mardi 24 juillet 2007

Funky....

Selon le Washington Post du 10 juillet, voici ce qu'indiquait un édito de journal iranien :

"A few weeks ago, 14 squirrels equipped with espionage systems of foreign intelligence services were captured by [Iranian] intelligence forces along the country's borders. These trained squirrels, each of which weighed just over 700 grams, were released on the borders of the country for intelligence and espionage purposes. According to the announcement made by Iranian intelligence officials, alert police officials caught these squirrels before they could carry out any task".

Sacrés Américains !

AW&ST a sorti une info pour le moins surprenante : le prochain gunship US sera basé sur... un bombardier.

Inde : de nouvelles commandes en perspective

Après avoir officiellement lancé le programme d'acquisition de 126 Multi Role Combat Aircraft (Amit Gupta examinait les tenants et les aboutissants du dossier dans DSI n°20), l'Inde vient de réviser le chiffre à la hausse et évoque maintenant de 180 à 190 appareils, dont de 50 à 60 rejoindraient les rangs de la marine.

Un véritable retournement de situation (du moins, dans un processus d'acquisition indien renvoyant plus aux interminables films de Bollywood qu'à un processus souple et bien géré) : les appareils devront donc être navalisables. On comprendra donc l'impatience de Lockheed a proposer son F-35 à Delhi.

Sauf que l'IAF a indiqué ses préférences : le Rafale (navalisé), l'Eurofighter (non navalisable), le F-18E/F (navalisé), le Mig-35 (non encore navalisé) et le JAS-39 (non navalisable).

Ajoutons-y que l'Inde aimerait aussi augmenter ses commandes en Il-38 May de reconnaissance électronique. A force de se concentrer sur la Chine, on oublie qu'un Etat cette fois démocratique et amical (bousiller un satellite en orbite basse pour que les nôtres aillent s'empêtrer dedans n'est pas très amical) existe et qu'en plus, c'est en train de devenir une véritable puissance en bonne et due forme...

La Belgique, premier non-Etat (2)

Mr. Nick m'envoie un mail concernant le post sur la théorie du non-Etat, que je me permet de reproduire ici :

"Le principe est que passé un certain stade de dislocation de l'Etat, la rationalité animant ses (ou une partie de ses) composantes vise la mise en place de statuts qui leur sont propres, l'Etat lui-même devenant l'espace de dérèglement des rapports qu'entretiennent les communautés, dérèglement débouchant inévitablement sur un affrontement visant l'optimisation des différents statuts".

Et de m'expédier un article trouvé par Mr. Yann :

Scission BHV = Elargissement, dit le MR
Martin Buxant Mis en ligne le 20/07/2007 - - - - - - -

