Si, si, votre serviteur prend (un peu) de congés. Comme demain sera une journée chargée au bureau et que mes premiers jours de vacances seront synonymes de déménagement, j'en profite pour prendre congé de vous, du moins jusqu'au 1er août.
D'ici là, j'en profite pour faire un petit effet d'annonce (et vous laisser un peu de lecture) : mon prochain ouvrage, issu en bonne partie de ma thèse, sortira en septembre chez Economica. Pas d'intégrale sur le web évidemment mais la table des matières, consultable en ligne.
Bonne lecture et à d'ici quelques jours !
jeudi 24 juillet 2008
Carte militaire
La présentation de la tèrs attenduie nouvelle carte militaire a été effectuée ce matin. JDM en dresse les grandes lignes. Quant au document dans son intégralité, il peut être consulté ici.
Le DDG-1000 annulé ?
Selon Reuters, l'US Navy aurait transmis au Congrès une demande d'annulation portant sur le programme DDG-1000 - aucune confirmation n'a encore été donnée pour l'heure. La classe Zumwalt - que nous avions analysée dans Technologie & Armement - était sous le feu des critiques de la marine US qui, jusqu'il y a un mois, recommandait de ne s'en tenir qu'à deux exemplaires sur les 7 qu'elle escomptait initialement.
Ce sont précisément ces 2 exemplaires qui seraient annulés, malgré un investissement en R&D de plus de 10 milliards de dollars. Complexe, le navire avait été critiqué pour ses dérives financières et les risques techniques induits. D'une conception de bâtiment destiné à des opérations littorales, très automatisé, semi-submersible et apte à devenir un véritable arsenal flottant, le destroyer était devenu un monstre de 14 000 tonnes à peine capable d'embarquer 80 lanceurs verticaux et destiné aux opérations en haute mer.
Ce travers doctrinal - le retour systématique à la haute mer malgré les demandes en terme de combat littoral - avait en son temps été critiqué, notamment par l'amiral Cebrowski. En tout état de cause, la Navy privilégiait depuis une bonne année le renforcement de sa flotte de destroyers de classe Burke, devenus son "pion élémentaire" en matière de combat en surface.
Notons également que l'annulation de la classe DDG-1000 pourrait avoir des conséquences sur les CG-X, futurs croiseurs destinés au remplacement des CG-49 Ticonderoga, qui devaient être dérivés des nouveaux destroyers. J'ai eu l'occasion d'analyser plus en profondeur les dérives techniciennes visibles dans le cas du Zumwalt dans mon prochain ouvrage, à paraître d'ici fin septembre.
Ce sont précisément ces 2 exemplaires qui seraient annulés, malgré un investissement en R&D de plus de 10 milliards de dollars. Complexe, le navire avait été critiqué pour ses dérives financières et les risques techniques induits. D'une conception de bâtiment destiné à des opérations littorales, très automatisé, semi-submersible et apte à devenir un véritable arsenal flottant, le destroyer était devenu un monstre de 14 000 tonnes à peine capable d'embarquer 80 lanceurs verticaux et destiné aux opérations en haute mer.
Ce travers doctrinal - le retour systématique à la haute mer malgré les demandes en terme de combat littoral - avait en son temps été critiqué, notamment par l'amiral Cebrowski. En tout état de cause, la Navy privilégiait depuis une bonne année le renforcement de sa flotte de destroyers de classe Burke, devenus son "pion élémentaire" en matière de combat en surface.
Notons également que l'annulation de la classe DDG-1000 pourrait avoir des conséquences sur les CG-X, futurs croiseurs destinés au remplacement des CG-49 Ticonderoga, qui devaient être dérivés des nouveaux destroyers. J'ai eu l'occasion d'analyser plus en profondeur les dérives techniciennes visibles dans le cas du Zumwalt dans mon prochain ouvrage, à paraître d'ici fin septembre.
mardi 22 juillet 2008
Le C-17 marque des points... et le Type 214 avec
Cette fois, c'est officiel, le Qatar et Boeing ont signé un accord portant sur la vente de 2 C-17, pour 400 millions de dollars. Le premier appareil devrait être livré durant l'été 2009. Pour faire bonne figure, l'émirat a également commandé 18 hélicoptères AW-139 pour 260 millions d'euros. Les Etats-Unis, La Grande-Bretagne, l'Australie, le Canada et l'OTAN sont déjà clients du Globemaster III.
On a également appris l'acquisition par la Turquie de 6 sous-marins AIP de Type 214 à HDW pour 2,5 milliards de dollars, coiffant ainsi au poteau DCNS et Navantia. Le Type 214, qui sera examiné dans le prochain DSI-T, a également été commandé par la Grèce et la Corée du Sud et fait l'objet d'une polémique portant notamment sur sa stabilité, son niveau de bruit et la surchauffe de ses piles à combustible.
On a également appris l'acquisition par la Turquie de 6 sous-marins AIP de Type 214 à HDW pour 2,5 milliards de dollars, coiffant ainsi au poteau DCNS et Navantia. Le Type 214, qui sera examiné dans le prochain DSI-T, a également été commandé par la Grèce et la Corée du Sud et fait l'objet d'une polémique portant notamment sur sa stabilité, son niveau de bruit et la surchauffe de ses piles à combustible.
L'Afghanistan est-il perdu ?
La dernière interview de Gérard Chaliand, indiquant que "La victoire de l'OTAN en Afghanistan est impossible" fait pas mal de bruit et prête, en tous cas, à réfléchir. Sur le fond, son analyse est simple et limpide :
- nous n'avons pas suffisament investi le théâtre des opérations de 2002 à 2004-5 ;
- le dispositif pashtoune a eu le temps de se reconfigurer et de forger de nouveaux argumentaires légitimant - passant d'une vision néo-djihadiste à une vision de guerre de libération nationale ;
- ce nouveau dispositif ne peut emporter la victoire mais l'OTAN non plus ;
- il faut donc négocier.
Il y a donc de quoi réfléchir, sur plusieurs points. Premièrement, sur la perception que nous avons eu des opérations : on a trop souvent fait s'opposer, chez les membres de l'OTAN, "reconstruction" et "sécurisation" ou, en d'autres termes (disons en des termes plus politiques), "combat" et "humanitaire". C'est évidemment une ineptie : l'un ne peut aller sans l'autre, il existe une interpénétration absolue entre ces deux dimensions en contre-insurrection. Or, l'OTAN et ses Etats-membres n'ont pas su/pu/voulu voir à quel type d'opération nous avions affaire. La réponse était mauvaise dès le départ.
Deuxièmement, la notion de victoire reste décidément un référent obligé. Or, la victoire (entendue comme décisivie, nette, claire et tranchée) n'a aujourd'hui plus grand sens dans les conflits contemporains. Et tant qu'elle en aura encore un, la défaite l'aura également, délégitimant toute forme d'intervention militaire un tant soit peu "dure".
Troisièmement, la reconfiguration du dispositif pashtoune vers une base idéologique fondée sur la libération de l'oppresseur peut offrir des options politiques intéressantes - elle peut même induire à terme une certaine forme de coopération. Si, toutefois, nous comprenons et ils comprenent que nos objectifs respectifs devront être reconfigurés : respect de l'autonomie locale dans leur cas, refus du retour des djihadistes/d'AQ dans le nôtre. Comme le dit François, le timing sera particulièrement important et l'imposition d'un tel agenda est évidement lié aux classiques de la realpolitik - à savoir se mettre en position de force avant de négocier.
