vendredi 27 juillet 2007

Athéna et moi en mode dégradé

Depuis aujourd'hui 14 heures, je suis officiellement en vacances et ce jusqu'au 16 août. Un retour au pays demain matin et une jubilatoire suite de barbecues sans compter un petit saut à Prague m'attendent.

Ce qui signifie aussi que les mises à jour ce blog ne seront sans doute plus aussi régulières durant les prochains jours.

C'est cependant pour revenir en pleine forme... et vous livrer le prochain Technologie & Armement.Il comptera notamment un article sur les missiles de croisière indonésiens, un entretien avec les responsables du projet PA2, des articles et des interviews sur le concept Stanflex, les secrets d'un Exocet Block3 à présent apte à la frappe terrestre, ceux du SIDM, une analyse des retours d'expérience du Stryker, celle des tactiques et technologies utilisées par les unités du génie de Tsahal, un entretien sur le VBCI et quelques autres articles.

Un premier prototype de blended wing a volé

On parle des "blended wings" depuis maintenant quelques années. Permettant d'améliorer l'aérodynamique et la consommation de carburant, cette formule très particulière permettrait à terme d'emporter du cargo ou des passagers dans les ailes elles-mêmes. C'est dans ce cadre que vient de se produire le premier vol du X-48B. Boeing ne voit pas d'applications commerciales immédiates mais la branche défense semble intéressée par le concept.

Japon : un chasseur de 5ème génération ?

Désirant acheter des F-22, le Japon semble avoir été particulièrement aigrit de constater que la recommandation du commandant du PACOM américain n'allait pas en ce sens (on notera par ailleurs que tous les verrous juridiques limitant la possibilité de vente de l'appareil ont été levés par le législateur américain).

Dans ce cadre, Tokyo a menacé de développer son propre chasseur. Si l'effort financier qu'une telle démarche impliquerait serait considérable, le TRDI japonais a déjà dans ses cartons un démonstrateur aux formes assez futuristes, dont nous avions présenté la maquette dans le n°25 de DSI (avril) et dont 4 prototypes devraient - sauf improbable coupe budgétaire - être construits.

Somalie : vers la techno-guérilla ?

Cela fait maintenant plus d'un an que DSI suit l'affaire somalienne. En particulier, nous avions été les premiers à traiter du sujet sous l'angle stratégique, dans notre numéro d'avril. L'une des conclusions du dossier était que, sur le fond, l'effondrement rapide des Tribunaux islamiques ne réglait pas le problème de fond. Par ailleurs, plutôt que d'effondrement, mieux vaut-il parler de dispersion.

Et, de fait, les unités de l'UA avaient été accueillies à coups de tirs de mortiers, les opérations se poursuivant en suivant des rythmes déphasés et chaotiques. A cet égard, un nouveau rapport des Nations Unies montre que cet effondrement quasi-perpétuel de l’Etat somalien est assez largement nourri pas des ingérences étrangères. Il y avait, certes, eu le « blitzkrieg éthiopien » du début 2007 mais également des livraisons d’armes de divers acteurs dont l’Erythrée, qui s’est empressée de nier.

En réalité, selon le rapport, la Somalie n’aurait jamais eu autant d’armes sur son sol que maintenant. Des photos et une vidéo montrant des SA-18 ont ainsi été présentées. Un appareil ukrainien, touché, a ainsi dû faire un atterrissage d’urgence à Mogadiscio. Au moins 6 de ces missiles auraient été livrés aux Tribunaux islamiques. Au moins 13 rotations au départ d’Asmara d’un B-707 ghanéen ont également été rapportées.

Se prépare-t-on à voir émerger, dans les prochains mois, une structure de combat hybride, entre guérilla classique et techno-guérilla ?

jeudi 26 juillet 2007

L'empire contre-attaque ?

Faisant face à des difficultés budgétaires mais aussi à des critiques concernant l'aptitude à soutenir des opérations très consommatrices en hommes voire à des manquements tels que la non-fourniture des munitions des canons de ses Typhoons, la Grande-Bretagne va connaître une évolution assez radicale de son budget de défense.

Ainsi, le budget de défense va être augmenté de 7,7 milliards de livres durant les 3 prochaines années.

Dans ce cadre, le feu vert a été donné à la construction des deux CVF - une donnée importante pour la poursuite du PA2 français. Les officiels ont toutefois exclus qu'une partie de la coque des bâtiments britanniques puissent être construite en France. Par contre, des éléments des îlots pourraient être construits en France.

3,9 milliards de Livres vont être affectées à la construction des deux navires. En outre, les bases de Plymouth, Portsmouth et Faslane resteront opérationnelles (il avait été question d'en fermer une).

Le VBCI shortlisté pour le FRES : précisions

Nos lecteurs auront remarqué que nous indiquions dans le DSI 28 que le VBCI de Nexter était shortlisté dans le cadre du programme FRES britannique, avec l'Artec Boxer et le Mowag Piranha (nous avions alors indiqué le "III").

A ce moment - la brève a été écrite avant le 10 juin sur base d'informations reçues et avant que la nouvelle ne soit rendue publique - nous ne disposions pas encore de tous les éléments du dossier, préférant informer au plus vite nos lecteurs. Nous disposons maintenant de plus d'informations :

-1- Le transport en C-130J (Londres en avait acquis 25 exemplaires, justemment et notamment en prévision de l'acquisition du FRES "première version"), condition sine qua non de la précédente version du cahier des charges britannique, n'est à présent plus requis. C'est cette fois l'aérotransport en A400M qui conditionne partiellement le choix final britannique ;

-2- Le shortlisting des 3 engins se produit en regard du volet "utility vehicle" et non au regard d'autres volets impliquant par exemple une capacité de feu directe, même si l'utilisation de véhicules modifiés dans ce cadre n'est pas exclue pour l'heure par Londres. Pierre Roux aborde ainsi dans le prochain T&A la question de l'adaptabilité du VBCI.

-3- Il ne s'agissait pas du Piranha III mais bien du 4+ ou du 5.

Boxer et VBCI ne sont plus désavantagés par leur non-aérotransportabilité en C-130J. Reste néanmoins que la variable "perceptions/nationalismes" une constante plus importante en analyse militaire que la qualité des matériels à proprement parler n'est pas toujours déterminante. A cet égard, certains en Grande-Bretagne ont toujours un biais contre les matériels français. Ce qui ne nous empêche pas de souhaiter que le meilleur gagne ;o)

La Belgique, premier non-Etat (3)

J'ai reçu ce matin un commentaire que je crois utile de placer en exergue et auquel je me permettrai ensuite de répondre :

"C'est avec attention que j 'ai pu prendre connaissance des réactions et de la thèse développées sur votre blog ayant trait au "non-Etat" pour ce qui concerne la Belgique. Parlementaire francophone belge entamant ma seconde législature au parlement fédéral, il est certain que si je peux ressentir un fossé grandissant entre la classe politique flamande et francophone hormis pour quelques exceptions, la bourde de monsieur Leterme, premier ministre belge "en devenir", a pu souligner de profondes différences également dans les réactions des opinions publiques francophones et néerlandophones. Et ceci me semble plus fondamental. Côté francophone, on ne trouve pas d'excuses à monsieur Leterme pour avoir confondu "Brabançonne" et "Marseillaise", sinon à reconnaître que les paroles de ces deux hymnes sont en français. On dira dans l'opinion publique et médiatique flamande que c'est sans doute une faute mais que les francophones "exagèrent vraiment" en montant en épingle ce pseudo-événement au point d'en faire une affaire d'Etat. Le peuple semble divisé. Là, où bon nombre de francophones diront ou écriront que partout ailleurs dans le monde, un futur premier ministre commettant pareille bévue serait sommé "d'aller se rhabiller", les néerlandophones feront le gros dos et ironiseront plutôt… le peuple belge n'est pas uni sur la question, on ne parvient même pas à s'accorder sur l'idée que le café matinal de Leterme devrait être plus corsé. A défaut d'une grande culture, cela pourrait lui rendre ses réflexes…

Il n'en demeure pas moins que l'information a fait le tour du monde, ou à peu près. Dans toutes les langues, on a bien ri. Les belges, au delà de la France ont bien fait rire, il n'est pas loin le temps où les blagues belges ne seront plus uniquement racontées par des français. Mais le Belge s'en fiche de faire rire sur son nom. Et cela fait sans doute partie intégrante du problème ; pour être blessé par la moquerie, il faut être touché dans sa fierté.., le belge est-il suffisamment fier de l'être? Davantage les francophones sans doute, au vu de leurs réactions et qui dans un récent sondage n'expriment pas leur confiance à Monsieur Leterme, à l'inverse des flamands. La conclusion à porter à ce débat tient sans doute en quelques lignes. L'Etat devrait idéalement reposer sur un sentiment national fort et partagé, empreint de culture, d'histoire et de projets communs. A défaut, l'attachement aux symboles tel que celui sur lequel nous avons débattus ne tient plus. D'autres représentations collectives que l'Etat prennent alors naturellement le relais. S'est-on déjà interrogé sur le sens qui fait revendiquer, en masse, aux Belges leur identité et leur attachement à l'Union européenne. Compensent-t- ils affectivement? Et sans lien avec une autre représentation collective, le Belge sera-t-il plus empreint à revenir à une autre référence sans hymnes, sans tambours ni trompettes, peut-être plus individuelle, d'une autre grandeur. Denis DucarmeDéputé "


Je suis honoré de me voir ainsi lu.

Malheureusement, suis-je tenté de dire, la gaffe d'Yves Leterme n'a fait rire personne. Vu de France où je travaille, son comportement a plutôt suscité l'incrédulité, voire, à atterré commentateurs et citoyens. Nous sommes au-delà de la dernière blague belge. Mais, si je puis me permettre, je pense que toute cette affaire renvoie plus au symptôme d'un délitement en profondeur qu’à un épiphénomène – même si, évidemment, notre futur premier ministre devrait faire plus attention au dosage de son café.

Et de fait, je pense que sur ce que nous pourrions qualifier « d’effondrement des symboles identitaires » va sans doute générer d’autres modalités de socialisation. Celle de l’Etat n’est, après tout, qu’une parmi d’autres. Si elle peut être structurante des autres (que serait l’identité flamande s’il n’y avait eu la Belgique ? En retour, que serait l’identité wallonne s’il n’y avait eu l’identité flamande ? Paradoxalement, l’identité bruxelloise « zinneke », qui ne s’est pas construite par opposition, me semble tellement plus stable), elle pourrait n’être aussi que transitoire. L’Etat post-westphalien, en tant que forme d’organisation politique régulée et détenteur du monopole de la violence légitime, n’est, après tout, que post-westphalien. Or, des formes d’organisation politiques existaient bien avant 1648.

De ce point de vue, sans doute la Belgique devra-t-elle évoluer tôt ou tard vers une forme confédérative, où les compétences communes – affaires étrangères ou défense – ne seront guère là que pour créer des économies d’échelle ou permettre de garder un label « Belgique » qui reste très apprécié à l’étranger. Si l’on peut regretter cette évolution, on ne peut forcer des groupes sociaux à partager les mêmes valeurs, même si, sans doute, la sociologie flamande comme celle des identités est plus complexe qu’on tend à le faire croire. A cet égard, sans doute certains devront-ils comprendre qu’exister ne signifie pas s’opposer – un comportement très adolescent – et qu’il n’est nulle identité plus stable – et, dans un certain sens, plus forte - que celle qui accepte et qui s’ouvre à autrui, ne craignant pas de se mélanger.