- - - - Les élus MR de la périphérie refusent toute scission de l'arrondissement de BHV. Le CDH est sur la même ligne. Si scission il y avait, elle doit être compensée par l'élargissement de Bruxelles aux six communes à facilités. Impensable, hurle le CD & V. Voilà de quoi faire monter la température à Val Duchesse. Dans le bras de fer communautaire engagé dans le cadre des négociations gouvernementales, les représentants MR de la périphérie bruxelloise ont placé, jeudi, une contre-attaque cinglante. Aux partis flamands qui exigent la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, les élus libéraux ont opposé un élargissement des limites territoriales de la Région bruxelloise. "Nous refusons la scission de BHV. La seule réponse possible à la scission est l'élargissement de la Région bruxelloise aux six communes à facilités, martèle Damien Thiéry, bourgmestre FDF de Linkebeek. Sinon, on ne touche à rien". La contre-attaque bleue a été menée avec l'assentiment du patron Didier Reynders qui a reçu, il y a plus d'une semaine déjà, copie des exigences assénées jeudi depuis la maison communale de Linkebeek. "On sait bien que Didier Reynders va devoir mettre de l'eau dans son vin quand il négociera la formation du gouvernement, relève un mandataire de la périphérie. Mais Olivier Maingain est là pour s'assurer qu'il n'en mette pas trop..." Quelque 150 000 francophones votent dans la périphérie bruxelloise, "et 50 000 d'entre eux, environ, votent pour le MR : ce serait dommage de s'en priver", relève un observateur libéral. Rappel, l'autre partenaire francophone de la future coalition orange bleue, le CDH, exige lui aussi un élargissement de Bruxelles aux communes à facilités (Linkebeek, Wezembeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel, Crainhem et Drogenbos) en cas de scission de BHV. "Indiscutable !" Interrogé jeudi, le porte-parole du CD & V, Peter Poulussen, a balayé d'un trait un éventuel élargissement de la Région bruxelloise : "Nous n'en discuterons même jamais ! Les frontières de la Région bruxelloise sont intouchables". Voilà qui laisse peu de marge au formateur Yves Leterme... D'ailleurs, "c'est à Yves Leterme de trouver une astuce pour s'en sortir, réagit Christian Van Eycken, élu FDF au Parlement flamand. Il s'est mis le couteau sous la gorge tout seul en faisant de la scission de BHV la première de ses priorités". Là, sur la méthode, les libéraux préconisent l'organisation d' "une consultation populaire contraignante", qui permettrait aux habitants des six communes d'opter pour un rattachement à Bruxelles. "Un genre de référendum ?, note Peter Paulussen. Pour le CD & V, c'est non : nous n'y sommes absolument pas favorables", tranche le porte-parole du parti de M. Leterme. "Erosion francophone" Reste la piste mise en place dans les Fourons, celle via laquelle les électeurs francophones pourraient s'inscrire à Bruxelles pour y voter, après la scission de l'arrondissement électoral. "C'est un mécanisme que nous rejetons, indique Christian Van Eycken, car il signifierait une érosion du vote francophone dans les communes à facilités". Et puis, poursuit le mandataire de Tervueren, "c'est l'acceptation à terme d'une nouvelle frontière d'Etat à partir de l'arrondissement". Jeudi, via le "Morgen", plusieurs élus CD & V - dont Eric Van Rompuy - ont fait savoir au formateur Yves Leterme qu' "une scission de l'arrondissement de BHV sans compensation pour les francophones était un minimum absolu" dans le cadre de la formation du gouvernement fédéral. "Nous sommes inquiets des attaques flamandes contre les francophones de la périphérie, embraye Arnold d'Oreye de Lantremange, bourgmestre de Crainhem. On nous serine que nous devons nous en tenir à la loyauté au Fédéral. Mais qu'est ce que c'est ? se fâche-t-il. Est-ce demander une procédure urgente pour faire passer la scission de l'arrondissement à la Chambre (comme l'on fait tous les partis flamands la semaine dernière, NdlR) ? Si c'est cela, il n'y a plus de Belgique, c'est ingérable". "C'est maintenant ou jamais !, assène François van Hoobrouck, le bourgmestre de Wezembeek-Oppem. Et que l'on ne vienne pas nous donner comme contrepartie de la scission de BHV, la nomination des quatre bourgmestres qui reste encore suspendue (par le gouvernement flamand, NdlR). Nous n'accepterons jamais cela". Assis à sa gauche, Christian Van Eyken compare les séparatistes de la N-VA au Vlaams Belang. Et Arnold d'Oreye de conclure : "On nous demande de nous comporter comme des Flamands de Flandre et de parler français à la maison. Maintenant, en plus, on nous demande de fermer nos fenêtres quand on parle français".

J'y rajouterai un questionnement : dans une approche suivant les lignes du non-Etat, la confrontation ne devient-elle pas le seul îlot de politique en tant que refus du technocratisme ? Et encore cette confrontation est-elle techniquement réglée par l'omniprésence de règles précédemment édictées. La dislocation comme dernière expression de la politique... Regis ultima ratio ?

L'USN sur le point de se doter d'une nouvelle stratégie

Depuis la fin des années 1980, l’US Navy n’a plus – paradoxalement – publié de nouveau documents de stratégie navale. Suivant les demandes de l’amiral Mike Mullen (à présent CJCS, Cf. DSI 28), qui en avait appelé à une résurgence de la réflexion en la matière durant le Current Strategy Forum de 2006, cette situation pourrait rapidement changer. Un draft semble actuellement en cours de distribution à une série d’amiraux américains. Ce dernier est le produit d’une série de simulations effectuées par le Naval War College ces dernières années et prenant en compte 7 divers « futurs » quant au futur de la puissance maritime. Dans le même temps, les efforts avaient également porté sur l’organisation de séminaires à travers tous les Etats-Unis et à des rencontres avec des académiques.