Quatrièmement, sur l'importance de l'Afghanistan. Nous ne pouvons nous retirer du pays, nous y sommes coincés (je n'aime pas le terme "piégés" car nous disposons d'une liberté de manoeuvre qui n'est pas si négligeable) par la géopolitique. "Arrière-cuisine" stratégique du Pakistan, l'Afghanistan pourrait bien être la porte d'entrée de la chute finale d'Islamabad - et de ses armes nucléaires - aux mains des barbus. Quitter la zone, de ce point de vue, serait une très mauvaise idée. Et ce, sans compter un "retour de flamme" d'AQ sur l'Afghanistan lui-même. C'est une idée que j'avais eu l'occasion de développer plus avant dans une série d'interviews pour le 24 Heures suisse et je pense que cette analyse reste valide.
Cinquièmement, G. Chaliand aborde également la notion de centre de gravité et isole le nôtre dans notre aversion pour les pertes. Cependant, elle semble beaucoup moins prégnante aux Etats-Unis qu'en Europe (et encore l'est-elle moins en France qu'en Belgique, par exemple). Est-ce véritablement un CDG ? Une faiblesse, certainement. Mais un CDG ? On peut être amené à se poser la question de savoir si, en l'absence d'une ligne européenne claire et congruente à la nature des opérations, le CDG ne devient pas naturellement nos sources de faiblesses. J'avais plutôt eu tendance à voire "le zéro/moindre mort" comme un trait culturel, quelque chose qui se situerait en dehors de la mécanique de la stratégie théorique. Mais ce basculement entre "faiblesse des objectifs" et "faiblesses comme CDG" me pose question. Ce basculement me semble a priori - mais ça demande plus de réflexion - intimement lié aux catégories d'argumentaires légitimant les opérations. Sans doute pas tant au plan des populations civiles européennes d'ailleurs qu'au plan politique lui-même.
En conclusion, nous sommes condamnés à devoir effectuer une "stabilisation musclée" de l'Afghanistan. Refuser de le faire, c'est nier à la fois les fondements de la stratégie mais aussi ceux de la politique, en s'exposant à avoir fait beaucoup d'efforts - nonobstant leur insuffisance patente - pour rien, voire pour pire.
- nous n'avons pas suffisament investi le théâtre des opérations de 2002 à 2004-5 ;
- le dispositif pashtoune a eu le temps de se reconfigurer et de forger de nouveaux argumentaires légitimant - passant d'une vision néo-djihadiste à une vision de guerre de libération nationale ;
- ce nouveau dispositif ne peut emporter la victoire mais l'OTAN non plus ;
- il faut donc négocier.
Il y a donc de quoi réfléchir, sur plusieurs points. Premièrement, sur la perception que nous avons eu des opérations : on a trop souvent fait s'opposer, chez les membres de l'OTAN, "reconstruction" et "sécurisation" ou, en d'autres termes (disons en des termes plus politiques), "combat" et "humanitaire". C'est évidemment une ineptie : l'un ne peut aller sans l'autre, il existe une interpénétration absolue entre ces deux dimensions en contre-insurrection. Or, l'OTAN et ses Etats-membres n'ont pas su/pu/voulu voir à quel type d'opération nous avions affaire. La réponse était mauvaise dès le départ.
Deuxièmement, la notion de victoire reste décidément un référent obligé. Or, la victoire (entendue comme décisivie, nette, claire et tranchée) n'a aujourd'hui plus grand sens dans les conflits contemporains. Et tant qu'elle en aura encore un, la défaite l'aura également, délégitimant toute forme d'intervention militaire un tant soit peu "dure".
Troisièmement, la reconfiguration du dispositif pashtoune vers une base idéologique fondée sur la libération de l'oppresseur peut offrir des options politiques intéressantes - elle peut même induire à terme une certaine forme de coopération. Si, toutefois, nous comprenons et ils comprenent que nos objectifs respectifs devront être reconfigurés : respect de l'autonomie locale dans leur cas, refus du retour des djihadistes/d'AQ dans le nôtre. Comme le dit François, le timing sera particulièrement important et l'imposition d'un tel agenda est évidement lié aux classiques de la realpolitik - à savoir se mettre en position de force avant de négocier.
Quatrièmement, sur l'importance de l'Afghanistan. Nous ne pouvons nous retirer du pays, nous y sommes coincés (je n'aime pas le terme "piégés" car nous disposons d'une liberté de manoeuvre qui n'est pas si négligeable) par la géopolitique. "Arrière-cuisine" stratégique du Pakistan, l'Afghanistan pourrait bien être la porte d'entrée de la chute finale d'Islamabad - et de ses armes nucléaires - aux mains des barbus. Quitter la zone, de ce point de vue, serait une très mauvaise idée. Et ce, sans compter un "retour de flamme" d'AQ sur l'Afghanistan lui-même. C'est une idée que j'avais eu l'occasion de développer plus avant dans une série d'interviews pour le 24 Heures suisse et je pense que cette analyse reste valide.
Cinquièmement, G. Chaliand aborde également la notion de centre de gravité et isole le nôtre dans notre aversion pour les pertes. Cependant, elle semble beaucoup moins prégnante aux Etats-Unis qu'en Europe (et encore l'est-elle moins en France qu'en Belgique, par exemple). Est-ce véritablement un CDG ? Une faiblesse, certainement. Mais un CDG ? On peut être amené à se poser la question de savoir si, en l'absence d'une ligne européenne claire et congruente à la nature des opérations, le CDG ne devient pas naturellement nos sources de faiblesses. J'avais plutôt eu tendance à voire "le zéro/moindre mort" comme un trait culturel, quelque chose qui se situerait en dehors de la mécanique de la stratégie théorique. Mais ce basculement entre "faiblesse des objectifs" et "faiblesses comme CDG" me pose question. Ce basculement me semble a priori - mais ça demande plus de réflexion - intimement lié aux catégories d'argumentaires légitimant les opérations. Sans doute pas tant au plan des populations civiles européennes d'ailleurs qu'au plan politique lui-même.
En conclusion, nous sommes condamnés à devoir effectuer une "stabilisation musclée" de l'Afghanistan. Refuser de le faire, c'est nier à la fois les fondements de la stratégie mais aussi ceux de la politique, en s'exposant à avoir fait beaucoup d'efforts - nonobstant leur insuffisance patente - pour rien, voire pour pire.
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lundi 21 juillet 2008
Ouf !
Aucun véhicule n'est tombé en panne devant la tribune royale (je me souviens, dans mon enfance d'un M-109 resté coincé juste devant) et le défilé "nouvelle génération" s'est bien déroulé. Une bande de robocops a déboulé en plein sur la place des palais pour faire une démo de maintien de l'ordre qui a solidement secoué le présentateur TV : "uh... ce n'est pas un peu violent ?". De fait, c'était un peu comme si un Leclerc déboulait en plein milieu d'un épisode des Télétubbies et passait en mode hunter-killer sur les lapins. Rigolo, quoi.
