jeudi 19 juillet 2007

Coquillages et crustacés...

Au vu des grandes chaleurs qui touchent actuellement la Provence, c'est en bermuda que votre serviteur vous écrit. Sympathique habitude qui me fait me rappeler que les "grands" de la RAND corporation avaient l'habitude de discuter stratégie nucléaire assis sur le sol.

Mais comme dans le cas de la susdite institution, mon état de relaxation vestimentaire n'empêche pas l'équipe de bosser ferme sur un triple bouclage. Ayant reçu quelques courriers nous demandant ce qu'il y avait au programme dans les prochains DSI et T&A, je me dis que je serais bien ingrat de voir mes lecteurs supporter mes billets sans rien leur donner en contrepartie.

Si je ne dévoile pas tout, le DSI de septembre sera bien chargé :

- 230 brèves d'informations ;
- des fiches techniques sur le CV90, les destroyers F-100 et les AC-130.
- un article de ma plume sur la marine japonaise, ses qualités (nombreuses) et les défis qui l'attendent (tout aussi nombreux). Le monde de la presse francophone de défense hésite souvent à traiter de l'Asie alors qu'après tout, elle couvre peu ou prou un bon 50% du globe. On s'efforce de rattraper le retard comme on peut !
- pour le reste et bien... disons que nos débats sur la tactique et la stratégie reprennent. Avec des points de vue et des analystes qui ont un franc-parler à la hauteur de leurs compétences.

Quelques points de vue bien intéressants également dans le T&A (disponible dès le 16 août) : sur l'Exocet Block3 d'abord, qui induit une petite révolution dans le monde de missiles certes antinavires... mais de plus en plus polyvalents, ou sur le VBCI. Le Stryker est également passé à la loupe comme d'autres sujets pour le moins tèrs chaud du moment (je n'en dit pas plus : un peu de suspense, que diable !)

Manipulation Inc.

C'est bien connu, le conflit israélo-palestinien est un excellent cas d'étude en matière d'opérations médiatiques. Nous en avons ici une nouvelle illustration : selon ce qui est pompeusement qualifié d'article d'information, Tsahal utiliserait des obus à l'uranium appauvri dans un "génocide" à Gaza. Alors, bon. Mettons les choses au point. Oui, le soldat sur la photo a bien un "obus à dard" (au passage, on appelle ça un APFSDS ou, plus communément un obus-flèche) sur l'épaule. Mais :

1) Quelle est la preuve qu'il soit à l'uranium appauvri ? Au bas mot, 80% des APFSDS utilisent des métaux inertes, tels que le tungstène.
2) Tenant compte de la censure militaire israélienne et dans l'hypothèse où l'obus serait à l'UA, pourquoi Tsahal laisserait passer une pareille photo dans un grand quotidien ?
3) Ah bon, Tsahal est de retour à Gaza et tire au canon dans la ville et personne ne s'en est aperçu ?
4) Depuis quand les APFSDS sont-ils utilisés en combat urbain ? Depuis que le Hamas dispose de divisions blindées ?
5) On appréciera le très PSYOPS mais néanmoins fascisant "pas de chambre à gaz dans Gaza mais un poison mortel"

L'analyse qui suit et qui reprend les canons du droit international est passable. Mais l'UA n'a jamais été qualifié d'arme inhumaine dans la Convention qui s'y relate. Au passage et d'un point de vue éthique, d'ailleurs, toute arme est foncièrement inhumaine : se faire tailler en morceau à la hache n'est pas spécifiquement plus sympathique que prendre une balle doum-doum...

Ce type d'article - au moins le site ne cache-t-il pas ses préférences et joue donc "cartes sur table" - contribue à brouiller un peu plus la distinction entre journalisme et militantisme. Si les deux sont éminnement respectables (quoiqu'en ce qui concerne un militantisme antisémite...), les mixer à outrance pose un sérieux problème de décrédibilisation du travail de gens honnêtes. De ce point de vue, je ne pense pas que ça rendra service ni à la liberté de la presse, ni à la liberté tout court...

mercredi 18 juillet 2007

La Corée du Sud, nouvel acteur de l'industrie de défense ?