Le document qui en ressort cherche à montrer comment l’USN pourrait gagner dans le futur des guerres navales – on notera ainsi son grand retour alors qu’elle avait cédé le pas ces dernières années à d’autres préoccupations (sécurisation des SLOCs, opérations littorales, etc.) – voire résoudre et prévenir des crises. Les tâches de sécurisation des SLOCs et de lutte contre les trafics et le terrorisme ne sont pas oubliées pour autant, le document mettant en évidence la nécessité d’une coopération multinationale afin de s’en occuper. Le concept de « 1000 ships navy » (i.e. partage des informations et opérations multinationales entre les marines participantes, « cimentant » ainsi alliés et « coalisés de volonté ») serait ainsi inclus dans le draft.

Avant la distribution de ce draft, trois grandes options nourrissaient le débat naval américain et se retrouveront dans la version définitive du nouveau document :

- une augmentation de la présence dans le Pacifique et au Moyen Orient ;
- la sécurisation de la haute mer ;
- une focalisation sur la haute mer - et donc un relatif éloignement d’opérations littorales (d’ailleurs compromises dans leur acception initiale par l’échec du programme LCS-1) – en vue de se positionner face à un peer competitor tel que la Chine.

Reste cependant à savoir dans quelles proportions cette combinaison s’effectuera. Le document devrait être officiellement publié avant les prochaines élections présidentielles US.

L'USN sur le point de se doter d'une nouvelle stratégie

Depuis la fin des années 1980, l’US Navy n’a plus – paradoxalement – publié de nouveau documents de stratégie navale. Suivant les demandes de l’amiral Mike Mullen (à présent CJCS, Cf. DSI 28), qui en avait appelé à une résurgence de la réflexion en la matière durant le Current Strategy Forum de 2006, cette situation pourrait rapidement changer. Un draft semble actuellement en cours de distribution à une série d’amiraux américains. Ce dernier est le produit d’une série de simulations effectuées par le Naval War College ces dernières années et prenant en compte 7 divers « futurs » quant au futur de la puissance maritime. Dans le même temps, les efforts avaient également porté sur l’organisation de séminaires à travers tous les Etats-Unis et à des rencontres avec des académiques.

Le document qui en ressort cherche à montrer comment l’USN pourrait gagner dans le futur des guerres navales – on notera ainsi son grand retour alors qu’elle avait cédé le pas ces dernières années à d’autres préoccupations (sécurisation des SLOCs, opérations littorales, etc.) – voire résoudre et prévenir des crises. Les tâches de sécurisation des SLOCs et de lutte contre les trafics et le terrorisme ne sont pas oubliées pour autant, le document mettant en évidence la nécessité d’une coopération multinationale afin de s’en occuper. Le concept de « 1000 ships navy » (i.e. partage des informations et opérations multinationales entre les marines participantes, « cimentant » ainsi alliés et « coalisés de volonté ») serait ainsi inclus dans le draft.

Avant la distribution de ce draft, trois grandes options nourrissaient le débat naval américain et se retrouveront dans la version définitive du nouveau document :

- une augmentation de la présence dans le Pacifique et au Moyen Orient ;
- la sécurisation de la haute mer ;
- une focalisation sur la haute mer - et donc un relatif éloignement d’opérations littorales (d’ailleurs compromises dans leur acception initiale par l’échec du programme LCS-1) – en vue de se positionner face à un peer competitor tel que la Chine.

Reste cependant à savoir dans quelles proportions cette combinaison s’effectuera. Le document devrait être officiellement publié avant les prochaines élections présidentielles US.

Les Cahiers du RMES lachés sur le net

Le 7ème numéro des Cahiers du RMES est paru (Vol. IV, n°1, été 2007). Voici son sommaire :

Tanguy Struye de Swielande, "L'influence de la variable cognitive dans le processus décisionnel de l'Administration Bush".

Noémie Blaise, ""Running Darfour" : enjeux du conflit et réactions de la communauté internationale".

André Dumoulin, "L'assemblée parlementaire de l'UEO : chronique d'une mort annoncée".

Alain De Neve, "Quels cadres pour la recherche et technologie de défense européenne (1ère partie)".

Joseph Henrotin, "Mars et Vulcain. Représentations de la technologie et conceptions stratégiques biaisées. Les cas de l'émergence du concept d'asymétrie et du débat entourant le Stryker".

Tanguy Struye de Swielande, "Caucase et Asie centrale : la guerre pour le contrôle du Rimland".

Comme toujours, leur consultation est gratuite. J'en profite pour pousser au nom du RMES un petit cocorico : depuis que les Cahiers sont en ligne, leurs différentes éditions ont été consultées plus de 8 000 fois !