Petit rappel aussi de la polémique sur les 90mm et ambiance à la fête. Joyeux anniversaire à tous mes compatriotes, nous étions un jour de fête nationale. Mais, tout de même (dirait Carl) : pas un chenillé (parce qu'il paraît qu'un véhicule à roue est plus mobile), l'artillerie représentée par 2 canons de 105 mm, pas un missile antichar à l'horizon et un défilé civil plus long que le militaire. Chapeau à la FAé (c'est tellement mieux que composante aérienne) qui nous a envoyé 16 F-16 et 1 NH90.
Mais pour le reste, c'est un peu comme si la moitié de l'armée était resté coincé dans les bouchons du carrefour Léonard (pour les connaisseurs) et avait décidé que c'était le bon moment pour se faire une pause one-one... Une ambiance bizarre aussi. On fait la fête essentiellement parce qu'on aime la faire - on peut se demander si elle a encore une signification profonde. En Flandre, manifestement, l'indifférence règne et un vice-premier ministre francophone indiquait d'un air docte que c'est une "fête intéressante". Cool, moi aussi, j'aime l'anthropologie.
Bon alleï, bonne fiesse a tout en saquî (mon wallon est un peu rouillé), goeïe nationaal dag iedereen (zut, mon anversois aussi) et que les pintjes coulent dans vos gosiers comme il pleut sur la Belgique (ah, ça, ça va toujours !).
Petit rappel aussi de la polémique sur les 90mm et ambiance à la fête. Joyeux anniversaire à tous mes compatriotes, nous étions un jour de fête nationale. Mais, tout de même (dirait Carl) : pas un chenillé (parce qu'il paraît qu'un véhicule à roue est plus mobile), l'artillerie représentée par 2 canons de 105 mm, pas un missile antichar à l'horizon et un défilé civil plus long que le militaire. Chapeau à la FAé (c'est tellement mieux que composante aérienne) qui nous a envoyé 16 F-16 et 1 NH90.
Mais pour le reste, c'est un peu comme si la moitié de l'armée était resté coincé dans les bouchons du carrefour Léonard (pour les connaisseurs) et avait décidé que c'était le bon moment pour se faire une pause one-one... Une ambiance bizarre aussi. On fait la fête essentiellement parce qu'on aime la faire - on peut se demander si elle a encore une signification profonde. En Flandre, manifestement, l'indifférence règne et un vice-premier ministre francophone indiquait d'un air docte que c'est une "fête intéressante". Cool, moi aussi, j'aime l'anthropologie.
Bon alleï, bonne fiesse a tout en saquî (mon wallon est un peu rouillé), goeïe nationaal dag iedereen (zut, mon anversois aussi) et que les pintjes coulent dans vos gosiers comme il pleut sur la Belgique (ah, ça, ça va toujours !).
dimanche 20 juillet 2008
une bibliothèque, c'est lourd...
Et je ne parle pas des meubles (une rafale d'indémodables "Billy" de chez Ikea devant débarquer prochainement) mais bien des ouvrages. Je vais profiter de mes congés, à partir de vendredi prochain, pour déménager.
Résultat, 17 caisses grand format de bouquins, depuis une présentation des oeuvres de Teilhard de Chardin chez Marabout d'une vingtaine de grammes jusqu'aux Flottes de combat 2008 (comptez 2kg).
Soit, à vue de nez et en me conformant aux prescriptions des déménageurs en termes de charge unitaire, environ 500 kg de lectures... sans compter une collection complète d'au moins 5 titres de magazines. Comment ça, j'ai une carrure de sandwich SNCF ?
Résultat, 17 caisses grand format de bouquins, depuis une présentation des oeuvres de Teilhard de Chardin chez Marabout d'une vingtaine de grammes jusqu'aux Flottes de combat 2008 (comptez 2kg).
Soit, à vue de nez et en me conformant aux prescriptions des déménageurs en termes de charge unitaire, environ 500 kg de lectures... sans compter une collection complète d'au moins 5 titres de magazines. Comment ça, j'ai une carrure de sandwich SNCF ?
vendredi 18 juillet 2008
Heyl Ha'Yam : 4 LCS sur un plateau
Tous les feux des Foreign Military Sales sont au vert : la marine israélienne va effectivement recevoir 4 corvettes LCS-1 de Lockheed Martin, pour un montant de 1,9 milliards de dollars. Le plus intéressant réside dans la configuration, moins modulaire que pour l'USN, du bâtiment - qui en fait une véritable frégate :
- 2x8 lanceurs verticaux Mk41 ;
- lanceurs Harpoon ;
- 1 CIWS Phalanx ;
- 2 tubes lance-torpilles ;
- Link-16
Eventuellement un radar SPY-1F - la même version de l'Aegis que celle qui est installée sur les Nansen norvégiennes. Ce qui laisse au demeurant deviner des modifications assez lourdes sur un bâtiment qui n'en est pas à ses premiers problèmes...
En somme, une solide configuration pour le combat naval. Qui pourrait bien intéresser de très près l'Arabie saoudite, également intéressée par le LCS.
- 2x8 lanceurs verticaux Mk41 ;
- lanceurs Harpoon ;
- 1 CIWS Phalanx ;
- 2 tubes lance-torpilles ;
- Link-16
Eventuellement un radar SPY-1F - la même version de l'Aegis que celle qui est installée sur les Nansen norvégiennes. Ce qui laisse au demeurant deviner des modifications assez lourdes sur un bâtiment qui n'en est pas à ses premiers problèmes...
En somme, une solide configuration pour le combat naval. Qui pourrait bien intéresser de très près l'Arabie saoudite, également intéressée par le LCS.
jeudi 17 juillet 2008
Réchauffement irano-américain
Le dossier iranien se réchauffe peu à peu, pour certains commentateurs, on se dirige même vers une sortie de crise. L'affaire est néanmoins complexe et pas mal d'hypothèses peuvent être dégagées. C'est l"occasion d'une petite interview à écouter sur Radio Méditerranée International dans le courant de la journée.
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Précision sur l'arsenal nucléaire chinois
La dernière édition du Bulletin of the Atomic Scientists compte notamment un article de la FAS sur l'état de l'arsenal nucléaire chinois, indiquant que Pékin dispose d'environ 176 charges nucléaires. A lire ici.
mercredi 16 juillet 2008
Fonction "anticipation-connaissance" : à bien y réfléchir...
Bien entendu, nous reviendrons dans le prochain DSI sur le LBDSN mais aussi sur les priorités qu'il induit, notamment en matière d'anticipation-connaissance - en bref, le renseignement entendu au sens large. D'ici là, quelques éléments de réflexion, à la relecture du LBDSN :
- Sur la forme d'abord : le renseignement et l'anticipation sont, par nature, consubstanciels à toute activité stratégique, ce qui implique naturellement de se projeter dans le temps - le passé mais aussi le futur. Et ce, pour la prévention, la dissuasion, la protection ou encore l'action/projection : on ne conduit pas les armées sans envisager leurs actions et les contraintes qu'elles pourraient subir, de son fait propre ou de celui de l'adversaire. De ce point de vue, en faire une "fonction" en tant que telle marque la priorité qui lui est donnée. Mais, par certains aspects, n'est-elle pas quelque peu incongrue, marquant, en fait, un oubli de la stratégie et de ses élémentaires ?