L’industrie de défense sud-coréenne se développe rapidement et commence à engranger les succès à l’exportation, en particulier à l’égard de la Turquie. Ainsi, après avoir vendu plus de 30 appareils d’entraînement KT-1 à Ankara, Séoul finalise les négociations avec la Turquie sur la question de la production sous licence de son dernier char, le XK-2. On se souviendra, en effet, du programme de char turc de la 4ème génération (Cf. DSI n°9), dans lequel Nexter s’était fortement impliqué. Or, en vertu de la politique industrielle turque, tous les programmes d’armement conduits doivent pouvoir aboutir à renforcer le savoir-faire des industries de défense d’Ankara, via des transferts technologiques ou des productions sous licence.

D’autres programmes pourraient également être concernés par de telles coopérations, Séoul comptant in fine se positionner de façon très agressive sur les marchés de Défense. Les deux contrats représenteraient ainsi 540 millions de dollars, soit le second plus gros contrat jamais emporté par l’industrie de défense sud-coréenne (après la vente d’obusiers K-9 à la Turquie pour un milliard de dollars).

Refus de départ en mission en Afghanistan

Après que des paras britanniques aient refusé de partir en mission en évoquant un matériel défaillant, c’est au tour de combattants polonais. Onze soldats dont deux officiers ont refusé de partir en patrouille arguant du manque de blindage de leurs véhicules. Ils ont été renvoyés en Pologne – qui dispose de 1 200 soldats sur place – afin d’y être jugés.

Cette affaire se déroule dans le contexte très particulier de l’augmentation des attentats perpétrés par les Talibans, de l’augmentation du nombre de morts civiles causés par des frappes aériennes de l’OTAN mais aussi de l’augmentation des pertes alliées. Ainsi, le Canada a perdu 66 soldats depuis 2002… dont un tiers l’ont été depuis le début 2007.

mardi 17 juillet 2007

Money, money, money !

Vous aimez Abba ? Personnellement, je dois confesser que oui. Mais le célèbre « Money, money, money » est en train de prendre une signification très particulière dans les armées et devrait retentir dans les prochains mois aux oreilles de pas mal de monde. Sauf que l’on ne sera pas en discothèque mais dans un monde réel fait d’OPEX, de risques et de menaces. Bref, tous les ingrédients d’un excellent thriller de politique-fiction que l’on pourrait – tèrs grossièrement – résumer ainsi :

- Acte 1, des années 1980 à, grosso modo, 1994. Les matériels des forces armées sont vieillissants. Si de nouveaux matériels sont en développements, un certain nombre de décisions que l’on croyait prises (un second porte-avions, par exemple), sont remises aux calendes grecques pour cause de fin de guerre froide. Quelques commandes, comme celles du Leclerc, sont passées en croisant les doigts pour que les industriels ne pâtissent pas du nouvel environnement géostratégique et que les commandes à l’exportation suivent. Mais ça ne marche que très, très moyennement.

- Acte 2, de 1994 à, grosso modo, mai 2007. Après une (lente, disons de 97 à 2002) prise de conscience et des attentats de septembre 2001, les commandes s’accumulent. Mais le chef-comptable n’était pas très bon en mathématiques. Résultat, comme l’indique Alain Ruello dans Les Echos, un déficit de 30 milliards entre 2009 et 2013. Aouch…