Quant à leur dernière parution en date (et aux autres), vous pouvez la/les trouver ici.

lundi 23 juillet 2007

L'Europe de l'espace militaire encore un peu plus en retard

Avec 19 tonnes (dont, grosso modo, 20% de carburant), la longueur d’un autobus et une résolution de 9 à 15 cm, les KH-12 sont les satellites de renseignement optique les plus avancés au monde… et ont un prix à la hauteur de leurs performances. Jean-Louis Promé nous en avait d’ailleurs démontré les capacités dans le DSI n°20 (novembre 2006). Or, ces engins, comme les Helios, évoluent sur des orbites basses. De temps à autres, ils peuvent être repositionnés afin de suivre l’une ou l’autre crise. Autant de manœuvres coûteuses en carburant et… qui finissent par réduire la durée de vie opérationnelle d’engins unanimement présentés comme cruciaux pour les agences de renseignement.

On comprendra donc tout l’intérêt que représente la possibilité de ravitailler en vol ces satellites, voire de les réparer ou encore de leur adjoindre de nouveaux équipements. Tout le monde en rêvait et la DARPA, assez discrètement, affirme l’avoir fait, faisant prendre, tout à coup, un coup de vieux à la stratégie spatiale européenne :

"the goal of the Orbital Express Space Operations Architecture program is to validate the technical feasibility of robotic, autonomous onorbit refueling and reconfiguration of satellites to support a broad range of future U.S. national security and commercial space programs. Refueling satellites will enable frequent maneuver to improve coverage, change arrival times to counter denial and deception and improve survivability, as well as extend satellite lifetime. Electronics upgrades on-orbit can provide regular performance improvements and dramatically reduce the time to deploy new technology on-orbit."

Le premier ravitaillement spatial automatisé d’un satellite s’est produit le 2 juillet.

Blub blub (2)

Après une visite d'Hugo Chavez à Moscou, le Venezuela a finalement commandé 5 SSK de classe Kilo, Type 877 EKM. Des négociations sont toujours en cours sur la vente de "systèmes de défense aérienne avancés". Le Venezuela sera le premier Etat sud-américain de la sous-région a mettre en oeuvre de tels bâtiments.

L'Australie, 1er client export du P-8

L'Australie a choisi le remplaçant de ses P-3 Orion de patrouille maritime en se déclarant favorable au P-8 MMA, basé sur une cellule de B-737 :

Australian Minister for Defence; issued July 20, 2007)
I am pleased to announce that the Government has given first pass approval for AIR 7000 Phase 2 – a A$4 billion project for Defence to acquire a manned Maritime Patrol and Response Aircraft (MPRA). The manned MPRA, in conjunction with the Multi-mission Unmanned Aerial System being acquired by Defence under AIR 7000 Phase 1, will replace the capability currently provided by the AP-3C Orion. The AP-3C Orion is planned to be retired in 2018 after over 30 years of service. First pass approval has been granted to allow Defence to commence formal negotiations with the United States Navy (USN) to participate in the cooperative development of the P-8A Multi-mission Maritime Aircraft (MMA). Following an exhaustive examination of available options, the USN chose the Boeing Company to develop the P-8A MMA based on its 737 commercial aircraft. The P-8A MMA offers a modern, highly reliable commercially-proven airframe with the latest maritime surveillance and attack capabilities. The P-8A will be equipped with modern Anti-Submarine Warfare, Anti-Surface Warfare and Intelligence, Surveillance and Reconnaissance sensors that have evolved from proven systems. The P-8A will be capable of broad-area, maritime, littoral and limited overland operations. Through its participation in the proposed cooperative development of the MMA, Defence will assist in providing opportunities for Australian industry as well as gain an ability to positively influence development of the MMA Program.

Notons que Canberra étudie également la possibilité d'acheter des RQ-4 Global Hawk, optimisé pour des aptrouilles maritimes de longue durée. On indiquera aussi que le P-8 est également en compétition en Inde mais que le Japon a préféré un appareil développé localement sur base du P-3, le P-X (Cf. DSI 28).

dimanche 22 juillet 2007

La Belgique, premier non-Etat ?