- Sur le fond : le LBDSN induit des aménagements d'ordre organisationnels bienvenus. Mais va-t'on ou non vers une expérience similaire à celle du Joint Intelligence Comittee (JIC) britannique, permettant de donner au niveau politique une image claire du "qui fait quoi et où en est-on" ? Un spécialiste délégué auprès du Président représente certes un embryon de "communauté d'alerte" (annoncer les mauvaises nouvelles est un art dont le manque de maîtrise aura coûté la vie à Sorge, une invasion à l'URSS et quelques millions de morts). Mais jusqu'où va-t-il jouer ce rôle ? ;
- Sur le fond encore, DST et DGSE apparaissent comme les grandes gagnantes du LBDSN. Comparativement, pour la DRM, militaire, aucun nouveau projet n'émerge - elle "gagne" surtout parce qu'elle ne perd pas. En fait, le LBDSN valide des programmes lancés antérieurement (comme MUSIS) mais cache aussi ce qui semble être une réduction des personnels de la DRM.
Certes, il faut voir de quels personnels il s'agit mais le signal lancé est tout de même perturbant. De ce point de vue, l'emphase sur le maintien des espérances en matière matérielle cache également que l'augmentation du débit des informations ne représente rien sans analystes capables de les décrypter et de transformer les informations en renseignement.
Or, comme me le confiait un expert tout à l'heure, un bon linguiste chinois, c'est... 10 ans de formation : le double de la durée de vie des Helios II... Histoire de rappeler que le renseignement ne représente pas un facteur uniquement dépendant du matériel. Vous pouvez avoir 2 000 missiles de croisière et 25 planificateurs, spécialistes de la stratégie aérienne. Si vous avez 2 satellites, il vous faut bien plus d'analystes. Et les satellites ne sont que l'un des moyens de recueil du renseignement...
- Sur la forme d'abord : le renseignement et l'anticipation sont, par nature, consubstanciels à toute activité stratégique, ce qui implique naturellement de se projeter dans le temps - le passé mais aussi le futur. Et ce, pour la prévention, la dissuasion, la protection ou encore l'action/projection : on ne conduit pas les armées sans envisager leurs actions et les contraintes qu'elles pourraient subir, de son fait propre ou de celui de l'adversaire. De ce point de vue, en faire une "fonction" en tant que telle marque la priorité qui lui est donnée. Mais, par certains aspects, n'est-elle pas quelque peu incongrue, marquant, en fait, un oubli de la stratégie et de ses élémentaires ?
- Sur le fond : le LBDSN induit des aménagements d'ordre organisationnels bienvenus. Mais va-t'on ou non vers une expérience similaire à celle du Joint Intelligence Comittee (JIC) britannique, permettant de donner au niveau politique une image claire du "qui fait quoi et où en est-on" ? Un spécialiste délégué auprès du Président représente certes un embryon de "communauté d'alerte" (annoncer les mauvaises nouvelles est un art dont le manque de maîtrise aura coûté la vie à Sorge, une invasion à l'URSS et quelques millions de morts). Mais jusqu'où va-t-il jouer ce rôle ? ;
- Sur le fond encore, DST et DGSE apparaissent comme les grandes gagnantes du LBDSN. Comparativement, pour la DRM, militaire, aucun nouveau projet n'émerge - elle "gagne" surtout parce qu'elle ne perd pas. En fait, le LBDSN valide des programmes lancés antérieurement (comme MUSIS) mais cache aussi ce qui semble être une réduction des personnels de la DRM.
Certes, il faut voir de quels personnels il s'agit mais le signal lancé est tout de même perturbant. De ce point de vue, l'emphase sur le maintien des espérances en matière matérielle cache également que l'augmentation du débit des informations ne représente rien sans analystes capables de les décrypter et de transformer les informations en renseignement.
Or, comme me le confiait un expert tout à l'heure, un bon linguiste chinois, c'est... 10 ans de formation : le double de la durée de vie des Helios II... Histoire de rappeler que le renseignement ne représente pas un facteur uniquement dépendant du matériel. Vous pouvez avoir 2 000 missiles de croisière et 25 planificateurs, spécialistes de la stratégie aérienne. Si vous avez 2 satellites, il vous faut bien plus d'analystes. Et les satellites ne sont que l'un des moyens de recueil du renseignement...
Farnborough avec DSI-T
Comme vous le savez, le salon de Farnborough se tient tous les deux ans, en alternance avec le Bourget. BAE vient notamment d'y présenter sa conception du drone MALE d'attaque, un démonstrateur qui pourrait bien augurer de développements ultérieurs.
Tout ceci pour vous dire qu'un de nos correspondants est sur place et que les temps forts du salon seront à retrouver dans le DSIT n°13, de septembre-octobre, parmi quelques autres articles pour le moins solides.
Tout ceci pour vous dire qu'un de nos correspondants est sur place et que les temps forts du salon seront à retrouver dans le DSIT n°13, de septembre-octobre, parmi quelques autres articles pour le moins solides.
mardi 15 juillet 2008
Bon, plus de gouvernement... divaguons alors !
Comme vous le savez certainement, le premier ministre belge a démissionné, au terme de l'échec des négociations communautaires. Bon, nous voilà à nouveau sans gouvernement, de quoi laisser pas mal d'options sur la table. Si, personnellement, je pense que nous allons vers un confédéralisme poussé, imaginons un peu un rattachement à la France ou encore l'ancrage de ce qui resterait de la Belgique - soit Bruxelles et la Wallonie - à la France.
Dans les deux cas de figure, Paris aurait la haute main sur la défense. Petit calcul : si chaque "Belge néo-Français" (grosso-modo, 4 millions d'habitants) payait ce qu'un Français paie pour la défense (ce qui ne serait que justice)... les "néo-Français" paieraient annuellement 2,372 milliards d'Euros. Soit un peu moins que ce que ne paient 10 millions de Belges pour leur défense.
Bon, et bien... on l'a presque, le 2ème PA !
Dans les deux cas de figure, Paris aurait la haute main sur la défense. Petit calcul : si chaque "Belge néo-Français" (grosso-modo, 4 millions d'habitants) payait ce qu'un Français paie pour la défense (ce qui ne serait que justice)... les "néo-Français" paieraient annuellement 2,372 milliards d'Euros. Soit un peu moins que ce que ne paient 10 millions de Belges pour leur défense.
Bon, et bien... on l'a presque, le 2ème PA !
lundi 14 juillet 2008
dimanche 13 juillet 2008
CDG et matérialité
Je profite du débat lancé par Olivier Kempf (zut, tu as raison, je suis à la bourre sur mes mails mais je ne t'oublie pas !) et François Duran sur la notion de centre de gravité pour faire un peu d'"incruste". J'avais eu envie de m'immiscer éhontément dans la cette très pertinente problématique il y a quelques jours mais... time is flying...
J'avais eu envie, surtout, de répondre au premier post de François, sur l'emploi du CDG par le général Yakovleff (la 7ème BB va faire des étincelles !). En fait, sa conception du CDG est l'un des rares points de son excellent ouvrage sur lequel je ne suis pas d'accord. En fait, je pense qu'il reste marqué par une vision trop tactique, presque jominienne du CDG. Au point que je m'étais dit à l'époque, qu'on pouvait le confondre avec le "point décisif", lui-même composante du CDG et effectivement plus jominien.
