vendredi 29 août 2008

Finalement, mettez-m'en 3 !

Dans un spectaculaire revirement de situation, l’US Navy pourrait finalement s’orienter vers la construction de 3 destroyers DDG-1000 mais aussi et simultanément vers la construction de 8 destroyers DDG-51 largement modifiés. Cette évolution intervient alors que des rapports faisaient état de la volonté de l’US Navy d’annuler purement et simplement le programme Zumwalt, dont deux navires sont pour l’heure financés.

Par contre, des technologies développées dans ce cadre pourraient être utilisées au profit des nouveaux bâtiments de la classe Burke. Les premiers rapports font état de navires du Flight IIA qui pourraient être dotés des canons AGS de 155 mm en lieu et place de celui de 127 mm sur la plage avant.

Cependant, de tels projets pourraient être contrecarrés par la masse des nouveaux équipements, qui nécessiteraient l’enlèvement… des puits de lancements verticaux installés à l’avant du bâtiment. Ce faisant, les nouveaux Burke ne pourraient plus embarquer que 120 obus, contre 600 pour un Zumwalt. Dans le même temps, la Navy compte bien que ses nouveaux Burke soient moins chers.

Elle compte ainsi sur l’automatisation des navires afin de soulager ses dépenses de fonctionnement, estimées annuellement à 25 millions de dollars pour un Burke, dont 13 sont alloués à l’équipage de 300 personnes.

DSI n°40 : le sommaire

Sommaire DSI n°40, septembre 2008


Editorial
Agenda
Veille contre-terroriste
Contrats du mois
Veille stratégique : les 192 événements qui ont fait l’actualité stratégique des mois de juillet et août
SITREP : Guerre en Géorgie
La chronique de Carl von C. : « Cau(ca)se toujours ! »

Points de vue

« La protection est aussi une affaire de chefs »
Entretien avec le général Elrick Irastorza, Chef d’état-major de l’armée de Terre

« Je serai très attentif à la cadence de production du Rafale »
Entretien avec le général Stéphane Abrial, Chef d’état-major de l’armée de l’Air

« Notre administration doit être plus performante »
Entretien avec l’amiral Pierre-François Forissier, chef d’état-major de la Marine

« La loi sur la gendarmerie garantira son essence militaire »
Entretien avec le général d'armée Roland Gilles, Directeur Général de la Gendarmerie Nationale

Commentaires

Livre blanc sur la Défense, une espérance déçue ?
Par la rédaction

Carte militaire : la France bouleversée ?
Par Philippe Langloit,, chargé de recherche au CAPRI

Renseignement, la priorité sectorielle n°1 du Livre blanc
Par Jean-Jacques Mercier, expert en systèmes d’armes

Qu’est-ce que la sécurité ?
Par Carl von C., chroniqueur

Le Livre blanc vu d’ailleurs
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit

La pensée stratégique française de défense, quelle influence ?
Par Olivier Zajec, Compagnie Européenne d’Intelligence Stratégique

Technologie & Armement

Les mutations de la DGA : vers plus d’efficacité ?
Questions à l’ingénieur général Laurent Giovachini, adjoint opérations du Délégué général pour l’armement

Livre blanc : quels impacts sur la flotte ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

L’armée de l’Air de 2025 : quelles capacités ?
Par Philippe Langloit et Jean-Jacques Mercier

Des blindés médians, « à toutes les sauces »
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

LHD/BPC classe Mistral/Le développement des capacités amphibies françaises
Dassault Aviation Mirage 2000D/Le Mirage III, avion de légende
GIAT Industries (Nexter) AUF-1/2/Le retour de l’artillerie

Critiques de lectures
Flottes de combat 2008 de Bernard Prézelin
Espions et terroristes de Jean-Jacques Cécile
L’obsession des frontières de Michel Foucher
La technologie militaire en question. Le cas américain de Joseph Henrotin
Strategic Studies Quarterly, Vol.2, n°2, summer 2008
Enjeux de la propulsion solide de missiles balistiques de Bruno Gruselle

mercredi 27 août 2008

Carburants : l'US Air Force toujours en avance

C'est passé relativement inaperçu mais l'USAF vient de faire voler un F-15 à Mach 2,2. Rien de plus normal sauf que le carburant utilisé était à 50% synthétique, utilisant notamment du gaz naturel. Selon les pilotes, il n'y aurait aucune différence entre ces carburants et un chargement uniquement composé de JP-8. L'USAF poursuit ainsi avec succès son ambitieux programme de réduction de sa dépendance au kérozène.