Il y a quelques années, j'avais développé avec des amis politologues - Nick, Yann, Den et Lucas se reconnaîtront - la théorie du non-Etat. En gros, le principe est que passé un certain stade de technocratisation de l'Etat, la rationalité animant ce dernier vise la pérénisation des statuts des communautés le composant, l'Etat lui-même étant devenu une modalité de régulation de la vie entre ces communautés.

J'avais eu l'occasion d'en toucher quelques mots à des collègues, cette fois en Bosnie (vous savez, la zone géopolitiquement déterminée où l'empilement de niveaux de pouvoirs a fini par absorber en salaires de fonctionnaires 65% de son budget - tiens, le même chiffre que l'armée belge !).

Le problème avec un non-Etat est que la relation entre "Etat" et "nation", pourtant centrale pour la viabilité du contrat social, tout comme elle hante l'esprit des politologues depuis le traité de Westphalie est non précisée, les communautés évoluant sans guère communiquer. Toute forme de "sens de l'Etat" est donc à proscrire.

Et le futur Premier ministre belge vient peut-être d'appuyer par l'exemple une théorie que je n'avais pas vraiment eu l'occasion d'approfondir. On lui a demandé de chanter la Brabançonne et a entamé (mal, en plus), la Marseillaise (jetez un oeil à la vidéo). Notez que les ministres francophones n'avaient guère plus de culture. Notez aussi que bien peu ont été capables de dire que le 21 juillet rend compte de la prestation de serment de Léopold Ier. Brillant.

Certes, on me dira que la Brabançonne, personne ne connaît. Mais vous imaginez un ministre danois ou hollandais - connaissez-vous ces hymnes ? - se planter dans son hymne (notez que je ne parle même pas d'un ministre français, qui finirait illico-presto compter de chemises au fin fond d'un village de 20 habitants dans le Massif central) ? Imaginez-vous un seul ministre portugais, lituanien, grec, togolais ou ouzbek ne pas connaître l'événement historique qui a fait qu'on a placé sa fête nationale à telle date et pas à telle autre ?

Une nouvelle étape décisive, donc, dans la vie conceptuelle de la théorie du non-Etat (l'ironie est là pour aider à surpasser un certain nombre de déceptions) et une belle preuve d'une vision ultra-technocratique des choses. Pas nécessairement une étape décisive pour le vivre-ensemble...

Rapide, le compteur...

N'étant pas un crac en informatique, j'ai enfin réussi à installer un compteur statistique, tout en bas dela colonne de droite (oui, je tourne toujours en analogique), je me méfie de ces trucs bizarres appelés ordinateurs depuis que j'ai terminé ma thèse et que j'ai lu l'excellent bouquin de Rémi Sussan. Et 44 visites en 20 minutes, ça ne me semble pas trop mal. Note à cette majorité silencieuse : n'hésitez pas à laisser un commentaire !

Introducing Mr. Rou-Rou


Il y a quelques mois, un couple de pigeons est venu s'établir en face de chez moi, histoire de donner naissance à deux petits, très poétiquement baptisés par mes soins Mini-Rou et Maxi-Rou. Seul le second survivra. Une fois ledit Maxi-Rou parti du nid, Mr et Mme. Rou-Rou reprendront leur envol.
Sauf que j'ai un faible pour les oiseaux, fussent-ils de stupides (et bien, justemment, non !) pigeons. Ayant assimilé tous les articles du Wikipédia sur le sujet, je me suis laissé aller à leur laisser un peu de pain. Et voilà le résultat. Trois fois par jour en moyenne, Monsieur et Madame viennent me rendre visite... aujourd'hui accompagnés de Maxi-Rou, qui regarde d'ailleurs d'un oeil curieux l'intérieur de mon studio tout en se prenant la version pigeonesque du souper "Deluxe", comprenez une bonne dose de maïs.
Et le premier qui me dit que la chartreuse de pigeons, c'est très bon, je lui offre un cours de 2 heures au choix sur la relation intellectuelle entre Beaufre et Liddell-Hart, sur le processus décisionnel de l'Union Européenne ou sur l'histoire polonaise.
Au demeurant, c'est vrai que la chartreuse de pigeon, c'est sympa. C'était au programme de notre dernière année en école hôtellière et c'est le regretté chef Panza qui l'avait enseigné à la bande de rigolos que nous étions à l'époque. D'ailleurs, si quelques anciens de la promo 95 de Libramont (TQual) passent par ce coin de la Toile, ils sont les bienvenus ici !