En fait, dans la conception clausewitzienne, il ne peut exister qu'un seul CDG, la source du pouvoir, de l'ascendant de l'adversaire. Or, ce pouvoir peut être matérialisé (les canons bosno-serbes autour de Sarajevo en 95, pour suivre le raisonnement de l'OTAN à l'époque, avant Deliberate Force) ou non. Je pense qu'en réalité, il n'est que rarement matérialisé. Pour reprendre Sarajevo 95', l'artillerie adverse était en réalité le point le plus décisif des points décisifs - je pense que le "vrai" CDG était la "pureté ethnique" défendue par Pale et, surtout, son acceptation/interprétation par des combattants fortement mobilisés d'un point de vue idéologique.
Certes, cette pureté était assimilable à un objectif de la guerre (un zweck, quoi). Mais c'est surtout la motivation induite chez les assiégeurs qui constituait ce CDG. A côté de celà, le nombre de combattant bosno-serbes, leur artillerie, leurs approvisionnements étaient autant de points décisifs (dûment attaqués par l'aviation et l'artillerie de l'OTAN ensuite). En ce sens, la possible valeur immatérielle d'un CDG le rend naturellement compatible à des opérations irrégulières. Mao, lorsqu'il entreprend sa Longue Marche, est le CDG chinois : il est à la fois commandant et "émetteur idéologique" : il fixe l'idéologie, les objectifs, la méthode et jusqu'à la tactique. Un vrai Head and shoulders, "tout en un", stratégique.
En fait, derrière ma réflexion se cache aussi une "remise à sa place" du CDG : je me demande dans quelle mesure il permet effectivement de conduire la guerre : savoir ce qui fait la force de l'adversaire est évidemment utile - c'est même l'une des première choses à considérer - mais de là découlent ensuite une série d'options. L'EFR et la génération d'un "effet majeur" (soit, grosso modo, le dominant effect de la théorie des EBO) devant permettre de l'atteindre est finalement relativement découplée du CDG. Plutôt, il va viser des points matériels ou, à tout le moins, plus tangibles.
Prenons un exemple : mon adversaire est une sorte de nébuleuse djihadiste comportant à la fois des chefs reconnus et leur soutien budgéto-logistique et une multitude de petits groupes s'en réclamant. Elle était initialement basée dans une zone géographique régie par un Etat en "stan" mais où l'Etat n'a jamais eu beaucoup prise. Le CDG de mon adversaire est sa doctrine, en l'occurrence : elle agrège des mécontements divers et variés et propose une lutte à mort dans le long terme en offrant ultimement à ses combattants le paradis.
Que faire ? Mener une campagne d'influence visant à "déconstruire" l'idéologie et la doctrine adverse est une solution mais qui , n'opèrera que dans le long terme : la contre-conviction n'est pas chose aisée. Or, ce temps peut être exploité pour l'adversaire et mener des opérations qui renforçeront sa légitimité auprès de populations susceptibles de fournir des combattants potentiels et donc, de le renforcer.
Autre option, "faire la chasse" et engager des troupes amies contre les points décisifs adverses, par exemple, des regroupements de gens que nous appelerions les "talibans" ou encore l'engagement de services de renseignement contre des cellules djihadistes en Europe. Là, des résultats seront accumulés dans le court terme mais n'éroderont pas nécessairement le CDG adverse.
Conclusion : il faut mener des options de court terme et de long terme et un CDG dématérialisé est plus complexe à combattre (surtout pour nos "sociétés impatientes") et implique de s'attaquer aux points décisifs, ne serait-ce que par la charge dissuadante que peuvent avoir nos actions sur l'adversaire. En tout état de cause, et là, je relance la balle du débat, tout CDG dématérialisé dépendra beaucoup plus des populations susceptibles de jouer un rôle quelconque dans les opérations que dans les matériels en tant que tels.
Ce qui nous renvoie droit à... Rupert Smith et Vincent Desportes. Les populations peuvent ne pas être qu'enjeu et cible, elles peuvent aussi être source (directe ou indirecte), réceptacle ou "activateurs" d'un CDG.
J'avais eu envie, surtout, de répondre au premier post de François, sur l'emploi du CDG par le général Yakovleff (la 7ème BB va faire des étincelles !). En fait, sa conception du CDG est l'un des rares points de son excellent ouvrage sur lequel je ne suis pas d'accord. En fait, je pense qu'il reste marqué par une vision trop tactique, presque jominienne du CDG. Au point que je m'étais dit à l'époque, qu'on pouvait le confondre avec le "point décisif", lui-même composante du CDG et effectivement plus jominien.
En fait, dans la conception clausewitzienne, il ne peut exister qu'un seul CDG, la source du pouvoir, de l'ascendant de l'adversaire. Or, ce pouvoir peut être matérialisé (les canons bosno-serbes autour de Sarajevo en 95, pour suivre le raisonnement de l'OTAN à l'époque, avant Deliberate Force) ou non. Je pense qu'en réalité, il n'est que rarement matérialisé. Pour reprendre Sarajevo 95', l'artillerie adverse était en réalité le point le plus décisif des points décisifs - je pense que le "vrai" CDG était la "pureté ethnique" défendue par Pale et, surtout, son acceptation/interprétation par des combattants fortement mobilisés d'un point de vue idéologique.
Certes, cette pureté était assimilable à un objectif de la guerre (un zweck, quoi). Mais c'est surtout la motivation induite chez les assiégeurs qui constituait ce CDG. A côté de celà, le nombre de combattant bosno-serbes, leur artillerie, leurs approvisionnements étaient autant de points décisifs (dûment attaqués par l'aviation et l'artillerie de l'OTAN ensuite). En ce sens, la possible valeur immatérielle d'un CDG le rend naturellement compatible à des opérations irrégulières. Mao, lorsqu'il entreprend sa Longue Marche, est le CDG chinois : il est à la fois commandant et "émetteur idéologique" : il fixe l'idéologie, les objectifs, la méthode et jusqu'à la tactique. Un vrai Head and shoulders, "tout en un", stratégique.
En fait, derrière ma réflexion se cache aussi une "remise à sa place" du CDG : je me demande dans quelle mesure il permet effectivement de conduire la guerre : savoir ce qui fait la force de l'adversaire est évidemment utile - c'est même l'une des première choses à considérer - mais de là découlent ensuite une série d'options. L'EFR et la génération d'un "effet majeur" (soit, grosso modo, le dominant effect de la théorie des EBO) devant permettre de l'atteindre est finalement relativement découplée du CDG. Plutôt, il va viser des points matériels ou, à tout le moins, plus tangibles.
Prenons un exemple : mon adversaire est une sorte de nébuleuse djihadiste comportant à la fois des chefs reconnus et leur soutien budgéto-logistique et une multitude de petits groupes s'en réclamant. Elle était initialement basée dans une zone géographique régie par un Etat en "stan" mais où l'Etat n'a jamais eu beaucoup prise. Le CDG de mon adversaire est sa doctrine, en l'occurrence : elle agrège des mécontements divers et variés et propose une lutte à mort dans le long terme en offrant ultimement à ses combattants le paradis.
Que faire ? Mener une campagne d'influence visant à "déconstruire" l'idéologie et la doctrine adverse est une solution mais qui , n'opèrera que dans le long terme : la contre-conviction n'est pas chose aisée. Or, ce temps peut être exploité pour l'adversaire et mener des opérations qui renforçeront sa légitimité auprès de populations susceptibles de fournir des combattants potentiels et donc, de le renforcer.