Ma question sera sans doute idiote. Mais la recherche en ces domaines et en ces temps de contraction budgétaire me semble être digne non seulement de faire faire des économies sur les budgets "opération" mais aussi de maintenir l'entraînement de nos personnels à un haut niveau (la hausse des coûts de carburant a entrainé des annulations d'entraînements) tout en permettant de s'affranchir, au moins partiellement, d'une dépendance énergétique qui peut coûter très cher, politiquement.

Aussi, ne serait-ce pas plus utile de se concentrer sur ce qui pourrait se concevoir comme le sang de nos armées, plutôt que sur des percées dans le domaine des radars trans-horizon ou celui des antimissiles de défense de territoire ? Certes, sans radars, vous êtes en danger. Mais sans carburant, vous êtes en danger et vous ne pouvez plus bouger. A bien choisir...

mardi 26 août 2008

Les Cahiers du RMES sont en ligne

Les Cahiers du RMES nouveau et leurs 214 pages sont publiés. Comme d'habitude, ils sont librement et gratuitement accessibles en ligne (cliquez ici). En voici le sommaire :

Heated Terror: Exploration of the Possible Impacts of Climate Change on The Causes and The Targets of terrorism
Par Thomas Renard

A l'heure du nouveau Livre Blanc et de la présidence française de l'UE, la France doit-elle réintégrer l'OTAN?
Par Pierre Pascallon

Les Etats-Unis et le nouvel ordre mondial émergent
Par Tanguy Struye de Swielande

Adaptation et contre-adaptation au défi du caractère évolutif de la guerre. Un aperçu des débats français
Par Joseph Henrotin

L'objet évanescent d'une théorie improbable: le terrorisme et les sciences sociales
Par Ami-Jacques Rapin

Et on remet le couvert

D'ici à deux mois, c'est pas moins de 474 pages que la rédaction va vous concocter : les DSI d'octobre et novembre (n°41 et 42) ; le DSI-T de novembre-décembre ; le DSI hors-série n°4, consacré à Euronaval et les trois Show Dailies pour le salon. Just keep on going : heureusement, un "petit nouveau" - qui ne l'est pas tant que cela et qui n'est certainement pas des moindres - devrait nous rejoindre prochainement.
D'ici là, les DSI's Angels mettent la dernière main au prochain et premier DSI-T, qui ne devrait pas vous décevoir. L'équipe en est assez fière - il faut dire que reconfigurer tout un magazine en moins de 2 mois, vacances comprises, et d'être légèrement en avance sur le planning est une véritable gageure ! - et on espère qu'il recevra le meilleur accueil. En l'occurrence, il devrait être dans les kiosques le 10 septembre.

lundi 25 août 2008

Résilience : une mécanique complexe

C'en est presque le post rêvé pour quelqu'un comme moi, plongé en plein bouclage et qui n'a pas énormément de temps - me permettant ainsi de répondre à la question de Thomas (le rire participe-t-il de la résilience se demandait-il en nous présentant l'hilarante vidéo d'Achmed, le terroriste mort) et d'Olivier (la résilience ne se forge-t-elle pas d'abord dans la "pratique" ?).

Les réponses à ces questions sont complexes, précisément parce qu'elles nous engagent à bâtir une défense au plan psychologique, au coeur même, finalement, de la stratégie en tant qu'art de la dialectique des volontés opposées. Aussi, le recours à l'histoire nous éclaire-t-il, une fois de plus. En fait, il y a effectivement moyen d'augmenter la probabilité de voir une résilience émerger. Celle-ci est en effet "virtuelle" : on ne peut la mesurer que par approches successives (quoique les travaux de G. Verleye à Gent soient rès intéressants) et seule la réalisation effective d'une attaque permettra de véritablement la mesurer.

Ce qui tend à démontrer que la seule multiplication des attaques ne renforce pas nécessairement la résilience. C'est bien généralement l'effet de surprise qui est en jeux. Il démultiplie la perception d'un choc. Exemple typique, les raids allemands sur Londres en 1917 avaient causé un grand émoi malgré la faiblesse des dégâts causés. En fait, toutes les représentations britanniques d'une Grande-Bretagne invulnérable du fait de son statut d'île s'effondraient. Mais, dans les années qui suivirent, cette nouvelle donne a été prise en compte.