La Belgique, premier non-Etat (3)

J'ai reçu ce matin un commentaire que je crois utile de placer en exergue et auquel je me permettrai ensuite de répondre :



"C'est avec attention que j 'ai pu prendre connaissance des réactions et de la thèse développées sur votre blog ayant trait au "non-Etat" pour ce qui concerne la Belgique.

Parlementaire francophone belge entamant ma seconde législature au parlement fédéral, il est certain que si je peux ressentir un fossé grandissant entre la classe politique flamande et francophone hormis pour quelques exceptions, la bourde de monsieur Leterme, premier ministre belge "en devenir", a pu souligner de profondes différences également dans les réactions des opinions publiques francophones et néerlandophones. Et ceci me semble plus fondamental. Côté francophone, on ne trouve pas d'excuses à monsieur Leterme pour avoir confondu "Brabançonne" et "Marseillaise", sinon à reconnaître que les paroles de ces deux hymnes sont en français. On dira dans l'opinion publique et médiatique flamande que c'est sans doute une faute mais que les francophones "exagèrent vraiment" en montant en épingle ce pseudo-événement au point d'en faire une affaire d'Etat. Le peuple semble divisé. Là, où bon nombre de francophone dira ou écrira que partout ailleurs dans le monde, un futur premier ministre commettant pareille bévue serait sommé "d'aller se rhabiller", les néerlandophones feront le gros dos et ironiseront plutôt.. le peuple belge n'est pas uni sur la question, on ne parvient même pas à s'accorder sur l'idée que le café matinal de Leterme devrait être plus corsé. A défaut d'une grande culture, cela pourrait lui rendre ses réflexes..


Il n'en demeure pas moins que l'information a fait le tour du monde, ou à peu près. Dans toutes les langues, on a bien ri. Les belges, au delà de la France ont bien fait rire, il n'est pas loin le temps où les blagues belges ne seront plus uniquement racontées par des français. Mais le belge s'en fiche de faire rire sur son nom. Et cela fait sans doute partie intégrante du problème ; pour être blesser par la moquerie, il faut être touché dans sa fierté.., le belge est-il suffisamment fier de l'être? Davantage les francophones sans doute, au vu de leurs réactions et qui dans un récent sondage n'expriment pas leur confiance à Monsieur Leterme, à l'inverse des flamands. La conclusion à porter à ce débat tient sans doute en quelques lignes. l'Etat devrait idéalement reposer sur un sentiment national fort et partagé, empreint de culture, d'histoire et de projets communs. A défaut, l'attachement aux symboles tel que celui sur lequel nous avons débattus ne tient plus. D'autres représentations collectives que l'Etat prennent alors naturellement le relais. S'est-on déjà interrogé sur le sens qui fait revendiquer, en masse, aux belges leur identité et leur attachement à l'Union européenne. Compensent-t- ils affectivement? Et sans lien avec une autre représentation collective, le belge sera-t-il plus empreint à revenir à une autre référence sans hymnes, sans tambours ni trompettes, peut-être plus individuelle, d'une autre grandeur.

Denis Ducarme
Député "





Monsieur le Député,



Malheureusement, suis-je tenté de dire, la gaffe d'Yves Leterme n'a fait rire personne. Vu de France où je travaille, son comportement a plutôt suscité l'incrédulité, voire, à atterré commentateurs et citoyens. Si je puis me permettre, je pense que toute cette affaire renvoie plus au symptome d'un délitement

De l'utilité de la théorie

Tout scientifique devrait lire et relire fréquemment Le savant et le politique, de Max Weber. En relisant mon exemplaire, je retombe sur la préface de Raymond Aron, qu'il me semble utile ici de citer :

"L'abandon ou la subordination de la recherche théorique serait non seulement fatale au progrès de la technique (...) mais aussi la première étape d'une abdication de la communauté scientifique, aliénant son autonomie" (Coll. "10-18/Bibliothèques", p.23)

mercredi 25 juillet 2007

4 sur 4

Le GAO américain estime que les 41 bâtiments de la Navy en cours de construction induisent un dépassement budgétaire de 4 milliards de dollars et que d'autres surcoûts sont attendus.

Le Pérou a offert aux Etats-Unis l'utilisation d'une base aérienne dans le cadre des opérations de lutte contre-narcotiques après que l'Equateur ait refusé la prolongation de la location de la base de Manta.

Un Rafale a apponté et a été catapulté sur le CVN-65.

Le chef d'état-major du Pacific Command s'est opposé à la vente de F-22 au Japon.

Des Rafale pour Khadafi ?

Je viens de recevoir un petit coup de fil d'une rédaction TV me demandant dans quelle mesure la libération des infirmières bulgares et du médecin d'origine palestinienne pourraient être liée à une vente potentielle de Rafale, en plus des "compensations" (460 millions d'euros européens, d'accords sur le nucléaire civil, d'accords d'échange d'étudiants, etc.).

Le journaliste posait ainsi une question qu'avait d'abord soulevé le Journal du Dimanche et qui avait ensuite été reprise un peu partout avant que Dassault ne démente formellement tout pourparler. On n'avait plus alors entendu parler de l'affaire.

Pour autant, est-ce que quelque chose serait en préparation ? Et bien, si c'est le cas nous n'en savons rien. Tâchons néanmoins de recadrer :

1) la France aimerait exporter le Rafale. Charles Edelstenne nous le confirmait en exclusivité début juin dans T&A, des pourparlers sont bien en cours avec le Maroc. La Suisse est également intéressée. L'Inde a fait réapparaître l'appareil dans le cadre de son MRCA. La Corée du Sud a rouvert l'appel d'offre qui avait précédemment donné lieu à une victoire du F-15E, devenu depuis lors le F-15K. Mais, pour l'heure, en termes de contrats signés, toujours rien.

2) La force aérienne libyenne aimerait disposer de nouveaux appareils - elle a souffert fortemment de l'embargo onusien de 92 - et elle a de fortes chances d'être solvable. Après l'abandon de son programme d'ADM, le règlement de la question de Lockerbie et du DC-10 d'UTA et, maintenant de la libération des infirmières et du médecin, la Libye est franchement plus fréquentable qu'à l'époque où les Jaguar veillaient sur la bande d'Aouzou et où l'armée de l'Air attaquait l'aérodrome, occupé par les Libyens, d'Ouadi-Doum. De ce point de vue, reconnaissons à Khadafi une qualité : c'est un fin tacticien.

3) Même si les relations entre Washington et Tripoli se sont réchauffées ces dernières années, sans doute ne le sont-elles pas suffisament que pour effectuer des achats aux Etats-Unis. La France est, de ce point de vue, est bien placée pour recueillir une commande, son positionnement traditionnel en matière de ventes d'armes étant qu'elle est neutre.

Mais il y a un "mais". Une vente d'arme à la Libye est loin d'être politiquement neutre. Ce l'est même nettement moins que débloquer 460 millions d'euros européens. Donc même si les conditions théoriques d'une vente sont réunies, in fine, les acteurs resteront sans doute extrêmement discrets et aucune preuve ne permet pour l'heure d'étayer une possibilité de contrat.

Mr. T. a dégainé la Kalash conceptuelle

Plus sérieusement, Tanguy Struye vient de publier un texte qui me semble très pertinent au regard non seulement d'un certain recadrage stratégique bien nécessaire mais aussi d'un texte de Laurent Henninger que j'ai lu hier soir, sur les mésinterprétations des révolutions militaires et sur lequel je reviendrai, tant il me semble important.

D'ici là, Tanguy envisage la possibilité du chaos multipolaire. J'en profite pour lui faire un peu de publicité : Tanguy est un spécialiste de la politique étrangère américaine. Ce qui tombe plutôt bien parce que la thématique de son prochain ouvrage (sortie fin août chez Pieter Lang) traite du processus décisionnels sous l'administration Bush.

mardi 24 juillet 2007

Du côté des lectures (3)

J'ai reçu un e-mail d'un officier me demandant des références bibliographiques sur l'utilisation de la puissance aérienne en zone urbaine. J'en profite pour les diffuser :


Michel Ascensio, « Un exemple d’opération en réseau : l’appui-feu rapproché en combat urbain », Note de la FRS, 2 juin 2006.

Jackson L. Fox, Urban Close Air Support and Non-Lethality, Naval War College, Newport, 4 February 2002.

Joseph Henrotin, L’Airpower au 21ème siècle. Enjeux et perspectives de la stratégie aérienne, Coll. « Réseau Multidisciplinaire d’Etudes Stratégiques », Bruylant, Bruxelles, 2005 (Cf. le dernier chapitre).

Joseph Henrotin, « La puissance aérospatiale dans Iraqi Freedom : vers une maturité américaine ? », in RMES (Dir.), La troisième guerre du Golfe. Analyse géopolitique, stratégique et économique, Paris : L’Harmattan, Coll. Comprendre le Moyen Orient, 2007, 592p.

Joseph Henrotin, « Bienvenue en ville. Le passé, le présent et le futur des opérations aerurbaines », Les Cahiers du RMES, Vol. III, n°1, été 2006.

Joseph Henrotin, « L’engagement aerurbain : premières leçons », Défense & Sécurité Internationale, n°21, décembre 2006.

Joseph Henrotin, « Combat aerurbain : les défis du CQS », Technologie & Armement, n°5, avril-mai 2007.

Joseph Henrotin, « Airpower et contre-insurrection, quels avenirs ? », Technologie & Armement, n°6, juin-juillet 2007.

Joseph Henrotin, « Des aigles contre des musaraignes. Déterminants, concepts et emploi de la puissance aérienne en combat urbain », à paraître.

Norton A. Schwartz and Robert B. Stephan, « Don’t Go Downtown without Us. The Role of Aerospace Power in Joint Urban Operations », Aerospace Power Journal, Spring 2000.

Troy S. Thomas, « Slumlords. Aerospace Power in Urban Fights », Aerospace Power Journal, Spring 2002.

Alan J. Vick, John Stillion, David R. Frelinger, Joel Kvitky, Benjamin S. Lambeth, Jefferson P. Marquis and Matthew Waxman, Aerospace Operations in Urban Environments. Exploring New Concepts, Santo Monica : RAND Corporation, 2002, 314p.

Matthew C. Waxman, International Law and the Politics of Urban Air Operations, Santa Monica: Rend Corporation, 2000.

Désolé pour ma surcitation, mais peu d'autres sources ouvertes sont disponibles sur ce sujet en Europe !

Funky....

Selon le Washington Post du 10 juillet, voici ce qu'indiquait un édito de journal iranien :

"A few weeks ago, 14 squirrels equipped with espionage systems of foreign intelligence services were captured by [Iranian] intelligence forces along the country's borders. These trained squirrels, each of which weighed just over 700 grams, were released on the borders of the country for intelligence and espionage purposes. According to the announcement made by Iranian intelligence officials, alert police officials caught these squirrels before they could carry out any task".

Sacrés Américains !

AW&ST a sorti une info pour le moins surprenante : le prochain gunship US sera basé sur... un bombardier.

Inde : de nouvelles commandes en perspective

Après avoir officiellement lancé le programme d'acquisition de 126 Multi Role Combat Aircraft (Amit Gupta examinait les tenants et les aboutissants du dossier dans DSI n°20), l'Inde vient de réviser le chiffre à la hausse et évoque maintenant de 180 à 190 appareils, dont de 50 à 60 rejoindraient les rangs de la marine.

Un véritable retournement de situation (du moins, dans un processus d'acquisition indien renvoyant plus aux interminables films de Bollywood qu'à un processus souple et bien géré) : les appareils devront donc être navalisables. On comprendra donc l'impatience de Lockheed a proposer son F-35 à Delhi.

