manifestement pas l'intention de laisser tomber ainsi son pivot géopolitique préféré du Caucase...
"on ne peut pas jouer avec la vie des hommes"
La mort d'un casque bleu belge, Stefaan Vanpeteghem, alors qu'il effectuait une mission de déminage est tragique - c'est notre 4ème perte au cours de cette mission. Respect et honneur donc à lui et à sa famille.
Mais je dois confesser mon étonnement (écoeurement est moins politiquement correct mais plus exact) à voir la réaction de certains parlementaires qui instrumentalisent sa mort dans le cadre de la polémique sur l'engagement de soldats belges en Afghanistan, que ce soit via Guardian Falcon (l'envoi de 4 F-16) ou la future mission de formation de troupes de l'ANA. Certes, il y a polémique et c'est bien : on discute beaucoup trop peu de défense en Belgique et nos hommes politiques n'y sont pas préparés, la défense étant traditionnellement déconsidérée.
Mais de là à comparer deux missions différentes et à s'appuyer sur la mort d'un homme engagé dans une mission que tous les partis politiques avaient appuyé - dans un contexte où l'on avait engagé les forces au Liban pour éviter qu'elles le soient en Afghanistan - pour renforcer ses arguments politiques (on ne parle pas ici de politique de défense, plutôt de "politique politicienne") et il y a comme un problème.
Hasard des choses, De Morgen publie ce matin une op-ed de ma plume sur la question de l'engagement en Afghanistan où j'indique que la préparation ne doit pas uniquement être d'ordre matérielle mais aussi d'ordre moral. Pas au plan militaire - je n'ai pas trop de souçis là-dessus - mais bien au plan politique.
Mais je dois confesser mon étonnement (écoeurement est moins politiquement correct mais plus exact) à voir la réaction de certains parlementaires qui instrumentalisent sa mort dans le cadre de la polémique sur l'engagement de soldats belges en Afghanistan, que ce soit via Guardian Falcon (l'envoi de 4 F-16) ou la future mission de formation de troupes de l'ANA. Certes, il y a polémique et c'est bien : on discute beaucoup trop peu de défense en Belgique et nos hommes politiques n'y sont pas préparés, la défense étant traditionnellement déconsidérée.
Mais de là à comparer deux missions différentes et à s'appuyer sur la mort d'un homme engagé dans une mission que tous les partis politiques avaient appuyé - dans un contexte où l'on avait engagé les forces au Liban pour éviter qu'elles le soient en Afghanistan - pour renforcer ses arguments politiques (on ne parle pas ici de politique de défense, plutôt de "politique politicienne") et il y a comme un problème.
Hasard des choses, De Morgen publie ce matin une op-ed de ma plume sur la question de l'engagement en Afghanistan où j'indique que la préparation ne doit pas uniquement être d'ordre matérielle mais aussi d'ordre moral. Pas au plan militaire - je n'ai pas trop de souçis là-dessus - mais bien au plan politique.
mercredi 3 septembre 2008
Y'a colloque : aux agendas !
Le Club Participation & Progrès organise le 29 septembre, à l'EHESS et de 0900 à 1800, un colloque sur le thème "La politique industrielle d'armement et de défense de la 5ème République : évolution, bilan, perspectives". L'entrée est gratuite mais il faut s'inscrire. Renseignements et contacts ici !
mardi 2 septembre 2008
L'ancien patron de la DRM tire la sonette d'alarme
Le général Masson, qui vient de quitter le commandement de la Direction du Renseignement Militaire au profit du général Pugat, a accordé une interview à nos confrères de Sécurité Globale dont les grands traits ont été résumés par Jean Guisnel.
L'interview confirme un certain nombre d'appréhensions et de nuances face à la rhétorique officielle de la priorité mise sur le renseignement, dont nous faisaient part des opérationnels de la DRM dans le cadre de la préparation de l'article sur cette thématique que la rédaction a réalisé pour le dernier numéro de DSI, actuellement en vente. Réductions capacitaires en termes de capacité d'analyse et réductions budgétaires étaient notamment en cause.