Résultat, les débats stratégiques envisageaient la guerre sous un angle parfaitement apocalyptique, laissant entrevoir des raids massifs d'aviation utilisant des armes chimiques. A cette époque, la presse faisait souvent état de ces débats. Quasiment tous les père de famille (Britanniques mais aussi Belges) avaient alors reçu des petits manuels de formation. Aussi, les Britannique seront presque soulagés de voir des attaques allemandes conventionnelles durant le Blitz. La résilience découlera, là, d'une réelle exposition au feu mais également d'une préparation préalable, le Britanniques ayant parfaitement assimilé les représentations du combat.

Or, pour en revenir à notre époque, ces représentations ne sont plus du tout assimilées. Non seulement notre rapport à la mort à changé - charriant avec lui l'émergence d'une politique compassionnelle - mais l'information stratégique est déficitaire. Pour faire simple, personne n'ose parler des mauvaises nouvelles. D'où aussi, un peu, le succès d'Achmed mais qui me semble à double trenchant. Certes il dégonfle la baudruche de nos peurs (bon point) mais il pourrait aussi avoir des effets dévastateurs sur une population non informée qui aurait définitivement fait une croix sur la menace... et serait d'autant plus surprise lors de sa réalisation.

C'est évidemment schématique. Mais cela signifie que pou utiliser Achmed dans une stratégie contre-terroriste, il faut une information préalable. Idem dans le cas européen, actuellement. L'on ne meurt plus que pour ce qui est perçu comme en vallant la peine (pour un type de la Drôme, en 1812, quel est l'intérêt de mourir pour Alger ? Mais il mourrait quand même et l'opinion ne s'en émeuvait guère).

Pour un pays qui ne connaît plus de terrorisme de façon mensuelle (comme l'Espagne, qui a bien résisté aux attaques de Madrid), l'information est donc la clé du problème comme celle d'une formation de la résilience. Sans elle, il y a fort à craindre que la seule expérience ne soit insuffisante : nos mémoires sont décidément trop courtes pour celà...

vendredi 22 août 2008

Le Grand Charles flotte à nouveau

L'étape est symbolique pour les industriels comme pour les marins : le Charles de Gaulle est sorti de son bassin pour rejoindre le quai Vauban, où se dérouleront les prochaines étapes de son IPER. De facto, les étapes les plus délicates - en particulier, le changement de 32 éléments combusibles des réacteurs nucléaires - sont considérées non seulement comme passées mais également comme réussis dans les temps.

C'est fin novembre que le porte-avions sera remis à la Marine nationale pour qu'une campagne de qualification soit menée selon les standards OTAN (comme depuis de longues années), permettant tant d'entraîner l'équipage que de vérifier le bon fonctionnement des systèmes du navire. Le bâtiment sera à nouveau considéré comme disponible "au printemps 2009". Ce qui peut aussi bien s'interpréter, remarquent les opérationnels, comme mars ou... mi-juin. D'ici là, pas question d'un départ "en urgence", dans l'hypothèse d'une crise, par exemple.

De nombreuses modifications ont été opérées. En plus des travaux portant sur les réacteurs - le changement des coeurs nécessitant une expertise différente de celle utilisée pour le déchargement/chargement des sous-marins - le bâtiment aura également été repeint (nécesitant 40 tonnes de peinture) et des modifications apportées aussi bien au système de combat qu'aux soutes à munitions, complètement revues. Les canaux des catapultes ont été ouverts et l'ensemble des systèmes vérifiés, de fond en comble. La liste n'est pas exhaustive : en tout et pour tout, 80 000 tâches sont planifiées pour l'IPER, représentant 2 530 000 heures de travail.

L'ensemble aura été planifié pendant 3 ans. Le bâtiment accueillera ainsi le banc d'essais Mermoz II (soutien du Rafale F3) et des soutes à munitions redessinées et permettant d'emporter l'ASMP-A comme le missile de croisière SCALP-EG. Les transmissions ont été revues de fond en comble : 80 km de câbles ont été installés, de même que de nouvelles baies de télécommunication par satellite, permettant de travailler avec le système Syracuse III. En plus de modiciations logicielles au système de combat, un nouveau centre de renseignement a été installé. Il permettra de pleinement bénéficier des données recueillies par les nacelles Reco NG. Les systèmes radar ont également été entretenus, voire démontés.