Sauf que l'IAF a indiqué ses préférences : le Rafale (navalisé), l'Eurofighter (non navalisable), le F-18E/F (navalisé), le Mig-35 (non encore navalisé) et le JAS-39 (non navalisable).

Ajoutons-y que l'Inde aimerait aussi augmenter ses commandes en Il-38 May de reconnaissance électronique. A force de se concentrer sur la Chine, on oublie qu'un Etat cette fois démocratique et amical (bousiller un satellite en orbite basse pour que les nôtres aillent s'empêtrer dedans n'est pas très amical) existe et qu'en plus, c'est en train de devenir une véritable puissance en bonne et due forme...

La Belgique, premier non-Etat (2)

Mr. Nick m'envoie un mail concernant le post sur la théorie du non-Etat, que je me permet de reproduire ici :

"Le principe est que passé un certain stade de dislocation de l'Etat, la rationalité animant ses (ou une partie de ses) composantes vise la mise en place de statuts qui leur sont propres, l'Etat lui-même devenant l'espace de dérèglement des rapports qu'entretiennent les communautés, dérèglement débouchant inévitablement sur un affrontement visant l'optimisation des différents statuts".

Et de m'expédier un article trouvé par Mr. Yann :

Scission BHV = Elargissement, dit le MR
Martin Buxant Mis en ligne le 20/07/2007 - - - - - - -

- - - - Les élus MR de la périphérie refusent toute scission de l'arrondissement de BHV. Le CDH est sur la même ligne. Si scission il y avait, elle doit être compensée par l'élargissement de Bruxelles aux six communes à facilités. Impensable, hurle le CD & V. Voilà de quoi faire monter la température à Val Duchesse. Dans le bras de fer communautaire engagé dans le cadre des négociations gouvernementales, les représentants MR de la périphérie bruxelloise ont placé, jeudi, une contre-attaque cinglante. Aux partis flamands qui exigent la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, les élus libéraux ont opposé un élargissement des limites territoriales de la Région bruxelloise. "Nous refusons la scission de BHV. La seule réponse possible à la scission est l'élargissement de la Région bruxelloise aux six communes à facilités, martèle Damien Thiéry, bourgmestre FDF de Linkebeek. Sinon, on ne touche à rien". La contre-attaque bleue a été menée avec l'assentiment du patron Didier Reynders qui a reçu, il y a plus d'une semaine déjà, copie des exigences assénées jeudi depuis la maison communale de Linkebeek. "On sait bien que Didier Reynders va devoir mettre de l'eau dans son vin quand il négociera la formation du gouvernement, relève un mandataire de la périphérie. Mais Olivier Maingain est là pour s'assurer qu'il n'en mette pas trop..." Quelque 150 000 francophones votent dans la périphérie bruxelloise, "et 50 000 d'entre eux, environ, votent pour le MR : ce serait dommage de s'en priver", relève un observateur libéral. Rappel, l'autre partenaire francophone de la future coalition orange bleue, le CDH, exige lui aussi un élargissement de Bruxelles aux communes à facilités (Linkebeek, Wezembeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel, Crainhem et Drogenbos) en cas de scission de BHV. "Indiscutable !" Interrogé jeudi, le porte-parole du CD & V, Peter Poulussen, a balayé d'un trait un éventuel élargissement de la Région bruxelloise : "Nous n'en discuterons même jamais ! Les frontières de la Région bruxelloise sont intouchables". Voilà qui laisse peu de marge au formateur Yves Leterme... D'ailleurs, "c'est à Yves Leterme de trouver une astuce pour s'en sortir, réagit Christian Van Eycken, élu FDF au Parlement flamand. Il s'est mis le couteau sous la gorge tout seul en faisant de la scission de BHV la première de ses priorités". Là, sur la méthode, les libéraux préconisent l'organisation d' "une consultation populaire contraignante", qui permettrait aux habitants des six communes d'opter pour un rattachement à Bruxelles. "Un genre de référendum ?, note Peter Paulussen. Pour le CD & V, c'est non : nous n'y sommes absolument pas favorables", tranche le porte-parole du parti de M. Leterme. "Erosion francophone" Reste la piste mise en place dans les Fourons, celle via laquelle les électeurs francophones pourraient s'inscrire à Bruxelles pour y voter, après la scission de l'arrondissement électoral. "C'est un mécanisme que nous rejetons, indique Christian Van Eycken, car il signifierait une érosion du vote francophone dans les communes à facilités". Et puis, poursuit le mandataire de Tervueren, "c'est l'acceptation à terme d'une nouvelle frontière d'Etat à partir de l'arrondissement". Jeudi, via le "Morgen", plusieurs élus CD & V - dont Eric Van Rompuy - ont fait savoir au formateur Yves Leterme qu' "une scission de l'arrondissement de BHV sans compensation pour les francophones était un minimum absolu" dans le cadre de la formation du gouvernement fédéral. "Nous sommes inquiets des attaques flamandes contre les francophones de la périphérie, embraye Arnold d'Oreye de Lantremange, bourgmestre de Crainhem. On nous serine que nous devons nous en tenir à la loyauté au Fédéral. Mais qu'est ce que c'est ? se fâche-t-il. Est-ce demander une procédure urgente pour faire passer la scission de l'arrondissement à la Chambre (comme l'on fait tous les partis flamands la semaine dernière, NdlR) ? Si c'est cela, il n'y a plus de Belgique, c'est ingérable". "C'est maintenant ou jamais !, assène François van Hoobrouck, le bourgmestre de Wezembeek-Oppem. Et que l'on ne vienne pas nous donner comme contrepartie de la scission de BHV, la nomination des quatre bourgmestres qui reste encore suspendue (par le gouvernement flamand, NdlR). Nous n'accepterons jamais cela". Assis à sa gauche, Christian Van Eyken compare les séparatistes de la N-VA au Vlaams Belang. Et Arnold d'Oreye de conclure : "On nous demande de nous comporter comme des Flamands de Flandre et de parler français à la maison. Maintenant, en plus, on nous demande de fermer nos fenêtres quand on parle français".

J'y rajouterai un questionnement : dans une approche suivant les lignes du non-Etat, la confrontation ne devient-elle pas le seul îlot de politique en tant que refus du technocratisme ? Et encore cette confrontation est-elle techniquement réglée par l'omniprésence de règles précédemment édictées. La dislocation comme dernière expression de la politique... Regis ultima ratio ?

L'USN sur le point de se doter d'une nouvelle stratégie

Depuis la fin des années 1980, l’US Navy n’a plus – paradoxalement – publié de nouveau documents de stratégie navale. Suivant les demandes de l’amiral Mike Mullen (à présent CJCS, Cf. DSI 28), qui en avait appelé à une résurgence de la réflexion en la matière durant le Current Strategy Forum de 2006, cette situation pourrait rapidement changer. Un draft semble actuellement en cours de distribution à une série d’amiraux américains. Ce dernier est le produit d’une série de simulations effectuées par le Naval War College ces dernières années et prenant en compte 7 divers « futurs » quant au futur de la puissance maritime. Dans le même temps, les efforts avaient également porté sur l’organisation de séminaires à travers tous les Etats-Unis et à des rencontres avec des académiques.

Le document qui en ressort cherche à montrer comment l’USN pourrait gagner dans le futur des guerres navales – on notera ainsi son grand retour alors qu’elle avait cédé le pas ces dernières années à d’autres préoccupations (sécurisation des SLOCs, opérations littorales, etc.) – voire résoudre et prévenir des crises. Les tâches de sécurisation des SLOCs et de lutte contre les trafics et le terrorisme ne sont pas oubliées pour autant, le document mettant en évidence la nécessité d’une coopération multinationale afin de s’en occuper. Le concept de « 1000 ships navy » (i.e. partage des informations et opérations multinationales entre les marines participantes, « cimentant » ainsi alliés et « coalisés de volonté ») serait ainsi inclus dans le draft.

Avant la distribution de ce draft, trois grandes options nourrissaient le débat naval américain et se retrouveront dans la version définitive du nouveau document :

- une augmentation de la présence dans le Pacifique et au Moyen Orient ;
- la sécurisation de la haute mer ;
- une focalisation sur la haute mer - et donc un relatif éloignement d’opérations littorales (d’ailleurs compromises dans leur acception initiale par l’échec du programme LCS-1) – en vue de se positionner face à un peer competitor tel que la Chine.

Reste cependant à savoir dans quelles proportions cette combinaison s’effectuera. Le document devrait être officiellement publié avant les prochaines élections présidentielles US.

L'USN sur le point de se doter d'une nouvelle stratégie

Depuis la fin des années 1980, l’US Navy n’a plus – paradoxalement – publié de nouveau documents de stratégie navale. Suivant les demandes de l’amiral Mike Mullen (à présent CJCS, Cf. DSI 28), qui en avait appelé à une résurgence de la réflexion en la matière durant le Current Strategy Forum de 2006, cette situation pourrait rapidement changer. Un draft semble actuellement en cours de distribution à une série d’amiraux américains. Ce dernier est le produit d’une série de simulations effectuées par le Naval War College ces dernières années et prenant en compte 7 divers « futurs » quant au futur de la puissance maritime. Dans le même temps, les efforts avaient également porté sur l’organisation de séminaires à travers tous les Etats-Unis et à des rencontres avec des académiques.

Le document qui en ressort cherche à montrer comment l’USN pourrait gagner dans le futur des guerres navales – on notera ainsi son grand retour alors qu’elle avait cédé le pas ces dernières années à d’autres préoccupations (sécurisation des SLOCs, opérations littorales, etc.) – voire résoudre et prévenir des crises. Les tâches de sécurisation des SLOCs et de lutte contre les trafics et le terrorisme ne sont pas oubliées pour autant, le document mettant en évidence la nécessité d’une coopération multinationale afin de s’en occuper. Le concept de « 1000 ships navy » (i.e. partage des informations et opérations multinationales entre les marines participantes, « cimentant » ainsi alliés et « coalisés de volonté ») serait ainsi inclus dans le draft.

Avant la distribution de ce draft, trois grandes options nourrissaient le débat naval américain et se retrouveront dans la version définitive du nouveau document :

- une augmentation de la présence dans le Pacifique et au Moyen Orient ;
- la sécurisation de la haute mer ;
- une focalisation sur la haute mer - et donc un relatif éloignement d’opérations littorales (d’ailleurs compromises dans leur acception initiale par l’échec du programme LCS-1) – en vue de se positionner face à un peer competitor tel que la Chine.

Reste cependant à savoir dans quelles proportions cette combinaison s’effectuera. Le document devrait être officiellement publié avant les prochaines élections présidentielles US.

Les Cahiers du RMES lachés sur le net

Le 7ème numéro des Cahiers du RMES est paru (Vol. IV, n°1, été 2007). Voici son sommaire :

Tanguy Struye de Swielande, "L'influence de la variable cognitive dans le processus décisionnel de l'Administration Bush".

Noémie Blaise, ""Running Darfour" : enjeux du conflit et réactions de la communauté internationale".

André Dumoulin, "L'assemblée parlementaire de l'UEO : chronique d'une mort annoncée".

Alain De Neve, "Quels cadres pour la recherche et technologie de défense européenne (1ère partie)".

Joseph Henrotin, "Mars et Vulcain. Représentations de la technologie et conceptions stratégiques biaisées. Les cas de l'émergence du concept d'asymétrie et du débat entourant le Stryker".

Tanguy Struye de Swielande, "Caucase et Asie centrale : la guerre pour le contrôle du Rimland".

Comme toujours, leur consultation est gratuite. J'en profite pour pousser au nom du RMES un petit cocorico : depuis que les Cahiers sont en ligne, leurs différentes éditions ont été consultées plus de 8 000 fois !