L'interview confirme un certain nombre d'appréhensions et de nuances face à la rhétorique officielle de la priorité mise sur le renseignement, dont nous faisaient part des opérationnels de la DRM dans le cadre de la préparation de l'article sur cette thématique que la rédaction a réalisé pour le dernier numéro de DSI, actuellement en vente. Réductions capacitaires en termes de capacité d'analyse et réductions budgétaires étaient notamment en cause.
Le dernier Typhoon reprend la mer
Selon les presses russe et norvégienne, la modernisation du Dmitri Donskoi, le dernier sous-marin nucléaire lanceur d’engins de la classe Typhoon encore opérationnel (sur les 6 construits), a repris la mer fin août. Le bâtiment a connu une remise à niveau d’une durée de 10 ans (!) aux chantiers navals Sevmash.
Le statut exact du navire n’est pas connu mais il semble qu’après avoir mené les dernier tests de qualification du SS-N-30 Bulava (version "navalisée" du SS-27 Topol-M), en septembre-octobre de cette année, il soit pleinement réintégré à la VMF (marine).
Le statut exact du navire n’est pas connu mais il semble qu’après avoir mené les dernier tests de qualification du SS-N-30 Bulava (version "navalisée" du SS-27 Topol-M), en septembre-octobre de cette année, il soit pleinement réintégré à la VMF (marine).
lundi 1 septembre 2008
DSI-T 13 : le sommaire
En kiosque le 10 septembre
Editorial
Les élémentaires
Focus
Sonars de coque des frégates ASM. Les subtilités de la détection
Par Véronique Sartini
Entretien
Quelques réflexions tirées de Flottes de combat 2008
Avec Bernard Prézelin
Tendances
Entretien
Israël dans son environnement
Avec le général Ephraïm Lapid
Tendances
La future reconnaissance satellitaire française
Par Jean-Louis Promé
Marine et aéronavales
Analyse
Les UUV font surface
Par Philippe Langloit
Actualité
Porte-avions : les déboires indiens
Par Joseph Henrotin
Focus
Un œil sur la mer
Par Jean-Jacques Mercier
Focus
SM-6 : l’art de la déclinaison
Par Jean-Jacques Mercier
Actualité
Dozorny/Gorshkov. Une nouvelle frégate pour la Russie
Par Philippe Langloit
Analyse
L’E-2C dans l’aéronautique navale française
Par Jean-Louis Promé
Analyse
Flotte sous-marine japonaise : la plus dynamique du monde ?
Par Joseph Henrotin
Carte
Les sous-marins dans le monde
Focus
Type 214 : le dernier sous-marin allemand ?
Par Joseph Henrotin et Jean-Jacques Mercier
Focus
Les Floreal sont de toute saison
Par Jean-Jacques Mercier
Focus
Le MICA VL en protection de la flotte
Par Jean-Louis Promé
Actualité
Harpoon : du Block II au Block III
Par Philippe Langloit
Actualité
Le Brahmos passe en hypersonique
Par Philippe Langloit
Analyse
Chine : vers une montée en puissance des capacités amphibies ?
Par Joseph Henrotin
Prospective
BAMS : vers la surveillance persistante ?
Par Joseph Henrotin
Aéroterrestre
Focus
A-67, une surprise dans le COIN
Par Joseph Henrotin
Focus
GBU-39/40 SDB : une petite révolution dans les opérations de frappe
Par Philippe Langloit
Reportage
Farnborough 2008 : quand l’aéronautique engage son virage historique
Par Antoine Philippe
Focus
L’A400m effectue son roll-out
Par Jean-Jacques Mercier
Point de vue
Livre Blanc et adaptation
Par le général de division Vincent Desportes
Tableau
Panzerfaust ! La gamme Dynamit Nobel
Par Jean-Jacques Mercier
Analyse
Le Pulsed Energy Projectile et le futur des armes antipersonnels
Par Georges-Henri Bricet des Vallons
Tableau
Les missiles antichars au Moyen-Orient
Par Philippe Langloit
Actualité
L’Armoured Multirol Carrier de Renault Truck Defense. Un concept ouvert
Par Stéphane Ferrard
Analyse
Le combat blindé dans l’espace de bataille numérisé. Enjeux et bénéfices de la maîtrise de l’information
Par Valéry Rousset
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