La visite du navire montre le vaste chantier ainsi entrepris : câbles et buses souples de ventilation encombrent les coursives. L'équipage dans son ensemble - 1 200 personnes - a été mis à contribution, permettant ainsi d'économiser, selon des responsables, de l'ordre de 50 % du coût de la main d'oeuvre nécessaire à l'IPER. Cette dernière est quant à elle estimée à 300 millions d'euros. A bord, l'ambiance est à la fierté : la tâche est complexe mais elle a été menée à bien dans les temps.
La tactique viendra après : aux questions des enseignements retirés de la frappe du Hezbollah sur le Hanit et des opérations navales pendant la guerre d'Ossétie, les opérationnels nous indiquent qu'il y a un temps pour tout. Mais que la réflexion ne s'arrête jamais. De fait, la marine tient à ses bijoux - on la comprend. Ainsi, la sélection des commandants est particulièrement rigoureuse : un "pool" des candidats les plus sérieux est constitué avant que l'un d'entre eux soit choisi. L'extrême crème de la crème.

C'était aussi pour nous l'occasion de rencontrer de nombreux responsables, de même que le très sympathique commandant du bâtiment. Nous avons notamment discuté futur de l'aéronautique navale, propulsion nucléaire d'un évntuel PA2 et autoprotection. Découvrez leurs interviews dans nos prochains numéros de DSI, DSI-T et nos dailies Euronaval !

jeudi 21 août 2008

Ethique et armes

Un ami me demande ce que signifie encore l'éthique aujourd'hui, dans le milieu militaire. J'ai répondu à sa question mais n'ai pu m'empêcher de terminer par les articles 6 et, peut être plus encore de l'article 7 du code de la Légion étrangère, qui me semblent tellement justes:

- La mission est sacrée, tu l'exécutes jusqu'au bout et si besoin, en opérations, au péril de ta vie.

- Au combat, tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus, tu n'abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés, ni tes armes.

Je me souviens de les avoir cité aussi, en 6ème (terminale), à mon professeur de français, et de l'avoir vue songeuse. Elle m'a appris beaucoup (elle avait été l'une de celle, dans un recoin du secrétariat de l'école technique, à m'engager à faire l'Université) et ce jour là, elle m'a appris plus encore : méditer sur les mots, c'est aimer le monde...

Gagner la bataille de la légitimité intérieure

L'un des éléments sans doute les plus prégnants des débats ayant suivi la mort des 10 soldats français réside dans le manque de compréhension de la population à l'égard de la mission qui leur était confiée. De facto, la pauvreté de l'information généraliste en matière stratégique a conduit à une forme de suivisme à l'égard de communiqués de l'OTAN, qui répondaient à un agenda politique propre. A savoir, mettre en avant les missions de reconstruction - mission oh combien consensuelle - pour tenter de rassembler le maximum de troupes d'un maximum d'Etats.

Or, depuis 2001-2002, la situation a considérablement évolué. L'adversaire s'est regroupé, a gagné en légitimité, a connu une montée en puissance en termes d'effectifs comme de puissance de feu et s'est lancé dans des opérations de plus en plus complexes. Rien de bien neuf là-dedans. Mais, alors que le remarquable travail effectué notamment par le CDEF a bien mis en évidence la nécessité de gagner en légitimité par rapport aux populations locales, sans doute n'avons nous pas, au plan politique cette fois, compris la nécessité de gagner également en légitimité auprès de nos populations. C'était, au demeurant, une dimension mise en évidence par Vincent Desportes dans La guerre probable.

De fait, la théorie stratégique enseigne que la vulnérabilité au "zéro mort" est plus importante lorsque les intérêts nationaux sont perçus comme moins importants. Depuis le 11 septembre, les Américains auparavant très vulnérables au moindre mort ne le sont plus guère : l'intérêt national est parfaitement compris. Mais il le reste mal dans le cas européen (j'insiste, tant des débats similaires à ceux actuellement en cours en France le sont aussi ailleurs). La phrase du LBDSN selon laquelle il faut se préparer à subir des pertes, si elle est de bon sens, apparaît donc comme finalement assez vaine, ne montrant guère comment s'y préparer. La résilience est l'une des pistes à mettre en oeuvre (JDM nous le rappelle à bon escient - peut-être a-t-il lu mon article sur le sujet dans le DSI 37) mais son coeur est la politique d'information - libre, sans manipulations d'aucune sorte et assumant les éventuels débats.