Quant à leur dernière parution en date (et aux autres), vous pouvez la/les trouver ici.

lundi 23 juillet 2007

L'Europe de l'espace militaire encore un peu plus en retard

Avec 19 tonnes (dont, grosso modo, 20% de carburant), la longueur d’un autobus et une résolution de 9 à 15 cm, les KH-12 sont les satellites de renseignement optique les plus avancés au monde… et ont un prix à la hauteur de leurs performances. Jean-Louis Promé nous en avait d’ailleurs démontré les capacités dans le DSI n°20 (novembre 2006). Or, ces engins, comme les Helios, évoluent sur des orbites basses. De temps à autres, ils peuvent être repositionnés afin de suivre l’une ou l’autre crise. Autant de manœuvres coûteuses en carburant et… qui finissent par réduire la durée de vie opérationnelle d’engins unanimement présentés comme cruciaux pour les agences de renseignement.

On comprendra donc tout l’intérêt que représente la possibilité de ravitailler en vol ces satellites, voire de les réparer ou encore de leur adjoindre de nouveaux équipements. Tout le monde en rêvait et la DARPA, assez discrètement, affirme l’avoir fait, faisant prendre, tout à coup, un coup de vieux à la stratégie spatiale européenne :

"the goal of the Orbital Express Space Operations Architecture program is to validate the technical feasibility of robotic, autonomous onorbit refueling and reconfiguration of satellites to support a broad range of future U.S. national security and commercial space programs. Refueling satellites will enable frequent maneuver to improve coverage, change arrival times to counter denial and deception and improve survivability, as well as extend satellite lifetime. Electronics upgrades on-orbit can provide regular performance improvements and dramatically reduce the time to deploy new technology on-orbit."

Le premier ravitaillement spatial automatisé d’un satellite s’est produit le 2 juillet.

Blub blub (2)

Après une visite d'Hugo Chavez à Moscou, le Venezuela a finalement commandé 5 SSK de classe Kilo, Type 877 EKM. Des négociations sont toujours en cours sur la vente de "systèmes de défense aérienne avancés". Le Venezuela sera le premier Etat sud-américain de la sous-région a mettre en oeuvre de tels bâtiments.

L'Australie, 1er client export du P-8

L'Australie a choisi le remplaçant de ses P-3 Orion de patrouille maritime en se déclarant favorable au P-8 MMA, basé sur une cellule de B-737 :

Australian Minister for Defence; issued July 20, 2007)
I am pleased to announce that the Government has given first pass approval for AIR 7000 Phase 2 – a A$4 billion project for Defence to acquire a manned Maritime Patrol and Response Aircraft (MPRA). The manned MPRA, in conjunction with the Multi-mission Unmanned Aerial System being acquired by Defence under AIR 7000 Phase 1, will replace the capability currently provided by the AP-3C Orion. The AP-3C Orion is planned to be retired in 2018 after over 30 years of service. First pass approval has been granted to allow Defence to commence formal negotiations with the United States Navy (USN) to participate in the cooperative development of the P-8A Multi-mission Maritime Aircraft (MMA). Following an exhaustive examination of available options, the USN chose the Boeing Company to develop the P-8A MMA based on its 737 commercial aircraft. The P-8A MMA offers a modern, highly reliable commercially-proven airframe with the latest maritime surveillance and attack capabilities. The P-8A will be equipped with modern Anti-Submarine Warfare, Anti-Surface Warfare and Intelligence, Surveillance and Reconnaissance sensors that have evolved from proven systems. The P-8A will be capable of broad-area, maritime, littoral and limited overland operations. Through its participation in the proposed cooperative development of the MMA, Defence will assist in providing opportunities for Australian industry as well as gain an ability to positively influence development of the MMA Program.

Notons que Canberra étudie également la possibilité d'acheter des RQ-4 Global Hawk, optimisé pour des aptrouilles maritimes de longue durée. On indiquera aussi que le P-8 est également en compétition en Inde mais que le Japon a préféré un appareil développé localement sur base du P-3, le P-X (Cf. DSI 28).

dimanche 22 juillet 2007

La Belgique, premier non-Etat ?

Il y a quelques années, j'avais développé avec des amis politologues - Nick, Yann, Den et Lucas se reconnaîtront - la théorie du non-Etat. En gros, le principe est que passé un certain stade de technocratisation de l'Etat, la rationalité animant ce dernier vise la pérénisation des statuts des communautés le composant, l'Etat lui-même étant devenu une modalité de régulation de la vie entre ces communautés.

J'avais eu l'occasion d'en toucher quelques mots à des collègues, cette fois en Bosnie (vous savez, la zone géopolitiquement déterminée où l'empilement de niveaux de pouvoirs a fini par absorber en salaires de fonctionnaires 65% de son budget - tiens, le même chiffre que l'armée belge !).

Le problème avec un non-Etat est que la relation entre "Etat" et "nation", pourtant centrale pour la viabilité du contrat social, tout comme elle hante l'esprit des politologues depuis le traité de Westphalie est non précisée, les communautés évoluant sans guère communiquer. Toute forme de "sens de l'Etat" est donc à proscrire.

Et le futur Premier ministre belge vient peut-être d'appuyer par l'exemple une théorie que je n'avais pas vraiment eu l'occasion d'approfondir. On lui a demandé de chanter la Brabançonne et a entamé (mal, en plus), la Marseillaise (jetez un oeil à la vidéo). Notez que les ministres francophones n'avaient guère plus de culture. Notez aussi que bien peu ont été capables de dire que le 21 juillet rend compte de la prestation de serment de Léopold Ier. Brillant.

Certes, on me dira que la Brabançonne, personne ne connaît. Mais vous imaginez un ministre danois ou hollandais - connaissez-vous ces hymnes ? - se planter dans son hymne (notez que je ne parle même pas d'un ministre français, qui finirait illico-presto compter de chemises au fin fond d'un village de 20 habitants dans le Massif central) ? Imaginez-vous un seul ministre portugais, lituanien, grec, togolais ou ouzbek ne pas connaître l'événement historique qui a fait qu'on a placé sa fête nationale à telle date et pas à telle autre ?

Une nouvelle étape décisive, donc, dans la vie conceptuelle de la théorie du non-Etat (l'ironie est là pour aider à surpasser un certain nombre de déceptions) et une belle preuve d'une vision ultra-technocratique des choses. Pas nécessairement une étape décisive pour le vivre-ensemble...

Rapide, le compteur...

N'étant pas un crac en informatique, j'ai enfin réussi à installer un compteur statistique, tout en bas dela colonne de droite (oui, je tourne toujours en analogique), je me méfie de ces trucs bizarres appelés ordinateurs depuis que j'ai terminé ma thèse et que j'ai lu l'excellent bouquin de Rémi Sussan. Et 44 visites en 20 minutes, ça ne me semble pas trop mal. Note à cette majorité silencieuse : n'hésitez pas à laisser un commentaire !

Introducing Mr. Rou-Rou


Il y a quelques mois, un couple de pigeons est venu s'établir en face de chez moi, histoire de donner naissance à deux petits, très poétiquement baptisés par mes soins Mini-Rou et Maxi-Rou. Seul le second survivra. Une fois ledit Maxi-Rou parti du nid, Mr et Mme. Rou-Rou reprendront leur envol.
Sauf que j'ai un faible pour les oiseaux, fussent-ils de stupides (et bien, justemment, non !) pigeons. Ayant assimilé tous les articles du Wikipédia sur le sujet, je me suis laissé aller à leur laisser un peu de pain. Et voilà le résultat. Trois fois par jour en moyenne, Monsieur et Madame viennent me rendre visite... aujourd'hui accompagnés de Maxi-Rou, qui regarde d'ailleurs d'un oeil curieux l'intérieur de mon studio tout en se prenant la version pigeonesque du souper "Deluxe", comprenez une bonne dose de maïs.
Et le premier qui me dit que la chartreuse de pigeons, c'est très bon, je lui offre un cours de 2 heures au choix sur la relation intellectuelle entre Beaufre et Liddell-Hart, sur le processus décisionnel de l'Union Européenne ou sur l'histoire polonaise.
Au demeurant, c'est vrai que la chartreuse de pigeon, c'est sympa. C'était au programme de notre dernière année en école hôtellière et c'est le regretté chef Panza qui l'avait enseigné à la bande de rigolos que nous étions à l'époque. D'ailleurs, si quelques anciens de la promo 95 de Libramont (TQual) passent par ce coin de la Toile, ils sont les bienvenus ici !

vendredi 20 juillet 2007

Comme un petit vent d'est




Deux photos du missile DF-25 (Dong Feng, vent d'est) sont apparues sur le net, montrant le missile et son TEL puis le lancement du missile lui-même. En théorie, le DF-25 avait été annulé dans les années 90. Les engins montrés seraient spécifiquement dédiés à des frappes conventionnelles. On notera que le dernier étage présente certaines similitudes avec celui du Pershing II et de l'Agni II indien. Dans ces deux cas, les ogives disposent d'un radar permettant d'assurer un guidage terminal offrant une ECP inférieure à 20 m.
Il est probable que la Chine cherche à se doter de telles technologies, une des grandes caractéristiques de son processus de modernisation militaires étant de chercher à se doter d'armes de précision utilisables dans des stratégies de décapitation des infrastructures de communication. Autre avantage d'un tel système de guidage, la capacité à manoeuvrer des ogives est de loin supérieure à celle offerte par des systèmes de guidage plus classiques.

jeudi 19 juillet 2007

"Peace" mission 2007

La partie "russe" de Peace mission 2007 va commencer fin juillet nous apprend ITAR-TASS :

MOSCOW, July 16 (Itar-Tass) - Over 90 aircraft of the Russian and Chinese Air Force will take part in the antiterrorist manoeuvres of the Shanghai Cooperation Organisation (SCO) member states Peace Mission 2007 that will be held in the Chelyabinsk region in the period from August 9 to 17, Commander-in-Chief of the Russian Air Force Colonel-General Alexander Zelin told journalists on Monday."A total of 92 aircraft will be engaged in the Peace Mission 2007 exercise," the commander specified. "From China - six military-transport aviation planes Ilyushin-76, eight fighter-bombers JH-7A, 16 JG-9W and 16 Mi-17 helicopters of the army aviation. Russia will engage in the manoeuvres six Ilyushin-76 planes, nine Su-25 fighter jets, 13 Mi-24 and 18 Mi-8 helicopters," according to Zelin."Aviation will be engaged in seven episodes during the exercise. It will conduct reconnaissance, landing of airmobile task force units and their engagement with simulated enemy," said the commander. "The Il-76 planes are expected to put on the ground over 20 machinery units and drop 200 paratroopers," he added."The arrival of first planes from China at Shagol and Uprun airdromes is planned for July 27-28. One of the Chinese Il-76 planes has a woman commander," the Russian AF commander-in-chief noted.

En attendant, la "partie chinoise" des "exercices" a déjà commencé, semble-t-il d'après un de nos correspondants, à proximité immédiate de la frontière afghane. Les Chinois auraient engagé des chars, des blindés, de l'artillerie et de l'aviation dans la zone dans ce qui apparaît plus comme des opérations antiterroristes en bonne et due forme que comme un exercice. De fait, si la rebéillion Ouïghoure n'est pas franchement djihadiste, Pékin a toujours évoqué un risque en la matière afin de légitimer un certain nombre d'actions menées et la perspective des JO doit sans doute faire faire à Pékin quelques pirouettes rhétoriques.