vendredi 20 juillet 2007

Comme un petit vent d'est




Deux photos du missile DF-25 (Dong Feng, vent d'est) sont apparues sur le net, montrant le missile et son TEL puis le lancement du missile lui-même. En théorie, le DF-25 avait été annulé dans les années 90. Les engins montrés seraient spécifiquement dédiés à des frappes conventionnelles. On notera que le dernier étage présente certaines similitudes avec celui du Pershing II et de l'Agni II indien. Dans ces deux cas, les ogives disposent d'un radar permettant d'assurer un guidage terminal offrant une ECP inférieure à 20 m.
Il est probable que la Chine cherche à se doter de telles technologies, une des grandes caractéristiques de son processus de modernisation militaires étant de chercher à se doter d'armes de précision utilisables dans des stratégies de décapitation des infrastructures de communication. Autre avantage d'un tel système de guidage, la capacité à manoeuvrer des ogives est de loin supérieure à celle offerte par des systèmes de guidage plus classiques.

jeudi 19 juillet 2007

"Peace" mission 2007

La partie "russe" de Peace mission 2007 va commencer fin juillet nous apprend ITAR-TASS :

MOSCOW, July 16 (Itar-Tass) - Over 90 aircraft of the Russian and Chinese Air Force will take part in the antiterrorist manoeuvres of the Shanghai Cooperation Organisation (SCO) member states Peace Mission 2007 that will be held in the Chelyabinsk region in the period from August 9 to 17, Commander-in-Chief of the Russian Air Force Colonel-General Alexander Zelin told journalists on Monday."A total of 92 aircraft will be engaged in the Peace Mission 2007 exercise," the commander specified. "From China - six military-transport aviation planes Ilyushin-76, eight fighter-bombers JH-7A, 16 JG-9W and 16 Mi-17 helicopters of the army aviation. Russia will engage in the manoeuvres six Ilyushin-76 planes, nine Su-25 fighter jets, 13 Mi-24 and 18 Mi-8 helicopters," according to Zelin."Aviation will be engaged in seven episodes during the exercise. It will conduct reconnaissance, landing of airmobile task force units and their engagement with simulated enemy," said the commander. "The Il-76 planes are expected to put on the ground over 20 machinery units and drop 200 paratroopers," he added."The arrival of first planes from China at Shagol and Uprun airdromes is planned for July 27-28. One of the Chinese Il-76 planes has a woman commander," the Russian AF commander-in-chief noted.

En attendant, la "partie chinoise" des "exercices" a déjà commencé, semble-t-il d'après un de nos correspondants, à proximité immédiate de la frontière afghane. Les Chinois auraient engagé des chars, des blindés, de l'artillerie et de l'aviation dans la zone dans ce qui apparaît plus comme des opérations antiterroristes en bonne et due forme que comme un exercice. De fait, si la rebéillion Ouïghoure n'est pas franchement djihadiste, Pékin a toujours évoqué un risque en la matière afin de légitimer un certain nombre d'actions menées et la perspective des JO doit sans doute faire faire à Pékin quelques pirouettes rhétoriques.

Il faut également signaler que les manoeuvres "Peace mission" n'ont jamais été très "pacifiques", malgré des discours mettant en évidence les aspects de maintien de la paix. L'an passé, les manoeuvres impliquaient un débarquement en bonne et due forme avec utilisation de l'aviation et de l'artillerie. Mené conjointement avec la Russie, ledit débarquement avait sucité des inquiétudes aux Etats-Unis et à Taiwan.

Coquillages et crustacés...

Au vu des grandes chaleurs qui touchent actuellement la Provence, c'est en bermuda que votre serviteur vous écrit. Sympathique habitude qui me fait me rappeler que les "grands" de la RAND corporation avaient l'habitude de discuter stratégie nucléaire assis sur le sol.

Mais comme dans le cas de la susdite institution, mon état de relaxation vestimentaire n'empêche pas l'équipe de bosser ferme sur un triple bouclage. Ayant reçu quelques courriers nous demandant ce qu'il y avait au programme dans les prochains DSI et T&A, je me dis que je serais bien ingrat de voir mes lecteurs supporter mes billets sans rien leur donner en contrepartie.

