vendredi 9 novembre 2007

La Bundeswehr fait toujours dans le lourd

Nos lecteurs se souviendront que le T&A actuellement dans les kiosques examine l'IFV allemand Puma sous toutes les coutures. Petit complément d'information arrivé hier, l'Allemagne en a officiellement commandé 405 exemplaires pour plus de 3 milliards d'euros.

jeudi 8 novembre 2007

Retrait confirmé de la France du programme AGS

Bien que l'information ait été rendue publique par le ministre de la Défense, elle ne semble guère avoir suscité d'émotion. Cependant, la France s'est bel et bien retirée du programme AGS et ne se dotera donc pas d'une capacité équivalente aux E-8 Joint Stars américains (supérieurs aux Cougar Horizon).

Ce qui n'est pas sans poser une série de problèmes collatéraux. Le premier porte sur la capacité des autres Etats partie au programme à supporter la charge financière découlant du retrait français. Le second est qu'après l'annulation (là aussi, tout aussi curieusement peu médiatisée) du E-10MC2A (qui devait remplacer les AWACS, les Joint Stars et les RC-135 américains), l'AGS pouvait représenter une porte de sortie pour Washington.

En tout état de cause, voilà qui tempérera certainement les commentaires selon lesquels N. Sarzy était en phase d'alignement sur les Etats-Unis...

Des Rafale pour le Brésil ?

La mise en place d’un groupe de stratégie de la défense nationale par le président Lula permet de dévoiler l’ambitieuse stratégie à long terme de Brasilia, y compris en regard d’un Venezuela qui semble être perçu comme une menace. Dans le même temps, deux décisions ont été prises. La première concerne une augmentation de 50 %, dès l’année prochaine, du budget de défense, qui se montera alors à 5 milliards de dollars.

Deuxième décision, le Brésil a lancé un appel d’offre pourtant sur l’acquisition de 36 appareils de combat pour un montant de 2,2 milliards de dollars. De fait, la force aérienne brésilienne va mal : 37 % de ses appareils seraient non-opérationnels. Reste toutefois que si le Rafale semble bien placé pour l’emporter – les Brésiliens ayant reçu des Mirage 2000 d’occasion à un prix défiant toute concurrence – une éventuelle commande devra être suivie, selon les Brésiliens eux-mêmes, de transferts technologiques.

mercredi 7 novembre 2007

Avec une publicité pareille...

... que faut-il ajouter de plus ? Jean-Dominique Merchet a lu le dernier DSI et semble avoir apprécié. Face à une telle appréciation, je serais bien mal fichu d'en rajouter. Toutefois, le débat stratégique en tant que tel est ranimé depuis une bonne année et le dossier tel qu'il a été réalisé se place dans une continuité éditoriale (et parallèlement à nos thématiques habituelles), appliquée sur plusieurs numéros. Petite récapitulation pour ceux qui voudraient approfondir :

Novembre 2006 : le général Desportes pose un jugement sévère sur la Transformation et lui préfère l'adptation ; Djamel Metmati approfondit le concept de numérisation ;

Décembre 2006 : application au plan tactique via un spécial guerre urbaine, introduction au sujet.

Janvier 2007 : application au plan opérationnel/stratégique : dossier spécial "options de sortie de crise en Irak"

Février 2007 : retour à la théorie avec la présentation du concept d'effet majeur par le colonel Yakovleff

Mars 2007 : spécial élections présidentielles. C'est aussi l'occasion de faire un état de l'art des grands dossiers stratégiques et industriels en cours ou à venir.

Avril 2007 : le général Hubin tient à tempérer l'opposition entre symétrie et asymétrie et argue d'un rapprochement des deux concepts

Mai 2007 : retour à la tactique avec un dossier spécial "guerre en montagne"

Juin 2007 : le dossier spécial "puissance aérienne" permet de montrer les apports de la stratégie aérienne, tout en montrant ses connexions conceptuelles avec la contre-insurrection (colonel Osinga, P.K. Davies)

Juillet 2007 : retour plus approfondis sur le combat urbain, comprenant notamment une contribution d'Antonin Tisseron

Septembre 2007 : dossier "adaptation et contre-adaptation" montrant les difficultés d'armées technologiquement avancées à faire face à des guérillas et des techno-guérillas ; mais aussi les opportunités inexploitées dans le domaine des PSYOPS et de l'influence

Octobre 2007 : poursuite du débat sur l'influence aux plans tactiques et stratégiques ; résurgence d'une puissance européenne "non-UE" ; couverture de l'Université d'Eté de la défense et question de la préemption.

