dimanche 9 mars 2008

Back to France

Et hop, demain à cette heure-ci, je serai dans mon bon vieil Avro 85 (j'adore cet appareil, très maniable), direction Marseille. Un appareil solide dont les réacteurs hurlent par grand vent et qui peut vous arracher en 400 m si le pilote à envie de vous la jouer funky.

Dix petits jours de retour à Aix histoire de boucler le DSI d'avril - à qui il manque tout juste 6 petites pages - et le T&A d'avril mai. Il lui manque 30 pages sur 84 mais je peux vous garantir qu'elles sont en route. Entre-temps, une bonne partie des modifications demandées par mon éditeur sur le petit dernier devraient être intégrées. Time flies comme disaient les anciennes pubs de la SN...

Bon, de retour dans le chaudron belge - là où le couplage entre Europes latine et germanique se joue - je vous promet de l'action sur Arlon, le 26 mars avec "La définition des "Retours vers le Futur" : "Nature et caractères des conflits contemporains" pour le cercle Mars et Mercure. Et le 31, à Paris, Participation et Progrès m'a invité à parler de l'évolution de la pensée stratégique sous la 5ème République où j'attaquerai plus précisément la question du rayonnement de la pensée stratégique française, en particulier du point de vue de la contre-insurrection.

Entre-temps, le dossier des 90 mm est appelé à bouger, de même que d'autres, sur la protection des infrastructures critiques notamment. La recherche est faite pour faire avancer nos sociétés. Rejoignez-nous ! D'ici là, bonne soirée tout le monde !

Sunday edition : let's play it light

Décidément très en forme et jamais éloigné de son humour, ce cher bon vieux Carl von C. m'indique que sa dernière chronique peut tout à fait être publiée par ce blog.

Murphy était Européen

Il y a des jours comme cela où la Raison doit s’effacer devant la vacuité des idées, vous incitant à rester bien profondément enfoui sous la couette, dûment accompagné de vos peluches préférées, Leclerc, Rafale ou PA2.

Ça m’est arrivé l’autre jour en lisant une série de commentaires et de prises de position sur l’Europe de la défense. On y trouvait de tout (c’était mieux que chez mon épicier), du « il faut plus de quartiers généraux » à « nous manquons d’investissements dans la recherche & développement » en passant par l’inévitable et effroyable constat posé par l’OTAN d’un manque évident d’investissement dans les matériels.

Bon ! Qui a (encore) voulu inventer le fil à couper le beurre mais qui est trop radin pour payer la motte ? Manifestement, il y en a encore qui, n’ayant pas lu DSI, passent définitivement pour des has been de la défense. Alors, amis lecteurs, reprenez avec moi, tous en cœur et traitons cela sous l’aspect divertissant mais ô combien sage des « lois de Murphy ».

Loi numéro 1, « tout état-major sert à commander des opérations lancées par le politique mais que ce dernier ne lance jamais ». Extension de tonton Claus : « un état-major lance de lui-même des opérations lorsqu’il est soit engagé dans un coup d’État, soit qu’il fait face à une invasion en provenance d’Andorre ».

Loi numéro 2 : « tout homme politique placé dans un environnement européen considérera que la défense européenne doit être une priorité après la régulation de la taille des petits pois, de celle du marché des poissons d’eau douce lituaniens et la composition du menu du midi de la cantine de la Commission européenne ».

Loi numéro 3, « le nombre faramineux de forces bi et multinationales européennes est dû à une forte demande de défilés militaires, et non au nombre d’engagements en opération ». Corollaire du neuneu : « la guerre, c’est pas bien ».

Loi numéro 4 : « un bon politique fait toujours une incantation au Dieu recherche & développement avant de financer autre chose en stricte application du principe de laïcité ». Questionnement corollaire du chercheur : « on mange quand ? ».

Loi numéro 5 : « les budgets d’équipement peuvent éventuellement servir aux équipements ». Loi corollaire belge (1) : « tout budget d’investissement militaire est invariablement affecté au financement de la sécurité sociale, justifiant le concept d’armée humanitaire ».

Évidemment, on peut toujours en rajouter quelques-unes : les lois de Murphy sont un concept hautement adaptatif, ce qui lui vaut d’entretenir, comme dirait mon vénéré rédac’chef adjoint, un haut niveau de connectivité conceptuelle avec nos armées.

Tenez, prenez-en encore une pour la route : « toute Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) sera largement appuyée par tout le monde mais encore moins soutenue par personne » ou encore « toute PESD est invariablement terrestre : elle résiste rarement au passage de la Manche et la rencontre avec le gouvernement britannique ».

Tout ceci pour nous rappeler qu’à ce stade, ce sont les Lois politiques de Murphy qui tendent à s’imposer et votre vieux Carl ne résiste pas au plaisir de vous resservir le fameux « avertissement de Martin Luther-King » : « il faut apprendre à vivre ensemble comme des frères, ou nous mourrons ensemble comme des c… ».

Ce n’est pas faux, surtout lorsque l’on constitue la seconde puissance militaire mondiale sur le papier…

(1) Bruxelles est dernier du classement OTAN en matière de part du budget d’équipement dans le budget de défense.

vendredi 7 mars 2008

Nuit chaude à Schaerbeek

Après deux explosions dans ma rue, vers 2 heures du matin, une voisine débarque : 2 voitures sont en feu juste devant mon immeuble. Selon un pompier, plusieurs incidents du genre se sont produits la nuit passée dans la commune, le chiffre de 16-17 voitures incendiées circule. Si cela s'avérait exact, ce serait la plus grosse flambée que le pays n'ait jamais connu. Pourtant, ce matin, rien dans les médias... Si quelqu'un a des informations, elles sont les bienvenues.

jeudi 6 mars 2008

Le PS français affine sa position sur la défense

Je viens de lire un article du Figaro d'hier, de la plume de Louis Gautier (qui avait écrit un très bon livre, Face à la guerre), François Lamy et Paul Quilès ; article qui leur permet de rendre compte de leur position en regard du prochain Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité. L'article est intéressant à plusieurs titres.

Premièrement, il met en évidence l'importance de l'action sur les causes des troubles internationaux. C'est bien évidemment absolument nécessaire. Mais la fonction stratégique "prévention" est spécifiquement dévolue à cette question, en particulier dès lors qu'une nouvelle fonction "renseignement" s'y adjoint (on devrait plutôt dire : la complète). Par ailleurs et surtout, c'est une tâche de nature essentiellement diplomatique (les frappes préventives ou préemptives évoquées renvoyant plutôt à la fonction de coercition), même si l'action militaire - en particulier depuis le FT-01 - tend de plus en plus à appliquer la prévention, plus spécifiquement au plan tactique.

Deuxièmement, le "remède militaire" poserait souvent plus de problèmes qu'il n'en résoudrait. Ce à quoi l'on pourrait répondre que la manoeuvre militaire est beaucoup trop souvent - et pas qu'en France, c'est un trait commun à l'Europe continentale - découplée de la manoeuvre diplomatique. En cela, les lignes d'opérations utilisables par le politique sont insuffisament mises en cohérence... et, effectivement, pose alors la question de son utilité. L'élément fédérateur indispensable face à ce décalage renvoie alors à la dissuasion - non seulement nucléaire mais, surtout en l'occurrence, conventionnelle. Le show of force a encore des vertus trop souvent sous-estimées.

Troisièmement, sans doute les auteurs simplifient-ils le rôle de la résilience, dont ils parlent, au sein de la fonction de protection. Elle n'en constitue, en réalité, qu'un des éléments, au demeurant souvent observé comme spontané (ce qui, dans ce cas, évacue l'hypothèse d'une militarisation abusive). La fonction protection, qu'ils envisagent là sous son seul jour de politique intérieure (encore faudrait-il y adjoindre tout ce qui va toucher aux services de pompiers et aux opérations de sécurisation), est en réalité plus complexe. Elle s'épanche surtout dans le domaine de la protection des troupes face à des menaces de plus en plus complexes, y compris en COIN, qui s'étalent du RPG-29 ou de l'AT-14 jusqu'au kamikaze.

Aussi et in fine, on peut se demander si les interrogations des auteurs ne sont pas le signe d'une confusion des rôles, au demeurant lancée elle-même par l'intitulé du LBSD : en couplant sans doute abusivement "défense" et "sécurité", on place la diplomatie de côté. Or, cette dernière n'est elle-même pas la seule intervenante dans les processus de règlement des crises : les facteurs économiques, juridiques et culturels entrent également en ligne de compte.

Mais créer un Livre blanc sur l'incertitude qui nous entoure, c'est sans doute aussi créer un gigantesque gloubi-boulga conceptuel. Autant dire que les propositions portant sur la création d'un Conseil national de sécurité, seul capable de générer, d'articuler et de faire vivre une véritable stratégie intégrale (capable, à défaut de conceptualiser le chaos conceptuel, de l'ordonnancer) étaient parmi les plus attendues.

Happy birthday, Global Hawk !

Le RQ-4 Global Hawk, seul drone HALE actuellement opérationnel, fête ses 10 ans et ses 20.000 heures de vol. L'appareil a également de sérieuses chances dans le porgramme BAMS de drones de surveillance maritime de la Navy. En photo, de droite à gauche : le RQ-4A et le 4B, à l'envergure plus grande.

A propos de l'affaire Belliraj

Thomas Renard, du Front asymétrique, vient de faire paraître un article sur l'affaire Belliraj, où il dresse les rétroactes de cette affaire, qui a vu le démentelement d'un réseau marocain dirigé par Abdelkader Belliraj, citoyen belgo-marocain. Au passage, la constitution du réseau tend à démontrer l'existence d'une connexion entre le terrorisme djihadiste et le Hezbollah (un correspondant de la chaîne Al-Manar a ainsi été arrêté) (1).

Thomas pose un constat alarmant :

- d'une part, les services belges auraient été pris de court par l'ampleur de l'enquête (ce que semblait, au demeurant, confirmer le directeur de l'OCAM, au cours du dernier débat dominical, lorsqu'il indiquait qu'il fallait toujours rédiger une évaluation de la menace). Ils auraient été avertis par les services marocains. Notons que des enquêteurs belges ont été envoyé au Maroc afin de prendre connaissance des éléments de l'affaire ;

- d'autre part, si Belliraj était connu des services belges (en particulier de la Sûreté de l'Etat), il l'était... en tant qu'informateur et non comme terroriste potentiel. Au demeurant, on a vu apparaître des informations dans la presse comme quoi il aurait également été informateur de la DGSE française. Le hic, c'est que, selon la presse, Belliraj aurait même rencontré al-Zawahiri, le n°2 d'al Qaïda.

Or, les informations selon lesquelles Belliraj était un informateur de la Sûreté sont apparues dans la presse récemment et ont déclanché ce qui s'apparente à une guerre du renseignement. L'identité des informateurs est en effet classifiée et révéler ce genre d'information constitue une faille majeure dans la sécurité des opérations. Au point que le directeur de la Sûreté à annoncé qu'il portait plainte contre X.