Mais l'acception qui est donnée par le LBDSN à la résilience est par trop restrictive. Elle ne prend notamment en compte les aspects liés à l'information ni à la formation (cf. DSI 39). Or, il est ici question de l'incapacité des politiques, des journalistes ou des chercheurs à mettre en évidence la nécessité de s'engager dans ce qui n'est pas une "guerre contre le terrorisme" (ce terme nous aura décidément causé beaucoup de tort) mais bien une opération de stabilisation d'une zone géopolitique sensible pour une foultitude de raisons qu'il conviendrait enfin d'expliquer correctement. De ce point de vue, on est en droit de se demander si nous n'avons pas perdu la bataille de la légitimité intérieure. Autant de points sur lesquels j'aurais l'occasion de revenir cet après-midi sur France-Info.

On the road again

Vous l'aurez constaté, je vous ai donné peu de nouvelles ces derniers temps, charge de travail oblige. Pourtant, l'engagement qui a vu 10 soldats se faire tuer m'a fait assez intensément cogiter hier soir. Derrière le respect pour les morts, la polémique qui qui s'épanouit actuellement me pose problème à plusieurs égards. J'y reviendrai, je pense, dans le courant de la journée. Pour les lecteurs mexicains parmi vous, je suis aujourd'hui, sur cette question, dans le quotidien Reforma.

En attendant, DSI est bien parti chez l'imprimeur - le numéro ne devrait pas vous décevoir - et nous mettons la dernière main au premier DSI-T... qui portera le numéro 13 ! Succédant à T&A, les abonnés à ce dernier le recevront, bien entendu, automatiquement. Je pense, également, qu'il ne devrait pas vous décevoir. Dans l'optique d'Euronaval (où il sera également distribué), il sera forcément un peu plus naval.

A ce sujet, le Charles de Gaulle est remis à l'eau demain, à Toulon. L'occasion pour l'équipe de se lever tôt pour être à 6 heures à la base navale. Photos et reportage dès demain sur ce blog !

mardi 19 août 2008

DSI 40 : petit avant-goût

Les DSI's Angels mettent actuellement la dernière touche au prochain DSI, dans les kiosques début septembre. En attendant, en voici toujours un avant-goût...

Un peu de lecture

Je ne m'en étais pas aperçu mais le dernier Penser les Ailes Françaises publie un de mes articles, assez long, "Israël et l'approche synergistique en stratégie aérienne, de la guerre du Kippour à Paix en Galilée". A lire ici.

Afghanistan : un engagement contre les Talibans aurait fait 10 morts français

Selon Le Point et l'AFP, des combats très durs ayant duré 3 heures ont eu lieu à Saroubi, à 50 km de Kaboul, entre des forces françaises appartenant notamment au 8ème RPIMa et des talibans.

Ils auraient fait 10 morts et 10 blessés graves dans les rangs français, information que ne confirme pas encore le ministère de la défense. Un C-135 en configuration MORPHEE (module hôpital volant) serait sur le point de partir de la base d'Istres.

Quatorze soldats français sont déjà morts en Afghanistan depuis 2001, au combat, au cours d'attentats ou lors d'accidents.

Addendum : le Morphée devrait avoir quitté Istres. Jean Guisnel donne plus de renseignements sur les conditions de l'engagement ici.

"The A" is blogging

Grand admirateur de Depeche Mode et de U2 devant l'éternel Alain "The A" De Neve est aussi et surtout un chercheur (IRSD et doctorant UCL) qui a un solide paquet d'articles et de livres derrière lui.

C'est lui qui avait patiemment contacté ce qui allait devenir la joyeuse bande du RMES à cette époque héroïque de 2003 où travailler sur les études stratégiques vous vallait, au mieux, un regard condescendant (ça ne nous rajeunit pas !).

Et bien, ça y est, il s'est mis à bloguer : ses réflexions (dont celles sur la Géorgie - sachant qu'il a pas mal travaillé sur l'évolution de l'OSCE) sont à lire ici.

lundi 18 août 2008

JTFEX : les chiffres

Le JTFEX (Joint Tactical Force Expeditionary Exercice) qui s'est déroulé du 28 juin au 1er août 2008 en Virginie (Etats-Unis) a vue, pour la première fois, l"intégration de l’aéronautique navale française au sein d’un groupe aérien américain pendant plusieurs jours.

Cet exercice, avait, du coté français, deux principaux objectifs : maintenir les qualifications des pilotes de la Marine nationale pendant la période d’indisponibilité du porte-avions Charles de Gaulle et élever le niveau d’interopérabilité technique des deux marines.