- Acte 3, cette fois en coulisses. Si le chef comptable n’était pas bon, les comptables des armées – du moins une partie – avait détecté le pépin. S’engage donc une bataille fratricide où chaque armée défend son territoire, fait de commandes… et d’espoirs de commande. Pour la marine, ça signifie un porte-avions, 6 SNA Suffren, 17 frégates, des missiles de croisière, des torpilles, des missiles Aster et Exocet Block3, des NH90, des Rafale et des munitions. L’armée de l’air veut toujours ses 240 Rafale, ses A400M et aimerait que l’on s’occupe non seulement de ses ravitailleurs mais aussi du successeur du drone SIDM. L’armée de terre attend ses VBCI, ses PVP, aimerait enfin disposer d’une aéromobilité digne de ce nom (la disponibilité des Puma étant… comment dire ?), ses tenues FELIN, une numérisation et verrait plutôt d’un bon œil la poursuite des efforts d’urbanisation de ses engins. Surtout, elle aimerait qu’on reconnaisse que la plupart des gens qui sont au sol dans les OPEX sont… des terriens. Ce qui vaudra à Michel Goya de faire une sortie courageuse et argumentée – même si, comme d’habitude, je ne suis pas d’accord avec tout (mais c’est le cas pour tous les articles et livres que j’ai lu depuis les 20 dernières années, y compris les miens) – dans Politique Etrangère. Ca s’appelle avoir la culture du débat – même s’il est musclé.

- Acte 4, la neutralisation présidentielle. Les grandes chaleurs estivales me faisant rêver de piscines et autres fontaines, je me dis également que certains doivent être tentés d’utiliser un jet d’eau à haute pression que je m’interdis ici de citer. En clair, les décisions sont reportées après septembre, tout l’édifice conceptuel devant être repensé. Ce qui revient à dire que le futur Livre Blanc, bien plus que les questions de budgets et les défenses de prés-carrés matériels, sera déterminant. Il va donc y avoir du débat, du vrai, du débat destructeur et créateur, bref, du débat utile qu’on ne manquera pas de relayer dans DSI. En toute logique, le Livre Blanc c’est l’Alfa et l’Oméga : celui qui était alors candidat à la présidentielle l’avait même dit : « j’approuve entièrement votre analyse » (DSI n°24, p. 42). Merci Monsieur le Président !

vendredi 13 juillet 2007

Road to the week-end...

Et quelques réflexions post-apéro :

- On voit sur les chaînes françaises une pub pour le "Perrier Fluo" détournant des images de défilés soviétiques sur la Place Rouge. Et comment aurait réagit l'opinion publique si on avait fait la même chose mais avec un défilé nazi ? Il me semble pourtant que quelques très bons bouquins sont sortis sur les états de service de l'armée rouge, à Katyn, en Pologne, en Russie elle-même, en Tchétchénie ou ailleurs...

- Une voix pré-enregistrée vient de me passer un coup de fil automatique - une forme de pub très en vogue - pour me recommander de manger sainement et de me prévenir des risques de cholestérol. Je lui ai raccroché au nez - même si on m'a appris à ne jamais le faire - et je pars de ce pas me faire un poisson cuit meunière. Note à France Telecom, à qui je donne de l'argent pour me mettre en liste rouge : euh... je vous hait ?

- Juste avant, c'était un sondage SOFRES. La personne en ligne était bien réelle. Sa rationalité d'action renvoyait plutôt à l'appel suivant...

- Private joke pour Mr. T. : le week-end sera aerurbain ;o)

Un chef pour l’US AFRICOM

C’est finalement le général William « Kip » Ward qui a été désigné par le Secrétaire à la Défense Robert Gates en tant que commandant en chef du tout récent African Command (Cf. DSI n°25). Commandant adjoint de l’European Command, Ward a, en son temps, été affecté en Somalie mais aussi en Egypte. Jusqu’en octobre 2008, l’AFRICOM devrait fonctionner depuis Stuttgart, dépendant alors de l’EUCOM. Après, le commandement sera pleinement autonome. Son futur quartier général n’a pas encore été désigné, certaines sources indiquant qu’il pourrait y en avoir plusieurs.

jeudi 12 juillet 2007

Irak : une implication iranienne ?