Reste, cependant, à voir dans quelle mesure ces escarmouches ne prennent pas place sur un terrain glissant. Il semble que des réunions d'information sur l'affaire se soient tenues après la révélation de l'affaire par les Marocains. Sûreté et SGRS (service de renseignement militaire, qui dispose d'une division "contre-ingérence") auraient été mis plus ou moins sur le côté par le Parquet et la section anti-terroriste de la police.

Ce qui pourrait générer des réactions politiques en faveur du regroupement des trois services. Or, si l'on peut se poser des questions sur la nécessité d'un tel regroupement (qui n'est jamais très sain en démocratie et qui peut nuire à l'établissement des évaluations de menace), force est aussi de constater qu'il semble que l'on ait comme un léger problème de coordination.

Ce qui permettrait, par exemple, d'enquêter sur l'origine des fuites sans pour autant étaler sur la place publique un conflit dont absolument personne n'a besoin. Et quand je pense que, lorsque j'évoquais un Conseil Fédéral de Sécurité travaillant en permanence, on me rétorquait que tout allait bien...

(1) Plusieurs rapports, dont nous avions fait état dans DSI tendent à accéditer la formation d'un certain nombre de combattants du Hamas aux tactiques de techno-guérillas du Hezbollah... en Iran.

mercredi 5 mars 2008

"COIN Break"

Vous vous sentez pris au piège, quelque part à Kandahar, tel le héros de Prison Break ("j'ai pas le temps") ? L'Army Magazine a sorti le Hooah guide du COIN (en anglais). Intéressant et ludique.

Le King's College blogue sec

Le King's College Department of War Studies représente un véritable exemple en matière d'études stratégiques à proprement parler (à savoir l'étude de l'art de la guerre) mais aussi de disciplines connexes comme l'histoire ou la sociologie militaire.

Très nombreux sont les sujets qui y sont abordés et votre serviteur doit avouer que, s'il n'avait pas été dans l'état normal d'un étudiant (soit fauché), il y aurait bien passé une année d'études avant de se lancer dans sa thèse.

Au surplus, le staff est constitué de quelques-uns des meilleurs experts militaires... et ils ont le clavier bien pendu. Pour les ouvrages et les articles, certes mais aussi... pour les blogs. Du coup, la faculté a monté le sien, Kings of war. C'est à lire ici.

Y'a sondage ! (2)

La question est déchirante. Cornélienne. Comme choisir entre les croquettes aux crevettes de chez Vincent et celles de la Taverne du passage.

Au cours des périgrinations de la rédaction - de salons en forums en passant par les unités - certains nous ont demandé un DSI plus grand, d'autres de garder le format, qu'ils jugeaient pratique.

Si les points de vue s'équilibrent, nous réfléchissons néanmoins aux futurs possibles de DSI, que vous êtes de plus en plus nombreux à lire. D'où le petit sondage à votre droite. Les conditions de prise de décision sont identiques à celles du DSI "normal" : 100 pages dos carré-collé.

Bon vote !

La réaction taïwanaise....

...Aux déclarations chinoises et au rapport du Pentagone ne s'est pas fait attendre. Le président Shen a en effet annoncé une hausse de son budget militaire, qui atteindra cette année 11,27 milliards de dollars (US). Ce qui représente 3% du PIB, contre 2,85% en 2007 et 2,6% en 2006.

DSI a consacré une série de 7 articles aux forces armées et à la politique de défense de Taïwan dans ses numéros de décembre 2007, janvier et février 2008.

Le budget militaire chinois (2)

Bernard Bridel, du 24 Heures (Lausanne) m'a posé hier quelques questions en rapport avec les annonces relatives au budget chinois de la défense. Les réponses sont en ligne ici.

mardi 4 mars 2008

Global power : la France dans le monde


Source : Mission militaire de l'Ambassade de France aux Etats-Unis

Chine : nouvelle augmentation du budget militaire

Plusieurs sources confirment que le budget de l'armée chinoise augmentera de 17,6% en 2008, comparativement à l'an passé. L'annonce avait été faite par le porte-parole du Parlement, qui se réunit à partir de demain à Pékin pendant deux semaines.

Le budget militaire chinois passerait ainsi à 58,8 milliards de dollars. Il convient cependant de noter qu'à l'instar du budget soviétique durant la guerre froide, le budget militaire réel de la Chine reste difficile à calculer. En l'occurrence, des dépenses de R&D et certaines dépenses de personnel ne seraient pas inclues dans ce budget, de sorte que la Rand l'estime plutôt dans une gamme allant de 70 à 80 milliards.

Selon la RAND Corp., le budget chinois est le second du monde.

L'US Navy lance des Tomahawk contre Saleh Ali Saleh

Un nombre inconnu de missiles Tomahawk ont été lancés hier par des bâtiments américains contre "des cibles d'Al Qaïda connues" se trouvant à proximité de la ville de Dobey, sur la frontière kényane. En l'occurrence, Saleh Ali Saleh Nabhan semble avoir été visé.

Il serait impliqué dans un attentat visant un hôtel de Mombasa en 2003 et dans le lancement d'un MANPAD contre un appareil civil israélien, la même année. L'année passée, la Navy avait effectué des tirs (au canon) contre des positions de l'Union des tribunaux islamiques.

DSI sur tous les fronts

La rédaction est en ébullition ! Bien sûr, nous poursuivons les éditions "classiques" du DSI et de Technologie & Armement. Rien de bien neuf. Mais cette année, nous avons décidé de gâter nos lecteurs.

Si une cinquantaine de médias seront présents sur Eurosatory 2008 (juin), deux sont considérés comme des partenaires médias privilégiés : Jane's mais aussi et pour la première fois... DSI. Ce sera l'occasion pour nous de présenter sur le salon un hors-série exclusif qui y sera distribué gratuitement. Dans le même temps, un autre hors-série sera disponible en kiosque/librairie et via notre site.

Comme les deux années précédentes, DSI sera également partenaire de la prochaine Université d'Eté de la défense (septembre). L'occasion pour nous de publier un nouveau hors-série.

Enfin, également partenaire d'Euronaval (octobre), DSI sera également présent sur place pour vous tenir au courant de l'actualité du salon, dans la mesure où nous y réaliserons les quotidiens ("dailies") distribués sur place.

Avec 55% de parts de marché en France et dans le monde francophone, DSI est le premier magazine mensuel de défense interarmées en langue française, le moins cher et, avec 100 pages, le plus complet. Avec 50 000 exemplaires produits mensuellement, son lectorat est estimé à 120 000 personnes.

Stay tuned !

lundi 3 mars 2008

Inde : hausse record du budget de la défense

L’Inde a dévoilé son nouveau budget militaire, montrant une augmentation de 10 %, soit l’accroissement le plus important depuis l’indépendance du pays. Concrètement, le budget indien passera ainsi de 24 à 26,4 milliards de dollars.

Cependant, plusieurs experts indiens indiquent aussi qu’avec une inflation de 5 % et une part du budget affectée au personnel de 40 %, l’augmentation sera, in fine, assez faible et ne devrait profiter qu’assez marginalement au financement de nouveaux programmes.

dimanche 2 mars 2008

Le N°2 des FARC éliminé

François Durant, qui connait bien le pays (je dois encore répondre à sa seconde question sur les concepts de l'armée), en fait une analyse très intéressante sur son blog. J'en profite pour le féliciter pour le dépassement du fatidique stade des 100 posts.

Petite précision

Je viens de refuser un commentaire. Je pense que ce doit être la première fois que cela m'arrive mais j'en profite pour faire une petite précision qui me semble saine.

Le commentaire traitait du 90 mm et l'intervenant ne semblait pas trop apprécier le véhicule ni le choix opéré par l'ancien ministre de la défense. Mais il le tutoyait, ce qui n'est guère poli - même si ledit ancien ministre n'a pas vraiment fait preuve d'un savoir vivre exemplaire à l'égard de son successeur.

Par ailleurs, l'orthographe était assez déplorable. D'accord, je ne suis pas le dernier à fauter en la matière et c'est admissible lorsque la personne ne s'exprime pas dans sa langue maternelle. Mais bon, il y a des limites ;o)

Ceci dit, j'en profite aussi pour faire un petit hommage à nos commentateurs : ils ont produit un bon paquet de commentaires absolument irréprochables !

samedi 1 mars 2008

KC-45 : Northrop Grumman/EADS décroche le gros lot


La décision est tombée hier, c'est l'offre commune à NG et à EADS (KC-30) qui l'a emporté sur celle de Boeing. Les 179 prochains ravitailleurs en vol de l'USAF seront donc européens... mais construits aux Etats-Unis, où l'on estime que 25 000 emplois vont dépendre de ce contrat.

On s'en doutera, la nouvelle tombe plutôt bien pour EADS qui réalise là une percée qui n'était pas a priori évidente. Et de facto, Boeing pourrait être tenté de remettre en question le choix de l'Air Force pour un appareil aux plus grandes capacités d'emport tant en cargo qu'en carburant (et qui présente également des performances plus importantes en termes de débit à la perche, augmentant l'Optempo) que le KC-767.

Surtout, la commande ne devrait en toute logique que représenter une première tranche, certaines estimations tablant sur un besoin total de 500 appareils. Et certains, y compris au sein de l'USAF, d'évoquer un "mix" avec le KC-767, options apparement discutée il y a quelques mois et qui pourrait refaire surface.
Reste que le KC-767 connaît aussi un certain nombre de problèmes. Japonais et Italiens n'ont guère apprécié les retards et problèmes techniques divers de l'appareil, suspectant Boeing de leur faire essuyer les plâtres technologiques... au plein bénéfice de l'USAF. Cependant, il faut également indiquer que le B-767 devrait logiquement être la plateforme multifonctions de l'USAF, comme l'avait été le B-707 (décliné en E-3, E-6, E-8, RC/WC/OC/NC/NKC/EC-135). Ce qui pose donc la question de la diversification du parc US.
Mais cette dernière ouvre aussi des possibilités phénoménales pour l'avionneur européen. Eprouvé, l'A-330 est apprécié des pilotes, facile à maintenir et... dispose d'un gros potentiel de croissance : la place en cabine, son volume utile ne manque pas. Et sa réserve de puissance est importante.

En attendant, ne boudons pas notre plaisir : le matériel européen est bon (l'USAF suit en cela le choix de la RAF, de la RAAF, des Emirats et de l'Arabie saoudite) et le succès au rendez-vous. Un contrat évalué à 30 milliards de dollars, ça ne tombe pas tous les jours...

vendredi 29 février 2008

"Think EU"...