Autre option, "faire la chasse" et engager des troupes amies contre les points décisifs adverses, par exemple, des regroupements de gens que nous appelerions les "talibans" ou encore l'engagement de services de renseignement contre des cellules djihadistes en Europe. Là, des résultats seront accumulés dans le court terme mais n'éroderont pas nécessairement le CDG adverse.
Conclusion : il faut mener des options de court terme et de long terme et un CDG dématérialisé est plus complexe à combattre (surtout pour nos "sociétés impatientes") et implique de s'attaquer aux points décisifs, ne serait-ce que par la charge dissuadante que peuvent avoir nos actions sur l'adversaire. En tout état de cause, et là, je relance la balle du débat, tout CDG dématérialisé dépendra beaucoup plus des populations susceptibles de jouer un rôle quelconque dans les opérations que dans les matériels en tant que tels.
Ce qui nous renvoie droit à... Rupert Smith et Vincent Desportes. Les populations peuvent ne pas être qu'enjeu et cible, elles peuvent aussi être source (directe ou indirecte), réceptacle ou "activateurs" d'un CDG.
jeudi 10 juillet 2008
C'est pas nous, ne tirez pas !
Pour répondre à une interrogation récurrente (et justifiée), les DSI et T&A arrivent bel et bien. En fait, le DSI a été livré aux NMPP (notre distributeur pour les kiosques en France et dans quelques autres pays) le 4 juillet et devrait déjà être dans les kiosques.
Mais, manifestement, la CGT du Livre a mené quelques actions de grève, retardant la distribution aux kiosquiers. Désolé donc pour ce très involontaire retard !
Mais, manifestement, la CGT du Livre a mené quelques actions de grève, retardant la distribution aux kiosquiers. Désolé donc pour ce très involontaire retard !
Il arrive...
Je ne sais pas pour vous, mais à la rédaction, nous estimons que juillet n'est pas le mois idéal pour les vacances. Et, de fait, chose promise, chose due. Technologie & Armement devient DSI Technologies. La rédaction lui a déjà trouvé son petit surnom, "Dzzit" (vous savez, lorsque le courant passe ?).Comparativement à T&A, il aura le même format, le même prix et le même nombre de pages. Alors, qu'y gagnez-vous ? Simple : nous avons évacué la version anglaise (si les Américains lisent le DSI en français qu'ils achètent en kiosque au Pentagone ou à LA, pourquoi ne feraient-ils pas de même avec DSIT ?). Votre avantage : plus de textes, plus de photos, plus de cartes, plus de graphique, plus de thématiques.
La ligne se resserre aussi sur des thématiques plus techniques, en tâchant de coller plus que ce n'était le cas à l'actualité technologique. Ou plutôt aux actualités technologiques - d'où le "technologies" au pluriel - simplement parce que les Français, les Allemands ou les Américains ne sont pas les seuls à faire dans la technologie.
Ca ne nous empêchera nullement de suivre les salons ou les exercices sur le terrain. C'est un tournant éditorial que vous aviez apprécié, d'après nos études, et bien entendu, nous continuerons. "Dzzit" a d'ailleurs été conçu pour pouvoir intégrer ce genre de choses beaucoup plus facilement que par le passé.
Vous pouvez avoir un aperçu de ce changement de ligne éditoriale dans le numéro de juillet-août de T&A : des articles plus conçis et plus techniques, avec une séquence "B-A.BA", sur la guerre biologique en l'occurrence. En somme, nous n'avons gardé que le meilleur - à commencer par un oeil critique sur les questions technologiques - et avons amélioré ce que vous désiriez qui le soit.
Pour ce qui est du DSIT de septembre-octobre, le sommaire est, comme il se doit, secret-défense. Mais si vous voulez connaître les secrets du sonar 4110 et savoir pourquoi le terme "anneau de résurgence" est aussi important pour les ASM, c'est chez nous qu'il faut passer ;o)
Tonton Mahmoud s'amuse...
...Et constate qu'il a encore un vieux stock de Shahab-3B à liquider. L'occasion pour moi de revenir sur le grand jeu sémiotique qui se joue actuellement dans le Golfe, entre les manoeuvres Grand Prophète III (où l'IRNA, l'agence de presse locale, a été peu locace sur les aspects navals, alors qu'elle relayait systématiquement tout ce qui se passait dans le Golfe les années précédentes) et les déploiements israéliens. A voir sur La Une (journal télévisé) à 19h30.
Beaucoup trop de choses à dire en 50 secondes !
Beaucoup trop de choses à dire en 50 secondes !
Sur la nature du Djihad en Europe (3)
Thomas Renard poursuit le débat sur la nature du Djihad en Europe (il serait d'ailleurs plus exact de parler de son caractère ou de sa structure, soit de la forme qu'il prend - sa nature renvoyant me semble-t-il aux élémentaires de l'art de la guerre et cette dernière n'a fondamentalement pas changé de nature depuis, au choix, Assubanipal ou l'arme nucléaire).
Je pense effectivement qu'il y a coexistence de formes d'action de la part d'AQ et que cette dernière exploite à bon escient l'émergence du leaderless jihad voire des lonewolves. Cela renvoie parfaitement au principe (dans l'art militaire soviétique) de la corrélation des forces et, plus largement, au déploiement d'une stratégie intégrale articulant l'ensemble des dimensions de l'action, depuis le soutien (financier, etc.) jusqu'aux opérations d'influence ("récupération" politique du conflit israélo-palestinien, sites webs, etc.) en passant, bien entendu, par l'action.
De ce point de vue, j'ai effectivement été un peu limitatif en me bornant au seul aspect doctrinal. Ce qui est important, ici, c'est la combinatoire potentiellement infinie des actions. En combat conventionnel, les actions sont soit cumulatives, soit paralèles (cf. l'amiral Wylie). Elles renvoient à un ordonancement préçis afin d'obtenir un effet escompté (là, je rejoins le débat d'Olivier et de François sur la nature du centre de gravité en conflit irrégulier/asymétrique - attendez-moi, j'arrive !).
Or, le propre d'AQ est de rechercher des effets durables en situation d'infériorité "matérielle" (hommes, équipements) face à l'ennemi (nous). Pour ce faire, il va exploiter le temps long mais aussi surfer sur les effets induits d'une stratégie que nous pourrions qualifier de déstructurée sur la forme mais de structurée sur le fond. La théorie classique du terrorisme s'adapte ici parfaitement : faire jouer l'effet de surprise à fond en "insécurisant" des sociétés vulnérables par leur ancrage technicien (j'aurai plus à dire bientôt, en fonction notamment de mon nouvel ouvrage). L'objectif ne doit pas être atteint dans le temps court - conception chronostratégique très occidentale - mais jouera nécessairement dans le temps long : on ne fait pas s'effondrer nos sociétés ainsi : elles ont leur propre résilience.
Pour un Naji, indiquer qu'il ne faut pas attendre un "feu vert" d'AQ renvoie à l'exploitation maximale de ces effets tout en maximisant la sécurité des leaders d'AQ (renvoi au principe de sûreté). En fait, à ce stade se pose une autre question : celle de la frontière entre "terrorisme" et "insurrection", impliquant en l'occurrence des opérations ultra-distribuées, paradoxalement occidentalisées (i.e. exploitant les tendances individualistes des lonewolves potentiels). La question, ici, n'est pas celle de l'efficacité des actions au sens conventionnel du terme, soit atteindre la cible et la détruire.