Selon le général américain Ray Odierno, si l’Iran a participé à l’entraînement d’équipes de mortiers insurgées par l’intermédiaire de la force al Quds, cette dernière semble également travailler en collaboration avec le Hezbollah. Un opérationnel libanais, Ali Moussa Dakdouk a ainsi été capturé fin mars par les forces américaines, alors qu’il préparait un enlèvement semblable à celui qui avait déclenché la guerre de juillet 2006 au Liban. Dakdouk était en liaison avec les Iraniens mais aussi avec l’ancien porte-parole de Moqtada al Sadr. Au-delà, le Hezbollah aurait été impliqué dans le recueil de renseignements sur les positions et les systèmes défensifs américains à Bagdad et ailleurs mais aussi dans la préparation de l’attaque sur un immeuble gouvernemental de Kerbala, en janvier 2007.

mercredi 11 juillet 2007

Et un F-22 "abattu", un !

Les guillemets sont bien sûr de mise dans la mesure où il ne s'agit que d'un résultat de DACT tenu au cours du dernier Red Flag. Manifestement, un F-22 a été surpris par les tactiques d'un petit malin des Aggressors monté sur F-16C et qui s'est fait le Raptor en dogfight. Et ça a marché. Défense du CO de l'escadron : ses pilotes ne sont pas encore assez entraînés. Au cours de manoeuvres tenues en Alaska, les F-22 s'en sont sortis à 144 F-15 et F-18 à... 0 pertes.

Mosquée rouge : le signe de trop ?

Certains de nos lecteurs auront pu lire l'excellente analyse que faisait Olivier Guillard, dans le DSI n°23 (février 2007), de la situation pakistanaise. D'autres se souviendront peut-être que dans L'ensauvagement, Thérèse Delpech indiquait qu'il était probable de voir la disparition du Pakistan en 2025.

Et j'ai eu personnellement l'occasion, au cours de mes conversations/interviews avec Bernard Bridel, dans le quotidien suisse 24 heures, l'occasion de montrer à quel point la question afghane était influencée par le Pakistan. Plus généralement, nous avons suivi la situation avec attention.

Pour parler en termes jominiens, la situation politique au "pays des purs" est l'un des points décisifs de la situation dans l’Etat d’à côté mais aussi, plus largement de toute la sécurité de la région. En clair, il est impensable de stabiliser l’Afghanistan sans que le Pakistan ne le soit. Et ni les incantations de l’OTAN ni les pressions américaines ne permettent pour l’heure d’y parvenir.

Et, de fait, après le retrait du Waziristan (pourtant pakistanais mais dont l’armée s’est retirée), le non-règlement de la question baloutche, la énième tentative d’assassinat de Musharaff, le terrorisme endémique (657 actes terroristes en 2006, faisant plus de 900 morts) cette histoire de Mosquée rouge et ses 50 morts n’est qu’une itération de plus dans la lente transformation du Pakistan en zone grise.

Trop lourd de ses compromis politiques, il est en train de s’effondrer sur lui-même. Le fait est là : « Mushie » est en train de se faire déborder sur sa droite (les radicaux) mais aussi, nous apprend Reuters, sur sa gauche. Frederic Grare, du Carnegie, vient de publier un rapport sur la question et montre que l’armée pakistanaise elle-même est au cœur du problème, en fait, beaucoup plus que l’on ne pensait. Et que ce n’est, malheureusement, pas prêt de s’arranger.

A ce rythme, si aucun Etat n’intervient de façon certes diplomatique mais néanmoins musclée, nous ne serons jamais en mesure de trouver une solution à long terme pour l’Afghanistan et, effectivement, autant partir de la région tout de suite…. En attendant d’en subir plus tard les conséquences.