Novembre : On synthétise, au plan politico-stratégique.

Le débat, on le comprendra, est très complexe, très large aussi. Jamais les paramètres n'ont été aussi nombreux. Et s'ils prennent un relief particulier au regard du prochain Livre blanc, ils se poursuivront encore longtemps. Des thématiques comme la contre-insurrection ont encore été assez peu abordées - alors pourtant que la France dispose de théoriciens de valeur - sans encore compter un frémissement qui se sent clairement du côté de la stratégie aérienne mais aussi de la stratégie navale.

Je viens, à cet égard, de terminer le dernier ouvrage d'Hervé Coutau-Bégarie (critique de lecture en décembre !), qui augure d'une vraie pensée navale contemporaine à l'échelle européenne. Il était temps. Que cela ne soit pas pris comme un reproche mais les marins sont parfois un peu trop historiens. Or, tant de choses sont à faire en ce domaine, quasi-vierge si l'on excepte les traditionnelles et nécessaires (mais point trop n'en faut) légitimations du rôle économique ou écologique de la mer. En d'autres termes, on n'a pas fini d'investiguer le monde de la stratégie.

lundi 5 novembre 2007

Le retrait de la France du programme AGS envisagé

On connaissait les difficultés techniques auxquelles fait face le programme Alliance Ground Surveillance, lequel doit permettre à l'OTAN de disposer d'un pool de drones RQ-4 et d'Airbus A-321 spécialement modifiés pour emporter le radar SOSTAR.

Mais il semble que ces difficultés soient à la source de sérieuses remises en question à Paris. On nous rapporte ainsi que la France pourrait - le conditionnel est de mise - être amenée à se retirer du programme (et donc de son financement, presque 100 millions d'euros) prochaînement.

DSI 31 dès demain en kiosque


DSI 31, novembre 2007 – sommaire

Editorial
Agenda – nominations – carnet
Veilles contre-terroristes (31 entrées)
Contrats du mois (17 entrées)
Veilles stratégiques :

Flash : budget géorgien ; premier vol du KC-30 ; utilisation des SDB depuis le F-22 ; projets kazakhs ; essai de l’Agni-I ; réception des PAC-3 néerlandais.

Canada : de nouveaux sous-marins en vue ?

Etats-Unis : Les contractors empiètent sur la FEMA ; des C-5 rénovés (très) coûteux… ; un nouveau wing d’opérations spéciales ; bataille pour les drones ; Tom Jones n’est pas un has been ; le BAMS pour compenser la réduction des flottes ? ; Réception du premier EA-18G Growler ; l’amiral Roughead va-t-il redéfinir la posture de la marine américaine ? ; des M-109 jusqu’en 2050 ; le prix des contractors.

Europe : Démonstration des capacités du radar SOSTAR-X

Bulgarie : accord de principe sur l’acquisition de 4 Gowind

France : Loi de programmation des finances et commandes

Grande-Bretagne : réduction du format de la RAF ?

Pays-Bas : modernisation d’une partie de la flotte de F-16

Norvège : présentation du budget 2008

Bahreïn : un radar ABM ultra-moderne

Inde : un lanceur spatial réutilisable dès 2009 ?

Irak : commande massive de matériels pour 25 bataillons ; nouvelle réduction du format des forces britanniques ; réarmement rapide ; du neuf dans la protection antimissiles des liners ; le réseau de défense aérienne syrien hacké ?

Chine : un nouveau centre spatial ; un client irakien rentable ; un programme d’ELINT naval qui se porte bien

Japon : des contractors pour la défense antimissiles ; réagencement du dispositif à Okinawa

Taiwan : le Hsiung Feng 2E… ; … partie d’une démonstration de force inédite depuis 1991 ; Taipeh cherche à renforcer sa dissuasion conventionnelle

Australie : commandes en pagaille pour Canberra ; commission du dernier Armidale

Somalie : Négocier avec les islamistes ?