"So I am here today in Paris to say that we agree with France – Europe needs, the United States needs, NATO needs, the democratic world needs – a stronger, more capable European defense capacity". C'est l'une des petites phrases prononcée par Victoria Nuland, ambassadrice des Etats-Unis à l'OTAN, le 22 février au Press Club de Paris. Quelques autres :

- "one of the most important things French leaders can do for global security is to strengthen and build the capacities of the EU" - non, ce n'est pas une blague, les Américains semblent sortir du paradigme Albright (pas de duplication, etc.) ;

- "our first stop is often at the European Union. Of course to the 27 member states but increasingly to the institution itself"

- "in Chad the EU is discovering that even to conduct a relatively modest peace support operation, you need desert capable helicopters, long range transport aircraft, you need sophisticated intelligence, surveillance and reconnaissance assets and modern interoperable communications equipment" ;

- "President Sarkozy is right – "NATO cannot be everywhere"" ;

- "we need a stronger EU" ;

- "Europe needs a place where it can act independently, and we need a Europe that is able and willing to do so in defense of our common interests and values" ;

- Cerise sur le gâteau qu'appréciera Londres, "But If Washington and Lafayette could join forces to drive off the red coats".

Un sous-entendu désagréable - ou est-ce moi qui ne suis pas très en forme ce vendredi - se dégage toutefois : faute d'avoir investi suffisament en leurs capacités au profit de l'OTAN, les Européens sont-ils renvoyés à leurs propres paturages, dans un remake du "grandissez d'abord, évitez de transformer les instances OTAN en zone de bataille politique et, ensuite, nous pourrons travailler" sous couvert d'une plus grande ouverture à l'institution européenne ?

jeudi 28 février 2008

FM 3-0 : précisions

Le général Caldwell a tenu une conférence le 26 février avec des bloggeurs américains, précisant quelque peu les contours donnés aux prochain manuel FM 3-0 (ancien FM 100.5). Military.com dresse une synthèse... très synthétique des chapitres :

-- Chapter 1 establishes the context of land operations in terms of a global environment of persistent conflict, the operational environment, and unified action. It discusses the Army's expeditionary and campaign capabilities while emphasizing that it is soldiers who accomplish missions.

-- Chapter 2 describes a spectrum of conflict extending from stable peace to general war. From that spectrum, it establishes five operational themes into which various joint operations fit. Borrowing heavily from emerging NATO doctrine, this chapter helps Army leaders to understand where diverse operations such as peacekeeping and counterinsurgency fit and shape supporting doctrine.

-- Chapter 3 is the most important chapter in the book; describing the Army's operational concept -- full spectrum operations. Full spectrum operations seize, retain, and exploit the initiative through combinations of four elements: offense, defense, and stability or civil support operations. Mission command is the preferred method of exercising battle command.

-- Chapter 4 addresses combat power, the means by which Army forces conduct full spectrum operations. It replaces the older battlefield operating systems ("BOS") and elements of combat power with six warfighting functions tied together by leadership and employing information. Combined arms and mutual support are the payoff.

-- Chapter 5 reviews the principles of command and control and how they affect the operations process -- plan, prepare, execute, and assess. The emphasis is on commanders and the central role that they have in battle command. Commanders understand, visualize, describe, direct, lead, and continually assess.

-- Chapter 6 discusses operational art, offering Army commanders a bridge between military theory and practice.

-- Chapter 7 is about information superiority, particularly information operations. Information operations divide into five Army information tasks, with particular emphasis on information engagement. -- Chapter 8 addresses the significance of strategic and operational reach to the force, articulating how the Army capitalizes on unique expeditionary and campaign qualities to promptly deploy forces into any operational environment worldwide, even the most austere regions.

NB : Stéphane Taillat m'indique que le document est paru sur le site de l'Army. Bon, ben maintenant je sais quoi lire ce soir ;o)

Re-NB : l'analyse de Stéphane me semble très pertinente, en particulier dans sa relation à une relecture moins biaisée, moins "utilitariste" et plus en profondeur, de Clausewitz. Elle montre aussi une convergence doctrinale de facto avec le FT-01 français (une version en langue anglaise est maintenant dispo). Plusieurs militaires français ont d'ailleurs conseillé les Américains - une excellente chose.

Reste, cependant, Stéphane le souligne mais j'insiste, la délicate question de la perénnité d'un éventuel changement organisationnel. Historiquement, depuis 1982, l'évolution du 100.5 a toujours tendu vers une plus grande prise en considération tant des OOTW que des LICs. Mais... l'application qui en était faite restait marquée par les biais "classiques" de l'organisation : focalisation excessive sur un combat placé au stade de référent identitaire ; pression au résultats quantifiables et, ultimement, tendance à la technologisation (à ne pas confondre avec la technicisation, moteur des Transformations/modernisations ;o)

En d'autres termes, reste à voir quel sera le destin "pratique" du document : Joe Cerami me disait ainsi que, depuis le Vietnam "l'armée n'a rien appris et n'a rien changé". Et, de fait, à relire quelques ouvrages sur le traitement de la COIN au Vietnam (dont la si particulière méthode d'alimentation de Nagl), si l'armée a, en réalité, appris sur le terrain, elle a ensuite effectivement oublié, revenant alors à ce qu'elle estimait être son core business. Rendez-vous après les retraits d'A-stan et du "sandbox" ?

Bon, allez, m'en retourne à mon petit dernier, moi. Bonne soirée tout le monde !

Sondage, les résultats finaux

A la question "Un DSI Hors série tous les deux mois : êtes-vous prêt à vous abonner ?" (n = 62); vous avez répondu 17 fois "oui", 7 fois "non" et 38 fois "je préfère l'acheter en kiosque".

Merci à toutes et tous pour votre participation !

mercredi 27 février 2008

Banzaï ! Le Type-10 a été présenté par le TRDI


Le TRDI japonais a présenté mi-février le prototype du nouveau char de combat qui va équiper les forces terrestres japonaises, le Type-10. Il remplacera les Type-74 et épaulera les 224 Type-90, le fameux "Leclerc asiatique", de 50 tonnes. Avec une masse de 40 tonnes, il est équipé d'un canon de 120 mm et de blindages céramiques. Devant entrer en service vers 2010-2011, il est question de le doter, à terme, d'un canon électromagnétique.
Selon plusieurs analystes, l'évolution de la position japonaise en matière d'exportation d'armements est appelée à changer dans les prochaines années, de sorte que le Type-10 est considéré comme l'un des "test" de cette nouvelle stratégie, en particulier face au nouveau K-2 coréen.
Les forces d'autodéfense japonaises entretiennent 900 chars de bataille.

mardi 26 février 2008

DSI n°35, mars 2008 - le sommaire



DSI n°35 - mars 2008 - le sommaire

Editorial
Nominations et agenda
Veilles contre-terroristes
Les contrats du mois


Veilles stratégiques :

Flash

Canada : Vers un achat de Puma ?

Etats-Unis : Gargantuesque défense ; DARPA : augmentation du budget ; Satellites : objectif Terre mais sans dégâts… ; Industries de défense : bons résultats ; La garde nationale aux abois ; USAF : back to the future ; US Navy : des SSGN à Guam ; US Navy : record pour un canon électromagnétique ; US Navy/US Army : un plan pour l’ACS ; US Army : vers des « guerres hybrides » ; US Army : le Raven, peu fiable ? ; US Air Force : les B-2 vont avoir une capacité MTK ; US Air Force : Robert Gates a des doutes sur le F-22.

Allemagne : K-130 : réception de la première corvette

Belgique : 90 mm : vers l’abandon ?

France : Une base dans les Émirats ; SITREP LIVRE BLANC : les premiers éléments ; Licorne : effectifs français allégés ; Petite cure de jouvence pour les C-130 ; Modernisation des Cougar notifiée ; Capacité de tir accrue pour les Mirage 2000D

Royaume-Uni : Des choix douloureux en perspective ; La RAF, deuxième opérateur du RC-135 ; Les chèvres peuvent respirer

Pays-Bas : Nouveaux bâtiments de guerre des mines

Russie : De grandes ambitions pour l’aviation stratégique

Suède : Le programme SEP est annulé

Afghanistan : Une force aérienne en plein essor ; un sommet de l’OTAN sous pression

Azerbaïdjan : Modernisation en vue pour la force aérienne

Chine : La force bleue

Émirats Arabes Unis : De nouveaux véhicules de combat ; Câbles sous-marins : des ruptures qui posent question

Inde : Des bâtons dans les roues pour la base d’Ayni ; De nouveaux Hawk ; Renforcement des capacités de guerre en montagne ; Vikramaditya : la saga continue

Israël : Le Jericho-3 en test ; livraison du premier Eitam ; La publication du rapport Winograd

Sri Lanka : Un nouveau radar pour contrer les Sea Tigers

Taiwan : Les Hsiung Feng 3 Opérationnels !

Australie : Création d’une « Unité des exportations de défense »

Afrique du Sud : Denel un peu moins sud-africain

Tchad : Une offensive mal planifiée

La chronique de Carl Von C. « Murphy était Européen »

Sur le vif

Les candidats aux primaires américaines et leurs programmes de défense
Par Tanguy Struye de Swielande, professeur à l’Ecole Royale Militaire (Bruxelles)

"Préserver la cohérence"
Entretien avec Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de Terre

Stratégie

La guerre, entre constance et transformations
Entretien avec Barthélémy Courmont, chercheur à l’IRIS

Quelles solutions pour l’Afghanistan ?
Entretien avec le Col. (Ret.) Christopher Langton, International Institute of Srategic Studies

La fragilité de la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité. Le ver était, et reste, dans le fruit
Par Samir Battiss, chercheur à la Chaire de recherche en politique étrangère et de défense canadienne à l’UQAM

Porte-avions et sous-marins : les nouveaux capital ships ?
Entretien avec Alexandre Sheldon Duplaix, chercheur au Service Historique de la Défense (section marine).

Carte : porte-avions, porte-aéronefs et amphibies à pont continus dans le monde

Nous serons de plus en plus conscients de l’élément marin
Entretien avec Michel Scialom, auteur de La France, nation maritime ?

Armées

Un sabre dans les airs. La Royal Saudi Air Force.
Par Joseph Henrotin et Philippe Langloit, chargés de recherche au CAPRI

La marine saoudienne face au défi de l’opérationnalité
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Tableau de bord : la marine saoudienne
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

L’Eurocorps, un bel outil… trop peu exploité
Par Véronique Sartini, journaliste

La vraie force aujourd’hui c’est la coalition permanente, le nombre de drapeaux
Entretien avec le général Pedro Pitarch, commandant de l’Eurocorps

Technologie & Armement

Frapper à la vitesse de l’éclair. Le Prompt Global Strike face aux réalités technologiques
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

L’USAF au cœur du Prompt Global Strike : les bombardiers stratégiques toujours d’actualité
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Prompt Global Strike, science fiction ou réalité à moyen terme ?
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

General Dynamics F-111 Aardvark/ Le Raven et le déficit en guerre électronique de l’Air Force

Destroyer Type 45, classe Daring/La défense antiaérienne britannique à la mer

APC/IFV Steyr Pandur II/ La recomposition du marché des 8x8

Critiques de lecture

Contre-insurrection. Théorie et pratique, de David Galula
La guerre moderne de Roger Trinquier
Penser l’Océan avec Midway de Guy Labouérie
Les Cahiers du RMES, Vol. 4, n° 2, hiver 2007-2008.
Blogs francophones de défense : une explosion bienvenue

Thèse : la table des matières

Et voilà, la thèse est rentrée dans le répertoire des thèses électroniques de l'ULB. Je n'ai pas désiré qu'elle soit intégralement accessible - en ligne ou sur place -, par contre, sa table des matières l'est. Elle peut être consultée ici.