Nous sommes face à une véritable, mais très particulière, forme de guerre, faite de ses alliances interpersonnelles, de ses mobilisations idéologico-religieuses, de ses imbrications ethno-claniques, de ses attentats et de longs convois partant pour l'Afghanistan. Elle semble se dérouler tellement lentement, hors caméras médiatiques comme politiques, que personne ne semble y prêter attention, comme si nos propres rationalités nous piégeaient.

mardi 10 juillet 2007

DSI 27 : dévalisés !



On peut dire que nos lecteurs ont apprécié notre "spécial puissance aérienne" : kiosquiers, marchands de journaux et autres libraires ont été quasimment dévalisés !
Vous n'avez pas eu votre exemplaire ? N'hésitez pas à faire un tour juste ici mais dépêchez-vous, vous avez fait en sorte de nous libérer beaucoup d'espace de stockage !

De là à ce que l'armée libanaise renaisse...

A présent moins spectaculaire, la bataille de Nahr el Bared (Liban) n'en est pas pour autant complètement terminée - même si les médias "traditionnels" n'en parlent plus guère. Pour autant, elle s'avère porteuse de leçons et semble avoir considérablement rapproché les Libanais... alors qu'un des objectifs du Fatah al Islam semblait bien de limiter l'influence du Hezbollah.

A cet égard cet article du journal L'Orient-Le Jour donne quelques informations assez intéressantes non seulement sur le déroulement des opérations mais aussi sur l'état général de l'armée libanaise. Notez, au passage, que de 85 à 90 soldats libanais auront perdu la vie mais aussi que l'artillerie semble avoir été largement utilisée. Le MOUT non létal est le luxe des armées européennes...

lundi 9 juillet 2007

Vive l'Université québecoise libérée...

...Soirée "Invasions barbares"/"déclin de l'empire américain" (2045 sur France 2). J'ai toujours un problème avec Arcand sur le concept d'empire américain (bon, il n'est pas le seul). Mais je dois dire me reconnaître dans ces personnages et la saisie des états d'âmes qu'Arcand fait du monde universitaire me semble sonner très juste. Pas de poutine au souper mais le sirop d'érable ne doit être très loin ;o)

Tatanne pour les Typhoons ?

Des Typhoons britanniques viennent d'être engagés en DACT contre des Su-30MKI indiens, mais rien ne filtrera sur les performances respectives des deux types d'appareils. Reste ce communiqué de presse indien qui montre que la RAF et l'IAF n'en sont pas restées qu'aux démonstrations (notez le commentaire bizarre sur l'âge des pilotes) :

Source: Indian Ministry of Defence; issued July 7, 2007)

Much was at stake of its reputation, when for the first-time-ever, the Royal Air Force's (RAF) Eurofighter Typhoon, developed by a consortium of European manufacturers and recently inducted into the RAF, was to engage in any kind of an aerial combat with any non-RAF/NATO fighter. The Indian Air Force's (IAF) Sukhoi-30 MKI air superiority fighters, which are at Waddington, UK for the bilateral air 'Exercise Indradhanush-2007', had an opponent for the befitting duel.

The operational part of the 'Exercise Indradhanush-2007' began with a series of 1 vs 1 air combat sorties. Both variants landed with their much-touted reputations intact as each side tested their potentials with their adversary in the air to their limits. These sorties were premised not entirely on having winners or losers – but more for their evaluator and training values as encapsulated in the objectives. Both sides ended-up sharing an enhanced respect for each other's capabilities – both in terms of training values, and combat potentials of the diverse aerial platforms.

While the RAF fielded some of their most-experienced and highly-qualified pilots, some of them being very senior performance evaluators in active service, the IAF pilots were a mix of 'young to middle-level pilots' from the 'Rhinos' squadron. The RAF pilots were candid in their admission of the Su-30 MKI's observed superior manouevring in the air, just as they had studied, prepared and anticipated.

The IAF pilots on their part were also visibly impressed by the Typhoon's agility in the air. While it does not imply to say that the 1 vs 1 air combat sorties were meant for backslapping each other, it may be understood that in today's aerial combat scenarios of 'beyond visual range' (BVR) capabilities of air platforms, it is highly unlikely that any of the modern-day fighters will ever get into a situation that warrants extreme close air combat, as in the situation simulated in the 1 vs 1 sorties.