Il faut également signaler que les manoeuvres "Peace mission" n'ont jamais été très "pacifiques", malgré des discours mettant en évidence les aspects de maintien de la paix. L'an passé, les manoeuvres impliquaient un débarquement en bonne et due forme avec utilisation de l'aviation et de l'artillerie. Mené conjointement avec la Russie, ledit débarquement avait sucité des inquiétudes aux Etats-Unis et à Taiwan.

Coquillages et crustacés...

Au vu des grandes chaleurs qui touchent actuellement la Provence, c'est en bermuda que votre serviteur vous écrit. Sympathique habitude qui me fait me rappeler que les "grands" de la RAND corporation avaient l'habitude de discuter stratégie nucléaire assis sur le sol.

Mais comme dans le cas de la susdite institution, mon état de relaxation vestimentaire n'empêche pas l'équipe de bosser ferme sur un triple bouclage. Ayant reçu quelques courriers nous demandant ce qu'il y avait au programme dans les prochains DSI et T&A, je me dis que je serais bien ingrat de voir mes lecteurs supporter mes billets sans rien leur donner en contrepartie.

Si je ne dévoile pas tout, le DSI de septembre sera bien chargé :

- 230 brèves d'informations ;
- des fiches techniques sur le CV90, les destroyers F-100 et les AC-130.
- un article de ma plume sur la marine japonaise, ses qualités (nombreuses) et les défis qui l'attendent (tout aussi nombreux). Le monde de la presse francophone de défense hésite souvent à traiter de l'Asie alors qu'après tout, elle couvre peu ou prou un bon 50% du globe. On s'efforce de rattraper le retard comme on peut !
- pour le reste et bien... disons que nos débats sur la tactique et la stratégie reprennent. Avec des points de vue et des analystes qui ont un franc-parler à la hauteur de leurs compétences.

Quelques points de vue bien intéressants également dans le T&A (disponible dès le 16 août) : sur l'Exocet Block3 d'abord, qui induit une petite révolution dans le monde de missiles certes antinavires... mais de plus en plus polyvalents, ou sur le VBCI. Le Stryker est également passé à la loupe comme d'autres sujets pour le moins tèrs chaud du moment (je n'en dit pas plus : un peu de suspense, que diable !)

Manipulation Inc.

C'est bien connu, le conflit israélo-palestinien est un excellent cas d'étude en matière d'opérations médiatiques. Nous en avons ici une nouvelle illustration : selon ce qui est pompeusement qualifié d'article d'information, Tsahal utiliserait des obus à l'uranium appauvri dans un "génocide" à Gaza. Alors, bon. Mettons les choses au point. Oui, le soldat sur la photo a bien un "obus à dard" (au passage, on appelle ça un APFSDS ou, plus communément un obus-flèche) sur l'épaule. Mais :

1) Quelle est la preuve qu'il soit à l'uranium appauvri ? Au bas mot, 80% des APFSDS utilisent des métaux inertes, tels que le tungstène.
2) Tenant compte de la censure militaire israélienne et dans l'hypothèse où l'obus serait à l'UA, pourquoi Tsahal laisserait passer une pareille photo dans un grand quotidien ?
3) Ah bon, Tsahal est de retour à Gaza et tire au canon dans la ville et personne ne s'en est aperçu ?
4) Depuis quand les APFSDS sont-ils utilisés en combat urbain ? Depuis que le Hamas dispose de divisions blindées ?
5) On appréciera le très PSYOPS mais néanmoins fascisant "pas de chambre à gaz dans Gaza mais un poison mortel"

L'analyse qui suit et qui reprend les canons du droit international est passable. Mais l'UA n'a jamais été qualifié d'arme inhumaine dans la Convention qui s'y relate. Au passage et d'un point de vue éthique, d'ailleurs, toute arme est foncièrement inhumaine : se faire tailler en morceau à la hache n'est pas spécifiquement plus sympathique que prendre une balle doum-doum...

Ce type d'article - au moins le site ne cache-t-il pas ses préférences et joue donc "cartes sur table" - contribue à brouiller un peu plus la distinction entre journalisme et militantisme. Si les deux sont éminnement respectables (quoiqu'en ce qui concerne un militantisme antisémite...), les mixer à outrance pose un sérieux problème de décrédibilisation du travail de gens honnêtes. De ce point de vue, je ne pense pas que ça rendra service ni à la liberté de la presse, ni à la liberté tout court...

mercredi 18 juillet 2007

La Corée du Sud, nouvel acteur de l'industrie de défense ?

L’industrie de défense sud-coréenne se développe rapidement et commence à engranger les succès à l’exportation, en particulier à l’égard de la Turquie. Ainsi, après avoir vendu plus de 30 appareils d’entraînement KT-1 à Ankara, Séoul finalise les négociations avec la Turquie sur la question de la production sous licence de son dernier char, le XK-2. On se souviendra, en effet, du programme de char turc de la 4ème génération (Cf. DSI n°9), dans lequel Nexter s’était fortement impliqué. Or, en vertu de la politique industrielle turque, tous les programmes d’armement conduits doivent pouvoir aboutir à renforcer le savoir-faire des industries de défense d’Ankara, via des transferts technologiques ou des productions sous licence.

D’autres programmes pourraient également être concernés par de telles coopérations, Séoul comptant in fine se positionner de façon très agressive sur les marchés de Défense. Les deux contrats représenteraient ainsi 540 millions de dollars, soit le second plus gros contrat jamais emporté par l’industrie de défense sud-coréenne (après la vente d’obusiers K-9 à la Turquie pour un milliard de dollars).

Refus de départ en mission en Afghanistan

Après que des paras britanniques aient refusé de partir en mission en évoquant un matériel défaillant, c’est au tour de combattants polonais. Onze soldats dont deux officiers ont refusé de partir en patrouille arguant du manque de blindage de leurs véhicules. Ils ont été renvoyés en Pologne – qui dispose de 1 200 soldats sur place – afin d’y être jugés.

Cette affaire se déroule dans le contexte très particulier de l’augmentation des attentats perpétrés par les Talibans, de l’augmentation du nombre de morts civiles causés par des frappes aériennes de l’OTAN mais aussi de l’augmentation des pertes alliées. Ainsi, le Canada a perdu 66 soldats depuis 2002… dont un tiers l’ont été depuis le début 2007.

mardi 17 juillet 2007

Money, money, money !

Vous aimez Abba ? Personnellement, je dois confesser que oui. Mais le célèbre « Money, money, money » est en train de prendre une signification très particulière dans les armées et devrait retentir dans les prochains mois aux oreilles de pas mal de monde. Sauf que l’on ne sera pas en discothèque mais dans un monde réel fait d’OPEX, de risques et de menaces. Bref, tous les ingrédients d’un excellent thriller de politique-fiction que l’on pourrait – tèrs grossièrement – résumer ainsi :

- Acte 1, des années 1980 à, grosso modo, 1994. Les matériels des forces armées sont vieillissants. Si de nouveaux matériels sont en développements, un certain nombre de décisions que l’on croyait prises (un second porte-avions, par exemple), sont remises aux calendes grecques pour cause de fin de guerre froide. Quelques commandes, comme celles du Leclerc, sont passées en croisant les doigts pour que les industriels ne pâtissent pas du nouvel environnement géostratégique et que les commandes à l’exportation suivent. Mais ça ne marche que très, très moyennement.

- Acte 2, de 1994 à, grosso modo, mai 2007. Après une (lente, disons de 97 à 2002) prise de conscience et des attentats de septembre 2001, les commandes s’accumulent. Mais le chef-comptable n’était pas très bon en mathématiques. Résultat, comme l’indique Alain Ruello dans Les Echos, un déficit de 30 milliards entre 2009 et 2013. Aouch…

- Acte 3, cette fois en coulisses. Si le chef comptable n’était pas bon, les comptables des armées – du moins une partie – avait détecté le pépin. S’engage donc une bataille fratricide où chaque armée défend son territoire, fait de commandes… et d’espoirs de commande. Pour la marine, ça signifie un porte-avions, 6 SNA Suffren, 17 frégates, des missiles de croisière, des torpilles, des missiles Aster et Exocet Block3, des NH90, des Rafale et des munitions. L’armée de l’air veut toujours ses 240 Rafale, ses A400M et aimerait que l’on s’occupe non seulement de ses ravitailleurs mais aussi du successeur du drone SIDM. L’armée de terre attend ses VBCI, ses PVP, aimerait enfin disposer d’une aéromobilité digne de ce nom (la disponibilité des Puma étant… comment dire ?), ses tenues FELIN, une numérisation et verrait plutôt d’un bon œil la poursuite des efforts d’urbanisation de ses engins. Surtout, elle aimerait qu’on reconnaisse que la plupart des gens qui sont au sol dans les OPEX sont… des terriens. Ce qui vaudra à Michel Goya de faire une sortie courageuse et argumentée – même si, comme d’habitude, je ne suis pas d’accord avec tout (mais c’est le cas pour tous les articles et livres que j’ai lu depuis les 20 dernières années, y compris les miens) – dans Politique Etrangère. Ca s’appelle avoir la culture du débat – même s’il est musclé.

- Acte 4, la neutralisation présidentielle. Les grandes chaleurs estivales me faisant rêver de piscines et autres fontaines, je me dis également que certains doivent être tentés d’utiliser un jet d’eau à haute pression que je m’interdis ici de citer. En clair, les décisions sont reportées après septembre, tout l’édifice conceptuel devant être repensé. Ce qui revient à dire que le futur Livre Blanc, bien plus que les questions de budgets et les défenses de prés-carrés matériels, sera déterminant. Il va donc y avoir du débat, du vrai, du débat destructeur et créateur, bref, du débat utile qu’on ne manquera pas de relayer dans DSI. En toute logique, le Livre Blanc c’est l’Alfa et l’Oméga : celui qui était alors candidat à la présidentielle l’avait même dit : « j’approuve entièrement votre analyse » (DSI n°24, p. 42). Merci Monsieur le Président !

vendredi 13 juillet 2007

Road to the week-end...

Et quelques réflexions post-apéro :

- On voit sur les chaînes françaises une pub pour le "Perrier Fluo" détournant des images de défilés soviétiques sur la Place Rouge. Et comment aurait réagit l'opinion publique si on avait fait la même chose mais avec un défilé nazi ? Il me semble pourtant que quelques très bons bouquins sont sortis sur les états de service de l'armée rouge, à Katyn, en Pologne, en Russie elle-même, en Tchétchénie ou ailleurs...

- Une voix pré-enregistrée vient de me passer un coup de fil automatique - une forme de pub très en vogue - pour me recommander de manger sainement et de me prévenir des risques de cholestérol. Je lui ai raccroché au nez - même si on m'a appris à ne jamais le faire - et je pars de ce pas me faire un poisson cuit meunière. Note à France Telecom, à qui je donne de l'argent pour me mettre en liste rouge : euh... je vous hait ?

- Juste avant, c'était un sondage SOFRES. La personne en ligne était bien réelle. Sa rationalité d'action renvoyait plutôt à l'appel suivant...

- Private joke pour Mr. T. : le week-end sera aerurbain ;o)

Un chef pour l’US AFRICOM

C’est finalement le général William « Kip » Ward qui a été désigné par le Secrétaire à la Défense Robert Gates en tant que commandant en chef du tout récent African Command (Cf. DSI n°25). Commandant adjoint de l’European Command, Ward a, en son temps, été affecté en Somalie mais aussi en Egypte. Jusqu’en octobre 2008, l’AFRICOM devrait fonctionner depuis Stuttgart, dépendant alors de l’EUCOM. Après, le commandement sera pleinement autonome. Son futur quartier général n’a pas encore été désigné, certaines sources indiquant qu’il pourrait y en avoir plusieurs.

jeudi 12 juillet 2007

Irak : une implication iranienne ?