Plutôt, l'efficacité des "méso-opérations" est effectivement et tu as tout à fait raison, dans la génération de psychose (pour renforcer les appareils sécuritaires et délégitimer les régimes politiques occidentaux aux yeux de leurs propres citoyens ?) et, plus important encore pour la réussite des "hyper-opérations" dans la dispersion des moyens des services occidentaux. Si les "méso-opérations" rapportent des effets induits en termes de destruction, c'est en outre "ça de pris". En gros et pour caricaturer, Naji nous fait une "clé de bras" stratégique : quel que soit le mouvement que nous faisons, nous sommes bloqués.
La seule option va demander (comme pour se sortir d'une clé de bras) un gros effort : face à un leaderless Jihad "optimal", le renforcement perpétuel de nos services n'est pas vraiment une option. Leur culture même limite la collaboration entre eux (qui est nécessaire : un "méga-service ne donnerait qu'un son de cloche sur des matières nécessitant de la nuance) et leur lourdeur risque de les faire s'effondrer sur eux-mêmes. Le renforcement des dispositifs légaux (lois "anti-terroristes") est politiquement attractif mais n'est qu'un leurre : ce n'est pas la loi qui empêche les actes d'êtres commis.
Non, plutôt, la seule solution réside dans le développement, de notre côté d'une combinatoire stratégique équivalente à celle de l'adversaire. Outre la reconnaissance du problème - en Belgique, au plan politique, elle a mis des années, exploitées à bon escient par l'adversaire - elle implique la mise en place d'un véritable tissu de sécurisation et, par dessous tout, l'acceptation du fait que nous pouvons encaisser des pertes - civiles naturellement. Il faut nous réorganiser d'urgence (on ne va pas faire la liste des problèmes). Un plan anti-radicalisation ou une loi sur les armes, de ces points de vues ne sont que des pièces de puzzle, sans plus. Il nous manque juste 60 % des autres pièces et des secteurs entiers sont laissés en friche. Ne parlons que de la réforme des services incendie, par exemple...
Je pense effectivement qu'il y a coexistence de formes d'action de la part d'AQ et que cette dernière exploite à bon escient l'émergence du leaderless jihad voire des lonewolves. Cela renvoie parfaitement au principe (dans l'art militaire soviétique) de la corrélation des forces et, plus largement, au déploiement d'une stratégie intégrale articulant l'ensemble des dimensions de l'action, depuis le soutien (financier, etc.) jusqu'aux opérations d'influence ("récupération" politique du conflit israélo-palestinien, sites webs, etc.) en passant, bien entendu, par l'action.
De ce point de vue, j'ai effectivement été un peu limitatif en me bornant au seul aspect doctrinal. Ce qui est important, ici, c'est la combinatoire potentiellement infinie des actions. En combat conventionnel, les actions sont soit cumulatives, soit paralèles (cf. l'amiral Wylie). Elles renvoient à un ordonancement préçis afin d'obtenir un effet escompté (là, je rejoins le débat d'Olivier et de François sur la nature du centre de gravité en conflit irrégulier/asymétrique - attendez-moi, j'arrive !).
Or, le propre d'AQ est de rechercher des effets durables en situation d'infériorité "matérielle" (hommes, équipements) face à l'ennemi (nous). Pour ce faire, il va exploiter le temps long mais aussi surfer sur les effets induits d'une stratégie que nous pourrions qualifier de déstructurée sur la forme mais de structurée sur le fond. La théorie classique du terrorisme s'adapte ici parfaitement : faire jouer l'effet de surprise à fond en "insécurisant" des sociétés vulnérables par leur ancrage technicien (j'aurai plus à dire bientôt, en fonction notamment de mon nouvel ouvrage). L'objectif ne doit pas être atteint dans le temps court - conception chronostratégique très occidentale - mais jouera nécessairement dans le temps long : on ne fait pas s'effondrer nos sociétés ainsi : elles ont leur propre résilience.
Pour un Naji, indiquer qu'il ne faut pas attendre un "feu vert" d'AQ renvoie à l'exploitation maximale de ces effets tout en maximisant la sécurité des leaders d'AQ (renvoi au principe de sûreté). En fait, à ce stade se pose une autre question : celle de la frontière entre "terrorisme" et "insurrection", impliquant en l'occurrence des opérations ultra-distribuées, paradoxalement occidentalisées (i.e. exploitant les tendances individualistes des lonewolves potentiels). La question, ici, n'est pas celle de l'efficacité des actions au sens conventionnel du terme, soit atteindre la cible et la détruire.
Plutôt, l'efficacité des "méso-opérations" est effectivement et tu as tout à fait raison, dans la génération de psychose (pour renforcer les appareils sécuritaires et délégitimer les régimes politiques occidentaux aux yeux de leurs propres citoyens ?) et, plus important encore pour la réussite des "hyper-opérations" dans la dispersion des moyens des services occidentaux. Si les "méso-opérations" rapportent des effets induits en termes de destruction, c'est en outre "ça de pris". En gros et pour caricaturer, Naji nous fait une "clé de bras" stratégique : quel que soit le mouvement que nous faisons, nous sommes bloqués.
La seule option va demander (comme pour se sortir d'une clé de bras) un gros effort : face à un leaderless Jihad "optimal", le renforcement perpétuel de nos services n'est pas vraiment une option. Leur culture même limite la collaboration entre eux (qui est nécessaire : un "méga-service ne donnerait qu'un son de cloche sur des matières nécessitant de la nuance) et leur lourdeur risque de les faire s'effondrer sur eux-mêmes. Le renforcement des dispositifs légaux (lois "anti-terroristes") est politiquement attractif mais n'est qu'un leurre : ce n'est pas la loi qui empêche les actes d'êtres commis.
Non, plutôt, la seule solution réside dans le développement, de notre côté d'une combinatoire stratégique équivalente à celle de l'adversaire. Outre la reconnaissance du problème - en Belgique, au plan politique, elle a mis des années, exploitées à bon escient par l'adversaire - elle implique la mise en place d'un véritable tissu de sécurisation et, par dessous tout, l'acceptation du fait que nous pouvons encaisser des pertes - civiles naturellement. Il faut nous réorganiser d'urgence (on ne va pas faire la liste des problèmes). Un plan anti-radicalisation ou une loi sur les armes, de ces points de vues ne sont que des pièces de puzzle, sans plus. Il nous manque juste 60 % des autres pièces et des secteurs entiers sont laissés en friche. Ne parlons que de la réforme des services incendie, par exemple...
mardi 8 juillet 2008
Carl von C., toujours en forme
Carl ne résiste pas à l'idée de voir la diffusion de sa dernière chronique - et je lui dois bien ce petit plaisir. Et comme il était inquiet à l'idée de lui aussi se voir poursuivi par la DPSD - sa dernière phrase est sans équivoque - je l'ai rassuré : en France comme en Belgique, le droit de la presse est tel que, sauf mort d'homme, elle a le droit de ne pas divulguer ses sources. Mon cher Carl, vous êtes donc protégé. Et puis, entre-nous, je n'imagine pas un instant que l'on puisse fouiller (à distance ou pas) dans l'ordinateur d'un journaliste dont l'un des auteurs a dit si peu de choses : vous imaginez le scandale ?
Sabotage(s) !