La chronique de Carl von C. : l’affaire afghane est pliée, mais pas dans le bon sens

Géostratégie

« La défense anti-missiles devient aussi importante que la défense anti-aérienne » Interview de Franciszek Gagor, chef d’état-major de l’armée polonaise, candidat au poste de président du Comité militaire de l’OTAN
La privatisation de la sécurité au service de la politique étrangère américaine
Par Jean-Didier Rosi (Licencié en sciences politiques) et Tanguy Struye de Swielande (Professeur aux FUCAM et à l’Ecole Royale Militaire)

Où en est la Russie stratégique ?
Entretien avec Ruslan Pukhov, directeur du Center for Analysis of Strategies and Technologies (CAST), Moscou.

Stratégie

Intervenir ? Les dilemmes de la future politique de défense française
Par la rédaction

Intervention-stabilisation : l’équation contemporaine
Entretien avec le général Pierre de Saqui de Sannes, Gouverneur militaire de Marseille, officier général de la zone de Défense sud.

Quelques réflexions sur la défense de la France
Entretien avec Hervé Coutau-Bégarie, Président de l’Institut de Stratégie Comparée, directeur du cours de stratégie au Collège Interarmées de Défense.

Nouvelles menaces et poussées géopolitiques
Entretien avec Aymeric Chauprade, directeur du cours de géopolitique au Collège Interarmées de Défense

Pensée, concepts et mutations : le réveil de la France ?
Entretien avec Christian Malis, directeur scientifique de la Fondation Saint-Cyr, chercheur associé au centre de recherche de Saint-Cyr Coëtquidan

Puissance aérospatiale et nouveaux conflits : l’indispensable atout
Entretien avec Jean-Jacques Patry, chargé de mission à la Fondation pour la Recherche Stratégique et directeur du Centre européen de recherche opérationnelle militaire (CEROM), avec le concours de Philippe Gros, chargé d’analyse et de développement de concepts (FRS-CEROM).

Unités

Mot d’ordre : adaptation. La base ALAT du 1er RHC
Par Véronique Sartini, journaliste

L’adaptation des hélicoptères au combat urbain
Entretien avec le LCL (TA) Hervé Auriault, chef de corps du 1er RHC de Phalsbourg

Encadré : le Cougar Horizon

« Notre expérience du combat urbain se fait avant tout sur le terrain »
Entretien avec le capitaine Julien Litas, commandant l’escadrille d’hélicoptères d’attaque n°1 du 1er RHC

En vol : tactique et renseignement
Par Véronique Sartini, journaliste

Armées

Intervention en Iran et représailles de Téhéran : 3 scénarios
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : l’Iran chimique et balistique
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Technologie et armement

Des origines du T-34 soviétique
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Des tanks pour la Rodina
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

L’industrie russe des chars de combat tente péniblement de survivre
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Char de combat T-64/Les forces terrestres ukrainiennes face à la Russie
AIDC F-CK-1 Ching Kuo/Vers le décollage de l’industrie aéronautique taiwanaise ?
Corvette LCS-1 classe Freedom/La modularité, clé des opérations littorales ?

Critiques de lecture

Democracy and Counterterrorism. Lessons of the Past de Robert J. Art and Louise Richardson (Eds)
Introduction à la stratégie de Vincent Desportes et Jean-François Phélizon
Principes fondamentaux de stratégie militaire de Carl von Clausewitz
La première guerre mondiale de John Keegan
Inflexions. Civils et militaires : pouvoir dire. Juin-septembre 2007
Le militaire belge en opérations : aspects politiques et sociologiques d’André Dumoulin et Delphine Resteigne.

samedi 3 novembre 2007

Quelle est la crédibilité de Wikipédia ?

André Dumoulin vient de m'envoyer le lien vers un article de Marianne qui me semble très pertinent et qui "démonte" en bonne et due forme l'encyclopédie collaborative, avant-garde du web 2.0.

Et de fait, le problème de l'anonymat des contributeurs y est central : est-ce le savoir (boudjou : Sage m'a envoyé un mail : accès gratuit à ses 460 revues - vraiment académiques - jusque fin novembre) ou la possibilité de manipulation qui se démocratisent ? Du point de vue du stratégiste examinant les matériels, il est vrai qu'on est parfois curieux de savoir d'où viennent certaines infos... ou plutôt de quels départements marketing. A voir ici.

Pour mon anniversaire, je veux des journées de 48 heures !