With a 'kill' criterion of front-gun ranges being mostly under 1,000 metres and a visual tracking envelope behind the target for only up to a 60-degree cone mostly for most fighter aircraft of the world, the unlikely scenario gets more exemplified. But the irony also lies in the fact that while there is a number of counter and counter-counter measures to make the modern missiles with claims of inescapable parameters redundant by using 'chaff' and other active/passive measures, a 'gun kill' is invariably a most certain kill. The pilots invariably begin honing their tracking and combat skills under such close combat situations.

The exercise that nearly runs into midway by the weekend constitutes mostly mixed missions where RAF F3 Tornados, Hawks and Typhoons are packed together with IAF Su-30 MKIs. The sorties include combat situations of 2 vs 1, 2 vs 2 and upward combinations. The raiders are tasked 'High Value Asset' (HVA) busting on the ground and 'High Value Airborne Asset' (HVAA) busting in the air with the defensive elements designated to counter their ambitions. -ends-

DSI et T&A, so far away !

Pourquoi donc des revues françaises seraient-elles cantonnées à l'Hexagone ou à la Francophonie ? Fausse question que voilà. A vrai dire au vu du nombre de nos lecteurs américains (où la connaissance du français garde de nombreux adeptes chez les officiers), nos revues sont naturellement appelées à... se mondialiser, rien moins. Notre chef l'a demandé, notre équipe l'a réalisé.

Non contents d'être disponible par abonnement et boutique en ligne interposée, nous étions déjà présents dans plus de 40 pays, 30 pour DSI – en passant, une belle performance pour un magazine français, que ne réalisent pas nos confrères de Jane’s par exemple. Nous avions également un partenariat avec Asian Defence & Diplomacy, la principale revue de défense malaise.

Et bien, nous allons encore plus loin, en investissant le monde des salons et autres conférences. Nous avions déjà été partenaires des salons Eurosatory et Euronaval, de l’Université d’Eté de la Défense 2006 et de l’UV Conference. Nous poursuivons. Nous serons ainsi partenaires de 3 conférences du groupe Shephard, où nos magazines seront distribués :

- Air Power Middle East (Abu Dhabi, 2-3 septembre 2007)
- Night Vision 2007 (Washington, 30-31 octobre 2007)
- Heli Power. Rapid Response : Future and Challenges (Amsterdam, 6-8 Novembre 2007).

Last but not least, nous n'abandonnons certainement pas la France pour autant : DSI et T&A seront ainsi partenaires de l'Université d'Eté de la Défense 2007, qui se tiendra à Toulouse. Un Hors-Série de DSI est actuellement en préparation et nos autres magazines seront également présents.

D'autres événements sont également en préparation... Stay tunned !

samedi 7 juillet 2007

Politique de défense belge : ah, enfin !

On le sait, la défense a toujours (ou à peu près) été le parent pauvre des priorités gouvernementales belges (Cf. l'article d'André Dumoulin dans le DSI n°10 et la synthèse des programmes de défense des législatives 2007 des principaux partis dans DSI n°27).

Un certain nombre de choix matériels et stratégiques effectués peuvent assez légitimement être critiqués et, de fait, l'affaire des canons de 90mm installés sur quelques-uns des Piranha IIIC récemment achetés montre que des ambiguïtés importantes demeurent quant aux scénarios envisagés, au niveau du Plan directeur de la Défense, publié en 2003. Ce dernier incluait des options de haute intensité (on notera que ledit plan a été retiré du site web du ministère de la Défense) qui seront ensuite rejetées.