Succès des essais du plus petit missile du monde

Le Naval Air Warfare Center de l’US Navy a testé son missile Spike dans des conditions similaires à celles d’un lancement depuis un UAV, détruisant une cible mobile (un véhicule).

Ne devant pas être confondu avec le missile antichar israélien homonyme, le Spike américain a une longueur de 63 cm pour une masse de 2,6 kg. Engin « tire et oublie » il dispose d’un guidage par imagerie électro-optique.

La Navy ambitionne d’en acquérir à un prix unitaire inférieur à 5 000 dollars – devenant de la sorte le missile guidé le moins cher du monde -, de façon à pouvoir équiper ses mini-UAV.

Non, la nature de la guerre n'a pas changé...

J'avais déjà eu sur ce blog l'occasion de répondre à Philippe Monfils sur l'utilité des chars d'un point de vue technique. La Libre Belgique m'a donné l'occasion de faire de même mais, cette fois, j'ai pris un angle d'attaque plus conceptuel dès lors que le sénateur abordait la question de la "nature des conflits". Le résultat est paru ce matin et est à lire ici.

lundi 25 février 2008

Le chiffre du jour...

Est "600 millions (USD)". C'est le coût "seaworthy" d'un LCS-1 (classe Freedom). Il comprend la construction du bâtiment et une partie de son électronique et certains matériels achetés par ailleurs par le gouvernement.

Il ne comprend pas la R&D ni les modules de missions, estimés à 100 millions/pièce.

Avouez tout de même que ça fait fort de café pour une frégate légère qui, sans ses modules, ne dispose d'aucune capacité de combat autre que l'autodéfense...

dimanche 24 février 2008

Caedes

Terme latin que l'on pourrait traduire en termes plus contemporains par "poursuite prélable à l'anéantissement de l'adversaire". En l'occurrence, le - très sympathique - adversaire du jour est mon prochain ouvrage, dont je peaufine actuellement la conclusion.

Dans quelques heures, il partira vers mon directeur de collection... et il entamera sa vie propre. Terminer un ouvrage, finalement, est assez comparable à un accouchement : on est content d'en arriver à la fin, on est heureux d'avoir vécu la gestation et on a toujours un peu peur de ce que le "minot" deviendra.

Débat terrorisme sur RTBF

Le Mise au point de ce dimanche était consacré au terrorisme en Belgique. Vieux débat certes mais assez intéressant : on y a plus parlé stratégie que d'autre chose, ce qui n'est pas pour me déplaire.

De même, il semblerait même que l'on commence à parler sereinement de résilience. Pas de citation de votre serviteur certes mais un certain nombre de références faisant surface ça et là. Bon, et bien, reste à voir si ces déclarations d'intention passeront à la case "proposition de loi"...

samedi 23 février 2008

Pensez hybride

Je ne parle pas de motorisation automobile. En fait, je viens de retomber sur l'excellentissime travail de Frank Hoffman, Conflict in the 21st Century: The Rise of Hybrid Wars, paru en décembre 07, qui a une influence certaine sur l'actuelle réflexion de l'USMC.

De quoi, sans doute, nous faire sortir des limites conceptuelles de la "guerre asymétrique" (cf. mon article dans les Cahiers du RMES) et de la dévalorisation des opérations COIN qu'elle porterait. De quoi, aussi, montrer la convergence des réflexions des deux côtés de l'Atlantique (Cf. les travaux de V. Desportes et du Col. Goya).

Une réponse à Philippe Monfils : non, le char n'est pas inutile

La dernière intervention du sénateur et ancien président de la commission de la défense, Philippe Monfils (1) sur ce qu’il considère comme l’inutilité des chars de bataille pose question à bien des égards. Tentons donc de déconstruire ses arguments et de les opposer à la complexité et à l’immense diversité des contributions issues de professionnels de la défense.

Le char est-il un has been de la défense ?

Le sénateur avance que le char n’a été utilisé qu’une fois par les Belges sur la toute la durée de leur carrière. Mais c’est oublier que le char est un élément de dissuasion tactique. Idéalement, il est là pour ne pas être utilisé et, de ce point de vue, si les Belges n’ont pas utilisés leurs Leopards au Kosovo, ils ont parfaitement rempli leur rôle, aussi paradoxal que cela puisse paraître. On arguera ensuite que les chars sont utilisés mais lorsque le politique décide de les employer : les Leopard 1 danois ont tiré contre des chars serbes en 95, en protection des forces des Nations Unies, qui n’ont ensuite plus été menacées dans le secteur où elles opéraient. Les Leclerc français sont considérés comme les pièces maîtresses de la sécurité de la FINUL II au Liban et, au Kosovo, ils ont souvent évité la dégénérescence de faces-à-faces entre Serbes du Kosovo et kosovars. Le char protège, par sa simple présence, troupes et populations civiles.

P. Monfils arguera également que les chars belges au Kosovo étaient statiques, afin de ne pas bouleverser les champs des agriculteurs locaux. Mais c’est oublier qu’en en cas de problème, les chars naturellement mobiles alors que, par ailleurs, lesdits champs seraient bien plus labourés par un véhicule 8x8 de 22 tonnes – simplement parce qu’ils exercent une pression au sol inférieure à un char de plus de 50 tonnes dont la masse est répartie sur la surface des chenilles. Aussi, s’il est vrai que le Sénateur a raison sur la question de la consommation des engins, que vaut-elle comparativement à la vie de nos soldats, alors que les menaces potentielles – même durant les opérations de maintien de la paix – sont de plus en plus perfectionnées et perceront des blindages que l’AIV ne pourra plus porter ? AIV qui, au demeurant et dans leur version de transport de troupes, ne pourront pas, face à l’évolution des menaces – la vieille lutte du glaive contre le bouclier – se surblinder. Aussi, lorsque Philippe Monfils indique que les conflits auraient changé de nature, il ne se trompe qu’à moitié.

Si, techniquement, la nature des conflits est invariable depuis Assurbanipal (il s’agit toujours d’imposer à son adversaire des vues qu’il combat), son caractère est effectivement changeant. Mais pas dans le bon sens. C’est ce que disent les meilleurs stratèges du monde, de Vincent Desportes à Rupert Smith en passant par Antulio Echevarria, Hervé Coutau-Bégarie ou encore Colin Gray. Tous – et de nombreux militaires belges que nous devrions apprendre à écouter – s’accordent à dire que nous allons connaître des conflits plus longs où les phases de stabilisation (auxquelles la Belgique entend participer) et de combat sont de plus en plus imbriquées. Nous allons aussi vers des conflits plus durs, comme le dit le chef d’état-major des armées françaises, où les adversaires – qu’ils soient ou non des Etats – disposeront de munitions perfectionnées ou à fort pouvoir antiblindés, que la Russie et la Chine n’hésitent en aucun cas à vendre.

Nous ferons aussi face à des techno-guérillas, comme au Liban, dans l’actuelle Somalie actuelle ou au Sri Lanka. Elles seront « non-linéaires ». C’est à dire qu’elles connaîtront des phases d’accalmies entrecoupées de brusques poussées de violence, y compris lors des missions de maintien et de rétablissement de la paix dont parle Philippe Monfils. Il ne sera alors pas question, alors, d’évacuer des Belges qui devront « faire le gros dos » et « tenir le choc ». Il s’ensuit que la protection des forces et, donc, le blindage et la faculté d’évolution des véhicules sur de longues périodes, sera déterminante. De ce point de vue, l’assertion selon laquelle « tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur des marchés d’occasion » est curieuse.

En effet, aucun char Leclerc français n’est mis en vente et que s’il est exact que les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont trop nombreux. Les Britanniques, quant à eux, modernisent leurs chars, de même que les Américains. Le Canada, le Portugal et l’Australie qui voulaient l’abandonner y sont revenus. En fait, le char prolifère partout dans le monde, y compris dans une Afrique où nous entendons pouvoir continuer à intervenir. Celui qui n’en dispose pas est condamné à se soumettre à la loi du plus fort, contre les principes des Nations unies. Plus largement, la Belgique est le seul pays au monde à vouloir se débarrasser de sa composante « char » alors que sa stratégie est pourtant ambitieuse.

Reste, aussi, la question du transport des chars, également abordée par le Sénateur dans son interview et sachant que notre armée ambitionne de pouvoir être projetée plus facilement. Mais, personne ne transporte les chars par les air. Même les Etats-Unis qui disposent de C-5 Galaxy aux capacités équivalentes aux Antonov dont parle le Sénateur, utilisent leurs navires. La solution est plus simple, plus rapide et moins coûteuse. On ajoutera qu’avec seulement 7 A400M commandés par la Belgique, le transport maritime s’imposera de toute façon.

Quelques considérations politiques

Alors que G. Verhofstadt vient de rencontrer le président français pour notamment s’entretenir de la défense européenne, il est bon de rappeler qu’avec 10 millions d’habitants, la Belgique fait moins pour sa défense que plusieurs Etats plus petits. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à parler de l’exercice de free-riding de Bruxelles, qui bénéficierait d’une sécurité payée par d’autres, France, Allemagne et Pays-Bas en tête. Or, les budgets sont à la baisse partout, ce qui signifie que l’on demandera plus à une Belgique dont les dernières statistiques de l’OTAN montrent qu’elle la dernière de ses membres en matière de part du budget affecté à l’équipement. Or, à plus de 3 millions d’euros pièce, un AIV doté d’un canon de 90 mm sera plus cher qu’un Leopard II d’occasion, quasiment neuf, acheté à nos voisins pour moins d’un million. Le poids politique de cette décision pour le moins économique serait important et la protection de nos soldats serait meilleure. Bien d’autres dossiers en souffrance à la défense pourraient être financés.