Selon le général américain Ray Odierno, si l’Iran a participé à l’entraînement d’équipes de mortiers insurgées par l’intermédiaire de la force al Quds, cette dernière semble également travailler en collaboration avec le Hezbollah. Un opérationnel libanais, Ali Moussa Dakdouk a ainsi été capturé fin mars par les forces américaines, alors qu’il préparait un enlèvement semblable à celui qui avait déclenché la guerre de juillet 2006 au Liban. Dakdouk était en liaison avec les Iraniens mais aussi avec l’ancien porte-parole de Moqtada al Sadr. Au-delà, le Hezbollah aurait été impliqué dans le recueil de renseignements sur les positions et les systèmes défensifs américains à Bagdad et ailleurs mais aussi dans la préparation de l’attaque sur un immeuble gouvernemental de Kerbala, en janvier 2007.

mercredi 11 juillet 2007

Et un F-22 "abattu", un !

Les guillemets sont bien sûr de mise dans la mesure où il ne s'agit que d'un résultat de DACT tenu au cours du dernier Red Flag. Manifestement, un F-22 a été surpris par les tactiques d'un petit malin des Aggressors monté sur F-16C et qui s'est fait le Raptor en dogfight. Et ça a marché. Défense du CO de l'escadron : ses pilotes ne sont pas encore assez entraînés. Au cours de manoeuvres tenues en Alaska, les F-22 s'en sont sortis à 144 F-15 et F-18 à... 0 pertes.

Mosquée rouge : le signe de trop ?

Certains de nos lecteurs auront pu lire l'excellente analyse que faisait Olivier Guillard, dans le DSI n°23 (février 2007), de la situation pakistanaise. D'autres se souviendront peut-être que dans L'ensauvagement, Thérèse Delpech indiquait qu'il était probable de voir la disparition du Pakistan en 2025.

Et j'ai eu personnellement l'occasion, au cours de mes conversations/interviews avec Bernard Bridel, dans le quotidien suisse 24 heures, l'occasion de montrer à quel point la question afghane était influencée par le Pakistan. Plus généralement, nous avons suivi la situation avec attention.

Pour parler en termes jominiens, la situation politique au "pays des purs" est l'un des points décisifs de la situation dans l’Etat d’à côté mais aussi, plus largement de toute la sécurité de la région. En clair, il est impensable de stabiliser l’Afghanistan sans que le Pakistan ne le soit. Et ni les incantations de l’OTAN ni les pressions américaines ne permettent pour l’heure d’y parvenir.

Et, de fait, après le retrait du Waziristan (pourtant pakistanais mais dont l’armée s’est retirée), le non-règlement de la question baloutche, la énième tentative d’assassinat de Musharaff, le terrorisme endémique (657 actes terroristes en 2006, faisant plus de 900 morts) cette histoire de Mosquée rouge et ses 50 morts n’est qu’une itération de plus dans la lente transformation du Pakistan en zone grise.

Trop lourd de ses compromis politiques, il est en train de s’effondrer sur lui-même. Le fait est là : « Mushie » est en train de se faire déborder sur sa droite (les radicaux) mais aussi, nous apprend Reuters, sur sa gauche. Frederic Grare, du Carnegie, vient de publier un rapport sur la question et montre que l’armée pakistanaise elle-même est au cœur du problème, en fait, beaucoup plus que l’on ne pensait. Et que ce n’est, malheureusement, pas prêt de s’arranger.

A ce rythme, si aucun Etat n’intervient de façon certes diplomatique mais néanmoins musclée, nous ne serons jamais en mesure de trouver une solution à long terme pour l’Afghanistan et, effectivement, autant partir de la région tout de suite…. En attendant d’en subir plus tard les conséquences.

Nous sommes face à une véritable, mais très particulière, forme de guerre, faite de ses alliances interpersonnelles, de ses mobilisations idéologico-religieuses, de ses imbrications ethno-claniques, de ses attentats et de longs convois partant pour l'Afghanistan. Elle semble se dérouler tellement lentement, hors caméras médiatiques comme politiques, que personne ne semble y prêter attention, comme si nos propres rationalités nous piégeaient.

mardi 10 juillet 2007

DSI 27 : dévalisés !



On peut dire que nos lecteurs ont apprécié notre "spécial puissance aérienne" : kiosquiers, marchands de journaux et autres libraires ont été quasimment dévalisés !
Vous n'avez pas eu votre exemplaire ? N'hésitez pas à faire un tour juste ici mais dépêchez-vous, vous avez fait en sorte de nous libérer beaucoup d'espace de stockage !

De là à ce que l'armée libanaise renaisse...

A présent moins spectaculaire, la bataille de Nahr el Bared (Liban) n'en est pas pour autant complètement terminée - même si les médias "traditionnels" n'en parlent plus guère. Pour autant, elle s'avère porteuse de leçons et semble avoir considérablement rapproché les Libanais... alors qu'un des objectifs du Fatah al Islam semblait bien de limiter l'influence du Hezbollah.

A cet égard cet article du journal L'Orient-Le Jour donne quelques informations assez intéressantes non seulement sur le déroulement des opérations mais aussi sur l'état général de l'armée libanaise. Notez, au passage, que de 85 à 90 soldats libanais auront perdu la vie mais aussi que l'artillerie semble avoir été largement utilisée. Le MOUT non létal est le luxe des armées européennes...

lundi 9 juillet 2007

Vive l'Université québecoise libérée...

...Soirée "Invasions barbares"/"déclin de l'empire américain" (2045 sur France 2). J'ai toujours un problème avec Arcand sur le concept d'empire américain (bon, il n'est pas le seul). Mais je dois dire me reconnaître dans ces personnages et la saisie des états d'âmes qu'Arcand fait du monde universitaire me semble sonner très juste. Pas de poutine au souper mais le sirop d'érable ne doit être très loin ;o)

Tatanne pour les Typhoons ?

Des Typhoons britanniques viennent d'être engagés en DACT contre des Su-30MKI indiens, mais rien ne filtrera sur les performances respectives des deux types d'appareils. Reste ce communiqué de presse indien qui montre que la RAF et l'IAF n'en sont pas restées qu'aux démonstrations (notez le commentaire bizarre sur l'âge des pilotes) :

Source: Indian Ministry of Defence; issued July 7, 2007)

Much was at stake of its reputation, when for the first-time-ever, the Royal Air Force's (RAF) Eurofighter Typhoon, developed by a consortium of European manufacturers and recently inducted into the RAF, was to engage in any kind of an aerial combat with any non-RAF/NATO fighter. The Indian Air Force's (IAF) Sukhoi-30 MKI air superiority fighters, which are at Waddington, UK for the bilateral air 'Exercise Indradhanush-2007', had an opponent for the befitting duel.

The operational part of the 'Exercise Indradhanush-2007' began with a series of 1 vs 1 air combat sorties. Both variants landed with their much-touted reputations intact as each side tested their potentials with their adversary in the air to their limits. These sorties were premised not entirely on having winners or losers – but more for their evaluator and training values as encapsulated in the objectives. Both sides ended-up sharing an enhanced respect for each other's capabilities – both in terms of training values, and combat potentials of the diverse aerial platforms.

While the RAF fielded some of their most-experienced and highly-qualified pilots, some of them being very senior performance evaluators in active service, the IAF pilots were a mix of 'young to middle-level pilots' from the 'Rhinos' squadron. The RAF pilots were candid in their admission of the Su-30 MKI's observed superior manouevring in the air, just as they had studied, prepared and anticipated.

The IAF pilots on their part were also visibly impressed by the Typhoon's agility in the air. While it does not imply to say that the 1 vs 1 air combat sorties were meant for backslapping each other, it may be understood that in today's aerial combat scenarios of 'beyond visual range' (BVR) capabilities of air platforms, it is highly unlikely that any of the modern-day fighters will ever get into a situation that warrants extreme close air combat, as in the situation simulated in the 1 vs 1 sorties.

With a 'kill' criterion of front-gun ranges being mostly under 1,000 metres and a visual tracking envelope behind the target for only up to a 60-degree cone mostly for most fighter aircraft of the world, the unlikely scenario gets more exemplified. But the irony also lies in the fact that while there is a number of counter and counter-counter measures to make the modern missiles with claims of inescapable parameters redundant by using 'chaff' and other active/passive measures, a 'gun kill' is invariably a most certain kill. The pilots invariably begin honing their tracking and combat skills under such close combat situations.

The exercise that nearly runs into midway by the weekend constitutes mostly mixed missions where RAF F3 Tornados, Hawks and Typhoons are packed together with IAF Su-30 MKIs. The sorties include combat situations of 2 vs 1, 2 vs 2 and upward combinations. The raiders are tasked 'High Value Asset' (HVA) busting on the ground and 'High Value Airborne Asset' (HVAA) busting in the air with the defensive elements designated to counter their ambitions. -ends-

DSI et T&A, so far away !

Pourquoi donc des revues françaises seraient-elles cantonnées à l'Hexagone ou à la Francophonie ? Fausse question que voilà. A vrai dire au vu du nombre de nos lecteurs américains (où la connaissance du français garde de nombreux adeptes chez les officiers), nos revues sont naturellement appelées à... se mondialiser, rien moins. Notre chef l'a demandé, notre équipe l'a réalisé.

Non contents d'être disponible par abonnement et boutique en ligne interposée, nous étions déjà présents dans plus de 40 pays, 30 pour DSI – en passant, une belle performance pour un magazine français, que ne réalisent pas nos confrères de Jane’s par exemple. Nous avions également un partenariat avec Asian Defence & Diplomacy, la principale revue de défense malaise.

Et bien, nous allons encore plus loin, en investissant le monde des salons et autres conférences. Nous avions déjà été partenaires des salons Eurosatory et Euronaval, de l’Université d’Eté de la Défense 2006 et de l’UV Conference. Nous poursuivons. Nous serons ainsi partenaires de 3 conférences du groupe Shephard, où nos magazines seront distribués :

- Air Power Middle East (Abu Dhabi, 2-3 septembre 2007)
- Night Vision 2007 (Washington, 30-31 octobre 2007)
- Heli Power. Rapid Response : Future and Challenges (Amsterdam, 6-8 Novembre 2007).

Last but not least, nous n'abandonnons certainement pas la France pour autant : DSI et T&A seront ainsi partenaires de l'Université d'Eté de la Défense 2007, qui se tiendra à Toulouse. Un Hors-Série de DSI est actuellement en préparation et nos autres magazines seront également présents.

D'autres événements sont également en préparation... Stay tunned !

samedi 7 juillet 2007

Politique de défense belge : ah, enfin !

On le sait, la défense a toujours (ou à peu près) été le parent pauvre des priorités gouvernementales belges (Cf. l'article d'André Dumoulin dans le DSI n°10 et la synthèse des programmes de défense des législatives 2007 des principaux partis dans DSI n°27).

Un certain nombre de choix matériels et stratégiques effectués peuvent assez légitimement être critiqués et, de fait, l'affaire des canons de 90mm installés sur quelques-uns des Piranha IIIC récemment achetés montre que des ambiguïtés importantes demeurent quant aux scénarios envisagés, au niveau du Plan directeur de la Défense, publié en 2003. Ce dernier incluait des options de haute intensité (on notera que ledit plan a été retiré du site web du ministère de la Défense) qui seront ensuite rejetées.