Ca y est me direz-vous, voilà qu'il se plaint ! Et bien pas tout à fait. Mais je me suis fait une petite virée en librairie (restons sérieux, tout de même) et non content d'avoir reçu de Véro "Une exécution ordinaire" (euh... pas d'arrières-pensées envers son vénéré rédac'chef adjoint, j'espère !), je me suis pris "Achever Clausewitz" de Girard (non, pas question d'euthanasier ce bon vieux Carl von C.). Tout ça avec une chronique stratégique de l'année en route et un bouquin à parachever, ça ne fait pas très sérieux. Mais on ne se refait pas, après tout.

Plus sérieusement, j'ai eu de très bons commentaires sur Achever Clausewitz. Mon interlocuteur me l'avait décrit comme assez ardu, tendant vers l'épistémologie. Des 3 premières pages lues en prenant l'apéro ce midi, la prose vole assez haut, de fait, mais reste claire. Le questionnement lui-même est terriblement concret. Voilà qui justifiera très certainement une critique de lecture dans le DSI de décembre.

Ceci dit, mes potes m'ont offert une petite merveille : une de ces machines expresso qui vous préparent de petites bombes caféinées comme je les aime et Madame Athéna m'a offert un Palm, histoire que je sois un peu plus à l'heure (pour faire la vaisselle, par exemple : c'est étonnant cette résilience que j'ai à l'égard de la vaisselle). Qui a dit que le temps objectif était incompressible ?

Quand les braves rendent les armes

Je vous avais déjà parlé de Mehmet Koksal et de son blog, humeur allochtone. Il faisait partie de mon univers de citoyen bruxellois à mi-temps en me tenant informé sur mes quartiers, en farfouilant sur les petites et les grosses combines de la politique belge.

Et là où les uns et les autres poussaient des incantations pour éviter les amalgames en tous genres (les Kurdes sont tous du PKK, les musulmans sont tous terroristes, les Turcs sont tous nationalistes, j'en passe et des meilleures), il a fait bien plus pour la cohésion sociale, la tolérance et l'information libérée de l'autocensure que les bobos bien-pensants. Il voyait les choses avec l'arme la plus létale pour la crétinerie que l'homme ait jamais inventé : l'objectivité.

Et bien, il arrête. a force d'avoir creusé, il s'est attiré bon nombre d'ennuis, au point de se faire tabasser pour avoir suivi une manif' où, soit dit en passant, le drapeau d'une ambassade étrangère (Etats-Unis) a été brûlé par des Loups gris. Entre politiciens parlant de "prétendu génocide arménien" ou membres de l'extrême-droite turque se trouvant sur des listes électorales pourtant démocratiques, il considère que lui et son entourage sont dans une position intenable.

Appuyé par tout le monde mais soutenu par personne, le voilà sans son clavier-sabre. Un épisode de plus, sans doute, du lent glissement belge vers un non-Etat où l'objectivité comme la libre pensée semblent, face aux intérêts supérieurs du délitement, devenir des victimes collatérales. C'est grave. Mais est-ce que son expérience fera réfléchir ?

mercredi 31 octobre 2007

Un invité de marque pour DSI

C'est bien connu, DSI n'accueille que des invités de marque. Toutefois, nous avions reçu une proposition d'interview qui ne nous a pas laissé de marbre en ce sens qu'il s'agissait rien moins que du général Gagor, chef d'état-major général des forces armées polonaises et candidat au poste de président du Comité militaire de l'OTAN.

Ce diplômé de l’Ecole des officiers des troupes mécanisées de Wrocław (1973) est aussi titulaire d’une maîtrise de philologie anglaise de l’université de Poznań (1983). Il obtient en 1998 un doctorat de défense à l’Académie de défense nationale de Varsovie. Ancien auditeur du Collège de défense de l’OTAN de Rome (2001), il est également diplômé du National War College de la National Defense University de Washington (2002). Il joue un rôle déterminant au sein du groupe de travail des forces armées polonaises chargé de la préparation à l’accession de la Pologne à l’OTAN. Entre 2003 et 2006, le général Gągor est successivement Force commander UNIKOM Irak, assistant du SGNU (2003), Force commander UNDOF Syrie, assistant du SGNU (2003-2004), représentant militaire polonais auprès des comités militaires de l’OTAN et de l’UE à Bruxelles (2004-2006). Le 27 février 2006, le général Gągor est nommé chef d’état-major général des armées polonaises. Il est promu au grade de général d’armée le 3 mai 2006. Le général parle anglais, français et russe.