Si je ne dévoile pas tout, le DSI de septembre sera bien chargé :

- 230 brèves d'informations ;
- des fiches techniques sur le CV90, les destroyers F-100 et les AC-130.
- un article de ma plume sur la marine japonaise, ses qualités (nombreuses) et les défis qui l'attendent (tout aussi nombreux). Le monde de la presse francophone de défense hésite souvent à traiter de l'Asie alors qu'après tout, elle couvre peu ou prou un bon 50% du globe. On s'efforce de rattraper le retard comme on peut !
- pour le reste et bien... disons que nos débats sur la tactique et la stratégie reprennent. Avec des points de vue et des analystes qui ont un franc-parler à la hauteur de leurs compétences.

Quelques points de vue bien intéressants également dans le T&A (disponible dès le 16 août) : sur l'Exocet Block3 d'abord, qui induit une petite révolution dans le monde de missiles certes antinavires... mais de plus en plus polyvalents, ou sur le VBCI. Le Stryker est également passé à la loupe comme d'autres sujets pour le moins tèrs chaud du moment (je n'en dit pas plus : un peu de suspense, que diable !)

Manipulation Inc.

C'est bien connu, le conflit israélo-palestinien est un excellent cas d'étude en matière d'opérations médiatiques. Nous en avons ici une nouvelle illustration : selon ce qui est pompeusement qualifié d'article d'information, Tsahal utiliserait des obus à l'uranium appauvri dans un "génocide" à Gaza. Alors, bon. Mettons les choses au point. Oui, le soldat sur la photo a bien un "obus à dard" (au passage, on appelle ça un APFSDS ou, plus communément un obus-flèche) sur l'épaule. Mais :

1) Quelle est la preuve qu'il soit à l'uranium appauvri ? Au bas mot, 80% des APFSDS utilisent des métaux inertes, tels que le tungstène.
2) Tenant compte de la censure militaire israélienne et dans l'hypothèse où l'obus serait à l'UA, pourquoi Tsahal laisserait passer une pareille photo dans un grand quotidien ?
3) Ah bon, Tsahal est de retour à Gaza et tire au canon dans la ville et personne ne s'en est aperçu ?
4) Depuis quand les APFSDS sont-ils utilisés en combat urbain ? Depuis que le Hamas dispose de divisions blindées ?
5) On appréciera le très PSYOPS mais néanmoins fascisant "pas de chambre à gaz dans Gaza mais un poison mortel"

L'analyse qui suit et qui reprend les canons du droit international est passable. Mais l'UA n'a jamais été qualifié d'arme inhumaine dans la Convention qui s'y relate. Au passage et d'un point de vue éthique, d'ailleurs, toute arme est foncièrement inhumaine : se faire tailler en morceau à la hache n'est pas spécifiquement plus sympathique que prendre une balle doum-doum...

Ce type d'article - au moins le site ne cache-t-il pas ses préférences et joue donc "cartes sur table" - contribue à brouiller un peu plus la distinction entre journalisme et militantisme. Si les deux sont éminnement respectables (quoiqu'en ce qui concerne un militantisme antisémite...), les mixer à outrance pose un sérieux problème de décrédibilisation du travail de gens honnêtes. De ce point de vue, je ne pense pas que ça rendra service ni à la liberté de la presse, ni à la liberté tout court...

mercredi 18 juillet 2007

La Corée du Sud, nouvel acteur de l'industrie de défense ?

L’industrie de défense sud-coréenne se développe rapidement et commence à engranger les succès à l’exportation, en particulier à l’égard de la Turquie. Ainsi, après avoir vendu plus de 30 appareils d’entraînement KT-1 à Ankara, Séoul finalise les négociations avec la Turquie sur la question de la production sous licence de son dernier char, le XK-2. On se souviendra, en effet, du programme de char turc de la 4ème génération (Cf. DSI n°9), dans lequel Nexter s’était fortement impliqué. Or, en vertu de la politique industrielle turque, tous les programmes d’armement conduits doivent pouvoir aboutir à renforcer le savoir-faire des industries de défense d’Ankara, via des transferts technologiques ou des productions sous licence.

D’autres programmes pourraient également être concernés par de telles coopérations, Séoul comptant in fine se positionner de façon très agressive sur les marchés de Défense. Les deux contrats représenteraient ainsi 540 millions de dollars, soit le second plus gros contrat jamais emporté par l’industrie de défense sud-coréenne (après la vente d’obusiers K-9 à la Turquie pour un milliard de dollars).