Les élections législatives étant passées, on sera donc tenté de dire que le chantier de la Transformation des forces belges peut enfin recommencer. Non pas tant que rien n'ait été fait, que du contraire : des matériels ont été achetés, l'artillerie (qui a failli rouler sur un solide IED budgétaire) est exsangue mais sauve, nos paras n'ont pas été dissous. Mais force est de constater que la promesse d'indexer le budget n'a pas été tenue - à l'époque, le dire vous valait de prendre un réel risque (jetez un oeil sur cette page et sur les deux autres articles auxquels elle mène).

De fait, le remplacement des F-16 est dans l'ornière (les PGM comme les AGM-154 ou les JDAM qu'espéraient certains resteront... chez leurs constructeurs), le bâtiment de transport stratégique belgo-luxembourgeois est budgétairement coulé, le BEST (Belgian Soldier Technology) est virtuellement mort, les salaires forment toujours plus de 65% du budget des forces, la pyramide des âges de ces mêmes forces est ubuesque et, pire, les scénarios d'engagement semblent plus dictés par des considérations idéologiques que par une saine analyse stratégique (que mènent d'ailleurs de nombreux officiers, à qui il convient de rendre hommage dans la mesure où leur travail n'a pas été une sinécure).

Dans ce cadre, on comprendra que la sortie du dernier "Egmont paper" sur la Défense belge dans la défense européenne est une vraie petite révolution - vous pouvez trouver le document ici. D'une part, parce que, traditionnellement, le think tank des Affaires étrangères belges ne touche pas trop aux questions de défense, cloisonnement des ministères oblige (j'entends d'ici des mauvaises langues dire qu'ils ont toujours dénigré les questions de défense. D'accord, ce n'est pas complètement faux !).

Mais bon. L'IRRI/Egmont a produit un document qui a le mérite d'exister. Comme souligné plus haut, travailler sur ces questions vous impose, après un minimum d'analyse, de dire que des choses ne vont pas... ce qui ne vous vaut pas que des amis, fussent-ils paras.

Bon, fondamentalement, le document ne révèle rien de révolutionnaire. Tout ce qui y est dit l'a déjà été et les 11 propositions n'ont rien de neuf. Si vous voulez avoir un bon point de vue de ce qu'est la défense belge et des pistes de solutions, rien ne dépasse pour l'heure l'excellent état de l'art issu des plumes pas toujours très politiquement correctes (parfois, c'est la meilleure façon de servir...) d'André Dumoulin, Philippe Manigart et Wally Struys.

Bon, évidemment, le document de l'IRRI/Egmont est un document de proposition et l'ouvrage de Dumoulin, Manigart et Struys est un ouvrage tout ce qu'il y a de plus académique (676 pages, bien nécessaires pour comprendre toute la complexité de l'objet). Mais bon, fondamentalement, c'est bon de voir que des questionnements pour le moins importants se voient consacrés par une institution.

vendredi 6 juillet 2007

L’effarante progression des Contractors

Question : qu’est-ce qui est civil, se comporte plus ou moins comme un soldat, a un prix de revient plus élevé qu’un soldat, n’est pas totalement tenu de répondre aux lois les plus élémentaires du droit international (et peut prendre des libertés avec ce dernier) et ne sera pas reconnu comme étant tombé pour son pays en cas de décès ?

Un « contractor ».

Et leur nombre n’a récemment fait qu’augmenter en Irak, dépassant les 180 000 personnes sous contrat avec les forces armées US… alors que ces dernières ne disposent que de 160 000 soldats sur place. Environ 21 000 américains, 43 000 étrangers et 118 000 Irakiens seraient sous contrat, posant nombre de questions.

Le général W. Nash (Cf. DSI n°1) indique ainsi que le grand nombre de personnels armés et virtuellement hors de contrôle est un réel enjeu de sécurité. Ensuite, nombre de ces contractors sont affectés à des missions aussi vitales que le transport de nourriture au profit des troupes.

Hors, à plusieurs reprises, des mouvements d’humeur de la part des conducteurs ont interrompu les approvisionnements. Au-delà, formellement parlant, ils ne sont pas sous le commandement des forces US à proprement parler. De ce fait, leur suivi est virtuellement impossible.

Plus on "transforme", plus on s'aperçoit qu'on patine...

jeudi 5 juillet 2007

Amaï, la Landmacht...

... ce qui pourrait se traduire par "Paf, la Landmacht".

On savait que La Haye avait de sérieux problèmes financiers, malgré de nombreux investissements consentis et amortis depuis quelques années.

Paradoxe des temps modernes, l'engagement des Néerlandais dans des opérations extérieures longues, complexes et coûteuses (on songe à l'Afghanistan) va leur imposer une réduction de format de leurs forces, principalement terrestres : de 88 à 60 Léopard II, de 36 à 24 PzH-2000.

Coté Luchtmacht, les F-16 passent de 90 à 72 mais restent accros au JSF (message perso à Eimert van Middelkoop, le Ministre de la Défense : Mijnheer Minister, Uw kabinet krijgt 2 DSI per maand : lees ze a.U.b. !).

La Marine voit quant à elle sa commande de Tomahawk annulée.

Plus d'opérations, moins de moyens (il ne faut pas se leurrer : le plus important, l'entraînement, risque aussi d'en prendre un coup) : the shape of things to come ?

mercredi 4 juillet 2007

Dans les bacs RMESéens

Tanguy Struye me signale que la nouvelle édition des Cahiers du RMES sera prête d'ici le 15 juillet. Comme toujours, ils sont intégralement et gratuitement disponibles en ligne (pour répondre à un grand nombre de mails, malheureusement non, ils ne sont pas disponibles en version "papier").

J'en profite pour rappeler que La troisième guerre du Golfe. Analyse politique, économique et stratégique, du RMES, est toujours disponible.

Grande-Bretagne : quelques leçons

On en sait à présent plus sur les dernières tentatives d'attentats sur Londres et Glasgow, ce qui nous permet de dessiner les contours de quelques leçons... qui ne manquent pas de piquant.

1) Sur la qualification des terroristes : si les bombes n'ont pas explosé c'est que leur conception ne prenait pas en compte un élément pourtant crucial, le comburant. Ce qui fait dire à plusieurs commentateurs que Beavis et Butthead viennent de rejoindre al Qaïda mais ont quelque peu raté leurs examens d'entrée.

2) Sur l'origine socio-professionnelle des auteurs. En Belgique comme en Allemagne, la vulgate comme la doctrine politique veut que la source du terrorisme soit la pauvreté et le manque d'éducation. En pratique toutefois, 7 des 8 personnes impliquées dans les tentatives d'attentats seraient, nous apprend LCI, des médecins. Rien d'étonnant à cela : Marc Sageman a "biographé" plus de 150 djihadistes et en était arrivé à la conclusion que la pauvreté n'avait rien à voir dans la décision de passer à l'acte. Un sondage à très grande échelle a également été mené sur la question et démontre qu'en réalité, les plus proches du radicalisme sont plutôt bien portants. Conclusion partielle : le terrorisme n'est pas une question d'ordre économique (et si on cessait de chercher à réhabiliter Marx en permanence ?) ou de développement (s'il est évidemment nécessaire, il faudrait peut être lui trouver un autre moyen de légitimation que le terrorisme) mais est bien politique.

3) Le fait qu'un des terroristes ait été retrouvé en Australie montre que les mécanismes de coopération entre les Etats fonctionnent plutôt bien même si la littérature l'évoque peu... mais montre également que ces gens travaillent naturellement dans une optique globale. A l'heure où les gouvernements commencent à se dire que l'Afghanistan est tellement éloigné que sa talibanisation ne pose pas de problème à notre sécurité, la leçon a de quoi faire réfléchir.

4) Conclusion finale et humour déplacé : si un aréopage de médecins ne sais pas qu'il faut un comburant pour faire exploser quelque chose, je me méfierais de ma prochaine visite chez le toubib !

lundi 2 juillet 2007

DSI 28 - le sommaire !



Défense & Sécurité Internationale
N° 28 - juillet 2007


En vente en kiosque et chez les marchands de journaux ou sur www.areion.fr/boutique

Editorial
Nominations et agenda
Veille des contrats de défense
Veille contre-terroriste
Veille stratégique
La chronique de Carl von C. : "Les aventures de Carl au Kurdistan européen"

Géostratégie : énergie

Roumanie et PESD : la stratégie en mer Noire en fililgrane
Par Emmanuel Dupuy, Président de l’Institut Prospective et Sécurité de l’Europe

Sécurité énergétique : la géopolitique alliée de l’environnement ?
Par Olivier Kempf, lieutenant-colonel, rédacteur en chef adjoint de Défense Nationale et Sécurité Collective

Stratégie : MOUT

Une approche européenne du combat urbain ?
Entretien avec Antonin Tisseron, auteur de Guerres urbaines

La première bataille de Grozny et l’expérience tchétchène de la guérilla urbaine
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

L’expérience russe de la Tchétchénie
Entretien avec Olga Oliker, Senior International Policy Analyst, RAND Corporation

De nouvelles règles pour le combat urbain : l’expérience israélienne
Par David Eshel, IDF (Ret.)

Armées : Singapour

Les griffes du lion, les forces terrestres singapouriennes
Par Joseph Henrotin

Tableau de bord : La Republic of Singapore Army
Par Philippe Langloit

Unités & Technologie : SNA/SSN

Le SNA Rubis : une plongée pas comme les autres
Par Véronique Sartini, journaliste

Le sous-marins, outil de puissance, outil de défense
Entretien avec le capitaine de vaisseau Vincent Larnaudie-Eiffel, commandant l’Escadrille des Sous-Marins Nucléaires d’Attaque

Les sous-marins de la classe Rubis
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de Défense

La carte maîtresse de la marine russe : les SNA Akula demeurent redoutables
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de Défense

Pour préparer l’arrivée des ATV, des Akula pour les Indiens ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de Défense

Des tueurs russes de porte-avions
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Les fils de Rickover. Le développement des SSN américains
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Trafalgar et Astute : les SSN britanniques
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Les SSN chinois
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Spécifications

Tu-160 Blackjack/Quel est l’état de la Russie nucléaire ?

General Dynamics M-1 Abrams/L’Abrams au combat

Destroyer classe Kidd/Kee Lung/Que vaut la marine taiwanaise ?

Critiques de lecture

Guerres urbaines. Nouveaux métiers, nouveaux soldats, d’Antonin Tisseron

L’âme du samouraï. Une traduction contemporaine des trois classiques du Zen et du Bushido, de Thomas Cleary

L’assaut. GIGN, Marignane -26 novembre 1994, de Roland Montins

Les armées françaises à l’aube du 21ème siècle. Les armées françaises à l’heure de l’interarmisation et de la multinationalisation, de Pierre Pascallon (Dir.).

Message perso....

Pas mal de personnes ont essayé de me joindre ce week-end sur mon portable... Que je n'utilise que très rarement lorsque je suis en France.

Par contre, je suis joignable ici : 00 33 4 / 42 92 17 38, jusque 17.00. Après 17.00, mes coordonnées sont sur http://www.rmes.be/

dimanche 1 juillet 2007

Zut, je pourrais avoir raison

En septembre 2006, dans la foulée des attentats manqués dans des trains allemands, j'avais publié une analyse pour la rubrique "Prospective stratégique" de DSI portant sur ce que j'avais qualifié de "méso-terrorisme". En clair, j'indiquais que les tentatives d'attaques en Allemagne relevaient d'un nouveau mode opératoire pour les "would-be" d'al Qaïda : plutôt que de se concentrer sur des attaques complexes à concevoir et à mettre en oeuvre, visant des dizaines d'avions dans des scenarii apocalyptiques, certains pourraient se concentrer sur une multitude d'attaques utilisant des moyens plus simples.