Pourquoi, dès lors, ne pas envisager cette option ? Dans le chef de l’ancien ministre de la défense comme du Sénateur, le véhicule à roue, c’était la modernité. A bien y regarder, ça l’a effectivement été. Mais c’était vers 1996, lorsque la vision américaine, promue par le général Shalikashvilli, envisageait des myriades de véhicules à roues (les « brigades Stryker »). Elles auraient été dotés d’un « blindage informationnel », en fait des réseaux de surveillance ultrasophistiqués. Mais cette vision a démontré son échec dans les phases de stabilisation d’un conflit irakien dont les tactiques sont celles des conflits futurs et d’opérations de maintien de la paix… de moins en moins pacifiques. A cet égard, la vision défendue par P. Monfils n’est sans doute pas celle de la guerre froide. Mais cette vision, imaginée à une époque où des technologies impayables pour la Belgique devaient « changer la nature de la guerre », est devenue totalement has been face aux réalités, au point que les Américains eux-mêmes en reviennent. Sommes-nous obligés de faire les mêmes erreurs ?

vendredi 22 février 2008

Le Dolgorukiy enfin à l'eau

Le Youri Dolgorukiy, tête de la nouvelle classe de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins russes a finalement été mis à l’eau le 13 février 2008. Au terme de son baptême en avril 2007, le bâtiment était resté en cale sèche.

90 mm : Ducarme contre-attaque

Vous aurez sans doute lu l'interview de P. Monfils, accordée en début de semaine à La Libre et vous aurez sans doute été, comme moi, assez sceptique sur la pertinence et la validité factuelle des arguments avancés. J'ai d'ailleurs préparé une "opinion" que j'enverrai pour proposition de publication au qutodien, tout à l'heure.

Denis Ducarme n'a cependant pas pris autant de temps que moi. Pour preuve, il a réagit hier soir sur son blog. Morceaux choisis : "Philippe Monfils indique que nos voisins ont mis « leurs chars en vente » et « favoriseraient l’usage de véhicule blindés sur roues ». Cette affirmation est évidemment fausse".

Et d'ajouter qu'"aucun char Leclerc français n’est mis en vente, si les Allemands et les Hollandais vendent une partie des leurs, c’est parce qu’ils sont surnuméraires face à leurs nouvelles structures (les Pays-Bas en gardent 84, les Allemands, plus de 1000). Les Britanniques modernisent leurs chars, les Américains aussi. Le Canada, le Portugal et l’Australie avaient envisagé d’abandonner les chars, ils y reviennent finalement (respectivement, des Léopards II et des M-1 américains).

Au final, "Personne en Europe – sauf la Belgique – n’envisage aujourd’hui d’abandonner sa composante « char » et la majeure partie des forces armées se réoriente vers les véhicules portés sur chenilles". A ma connaissance, plus précisément, personne au monde ne songe à se départir de l'instrument de dissuasion tactique - et donc de protection des forces - que constitue le char de bataille. Et si nous n'en sommes plus aux volumes de la guerre froide, la fonction assumée par le char a également mûté profondément, ce que démontrait brillament Marc Chassillan dans le n°7 de DSI, en septembre 2005.

On ne peut donc mieux dire. D'autant plus que la référence à la soit-disant évolution de la nature de la guerre par Philippe Monfils se traduirait par la nécessité de l'allègement des dispositifs de force. Ce qui, là aussi, a fait tiquer - comme toute personne ayant un peu lu sur le sujet ces dernières années - le vice-président de la commission de la défense : "En matière de nature d’évolution dans la nature des conflits à laquelle Philippe Monfils fait allusion, on doit citer Vincent Desportes du CDEF (Centre de Doctrine de l’emploi de la force) dont le dernier ouvrage « la guerre probable » fait autorité en matière de doctrine d’emploi de la force armée".

Dernier pied de nez du vice-président à l'ex-président : le programme du MR (dont ils sont tous les deux membres) demande l'achat de chars d'occasion. Décidément, oui, la sortie de P. Monfils laissera sceptique...

jeudi 21 février 2008

Un grand merci !

A toutes celles et ceux qui m'ont par ce blog, par mail ou par téléphone envoyé leurs félicitations et autres encouragements dans le cadre de la thèse. Pour les remercier, elles et eux comme les autres, la table des matières de ma thèse devrait bientôt être en ligne sur le site de l'ULB, je ne manquerai pas de mettre le lien (qui à dit "noooonn, pas ça !!" ?). En attendant, voilà toujours quelques photos des opérations !

Embouteillages dans la journée... et en orbite

La destruction réussie du satellite US a plus de 240 km a causé une légère surcharge de votre serviteur, ce qui sera à lire demain dans Le Temps (Suisse) à et à écouter aujourd'hui sur Medi-1. Entre-temps, je suis revenu avec BFM sur l'évolution du terrorisme au Maroc et en particulier sur les leçons que nous enseignaient dans un DSI le directeur du BKA allemand sur la conjonction d'intérêts entre des groupes terroristes et le grand banditisme.

Bref, moi qui pensais détailler quelque peu les "vertus", si l'on peut s'exprimer ainsi, du tir d'hier soir, me voilà contraint de compacter mon analyse. Soulignons juste que le choix du SM-3 est judicieux : il est bien plus fiable que les intercepteurs basés au sol en Californie et en Alaska (je renvoie au DSI de mai 2007 et à l'article de J.P. Baulon) et que ce choix est également politique à au moins 3 égards :

1) Il a certes une valeur sémiotique vers la Chine mais aussi vers la Russie (que peu de candidats aux présidentielles aiment), qui avait été la première à mettre en oeuvre un engin ASAT (un satellite kamikaze monté sur SS-9), tout en indiquant à Pékin que les Américains n'attendent pas, eux, que les conditions favorables à un tir soit réunies.

La manoeuvre est dissuadante mais elle vise aussi à imposer les Etats-Unis comme les vrais "pros" de l'ASAT : où il veulent (le SM-3, sur croiseur et destroyer, est mobile) et quand il le veulent (le SM-3 est opérationnel et 75 nouveaux exemplaires viennent juste d'être commandés pour plus d'un milliard de dollars). En somme, de quoi faire passer les Chinois pour des amateurs.

2) La manoeuvre de politique interne est brillante : au moment où le budget de l'exécutif a été déposé au Congrès, le tir balaie une bonne partie des critiques selon lesquels les ABM US sont coûteux et inefficaces. Or, le tir prouve qu'ils sont efficaces mais qu'en plus, ils ont une fonction ASAT utile pour des missions d'interdiction d'accès. Nous y ajouterons, sans doute, les ricanements - ici très accessoires - de la Navy à l'égard de l'Air Force.

3) Le tir à une valeur politique à l'égard des alliés à dexu égards. Premièrement, Washington pose que si "vous êtes menacés par un réservoir d'hydrazine ? Peu importe qu'il en tombe une dizaine par ans, nous vous protégeons". Deuxièmement, Washington attend desdits alliés qu'ils donnent un coup de main non seulement aux plans US en Europe mais aussi dans l'architecture ABM US : l'Australie et d'autres seraient ainsi approchés pour un achat de SM-3. Au-delà de la politique, il y a donc un peu de marketing - juste un peu - aussi.

Au final donc, pas de guerre des étoiles : on est très loin des lasers spatiaux - la performance technique est tout de même remarquable. Mais on est bien sur Terre, les pieds dans la politique. Laquelle, d'ailleurs, pourrait en profiter pour dépoussiérer quelque peu l'OST de 67, pour le coup. Histoire de priver définitivement Russes et Chinois d'une capacité ASAT qu'ils ne maîtrisent pas encore (ou plus) et de garder définitivement le leadership en ASAT... sur base d'un engin qui n'est pas conçu pour cela, n'est-ce pas ?

mercredi 20 février 2008

Interview : démentèlement d'un groupe terroriste au Maroc

Pour ceux qui captent RTL-TVI, la sympathique équipe emmenée par Nadia Bouria vient de m'interviewer sur le démentelement d'une cellule marocaine - apparement plus liée à l'islamisme "soft" qu'à Al Qaïda au Maghreb - qui a directement bénéficié du "casse du siècle", en 2001, sur l'aéroport de Luxembourg et où était mêlé le truand belge M. Habran. Comme quoi, Jacques Baud et sa vision de l'interpénétration du grand banditisme et du terrorisme trouvent un cas d'application tèrs concert et, pour une fois, public.

A voir ce soir au JT de 1900.

Y'a sondage !

Profitant d'une nouvelle fonctionalité offerte par Blogger, j'ai lancé un petit sondage, juste à la droite de votre écran. Et on ne triche pas, hein !

Back online

Et me voilà de retour après une matinée de cours donnés aux - très motivés et extrêmement sympathiques - stagiaires de 3ème cycle de l'ERM (l'équivalent du CID) sur "RMA et pensée stratégique". Dieu que trois heures de cours passent vite !

Je médite également une interview de Philippe Monfils, parue ce matin dans La Libre à propos de la nécesité des AIV et... de l'inutilité du char. L'élément de dissuasion est complètement ignoré, comme les débats stratégiques voire le simple bon sens. Si, effectivement, un char ne rentre pas dans un C-130, je serais surpris qu'un AIV/90 mm le fasse également, vu les difficultés qu'a un stryker avec une tourelle de faible profil de le faire.

Nos lecteurs seront par ailleurs surpris d'apprendre que "tous nos voisins ont mis leurs chars en vente sur le marché de l'occasion". L'ABC française va connaître un certain nombre d'infarctus et je ne parle pas du KRK allemand ou de BAE Systems, qui modernise les Challenger 2 britanniques...

Ca mérite bien évidemment une réponse mais je vais prendre mon temps pour l'écrire. Après tout, le DSI ne se fait pas tout seul !

mardi 19 février 2008

Suède : vers un adieu à la neutralité ?

Le ministre suédois de la défense a indiqué dans un quotidien que l'adhésion à l'OTAN était une évolution "naturelle" pour la Suède dans le long terme. Si elle participe déjà au PPP et à l'ISAF, elle pourrait également rejoindre la NRF.

Si cette évolution se confirme, le modèle de la neutralité à l'européenne pourrait être sérieusement ébranlé et il ne serait pas étonnant de voir des mouvements similaires se dessiner - toujours dans le long terme - en Autriche ou en Finlande.

Le fait est, également, que la Suède n'a plus les moyens de son autonomie en matière de défense. Le modèle défendait certes un non-alignement strict mais, également, la préservation d'une BITD suffisament puissante que pour alimenter de façon quasi-autarcique le pays. A une certaine époque, un programme nucléaire militaire avait même été lancé.

De ce point de vue, l'annonce du ministre Tolfgors intervient quelques jours après l'annulation du programme SEP. Un signe parmi d'autres que les Transformations imposent par leur densité un travail en commun ?