En l'occurrence, nous avons le plaisir de le recevoir dans le numéro de novembre de DSI et il me semble, ma foi, plutôt bien entouré :

- Ruslan Pukhov, directeur du CAST (Moscou) sur l'évolution des programmes russes ;

- Tanguy Struye et Jean-Didier Rosi pour un long article, très riche en informations, sur le phénomène des contractors ;

- Hervé Coutau-Bégarie, le général Saqui de Sannes, Aymeric Chauprade et Christian Malis dans le cadre de notre dossier principal, consacré aux options stratégiques de la France en regard du prochain Livre Blanc, et qui nous démontrent que le "politiquement correct" n'est pas prêt de l'emporter dans les débats stratégiques ;

- un dossier portant sur les options stratégiques iraniennes à long terme et un focus sur les armements chimiques et biologiques de Téhéran ;

- un dossier "ALAT" qui fait suite à une visite du 1er RHC de Phalsbourg et qui comprend pas mal de choses sur la façon dont ils perçoivent le combat urbain ;

- un dossier "technologie" sur l'évolution des chars russes, complété de fiches techniques sur le T-64, le Ching Kuo taiwanais et le LCS américain.

L'ensemble sera disponible dès le 6 novembre en kiosque et sur notre boutique en ligne. D'ores et déjà, bonne lecture à toutes et à tous... et n'hésitez jamais à m'envoyer remarques, suggestions et autres commentaires !

L'armée belge survivra-t-elle ?

L’affaire avait d’abord fait sourire : constatant un dépassement des dépenses de plus 200 millions d’euros, la ministre du budget belge avait placé le ministère de la défense sous curatelle, une mesure exceptionnelle découlant de l’absence d’un nouveau gouvernement fédéral à même de trancher la question sur le fond. Si ce déficit sera annoncé comme comblé quelques jours après (au détriment du programme d’équipement ?), le ministre contre-attaquera dans la presse néerlandophone : il existerait une « guerre de succession » non seulement à son encontre – en tant que ministre d’un gouvernement en affaires courantes – mais aussi à celle d’August Van Daele, chef d’état-major conjoint.

Les attaques menées l’auraient alors été par des « généraux conservateurs ». En filigranes se poserait la question des options stratégiques choisies : plus orientées « opérations humanitaires » que par le passé, les forces belges perdent, selon nombre d’observateurs, leur « mordant » - une situation que symbolise la perte de l’artillerie de 155 mm ou celle des chars de combat. Cette orientation n’est pas orpheline : le choc provoqué par l’assassinat en mission des 10 casques bleus belges à Kigali, peu avant le génocide rwandais, a conduit les autorités politiques à adopter une posture d’engagement des forces belges dans des missions assez peu risquées. La centaine de Belges présents au Tchad sera ainsi essentiellement affectée à des missions logistiques.

Mais les choix opérés en matière d’engagements, s’ils ne remontent donc pas au ministère d’André Flahaut, font grincer les dents plusieurs officiers – belges, français ou néerlandais – considérant que la Belgique, en ne s’impliquant pas dans les missions les plus dangereuses, effectue un exercice de « free-riding », profitant de la sécurité fournie par ses voisins.

Or, une nouvelle étape a été franchie dans ce que certains officiers belges qualifient en privé « d’entreprise de démantèlement des forces » par la conduite d’une étude visant… à placer la défense belge sous la tutelle du ministère des affaires étrangères. Ce qui signifierait concrètement que son rôle humanitaire serait définitivement consacré et que ses missions de combat pourraient être abandonnées. Si cette étude semble plus exploratoire qu’à visée concrète, il n’en demeure pas mois qu’elle est de nature à déclencher une véritable fronde parmi les militaires belges.

Si les enquêtes montrent qu’ils éprouvent une certaine satisfaction à mener des missions humanitaires, un certain nombre d’entre eux estime aussi non seulement que de telles missions peuvent impliquer des combats mais aussi que le combat en soi doit rester au programme des forces.

Certains membres des forces spéciales indiquaient ainsi lors d’un reportage diffusé à la télévision belge, il y a quelques mois, qu’ils étaient prêts à mener les missions pour lesquelles ils avaient été formés, notamment en Afghanistan… avant que le ministre, interrogé dans le même reportage n’indique qu’aucune demande en ce sens n’avait été effectuée par l’OTAN. Ce qui n’a pas manqué de causer un certain désarroi chez les Special Forces.