Et les événements du week-end en Grande-Bretagne semblent rejoindre ce scénario : positionner des voitures piégées à des endroits fréquentés est tout de même plus simple que de tenter de faire sauter en vol une dizaine d'appareils avec des bombes liquides. Logistique et planification en sont largement simplifiées. Changement de modus operandi donc (contrairement à ce que nous disait hier France 2) mais aussi de rationalité stratégique : on passe d'une optique d'impacts psychologiques radicaux (le 11/9, le 11/3, etc.) par la concentration dans le temps d'attaques symboliques à une optique plus opérationnelle. Les frappes sont proto-insurrectionnelle, en étant (relativement) diluées à travers le temps et en requérant des moyens plus simples.

Reste à voir quel impact aura ce changement de modus operandi sur la politique britannique de résilience (sur cette question, cf. là, là et ici), adaptée à aux "hyper-attaques". Reste aussi à savoir dans quelle mesure les évolutions de la politique de sécurité britannique (dont est partie la résilience) sont à l'origine de cette évolution opérationnelle (contre-adaptation). Ou encore dans quelle mesure cette même évolution n'est pas le résultat de l'attrition des cellules terroristes, contraintes de revoir leurs ambitions à la baisse.

Budget défense "autour de 2% du PIB"

Depuis quelques jours, les annonces portant sur les programmes et les budgets de défense se suivent... parfois sans trop se ressembler. Après les déclaration d'H. Morin au Bourget sur les coûts opérationnels trop élevés du Rafale et de l'A400M, ce dernier a indiqué que le budget de la défense se situerait "autour de 2% du PIB". Or, dans DSI comme ailleurs, Nicolas Sarkozy parlait de "budget constant". Un processus d'audit semble manifestement en cours et le ministre de parler d'annulations de programmes.

Ce qui nous conduit à des scénarios non seulement complexes et douloureux pour les industriels mais qui, au-delà, permettront de tester les intentions européennes de la France. Si Paris ne pourra "tout" se payer, son indépendance dans tous les secteurs militaires sera menacée, logique. Dans quelle mesure ses alliés européens seront-ils alors appelés à contribuer ? Dans quelle mesure la doctrine gaulliste sera-t-elle amendée, en sachant qu'elle répondrait toujours à une vision de la France comme puissance (j'insiste) moyenne apte à influer les affaires du monde ?

samedi 30 juin 2007

Du côté des lectures (le retour)...

Je viens de tomber sur un texte d'Umberto Eco écrit en septembre 06 et paru dans le Nouvel Observateur, que vous pouvez lire ici, particulièrement intéressant de part le rôle dévolu à la culture - et notamment à l'ethnologie comme instrument de compréhension des acteurs d'un conflit.

Il l'est également du point de vue du rapport que l'auteur entretient à la guerre mais pas pour les mêmes raisons. Détrônant Clausewitz, Eco indique qu'"on a compris l'impossibilité et l'inutilité de la guerre traditionnelle, théorisée par Clausewitz. Au cours des siècles, pour qu'il y ait une guerre, il fallait deux camps en conflit, bien identifiables".

Eco, ici, se trompe quelque peu de cible : Clausewitz théorisait la relation entre guerre et politique. Cette relation, cette "formule", ne peut en aucun cas être une réduction/fusion abusive entre politique et Etat. Clausewitz a beau être confondu fréquemment avec l'époque des guerres totales - certes révolue - et comme le thuriféraire de la projection militaire du réalisme (au sens des Relations Internationales), l'auteur est plus complexe.

Notre cher vieux Carl est sans doute trop cité en étant trop peu lu. Comme s'il n'avait jamais donné de cours ou écrit sur la petite guerre (S. Picaud avait publié une démonstration très éclairante de cet intérêt dans DSI n°16) et alors même qu'il jugeait De la guerre complètement inachevé.

A ces égards, Clausewitz est très loin d'être mort : il n'a peut-être jamais été aussi vivant, ce qu'avec mes compères du RMES nous avions qualifié de néo-clausewitzianisme dans Au risque du chaos. Et je ne parle même pas là encore des brillants travaux qu'a notamment effectué Beyerchen sur le rapport de Clausewitz à la non-linéarité. Précisément celle qui est au coeur des dynamiques de la guerre réseaucentrée.

Pour en revenir à Eco, les "camps" sont toujours bien établis. Mais ils ne se mesurent plus à l'aune des frontières mais bien des choix politiques des individus, amalgamés en groupes sociopolitiques à la dynamique complexe. Donna Harraway, avec son bagou provoquant et incisif le résumait ainsi : à l'ère postmoderne (là, j'ai toujours un problème de définition avec elle mais ça n'enlève rien à ce qui va suivre), l'individu est une question de défense stratégique. Et elle n'a pas attendu le 11 septembre pour le dire.

Lorsque je l'avais cité sur un plateau télé après les attentats d'Istanbul (fin 2003) et que j'avais ajouté que l'éducation est une question de défense stratégique, aucun responsable politique sur le plateau n'avait cillé. Retour donc à la question de la culture. Umberto, j'ai donc fini de vous embêter !

vendredi 29 juin 2007

Russie : test réussi pour le Bulava

Après des tests infructueux, la marine russe a réussi, pour la première fois, à lancer un SLBM Bulava, en l’occurrence depuis le Dmitry Donskoi. Tiré depuis la mer Blanche, l’engin a atteint sa cible dans le Kamchatka. L’annonce est intervenue après les échecs des trois lancements précédents et, plus généralement, après que la marine se soit montrée incapable de mener des patrouilles de SNLE de façon continue. En 2004, deux tirs depuis des sous-marins devant V. Poutine, dans le cadre des manœuvres Sécurité 2004, avaient échoué.

mercredi 27 juin 2007

Du côté des lectures...

La doctrine mérite une place centrale dans la façon de concevoir les opérations militaires contemporaines, bien plus que la technologie, qui découle de la première. Pour prendre un exemple imagé, un bon marteau ne fera pas de vous un bon charpentier. Mais si vous êtes un bon charpentier, vous avez toutes les chances de choisir un bon marteau.

A ce titre, le CDEF (armée de Terre FR) met en ligne une série de documents doctrinaux depuis son site. Vous y trouverez le FT-01, un document que les Américains qualifieraient de "vision" et que j'avais eu l'occasion de critiquer dans le DSI de mars. Vous y trouverez également des doctrines dites "transverses" (stabilisation, sauvegarde terrestre, zone urbaine, FOT numérisée). Je ne vous détaillerai pas tout le site mais il est remarquable de constater que la pensée stratégique française montre qu'elle vit.

Certes, elle vivait avant ces mises en ligne mais ne le montrait pas. Ce qui, au vu du dynamisme américain sur le web, revient à dire qu'elle n'avait plus guère de visibilité. Par ailleurs, une série d'excellents ouvrages est récemment parue (je pense à Tactique théorique, La guerre en montagne, Guerres urbaines ou L'utilité de la force - les différents numéros de DSI ont permis d'interviewer leurs auteurs). Toutes ces publications ont leurs faiblesses mais les publications américaines n'en sont pas dénuées non plus. A tout le moins, la "grande muette" l'est de moins en moins.

C'est un gain démocratique indéniable mais c'est aussi la porte ouverte à des débats qui ne peuvent qu'aider : qui oserait dire que les Européens (ou les Américains, d'ailleurs) ont toujours eu raison ? Qu'ils sont les meilleurs ? Que leur expérience les empêchera de tomber dans des conflits dégénératifs ne résolvant rien ? Après tout, l'expérience ne vaut que si elle est transmise. De ce point de vue si, comme le faisait remarquer Michel Yakovleff, la réflexion stratégique ne garantit pas la réussite, son absence garantit l'échec. La réflexion bouillonne actuellement : n'ayons pas peur, la seule limite, c'est le monde des idées !

Typhons autrichiens

Un accord a finalement été trouvé entre les autorités autrichiennes et la direction d’Eurofighter, permettant de réduire la facture que devra payer Vienne pour ses nouveaux appareils de combat de 370 millions d’euros (sur un montant de départ de 2 milliards d’euros). In fine, 15 Typhoon seront livrés (18 avaient été commandés en 2003), configurés uniquement pour des missions de supériorité aérienne. Rappelons que la nouvelle majorité au pouvoir à Vienne entendait annuler le contrat, avant que des juristes n'indiquent que le renoncement serait plus coûteux que la poursuite du programme.

lundi 25 juin 2007

Blub blub

Où en est l'Avanced Technology Vessel indien ? Que valent les Akula II russes ? Que s'est-il passé à bord du Rubis ? Quels sont les projets chinois ?

Dans son édition de juillet-août (vacances obligent) et dans la foulée des articles parus dans T&A sur la future classe Suffren (Cf. T&A n°3), Défense et Sécurité Internationale vous offrira (notamment !) une plongée dans le monde des sous-marins nucléaires d'attaque.

Le n°28 de DSI sera disponible dès début juillet en kiosque !

Syrie/Iran : méga-contrats en vue pour la Russie ?

C’est le quotidien russe Kommersant qui l’affirme, la Russie aurait conclu avec la Syrie un contrat portant sur 5 Mig-31E Foxhound et sur « beaucoup » de Mig-29, pour un montant estimé à 1 milliard de dollars. Appareil très gourmand en carburant, le Mig-31 d’exportation ne serait pas doté d’une perche de ravitaillement en vol et son avionique (IFF, radar, absence de systèmes d’autoprotection) serait dégradée comparativement aux versions en service en Russie. Conçu comme une plateforme de lutte contre les missiles de croisière, l’appareil à une très faible manoeuvrabilité. Comparativement au Mig-25 qui pouvait atteindre M.3 (causant toutefois une usure particulièrement importante des moteurs et limitant drastiquement son autonomie), le Foxhound a une vitesse de M. 2,8.

La menace est donc, objectivement, à relativiser. D’autant plus que l’aviation syrienne n’a pas connu de renouvellement de ses capacités dans les années 1990. Mais il n’en demeure pas moins que l’impact politique de cette vente, si elle se confirme (la Russie tenant des propos ambigus à son égard, tandis que la direction de Mig confirmait que les commandes pour l’appareil arrivaient), sera particulièrement important en Israël, où la presse locale fait état de rumeurs concernant une possible guerre avec la Syrie durant cet été. Et des chercheurs israéliens d’indiquer, avec raison, que les commandes syriennes ne se limiteraient sans doute pas à 5 appareils (par ailleurs prélevés sur les réserves de l’armée russe). La faible disponibilité des appareils pousserait en effet à des commandes plus importantes, afin d’assurer une disponibilité permanente, les Israéliens estimant que 20 à 24 appareils serait un chiffre plus crédible. L’impact politique sera d’autant plus renforcé que, toujours selon le quotidien russe, les appareils auraient été financés par l’Iran, qu’ils pourraient fort bien équiper in fine.

A cet égard, Aviation Week, cette fois, indiquait sur base d’informations transmises par Rosoboronexport, que l’Iran négociait actuellement avec la Russie un contrat majeur portant sur des systèmes de défense aérienne S-300PMU2 mais, surtout, sur rien moins que 250 Su-30MK Flanker. Si l’information est à prendre au conditionnel (on ajoutera que le carnet de commande de l’appareil reste bien garni et que la totalité de ces appareils ne seraient mis en service que tardivement), il n’en demeure pas moins que, là aussi, la valeur politique de l’annonce est importante. Tombant au moment où la Russie semble plus précautionneuse qu’auparavant face aux ambitions nucléaires iraniennes, l’annonce montre également à quel point les manœuvres politiques en cours sont éminemment centrées sur les stratégies d’influence et les représentations induites par la technologie.