On the road again

Les dernières brumes de sommeil s'étant définitivement levées, je me suis donc réveillé docteur au terme d'une soutenance assez sympathique, avec pas mal de questions et de discussions vraiment intéressantes (le rôle des cultures bureaucratiques dans la technologisation, l'acculturation de la RMA au Japon, en Israël et en Chine ; l'évolution de la fonction protection, etc.) et... le meurtre patenté de deux caisses de champagne. A ma décharge, je n'ai pas tout bu ;o)

vendredi 15 février 2008

Slow down

D'ici 74 heures exactement, je serai sur le point de rentrer dans la salle où aura lieu ma soutenance. Voilà qui explique une petite baisse de régime de ce blog. Yoda s'empare à nouveau de moi et mon cerveau est repassé en mode "CHKDSK". Amusant, cette sensation d'impatience, de léger trac (et oui !) et de décontraction...

jeudi 14 février 2008

90 mm : les prix

La dernière séance de la Commission de la défense nationale belge, qui s'est déroulée hier, a permis d'en savoir un peu plus sur les contrats portant sur les AIV et les canons de 90mm.

Selon, le ministre, la première tranche de 132 véhicules a ainsi coûté 404,4 millions d'euros (hors tourelles). Les deux tranches conditionnelles sont d'un montant de 226 et 70 millions d'euros. En cas d'annulation des tranches conditionnelles, il en coûterait 40 millions à la Belgique. Au final, les 242 véhicules reviendraient donc à 700 millions d'euros (l'hypothèse haute évoquée précédement).

Le ministre a également indiqué que "De prijs van de configuratie AIV DF90, met 90mm kanon, bedraagt 69,9 miljoen euro. Donc, le prix de la configuration AIV DF 90 s'élève à 69,9 millions d'euros". Ce qui laisse pendantes plusieurs hypothèses :

- sachant qu'un AIV coûte 2,93 millions/pièce (soit 400,4/132) et que 18 sont commandés, le reliquat serait d'environ 1 million pour chaque tourelle ;
- il peut tout aussi bien s'agir du prix de 40 tourelles (qui reviendraient alors à 1,745 millions/pièce).

En tout état de cause, le prix d'une tourelle serait égal ou supérieur à un Léopard 2. Ce que semblent avoir compris, à la lecture du compte-rendu, la plupart des parlementaires présents. Les échanges ont été houleux, l'ancien ministre de la défense s'en prenant à Denis Ducarme (en le traitant de "représentant de commerce" (parce qu'il a cité le Leopard...) qui en appelle à mon audition en commission ainsi qu'à celle de Marc Pirlot, professeur de balistique à l'Ecole Royale Militaire. Réponse d'A. Flahaut : "S'agissant des experts cités par M. Ducarme, il faudrait sans doute en ajouter d'autres, qui diront exactement le contraire". Vraiment sûr ?

mercredi 13 février 2008

Les 90 mm au programme de la Commission "Achats militaires"

Le système législatif belge est ainsi fait que la Chambre dispose à la fois d'une commission de la défense nationale et d'une commission "achats militaires" dont les discussions se déroulent à huis clot.

Or, cette dernière semble bel et bien avoir été convoquée à l'initiative de l'un de ses membres, afin qu'elle se réunisse le 20 février, pour une réunion portant... sur les canons de 90 mm.

Si l'on ne sait pas encore ce qu'il s'y dira, les premiers échos des travaux de la task-force mise en place par Pieter De Crem sur le dossier pourraient y être entendu. Contrairement à ce qu'affirmait Le Soir, le ministre n'est pas revenu sur sa décision d'annuler la commande des tourelles LCTS-90 et une partie des Piranha IIIC : il avait juste indiqué que ce type de décision devait se prendre en Conseil des ministres.

Et, de fait, les travaux de la task force se poursuivent, visant à examiner les conditions d'une annulation d'une série de contrats. De facto, lorsque l'on considère les prix du marché d'occasion pour une série d'engins plus adaptés aux besoins des armées européennes dans les 20 à 30 ans (voir nos précédents posts), l'ont se dit - en ces temps de rigueur budgétaire - qu'il est relativement facile d'économiser beaucoup d'argent.

Reste, cependant, à examiner dans quelle mesure la Commission va effectivement travailler en ce sens. L'élément politique joue ici à plein. Or, son président et 3 membres (sur un total de 14) sont membres du CD&V, le même parti que le ministre de la Défense. Deux sont MR (dont le programme mentionnait la possible acquisition de Leopard II d'occasion) dont un provient de la région de Liège (où est sise CMI, qui fabrique les tourelles et procède à l'intégration sur Piranha IIIC). Deux sont PS (dont un liégeois). Le seul représentant CDH est brabaçon et, donc, a priori peu concerné par la problématique.

Dans le même temps, reste à examiner quelle sera la position des partis - au rôle particulièrement important en Belgique. Si le PS soutient le 90 mm et son couplage à l'AIV comme les éléments liégeois du MR (en dépit pourtant du programme "défense" du parti), il n'est pas impossible que sa position évolue... sous la pression conjuguée de la nécessité de maintenir la cohésion gouvernementale (par rapport à laquelle le PS est moins sensible) mais aussi d'un changement de position sur le fond.

En tout état de cause, nous ne manquerons pas de vous tenir informé.

Des Rafale pour le Brésil ? (2)

Nous avions déjà évoqué ici, le 8 novembre 2007, la possibilité d'une vente française de Rafale au Brésil. Nous terminions alors la note en indiquant que les Brésiliens estimaient que des transferts technologies seraient indispensables.

Il s'avère aujourd'hui que la France a franchi un pas symbolique important, lorsque N. Sarkozy, en visite en Guyane, a déclaré "J'ai dit au président brésilien que sur la question des sous-marins nous étions prêts à ce qu'un des sous-marins Scorpène soit fabriqué au Brésil, que sur la question des avions de combat comme des hélicoptères nous étions prêts à organiser les transferts de technologie pour que des hélicoptères et des avions de combat - je pense notamment au Rafale - soient fabriqués au Brésil".

Dassault Aviation s'est refusé à tout commentaire mais a souligné toutefois qu'il avait toujours eu "une tradition de grande coopération avec le Brésil et qu'(il) était disposé à étudier les souhaits de son client". La porte est donc ouverte. Un premier effet de l'effort français de restructuration des exportations d'armement qu'examine Véronique Sartini dans le dernier numéro de Technologie & Armement ?

DSI avait été le premier magazine français à faire état de la possibilité de cette vente.

La phrase du jour

"Vous n'avez pas besoin d'aimer le monde qui vient... Il vient."

Chateaubriand, en tête d'introduction du dernier ouvrage de l'amiral Labouérie

Un petit coup d'ailes...

... et me voilà de retour en France pour le bouclage du DSI de mars avant de rentrer à Bruxelles samedi, histoire d'aborder la dernière ligne droite avant la défense de thèse de lundi.

A ce propos, si des lecteurs de ce blog envisagent de faire un tour à l'ULB ce lundi, qu'ils n'oublient pas de me laisser un petit mot, histoire de correctement calibrer la logistique du traditionnel "pot" post-défense. Si les armées marchent sur leurs estomacs, les doctorants aussi.

Stay tunned !

lundi 11 février 2008

Nos amis les véhicules d'appui : précision


En regard du dossier des AIV/90 mm, plusieurs lecteurs m'avaient demandé quel était le prix d'un chasseur de char Centauro (8x8 + 105mm ; en photo). Il se trouve que l'Espagne vient d'en commander 8 exemplaires, de même que la modernisation de 21 autres de ses véhicules pour 23,2 millions d'euros.

Toujours dans la même série, cette fois sur le plan "modernisation", l'US Army va convertir 20 M-1A1 en M-1A2 SEP V2 pour 39 millions de dollars. 435 A1 devraient subir ce "reset".

Afghanistan : nouveaux déploiements français ?

J'ai été interviewé tout à l'heure par Yves Izard de France-Info, sur la question des options françaises en Afghanistan et sur les pressions américaines en matière de burden- et de risk-sharing. Pas mal de choses étaient à dire et vu leur densité, je me demande comment ils vont goupiller cela au montage ;o)

vendredi 8 février 2008

Budget "maousse" pour les Etats-Unis

La présidence américaine a déposé au Congrès son projet de budget de la défense pour 2009, représentant 515,4 milliards de dollars, soit 35,9 de plus qu’en 2008.

L’Army recevrait au total 140,7 milliards de dollars (+ 11,8 milliards) dont 24,6 serait réservé aux acquisitions et devrait terminer l’année 2009 avec 532 400 personnels dans ses rangs et compterait alors 42 brigades contre 40 actuellement.

L’US Air Force recevrait 143,8 milliards, soit 9 de plus que durant 2008. Les nouvelles acquisitions représentent, dans ce cadre, 41 milliards. Au final, 316 600 personnes relèveront de l’USAF fin 2008.

L’US Navy et les Marines recevraient quant à eux 149,2 milliards. Cinq mille Marines devraient rejoindre les rangs du Corps, le portant ses effectifs à 194 000 (soit une augmentation de 5 000 et en ayant une cible de 202 000 en 2011). Les effectifs de la marine seront quant à eux de 325 300.

Et un commentateur américain de s'inquiéter de la décrue capacitaire que n'enraye pas kles hausses répétées du budget : "Today, we have the smallest defense inventory since 1946. For example, with a spending level considerably higher than in 1985 when the Cold War raged and after Ronald Reagan increased the Defense Department's budget, we have now 10 active Army divisions, not the 17 we had in 1985; less than 300 naval combatants - compared to 542 in 1985, and we have just over 12 active Air Force tactical air wings, not 25".

Aïe, caliente ! (2)

Le "ping-pong" avec Françoit Durant sur la communication des forces colombiennes est effictivement lancé. Il a posté une fort intéressante réponse à mon post d'avant-hier sur le sujet.

DSI Worldwide Inc.

Assez peu de revues de défense sont diffusées à l'international dans les kiosques, librairies et autres marchands de journaux. En fait, pratiquement aucune sauf, si je ne m'abuse, Military Technology et... DSI comme d'ailleurs Technologie & Armement.

Bien entendu, comme les autres revues, DSI est disponible sur abonnement et via notre boutique en ligne. Mais, en plus, nous sommes aussi disponibles dans les kiosques d'une trentaine de pays, essentiellement francophones. Auquel il faudra en rajouter trois : le Luxembourg, le Liban et les Etats-Unis.

Bon, alors... Qui fait mieux ?

jeudi 7 février 2008

Alors, l'Afghanistan... voyons...

Juste un petit mail pour avertir ceux d'entre-vous qui capteraient Al Jazeera que je serai invité sur leur plateau ce soir au journal de 21.00 (heure de Paris). Ce sera l'occasion d'exercer mon anglais !

Le blog de Stéphane Taillat

A la suite d'un commentaire posté dans le sujet précédent, je remarque que Stéphane Taillat a monté un blog ma foi fort intéressant - En vérité. Pas mal de réflexions et une série d'information sur l'évolution du COIN en Irak (et plus généralement), thématique qui est l'objet de sa thèse en histoire militaire et études de défense.

mercredi 6 février 2008

Aïe, caliente ! - Sur l'action intégrale colombienne et la communication

François Durant de Réflexion stratégique nous est revenu de Colombie (et reprend par ailleurs ses posts) et m’ envoyait récemment un mail accompagné de deux questions, suite à l'interview de l'amiral Marin, chef de l'action intégrale conjointe du commandement général des forces armées colombiennes, publiée dans le N° 33 de DSI.