Les élections législatives étant passées, on sera donc tenté de dire que le chantier de la Transformation des forces belges peut enfin recommencer. Non pas tant que rien n'ait été fait, que du contraire : des matériels ont été achetés, l'artillerie (qui a failli rouler sur un solide IED budgétaire) est exsangue mais sauve, nos paras n'ont pas été dissous. Mais force est de constater que la promesse d'indexer le budget n'a pas été tenue - à l'époque, le dire vous valait de prendre un réel risque (jetez un oeil sur cette page et sur les deux autres articles auxquels elle mène).

De fait, le remplacement des F-16 est dans l'ornière (les PGM comme les AGM-154 ou les JDAM qu'espéraient certains resteront... chez leurs constructeurs), le bâtiment de transport stratégique belgo-luxembourgeois est budgétairement coulé, le BEST (Belgian Soldier Technology) est virtuellement mort, les salaires forment toujours plus de 65% du budget des forces, la pyramide des âges de ces mêmes forces est ubuesque et, pire, les scénarios d'engagement semblent plus dictés par des considérations idéologiques que par une saine analyse stratégique (que mènent d'ailleurs de nombreux officiers, à qui il convient de rendre hommage dans la mesure où leur travail n'a pas été une sinécure).

Dans ce cadre, on comprendra que la sortie du dernier "Egmont paper" sur la Défense belge dans la défense européenne est une vraie petite révolution - vous pouvez trouver le document ici. D'une part, parce que, traditionnellement, le think tank des Affaires étrangères belges ne touche pas trop aux questions de défense, cloisonnement des ministères oblige (j'entends d'ici des mauvaises langues dire qu'ils ont toujours dénigré les questions de défense. D'accord, ce n'est pas complètement faux !).

Mais bon. L'IRRI/Egmont a produit un document qui a le mérite d'exister. Comme souligné plus haut, travailler sur ces questions vous impose, après un minimum d'analyse, de dire que des choses ne vont pas... ce qui ne vous vaut pas que des amis, fussent-ils paras.

Bon, fondamentalement, le document ne révèle rien de révolutionnaire. Tout ce qui y est dit l'a déjà été et les 11 propositions n'ont rien de neuf. Si vous voulez avoir un bon point de vue de ce qu'est la défense belge et des pistes de solutions, rien ne dépasse pour l'heure l'excellent état de l'art issu des plumes pas toujours très politiquement correctes (parfois, c'est la meilleure façon de servir...) d'André Dumoulin, Philippe Manigart et Wally Struys.

Bon, évidemment, le document de l'IRRI/Egmont est un document de proposition et l'ouvrage de Dumoulin, Manigart et Struys est un ouvrage tout ce qu'il y a de plus académique (676 pages, bien nécessaires pour comprendre toute la complexité de l'objet). Mais bon, fondamentalement, c'est bon de voir que des questionnements pour le moins importants se voient consacrés par une institution.

vendredi 6 juillet 2007

L’effarante progression des Contractors

Question : qu’est-ce qui est civil, se comporte plus ou moins comme un soldat, a un prix de revient plus élevé qu’un soldat, n’est pas totalement tenu de répondre aux lois les plus élémentaires du droit international (et peut prendre des libertés avec ce dernier) et ne sera pas reconnu comme étant tombé pour son pays en cas de décès ?

Un « contractor ».

Et leur nombre n’a récemment fait qu’augmenter en Irak, dépassant les 180 000 personnes sous contrat avec les forces armées US… alors que ces dernières ne disposent que de 160 000 soldats sur place. Environ 21 000 américains, 43 000 étrangers et 118 000 Irakiens seraient sous contrat, posant nombre de questions.

Le général W. Nash (Cf. DSI n°1) indique ainsi que le grand nombre de personnels armés et virtuellement hors de contrôle est un réel enjeu de sécurité. Ensuite, nombre de ces contractors sont affectés à des missions aussi vitales que le transport de nourriture au profit des troupes.

Hors, à plusieurs reprises, des mouvements d’humeur de la part des conducteurs ont interrompu les approvisionnements. Au-delà, formellement parlant, ils ne sont pas sous le commandement des forces US à proprement parler. De ce fait, leur suivi est virtuellement impossible.