Refus de départ en mission en Afghanistan

Après que des paras britanniques aient refusé de partir en mission en évoquant un matériel défaillant, c’est au tour de combattants polonais. Onze soldats dont deux officiers ont refusé de partir en patrouille arguant du manque de blindage de leurs véhicules. Ils ont été renvoyés en Pologne – qui dispose de 1 200 soldats sur place – afin d’y être jugés.

Cette affaire se déroule dans le contexte très particulier de l’augmentation des attentats perpétrés par les Talibans, de l’augmentation du nombre de morts civiles causés par des frappes aériennes de l’OTAN mais aussi de l’augmentation des pertes alliées. Ainsi, le Canada a perdu 66 soldats depuis 2002… dont un tiers l’ont été depuis le début 2007.

mardi 17 juillet 2007

Money, money, money !

Vous aimez Abba ? Personnellement, je dois confesser que oui. Mais le célèbre « Money, money, money » est en train de prendre une signification très particulière dans les armées et devrait retentir dans les prochains mois aux oreilles de pas mal de monde. Sauf que l’on ne sera pas en discothèque mais dans un monde réel fait d’OPEX, de risques et de menaces. Bref, tous les ingrédients d’un excellent thriller de politique-fiction que l’on pourrait – tèrs grossièrement – résumer ainsi :

- Acte 1, des années 1980 à, grosso modo, 1994. Les matériels des forces armées sont vieillissants. Si de nouveaux matériels sont en développements, un certain nombre de décisions que l’on croyait prises (un second porte-avions, par exemple), sont remises aux calendes grecques pour cause de fin de guerre froide. Quelques commandes, comme celles du Leclerc, sont passées en croisant les doigts pour que les industriels ne pâtissent pas du nouvel environnement géostratégique et que les commandes à l’exportation suivent. Mais ça ne marche que très, très moyennement.

- Acte 2, de 1994 à, grosso modo, mai 2007. Après une (lente, disons de 97 à 2002) prise de conscience et des attentats de septembre 2001, les commandes s’accumulent. Mais le chef-comptable n’était pas très bon en mathématiques. Résultat, comme l’indique Alain Ruello dans Les Echos, un déficit de 30 milliards entre 2009 et 2013. Aouch…

- Acte 3, cette fois en coulisses. Si le chef comptable n’était pas bon, les comptables des armées – du moins une partie – avait détecté le pépin. S’engage donc une bataille fratricide où chaque armée défend son territoire, fait de commandes… et d’espoirs de commande. Pour la marine, ça signifie un porte-avions, 6 SNA Suffren, 17 frégates, des missiles de croisière, des torpilles, des missiles Aster et Exocet Block3, des NH90, des Rafale et des munitions. L’armée de l’air veut toujours ses 240 Rafale, ses A400M et aimerait que l’on s’occupe non seulement de ses ravitailleurs mais aussi du successeur du drone SIDM. L’armée de terre attend ses VBCI, ses PVP, aimerait enfin disposer d’une aéromobilité digne de ce nom (la disponibilité des Puma étant… comment dire ?), ses tenues FELIN, une numérisation et verrait plutôt d’un bon œil la poursuite des efforts d’urbanisation de ses engins. Surtout, elle aimerait qu’on reconnaisse que la plupart des gens qui sont au sol dans les OPEX sont… des terriens. Ce qui vaudra à Michel Goya de faire une sortie courageuse et argumentée – même si, comme d’habitude, je ne suis pas d’accord avec tout (mais c’est le cas pour tous les articles et livres que j’ai lu depuis les 20 dernières années, y compris les miens) – dans Politique Etrangère. Ca s’appelle avoir la culture du débat – même s’il est musclé.

- Acte 4, la neutralisation présidentielle. Les grandes chaleurs estivales me faisant rêver de piscines et autres fontaines, je me dis également que certains doivent être tentés d’utiliser un jet d’eau à haute pression que je m’interdis ici de citer. En clair, les décisions sont reportées après septembre, tout l’édifice conceptuel devant être repensé. Ce qui revient à dire que le futur Livre Blanc, bien plus que les questions de budgets et les défenses de prés-carrés matériels, sera déterminant. Il va donc y avoir du débat, du vrai, du débat destructeur et créateur, bref, du débat utile qu’on ne manquera pas de relayer dans DSI. En toute logique, le Livre Blanc c’est l’Alfa et l’Oméga : celui qui était alors candidat à la présidentielle l’avait même dit : « j’approuve entièrement votre analyse » (DSI n°24, p. 42). Merci Monsieur le Président !