6 Rafale Marine F2 de la flottille 12F de Landivisiau et 2 Hawkeye de la flottille 4F de Lann-Bihoué, ont participé à cet exercice, qui s'est déroulé comme suit :

- période d’entrainement et de qualification à partir de la base aéronavale de Norfolk pendant 2 semaines : vols avec les flottilles américaines, appontages simulés sur piste de jour et de nuit, puis réels à bord.

- embarquement sur le porte-avions américain Theodore Roosevelt de 5 Rafale (du 17 au 23 juillet) : missions de combats aériens, vols tactiques à plusieurs avions sous opposition, contrôle de chasse et de « close air support » (appui aérien de troupes au sol).

Bilan chiffré :

- 150 appontages réalisés, dont un tiers de nuit.
- Une centaine de missions d’assauts, de «sweep» (combat aérien), d’appui aérien
(Rafale), de contrôle tactique, de théâtres ou encore de guidage d’interception
(Hawkeye).
- Rafale : 480 heures de vol. Tous les objectifs d’entrainements tactiques et
d’appontage ont été atteints.
- Hawkeye : 135 heures de vol.

jeudi 14 août 2008

Géorgie : les enjeux

Tanguy Struye et Alain De Neve ont fait paraître ce matin une op-ed dans La Libre Belgique sur le conflit géorgien : à lire ici. Notons l'importance qui y est donnée à l'influence stratégique en mer noire.

Beau mouvement

La guerre est décidément la continuation de la politique par d'autres moyens. Dans le cas géorgien, alors que la situation n'est toujours pas claire, les Etats-Unis ont opéré un mouvement qui me semble absolument remarquable, au travers de la dernière déclaration de G.W. Bush.

En indiquant que les forces US allaient envoyer une aide humanitaire en Géorgie (sachant qu'il avait vigoureusement condamné la réponse russe sans mettre en évidence le rôle géorgien), il veut contraindre la Russie à l'arrêt des opérations.

L'équation est simple : des C-17 dans les airs et des militaires US au sol, c'est faire courrir le risque de pertes collétarales américaines et de solides complications militaro-diplomatiques en perspective. Le tout, en n'évoquant nullement la perspective d'un engagement US en Géorgie. Au final, le meilleur soutien imaginable dans l'équation stratégique actuelle.

mercredi 13 août 2008

Le chiffre du jour

85 milliards de dollars. C'est le coût de l'emploi de contractors en Irak, de 2003 à 2007, selon un rapport du Congressionnal Budget Office américain :

- From 2003 through 2007, and converting the funding into 2008 dollars, U.S. agencies awarded $85 billion in contracts for work to be principally performed in the Iraq theater, accounting for almost 20 percent of funding for operations in Iraq. Including funding for 2008 itself, the U.S. has likely awarded $100 billion or more for contractors in the Iraq theater.

- More than 70 percent of those obligations were for contracts performed in Iraq itself.

- Most contract obligations were for logistics support, construction, petroleum products, or food.

- Although personnel counts are rough approximations, CBO estimates that at least 190,000 contractor personnel, including subcontractors, work on U.S.-funded contracts in the Iraq theater. About 20 percent are U.S. citizens.

- The United States has used contractors during previous military operations, although not to the current extent. According to rough historical data, the ratio of about one contractor employee for every member of the U.S. armed forces in the Iraq theater is at least 2.5 times higher than the ratio during any other major U.S. conflict, although it is roughly comparable with the ratio during operations in the Balkans in the 1990s.

L'ensemble du rapport est à lire ici.

Roll-out du P-8 MMA

Ce n'est pas si fréquent de voir des appareils militaires effectuer leur roll-out et, malgré l'aspect civil de celui en photo (copyright, Boeing), il est bel et bien militaire. Le P-8 Poseidon doit remplacer les P-3C Orion de patrouille maritime de l'US Navy (108 exemplaires seraient commandés) et devrait être acheté par l'Australie. Aux dernières nouvelles l'Inde est également intéressée.

Si le programme a fait peu de vagues, avançant assez rapidement, c'est aussi que les réelles difficultés vont commencer. Il a fallu intégrer une soute à armement et des pylônes d'emport de charge ailaires à l'architecture du Boeing 737-800 et il faudra encore intégrer son système de missions. Intégration des systèmes et tests vont donc se poursuivre. Rendez-vous en 2013 pour l'Initial Operationnal Capability.

mardi 12 août 2008

Red Flag : les participants débarquent

Français, Indiens, Sud-Coréens et Suédois sont bien arrivé au Red Flag.