Avec son accord, je me permet donc d’y répondre en ligne ; nous entamons ainsi un cycle de « ping-pong » en ligne. Pour ce soir, je me limiterai à la première question.

La culture du secret semble être particulièrement forte au sein des Forces Armées régulières colombiennes, c'est du moins mon sentiment. Le partagez vous et cette communication parcimonieuse ne vous semble-t-elle pas préjudiciable à l'obtention du but final recherché ?

Je précise d’emblée que si j’ai lu assez bien sur la situation colombienne, je n’en suis pas un fin connaisseur. Mais, effectivement, les Colombiens communiquent peu. Lorsque j’avais interviewé l’amiral Marin sur les dommages collatéraux, il cherchait à éviter la question, manoeuvrant sur la question des dégâts aux infrastructures. C’est évidemment de bonne guerre.

Au-delà, la culture COIN « traditionnelle » (je m'en expliquerai lors de la réponse à la seconde question) incite à peu communiquer autrement que via des procédés PSYOPS « classiques », au service direct de la contre-insurrection. Sans doute l’impératif de sûreté est-il pris trop au pied de la lettre.

En cela, l’embryon de communication colombienne soutient l’EFR. Dans le même temps, l’environnement de la communication me semble aussi important que sa nature et son caractère. A cet égard, le fait que le gouvernement Uribe soit si pas autoritaire, à tout le moins « fort », me semble aussi avoir un impact.

Je l’ai vu en suivant les débats sur la résilience : un haut niveau de communication implique souvent des débats au sein de la société civile qui, pour adhérer à l’action d’un gouvernement, doit aussi le remettre en question.

De ce point de vue, je ne suis pas tout à fait d’accord avec Michel Yakovleff, lorsqu’il indique que « moins une société est informée, plus elle est résistante » dans son excellent traité. Sur le fond, il a raison pour ce qui concerne les Etats ayant des régimes politiques autoritaires (là où, effectivement, nous avons plus de chance de nous trouver).

Mais dans des régimes démocratiques, l’information joue justement un rôle crucial, parce que si vous ne la donnez pas, la société civile et des journalistes pas toujours bien informés se chargeront de la donner et/ou de la créer dans un sens pas nécessairement congruent à l’EFR.

Une démocratie ne peut pas empêcher les gens de parler – alors que c’est un des traits des régimes autoritaires Or, Uribe est à la charnière des deux.. Sa communication pourrait donc devenir un marqueur de ses progrès démocratiques.

Dans le même temps, il pourrait instrumentaliser plus qu’il ne le fait l’enlèvement d’I. Betancourt ou de députés. Ce levier de guerre idéologique face à une guérilla où l’idéologie est théoriquement motrice est a priori excellent – y compris d’ailleurs dans la lutte contre les milices d’extrême droite. Reste à savoir pourquoi il n’est pas utilisé…

Suède : bye-bye SEP

Le programme SEP de véhicules polyvalents chenillés et à roues a été annulé par la Suède. N'ayant pu trouver de partenaire sur le marché et alors que le budget de la défense suédois a été revu à la baisse, les responsables ont préféré lancer un processus de révision de leur cahier des charges.

Des kits Enhanced Paveway pour les 2000D

La DGA a notifié fin janvier 2008 aux sociétés cotraitantes Raytheon Systems France, Rafaut et Alkan un marché de modification de 200 kits de guidage Paveway II, afin d’y ajouter une capacité de guidage GPS. Le marché se monte à 23 M€ TTC.

Les premiers kits seront livrés à l’armée de l’air en 2010 et l’ensemble de l’opération doit s’achever en 2015. Les Enhanced Paveway II vont équiper les bombes Mk82 emportées sur Mirage 2000D et confèreront à l’avion une capacité de tir de précision tout temps. Pour utiliser cette nouvelle capacité, les Mirage 2000D devront également être modifiés (calculateurs dédiés, boîtiers de commandes, câblages).

Le bilan 2007 du RMES

C'était une tradition un peu perdue de vue sous le travail mais nous disposons à présent du bilan annuel du Réseau Multidisciplinaire d'Etudes Stratégiques :

Au cours de l'année 2007, ses membres ont écrit :

- 2 ouvrages ;
- 4 monographies (dont 2 Notes du RMES, un nouveau concept) ;
- 143 articles se répartissant en 23 articles de référence ou chapitres d’ouvrages, 103 articles parus dans des magazines spécialisés, 17 opinions parues dans la presse quotidienne.

Ils ont en outre participé en tant qu’orateurs à 34 conférences/colloques/tables rondes et ont donné 104 interviews aux médias.

Le RMES a en outre accueilli Galia Glume (UCL) et Delphine Resteigne (ERM).

mardi 5 février 2008

La citation du jour

"Le premier, le plus important, le plus décisif acte de jugement d’un homme d’Etat ou d’un commandant en chef est l’appréciation du genre de guerre qu’il entreprend, afin de ne pas la prendre pour ce qu’elle n’est pas et de ne pas vouloir en faire ce que la nature des circonstances lui interdit d’être".

Carl von Clausewitz

lundi 4 février 2008

Il y a des mails que l'on reçoit...

...Et qui font du bien :o)


Département de sciences politiques

Monsieur Joseph HENROTIN, licencié en Sciences Politiques – orientation relations internationales et porteur d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Sciences politiques de l’Université Libre de Bruxelles, défendra publiquement une thèse de doctorat en Sciences Politiques et Sociales intitulée :

«Hypertrophie de la stratégie des moyens et Révolution dans les Affaires Militaires.
La technologisation, dérive de l’innovation dans le discours politico-stratégique américain ?»

Le LUNDI 18 FEVRIER 2008 à 18 heures

Auditoire H1.309
rez-de-chaussée du bâtiment H
2 avenue Paul Héger
1050 Bruxelles

Nouveau crash de F-15

C'est le 5ème crash de F-15 depuis mai, et en dépis d'inspections rigoureuses qui avaient démontré les faiblesses structurelles d'un longeron crucial pour la sécurité des avions. L'Air Force elle-même admet que le problème a été détecté sur 161 appareils dont le destin est encore inconnu.

Le pilote du F-15D (il n'avait apparement pas de passager) s'est éjecté et a été récupéré.

Des RC-135 britanniques

Faisant face à des problèmes chroniques de financement de ses appareils ELINT/SIGINT Nimrod R1, la Royal Air Force a obtenu de sa consoeur américaine la location de deux RC-135 Rivet Joint sur lequel, pour l’occasion, vont être apposées les cocardes britanniques.

Les équipages de ces appareils ne seront toutefois pas totalement britanniques. Les 3 R1 subissent les mêmes problèmes que le MR2 qui s’était écrasé en Afghanistan (la température en cabine montant, par exemple, à plus de 50°C).

Reste que la solution de la mutualisation est considérée comme la plus rentable, le remplacement des appareils – qui devaient rester en service jusque 2025 – étant estimé à 600 millions de livre. Les R1 ont une dotation de 24 spécialistes et doivent utiliser un système ELINT/SIGINT Helix dont les caractéristiques sont confidentielles mais qui est considéré par la RAF comme plus avancé que les systèmes installés sur le RC-135.

Les R1 devaient par exemple disposer d’une capacité de brouillage radar que n’ont pas les RC-135.

T&A n°10 - le sommaire


Technologie & Armement n°10 - février/mars 2008
En kiosque dès le 8 février
Editorial
News
Points de vue
Vente d'armes françaises : les chiffres 2006
Politique d'exportation d'armes françaises : les outils
La NRF, facteur de dynamisation de l’interopérabilité
L’espace, un élément essentiel au développement de l’humanité
Air
Le MV-22 est déployé en Irak
Enjeux pour la recherche de la défense antimissile balistique de territoire
L’industrie de l’aéronautique en Chine : historique et perspectives
La famille des F-15 d’attaque a encore de beaux jours devant elle
États-Unis : une nouvelle UAS Roadmap
Terre
Quand le Javelot terrassa le Dragon !
Guibert 2007 à la loupe
Les « nouveaux » APC australiens : back to the future
Mer
Le Cambodge attend impatiemment de posséder une marine crédible
L’Atago, nouveau croiseur japonais
Amur 950 : une nouvelle menace sous la mer
Sjöormen, Gotland, Challenger, Collins et A26. Les sous-marins suédois

samedi 2 février 2008

Livre Blanc : quelques mesures

Le Figaro Magazine a révélé hier un certain nombre d'éléments issus du rapport d'étape transmis par la Commission du Livre Blanc sur la Défense. Outre la création d'un Conseil de défense et de sécurité nationale et l'ajout aux quatre grandes fonctions stratégiques d'une cinquième, de la « connaissance et de l'anticipation, incluant le renseignement », d'autres éléments ont été publiés.

Le contexte

"La population française et le territoire national comme européen nous paraissent plus vulnérables et davantage exposés à des menaces directes", et la France est "au premier rang des pays ciblés » par le terrorisme et est exposée à des « risques balistiques plus élevés".

Le rapport (intérimaire et devant donc être rediscuté) voit l'apparition d'un concept que les lecteurs de ce blog connaissent bien : la résilience. La Commission cherche ainsi une "capacité de résilience de la société, des pouvoirs publics et des grands acteurs de la vie économique et sociale". Selon Le Figaro, "il faut préparer la France, mal armée tant structurellement que psychologiquement, à supporter les effets de la "concrétisation d'un risque majeur (terrorisme, attaque informatique de réseaux critiques, menace balistique, crise sanitaire ou environnementale majeure"".

L'environnement

Quelle prochaines guerres ? "le risque de déclenchement d'un conflit majeur ne peut être écarté" dans les 15 ans, en particulier "dans l'arc de crise islamique, allant du Maroc au Pakistan". Par ailleurs, le "basculement du centre de gravité stratégique de la planète vers l'Asie" est acté.

La Commission est "frappée par les difficultés croissantes et le surinvestissement des soldats pour faire fonctionner des matériels de plus en plus souvent trop anciens ou inadaptés" alors que "l'arrivée des nouveaux équipements est lente". Ces problèmes seraient "hautement critiques en cas de guerre".

Financièrement, les options étudiées sont tristounettes : "Maintien en valeur du budget 2008 puis évolution en euros constants ; reconduction du budget 2008 en volume ; hausse de 0,8 % par an en volume". Ce qui signifie pour LeFigaro, "une baisse de la part du PIB accordée à la défense". Le ministère souhaiterait aussi lancer "l'étude d'un scénario augmentant son budget de 1,85 % du PIB en 2008 à 2 %, soit une hausse de 2,7 milliards".