Ces manœuvres politico-militaires se produisant sur fond d’une crise gouvernementale qui perdure – et alors que la Flandre est traditionnellement plus encline aux sentiments anti-militaires que les régions majoritairement francophones – certains y voient, manoeuvre après manoeuvre, une entreprise de sape de l’un des derniers départements ministériels symbolisant la Belgique unitaire.

mardi 30 octobre 2007

L'Arabie saoudite change radicalement de politique d'approvisionnement

C'est avec une certaine surprise que l'on a appris aujourd'hui le changement radical opéré par l'Arabie saoudite dans sa politique d'équipements militaires. Alors qu'Eurocopter, MBDA et Airbus Military négociaient un très gros contrat, le royaume s'est finalement tourné vers la Russie, en achetant 150 Mi-35 Hind et Mi-17 Hip pour 2,2 milliards de dollars.

Evalué à 8,8 milliards d'euros, le contrat négocié par les Européens comprenait de 2 à 3 A-330 MRTT de ravitaillement en vol, 64 NH-90 (10 NFH et 54 TTH), 12 Tigre, 20 AS-532A2 de recherche et sauvetage au combat, 32 Fennec, 4 AS-565 Panther (Cf. notre brève "contrat du siècle pour EADS ?" dans DSI 18, septembre 2006). Des négociations semblaient également être menées dans l'optique de la vente de missiles Aster 30 et de chars Leclerc.

A cet égard, l'Arabie saoudite s'orienterait vers des SAM russes de même que vers le T-90. Ce revirement serait le fait du roi lui-même qui a repris en main la politique d'armement. Or, la vente semblait avoir été négociée par l'Elysée au terme du dernier mandat de J. Chirac, entre-temps remplacé par N. Sarkozy sans, apparement, que la transition sur ce dossier n'ait correctement été opérée. Par ailleurs, des observateurs indiquent aussi que la politique sarkozyste en regard du Moyen Orient pourrait avoir également influé la décision saoudienne.

lundi 29 octobre 2007

Le Type 093

Certains se rappeleront que l'un de nos dossiers principaux dans le DSI 28 (juillet-août 2007) touchait le domaine des SNA/SSN et que nous en avions profité pour faire le point sur les projets chinois. Nous ne disposions pas de photo du bâtiment mais celles-ci ont commencé à circuler en même temps que celles du nouveau SSBN chinois.

jeudi 25 octobre 2007

Spill-over

En sciences po' un conflit fait du spill over lorsqu'il se déroule quelque part mais connait une reproduction, ou a tout le moins des ramifications ailleurs. Ca a été le cas à Bruxelles hier soir (et avant-hier) lorsque des groupes ont "manifesté" (sans banderoles ni slogans) contre le PKK. Bilan des opérations, des vitrines cassées, quelques blessés, des trams et des bus visés et une belle partie - façon de parler - de guérilla urbaine avec une centaine d'arrestations à la clé le tout à 100 m de mon appartement. Dans une situation de mondialisation, ce genre de situation est virtuellement inévitable. Malheureusement, ce genre d'importation de conflits ne pourra que se reproduire.

Mon soutien aussi à Mehmet Koksal, journaliste indépendant (dans tous les sens du terme) qui s'est fait agresser (tabasser est plus exact) alors qu'il effectuait un reportage. La police ne l'a évacué qu'après qu'il ait quitté la zone, une policière refusant d'ouvrir sa portière de voiture pour l'extraire. Très courageux.

mercredi 24 octobre 2007

première vraie photo d'un Jin


C'est le jour même de l'ouverture du 17ème congrès du PCC qu'a commencé à circuler sur des sites chinois cette photo d'un SSBN de classe Jin. Deux de ces sous-marins étaient précédemment visibles sur Google Earth.

mardi 23 octobre 2007

Grande-Bretagne : des vaisseaux-mère pour 2020 ?


A environ 1 milliard de dollars pièce, les porte-aéronefs tels que les Hyuga ou les Dokdo ne constitue guère une solution très abordable pour des marines recherchant une montée en puissance rapide. Aussi, BAE Systems s’est livré à un exercice conceptuel assez intéressant, partant du principe qu’aujourd’hui, la valeur d’un porte-avions ou d’un porte-aéronefs ne se mesure plus au nombre de sortie quotidiennes (160 pour le CVN-21 à 10 milliards de dollars/pièce) mais à la persistance et à la durée des vols effectués par les appareils embarqués.