Tous les ans à la même époque, c’est la même chose : de jolis formulaires débarquent dans nos boîtes aux lettres pour nous faire larmoyer sur le niveau des impôts. Cette année, en prime, nous sommes gâtés : nous avons un Livre Blanc pour nous permettre de larmoyer encore plus. Selon le mot d’un de mes amis, nous aurions donc inventé, après les frégates furtives, la puissance furtive. On pressent d’ici la longue cohorte des regrets et des déposes de couronnes à nos armées chéries, dépiautées au champ d’honneur de la politique, victimes sans doute d’arbitrages effectués au profit de la chasse au poulet à la dioxine et de l’admiration béate pour un concept de sécurité globale qui l’est tellement qu’elle dissout toute nécessité de défense. Certains y verront un sabotage. Honnêtement, je ne suis pas loin de le penser aussi, en particulier à l’heure où le SIPRI nous (ré-)apprend que les dépenses de défense ont augmenté de 7% en 2007 et qu’en 10 ans, elles ont progressé de 45%. Les armées sont des machines complexes, les grains de sable leur posent autant problème que les réductions budgétaires et les réformes où la stratégie est faite pour répondre aux moyens plutôt que l’inverse. En clair, dans la course à la puissance, il faudra qu’on passe la postcombustion du mode « système D » (qui a dit qu’on a déjà cannibalisé les injecteurs ?).
Mais, Carl vous le dit mes amis, ce premier sabotage en cache un second. Celui des conservateurs. Les mêmes qui vociféraient il y a un an contre toute réflexion envisageant un futur sans « modèle 2015 » alors qu’il était évident que les finances ne le permettraient pas. Et que l’Elysée, préférant décidément les poulets sains aux kakis mûrs (les fruits, c’est pourtant si important), n’avait aucune intention de faire supporter le poids de la Gendarmerie à l’Intérieur. Je pense aussi à ceux qui ont hurlé au loup lorsque certains indiquaient que la technologie finirait par faire s’effondrer la défense française sous le poids de ses propres commandes. Et puis, il faut avouer les choses comme elles sont : la multitude de « guerre des boutons » (entre les armées et en leur sein) a anesthésié la réflexion plus qu’elle ne l’a nourrie. Dans une certaine mesure, ces guerres inutiles ont même limité le peu de liberté d’expression que les militaires avaient. Lorsqu’on a ce qui s’apparente à un bled afghan sous le feu à trois bureaux du sien, ça n’incite pas à dégainer la bonne idée que l’on tenait en réserve.
Pourtant, des bonnes idées, il va nous en falloir. Il est temps de signer la paix des braves boutons, de resserrer les rangs et de faire fumer les cafetières. Il ne nous manquerait plus qu’avoir à subir le plus terrible des sabotages, celui des bras croisés annonçant la débandade et le ravalement définitif de la France à la non-puissance, celui du règne des grincheux que les coups portés auraient échaudés (pauvres petits). Il est temps aussi de remettre en question nos tabous. Il nous faut réapprendre que le Grand Charles, après s’être par deux fois retourné dans sa tombe ces dernier temps, avait lui-même osé faire sauter en son temps une série de tabous… et pas à la clé Allen. Votre vieux Carl, après avoir déjeuné quelque fois avec lui à la cantine de notre cher paradis où les nuages sont de cordite, n’a pas toujours été d’accord avec lui. Mais je crois qu’on peut lui reconnaître les deux premières qualités d’un soldat : il savait autant se mettre en péril devant les idées préconçues que devant l’ennemi. Et ça, mes amis, en ces temps de budgets grignotés (quoiqu’on puisse en dire), ça n’a pas de prix. Carl.
PS : Vive Surcouf !
***
Sabotage(s) !
Tous les ans à la même époque, c’est la même chose : de jolis formulaires débarquent dans nos boîtes aux lettres pour nous faire larmoyer sur le niveau des impôts. Cette année, en prime, nous sommes gâtés : nous avons un Livre Blanc pour nous permettre de larmoyer encore plus. Selon le mot d’un de mes amis, nous aurions donc inventé, après les frégates furtives, la puissance furtive. On pressent d’ici la longue cohorte des regrets et des déposes de couronnes à nos armées chéries, dépiautées au champ d’honneur de la politique, victimes sans doute d’arbitrages effectués au profit de la chasse au poulet à la dioxine et de l’admiration béate pour un concept de sécurité globale qui l’est tellement qu’elle dissout toute nécessité de défense. Certains y verront un sabotage. Honnêtement, je ne suis pas loin de le penser aussi, en particulier à l’heure où le SIPRI nous (ré-)apprend que les dépenses de défense ont augmenté de 7% en 2007 et qu’en 10 ans, elles ont progressé de 45%. Les armées sont des machines complexes, les grains de sable leur posent autant problème que les réductions budgétaires et les réformes où la stratégie est faite pour répondre aux moyens plutôt que l’inverse. En clair, dans la course à la puissance, il faudra qu’on passe la postcombustion du mode « système D » (qui a dit qu’on a déjà cannibalisé les injecteurs ?).
Mais, Carl vous le dit mes amis, ce premier sabotage en cache un second. Celui des conservateurs. Les mêmes qui vociféraient il y a un an contre toute réflexion envisageant un futur sans « modèle 2015 » alors qu’il était évident que les finances ne le permettraient pas. Et que l’Elysée, préférant décidément les poulets sains aux kakis mûrs (les fruits, c’est pourtant si important), n’avait aucune intention de faire supporter le poids de la Gendarmerie à l’Intérieur. Je pense aussi à ceux qui ont hurlé au loup lorsque certains indiquaient que la technologie finirait par faire s’effondrer la défense française sous le poids de ses propres commandes. Et puis, il faut avouer les choses comme elles sont : la multitude de « guerre des boutons » (entre les armées et en leur sein) a anesthésié la réflexion plus qu’elle ne l’a nourrie. Dans une certaine mesure, ces guerres inutiles ont même limité le peu de liberté d’expression que les militaires avaient. Lorsqu’on a ce qui s’apparente à un bled afghan sous le feu à trois bureaux du sien, ça n’incite pas à dégainer la bonne idée que l’on tenait en réserve.
Pourtant, des bonnes idées, il va nous en falloir. Il est temps de signer la paix des braves boutons, de resserrer les rangs et de faire fumer les cafetières. Il ne nous manquerait plus qu’avoir à subir le plus terrible des sabotages, celui des bras croisés annonçant la débandade et le ravalement définitif de la France à la non-puissance, celui du règne des grincheux que les coups portés auraient échaudés (pauvres petits). Il est temps aussi de remettre en question nos tabous. Il nous faut réapprendre que le Grand Charles, après s’être par deux fois retourné dans sa tombe ces dernier temps, avait lui-même osé faire sauter en son temps une série de tabous… et pas à la clé Allen. Votre vieux Carl, après avoir déjeuné quelque fois avec lui à la cantine de notre cher paradis où les nuages sont de cordite, n’a pas toujours été d’accord avec lui. Mais je crois qu’on peut lui reconnaître les deux premières qualités d’un soldat : il savait autant se mettre en péril devant les idées préconçues que devant l’ennemi. Et ça, mes amis, en ces temps de budgets grignotés (quoiqu’on puisse en dire), ça n’a pas de prix. Carl.
PS : Vive Surcouf !
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