Au final donc, la Commission planche sur base d'éléments réalistes mais aussi assez pessimistes. Certaines options discutés sont assez innovantes... Mais reste à voir celles qui seront effectivement reprises. Entre le choix des modèles d'armées, celui d'une éventuelle correction de la doctrine nucléaire, le renforcement de la coordination civilo-militaire sur le territoire ou, plus prosaïquement, les budgets, nombreux seront les choix difficiles et... lourds de sens.

Le reste est à lire ici.

vendredi 1 février 2008

Des Leopard 2A6 pour le Portugal

Le contrat entre le Portugal et les Pays-Bas a officiellement été signé, portant sur la livraison de 37 Leopard 2A6, un véhicule d'entraînement, des pièces détachées, la formation des équipages et des munitions. Les premiers chars arriveront auu Portugal début septembre de cette année.

Si le montant du contrat n'a pas été dévoilé, certains chiffres de contrats de ce type récemment effectués laissent songeur - je pense en particulier au cas belge des AIV+90 mm (à minimum 2,89 millions/pièce, plrix de la tourelle non inclus). Ainsi :

- La Finlande a acheté 100 Leopard 2 pour 100 millions d'Euros en 2002 ;
- L’Espagne a acheté 108 chars Leopard 2A4 pour 16 millions d’euros (148 500 Eur/pièce).
- Le Chili a acheté 140 Leopard 2 pour 125 millions de dollars (893 000 dollars/pièce).
- La Grèce a acheté en 2005 180 Leopard 1 (105 mm) et 150 Leopard 2 (120 mm) pour 270 millions d’Euros (818 000 Eur/pièce).

Aussi, même à un million pièce – un prix surévalué par rapport au marché – 40 Leopard d’occasion représenteraient 40 millions d’Euros. Comparativement, 40 AIV+90 mm représenteraient, suivant les estimations de 155,6 à 195,6 millions d’Euros.

Dont gain pour la défense belge : de 115 à 155 millions d'euros. Bon, vous me disiez donc qu'il fallait aussi faire renaître l'artillerie ? Alors...

La Navy réussit le test de son EMRG


Testant son prototype de canon électromagnétique (EMRG - Electro-Magnetic Rail Gun), la marine US a battu un record en lançant un projectile de 3,5 kg à une vitesse de Mach 7. Ayant nécessité une puissance de 40 Mégajoules, le tir ouvre la voie à des applications opérationnelles selon la Navy.
Ultimement, elle espère pouvoir lancer des charges cinétiques (jouant uniquement sur la force d’impact du projectile) à 200 nautiques (contre 13 pour les actuels canons de 127 mm) en moins de 6 minutes avec une précision terminale de 5 m.
Reste la traditionnelle question : sur quoi tirer et dans quel ordre...

jeudi 31 janvier 2008

DSI n°34 : le sommaire


DSI n°34, février 2008

Editorial
Nominations/agenda
Les contrats du mois
Veille contre-terroriste
Veille stratégique

Flash : JAS-39 hongrois, exportations israéliennes, FOC du F-22, KC-45, production du P-8, Cosmos 2434, première découpe de tôle pour le Suffren, SMArt-155 britanniques, Su-30MKA

International : la course aux cyber-armes

La phrase du mois

Etats-Unis : La valse des MRAPs, Parution d’une nouvelle UAS Roadmap, roll-out du F-35B, après la DARPA, l’IARPA, increvable KC-135, l’ATL avance, de l’importance des drones, Northrop veut un bombardier-laser capable d’infiltrer des SF, quelle structure de force pour l’US Navy ?, le M-4 s’enraye. Oui, mais non !, la sociologie est un sport de combat, les C-17 passent au vert, coup dur pour les F-15, 232 millions de dollars pour le XM-1111,

Europe : EADS étudie un nouvel UAV…, …et ressuscite le Barracuda, premiers contrats pour l’AED, précisions sur les retards

Espagne : les premiers COMFUT débarquent

France : le point sur le Livre blanc

Grèce : le BMP-3 l’emporte

République tchèque : annulation des Pandur II

Russie : le mystère du B-90 Sarov, full-speed pour le Fullback

Suède : un missile hypersonique en essais

Afghanistan : la nouvelle arme sera… canadienne

Chine : exercice conjoint avec l’Inde, lorsque l’on n’a pas de pétrole…, Qian Xuesen et le programme spatial chinois, le DF-25, légère augmentation du nombre de patrouilles sous-marines, le missile surface-air HQ-12 opérationnel ?

Corée du Nord : augmentation des capacités de cyber-guerre

Corée du Sud : livraison du Son Won Il

Inde : une défense antimissiles pour 2010, l’Agni-IV en développement, renforcement de la coopération avec Israël

Israël : des C-RAM contre les roquettes, les raisons de l’empressement à acheter le F-35

Iran : cache-cache entre les Gardiens de la révolution et l’US Navy

Japon : lancement du premier sous-marin AIP, pas de nouveau chasseur avant 2015, premier tir de SM-3

Pakistan : après Bhutto, le chaos

Australie : la marine en mauvaise posture, développements sous-marins ?

Le ton monte entre le Tchad et le Soudan

La chronique de Carl von C. : Scoop toujours !

Sécurité

France, PESD et sondages d’opinion
Par André Dumoulin, attaché au département de sociologique de l’Ecole Royal Militaire (Bruxelles)

Stratégie

David Petraeus et la campagne de 2007 en Irak : la contre-insurrection victorieuse?
Par Stéphane Taillat, doctorant en histoire militaire et études de défense

Penser la guerre à l’heure du déclin de l’hyper-puissance. Réflexions sur le livre du général Desportes
Par Jacques Sapir, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)

Midway, 4 juin 1942. Aux sources de la défaite japonaise
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Pourquoi Midway en 2008 ?
Entretien avec le contre-amiral (2S) Guy Labouérie, ancien commandant de l’école supérieure de guerre navale, auteur de Penser l’Océan avec Midway.

Armées

Les ailes du dragon. La Republic Of China Air Force face à la Chine
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Quels futurs stratégiques pour Taiwan ?
Entretien avec Jean-Vincent Brisset, Directeur de recherche à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS)

Tableau de bord : la ROCAF
Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

Unités

NRF. La Marine nationale est d’alerte
Par Véronique Sartini, journaliste

La probabilité est aujourd’hui forte pour que, s’il se passe quelque chose, on y aille
Entretien avec le contre-amiral Alain Hinden, commandant de la Force aéromaritime de réaction rapide (COMFRMARFOR)

Technologie

Contre-insurrection aérienne : vers un tournant ?
Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

Quel type d’avion pour la lutte anti-guérilla ?
Par Jean-Louis Promé, journaliste spécialiste des questions de défense

Les Britanniques et l’Air control
Par Stéphane Ferrard, journaliste spécialiste des questions de défense

Fiches techniques

Boeing/MDD F-15C Eagle/Le F-15 dans l’historiographie de la supériorité aérienne

Char de combat FV 4034 Challenger 2/Une tradition en voie de disparition

Sous-marin Type 039, 039G et 039G1, classe Song/Quel avenir pour la sous-marinade conventionnelle chinoise ?

Critiques de lecture

La guerre au XXIè siècle. Un nouveau siècle de feu et de sang, de Colin S. Gray
Histoire secrète du Mossad de 1951 à nos jours, de Gordon Thomas
Liberté, égalité, sécurité, de Nicolas Arpagian (Dir.)
The Interagency and Counterinsurgency Warfare: Aligning and Integrating Military and Civilian Roles in Stability, Transition and Reconstruction Operations, de Jay W. Boggs et Joseph R. Cerami
Vaincre une guérilla ? Le cas français en Algérie de la DREX du CDEF

mercredi 30 janvier 2008

Blogosphère stratégique : un de plus !

Juste un petit mot pour vous signaler qu'un jeune auteur, actuellement en master en études de sécurité à Washington, Thomas Renard, vient de lancer son blog, "Le front asymétrique". Au menu, synthèse de documents US et analyses. Bon, comme d'habitude, je ne suis pas d'accord sur tout. Mais ceux qui me connaissent savent que c'est bon signe ;o)

Le déclin de l'Air Force ?

Certains commentateurs américains avaient posé, il y a quelques temps, une question qui fâche : faut-il dissoudre l'Air Force ? Impertinente, la question s'appuyait sur une faramineuse augmentation des coûts pour des capacités se réduisant inexorablement.

Ainsi, seuls 2 appareils compensent la sortie de service de 3 avions. Le programme de modernisation des C-5 est une véritable catastrophe (119 million de dollars/appareil), l'E-10 a été annulé (à l'époque, une exclusivité DSI), et les futures capacités de combat vont sans doute être sérieusement rabottées. Il y a certes l'éternel problème posé par le F-35 et ses coûts non maîtrisés.

Mais il y a aussi le F-22. Plusieurs opérationnels s'étaient ainsi positionnés pour de nouvelles commandes, ambitionnant de porter la flotte à 381. Mais le Secrétaire adjoint à la défense, Gordon England, à pris position : ce sera 187 et pas un de plus, d'éventuelles nouvelles commandes étant, selon lui, du ressort de l'Administration suivante. Qui, pourront nous ajouter, aura sans doute bien du plaisir...

La sécurité informatique est une affaire de défense...

A relire le document Préparer les engagements de demain 2035, la sécurité informatique n'apparaissaît qu'en creux et semblait faire l'objet d'une attention moins importante que, par exemple, la sécurité énergétique. Reuters nous apprend cependant que la police grecque a indiqué en début de semaine avoir procédé à l'arrestation d'un pirate dont les activités illicites auraient fait perdre près de 250 millions d'euros à Dassault.

Selon Reuters, le pirate aurait notamment volé différentes informations hautement confidentielles sur des dispositifs d'armement, ensuite revendues sur Internet. "Ce mathématicien de 58 ans est recherché depuis 2002, après que Dassault a contacté les autorités grecques", a déclaré un représentant de la police grecque.

"Il a causé plus de 361 millions de dollars (plus de 245 millions d'euros) de dommages au groupe, et a vendu certaines données industrielles, dont des informations relatives aux systèmes d'armement, à plus de 250 acheteurs sur Internet".

mardi 29 janvier 2008

La France a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

J'avais eu l'occasion, la semaine dernière, de commenter sur France-Info la lettre du CEMAT au CEMA, ce qui m'avait valu d'être invité au débat du soir, en l'occurrence avec le vice-président de la Commission de la défense de l'Assemblée nationale, Michel Voisin. Quelqu'un me signale que les interventions sont conservées et peuvent être écoutées en ligne. C'est (parfois) beau, la technologie ;o)

lundi 28 janvier 2008

Des IFV Puma pour le Canada ?

Le Canada pourrait être le premier client à l’exportation du véhicule de combat d’infanterie Puma. Selon des officiels de Rheinmetall, le Département de la Défense Nationale canadien serait intéressé par le véhicule, en particulier dès lors que les LAV III canadiens ont eu des problèmes de mobilité off road ou au passage de rivières en Afghanistan.