Ainsi, durant l’OIF, les porte-avions US ont vu des taux de sorties assez bas (30 à 40). Dès lors, la taille des bâtiments peut être considérablement réduite, plus encore s’il utilise quelques drones de combat embarqués.

Résultat, BAE Systems propose d’utiliser la coque des T-45 (classe Daring) et d’y adjoindre deux pistes équipées de tremplins à ajustement variables, d’un hangar sous le pont et même d’un petit radier. De tels bâtiments, qualifiés d’UXV et tirant parti des technologies déjà développées, pourraient avoir un déplacement de 8 000 tonnes et voir le jour avant 2020.

Gripen et Erieye pour la Thaïlande

Dans le choix de son nouvel appareil de combat, Bangkok a finalement tranché en faveur du JAS-39C/D Gripen (contre le F-16 et le Su-30), achetant, au même moment, deux exemplaires du radar de détection précoce Erieye (appareil porteur encore inconnu).

lundi 22 octobre 2007

Et si la question, c'était...

Pardon pour ceux qui l'ont vécue
Mais la question n'est pas :
Ce qu'ont fait ou ton père ou ta mère
Dans cette guerre perdue.
Non la question n'est pas là.
Ce qui me préocupe c'est :
Qu'est-ce que j'aurais fait, moi ?

Cinquante années originales
Avec des hauts plus ou moins bas
Des amours tendres ou infernales
Un jour l'argent, un autre pas.
Le désespoir bien ordinaire
D'un homme qui ne se connait pas,
Mais, si j'avais connu la guerre,
Mon dieu, qu'est-ce que j'aurais fait, moi ?

Pardon pour ceux qui ont souffert
Mais la question n'est pas
Ce qu'ont fait ou ton père ou ta mère
Dans les ténèbres de ce temps là
Non la question n'est pas là
Ce qui me préoccupe c'est :
Qu'est-ce que j'aurais fait, moi ?

Je pense à tous les humiliés
Par cette étoile qu'ils ont portée
Parc'que ça s'est passé chez moi
Je pense à ceux qui n'sont plus là
Notre avenir a un passé
La mémoire n'est pas dépassée
Mais le pardon ne suffit pas
Mon Dieu, qu'est-ce que j'aurais fait, moi ?

Pour ceux qui sont nés aujourd'hui
Choisir le bon côté c'est sûr,
Beaucoup voulaient sauver leur vie,
Beaucoup s'inclinaient par nature.
Quelle sorte d'homme aurais-je été ?
Celui du rail ou du Vercors ?
Ou bien ce gamin abusé
Jouant à la guerre, jouant à la mort

Pardon pour ceux qui l'ont vécu,
Mais la question n'est pas,
Ce qu'ont fait ou ton père ou ta mère
Dans cette guerre perdue
Non la question n'est pas là
Ce qui me préocupe c'est :
Qu'est-ce que j'aurais fait moi ?
Mon Dieu, qu'est-ce que j'aurais fait moi ?

dimanche 14 octobre 2007

Rush hour

Une intervention en colloque demain (sur les facteurs dégradant l'efficience des défense antimissiles stratégiques comme tactiques) et ma défense "privée" de thèse (une autre, ouverte au public, aura lieu plus tard) ce vendredi, auxquelles il faut ajouter quelques réglages sur le DSI 31 : la semaine semble légère mais sera en réalité très studieuse.

D'où un fonctionnement de ce blog en mode "dégradé" dans la prochaine semaine. France 3 étant passé par la rédaction pour une interview de votre serviteur sur les scénarios à l'égard de l'Iran vendredi passé, je ne manquerai toutefois pas de vous tenir au courant de la diffusion. D'ici là, nécessité fait loi et, comme l'indique la devise de mon Alma mater, que Scientia vincere tenebras !

samedi 13 octobre 2007

Sacré Gali

Je dois avouer que "Gali l'Alligator" m'a bien fait rire : il fallait la trouver.



Mais, d'un autre côté, la petite phrase à la fin du clip fait froid dans le dos : dans quelle mesure ne sommes-nous pas fascinés par la violence et jusq'à quel point pouvons nous la reproduire, symboliquement ou non ?