Plus on "transforme", plus on s'aperçoit qu'on patine...

jeudi 5 juillet 2007

Amaï, la Landmacht...

... ce qui pourrait se traduire par "Paf, la Landmacht".

On savait que La Haye avait de sérieux problèmes financiers, malgré de nombreux investissements consentis et amortis depuis quelques années.

Paradoxe des temps modernes, l'engagement des Néerlandais dans des opérations extérieures longues, complexes et coûteuses (on songe à l'Afghanistan) va leur imposer une réduction de format de leurs forces, principalement terrestres : de 88 à 60 Léopard II, de 36 à 24 PzH-2000.

Coté Luchtmacht, les F-16 passent de 90 à 72 mais restent accros au JSF (message perso à Eimert van Middelkoop, le Ministre de la Défense : Mijnheer Minister, Uw kabinet krijgt 2 DSI per maand : lees ze a.U.b. !).

La Marine voit quant à elle sa commande de Tomahawk annulée.

Plus d'opérations, moins de moyens (il ne faut pas se leurrer : le plus important, l'entraînement, risque aussi d'en prendre un coup) : the shape of things to come ?

mercredi 4 juillet 2007

Dans les bacs RMESéens

Tanguy Struye me signale que la nouvelle édition des Cahiers du RMES sera prête d'ici le 15 juillet. Comme toujours, ils sont intégralement et gratuitement disponibles en ligne (pour répondre à un grand nombre de mails, malheureusement non, ils ne sont pas disponibles en version "papier").

J'en profite pour rappeler que La troisième guerre du Golfe. Analyse politique, économique et stratégique, du RMES, est toujours disponible.

Grande-Bretagne : quelques leçons

On en sait à présent plus sur les dernières tentatives d'attentats sur Londres et Glasgow, ce qui nous permet de dessiner les contours de quelques leçons... qui ne manquent pas de piquant.

1) Sur la qualification des terroristes : si les bombes n'ont pas explosé c'est que leur conception ne prenait pas en compte un élément pourtant crucial, le comburant. Ce qui fait dire à plusieurs commentateurs que Beavis et Butthead viennent de rejoindre al Qaïda mais ont quelque peu raté leurs examens d'entrée.

2) Sur l'origine socio-professionnelle des auteurs. En Belgique comme en Allemagne, la vulgate comme la doctrine politique veut que la source du terrorisme soit la pauvreté et le manque d'éducation. En pratique toutefois, 7 des 8 personnes impliquées dans les tentatives d'attentats seraient, nous apprend LCI, des médecins. Rien d'étonnant à cela : Marc Sageman a "biographé" plus de 150 djihadistes et en était arrivé à la conclusion que la pauvreté n'avait rien à voir dans la décision de passer à l'acte. Un sondage à très grande échelle a également été mené sur la question et démontre qu'en réalité, les plus proches du radicalisme sont plutôt bien portants. Conclusion partielle : le terrorisme n'est pas une question d'ordre économique (et si on cessait de chercher à réhabiliter Marx en permanence ?) ou de développement (s'il est évidemment nécessaire, il faudrait peut être lui trouver un autre moyen de légitimation que le terrorisme) mais est bien politique.

3) Le fait qu'un des terroristes ait été retrouvé en Australie montre que les mécanismes de coopération entre les Etats fonctionnent plutôt bien même si la littérature l'évoque peu... mais montre également que ces gens travaillent naturellement dans une optique globale. A l'heure où les gouvernements commencent à se dire que l'Afghanistan est tellement éloigné que sa talibanisation ne pose pas de problème à notre sécurité, la leçon a de quoi faire réfléchir.

4) Conclusion finale et humour déplacé : si un aréopage de médecins ne sais pas qu'il faut un comburant pour faire exploser quelque chose, je me méfierais de ma prochaine visite chez le toubib !